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Santé mentale maçonnique : comprendre et aborder le bien-être mental des francs-maçons

Du site naomedical.com

En tant que francs-maçons, nous nous concentrons souvent sur les principes de fraternité, de charité et de croissance personnelle. Cependant, il est tout aussi important de donner la priorité à notre bien-être mental. La santé mentale joue un rôle crucial dans notre bonheur général et notre capacité à mener une vie épanouissante.

Pourquoi la santé mentale est-elle importante pour les francs-maçons ?

La santé mentale affecte tous les aspects de notre vie, y compris nos relations, notre travail et notre croissance personnelle. En tant que francs-maçons, nous nous efforçons d’être les meilleures versions de nous-mêmes, et cela inclut de prendre soin de notre bien-être mental. En accordant la priorité à la santé mentale, nous pouvons améliorer notre capacité à servir nos communautés, à soutenir nos frères et à mener une vie enrichissante.

Reconnaître les défis de santé mentale

Il est essentiel de reconnaître les signes et les symptômes des problèmes de santé mentale. Certains problèmes de santé mentale courants auxquels les francs-maçons peuvent être confrontés incluent :

  • Dépression
  • Anxiété
  • Stress
  • Burnout
  • Abus de substance

Recherche de soutien et de ressources

Si vous ou un autre franc-maçon êtes aux prises avec des problèmes de santé mentale, rappelez-vous que vous n’êtes pas seul. Il existe de nombreuses ressources et systèmes de soutien disponibles pour vous aider à surmonter ces difficultés. Voici quelques options à considérer :

  1. Programmes maçonniques de santé mentale : De nombreuses organisations maçonniques ont des programmes de santé mentale dédiés qui fournissent un soutien, des conseils et des ressources spécifiquement adaptés aux francs-maçons.
  2. Conseils professionnels : La recherche de conseils professionnels peut être extrêmement bénéfique. Les thérapeutes et les conseillers peuvent vous fournir un espace sûr pour explorer vos pensées et vos émotions, développer des stratégies d’adaptation et travailler à un meilleur bien-être mental.
  3. Groupes de soutien : Rejoindre un groupe de soutien peut vous mettre en contact avec des personnes qui ont des expériences et des défis similaires. Partager vos pensées et vos sentiments avec des personnes qui vous comprennent peut vous procurer un sentiment d’appartenance et de soutien.
  4. Pratiques d’auto-soins : L’intégration de pratiques d’auto-soins dans votre routine quotidienne est essentielle pour maintenir une bonne santé mentale. Cela peut inclure des activités telles que l’exercice, la méditation, la tenue d’un journal et passer du temps avec des êtres chers.

Questions fréquemment posées

Q : Comment puis-je donner la priorité à ma santé mentale en tant que franc-maçon ?

R : Donner la priorité à la santé mentale implique de reconnaître l’importance des soins personnels, de rechercher du soutien en cas de besoin et de travailler activement au maintien d’un bon bien-être mental.

Q : Existe-t-il des ressources spécifiques en santé mentale pour les francs-maçons ?

R : Oui, de nombreuses organisations maçonniques ont des programmes dédiés à la santé mentale qui offrent des ressources, un soutien et des services de conseil adaptés aux francs-maçons.

Q : Quelles sont les pratiques de soins personnels que je peux intégrer à ma routine quotidienne ?

R : Certaines pratiques de soins personnels comprennent l’exercice, la méditation, la tenue d’un journal, passer du temps avec des êtres chers et s’adonner à des passe-temps ou à des activités qui vous apportent de la joie.

Conclusion

En tant que francs-maçons, il est crucial de donner la priorité à notre bien-être mental. En comprenant l’importance de la santé mentale et en recherchant du soutien au besoin, nous pouvons mener une vie plus heureuse et plus épanouissante. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul dans votre cheminement vers une meilleure santé mentale. Contactez les ressources et le soutien dont vous disposez en tant que franc-maçon et prenez en charge votre bien-être mental dès aujourd’hui.

Sources:

De la solitude, la renaissance

Dès sa naissance le petit d’homme est en deuil !

Alors qu’il était blotti depuis plusieurs mois dans un nirvana de tiédeurs utérines, il est brutalement expulsé du ventre maternel et livré à la lumière du monde. Alors qu’il « faisait couple » avec sa génitrice, celle-ci s’en sépare par l’accouchement qui s’impose : d’un duo, le bébé devient unité. Soudain il est seul « dans sa peau », avec une conscience en lente formation et tout en curiosités successives. Son inconscient, lui, également « en herbe », n’oubliera jamais malgré tout, cet éloignement de « l’habitat initial », de cette séparation, parfois même vécue comme un abandon.

Pourtant, même en comprenant progressivement la nécessité de séparation, il garde une « reliance » ombilicale imaginaire avec cette mère – « libérée » de leur cohabitation – qui continue de le protéger pendant sa croissance, à l’extérieur d’elle désormais. Homme parmi les hommes, il entretiendra à vie – à son insu nous dit la psychanalyse – ce rêve fou de remonter à la source bienfaisante, sécurisante aussi. De repasser de l’unité à la dualité. Et de retrouver ce bonheur fusionnel perdu !

500 ans avant Jésus Christ, l’auteur de théâtre grec Aristophane, constatant cette « souffrance » du genre humain lors de l’enfantement, inventa une fable qui devint « le mythe des androgynes ». A savoir que, à l’origine, selon le récit, ce genre était composé de trois configurations, formant deux moitiés « rapprochées » (homme-homme, femme-femme, homme-femme). La plus « courante » était un homme et une femme, soudés l’un à l’autre, de forme arrondie (le cercle étant la forme parfaite pour les grecs anciens). Créatures aux dos et flancs bombés, elles disposaient de 4 bras et de 4 jambes. Ces huit membres leur servaient de point d’appui et leur permettaient de se déplacer rapidement en « faisant la roue », ici réinventée.

Une façon imaginaire poétique, à la fois de supprimer le défaut constitutionnel de l’homme, – en l’occurrence son « incomplétude » aux yeux des antiques – et dans sa tête, avec un peu d’humour, …de tourner rond ! Sauf que… toujours selon le mythe, ces créatures sphériques ayant soudain la prétention de rejoindre ainsi les dieux et d’obtenir leur statut céleste, Zeus décide de les punir de leur vanité. D’un coup d’épée, il les tranche en deux dans le sens de la hauteur. Et depuis ce moment, les êtres humains, séparés et errants, redevenus « unitaires » et désirants, doivent se chercher pour s’accoupler.

Solitude choisie, solitude subie

 Ainsi, indépendants par nature, ils sont dépendants par nécessité.

Cette séparation – inventée par le mythe et effective dans la réalité, par coupure du cordon ombilical reliant l’enfant à sa mère, – instaure deux nouveaux états qu’implique l’indépendance : la solitude et l’isolement. La première, peut être perçue comme une émotion très pénible engendrée par l’absence de contact social. La seconde, vécue comme un retrait du monde, est le résultat de la première, se manifestant par le constat d’absences relationnelles.

Deux situations interviennent alors pour les Hommes individualisés : la solitude choisie et la solitude subie. L’une peut être volontaire donc bénéfique, l’autre imposée, donc douloureuse.

La solitude choisie permet de retrouver le calme, la sérénité, de se ressourcer. Les personnalités extraverties ont besoin de contact, de partage, les personnalités introverties souhaitent cette solitude. Elle leur permet, dans l’apaisement, le confort moral, la réflexion. Et aussi, une disponibilité à la créativité, à l’écoute de l’autre. Ceux et celles, pris par un travail exigeant ou entourés d’enfants joyeux et turbulents sont heureux de ce temps personnel régulièrement retrouvé ! Il est d’autant plus bénéfique que provisoire.

La solitude subie, notamment par les personnalités introverties, peut engendrer la tristesse, l’anxiété, l’infériorisation, une perte de l’estime de soi, avec des idées noires. Elles se sentent alors socialement écartées, rejetées, ignorées. C’est parfois le cas des personnes âgées, sans famille ou amis, que personne ne vient voir, isolées dans leur appartement ou maison de retraite. La perspective d’une mort prochaine ne peut alors se traduire qu’en anxiété et dépression. Jeunes ou vieux, nous avons tous et toutes besoin de la présence et du regard de l’autre.

Certes, il ne faut pas confondre « vie de solitude » et « vie solitaire ». Nombre de personnes acceptent très bien une situation « d’esseulement » d’autant qu’elles la souhaitent. Disposant d’un logement, d’un revenu corrects et de possibilités de locomotion, elles ont ou non des contacts sociaux selon leurs désirs et les moments de leur existence. On peut presque parler ici du « privilège » d’avoir une compagnie à la demande, composée de parents, d’amis, de relations intimes ou de membres de mouvements associatifs.

Le cœur sur la main

Il est intéressant de noter qu’il y a quelque 16 millions de bénévoles en France et 1,5 million d’associations de toutes sortes (employant près de 1800000 de salariés). Parmi elles, la Croix Rouge Internationale, l’Armée du Salut, les Restos du cœur, l’Association contre les myopathies (organisatrice du Téléthon annuel), le Secours populaire et le Secours Catholique, les Clubs-service (Rotary-club, Lions Club, Kiwanis, etc) sont les plus importantes. Par ailleurs, il y aurait quelque 3000 loges maçonniques et 175000 francs-maçons, répartis en Obédiences et « sociétés de pensées » indépendantes sur le territoire. Ces chiffres sont fluctuants et ne sont donnés ici qu’à titre indicatif sans prétendre à un comptage rigoureux. Mais ils donnent une idée de l’importance du « don de soi » en France.

Leur examen montre en effet la « place sociale » considérable du bénévolat. Il apporte, par les bons soins de ses pratiquants, une réponse à qui, notamment, souffre de solitude. Il n’est pas donné à tout le monde de ressentir le souci des démunis de toutes sortes et de se déplacer pour « aller sur le terrain », apporter du réconfort et rendre service. Ce qui s’appelle « avoir le cœur sur le main » !

L’adhésion à ces associations caritatives sollicite donc bonne volonté, générosité, temps, compétences particulières et sens de l’autre. Il n’en est pas tout à fait de même en franc-maçonnerie. Les deux peuvent occuper le temps libre de chacune, de chacun mais pas avec le même objet. Matérialité pour l’une, spiritualité pour l’autre.

L’association caritative demande donc de se tourner vers autrui en difficulté, la franc-maçonnerie, elle, suggère de porter d’abord sa réflexion et son regard vers soi. Non par égoïsme ou égocentrisme, mais dans le but d’un épanouissement personnel. « Bien penser pour mieux vivre », pourrait être son juste slogan. Certes, il est clair, en termes d’énergie, qu’on ne peut remplir le réservoir de son prochain avec le sien à moitié vide.

Sans être un lieu de psychothérapie – nous le savons – la franc-maçonnerie propose à qui vient frapper à la porte de son Temple, l’apprentissage et la pratique d’une « spiritualité laïque » (à différencier de la spiritualité religieuse, tout respect gardé pour elle, mais à exercer dans des lieux de culte). Il s’agit, avec l’usage de la raison, et aux moyens des instruments du symbolisme (mythes et légendes méditerranéennes, outils de la construction monumentale et leur représentation autour de la pierre, différenciation du profane et du sacré, etc.) entouré de frères et de sœurs de rencontre – d’y trouver par le raisonnement, des « aides à vivre »

Naître de soi

Dans une société où, il faut bien le dire, le progrès matériel, sans cesse plus performant, ne favorise pas pour autant le progrès moral. Et, partant, la « vie de l’esprit » ! En cela, la franc-maçonnerie, pratiquée en loge et en groupe, – en soi une philosophie qui apprend à raisonner sans chercher à avoir raison – relèverait davantage de la « socianalyse » (et non de la psychanalyse). On n’est jamais assez précis !

Le symbolisme maçonnique ne se contente pas de « représenter une chose par une autre. En cela, il ne convient pas à tout le monde. Il demanderait pour l’approcher un minimum de précautions qui, curieusement, n’est pas pratiquée. Lorsque trois personnes différentes vous soumettent successivement à un interrogatoire détaillé, lorsqu’on vous aveugle une bonne demie heure (épreuve du bandeau) pour le prolonger par d’autres questions qui touchent parfois à l’intime, lorsqu’on vous impose les épreuves physiques de l’initiation, sans « précautions » particulières ni consignes, il s’agit bien d’une forme de bizutage.

Pratiqué en d’autres lieux (internats divers, grandes écoles, institutions militaires) il est désormais mieux supervisé et règlementé par des « anciens » se souvenant de leur propre bizutage. Pas en maçonnerie, où il serait souhaitable, qui sait, qu’un tel contrôle ait lieu par des frères ou sœurs compétents ! Ces propos peuvent faire sourire, mais rapportés par divers témoignages, ils peuvent aussi faire prendre conscience qu’il s’agit de « violences », si légères ou symboliques soient-elles, à même de perturber les candidats (tes).

Ces éléments de « choc initiatique » qui, en quelque sorte, constituent le « ticket d’entrée en maçonnerie », relèvent de la Tradition. A ce titre et avec ce mot majusculé, quasi-magique et passe-partout, l’épreuve du bandeau particulièrement, veut signifier (un moment) le « renforcement », en bien ou en mal, des autres sens (écouter ou pas les paroles d’autrui et les bruits du monde). Priver quelqu’un d’un sens, en l’occurrence pour surtout générer une peur, est-ce encore utile au 21e siècle ?

Manifestement, cette épreuve renvoie à l’enfance, plus haut évoquée. L’épreuve du bandeau a beau exprimer un certain folklore – qui amuse surtout les spectateurs mais pas le candidat – en voulant aussi exprimer les « douleurs » symboliques de la naissance « par soi-même » renvoie à un « moment de solitude » et inconsciemment au couple primordial précité, formé avec la génitrice.

Dans le secret de l’âme

 La franc-maçonnerie serait-elle alors déconseillée aux « âmes sensibles ? Aux hommes et femmes privilégiant la douceur (cette vertu souvent oubliée aujourd’hui !) aux réfractaires à toute violence, mode de vie en extension, fussent-elles symboliques ? Et à la parole apaisante préférée aux grandiloquences verbales ?

 Les rituels maçonniques du 21ème siècle ne sont plus les mêmes que ceux du 18ème siècle. Les traditions ne sont pas immuables, elles accompagnent seulement une époque. En cela, elles sont faites pour être remplacées par d’autres, au fil de l’évolution culturelle. Même les étoiles meurent, d’autres s’allument.

En attendant, les épreuves initiatiques nous le montrent : « L’initiable » est invité à un parcours « individuel », parmi ses frères et sœurs, de sa demande d’admission à une loge maçonnique à son initiation. Puis son cheminement solitaire se poursuit au fil des degrés du rite : Apprenti, Compagnon, Maître. Et au-delà, si l’initié désire prolonger sa progression dans les Hauts Grades.

Certes, pour atteindre chaque étape, il voyage donc avec ses compagnons de route. Il est accompagné, par ses « jumeaux » en termes de degrés mais comme lors de son initiation première, ses impressions, son ressenti, en un mot, son vécu, sont évidemment intimes, car incommunicables. Il ne s’agit donc pas d’un « travail d’équipe », mais bien d’un trajet solitaire, et si l’on peut dire, en l’occurrence, « découpé en tranches » ! A l’évidence, maçonner n’est pas facile !

L’émotion (production physique, et le sentiment (élaboration mentale) ne se partagent pas : ils se vivent dans le secret de l’âme de chacune, de chacun. C’est en ce sens, que l’initié (e) peut éprouver cet état de solitude précité. Notamment chez ceux et celles qui aiment verbaliser, commenter et partager un vécu ! Le silence initiatique, autrement dit la « retenue verbale » sont à même de devenir une frustration pour certains et certaines ! D’où « les impressions d’initiation » qui sont demandées aux nouveaux initiés, lors d’un court exposé oral, – tel un « sas » de décompression – dans certains rites, à la tenue suivante.

Les cinq mots sacrés

Merci - Thank you - Gratitude
Merci – Thank you – Gratitude

 Le déroulement des rites maçonniques ne provoque évidemment pas les mêmes « réactions psychiques » chez les initiés (es) selon leur caractères et motivations. Entre autres exemples, qui vient en maçonnerie pour trouver et exercer une spiritualité laïque, qui, en manque d’affection, qui, pour y rencontrer des gens de diverses cultures et professions, qui, ne nous le cachons pas, en demande de clients ou de fournisseurs, qui pour tromper une solitude pesante dans la vie profane. La division des sièges de la loge en secteurs Apprentis, Compagnons, Maîtres et le silence imposé pendant l’office ne permettent pas les échanges durant la tenue.

Ceux-ci ne peuvent donc vraiment avoir lieu qu’au moment des Agapes, pendant ce temps précieux du repas pris en commun, tous décors ôtés et donc dans l’égalité retrouvée. Défaut de la qualité de cette organisation : l’intercommunication n’est jamais complète à chaque tenue et il en faut plusieurs pour que tous les frères et sœurs se rencontrent. Voire, fassent « co-naissance ».

 Aller vers l’autre. La rencontre, quand elle ne dépend pas du hasard mais de la volonté, demande toujours un effort. Il y a ainsi des solitudes subies qui pourraient être évitées par un simple mot ! Bonjour, bonsoir, au revoir, pardon, merci : Vous l’avez remarqué, ces cinq vocables respectueux, véritables sésames d’ouverture à autrui – et en cela « sacrés » par définition – ont tendance à disparaître du vocabulaire relationnel. J’ai connu le temps où c’était à l’Apprenti d’aller embrasser chaque membre de la loge en arrivant ! La Covid étant passé par là, l’accolade et la poignée de mains sont pour leur part, moins de mise. Et, paradoxalement, d’autres signes physiques instinctifs viennent davantage maintenant établir le contact, tels le regard avec hochement de tête et le salut de la main. Ils nous rappellent que nous sommes des animaux sociaux. Et notre devoir d’attention à l’autre ! Les yeux ont ce pouvoir, en croisant deux autres, d’effacer la distance. Et la solitude !

La chaîne d’union

La division physique de la loge en « classes » d’Apprentis, Compagnons et Maîtres, la « sortie » des deux premières lorsque les travaux de la dernière ne doivent pas leur être révélés, les initiations qui imposent les mêmes contraintes, autant de « segmentations » qui nous montrent, de l’intérieur, la franc-maçonnerie en fonctionnement. Autant de particularités, de mouvements, qui permettent de constater que la loge « dite d’Apprenti » est en état constant « d’incomplétude ». Elle n’atteint la symbiose parfaite qu’au moment de la chaîne d’union par les mains jointes de tous ses membres, tous degrés confondus.

C’est la phase terminale de la tenue et évidemment attendue par qui a un besoin constant d’être aimé, de se sentir exister. C’est cette chaîne d’union qui justifie l’appellation de « lieu d’amour » à tous les membres réunis, et notamment en demande continue d’affection pour combler le vide d’un manque originel (discorde ou divorce des parents, enfants orphelins, éloignements familiaux par la guerre, etc).

A chacun, chacune, sa névrose constitutionnelle. Sans que la loge soit un lieu de soins, nous l’avons dit, elle peut être parfois comme toute association, le « refuge » de quelques-uns, de quelques-unes, qui ne supportent pas d’être seuls et souffrent en silence d’un « syndrome d’abandon », du fait des traumatismes précités. Nous connaissons ces personnes qui, « en mésestime, en désamour de soi » ont besoin « d’attachement » permanent et en même temps, par un orgueil culpabilisant, ont du mal à accepter l’aide fraternelle. Elle est pourtant préférable à alcool ou la boulimie. L’abandonnisme est pétri de réalités, de vérités, mais aussi de constructions et contradictions façonnées par le temps, d’où les souffrances qu’il peut aussi engendrer ! Toute frustration peut réveiller la blessure initiale.

Il fait ainsi partie de notre fraternité d’aider ce frère ou cette sœur, à accepter cette solitude, qui passe, mais oui, par l’humilité. Etre seul (seule) a aussi des avantages, nous l’avons vu, entre autres, en termes de « bénéfices secondaires » (se donner des satisfactions), de ressourcement. Ce n’est pas la fin du monde et ce peut être, au contraire, un premier matin du monde !

Au fil de ce que la franc-maçonnerie nous permet en termes de découvertes relationnelles, au fil de ses contraintes certes, mais aussi des renaissances et partages qu’elle nous offre : La rencontre d’une nouvelle philosophie de vie !

Les francs-maçons sont célébrés chaque année à Monteiro

Ce vendredi 28, était la Journée municipale du franc-maçon qui est célébrée dans la ville de Monteiro (Brésil). La loi a été approuvée au conseil municipal du 16 juillet 2015 par le président de l’époque Bero de Bertinho et ayant comme vénérable maître de la loge son frère José Rocha do Amaral Junior, qui n’a pas par hasard choisi le 28 juillet, rendant hommage à un grand et vaillant franc-maçon, le Dr Nilo Feitosa, une référence et une inspiration pour tous les frères pour tout ce qu’il représente.

La franc-maçonnerie de Monteiro a développé une série d’activités philosophiques et philanthropiques, suivant ses préceptes de discrétion, car le livre de la loi dit que nous devons donner avec la main droite, pour que la main gauche ne voie pas, mais s’ils demandent dans le ville qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Ce qu’ils font? Les plus humbles sauront répondre.

En cette date particulière nous tenons à remercier toute la famille maçonnique, ainsi que les amis de l’ordre pour le respect et l’affection voués à cette institution, nous prions le Grand Architecte de l’Univers qu’il puisse nous éclairer et nous guider pour rester fermes dans notre mission, en faisant de bonnes choses pour notre Monteiro, sur les chemins de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Tubal Cain : le père de la forge

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par Guillaume Régal

Tubal Cain est crédité d’avoir inventé le métier de forgeron. Son nom est mentionné dans la Bible en relation avec le travail des métaux. Tubal Cain n’était pas seulement un maître forgeron, il était aussi un inventeur et un artisan. Sa marque a été retrouvée sur de nombreuses pièces de ferronnerie ancienne. Ce n’étaient pas seulement des objets de décoration non plus; ils étaient des outils pour chasser et dépouiller les animaux, des armes, des outils agricoles, des ustensiles ménagers et des bijoux. Apprenez-en plus sur ce personnage intéressant en lisant la suite !

« Et le troisième frère, Tubal Cain, a trouvé la forge de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer et de l’acier… – Albert Mackey, The Legend of the Craft

Le symbolisme principal de la franc-maçonnerie remonte aux enseignements des religions hébraïque et chrétienne. Le développement de la maçonnerie spéculative en Europe au XVIIIe siècle, une époque où le christianisme dans toutes ses manifestations était important pour la vie quotidienne, est compréhensible. À l’époque, les frères aspiraient à s’améliorer eux-mêmes et leur communauté par le biais de rituels, et quel meilleur endroit pour tirer ces leçons que les Écritures ?

Les cérémonies maçonniques, ainsi que celles de leurs nombreux corps affiliés, ont évolué au fil du temps, bien que beaucoup continuent d’utiliser des origines judéo-chrétiennes pour exprimer des vérités universelles. En ce qui concerne les croyances maçonniques, beaucoup de gens croient que les histoires et les symboles de la Bible sont la meilleure façon de les expliquer. Cependant, il est tout aussi important de souligner que la fraternité accepte des hommes de toute race, religion ou croyance dans ses rangs.

Tubal Caïn

Une sculpture d’Andrea Pisano de Tubal Cain travaillant dans sa forge, vers 1334-1336

Les francs-maçons croient que Tubal Cain , qui apparaît dans Genèse 4:22, est une figure biblique incluse dans la franc-maçonnerie. Tubal Caïn, descendant d’Adam et Eve et fils de Lamech et Zillah, est connu comme le premier forgeron. Bien que l’on ne sache pas quand Tubal Caïn est apparu pour la première fois dans le rituel maçonnique spéculatif, Albert Mackey, le grand auteur et historien maçonnique, se réfère à lui comme le « premier à travailler avec du fer et du laiton » dans son livre, A Lexicon of Freemasonry. Mackey a écrit que Tubal Cain dans ce passage :

… a introduit de nombreux arts dans la société qui tendaient à son amélioration et à sa civilisation. Tubal Caïn est le Vulcain des païens et on pense qu’il a été étroitement lié à l’ancienne franc-maçonnerie. Faber dit que « tous les bâtiments antiques les plus remarquables de la Grèce, de l’Égypte et de l’Asie Mineure ont été attribués aux maçons cabireens ou cyclopéens », les descendants de Vulcain, Dhu Balcan, le dieu Balcan ou Tubal Caïn. Oliver dit : « Plus tard, Tubal Caïn, sous le nom de Vulcain et de son Cyclope, figurait comme ouvriers des métaux et inventeurs des mystères ; et par conséquent il est probable qu’il était le hiérophante d’une institution similaire à son époque, copiée sur le système précédent de Seth, et appliquée à l’amélioration de schémas plus adaptés aux poursuites physiques de la race à laquelle il appartenait.

Mackey pense que Tubal Cain peut être considéré comme notre ancêtre maçonnique en raison de ses contributions substantielles à la science de l’artisanat.

Le troisième degré

Parce qu’il a été le premier à enseigner aux autres comment travailler le métal et les outils forgés, Tubal Cain est vénéré dans la franc-maçonnerie comme l’ancêtre de tous les maîtres artisans. En tant que pédagogue, il démontre l’importance qu’accordent les maçons à la transmission de leur savoir à leurs semblables.

Pour accomplir le troisième degré, un Frère doit apprendre à utiliser les outils de travail de l’Art pour exécuter les desseins de l’Artiste Divin. Il ne peut acquérir le rang de maître maçon, vivant pleinement sa vie à la lumière de la franc-maçonnerie, qu’en apprenant les principes moraux et philosophiques donnés dans la loge par des frères savants et expérimentés qui marchent sur les traces de Tubal Cain.

Maçons célèbres : Robert Ambelain

Robert Ambelain, né le 2 septembre 1907 à Paris et mort dans la même ville, le 27 mai 1997, est un auteur français, spécialisé dans l’ésotérisme, l’occultisme et l’astrologie. Homme de lettres, historien et membre sociétaire des Gens de Lettres et de l’Association des écrivains de langue française « mer outre-mer », il est l’auteur de 42 ouvrages (dont certains sous le pseudonyme d’« Aurifer », son nom en tant que « Supérieur inconnu » dans l’Ordre Martiniste).

Franc-maçon, il est initié le 24 mars 1939 dans le temple de la porte d’Orléans à Paris, parrainé par le grand maître Constant Chevillon, dans la loge « La Jérusalem des vallées égyptiennes » et ensuite il est reçu compagnon et maître au cours d’une tenue clandestine au camp d’Epinal. Il dirige à son domicile les réunions de la loge « Alexandrie d’Égypte », au Rite de Memphis-Misraïm. Il reçoit de Georges Bogé de Lagrèze les hauts grades de ce rite, du 4e au 33e et les 55e, 66e, 90e et 95.

En 1942, il réveille l’Ordre des Élus Coëns, dont il est le Souverain Grand Commandeur. L’Ordre Martiniste des Élus-Cohens, lié pendant un temps à l’Ordre de Papus dirigé par Philippe Encausse au sein de l’Union des ordres martinistes, va poursuivre son activité jusqu’en 1967.

C’est en 1942 que Georges Bogé de Lagrèze et Camille Savoire, tous deux membres du Grand Prieuré des Gaules du Rite écossais rectifié, auraient donné patente à Robert Ambelain, afin de créer l’Ordre Martiniste des Élus-Cohens et d’ y intégrer les classes secrètes de Profès et Grand Profès. Cependant ,un article de Pierre Noël consacrée à « La Profession », publié dans le N°168 de Renaissance traditionnelle en octobre 2012 établit documents à l’appui, y compris des textes inédits, la nature exacte de la double classe secrète du régime écossais rectifié et il précise en quoi la pseudo-grande profession composée par Robert Ambelain à partir d’un dépôt de Georges Lagrèze diffère radicalement de la grande profession telle que l’a conçue et instituée Jean-Baptiste Willermoz fondateur du rite et telle qu’elle s’est perpétuée en Suisse.

De 1960 à 1985 il est le grand maître mondial de la « Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm ». Il transmet sa succession à Gérard Kloppel en 1985. En 1985 il réveille le Rite écossais primitif. Il est aussi Chevalier bienfaisant de la Cité sainte dans le Rite écossais rectifié, avec le nom d’ordre d’Eques a reconciliatione.

Le gnostique

En 1946, il est consacré évêque dans l’Église gnostique universelle sous le nom de « Tau Robert », évêque gnostique de Samarie, par Roger Ménard (« Tau Eon II »), qui à son tour avait été consacré par Victor Blanchard (« Tau Targelius »). Fondateur en 1953 de l’Église gnostique apostolique, qui en 1956 se place sous les auspices d’Origène, qu’elle reconnaît comme Saint patron. En septembre 1958, Robert Ambelain en est élu patriarche, par le haut synode, sous le nom de « Tau Jean III » et, le 20 décembre 1959, « Tau Charles » le consacre patriarche en lui conférant le pallium patriarcal légué par Mgr Giraud, qui avait consacré Jean Bricaud avant lui. C’est aussi le 31 mai de cette année 1959 qu’il consacre Roger Deschamps (« Tau Jean Rudiger ») comme évêque de l’Église gnostique apostolique de Liège. Le 15 août 1960, il hérite de Mgr Dupont du patriarcat de l’Église gnostique universelle, qu’il fusionne avec sa propre communauté.

Dernière interview de Robert Ambelain, réalisée par Patrick Leterme, le 10 Avril 1997, en présence de sa femme et de Jean-Marc Font.

L’historien Robert Ambelain à propos de la mythomanie et de la mégalomanie

L’historien Robert Ambelain s’exprime à propos de la mythomanie et de la mégalomanie : « tous les mythomanes de l’Histoire sont mégalomanes ». Il parle ensuite des grands mythomanes de l’Histoire, les fondateurs de religion, les pseudo-messies, Jeanne d’Arc, Napoléon… La psychothérapeute Hélène Korganoff et le sociologue Georges Chétochine interviennent dans le débat autour de la mythomanie.

L’homme le plus puissant du monde est-il franc-maçon ? : Elon Musk

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Du site Quora

Sur les réseaux sociaux on trouve tout (et surtout rien). Les vacances d’été nous donnent l’occasion de partager avec vous les résultats et autres commentaires sur cette question régulièrement posée. Bien entendu, tout cela est à prendre au second degré. Comme le dit l’adage, les chiens aboient…

Une petite vidéo un peu plus sérieuse sur les Illiminati

Au point où nous en sommes, voyons aussi la secte qui rend les gens puissants…

30/09/23 : Rodez invite Roger Dachez sur « Les Constitutions d’Anderson et leur réception en France »

Ancienne capitale du Rouergue, Rodez,

préfecture du département de l’Aveyron en région Occitanie, invite Roger Dachez* afin de commémorer la publication des Constitutions de 1723.

Cette soirée autour du thème « Les Constitutions d’Anderson et leur réception en France », se clôturera par un traditionnel et fraternel buffet.

Un rendez-vous avec l’histoire maçonnique que nous devons à la très dynamique association des « Conférences de Midi à Minuit ». Ensuite, après confirmation de votre réservation, vous recevrez tous les détails afin de pouvoir assister à cet événement (lieu, etc.).

Comme il n’existe quasiment pas de portrait du révérend James Anderson, auteur des Constitutions des Francs-Maçons (1723), Ancien Junior Grand Warden de la Grande Loge de Londres et de Westminster, nous vous proposons cette esquisse de Travis Simpkins, artiste indépendant et maître maçon au Morning Star Lodge à Worcester, Massachusetts, fait 33e degré en 2021 à Cleveland, Ohio. En 2022, il a été nommé membre honoraire de la Grande Loge du New Jersey. Il est également membre du York Rite et de l’Ordre de l’Étoile d’Orient.

Programme de la soirée du samedi 30 septembre 2023 :

À partir de 19h00 : Accueil

19h30 – 21h00 : Conférence « Les Constitutions d’Anderson et leur réception en France »
21h00 – 21h30 : Séance de dédicaces des ouvrages de notre conférencier

21h30 : Buffet

L’entrée de la conférence est gratuite et réservée aux Maçonnes et Maçons, sur invitation. La réservation préalable est obligatoire.

La date limite d’inscription, dans la limite des places disponibles, est fixée :

  • avant le mardi 26 septembre midi pour celles et ceux qui s’inscrivent au buffet fraternel (12h00 -14h00),
  • avant le jeudi 28 septembre minuit pour celles et ceux qui ne désirent participer qu’à la série de conférences

À l’issue de cette conférence, seront organisés : une séance de dédicaces des ouvrages de notre conférencier et un buffet fraternel permettant d’échanger de façon plus informelle.

Participation au buffet : 17€/personne. La participation aux frais de la conférence seule est à la libre appréciation des participants.

Le lien d’inscription

Photo DR.

*Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris. Président de l’Institut Maçonnique de France depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la franc-maçonnerie (Musée de France) à Paris et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970.

Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel René Guilly (René Désaguliers). Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères.

Les Conférences de Midi à Minuit
Les Conférences de Midi à Minuit.

Nous lui devons plus d’une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France avec Alain Bauer (Tallandier, 2020) ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021), une Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021), un Précis de maçonnerie de la Marque (La Tarente, 2021) et son De Salomon à James Anderson – L’invention de la franc-maçonnerie (Dervy, 2023).

Un « baptême » dans la franc-maçonnerie espagnole du XIXe

De notre confrère espagnol nuevatribuna.es – Par l’historien Eduardo Montagut

Dans la franc-maçonnerie, la figure de loweton, lobeton, luveton, lovetón, lobatillo ou lustón a traditionnellement existé, qui peut apparaître de tant de façons. Il serait le fils d’un Maître Maçon, et puisque les Maçons sont frères entre eux, il deviendrait comme un « neveu » d’eux tous. Il existe plusieurs théories sur l’origine du terme, mais, dans une certaine mesure, il est associé à l’ouvrage The Jungle Book, donc lié au concept d’initiation à la franc-maçonnerie, et à l’œuvre d’un franc-maçon très en vue, Rudyard Kipling . Ensuite, il y aurait la figure du Cub dans les Boys Scouts , une organisation lancée par un autre franc-maçon, Robert Baden-Powell.

L’acquisition de la condition de loweton était acquise lors d’une cérémonie de réception maçonnique, au sein d’une loge , et cela deviendrait le premier contact qu’un laïc, en tant que fils de maçon, aurait avec la franc-maçonnerie. Lors de cette cérémonie, l’engagement des frères du maître maçon serait établi afin de protéger son fils si quelque chose arrivait au père. On parlerait, finalement, d’une sorte de baptême maçonnique. Les droits de Loweton prescriraient l’atteinte de l’âge de la majorité, moment auquel il pourrait être initié si on le jugeait ainsi.

Eh bien, nous avons trouvé une référence à un « baptême maçonnique » dans l’Espagne du XIXe siècle. La loge Legalidad de la ville de Linares a organisé une cérémonie le 26 juin 1885, comme le rapporte dans son numéro du 5 juillet le journal Las Dominicales del Libre Pensamiento , un journal fondamental non seulement pour la libre pensée, mais pour la franc-maçonnerie , le féminisme et le républicanisme jusqu’à le 20ème siècle .La nouvelle faisait allusion au fait que plusieurs « dames et demoiselles » étaient présentes. Rappelons qu’il existe en franc-maçonnerie certaines cérémonies ouvertes à des personnes qui n’en font pas partie, telles que les funérailles, les reconnaissances conjugales (mariages), les tenues blanches et les cérémonies de « baptême », bien que nous ne sachions pas exactement si ces « dames et jeunes dames » étaient maçons ou non, mais nous supposons que non.

L’acte se terminait par un banquet , c’est-à-dire une sorte d’agape, selon la terminologie maçonnique, au sein de la « plus pure fraternité ». Dans celui-ci, comme d’habitude dans ce type de banquet, des toasts ont été portés, et le journal en a souligné l’un, que nous reproduisons afin de fournir des éléments pour mieux comprendre ce qu’a été la franc-maçonnerie dans l’histoire espagnole :

« Je trinque parce que comme des francs-maçons,
travaillant sans cesse,
nous arriverons bientôt au jumelage des
races, des peuples et des nations :
qu’unis comme mon âme le désire,
nous ferons bientôt
de chaque hutte un palais,
de chaque église une école ;
Eh bien, si le monde que l’homme habite en vous
a besoin d’un temple sacré pour prier , c’est un temple créé par Dieu : et en lui avec un amour sans mesure et agissant avec droiture, la vertu doit avoir un autel dans chaque maison.

Je trinque alors en conclusion,
car d’en bas
il n’y a plus de religion
pour tous, de travail,
et de morale gouvernante
partout, plus qu’étonnant,
qu’il n’y ait plus de loi pour l’homme
que de loi naturelle,
ni plus de Dieu que sa conscience…,
et travaillant après le bien,
que la science soit leur Dieu
car Dieu n’est rien de plus que la science ».

Sur l’ adoption des enfants du franc-maçon, nous pouvons consulter différents dictionnaires et ouvrages de référence maçonniques. Nous fournissons un livre : Andrés Cassard, Manual de la Masonería, c’est-à-dire Le couvreur des anciens rites écossais, français et d’adoption, New York, 1861, deuxième édition, et dont une édition en espagnol est sortie. Ce qui nous intéresse ici serait relevé de la page 801 et suivantes. Ce livre est consultable sur le net.

La kabbale revisitée | Sous le Bandeau | Épisode #70

🎥 Dernière vidéo de l’équipe « Sous le bandeau » nos Frères et Sœurs du Québec : « La Kabbale revisitée« . Deux invités de marque : Marc Zemmour, un connaisseur de la Kabbale, et Damien Charitat, le Maître Général du Suprême Conseil des Rites Confédérés de France.

📚 La Kabbale, ce n’est pas juste un mot qu’on entend dans les films. C’est une discipline profonde qui touche au judaïsme, qui explore la nature de l’univers, de notre existence et plein d’autres concepts qui font réfléchir. On parle ici de textes ésotériques qui tentent d’expliquer la relation entre un Dieu mystérieux et l’univers qu’il a créé.

🔍 Dans cette vidéo, on plonge dans les différentes facettes de la Kabbale, comme la Kabbale théosophique, prophétique, pratique, cordoulienne et lurianique. On discute aussi de la façon dont la Kabbale a été adoptée et utilisée par différentes formes de judaïsme au fil des siècles, et même par des non-juifs, comme des chrétiens et des occultistes.

💗 Merci à nos Patrons https://www.patreon.com/SousleBandeau : Commanditaire Premium : Nos colonnes Très Illustre Patron: Pierre D. Les Maîtres Podcasteurs : Patrick G., Rene L., JoeAnn, Ronan G., Thibaut S. Cedric T., Michel B., Dominique L, Samuel L, Sylvain C, John L et Julie P. L’auditeurs(trices) flamboyant(e)s: Tristan, Dyan, Kevin C., Michael S., Vincent R., Carl-Henri, Eric A., Arnaud S. et Christophe C. Les pierres brutes: David D., Eve M, Pierre B., Jaime S et Fraishier.

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#Kabbale #Judaïsme #Esotérisme #MarcZemmour #DamienCharitat #RitesConfédérés #SousleBandeau

MARIH et l’aludel : un conte alchimique au 3ème degré maçonnique.

Si la femme blanche est donnée en mariage à l’époux rouge tous deux bientôt s’embrassent et s’accouplent.

Ils se dissolvent eux-mêmes et s’accomplissent aussi eux-mêmes.Elle était là, maintenant, sous le drap noir. Dans cette obscurité qui l’habillait complètement, sa pensée demeurait comme une lueur. Ici nulle propension pour la suavité d’un étrange nihilisme romantique, mais l’attente, le recueillement devant ce dés-arrangement d’avec les forces de la vie. Non pas simple délétion, mais comme l’obligation d’aller à la rencontre de ce qui tient toute la vie en l’état. Murmures intérieurs vers l’évènement le plus silencieux. C’est la rencontre pour l’être humain de ces instants intimes, comme une fluidité qui fait retour sans égard pour la durée, l’implosion dans un temps vrai, la mort comme grande affirmatrice de la vie.

Tu es le dernier Maître exalté, ma Sœur, alors tu feras le mort. Le très Respectable Maître l’avait désignée ainsi pour être cet acteur du psychodrame prévu à cette tenue d’élévation de son bien-aimé Frère Christophe, son compagnon d’enfance qui l’avait rejointe en Franc-maçonnerie quelques mois après sa propre naissance initiatique.

Elle avait été installée, couchée à terre, la tête vers l’occident, elle avait machinalement replié sa jambe droite comme il convenait. Elle savait qu’au-delà de la ligne noire qui l’enveloppait il y avait une mise en scène. Un bijou à ses pieds, un linge souillé de sang par-dessus le suaire crépusculaire.

– C’est plus grand qu’un bandeau, ironisa-t-elle en elle-même. Le voile, sur elle, ne l’empêchait pas de voir cette fois-ci, car elle savait. Elle n’était pas séparée des autres, mais bien avec eux, participant, depuis sa place, du même rituel, de la même dramaturgie, seulement dans un rôle différent. Ni sur les colonnes, ni à l’Orient, ni entre les colonnes, ni sur le parvis. L’évidence de son expression corporelle la mettait hors du mouvement de la vie, elle était là, sans personnalité à montrer, sans qu’on tienne compte de son absence. Elle était au centre, mais elle avait disparu et tout continuait sans elle, sans attente d’elle sinon qu’elle soit morte. MARIH était avec la mort, pas seulement celle de son ego, elle était l’assassiné.

Jésus dit : « Qu’on me montre cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée ! C’est la pierre d’angle ! » (Logion70)

– Tiens, je ressemble à un pendu tiré d’une carte de tarot. Je suis pendue par un pied, sans être vraiment attachée, suppliciée comme un chrétien primitif.

Un frisson d’empathie lui déchira les entrailles à la pensée de toutes les tortures infligées depuis le commencement de l’histoire humaine.

– Je suis le-pendu, murmura-t-elle, comme en s’adressant à l’obscurité et en écho elle entendit pendu-le et elle sourit à son attitude, son inversion spatiale lui permettait de mieux faire circuler les énergies, un monde à l’envers, où ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et alors elle se vit, non plus dansant au bout d’une corde, mais dansant sur un pied, entre deux arbres bourgeonnants. Le gibet était devenu J.B., ses chères colonnes, celles qui ouvrent  le passage, les pas-sages qui mènent à la lumière du Delta.

L’idée de son renversement par rapport à la loge lui rappela l’exergue, gravé sur bois, en image circulaire, qui accompagne le traité de Basile Valentin où elle avait retrouvé l’origine du mot vitriol du cabinet de réflexion. Basile Valentin écrivait ainsi : «Fais que ce qui est dessus soit dessous, que le visible soit invisible, le corporel incorporel, et fait derechef que ce qui est dessous soit dessus, l’invisible rendu visible, et l’incorporel corporel, et de cela dépend entièrement toute la perfection de l’art, où néanmoins habitent la mort et la vie, la génération et la corruption». En haut de la figure paradigmatique à laquelle elle pensait, il y a le signe alchimique de l’accomplissement du Grand Œuvre, renversement de l’idéogramme du soufre, comme un pendu, placé sous le Graal qui reçoit, ensemble, les fluides du soleil et de la lune. Le soleil et la lune ont pris comme couche hiérogamique le calice du Graal ce qui lui fit penser comme Carl Gustav Jung : Le Rouge et le Blanc sont, alors, Roi et Reine et peuvent célébrer leurs noces chimiques.

Sa pensée vagabonde l’avait retirée de la cérémonie qui se poursuivait sans elle.

– J. rouge, B. blanc, moi noire ! «Moi, noire, harmonieuse, fille de Iéroushalaïm comme une tente de Qédar, comme une tenture de Shelomon. Ne me voyez pas, moi la noirâtre : oui, le soleil en moi s’est miré». Ainsi s’exprime la sulamite du Cantique des Cantiques. Je suis donc cette terre noire, terre fertile dont je dois extraire la fécondité cachée et l’esprit qui s’y trouve inclus. Je suis l’Al-Kemiya, la terre d’Égypte. Le cabinet chtonien des réflexions, l’épreuve du bandeau, la cérémonie d’initiation, cet accouchement  issu des ténèbres lui avaient déjà dit tout cela. L’œuvre au noir avait ainsi commencé. Je suis la vierge noire des commencements. La Vierge Noire est  «la Lumière d’avant la séparation de la lumière et des ténèbres», le monde de «la substance universelle ténébreuse». Cette Ténèbre, c’est celle que nos mystiques désignent comme Nuit de lumière, Noir lumineux, Lumière noire. Elle est «la Lumière du non-manifesté». «J’étais avant qu’il formât aucune créature. J’étais de toute éternité avant que la terre ne fut créée» et encore «J’étais avec lui et je réglais toutes choses». Dans ce texte il s’agit bien de l’essence des choses. Eh bien, ce texte est une épître qui est lue à la messe de l’Immaculée Conception. Ce que l’on peut dire avec Fulcanelli, c’est que les litanies nous apprennent que la Vierge est le vase qui contient l’esprit des choses, le «Vas Spirituale». Marie, Vierge et Mère, représente donc la forme, elle est Binah de l’arbre des séphiroth. Elle est indiscutablement la matrice primitive, elle est la materia prima, elle est au commencement du Grand Œuvre.

Et l’on sait que c’est en retournant dans le sein maternel qui les avait jadis formés que les métaux vulgaires se changent en métaux philosophiques, on dit qu’ils sont réincrudés, c’est-à-dire remis dans un état voisin de leur état de perfection originelle ; ils sont devenus vivants ou philosophiques. N’est-ce pas là aussi un sens de notre passage par le cabinet de réflexion où, à l’issue d’un plongeon cosmogénétique, l’impétrant renaîtra fils de la Vierge, vivant et transmué ? On pourrait dire adoubé.

Pour les Celtes, la terre est la mère nourricière, féminine donc et enfantant les humains. Ils rendent dans leur culte hommage à la femme, en la déesse Bélisama, qui dans le panthéon celte, était la sœur de Belen, le grand dieu des Gaules et la personnification du Soleil, ce que la religion du crucifié récupéra avec la vierge Marie.

À Chartres, bien longtemps avant la naissance du Christ, les Celtes honoraient «une vierge qui doit enfanter», qui deviendra une vierge noire avec les chrétiens. Le cube de Matière Noire est alors destiné à représenter symboliquement notre Mater noire, Mère Vierge en parthénogenèse, puisque pleine de potentiel de vie, phalliquement dressée, et organisant l’incubation humaine afin qu’il se fasse dieu. Autrefois, les Vierges noires étaient souvent représentées accompagnées de symboles phalliques. Les premières auraient d’ailleurs dérivé des … menhirs, qui eux aussi sont de la pierre, c’est-à-dire de la terre qui insémine la Terre.

La condition primordiale essentielle de tout travail de génération est l’absence de lumière solaire. Fécondation et génération ne s’opèrent que dans une obscurité complète. La vie commence dans les profondeurs du noir pour tous les règnes vivants, même pour les gemmes qui deviendront éclat de lumière. C’est à partir du noir que se font les commencements. La première marche sur laquelle le compagnon monte lors de son augmentation de salaire au rite de Salomon est, évidemment, noire. Pour atteindre la lumière sur la cinquième marche blanche il faut passer depuis la terre noire par l’air bleu, l’eau verte et le feu rouge et, sur chaque marche à gravir, un vase contenant les 5 aspects de la transmutation du grain de blé en germe, en tige, en épi et à nouveau en grain, attestent le cycle de l’initiation : mort et résurrection.Que les corps soient mis en putréfaction et deviennent terre noire, et quand vous verrez cette matière devenue noire, réjouissez-vous car c’est le commencement des opérations. Et la putréfaction est nécessaire.

Le temple à couvert, bien fermé, c’est l’aludel luté où peut commencer l’œuvre au noir, dispersion et dissolution de l’être dans la renaissance initiatique. Comme une invite à l’alchimie, le rouge et le blanc des deux colonnes forment un système duel et attestent qu’une tenue c’est l’opération au cours de laquelle, du creuset-loge doit naître l’or pur réalisé par l’union du soufre et du mercure. Et le franc-maçon parvient à l’œuvre au blanc quand scintille la surface verdâtre de la materia prima en fusion, quand l’étoile flamboie dans la pâte originelle, quand il passe de la pierre brute à la lumière, de la vierge à l’étoile.

Quelle idée me donnerez-vous de la nature ? demande-t-on dans les instructions pour le grade d’Adepte ou apprenti Philosophe sublime et inconnu. Il est fait réponse : elle n’est point visible, quoiqu’elle agisse visiblement, car ce n’est qu’un esprit volatil qui fait son office dans les corps et qui est animé par l’esprit universel. Nous le connaissons en Maçonnerie vulgaire, sous le respectable emblème de l’Étoile flamboyante.

Comme le Dragon, qui naît dans la noirceur, est nourri de son Mercure, se tue lui-même et est enseveli, de même, l’eau devient blanche. Voici l’eau entièrement nettoyée de sa noirceur et ayant la couleur du lait, et plusieurs couleurs apparaissent durant la noirceur.

Le noir, le blanc et le rouge sont les trois couleurs cardinales de l’œuvre. Il y en a d’autres, et notamment la couleur jaune-orangée qui annonce symboliquement l’aurore. Les trois couleurs n’existent probablement pas «physiquement». Selon Tollius et Fulcanelli, c’est par l’esprit qu’il faut et les percevoir et les comprendre.

Sous le voile-tertre, MARIH se souvint de ce frémissement qu’elle avait eu en lisant Fulcanelli et ce ne fut pas une hémérèse, l’action d’un jour. Bien que l’enseignement de la loge soit acroamatique (c’est-à-dire une méthode qui procède  par questions), elle avait eu besoin des livres, de l’étude solitaire de textes qui l’avaient traversée. Elle avait fait corps avec les paroles trouvées sur son chemin, imprimées comme des cailloux blancs, dans les textes que le hasard, ou la nécessité, avait bien voulu offrir à son esprit, comme des semences. Avec eux elle avait eu ainsi d’autres Maîtres que ceux de son atelier et qui lui avaient, en plus, ouvert d’autres voies de son être.

«Voici que devant ta face, j’envoie un ange qui préparera ta voie devant toi.»

Ce furent des danses pour l’esprit, des plaisirs de se comprendre au monde, à l’Existence, de trouver un passage à travers les mots de ses Maîtres qui lui firent reculer l’inconnu et jetèrent une lumière sur elle. La clef des nombres, tout particulièrement, celle qu’elle trouva dans la «quête de la parole perdue» de José Bonifacio lui avait révélé sa propre compréhension de l’Unité dans sa manifestation et elle avait pu l’approcher avec le langage mystique des mathématiques et de la géométrie. Elle était entrée dans l’univers de Pythagore en comprenant les rapports du temps et de l’espace, des noms de Dieu et de leur manifestation dans les nombres Π et Φ, les lettres et les formes contenues dans l’unité du cercle qui se déduisent du 1 et du 2, l’équivalence des énergies vibratoires des sons et des couleurs. Elle y avait trouvé un sens au mot transcendance, mais c’est dans le silence qu’elle s’était rapprochée du mot suprême. Il suffit parfois d’une explication pour que s’éclaire tout ce qui avait été enfoui au préalable en attente de cette parole lumineuse révélatrice. La pensée est un fluide qui se répand, forme et transforme.

Que disaient-ils déjà ces adeptes qui savaient ? Tu pourras te rendre invisible, évoquer les morts et franchir instantanément toutes les distances, promesse d’une anagogie, de l’élévation de l’âme jusqu’aux choses célestes ! Mais son corps se rappela à elle. Elle avait soif, car l’air était devenu chaud sous le drap. Mais elle avait surtout une soif spirituelle. Si la quête est une démarche, c’est aussi mendier. Ne lui avait-on pas dit demande et l’on te donnera !

Jésus dit : « celui qui boira à ma bouche sera comme moi, quant à moi je deviendrai ce qu’il est et ce qui est caché sera révélé. » (Logion 112).

C’est en leur faisant boire un philtre d’amour que, comme les deux grands luminaires, les astres hermétiques qui sont frère et sœur s’uniront de manière charnelle. Que de légendes ont raconté cela sous l’allégorie des amours destinales des amants ayant partagé la coupe qui contenait le breuvage fatal. Ce filtre c’est le très précieux sel, tenu en solution dans les eaux supérieures. Ce médiateur, il est possible de l’extraire de la rosée que les philosophes désignent comme étant l’eau salée de leur mer et qui fut tant chantée : «On l’appelle la Rosée du ciel/ De laquelle la fleur des champs est arrosée/ Connue des sages par l’Amour / Et délicieuse de possession». Ou encore : «Le ciel est immense et revêt les campagnes de lumière pourprée où l’on a reconnu ses astres et son soleil».

Voilà bien ici, soulignée toute l’importance des célestes vertus de la Rose de Mai pensa Marih. La collecte de l’inestimable rosée a lieu traditionnellement en lune croissante de printemps, au moment où le soleil traverse les signes zodiacaux du bélier, du taureau et des gémeaux, tel que l’indique clairement le Mutus Liber (le livre sans parole, dans lequel est toutefois présenté en figures hiéroglyphiques la totalité de la philosophie hermétique). Le Bélier est l’Hermès criophore (qui porte un bélier), qui est le même que Jupiter ou Ammon. Le Taureau, dont les cornes dessinent le croissant, attribut de Diane et d’Isis, s’identifiant avec la vache, l’amante de Jupiter, est la Lune des philosophes. Ces deux animaux personnifient les deux natures de la Pierre. Sous les symboles du Bélier et du Taureau sont donc voilées les deux matières premières de l’œuvre. La lumière que la lune nous envoie n’est qu’un emprunt de celle du soleil à laquelle vient se mêler la lumière des autres astres. La lune est ainsi le réceptacle et la source de l’eau vive des philosophes. Et comme Virgile dans les Bucoliques, Marih pensa  à «La lune verseuse de rosée» ou encore à «l’exsudation des astres», selon le mot de Paracelse ; principalement de la lune et pour qui la rosée devint tout naturellement l’eau de la lune. Les sages savent que le sang minéral dont ils ont besoin pour animer le corps fixe et inerte de l’or, la rosée, ces menstrues ignées, n’est qu’une condensation de l’esprit universel, âme de toute chose et que cette condensation humide ne s’accomplit que la nuit à la faveur des ténèbres, du ciel pur et de l’air calme.

Un ciel noir était au-dessus d’elle. La paix était en elle. Et la voici soudain dans un autre aspect de son propre monde. La lumière vient progressivement, lentement puis, à force de progresser, elle monte de l’être qui reçoit la paix pour les épreuves infligées par sa vie limitée comme un inestimable salaire. La terra alchimique, chaotique, inerte et stérile ne contient-elle pas, néanmoins, le ciel philosophique ? La pierre cubique ne contient-elle pas la pierre cubique à pointe et son diamant ?[1] La pierre d’agate taillée en forme quadrangulaire ne contient-elle pas les mots secrets de l’Art Royal ? C’est dans le 7 que se proclamera leurs noces alchimiques, étoile illuminante que l’on retrouve en permanence, dans les allégories alchimiques, tracée dans l’heptagone qui éclaire d’harmonie le macrocosme. Et c’est à l’aide du feu secret que se séparent, dans le petit monde, les parties cristallines, lumineuses, ténébreuses et grossières.

Jésus dit : « J’ai jeté un feu sur l’univers et voici : je veille sur lui jusqu’à ce qu’il embrase » (Logion 10).

La cérémonie était avancée. Elle le comprit quand le Grand Expert enjamba son corps pour montrer la voie au futur Maître son ami d’enfance, alors elle revint en pensée vers Christophe, qui, à son tour, en suivant, devra traverser le 3, le 5 et le 7, les dimensions du sarcophage. Marih sentait sa présence juste au-dessus de sa tête.

Jésus dit : « Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. » (Logion 86)

Christophe, faisait face, symboliquement, maintenant, à la coupe transversale d’un cercueil, figure de pentagone où loge l’étoile. Jusqu’au XVIIe siècle, à travers toute l’Europe, parmi toutes les ordalies (jugements de Dieu), on était persuadé que si l’on mettait le cadavre d’un homme assassiné près de son meurtrier supposé, le cadavre saignait si le suspect était véritablement coupable ; c’était «la voix du sang», l’accusation par la victime. Elle était sans crainte pour Christophe. Outre le fait qu’elle n’était que morte symboliquement, ce n’était que le moment où la troisième dimension allait lui être donnée, la chute et l’élévation pour lui permettre le relèvement.

Comme elle l’aimait ce Frère, de cette tendresse nourrie depuis la jeunesse, de ce qu’ils avaient partagé : leur vie. Il lui avait offert de merveilleuses épreuves en lui permettant de souvent sacrifier son ego à leur amitié. Les assassins sont parfois si beaux qu’ils font pâlir le jour. Elle savait que l’initié sacrifie pour rendre sacré. Que le sacrifice n’engendre pas forcément la souffrance, mais modifie un comportement, un sentiment ou une idée pour passer à un état de conscience conforme au sens de la vie. Maintenant, elle se sentait agrandie de ce à quoi elle avait renoncé, comme une terre agrandie par la lune, en s’étant séparée d’elle. Devenue Maître elle s’était sentie accompagnée d’une présence, un quelque chose qui l’obligeait à accepter les épreuves avec une énergie de paix et d’espérance. Ses ténèbres, ses orages, ses tourments, que la vie ne lui avait pas épargnés, étaient devenus des sources incessantes de deuils fertilisés sur les tombeaux de ses expériences.

«L’unité et l’infini sont les deux noms d’une seule et unique chose et la voie de l’absolu n’est pas une progression véritable mais une ascèse» (12ème méditation de Grillot de Givry).

Christophe était un autre lui-même, un autre «je», le Frère d’une nature différente de la sienne avec son humanité plus ou moins grande qui avait cheminé sur la même route qu’elle.

– Je le sens égal bien que différent, je sais que lui aussi ressent la même chose quand il m’embrasse par trois fois et me sourit. Lui, Christophe, mais aussi tous les Frères et Sœurs, comme je les aime. Comme j’ai aimé toutes ces musiques de la vie qui nous ont enveloppés de temps inexprimables se dit-elle. Comme j’aime ces chaînes d’union, où les mains qui reçoivent reversent par la main qui donne le fluide qui nous parcourt, où chacun devient lune et garde sur sa peau l’accumulation des traces d’amour laissées, tenue après tenue, comme une couche de sel vivifiant.

Dans l’attente qu’on la délivre, une pensée préoccupa MARIH. – Il faudra que je dise à Christophe une parole fondatrice quand je le féliciterai tout à l’heure, mais que la dire soit un verbe et non un bruit. Comment mettre un cerne sémantique en quelques mots pour dire la reconnaissance qui ne soit ni un bravo ni un merci. Il faut bien se résoudre ; bon je lui dirai : je t’aime pour ce que tu es, pas pour ce que je voudrais que tu sois. Je t’aime, non pour le manque que tu combles en moi, mais pour la lumière que tu me donnes en toi.

Jésus dit : « Si une lumière existe à l’intérieur d’une créature lumineuse, alors elle illumine l’univers tout entier ! Et si elle n’illumine point, elle n’est qu’une ténèbre. » (Logion 28).

– Voilà c’est cela je lui dirai simplement au-devant de tous : Tu nous illumines ! Jésus dit souvent : Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !

Au moment où Christophe enjamba le cadavre, elle se laissa glisser doucement et il lui sembla entrer dans une fontaine, senti sur elle une eau qui ne mouille pas et retrouva sur ses lèvres le goût du lait maternel. Elle eut une vision, celle de cette peinture d’une petite église du Tyrol où elle avait lu une inscription latine et dont elle se souvenait de la traduction : «Tandis que le sang s’écoule de la blessure bénie du Christ et que la Vierge sainte presse son sein virginal, le lait et le sang jaillissent, se mélangent et deviennent la fontaine de Vie et la source du Bien». épanadiplose du Rouge et du Blanc !

MARIH se rappela les paroles d’Alain Pozarnik : «Il faut disparaître entièrement au moment où la vérité nous illumine et être recréé à l’heure même de cette illumination.» Dans l’acceptation qu’elle avait de vivre l’inéluctable réalité, son âme rencontra l’amour et la sagesse, à moins que la sagesse ne soit que le résultat de l’amour. Il lui avait fallu beaucoup d’humilité pour renoncer à la force de son insubordination. Sous le drap-athanor, elle sentit quelque chose de plus intime, une lumière bienveillante en elle qui complétait sa nature zoologique. Depuis qu’elle avait vu l’étoile, elle connaissait l’axe androgynique de sa matérialité et de sa spiritualité.

Jésus dit : « Voici, moi, je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous les mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des  cieux. » (Logion 118).

Les saveurs des premières tenues qui avaient enflammé son âme étaient-elles seulement les marques de la découverte d’horizons mentaux nouveaux, l’excitation intellectuelle de limites repoussées ? Elle savait aujourd’hui que ce ne fut pas que cela. Il y eut des ouvertures, des clartés incommunicables, des méditations germinantes. Les curiosités intellectuelles devinrent un penchant naturel, une nécessité impérieuse de sentir l’axe de son être intérieur et sur cet axe, tout son être aspirait à être juste, c’est-à-dire à servir la conscience qu’elle avait du Bien.

Une main souleva alors le drap noir, elle entendit une note lumineuse qui lui sembla contenir toutes les vibrations de l’univers, un «concerto pour 4 consonnes sans voyelles». Pendant que Christophe s’approchait du maillet létal, le Maître des Cérémonies souleva le voile sombre pour qu’elle  laissât sa place à celui qui allait devenir Hiram.

Stupéfaction ! à l’endroit où MARIH avait été le gisant, il n’y avait plus qu’une petite flaque, une ombre humide, verdâtre mais scintillante, quelques lambeaux d’une étoffe qui avait été blanche, un pétale de mandragore, une plume de Simorgh et, là où avait été son cou, restait un collier d’adrézarach, chapelet de graines comme celui que l’on trouva sur les ossements d’Esméralda dans les caves de Montfaucon.

Au  moment où le Maître Christophe reçut le coup fatal, la douleur lui fit couler une larme de rosée qui glissa sur sa joue comme une perle de lumière.


[1] Voir l’article Les métamorphoses de la pierre du franc-maçon