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La carte postale du 16 novembre : La fresque murale de la Grande Loge du Texas (USA)

Frères, Sœurs, Compagnons de la voie initiatique,

À Waco, la pierre parle bas et le temps écoute. Le Temple de granit de la Grande Loge du Texas* se dresse comme un porche d’Égypte sorti d’un rêve moderne : masses nettes, pilastres sobres, un Art déco tenu qui préfère la justesse à l’ostentation. On entre comme on monte une échelle intérieure, une marche après l’autre, jusqu’à l’Orient.

La fresque promise en 1945

Longtemps, un silence veillait… Inscrite dans l’intention des bâtisseurs, laissée en jachère par les circonstances et la fatigue des années d’après-guerre. Ce n’était pas un renoncement, seulement une respiration plus longue que prévu, un vœu déposé dans l’ombre pour mieux s’y recharger de sens. Aujourd’hui, la parole de l’image a repris souffle. Le Temple a retrouvé son chant.

La maison, sur ses pages publiques, se présente avec simplicité : une revue pour dire, des vidéos pour témoigner, des albums pour se souvenir, des ressources pour instruire. Rien d’emphase, tout d’utilité. Ce faisceau d’outils montre une Obédience attentive à la continuité, à la transmission, au travail patient des Frères : l’architecture extérieure annonce déjà l’architecture mentale, et la façade dépouillée prépare la lumière intérieure. Dans cet écosystème discret, la fresque manquante – comme une note tenue en suspens – attendait son timbre. Elle revient aujourd’hui en accord parfait avec la grammaire du lieu.

Car ce que 1945 n’avait pu accomplir, 2025 le réalise

L’artiste texan Sean Starr, Frère de l’État de l’Étoile solitaire, a repris la proposition originelle et l’a recomposée en triptyque : trois carrés de cinq pieds de côté, non pas une réduction timide, mais une forme juste, à l’échelle de la pièce où l’œuvre s’est d’abord incarnée – le bureau du Grand Secrétaire. Trois panneaux comme trois piliers, trois souffles, trois vertus qui soutiennent la voûte du cœur. Dans l’entrebâillement des décennies, l’intention n’a pas faibli : elle a attendu qu’une main fraternelle la hisse à la clarté.

Hiram Abiff

Au centre, se tient la figure de l’Architecte – Hiram Abiff, ou peut-être Salomon, double visage de la Maîtrise : l’un qui lève la pierre et l’autre qui gouverne la mesure. Autour, les deux Jean, gardiens du temps intérieur, règlent la cadence de l’ouvrage : à l’un le tranchant austère, à l’autre la douceur lumineuse, deux solstices pour une même orbite. Le cercle recueille l’Un, les lignes parallèles veillent sur la rectitude, l’équerre convoque la tenue, le compas ouvre la mesure, et la verticale, comme un chant discret, entonne l’ascèse du relèvement.

Rien ici ne décore, tout opère…

La géométrie n’est pas un motif ; c’est une prière tenue, une discipline qui ordonne le regard et, par lui, l’âme du contemplateur.

On objectera qu’une fresque réduite à trois panneaux n’est plus l’immense page rêvée derrière l’Orient. C’est méconnaître la dynamique du symbole. Le symbole n’a pas besoin d’emporter le mur pour porter son sens. Il rayonne par tension plus que par extension. Ici, l’échelle resserrée concentre l’intensité : le triptyque devient un foyer, un athanor où la tradition s’actualise sans s’affadir. Cette économie des moyens relève d’une esthétique et d’une éthique : la beauté se tient dans la justesse, non dans la démesure. Le Temple, d’ailleurs, fut lui-même pensé dans cette rigueur : Art déco et Renaissance égyptienne, un alliage rare où la lisibilité structurelle est le vrai luxe. La main de Raoul Josset, sculpteur et compagnon des grands chantiers texans, a laissé dans la pierre cette leçon de tenue : forme accordée à la fonction, sobriété comme puissance maîtrisée. La fresque réapparaît comme la phrase qui manquait à cette syntaxe.

Fresque, parie gauche

Le Très Respectable Frère Brad Billings a précisé que l’œuvre serait projetée derrière le Grand Orient lors de la prochaine communication annuelle. Geste simple, mais d’une portée initiatique : faire passer l’image de l’intime au commun, du cadre au volume, du regard individuel à la conscience partagée de la Loge. La projection n’est pas un artifice ; c’est une liturgie de lumière. Elle inscrit le triptyque dans l’architecture même, comme si la pierre se souvenait soudain du plan premier. Des tirages soutiendront l’artiste, mais ce qui circule d’abord, c’est le souffle d’un vœu tenu, la preuve qu’une tradition vivante sait attendre sans renoncer.

Lisons maintenant la fresque comme nous lirions un rituel

Le centre n’est pas un portrait : c’est une fonction. Hiram/Salomon y tient le rôle de l’axe, du point d’équilibre où la sagesse décide, où la force se contient, où la beauté éclaire sans éblouir. Les deux Jean ne flanquent pas, ils balisent : ils disent la limite ferme où la liberté demeure vraie, parce qu’elle se sait tenue. Le cercle ne clôt pas ; il rassemble. Les parallèles ne raidissent pas ; elles conduisent. Et ces plages de silence – ces vides nécessaires entre les signes – ne sont pas des manques : ce sont des chambres d’écho où l’initié peut déposer son souffle pour entendre mieux. La fresque, alors, devient un miroir de travail : non pour complaire à l’œil, mais pour régler la main et le cœur.

On notera que l’œuvre s’est d’abord posée dans le bureau du Grand Secrétaire. Faut-il y voir une coïncidence ? Elle est plus parlante qu’il n’y paraît. L’administration de l’Ordre et la mémoire imaginale du Rite, trop souvent séparées dans nos représentations, se tiennent ici dans une même pièce. La tenue de nos écritures, la rigueur des archives, la vigilance des règles ne sont pas extérieures à la poésie du symbole : elles en sont la contrepartie opérative. La Loge tient parce que l’intention se fait règle, et la règle, mémoire.

Fresque, parie droite

La fresque au Secrétariat est une parabole !

L’image et la Loi s’appuient, et c’est ainsi que l’Œuvre demeure. Ce relèvement iconique n’est pas un événement isolé. La ville et l’imaginaire texans portent depuis longtemps un goût de monumentalité tenue, une manière de lier grandeur et service, histoire et usage. Qu’on lise les notices locales, qu’on parcoure les chroniques, on retrouve ce même souci d’accorder le patrimoine et l’avenir : les pierres n’y posent pas pour la postérité, elles travaillent encore. Il convenait que la Grande Loge, doyenne des fraternités wacotiennes, réponde à sa propre vocation : instruire en édifiant, édifier en instruisant. La fresque reparaît ainsi non comme une relique, mais comme un outil : un miroir de tenue, une échelle de justesse, un appel à la rectitude heureuse.

Revenons à la triade plastique

Trois panneaux : c’est la Sagesse qui ordonne, la Force qui soutient, la Beauté qui achève. Trois souffles : Pensée, Parole, Action. Trois postures : écouter, discerner, accomplir. Le triptyque ne se lit pas de gauche à droite comme un récit linéaire ; il se reçoit en étoile, depuis le centre vers les bords et retour, à la manière d’un souffle qui se concentre et se déploie. La figure centrale n’attire pas tout à elle ; elle redistribue. Les deux Jean ne sont pas des gardiens sourcilleux ; ils sont des passeurs d’équilibre. Et le cercle, posé comme une coupe, recueille ce qui risquerait de s’éparpiller. Cette dynamique radiale correspond à la pédagogie du Temple : entrer, se recentrer, rayonner.

GL Texas, amphithéâtre

Il y a, dans la stylisation Art déco, une politesse envers le secret. Tout dire, ce serait trahir. Ici la ligne géométrique coupe court à l’anecdote : elle ne décrit pas, elle indique. Elle place le regard non dans la narration, mais dans la contemplation active : ce que tu reconnais devient ce que tu peux travailler. Loin d’un historicisme de carton-pâte, le langage visuel moderne épouse la tradition sans la farder ; il lui donne cette netteté qui empêche la superstition et requiert la pratique. C’est la noblesse des formes discrètes : elles n’interposent pas l’image entre toi et l’axe, elles te reconduisent à l’axe.

Peut-on, dès lors, parler d’achèvement ? Oui et non

Oui, parce qu’une intention ancienne accède enfin à la visibilité, parce que l’Orient retrouve l’image qui lui manquait. Non, parce que toute image vraie ouvre un chantier. La fresque accomplie n’est pas une borne ; c’est un seuil. Elle demande des lectures, des silences, des travaux, des relèvements. Elle appelle, dans chaque atelier, une méditation sur l’usage des lignes parallèles et du cercle, sur la cadence des deux Jean, sur l’alliance d’Hiram et de Salomon au cœur du Maître. Elle nous engage à faire de nos propres bureaux – si souvent encombrés de paperasse – des lieux où la Loi et l’Image se soutiennent pour mieux servir la lumière.

Temple de Waco

Il faut enfin saluer la fidélité d’une maison qui sait attendre. Le Temple de Waco n’a pas forcé le destin ; il l’a préparé. Les années ont passé, des communications se sont tenues, des Frères ont reçu la Lumière puis se sont tus, et la promesse est demeurée, intacte, dans la mémoire des plans et des comités. Cette patience, c’est la vertu maçonnique par excellence : travailler au rythme du temps long, ne pas confondre vitesse et fécondité, savoir que la pierre polie n’a pas d’horloge. La fresque, enfin posée – ou plutôt, projetée puis posée – devient la parabole de cette constance : le Temple ne possède pas le symbole, il le sert. Et le symbole, servi avec droiture, finit toujours par engendrer sa forme.

Regardons donc, longtemps, cette image comme on prononce un mot de passe exact : avec droiture, gratitude, vigilance. Elle ne clôt rien ; elle relance. Elle remet l’Orient à sa place – devant et dedans – et nous rappelle que nous ne sommes pas propriétaires de la lumière mais ouvriers de sa justesse. Qu’elle habite nos travaux comme une musique tenue, qu’elle règle nos pas, qu’elle nous garde dans la joie grave du chantier.

Grand Lodge of Texas, blason

*Grand Lodge of Texas, Ancient Free and Accepted Masons 

Issue des ombres vénérables des « Anciens », éclose en 1751 au cœur de la Turk’s Head Tavern de Soho, où les murmures des initiés se mêlaient au tumulte des rues londoniennes, la fraternité maçonnique, tel un vent impétueux chargé de mystères, traverse l’océan Atlantique, effleure les rivages sauvages et s’ancre profondément dans les terres indomptées du Texas.

À Brazoria, entre 1835 et 1836, sous l’égide bienveillante de la Louisiane, la Holland Lodge s’érige comme un phare au milieu du chaos : le cliquetis des armes et le grondement des charrettes composent une symphonie guerrière, tandis que les échos de Gonzales, de l’Alamo et de San Jacinto inscrivent dans l’éternité les noms de Frères tombés en martyrs, quand d’autres, la plume à la main, gravent les Déclarations qui forgent une nation naissante.

Le 20 décembre 1837, dans l’ardeur naissante de Houston, les volontés convergent en un concile solennel pour édifier la Grande Loge de la République du Texas ; le 16 avril 1838, elle s’éveille enfin « en bonne et due forme », tel un rituel ancestral invoquant la lumière. Le 11 mai, Sam Houston, figure tutélaire, intronise Anson Jones et ses officiers : la loi s’incarne en un souffle vital, la promesse se mue en chair palpable. Déjà, les ateliers prolifèrent comme des semences portées par le vent – Milam à Nacogdoches, McFarland à San Augustine, Temple à Houston –, et plus tard, à Waco, la No. 92 orchestre l’élévation d’un siège aux contours Art déco, bordés de réminiscences égyptiennes, où Raoul Josset cisèle la pierre pour exprimer une esthétique de discrète élégance plutôt que d’ostentation vaine : une architecture qui guide l’âme, sans l’éblouir par la force.

Au fil des XIXe et XXe siècles, présidents, gouverneurs, pionniers intrépides et professeurs éclairés incarnent cette fraternité au service du pays, tissant un tapis d’actions où l’idéal maçonnique irrigue les veines de la société. En 2019, 69 099 âmes fidèles attestent d’une loyauté mesurée, qui distingue la grandeur authentique de l’excès trompeur. Puis advient l’ère des unions fraternelles : le 23 avril 2007, la reconnaissance mutuelle avec Prince Hall est scellée d’un sceau solennel ; le 6 décembre 2014, l’intervisite s’affirme, et les colonnes, autrefois séparées, dialoguent enfin en harmonie. En 2025, un vœu immémorial renaît des cendres : la fresque promise, nichée derrière l’Orient, recouvre sa voix et sa luminescence, bouclant un cycle entamé en 1945. De la pierre brute au symbole poli, du dessein esquissé à l’œuvre accomplie, la Grande Loge du Texas honore son serment immarcescible : ériger des hommes pour qu’ils édifient, à leur tour, les fondations du monde.

Puisse cette méditation t’accompagner en ce jour. Bon dimanche, et bons baisers du Texas, éternelle Ville Lumière !

Grande-Loge-du-Texas-est-située-au-centre-de-Waco

Sources : présentation et rubriques « Media », « Texas Freemason Magazine » ; pages officielles de Grand Lodge of Texas, Ancient Free and Accepted Masons ; notice historique locale sur l’édifice et les travaux de Raoul Josset ; annonce et précisions sur la réalisation du triptyque par Sean Starr et sa projection à l’Orient (Christopher L. Hodapp, Freemasons for Dummies, et publication de l’artiste).

Comprendre l’excommunication des Francs-maçons par l’église catholique !

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Certains évoquent une concurrence institutionnelle, d’autres un contexte historique, d’autres encore la peur du « syncrétisme » déiste. Quoiqu’il en soit, la bulle pontificale du 28 avril 1738 de Clement  XII, intitulée « In eminenti apostolatus » donne « la faculté d’instruire et de procéder contre lesdits transgresseurs, de les réprimer et punir des peines qu’ils méritent, en invoquant même à cet effet, s’il le faut, le secours du bras séculier. »

On peut aujourd’hui affirmer que la raison profonde de cette condamnation violente (cf la référence au « secours du bras séculier ») est d’ordre théologique.

C’est pour cette raison qu’elle n’a pas été amendée et c’est aussi pour cette raison qu’elle restera d’actualité.

La raison théologique de cette première bulle pontificale anti-maçonnique n’est pas évidente. Le développement que je vous propose a pour but de vous l’expliciter.

Pour cela, il est nécessaire de faire quelques rappels historiques.

Différentes étapes qui ont conduit à la prééminence de la Sainte trinité

La doctrine de la Sainte Trinité (un seul Dieu en trois “personnes” : Père, Fils et Saint-Esprit) s’est formée progressivement entre le Ier et le IVᵉ siècle.

Dans l’Ancien Testament, Dieu est unique (YHWH). L’Esprit de Dieu (Ruah Elohim) et la Sagesse (Hokhma) sont des manières symboliques d’exprimer son action dans le monde, pas des personnes distinctes.

Dans le Nouveau Testament : On trouve des formules triadiques, mais pas encore une doctrine. Jésus parle de Dieu son Père, agit “par l’Esprit”, et ordonne de baptiser “au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” (Matthieu 28,19).

Au Iᵉʳ et IIᵉ siècle, Les premières communautés voient en Jésus le Fils de Dieu, porteur de l’Esprit, mais elles affirment encore un seul Dieu. Les écrits de Paul et de Jean évoquent la présence conjointe du Père, du Fils et de l’Esprit, sans les définir.

A partir du IIème siècle, des courants divergents apparaissent :
Le modalisme (Sabellius) : le Père, le Fils et l’Esprit sont trois modes d’un même Dieu, non des personnes distinctes.
Le subordinationisme (Origène, Tertullien) : le Fils et l’Esprit sont inférieurs au Père.
Les monarchiens : refusent toute division en Dieu.
Tertullien (v. 200) forge le mot Trinitas : “una substantia, tres personae”.
Le concile de Constantinople (381) → La Trinité complète devient doctrine officielle de l’Église

Augustin d’Hippone (De Trinitate, IVᵉ–Vᵉ s.) Avec lui la Trinité devient une structure relationnelle de l’amour divin.
Le Père = celui qui aime
Le Fils = l’Aimé
L’Esprit = l’Amour qui les unit

Rappel sur les contestations anti-trinitaires

Pour un certain nombre de chrétiens, la contestation de la sainte trinité porte essentiellement sur le concept de l’esprit saint.

A partir du XVIème siècle plusieurs penseurs se distinguent par des écrits anti-trinitaires.

Michel Servet (1511–1553) — médecin et théologien espagnol, auteur de De Trinitatis Erroribus (1531). Il considère le Saint-Esprit non comme une personne divine, mais comme la force vivifiante de Dieu, une énergie immanente. Il est condamné pour hérésie et exécuté à Genève.

Fausto Socin (1539–1604) et les sociniens (Pologne, Transylvanie) rejettent la Trinité et défendent l’idée que le Saint-Esprit n’est pas une entité distincte, mais l’action de Dieu dans le monde. Leur pensée donnera naissance à l’unitarisme, toujours présent dans le protestantisme libéral anglo-saxon.
On retrouve également un courant anti-trinitariste en dans l’Angleterre des XVIème et XVIIè siècles ; citons :

John Biddle (1615–1662) appelé le “père de l’unitarisme anglais”. Il traduit et défend les thèses sociniennes. Dans A Confession of Faith touching the Holy Trinity (1648), il affirme :
→ le Père seul est Dieu au sens strict ;
→ le Fils et l’Esprit sont subordonnés.

John Milton (1608–1674). Auteur du Paradis perdu mais aussi de De Doctrina Christiana (œuvre publiée après sa mort), il défend un arianisme rationnel  et rejette la Trinité au nom de la cohérence logique et du retour à l’Écriture.

Isaac Newton (1643–1727), dans ses manuscrits théologiques privés (publiés au XXᵉ siècle, ex. Theological Papers), il rejette explicitement la Trinité et accuse l’Église d’avoir corrompu le christianisme primitif au concile de Nicée. Son antitrinitarisme s’inscrit dans une recherche d’un monothéisme rationnel conforme à la nature.

Samuel Clarke (1675–1729), théologien anglican, auteur du Scripture Doctrine of the Trinity (1712) propose une trinité subordonnée :
→ le Père est suprême,
→ le Fils et l’Esprit dérivent leur être du Père.

William Whiston (1667–1752), successeur de Newton à Cambridge considère la Trinité comme une altération post-apostolique.

Tout se passe comme la création de la Franc-maçonnerie à Londres avait baigné dans ce que l’on a appelé l’unitarisme anglais (XVIIᵉ–XVIIIᵉ s.) né des disciples de Biddle, Clarke et Whiston, qui rejette le trinitarisme et prône une Église libérale affirmant le monothéisme strict et la morale évangélique.

Rappel sur une exception biblique :

Si Dieu est censé pardonner, il y a une exception !

« Tout péché et tout blasphème seront pardonnés aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit Saint ne sera pas pardonné. »

(Mathieu 12,31) 

Conclusion : Le rejet de la Sainte Trinité et du Saint Esprit étant un blasphème, l’appartenance à la Franc-Maçonnerie mérite l’excommunication

En remettant en cause le Saint Esprit les fondateurs de la franc-maçonnerie ont réalisé un blasphème. C’est la conclusion logique de l’application de la violence biblique  qui explique la bulle pontificale de Clément XII.

On voit ici que l’accusation de blasphème n’est pas réservée aux islamistes radicalisés ; elle perdure encore dans l’église catholique.

Autres infos

Les vertus cardinales alchimiques

La tempérance (2/2)

La Tempérance

La Tempérance forme avec la Justice l’une des deux diagonales reliant les quatre angles du tombeau de François II et de Marguerite de Foix. Elle tient en main droite la bride et le mors d’un cheval qui à présent est débridé et prêt à s’envoler comme Pégase, car il sait composer avec sa double nature matérielle et spirituelle, son corps et son esprit prêts à dépasser leurs limites en croisant leurs langages.

Dans cette nouvelle dimension, le corps et l’esprit ne sont pas enchaînés au temps des pendules humaines, mais se règlent sur les cycles lunaires et solaires de leur propre horloge interne qui n’a qu’une aiguille, comme la pendule que la Tempérance serre de la main gauche sur son cœur.

Versailles Bassin des enfants dorés

C’est le temps de la résurgence et de la renaissance de l’être dans un bien-être intérieur profond rappelant celui de l’embryon baignant avec délice dans l’eau nourricière de sa mère, déployant harmonieusement ses bonnes ondes à travers le corps, l’esprit et l’âme, et ressenti en soi-même dans sa globalité par l’être sans pour autant être appréhendé par des mots. La résurgence de ce bien-être, semblable à l’écoulement joyeux d’une source d’eau claire, ne dépend pas d’une quelconque règle de vie matérielle ou spirituelle établie par d’autres, quel que soit leur degré d’autorité et de pouvoir sur leurs semblables. Ce bien-être ultime en soi-même ne peut et ne doit venir que de soi. L’être est le sourcier de son bien-être, et trouve sa source en soi-même en interrogeant son pendule.

Versailles Jaillisements d’eau

« Sa » pendule est devenue « son » pendule qui répond à toutes ses questions dans l’instant sans prendre le temps de la réflexion, sans réfléchir ni se réfléchir dans des miroirs tendus par d’autres, mais pour se saisir et se ressaisir à chaque instant. Aime-toi ! Pense sans penser ! Sois qui tu es ! L’être qui pense ainsi prend les chemins de traverse de pensées marginalisées et inaccessibles aux esprits exclusivement rationnels, et ouvre en soi-même des voies d’accès à des expériences couronnées par des métamorphoses intérieures sur les plans matériel, mental, et spirituel, illustrées par des jaillissements joyeux d’eau claire dans les jardins alchimiques du château de Versailles, bien au-dessus des plans d’eau stagnante.

Mais l’aspiration à l’écoute sublime de ce chant de l’âme est annihilée dès sa naissance en occident par une confusion entre l’esprit et l’âme, entretenue par la pensée religieuse pour brouiller les pistes menant à l’âme et la dégrader en la dotant des prérogatives de l’esprit. L’âme est souillée par tous les mots lancés comme des hameçons pour la saisir, les âmes-sons des prières et des incantations qui, au lieu d’élever l’esprit vers l’âme, sont des drogues retournant l’élan de l’esprit vers le corps par des addictions à des gestes et des rituels répétitifs aux effets hypnotiques.

Bien au contraire, l’esprit doit reconnaître ses limites et son incapacité à entendre le chant de l’âme qui s’élève dès qu’elle se libère des liens qui l’accrochent artificiellement à l’esprit, s’affirmant ainsi par elle-même en toute indépendance pour reconstituer avec le corps et l’esprit la triade désormais harmonieuse de l’être. Sans cette reconnaissance, l’âme souffre sans discontinuer d’une douleur infusant dans le corps et l’esprit, qui à leur tour souffrent de la même disharmonie et des troubles qu’elle déclenche aux niveaux physique, moral, mental, et spirituel.

Lame BA de letre egyptien.

Pourtant il n’en fut pas toujours ainsi en occident, en particulier dans l’Égypte Antique, son berceau spirituel. Les égyptiens avaient une conception beaucoup plus heureuse de l’âme, positive et stimulante pour l’esprit et le corps, et bien qu’insaisissable, l’âme BA, l’un des neuf constituants de l’être égyptien, était le grand témoin des choix effectués par chaque être responsable de sa vie spirituelle, quelle que soit sa place et son rang dans la société.

Égypte Stèle à oreilles Écoute et Entente

Il appartenait à chaque égyptien et égyptienne de se prendre en main pour « écouter » l’appel de son âme et « s’entendre » avec soi-même, ce passage entre l’écoute et l’entente déterminant toute la résurgence d’un bien-être sans pareil. Et l’être spirituel n’ayant pas changé d’un « iota » depuis ce temps-là, chacun(e) doit toujours retrouver par soi-même le chemin de son propre bien-être tout en évoluant entre des univers communs à tous.

La bride du cheval et la pendule symbolisent ainsi l’action alchimique de la Tempérance sur un temps spirituel intérieur transformé en matière malléable. Chaque initié(e) doit apprendre à prendre en main son destin, à retenir le temps ou l’accélérer dans des moments de vie rituelle où les mots et les gestes les plus anodins deviennent des concentrés de sens et d’énergie, où les pensées sont plus denses et plus graves, et augmentent de ce fait la gravité du moment vécu avec … « gravité ». La force magique résultant des rituels maçonniques vécus collectivement et individuellement avec gravité rejoint ainsi étrangement l’action de la « force de gravité » omniprésente dans l’univers.

Rituels de purification égyptiens

Les Égyptiens retenaient le temps tout au long de la journée pour purifier en eux-mêmes leurs gestes et leurs pensées et se relier à ce qui crée, protège, et prolonge la vie : le soleil, le Nil, et toute la Nature qui est l’expression même de la vie, et sans doute est-ce à force de retenir le temps en ritualisant toute leur vie que la civilisation égyptienne dura plus de 3000 ans. Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, sans doute est-ce à cause de l’attachement aux rituels que la Franc-Maçonnerie a plus de 300 ans d’existence, malgré les épreuves des guerres et de leurs propres dissentions internes. Car les loges sont des matières-énergies qui travaillent avec gravité durant l’espace-temps de leurs travaux, et par ailleurs chaque initié(e) tend à travailler avec la même gravité sur son propre corps-esprit durant l’espace-temps de ses propres travaux.

Les travaux collectifs des Loges sont les matrices des travaux plus personnels de leurs membres, destinés à les rendre conscients de ce qui demeure insaisissable dans leur subconscience, conscients de la profondeur de leur être qui a vocation à se révéler au grand jour en se délivrant des agrégats bouddhistes, c’est-à-dire une fois désagrégéscesagrégats, comme l’indique la devise des alchimistes « solve et coagula », dissous et coagule. Pour y parvenir, les initié(e)s traversent des épreuves symboliques qui les désorientent et les secouent de l’intérieur, pleines de symboles ambivalents alternant par exemple les sensations de chaud et de froid, les rotations à droite et à gauche, etc. Chaque initié(e) doit s’en inspirer pour trouver par soi-même son propre modèle de secousse physique et mentale, et le plus efficace est d’accélérer le temps en soi-même après l’avoir ralenti, l’accélérer en se recentrant sur soi-même dans l’instant « ici et maintenant », « hic et nunc » disait-on au moyen-âge en Occident.

Temps-linéaire-séquentie-et-non-linéaire-perceptuel

Cette conscience du temps est la clé de la connaissance du corps et de l’esprit en mouvement et au repos. C’est dans le mouvement que le cerveau saisit au vol et intègre le temps des événements sensoriels qui relèvent soit du court terme, soit du long terme, du senti ou du ressenti temporels : d’une part les sensations conscientes attachées au monde temporel physique, linéaire et séquentiel, et d’autre part le ressenti du subconscient dans un temps perceptuel décalé, non linéaire et non séquentiel. Ces deux types de perceptions tendent naturellement vers la stabilité et le repos en entrant en phase l’une avec l’autre. Autrement dit, le cerveau crée du temps, ou/et joue avec le temps, pour recréer des ensembles cohérents de perceptions en conjuguant entre elles leurs différentes temporalités.

Si le corps rectifie ses perceptions pour les mettre en phase et en résonance les unes avec les autres, c’est aussi pour que l’esprit s’en inspire, se rectifie lui-même et mette en résonance l’ensemble de ses pensées, notamment en pensant avec gravité lors des cérémonies rituelles. En somme, l’esprit doit juste écouter son corps qui est naturellement en phase avec ses propres rythmes biologiques, pour entrer en résonnance comme les Anciens Égyptiens avec les rythmes de la nature et du cosmos.

Danseurs de Manipuri

Il s’agit dans les cérémonies rituelles comme dans les pensées et les actions de tous les jours d’être « grave » juste comme il faut, se maintenir en équilibre dans l’axe central de l’être « tout en jouant » avec la force de gravité, comme en ondulant pour s’écarter de cet axe central et provoquer des déséquilibres, même imperceptibles, puis reprendre ses esprits et déclencher ainsi des prises de conscience et des éclairs de vérité imprimés définitivement en mémoire. Chez l’être éveillé spirituellement, dansant allègrement sa vie comme les danseurs de Manipuri, les pas de côté vers d’autres connaissances alternent régulièrement avec d’autres pas de recentrage dans l’axe vertical de la conscience, des « pas de deux » effectués en soi-même par un être double illustrant le mouvement et le repos du loggion 50 de l’Évangile de Thomas, : « Jésus a dit : S’ils vous demandent : Quel est le signe de votre Père en vous ? Répondez leur : c’est un mouvement ET un repos ».

L’être spirituel demeure ainsi à la fois dans la paix profonde d’un être actif, et dans l’action d’un être en paix, un être paradoxal à la fois en paix et dans l’action, au repos et en mouvement pour reprendre les mots de Thomas, des termes a priori incompatibles entre eux car on est logiquement au repos ou en mouvement, mais pas les deux à la fois. Pourtant c’est la conjonction de ces deux états qui donne la clé de la Tempérance : la révélation et la naissance d’un troisième « terme » invisible et inattendu né de leur conjonction fructueuse.

Clé de voûte

Car être deux, c’est être plus que deux, et s’élever ensemble vers plus que soi, c’est devenir comme dans les cathédrales et les temples une clé de voûte concentrant en elle plusieurs forces pour n’en faire qu’une et la projeter au-delà d’elle-même dans l’invisible, tout en renforçant en dessous d’elle les piliers et les états d’être en conjonction qui l’ont fait naître.

Alors, tout devient un jeu pour l’être spirituel confronté non pas aux forces matérielles visibles de l’existence, mais à sa propre force délivrée des entraves idéologiques et religieuses. Cette force n’aspire qu’à se déployer en puissance, et le rôle des deux autres vertus cardinales, la Prudence et la Force, est de canaliser cette force pour mieux projeter l’être spirituel en son propre au-delà.

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Il existe des numéros qui ne se contentent pas d’informer. Ils orientent la boussole intérieure, ils frappent à la pierre dure de nos évidences, ils redonnent à la pensée la vigueur d’un serment. Ce volume d’Humanisme porte cette force. L’éditorial de Christophe Devillers ouvre la marche avec un timbre sans concession. Nous y entendons l’ancienne promesse de l’universalisme se dresser contre la confusion contemporaine, non comme un mot d’ordre, mais comme une discipline de l’esprit. Tenir ferme la voie claire, ne pas céder à la superstition vengeresse, refuser l’assignation identitaire qui mutile, tout cela n’est pas une posture, c’est une ascèse. L’Obédience y apparaît gardienne d’une eau limpide, celle de la roche philosophale, qui ne sépare pas, qui purifie.

HUMANISME – Antisémistisme

Dans l’entretien avec Pierre Bertinotti, la maison fraternelle respire, vivante, traversée d’un souffle qui conjugue tradition et anticipation. Le Grand Maître ne rêve pas d’une citadelle, il parle d’un organisme qui se transforme, d’une écoute patiente, d’un progrès réglé par la parole et par la ritualité. Nous retrouvons le triangle de nos fidélités, liberté, égalité, fraternité et la laïcité comme espace apaisé où la conscience se tient debout. La mission est simple et exigeante. Réconcilier ce que l’époque divise, faire travailler ensemble des sensibilités qui parfois s’ignorent, créer des ponts entre l’atelier intérieur et le monde, maintenir la dignité de la méthode et l’ouverture du cœur. La parole du Grand Maître vaut moins pour ce qu’elle promet que pour ce qu’elle demande. Une éthique de responsabilité, une patience, une constance.

Maïmonide

Vient alors la leçon des Anciens, portée par Jacques-Louis Perrin. Averroès et Maïmonide s’y avancent comme deux visages de la raison hospitalière. L’un commente Aristote et affronte l’exil, l’autre soigne les corps et éclaire les âmes, tous deux refusent la servitude du littéralisme. Leur fidélité ne brise pas la lettre, elle la hisse vers un sens plus haut. Ils acceptent la difficulté de la nuance, la lenteur du commentaire, le travail de conciliation entre foi et savoir. À travers eux, l’esprit maçonnique se reconnaît, car la quête se nourrit d’une double exigence. Le respect du mystère et l’exercice de la logique. Nos loges savent ce fil d’équilibre, qui protège de la violence du zèle et des séductions du relativisme. Ces deux maîtres nous rappellent qu’une société devient respirable quand la raison ne chasse pas la transcendance et quand la religion n’efface pas la pensée.

La troisième voix, celle sur laquelle se porte mon troisième regard, plonge au cœur des profondeurs contemporaines. Marc Knobel y explore l’expression de l’antisémitisme sur le Net, dévoilant les formes nouvelles d’une haine ancienne qui, sous le masque de la modernité, poursuit son œuvre de nuit. La description est précise et sans dramatisation inutile. Nous voyons les anciennes haines changer d’allure, emprunter les codes du divertissement, se draper d’ironie, saisir l’économie de l’attention, profiter d’algorithmes qui amplifient la charge émotionnelle. Les forums deviennent des antichambres, les plateformes des chambres d’écho, la viralité forge des bulles où la rumeur se sent chez elle. La haine en ligne n’est plus un ilot marginal, elle touche à la normalité, elle s’infiltre dans des usages, elle s’habille de commentaires, de blagues, de montages. Le texte propose une réponse à deux étages. Une politique ferme qui responsabilise les acteurs et protège les victimes. Un investissement patient dans l’éducation, afin que chacun apprenne à reconnaître les manipulations, à nommer la rhétorique de l’obsession, à déceler la pulsion d’ordre qui se venge de la complexité. Rien de manichéen. Un diagnostic lucide et une préparation à la vigilance.

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Au-dessus du dossier flotte une phrase de Delphine Horvilleur, placée comme une inscription tutélaire. « L’antisémitisme est une passion de l’ordre, il hait ce qui échappe, ce qui se dérobe, ce qui ne se laisse pas ranger. »

Tout est dit du ressort profond de cette vieille fureur. Elle ne supporte pas l’inclassable, elle guette l’écart, elle punit la singularité. Notre tradition répond par un autre ordre, non pas l’ordre qui enferme, mais l’harmonie qui donne place. La géométrie de l’atelier est une pédagogie de l’âme. Elle apprend à assembler sans écraser, à unir sans uniformiser, à reconnaître dans l’altérité la chance d’un agrandissement intérieur.

Ce numéro ne joue pas le présent contre l’histoire, il refuse les conforts inverses. Il montre comment la haine se métamorphose et pourtant reste la même, comment la pensée change de vêtement et pourtant demeure fidèle à son axe. Nous sortons de cette lecture avec une double injonction. Travailler la lucidité et maintenir la douceur, connaître les mécanismes et tenir la fraternité comme fin. L’esprit des Lumières n’est pas un musée, c’est une façon d’habiter le monde.

Afin d’embrasser la richesse du volume, voici un panorama des contributions qui composent ce cheminement. Paul Salmona éclaire la place des Juifs dans le récit national, il révèle la zone aveugle où se tissent des oublis qui déforment la mémoire commune, il montre comment une nation se raconte quand elle accepte ses complexités. Dominique Schnapper décrit les métamorphoses et les permanences de l’antisémitisme, elle suit le fil d’une obstination qui change de masque, elle mesure l’effet des contextes politiques et des styles intellectuels sur la vitalité de cette haine. Pascal Ory s’attache à la mécanique de la détestation, il scrute les ressorts culturels et passionnels qui conduisent à la haine du Juif, il met à nu la logique de diabolisation qui prépare l’exclusion et parfois l’extermination.

Vincent Duclert revient à l’affaire Dreyfus, il en rappelle la valeur fondatrice, non comme un épisode ancien, mais comme un laboratoire du courage civique et de la vérité méthodique. Pierre-André Taguieff remonte aux sources du mythe du complot juif international, il suit ses avatars, dévoile ses opérations de collage idéologique, met au jour la force d’attraction des récits totalisants qui promettent une clé unique au chaos du monde. Frédéric Dabi propose une lecture fine de l’opinion française, il observe une prise de conscience réelle, il signale des signaux faibles préoccupants, il rappelle que l’espace public se gagne chaque jour par l’éducation et par la parole responsable. Bernard Fialaire précise la réponse législative dans l’enseignement supérieur, il détaille des outils, il en cerne les limites, il inscrit l’action publique dans une stratégie durable qui protège sans étouffer la liberté. Alexandre Bande et Pierre-Jérôme Biscarat analysent l’après sept octobre, ils replacent l’onde de choc dans l’histoire politique française, ils nomment les fractures nouvelles et les lignes de fuite qui traversent les milieux militants comme les discours médiatiques. Marc Knobel, déjà évoqué, trace l’anatomie de la haine numérique et en dessine les antidotes, avec une pensée qui joint rigueur et humanité. François Rachline conclut par une méditation sur l’antihumanisme, il rappelle que la haine du Juif n’est pas une haine de plus, elle vise l’humanité même, elle attaque l’idée que chaque personne porte un infini en partage.

Ce déploiement ne vaut pas seulement par la somme des savoirs. Il tient par la tenue intérieure que la revue exige. Une tenue au sens le plus maçonnique du terme. Les auteurs y travaillent comme des Frères aux métiers différents, rassemblés par le même désir de lumière.

Un volet Histoire nous entraîne dans un entretien avec Stéphane Nivet qui ouvre un passage de mémoire vive et de transmission, promesse d’éternité par la trace humaine plus forte que l’oubli. Dans la veine citoyenne, Bruno Fuligni réinvente le banquet républicain et rappelle cette liturgie profane où la parole fraternelle circule, où la convivialité devient pédagogie civique. Côté littérature, Damien Cesselin poursuit son parcours zolien et trouve dans La Joie de vivre une leçon d’humanité qui résiste aux fatalités sociales. Le cinéma, avec Benoît Recco, s’arrête sur « Le vieil homme et l’enfant » et met à nu une scène d’antisémitisme ordinaire qui dit beaucoup du temps et de l’intime. La musique, sous la plume de Jean Kriff, rend justice au Frère François-Joseph Gossec, maître de l’équilibre classique et artisan d’une sociabilité sonore qui a façonné l’espace public des Lumières. Les pages livres se referment sur deux lectures qui parlent à notre atelier intérieur.

Philippe Foussier ancien Grand Maître du GODF (Source Blog de Jean-Laurent Turbet)

Philippe Foussier examine l’ouvrage d’Alain Bauer et Roger Dachez et interroge ce que les francs-maçons font de la politique quand ils choisissent la responsabilité plutôt que l’incantation. Et, sous la plume de Gregor Tacite, l’ouvrage de Cécile Révauger ramène aux fondamentaux et rappelle que devenir franc-maçon demeure une aventure de liberté, de connaissance et de service, loin des clichés et des simplifications.

Nous retenons enfin la tonalité de l’ensemble. Rien d’apocalyptique, rien d’euphorisant. Un courage lucide et tranquille qui sait la gravité des temps et garde la confiance. La Franc-Maçonnerie se tient dans cette ligne, fidèle à l’héritage des Lumières, attentive aux blessures présentes, consciente de la responsabilité qui vient avec le savoir. L’antisémitisme hait ce qui échappe et se dérobe. Nous choisissons la liberté qui accueille et qui élève. L’atelier continue son œuvre, pierre après pierre, parole après parole.

Ainsi la Franc-Maçonnerie, fidèle à sa vocation humaniste, éclaire les ténèbres du fanatisme.

Humanisme n° 349 – Antisémitisme / Revue des francs-maçons du Grand Orient de France – Conform édition, novembre 2025, N°349, 128 pages, 17 € port inclus Conform édition, le site

Pourquoi les Francs-maçons sont-ils si secrets ? Le mystère est levé

De notre confrère smart.dhgate.com – Par Scarlett

Le mystère qui entoure la franc-maçonnerie suscite souvent curiosité et spéculations. Cette fraternité, riche d’histoire et de traditions, est fréquemment perçue comme secrète, alimentant l’imagination et parfois la suspicion. Comprendre cette perception exige de se pencher sur ses origines et d’explorer les coutumes qu’elle perpétue. Sa réputation énigmatique ne tient pas uniquement à une volonté de dissimulation, mais aussi à la complexité des rituels, coutumes et symboles qui remontent à plusieurs siècles.

En tant que Scarlett, il me semble important d’aborder ce sujet avec discernement, en reconnaissant à la fois l’intrigue et la réalité qui se cachent derrière le voile du secret, afin d’offrir une perspective équilibrée.

Explication des problèmes à la racine

L’une des principales raisons pour lesquelles les francs-maçons sont perçus comme secrets réside dans leur recours à des rituels et des symboles dont la signification n’est jamais expliquée publiquement. Ces éléments cérémoniels, préservés au fil du temps, sont significatifs pour les membres mais obscurs pour les non-initiés. De plus, les membres prêtent serment d’engagement qui insistent sur la confidentialité et la loyauté, créant parfois une impression d’exclusivité. La structure hiérarchique et la gouvernance interne de la franc-maçonnerie ne sont pas transparentes pour le public, ce qui renforce ce sentiment de secret. En définitive, la combinaison de tradition, de secret rituel et d’opacité de la gouvernance explique en grande partie pourquoi ce groupe peut sembler inaccessible au grand public.

  • Le recours à des rituels et des symboles qui ne sont pas expliqués publiquement contribue à la perception de secret.
  • La structure hiérarchique et la gouvernance interne des loges maçonniques restent largement opaques aux yeux des personnes extérieures.
  • Les serments d’engagement prêtés par les membres peuvent être interprétés comme secrets ou contraignants, excluant ainsi les non-membres.
  • La tradition et les pratiques historiques, dont certaines proviennent des tailleurs de pierre opératifs, sont perpétuées au sein de la confrérie.

Cette vidéo (en anglais) offre un éclairage précieux en explorant les actions réelles et le rôle communautaire des francs-maçons au-delà des mythes, contribuant ainsi à clarifier les malentendus courants.

Idées cadeaux (Scarlett)

Si vous connaissez un franc-maçon ou souhaitez simplement honorer ses intérêts particuliers, choisir un cadeau sur le thème maçonnique est une attention délicate et respectueuse. Les objets ornés de symboles traditionnels ou de références historiques résonnent profondément en eux, reflétant leur passion pour le riche héritage de la franc-maçonnerie. Des cadeaux tels que des livres sur la franc-maçonnerie, des bijoux symboliques ou des souvenirs rendant hommage à leur histoire peuvent être significatifs. Offrir un tel cadeau témoigne de votre appréciation pour leur attachement à une tradition qui leur est chère. C’est un geste poli et attentionné qui peut renforcer les liens grâce au respect mutuel de leurs valeurs et de leurs expériences.

Solutions pratiques/Conseils

Pour mieux comprendre la franc-maçonnerie et lever le voile sur son mystère, il est essentiel de se renseigner auprès de sources fiables. Évitez de vous fier à des rumeurs non vérifiées ou à des théories du complot, qui ne font qu’alimenter les idées fausses. Selon l’article de Wikipédia sur la franc-maçonnerie, cette fraternité privilégie les enseignements moraux et la charité plutôt que des motivations cachées. Se pencher sur des récits historiques crédibles ou des analyses culturelles reconnues permet d’acquérir une perspective nuancée. N’oubliez pas que juger uniquement sur la base de connaissances limitées risque de créer des récits erronés. Aborder le sujet avec un esprit ouvert contribue à y voir plus clair et à réduire les soupçons injustifiés. Liste de contrôle des observations.

  • Privilégier les sources authentiques aux ouï-dire pour la recherche des rituels.
  • Comprendre la signification symbolique des emblèmes maçonniques.
  • À noter l’importance accordée à la communauté et à la philanthropie au sein des loges.
  • Il faut reconnaître que les pratiques de confidentialité servent la tradition, et non la dissimulation.
  • Explorez les contextes historiques des pratiques maçonniques.
  • Engagez-vous respectueusement auprès des membres disposés à partager leurs points de vue.

Exemple concret

Un exemple inspirant nous vient d’un franc-maçon engagé dans le service communautaire. Par des actions caritatives telles que l’organisation de collectes alimentaires et le soutien à des programmes locaux pour la jeunesse, ce membre illustre l’impact positif attribué à la franc-maçonnerie. Un tel engagement met en lumière la vocation plus large de la franc-maçonnerie, au-delà des rituels et du secret, et souligne des valeurs comme la fraternité, le service et la responsabilité sociale. Des histoires comme celle-ci nous rappellent que les francs-maçons peuvent être des piliers de leurs communautés, contribuant discrètement et avec dévouement au bien commun, loin de toute ostentation.

Que d’histoires !

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En hommage à la mémoire de Jean-Pierre Thomas

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

La Franc-maçonnerie est, elle aussi, affaire de mémoire, surtout que, comme toute tradition, elle cherche à éclairer les chemins de l’avenir avec les lumières du passé. Or, comme tout ce qui marque l’Histoire, elle est ce que l’on en raconte. Longtemps réfugiée dans les limbes d’un ésotérisme réservé aux seuls initiés, elle devait, par principe, échapper à toute annexion par la culture aussi bien courante que savante. Depuis quelques décennies, elle s’insère, désormais, dans l’ensemble des courants de pensée qui traversent la société et relève ainsi de toutes les formes d’intérêt intellectuel qu’illustre la littérature paraissant à son sujet.

Cela ne va pas sans quelques querelles et remises en cause, qui portent sur la légitimité de telle ou telle obédience à occuper telle ou telle place ou à se revendiquer de telle ou telle école ou tendance, chacun étant jaloux de ses prétendus héritages, oubliant au besoin les sinuosités de son propre parcours. Ces vastes évolutions donnent lieu à moult monographies et communications, tantôt parsemées des anathèmes et des sortilèges que se jetaient les protagonistes. L’histoire de la Franc-maçonnerie est d’autant plus vibrante que les hommes et les femmes qui l’ont façonnée y ont mis ce qu’ils croyaient être le meilleur d’eux-mêmes – sachant que la pointe de leur action n’allait pas toujours sans obsession ni bannissement.

L’avantage des études historiques, quand elles sont conduites sans parti-pris, c’est qu’elles relient bien les idées et les pratiques aux réalités de leur temps, aux modes qui s’emparaient alors des contemporains. La maçonnerie devient, ce faisant, un luxe d’antiquaire, gourmand des manières d’autrefois. L’histoire aide aussi à comprendre le paysage de ces confréries, de nos jours. La lecture critique des passions subsistantes permet d’en percevoir les contrastes dans leurs origines comme dans leurs mouvements, en restaurant le souvenir des « initiateurs » et des continuateurs, tout aussi bien. Le temple des vanités y est rarement tout à fait vide…

Bref, l’œuvre des historiens est des plus salutaires, déblayant l’horizon d’un fatras de représentations échauffées ou réchauffées où les excommunications n’ont pas toujours été l’apanage de la seule Église. Restent, en définitive, des rituels compendieux, s’offrant aux rebonds des imaginaires et des introspections, sous l’énigmatique étoile de la vie.

En attendant… que d’histoires !

Irène Mainguy : « La fraternité en énigmes, la légende en partage »

Le livre s’ouvre comme une clairière de visages. Irène Mainguy ne plaque pas des certitudes, elle dispose des signes et nous invite à les relier. Quelques empreintes d’existence, un geste qui sauve, une parole qui porte, une œuvre qui réoriente la cité, et le nom affleure avec douceur. Le jeu des énigmes n’est pas divertissement. Il ranime l’art de reconnaître, qui est un art d’aimer.

Ce dispositif réveille la mémoire, discipline l’écoute, met à contribution ce qu’il y a de plus fraternel en nous. Deviner revient ici à se rendre contemporain d’une destinée, afin de lui donner la place juste.

Francs-maçons et franc-maçonnes dont le génie a éclairé le monde

La respiration de l’ensemble persuade. Matière riche, pourtant chaque portrait garde la netteté d’un camée. L’ouvrage traverse siècles et continents, sans perdre la précision d’une plume patiente. Nous allons des gouvernants aux savants, des artistes aux explorateurs, des bâtisseurs aux poètes, des éducateurs aux marins, des femmes de caractère aux hommes de service. La composition ménage un mouvement discret, presque rituel. Rien pour l’ostentation, tout pour la question essentielle. Qu’est-ce qui rend fraternelles ces existences au-delà des patries, des partis, des usages et des époques. La réponse tient à une fidélité de l’âme. Chacune et chacun accepte de se penser en chantier, responsable de ses outils, comptable de sa lumière.

Les noms surgissent comme des bornes d’humanité. L’émir Abd el-Kader fait de la maîtrise de soi une politesse envers l’ennemi. Salvador Allende paie de sa vie l’entêtement d’une liberté. Arnaud Beltrame accomplit l’offrande sans témoin. Winston Churchill soutient une île par la force d’une voix. Félix Éboué gouverne sans renier l’humain du gouvernant. Léon Gambetta transforme l’énergie en destin commun. Giuseppe Garibaldi marche pour unir. Joséphine magnifie la dignité souveraine. La Fayette prête serment à l’avenir. La pensée se tend et s’éclaire avec Montesquieu. La musique respire avec Duke Ellington. Le monde devient scène et souffle avec Cecil B. DeMille. L’architecture se dresse dans l’ordre et la grâce chez Alexandre Brongniart. La science murmure avec Alexander Fleming. Le rire reçoit sa part métaphysique chez Grock, le célèbre clown auguste musical suisse. Le ciel s’ouvre avec John Glenn. Toujours la même transparence finale. Derrière la fonction ou le génie, la silhouette d’un initié qui oriente ses talents vers plus grand que lui.

Joséphine Baker

Rappelons que l’auteure fait surgir plusieurs figures de femmes qui se répondent comme des constellations dans la mémoire initiatique. Edith Cowan, pionnière de la cause civique, ouvre la voie d’une citoyenneté servie par la justice et la raison. La duchesse de Bourbon rappelle que la générosité peut prendre la forme d’un art du don discret. Joséphine, souveraine au cœur éprouvé, élève la grâce au rang d’autorité intérieure. Éliane Brault, journaliste et femme de lettres, fait de la parole publique une discipline de courage. Clémence Royer, savante inflexible, place la recherche sous le signe d’une liberté sans peur. Béquet de Vienne, la philanthrope. Joséphine Baker transforme la scène en autel de liberté et prend la fraternité pour unique passeport. Louise Michel, alias « Enjolras » et surnommée la « Vierge rouge », femme de lettres.

Louise Michel

À travers elles, Irène Mainguy révèle la part féminine du Grand Œuvre, une lumière née du courage, de la beauté, du savoir et du cœur, qui rappelle que l’initiation ne relève d’aucun privilège mais d’un appel de l’esprit adressé à toute âme libre. Un cahier central d’illustrations vient donner visage à tous ces destins, il précise les traits, accompagne la levée des énigmes, accroît la connaissance de l’ouvrage en offrant à la lecture la présence silencieuse des regards.

Sir Winston Churchill
Sir Winston Churchill – crédit photo YG

La méthode d’Irène Mainguy refuse les assignations. La franc-maçonnerie ne se réduit ni à un blason ni à un uniforme. L’auteure cherche la discipline intérieure qui affleure dans les œuvres, les décisions, les paroles, les gestes de secours. Nous sentons la permanence d’un axe qui traverse les pages comme une colonne invisible. Sens de la mesure, amour de la justice, progrès de l’esprit, hospitalité pour les faibles, patience dans l’étude, joie devant la beauté. De là naît l’unité secrète du livre. Nous ne lisons pas cent vingt vies juxtaposées, nous recevons un même récit, celui d’une humanité consentant à l’initiation du temps et remettant chaque matin sa pierre à l’ouvrage.

Giuseppe_Garibaldi_1866

Les énigmes remplissent une fonction d’éveil. Elles nous dépossèdent de la paresse documentaire, nous font entrer dans la texture d’une trajectoire. Notre regard se précise, notre oreille devient plus fine, nos souvenirs se vérifient, nos préjugés sont mis à l’épreuve. L’étonnement retrouve son droit. La notoriété cesse de se faire passer pour la grandeur. Un indice devient un signe et le signe ouvre une part de vérité. Ce travail nous forme. Nous sortons meilleurs lecteurs, donc meilleurs Frères et meilleures Sœurs dans la cité.

La Fayette – USA

La diversité des domaines ne disperse pas. Tout remonte à une source commune. Les arts parlent la langue de la liberté. Les sciences cherchent la guérison du monde. La politique se fait éthique en acte. Les voyages reprennent leur nature d’épreuves et de transmissions. Le sport retrouve sa valeur d’ascèse. La musique et la poésie prennent charge d’augure. L’architecture dit la patience des formes. De Mozart à Joséphine Baker, de George Washington à Montesquieu, la chaîne ne se contente pas d’impressionner. Elle fonde une fraternité de haute lignée. Elle nous préserve d’une vision étroite de la maçonnerie réduite à des réseaux. Elle rappelle la vocation spirituelle de l’Ordre. Répondre à une convocation intérieure qui ordonne de tenir debout, de parler droit, d’agir clair.

Mozart

La langue d’Irène Mainguy unit précision documentaire et délicatesse pédagogique. Touches brèves, détails justes, rien de péremptoire. La vérité de ces vies ne tient pas à une thèse mais à une manière d’être au monde. Cette retenue donne au livre une valeur morale. Nous sortons plus exigeants envers nos promesses. Les exemples ne sermonnent pas. Ils éclairent à hauteur d’homme.

La dimension maçonnique circule partout. Non comme obsession de l’appartenance, mais comme fidélité à une pédagogie. Faire de sa vie un chantier, transformer les passions en forces, accorder l’intelligence au cœur, servir la liberté sans humilier l’adversaire, rechercher l’universel sans perdre la couleur du lieu. Les portraits dessinent une carte intérieure. Nous y reconnaissons nos vertus, nos outils, nos serments, nos attachements les plus doux. La chaîne d’union n’est pas nommée à chaque page, elle se devine dans la manière de vivre, parfois dans la manière de mourir, dans l’attention aux plus fragiles, dans le respect des lois quand elles respectent la dignité, dans le courage de dire non lorsque l’iniquité se déguise en ordre.

Il convient d’honorer la fabrique savante. Bibliographie généreuse qui ouvre des sentiers sûrs pour poursuivre l’enquête. Portraits reproduits avec tenue, compagnons patients de la résolution des énigmes, visages qui se dévoilent quand la lumière se lève. En contrepoint, un examen critique des attributions incertaines. Les illusions d’appartenance sont démêlées, les légendes confortables bousculées. Cette exigence intellectuelle n’exclut personne, elle rétablit la justesse. Elle lève nettement le voile sur celles et ceux qui ne relèvent pas de notre fraternité, afin que la chaîne demeure pure de ses maillons et fidèle à sa promesse.

Irène Mainguy – Babelio

Irène Mainguy appartient à cette lignée d’auteures pour qui le savoir demeure service. Ancienne élève de l’ENSBA et de l’INALCO, libraire, formatrice puis bibliothécaire-documentaliste d’État, elle a dirigé durant plus de vingt ans la grande et belle bibliothèque maçonnique du Grand Orient de France (GODF) à Paris. Présidente de la Société Française d’Études et de Recherches sur l’Écossisme (SFERE), elle anime rencontres et colloques où la tradition vit sans se figer. Son œuvre tisse un fil entre histoire, symbolique et pratique initiatique. La Symbolique maçonnique du troisième millénaire a rencontré un lectorat exceptionnel. Cent mille lecteurs déjà initiés ou curieux y ont trouvé une porte d’entrée vers la profondeur du symbole. Ce succès rare, durable, témoigne de la confiance accordée à une œuvre qui éclaire sans jamais appauvrir, et qui a su faire dialoguer la rigueur du savoir avec la ferveur de l’esprit. Les Initiations et l’initiation maçonnique, la trilogie La franc-maçonnerie clarifiée pour ses initiés, les études consacrées aux grades de perfection et aux degrés philosophiques, mais aussi ses explorations des mythes et des contes, en particulier 3 minutes pour comprendre la signification et le symbolisme des contes merveilleux, 3 minutes pour comprendre les cinquante plus grands mythes et légendes initiatiques, ainsi que Retrouver un ancêtre franc-maçon, attestent d’une même volonté. Mettre la science au service de la ferveur. Relier l’atelier à la bibliothèque, l’étude à la méditation. Rappeler qu’un symbole n’est pas une décoration mais une clef.

La 4e de couverture

Francs-maçons et franc-maçonnes dont le génie a éclairé le monde ne se contente pas d’additionner des noms admirables. Il propose une éthique de la reconnaissance. Il transforme le lecteur en chercheur de signes, en compagnon de destinées, en témoin d’une lignée spirituelle qui traverse l’histoire humaine. Longtemps nous reprendrons ces pages. Elles donnent envie d’être plus fidèles à notre promesse. Elles enseignent que la grandeur ne se mesure pas au bruit qu’elle fait, mais à la lumière qu’elle laisse derrière elle. Puisse chacun y puiser une force de service et une joie de transmettre.

Francs-maçons et franc-maçonnes dont le génie a éclairé le monde – 120 portraits à énigmes 

Irène Mainguy – Éditions Dervy, 2025, 336 pages, 24,90 € – numérique 16,99 €

Pour information, notre TCS Irène sera en dédicace le samedi 29 Novembre 2026 de 10h30 à 16h30 à la Librairie Savoir-Être au 97 rue des Halles à Tours (Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire).

Le mot du mois : « Horizon »

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L’horizon vient du grec *horos, la limite. *Orizô, je trace une limite. Il participe aussi de l’idée de « sillon » tracé dans un champ, qui se voit marqué par des bornes de délimitation. Quelques avatars phonétiques se retrouvent aussi en latin. Le champ lexical n’est guère pléthorique, horizon, horizontal, aphorisme. L’aoriste, temps verbal grec, correspond au passé simple français, au prétérit anglais. Un passé strictement limité à une action ponctuelle, historique. Sans durée ni valeur répétitive. Contrairement à l’imparfait.

L’horizon est le point aveugle, la limite indépassable entre ciel et terre, ciel et mer.

Horizontalité matérielle et terrienne du « plancher des vaches », verticalité des ciels et des cieux. Mais… car il y a un mais à cette apparente définition sans difficulté. L’horizon a, depuis longtemps, suscité son lot de réflexion, de perplexité, d’inquiétude. Une limite ? Certes. Mais qu’y a-t-il derrière elle ?

Que ce soit dans une perspective « platiste » de l’univers, ou que l’innovation mentale des penseurs scientifiques, depuis Ératosthène dès l’Antiquité, vienne en prouver la sphéricité, combien difficile il est de concevoir l’existence d’« autre chose » au-delà de cette limite ! Une Terre plate, « au bout » de laquelle la chute dans le grand vide serait assurée ? Une sphère qui poserait l’existence « à l’envers » d’autres humains ? Comment se voir la tête en bas ?

Comment expliquer que, de ce bateau là-bas, à l’horizon, on voit d’abord le mât avant d’en repérer la taille même minuscule, ou qu’il s’escamote progressivement dans la mer, sans naufrage ?

Si l’horizon crée une limite, plutôt rassurante, il ouvre en même temps à l’idée d’un au-delà assorti de l’inquiétude de ce qu’il occulte, et surtout qu’il interdit. D’autant plus que, comme chacun le sait, il recule indéfiniment à la mesure du pas que l’on fait vers lui !

Il est un appel à l’imagination, à l’invention de figures peut-être terrifiantes, à la curiosité d’escalader la montagne pour découvrir ce qu’elle cache. L’horizon comme élan, pourrait-on dire, ne laisse jamais en repos.

Ambivalence de ce mot qui désigne à la fois la borne entre la vie, concevable par la vue qu’on en a, et l’interdit du non visible sous le sceau d’un infini de danger et de mort.

« L’horizon qui souligne l’infini », comme dit Victor Hugo, qui le contempla chaque jour de son exil à Jersey.

Ligne intangible entre ciel et mer, ciel et terre, il dessine les contours de l’imaginaire, qu’on le formule en bord du ciel ou en frontière des yeux.

Mais c’est une frontière rassurante. Il n’est que de percevoir, a contrario, le presque malaise que créent William Turner dans ses marines tourmentées de batailles et d’orages, ou encore Carl Friedrich David et son Voyageur devant la mer de nuages, qui escamotent ou détournent les contingences naturelles.

L’horizon se fait alors source d’un regard plus intime, d’une respiration au rythme comme transcendé d’un univers autre, d’une expérience spirituelle dans laquelle on se laisse déborder par une émotion inédite.

But, projet, dessein, « à l’horizon des années 20.. ». La vision d’un futur encore trouble et des enjeux qui le sous-tendent ?

Dans un monde en peau de chagrin, qui se crispe entre les clôtures de ses absurdités et confisque la possibilité même d’exister, ainsi l’horizon dépasse-t-il sa définition initiale de borne, pour recouvrer la vertu première du sillon à ensemencer de rêves et d’espoirs. Parce que, en dépit de toutes les certitudes rationnelles de sa cartographie, il offre encore l’au-delà de l’œil, l’ubiquité laissée à chacun de son imprescriptible lointain, de son ailleurs.

Annick DROGOU


L’horizon comme l’ombre

Pourquoi les peintres, pour dire l’horizon, le placent-ils presque toujours dans un coucher de soleil ?
Comme si la ligne imaginaire du monde devait s’éteindre avec la fin du jour.
Comme si la fin de la lumière était le seul moyen de pressentir un au-delà du visible.

L’horizon n’est pas une fin, c’est la promesse du recommencement.
L’éphémère s’y mêle à l’infini.

L’horizon est pareil à l’ombre que chacun porte avec soi, ombre à la fois insaisissable, fuyante et mêmement fidèle.
Microcosme de l’ombre, macrocosme de l’horizon.
Même fugacité, même irréalité, même immatérialité.
L’ombre et l’horizon résument tout ce que nous ne pouvons retenir, tout ce qui nous échappe, tout ce que nous pressentons sans pouvoir le dire.

Toujours devant l’homme, l’horizon parle d’éternité.
Toujours avec l’homme, l’ombre dit la gravité.

Ce que nous ne voyons pas encore, l’horizon le porte déjà.
Il nous murmure qu’il n’est de limite que dans notre regard, que nos frontières ne sont que des perceptions restreintes.

J’aime l’idée d’un horizon comme d’un sillon à creuser.
On y enfouit ses espérances, on y sème ses désirs. Germination.

Le destin comme ligne d’horizon.
La fatalité comme ombre insécable.
Entre les deux, la lumière persévérante de la marche.

Et le midi plein, quand l’ombre a disparu : “Midi le-juste“ comme ultime horizon.

Jean DUMONTEIL

« 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté » : François Hollande au « 16 Cadet »

Pour le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905, le Grand Orient de France organise, le mardi 9 décembre 2025, une grande conférence publique à la rue Cadet, autour de François Hollande, ancien Président de la République. Une soirée où l’histoire, la laïcité et l’idéal maçonnique se répondront au cœur de la cité.

Une Marianne vigilante pour une République en éveil

L’affiche frappe d’emblée : un visage de femme, profil tendu vers l’horizon, regard clair, lèvres rouges, bonnet phrygien stylisé. Une Marianne revisitée, presque intemporelle, qui semble sortir d’une estampe moderne. Ce choix graphique n’est pas un simple décor. Il dit l’essentiel : la laïcité n’est pas un vieux texte rangé au rayon des commémorations poussiéreuses. Elle demeure un visage vivant de la République, un appel à la vigilance et à la liberté de conscience.

Marianne-GODF

Sur fond de bleu profond, le slogan s’impose comme un leitmotiv :

« 120 ans de Laïcité, 120 ans de Liberté ».

Derrière cette formule, tout un héritage : la loi du 9 décembre 1905, dont le Grand Orient de France fut l’un des ardents promoteurs, et qui continue de structurer notre rapport collectif au religieux, à l’État, à la citoyenneté.

Le 9 décembre 2025, à 19 h, la salle du Grand Temple de la rue Cadet accueillera donc un invité de marque : François Hollande, ancien Président de la République. La rencontre se déroulera en présence de Pierre Bertinotti, Grand Maître du Grand Orient de France, entouré d’une délégation du Conseil de l’Ordre. L’accès se fera sur inscription obligatoire, via le site du GODF.

1905 – 2025 : une loi de séparation, une culture de l’émancipation

On réduit parfois la loi de 1905 à un simple dispositif de « séparation des Églises et de l’État ». Elle est bien plus que cela : une véritable grammaire de la liberté. Elle met fin au régime des cultes reconnus, consacre la neutralité de l’État en matière religieuse, et garantit, dans un même mouvement, la liberté de conscience et la libre expression des convictions.

La Marianne noire – musée de la franc-maçonnerie, copie

Pour la Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique, cette loi a longtemps été l’un des horizons privilégiés de son engagement citoyen. Au tournant du XXe siècle, nombre de frères ont œuvré, à l’Assemblée comme dans la société civile, à l’émergence d’un cadre juridique qui protège à la fois le croyant, l’agnostique, l’athée, le chercheur spirituel. La loi de 1905 n’est pas anti-religieuse ; elle est anti-confusion des pouvoirs. Elle met chacun à sa juste place : l’État du côté de l’intérêt général, les cultes du côté de la liberté individuelle.

Cent vingt ans plus tard, les défis ont changé de visage sans perdre de leur intensité :
– résurgence des fanatismes et des intégrismes ;
– crispations identitaires autour des signes religieux ;
– interrogations sur le rôle de l’école, des services publics, des réseaux sociaux ;
– tentations d’instrumentaliser la laïcité, tantôt comme bannière d’exclusion, tantôt comme alibi pour contourner les valeurs républicaines.

Dans ce contexte, le choix du thème – « 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté » – prend tout son sens. Il rappelle que la laïcité n’est pas une arme de guerre culturelle, mais un outil de paix civile. Elle n’oppose pas, elle sépare pour mieux relier : elle sépare les pouvoirs pour relier les consciences dans un même espace de droit.

La parole d’un ancien Président au cœur de la maison maçonnique

Inviter un ancien Président de la République au siège du Grand Orient de France n’est jamais un geste anodin. C’est affirmer que la laïcité ne relève pas d’un débat académique ou d’un folklore militant, mais qu’elle engage la plus haute responsabilité politique : celle de garantir, en tout temps, l’équilibre subtil entre l’unité de la Nation et la pluralité des convictions.

François Hollande en 2015

François Hollande s’est trouvé aux commandes de l’État dans une période marquée par les attentats terroristes, les crispations sur la place de l’islam, les tensions autour de l’école et des valeurs républicaines. Sa présence rue Cadet permettra de revenir, avec le recul nécessaire, sur plusieurs questions brûlantes :
– comment l’État peut-il défendre la laïcité sans céder à la stigmatisation de certaines populations ?
– comment tenir ensemble liberté d’expression, respect des croyances et lutte contre les discours de haine ?
– de quelle manière la loi de 1905 reste-t-elle un socle, et quelles adaptations sont aujourd’hui discutées ou contestées ?

La Franc-Maçonnerie, forte de son histoire, n’a pas vocation à se substituer au politique, mais à nourrir le débat public. En ouvrant largement ses portes à une conférence publique, le Grand Orient de France assume ce rôle : faire de la rue Cadet un lieu de réflexion, de pédagogie et de dialogue, loin des caricatures complotistes, loin aussi des simplifications médiatiques.

Laïcité et idéal maçonnique : une même exigence de liberté intérieure

Pour les francs-maçons, la laïcité ne se réduit pas à un dispositif juridique. Elle est le miroir profane d’un principe initiatique : la liberté absolue de conscience. Entre les colonnes, chacun est invité à interroger ses certitudes, à se déprendre des dogmes, à travailler à la fois à son élévation et à celle de l’humanité. La cité laïque, elle, propose un cadre où nul n’est sommé de renier sa foi ou son absence de foi, mais où personne ne peut imposer à tous ses propres normes spirituelles.

Dans cette perspective, célébrer les 120 ans de la loi de 1905 n’est pas seulement rappeler un texte fondateur ; c’est revisiter un engagement vivant :
lutter contre toutes les formes de cléricalisme, religieux, politique, idéologique ;
défendre la liberté de croire, de ne pas croire, de changer de croyance ;
promouvoir une école émancipatrice, qui transmette à la fois des savoirs, une méthode, un sens critique ;
faire de la République un espace hospitalier pour toutes les diversités, à condition qu’elles respectent l’égalité en droits et la dignité de chacun.

La Marianne graphique de l’affiche, avec son regard tourné vers l’avant, peut alors se lire comme une allégorie maçonnique : une conscience éveillée, qui refuse de se laisser enchaîner par les fanatismes, les replis identitaires ou les nostalgies d’un ordre ancien. Elle évoque la Sœur Liberté, gardienne silencieuse des Lumières, qui invite à passer du slogan à la pratique, du principe abstrait à la responsabilité quotidienne.

Une soirée ouverte à tous, pour penser l’avenir de la laïcité

Cette conférence du 9 décembre 2025 se veut résolument ouverte au grand public : citoyens curieux, chercheurs, enseignants, militants associatifs, profanes désireux de mieux comprendre le lien entre laïcité et Franc-Maçonnerie. Elle sera aussi un moment de pédagogie pour rappeler que la laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres, mais la condition même pour que toutes les opinions puissent coexister dans la paix civile.

À l’heure où tant de discours cherchent à opposer les communautés, à dresser les uns contre les autres, le pari du Grand Orient de France est clair : rassembler autour de la loi de 1905 comme d’un bien commun, un patrimoine vivant à transmettre, questionner, actualiser.

Pierre Bertinotti

En donnant la parole à François Hollande, en présence du Grand Maître Pierre Bertinotti et d’une délégation du Conseil de l’Ordre, l’obédience s’inscrit dans la continuité de son histoire : celle d’une institution qui ne se contente pas de commenter la République, mais qui entend, à sa manière, contribuer à l’éclairer.

Rendez-vous (inscription obligatoire) donc mardi 9 décembre 2025 à 19 h, au Grand Orient de France, 16 rue Cadet, Paris IXe, pour cette soirée où la laïcité, loin des polémiques stériles, se donnera à entendre comme ce qu’elle demeure depuis 1905 : une liberté en partage, un chemin de fraternité possible dans une société plurielle.

Une nouvelle lumière au Rite Écossais Rectifié : la loge Emanescence voit le jour à Montpellier

C’est dans la douceur automnale du Languedoc, à l’Orient de Montpellier, que s’est allumée une nouvelle flamme du Rite Écossais Rectifié. Le 1er novembre 2025, au temple de Vauguières (chemin du Mas Michel, 34130 Mauguio), la loge Emanescence a été officiellement constituée. Un nom qui dit tout : l’émergence, la naissance d’une lumière intérieure dans la continuité la plus pure de la tradition willermozienne.

Une convergence rare et précieuse

J.-B. Willermoz

Ce qui frappe d’emblée, c’est la richesse des origines des fondateurs. Sœurs et frères venus de sept obédiences différentes – Grande Loge Féminine de France, Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, Fédération française du Droit Humain, Grande Loge Mixte de France, Grand Prieuré Mixte de France, Province d’Auvergne, Prieuré de Septimanie – ont choisi de dépasser les clivages pour ne faire qu’un seul et même atelier.

Cette union n’est pas un compromis : c’est une volonté délibérée de retour aux sources. Emanescence est une loge libre et souveraine, associée à un ordre intérieur, qui pratique le RER dans sa forme la plus authentique : rituel de 1782 et Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France – Approuvé par les députés des Directoires de France au Convent National de Lyon en 5778 respectés à la lettre.

Camille Savoire (1869-1951)

Une particularité qui fait sens

Dans cette loge, les Maîtres Écossais de Saint-André occupent ostensiblement leur place en loge bleue. Un choix fort qui rappelle que le Rectifié n’est pas une simple succession de grades, mais un chemin continu où chaque degré irrigue les suivants.

À l’atelier, on compte déjà deux Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS), quatre Maîtres Écossais de Saint-André (MESA) et une majorité de Maîtres expérimentés. De quoi garantir une transmission de haute tenue, Dans l’esprit du Rite Écossais Rectifié, l’emblème montre une colonne brisée, tronquée à son sommet mais fermement assise sur sa base, portant la devise Adhuc stat – littéralement « elle est encore debout », ou, par extension, « sa base demeure solide ». Ce signe enseigne que l’homme, dégradé par la Chute, n’est pas anéanti : il tient encore. Il possède donc les moyens d’être rétabli dans son état originel ; au Maçon d’apprendre à les mettre en œuvre, par la rectification de soi, l’exercice des vertus et le patient travail initiatique.

Des travaux pensés pour l’Homme et pour le Frère

Chaque premier samedi du mois à 10 heures précises, les portes du temple s’ouvrent. Horaires diurnes, banquet frugal dans le restaurant d’un frère à deux pas du temple : tout est pensé pour éviter les trajets nocturnes et permettre à chacun, quel que soit son âge ou sa région, de rejoindre sereinement les travaux.

« Nous voulons un lieu où l’on vient avec joie, où l’on repart enrichi, sans fatigue inutile »

confie l’un des fondateurs.

Un atelier ouvert aux chercheurs sincères

Emanescence n’est pas une loge fermée. Elle accueille toutes les sœurs et tous les frères déjà reçus dans le Rite Écossais Rectifié et désireux de travailler dans un cadre exigeant mais chaleureux. Que vous veniez de Toulouse, Nîmes, Avignon ou plus loin encore, une seule condition : le respect absolu de la tradition et l’envie de cheminer ensemble.

Contact

emanescence.lephenix9@gmail.com

Un phénix qui renaît de ses cendres, un nom qui résonne comme une promesse : dans un monde maçonnique parfois éclaté, Emanescence montre qu’il est encore possible de rassembler, de transmettre, de faire vivre l’esprit du Rectifié dans sa plus belle lumière.

À tous les chercheurs de Lumière : la porte est ouverte.

Venez voir par vous-même.