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De la politique en Loge

Il paraît qu’on ne parle pas de politique ou de religion en Loge. En effet, ça pourrait, dit-on, diviser la concorde, la paix ou l’harmonie. Pire, cela pourrait donner à des Frères l’impression d’être contraints et d’adopter une position qu’ils n’auraient normalement jamais adoptée.

Mais quelle tartufferie ! Ce simple fait relève déjà de la politique. D’ailleurs, les conservateurs de tout bord apprécient beaucoup la maçonnerie qui ne discute ni politique ni religion et qui se contente de cérémonies au demeurant bien faites.

Et je rappelle aux esprits chagrins que des discussions et des sessions d’informations sur les sujets sensibles peuvent être organisées, sans que celles-ci ne donnent lieu au vote d’une quelconque position politique.

En fait, la moindre de nos actions, y compris en Loge est politique. La preuve, dans nos loges, nous avons nos propres politiciens et nos calculs politiques, puisque nous votons.

Le mandat d’un Vénérable de la Loge a une durée déterminée dans les règlements de la Loge, ou à défaut, dans la Constitution de l’Obédience. Comme dans toute association ou organisation, la Loge dispose d’un exécutif dirigé par son Vénérable. Le Vénérable est élu sur la base d’un programme, qu’il s’engage à respecter. Et si j’étais cynique, je rajouterais que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Généralement, ça se passe plutôt bien. Mais il y aura toujours une poignée de mécontents qui au moindre dysfonctionnement exigeront la démission du Vénérable.

Cette posture d’exigence m’a toujours un peu gêné, même s’il m’est arrivé de considérer qu’un Vénérable pouvait se révéler incompétent ou si j’étais en désaccord avec l’action du Vénérable. En fait, le Vénérable est élu sur la base d’un système démocratique. En tant qu’élu, il n’a pas à démissionner même si sa démission est exigée. Car ceux qui exigent sa démission n’ont tout simplement pas la légitimité nécessaire pour le faire. Et du point de vue légal, on ne peut pas, on ne doit pas forcer un élu à démissionner. Par contre, on peut toujours demander sa destitution auprès de l’instance juridique compétente, sur la base de faits et le respect du débat contradictoire. Mais cela peut prendre du temps. Beaucoup de temps pour un résultat pas forcément à la hauteur de l’espérance engagée. En fait, dans un système autoritaire et non démocratique, on peut exiger la démission d’un responsable ou faire pression sur l’autorité pour que le responsable incriminé soit éjecté. Mais dans un système démocratique, dont les modes de scrutin sont contrôlés, exiger une démission est un contresens complet, même si sur l’instant, ça soulage.

C’est là le jeu de la démocratie : accepter que son camp a perdu l’élection et se soumettre à l’autorité du représentant de la loi, en l’occurrence de la Vénérable de la Loge.

La seule solution valable reste politique : au moment du renouvellement des instances de pouvoir, faire campagne et espérer que son camp l’emporte.

Parlant de scrutin, il me paraît important de rappeler cet acte de civisme élémentaire : quand il y a une élection, on se déplace et on vote. Et on ne vient pas protester après parce que le Vénérable ne nous plaît pas. Trop souvent, je vois des moments démocratiques souffrant de ce mal contemporain, l’abstention. Certes, on a toujours de bonnes raisons de ne pas venir voter : j’ai piscine, le petit fait une rougeole, il y a un match de foot à la télé etc. Mais dans ce cas, on se tait et on attend les prochaines élections ! Et on s’arrange pour avoir le droit d’exercer son devoir de voter. Car les candidats et leurs militants ont une approche plutôt efficace : ceux qui veulent voir leur candidat réussir viendront voter, même si numériquement, ils ne représentent pas la majorité. Petit exemple, prenons un atelier de 60 personnes, qui doit élire son Vénérable. Le candidat est populaire auprès de 20 % de l’effectif, et les autres ne l’apprécient pas. Il peut avoir des concurrents, mais sans réelle possibilité de le mettre ne fût-ce qu’en ballotage. Le jour du scrutin, ne viennent vraiment que ses sympathisants, les autres décidant de s’abstenir. Comme le quorum est atteint, le candidat est élu à la majorité des suffrages exprimés, sachant que l’abstention est très forte. Se pose alors un véritable problème de démocratie : un candidat ne représentant pas la majorité de l’effectif des votants de la Loge mais seulement une fraction mais ayant rassemblé la majorité au scrutin est-il légitime ? J’avoue ne pas avoir de réponse. Mais je m’interroge réellement sur le sens de ce type de scrutin et sur le danger qu’il fait peser sur la démocratie : la construction d’un suffrage non plus universel, mais restreint aux seuls militants d’un candidat. D’où la vraie question qui me taraude : comment ramener les électeurs vers les urnes pour éviter un déni de démocratie ? Peut-être que la solution est à chercher dans le passé, notamment dans la Commune de Paris, qui en 1871 avait instauré un mandat impératif. Le candidat devait respecter son programme, sous peine d’être éjecté par une instance de contrôle de la démocratie. Peut-être que l’instauration de tels mandats motiverait les électeurs à se déplacer et les Vénérables de la Loge à respecter le programme pour lequel ils se sont engagés… Et peut-être devrions-nous réfléchir à une meilleure prise en compte du vote blanc, quitte à éjecter les candidats ne rassemblant pas assez les votants et refaire le tour de scrutin si aucune tendance sérieuse ne s’est dégagée ?

La Franc-maçonnerie devant améliorer l’Homme et la Société, peut-être que nos Ateliers et Obédiences devraient y réfléchir et tester ce mode de scrutin et de mandat pour le proposer ailleurs ?

Mon texte vous a plu (ou déplu) ? Je vous propose l’expérience suivante : dans ce qui précède, vous substituez Président à Vénérable et République à Loge, en vous appuyant sur l’excellent ouvrage du chercheur français en mathématiques David Chavalarias, Toxic Data – Comment les réseaux manipulent notre opinion, qui pose la question de la démocratie en termes de mathématiques. Et on en reparle en avril prochain.

Je vous embrasse.

BRESIL : Paix – Education et Franc-maçonnerie

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Dans notre série de sujets d’intérêt permanent pour la Franc-maçonnerie, après une pause nécessaire pour parler de « Paix », nous revenons au thème « Education »

Dans notre série de sujets d’intérêt permanent pour la Franc-Maçonnerie, après une pause nécessaire pour parler de « Paix », nous revenons au thème « Éducation ». Bien qu’ils puissent être séparés pour l’analyse, ce sont en réalité deux aspects de la vie humaine qui sont profondément liés : sans véritable éducation, il ne peut y avoir de véritable paix.

Il y a un mois, nous avons commencé cette série sous prétexte de la Journée internationale de l’éducation, créée précisément pour mettre en lumière le « rôle de l’éducation pour la paix et le développement économique et social des peuples ». L’Unesco affirme qu’« actuellement, 258 millions d’enfants et de jeunes ne sont toujours pas scolarisés ; 617 millions d’enfants et d’adolescents ne savent pas lire et faire des calculs de base ; moins de 40 % des filles d’Afrique subsaharienne terminent leurs études secondaires et on estime que quatre millions d’enfants et de jeunes réfugiés ne sont pas scolarisés. Leur droit à l’éducation est violé et c’est inacceptable. »

De toute évidence, cette inégalité engendre la pauvreté et les conflits, rendant la paix impossible. Un problème bien connu dont la solution implique deux aspects de l’éducation : l’accès et le contenu. Des projets tels que « Persévérer en éducation » sont des alternatives pour élargir l’accès au système éducatif. C’est vraiment d’une importance primordiale, une priorité dans l’étape actuelle du développement humain, ce que révèlent les chiffres de l’Unesco. 

Cependant, il ne suffit pas de garantir un accès à 100 % aux établissements d’enseignement, aucun enfant ou adulte sans éducation, si la gratuité des contenus éducatifs n’est pas garantie, visant ce que l’on pourrait appeler la « véritable éducation » : celle qui offre des connaissances larges et permet la liberté de choix, ne pas être capturé et dominé par des idéologies de toute nature, politique, économique, religieuse, etc. L’éducation idéologique impose des concepts qui représentent, comme exclusifs, la « vérité » d’un certain groupe social, dans le seul but de dominer, de réduire et parfois même de criminaliser et de persécuter ceux qui osent diverger. 

L’histoire regorge d’exemples extrêmes, tels que l’Inquisition, l’autodafé par les nazis et les maoïstes, la censure culturelle, l’index des livres interdits et autres absurdités avec lesquelles nous vivons encore.

La franc-maçonnerie suppose que les valeurs morales sont naturellement atteintes par l’intelligence humaine à travers la liberté de pensée à tous les niveaux, ce qui présuppose également que le respect de l’opinion d’autrui est incontournable, ce que la même liberté de pensée améliorera à un moment donné, sans imposition. Ce degré d’évolution de l’homme, et par conséquent de l’humanité, requiert une éducation de base dégagée de tout lien idéologique, visant à transmettre des connaissances mais surtout à fournir des outils intellectuels pour que chacun apprenne à penser par lui-même. 

Sachant raisonner et ayant un accès ample et libre à tout type d’information, l’individu aura le discernement nécessaire pour tirer ses propres conclusions sur ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, sans dépendre de personne – personnes, institutions, partis ou gouvernements – pour vous dire ce qui, ou qui, est bon ou mauvais, bon ou mauvais. On peut alors idéaliser que l’ensemble des individus libres et pensants formera une société libre et pensante, qui atteindra naturellement les hautes valeurs morales qui promeuvent la vraie Paix. 

Il n’y a rien de nouveau dans cette perspective d’une société idéale, et encore moins dans le fait qu’elle s’oppose toujours farouchement à ceux qui s’intéressent au maintien du statu quo. Il y a 2 500 ans, Platon l’identifiait dans le célèbre mythe de la caverne, dans lequel le personnage qui a vu la lumière de la connaissance et tenté de convaincre les autres de se libérer des chaînes de l’ignorance, est convaincu qu’il était fou et assassiné. Au Moyen Âge, Thomas More a passé en revue une telle société dans le livre Utopia de 1516. « U-topia » en grec signifie littéralement « non-lieu », un lieu inexistant. 

Aujourd’hui, cette allégorie est définie comme « un lieu ou un état idéal, de bonheur complet et d’harmonie entre les individus », ou « toute description imaginative d’une société idéale, basée sur des lois justes et sur des institutions politico-économiques véritablement engagées pour le bien-être de la population ». La paix infinie, obtenue par une pleine éducation à la liberté de pensée, restera une utopie tant que la plupart des hommes seront enfermés dans la caverne platonicienne. 

Avec des informations de unesco.org, significas.com.br, wikipedia.org, Oxford Languages ​​​​dictionary.

Responsable : Perseverança Masonic Lodge – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com )

À propos des quatre éléments

Par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Nul doute que vous connaissez les quatre éléments que sont la terre, l’air, l’eau et le feu. Dans leur expression courante, ils correspondent aux quatre grandes manifestations que l’on trouve dans la nature : la terre correspond au sol et à tous les minéraux qui le composent ; l’air au fluide éthéré qui remplit l’atmosphère ; l’eau aux rivières, aux fleuves, aux mers, aux océans, etc. ; le feu au Soleil qui nous éclaire et nous réchauffe, mais également aux éclairs qui zèbrent le ciel lorsqu’il y a des orages ou aux flammes qui consument telle plaine asséchée. En fait, c’est la combinaison harmonieuse de ces quatre éléments qui rend la vie possible sur Terre.

Les quatre éléments

L’existence des quatre éléments et le rôle qu’ils jouent dans la nature, l’univers et même la Création dans son ensemble ont toujours intrigué les penseurs et les philosophes, notamment ceux de la Grèce antique. Pour Thalès, c’était l’eau le plus important ; pour Anaximène, c’était l’air ; pour Empédocle, c’était le feu… Cela étant, tous admettaient que ces quatre éléments provenaient d’une même essence invisible et intangible : la Quintessence. Et selon eux, cette Quintessence était une émanation de Dieu, qu’ils assimilaient à l’Essence primordiale d’où toute la Création a émané. Pythagore désignait cette Essence primordiale sous le nom de «Divine Tétraktys», qu’il représentait par la somme des quatre premiers nombres (et non pas chiffres) : 1 + 2 + 3 + 4 = 10, 10 étant appelé «Décade» par les Pythagoriciens.

Mais c’est Aristote qui poussa le plus loin l’étude des quatre éléments, et c’est à lui que nous devons la plupart des correspondances que la Tradition en général leur attribue : la terre : ouest, automne, froid et sec… ; l’air : est, printemps, chaud et humide… ; l’eau : nord, hiver, froid et humide ; le feu : sud, été, chaud et sec… De plus, il associa chacun d’eux à l’un de nos sens et les mit en relation avec les tempéraments qui s’expriment à travers l’être humain : terre : toucher, nerveux ; air : ouïe, sanguin ; eau : goût, lymphatique ; feu : vue, bilieux.

Le quaternaire

Beaucoup plus tard, dans l’Europe du Moyen-Âge, les alchimistes complétèrent ces correspondances, mais surtout les appliquèrent à l’Art royal. Sous leur influence, les quatre éléments, associés aux trois principes qu’étaient pour eux le soufre, le sel et le mercure, devinrent le fondement d’opérations subliminales ayant pour but, comme chacun sait, de transmuter les métaux vils, notamment le plomb et l’étain, en or. Ils les associaient également à chacune des quatre dimensions de l’être humain : la terre au corps physique, l’air au mental, l’eau à l’âme et le feu à l‘esprit. À leurs yeux, c’était le feu le plus important, car sans lui, aucune combustion n’était possible.

De leur côté, les Rosicruciens ont une double approche des quatre éléments. Sur le plan matériel, ils voient plutôt en eux les principes de base du monde terrestre, le mot «éléments» étant mieux approprié selon eux pour désigner les atomes, comme c’est le cas dans l’appellation «Tableau périodique des éléments», lequel regroupe tous les atomes qui ont été répertoriés et classés à ce jour. Sur le plan spirituel, ils les font correspondre aux quatre étapes majeures de l’initiation, depuis l’état de simple disciple, jusqu’à celui de Maître. Cette correspondance initiatique est étudiée en profondeur dans l’Ordre de la Rose-Croix, mais je ne peux, dans le cadre de ce blog, en dire davantage…

Hier mardi, le CNRS rendait hommage au Frère Jean Zay

De notre confrère lejournal.cnrs.fr – Par Antoine Prost Professeur émérite

Le 15 mars 2022, le CNRS rendait hommage à Jean Zay en baptisant de son nom la salle de son conseil d’administration. L’occasion de relire le portrait que l’historien Antoine Prost avait dressé de ce grand homme, lors du transfert de ses cendres au Panthéon le 27 mai 2015.

La panthéonisation de Jean Zay honore à la fois le grand ministre de l’Éducation nationale du Front populaire et le républicain décidé à résister à Hitler, victime de ses engagements et de ses convictions.

Né en 1904 à Orléans, d’un père journaliste et d’une mère institutrice, Jean Zay avait commencé une brillante carrière d’avocat avant d’être élu député en 1932, à 28 ans. Il fut l’un des artisans du ralliement du Parti radical-socialiste au Front populaire. Sous-secrétaire d’État à la présidence du conseil depuis janvier 1936, réélu en mai, il avait fait le lien entre le gouvernement sortant qui expédiait les affaires courantes et le nouveau gouvernement, qui ne pouvait être investi que début juin. Mais les affaires courantes ne l’étaient guère : c’étaient les grèves et les occupations d’usine. Ces circonstances exceptionnelles permirent à Léon Blum d’apprécier son intelligence et son sens politique. Aussi lui confia-t-il l’Éducation nationale ; il n’avait pas encore 32 ans. Il y réussit si bien qu’il fut reconduit jusqu’à sa démission, à la déclaration de guerre.

Il se fait initier, le 24 janvier 1926, à 21 ans, dans la loge Étienne Dolet du Grand Orient de France où son père avait lui-même été initié le 27 mai 1906. Il était aussi affilié à une Loge de la Grande Loge de France « L’éducation civique », à l’Orient de Paris. En 1931, Jean Zay rejoint le groupe des Émules d’Etienne Dolet des libres penseurs le 1er novembre.

La culture et le sport entrent à l’école

Jean Zay a laissé au ministère de l’Éducation nationale un souvenir lumineux. Il est le seul qui ressorte dans la grisaille des ministres de l’entre-deux-guerres. Sa réussite s’explique par la conjonction d’un projet et d’un style, nous dirions un mode de gouvernance. Le projet est celui des républicains : prolongation de la scolarité et démocratisation. Le style est pragmatique et libéral : il ne réforme pas d’en haut, il fait appel à la base, expérimente, mobilise, puis encadre et réglemente.

La prolongation de la scolarité est décidée par une loi du 9 août 1936, qui porte, dès la rentrée, l’obligation scolaire de 13 à 14 ans. Au lieu de définir aussitôt par circulaire le contenu et les programmes de cette année de fin d’études primaires, Jean Zay laisse « toute liberté d’initiative » aux instituteurs. Il se contente de leur fixer la triple mission d’assurer dans ces classes un complément d’instruction, une initiation à la culture et une orientation professionnelle. Les programmes viendront plus tard. Il agit de même pour introduire trois heures d’éducation physique dans le primaire : il lance une expérimentation dans trois départements, puis dans vingt-neuf. Les activités dirigées, les classes promenades, l’étude du milieu par l’observation active sont développés de la même façon, avant d’être intégrées à de nouvelles instructions officielles en septembre 1938.

Inauguration des cours de Jiu-Jitsu au club de France, 1 rue Thébard (Paris 6e), 10 février 1939. Archives nationales

La démocratisation consistait à mettre fin à la structure de classe de l’enseignement français. Il y avait à l’époque deux filières cloisonnées, le primaire pour le peuple, le secondaire pour les classes privilégiées. Un tout petit secondaire d’ailleurs : 10 000 professeurs et 250 000 élèves. Le secondaire avait son propre primaire, payant : les petites classes, de la 12e à la 7e, qui représentaient près du tiers des élèves. Le primaire avait développé son propre secondaire, gratuit, avec les cours complémentaires et les écoles primaires supérieures, de la même façon qu’aujourd’hui les lycées ont développé leur propre supérieur, avec les classes préparatoires et celles de techniciens supérieurs. Le projet consistait à unifier l’enseignement élémentaire, pour créer un premier degré, et à organiser un second degré diversifié, incluant les anciennes classes primaires supérieures. Le remplacement des anciennes désignations primaire et secondaire par les nouvelles, premier et second degrés, n’est pas une coquetterie linguistique : elle signe un changement de structure.

Un souffle nouveau sur l’Éducation nationale

Ce projet de loi déposé en mars 1937 a beaucoup heurté les défenseurs du secondaire traditionnel, puissants à la Chambre, qui l’ont de fait enterré : en septembre 1939, il n’avait toujours pas été discuté. Mais Jean Zay n’avait pas attendu pour réaliser par décret ce qui pouvait l’être. Il a réorganisé l’administration centrale, avec une direction du premier degré, compétente pour les petites classes des lycées, et une direction du second degré, compétente pour l’enseignement primaire supérieur. Il a donné des programmes communs aux quatre années d’enseignement primaire supérieur et au premier cycle du second degré, préfigurant ainsi nos collèges. Il a surtout expérimenté une classe de 6e d’orientation, avec l’objectif de proposer aux familles une orientation entre le classique, le moderne et le technique. C’était un « tronc commun » d’où devaient partir les branches. Pour cela, il fallait observer les élèves, et donc leur proposer une gamme plus large d’exercices, et un fonctionnement différent, avec des études de milieu, du travail d’équipe, des activités artistiques et manuelles. Cette innovation a été préparée par un stage, suivie et analysée. Les leçons qui en ont été tirées ont présidé après la guerre à l’organisation des classes nouvelles, qui constituent sans doute ce que la France a fait de mieux en matière de pédagogie.

Jean Zay a ainsi fait passer sur l’Éducation nationale un souffle nouveau. Ce fut un des rares ministres à laisser un souvenir, dont témoignent les écoles, collèges et lycées qui ont pris son nom. Et de ce bon souvenir, il a lui-même reçu le témoignage. Dans une lettre de septembre 1939, alors qu’il a rejoint l’armée, il écrit : « Souvent des universitaires, des instituteurs anonymes sortent des rangs pour me serrer la main. Quatre ans de gouvernement ne m’ont rien procuré dont je puisse être plus fier. » Et Célestin Freinet lui décerne un compliment d’autant plus remarquable qu’il en est avare : « Si nous avions, dans l’histoire de l’évolution scolaire française, quelques lustres aussi riches en innovations hardies que les deux dernières années, il y aurait bientôt quelque chose de changé dans l’éducation française. »Départ d’une colonie de vacances en présence de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationaleDépart d’une colonie de vacances en présence de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts, Juillet 1937. Archives nationalesPartager

Mais Jean Zay ne s’est pas limité à l’éducation. Il a jeté les bases d’un réseau de centres d’orientation, en rendant obligatoire la consultation d’un centre avant tout contrat d’apprentissage. Il a aussi fondé la politique de recherche, avec comme secrétaires d’État d’abord Irène Joliot-Curie, puis Jean Perrin, et le début d’une administration. C’est lui qui a fondé le CNRS, même si le décret de création est signé par son successeur un peu plus tard. Comme ministre de l’Éducation nationale, il était en outre chargé des Beaux-Arts, de ce qui relève aujourd’hui de la Culture, et il a multiplié les initiatives, créant la réunion des théâtres nationaux, le musée des arts et traditions populaires et le festival de Cannes, qui aurait dû avoir lieu pour la première fois en septembre 1939 s’il n’y avait eu la guerre.

Condamné par le régime de Vichy

On connaît la fin sinistre de l’histoire. Dans le gouvernement de l’époque, qui signe les accords de Munich, Jean Zay est partisan de faire face à l’Allemagne hitlérienne. En septembre 1939, alors qu’il pouvait rester ministre, il démissionne et rejoint l’armée comme sous-lieutenant du train. Apprenant que les Chambres se réunissent à Bordeaux, il s’y rend et, le gouvernement ayant décidé de poursuivre la lutte depuis l’Afrique du Nord, il s’embarque sur le Massilia pour gagner le Maroc, le président de la République devant rejoindre Port-Vendres puis Alger. Mais Laval retourne le Président, le gouvernement renonce à son projet de résistance et le vote du 10 juillet 1940 donne les pleins pouvoirs à Pétain. Arrêté au Maroc, transféré en France, Jean Zay est condamné par un tribunal militaire à la réclusion à perpétuité pour « abandon de poste en présence de l’ennemi », alors qu’au moment où il avait quitté son unité, avec l’accord de ses chefs, les Allemands étaient 90 kilomètres de là ! C’était un jugement purement politique. Le régime de Vichy réglait son compte à un juif – il ne l’était pas, mais la propagande antisémite l’avait pris pour cible –, à un franc-maçon, au grand maître d’une université dont il rendait les instituteurs pacifistes responsables de la défaite, au républicain du Front populaire qui avait voulu résister à Hitler.

Jean Zay aux Armées. Archives nationalesPartager

Devant l’impossibilité de le transférer à l’île du Diable comme Dreyfus, le dernier condamné à cette peine, Vichy l’emprisonna à Riom. Il y écrivit alors un livre attachant, Souvenirs et solitude, où, dans un style limpide, il mêle des réflexions ironiques ou profondes, des notations sur la vie de la prison, des témoignages sur son expérience politique. Il communiqua, on ne sait comment, à une organisation de résistance un projet de ministère de la vie culturelle qui fut publié par un cahier clandestin. Sa femme, ses deux filles et son père l’avaient rejoint à Riom, et il connut dans sa cellule en 1942 une vie de famille un peu étrange, avant que son régime ne se durcisse radicalement.

Assassiné et jeté dans un trou

Sans doute aurait-il pu s’évader, mais la crainte des représailles sur les siens l’en dissuada. Et, le 20 juin 1944, des miliciens vinrent le chercher sous prétexte de le transférer dans une autre prison, puis ils l’assassinèrent dans un bois et jetèrent son corps dans un trou, sans vêtements ni rien qui puisse l’identifier. Quand des chasseurs le découvrirent deux ans plus tard, il fut donc enterré anonymement à Cusset. C’est en 1948 seulement que le témoignage de son assassin, arrêté en Amérique latine sans qu’on sût qu’il l’était, permit de donner son nom à sa dépouille. Elle fut honorée à Paris, dans la crypte de la Sorbonne, où reposent des membres de toute l’Université française victimes des nazis, avant d’être inhumée à Orléans. Lumineux, le souvenir de Jean Zay est aussi tragique.

Mais il s’inscrit pleinement dans la tradition républicaine. Jean Zay est dans la continuité de son père, qui fonda un journal dreyfusard. Il est dans la continuité de Jules Ferry qui, contrairement à ce qu’on croit, loin de limiter l’enseignement primaire au lire, écrire et compter, voulait en faire un enseignement pleinement libéral – les mots sont de lui – , largement ouvert à la culture. Il s’inscrit dans une tradition pédagogique qui va de l’exemple à la règle, qui attend beaucoup de l’activité des élèves, de leur travail, et qui ne confond pas faire classe et faire cours. L’école, pour ce ministre supérieurement intelligent et cultivé qui avait le culte de l’intelligence, ne se bornait pas à instruire : pour citer les derniers mots des instructions de 1938, elle devait développer chez les élèves « les dons de corps, de cœur et d’esprit qui font les travailleurs, les citoyens, les hommes véritables ». Parce qu’elle était républicaine, elle devait être une œuvre d’éducation. En ce sens, la mémoire de Jean Zay est aussi un programme.

UK : Le comte de Wessex et le duc de Kent assistent au don du prix du duc d’Édimbourg au Freemasons’ Hall

De notre confrère anglais inyourarea.co.uk

« C’est un moyen merveilleux et très pratique de poursuivre l’incroyable héritage du Duc et de diffuser plus que jamais les avantages du DofE. »

Chacun des 30 000 jeunes handicapés ayant des besoins éducatifs spéciaux (SEND) pourra faire sien le Prix du Duc d’Édimbourg grâce à un partenariat stratégique de trois ans, qui fera don d’un total de 300 000 £ de la part des francs-maçons.

Pour rendre possible ce partenariat avec le DofE, l’UGLE s’est associée à la Masonic Charitable Foundation (MCF).

L’Isaac Newton University Lodge, qui se réunit à Cambridge, a versé 35 000 £ en reconnaissance des 35 années pendant lesquelles Son Altesse Royale a été chancelier de l’université.

Le MCF est devenu un partenaire stratégique du DofE en 2021 et a financé un nouveau programme national pour améliorer les compétences de son équipe et de ses bénévoles.

Le programme permet également d’inscrire davantage d’écoles et de clubs qui soutiennent les jeunes avec SEND, afin de garantir que tous les jeunes ont accès au DofE.

SAR le duc d’Édimbourg, qui a fondé le DofE en 1956, était lui-même franc-maçon et a été initié à la Navy Lodge, n° 2612 le 05 décembre 1952.

L’ambition est d’utiliser les fonds pour augmenter le nombre de centres, tels que les écoles et les groupes de jeunes, offrant DofE aux jeunes avec SEND et pour former des centaines de leaders qui peuvent soutenir des groupes de jeunes tout au long de leurs parcours DofE.

Le Dr David Staples, directeur général de l’UGLE et franc-maçon du Cambridgeshire, a déclaré: «Les francs-maçons sont extrêmement fiers d’avoir compté Son Altesse Royale, le duc d’Édimbourg, en tant que membre de la Navy Lodge depuis 1952.

« Leur affection et leur respect se sont clairement manifestés dans la réponse au lancement de cet appel, et nous sommes ravis que les fonds collectés soient utilisés à bon escient. »

Les Hutchinson, directeur général du MCF, a ajouté : « La charité est dans notre ADN et quelque chose que nous pratiquons à chaque fois que nous nous rencontrons.

« En quelques années seulement, nous avons déjà accordé des subventions totalisant 100 millions de livres sterling et soutenu plus de 3 000 organisations caritatives ; avec des subventions allant de quelques milliers à des centaines de milliers de livres, y compris la subvention que nous célébrons aujourd’hui. »

Caroline Glen, directrice de la collecte de fonds pour le DofE, a déclaré : « Nous sommes très reconnaissants à la Masonic Charitable Foundation pour sa généreuse subvention qui donnera à plusieurs milliers de jeunes handicapés et ayant des besoins éducatifs spéciaux la chance de participer au DofE et profiter de ses avantages qui changent la vie.

« C’est une façon merveilleuse et très pratique de poursuivre l’incroyable héritage de The Duke et de diffuser les avantages du DofE plus loin que jamais. »

Le programme a été conçu pour rendre possible la participation au DofE pour les jeunes ayant des besoins supplémentaires. Il aidera les jeunes à acquérir des compétences vitales essentielles, à développer des compétences d’employabilité et à devenir plus indépendants.

L’impact de l’obtention d’un prix DofE est remarquable et change souvent la vie des jeunes ayant des besoins supplémentaires qui peuvent être exclus des activités d’aventure en raison d’un manque d’équipements accessibles, d’installations, de personnel de soutien formé et de financement.

25ème forum sur le spiritisme à Saint-Max (54)

Le Cercle spirite Allan Kardec organise son 25ᵉ forum sur le spiritisme, les 26 et 27 mars 2022 au Foyer culturel Gérard Léonard, place de l’Europe à Saint-Max (54).

Le week-end des 26 et 27 mars 2022 sera consacré au spiritisme par le cercle Allan Kardec. Avec des conférences-débats, une exposition d’arts médiumniques, des vidéos, un stand d’informations et des réponses aux questions que vous vous posez, explique l’annonce du forum. « Pour les femmes et les hommes qui s’interrogent sur le sens de la vie et sur l’éventuelle continuité au-delà du tombeau, le Spiritisme apporte les réponses de celles et ceux qui reviennent décrire ce qui se passe après ».

Samedi 26, dimanche 27 mars de 9 h 30 à 18 heures. Prix d’entrée : 10 € pour une journée, 15 € les deux jours. Tarifs réduits à 3 € et 5 €.

La franc-maçonnerie a parrainé le communisme et continue de l’endosser

De notre confrère espagnol nuestraespana.com – Par Curro Jiménez

Il est très surprenant que rien en rapport avec le nazisme ne puisse être posté sur YouTube, et que les vidéos des camps de jeunesse marxistes-léninistes soient librement accessibles et sans aucun problème. Surtout lorsque l’Union européenne a officiellement placé  le communisme au même niveau que le  nazisme, après avoir approuvé une résolution dans laquelle il était condamné que les deux régimes commettaient des meurtres de masse, des génocides et des déportations, et étaient la cause d’une perte de vies humaines et de liberté sur un échelle jamais vue dans l’histoire de l’humanité. Pire encore, nous savons que les crimes du communisme ont largement dépassé ceux du nazisme, ceux-ci étant exagérés et les autres cachés.

N.d.l.R.: Les propos qui suivent, traduction fidèle de notre confrère nuestraespana.com, sont frappés du coin d'un antimaçonnisme farouche. Chacun pourra en relever l'outrance et se faire une idée des lourdes accusations portées à l'encontre de célèbres acteurs financiers de l'époque. Nous livrons, cependant, ce papier à la sagacité de nos lecteurs pour ne pas rester à l'écart des polémiques rampantes et radicales qui cherchent à ternir le rôle historique de notre mouvement de pensée. Nous invitons tous ceux qui veulent éclairer le débat à rédiger des commentaires qui remettront les choses à leur place et préciseront les enjeux.

Dans ces vidéos, une apologie claire du communisme est faite. Des phrases telles que les suivantes peuvent être entendues :

  • Nos idées sont celles de l’avenir, ce sont celles du progrès, ce sont celles de la Révolution. Nous sommes le futur, ils sont quelque chose d’archaïque du passé. Nous voulons détruire ce qui existe et construire quelque chose de nouveau.
  • La devise de l’école que nous créons ici est « mourir avant d’abandonner », être communiste c’est travailler à construire ce parti dans ce pays, pour que le parti puisse servir d’avant-garde pour la prise du pouvoir, que est le seul acte révolutionnaire qui puisse réellement transformer la réalité.
  • C’est nous qui mettons la théorie en pratique. Ni les États ni les groupes révisionnistes ne nous arrêteront. Nous sommes fidèles aux principes du marxisme-léninisme. Nous sommes l’avenir, nous sommes le bélier qui fera tomber cette porte pourrie de cet État capitaliste.
  • Nous nous préparons physiquement à notre vie militante. Nous luttons pour l’émancipation de notre classe, la classe ouvrière. Nous sommes l’espoir. L’espoir de construire une jeunesse combattante.

Nous laisserons ici un lien vers les vidéos de ce camp. Si l’on ajoute les commentaires aux images dans lesquelles ils s’entraînent à la boxe et au maniement des battes de baseball, il n’est pas nécessaire d’être très méfiant pour imaginer qu’il s’agit d’une sorte de camp d’entraînement paramilitaire.

Mais nous voulons nous concentrer sur les détails de la raison pour laquelle YouTube autorise l’apologie du communisme tout en réprimant à ce point le nazisme. Ce serait juste qu’il réprime les deux idéologies, surtout quand on sait que le communisme est la cause de la mort de plus de cent vingt millions de personnes.

La société YouTube a été créée par trois anciens employés de PayPal. En octobre 2006, elle a été racheté par Google. Google est à son tour une filiale principale de la multinationale américaine Alphabet. Alphabet compte quatre groupes très importants comme actionnaires majoritaires : Vanguard, Blackrock, JP Morgan et Fidelity. Conservons ces données et nous continuerons à raconter une histoire à lier à cela plus tard.

La franc-maçonnerie a aidé à l’implantation du communisme en Russie contre toute attente, puisqu’elle était censée avoir lieu dans des pays qui avaient déjà commencé la révolution industrielle. À partir de 1798, les Warburg (francs-maçons issus d’une famille de banquiers de Hambourg), commencèrent à diriger une maison de change et de prêt appelée MM Warburg & Co., et furent ceux qui financèrent plus tard Lénine et Trotsky (ce dernier franc-maçon) à leur retour. en Russie de leurs exilés respectifs pour lancer la révolution communiste.

Les Warburg vivaient divisés entre l’Allemagne et les États-Unis. D’Allemagne, ils ont financé Lénine et des États-Unis, ils ont financé Trosky (puisque Lénine était en exil en Suisse et Trotsky aux États-Unis), Lénine est parti dans un train avec une bonne cargaison d’or et Trosky avec vingt millions de dollars. Dans les deux cas financés par ces banquiers. Dans le cas américain, non seulement ils ont aidé Trosky à se rendre en Russie, mais Trosky est parti accompagné de 200 autres communistes. Dans le cas d’Alemán, le soutien apporté à Lénine est compris, car si Lénine prenait le pouvoir en Russie, il avait promis de ne pas attaquer l’Allemagne. Mais dans le cas américain, il n’y avait aucune explication, puisque les Allemands n’avaient pas à être utilisés sur le front oriental contre les Russes, ils avaient les mains libres pour tuer plus d’Américains.

Trotsky embarqua à New York avec un entourage si pittoresque, et à son arrivée à Halifax (Canada) il fut arrêté par les autorités. Et voici la chose la plus surprenante ; il demande l’aide des États-Unis et après l’administration de l’assistant du président Woodrow Wilson ; Ils sont tous partis là-bas, et aussi avec un passeport.

Cet aide ou assistant était un certain Mendel Haus, qui était plus que l’assistant du président, ils l’appelaient le Shadow President. Haus n’était pas seulement un maçon, mais il appartenait aussi à une obédience illuministe, c’est-à-dire luciférienne par définition appelée  » Maître de Sagesse «  .

En bref : d’un côté, nous avons les Warburg en tant que personnes chargées de fournir financièrement et logistiquement, avec Mendel Haus, ceux qui seront plus tard des figures de proue de la Révolution communiste. Et d’autre part, nous laissons en suspens les quatre groupes d’investisseurs qui dirigent pratiquement le monde et que nous pourrions dire qu’ils possèdent YouTube.

 Ces quatre groupes d’investisseurs, nous avons dit qu’ils étaient : Vanguard, Blackrock, JP Morgan et Fidelity. Les huit familles qui dominent le monde à travers ces groupes que nous citons et d’autres sont : Goldman Sachs, Rockefeller, Loeb Kuhn et Lehman (à New York), les Rothschild (de Paris/Londres), les Warburg (de Hambourg), les Lazard (de Paris) et Israel Moses Seifs (de Rome). Et le plus drôle, c’est que nous avons les Warburg qui financent le communisme précoce, et nous avons les Warburg comme actionnaires majoritaires de YouTube.

Nous pouvons alors avoir une idée de la raison pour laquelle YouTube condamne le nazisme et non le communisme. Il est surprenant de voir comment le communisme a été parrainé à ses origines par la franc-maçonnerie capitaliste et continue de l’être aujourd’hui. Il convient également de noter que dans les camps mentionnés dans la première vidéo, l’hymne de l’irrigation est chanté , dont les paroles ont été composées par le franc-maçon Evaristo José Fernández San Miguel. Après ce qui a été fourni dans cet article (et bien d’autres qui existent), nous pouvons assurer sans crainte de nous tromper : que la franc-maçonnerie capitaliste est le parrain du communisme.

Au clair de la lune, mon ami soleil, prête-moi une plume

Les Luminaires, Princes lumineux des feux de l’éther comme les appelait Eschyle, sont le Soleil et la lune. Ils représentent respectivement le principe actif et le principe passif mis en relation par la luminescence. Ils sont la polarité basique d’une des représentations de la dualité. Ces deux luminaires sont fondamentalement complémentaires. Ils sont à marier, comme un yin/yang, dans l’harmonie intérieure, même si leur genre (masculin/féminin) et leur relation hiérarchique ne sont que particularismes liés à une civilisation.

De nombreuses traditions, en divinisant les deux grands luminaires, font de la lune l’épouse du Soleil. Mais pour d’autres, la Lune est une divinité mâle. Par exemple, le dieu japonais Tsukuyomi est lié à la lune et sa sœur Amaterasu au soleil. Rappelons simplement que les traditions parlent en général de dieux-lune (Thot, Khonsou, Osiris, Hermès, Janus …). Ce dieu-lune est tantôt doux et sensible, tantôt agressif, guerrier, et change rapidement de forme. En hébreu, les deux luminaires sont masculins ; en allemand, le mot lune est du genre masculin et le mot soleil féminin, tel qu’on peut le voir sur la gravure attribuée à Albrecht Dürer.

Ces deux luminaires apportent chacun leur nuance de lumière, de conscience et de vie. Les savoirs enseignés par le Soleil sont plutôt des savoirs formels avec de la théorie, des systèmes, de l’analyse, des équations, des principes, tandis que les savoirs enseignés par la lune sont davantage des savoirs informels du vécu, de l’expérience, de l’émotion.

Les francs-maçons travaillent de jour comme de nuit, de midi à minuit dans les loges symboliques. Le soleil et la lune, placés tous deux à l’orient, en attestent la durée. Si, pour Carl Gustav Jung, l’aurore symbolise la sortie de la nuit de l’inconscient, c’est en plein midi qu’a lieu la délivrance de l’agnoia  (l’inconnaissance). «Soudain, une lumière, comme un feu jaillissant, surgira dans l’âme» écrit Platon, dans Lettre VII ; «tout à coup, vers midi, une vive lumière venant du ciel resplendit autour de moi», trouve-t-on dans les Actes des Apôtres, XXII, 6 ; «pour le connaissant, il est toujours midi» est-il écrit dans les Upanishad, III, XI, 3.

Chez les romains Lucifer (lux ferre, apporteur de lumière) était le nom de l’étoile du matin (Vénus) qui annonce l’aurore ou le lever du soleil et la déesse Diane était aussi appelée Lucifer, celle qui annonce la lumière lunaire. Les grecs ont différencié Lucifer apporteur de la lumière du matin de celle du soir en lui donnant les noms d’éosphoros pour le matin et d’Espéros pour le soir.

En hébreu «luminaire», meour (מאור), est utilisé pour désigner la lune et le soleil. Sa numération est 247 et par réduction arithmosophique donne 13, numération d’Achad, l’unité (אחד). Ces luminaires sont Un avant leur dissociation en grand et petit luminaire. Dans leur complémentarité, les lumières de ces deux astres se succèdent dans l’alternance, et tous deux croissent, décroissent et disparaissent. Cette périodicité sans fin consacre, en ces astres, les rythmes biologiques du renouvellement, du mythe de l’éternel retour, car leur mort n’est jamais définitive mais suivie d’une résurrection. Ces différents aspects font d’eux un symbole de transformation et de croissance (croissant de lune), le symbole du passage d’un état d’être à une nouvelle modalité d’existence.

Selon Pic de la Mirandole, la Lune et le Soleil représentent respectivement le judaïsme et la chrétienté.

En associant les couleurs des vitraux correspondant  à la lune (bleu) et au soleil (rouge), on obtient du violet, dernière couleur visible du spectre et première couleur d’un monde au-dessus (l’ultra-violet), couleur de la spiritualité.

Dès le XVIIIe, les rituels définissent les luminaires : le soleil, la lune et le maître de la loge (le Vénérable). Placés à l’orient du temple, ils triangulent la lumière du jour, de la nuit et de l’esprit.

Leurs lumières glissent sur les lignes obliques du delta lumineux, elles inondent, avec leurs énergies, le corps de ceux qui sont à l’orient qui, à leur tour, les propagent dans la loge spiritualisée par la fraternité.Selon Le Cahier d’apprentif de 1778 du Directoire Écossais de Bourgogne : le soleil est le Vénérable qui gouverne et éclaire la Loge, la lune représente les deux Surveillants qui reçoivent la lumière du Vénérable et la réfléchissent sur la Loge.

Au moment où le bandeau est enlevé, le récipiendaire face aux luminaires, est illuminé de leurs significations. Les luminaires tracent une forte correspondance énergétique et symbolique coruscante avec les colonnes J et B.

Sur le chemin d’évolution de l’âme, dans le retour à sa source, on assimile le soleil à la «voie courte», la voie directe qui mène à l’illumination. Par contre la lune, en ce sens qu’elle reflète progressivement la lumière, est associée à la «voie longue», c’est-à-dire à celle des incarnations successives.

Dans les rituels anglo-saxons, le soleil et la lune sont aussi associés à l’idée que, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, il y a toujours et partout des maçons au travail.

La Lune, luminaire nocturne, est une planète qui ne produit pas sa propre lumière, elle ne se montre que par l’action éclairante du Soleil, de ce fait elle est symbole de dépendance car elle a besoin du soleil pour miroiter de la lumière dont elle retient une partie en son sein. C’est pourquoi, elle est perçue par certaines civilisations comme féminine ; elle était Isis en Égypte, Astarté en Phénicie, Alilat chez les Arabes, Mylitta chez les Perses, Artémis, Diane, Dictynne Séléné en Grèce, dans l’île de Crète, Luna chez les Romains. Trois divinités grecques représentent les différents aspects de la lune : Hécate (Oui, je ne suis pas pleine de tendresse et de compassion. Je ne suis pas tolérante et je ne vous consolerai pas. Je suis sévère, mais ma colère est toujours juste. Et ma protection éternelle pour ceux qui m’honorent.), la nouvelle lune ; Artémis, la lune croissante et descendante ; Séléné, la pleine lune (Marie est la véritable Séléné, la lune de Noël, vierge enfantant la rosée).

Telle une séphira,  on peut la considérée comme passive par rapport au soleil, la lune n’en est pas moins active  en ce qu’elle épanche vers la Terre une partie de sa lumière.

La néoménie est le jour de la nouvelle lune et premier jour du mois dans certains calendriers. C’était un jour de fête, célébré dans l’Antiquité en Égypte, en Grèce (le premier jour de chaque mois, c’est-à-dire de la néoménie ou première apparition de la lune, était appelé calendes, du verbe καλέω, et alors on faisait un sacrifice solennel à Junon), à Rome, mais aussi en Judée (à consulter les Remarques sur la fête de la néoménie.

Les Hébreux calculent le temps (années, mois, jours) selon le cycle lunaire tout en lui apportant des corrections par rapport au cycle solaire. La lune est ainsi utilisée pour fixer la date des fêtes juives importantes.

Liée à l’eau, elle devient source et symbole de fécondité et représente le principe féminin, l’archétype maternel par excellence que l’on relie fréquemment à la coupe, réceptacle des eaux primordiales ou des germes de vie.

Astre de la nuit, elle évoque la présence de la lumière dans l’immensité ténébreuse, elle est le sourire du ciel. Comme les étoiles de la voûte étoilée, on la considère comme clarté de la connaissance. En Égypte, le bec recourbé de l’ibis, évoquant le croissant lunaire, associe la lune avec la parole, l’intelligence et l’écriture dont Toth était le dieu.

Parce que liée à la nuit, la lune évoque le rêve, l’inconscient, l’imaginaire. Mais il s’agit là d’une connaissance indirecte, théorique, discursive et froide, l’émanation première étant celle du Soleil.

L’office de secrétaire est placé sous le signe de la lune ; ses tracés d’architecture sont le reflet de ce qui est évoqué pendant la tenue.

En marchant sur la lune le 21 juillet 1969, Edwin Buzz Aldrin, 33ème degré du REAA, membre du Suprême Conseil du Rite écossais Ancien et Accepté des états-Unis, pilote du module lunaire, dépose trois balles de golf, comme trois points, pour signer l’universalité de la Franc-maçonnerie, là où l’homme peut aller.

Prolonger l’étude avec le texte de Spartakus FreeMann, La Lune au sein du Judaïsme et de la Kabbale.

Le Soleil, luminaire diurne, est le symbole évident de la lumière et du feu-principe purificateur ; tout initié est appelé à franchir le rideau de feu qui matérialise la séparation symbolique entre l’état profane et le monde du sacré.

Pour les anciens égyptiens, le disque solaire était symbolisé sous le nom de Rê, non pas comme étant Dieu mais comme étant sa première manifestation dans le monde visible. Il se manifeste par la Lumière qu’il diffuse, et qui crée la vie. Il n’est pas le «Dieu créateur de toutes choses», mais le principe de mutation des ondes dites cosmiques qu’il véhicule et qu’il transforme en énergie créatrice. D’ailleurs, le clergé égyptien expliquait que l’astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant.

Le soleil en est son serviteur : cela est sensible avec l’écriture hébraïque car soleil, shemèche (ש מ ש) (Deut., 24)  s’écrit avec les mêmes consonnes que shamèche (ש מ  ש)  le serviteur (Deut., 4,19). Il est attesté, très tôt dans la maçonnerie, comme décor principiel de la loge.

Il est le référent du temps pour l’ouverture à midi, et la fermeture des travaux à minuit, aux trois premiers degrés.

Lorsqu’il s’agit du soleil, le temps de midi correspond à l’espace du zénith. Ce mot vient d’un mot arabe signifiant «chemin droit». Ce point dans le ciel est vertical au spectateur, une ligne perpendiculaire passant par lui, et étendue, atteindrait le centre de la terre. Zénith et Nadir sont indissociables et il est dangereux de les percevoir contradictoirement. Maître Eckhart dit bien que : «Le plus haut point de l’élévation se trouve justement au plus profond abîme de l’abaissement. Car plus l’abîme se creuse, plus haute et plus grande s’élève aussi la hauteur ; plus le puits est profond, plus il est haut. Hauteur et profondeur ne font qu’un».

À l’inverse de l’astre manifesté, terrestre, qui culmine au sud, le soleil spirituel, céleste, primordial, culmine au nord où réside l’origine de la lumière éternelle. Les anciens Égyptiens désignaient le nord céleste par le septentrion comme étant le lieu d’éternité, car dans le ciel nocturne de l’Égypte [dans l’hémisphère nord], il y a visibilité toute l’année des étoiles impérissables dont la Grande Ourse. Le soleil s’y trouve donc, symbolisant la lumière incréée, contenant toutes les potentialités que l’initié devra faire éclore. C’est l’opposé du Nadir (en arabe nadir se traduit par «opposé», qui est le sud céleste).

Les documents du Rite écossais Ancien et Accepté étaient enregistrés autrefois avec l’en-tête – sous la Callope Céleste du Zénith qui répond à – suivi d’un blanc pour remplir la latitude du lieu d’où le document est délivré. La latitude seule est exprimée parce que cela indique la position de la hauteur méridienne du soleil.

Il est le référent de l’espace pour le sens des circambulations et l’orientation de la loge (est, ouest, nord, sud).

Dans de multiples mythologies, le soleil a pour substitut ou pour symbole l’aigle.

Le plateau de l’office d’orateur est placé sous le soleil.

« Je ne suis pas raciste mais… », les valeurs maçonniques exposées à Nantes ?

Une exposition proposée par l’Association Mémoire de l’Outre Mer dans le cadre du temps fort L’humain d’abord.

L’humain d’abord est un temps citoyen de rencontres, d’expositions, de projections et de spectacles conçu avec les propositions de nombreuses associations nantaises en écho à l’exposition L’abîme. Nantes dans la traite atlantique et l’esclavage colonial, 1707-1830, pour en explorer les résonances contemporaines.

Dans le cadre des Semaines d’éducation contre le racisme et les discriminations (SECD) et des 10 ans du Mémorial de l’abolition de l’esclavage.

Je ne suis pas raciste mais… :

qui n’a pas déjà entendu ces quelques mots, anodins pour certains, et pourtant tellement « assassins » pour celles et ceux qui en sont la cible ?

Presque deux siècles après l’abolition de l’esclavage, 20 ans après la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité, un long chemin a été parcouru pour lutter contre le racisme. De nombreuses lois interdisent et condamnent fermement les propos et comportements violents à l’égard des citoyens en raison de leurs origines. Mais la violence peut revêtir différentes formes. Les préjugés et stéréotypes en sont une…

Cette exposition a pour objectif de mettre en lumière tous ces préjugés et de faire émerger une prise de conscience collective pour qu’enfin la Fraternité ne soit pas la grande oubliée de notre société.

Infos pratiques

Asso Mémoire de L’Outre Mer – Le site https://www.outremer44.com/

Espace Culturel Louis Delgrès – 89 quai de la Fosse, 44000 NANTES

Du mardi au vendredi de 10h à 18h

Ouverture exceptionnelle : samedis 5 et 26 mars de 14h à 18h

Des visites sont proposées pour les groupes scolaires : 02 40 71 76 57

Tout savoir sur la Wicca : définition, origine et grands principes

Cette semaine, le magazine féminin femmeactuelle.fr sous la plume de Julie Destouches consacre un article à la Wicca. La rédaction a pensé que dans la rubriques des autres voies et connaissances de la spiritualité ou de l’ésotérisme, cette présentation serait la bienvenue.

Galvaudée sur les réseaux sociaux, la Wicca questionne autant qu’elle fascine. Si les sorcières modernes se drapent un peu vite de ce mouvement spirituel, rares sont celles qui la connaissent dans le détail. On fait le point grâce à deux ouvrages récents consacrés la fameuse Wicca.

Alors que l’équinoxe de printemps du 20 mars prochain sera fêté par les Wiccans sous le nom d’Ostara, revenons sur ce mystérieux mouvement religieux qu’est la Wicca avec l’aide de deux sorcières modernes et britanniques, Thorn Mooney qui vient de publier « La Wicca traditionnelle » et Ambrosia Hawthorne qui signe « Les saisons de la Wicca« . Et pour en apprendre davantage sur la Roue de l’année, feuilletez notre diaporama.

La Wicca que vous voyez sur les étagères des librairies, dans les mèmes sur internet et dans les cercles ouverts n’est pas la seule qui existe. Et la triste réalité est que, parce que tout le monde semble déjà penser connaître tout ce qui existe, il y a très peu de documentation pour les gens curieux de la Wicca traditionnelle (du moins, pas grand-chose qui date de moins de vingt ans). Il est difficile d’avoir accès à d’autres perspectives, d’entendre de véritables histoires de praticiens contemporains et d’apprendre comment y entrer, si c’est ce que vous aspirez à faire.” Thorn Mooney, sorcière depuis plus de vingt ans et grande prêtresse d’un coven américain, campe son sujet dès les premières pages de son ouvrage, « La Wicca traditionnelle », publié aux éditions Danaé.

Histoire et origine de la Wicca

On découvre au fil des pages une origine de la Wicca bien moins ancestrale qu’il n’y paraît, un anglais du siècle précédent ayant compilé des traditions éclectiques en vue de fonder ce mouvement : “La Wicca est un mouvement religieux qui s’est développé au milieu du XXe siècle, principalement grâce aux efforts du fonctionnaire britannique Gérald Brosseau Gardner. Gardner, largement influencé par son intérêt pour le folklore, la magie et ses propres voyages en Asie, souhaitait faire renaître ce qu’il voyait comme une religion indigène de Grande-Bretagne. Il a réuni soigneusement (et parfois, pas si soigneusement que ça) les livres d’anthropologie populaires à son époque, ainsi que ses propres découvertes et son expérience personnelle, pour en faire un système cohérent dont il croyait qu’il était fidèle à l’antique pratique de la Sorcellerie religieuse. Puisant dans ses connaissances en franc-maçonnerie et dans ses études d’autres traditions magiques occidentales, Gardner a construit la charpente nécessaire pour soutenir le développement et la croissance de cette nouvelle (ancienne) religion. Bien sûr, il n’a pas tout fait par lui-même. Gardner a prétendu avoir initié un groupe survivant de cette ancienne “secte sorcière » (C’est le terme qu’il a employé, qui n’avait pas les mêmes connotations qu’aujourd’hui) et qu’il n’avait été autorisé à le révéler au public que pour qu’il puisse survivre.(…)”

Le rôle du coven dans la Wicca

Thorn Mooney souligne l’importance du coven dans la pratique Wicca : “L’une des différences significatives entre la Wicca traditionnelle et des styles de Wicca plus éclectiques est le rôle du Coven. La Wicca traditionnelle est basée sur le coven et elle implique presque toujours qu’on se joigne à un genre de groupe. On ne peut tout simplement pas se contenter de lire un ensemble donné de livres ou apprendre une tradition sur internet. Il faut réellement se mettre en quête d’une grande prêtresse ou d’un grand prêtre de cette tradition et lui demander à être invité à devenir membre de son coven. Il n’y a pas deux covens absolument identiques même au sein de la même tradition, il peut y avoir beaucoup de diversité (…) Chaque tradition à son propre protocole et, même au sein d’une tradition, les chefs de chaque coven ont en général suffisamment d’autonomie pour prendre des décisions exécutives; donc, il y a des différences en fonction des circonstances.

La Wicca d’origine

Du fait de la pluralité des covens, et de l’importance de la pratique dans la Wicca, la nature des divinités honorées est très variable. C’est ce qu’explique la grande prêtresse dans son livre : “Cette première forme de Wicca était initiatique, organisée en covens et basée sur un mystère central autour de la déesse de la Lune et d’un dieu cornu de la mort et de la chasse. Ces deux divinités étaient diversement comprises comme étant des divinités sorcières universelles, des divinités spécifiques aux îles britanniques, des représentations archétypales de toutes les divinités ou de petits dieux locaux des gens et de la terre. Cela fait beaucoup de possibilités ! Comment un couple de divinités peut-il être compris de tant de façons différentes tout en étant au cœur d’une tradition cohérente ? Ceci est largement dû à la nature expérientielle de la Wicca de Gardner : chacun avait sa propre expérience des dieux. La tradition s’intéressait (s’intéresse !) avant tout à la pratique plus qu’à la croyance. Les membres sont unis par un ensemble de pratiques rituelles et par un corpus de rituels, rassemblés dans le Livre des Ombres (qui est un livre unique et spécifique, pas un journal personnel comme dans d’autres sortes de Wicca), plutôt que par un ensemble dogmatique de croyances. Les détails de ce rituel sont secrets, réservés aux seuls initiés.« 

Ce que la Wicca n’est pas

Dans « Les saisons de la Wicca » publié chez Le lotus et l’éléphant, une autre sorcière, Ambrosia Hawthorne, transmet une vision plus pédagogique de ce mouvement spirituel. Astrologue, cartomancienne, elle a créé Witchology Magazine. Elle liste ainsi ce que la wicca n’est pas.

« Il peut paraître un peu compliqué de faire la distinction entre la Wicca, le paganisme et la sorcellerie. Si vous commencez à peine à découvrir ces traditions, concentrez-vous sur vous et intéressez-vous à ce qui vous semble juste. Lisez autant de livres que possible, commencez à pratiquer et remarquez ce qui génère un déclic en vous.

Si vous ressentez une affinité pour les plantes, le jardinage et la guérison, vous serez peut-être attiré par une voie plutôt « green », ou vous exploiterez les propriétés magiques des plantes. En revanche, si vous êtes fasciné par les rêves, le voyage astral et la méditation, explorez ces pratiques et voyez où elles vous mènent. Malentendus fréquents à propos de la Wicca :

  • La Wicca est une secte. La Wicca est une religion centrée sur la Terre.
  • Les wiccans adorent le Diable. Satan est une figure d’Abraham, certainement pas wiccane.
  • Les wiccans ne croient pas en Dieu. La Wicca est une religion polythéiste qui vénère le Dieu et la Déesse universels ou les multiples dieux et déesses de différents panthéons ou traditions.
  • La Wicca n’a pas de règles. La Wicca n’a pas de corps décidant, mais est guidée par des pratiques éthiques et un comportement moral. »

Wicca et sorcière, quelles différences ?

Pas simple de comprendre la différence entre Wiccan, pratiquant de la Wicca et sorcière. C’est la sorcière moderne Thorn Mooney dans son livre « La Wicca traditionnelle«  qui va nous éclairer :

J’ai tendance à me servir des mots “Wicca” et “Sorcellerie” de façon interchangeable, parce que “Wicca” signifie littéralement “sorcier” ou “sorcière” et que les formes les plus anciennes de Wicca étaient comprises comme étant une forme de sorcellerie. A cette époque-là cependant (le milieu du XXème siècle), la Wicca, en règle générale, n’était pas considérée comme la seule et unique forme de Sorcellerie ; et il ne doit pas en être autrement aujourd’hui. Il y a de nombreux types de sorciers et de sorcières dans le monde, et seuls quelques-uns sont des wiccans. De plus, aujourd’hui, un nombre croissant de wiccans ne se considèrent pas comme des sorciers ou des sorcières, soit parce qu’ils ont le sentiment de ne pas vraiment pratiquer la sorcellerie (qui est définie en général comme une forme particulière de magie), soit parce qu’ils veulent distinguer leurs pratiques d’un terme qui a été chargé de beaucoup de négativité au fil de l’histoire. Dans les deux cas, les wiccans ont tendance à se définir comme des praticiens d’une religion particulière.

La magie wicca, comment ça marche ?

« La magie wiccane, également appelée l’Art, la sorcellerie, la magie pratique ou l’art de jeter des sorts est la manipulation et la canalisation de l’énergie afin d’exploiter son pouvoir. Elle vous permettra d’influer sur le monde qui vous entoure pour générer un changement positif dans votre vie. Il est néanmoins possible d’opter pour une pratique wiccane complète sans toutefois exploiter l’énergie ou lancer des sorts. Vous serez alors considéré comme un wiccan qui vit en harmonie avec la nature, qui célèbre les changements de saisons, les sabbats et vénère les divinités sans chercher è exploiter l’énergie issue de la nature. Regardez en vous et décidez de ce qui vous semble juste.

Mais qu’en est-il de la « bonne » et de la « mauvaise » magie ?

En fait, la magie est plus « grise » que noire ou blanche et elle suit des règles éthiques. Ainsi, tout comme vous n’aimeriez pas que quelqu’un vous jette un sort, vous maudisse ou influe sur votre propre volonté, il ne vous viendrait pas à l’esprit d’avoir recours à la magie contre d’autres personnes. La pratique de la magie implique une grande responsabilité et oblige à faire des choix éthiques. Repensez à l’adage wiccan à chaque fois que vous pratiquez la magie. « Tant que vous ne nuisez à personne, faites ce que vous voulez » explique Ambrosia Hawthorne dans « Les saisons de la Wicca« .

Quels sont les symboles de la Wicca

Symbolisant les quatre éléments fondamentaux, les outils employés dans la Wicca ont chacun leurs qualités et leurs utilités. Ambrosia Hawthorne les détaille ainsi dans son livre : « Les quatre outils élémentaires les plus courants en Wicca sont le calice, la baguette, l’athamé et le pentacle.

  1. Le calice, le bol ou la coupe représente l’élément Eau, la Déesse, et se réfère souvent à des qualités féminines. Vous le remplirez d’eau, de vin, de bière ou d’autres mixtures préparées.
  2. La baguette représente l’élément Air dans la plupart des pratiques wiccanes et le Feu dans les pratiques ésotériques. Elle sert à diriger l’énergie, aide à la création de cercles rituels et symbolise le Dieu ou la présence masculine. Elles sont souvent en bois, parfois incrustées d’argile et de cristaux.
  3. L’athamé est une lame de cérémonie qui représente l’élément Feu, et comme la baguette, il sert également à diriger l’énergie. Bien que l’athamé soit un couteau, on ne l’utilise pas pour couper ; il est plutôt employé symboliquement pour « découper » l’énergie ou pour dessiner des symboles dans l’air. L’athamé et la baguette sont interchangeables.
  4. Le pentacle représente l’élément Terre. Un pentacle est un cercle contenant une étoile à cinq branches, et il est souvent utilisé ou porté par les sorciers, en tant que symbole de protection ou de croyance. Lors des rituels, vous placerez les objets élémentaires dans une configuration en pentacle, sur les cinq pointes. Le symbole du pentacle pourra être dessiné sur un support rond et plat, en bois, en métal, en argile ou en pierre. »

Qui est la déesse wicca ?

Ambrosia Hawthorne revient sur les divinités honorées dans la Wicca : « Les déesses et les dieux jouent un rôle essentiel dans la Wicca. Ce sont des divinités universelles comme le Dieu Cornu et la Triple Déesse, que l’on nomme Dieu et Déesse, ou Seigneur et Grande Dame. Elles sont considérées comme des polarités complémentaires qui représentent les essences masculines et féminines de la vie, responsables de la vie et de l’équilibre sur Terre.

Le Dieu, en tant que présence masculine est représenté par le Soleil, les solstices, la fertilité de la terre, et est souvent symbolisé par des cornes ou des bois d’animaux, des bougies noires et des outils phalliques, tels que des épées et des baguettes.

La Déesse, la présence féminine, est représentée par les cycles de la Lune et les phases de vie de la femme, comme la Vierge, la Mère et l’Aînée. Les symboles qui représentent le féminin sont l’eau, les bols et les récipients, ainsi que les bougies blanches.

Certaines traditions honorent ou célébrent des divinités particulières. Le choix des divinités dépend des croyances et des préférences spirituelles du pratiquant. Vous pouvez opter pour des divinités issues de n’importe quel panthéon, les néophytes préférant les panthéons celtique, nordique ou grec. Pour choisir une divinité, recherchez des thèmes qui lui correspondent. Par exemple, si vous souhaitez élaborer un rituel pour l’abondance ou l’amour, optez pour des divinités associées à ces thèmes. »

On l’a vu, bien de répondant à des grands principes, la Wicca peut aussi bien être un mouvement religieux encadré par les dogmes d’un coven particulier qu’une pratique spirituelle individuelle axée sur le passage des saisons et les grands archétypes de la psyché humaine. En respectant la limite absolue qui consiste à ne pas faire de mal et en agissant uniquement sur soi-même, la pratique de la magie Wicca se révèle passionnante, ludique et (« diablement » sic^^) efficace pour se connecter à de plus hautes dimensions et attirer de bonnes vibrations. Qu’attendez-vous pour essayer ?

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