À l’heure où la bande dessinée s’impose plus que jamais comme un langage du monde, le festival Lyon BD s’apprête à célébrer ses vingt ans les 12, 13 et 14 juin 2026.

Devenu au fil des années l’un des plus grands événements consacrés au neuvième art en France, ce rendez-vous incontournable conjugue création contemporaine, ouverture culturelle et transmission intergénérationnelle.
Pour cette édition anniversaire placée sous le signe de la Méditerranée, Lyon BD confirme son rôle singulier dans le paysage culturel français. Celui d’un festival populaire, exigeant, généreux et profondément vivant.
Dans une époque saturée d’images rapides et de récits fragmentés, la bande dessinée demeure un territoire de lenteur, de mémoire et d’imaginaire

Elle est à la fois littérature du regard, architecture du silence et fabrique de mondes intérieurs. Depuis deux décennies, Lyon BD accompagne cette métamorphose du neuvième art en faisant dialoguer les générations, les styles, les sensibilités et les cultures.
Pour son édition 2026, le festival choisit la Méditerranée comme horizon symbolique

Non comme une simple géographie mais comme un espace de circulation des mythes, des langues, des exils, des mémoires et des espérances. Cette mer intérieure qui relie autant qu’elle sépare devient ici une immense page ouverte où viennent se croiser récits intimes et destinées universelles. Dans cet esprit, l’affiche signée par l’auteure libanaise Zeina Abirached apparaît comme un manifeste poétique. Son trait sensible et musical incarne cette volonté d’ouverture et de dialogue qui anime le festival depuis ses origines.
Mais Lyon BD ne se contente plus depuis longtemps d’être un salon du livre dessiné
Le festival est devenu un véritable laboratoire culturel où la bande dessinée converse avec le cinéma, la musique, le spectacle vivant et les arts numériques. Cette transversalité constitue aujourd’hui l’une des grandes forces de l’événement. Elle rappelle que la BD n’est pas un art mineur ou périphérique mais un langage total capable de traverser toutes les formes de création contemporaine.
Lyon BD revendique également une ambition profondément humaniste

L’accès gratuit à la majorité des événements témoigne d’une volonté rare de maintenir la culture ouverte à toutes et tous. Dans un contexte où tant de manifestations deviennent économiquement inaccessibles, cette fidélité à la gratuité relève presque d’un acte militant. Le festival défend l’idée que l’imaginaire doit rester un bien commun.
Cette édition 2026 accorde par ailleurs une place particulière à la jeunesse avec ateliers, spectacles, expositions et lancement du nouveau Prix Lyon BD Jeunesse.

Derrière cette initiative se dessine une conviction essentielle

La transmission du goût de lire, de rêver et de créer constitue l’un des grands enjeux culturels de notre temps. Car la bande dessinée fut souvent, pour beaucoup d’entre nous, la première porte vers la littérature, l’histoire, le voyage intérieur et parfois même la philosophie.
À travers rencontres, projections, tables rondes et performances, Lyon BD célèbre finalement ce que le neuvième art possède de plus précieux

Sa capacité à relier les êtres par le pouvoir des images et des récits. Dans la tradition initiatique comme dans la bande dessinée, il existe une même intuition fondamentale. Les symboles parlent souvent plus profondément que les discours. Une case, un silence, un trait ou une lumière peuvent parfois révéler davantage qu’un long traité.
Pendant trois jours, Lyon redeviendra ainsi l’une des capitales européennes de la bande dessinée. Une cité où les frontières entre les arts s’effacent pour laisser place à l’imaginaire partagé. Vingt ans après sa naissance, Lyon BD continue de rappeler que la bande dessinée n’est pas seulement un divertissement.

Elle est une mémoire dessinée du monde, une fabrique de fraternité et parfois même une discrète école de liberté intérieure.

