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De l’Opératif au Spéculatif

Réflexions sur les origines de la Franc-Maçonnerie

Aux sources d’une filiation invisible

Lorsque l’on se penche sur les origines de la Franc-Maçonnerie, on pourrait croire, à en entendre certains, que tout part simplement des tailleurs de pierre médiévaux. Et certes, les bâtisseurs de cathédrales, gardiens de secrets de proportion, d’élévation et de symboles géométriques, occupent une place majeure dans cette mémoire. Ils savaient que chaque arc brisé, chaque ogive, chaque vitrail n’était pas seulement un exercice de technique, mais la projection terrestre d’une vérité céleste.

Mais réduire la Maçonnerie à une corporation de « maçons du bâtiment » serait comme dire que l’alchimiste n’est qu’un chimiste ou que l’astronome n’est qu’un observateur de jumelles : une aimable plaisanterie qui ignore la profondeur des choses.

Derrière les loges opératives, derrière les règles de l’art et le compas, souffle une autre tradition : celle des transmissions invisibles. Comme des courants souterrains, elles irriguent discrètement l’histoire spirituelle de l’Occident.

Les gardiens de l’Hermétisme

L’hermétisme, issu de l’Antiquité alexandrine et transmis par les écrits du Corpus Hermeticum, trouva refuge dans des lieux inattendus. On le crut disparu, mais il circulait encore, recopié et médité au sein de certaines familles nobles avides de sagesse, mais aussi dans les cloîtres. Nombre de monastères médiévaux, derrière leur façade de silence et de prière, furent des havres de science. Moines copistes et érudits préservèrent les textes antiques, y compris ceux dont la teneur symbolique et mystique ne cadrait pas toujours avec l’orthodoxie. Dans le secret des scriptoriums, la tradition hermétique survécut à l’oubli et à la censure, comme un feu discret entretenu sous la cendre.

Les Kabbalistes

À ce fil s’ajoute l’apport des kabbalistes. Dès le Moyen Âge, des mystiques juifs puis chrétiens explorèrent les arcanes de la Torah, méditant sur l’Arbre de Vie, les dix Sephiroth et les lettres hébraïques perçues comme des forces créatrices. Lorsque la Kabbale pénétra la Renaissance européenne, elle se mêla à l’hermétisme et au néoplatonisme, offrant une cartographie spirituelle qui marqua profondément la symbolique maçonnique. Monter de Sephirah en Sephirah, ce n’est pas bâtir en pierre, mais gravir les degrés de l’âme vers l’Unité divine.

Les Templiers

Les Templiers, quant à eux, portèrent bien plus qu’un manteau blanc à croix rouge. Leur Ordre militaire et mystique aurait conservé des traditions venues d’Orient : géométrie sacrée, art du Temple, mais aussi une vision initiatique de la chevalerie comme combat intérieur. Leur chute en 1314 dispersa les frères, mais leurs légendes et leurs savoirs continuèrent de circuler, semés comme des graines dans les sols secrets de l’Europe. De là naquit l’idée que le véritable Temple à bâtir est celui de l’homme régénéré.

Les Alchimistes

Les alchimistes, souvent confondus avec des chercheurs d’or vulgaire, furent en réalité des explorateurs de l’âme. Dans leurs laboratoires enfumés, ils observaient les métaux se dissoudre et renaître, mais derrière le creuset ils cherchaient la lumière cachée en toute matière – et surtout en eux-mêmes. Leurs images mystérieuses, gravures et traités voilés influencèrent largement la symbolique maçonnique. Car que fait le Franc-Maçon sinon ce que fait l’alchimiste ? Il dissout l’ego pour coaguler l’Être véritable, il transmute la pierre brute en pierre polie, il cherche l’or spirituel plutôt que le métal.

Les Rose-Croix et les Compagnonnages

Au XVIIe siècle, les manifestes des Rose-Croix d’or firent trembler les esprits. Ils annonçaient une réforme universelle, non pas politique, mais intérieure. Leur message appelait à unir science, art et foi dans une vision unifiée du monde, où l’homme devenait lui-même le lieu d’une renaissance spirituelle.
De leur côté, les compagnonnages artisanaux perpétuaient un enseignement initiatique par le travail manuel, les voyages et le symbolisme des outils. Ces sociétés discrètes apprenaient à bâtir non seulement des édifices, mais aussi l’homme moral. Chaque maillet, chaque compas, chaque règle devenait le signe d’une vertu à incarner.

Un fil d’or à travers les siècles

Tout cela se mêle, se croise, se transmet dans les brumes de l’histoire. C’est comme un fil d’or, parfois visible, souvent caché, reliant les bâtisseurs de cathédrales, les moines silencieux, les kabbalistes en prière, les alchimistes au creuset, les chevaliers du Temple, les frères de la Rose-Croix et les compagnons des routes d’Europe. Ce fil invisible finira par aboutir dans les loges maçonniques modernes, où il se déploie encore comme une toile de Lumière reliant les âmes en quête du Temple intérieur.

Pourquoi « spéculatif » ?

Vers le XVIIe siècle, un choix décisif fut fait : passer de l’opératif au spéculatif. Mais entendons-nous bien : spéculatif ne signifie pas que les Frères passaient leurs soirées à spéculer sur le prix du bois ou à parier sur l’inflation du mortier !

L’étymologie nous éclaire : le mot vient de speculum, le miroir. Être spéculatif, c’est apprendre à se voir, à se réfléchir, à contempler son être comme une surface où la lumière peut se projeter.

Le Maçon spéculatif ne taille donc plus les pierres des cathédrales de pierre, mais les pierres plus subtiles de l’édifice intérieur. Ses outils ne sont pas abandonnés : compas, équerre, règle, maillet demeurent, mais transposés en symboles. Ils ne servent plus à dresser des murs extérieurs, mais à ajuster les proportions intérieures, à aligner les passions, à sculpter les pensées. Chaque pierre vivante qu’il manie n’est autre qu’une vertu, une émotion, une idée mise en forme.

Ainsi, l’Art Royal devint moins une affaire de mortier que de lumière intérieure. Les pères de la Franc-Maçonnerie quittèrent le laboratoire de l’alchimiste – où l’on purifiait la matière pour retrouver l’or caché, l’Aor – pour entrer dans la loge, où l’on purifie le cœur et l’esprit afin de retrouver la Lumière divine. C’est la même quête, mais opérée sur un autre plan. On pourrait dire que la Maçonnerie prit l’alchimie au mot, mais en l’appliquant à l’homme tout entier : Solve et Coagula devint alors « dissous tes illusions, et recompose-toi dans la vérité de l’Être ».

L’humour discret des symboles

On raconte parfois, avec une certaine ironie, que les Francs-Maçons sont des « maçons qui ne savent pas poser un mur droit ». Et il est vrai qu’on ne nous verrait guère bâtir une cathédrale sans qu’un arc ne s’écroule ou qu’une voûte ne se fissure… Mais c’est bien là tout l’humour du symbole : si certains croient que nous ne faisons que manier truelles imaginaires, c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas encore compris qu’il est infiniment plus difficile de construire un Temple intérieur qu’une cathédrale de pierre.

Car enfin, quelle pierre est plus rétive que notre propre caractère ? Quelle voûte est plus fragile que notre patience ? Quelle fondation est plus instable que notre volonté, si elle n’est pas ancrée dans le Roc de l’Être ?

Une colère fissure nos murs. Une peur emporte notre toiture. Un orgueil renverse notre flèche. Voilà pourquoi les colonnes J. et B. ne sont pas de simples barres de béton, mais les deux piliers intérieurs de la Sagesse et de la Force.

Ainsi, chaque outil se révèle autre chose qu’un objet de chantier :

  • Le compas cerne nos passions,
  • L’équerre redresse nos pensées,
  • La règle trace la droiture de nos vies,
  • La truelle unit les pierres vivantes par le ciment invisible de la fraternité et de l’amour.

Ainsi va l’humour discret des symboles : derrière leur apparente naïveté se cache une exigence redoutable. Car il est toujours plus aisé d’élever des cathédrales de pierre que d’ériger une cathédrale de Lumière au-dedans de soi.

La vraie voie opérative

En vérité, la Franc-Maçonnerie n’a jamais cessé d’être opérative. Elle a simplement changé de chantier.

L’homme lui-même est devenu la carrière, la pierre brute est devenue l’ego, et le ciseau du tailleur est devenu le travail initiatique. Chaque coup porté n’est plus un éclat de pierre, mais une transformation intérieure : une illusion qui tombe, une passion qui s’apaise, une vertu qui prend forme.

Mais le chantier n’est pas seulement individuel : il est collectif. La loge elle-même devient le lieu de l’œuvre opérative, car c’est là que les pierres vivantes que nous sommes s’assemblent, se polissent mutuellement, et trouvent leur place dans l’édifice universel.

C’est pourquoi les outils maçonniques ne sont pas des reliques d’un artisanat ancien, mais les instruments vivants d’un travail qui ne s’achève jamais. Le compas élargit l’horizon de l’esprit, l’équerre redresse la conscience, la règle mesure l’équilibre de la vie, et la truelle unit les Frères et Sœurs dans le ciment invisible de l’amour.

Ainsi comprise, la Maçonnerie spéculative n’est pas une simple philosophie : elle est une véritable œuvre opérative, mais sur un autre plan. Là où les bâtisseurs élevaient des cathédrales pour que la lumière traverse les vitraux, le Maçon spéculatif s’efforce d’ériger un sanctuaire où la Lumière divine puisse traverser son cœur et rayonner vers autrui.

La vraie voie opérative n’est donc pas de tailler des pierres, mais de se tailler soi-même. Non pas de bâtir des temples extérieurs, mais de devenir soi-même un Temple. Non pas de chercher la gloire d’un édifice qui défie les siècles, mais de participer à une œuvre éternelle : la réintégration de l’homme dans la Lumière divine.

Une cathédrale de Lumière

Le Temple que nous édifions n’a pas de toit, si ce n’est le ciel étoilé ; il n’a pas de murs, si ce n’est nos cœurs unis ; il n’a pas de maître d’œuvre terrestre, si ce n’est l’Architecte de l’Univers. Et ce Temple ne sera jamais achevé, car il croît à mesure que chacun s’élève.

Alors, certes, il est plus aisé de dresser une voûte de pierre que de consolider la voûte fragile de notre intériorité. Il est plus simple d’assembler des arcs-boutants que de trouver en soi l’équilibre entre la Force et la Sagesse. Mais c’est bien dans ce chantier invisible que réside la vraie grandeur de l’Art Royal.

Et puis, avouons-le, il y a une certaine saveur à manier truelles et compas pour bâtir un édifice que nul passant ne peut visiter, si ce n’est celui qui ose franchir la porte de sa propre conscience. C’est une œuvre secrète, mais dont les fruits rayonnent à découvert.

Car le véritable chantier de la Maçonnerie, c’est l’homme lui-même – et là, nul doute, il reste encore beaucoup de travail… Mais après tout, que serait un chantier maçonnique sans un peu de poussière, quelques plans à redessiner, et l’inévitable humour des ouvriers ?

Et qui sait… Peut-être qu’un jour, lorsque le dernier ciseau aura résonné et que la dernière pierre aura trouvé sa place, nous découvrirons que la cathédrale de Lumière que nous bâtissions séparément était, depuis le commencement, une seule et même œuvre éternelle.

Pèlerin de l’intérieur : gravir l’échelle… en quête de sérénité

Lire Le Pèlerin sur l’Échelle – Réflexions méditatives sur l’Échelle Mystérieuse d’Henri Gallois, c’est entrer dans un cheminement qui ne se contente pas d’érudition mais qui nous convie à une ascension intérieure. Ce livre, à la fois sobre et profond, se présente comme une méditation vivante autour de la figure symbolique de l’échelle, instrument à la fois matériel et spirituel, outil de chantier et voie d’élévation. L’auteur ne nous offre pas une étude académique, mais une ouverture, une invitation à gravir, marche après marche, les degrés de la conscience.

Le Pélerin sur l’Échelle

Dès l’introduction, il pose un constat lucide. Notre modernité, saturée de progrès techniques et de sollicitations médiatiques, n’a pas su donner au bonheur la simplicité d’un souffle partagé. L’homme, harassé par ses propres chaînes, est en quête de sens, comme suspendu entre l’oubli et l’espérance. C’est à cette humanité en désarroi que l’échelle mystérieuse propose une issue. Elle rappelle que le chemin spirituel n’est jamais donné, mais qu’il se trace à mesure que nous acceptons de le gravir, pas à pas, dans l’humilité et la persévérance.

Henri Gallois situe son propos dans la grande tradition initiatique. L’échelle de Jacob, la scala philosophorum des alchimistes, les degrés maçonniques du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), autant de figures qui témoignent d’une même dynamique. L’homme est appelé à s’élever, mais cette élévation est indissociable d’une descente en lui-même, d’une plongée dans ses propres ténèbres pour mieux atteindre la lumière. Il nous rappelle avec force que toute véritable ascension suppose un dépouillement, une mise à nu, une fidélité à l’esprit plus qu’à la lettre.

La richesse de l’ouvrage réside aussi dans sa structure : quatre grandes parties organisent la progression – de l’approche du Rite et des traditions chevaleresques à la méditation sur la Justice et l’Amour de Dieu, des figures bibliques à la symbolique des sciences et des arts, jusqu’à l’ultime réflexion sur le récit initiatique et la réformation du travail intérieur. Chacun de ces chapitres, nourri de références multiples (Bible, alchimie, mystique chrétienne, philosophie stoïcienne, littérature), demeure cependant accessible. Il ne s’agit pas de dresser un traité mais d’offrir un viatique, un livre de voyage pour le pèlerin.

Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est la manière dont Henri Gallois relie sans cesse la dimension spéculative et la dimension opérative. L’échelle n’est pas un simple motif symbolique : elle engage notre être tout entier. Monter l’échelle, c’est apprendre à tenir l’équilibre entre les forces contraires, c’est consentir à l’épreuve de la verticalité, c’est découvrir que chaque degré franchi correspond à une transformation intérieure.

Henri Gallois

Ainsi, ce livre se lit comme un compagnon de route : non pas un manuel de certitudes, mais un appel à l’expérience personnelle, une exhortation à méditer, à travailler, à prier. Henri Henri Gallois rejoint en cela la vocation maçonnique la plus authentique. Non pas accumuler des connaissances, mais éveiller une conscience !

En refermant ce pèlerinage de papier, nous gardons en mémoire la conviction que l’auteur distille avec sobriété. Il ne s’agit pas d’atteindre le sommet, mais de consentir au chemin, de demeurer pèlerin sur l’échelle, jamais propriétaire de la lumière, toujours invité à en accueillir le reflet. Dans ce mouvement d’ascension et de descente, l’espérance devient la clef de voûte.

Toujours fidèle à LiberFaber, Henri Gallois, chef d’orchestre, a occupé plusieurs postes permanents, notamment à Toulouse et à Lille, où il fut directeur musical de l’Opéra du Nord. Il met aujourd’hui toute sa sensibilité artistique et la rigueur de ses recherches au service d’une quête initiatique partagée, à travers des écrits qui prolongent l’écoute intérieure. Il a déjà publié, en 2014, Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux, puis, en 2020, Conscience physique quantique et franc-maçonnerie.

Cet ouvrage lumineux, méditatif et profondément maçonnique s’inscrit dans la lignée discrète de ces livres qui accompagnent sans imposer, éveillent sans asséner, et nous rappellent que l’échelle n’est pas hors de nous, mais plantée au cœur de notre temple intérieur.

Le Pèlerin sur l’Échelle – Réflexions méditatives sur l’Échelle mystérieuse
Henri Gallois — LiberFaber, 2024, 280 pages, 20 €

Parallèles entre la blessure paternelle selon Jung et la Franc-maçonnerie

Une quête archétypale commune

La Franc-maçonnerie, avec son mythe central d’Hiram, le fils de la veuve dont le père a été assassiné, offre un terrain fascinant pour explorer les parallèles avec les théories jungiennes sur la blessure du manque de père. Hiram, architecte du Temple de Salomon, est une figure symbolique d’un enfant privé de son père, un thème qui résonne, où l’absence paternelle laisse une empreinte profonde dans la psyché.

Carl Gustav Jung

Cette blessure, selon Jung, se manifeste par une quête de validation et une attirance pour des structures hiérarchiques, un trait que l’on observe également dans l’organisation maçonnique, où les membres gravissent les échelons vers des rôles comme celui de vénérable maître ou grand maître. Examinons comment ces deux domaines – la psychologie jungienne et la Franc-maçonnerie – s’entrecroisent à travers les archétypes, les rituels et la recherche d’une autorité intérieure.

Le mythe d’Hiram : un fils sans père et son écho jungien

Dans la légende maçonnique, Hiram, fils d’une veuve, perd son père assassiné, ce qui le place dans une position d’orphelin symbolique. Les Francs-maçons se désignent souvent comme « enfants de la veuve », une expression qui reflète cette absence paternelle fondatrice. Ce récit trouve un écho direct dans l’absence du père – qu’elle soit physique ou émotionnelle – elle brise l’axe de l’autorité et de la validation dans la psyché de l’enfant. Jung considérait l’archétype du père comme une force structurante, permettant à l’individu de s’individualiser en se séparant de la fusion maternelle. Chez Hiram, cette absence initiale pourrait être vue comme un vide archétypal, poussant les maçons à recréer une figure paternelle à travers la hiérarchie et les rituels.

Cette quête d’un père perdu se manifeste dans l’initiation maçonnique, où le candidat traverse des épreuves symboliques (mort et renaissance) pour renaître dans une communauté fraternelle. Cela rappelle le processus d’individuation de Jung, où l’individu intègre son ombre (les aspects refoulés, ici l’absence paternelle) pour atteindre une totalité. Le mythe d’Hiram devient ainsi une métaphore d’une blessure :

un enfant qui, privé de regard paternel, cherche à prouver sa valeur, un thème central dans les motivations des maçons.

La hiérarchie maçonnique : une compensation de l’absence paternelle

Maillet avec une famille, père, mère et 2 enfants
Maillet avec une famille, père, mère et 2 enfants

L’absence du père conduit à une quête incessante de reconnaissance, souvent matérialisée par le perfectionnisme ou la productivité. Dans la Franc-maçonnerie, cette dynamique se reflète dans l’attachement aux structures hiérarchiques et aux titres. Le Vénérable Maître, figure dirigeante de la loge, incarne un archétype paternel : il guide, fixe des limites et valide les efforts des membres. De même, le Grand Maître, à un niveau supérieur, représente une autorité ultime, un père symbolique qui offre une appartenance tant recherchée.

décors maçonniques
décors maçonniques en désordre sur un bureau

Cette aspiration à gravir les échelons peut être interprétée comme une tentative de combler le vide laissé par l’absence paternelle. Jung notait que l’enfant, face à un père défaillant, internalise une voix critique qui le pousse à se prouver sans cesse. Chez les maçons, cette voix se transpose dans l’ambition de devenir Vénérable ou Grand Maître, des rôles où ils peuvent enfin « être vus » et reconnaître les autres, inversant le schéma de l’absence. Cette quête d’approbation devient un « moteur invisible » ; en Franc-maçonnerie, ce moteur se manifeste dans l’engagement rituel et la progression initiatique, où chaque degré atteint est une validation symbolique.

Les rituels : un pont entre l’inconscient et la reconstruction

Les rituels maçonniques, riches en symboles (compas, équerre, fil à plomb), offrent un parallèle frappant avec les exercices thérapeutiques proposés par Jung, comme la lettre au père ou la chaise vide. Ces pratiques jungiennes visent à libérer les émotions refoulées et à dialoguer avec l’archétype paternel intérieur. De même, les rituels maçonniques permettent aux membres de revivre symboliquement la mort d’Hiram et sa résurrection, un processus alchimique qui transforme la blessure en sagesse.

Jung

La pensée de jung insiste sur l’importance de nommer la douleur pour la dépasser, un acte que l’on retrouve dans les travaux en loge, où les maçons explorent leurs imperfections à travers des symboles et des réflexions collectives. L’exercice de la lettre, par exemple, trouve un équivalent dans le testament lors de l’initiation ou encore les confessions ou les débats moraux maçonniques, lorsque les membres confrontent leurs ombres pour s’élever spirituellement. Jung voyait dans ces processus une manière de rompre avec l’influence du père pour devenir son propre guide

en Franc-maçonnerie, cette rupture est symbolisée par l’initiation, qui place l’individu face à lui-même, libéré de l’autorité externe.

L’animus et l’identité masculine en Franc-maçonnerie

Animus – Anima

Jung explore l’impact de la blessure paternelle sur l’animus (l’image masculine intérieure), qui devient une voix critique chez les femmes ou un vide d’identité chez les hommes. En Franc-maçonnerie, traditionnellement masculine (bien que des loges féminines existent), ce thème est central. Les hommes, souvent marqués par un père absent ou exigeant, entrent dans la loge pour reconstruire une identité masculine équilibrée.

Le père archétypal, déformé par l’absence, est remplacé par une figure collective – le vénérable maître ou la loge elle-même – qui guide vers une force intérieure.

Cette reconstruction s’aligne avec l’idée jungienne de transformer l’animus blessé en allié. Les maçons, à travers leurs travaux, apprennent à incarner des qualités masculines positives (courage, justice, fraternité) qui compensent l’échec paternel. Il est important de noter que cette guérison réorganise la base de l’identité ; en Franc-maçonnerie, l’initiation et les degrés successifs permettent de dépasser le masque compensatoire (perfectionnisme, contrôle) pour atteindre une entièreté, un objectif qui fait écho à l’individuation.

La quête d’appartenance : un lien universel

L’un des thèmes les plus poignants est la quête d’appartenance, née de l’absence d’un père qui n’a jamais offert de place dans le monde. En Franc-maçonnerie, cette quête trouve une réponse dans la fraternité, un lien symbolique qui remplace la validation manquante. L’adulte, marqué par cette blessure, répète des schémas dans ses relations ; de même, les maçons, attirés par la loge, cherchent une famille spirituelle où ils peuvent enfin « être vus ».

Jung parlait de la pulsion à la répétition, où l’inconscient revient sur la scène du traumatisme pour le réparer. Le mythe d’Hiram, avec sa mort et sa résurrection, peut être vu comme une répétition symbolique de cette blessure paternelle, mais aussi comme une promesse de rédemption. Les maçons, en s’engageant dans ce récit, tentent de combler le vide archétypal, transformant la douleur en une appartenance choisie plutôt qu’imposée.

Une voie vers l’individuation partagée

Génération plantant un arbre
Génération plantant un arbre

Le parallèle entre la blessure paternelle décrite par Jung et la Franc-maçonnerie réside dans une quête commune : transformer l’absence d’un père en une autorité intérieure. Jung voyait l’individuation comme un retour au centre de soi, libéré des complexes ; la Franc-maçonnerie, à travers son mythe d’Hiram et ses rituels, propose un chemin similaire, où l’enfant de la veuve devient un artisan de sa propre âme. Cette convergence suggère que l’attirance pour la maçonnerie pourrait être motivée, inconsciemment, par une blessure archétypale universelle – celle d’un père perdu – et que les structures, titres et rituels maçonniques offrent un cadre pour la guérir.

Ainsi, la loge devient non seulement un espace de fraternité, mais aussi un miroir de l’inconscient, où chaque maçon peut cesser de courir après un regard absent et s’offrir à lui-même la reconnaissance tant recherchée.

Nous sommes de grands enfants

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Message aux apprentis

Plus qu’un message c’est un partage que je souhaite faire passer à travers ces quelques lignes, les messages me semblent trop sérieux pour aborder un sujet si complexe que la maçonnerie et à vrai dire la démarche m’apparaît trop solennelle. La démarche fut très sérieuse pour rentrer parmi vous.

« Franchement, subir toutes ces épreuves, pour se retrouver avec une paire de gant et prêter serment ! »

pourrait relever de jeux que nous pratiquions enfants. C’est peut être oublier qu’enfant lorsque nous jouions, nous étions investit par nos choix, nous étions à fond dans les personnages que nous avions crées. Le jour de notre initiation cette cérémonie revêt la même teneur qu’une de nos journée ou nous trouvions dans un de nos mondes imaginaires avec ses similitudes au niveau des épreuves que nous nous fixions pour occuper les espaces de détentes qui nous étaient octroyés par le monde adulte.

Il y a là sans doute un parallèle avec ces notions de « jeux » mais il me semble que

nous entrons lors de notre initiation dans le monde de la représentation qui va nous suivre toute notre vie de maçon.

Nous sommes acteurs du chemin que nous suivons et à double titre.

Nous participons en découvrant, en pratiquant l’art Royal lors de nos tenues à ce qui va nous mener vers la connaissance et l’élévation grace à la notion de répétition mais aussi par la fréquence et par la régularité des tenues qui nous entraînent vers le monde de la théâtralité. 

On pourrait en dire autant de la musique, car il y a parfois en loge des moments de montées chromatiques qui nous transportent vers l’harmonie et l’allégorie. N’y a-t-il il pas d’ailleurs une Colonne d’Harmonie qui nous accompagne tout au long du déroulement de la tenue

« Nous ne quittons jamais notre monde de l’enfance et notre attachement à notre engagement maçonnique en est la preuve. »

Si l’on admet que l’audace, le rêve, l’imaginaire de l’enfance peut aider à expliquer bien des agissements sur notre monde adulte, alors peut être pouvons nous transférer ces mêmes schémas dans le monde maçonnique où certains comportements sont parfois surprenants et semblent relever d’une maturité propre à l’enfance, une enfance que nous ne voulons pas quitter, avec des notions qui tendent vers des sentiments de gloire, des images de soi que nous voulons créer, bref de l’ordre du paraitre…

Il ne faut pas craindre de se laisser transporter dans ce monde nouveau car nos outils et notre entourage sont là pour nous accompagner dans cet « élan de lâcher prise » nécessaire pour polir la pierre brute.

Nos épreuves nous accompagnent elles aussi tout au cours de notre chemin de vie. Nos écarts, nos perturbations, nos choix servent aussi à nous faire évoluer quel que soit notre niveau en Franc-maçonnerie. Il semble, à mon avis, que nous restons de grands enfants !

Reste à savoir peut-être être comment s’en satisfaire…

Le Grand René a sans doute une idée sur la question dans la vidéo ci-dessous :

La carte postale du dimanche : Le Louvre, un Temple de lumière et de sagesse

Frères, Sœurs, Compagnons de la voie initiatique,

Chers lecteurs, ce dimanche, nous allons explorer les mystères enfouis au cœur de Paris. Aujourd’hui, nous nous attardons sur le Louvre, ce palais monumental qui transcende sa fonction de musée pour devenir un véritable sanctuaire initiatique.

Nous ne venons pas y « voir » des chefs-d’œuvre, nous venons y travailler la lumière. Entre Seine et axe des Tuileries, la pierre respire comme une Loge à ciel ouvert. Les façades sont des colonnes, les cours des parvis, les galeries des allées du sens. Nous avançons d’Occident en Orient, de la rumeur profane à l’intonation intérieure, et, pas à pas, l’ancienne forteresse se transfigure en maison de sagesse, où la cité des hommes confie aux arts la garde de ce qui élève.

La leçon commence dehors. La Cour Napoléon propose une vaste page blanche où l’ombre et le clair s’équilibrent comme sur un pavé mosaïque. Au centre, un signe simple et

I.M. Pei, en 2006

souverain : un delta de verre. L’architecte américain Ieoh Ming Pei (1917 – 2019), communément appelé I. M. Pei, a dressé la Pyramide comme un instrument de justesse, non pour dominer le palais mais pour l’accorder. Sa transparence n’est pas un effet, c’est une règle morale. L’architecture parle bas, elle laisse passer l’air, elle offre aux façades renaissantes le privilège d’être vues même depuis le dedans. Elle organise un passage du dehors au dedans, de l’œil au regard, de la curiosité au discernement. Inaugurée en 1989, elle a longtemps divisé, comme tout ce qui tranche clairement dans les habitudes. Aujourd’hui, elle est devenue un geste architectonique de réconciliation : modernité et mémoire y apprennent à se saluer sans se renier.

Pyramide vue de l’intérieur du Louvre

Approchons-nous. Le triangle est d’abord une conduite. Il nous oblige à lever le front, à mesurer la pente, à accepter que le sommet se dérobe pour mieux appeler. Dans nos Temples, le delta lumineux signale la présence du Principe. Ici, la lumière ne se contente pas d’éclairer : elle descend, se diffracte, pénètre le ventre du musée, ensemence la nuit souterraine où s’alignent les files et se disposent les pas. La vérité maçonnique s’y reconnaît : rien ne demeure lumineux s’il ne sait traverser l’opacité du monde. Et parce que les mythes collent aux symboles comme la poussière aux gants, rappelons-le paisiblement : la Pyramide n’est pas un code ésotérique chiffré au « nombre de la Bête ». Elle compte 673 vitrages selon le musée et l’équipe de Pei. La rumeur dit 666 ; la lumière préfère le démenti précis aux frissons faciles.

Sous la cour, la pyramide inversée complète le signe, comme si l’architecte avait voulu écrire la Table d’émeraude à même Paris. Ce qui est en bas répond à ce qui est en haut. Deux pointes s’appellent sans se toucher, et l’on comprend que l’initiation n’est ni ascension seule ni seule immersion, mais passage entre polarités. La pointe de verre suspendue désigne l’invisible autant qu’elle éclaire l’itinéraire des visiteurs qui se cherchent. Ainsi la verticalité se fait douce ; elle ne commande pas, elle invite. Installée en 1993 au Carrousel, elle oriente et pacifie, elle donne au flux moderne du commerce un repère de silence.

Autour de ces gestes, Paris trace sa « voie triomphale ». Depuis le parvis du Louvre jusqu’à l’Arc de Triomphe puis la Grande Arche, la ville file en axe comme une règle d’or tendue sur l’horizon. Deux fois l’an, le soleil y dépose ses salutations, et la pierre, un instant, devient cadran cosmique. Nous savons ce qu’un rite gagne à s’orienter : la marche prend sens quand elle épouse la course du feu. Le Louvre s’y inscrit avec gravité ; il ne se contente pas d’être un musée, il est un point d’accord entre l’astre, la ville et l’homme en quête d’alignement.

Le coq, symbole de la République, a été installé à la place des symboles royaux ou impériaux. Autour du coq, un Ouroboros (serpent symbolique qui se mord la queue).

Entrons. Les salles enchaînent des mondes qui ne se parlent pas toujours, et pourtant tout conspire à la concorde. Les yeux passent d’un bas-relief babylonien à un visage de Fayoum, d’un marbre grec à une scène flamande, d’un code de lois à un regard d’ange. Nous reconnaissons la pédagogie des Loges : faire place à l’altérité, tenir ensemble des langues différentes sans les fondre en bouillie. Les œuvres nous travaillent comme l’équerre travaille la pierre. Le compas y trace des cercles de proximité insoupçonnés. À mesure que nous visitons, nous sommes visités. Le palais, en bon maître silencieux, n’attend pas des dévotions, mais un labeur intérieur.

Le Louvre, détail sculpture

La Franc-Maçonnerie a toujours tenu l’architecture pour un art « opératif » de l’esprit

Nous parlons d’outils, non pour la nostalgie des bâtisseurs, mais parce qu’ils disent exactement ce qu’il faut faire à même soi. Éprouver la droiture de l’intention comme on vérifie un angle. Circonscrire l’ardeur pour qu’elle soit force et non caprice. Chercher la verticale qui traverse les heures comme un fil à plomb moral. Le Louvre nous y aide. Son ordonnance n’est pas qu’une majesté d’Ancien Régime, c’est une méthode discrète pour apprivoiser le chaos. La perspective calme, les cours carrées, les enfilades patientes, tout réclame de nous une tenue, au sens le plus noble du terme.

Il est tentant de plaquer des légendes sur le palais, d’y traquer des signes cachés, des appartenances clandestines, des intentions cryptées. Nous préférons le travail plus fin qui consiste à lire une éthique des formes. L’allégorie n’est pas un clin d’œil complice, elle est un chemin. Une ruche sculptée ne fait pas de quiconque un initié, mais elle rappelle la cité fraternelle et industrieuse que nous devons bâtir dehors. Une étoile ne confère pas un grade, elle exige de nous l’usage juste de nos cinq sens. Un laurier ne promet pas la victoire sociale, il enseigne l’effort long, la constance qui polit la pierre d’achoppement en pierre d’angle.

Revenons un instant sur la transparence du verre. Pei a exigé un cristal presque absolu, fruit d’années de recherche, pour que l’ancien dialogue avec le nouveau sans écran. N’est-ce pas notre tâche, nous autres, de chercher la transparence des médiations ? Non pas l’innocence, qui ignore les médiations, mais la clarté qui les rend traversables. La Pyramide n’a pas aboli le Louvre, elle l’a rendu plus lisible. De même, le travail maçonnique n’abolit ni nos héritages ni nos fidélités ; il les met en circulation, il les laisse être vus depuis des angles neufs, il les lave de l’opacité des usages.

Le Louvre, outils…

Au sortir, lorsque nous reprenons la grande perspective, nous sentons mieux pourquoi ce lieu s’appelle musée et pourquoi, pourtant, il n’a rien d’un mausolée. La vie y circule, dense, parfois bruyante, toujours diverse. Le Temple dont nous parlons n’est pas une retraite contre le monde, c’est une fabrique d’attention. La sagesse qui s’y propose n’est pas savoir de spécialiste, c’est une disponibilité nourrie, une fraternité vigilante, une liberté qui n’a pas peur d’apprendre. Le Louvre nous lègue une discipline du regard ; à nous d’en faire une discipline de l’action.

Alors, en ce dimanche 5 février, nous confions à nos sœurs et à nos frères, et à toutes celles et ceux qui aiment la beauté, cette consigne simple : la lumière n’est pas un trophée, c’est un service. Tenons la ligne, polissons la pierre, orientons nos pas. Entre la pointe qui monte et la pointe qui descend, entre l’Orient et l’Occident, entre la mémoire et l’audace, faisons de notre propre cœur un petit Louvre, un abri pour la sagesse qui vient. Et que la ville, en retour, s’en trouve mieux tenue.

À la semaine prochaine pour une nouvelle découverte…

Puisse cette méditation t’accompagner en ce jour. Bon dimanche, et bons baisers de Paris, éternelle Ville Lumière !

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Les secrets cachés des façades du Louvre – Visite guidée insolite

Que racontent vraiment les façades du Louvre ? Plongez dans 800 ans d’histoire et découvrez les symboles cachés qui ornent ce palais légendaire. De l’aile Lescot à l’arc de triomphe du Carrousel, explorez les bas-reliefs, sculptures et détails mystérieux que même les habitués du Louvre ignorent ! Abeilles napoléoniennes, serpents énigmatiques, hiéroglyphes égyptiens… chaque élément raconte une histoire méconnue où l’ésotérisme se mêle à l’Histoire de France. Accompagné d’un guide passionné, partez pour une visite inédite et découvrez le Louvre comme vous ne l’avez jamais vu !

Les zozotéristes vont s’en donner à cœur joie

Voyage en France | Sous le Bandeau | VLOG | Épisode #48

C’est la première partie de mon voyage en France (29 août – 7 septembre 2025). Dès mon arrivée, je me suis envolé vers le sud, direction Hyères 🌞, une ville que je découvrais pour la toute première fois ! Là-bas, j’ai eu l’honneur de visiter la Grande Loge Symbolique du Rite Écossais Primitif en compagnie d’Éric Romand et Damien Charitat.

Ensuite, cap sur Cannes 🎬 pour rencontrer François Padovani et Sylvie, afin de mieux comprendre la vie maçonnique dans cette belle région. Et comme si ce n’était pas assez, ma copine m’a lancé une mission spéciale ❤️… que je vous partage dans un segment unique de ce vlog !

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Le processus d’individuation en 6 étapes de Carl Gustav Jung : (4/6) « Anima – Animus »

Le processus initiatique est sous-jacent au processus d’individuation de C.G. Jung, sans trop apparaître au grand jour, les alchimistes spirituels demeurant à tort des « souffleurs » la plupart du temps dans la mémoire collective. Malgré les chasses aux sorcières orchestrées depuis 2000 ans en occident par les pouvoirs civils et religieux pour occulter et faire disparaître l’alchimie, l’Art Royal n’a jamais cessé de ressurgir depuis Hermès Trismégiste à toutes les époques sous les traits de grands alchimistes.

Leurs œuvres ont marqué la mémoire collective et suscité des vocations à des aspirants encore confrontés à leurs démons intérieurs, des zones d’ombres impénétrables et des problèmes que des rencontres, des lectures, et des prises de conscience, tendent peu à peu à éclairer et résoudre.

Le bien-être général, à la fois corporel, moral, mental, et spirituel immense qui en résulte est le premier viatique d’un questionnement qui se transforme vite en quête spirituelle, et en prises de conscience d’états d’être qui se vivent et se ressentent avant de se raconter, les seuls mots nécessaires dans cette quête intérieure initiatique se réduisant à quelques mots clés. Dans le processus qui mène à l’individuation de C.G. Jung, ces mots sont le trauma, la persona, la différenciation, et les ombres, correspondant aux 51é, 52è, et 53è degrés de la Maçonnerie égyptienne. Il s’agit à présent de découvrir et d’activer les mots clés des 54è, 55è, et 56è degrés, générateurs de l’énergie nécessaire à la conscience pour se propulser dans son propre cosmos intérieur.

Avec le couple anima/animus, C.G. Jung conduit les hommes et les femmes à reconnaître et accepter en eux-mêmes la présence dans leur inconscient d’une marque féminine en l’homme et masculine chez la femme, afin de se délivrer des effets négatifs de leur reniement sur leur psyché, et en contrepartie de bénéficier du surcroît d’énergie généré par leur acceptation et leur intégration en conscience. L’anima est une image innée de la femme chez l’homme, l’animus une image innée de l’homme chez la femme. Contenus inconscients d’une grande puissance énergétique, l’anima et l’animus sont des complexes dont le degré d’autonomie varie avec la distance qui sépare le conscient et l’inconscient. Si cette distance est très grande, le conscient est, soit fasciné par une figure d’anima ou d’animus ressentie comme merveilleuse et sublime, soit au contraire effrayé par une figure mauvaise, perverse, et moralement inférieure.

« Un travail de prise de conscience de leurs contenus devient alors nécessaire pour les « intégrer » et les « réaliser » par le sujet, qui s’expose dans le cas contraire à connaître de graves anomalies psychiques, en particulier la présence en soi-même de quelque chose d’inconnu s’appropriant une part plus ou moins considérable de la psyché. Ce quelque chose d’inconnu impose imperturbablement son existence, au premier abord nocive et repoussante, malgré les plus grands efforts de bonne volonté, de compréhension, d’énergie et de raison, démontrant ainsi la puissance des plans inconscients de l’être en face du conscient. On ne saurait trouver de meilleure expression que le mot possession ».

« Avec l’archétype de l’anima, nous entrons dans le domaine des dieux. Tout ce qui touche à l’anima est numineux » (c’est-à-dire doté d’une puissance énergétique sans commune mesure avec les forces du conscient) … Tout ce qui touche à l’animus est également numineux, c’est pourquoi la confrontation avec les figures intérieures de l’anima ou de l’animus est un travail très exigeant … À l’inverse, si la relation à la conscience s’établit, leurs contenus sont intégrés, et l’emprise de ces figures sur la psyché disparaît. L’anima ou l’animus devient alors une simple fonction de relation avec le monde intérieur, une manière de passerelle qui mène à l’inconscient … L’homme laisse sourdre son œuvre, son auto-création dans sa totalité à partir de son monde intérieur féminin où l’anima le guide. L’animus de la femme est aussi un être créateur, une matrice où se crée quelque chose que l’on pourrait appeler un Logos spermatikos, un Verbe fécondant. (C.G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient)

Cette confrontation avec les figures de l’anima ou de l’animus, après les expériences intérieures du trauma, de la persona, et des ombres, est aussi une initiation progressive à l’expérience du Soi. Non seulement leur emprise sur la psyché disparaît, mais leurs marques imprimées en mémoire se transforment en structures positives d’action, disponibles désormais pour résoudre les conflits de même nature à venir. Ces victoires intérieures remportées sur des adversaires dissimulés dans les méandres de la psyché, outre l’expérience des combats et les sentiments de délivrance qu’ils procurent, structurent la psyché et lui confèrent l’énergie nécessaire pour s’engager plus avant dans cette expérience du Soi.

Il ne s’agit plus désormais de concevoir l’existence du Soi, mais d’en faire l’expérience et de s’appuyer sur ces structures désormais à l’œuvre dans la psyché pour délivrer la pensée de ce qui entrave sa libre circulation, de ce qui la paralyse et l’endort. Ces structures donnent le sentiment d’être conférées par la nature aux êtres courageux qui osent affronter leurs démons, tels les héros des mythes et des légendes qui reproduisent sous forme symbolique dans leurs récits ce que la nature a depuis toujours prévu d’offrir aux héros, car ils le méritent.

Cependant l’intégration de ces contenus psychiques n’est pas sans risque au début. Dans la tradition alchimique, les premiers temps de ce processus se traduisent par un accroissement de l’athanor, le four où s’opèrent les opérations de transmutation, sous l’action du propre feu de l’alchimiste. Car à ce moment-là, le feu est difficilement contrôlable et peut déborder l’être. En termes psychiques, le Moi est investi d’une arrivée soudaine d’énergie qui, non canalisée peut aboutir à une perte de conscience du réel. Jung illustre cette situation par des moments de vie de prophètes ou d’artistes (William Blake, Gérard de Nerval) n’ayant pu intégrer psychiquement ces manifestations. Jung nomme cet état l’inflation du Moi qui se traduit par un orgueil et une imprudence démesurés. Les mythes traduisent aussi cet état initial sous la forme d’une possession diabolique.

L’intégration de ces contenus de nature contradictoire conduit aussi à l’exploitation positive dynamique de leurs structures paradoxales, et à leur conversion en matériaux susceptibles de produire par croisement de pensées des étincelles d’esprit dans tous les domaines de connaissances. Il ne s’agit plus de chercher à neutraliser leurs effets psychiques a priori négatifs, mais d’exploiter comme une source puissante d’énergie les paradoxes et les contradictions de l’être mis en valeur par l’ombre, la persona, l’anima et l’animus. Pour y parvenir, la conscience doit réussir non seulement à s’accommoder de leur présence en gardant l’œil ouvert sur leurs manifestations, mais elle doit aussi mentalement prendre du recul tel un artiste en création en accommodant son regard pour contempler son œuvre avec plus ou moins de précision, ou un photographe modulant la focale de son appareil pour s’attacher à ce que la vie lui offre à contempler dans l’instant.

Le Sublime Scalde, au 54è degré de la Maçonnerie égyptienne, a déjà intégré comme un alchimiste ses parts d’ombre en soi-même au 53è degré pour les convertir en matériau de combustion pour son athanor, ce qui caractérise l’Œuvre au noir, la première phase de transmutation de ses métaux. Il est à présent au terme de la deuxième phase, l’Œuvre au blanc, le temps du REBIS maçonnique, androgyne accompli un compas en main droite et une équerre en main gauche. Il prend alors du recul et du temps pour contempler son œuvre en cours, et souffle juste assez sur les braises pour entretenir son feu dans l’athanor.

L’anima chez l’homme et l’animus chez la femme se sont ainsi dévoilés peu à peu tout en s’intégrant véritablement en conscience, métamorphosant symboliquement les hommes et les femmes qui le souhaitent en êtres doubles symboliquement androgynes, désormais aptes à jouir des prérogatives des êtres spirituels qui se laissent pousser des ailes et sont aspirés avec délice en leur propre dimension cosmique. Cet état d’esprit androgyne annonce le dépassement définitif du modèle patriarcal, la réintégration du principe féminin, et la restauration d’une totalité spirituelle d’essence à la fois humaine et divine.

Les six degrés de la Maçonnerie égyptienne (51è au 56è) illustrant les six étapes du processus d’individuation sont extraits des 60 degrés (34è au 93è) développés dans le livre Méditations du Sphinx de Patrick Carré, Éditions GAMAYUN)

Patrick Carré donne rendez-vous à ses lecteurs devant la Fontaine Saint-Michel le samedi 11 octobre 2025 à 10h30

(décalage d’une demi-heure par rapport à l’horaire prévu), pour une conférence interactive (durée 2h). L’article de l’auteur déjà paru sur 450.fm à cette adresse (cliquez ici) prépare activement à cette conférence. Venez nombreux !

Retrouvez l’intégralité des épisodes

La chemin et le Temple – l’itinéraire initiatique du Frère

Nous ouvrons Maçons en chemin comme on pousse une porte discrète qui donne sur deux sentiers qui se rejoignent. Le premier se trace dans l’argile tiède des haltes du pèlerin. Le second s’élève sous la voûte étoilée du Temple. La couverture fait signe d’emblée. Elle noue la coquille du chemin de Compostelle et les emblèmes de l’Art Royal.

Nous y lisons une proposition de voyage intérieur et fraternel. Les êtres humains sont toujours sur des chemins de vie qu’ils doivent décoder afin de vivre librement et de côtoyer leurs semblables dans un monde complexe. Cette phrase d’ouverture donne le ton. Elle parle d’apprentissage, de liberté de conscience, d’expression mesurée et de fraternité vécue. Elle annonce l’ouvrage entier comme une marche consciente vers la lumière.

Maçons en chemin

Jean Monneret choisit une forme narrative à la fois simple en apparence et riche en résonances.

Des voix féminines dialoguent. Elles disent la patience des Loges, les heurts d’une histoire trop longtemps écrite au masculin, l’ascèse d’une parole mise à l’épreuve par le rituel. Nous reconnaissons dans ce choix une éthique de transmission. La parole circule, elle ne s’impose pas. Elle se recueille, se décante, puis s’offre à nouveau. À travers ces voix, l’auteur pose la question de la maturation de la personne initiée. L’Apprenti écoute et regarde. Le Compagnon se met en route et mesure ses pas.

Le Maître consent au sacrifice de l’ego pour servir une cause plus haute.

Nous avançons ainsi, de l’ombre du cabinet de réflexion à la blancheur rude de l’acacia, de la stupeur de la première lumière à l’exigence d’une exemplarité quotidienne. La référence au mythe d’Hiram n’est pas récitée comme un catéchisme. Elle devient épreuve intime de discernement. Elle rappelle que la mort symbolique n’est pas un théâtre. Elle convoque notre courage et notre fidélité, afin que la construction de l’homme intérieur ne se confonde ni avec l’ambition, ni avec la jalousie, ni avec le fanatisme.

Le livre a le souffle de la marche.

Nous sentons la houle régulière du pas. L’auteur connaît les soifs, le vent contraire, la pierre qui blesse, la promesse de l’horizon. Il transpose ce rythme dans l’économie spirituelle de la loge. Chaque Tenue devient une étape. La chaîne d’union redonne souffle au cœur comme la soupe partagée au gîte redonne force au pèlerin. L’hospitalier porte la marque de l’amour fraternel de la même manière que l’accueillant protège l’infatigable voyageur. Le tronc de solidarité répond au donativo du matin – mot espagnol issu du latin donativum signifiant don. Les points d’eau de la route s’accordent aux silences du Temple. Les signes, les mots, les attouchements sont les balises d’une géographie sacrée. Ils apprennent à se reconnaître sans s’emparer de l’autre. Ils dessinent une courtoisie spirituelle, humble et ferme, qui n’a pas besoin de s’exhiber.

Le livre assume une réflexion nette sur la cité.

Nous n’y lisons ni retrait frileux ni tentation d’emprise. Au contraire, la démarche initiatique y apparaît comme une discipline de la parole et du geste. Elle forme des femmes et des hommes capables de porter au dehors l’œuvre commencée à l’intérieur. Laïcité vécue comme garantie de liberté de conscience. Fraternité pratiquée comme exigence de justice. Vigilance contre les confusions qui font croire que l’Ordre parle à la place des consciences.

Cette clarté, Jean Monneret la fonde sur une pédagogie du rite.

Demander la parole, se tenir à l’ordre, accepter de limiter ses interventions, entendre le contradicteur. Tout cela éduque. Tout cela prépare à l’engagement lucide. Tout cela évite la facilité spectaculaire dont s’énamourent les temps agités. Nous retrouvons ici une intuition ancienne. La cité se transforme à partir d’êtres pacifiés, non par la colère, mais par la constance.

La place des femmes traverse l’ouvrage comme une ligne de force. Les voix qui ouvrent le récit évoquent l’émancipation, les lenteurs, les ruses, les résistances intériorisées. Elles rappellent les humiliations subies et la patience organisée. Elles montrent la mixité comme un travail quotidien des esprits. Non un slogan. Un devoir de justesse.

Le balisage des Chemins de Compostelle

 L’auteur ose mettre sur la table les malentendus, les expressions rituelles qui choquent aujourd’hui, les héritages qu’il faut relire sans faiblesse. Cette honnêteté donne au livre un relief singulier. Elle rend possible l’augure d’une fraternité véritable, où l’égalité ne soit ni concédée ni théorique, mais éprouvée dans la responsabilité partagée.

La métaphore de la vie humaine irrigue la progression. Enfant, puis adolescent, puis adulte, puis sage. Apprenti, puis Compagnon, puis Maître, puis hauts grades. À chaque seuil, une vertu se réveille. À chaque avancée, une tentation se démasque. La marche tient lieu de méthode. Nous apprenons à déplier les sens, à affermir l’écoute, à polir notre pierre.

Nous apprenons aussi la patience. Rien n’est donné.

Tout se reçoit si la main demeure ouverte. L’auteur excelle à tisser les correspondances. Le bâton du maître des cérémonies répond à celui du pèlerin. L’étoile flamboyante répond à la clarté des nuits sans lune sur la Meseta, un haut-plateau situé au centre de la péninsule Ibérique.

Maçons en chemin, détail

Le pont construit par la charité d’une bienfaitrice répond au passage fragile du gué intérieur. Ainsi la géographie devient liturgie. Ainsi la topographie du monde nourrit la cartographie de l’âme.

Nous saluons l’élégance d’une scène discrète.

L’épreuve sous le bandeau. Parole donnée et retenue. Jeu de questions qui n’a rien d’un interrogatoire, mais tout d’un miroir. Nous entendons le tremblement d’un souffle, la gêne de parler sans voir, l’étrangeté d’une présence tout autour. La description ne cherche pas l’effet. Elle met le lecteur à sa place. Elle lui demande de consentir à l’inconfort qui précède toute naissance. L’auteur sait alors faire entendre la douceur fraternelle qui suit la peur. Des sourires se devinent. Un siège se propose. Un rituel d’accueil se déploie. Le monde change de densité. Nous franchissons la porte basse. Nous déposons nos métaux. Nous recevons la charge d’une liberté plus exigeante.

Dans les pages consacrées à l’action, une ligne se détache. L’exemplarité. Non point posture morale. Plutôt cohérence éprouvée. Nous sommes crus si nous devenons crédibles. Nous sommes respectés si nous savons nous rendre respectables. Le rappel n’a rien d’édifiant. Il sonne juste. Il répond à la tentation de l’effet de manche. Il invite à l’accord intérieur, là où parole et conduite se rejoignent. De tels rappels donnent à l’ouvrage une gravité joyeuse. Ils empêchent la symbolique de flotter hors sol. Ils reconduisent le lecteur au devoir simple et rude qui l’attend au seuil du Temple, puis dans la rue, puis sur la route, puis à la maison.

Nous lisons enfin ce livre à la lumière d’un visage.

La presse régionale présente Jean Monneret en homme de sport, d’éducation et d’engagement civique. Cette triade irrigue la structure du récit. Nous comprenons mieux la place accordée aux politiques sportives, à la vie associative, à l’art d’organiser la coopération. Nous comprenons aussi le choix constant d’une écriture claire et pédagogique, jamais jargonnante. Une telle clarté ne retire rien à la profondeur. Elle l’accompagne. Elle la rend partageable.

Jean Monneret

Brève biographie vivante

Jean Monneret a longtemps œuvré dans l’éducation sportive, la gestion des équipements, la formation et l’animation associative. Il marche beaucoup. Il rencontre. Il écrit pour relier l’expérience à la méditation. Son travail porte la marque d’un citoyen qui connaît les institutions et d’un pèlerin qui connaît la fatigue. Plusieurs ouvrages jalonnent cette route. Un livre de référence sur les politiques sportives des collectivités locales. Un cri d’alarme suivi d’un appel à l’action sur notre dépérissement, paru avant un essai sur la confrontation intérieure. Un récit enraciné dans la mémoire bourguignonne. Cette diversité compose un portrait cohérent. L’homme de terrain réfléchit. L’initié transmet. L’écrivain cherche la juste hauteur d’une parole fraternelle.

Nous refermons le livre comme on défait une besace en fin d’étape.

Il reste dans les mains une provision de signes. Une coquille qui résonne comme un appel au voyage intérieur. Une branche d’acacia qui ne pourrit pas et promet la renaissance. Un bâton qui marque la rectitude sans dureté. Des pierres que nous continuerons de tailler, jour après jour, afin que la maison intérieure demeure habitable et ouverte. Maçons en chemin propose une manière d’accorder l’horizon et la règle, la liberté et la discipline, la route et le Temple. Il nous rappelle que chaque vie est un chantier qui sollicite notre discernement et notre courage. Il nous apprend à marcher sans perdre la prière de la main qui se tend, ni la vigilance du regard qui écoute. Il nous invite à bâtir l’homme pour se construire. Et à laisser la lumière reçue irriguer nos actes, jusqu’à la prochaine étape…

Éd. Vérone

Jean MonneretVérone Éditions, 2025, 154 pages, 16,50 €

Hommage de la franc-maçonnerie brésilienne et liens historiques avec la Loge João Abílio Neto n° 37

De notre confrère brésilien blogdojordanbezerra.com

La ville de Patos a été le théâtre, dans la nuit de vendredi dernier (26), de l’un des événements les plus significatifs de la Franc-Maçonnerie de Paraíba : la Grande Session commémorant l’anniversaire de la Loge Maçonnique João Abílio Neto nº 37. Parmi les autorités, les frères francs-maçons et les invités, la cérémonie a été marquée par l’hommage rendu au conseiller Nadir Rodrigues, qui a reçu le Diplôme d’Honneur de Gratitude.

La distinction a été décernée en reconnaissance des services pertinents rendus par la parlementaire à la Franc-Maçonnerie Paraíba et universelle, symbolisant non seulement l’appréciation de ses actions politiques et sociales, mais aussi le dialogue étroit qu’elle entretient avec les institutions qui contribuent au développement de la communauté.

À cette occasion, la conseillère municipale a apporté la force du pouvoir législatif de Patos à l’événement en délivrant deux votes d’applaudissements, tous deux rédigés par elle et approuvés à l’unanimité par le conseil municipal de Patos. L’un était dédié au Grand Orient de Paraíba, reçu par le Grand Maître Almir, et l’autre à la Loge maçonnique João Abílio Neto n° 37, remis au Vénérable Arthur Correia. Ces hommages ont été rendus à l’occasion de la Solidarité de Pâques, une initiative sociale organisée le 25 avril à l’école Senador Humberto Lucena, dans le quartier de Morro, et qui a bénéficié à de nombreuses familles de la ville.

Dans son discours, Nadir Rodrigues a souligné que cette distinction réaffirme son engagement à poursuivre son action en faveur des institutions qui jouent un rôle fondamental dans la société. Elle a également rappelé qu’en 2020, elle a été à l’origine de la loi municipale n° 5.459/2020, qui a officiellement reconnu le magasin João Abílio Neto n° 37 comme un bien d’utilité publique, consolidant ainsi l’histoire de l’organisation et la reconnaissance publique de son importance sociale.

La cérémonie a également permis à la conseillère municipale de retrouver des amis, des dirigeants et des autorités, renforçant ainsi les liens de respect et d’amitié qui renforcent le dialogue entre les différents segments de la société civile organisée.

Photos

La GLUA fait face à de vives critiques… et réagit

Du site officiel de la ugle.org.uk

La Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) a récemment fait face à de vives critiques publiées dans The Spectator, sous la plume de Melanie McDonagh. Cet épisode a soulevé un débat d’ampleur autour de la représentation publique de la franc-maçonnerie, et la manière dont l’UGLE répond, défend ses valeurs et rectifie les idées fausses, éclaire le positionnement actuel de la maçonnerie britannique.

Origine de la polémique

Dans l’article intitulé «Il y a quelque chose de vulgaire chez les Francs-Maçons », The Spectator questionne non seulement le style du Freemasons’ Hall – qualifié de «vulgaire » – mais égraine aussi une série de clichés anciens : l’opacité du fonctionnement interne, le supposé interdit fait aux catholiques de rejoindre l’ordre, et les allégations d’intérêts personnels au sein de la fraternité.

Réponse ferme de la franc-maçonnerie britannique

La GLUA (et d’autres grandes obédiences britanniques), a réagi par un communiqué officiel dénonçant les « inexactitudes et injustices » de l’article. D’entrée de jeu, la critique sur le Freemasons’ Hall – bâtiment situé sur Great Queen Street entre Holborn et Covent Garden – est réfutée. Ce bâtiment construit entre 1927 et 1933 dans le style art déco selon les plans des architectes Henry Victor Ashley et F. Winton Newman, est avant tout un mémorial pour les 3225 francs-maçons morts en service actif lors de la Première Guerre mondiale. La GLUA rappelle que son architecture et sa décoration sont des hommages légitimes à la mémoire des morts, et assume fièrement ce patrimoine.

Ouverture religieuse et diversité

Melanie McDonagh

Contrairement à ce qu’affirme The Spectator, la GLUA souligne que la franc-maçonnerie britannique est ouverte à tous, quelles que soient leurs convictions religieuses – y compris les catholiques. Elle vante même sa diversité, réunissant dans les loges des membres issus du christianisme, de l’islam, du judaïsme, de l’hindouisme, du sikhisme et d’autres confessions. Cette mixité est présentée comme une force et un gage de modernité.

Intégrité et discipline interne

L’article du Spectator laissait entendre que la franc-maçonnerie pouvait servir d’outil pour obtenir des avantages financiers ou professionnels. La GLUA dément catégoriquement cette idée : tout profit indu résultant de l’appartenance maçonnique entraîne des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’exclusion de l’organisation. La rigueur des règles internes est ainsi mise en avant comme un rempart contre toute forme de dérive.

Impact caritatif et action sociale

Temple de la Grande Loge Unie d’Angleterre – Le Temple (GLUA)

La dimension philanthropique, souvent occultée dans les représentations populaires, est au cœur de la réponse de la GLUA. En 2023-2024, la franc-maçonnerie britannique a consacré plus de 26 millions de livres sterling, soit 29 833 570 €, à des actions de solidarité, et ses membres ont effectué plus de 18 millions d’heures de bénévolat en une seule année. Leur rôle a notamment été crucial durant la pandémie, illustrant une mobilisation au bénéfice de la société tout entière.

Boutique de la GLUA
Boutique de la GLUA

Transparence, fierté et respect de la vie privée

La GLUA encourage ses membres à partager leur appartenance maçonnique avec fierté, mais refuse toute obligation de divulgation. Elle défend le droit à la vie privée et la liberté d’association, affirmant que la transparence peut aller de pair avec le respect individuel.

Conclusion : une institution en mutation mais fidèle à ses principes

Malgré les attaques, la franc-maçonnerie britannique continue d’offrir à ses membres un espace de fraternité et de tradition, tout en s’adaptant à la société contemporaine. Son engagement envers l’intégrité, l’amitié et le service demeure inchangé – une posture affirmée face aux critiques et à la désinformation.