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La Grande Loge du Chili – Juridiction « Santiago Centro Alfa » rend hommage aux fonctionnaires du domaine de la santé

De notre confrère chilien granlogia.cl

La Grande Loge du Chili, par l’intermédiaire de la Juridiction Santiago Centro Alfa, a organisé une cérémonie émouvante d’« Hommage aux fonctionnaires du domaine de la santé » dans le but de mettre en lumière les fonctionnaires qui représentent les valeurs maçonniques dans le domaine de la santé publique. 

A cette occasion, a été distinguée Mme María Isabel Ruiz C, employée de l’Institut national de gériatrie, qui a fait preuve d’un profond humanisme et d’une excellence professionnelle tout au long de ses 29 années de service dans ledit établissement, notamment dans le domaine infirmier des hospitalisés les patients.

La cérémonie, dirigée par le Vénérable Maître de la Loge « Egrégora » n° 220, s’est déroulée en présence des autorités de l’institution, dont le Directeur de l’Institut National de Gériatrie, le Docteur Cristian Gálvez Valenzuela. Lors des discours de reconnaissance, Mme Luz Donasa, chef de la gestion de l’Institut national de gériatrie, a salué la compassion et le dévouement professionnel de la personne honorée. Pour sa part, le délégué juridictionnel du Grand Maître, a souligné la coïncidence entre les actions du fonctionnaire et les principes maçonniques de détachement, d’assistance sociale et de persévérance.

Dans le cadre de la cérémonie, la lauréate a reçu la « Médaille Sotero del Río Gundián », un insigne décerné par la Grande Loge du Chili aux responsables de la santé publique, ainsi qu’un diplôme et un bouquet de fleurs en reconnaissance de son travail. L’acte a été bien suivi par les membres des Loges « Iberia » N° 51, « América » ​​​​N° 86, « Mosaico » N° 125, « Occidente » N° 158, « Galileo Galilei » N° 174, « Art Real » n° 196, « Marco Bontá » n° 214 et « Egrégora » n° 220, présidés par les Vénérables Maîtres respectifs. De même, de nombreux parents et collègues de la personne honorée étaient présents. La célébration émouvante a culminé avec un cocktail fraternel offert par les Loges, clôturant l’hommage.

Que signifie : So Mote It Be ? « qu’il en soit ainsi »

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par Guillaume Régal

Pour ceux qui demandent ce que signifie SMIB, voici une explication.

« Ainsi soit-il » . Comme la phrase est familière. Aucune Loge n’est jamais ouverte ou fermée, en bonne et due forme, sans l’utiliser. Pourtant, combien peu savent quel âge il a, et encore moins quel sens profond il a en lui. Comme tant de vieilles et belles choses, elle est si proche de nous que nous ne la voyons pas.

La signification de « So Mote It Be »

Aussi loin que nous pouvons remonter dans les annales de l’Artisanat, nous trouvons cette vieille phrase. Sa forme trahit son âge. Le mot MOTE est un mot anglo-saxon, dérivé d’un verbe anormal, MOTAN. Chaucer utilise l’expression exacte dans le même sens que nous l’utilisons, ce qui signifie « Ainsi peut-il en être ». On le trouve dans le Regius Poem , le plus ancien document de l’Artisanat, tel que nous l’utilisons aujourd’hui.

Comme chacun le sait, c’est la forme maçonnique de l’ancien AMEN qui résonne à travers les âges, rassemblant sens et musique au fur et à mesure jusqu’à devenir l’un des mots les plus riches et les plus obsédants. D’abord simple signe d’assentiment, de la part d’un individu ou d’une assemblée, à des paroles de prière ou de louange, il est devenu une sentinelle à la porte du silence.

Quand nous avons dit tout ce que nous pouvions dire, et que nos pauvres mots semblent comme des ondulations au sein du non-dit, cette phrase familière rassemble en quelque sorte tout ce qui reste – nos aspirations muettes, nos désirs les plus profonds – et les porte vers Celui qui comprend. D’une manière étrange, il semble parler pour nous à l’oreille même de Dieu des choses pour lesquelles les mots n’ont jamais été faits.

Alors, naturellement, il a une place d’honneur parmi nous. À l’autel du mariage, il prononce sa bénédiction alors que le jeune amour marche vers le bonheur ou le chagrin des années cachées. Il se tient à côté du berceau lorsque nous consacrons nos petits à la vie sainte, mêlant sa bénédiction à nos vœux. Au tombeau, il prononce sa triste réponse au ténébreux AMEN que la mort prononce sur nos amis.

Quand, à notre tour, nous voyons le bout du chemin, et voudrions faire une dernière volonté et un testament, laissant nos gains et économies à ceux que nous aimons, la vieille phrase légale nous demande de répéter après elle : « Au nom de Dieu, AMEN. Et avec nous, comme avec Gérontius dans son Rêve, le dernier mot que nous entendons quand les voix de la terre s’affaiblissent et que le silence de Dieu nous couvre, c’est le vieil AMEN, So Mote It Be.

Comme cela résonne de manière impressionnante dans le Livre de la Sainte Loi. Nous l’entendons dans les Psaumes, comme le chœur répond au chœur, où il est parfois redoublé pour l’emphase. Dans les entretiens de Jésus avec ses amis, il a une utilisation frappante, cachée dans la version anglaise. La phrase souvent répétée, « En vérité, en vérité, je vous le dis », si elle est correctement traduite, signifie AMEN, AMEN, je vous le dis. Plus tard, dans les épîtres de Paul, le mot AMEN devient le nom du Christ, qui est l’AMEN de Dieu à la foi de l’homme.

De même, dans la Loge , à l’ouverture, à la fermeture et à l’heure de l’initiation. Aucun Maçon ne s’engage jamais dans une entreprise grande ou importante sans invoquer l’aide de la Divinité. Et il termine sa prière avec la vieille phrase, « So Mote It Be. » Ce qui est une autre façon de dire : « Que la volonté de Dieu soit faite. Ou, quelle que soit la réponse de Dieu à sa prière : « Ainsi soit-il – parce que c’est sage et juste.

Quel est donc le sens de cette vieille phrase, si entrelacée avec toute notre tradition maçonnique, simple, tendre, obsédante ? Il a deux significations pour nous partout, dans l’Église ou dans la Loge. Premièrement, c’est l’assentiment de l’homme à la voie et à la Volonté de Dieu ; l’assentiment à Ses Commandements ; l’assentiment à sa Providence, même lorsqu’un coup de mort tendre et terrible nous enlève un bien-aimé et nous laisse dans l’abandon.

Pourtant, d’une manière ou d’une autre, nous devons dire : « C’est ainsi ; ainsi soit-il. C’est un homme sage, un homme courageux; qui, déconcerté par les malheurs de la vie, quand le désastre se succède de plus en plus vite, peut néanmoins accepter son sort comme faisant partie de la Volonté de Dieu et dire, bien que cela puisse presque l’étouffer de le dire :

« Ainsi, qu’il en soit. » Ce n’est pas une soumission aveugle, ni une résignation muette, mais une sage réconciliation avec la Volonté de l’Éternel.

L’autre sens de la phrase est encore plus merveilleux ; c’est l’assentiment de Dieu à l’aspiration de l’homme.

L’homme peut supporter tant de choses – n’importe quoi, peut-être – s’il sent que Dieu sait, se soucie et ressent pour lui et avec lui. Si Dieu dit Amen, Il en est ainsi, à notre foi, notre espérance et notre amour ; il relie nos sens perplexes et nous aide à voir, même faiblement ou dans un verre sombre, qu’il y a un but sage et bon dans la vie, malgré son chagrin et sa souffrance, et que nous ne sommes pas à la merci du destin ou de la caprice du hasard .

Dieu parle-t-il à l’homme, confirmant sa foi et son espérance ? Si c’est le cas, comment? Oui en effet! Dieu n’est pas le grand que j’étais, mais le grand que je suis, et il n’est ni sourd ni muet. En Lui, nous vivons, bougeons et avons notre être – Il nous parle dans la nature, dans la loi morale et dans nos propres cœurs, si nous avons des oreilles pour entendre. Mais Il parle plus clairement dans le Livre de la Sainte Loi qui est ouvert sur notre Alter.

Ce n’est pas tout. Certains d’entre nous soutiennent que la Parole de Dieu « s’est faite chair et a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité », dans une vie la plus belle jamais vécue parmi les hommes, nous montrant ce qu’est la vie, ce qu’elle signifie et à quoi elle aboutit. monte quand nous faisons la Volonté de Dieu sur terre comme elle est faite au Ciel.

Aujourd’hui, les hommes se posent la question :

Est-ce que ça sert à rien de prier ? L’homme qui prie réellement ne pose pas une telle question. Autant demander si ça fait du bien à un oiseau de chanter, ou à une fleur de s’épanouir ? La prière est naturelle et instinctive chez l’homme. Nous sommes faits ainsi. L’homme est fait pour la prière, comme les étincelles qui montent cherchent le soleil. Il n’aurait pas besoin de la foi religieuse si les objets de celle-ci n’existaient pas.

Les prières sont-elles jamais exaucées ? Oui, toujours, comme Emerson nous l’a enseigné il y a longtemps. Qui se lève de la prière un homme meilleur, sa prière est exaucée – et c’est tout ce que nous devons faire. Le désir le plus profond, le motif dominant d’un homme, est sa prière réelle, et il façonne sa vie selon sa forme et sa couleur. En ce sens, toute prière est exaucée, et c’est pourquoi nous devons faire attention à ce pour quoi nous prions – car à la fin nous l’obtenons toujours.

Quel est alors le bien de la prière ?

Elle nous fait reposer sur l’inconnu avec espérance ; cela nous prépare à la vie. C’est une reconnaissance des lois et le fil conducteur de notre conjonction avec elles. Ce n’est pas le but de la prière de supplier ou de faire faire à Dieu ce que nous voulons. Son but est de nous amener à faire la Volonté de Dieu, qui est plus grande et plus sage que notre volonté. Ce n’est pas pour utiliser Dieu, mais pour être utilisé par Lui au service de Son plan.

L’homme peut-il par la prière changer la Volonté de Dieu ?

Non et oui. La vraie prière ne souhaite pas ou ne cherche pas à changer la plus grande Volonté de Dieu, qui implique dans son étendue et sa portée le devoir et la destinée de l’humanité. Mais cela peut changer et change la Volonté de Dieu à notre sujet, car cela change notre volonté et notre attitude envers Lui, ce qui est essentiel dans la prière pour nous.

Par exemple, si un homme mène une vie méchante, nous savons quelle sera la Volonté de Dieu pour lui. Toutes les mauvaises voies ont été souvent essayées, et nous savons quelle est la fin, comme nous connaissons la réponse à un problème de géométrie. Mais si un homme qui vit mal change sa façon de vivre et son attitude intérieure, il change la Volonté de Dieu – sinon Sa Volonté, du moins Son Intention. C’est-à-dire qu’il atteint ce que même la Volonté Divine ne pouvait pas lui donner et faire pour lui à moins que cela n’ait été effectué par Sa Volonté et Sa Prière.

La place de la prière dans la maçonnerie n’est pas superficielle. Ce n’est pas une simple question de forme et de routine. C’est vital et profond. Lorsqu’un homme entre dans la Loge en tant qu’initié, la prière est offerte pour lui, à Dieu, en qui il place sa confiance. Plus tard, dans une crise de son initiation, il doit prier pour lui-même, oralement ou mentalement, selon ce que son cœur peut choisir. Ce n’est pas seulement une cérémonie; c’est fondamental dans la foi et l’esprit de la maçonnerie.

Plus tard encore, dans une scène qu’aucun Maçon n’oublie jamais, lorsque l’ombre est la plus sombre et que la chose la plus précieuse qu’un Maçon puisse désirer ou rechercher semble perdue, dans la perplexité et le désespoir de la Loge, une prière est offerte. Tel qu’enregistré dans nos Moniteurs, c’est une mosaïque de mots bibliques, dans laquelle les faits sinistres de la vie et de la mort sont exposés dans la dure réalité, et un appel est fait à la pitié et à la lumière de Dieu.

C’est vraiment une grande prière, à laquelle nous joindre, c’est nous placer entre les mains mêmes de Dieu, comme tous doivent le faire à la fin, faire confiance à sa volonté et à sa voie, suivre là où il n’y a pas de chemin dans les ténèbres douces et fascinantes que les hommes appellent décès. Et la réponse de la Loge à cette prière, comme à toutes les autres offertes à son autel, est la vieille phrase provocante : « So Mote It Be !

Frère, n’aie pas honte de prier , comme on te l’enseigne dans la Loge et l’Église. C’est une partie de la douceur et de la santé mentale de la vie, rafraîchissant l’âme et éclaircissant l’esprit. Il y a plus de sagesse dans une prière chuchotée que dans toutes les bibliothèques du monde. Il ne nous appartient pas d’instruire Dieu. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous le lui demandions. Il n’a pas besoin de nos prières, mais nous si, ne serait-ce que pour nous faire connaître le meilleur Ami que nous ayons.

Le plus grand de tous les maîtres de l’âme nous a laissé une petite liturgie appelée Notre Père. Il nous a dit de l’utiliser chacun pour soi, dans le placard lorsque la porte est fermée et que le vacarme, le bourdonnement et la litière du monde sont à l’extérieur. Essayez-le Frère; il adoucira la vie, rendra son fardeau plus léger, sa joie plus éclatante et la voie du devoir plus claire.

Deux minuscules prières sont descendues vers nous depuis des siècles, qui méritent d’être rappelées; l’un par un grand saint, l’autre par deux frères. « Accorde-moi, Seigneur, de désirer ardemment, d’étudier sagement, de bien comprendre et d’accomplir parfaitement ce qui te plaît. Et le second est selon la manière : « Que deux frères te jouissent et te servent ensemble, et vivent ainsi aujourd’hui afin que nous soyons dignes de vivre demain.

Entre chien et loup (…suite)

(Une nouvelle de Gilbert Garibal – Partie 2/3) (Lire la partie 1)

Des sirènes, une voiture de police surgit, puis les pompiers. L’enfant, je veux voir l’enfant… je ne peux pas me lever, j’aperçois mon visage blanc comme un linge dans le rétroviseur, un policier soupçonneux, sévère, me réclame mes papiers. Demande dérisoire, déplacée à cet instant, elle accentue mon trouble, je ressens une terrible injustice mêlée de culpabilité…L’enfant…j’entends le mot « coma »…

Allongée sur le divan, je revis la scène. Je dévide mon film, les images défilent sur l’écran du plafond, s’arrêtent, repartent. Une sorte de viscosité mentale ralentit ma mémoire. J’ai du mal à associer mes mots, mes phrases, pour commenter ces diapositives angoissantes. Pour dénouer ces nœuds à l’intérieur. Pour évacuer ma faute, coincée, ancrée en moi.

C’est mon médecin de famille qui, prudemment, m’a conseillé de traiter le problème en analyse et dirigé vers un psychiatre. On peut aussi déposer son actualité sur le divan. Ou je me gave de tranquillisants et j’arrête par force le métier, ou j’essaie de me sortir du stress par la thérapie verbale, en continuant le taxi. J’ai choisi. Les cavaliers le savent, quand on tombe de cheval, il faut remonter aussitôt, sinon la peur de chevaucher s’installe à vie. La peur de conduire aussi !

-A quoi dans votre vie vous renvoie cet accident ? murmure doucement le psy, assis dans son fauteuil, derrière la méridienne.

Je ne saisis pas tout de suite la question, et pourtant « ça parle » en moi, je ressens à la fois ce trop-plein d’angoisse qui monte jusqu’à ma gorge, et un vide étrange, glacial, dans mon ventre. C’est après cette séance éprouvante, en sortant dans la rue, que me vient une explication. Ma vive culpabilité dans cet accident en a réveillé une autre en moi : malgré toutes les tentatives médicales, je ne peux pas avoir d’enfant, une stérilité peut être définitive qui attriste tant Jean-Charles, je le sais. Même s’il ne montre aucune rancœur.

J’ai piqué l’épinglette trouvée dans la salle d’attente, sur mon tableau de bord, à côté du GPS. L’équerre et le compas entrelacés forment sur leur tige une tête de flèche qui, en soi, indique symboliquement, une direction à suivre ! Je ne sais pas si je rencontrerai un jour le propriétaire de ce petit bijou, collègue de thérapie ? J’aimerais bien. J’ai remarqué que certains, frères ou sœurs, qui viennent nous visiter dans la loge Olympe, portent cet insigne au revers de leur veston. D’autres arborent un discret triangle ou une petite branche de feuilles d’acacia dorées. Il faut vraiment deviner qu’il s’agit d’acacia, je pensais à première vue à une distinction académique ! J’ai téléphoné à ma mère pour obtenir la signification de l’acacia. Réponse laconique de celle qui est aussi ma sœur et ma marraine :

– « On te donnera plus tard la signification de ce symbole végétal, quand tu auras atteint le degré maçonnique correspondant ! »

Très hiérarchisée, la franc-maçonnerie ! Bon, modestie oblige, je saurai être patiente pour en savoir davantage ! Je joue le jeu.

Se taire, c’est gagner en observation, en réflexion, en rêve aussi ! Alors, l’œil devient regard. Alors, l’esprit cherche à donner du sens à chaque objet, chaque forme, chaque couleur. La loge a une configuration rectangulaire avec un sol à damiers noirs et blancs. Une porte à deux battants – encadrée de deux colonnes massives symbolisant celles du Temple de Salomon – en donne l’entrée. Au fond, trois marches permettent d’accéder à l’estrade (appelée l’Orient, pour désigner l’Est) sur laquelle trône une chaire ornée d’un chandelier à trois branches et un grand fauteuil, occupé par la Présidente (Vénérable Maîtresse, ou Vénérable Maître, selon les obédiences), avec à sa droite, le pupitre de la sœur « secrétaire » (« mémoire de la loge ») et à sa gauche, celui de la sœur « orateur » (« conscience de la loge »). Mon œil continue sa promenade : Au-dessus de la Présidente, est suspendu un grand triangle dans un caisson lumineux avec un œil stylisé au centre (symbolisant au choix, l’union des contraires, la conscience humaine, ou l’image du Dieu de chacun). Et de chaque côté, à même hauteur, deux cercles, l’un jaune, l’autre argenté, représentent respectivement, le soleil (la connaissance) et la lune (l’intelligence). Au bas des marches, deux pierres, l’une à droite à l’état brut, informe, l’autre à gauche, taillée en un cube parfait, me désignent l’objectif du travail maçonnique. « Tailler ma pierre » pour m’améliorer, est-ce possible ? ! Je veux l’espérer.

Entre les deux pierres, devant la Vénérable Maîtresse, sur un lutrin de chêne au pied torsadé, trônent les Constitutions maçonniques. Les recouvrent, une équerre et un compas de bois ancien entrelacés. L’image de l’épinglette, trouvée chez le psy, dans la rainure du parquet, passe devant mes yeux.

La salle est meublée de deux blocs de trois rangées de bancs en escalier, l’un au nord, l’autre au sud, où s’assoient les sœurs. Deux groupes sont ainsi face à face – chacun est le miroir de l’autre – et doivent tourner la tête pour regarder vers l’Orient. Aux quatre coins de cette salle dallée, siègent derrière leurs pupitres, contre les marches de l’Orient, la sœur Hospitalière à gauche et la sœur Trésorière à droite. Et de chaque côté de la porte d’entrée, la sœur 1ère surveillante et la sœur 2ème surveillante, chargées de la formation des sœurs apprenties et compagnonnes.

L’apprentie que je suis, sur son banc haut perché contre le mur, peut ainsi imaginer que la disposition des maçonnes précitées (le collège des sœurs officiers) forme une étoile à 6 branches ! Je remarque qu’au centre de la loge, à même le sol, figure un « tapis de loge », sur lequel sont dessinés tous les symboles représentés dans la salle. Cette petite toile est encadrée par trois colonnettes surmontées de bougies, symbolisant la Sagesse, la Force et la Beauté. Respectivement en pierre ouvragée, en granit et en marbre. Je vois encore, courant sous la corniche, autour des quatre murs tendus de tissu jaune moiré, une corde à douze nœuds ouverts, représentant les douze signes du zodiaque. Et j’aperçois enfin, en levant les yeux, le plafond bleu nuit et clouté de points scintillants. Nous sommes, selon la légende maçonnique, sous la voûte étoilée, dans le Temple inachevé de Salomon. A chaque maçonne de travailler symboliquement dans la loge pour l’achever, c’est à dire, après avoir « taillé sa pierre », bâtir son temple intérieur. A chaque maçonne de s’activer dans la Cité, « pour continuer l’œuvre commencée dans le Temple ». Dit explicitement le rituel. Un beau programme !

Je viens donc dans cette loge tous les quinze jours, lieu à la fois réel et figuratif, une sorte de caverne d’Ali Baba gorgée de trésors symboliques, à contempler, à analyser ! Et, au fil des mots de ce rituel – prononcés au début et à la fin des travaux – pour produire avec ma sensibilité en éveil, des suites de métaphores, à transformer elles-mêmes en actes concrets. Pour, idéalement, me transformer, moi et le monde ! Je commence à m’habituer à ce rythme « dehors-dedans », « dedans-dehors ». J’ai maintenant besoin de ces contacts interpersonnels, généralement chaleureux. De ces visages souriants, graves, interrogateurs, selon le moment, l’humeur, le sujet. Autant de sœurs d’horizons variés, autant de rencontres distantes au début, presque méfiantes parfois, qui, peu à peu, avec un sincère « souci de l’autre », deviennent des vraies relations. A force de s’écouter, on finit par s’entendre !

D’une robe noire à une autre. En pliant et rangeant mes décors vestimentaires dans mon « tiroir maçonnique » à la maison, je pense à l’avocat, désigné par ma compagnie d’assurances et qui m’assiste depuis l’accident. Un homme de petite taille, au sens pratique, l’air résolu. Je n’ai rien dit à la loge, pour ne pas être assaillie de ces questions répétitives, qui ne font qu’entretenir cette douleur sourde en moi. Je sais que le petit garçon, toujours dans le coma, est hospitalisé au CHU Robert Debré, à Paris. C’est tout. J’y pense sans cesse, à ce gosse sur son lit, prisonnier d’appareils et de tubulures, à cette Maman horrifiée que j’ai entrevue, à ce Papa inconnu, meurtri, quelque part dans Paris. Les cruelles procédures administratives m’interdisent de prendre contact avec la famille, et par conséquent d’envisager toute visite.

Coupable, responsable, vie, mort, ces quatre mots valsent dans ma tête, avec une foule d’images ! L’avocat me rassure en revivant dans son bureau avec moi, les circonstances de l’accident. J’exerçais ce jour-là mon métier, correctement, dans les aléas de la circulation. Certes, à la fois sur le plan des faits et du hasard, je n’étais ni au bon endroit ni au bon moment, et l’enfant non plus ! Il a échappé à la vigilance de sa mère, elle n’a pas pu le retenir, je roulais pratiquement au pas sur un sol mouillé pour déposer mon client devant la brasserie, j’ai stoppé immédiatement mon véhicule. Je ne pouvais prévoir cet « imprévu imprévisible » et, techniquement, j’ai bien eu les réflexes adaptés, le client en a été le témoin sans réserve. Mes collègues « taxi », mon mari, mes parents, tous, sont de cet avis : c’est un accident malheureux ! Mais ils ont beau tenter de me convaincre, je ne peux pas vraiment suivre leur raisonnement. La collision d’une tête et d’un phare, un accident malheureux… comme s’il pouvait y avoir un accident heureux ! Quand un enfant est entre la vie et la mort ….

Certes, j’apprécie cette vraie compassion sans questionnement de mes proches. Et pour tout dire, cette proximité rassurante et protectrice. Jean-Charles, mon mari, qui peut comprendre mieux que personne mon tourment, est d’avis qu’on en parle le moins possible ! Et il est vrai que multiples ses attentions muettes pour moi, valent tous les discours. Sans le savoir, il vient de me renvoyer à mon travail maçonnique, à ce silence qui m’est précisément imposé en loge, pendant mon année d’apprentissage et que, après tout, je peux prolonger en ville. Notamment, pour ne pas alimenter de conversations passionnées, à même de majorer mon inquiétude. J’apprécie d’ailleurs en ce moment, les passagers taiseux qui empruntent mon taxi ! Je réserve une parole détaillée à mon psychanalyste, c’est très suffisant !

Les autres outils symboliques de l’apprentie maçonne sont la règle graduée à vingt-quatre divisions, le maillet et le ciseau. Cette règle me renvoie à la Loi, que je respecte et que je ne crains pas, mais aussi, en ce moment, au temps. Je dois m’armer de patience, comme celle dont je sais faire preuve dans les embouteillages ! Le maillet m’évoque la volonté, la force, que je dois garder sans défaillance. Et le mordant du ciseau doit m’aider à éliminer les aspérités de ma pierre, telle la sensiblerie à différencier de la sensibilité. C’est à dire, qu’il me faut, tout en affinant mon discernement, bien faire la part des choses. Bref, il me faut raison garder, en cette période difficile. Je ne savais pas que je passerai si vite à la maçonnerie appliquée !

Sous la pluie, la rue de la Gaîté ne mérite pas son nom. Et depuis l’accident, la simple vue de la chaussée mouillée griffe mon estomac. Ce mercredi après-midi, le ballet des néons qui éclabousse de clignotements bleus et rouges laiteux, le miroir du macadam, me paraît sinistre. Et la tête des clients qui se faufilent, inquiets, derrière le rideau des sex-shops, encore plus triste ! Une note apaisante dans cette cacophonie lumineuse, la croix verte de la pharmacie, qui palpite, comme un cœur.

J’entre dans le cabinet du psy, blotti au rez-de-chaussée de l’immeuble sur cour. Je ne sonne plus, il a l’habitude de ses patients qu’il reconnaît à leur pas dans le couloir, m’a-t-il confié. Première porte à gauche. Les coussins avachis par la procession des séants, les deux éclairages étudiés, les trimarans prêts à bondir de leurs cadres, tout est en place. Même le mégot de Gitanes, torturé, écrasé, au fond du cendrier. Même la fragrance de citron vert et de caramel, de patchouli peut être, qui embaume le salon. Je redresse d’un coup de pouce instinctif le tableau qui penche, avant de m’asseoir. L’ordre me conforte. Les rendez-vous sont organisés de telle sorte que je ne vois jamais d’autres analysants. J’ai maintenant l’impression d’être, à distance et l’habitude aidant, dans une pièce de mon appartement !

J’entends une porte qui s’ouvre, l’appui des chaussures sur le parquet craquant du couloir. Des grands pas. Le psy raccompagne son patient vers la sortie. Deux « aurevoirs » masculins chuchotés. C’est sans doute le franc-maçon qui me précède. Et que je ne verrai peut-être jamais. Je pense à son épinglette, piquée sur mon tableau de bord. L’équerre et le compas entrelacés, la droiture et l’ouverture, une règle de vie !

Mon « écoutant » s’assoit sur son fauteuil de velours grenat assorti à la méridienne. Je m’y allonge, en même temps. Une différence encore avec la franc-maçonnerie. En loge, on se lève pour parler, au présent, par interventions brèves, concises. Ici, en psychanalyse, on s’étend pour dérouler sa vie, avec force détails. Puis remonter patiemment le passé jusqu’à l’enfance. Je ne comprends pas l’opinion de ces sœurs et de frères que j’ai entendu qualifier la psychanalyse de « philosophie du désespoir », – rien que cà ! – alors que moi je viens y chercher, et y trouver, précisément de l’espoir, au long des séances ! En fait, nous ne devrions émettre que des propos prudents, sans jamais rien affirmer, sur ce que l’on ne connaît pas, ou mal. Comme nous y invite le rituel maçonnique, lors de toute prise de parole. Laquelle est retenue, filtrée, par le geste symbolique d’une main sous la gorge.

Quels étaient vos jeux préférés pendant votre enfance ?

La question claque derrière ma tête comme un coup de fouet, et me tire brusquement de ma rêverie maçonnique. J’ai toujours du mal à démarrer mes séances, d’autant que l’analyste, patient, me laisse le premier mot.

Mon projecteur mental colore le plafond d’images en rafales. Je me revois fillette – nattes brunes, blouse à carreaux bleus et ceinture, et chaussettes et chaussures de tennis blanches – en train de jouer dans le square Desaix. Près de la rue Clignancourt, où habitaient alors mes parents. Les diapos défilent, je commente, plein d’émotions. Les deux gardiens à casquette, en bleu marine, l’air sévère, toujours en train de siffler, le doigt pointé sur un gosse : interdiction de marcher sur les pelouses ! Ma mère sur le banc vert avec des voisines, goûters de petits pains au chocolat, verres d’eau à la fontaine, marelles sur le sable, cordes à sauter, rondes…et ballons des garçons qui roulent dans nos jambes…A cette image, une main invisible me serre le ventre, je suis inondée de sueur, je sens des larmes sur mes joues…je prends un kleenex dans la boîte, à gauche de ma tête, à côté du coussin…Angoisse. Je cherche de l’air.

– « Respirez bien, profondément, encore, allongez vos bras, détendez-vous ! » dit doucement le psy.

Je m’apaise. Passe devant mes yeux la basilique de Montmartre. Je suis sur l’esplanade qui domine Paris, et, appuyé sur la rambarde, je scrute une capitale toujours neuve de détails, pendant que ma mère, assise sur son pliant, peint sa toile hebdomadaire. Mon père, cigarette aux lèvres, me désigne les grands monuments, la silhouette noire et fuselée de la Tour Eiffel, le cube blanc du Trocadéro, le dôme vert de gris des Invalides, les tours crénelées et roses de Notre Dame au soleil couchant, et tout au fond à gauche, l’étendue sombre du bois de Vincennes. Suprême récompense, quand le chevalet maternel est replié, nous prenons le funiculaire jaune pour « descendre en ville », boire, pour ma part, une grenadine !

J’ai l’impression d’avancer quelques instants dans le ciel bleu. Souvenir d’un Paris en cinérama, aux pans de murs entiers dédiés au cirage Lion noir, au bouillon Kub, à Byrrh, l’Apéritif. Familières tâches de couleurs – au temps où la réclame ne s’appelle pas encore publicité – sur les immeubles gris qui paraissent tout proches, dans une ville aux contours nets, distincts, propres. Aujourd’hui celle-ci est plus étendue, plus claire – ravalements obligent – mais nappée jusqu’à l’horizon, d’une immense gaze tremblotante de pollution verdâtre. Les pubs lumineuses, à la gloire de l’informatique japonaise, culminent et courent sur les toits des tours en lettres de feu, comme pour tenter d’échapper à l’emprise asphyxiante de la rue. Retour sur images. Retour sur l’autre côté de la Butte, montée à bicyclette de la rue Caulaincourt, descente de la rue Lepic. Nostalgie d’une époque légère, insouciante, joyeuse comme mes douze ans, qui ne reviendra plus. En me relevant, je reste assise un moment sur le bord du divan, un peu étourdie. La séance, nourrie d’allers et retours du monde adulte au pays de l’enfance, m’a fatiguée. Le psy m’offre un grand verre d’eau, avec son plus beau sourire. J’ai mal à la tête en remontant dans mon taxi.

La suite et fin, semaine prochaine

(Tiré de l’ouvrage : Au cœur de la Franc-maçonnerie « Huit récits contemporains » Éditions Numérilivre)

Santé mentale maçonnique : comprendre et aborder le bien-être mental des francs-maçons

Du site naomedical.com

En tant que francs-maçons, nous nous concentrons souvent sur les principes de fraternité, de charité et de croissance personnelle. Cependant, il est tout aussi important de donner la priorité à notre bien-être mental. La santé mentale joue un rôle crucial dans notre bonheur général et notre capacité à mener une vie épanouissante.

Pourquoi la santé mentale est-elle importante pour les francs-maçons ?

La santé mentale affecte tous les aspects de notre vie, y compris nos relations, notre travail et notre croissance personnelle. En tant que francs-maçons, nous nous efforçons d’être les meilleures versions de nous-mêmes, et cela inclut de prendre soin de notre bien-être mental. En accordant la priorité à la santé mentale, nous pouvons améliorer notre capacité à servir nos communautés, à soutenir nos frères et à mener une vie enrichissante.

Reconnaître les défis de santé mentale

Il est essentiel de reconnaître les signes et les symptômes des problèmes de santé mentale. Certains problèmes de santé mentale courants auxquels les francs-maçons peuvent être confrontés incluent :

  • Dépression
  • Anxiété
  • Stress
  • Burnout
  • Abus de substance

Recherche de soutien et de ressources

Si vous ou un autre franc-maçon êtes aux prises avec des problèmes de santé mentale, rappelez-vous que vous n’êtes pas seul. Il existe de nombreuses ressources et systèmes de soutien disponibles pour vous aider à surmonter ces difficultés. Voici quelques options à considérer :

  1. Programmes maçonniques de santé mentale : De nombreuses organisations maçonniques ont des programmes de santé mentale dédiés qui fournissent un soutien, des conseils et des ressources spécifiquement adaptés aux francs-maçons.
  2. Conseils professionnels : La recherche de conseils professionnels peut être extrêmement bénéfique. Les thérapeutes et les conseillers peuvent vous fournir un espace sûr pour explorer vos pensées et vos émotions, développer des stratégies d’adaptation et travailler à un meilleur bien-être mental.
  3. Groupes de soutien : Rejoindre un groupe de soutien peut vous mettre en contact avec des personnes qui ont des expériences et des défis similaires. Partager vos pensées et vos sentiments avec des personnes qui vous comprennent peut vous procurer un sentiment d’appartenance et de soutien.
  4. Pratiques d’auto-soins : L’intégration de pratiques d’auto-soins dans votre routine quotidienne est essentielle pour maintenir une bonne santé mentale. Cela peut inclure des activités telles que l’exercice, la méditation, la tenue d’un journal et passer du temps avec des êtres chers.

Questions fréquemment posées

Q : Comment puis-je donner la priorité à ma santé mentale en tant que franc-maçon ?

R : Donner la priorité à la santé mentale implique de reconnaître l’importance des soins personnels, de rechercher du soutien en cas de besoin et de travailler activement au maintien d’un bon bien-être mental.

Q : Existe-t-il des ressources spécifiques en santé mentale pour les francs-maçons ?

R : Oui, de nombreuses organisations maçonniques ont des programmes dédiés à la santé mentale qui offrent des ressources, un soutien et des services de conseil adaptés aux francs-maçons.

Q : Quelles sont les pratiques de soins personnels que je peux intégrer à ma routine quotidienne ?

R : Certaines pratiques de soins personnels comprennent l’exercice, la méditation, la tenue d’un journal, passer du temps avec des êtres chers et s’adonner à des passe-temps ou à des activités qui vous apportent de la joie.

Conclusion

En tant que francs-maçons, il est crucial de donner la priorité à notre bien-être mental. En comprenant l’importance de la santé mentale et en recherchant du soutien au besoin, nous pouvons mener une vie plus heureuse et plus épanouissante. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul dans votre cheminement vers une meilleure santé mentale. Contactez les ressources et le soutien dont vous disposez en tant que franc-maçon et prenez en charge votre bien-être mental dès aujourd’hui.

Sources:

De la solitude, la renaissance

Dès sa naissance le petit d’homme est en deuil !

Alors qu’il était blotti depuis plusieurs mois dans un nirvana de tiédeurs utérines, il est brutalement expulsé du ventre maternel et livré à la lumière du monde. Alors qu’il « faisait couple » avec sa génitrice, celle-ci s’en sépare par l’accouchement qui s’impose : d’un duo, le bébé devient unité. Soudain il est seul « dans sa peau », avec une conscience en lente formation et tout en curiosités successives. Son inconscient, lui, également « en herbe », n’oubliera jamais malgré tout, cet éloignement de « l’habitat initial », de cette séparation, parfois même vécue comme un abandon.

Pourtant, même en comprenant progressivement la nécessité de séparation, il garde une « reliance » ombilicale imaginaire avec cette mère – « libérée » de leur cohabitation – qui continue de le protéger pendant sa croissance, à l’extérieur d’elle désormais. Homme parmi les hommes, il entretiendra à vie – à son insu nous dit la psychanalyse – ce rêve fou de remonter à la source bienfaisante, sécurisante aussi. De repasser de l’unité à la dualité. Et de retrouver ce bonheur fusionnel perdu !

500 ans avant Jésus Christ, l’auteur de théâtre grec Aristophane, constatant cette « souffrance » du genre humain lors de l’enfantement, inventa une fable qui devint « le mythe des androgynes ». A savoir que, à l’origine, selon le récit, ce genre était composé de trois configurations, formant deux moitiés « rapprochées » (homme-homme, femme-femme, homme-femme). La plus « courante » était un homme et une femme, soudés l’un à l’autre, de forme arrondie (le cercle étant la forme parfaite pour les grecs anciens). Créatures aux dos et flancs bombés, elles disposaient de 4 bras et de 4 jambes. Ces huit membres leur servaient de point d’appui et leur permettaient de se déplacer rapidement en « faisant la roue », ici réinventée.

Une façon imaginaire poétique, à la fois de supprimer le défaut constitutionnel de l’homme, – en l’occurrence son « incomplétude » aux yeux des antiques – et dans sa tête, avec un peu d’humour, …de tourner rond ! Sauf que… toujours selon le mythe, ces créatures sphériques ayant soudain la prétention de rejoindre ainsi les dieux et d’obtenir leur statut céleste, Zeus décide de les punir de leur vanité. D’un coup d’épée, il les tranche en deux dans le sens de la hauteur. Et depuis ce moment, les êtres humains, séparés et errants, redevenus « unitaires » et désirants, doivent se chercher pour s’accoupler.

Solitude choisie, solitude subie

 Ainsi, indépendants par nature, ils sont dépendants par nécessité.

Cette séparation – inventée par le mythe et effective dans la réalité, par coupure du cordon ombilical reliant l’enfant à sa mère, – instaure deux nouveaux états qu’implique l’indépendance : la solitude et l’isolement. La première, peut être perçue comme une émotion très pénible engendrée par l’absence de contact social. La seconde, vécue comme un retrait du monde, est le résultat de la première, se manifestant par le constat d’absences relationnelles.

Deux situations interviennent alors pour les Hommes individualisés : la solitude choisie et la solitude subie. L’une peut être volontaire donc bénéfique, l’autre imposée, donc douloureuse.

La solitude choisie permet de retrouver le calme, la sérénité, de se ressourcer. Les personnalités extraverties ont besoin de contact, de partage, les personnalités introverties souhaitent cette solitude. Elle leur permet, dans l’apaisement, le confort moral, la réflexion. Et aussi, une disponibilité à la créativité, à l’écoute de l’autre. Ceux et celles, pris par un travail exigeant ou entourés d’enfants joyeux et turbulents sont heureux de ce temps personnel régulièrement retrouvé ! Il est d’autant plus bénéfique que provisoire.

La solitude subie, notamment par les personnalités introverties, peut engendrer la tristesse, l’anxiété, l’infériorisation, une perte de l’estime de soi, avec des idées noires. Elles se sentent alors socialement écartées, rejetées, ignorées. C’est parfois le cas des personnes âgées, sans famille ou amis, que personne ne vient voir, isolées dans leur appartement ou maison de retraite. La perspective d’une mort prochaine ne peut alors se traduire qu’en anxiété et dépression. Jeunes ou vieux, nous avons tous et toutes besoin de la présence et du regard de l’autre.

Certes, il ne faut pas confondre « vie de solitude » et « vie solitaire ». Nombre de personnes acceptent très bien une situation « d’esseulement » d’autant qu’elles la souhaitent. Disposant d’un logement, d’un revenu corrects et de possibilités de locomotion, elles ont ou non des contacts sociaux selon leurs désirs et les moments de leur existence. On peut presque parler ici du « privilège » d’avoir une compagnie à la demande, composée de parents, d’amis, de relations intimes ou de membres de mouvements associatifs.

Le cœur sur la main

Il est intéressant de noter qu’il y a quelque 16 millions de bénévoles en France et 1,5 million d’associations de toutes sortes (employant près de 1800000 de salariés). Parmi elles, la Croix Rouge Internationale, l’Armée du Salut, les Restos du cœur, l’Association contre les myopathies (organisatrice du Téléthon annuel), le Secours populaire et le Secours Catholique, les Clubs-service (Rotary-club, Lions Club, Kiwanis, etc) sont les plus importantes. Par ailleurs, il y aurait quelque 3000 loges maçonniques et 175000 francs-maçons, répartis en Obédiences et « sociétés de pensées » indépendantes sur le territoire. Ces chiffres sont fluctuants et ne sont donnés ici qu’à titre indicatif sans prétendre à un comptage rigoureux. Mais ils donnent une idée de l’importance du « don de soi » en France.

Leur examen montre en effet la « place sociale » considérable du bénévolat. Il apporte, par les bons soins de ses pratiquants, une réponse à qui, notamment, souffre de solitude. Il n’est pas donné à tout le monde de ressentir le souci des démunis de toutes sortes et de se déplacer pour « aller sur le terrain », apporter du réconfort et rendre service. Ce qui s’appelle « avoir le cœur sur le main » !

L’adhésion à ces associations caritatives sollicite donc bonne volonté, générosité, temps, compétences particulières et sens de l’autre. Il n’en est pas tout à fait de même en franc-maçonnerie. Les deux peuvent occuper le temps libre de chacune, de chacun mais pas avec le même objet. Matérialité pour l’une, spiritualité pour l’autre.

L’association caritative demande donc de se tourner vers autrui en difficulté, la franc-maçonnerie, elle, suggère de porter d’abord sa réflexion et son regard vers soi. Non par égoïsme ou égocentrisme, mais dans le but d’un épanouissement personnel. « Bien penser pour mieux vivre », pourrait être son juste slogan. Certes, il est clair, en termes d’énergie, qu’on ne peut remplir le réservoir de son prochain avec le sien à moitié vide.

Sans être un lieu de psychothérapie – nous le savons – la franc-maçonnerie propose à qui vient frapper à la porte de son Temple, l’apprentissage et la pratique d’une « spiritualité laïque » (à différencier de la spiritualité religieuse, tout respect gardé pour elle, mais à exercer dans des lieux de culte). Il s’agit, avec l’usage de la raison, et aux moyens des instruments du symbolisme (mythes et légendes méditerranéennes, outils de la construction monumentale et leur représentation autour de la pierre, différenciation du profane et du sacré, etc.) entouré de frères et de sœurs de rencontre – d’y trouver par le raisonnement, des « aides à vivre »

Naître de soi

Dans une société où, il faut bien le dire, le progrès matériel, sans cesse plus performant, ne favorise pas pour autant le progrès moral. Et, partant, la « vie de l’esprit » ! En cela, la franc-maçonnerie, pratiquée en loge et en groupe, – en soi une philosophie qui apprend à raisonner sans chercher à avoir raison – relèverait davantage de la « socianalyse » (et non de la psychanalyse). On n’est jamais assez précis !

Le symbolisme maçonnique ne se contente pas de « représenter une chose par une autre. En cela, il ne convient pas à tout le monde. Il demanderait pour l’approcher un minimum de précautions qui, curieusement, n’est pas pratiquée. Lorsque trois personnes différentes vous soumettent successivement à un interrogatoire détaillé, lorsqu’on vous aveugle une bonne demie heure (épreuve du bandeau) pour le prolonger par d’autres questions qui touchent parfois à l’intime, lorsqu’on vous impose les épreuves physiques de l’initiation, sans « précautions » particulières ni consignes, il s’agit bien d’une forme de bizutage.

Pratiqué en d’autres lieux (internats divers, grandes écoles, institutions militaires) il est désormais mieux supervisé et règlementé par des « anciens » se souvenant de leur propre bizutage. Pas en maçonnerie, où il serait souhaitable, qui sait, qu’un tel contrôle ait lieu par des frères ou sœurs compétents ! Ces propos peuvent faire sourire, mais rapportés par divers témoignages, ils peuvent aussi faire prendre conscience qu’il s’agit de « violences », si légères ou symboliques soient-elles, à même de perturber les candidats (tes).

Ces éléments de « choc initiatique » qui, en quelque sorte, constituent le « ticket d’entrée en maçonnerie », relèvent de la Tradition. A ce titre et avec ce mot majusculé, quasi-magique et passe-partout, l’épreuve du bandeau particulièrement, veut signifier (un moment) le « renforcement », en bien ou en mal, des autres sens (écouter ou pas les paroles d’autrui et les bruits du monde). Priver quelqu’un d’un sens, en l’occurrence pour surtout générer une peur, est-ce encore utile au 21e siècle ?

Manifestement, cette épreuve renvoie à l’enfance, plus haut évoquée. L’épreuve du bandeau a beau exprimer un certain folklore – qui amuse surtout les spectateurs mais pas le candidat – en voulant aussi exprimer les « douleurs » symboliques de la naissance « par soi-même » renvoie à un « moment de solitude » et inconsciemment au couple primordial précité, formé avec la génitrice.

Dans le secret de l’âme

 La franc-maçonnerie serait-elle alors déconseillée aux « âmes sensibles ? Aux hommes et femmes privilégiant la douceur (cette vertu souvent oubliée aujourd’hui !) aux réfractaires à toute violence, mode de vie en extension, fussent-elles symboliques ? Et à la parole apaisante préférée aux grandiloquences verbales ?

 Les rituels maçonniques du 21ème siècle ne sont plus les mêmes que ceux du 18ème siècle. Les traditions ne sont pas immuables, elles accompagnent seulement une époque. En cela, elles sont faites pour être remplacées par d’autres, au fil de l’évolution culturelle. Même les étoiles meurent, d’autres s’allument.

En attendant, les épreuves initiatiques nous le montrent : « L’initiable » est invité à un parcours « individuel », parmi ses frères et sœurs, de sa demande d’admission à une loge maçonnique à son initiation. Puis son cheminement solitaire se poursuit au fil des degrés du rite : Apprenti, Compagnon, Maître. Et au-delà, si l’initié désire prolonger sa progression dans les Hauts Grades.

Certes, pour atteindre chaque étape, il voyage donc avec ses compagnons de route. Il est accompagné, par ses « jumeaux » en termes de degrés mais comme lors de son initiation première, ses impressions, son ressenti, en un mot, son vécu, sont évidemment intimes, car incommunicables. Il ne s’agit donc pas d’un « travail d’équipe », mais bien d’un trajet solitaire, et si l’on peut dire, en l’occurrence, « découpé en tranches » ! A l’évidence, maçonner n’est pas facile !

L’émotion (production physique, et le sentiment (élaboration mentale) ne se partagent pas : ils se vivent dans le secret de l’âme de chacune, de chacun. C’est en ce sens, que l’initié (e) peut éprouver cet état de solitude précité. Notamment chez ceux et celles qui aiment verbaliser, commenter et partager un vécu ! Le silence initiatique, autrement dit la « retenue verbale » sont à même de devenir une frustration pour certains et certaines ! D’où « les impressions d’initiation » qui sont demandées aux nouveaux initiés, lors d’un court exposé oral, – tel un « sas » de décompression – dans certains rites, à la tenue suivante.

Les cinq mots sacrés

Merci - Thank you - Gratitude
Merci – Thank you – Gratitude

 Le déroulement des rites maçonniques ne provoque évidemment pas les mêmes « réactions psychiques » chez les initiés (es) selon leur caractères et motivations. Entre autres exemples, qui vient en maçonnerie pour trouver et exercer une spiritualité laïque, qui, en manque d’affection, qui, pour y rencontrer des gens de diverses cultures et professions, qui, ne nous le cachons pas, en demande de clients ou de fournisseurs, qui pour tromper une solitude pesante dans la vie profane. La division des sièges de la loge en secteurs Apprentis, Compagnons, Maîtres et le silence imposé pendant l’office ne permettent pas les échanges durant la tenue.

Ceux-ci ne peuvent donc vraiment avoir lieu qu’au moment des Agapes, pendant ce temps précieux du repas pris en commun, tous décors ôtés et donc dans l’égalité retrouvée. Défaut de la qualité de cette organisation : l’intercommunication n’est jamais complète à chaque tenue et il en faut plusieurs pour que tous les frères et sœurs se rencontrent. Voire, fassent « co-naissance ».

 Aller vers l’autre. La rencontre, quand elle ne dépend pas du hasard mais de la volonté, demande toujours un effort. Il y a ainsi des solitudes subies qui pourraient être évitées par un simple mot ! Bonjour, bonsoir, au revoir, pardon, merci : Vous l’avez remarqué, ces cinq vocables respectueux, véritables sésames d’ouverture à autrui – et en cela « sacrés » par définition – ont tendance à disparaître du vocabulaire relationnel. J’ai connu le temps où c’était à l’Apprenti d’aller embrasser chaque membre de la loge en arrivant ! La Covid étant passé par là, l’accolade et la poignée de mains sont pour leur part, moins de mise. Et, paradoxalement, d’autres signes physiques instinctifs viennent davantage maintenant établir le contact, tels le regard avec hochement de tête et le salut de la main. Ils nous rappellent que nous sommes des animaux sociaux. Et notre devoir d’attention à l’autre ! Les yeux ont ce pouvoir, en croisant deux autres, d’effacer la distance. Et la solitude !

La chaîne d’union

La division physique de la loge en « classes » d’Apprentis, Compagnons et Maîtres, la « sortie » des deux premières lorsque les travaux de la dernière ne doivent pas leur être révélés, les initiations qui imposent les mêmes contraintes, autant de « segmentations » qui nous montrent, de l’intérieur, la franc-maçonnerie en fonctionnement. Autant de particularités, de mouvements, qui permettent de constater que la loge « dite d’Apprenti » est en état constant « d’incomplétude ». Elle n’atteint la symbiose parfaite qu’au moment de la chaîne d’union par les mains jointes de tous ses membres, tous degrés confondus.

C’est la phase terminale de la tenue et évidemment attendue par qui a un besoin constant d’être aimé, de se sentir exister. C’est cette chaîne d’union qui justifie l’appellation de « lieu d’amour » à tous les membres réunis, et notamment en demande continue d’affection pour combler le vide d’un manque originel (discorde ou divorce des parents, enfants orphelins, éloignements familiaux par la guerre, etc).

A chacun, chacune, sa névrose constitutionnelle. Sans que la loge soit un lieu de soins, nous l’avons dit, elle peut être parfois comme toute association, le « refuge » de quelques-uns, de quelques-unes, qui ne supportent pas d’être seuls et souffrent en silence d’un « syndrome d’abandon », du fait des traumatismes précités. Nous connaissons ces personnes qui, « en mésestime, en désamour de soi » ont besoin « d’attachement » permanent et en même temps, par un orgueil culpabilisant, ont du mal à accepter l’aide fraternelle. Elle est pourtant préférable à alcool ou la boulimie. L’abandonnisme est pétri de réalités, de vérités, mais aussi de constructions et contradictions façonnées par le temps, d’où les souffrances qu’il peut aussi engendrer ! Toute frustration peut réveiller la blessure initiale.

Il fait ainsi partie de notre fraternité d’aider ce frère ou cette sœur, à accepter cette solitude, qui passe, mais oui, par l’humilité. Etre seul (seule) a aussi des avantages, nous l’avons vu, entre autres, en termes de « bénéfices secondaires » (se donner des satisfactions), de ressourcement. Ce n’est pas la fin du monde et ce peut être, au contraire, un premier matin du monde !

Au fil de ce que la franc-maçonnerie nous permet en termes de découvertes relationnelles, au fil de ses contraintes certes, mais aussi des renaissances et partages qu’elle nous offre : La rencontre d’une nouvelle philosophie de vie !

Les francs-maçons sont célébrés chaque année à Monteiro

Ce vendredi 28, était la Journée municipale du franc-maçon qui est célébrée dans la ville de Monteiro (Brésil). La loi a été approuvée au conseil municipal du 16 juillet 2015 par le président de l’époque Bero de Bertinho et ayant comme vénérable maître de la loge son frère José Rocha do Amaral Junior, qui n’a pas par hasard choisi le 28 juillet, rendant hommage à un grand et vaillant franc-maçon, le Dr Nilo Feitosa, une référence et une inspiration pour tous les frères pour tout ce qu’il représente.

La franc-maçonnerie de Monteiro a développé une série d’activités philosophiques et philanthropiques, suivant ses préceptes de discrétion, car le livre de la loi dit que nous devons donner avec la main droite, pour que la main gauche ne voie pas, mais s’ils demandent dans le ville qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Ce qu’ils font? Les plus humbles sauront répondre.

En cette date particulière nous tenons à remercier toute la famille maçonnique, ainsi que les amis de l’ordre pour le respect et l’affection voués à cette institution, nous prions le Grand Architecte de l’Univers qu’il puisse nous éclairer et nous guider pour rester fermes dans notre mission, en faisant de bonnes choses pour notre Monteiro, sur les chemins de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Tubal Cain : le père de la forge

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par Guillaume Régal

Tubal Cain est crédité d’avoir inventé le métier de forgeron. Son nom est mentionné dans la Bible en relation avec le travail des métaux. Tubal Cain n’était pas seulement un maître forgeron, il était aussi un inventeur et un artisan. Sa marque a été retrouvée sur de nombreuses pièces de ferronnerie ancienne. Ce n’étaient pas seulement des objets de décoration non plus; ils étaient des outils pour chasser et dépouiller les animaux, des armes, des outils agricoles, des ustensiles ménagers et des bijoux. Apprenez-en plus sur ce personnage intéressant en lisant la suite !

« Et le troisième frère, Tubal Cain, a trouvé la forge de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer et de l’acier… – Albert Mackey, The Legend of the Craft

Le symbolisme principal de la franc-maçonnerie remonte aux enseignements des religions hébraïque et chrétienne. Le développement de la maçonnerie spéculative en Europe au XVIIIe siècle, une époque où le christianisme dans toutes ses manifestations était important pour la vie quotidienne, est compréhensible. À l’époque, les frères aspiraient à s’améliorer eux-mêmes et leur communauté par le biais de rituels, et quel meilleur endroit pour tirer ces leçons que les Écritures ?

Les cérémonies maçonniques, ainsi que celles de leurs nombreux corps affiliés, ont évolué au fil du temps, bien que beaucoup continuent d’utiliser des origines judéo-chrétiennes pour exprimer des vérités universelles. En ce qui concerne les croyances maçonniques, beaucoup de gens croient que les histoires et les symboles de la Bible sont la meilleure façon de les expliquer. Cependant, il est tout aussi important de souligner que la fraternité accepte des hommes de toute race, religion ou croyance dans ses rangs.

Tubal Caïn

Une sculpture d’Andrea Pisano de Tubal Cain travaillant dans sa forge, vers 1334-1336

Les francs-maçons croient que Tubal Cain , qui apparaît dans Genèse 4:22, est une figure biblique incluse dans la franc-maçonnerie. Tubal Caïn, descendant d’Adam et Eve et fils de Lamech et Zillah, est connu comme le premier forgeron. Bien que l’on ne sache pas quand Tubal Caïn est apparu pour la première fois dans le rituel maçonnique spéculatif, Albert Mackey, le grand auteur et historien maçonnique, se réfère à lui comme le « premier à travailler avec du fer et du laiton » dans son livre, A Lexicon of Freemasonry. Mackey a écrit que Tubal Cain dans ce passage :

… a introduit de nombreux arts dans la société qui tendaient à son amélioration et à sa civilisation. Tubal Caïn est le Vulcain des païens et on pense qu’il a été étroitement lié à l’ancienne franc-maçonnerie. Faber dit que « tous les bâtiments antiques les plus remarquables de la Grèce, de l’Égypte et de l’Asie Mineure ont été attribués aux maçons cabireens ou cyclopéens », les descendants de Vulcain, Dhu Balcan, le dieu Balcan ou Tubal Caïn. Oliver dit : « Plus tard, Tubal Caïn, sous le nom de Vulcain et de son Cyclope, figurait comme ouvriers des métaux et inventeurs des mystères ; et par conséquent il est probable qu’il était le hiérophante d’une institution similaire à son époque, copiée sur le système précédent de Seth, et appliquée à l’amélioration de schémas plus adaptés aux poursuites physiques de la race à laquelle il appartenait.

Mackey pense que Tubal Cain peut être considéré comme notre ancêtre maçonnique en raison de ses contributions substantielles à la science de l’artisanat.

Le troisième degré

Parce qu’il a été le premier à enseigner aux autres comment travailler le métal et les outils forgés, Tubal Cain est vénéré dans la franc-maçonnerie comme l’ancêtre de tous les maîtres artisans. En tant que pédagogue, il démontre l’importance qu’accordent les maçons à la transmission de leur savoir à leurs semblables.

Pour accomplir le troisième degré, un Frère doit apprendre à utiliser les outils de travail de l’Art pour exécuter les desseins de l’Artiste Divin. Il ne peut acquérir le rang de maître maçon, vivant pleinement sa vie à la lumière de la franc-maçonnerie, qu’en apprenant les principes moraux et philosophiques donnés dans la loge par des frères savants et expérimentés qui marchent sur les traces de Tubal Cain.

Maçons célèbres : Robert Ambelain

Robert Ambelain, né le 2 septembre 1907 à Paris et mort dans la même ville, le 27 mai 1997, est un auteur français, spécialisé dans l’ésotérisme, l’occultisme et l’astrologie. Homme de lettres, historien et membre sociétaire des Gens de Lettres et de l’Association des écrivains de langue française « mer outre-mer », il est l’auteur de 42 ouvrages (dont certains sous le pseudonyme d’« Aurifer », son nom en tant que « Supérieur inconnu » dans l’Ordre Martiniste).

Franc-maçon, il est initié le 24 mars 1939 dans le temple de la porte d’Orléans à Paris, parrainé par le grand maître Constant Chevillon, dans la loge « La Jérusalem des vallées égyptiennes » et ensuite il est reçu compagnon et maître au cours d’une tenue clandestine au camp d’Epinal. Il dirige à son domicile les réunions de la loge « Alexandrie d’Égypte », au Rite de Memphis-Misraïm. Il reçoit de Georges Bogé de Lagrèze les hauts grades de ce rite, du 4e au 33e et les 55e, 66e, 90e et 95.

En 1942, il réveille l’Ordre des Élus Coëns, dont il est le Souverain Grand Commandeur. L’Ordre Martiniste des Élus-Cohens, lié pendant un temps à l’Ordre de Papus dirigé par Philippe Encausse au sein de l’Union des ordres martinistes, va poursuivre son activité jusqu’en 1967.

C’est en 1942 que Georges Bogé de Lagrèze et Camille Savoire, tous deux membres du Grand Prieuré des Gaules du Rite écossais rectifié, auraient donné patente à Robert Ambelain, afin de créer l’Ordre Martiniste des Élus-Cohens et d’ y intégrer les classes secrètes de Profès et Grand Profès. Cependant ,un article de Pierre Noël consacrée à « La Profession », publié dans le N°168 de Renaissance traditionnelle en octobre 2012 établit documents à l’appui, y compris des textes inédits, la nature exacte de la double classe secrète du régime écossais rectifié et il précise en quoi la pseudo-grande profession composée par Robert Ambelain à partir d’un dépôt de Georges Lagrèze diffère radicalement de la grande profession telle que l’a conçue et instituée Jean-Baptiste Willermoz fondateur du rite et telle qu’elle s’est perpétuée en Suisse.

De 1960 à 1985 il est le grand maître mondial de la « Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm ». Il transmet sa succession à Gérard Kloppel en 1985. En 1985 il réveille le Rite écossais primitif. Il est aussi Chevalier bienfaisant de la Cité sainte dans le Rite écossais rectifié, avec le nom d’ordre d’Eques a reconciliatione.

Le gnostique

En 1946, il est consacré évêque dans l’Église gnostique universelle sous le nom de « Tau Robert », évêque gnostique de Samarie, par Roger Ménard (« Tau Eon II »), qui à son tour avait été consacré par Victor Blanchard (« Tau Targelius »). Fondateur en 1953 de l’Église gnostique apostolique, qui en 1956 se place sous les auspices d’Origène, qu’elle reconnaît comme Saint patron. En septembre 1958, Robert Ambelain en est élu patriarche, par le haut synode, sous le nom de « Tau Jean III » et, le 20 décembre 1959, « Tau Charles » le consacre patriarche en lui conférant le pallium patriarcal légué par Mgr Giraud, qui avait consacré Jean Bricaud avant lui. C’est aussi le 31 mai de cette année 1959 qu’il consacre Roger Deschamps (« Tau Jean Rudiger ») comme évêque de l’Église gnostique apostolique de Liège. Le 15 août 1960, il hérite de Mgr Dupont du patriarcat de l’Église gnostique universelle, qu’il fusionne avec sa propre communauté.

Dernière interview de Robert Ambelain, réalisée par Patrick Leterme, le 10 Avril 1997, en présence de sa femme et de Jean-Marc Font.

L’historien Robert Ambelain à propos de la mythomanie et de la mégalomanie

L’historien Robert Ambelain s’exprime à propos de la mythomanie et de la mégalomanie : « tous les mythomanes de l’Histoire sont mégalomanes ». Il parle ensuite des grands mythomanes de l’Histoire, les fondateurs de religion, les pseudo-messies, Jeanne d’Arc, Napoléon… La psychothérapeute Hélène Korganoff et le sociologue Georges Chétochine interviennent dans le débat autour de la mythomanie.

L’homme le plus puissant du monde est-il franc-maçon ? : Elon Musk

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Du site Quora

Sur les réseaux sociaux on trouve tout (et surtout rien). Les vacances d’été nous donnent l’occasion de partager avec vous les résultats et autres commentaires sur cette question régulièrement posée. Bien entendu, tout cela est à prendre au second degré. Comme le dit l’adage, les chiens aboient…

Une petite vidéo un peu plus sérieuse sur les Illiminati

Au point où nous en sommes, voyons aussi la secte qui rend les gens puissants…

30/09/23 : Rodez invite Roger Dachez sur « Les Constitutions d’Anderson et leur réception en France »

Ancienne capitale du Rouergue, Rodez,

préfecture du département de l’Aveyron en région Occitanie, invite Roger Dachez* afin de commémorer la publication des Constitutions de 1723.

Cette soirée autour du thème « Les Constitutions d’Anderson et leur réception en France », se clôturera par un traditionnel et fraternel buffet.

Un rendez-vous avec l’histoire maçonnique que nous devons à la très dynamique association des « Conférences de Midi à Minuit ». Ensuite, après confirmation de votre réservation, vous recevrez tous les détails afin de pouvoir assister à cet événement (lieu, etc.).

Comme il n’existe quasiment pas de portrait du révérend James Anderson, auteur des Constitutions des Francs-Maçons (1723), Ancien Junior Grand Warden de la Grande Loge de Londres et de Westminster, nous vous proposons cette esquisse de Travis Simpkins, artiste indépendant et maître maçon au Morning Star Lodge à Worcester, Massachusetts, fait 33e degré en 2021 à Cleveland, Ohio. En 2022, il a été nommé membre honoraire de la Grande Loge du New Jersey. Il est également membre du York Rite et de l’Ordre de l’Étoile d’Orient.

Programme de la soirée du samedi 30 septembre 2023 :

À partir de 19h00 : Accueil

19h30 – 21h00 : Conférence « Les Constitutions d’Anderson et leur réception en France »
21h00 – 21h30 : Séance de dédicaces des ouvrages de notre conférencier

21h30 : Buffet

L’entrée de la conférence est gratuite et réservée aux Maçonnes et Maçons, sur invitation. La réservation préalable est obligatoire.

La date limite d’inscription, dans la limite des places disponibles, est fixée :

  • avant le mardi 26 septembre midi pour celles et ceux qui s’inscrivent au buffet fraternel (12h00 -14h00),
  • avant le jeudi 28 septembre minuit pour celles et ceux qui ne désirent participer qu’à la série de conférences

À l’issue de cette conférence, seront organisés : une séance de dédicaces des ouvrages de notre conférencier et un buffet fraternel permettant d’échanger de façon plus informelle.

Participation au buffet : 17€/personne. La participation aux frais de la conférence seule est à la libre appréciation des participants.

Le lien d’inscription

Photo DR.

*Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris. Président de l’Institut Maçonnique de France depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la franc-maçonnerie (Musée de France) à Paris et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970.

Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel René Guilly (René Désaguliers). Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères.

Les Conférences de Midi à Minuit
Les Conférences de Midi à Minuit.

Nous lui devons plus d’une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France avec Alain Bauer (Tallandier, 2020) ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021), une Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021), un Précis de maçonnerie de la Marque (La Tarente, 2021) et son De Salomon à James Anderson – L’invention de la franc-maçonnerie (Dervy, 2023).