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Être franc-maçon, ça aide pour sa carrière ou pour trouver un emploi ?

L’appartenance à une loge maçonnique peut-elle doper votre vie professionnelle ? Puisque chaque hebdomadaire, chaque magazine y va régulièrement de sa question sur l’influence des Frans-maçons, 450.fm s’est aussi penché sur le sujet. La réponse est oui et non, selon les personnes concernés.

Les noms des principales obédiences françaises sont connus: Grand Orient, Droit Humain, Grande Loge de France ou Grande Loge Féminine de France. En revanche, les 160.000 francs-maçons et soeurs recensés en France restent anonymes pour la très grande majorité. Interrogé par Cadremploi, « Il y a des associations d’entraide qui se sont beaucoup développés dans les années 70 et 80 pour les cadres touchés par le chômage, reconnaissait Philippe Benhamou, franc-maçon et co-auteur de La Franc-Maçonnerie Pour les Nuls. Comme dans n’importe quel réseau, il est arrivé que des membres travaillant dans les ressources humaines aident des « frères » et « soeurs » à définir un projet professionnel. »

Une écoute, mais pas de garantie

Un franc-maçon peut trouver facilement un poste parce qu’il est en recherche d’emploi: ce n’est pas gagné. « Bien sûr que c’est une forme de réseau, observe Roger Cartier, franc-maçon et ancien responsable de ressources humaines. Mais si on entre dans la franc-maçonnerie pour doper sa carrière, on fait erreur. Je peux en témoigner : cela ne m’a pas évité des périodes de chômage. »

Que des embauches garanties aient existé, sans doute. Mais pas plus que pour les grandes écoles. Roger Cartier mentionne plutôt des portes qui s’ouvrent plus facilement qu’un piston à l’ancienne.
« J’en ai déjà discuté avec des patrons et personne ne prendra un candidat simplement parce qu’il est franc-maçon. Aucune entreprise ne se l’autorise. En revanche, elle va l’écouter et recevoir peut-être un peu plus longtemps un candidat franc-maçon qu’un autre… » Bien évidement, si le décideur ou le recruteur est lui même maçon.

Profiter de la franc-maçonnerie… autrement

En même temps, que d’efforts pour si peu de certitudes ! « La franc-maçonnerie est un milieu plus ouvert qu’on ne l’imagine, précise Roger Cartier. Ce membre de la Grande loge de France prévient toutefois certains candidats. « Ceux qui ont été tentés par la franc-maçonnerie pour la seule motivation du réseau ont vite renoncé. Le processus d’entrée peut prendre un an. Ensuite, il faut respecter les rituels et surtout fournir un gros travail pour préparer les réunions régulières. Si c’est juste pour se faire un carnet d’adresse, il y a d’autres activités moins prégnantes… »

Cependant, le thème de l’emploi, même s’il dépasse les situations individuelles, est loin d’être étranger à l’activité maçonnique. « Il faut distinguer les loges tournées vers le développement spirituel, comme la Grande Loge de France, d’obédiences comme le Grand Orient, plus portées sur des questions sociétales », rappelle l’historien Pierre-Yves Beaurepaire.

À cet égard, les obédiences ont mis en place des structures d’entraide parfois inter-obédientielles. Elles sont chargées d’accompagner les membres vers un retour à la vie active. « Je ne vois pas la franc-maçonnerie comme un réseau. En revanche, c’est un lieu de réflexion pour travailler sur la société et son évolution… » insistait en son temps, Catherine Jeannin-Naltet, Grande Maîtresse de la Grande Loge féminine de France (2012-2014) en réponse à une question de Cadremploi.

LE BOUDDHISME CHAN ET SES HISTOIRES….

Un bouddhiste de vieille date et néanmoins ami, a traduit du chinois un  recueil d’historiettes Chan (ou zen pour les japonisants). Une édition, augmentée d’une introduction plus étoffée, est en préparation aux éditions de La Tarente. Pour les plus pressés on pourra se procurer l’édition précédente sur le site Rakuten.

Nous avons eu l’idée d’en publier quelques bonnes feuilles et de l’interroger sur ses recherches. Le Chan est en effet méconnu en France, alors que son avatar, le Zen, bénéficie d’une assez bonne réputation. Alors, retour aux origines …

1. Q. Pourquoi ce sous-titre « Chan de Gushi »

R : C’est le titre original en chinois de ce recueil. « Gushi » veut dire « histoire(s) ». « Chan » c’est le caractère écrit sur la couverture, un Japonais prononcerait « zen », un chinois « tchann » (qui s’écrit « chan » en transcription officielle). « De » est la préposition, comme en français. Je lis de droite à gauche et cela fait « histoires de chan ».

 2.  Q. Que peux-tu nous dire de plus concernant le Chan qui devint, comme tu l’indiques dans ton livre, « l’interprétation chinoise du bouddhisme » ?

R : Le Chan est une des écoles bouddhistes chinoises. Il n’est pas très connu en France qui a plutôt entendu parler du zen. Le Bouddhisme est arrivé en Chine au Ier siècle mais il a commencé à se répandre au VIe. Au début, les Chinois considéraient les pèlerins bouddhistes comme une variété de taoïstes. De plus, en tant qu’étrangers, ils s’adressaient au public par le truchement d’interprètes. Ces derniers peinaient à traduire le vocabulaire métaphysique venu du sanscrit, aussi, ils empruntèrent le vocabulaire taoïste. Les prêches, tant ils étaient imprégnés de concepts chinois, devinrent presque familiers pour leur auditoire. Le Chan fut alors une façon originale et caractéristique de transmettre un bouddhisme à la chinoise. Le Bouddhisme et la culture chinoise avaient trouvé leur terrain d’entente.

3. Q. Quelles sont pour toi les grandes différences entre le taoïsme et le bouddhisme ?

R. Les similitudes sont plus nombreuses que les différences. Quand on lit Zhuang zi (Tchouang Tseu) ou Lie Zi (Le Vrai Classique du vide parfait) on découvre de nombreuses anecdotes qui s’intègreraient sans difficulté dans les histoires chan. Mais la réalité d’une religion ou d’un courant spirituel est beaucoup plus complexe que la représentation que l’on s’en fait. Je ne saurais dire ce qui sépare le christianisme de Maître Eckart de celui de nos évêques aujourd’hui. Je ne vois pas trop le rapport entre un islamiste et un Soufi. Le maître chan comme le maître taoïste est souvent à la marge de l’institution. Mais les pratiques comme la méditation, les rituels, la méthode pédagogique directe de Maître à disciple, les mantras, etc. sont des pratiques identiques. D’un autre côté, la mythologie taoïste avec son Empereur, ses ministres, ses postes officiels ressemble à la Cour Impériale des Tang alors que le panthéon bouddhiste chinois avec ses divinités et ses saints surhumains est plus proche des dieux et héros grecs ou tibétains (sans doute une influence du tantrisme indien). Mais en général, les pratiquants sérieux des deux courants se rassemblent pour dire que tout cela n’est, finalement, qu’illusion.

4.  Q. Qu’est ce qui t’a motivé pour écrire ces histoires chan et les diffuser ?

R. Le fait que le Chan soit si mal connu. C’est un courant passionnant. L’approche, par la traduction, de ces fabulettes est une bonne introduction ludique et intelligente. Très pédagogique en somme. Elle se rapproche beaucoup de l’enseignement réel transmis par le maître chan.

5. Q. Comment as-tu décidé de l’ordre dans lequel ces histoires sont présentées ?

R. J’aurais pu mettre bout à bout chaque recueil. Mais j’ai essayé de répartir les textes afin de maintenir l’attention du lecteur en alternant des anecdotes plus drôles ou plus faciles avec de véritables Koans énigmatiques à souhait et défiant toute logique. Une accumulation d’une sorte ou d’une autre au même endroit devenait vite indigeste. J’ai simplement précisé entre parenthèses l’origine du texte. Soit il provient directement de la source chinoise (chan), soit il provient d’un collectage japonais (zen). Mais je sais que beaucoup aimeront lire au hasard.  C’est toutefois une édition complète des recueils disponibles.

6. Q. Que pourrais-tu dire de ta retraite dans un monastère bouddhiste Chan en 1996 qui pourrait nous éclairer sur ces histoires ?

R. Je pratiquais déjà les arts martiaux depuis des années et j’avais aussi été initié au zazen et à d’autres méditations. J’étais à l’endroit idéal dans ce coin du Yunnan. Un jour, j’ai débarqué au monastère pour rencontrer le Supérieur. « J’aimerais apprendre ce que vous savez ». Le Supérieur s’est tourné vers le Responsable des enseignements. « Qu’est-ce que tu en penses ? » « Il a un signe ». C’était parti ! Il m’a expliqué assez rapidement comment méditer et m’a donné rendez-vous chaque jour à la même heure. Chaque fois, il y avait un événement inattendu et nouveau. Un jour, on a gouté des pommes, une autre fois je l’ai aidé à faire ses calligraphies et j’ai dû donner mon avis sur chacune d’elles, puis je suis rester à écouter les entretiens du maître avec des tas de gens aux préoccupations diverses, j’ai assisté à des cérémonies funéraires, des prières de dédicaces. Il me donnait parfois des conseils pour ma méditation. Tout cela a pris sens progressivement par une sorte de dialectique entre l’événement lui-même et le mûrissement en moi au cours des méditations. Par exemple, la séance de calligraphie : après un travail dans la concentration et le plaisir mêlés, j’ai dû prononcer des jugements sur les résultats alors que j’étais un béotien. Après une formule d’humilité, je disais « j’aime beaucoup », « c’est beau » et le maître répondait « c’est nul, je balance » ou « oui, c’est potable » etc. Le sens de cette leçon m’est apparu après coup, confirmé par le Maître. Ce qui compte, s’est de faire de son mieux, en étant complètement dans ce que l’on fait. Contempler le résultat ne changera pas grand chose à l’affaire. Sauf si l’on n’hésite pas à recommencer. Cette situation avait été concoctée par le Maître parce que je m’interrogeais sur ma pratique. La réponse à une question vient d’une situation concrète, vécue, plus que d’un discours.

7. Q. Comme tu as vécu en Chine et également au Japon, quelles sont pour toi les différences rencontrées dans le bouddhisme Chan ?

R. Le Zen pratiqué au Japon est très formel. Les temples sont très ordonnés, très esthétiques. Le Zen n’est pas très « cool » comme on pourrait l’imaginer.

Ma posture chan est assez précise bien entendu. Elle permet le passage des souffles. Mais parfois au Japon, au temple zen, le moine qui dirigeait la séance passait un temps fou à rectifier les postures des pratiquant en se servant de son kosaku, son bâton, comme d’un mètre d’instituteur. Pourtant, j’ai beaucoup appris aussi au Japon.

C’est un peu comme si les Japonais travaillaient sans cesse sur la rectitude de la posture, du geste et les Chinois sur la justesse du mouvement. Mais il ne faut pas prendre tout cela au pied de la lettre, ce serait réducteur.

On sent qu’il y a une origine commune à ces deux conceptions mais que chacune a pris une forme qui convenait le mieux à sa terre d’accueil. Le Chan et le Zen ont un goût propre que l’on peut savourer.

Merci à Serge de s’être prêté au jeu des questions-réponses qui nous éclaire un peu plus sur le chan. Avec la permission de l’auteur nous vous donnons ci-dessous une des succulentes histoires :

« Tan Shan et un condisciple cheminaient de conserve par un chemin boueux. Il pleuvait tant que des flaques gigantesques se formaient sous les pas des deux moines.

A un tournant du chemin, ils rencontrèrent une jolie femme, qui de plus était habillée avec élégance. Celle-ci cherchait un moyen de contourner une étendue d’eau, d’aspect peu engageant.

Tan Shan galant, se proposa de l’aider et celle elle acquiesçait, il la prit dans ses bras et la porta de l’autre côté de l’obstacle aquatique.

Son collègue ne dit rien, mais son visage disait qu’il n’en pensait pas mois.

Ils reprirent leur route et parvinrent au monastère.

Le soir venu, ils s’installèrent pour dormir.

Alors le second moine demande à Tan Shan :

« Nous sommes des moines ! Comment peut-on ainsi porter de jolies femmes dans ses bras ? »

« Comment ? de quoi ? Ah oui ! Cela fait déjà un moment que je l’ai déposée à terre et toi tu la portes encore dans ta tête. ».

L’auteur a bien eu raison de nous faire partager ces histoires chan dont il vient de faire un recueil que je vous encourage à lire.

Ces histoires sont remplies d’humour, de sagesse et je dirais même de tendresse car elles démontrent nos travers humains. Nous pouvons nous y reconnaître c’est pourquoi elles sont intemporelles. Les noms des personnages sont chinois ou japonais mais nous pouvons très souvent nous identifier aux personnages, nous imaginer dans telle ou telle situation.

Ces histoires sont à déguster comme des « mignonettes gourmandes »….

Merci Serge pour ce délice….

Ida Radogowski

Pour se procurer le livre de Serge :

  • Ma librairie en ligne : L’oie sauvage.
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« Napoléon n’est plus », l’exposition au musée de l’Armée

« Napoléon n’est plus », l’exposition au musée de l’Armée, Paris

Napoléon Bonaparte (1769-1821), général français durant la Révolution, puis proclamé Premier consul de 1800 à 1804, avant de devenir empereur des Français de 1804 à 1815, sous le nom de Napoléon 1er.

Le 5 mai dernier, nous commémorions les 200 ans de sa mort à Sainte-Hélène.

L’exposition temporaire, coorganisée avec la Fondation Napoléon https://fondationnapoleon.org/ « se propose de revenir sur les grands sujets qui entourent la mort de Napoléon en renouvelant les perspectives et en convoquant de nouvelles disciplines scientifiques (archéologie, médecine, chimie) afin de compléter les sources historiques déjà connues ». Pour en savoir plus sur « Napoléon n’est plus », regardez la bande-annonce https://bit.ly/3w0xGkT

  • « Napoléon n’est plus », le livre

Le catalogue de l’exposition est un magnifique ouvrage collectif (coédition Gallimard/Musée de l’Armée, 2021, 296 pages, 35 €).

Nous vous invitons à prendre connaissance de la 4e de couverture de ce très beau-livre.

– La présentation de l’éditeur :

« De la mort de Napoléon, le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène, à son exhumation, en passant par la réalisation du masque mortuaire, l’autopsie, l’exposition du corps, l’enterrement… la succession des faits est connue à la minute près. Tout se passe comme si tous ceux qui se trouvaient à Sainte-Hélène au moment de sa mort avaient eu une conscience aiguë du fait qu’ils étaient en train de vivre un moment d’histoire. En décembre 1840, au moment du rapatriement des restes mortels de l’Empereur, le processus se répète et s’amplifie…

Pour autant, malgré le foisonnement des Mémoires, des lettres, des croquis, des reliques et des récits, cette histoire présente des zones mal éclairées, des incertitudes, des contradictions… Fleurissent alors les hypothèses, les théories, les assertions, les controverses : de quoi au juste Napoléon est-il mort ? Est-il vraiment mort à Sainte-Hélène ? Le corps d’un autre n’aurait-il pas été substitué au sien ? L’existence même de ces hypothèses – leur persistance surtout – démontre que, dès le jour de sa mort, Napoléon ne s’appartient plus. Transfiguré, il est devenu un archétype, un élément constitutif de l’inconscient collectif ».

  • Napoléon et la Franc-Maçonnerie

L’Empereur était-il le protecteur des Francs-Maçons ? Pourquoi commémorer en 2021 la mort de Napoléon ? Écoutez Thierry Lentz écrivain et historien, spécialiste de l’histoire du Consulat et du Premier Empire et directeur de la Fondation Napoléon depuis 2000.

Thierry Lentz rappelle combien l’histoire de Napoléon est indissociable de l’identité de l’Europe et de la France. Bien sûr, les conditions sanitaires jettent un trouble sur la tenue de certaines manifestations. Mais, même à distance, 2021 sera une belle « Année Napoléon » !

Nous espérons que cela sera encore l’occasion d’aller plus loin sur la connaissance de la Franc-Maçonnerie et du 1er Empire.

Découvrez le texte de Thierry Lentz sur le site de la BnF « La maçonnerie « impériale », mis en ligne à l’occasion de l’exposition temporaire « La franc-maçonnerie », organisée par la Bibliothèque nationale de France et présentée sur le site François-Mitterrand, du 12 avril au 24 juillet 2016. https://bit.ly/38LZXmv

Ainsi que l’article « Napoléon & Empire – La franc-maçonnerie sous le Consulat et le Premier Empire » www.napoleon-empire.net/franc-macon.php

Si tel est votre désir, nous vous recommandons la lecture de La Franc-Maçonnerie sous l’Empire : un âge d’or ? un collectif publié cher DERVY en 2007 ou encore de Pierre Mollier, coécrit avec Pierre-François Pinaud et préfacé par Charles Napoléon L’État-major maçonnique de Napoléon – Dictionnaire biographique des dirigeants du Grand Orient de France sous le Premier Empire (A l’Orient, 2009).

  • Infos pratiques :

Musée de l’Armée – Hôtel National des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris.

Tous les jours de 10h à 18h. Du mercredi 19 mai 2021 au dimanche 31 octobre 2021

Tarifs : Plein tarif : 14€ – Tarif réduit : 11€ – Gratuit pour les moins de 18 ans

Sources :

  • Musée de l’Armée
  • YouTube « Pourquoi commémorer en 2021 la mort de Napoléon ? » bit.ly/3nsPlgt
  • BnF « La franc-maçonnerie » bit.ly/38LZXmv
  • 2021 Année Napoléon : Lettre d’informations spéciale du 13 novembre 2020 www.napoleon-empire.net/franc-macon.php

Polir sa pierre jusqu’à la poudre

Tous les maçons ont entendu les anciens leur conseiller de polir leur Pierre. C’est logique, puisque les Apprentis sont appelés des pierres brutes, qui grâce aux outils symboliques, tels que le ciseau et le maillet, vont se transformer en pierre cubique.

Alors moi, depuis des années une question me taraude : « Si on doit passer sa vie à polir sa Pierre, après 40 ou 50 ans de pratique maçonnique, ne risque t’on pas de trouver le jour de l’enterrement du Frère un petit tas de poudre à la place d’une Pierre cubique ? C’est vrai quoi, à force d’astiquer cette maudite Pierre elle va finir par se désagréger ! »

Par ailleurs, si toutes les Pierres d’une Loge sont polies et lisses comme des patinoires olympiques, comment vont-elles s’unir pour créer un bel édifice ? N’est-ce pas par les aspérités que les humains se complètent, s’unissent et s’enrichissent ? Si tout le monde est lisse, on glisse de pierre en pierre jusqu’au trou final. N’est-ce pas la singularité qui fait la personnalité d’un être ?

J’avoue que j’y perds mon Rituel en latin, car si je dois polir ma pierre, et qu’elle doit garder sa particularité et ses aspérités alors pourquoi la polir ? Ma grand-mère était taquine, elle aurait répondu : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en polissant… », mais cela ne fait pas beaucoup avancer ma recherche. Alors j’ai contacté un vieux Frère qui a réponse à tout, un certain Roger E. Oui je sais, j’ai cessé de contacter Roger D., car cela créait des confusions et j’ai reçu une demande d’explication d’un certain Roger Durant et son frère Roger Dupont, tous deux bien connus des amateurs de BD. Ces derniers croyaient à tort que je parlais d’eux. Quelle méprise !

Mon vieux conseiller Roger E. m’a donc fait une proposition d’explication que je partage avec vous. En sage il m’a dit : « Le maçon n’est pas ce qu’il fait, mais ce qu’il est » il a rajouté qu’on peut polir toute une vie sa Pierre, si la conscience du Maître est la même que celle du profane, autant arrêter immédiatement, car cela ne sert à rien.

Je me suis assis pour y penser et j’ai fini par arriver à une conclusion que je vous soumets : « Et si le but de la Franc-maçonnerie était tout simplement d’arriver à se connaitre et à s’aimer soi même, sans aucune condition, pour arriver enfin à aimer tous les autres. C’est ainsi que peut naitre la vraie fraternité ; Sinon il s’agit d’une fraternité de façade qui vole en éclats au premier dérangement »

On peut imaginer que les fameuses aspérités de la Pierre sont des restes de petits blocages pour révéler la Lumière intérieure. Mais dès que l’éclairage devient complet par la révélation de qui nous sommes réellement, il n’est plus utile de polir, ça rayonne suffisamment de l’intérieur. C’est comme en musique, l’accord est parfait et les sons sont alignés.

Comme certains maçons cherchent à transformer le monde pour le mettre en harmonie avec leur vision intérieure, au lieu de rayonner, ils consacrent leur vie à briller. C’est là que les problèmes commencent, car après une vie à amasser de la poudre de Pierre par un travail acharné, au moindre coup de vent, tout le brillant se ternit. Il est vrai qu’une Pierre à toujours un pouvoir d’aimantation et la poudre reste très fidèle à sa Pierre.

Comme disait Krishnamurti : « Il est bon de naître dans une religion mais pas d’y mourir ». Il est bien possible que ce soit la même chose en  Franc-maçonnerie, il est bon de naître à la Franc-maçonnerie mais il est fort possible que la finalité soit d’en sortir… du moins lorsque le Temple du dedans et celui du dehors se confondent, mais là, le nombre d’appelés arrivés à cette fusion est moins important que le nombre d’élus. C’est probablement ce qui explique que dans certains milieux maçonniques, il arrive encore trop souvent que ça sente très fort la poudre.

Je dois vous laisser, je vais mettre aux abris.

Bonne soirée à bientôt

Franck

Chroniques d’histoire maçonnique

Chroniques d’histoire maçonnique

Francs-maçonneries lointaines

Collectif

Institut d’Études et de Recherches Maçonniques, N° 87, Printemps-Été 2021, 84 pages, 17 €

Cette revue dont les rédacteurs en chef sont Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie, et Éric Saunier, président de l’IDERM et historien spécialisé dans l’étude des sociétés urbaines et de la franc-maçonnerie, offre dans son numéro 87 un dossier traitant de l’Art Royal des deux côtés de l’Atlantique. Quant à la rubrique portrait, il s’agit du texte de la conférence donnée devant l’IDERM le 1er avril dernier.

Au sommaire :

– Le dossier

•    Le Grand Orient de France et la Franc-Maçonnerie roumaine par André Combes

•    Tanger et les origines de la franc-maçonnerie hispano-marocaine par Valeria Aguiar Bobet

•    L’antimaçonnisme militant d’une partie de la presse Malgache (1905-1945) par Jean- Luc Le Bras

– Le portrait :

• Un maçon en politique : Camille Chautemps (1885-1963) par Jacques Bernot

Le site du Grand Orient de France, dans le bulletin d’abonnement https://bit.ly/2T35xef, précise : « Les trois revues du Grand Orient de France, Humanisme, La Chaîne d’Union et Chroniques d’histoire maçonnique accompagnent au quotidien (et en complémentarité) le travail pratiqué en loge par les sœurs & les frères… »

La Flûte Enchantée – Un opéra maçonnique ou initiatique ?

Pierre Sainte-Victoire, nom de plume d’un jeune auteur, nous laisse au moins à penser que la région de coeur de l’auteur, attiré par la musique et l’histoire l’ayant conduit vers des études littéraires, est emplie de soleil. Ensoleillé tel pourrait être le qualificatif de ce beau-livre riche de nombreuses illustrations couleurs et visant à partager la passion de l’auteur pour Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).

Se présentant telle une partition musicale – ouverture, actes et finale, l’auteur se pose la question d’un opéra maçonnique ou initiatique. Relatif à la franc-maçonnerie et qui a rapport à l’initiation, n’en doutons-pas.

Dès l’ouverture, Pierre Sainte-Victoire donne la conception de Die Zauberflöte (La Flûte enchantée), opéra chanté en allemand composé par « le divin Mozart » sur un livret d’Emanuel Schikaneder, en 1791. Une histoire est inspirée du recueil de contes de fées de Christophe Martin Wieland (1733-1813).

Mais c’est aussi tout le paysage et la vie maçonnique du « divin Mozart » que l’auteur nous dévoile en décrivant le contexte de l’époque en général, enrichi par les annexes, et celui de Vienne en particulier.

Connu aussi sous les surnoms de « Wolfi » ou de « Trazom », il a été admis comme Apprenti à la Loge de Vienne appelée Zur Wohltätigkeit (La Bienfaisance) le 14 décembre 1784 au sein de la Stricte Observance Templière et dont son père, Léopold, est devenu aussi maçon.

Pierre Sainte-Victoire nous fait découvrir la force du message de l’œuvre, sublimée par la musique, comprendre la puissance des symboles maçonniques pour entrer dans le sens profond de l’opéra.

Un succès fulgurant devant un public populaire où Tamino, prince égyptien, Papageno, oiseleur, la Reine de la nuit, les trois dames émissaires de la Reine de la nuit, Sarastro, grand-prêtre d’Isis et d’Osiris, les trois garçons, l’’Orateur, les trois prêtres et les trois esclaves en font encore aujourd’hui une œuvre toujours aussi mystérieuse, fascinante et inépuisable.

L’histoire extraordinaire d’un Frère, Général et Libérateur de l’Amérique du Sud

José Francisco de San Martín (1778 – 1850) est un général d’Amérique du Sud hors norme, il participa à plusieurs guerres d’indépendance dont celles de l’Argentine, du Chili et du Pérou contre la couronne Espagnole. Il était en outre, Franc-Maçon, et cela compliquera ses relations avec le clergé…

Né en 1778 en Argentine dans une famille de nobles espagnols, il devint assez tôt dans sa vie officier de carrière dans l’armée espagnole, comme son père. Il participa un temps aux guerres en Europe, et se serait battu notamment lors des guerres napoléoniennes. Remarqué par sa bravoure, il grimpa rapidement les grades.

Il résigna sa commission d’officier dans l’armée espagnole à 33 ans, et s’engagea dans les guerres d’indépendances de l’Amérique du Sud contre la couronne qu’il servait jusqu’alors, probablement convaincu de la nécessité des révolutions libérales contre l’absolutisme.

Il rentra la même année (1811) dans la loge « Lautaro », une loge née des idées des Lumières. Cette loge est associée au bien-nommé « Ordre des Chevaliers Rationnels ».

Certains historiens proposent que cette loge et ses membres illustres contribueront à l’organisation des révolutions libérales de l’Amérique du Sud. Il participera ensuite à la création de nouveaux ateliers liés à l’Ordre des Chevaliers Rationnels en Argentine.

Les secrets des travaux de cet Ordre et de ses loges étant difficiles à percer, il est impossible de savoir si elles travaillaient aux mystères de la Franc-Maçonnerie ou si elles étaient purement des loges d’ordre politique. L’Ordre n’était pas relié à la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Bien plus tard, le général termina sa vie mouvementée en France, et il mourra en 1850 âgé de 72 ans à Boulogne-Sur-Mer. Le rapatriement de ses restes fut organisé quelques années après en Argentine et un projet aboutit afin qu’il puisse être enterré dans la Cathédrale Métropolitaine de Buenos Aires.

Seulement, sa longue carrière maçonnique arriva aux oreilles du clergé catholique local qui s’opposa à ce qu’un Franc-Maçon puisse trouver son repos final sur le sol sacré d’une cathédrale. Les Francs-Maçons Catholiques sont sous le joug d’une possible excommunication de la part de leur clergé depuis une bulle papale datant de 1738, toujours applicable de nos jours d’ailleurs.

Mausolée et cercueil de José Francisco de Saint-Martin – le cercueil se trouve en bas de l’image, fortement incliné

Un accord fut finalement trouvé pour enterrer l’illustre personnage sur les terres environnantes de la cathédrale, au sein d’un mausolée créé en son honneur.

La position particulière du cercueil fut aussi jaser, certains pensant que son inclinaison très forte au sein du mausolée était une dernière insulte voilée de la part du clergé. Mais il semble que ce soit simplement dû au manque de place disponible au sein du mausolée.

Un résumé de cette histoire originale (en espagnol) peut être lu en cliquant sur le lien suivant : https://www.diario26.com/301144–masoneria-un-feretro-inclinado-y-negociaciones-con-la-iglesia-los-secretos-del-mausoleo-de-san-martin

Ombres & Lumières

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Cinq siècles avant notre ère,  Héraclite expliquait déjà que,  plus la lumière était vive et plus l’ombre s’épaississait. Le XVIII siècle, dit « des lumières »,  revisité par notre XXI,  a sacré Rousseau fondateur de l’éducation (L’Emile),  tandis qu’il abandonnait ses cinq enfants à l’équivalent de l’Assistance Publique. En  2021, les Francs-Maçons, libéralement « adogmatiques »,  hurlent en apprenant que Napoléon a rétabli l’esclavage outre mer,  par soucis de paix économico-sociale,  mais semblent oublier que leur parangon de liberté : Voltaire,  faisait pourtant commerce d’esclaves. Ce même philosophe, initié franc-maçon, à la va-vite, moins de deux mois avant sa mort, aurait déclaré dans son « Sottisier » : «  Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds » Rousseau et Voltaire seraient-ils les « papes » aux pieds d’argile d’hier, qu’adorent les idolâtres maçonniques touchés par les lumières mythico-historiques revisitées, aujourd’hui  ?

Jacques Carletto

Le symbolisme de la rose

Le symbolisme de la rose

Thomas Grison

MdV Éditeur, Coll. Les Symboles Maçonniques, N° 98, 2021, 128 pages, 10,90 € (Version imprimée) – 6,49 € (Version numérique)

La rose est la reine des fleurs. Thomas Grison, enseignant passionné par le monde des symboles et l’iconographie sacrée, lui consacre son 8e ouvrage dans cette collection. Après avoir parcouru quelques données historiques, du VIIIe siècle avant notre ère à l’époque latine ne passant par l’empire babylonien dès le Ve siècle, l’auteur aborde ensuite les sources chrétiennes fort nombreuses, nous permettant de mieux comprendre pourquoi la Vierge Marie est appelée « Rose mystique ». Entre sacré et profane Thomas Grison n’hésite pas à traiter de l’aspect artistique notamment dans la peinture, avec les Flamands, que dans la littérature, de Ronsard à Hugo. L’ouvrage s’achève en décryptant toutes les facettes de la rose et de la croix, des manifestes rosicruciens aux relations avec la Franc-Maçonnerie.

« Le Serment en Franc-Maçonnerie » , une belle étude d’une pratique rituelle qui peut poser question !

Recension de l’ouvrage de Boris Nicaise qui permet de mieux comprendre la pratique du serment aussi bien dans le monde profane qu’en franc-maçonnerie.

C’est un sujet qui nous renvoie aux origines de l’humanité ; le serment a suivi le fil des ans pour prendre toute son importance au Moyen-âge : comme l’écrit Claude Gauvard,  enseignante-chercheuse et historienne française, spécialiste de l’histoire politique, sociale et judiciaire du Moyen Âge :

«les premiers balbutiements écrits du français et de la littérature française sont issus de la pratique du serment, sous la forme des Serments de Strasbourg ! »

« Le Moyen Âge est né avec le serment. Pour s’en tenir aux langues vernaculaires, les premiers balbutiements écrits du français et de la littérature française sont issus de la pratique du serment, sous la forme des Serments de Strasbourg ! » (Rappelons que les accords de Strasbourg du 14 février 842, s’ils avalisaient la coalition militaire entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, contre leur frère aîné, Lothaire Ier, sont considérés, par la qualité littéraire de son contenu, comme l’acte de naissance de la littérature française.

Aujourd’hui, le serment est toujours omniprésent aussi bien dans la vie profane qu’en loge, quel que soit le degré où s’effectuent les travaux maçonniques.

Le titre est réducteur car l’auteur ne se limite pas à l’étude du secret en franc-maçonnerie ; il y a aussi une réflexion générale, historique et sociologique. Et c’est justement cette approche globale qui justifie l’intérêt de l’ouvrage.

« Le serment semble désuet alors même que nous voudrions tous pouvoir nous y fier. Sans serment auquel s’en remettre ou s’engager, la loi de la jungle est assurée ! Le serment est donc un des rares éléments qui nous éloignent de notre animalité et font de nous ce que nous voulons être : des hommes et des femmes à part entière. »

En quatorze chapitres, avec une plume alerte, Boris Nicaise aborde de différentes manières ce sujet passionnant :

  • 1. LES MONDES DU SERMENT
  • 2. PETITE HISTOIRE DU SERMENT
  • 3. ENJEUX DU SERMENT EN FRANC-MAÇONNERIE
  • 4. L’ESPACE D’UN TEMPS INEXISTANT
  • 5. LE SERMENT POUR SARMENT
  • 6. L’ESPRIT DU CORPS
  • 7. TÉMOINS ET ACTEURS, TOUS FACTEURS
  • 8. LES GENRES DU SERMENT
  • 9. ÉVOCATIONS DE L’INVOCATION
  • 10. LES MOTS POUR LE DIRE
  • 11. SAINTES SANCTIONS, SAINES SANCTIONS ?
  • 12. ABSENTÉISME OU THÉISME ABSENT ? PARJURE, DEGRÉ ZÉRO
  • 13. PRATIQUE MAÇONNIQUE
  • 14. EPILOGUE

Les pages consacrées à la pratique du serment en loge maçonnique sont parfois teintées d’un volontarisme embellisseur pour faire ressortir une interprétation positive de son contenu symbolique mais Boris Nicaise ne se prive pas pour autant d’un regard critique.

« En 1986, la Grande Loge Unie d’Angleterre décida de supprimer toute expression de pénalités dans le serment mais continua de les mentionner dans l’instruction du grade propo­sée ensuite. Cette voie reste souvent pratiquée en maçonnerie, permettant de développer la symbolique en l’ancrant dans l’Histoire et d’éviter une critique aisée devant des expressions insensées que le profane ne comprend guère. Il faut d’ailleurs reconnaître que l’adoucissement des termes du serment vint en partie de l’hostilité du monde qui, prenant tout au premier degré (ou en l’espèce moins encore), voyait dans ces outrances l’œuvre de conjurés comploteurs imposant le silence sur d’ina­vouables secrets. »

Car il est clair que le serment est d’abord une pratique sociale d’allégeance que les sociétés imposent sans possibilité de négociation ; le christianisme l’avait refusé dans un premier temps (cf « Tu ne jureras point ! »)  pour ensuite le reprendre à son compte  et l’instrumenter notamment lors des guerres de religion !

Le serment impose une dialectique abrupte : c’est toujours à prendre ou à laisser ! Devant ce faux choix, la soumission au diktat institutionnel est l’attitude la plus commune ! C’est ce qui se passe pour la très grande majorité des postulants à l’initiation maçonnique qui savent que tout cela est de l’ordre du simulacre !

Comme le rappelle l’auteur, à la Révolution Française il fut question d’annuler les serments :

« … lors de la Convention de 1793, Cambacérès, qui à ce moment fête déjà ses vingt ans de franc-maçonnerie, suggère de révoquer tout serment lorsqu’il présente le premier projet de Code Civil français : « Nous avons pensé que la morale et la raison demandaient l’abolition du serment, créé pour servir de supplément aux conventions mais qui, au lieu d’étayer le bon droit, ne fut presque toujours qu’une occasion de parjure » (Recueil complet des travaux préparatoires du Code Civil, Fenet 1827, tome 1 page 9) 

C’est un livre qu’il faut lire pour comprendre et aussi pour imaginer que, peut-être un jour le serment et sa langue de bois pourrait être reformulé avec un contenu plus authentique et plus respectueux d’un réel contrat qui soit équilibré et qui engage aussi bien le contractant que la loge ou l’ordre maçonnique !

On pourrait se poser la question de cette lente et irrémédiable perte de sens d’une pratique rituelle devenue formelle en franc-maçonnerie et aussi dans le monde profane. La réponse n’est-elle pas dans la déliquescence du rapport à Dieu qui fut la raison d’être du serment ? Notre frère Boris Nicaise y trouve encore un certain charme ; il y a aussi de la nostalgie dans son propos.

A noter que l’image de la couverture du livre n’est pas conforme avec la pratique habituelle du dégantement des mains pour prêter serment que l’auteur lui-même rappelle dans son texte.

La bibliographie complète utilement le développement proposé.

Tout n’est pas dit sur ce sujet mais l’essentiel y est.

Boris Nicaise, avec une production déjà conséquente, se révèle être un auteur de qualité : des textes bien documentés, la volonté d’explorer son sujet sans trop de langue de bois, un style enlevé et agréable à la lecture !

  • Le Serment en Franc-Maçonnerie
  • Boris Nicaise
  • Editions La Maison De Vie – MdV – 2021
  • 168 pages – Prix : 17,50 €
  • Commande possible sur la FNAC

Eléments biographiques :

  • Boris Nicaise est né en 1961 à Bruxelles, il est membre de la Grande Loge de Belgique
  • Chirurgien-dentiste, poète, franc-maçon, artiste des collages

Ouvrages maçonniques du même auteur

  • Le Miroir, du voir au savoir : outil de connaissance, E.M.E. Éditions, 2012.
  • En Réponse à mes enfants, libres propos au sujet de la franc-maçonnerie, E.M.E. Éditions, 2012.
  • Les Minutes de l’expert, E.M.E. Éditions, 2014. Un et un font trois, E.M.E. Éditions, 2014.
  • Temps maçonnique VS Temps profane, E.M.E. Éditions, 2015.
  • Le Complot des pots-de-beurre : des francs-maçons résistent à Napoléon, E.M.E. Éditions, 2016.
  • La Symbolique, au-delà des symboles, E.M.E. Éditions, 2017.
  • Le Secret maçonnique, des secrets maçonniques au Mystère initiatique, E.M.E. Éditions, 2018.
  • La Transmission en franc-maçonnerie, E.M.E. Éditions, 2019.
  • L’Égrégore, quatrième dimension de la franc-maçonnerie ? Numérilivre Éditions des Bords de Seine, 2020.

Pour d’autres informations sur ce sujet :

Traduction : Le serment maçonnique (du Maître Maçon)
Moi, ___________, de mon plein gré et accord, en présence du Dieu Tout-Puissant et de cette loge adoratrice, érigée en son honneur et dédiée au saint Saint-Jean, ici je promets par les présentes très solennellement et sincèrement et jure, que je proclame toujours cacher, jamais révéler, les secrets, arts, parties, points, du degré de Maître Maçon, à quelque personne  que ce soit, à moins que ce soit un vrai et légitime frère de ce degré, ou dans une loge régulièrement constituée de Maîtres Maçons, ni à lui, ni à eux, ni à qui que ce soit, jusqu’à  ce que par un procès strict, un examen en bonne et due forme ou une légitime information, je l’aurai ou les aurai trouvé, comme étant aussi légitimes que je suis moi-même.
Je promets en outre et jure, que je respecterai toutes les lois, règles et règlements du Maître Maçon et de la Loge dont je pourrais devenir membre par la suite, dans la mesure où cela arrivera à ma connaissance et que je soutiendrai toujours la Constitution, les lois et les décrets de la Grande Loge en vertu desquels ceux-ci seront tenus.
De plus, je reconnaîtrai et obéirai à tous les signes et convocations qui me seront envoyés par une loge de maîtres maçons, ou qui me seront donnés par un frère de ce degré, si c’est mon devoir.
De plus, j’aiderai et assisterai toujours tous les dignes maîtres maçons pauvres et en détresse, leurs veuves et orphelins, sachant ce qu’ils vivent, autant que leurs nécessités l’exigent, et que mes capacités le permettent, sans préjudice matériel pour moi et ma famille.
De plus, je garderai les secrets d’un digne frère Maître Maçon, s’ils me sont communiqués et reçus comme tels, meurtre et trahison exceptés.
De plus, je ne cautionnerai pas pas, ni ne serai présent à l’initiation, au passage ou à l’éducation d’une femme, d’un vieil homme gâteux, d’un jeune homme mineur, d’un athée, d’un fou ou insensé, sachant qu’ils sont tels.
De plus, je ne siégerai pas dans une loge non reconnue de Maçons ni converserai sur le sujet de la franc-maçonnerie avec un maçon illégitime, ni avec quelqu’un qui a été expulsé ou suspendu d’une loge, tout le temps de cette situation.
De plus, je ne tromperai pas, ni ne frauderai une loge de maîtres maçons, ni un frère de ce degré, sciemment, ni ne le supplanterai dans aucun de ses louables engagements, et lui en aviserai en temps et en heure, afin qu’il puisse conjurer tout danger.
De plus, que je ne frapperai pas sciemment un frère Maître Mason, ni lui ferait la moindre violence dans la colère, sauf si cela est nécessaire à la défense de ma famille ou de mes biens.
De plus, je n’aurai pas de rapports charnels illégaux avec la femme d’un maître maçon, sa mère, sa sœur ou sa fille sachant qui elles sont, ni souffrir que d’autres en fassent autant, si c’est en mon pouvoir de l’empêcher.
De plus, je ne donnerai pas la grande parole maçonnique, d’une autre manière ou d’une autre forme que celle dans laquelle je l’ai reçue, à voix basse.
De plus, je ne donnerai pas le grand signe de détresse sauf en cas de danger imminent, dans une loge juste et légale, ou pour le bénéfice de l’instruction ; et si jamais je devais le voir donné, ou si je devais entendre les mots qui l’accompagnent, de la part d’un digne frère en détresse, je volerai à son secours, s’il y a une plus grande probabilité de sauver sa vie que perdre la mienne.
Tout cela, je le promets et jure très solennellement, sincèrement, avec une résolution de faire la même chose, sans aucune hésitation, moi-même, sous peine d’avoir mon corps coupé en deux, mes entrailles enlevées de là et réduites en cendres, les cendres dispersées devant les quatre vents du ciel, afin que l’on ne puisse plus se souvenir d’un misérable aussi vil et méchant que je le serais, si jamais, sciemment, je violais l’obligation de mon maître maçon.
Alors aidez-moi Dieu, et gardez-moi ferme dans la bonne exécution de la même chose.