Au siège du Grand Orient de France (GODF), le musée de la franc-maçonnerie, musée de France, propose une plongée inédite dans le tableau de loge, entre œuvres contemporaines et pièces historiques, du 26 février au 12 avril 2026, au 16, rue Cadet à Paris.
Un tableau de loge mis en lumière

Au cœur du parcours, le tableau de loge du frère Mircea Deaca, ancien Grand Maître du Grand Orient de Roumanie, devient le véritable fil d’Ariane de l’exposition. Plasticien et maçon, Deaca en propose une lecture contemporaine, à la fois sensible et fortement symbolique, qui revisite le dispositif initiatique maçonnique sans le trahir. À travers ses interprétations picturales, le tableau n’est plus seulement un objet rituel : il se fait paysage mental, cartographie de l’initiation, où chaque signe, couleur et perspective participe d’une dramaturgie intérieure. Le visiteur est ainsi invité à passer du « voir » au « comprendre », de l’image au symbole, dans un va-et-vient constant entre regard profane et regard initiatique.

Et déjà, un scoop qui prolonge l’élan
À partir de fin avril, le musée de la franc-maçonnerie offrira une très grande exposition temporaire, accompagnée d’un catalogue, consacrée à Paris et à la franc-maçonnerie.

Une promesse de ville-labyrinthe, de traces, d’ateliers et de lumières. Réservez dès maintenant la fin avril, et notez aussi la Nuit européenne des musées, le 23 mai prochain.
Le tapis de loge : pédagogie, paysage, axe du temple
L’exposition rappelle avec force le rôle central du tapis de loge : support pédagogique destiné à l’instruction, paysage symbolique propre à chaque grade, et axe structurant de l’espace rituel. Posé au centre de la loge, il organise la circulation des regards, des pas et des énergies, tout en condensant le récit du parcours du néophyte, de l’obscurité première aux lumières de la connaissance. Loin d’être un simple décor, il est montré comme un véritable « outil de pensée », qui articule géométrie sacrée, mémoire des rites et narration initiatique. En mettant en regard différentes formes de tapis – dessinés à la craie, peints sur toile ou matérialisés sur support durable – l’exposition permet de mesurer l’évolution de ces tracés tout en soulignant la permanence de leurs fonctions.
Dialogues entre œuvres contemporaines et pièces historiques

Autour de Mircea Deaca, le musée a choisi de convoquer plusieurs artistes maçonniques contemporains conservés dans ses collections, parmi lesquels Guy-René Doumayrou, Michel Pessaux et Sylvestre (ou Sylvain) de Cabarela. Leurs œuvres, parfois abstraites, parfois figuratives, entrent en résonance avec les tableaux de loge historiques du XIXᵉ siècle, offrant un jeu de miroirs entre tradition des Lumières et expressions plastiques d’aujourd’hui. Ce face-à-face met en évidence la façon dont les symboles – colonnes, pavé mosaïque, étoiles, outils, astres – se recomposent à travers les époques sans perdre leur puissance évocatrice. En suivant ce parcours, on voit se dessiner une véritable histoire visuelle de l’initiation, du XVIIIᵉ siècle aux formes actuelles, où chaque artiste reformule la même grammaire symbolique à la lumière de son temps.
Mircea Deaca, entre Roumanie et rue Cadet

Figure marquante du Grand Orient de Roumanie, Mircea Deaca s’inscrit dans une tradition maçonnique roumaine ancienne, plusieurs fois interrompue par les régimes autoritaires mais toujours renaissante, en lien privilégié avec le Grand Orient de France. Ancien Grand Maître et ancien résident de la Cité internationale des arts à Paris, il incarne ce dialogue fécond entre création artistique, engagement maçonnique et circulation européenne des idées. Ses tableaux de loge, exposés au musée, portent la marque de cette double appartenance : enracinement dans un héritage symbolique commun, mais regard venu d’ailleurs, qui décale légèrement les codes, les couleurs, les proportions pour mieux interroger le regard du visiteur. Cette présence roumaine au 16, rue Cadet rappelle combien la franc-maçonnerie, par-delà les frontières, tisse une communauté de symboles et de récits partagés

Un rendez-vous immanquable au « 16 Cadet »
Mercredi 25 février, lors du vernissage, le conservateur du musée, Laurent Ségalini, a présenté les enjeux de cette exposition en soulignant l’importance de redonner à voir le tableau de loge comme objet vivant, à la croisée de l’art, de la pédagogie et du rituel. Installée au musée de la franc-maçonnerie, au siège du Grand Orient de France, 16, rue Cadet à Paris, « Tracés de Lumière de l’Initiation » est accessible du 26 février au 12 avril 2026, dans le cadre des expositions temporaires du musée.

Segalini
Pour les frères, sœurs et profanes curieux de comprendre ce que signifie « tracer la lumière » sur le tableau de loge, cette exposition est, véritablement, à ne pas manquer.
Infos pratiques
Du 26 février au 12 avril 2026 / Musée de la franc-maçonnerie – Siège du Grand Orient de France : 16 rue Cadet – 75009 Paris
Tél : 01.45.23.74.09 / Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8, 9) / Station Vélib’ : Cadet (24-26 rue Cadet)
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