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Bayonne braque les projecteurs sur la maçonnerie

De notre confrère bayonne.fr

Hier, Vendredi 3 juin à 18h30, avait lieu une conférence intitulée « Maçonnerie et Immigration » présentée à l’auditorium Henri-Grenet par Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France. Elle sera suivie aujourd’hui, samedi 4 juin par l’inauguration de l’exposition « La Franc-Maçonnerie basque d’hier et d’aujourd’hui » au musée Basque.

Une loge qui intègre très tôt des membres de la communauté juive

À l’origine, la loge était composée de membres de professions très variées, principalement issus de l’élite sociale : commerçants, armateurs, parlementaires, procureurs du Roi, etc. Sa grande particularité est d’avoir admis des membres de la communauté juive, vingt ans avant qu’ils n’aient accès à la citoyenneté française. Vivant à Saint-Esprit, cette communauté composée de séfarades est à ce moment-là fort nombreuse. Les juifs sont intégrés à la vie bayonnaise, mais n’ont pas encore tous les droits, dont celui de venir commercer de l’autre côté du pont. Ils subissent en outre quelques brimades et font naître des jalousies dans le domaine des affaires. La présence de juifs à La Zélée provoque d’ailleurs une première scission : en 1783, certains frères désertent La Zélée pour créer L’Amitié qui ne vivra guère plus de trois ans. 

Le rôle de La Zélée dans la révolution de 1789

Les membres de La Zélée sont des libéraux ; ils participent activement à la rédaction des Cahiers des états généraux. Le Bayonnais Joseph Garat, député du Labourd, devient même ministre de la Justice, puis de l’Intérieur ; c’est lui qui annonce à Louis XVI sa condamnation à mort. Pourtant, lorsque survient la Terreur, les Révolutionnaires ne comprennent pas que des hommes puissent se réunir en secret, car tout doit être public. Les loges se mettent alors en sommeil et le Grand Orient ne reprendra ses activités officielles qu’en 1801. Quelques années plus tard, sous l’Empire, c’est l’embellie. La Franc-Maçonnerie est perçue par Napoléon III comme un moyen de contrôler une classe bourgeoise aisée et de faire passer, hors des frontières, les idéaux de la Révolution. 

En 1830, les maçons se distinguent

Sociologiquement, la composition de La Zélée évolue : les armateurs y sont moins nombreux, les professions libérales y entrent en masse et l’on assiste à une certaine prolétarisation, avec l’arrivée en son sein de petits commerçants et d’employés. À partir de 1824, sous la présidence de Nicolas Plantié, représentant de la jeune génération républicaine, La Zélée amorce un glissement nettement progressiste, qui aboutit en 1830 aux Trois Glorieuses. Un Maçon bayonnais comme Jacques Laffitte, devenu président du Conseil, monte à Paris sa propre loge, baptisée Les Trois Jours, dont La Fayette est vénérable d’honneur. Jacques Laffitte exerce une grosse influence dans la région en faisant nommer des percepteurs, en aidant de nombreuses personnes et en finançant discrètement la presse locale. De même, Frédéric Bastiat, un avant-gardiste très peu connu en France, est à l’époque considéré comme l’un des grands économistes mondiaux : il est étudié dans toutes les universités américaines, comme l’un des pionniers du libéralisme économique et grand humaniste. En qualité de député, il défendra les Caisses de Secours Mutuels et sera favorable à l’abolition de la peine de mort.

© Musée Basque

Les Francs-Maçons en 1848

Lors de la révolution de 1848, le peuple parisien est aux Tuileries, tandis que les Bayonnais manifestent sous la houlette d’Augustin Chaho, homme de lettres et journaliste. Mais tous les Francs-maçons ne partagent pas les idées de Chaho, alors la loge se divise.

En 1851, suite au coup d’état orchestré contre Napoléon III, les loges sont démantelées. C’est en 1892, soit quarante ans plus tard que La Zélée obtiendra une nouvelle patente, sous l’impulsion de Camille Delvaille, un homme remarquable qualifié de « médecin des pauvres », membre de l’Académie des Sciences.

Les débuts de la laïcité

Le début du XXe siècle est marqué par les débats sur la laïcité, pour laquelle s’engage à fond la Maçonnerie, provoquant le courroux du clergé. Dans les sermons, à la cathédrale de Bayonne, on parle de Satan en évoquant la Maçonnerie. Certains prêtres basques ont même rédigé un catéchisme bascophone contre la Franc-Maçonnerie. Quelques religieux, comme le cardinal bayonnais Charles Lavigerie, archevêque d’Alger, échappe à ce manichéisme. Il lance un appel à la reconnaissance de la République. L’histoire fit tant de bruit qu’après sa mort, en 1892, l’évêché de Bayonne retardera pendant dix ans l’inauguration de sa statue, finalement érigée en 1899 place du Réduit.

L’époque contemporaine

En 1936, lorsque la guerre civile a éclaté en 1936, La Zélée a permis la mise en place immédiate de l’accueil de réfugiés espagnols. Puis, comme toutes les autres loges, elle a disparu sous l’Occupation, fermée conformément à la loi de Vichy du 13 août 1940 qui interdisait entre autres la Maçonnerie. Après 1945, elle se réunit à nouveau dans un temple dévasté. Depuis cette époque, à Bayonne, les loges se sont multipliées : on en dénombre aujourd’hui 25, affiliées à diverses obédiences. De nombreux sujets philosophiques y sont abordés, alors que d’autres, plus politiques, sont évités car jugés sensibles. L’influence maçonnique sur les pouvoirs politique et économique est d’ailleurs bien moindre qu’hier. Et les frères revendiquent leur appartenance à une Société pas vraiment secrète, ouverte à celles et ceux qui se reconnaissent dans  l’article premier de leur Constitution qui définit « une institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, qui a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience« .

Conférence ouverte au public « Maçonnerie et immigration », vendredi 3 juin à 18h30 à l’auditorium Henri-Grenet, Cité des arts, 3 avenue Jean-Darrigrand.

Exposition « La Franc-Maçonnerie basque d’hier et d’aujourd’hui », du 4 juin au 31 août, au musée Basque, 37 quai des Corsaires. Plus d’infos > musee-basque

Le Tarot des Alchimistes

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OUVRAGE

« Le Tarot des Alchimistes » est un coffret contenant 78 lames magnifiquement illustrées ainsi qu’un livre de 208 Pages. Les deux sont destinés à mettre à découvert les arcanes de la Science Hermétique. L’auteur a passé plus de 30 années à concevoir et dessiner ce tarot qui , nous faisant passer de l’ÉPAIS au SUBTIL, nous conduit par la main sur une voie proche de l’ALCHIMIE jusqu’à l’inaltérable perfection.

On retrouve, dans l’ouvrage , l’histoire du tarot et de l’alchimie puisant aux racines de la tradition et de l’hermétisme. En nous livrant par ailleurs, les différentes méthodes de « tirage » l’auteur nous aide alors à découvrir et connaître notre véritable nature.

L’AUTEUR

JEAN BEAUCHARD, graphiste, écrivain est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des ART.
Il est agrégé de l’Université. Il a notamment publié LA VOIE DE L’INITIATION aux éditions Vega ainsi Qu’un le tarot maçonnique – Editions cartes de France ( épuisé-devenu pièce de collection- sur Internet – à plus de 300 €)

Jour de la République fêté par le Grand Maître du GO d’Italie Stefano Bisi au nom de Giuseppe Garibaldi décédé le 2 juin il y a 140 ans

De notre confrère italien grandeoriente.it

Joyeuse Fête de la République du Grand Maître Stefano Bisi au nom de Giuseppe Garibaldi décédé un 2 juin, il y a 140 ans à Caprera. Giuseppe Garibaldi le héros italien, après avoir lutté toute sa vie pour la liberté, l’égalité et la fraternité de tous en essayant d’unifier cette Italie que nous connaissons.

Le héros des deux mondes, né à Nice le 4 juillet 1807. Il est initié en 1844 à Montevideo dans une loge indépendante appelée « L’Asilo de la virtud » et passe bientôt à l’atelier « les Amis de la Patrie », qui œuvre dans la capitale de l’Uruguay sous l’égide du Grand Orient de France. En 1850, Garibaldi assiste aux travaux de ses frères américains à New York, et il fait de même à Londres en 1854.

Arrivé à Palerme, il fut consacré au rang de maître maçon et de nouveau dans la capitale sicilienne en 1862, il fut élevé du quatrième au trente-troisième degré du rite écossais ancien et accepté, assumant la direction du Conseil suprême écossais de Palerme. .

Deux ans plus tard, en 1864, il fut élu Grand Maître du Grand Orient d’Italie, dont le siège avait été déplacé de Turin à Florence, et son « intervention directe dans l’attribution de l’unité et du pouvoir décisif dans la vie du pays entre 1864 et 1869 ». Il démissionna de ses fonctions quelques mois plus tard pour assumer le titre de Grand Maître honoraire.

Plus de détails sur ce personnage historique :

Giuseppe Garibaldi, né Joseph Marie Garibaldi le 4 juillet 1807 à Nice (département des Alpes-Maritimes sous le 1er Empire) et mort à Caprera (royaume d’Italie) le 2 juin 1882, est un général, homme politique et patriote italien. Il est considéré, avec Camillo Cavour, Victor-Emmanuel II et Giuseppe Mazzini, comme l’un des « pères de la patrie » italienne.

Giuseppe Garibaldi

Garibaldi est un personnage fondamental du Risorgimento italien, pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l’Italie unifiée. Il a essayé, le plus souvent, d’agir sous l’investiture d’un pouvoir légitime, ce qui ne fait pas de lui à proprement parler un révolutionnaire : il est nommé général par le gouvernement provisoire de Milan en 1848, général de la République romaine de 1849 par le ministre de la Guerre, et c’est au nom et avec l’accord de Victor-Emmanuel II qu’il intervient lors de l’expédition des Mille.

Il est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe, ce qui lui a valu une notoriété considérable tant en Italie qu’à l’étranger. Celle-ci est due à la couverture médiatique internationale exceptionnelle dont il a bénéficié pour l’époque, et qui a relaté, parfois avec romantisme, son épopée. Parmi les plus grands écrivains, beaucoup, notamment français, Victor Hugo, Alexandre Dumas, George Sand lui ont montré leur admiration. Le Royaume-Uni et les États-Unis lui ont été d’une grande aide, lui proposant, dans les circonstances difficiles, leur soutien financier et militaire.

Républicain convaincu, il met entre parenthèses ses idées, reconnaissant l’autorité monarchique de Charles-Albert et Victor-Emmanuel II, les fédérateurs de l’action unitaire. Il s’oppose en cela à Mazzini bien qu’il ait été un de ses adeptes au début de sa vie politique. L’expédition des Mille sera l’élément culminant de son action : il conquiert le sud de la péninsule qu’il remet à Victor-Emmanuel II, le faisant roi d’Italie. Ses derniers combats destinés à intégrer Rome dans le royaume d’Italie sont des échecs dûs à l’opposition de la France de Napoléon III. La monarchie confiera à d’autres le soin de conquérir Rome.

Garibaldi est, à l’époque, un mythe qui connaît aussi des détracteurs : le milieu réactionnaire et clérical, anti-républicain et anti-socialiste.

Garibaldi est né Français à Nice, le 4 juillet 1807. Sa langue maternelle est le niçois, langue autochtone de la région. Cette ville, à laquelle Garibaldi reste toute sa vie très attaché, a connu tout au long de son histoire de nombreuses vicissitudes. Ville du royaume de Sardaigne, elle devient française de 1793 à 1814, lors la période révolutionnaire et napoléonienne (campagnes d’Italie), puis de nouveau sarde à partir de 1814, avant de devenir définitivement française en 1860 malgré l’opposition de l’homme public. Pendant la période française, les registres d’état civil sont rédigés en français, et l’enfant est donc enregistré sous le nom de Joseph-Marie Garibaldi. Il est baptisé le 19 juillet 1807 en l’église Saint-Martin-Saint-Augustin, située dans le quartier actuel du Vieux-Nice : son parrain est Joseph Garibaldi et sa marraine Julie Marie Garibaldi.

En 1814, le comté de Nice revient à la Maison de Savoie du fait du premier article du traité de Paris, après la défaite de Napoléon. À cette date, Garibaldi a 7 ans et il devient sujet de Victor-Emmanuel Ier.

C’est son père Domenico, originaire de Chiavari dans la région de Gênes, qui est installé à Nice. Il est capitaine de la marine marchande, ses frères marins ou commerçants. Sa mère Rosa Raimondi est originaire de Loano, en Ligurie. De leur union naissent six enfants, le fils aîné Angelo puis Giuseppe, Michele et Felice, ainsi que deux filles mortes en bas âge.

Ses parents auraient souhaité que Giuseppe devienne avocat, médecin ou prêtre mais l’enfant n’aime pas les études et privilégie les activités physiques et la vie en mer étant, comme il aime à le dire, « plus ami des amusements que de l’étude ». Un jour, il s’empare d’une barque et prend la mer pour la Ligurie avec quelques compagnons mais il est arrêté et reconduit au domicile de ses parents. Les cours d’italien et d’histoire antique qu’il reçoit de son précepteur, le signor Arena, un ancien combattant des campagnes napoléoniennes, créent chez le jeune Giuseppe une véritable fascination pour la Rome antique.

Il convainc son père de le laisser suivre la carrière maritime et, à quinze ans, il s’engage comme mousse puis, à 17 ans, il embarque sur le Costanza commandé par Angelo Pesante de Sanremo. Son premier voyage le conduit à Odessa, en mer Noire, et jusqu’à Taganrog, en mer d’Azov, pour le commerce du blé.

C’est à 18 ans, en 1825, qu’il découvre Rome où il se rend avec son père et une cargaison de vin destinée aux pèlerins venus au jubilé du pape Léon XII. Ce voyage à Rome est pour lui une révélation, mais aussi une déception : la Rome des papes, exsangue, corrompue, est bien différente de celle qu’il imaginait.

Monument de Garibaldi à Taganrog.

Sur les mers d’Europe

En 1827 il appareille de Nice à bord du brigantin Cortese pour la mer Noire, mais le bâtiment est assailli par des corsaires grecs qui pillent le bateau, volant jusqu’aux vêtements des marins. Le voyage se poursuit et sur le retour, en août 1828, Garibaldi tombe malade et débarque à Constantinople où il reste jusqu’à fin 1832, en partie, en raison de la guerre turco-russe. Il s’intègre dans la communauté italienne et gagne sa vie en enseignant l’italien, le français et les mathématiques.

En février 1832, il reçoit la patente de capitaine de seconde classe et embarque sur le brigantin La Clorinde pour la mer Noire, où il mouille à Taganrog. Après treize mois de navigation, il rentre à Nice et dès mars 1833, repart pour Constantinople. À l’équipage, s’ajoutent treize passagers français adeptes de Henri de Saint-Simon qui vont créer une communauté vers la capitale ottomane. Leur chef est Émile Barrault, un professeur de rhétorique qui expose les idées « saint-simoniennes » à Garibaldi. Une phrase le touche particulièrement :

« Un homme qui, se faisant cosmopolite, adopte l’humanité comme patrie et offre son épée et son sang à tous les peuples qui luttent contre la tyrannie, il est plus qu’un soldat ; c’est un héros »

— Phrase de Barrault rapportée par Garibaldi à Alexandre Dumas dans les mémoires qu’il a rédigés.

Le bateau débarque les Français à Constantinople et poursuit pour Taganrog. Dans une auberge, Garibaldi rencontre un marin surnommé il Credente (« le croyant ») qui lui expose les idées mazziniennes de Giovine Italia, de république, d’unité nationale et d’indépendance. Les biographes Jessie White Mario et Giuseppe Guerzoni indiquent, sans aucune certitude, qu’il s’agirait de Giambattista Cuneo.

« La Zélée » de Bayonne (GODF) est une vieille dame qui fête ses… 250 ans

De notre confrère sudouest.fr – Par Pierre Sabathié

La loge maçonnique du Grand Orient de France « La Zélée » commémore les 250 ans de sa fondation à Bayonne, les 3 et 4 juin 2022. Un choix qui n’est pas dû au hasard. La loge maçonnique du Grand Orient de France « La Zélée » n’a pas choisi Bayonne par hasard pour célébrer ses 250 ans. La ville a une forte tradition maçonnique par son passé de port commercial au carrefour de nombreux échanges et brassages. « Un lieu à la fois de passage et de refuge depuis toujours avec les Espagnols ou les Portugais qui correspond à notre état d’esprit, et qui se poursuit autrement aujourd’hui. Quarante rues de Bayonne portent le nom de maçons », est-il précisé.

La commémoration se déroule sur deux jours, vendredi 3 et samedi 4 juin, avec des conférences publiques. Des moments rares pour ceux qui se qualifient de « discrets mais pas secrets ». Leurs représentants préfèrent néanmoins ne pas voir leurs noms paraître dans la presse. Par prudence plus que par pudeur face à des « extrémistes » qui ne supportent pas les francs-maçons. On les appellera les frères, mais ça ne les empêche pas de lever un coin du voile sur des pratiques que d’aucuns considèrent comme « mystiques ».

« Cette célébration publique est une occasion unique d’ouvrir notre loge au monde profane, expliquent-ils. Nous pourrons éclairer les gens qui ont envie de l’être. Nous sommes tenus de prendre une part active dans la société, que ce soit à titre individuel ou collectif ». Plus précisément, ils « se réunissent pour réfléchir sur les problèmes philosophiques et sociétaux » et « apportent une aide pour construire certaines lois qui sortiront plus tard ». Les grands thèmes tels que la fin de vie, l’avortement, la bioéthique ou la laïcité sont souvent évoqués dans leurs soirées de réflexion. « La Zélée » s’engage « pour l’amélioration de la société ». « On réfléchit sur un thème donné, ce qui peut aboutir à une vérité commune », ajoutent-ils.

La tentation est grande de savoir comment on entre en franc-maçonnerie. Les frères n’éludent pas la question. « Il faut que les gens soient initiés et n’aient pas de discours ostracisants, on prend l’image d’une pierre brute qu’il faut polir petit à petit, avec un fort désir de transmission. En loge, on apprend beaucoup de choses grâce au passage intellectuel des anciens aux plus jeunes. On efface progressivement les aspérités et les idées reçues, avec une très grande tolérance. Rien n’est gravé dans la pierre ». Ils n’hésitent pas non plus à « se remettre en cause face à la société qui évolue, on réactualise nos vérités ».

Dans cette logique d’ouverture, Georges Sérignac, Grand maître du Grand Orient de France, parlera des actions de « la Zélée » au cours d’une conférence de presse ce vendredi à Bayonne, avant d’inaugurer samedi une exposition au Musée basque sur « la Franc-maçonnerie basque d’hier à aujourd’hui » (en place jusqu’au 31 juillet), et de rendre visite à l’Hermione. « Nous allons remettre aux responsables de l’Hermione un parchemin de La Fayette qui a fait partie de la maçonnerie. Il y remercie le maire de Bayonne de l’avoir fait, en 1785, citoyen d’honneur de la Ville ». Un livre retraçant les noms maçonniques célèbres de Bayonne sera aussi présenté ce week-end.

Les Zoulous, ce groupe néonazi niçois qui déteste les Francs-maçons

Le quotidien Var-Matin met un coup de projecteur sur ce groupe ultra violent. Les niçois, racistes et complotistes. Ce serait une dizaine de personnes connectées à d’autres groupes fascistes en France. L’autre quotidien, Nice-Matin revient sur les origines du groupe néonazi « les Zoulous ».

De notre confrère Var Matin

Pour Yvan Gastaut, historien et maître de conférences à l’Université Nice Côte d’Azur,« les Zoulous, c’est un mot qui est récemment apparu dans le paysage local, paysage niçois et azuréen ». Pour d’autres, comme Maxime, militant du collectif antifasciste 06, « les Zoulous utilisent très clairement la culture hooligan ».

Mais qui sont-ils en résumé ? 

« Les Zoulous sont une sorte de mouvement qui se veut jeune, actif, réactif et défendant des valeurs qui sont des valeurs assez claires et précises autour de ce que peut représenter l’identité », détaille l’historien. Mais pour leur adversaire de toujours, Maxime, le groupe fait partie de la frange la plus extrémiste de l’extrême-droite : 

Les Zoulous, c’est un groupe qui se revendique nationaliste-révolutionnaire. Dans l’idéologie des Zoulous, le monde est contrôlé par les juifs et la franc-maçonnerie qui diffuseraient tout ce qu’ils détestent, c’est-à-dire la culture LGBT soi-disant ou le capitalisme. 

Vous pensez ne jamais les avoir croisés? Certains auraient été aperçus lors de manifs (contre le pass sanitaire notamment), mais ils sont surtout cagoulés pour frapper ou se prendre en photo. Vous les cherchez sur les réseaux sociaux? Peine perdue – contrairement aux Nemesis par exemple – surtout depuis un premier procès en 2019. Hormis si vous traînez du côté des comptes d’Ouest Casual, une chaîne Telegram qui partage les contenus de ces groupes d’extrême-droite, tantôt néonazis, tantôt fascistes.

Et pourtant, vous avez très certainement aperçu leurs autocollants dans les rues de Nice. « Leur blason, c’est vraiment un copier-coller du blason des néonazis de, enfin je veux dire les nazis de la division Charlemagne, sauf que le niçois est coupé avec une croix celtique », explique Christophe Cécile-Garnier, journaliste pour le média Streetpress, qui suit de près l’extrême-droite française. En rappel, la division Charlemagne était une division de SS français pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sur Nice, les Zoulous fréquentent parfois les mêmes endroits que les Ultras, notamment un bar qui s’appelle le 15-43 (en référence au siège de Nice), qui a aussi un club de boxe qui se serait monté à peu près au même moment où les Zoulous auraient commencé à faire preuve de violence, d’après le journaliste de Streetpress. 

Mais d’où viennent-ils ? 

Maxime revient un peu aux origines : « En fait l’extrême-droite a été divisée en deux grandes tendances . Il y a la tendance identitaire qui pense que la lutte primordiale doit être menée contre l’Islam, donc ce sont ceux qui vous parlent de musulmans tout le temps ». Puis il y a la seconde à laquelle appartiennent les Zoulous , celle « qui pense que tous les problèmes viennent des juifs et des francs-maçons en y rajoutant l’islam et tous les autres trucs qu’ils n’aiment pas voire le vocable identitaire … Quand (Phillipe) Vardon a créé avec ses camarades les Identitaires, il y a eu cette scission qui a eu lieu dans l’extrême-droite niçoise et ce sont les identitaires qui ont été les plus puissants pendant dix ans, entre 2000 et 2013 environ ». 

Mais d’après le militant antifasciste, tout aurait basculé quand Philippe Vardon a rejoint le FN (ex-Front National) en 2013, aujourd’hui dit le RN (pour Rassemblement National) :« c’est cette partie des identitaires qui n’a pas accepté ce revirement qui est devenue nationaliste -révolutionnaire-néonazie, en disant que les identitaires devenaient trop à gauche, que Marine Le Pen était à gauche et que le vrai problème, c’était la judéo-maçonnerie ». 

Pour Yvan Gastaut, ce sont des mouvements qui ont toujours existé chez les jeunes. Ils s’inscrivent aussi dans une histoire plus “profonde” de l’extrême droite locale.

La forêt de Notre-Dame au musée du Compagnonnage de Tours

15 avril 2019 : Notre-Dame de Paris s’enflamme, la charpente médiévale et la flèche du 19e siècle partent en fumée. Dans le tumulte de l’incendie et plus encore des débats sur la restauration, les compagnons charpentiers du Tour de France ont souhaité rendre hommage à la cathédrale et à leurs ancêtres « Indiens », constructeurs de la flèche. Trois jeunes « aspirants compagnons » ont réalisé une maquette époustouflante inspirée de la « forêt » disparue : un chef-d’oeuvre, symbole de l’amour des compagnons pour le patrimoine, la préservation et la transmission des savoir-faire. Ils racontent leur aventure dans cette exposition. L’occasion aussi de tordre le cou à quelques idées reçues sur les liens entre Notre-Dame et les compagnons, et d’initier les plus jeunes à « l’art de la charpente » !

Visites flash de l’exposition (20 mn) en juillet et en août tous les jeudis, samedis et dimanches à 15h.

Le musée du Compagnonnage

Municipal et classé « Musée de France », le musée du Compagnonnage, réaménagé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien de Tours, présente des collections exceptionnelles. Chefs-d’œuvre collectifs du XIXe siècle, chefs-d’œuvre de patience, les chefs-d’œuvres qui sont exécutés en vue de la réception, mais aussi les attributs des Compagnons (cannes, gourdes, couleurs), des tableaux souvenirs, des outils, des archives, les traditions et les œuvres des Compagnons du tour de France, depuis leurs origines jusqu’à nos jours sont représentés.

Des animations périodiques, des expositions, des visites thématiques, des activités pour les enfants en font un lieu vivant. Les collections, notamment les œuvres contemporaines, sont souvent renouvelées.

Le Compagnonnage est inscrit par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Musée du Compagnonnage

Infos pratiques :

Musée du Compagnonnage de Tours

8 rue Nationale 37000 Tours

Tél. 02 47 21 62 20

Site https://www.museecompagnonnage.fr/

Du 27 juin au 8 novembre 2022, de 9h à 12h30 et de 14h à 18h.

Du 27 juin au 15 septembre, tous les jours. Du 16 septembre au 6 novembre tous les jours, sauf le mardi.  Fermé le 14 juillet et le 1er novembre.

Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis – Enseigne du musée du Compagnonnage – Collection privé

Durant les travaux du haut de la rue Nationale, l’accès s’effectue par la cour du musée (parvis de l’église St-Julien). Attention : un escalier ne permet pas aux personnes à mobilité réduite d’accéder au musée.

Nouvelle adresse postale : 1, square Prosper-Mérimée 37000 TOURS

Source : Newsletter Musée du Compagnonnage juin 2022

Guide du visiteur – Musée du Compagnonnage, Tours, 1980

04/06/22 : Hommage à Agricol Perdiguier Compagnon et Franc-Maçon

Le samedi 4 juin à 14H30, les Compagnons de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis et la Société des Compagnons et Affiliés, Menuisiers et Serruriers du Devoir de Liberté ont l’honneur de vous inviter à l’inauguration de la plaque en hommage à Agricol Perdiguier au 16, passage de la Bonne Graine, Paris 11e.

Après les cérémonies de la journée, un vin d’honneur sera offert à partir de 18H30 par les Compagnons et vous pourrez participer au repas qui sera organisé dans deux brasseries situées à la sortie du cimetière (Restaurant Le Père-Lachaise – prix : 18€/personne)

Pour une question d’organisation, nous vous demandons de répondre grâce au lien ;

Un seul choix possible pour la réponse : Uniquement à l’hommage/À l’hommage et au vin d’honneur/À l’hommage, au vin d’honneur et au repas.

Nous vous rappelons nos papiers sur Agricol Perdiguier, l’un de Jean-François Maury « Agricol Perdiguier et George Sand : Une légende du Compagnonnage » https://bit.ly/38X9rhn et de votre serviteur « 29/05/22 : Fête des Mères. Nous honorons aussi les femmes de lettres »  https://bit.ly/3t5msMK du dernier dimanche de mai et

AGRICOL PERDIGUIER
AGRICOL PERDIGUIER

« Agricol Perdiguier », en date du 2 janvier dernier https://bit.ly/3tMJkSn

Chroniques d’histoire maçonnique N° 89

La franc-maçonnerie et les années sombres de l’Occupation

Collectif

Institut d’Études et de Recherches Maçonniques, N° 89, Printemps-Été 2022, 96 pages, 17 € Port inclus

Cette revue dont les rédacteurs en chef sont Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie, et Éric Saunier, président de l’IDERM et historien spécialisé dans l’étude des sociétés urbaines et de la franc-maçonnerie, offre dans son numéro 89 un dossier sur La franc-maçonnerie et les années sombres de l’Occupation.

Au sommaire, ce dossier se structure en trois parties :

La présence du Grand Orient Lusitanien Uni à Macao (1906-1930) par Joaquim Grave dos Santos

La dénonciation des francs-maçons en Bretagne, 1941-1944 par Jean-Yves Guengant

La franc-maçonnerie dans les îles Anglo-Normandes occupées par Amanda Peroy

L’avant-propos du comité éditorial nous le précise d’emblée : « La première moitié du XXe siècle fut pour l’histoire de la franc-maçonnerie en Europe un temps contrasté durant lequel de belles conquêtes furent suivies de funestes persécutions. C’est une période d’ombres et de lumières… »

Nous aurions pu même entendre de Ténèbres et de Lumières !

Le premier contributeur est Joaquim Grave dos Santos, membre de la Grande Oriente Lusitano, depuis mars 2011. Membre de la Loge Romã, à l’Orient de Lisbonne, il a été aussi membre du conseil d’administration du Musée maçonnique portugais, entre 2013-2015 et organisateur du programme des conférences au cours de ces années. Il a été l’un des initiateurs de la Commission du XIVe Congrès de la Grande Oriente Lusitano de 2014.

À cette heure, Joaquim Grave dos Santos est membre honoraire des Lojas Romã, Delta et Liberdade e Justiça, ainsi que le Vénérable Maître de la Loja Fiat Lux de 2018 et 2019, toutes à l’Orient de Lisbonne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’Histoire et le Rituel du Rite Français, et le Rite Écossais Ancien et Accepté, ainsi que membre du Grand Chapitre Général du Portugal – Rite Français, appartenant au Chapitre de la Fraternité (Lisbonne). Il a été membre fondateur du Chapitre Sabedoria (Porto, 2019). Il est actuellement Grand Orateur de ce Chapitre.

Il s’est vu décerné les décorations suivantes : Ordre du Rite Français et Membre de la Commission du Rituel, et de la Commission de Régulation du Grand Chapitre Général du Portugal – Rite Français.

Membre du Comité d’organisation du Congrès capitulaire du Grand Chapitre général du Portugal – Rite Français, pour les années 2017, 2018 et 2019, il est aussi rédacteur en chef de la Revista Mazónica du chapitre Fraternidade et coordinateur du cours de troisième cycle en franc-maçonnerie et directeur des archives historiques de la Grande Oriente Lusitano.

Jean-Yves Guengant, professeur d’histoire-géographie puis devenu personnel de direction et ayant publié parallèlement des articles puis des ouvrages consacrés au mouvement social en Bretagne, il se consacre aux loges dès 1939. Des orients tels que Brest, Lorient, Rennes, l’auteur analyse la situation et surtout les incidences sur les personnes et reposables maçonniques devant répondre aux convocations de police. Une situation s’aggravant dès le 5 août 1941 à la suite du rapport publié au Journal officiel et cosigné de l’amiral Darlan (1881-1942), ministre vice-président du Conseil et de Pierre Pucheu (1899-1944), ministre de l’Intérieur. En annexe est publiée la liste des dénonciations des francs-maçons bretons, par départements.

Quant à Amanda Peroy, professeure agrégée d’anglais à l’Université de Bordeaux, elle est l’auteure d’une thèse de doctorat en études anglophones. Ses recherches portent sur la franc-maçonnerie anglaise au XXe siècle, et en particulier sur la notion de secret liée à la Grande Loge Unie d’Angleterre. Sa directrice de thèse, soutenue en 2016, étant Mme Cécile Révauger. En 2018, elle a obtenu le prix Ludovic Marcos de la recherche maçonnique décerné par l’Institut d’Études et de Recherches maçonniques (IDERM). Ces écrits nous donnent un riche et exhaustif aperçu de ce que les Loges ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale… À la demande de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

L’illustration de la première de couverture représente cette belle œuvre intitulée « Marianne républicaine » ou « Marianne maçonnique », revêtue d’un sautoir maçonnique.

Entre vérité et mensonge, le bullshit nous guette, francs-maçons compris

Le bullshit c’est un propos trouble, apparemment dénué de sens , dont le but principal est de valoriser son auteur. Se rangeant parmi les demi-vérités, il est plus ardu à détecter et à désarmer que le complotisme. Connaître le phénomène aide à y résister.

Le terme générique bullshit, en francophonie nous le voyons comme un synonyme de connerie, qui existe depuis bien longtemps.  Mais voici que les réseaux sociaux ont étendu leur domination sur la communication humaine,  et ceci a contribué à spécialiser quelque peu la définition de la chose. 

On nous a longuement entretenus des dangers de la prolifération virale des fake news. Le mot nous évoque un tissu de contrevérités intentionnellement lancées sur la toile. Par qui donc ? Par de vilains trolls, parfois payés par des puissances malveillantes   qui cherchent à nous démoraliser,  nous diviser, etc.

La parade est une vigilance, par des amoureux de la vérité comme les francs-maçons. Les debunkers et autres zététiciens sont là pour ça,  et nos autorités mettent en place les armes juridiques ad hoc.

Le bullshitteur est une version édulcorée du complotiste partageur de fake news. Il ne cherche pas à vous persuader à la hussarde comme ses cousins intégristes.  Il se contentera de vous éblouir par son savoir encyclopédique. Et oui, il adore le vocabulaire rare et les références à des auteurs connus mais peu lus. Il souhaite obtenir du prestige à vos yeux mais ne veut surtout pas être démasqué ou raillé, c’est pourquoi il choisira un tissu de demi-vérités difficiles à réfuter.

Jeune apprenti ou compagnon, il est bien possible que vous en ayez croisé comme surveillant. La probabilité augmente si l’ésotérisme est à l’honneur dans votre atelier.

La raison principale du succès du bullshit, c’est que ça marche.  Et si les « victimes » sont nombreuses, c’est qu’elles y trouvent un bénéfice : par exemple, la confirmation de croyances intimes, ou un sentiment d’appartenance à une communauté de convictions.

Des études ont montré que l’intelligence protège plutôt mal contre la mise sous influence des bullshitteurs.

La raison semble être que l’intelligence produit deux effets antinomiques, qui du coup s’annulent mutuellement. Le premier effet est une meilleure « filtration », l’intelligence décelant  » le vide derrière le bla-bla ». Le second effet est que l’esprit intelligent sait que l’explication correcte d’une situation ne se voit parfois pas facilement . Il est donc plus ouvert aux situations et déclarations inhabituelles et ne les rejette pas d’office .

Néanmoins c’est parmi les personnes à la pensée intuitive que le bullshit trouve la meilleure réceptivité.

Parmi les techniques utilisées par les bullshitteurs, les citations de célébrités est une des plus connues. Plus remarquable est leur usage des domaines où la science est encore lacunaire . Comme dans les exercices scolaires « complétez les mots manquants », le bullshitteur mettra une explication plausible mais allant dans son sens. Le cas typique est une corrélation déguisée en causalité.

Autre technique :  pousser un peu le curseur. On reprend un argumentaire existant, on en exagère les termes, puis on en souligne l’absurdité et l’outrance pour le discréditer.

On peut aussi renforcer une croyance répandue en la renommant «  sagesse populaire », tous les populistes savent cela.

Il arrive qu’on veuille faire adopter son point de vue alors que beaucoup d’alternatives se présentent. La solution est alors de présenter des choix fermés permettant l’élimination de possibilités gênantes. Exemple :  «  tu es avec moi ou tu es contre moi ».

Cette existence d’autres voies est mise à profit par le bullshitteur coincé par de bons arguments. Comment ? En allumant un contre-feu, c’est-à-dire déplacer la discussion sur un terrain différent.

Je vous ai gardé la meilleure arme pour la fin.

Imaginons un vieil érudit, tout à sa joie d’épater un cercle de jeunes adeptes par ses vastes connaissances  . Et la connaissance, c’est tellement plus classe que le savoir, n’est-ce pas ?

Mais voilà qu’est posée une question un peu vache, par un adepte qui laisse paraître qu’il n’est pas dupe de l’esbroufe. Que faire ?

La solution :  «  tu comprendras quand tu auras le bon grade ».

Bon, je dis ça, je dis rien. A bientôt !

Vous voulez découvrir une Initiation au Rite du Bwiti ?

Le bwiti (ou bwetebouitibouitymboetimbueti) est un rite initiatique dont il est affirmé qu’il provient des Pygmées, qui l’auraient ensuite transmis aux Mitsogo, aux apindji et au sango et qui eux on transmis au d’autre ethnie du Gabon.

Le bwiti est aujourd’hui largement répandu au Gabon, aussi bien parmi les populations du sud du pays que chez les Fang du Nord (diffusion autour de 1910 chez les Fang), aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. À travers les Fang, le bwiti s’est également diffusé en Guinée équatoriale et au sud-Cameroun. Il est mentionné à propos des figures d’ancêtres du bwiiti (bwete), par Louis Perrois qui commente les recherches de l’anthropologue américain Leon Siroto chez les Kota et Mahongwe et chez les Bakwele. Par ailleurs, Louis Perrois a produit une recherche approfondie sur le culte du bwete chez les Kota, dont participent les célèbres figures d’ancêtres, gardiens de reliquaires.

Le rite de passage du bwiti est centré sur la manducation par le néophyte d’écorces de racines de l’arbuste appelé iboga* ou eboga (Tabernanthe iboga). Divers alcaloïdes présents dans cette plante (notamment l’ibogaïne) possèdent des propriétés psychodysleptiques de type hallucinogène. Pendant le rite de passage, l’absorption d’une dose massive d’iboga permet ainsi au néophyte d’obtenir des visions spectaculaires dont le récit aux initiateurs serviront à valider son initiation.

La branche originelle du rite initiatique parmi les Mitsogo est appelée bwiti dissumba. Il s’agit d’un rite de passage pubertaire, strictement masculin. Le bwiti dissumba s’appuie sur le culte des ancêtres, notamment à travers des reliquaires contenant les ossements des ascendants défunts.

Le bwiti misoko constitue une branche initiatique dérivée et postérieure au dissumba. Le bwiti misoko possède une fonction avant tout thérapeutique (rite d’affliction) : le néophyte choisit de se faire initier en cas d’infortune inexpliquée, dont on suspecte la plupart du temps qu’elle a été causée par un sorcier malveillant. Les initiés du bwiti misoko sont appelés les nganga-a-misoko, ou plus simplement nganga. Ils ont une fonction de devins-guérisseurs. Contrairement au bwiti dissumba des Mitsogo et des Apinzi, le bwiti misoko accepte souvent (et de plus en plus) les femmes en son sein.

Voir une initiation

* L’iboga est inscrit officiellement sur la liste des produits stupéfiants en France. « Au regard des préoccupations de santé publique », cet arrêté a été confirmé par le Conseil d’État le 20 mars 2009 (n° 305953).

Depuis 1989, l’ibogaïne fait partie des produits dopants interdits par le CIO et diverses fédérations sportives. Outre la France, plusieurs pays, dont la Belgique, la Pologne, la Suisse et les États-Unis, ont classé le produit comme stupéfiant.