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Sur la butte de Laon, au 9 rue du Rempart-Saint-Just, une maison datée de 1841 par les ancres de sa façade abrite une loge du Grand Orient de France. Rare exemple de bâtiment maçonnique de la monarchie de Juillet, elle a conservé une distribution complète : cabinets de réflexion dans les caves et les combles, temple à l’étage précédé d’un parvis, plafond peint d’un ciel étoilé et boiseries ornées des signes du zodiaque. Endommagée par un incendie en 1991, elle est recensée par l’Inventaire général.
Lieu : 9 rue du Rempart-Saint-Just, Laon, France
Construction : 1841
Une maison maçonnique de la monarchie de Juillet
Le bâtiment date du deuxième quart du XIXe siècle : le millésime 1841 est inscrit sur la façade au moyen d’ancres métalliques. Il s’agit d’une « maison en largeur », type d’habitation traditionnel de la région, dont le corps primitif en calcaire est enduit côté rue. Le maître d’œuvre n’est pas connu. Au XXe siècle, la maison est prolongée vers l’ouest par des agrandissements en brique.
Une plaque placée au-dessus de la porte d’entrée signale qu’elle abrite une loge du Grand Orient de France. Une construction maçonnique de 1841 est assez rare : à cette date, la plupart des loges se réunissaient encore dans des salles louées ou des demeures particulières.
Une distribution conforme au rituel
L’intérêt majeur de l’édifice tient à sa distribution intérieure, pensée pour le rituel. Des cabinets de réflexion, où le profane médite avant son initiation, sont aménagés dans les caves et les combles. Le temple, précédé d’un parvis, se trouve à l’étage. Un avant-corps sur la rue abrite l’escalier, hors-œuvre, tournant à retours et en charpente. L’édifice comprend un sous-sol et un étage carré, sous un toit d’ardoise à longs pans et demi-croupe.
Un ciel étoilé et le zodiaque
La salle de réunion du premier étage conserve un décor peint, étudié séparément par l’Inventaire : le plafond figure un ciel étoilé avec une lune, et les boiseries sont ornées des signes du zodiaque. Ce programme reprend la symbolique de la voûte céleste qui couvre traditionnellement le temple maçonnique, image d’une loge dont les dimensions s’étendent symboliquement jusqu’aux cieux.
L’Inventaire a également relevé dans la loge une écharpe de franc-maçon de rite écossais, sans doute de la seconde moitié du XIXe siècle, en soie bleue et rouge brodée de fil métallique. On y voit l’étoile, l’équerre, le compas, une torche, la lettre M, une cordelière, un maillet, une truelle et la devise « liberté égalité fraternité ».
Incendie et étude
La loge a été touchée par un incendie en 1991, peu après l’enquête de l’Inventaire général menée en 1989 dans le cadre de l’étude de Laon-Centre. Propriété privée, l’édifice n’est pas protégé au titre des monuments historiques. Les sources consultées ne précisent pas le nom de la loge qui y travaille.
Repères
- Datation : 1841 (date portée en façade par des ancres) ; agrandissement au XXe siècle
- Maître d’œuvre : inconnu
- Matériaux : calcaire enduit, brique, ardoise
- Décor : plafond au ciel étoilé avec lune, boiseries aux signes du zodiaque
- Adresse : 9 rue du Rempart-Saint-Just, Laon (Aisne)
- Obédience : Grand Orient de France
- Incendie : 1991
- Inventaire général : notices Mérimée IA00066512 et Palissy IM02000373
Voir aussi dans le glossaire : Cabinet de Réflexion, Voûte étoilée, Temple.

