ANTIMAÇONNISME : Nouvelle chasse aux maçons – l’extrême droite attaque Guillaume Trichard et le GODF

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NDLR : Nous avions prévu de vous présenter ce matin l’interview que le nouveau Grand Maître du Grand Orient de France, Guillaume Trichard a accordé à la rédaction de 450.fm ce lundi matin dans son bureau. Nous différons de quelques jours la publication de cet entretien exclusif. En effet, l’actualité immédiate nous impose de braquer les projecteurs vers une information moins plaisante.

Un retour triomphal immédiatement contesté

Guillaume Trichard n’a pas eu le temps de savourer sa réélection à la tête du Grand Orient de France (GODF). Élu le 28 août 2026 lors du 161e Convent de Bordeaux par 31 voix sur 36, le nouveau Grand Maître fait face, à peine installé dans ses fonctions, à une vague d’attaques sans précédent de la part de certains médias et personnalités de l’extrême droite française.

Ce qui devait être un scoop — l’entretien exclusif accordé à 450.fm dans son bureau — laisse place pour l’instant à un sujet d’actualité brûlant : comment expliquer cette mobilisation quasi immédiate contre le GODF et son nouveau dirigeant ?

Les déclarations qui ont mis le feu aux poudres

Le point de départ de cette polémique se trouve dans un entretien accordé au Figaro par Guillaume Trichard, publié le 28 août 2026. Dans cet entretien, le Grand Maître du GODF assume clairement une volonté d’intervention dans le débat public :

« Face à la montée des populismes, des extrémismes de droite comme de gauche, j’ai estimé que notre obédience avait un rôle historique à jouer dans les mois et les années à venir et que je serai davantage à ma place en tant que grand maître. » (godf)

Avant même de dresser un panorama des déclarations politiques les plus polémiques, nous souhaitons signaler, sans les reproduire tant leur caractère est honteux, les nombreuses réactions nauséabondes voire scandaleuses publiées sur les réseaux sociaux portant sur la personne même du nouveau Grand Maître du GODF et des aspects de sa vie privée, au demeurant on ne peut plus légale, circonstances – soulignons-le – qui n’appartiennent pas au débat public.

C’est la marque d’une dégradation des mœurs démocratiques qui infeste déjà les échanges dans la sphère politique. Les francs-maçons ne peuvent que s’indigner de ce pourrissement général qui affecte de plus en plus la plupart des débats, la violence des insultes supplantant toutes les formes de contradictions ou d’arguments. C’est pathétique et dangereux pour la République. Il va de soi que ses ennemis s’en réjouissent plus que jamais. Aujourd’hui, les loups hurlent avec les immenses porte-voix que leur offre Internet. La concurrence de la méchanceté et de la bêtise n’a plus de limite. Inlassablement, nous dénoncerons cette boue et appellerons à la plus haute vigilance, surtout en cette période électorale où le climat de la Nation risque à tout moment de dégénérer !

Plusieurs déclarations ont particulièrement irrité ses détracteurs :

Sur les adversaires idéologiques :

« Les « identitaristes », ceux qui font la promotion, parfois déguisée, du racisme et du racialisme. »

Sur l’école privée hors contrat :

« J’estime que les écoles privées hors contrat n’ont pas leur place dans la République. Parce que hors contrat, ça signifie qu’il n’y a pas de contrat avec la République indivisible, laïque, démocratique et sociale, ce qui peut laisser place à de nombreuses dérives. »

Sur l’influence politique du GODF :

« Nous espérons que les candidats sauront s’inspirer de ces propositions à venir dans leurs programmes et dans leurs arguments. »

La riposte des médias conservateurs et d’extrême droite

Valeurs actuelles : « Peser sur l’élection présidentielle »

Le magazine Valeurs actuelles, classé à la droite conservatrice et radicale selon plusieurs analyses médiatiques, titre : « Présidentielle 2027 : le Grand Orient veut peser et s’attaque au hors contrat ».

L’article présente les déclarations de Guillaume Trichard comme une tentative d’influence politique directe, soulignant que le GODF prévoit de publier « début 2027 ses espoirs pour la France, l’Europe, le monde », avec l’ambition que « les candidats sauront s’inspirer de ces propositions ».

Boulevard Voltaire : le « Grand Désorient de France »

Le site Boulevard Voltaire, dirigé par Gabrielle Cluzel et généralement classé à l’extrême droite médiatique, adopte un ton encore plus offensif. Dans un éditorial publié le 30 août 2026, le titre transforme le sigle GODF en « Grand Désorient de France » et accuse l’obédience d’avoir « contribué à certaines orientations politiques et sociétales du pays ».

L’article reprend les propos sur les écoles hors contrat et les présente comme une attaque directe contre les établissements catholiques :

« Il ne s’agit pas de s’attaquer à l’islamisme, dont il ne dit pas un mot, mais aux établissements catholiques. Ils présentent au moins trois tares à ses yeux : ils transmettent une conception traditionnelle de la France, ils montrent, par contraste avec leurs brillants résultats, l’échec de l’Éducation nationale maçonnique, enfin ils sont catholiques, ce qui rend frénétique la cathophobie maçonnique. »

ReInformation.tv : « La plus sectaire des obédiences »

Le site ReInformation.tv, proche de la mouvance identitaire, qualifie le GODF de « plus grosse (54 000 membres) et la plus sectaire des obédiences maçonniques en France ». L’article cible également la situation personnelle de Guillaume Trichard, décrit comme « « marié » sans enfants avec un homme », et ses positions sur les « réfugiés climatiques ».

Les personnalités politiques et militantes mobilisées

Alain Soral

Alain Soral, figure controversée de l’extrême droite, a publié plusieurs messages sur X (anciennement Twitter) critiquant violemment Guillaume Trichard et le GODF. Ses attaques s’inscrivent dans une longue série de prises de position antimaçonniques.

Christine Boutin

Christine Boutin, ancienne ministre et présidente du Parti chrétien-démocrate, connue pour ses positions conservatrices sur les questions sociétales, a également relayé des critiques contre le GODF sur les réseaux sociaux.

Philippe de Villiers

Philippe de Villiers, homme politique et écrivain, régulièrement invité sur les plateaux médiatiques de droite, a évoqué la question dans ses interventions, s’inscrivant dans une lignée de critiques récurrentes contre la franc-maçonnerie.

Civitas

Le mouvement Civitas, organisation catholique traditionaliste classée à l’extrême droite, a publié plusieurs messages virulents contre le GODF et Guillaume Trichard. L’organisation, qui milite pour une société fondée sur le droit naturel et la loi divine, considère la franc-maçonnerie comme incompatible avec la foi chrétienne.

Yvan Benedetti

Yvan Benedetti, figure de la mouvance nationaliste-révolutionnaire et ancien dirigeant de l’Action française, a multiplié les attaques contre le GODF sur X.

Autres intervenants

D’autres comptes et personnalités de l’extrême droite ont relayé ces critiques, notamment :

  • Stratpol (site d’analyse géopolitique de droite radicale)
  • Mouvement Nationaliste et Progressiste
  • Divers comptes militants identitaires et catholiques traditionalistes

Le contexte : une présidentielle 2027 en ligne de mire

Cette mobilisation ne peut être comprise sans référence à l’élection présidentielle de 2027, qui se profile à l’horizon. Guillaume Trichard assume d’ailleurs cette dimension politique :

« Début 2027, le Grand Orient de France publiera ses espoirs pour la France, l’Europe, le monde. » godf

Le GODF entend ainsi « réaffirmer » ses « positions », ses « attentes » et ses « propositions » sur des sujets comme l’État de droit, l’universalisme, la laïcité ou encore l’intelligence artificielle.

Pour ses détracteurs, cette démarche relève de l’influence occulte. Pour le GODF, il s’agit simplement de « faire entrer ses valeurs dans la Cité » par le biais de conférences publiques et de la mobilisation de ses quelque 1 400 loges.

La question des écoles hors contrat : un sujet sensible

La déclaration de Guillaume Trichard sur les écoles privées hors contrat constitue le point le plus saillant de cette polémique.

Ce qu’il faut savoir :

  • Les écoles privées hors contrat ne sont pas soumises au contrôle pédagogique de l’État, contrairement aux écoles sous contrat (la plupart des établissements catholiques).
  • Elles représentent environ 130 000 élèves dans 2 600 établissements à la rentrée 2024, selon les chiffres cités par ReInformation.tv.
  • Ces écoles sont souvent associées à des projets pédagogiques alternatifs (Montessori, Steiner, écoles confessionnelles, etc.) ou à des familles souhaitant échapper au système public.

La position du GODF :
Guillaume Trichard annonce la publication prochaine d’un « livre blanc sur l’école de la République », avec des propositions nombreuses. Le GODF entend défendre « l’école publique, laïque et gratuite », tout en ciblant spécifiquement les établissements hors contrat.

La réaction des détracteurs :
Pour les médias conservateurs, cette position équivaut à une attaque contre la liberté d’enseignement et les familles catholiques. ReInformation.tv accuse ainsi le GODF de « cathophobie maçonnique » et de vouloir « bouter le hors-contrat hors de France ».

Le ravivage de la Flamme : une première historique contestée

Dimanche 30 août 2026, deux jours après son élection, Guillaume Trichard a conduit une délégation du GODF sous l’Arc de Triomphe pour raviver la Flamme du Soldat inconnu.

Une première historique :

« Pour la première fois dans l’histoire de l’obédience, une gerbe au nom du Grand Orient de France, en mémoire de ceux qui sont tombés pour les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité. »

Cette cérémonie, autorisée par Emmanuel Macron en tant que chef des Armées, marque une reconnaissance symbolique forte du GODF par l’État.

La réaction des détracteurs :
Pour certains critiques, cet événement constitue une « prise de possession » symbolique de la mémoire nationale par la franc-maçonnerie. D’autres y voient une opération de communication destinée à blanchir l’image du GODF avant les attaques attendues.

Une vieille querelle : franc-maçonnerie et extrême droite

Cette mobilisation s’inscrit dans une longue histoire de confrontations entre la franc-maçonnerie française et les mouvances d’extrême droite.

Les racines historiques :

  • L’antimaçonnisme a été un thème récurrent de l’extrême droite française depuis la fin du XIXe siècle.
  • Le régime de Vichy a interdit la franc-maçonnerie et persécuté ses membres.
  • Depuis la Libération, la franc-maçonnerie s’est progressivement reconstruite, mais reste une cible privilégiée des milieux traditionalistes et nationalistes.

Les griefs récurrents :

  • Accusations d’influence occulte sur la politique française
  • Critiques sur la laïcité et l’anticléricalisme supposés du GODF
  • Dénonciations des positions sociétales (avortement, euthanasie, PMA, etc.)
  • Soupçons de réseaux d’influence et de favoritisme

La réponse du GODF : entre fermeté et ouverture

Face à ces attaques, le GODF et Guillaume Trichard maintiennent leur ligne : participer au débat public, défendre les valeurs républicaines et assumer leurs positions.

Dans l’entretien au Figaro, Guillaume Trichard déclare :

« J’ai évidemment souhaité revenir pour engager l’obédience dans l’action au service de nos principes, de nos valeurs, de notre attachement à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, à la laïcité, à l’universalisme. » godf

Sur la question des extrémismes :

« Nous rejetons tous les extrémismes. » wrtv

Sur les relations avec le Rassemblement national :
Le GODF maintient une incompatibilité statutaire : « L’adhésion ou le soutien public aux thèses de l’extrême droite est considéré comme contraire aux principes fondamentaux, entraînant un risque d’exclusion. »

Analyse : pourquoi cette mobilisation maintenant ?

Plusieurs facteurs expliquent cette réaction immédiate et virulente :

1. Le timing électoral :
À moins d’un an de la présidentielle de 2027, chaque prise de position est scrutée. Le GODF, avec ses 54 000 membres et son réseau de 1 400 loges, représente un potentiel d’influence non négligeable.

2. La visibilité accrue du GODF :
Guillaume Trichard assume une stratégie de communication offensive, avec des interviews dans des médias grand public (Le Figaro), des conférences publiques et une présence sur les réseaux sociaux.

3. Les sujets sensibles :
Les écoles hors contrat, la laïcité, l’immigration, l’euthanasie : tous ces thèmes touchent des électeurs conservateurs et catholiques, qui constituent une partie de la base de l’extrême droite.

4. La symbolique du ravivage de la Flamme :
Autoriser le GODF à raviver la Flamme du Soldat inconnu constitue un signal politique fort, interprété par certains comme une « récupération » de la mémoire nationale.

Pour terminer : une bataille qui ne fait que commencer

Les prochains épisodes attendus :

  • La publication du livre blanc du GODF sur « l’école de la République »
  • La diffusion des « espoirs pour la France, l’Europe, le monde » début 2027
  • La campagne présidentielle elle-même, où les questions de laïcité, d’éducation et de valeurs seront centrales

La question centrale :
Le GODF parviendra-t-il à maintenir son équilibre entre intervention dans le débat public et respect de la neutralité républicaine ? Ses détracteurs y verront-ils une preuve d’influence occulte ou simplement l’expression légitime d’une association philosophique dans une démocratie ?

Une chose est certaine : avec Guillaume Trichard à sa tête, le Grand Orient de France ne compte pas rester silencieux. Et ses adversaires, non plus.

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