P comme Planche tracée en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans l’usage des loges françaises, la planche tracée désigne d’abord le compte rendu d’une tenue, rédigé par le Secrétaire, lu et adopté à la tenue suivante, puis consigné au livre d’architecture. Par extension, on parle couramment de « planche » pour tout travail écrit présenté en loge. Les deux sens viennent de la même image : la planche à tracer, sur laquelle le maître d’œuvre dessinait les plans du chantier, devenue l’un des bijoux de la loge et l’un des symboles du grade de Maître. Écrire en loge, c’est tracer le plan d’un édifice commun.

Deux sens à distinguer

Planche tracée
Dessinateur devant sa planche

Le langage maçonnique emploie le mot planche dans plusieurs acceptions voisines. La planche tracée, au sens strict, est le procès-verbal d’une tenue : on lit en début de séance « la planche tracée des derniers travaux », que la loge adopte avant de la consigner au registre. La planche, au sens courant, est un exposé, une conférence ou une dissertation présentée par un membre ; on dit aussi « morceau d’architecture ». Enfin, une planche peut être un simple courrier adressé à une loge ou à l’obédience. L’ancienne confusion entre ces sens mérite d’être évitée.

La planche à tracer, bijou de la loge

Dans de nombreux rites, la planche à tracer figure parmi les bijoux immobiles de la loge, avec la pierre brute et la pierre cubique. La pierre brute est pour l’Apprenti, la pierre cubique pour le Compagnon, la planche à tracer pour le Maître : c’est à lui qu’il revient de concevoir les plans et de diriger l’ouvrage. Dans la tradition anglophone, la planche à tracer, tracing board, a donné son nom aux tableaux de loge peints qui résument l’enseignement de chaque grade.

Du tracé au sol au tableau peint

Au XVIIIe siècle, le tableau de loge était dessiné à la craie ou au charbon sur le plancher, puis effacé à la fin des travaux, souvent par le nouvel initié. Les plus anciens procès-verbaux de loges anglaises attestent cet usage, et la plus ancienne mention d’une toile peinte en Angleterre date de 1736. Le tracé éphémère est ensuite remplacé par des tapis ou des tableaux peints, posés au centre de la loge : on parle en France de tableau ou de tapis de loge. Le mot « tracer » garde la mémoire de ce geste.

Repères

Planche tracée
  • Planche tracée : compte rendu d’une tenue, rédigé par le Secrétaire.
  • Planche ou morceau d’architecture : travail présenté en loge par un membre.
  • Planche à tracer : bijou immobile, attribut du Maître.
  • Tableau de loge : héritier du tracé à la craie du XVIIIe siècle.
  • 1736 : plus ancienne mention connue d’un tableau peint en Angleterre.

La rédaction d’une planche tracée

Le Secrétaire rapporte l’essentiel : ouverture et fermeture des travaux, présents et visiteurs, sujets abordés, décisions, résultats des scrutins, conclusions de l’Orateur. Il n’a pas à reproduire les débats mot à mot, ni à juger les interventions. La lecture de la planche tracée au début de la tenue suivante permet aux membres de demander des corrections avant son adoption. Ce rituel administratif garantit la fidélité de la mémoire collective et la régularité des décisions.

Présenter une planche

Pour l’Apprenti, la première planche est souvent un exercice imposé, fréquemment consacré à ses impressions d’initiation ou à un symbole du premier degré. Pour le Compagnon et le Maître, la planche est un moyen de progression : son sujet, sa préparation et sa présentation sont souvent pris en compte avant une augmentation de salaire. La planche est lue, puis discutée selon les règles de prise de parole, et l’Orateur en tire des conclusions. Elle n’est pas une conférence d’expert, mais un travail sur soi rendu public.

Le sens symbolique

La planche à tracer rappelle que tout édifice commence par un plan. Avant de tailler ou de poser la pierre, il faut concevoir l’ensemble. Dans la vie maçonnique, l’écriture joue ce rôle : elle oblige à ordonner sa pensée, à choisir ses mots, à éprouver ses idées devant les autres. Le compte rendu du Secrétaire et l’exposé du membre participent de la même discipline : tracer avant de bâtir, et garder la trace de ce qui a été bâti.

À retenir

  • La planche tracée est, au sens strict, le compte rendu d’une tenue.
  • La planche, au sens courant, est un exposé présenté en loge.
  • La planche à tracer est un bijou immobile lié au grade de Maître.
  • Le vocabulaire vient des tracés des bâtisseurs et des tableaux de loge.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Planche, Morceau d’Architecture, Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Tableau de Loge (ou Tapis de Loge).

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