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La thèse essentielle du livre est assez dérangeante : le totalitarisme ne naît pas seulement de quelques tyrans ; il devient possible parce qu’une multitude d’individus ordinaires acceptent de fonctionner comme des rouages. L’homme dangereux n’est pas forcément fanatique ou monstrueux, ce peut être une fonctionnaire consciencieux. C’est la première technique du diable : transformer l’homme en rouage. Personne ne se sent responsable. DE là une idée originale : le totalitarisme moderne pourrait parfaitement se passer de dictateur.

Une autre technique du diable serait de laisser croire à l’individu qu’il résiste alors qu’il ne fait que s’adapter à la situation. Seule une minorité pourrait refuser mais rencontre l’obstacle du conformisme collectif.
Enfin et par-dessus tout, la technique et le médias changent la nature du totalitarisme. L’image qui prétend nous rapprocher de l’événement (Chaines d’info continue) nous en éloigne en produisant moins d’engagement que d’empathie . Les médias s’auto reproduisent et finissent par parler le même langage. « Les médias parlent aux médias » ainsi le mensonge devient indiscernable du paysage mental quotidien. A force de douter des médias officiels les résistants finissent même par s’auto-paralyser, solution aussi grave que la crédulité absolue. Le découragement atteint les esprits libres, l’aveuglement se généralise. Ainsi la politique est remplacée par les mots et la communication.

Dans sa partie finale, cet essai devient une nouvelle approche spirituelle qui propose de préserver un espace intérieur inaccessible en éteignant nos écrans et en méditant sur la transcendance et la joie. La véritable résistance consiste alors à demeurer capable de douceur dans un monde brutal, de justice au milieu du mensonge, de miséricorde dans l’affrontement, et de recherche de la Vérité malgré la pression collective.
Antoine Altiéri est prêtre du diocèse de Périgueux, actuellement en poste dans la paroisse de Sain Eloi les Forges (Nord Dordogne) – Il est titulaire d’une licence de physique de l’UER des Sciences de Limoges et d’un doctorat de philosophie de l’Institut Catholique de Toulouse.IL est aussi membre d’une équipe de recherches post-doctorales de la faculté de philosophie de l’ICT (équipe métaphysique)
