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Notre Frère Pierre Klees, ancien Grand Maître du Grand Orient de Belgique, est passé à l’Orient Éternel

Pierre Klees aura dirigé l’aéroport national durant dix ans, de 1993 à 2003, avant d’en prendre la présidence jusqu’en 2005. Bruxellois, il est décédé en début de semaine, rapporte le journal L’Écho ce mercredi 12 avril.

Après une carrière aux Acec et à l’Union Minière, cet ingénieur de formation, spécialiste du nucléaire, dirigera l’aéroport de Bruxelles durant plus d’une décennie, avant de prendre la présidence de La Poste (2000-2006) et de Vinçotte (2011), ainsi que la vice-présidence de la Commission Énergie 2030.

Il fût également professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB), université belge francophone fondée en 1834 – régulièrement citée comme faisant partie des 250 meilleures universités mondiales –, à la faculté des Sciences appliquées, et Grand Maître du Grand Orient de Belgique de 1996 à 1999.

Nous devons aussi Le Franc-maçon au XXIème siècle – Une réalité maçonnique dévoilée (Avant-propos, 2015) où il écrivait que « Ni insolite ni mystérieuse, la franc-maçonnerie ouvre une voie salutaire qui s’oppose à la pieuvre des fanatismes religieux ». Il avait 88 ans.

Source : bx1.be

03/05/22 : Conférence de François RACHLINE à la GLDF

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Au Temple Franklin Roosevelt, à 20h00

Cette Conférence organisée par la RL 676 « Abbé Grégoire » et la Commission Obédientielle  » Le Monde qui nous entoure » recevra François RACHLINE qui traitera du sujet :

Esprit de Résistance d’hier et d’aujourd’hui.

L’esprit de Résistance dont nous avons su faire preuve tout au long de notre histoire,  apparaît souvent comme un marqueur de notre attachement à nos valeurs républicaines. Il est un révélateur de l’intensité de nos engagements, du jusqu’au-boutisme de nos convictions et de l’esprit de Sacrifice dont parfois nous nous réclamons. 

Le mardi 03 mai à 20h, venez réfléchir sur ce thème avec le professeur François RACHLINE.

Universitaire et écrivain, il est Docteur en science économique, Professeur d’économie, ancien Professeur à HEC et à l’Ecole Militaire, Vice-Président de la LICRA, nous lui devons de nombreux ouvrages dont ses derniers, essais humanistes, « Moïse et l’humanisme« (Hermann, septembre 2021), « Eprouver Auschwitz » (Hermann, janvier 2020).

Il est le fils de Lazare RACHLINE qui fut un membre important de la loge Abbé Grégoire. Grand résistant pendant la guerre, organisateur de plusieurs réseaux d’évasions, proche de Général de Gaulle qui le considérait comme un ami, Lazare RACHLINE eut après la guerre une activité sociale, économique et humaniste très importante. François lui a consacré un essai en forme d’enquête : « L.R. Les silences d’un Résistant « , publié en 2015 (Albin Michel) qui a reçu le prix de la LICRA en 2016.

Face aux multiples défis du monde qui nous entoure, qu’est-il advenu de notre esprit de Résistance ?

François RACHLINE, essayiste et romancier, est aussi l’auteur d’une trilogie biblique éditée chez Hermann : La loi intérieure (2010), Au commencement était le futur (2015) et Un monothéisme sans dieu (2018). Il a publié en novembre 2017 (Albin Michel) son cinquième roman intitulé Coupures. Il a reçu le prix Cabourg 2014 du roman pour Le mendiant de Velázquez (Albin Michel). 

Vice-président de la LICRA, Président du Paris Mozart orchestra, il a été, de 2011 à 2015, le conseiller spécial du président du Conseil économique, social et environnemental, Jean-Paul Delevoye.

Économiste de formation et conseil auprès de dirigeants d’entreprises, il a publié des ouvrages d’économie, dont le premier remonte à 1985 et le plus récent à 2011, ainsi que plus d’une centaine d’articles dans des revues, des magazines et des quotidiens.  

GLDF 8, rue Puteaux 75017 Paris, inscription obligatoire sur le lien ci dessous :

Les Lumières au XXI -ème siècle, du savoir à la connaissance.

Un document ARTE VIDEO. Science et raison, démocratie et droits de l’homme : l’époque des Lumières a émergé il y a trois siècles. Elle a apporté liberté et progrès – et a posé les bases de la modernité. Mais qu’en est-il du projet des Lumières au 21e siècle ? Dans cette série documentaire, nous partons pour un road trip autour du globe, autour des idées de justice, de responsabilité, de liberté et de connaissance.

Les Lumières au XXIe siècle – Où commence la responsabilité de chacun ?

Raison, progrès et droits humains semblent menacés. Aurions-nous besoin de nouvelles Lumières ? Cette série documentaire passe notre monde contemporain au tamis des valeurs héritées du mouvement intellectuel du XVIIIe siècle. Dans ce volet, le philosophe autrichien Armen Avanessian s’interroge sur la notion de responsabilité.

Comment arrêter le réchauffement de la planète ? Les êtres humains peuvent-ils rester raisonnables à l’ère du numérique, quand les technologies leur confèrent des pouvoirs quasi divins ? Entre Zurich, New York, la Silicon Valley et l’Afrique de l’Ouest, le philosophe autrichien Armen Avanessian s’interroge sur la notion de responsabilité : est-ce les États, les multinationales ou les individus qui portent la responsabilité de notre avenir ? Au XVIIIe siècle déjà, Emmanuel Kant, précurseur de la charte des Nations unies et de l’Union européenne, se penche sur la question et constate ce qu’il appelle l’immaturité de l’être humain, c’est-à-dire son incapacité à être guidé par son seul entendement. À l’époque, ce penseur éclairé avance une idée révolutionnaire en reconnaissant la raison, et non plus Dieu, comme le grand juge de nos actions.  

L’humanisme revisité 
Cette série documentaire en quatre volets questionne les notions de justice, de responsabilité, de connaissance et de liberté au XXIe siècle, des valeurs passionnément prônées et étudiées trois siècles plus tôt par les philosophes des Lumières. Au cours de chaque épisode, une personnalité part à la rencontre de philosophes et de scientifiques qui s’interrogent sur les grands défis du monde contemporain, tout en s’inspirant de la vie et des écrits d’un homme ou d’une femme emblématique des Lumières.

Réalisation :

  • Max Langfeldt

Avec :

  • Armen Avanessian

Pays :

  • Allemagne
  • Etats-Unis
  • Royaume-Uni

Année :

  • 2020

Franc-Maçonnerie traditionnelle et monde moderne

Louis Arnolphe – MdV Éditeur, Coll. Les Symboles Maçonniques, N° 102, 2022, 128 pages, 10,90 € – E-book 6,49 €

Présentation de l’éditeur

Analysant la société contemporaine à l’aide des concepts de la sociologie introduits par Durkheim, l’auteur constate combien elle est marquée par le désenchantement et la perte du sens du sacré. Est-ce un obstacle insurmontable pour vivre la quête initiatique ? Louis Arnolphe ne le croit pas.

Pour retrouver le sens de l’expérience humaine, il propose de suivre le chemin de l’initiation maçonnique traditionnelle qui cherche à libérer les potentialités individuelles et à renforcer la spiritualité, celle de l’individu comme celle de la société. En réaccordant toute sa valeur au travail personnel et à l’œuvre collective, l’initiation contribue à éveiller l’intelligence du cœur sans laquelle nul ré-enchantement du monde n’est possible.

Ce message d’espoir s’adresse autant à tous ceux qui sont désireux de mieux saisir le monde qui les entoure et de trouver des clés d’épanouissement spirituel et personnel.

Biographie de l’auteur

S’appuyant sur sa triple expérience de franc-maçon, d’enseignant et de chercheur en sciences sociales, Louis Arnolphe apporte un regard à la fois scientifique et pratique sur l’institution maçonnique l’initiation individuelle. Il signe ici son premier ouvrage dans cette collection.

[NDLR : Comment concilier tradition et modernité ?

Il est vrai que la Maçonnerie est une « ancienne et honorable Institution. Elle est ancienne, en effet, car elle existe de temps immémorial. Elle est honorable, il faut le reconnaître, car elle contribue naturellement à rendre tel celui qui suit ses enseignements » (Rite Anglais de Style Émulation).

Il est vrai que la Maçonnerie est moderne car actuelle et contemporaine, car universelle et toujours présente dans notre moderne, mais aussi post-moderne.

Il est vrai que la Maçonnerie est affaire de tradition – pratique transmise de siècle en siècle, originellement par la parole ou par l’exemple – et de transmission – action de faire passer tel que reçu un enseignement.

Il est vrai que la Maçonnerie s’enrichit continuellement de nouveaux maçons, véritable chaîne d’initiés porteurs de valeurs, qui font vivre perpétuellement l’Art Royal. Des Maçons qui vivent dans leur siècle et qui ne restent aps confinées dans un passé lointain et désuet.

Il est vrai que la Maçonnerie, qui est une Fraternité initiatique traditionnelle, rend l’homme bon meilleur et le prépare donc à mieux assumer son devenir d’abord.

C’est tout cela que Louis Arnolphe – vraisemblablement un pseudo – traite en parlant de tradition et de monde moderne. En optique, il s’agirait du passage d’un rayonnement à travers un milieu, sans changement de fréquence des radiations qui le composent. En Maçonnerie, c’est exactement la même chose : rayonnement – de soi-même et de l’Ordre –, sans changement de fréquence car elle est authentique, respectable, glorieuse et pareille à elle-même depuis la nuit des temps…

En trois chapitres, l’auteur nous entretient de la société moderne, de ses buts et obstacles à la quête maçonnique comparant édifice social et édifice maçonnique. Il pose aussi la question de savoir comment retrouver le sens de la nature humaine. Sans doute l’essence même de notre démarche. La dernière partie nous amène à découvrir quel est l’apport de la Franc-Maçonnerie de tradition, s’appuyant sur les travaux de l’historien des religions, mythologue et philosophe Mircea Eliade (1907-1986) et de cette « figure inclassable de l’histoire intellectuelle du XXe siècle » qu’est René Guénon (1886-1951), entre autres.]

« Regard sur… L’art, un chemin pour le Maçon », le dernier Villard est paru !

Vecteurs du rayonnement de la Grande Loge Nationale Française, les Cahiers Villard de Honnecourt s’affirment comme un outil de réflexion et de travail indispensable pour tous les Maçons quels que soient leurs grades et leurs rites. Vous pouvez vous le procurer sur : https://bit.ly/3LVSe5E

Offert pour tout abonnement, le n° 95 « Les Trésors cachés de la Franc-Maçonnerie » https://bit.ly/3E6FkPJ

Les Cahiers Villard sont désormais reconnus en France comme à l’étranger et ils sont traduits en anglais et en espagnol, et diffusés à toutes les Grandes Loges régulières de par le monde. Depuis 1964, nous maintenons le cap qui nous a permis de préserver les valeurs fondamentales et le niveau d’exigence qui caractérisent Villard de Honnecourt afin de répondre aux attentes de nos lecteurs.

Les Cahiers Villard de Honnecourt, c’est plus de 120 numéros, 16 000 pages, 600 auteurs et plus de 5 000 thèmes abordés… Les plus grand noms du monde maçonnique, comme du monde profane (philosophes, académiciens, théologiens, historiens, etc.) ont participé à ce qui est devenu une anthologie en matière d’étude maçonnique, de recherche et de spiritualité.

Par la publication de ses travaux et conférences, Villard de Honnecourt participe à la transmission maçonnique.

Présentation du numéro https://www.scribe.fr/medias/documents/VdH122_presentation_.pdf

Mot du mois : Echelle et Escalier

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Qui irait se douter que l’échelle, le scandale, l’échantillon, l’ascenseur, la condescendance, l’escale, l’escalier, participent du même sémantisme ?

*Skan- indo-européen exprime l’idée générale de monter, sauter.

Scander fait allusion au pied qui monte et descend pour marquer la mesure. En musique, en versification poétique.

Le grec *skandalon s’empare de l’idée pour nommer la pierre d’achoppement, en obstacle au milieu du chemin, concret ou symbolique. Et le scandale, très vieux mot religieux, devient la pierre qui fait trébucher sur le sentier du péché, le piège qui précipite dans le mal. Comme le trébuchet que fait fonctionner l’animal dans sa hâte à saisir l’appât. Ainsi la souricière matérialise le désir du fruit défendu, l’acte délictueux par excellence. Comment échapper dès lors à l’émotion publique, tant comédie que tragédie, que suscite le fautif pris au piège ? Et chacun d’y aller de son indignation, réelle ou feinte, devant l’acte déloyal ou criminel. Quel exécrable exemple pour l’enfant et la société ! La faute peut s’avérer plus vénielle, sans amoindrir pour autant l’indignation que soulève la provocation faite à la morale, dans la publicité par exemple. S’est-on assez interrogé sur le choix d’une appellation – et le succès qu’elle remporta en son temps…, celle d’une gaine nommée Scandale ? Ah, ces corps voilés et suggestifs…

La foule, de tout temps, a été friande d’esclandres, quitte à se répandre en trémolos et cris d’orfraies. Et la vox populi se récriait à foison au Capitole romain devant la gigantesque pierre que l’on forçait les banqueroutiers, ainsi dévêtus, à heurter à cul nu.

*scala désignela marche d’escalier qui permet l’ascension vers les échelons de la reconnaissance, vers les hauteurs de la gloire, de la cime montagneuse qu’on escalade, d’une sainteté que les peintres ont si souvent représentée en regard de la chute brutale des maudits. On s’élève vers la transcendance lumineuse et paradisiaque, celle de l’échelle de Jacob, mais on tombe abruptement dans l’enfer de la punition. On vogue vers les escales du repos.

Et l’imaginaire linguistique est très signifiant à propos de l’escalier, de la réticence à le descendre, comme s’il était immanquablement associé à l’image de la chute.

Sauf à être une diva en paillettes et plumes qui pose la question mutine : « L’ai-je bien descendu ? »…

Sans doute inventé à l’âge du bronze dans une mine de sel, à Hallstatt en Autriche, l’escalier est préféré à l’échelle parce qu’il permet l’usage simultané des deux mains pour porter une charge.

Plus éprouvant à la montée, mais plus périlleux à la descente, source d’accidents réitérés et souvent mortels, il est le pain bénit des cinéastes.

En colimaçon et toujours dans le sens des aiguilles d’une montre, il ralentit la progression des agresseurs médiévaux empêtrés entre le fourreau de leur épée et l’inévitable rambarde.

Au 15e siècle, l’expression « descendre l’escalier » traduit paradoxalement l’ascension sociale pour habiter dans les étages inférieurs, parce que l’ascenseur n’est pas encore inventé.

Echelles et escaliers ont fait l’objet de nombreuses inventions, dès l’Antiquité.

Le premier calendrier égyptien, un « nilomètre », « année du Nil » en usage dès 4241 av.JC, est une échelle verticale sur laquelle est gravé chaque année le niveau de la crue du fleuve.

Un échantillon en somme, *scandiculum petite échelle, jauge en encoches le long d’une planche. La  marque de mesure est similaire dans les échelles graduées du calendrier astronomique d’Archimède, actionné par manivelle.

Les techniques de siège ont associé des échelles sophistiquées à l’assaut des murailles. L’hélépole d’Epimaque, utilisée au siège de Rhodes en 304 av.JC, offrait sur une hauteur de 40m deux escaliers intérieurs sur roues orientables, débouchant sur une passerelle mobile en accès au mur ennemi. Le sambyque de Damios de Colophon faisait tourner, en vis sans fin, une échelle intérieure protégée.

Redoutable est la propension à toujours mesurer, définir une échelle de valeur. Telle cette « échelle métrique de l’intelligence » que mettent au point en 1905 Alfred Binet et Théodore Simon, pour mesurer le développement mental de l’enfant, et non ses connaissances. Binet en inférera le célèbre QI, quotient intellectuel, source de tant de stigmatisations hasardeuses.

L’idée de descente est fréquemment assortie de dépréciation. Ne serait-ce que dans la condescendance avec laquelle on regarde de haut…

Ou encore l’« esprit d’escalier », que Diderot décrit, dans son Paradoxe sur le comédien (1773) : « L’inspiration nous vient en descendant l’escalier de la tribune ». Trop tard, difficile répartie…

Question grisante : comment avoir l’esprit d’escalier dans la Relativité du graveur M.C. Escher (1898-1972) ?

Selon les codes de bonne morale, un homme se doit de monter devant la dame pour ne pas voir ses chevilles, entre autres. Et pourtant, le meilleur moment n’est-il pas quand on monte l’escalier…?

Annick DROGOU

Monter, toujours monter. Pour aller où ? Pour s’élever, dominer. Vertige et exaltation de l’escalier. Faut-il le grimper (quatre à quatre) comme sur une montagne quand on part à l’assaut des cimes, ou le gravir pesamment. Tout est affaire de degré, le beau nom originel qui désigne les marches de l’escalier. Alors, avançons degré par degré, au rythme de nos vies, pied à pied. Loin des facilités de l’impatient ascenseur qui ignore les charmes et les épreuves de l’ascension. Avant de t’envoler, as-tu remarqué que la cage d’escalier reste toujours ouverte quand celle d’ascenseur est définitivement fermée ? Marche après marche, le degré permet de passer d’un niveau à l’autre. Niveau : encore un mot qui ouvre des horizons. Horizontalité toujours renouvelée du changement de niveau.

Verticalité. Y avait-il un escalier dans la Tour de Babel ? Assurément. Pour toucher le ciel. Mais ne sais-tu pas que tu peux déjà le toucher au bout de ton nez ? Ici commence le ciel, pas besoin d’échelle de Jacob pour faire le pont entre la terre et le tout-là-haut. Escaliers d’honneur ou de service, escaliers à vis et en colimaçon, escaliers à révolution, à double hélice ou en fer à cheval : beauté de l’escalier qui s’élève toujours au-dessus de sa fonction utilitaire. Trois marches du poète ou du temple, l’escalier est un immobile véhicule qui toujours exhausse et exauce.

Esprit d’escalier. L’important est de ne pas lâcher la rampe, de ne pas dégringoler, de ne pas partir en vrille. Espérance de la dernière marche, qu’y a-t-il en haut de l’escalier ? Avant de le savoir, il faudra goûter la halte des paliers pour reprendre souffle. Nous avons besoin de paliers comme d’oasis. Comme nous avons besoin de rêver, d’imaginer et de désirer des escaliers dérobés. Dérobés comme s’ils avaient été volés. À qui ? Seulement aux apparences. Escaliers dérobés comme autant de secrets et d’affranchissements. 

Jean DUMONTEIL

René Girard : une vie pour un concept universel

Baruch Spinoza nous confirme que l’Homme est un être de désirs. Simone Weil nous montre que son désir est le bonheur de l’autre. Henri Laborit suggère la réalisation du désir dans l’imaginaire. René Girard (Avignon1923- Stanford 2015) ouvre à son tour le mécanisme de ce désir et nous  donne à voir une autre facette de son fonctionnement.

Le sujet du désir constitue en effet pratiquement toute l’œuvre de cet anthropologue-philosophe. Formé à l’Ecole Nationale des Chartes            à Paris (recherches historiques), René Girard part en 1947 aux Etats-Unis où, après l’obtention de son doctorat  d’histoire à l’université d’Indiana,  il fait carrière comme professeur de littérature. C’est dans la Bible d’abord puis chez les grands romanciers, de Shakespeare à Stendhal, qu’il puise sa démonstration, en remarquant que les personnages en situation  sont tous animés par le même comportement : le désir mimétique. L’Être humain est désir, lequel naît, vit et meurt des effets de l’imitation.  « Tout désir est désir d’être » dit René Girard. Cet observateur perspicace fait une distinction entre « la mimésis d’apprentissage » et  « la mimesis de rivalité ». La première, très tôt, qui nous incite à répéter les jeux faciaux, la gestuelle et le comportement de nos semblables,  nous permet de sourire,  de parler, de marcher, de nous conformer à la culture ambiante. La seconde, au contraire, par  le désir douloureux d’appropriation qu’elle déclenche – Raphaël le petit garçon veut le jouet de sa grande sœur Nathalie – nous oppose à nos semblables : elle est la source même de tous les conflits humains !

Cette mimesis de rivalité crée un désir triangulaire : Au vrai, Raphaël (A) ne veut pas le jeu électronique (B) de sa sœur Nathalie(C) pour uniquement jouer avec, mais parce qu’elle le possède et en est heureuse. Il désire, par identification, « posséder »  aussi le bonheur  de sa sœur! Le désir du désir de l’autre provoque ce que René Girard nomme « la crise mimétique ». Dieu préfère l’agneau qu’il reçoit d’Abel aux fruits offerts par Caïn. Celui-ci traduit que le Seigneur aime Abel davantage que lui et il désire cet amour aussi. Ainsi que l’amour que porte Abel à Dieu. Cette double aspiration devient impérieuse et Abel un rival. Le désir s’exacerbe et Caïn ne se contient plus : il  tue Abel au coin d’un champ. Dieu ne punit pas le mal par le mal et  le criminel par la mort. Il  exclue Caïn de la communauté des hommes et, terrible châtiment, le condamne à l’errance, ce qui le promet de toutes façons à une mort certaine. Le meurtre perpétré par Caïn et  rapporté par la Bible (comme celui de Romulus qui tue son frère Romus, dans la mythologie romaine)  n’empêchent pas l’humanité de continuer à commettre des crimes ! Pour évacuer responsabilité et culpabilité, comment réagit-elle ? René Girard le remarque : En instaurant la « stratégie » du bouc émissaire, c’est à dire en rejetant  sans vergogne aucune la faute commise sur un tiers !

Rappelons que l’expression provient du rite hébraïque ancestral des Expiations.  Au cours de la cérémonie, un bouc était conduit devant le Grand Prêtre qui étendait ses mains sur sa tête cornue. En prononçant des imprécations, il le chargeait des péchés du peuple d’Israël. Puis, sous les huées du peuple, l’animal était bouté hors du territoire (du latin emissarius) vers le désert, pour s’y perdre et mourir. A l’image de Caïn !

Les sociétés « primitives » ont  progressivement remplacé le bouc émissaire par des sacrifices d’animaux. Puis les religions païennes et les pratiquants de rites divers sur la planète,  ont procédé à des simulacres. Au XXème siècle, les sociétés « modernes » se sont parfaitement accordées pour trouver des vrais boucs émissaires et commettre les pires barbaries (génocides ukrainien, arménien,  juif, cambodgien, tutsi).

Aux deux temps de son concept (désir mimétique et bouc émissaire)  René Girard  en ajoute un troisième : l’intervention du Christianisme et du sacrifice de Jésus, qui révèlent l’innocence du bouc émissaire et instaure sa sacralisation. Evènement capital, car le bouc émissaire n’assume son rôle que lorsqu’il est coupable dans l’esprit de ses accusateurs. Malheureusement, au début de ce troisième millénaire, toujours privés d’un centre de l’amour dans le cerveau, nous ne savons pas encore nous passer de « porteurs de torts des autres ». Le livre majeur de l’anthropologue (La violence et la sacré – 1972) – traduit dans les langues principales, comme tous ceux qu’il a écrits sur le sujet – n’a manifestement  pas encore pénétré les esprits  des Etats et des peuples!

A l’évidence, nous retrouvons la théorie girardienne en franc-maçonnerie. Le mythe d’Hiram  nous montre  par le détail  le processus  qui aboutit au meurtre de la « victime innocente » par les trois mauvais compagnons et à ses conséquences.  La rivalité mimétique conduit les tricheurs à désirer le degré supérieur et l’Architecte devient le bouc émissaire dès lors qu’il refuse de leur permettre l’accès à cette promotion indue. On retrouve cette logique funeste dans les phases de la mort du Christ, celui dont la résistance « dérange ». L’origine de la violence – quelle soit familiale, professionnelle, scolaire, urbaine ou routière – est  toujours  dans  cette rivalité, démasquée par René Girard. 

Ainsi mis en lumière, le mythe d’Hiram nous renvoie à la JALOUSIE, vrai cancer mental. Ce rongeur sévit aussi dans nos rangs (avec le syndrome du « tablier supérieur » !). Se satisfaire de vivre chaque instant à notre place, savourer pleinement notre bonheur «d’être» fait barrage au désir nocif «d’avoir» en plus celui de l’autre !

19-22/05/22 : Imaginales Maçonniques Ésotériques d’Épinal, demandez le programme !

Pour sa 10e édition, les Imaginales Maçonniques & Ésotériques (IM&E) d’Épinal ont choisi pour thème « De l’Initiation aux Initiations ».

La présentation des organisateurs :

« L’initiation est un terme polysémique concernant un invariant anthropologique constitutif de l’évolution de tout être humain. Son étymologie, du latin initium « commencement, début » dit précisément qu’il s’agit d’un commencement, d’un début, d’une origine. Il ne s’agit donc pas d’un état fini mais d’une dynamique.

Chacun d’entre nous a été, est ou sera concerné, tout au long de sa vie, par ce processus même s’il n’en a pas conscience. C’est donc un phénomène aussi unique qu’universel au-delà de son caractère protéiforme qui se cristallise en tous lieux et en tout temps.

Chaque civilisation, chaque culture a produit des initiations qui lui sont propres mais elles ont toutes la même caractéristique, selon Serge Hutin, celle de « réaliser psychologiquement le passage d’un état, réputé inférieur, de l’être à un état supérieur ».

Cette convergence est marquée par un double mouvement symbolique, celui de la mort et de la résurrection, celui de la construction et de la destruction. Ce double mouvement nous questionne tous avec une intensité variable à chaque étape de nos vies respectives :

Qui est initiable ?/Qui est initié ?/Qui initie ?/Comment est-on initié ?/Quand est-on initié ?/Où est-on initié ?

Il n’existe pas de réponses uniques à ces questions multiples, chacun apportera ou n’apportera pas de réponses à des questions qu’il se pose ou qu’il ne se pose pas.

Les cinq demi-journées, du vendredi 20 au dimanche 22 mai 2022, proposeront des aperçus d’initiations sous toutes les latitudes et sous toutes leurs formes : Kader ABDERHAIM sur L’Initiation au radicalisme islamique/François CAVAIGNAC sur La transmission initiatique existe-t-elle ?/Jack CHOLLET sur Les grands initiés lorrains/Samba FALL sur Les initiations sénégalaises/Dominique JARDIN  sur Les symboles de l’initiation maçonnique : le tapis de Loge/Laurent KUPFERMAN sur  Joséphine Baker, une initiée au Panthéon/Lauric GUILLAUD sur Les Initiations en Amérique du Nord/Jacques RAVENNE sur L’initiation du commissaire Marcas/Sat  sur Les fourmis maçonniques/Pierre François SOUYRI sur Les initiations japonaises hier et aujourd’hui/Laurence VANIN sur Le Petit Prince, conte initiatique/Claude VAUTRIN sur Indiens Mapuche et Initiations en Amérique du Sud/Frédéric VINCENT sur Dark Vador et les grands initiés des jeux vidéo

Vous avez dit Imaginales Maçonniques & Ésotériques d’Épinal ?

Pour ce dixième rendez-vous, les Imaginales Maçonniques et Ésotériques, créées en 2013 sous l’impulsion de La Fraternité Vosgienne https://fratepinal.org/, Loge du Grand Orient de France à l’Orient d’Épinal, confirment l’esprit d’ouverture et de partage qui l’anime, en s’ouvrant à des thèmes, des genres, des univers inédits.

Par ailleurs, les Imaginales d’Épinal,

événement rassemblant sous chapiteau au parc du Cours, en face du Temple du GODF, plus de 20 000 visiteurs passionnés de Fantasy et autres science-fiction, plus de 100 auteurs présents, est le premier festival des littérature de l’imaginaire en France.

Face à ce festival de l’Imaginaire, reconnu par tous les spécialistes et passionnés du genre, se tiennent donc les d’Epinal sous forme de conférences ouvertes au public dans le Temple maçonnique d’Épinal.

Des conférenciers maçons et non maçons, des visiteurs maçons ou non mais avant tout une volonté d’ouverture sur la Cité par le biais de la Culture.

Jacques Oréfice

En 2019, Jacques Oréfice a obtenu la labellisation de l’Institut Maçonnique de France des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d’Épinal.

Yonnel Ghernaouti, représentant Roger Dachez, président de l’IMF, qui a pour but la promotion des valeurs culturelles et éthiques de la Franc-Maçonnerie à travers son patrimoine historique, littéraire et artistique, a eu la joie de leur remettre, devant les autorités de la ville et du département, cette labellisation.

Infos pratiques :

Du vendredi 20 au dimanche 22 mai 2022

Temple GODF – 7 avenue de Provence, 88000 ÉPINAL

Imaginales 21e édition/Imaginales Maçonniques & Ésotériques 10e édition

Tout public – Entrée libre

Méditation, un acte d’amour

Shraon Salzberg (écrivaine et enseignante du bouddhisme theravada) explore en quoi la méditation est d’abord un acte d’amour, un acte d’amour pour soi et pour les autres, un acte d’amour pour ce qui est blessé en soi et dans le monde, une manière de ressentir l’amour autour de nous, autant que de savoir mieux le donner.

Plusieurs enseignants de méditation, indiquent que la réduction de la méditation à un outil technique de gestion du stress est à la fois un contresens et une catastrophe humaniste.

Un contresens car la méditation n’est pas un outil, elle ne vise pas à « gérer » quoi que ce soit, mais à nous permettre d’accueillir, d’écouter, de respecter ce que nous vivons.

C’est aussi une catastrophe humaniste, car une des grandes violences de notre temps consiste à tout réduire à un stock à gérer : les arbres, les animaux, les êtres humains, les émotions… Nos souffrances ne viennent pas d’un défaut de gestion, mais elles surviennent quand on oublie d’avoir un rapport non gestionnaire, un rapport d’amour envers tout ce qui est.

Sharon Salzberg et la méditation

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter Sharon Salzberg, l’une des femmes qui ont contribué, contribuent et contribueront à diffuser la méditation dans le monde.

Sharon Salzberg est née à New-York en 1952.

Elle fait partie des acteurs et actrices majeur(e)s de la transmission de la méditation laïque d’inscription bouddhiste en Occident, aux côtés de figures comme Jack Kornfield, Matthieu Ricard.

Elle a cofondé l’Insight Meditation Society avec Jack Kornfield et Joseph Goldsteindans le Massachusetts.

Elle a étudié le bouddhisme en Inde et dirige aujourd’hui des retraites de méditation dans le monde entier.

Les inspirations de Sharon Salzberg

Elle cite le Dalai Lama comme sa source principale et continue d’inspiration et de compassion. Elle l’a rencontré pour la 1ère fois en Inde en 1970 et a, depuis, suivi ses enseignements un peu partout dans le monde.

Elle met l’accent sur vipassanā (la vision pénétrante) et metta (l’amour bienveillant). Ses méthodes ont leurs origines dans le bouddhisme Theravada.

Quelques citations inspirantes de Sharon Salzberg

« Le contenu et la qualité de notre existence dépendent de notre niveau de conscience — un fait dont nous sommes cependant rarement… conscients ».

Peut-être avez-vous déjà entendu cette histoire, généralement attribuée à un vieil Indien d’Amérique, qui souligne le pouvoir de l’attention. Alors qu’il donne une leçon de vie à son petit-fils, un grand-père (il s’agit parfois d’une grand-mère) explique :

« J’ai deux loups qui se battent dans mon cœur. L’un est vindicatif, craintif, envieux, rancunier, plein de ressentiment, fourbe. L’autre est aimant, compatissant, généreux, loyal et serein.
— Lequel des deux va gagner l’interroge le petit garçon.
— Celui que je nourrirai », répond le grand-père. »

« Directe et simple (mais pas facile), la méditation consiste essentiellement à aiguiser son attention afin de devenir plus conscient non seulement de ce qui se déroule en soi, mais aussi autour de soi, dans l’ici et maintenant. À partir du moment où l’on discerne clairement ce qui se passe dans l’instant, on peut choisir ou non d’y réagir, et de quelle façon« 

« La haine ne s’apaise jamais par la haine,
La haine s’apaise par l’amour,
C’est une loi éternelle.
Le Bouddha »

LES LIVRES DE SHARON

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

13/04/22 : La Franc-maçonnerie féminine à Colmar

Catherine LYAUTEY, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, donnera mercredi 13 avril à 18H30 une conférence sur la « Franc-Maçonnerie Féminine : un chemin de vie ».