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Partez en quête de sens et de vérité avec « Chemins de traverse », la nouvelle revue du Droit Humain

Le 28 juin dernier, nous vous annoncions, en avant-première, la naissance de Chemins de traverse – Revue Maçonnique de la Fédération française du Droit Humain.

Et nous terminions notre article par « Une belle collection commence… 450.fm ne manquera pas de vous proposer, cet été, une note de lecture. » Comme promis, nous sommes donc au rendez-vous.

Le premier numéro de Chemins de traverse – Revue Maçonnique de la Fédération française du Droit Humain n°1 juin 2024 est une exploration riche et variée de thématiques profondes et symboliques, centrées sur la relation entre l’homme et la terre. Ce premier numéro s’ouvre sur un éditorial de Sylvain Zeghni, président de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain (DH), qui présente la revue comme une plateforme pour des débats éclairés et des réflexions sur les valeurs maçonniques appliquées aux enjeux contemporains.

Notons tout de suite que le premier texte intitulé « À propos de notre couverture », avec, en exergue, la célèbre phrase de Paul Éluard

« La Terre est bleue comme une orage »,

met en lumière la signification des couleurs bleu et orange utilisées sur la page de couverture.

Paul Éluard photographié par le Studio Harcourt en 1945

La célèbre citation de Paul Éluard (1895-1952) provient de son recueil de poèmes intitulé L’Amour la poésie, publié en 1929 ; une phrase souvent donnée comme un exemple typique du surréalisme, un mouvement littéraire et artistique dont Paul Éluard faisait partie, qui cherchait à transcender la réalité par l’usage de l’irrationnel et du rêve.

Le rêve est un précieux don, et c’est précisément ce que nous offre la nouvelle revue Chemins de traverse. Grâce à elle, nous pouvons mieux persévérer dans notre quête incessante de sens et de vérité. Cette revue nous invite à emprunter des sentiers inédits et à plonger dans de nombreux univers. Ainsi, elle nous aide à naviguer à travers les méandres de nos réflexions et à éclairer notre compréhension du monde. Chemins de traverse devient alors une boussole pour l’esprit, un phare dans la nuit de nos questionnements, guidant chacun de nos pas vers une vérité plus profonde et un sens renouvelé.

Bleu et orange, dites-vous ?

Le bleu est associé à la pureté de l’esprit, à la vérité, à l’élévation et à la fraternité. Il symbolise la loyauté, la sagesse et l’intégrité, guidant chaque franc-maçon vers la lumière et évoquant la paix intérieure, l’infini et le mystère. L’orange, en revanche, représente l’équilibre et l’harmonie, fusionnant la passion du rouge avec la lumière du jaune. Il symbolise la transformation, le renouveau et les cycles de la vie, tout en incarnant l’énergie, la créativité et l’optimisme.

1re de couv., détail

Le dossier central de ce numéro, intitulé « Habiter la Terre », aborde les relations entre l’homme et le vivant, en écho à l’évolution récente des principes de la constitution internationale du droit humain. Ce dossier contient des articles étymologiques, philosophiques, anthropologiques, sociologiques et juridiques qui interrogent et alimentent la réflexion sur l’harmonie entre les êtres humains et la nature dans son ensemble, essentielle pour la vie et celle des générations futures.

Constitutions d’Anderson, 1723

Les rubriques incluent « Place de l’histoire » qui présente les Constitutions dites d’Anderson, un ouvrage historique majeur pour la franc-maçonnerie. « Le coin des curieux » propose des analyses et des perspectives nouvelles quant au fait de « Partir du bon pied », question faisant débat en fonction des rites, notamment au Rite Écossais Ancien et Accepté, celui pratiqué par Le Droit Humain, tandis que « Place de la lecture » recommande des ouvrages, certains écrits par des sœurs et frères de l’obédience, afin d’approfondir les thèmes abordés dans la revue.

L’ours – dont une des origines nous est donnée par Serge Bénard dans Les Mots de la presse écrite, viendrait de l’anglais « ours » (qui se traduit par « les nôtres ») pour dire aux lecteurs : « Voici qui nous sommes. » – rassemble une équipe diversifiée et érudite de contributeurs, chacun apportant sa perspective unique.

Le dossier « Habiter la Terre » comprend des contributions sur des personnalités telles qu’Élisée Reclus, une analyse anthropologique du rapport homme/nature, des sujets comme les réfugiés climatiques et l’impact humain sur l’environnement sont également abordés, offrant des perspectives critiques et des solutions potentielles pour un avenir plus harmonieux et durable. Sans oublier l’« Interview croisée » Corinne Lepage/Christian Huglo.

Entrons dans les voies qui nous sont désormais pénétrables

Pénétrons désormais les chemins qui s’offrent à nous avec une clarté nouvelle !

Bernard Dat, diplômé d’études approfondies en droit public et vice-président de l’académie des belles lettres de La Rochelle, nous offre une exploration approfondie des Constitutions dites d’Anderson en partageant avec rigueur et passion son analyse de cet ouvrage fondateur.

Il témoigne de son émotion de tenir entre ses mains le livre original qui reste à jamais pour lui pour une expérience mémorable. Il souligne l’utilité matérielle de ce livre, qui permet de mieux comprendre les racines et les évolutions de la franc-maçonnerie.

L’article met en lumière la célébration du tricentenaire des Constitutions dites d’Anderson en 2023, l’ouvrage ayant structuré et codifié les rites et les règlements des loges, fournissant une base solide pour les pratiques maçonniques modernes.

Bernard Dat explique aussi que l’ouvrage n’est pas simplement un recueil de lois, mais aussi un guide pour la compréhension des traditions séculaires et des développements historiques de la franc-maçonnerie. En détaillant les différents articles des constitutions, il souligne leur pertinence continue pour la franc-maçonnerie actuelle, tout en mentionnant spécifiquement les « devoirs du franc-maçon », qui établissent des principes de tolérance et de respect mutuel, essentiels à la fraternité maçonnique.

Il conclut en soulignant l’importance de l’étude approfondie des Constitutions dites d’Anderson pour tous les fils de la lumière. Cet ouvrage, selon lui, est non seulement un document historique précieux, mais aussi un guide intemporel pour la pratique maçonnique, offrant des enseignements sur les valeurs et les principes qui continuent de guider la franc-maçonnerie aujourd’hui.

Le dossier « Habiter la Terre »

La revue explore des thèmes profondément liés à la relation entre l’homme et la nature, en mettant en lumière des perspectives philosophiques, juridiques, anthropologiques et humanitaires. Ce dossier s’ouvre sur la rubrique « Place des mots : habiter la Terre » que nous devons à Annick Drogou. Sa réflexion commence par une analyse sémantique et symbolique de ce que signifie véritablement « habiter » notre planète. Les mots sont pesés et déployés pour mieux comprendre leur impact sur notre perception et notre interaction avec l’environnement.

Élisée Reclus, par Nadar, 1889

L’article « Élisée Reclus, l’homme & la terre : perspectives philosophiques autour d’Élisée Reclus » nous plonge, grâce à la pertinence de Sylvain Zeghni, président de la Fédération française, dans la pensée de cet éminent géographe et anarchiste français du XIXe siècle. d’Élisée Reclus, connu pour ses travaux sur la géographie sociale et ses visions utopiques d’une harmonie entre l’homme et la nature, est ici revisité à travers une analyse contemporaine. Les auteurs examinent comment ses idées peuvent encore inspirer les réflexions modernes sur l’écologie et le développement durable.

Pour mémoire, le 11 mars 1858, Élisée Reclus est initié au sein de la loge « Les Émules d’Hiram », affiliée au Grand Orient de France. Cependant, il ne s’y montre jamais actif et, au bout d’une année, il s’éloigne de la franc-maçonnerie…

La présentation du « Triangle Élisée Reclus » est une exploration de ce groupe de réflexion qui porte le nom du géographe. Ce triangle, composé de penseurs et de praticiens engagés dans la défense de l’environnement, vise à promouvoir une approche holistique et intégrée de la relation homme-nature. L’article détaille les objectifs et les actions de ce groupe, soulignant leur pertinence dans le contexte actuel de crise écologique.

Christian Huglo

Puis, l’article « Le droit est une force pour la protection des générations futures » propose une analyse juridique des mécanismes de protection de l’environnement. Interview croisée de Corinne Lepage et Christian Huglo, l’article explore comment les lois et les régulations peuvent et doivent être utilisées pour garantir la préservation de la planète pour les générations à venir. Des exemples concrets de législation environnementale sont discutés, montrant comment le droit peut être un outil puissant dans la lutte contre le changement climatique et la dégradation environnementale. Des propos recueillis par Anne Amis, rédactrice en cheffe.

Les deux avocats associés, ayant mené plus de 50 batailles juridiques ensemble, partagent leurs perspectives et expériences sur l’évolution du droit de l’environnement.

Christian Huglo commence par évoquer son engagement dans le domaine suite à l’affaire Montedison en 1973, où il a été confronté à une pollution intense en Méditerranée. Cette expérience a marqué le début de son combat pour le droit de l’environnement, mettant en lumière l’importance de considérer le dommage écologique comme un crime environnemental majeur. Christian Huglo insiste sur la nécessité d’intégrer la notion de durabilité dans tous les domaines du droit pour assurer une protection effective et pérenne de notre planète.

Corinne Lepage

Corinne Lepage, quant à elle, se remémore son implication dans l’affaire de l’Amoco Cadiz en 1978, qui a été un tournant décisif pour le droit de l’environnement en France. Elle souligne comment cet événement a catalysé une prise de conscience globale sur les effets catastrophiques des pollutions maritimes. Corinne Lepage met l’accent sur l’importance des externalités et de la manière dont le droit doit prendre en compte les effets secondaires des activités humaines pour protéger les générations futures.

Les deux avocats discutent également des avancées récentes et des défis persistants dans le domaine du droit de l’environnement. Corinne Lepage mentionne l’évolution du droit et de la jurisprudence en réponse aux changements climatiques et aux catastrophes environnementales. Elle appelle à une protection environnementale réelle et efficace, qui nécessite une évolution continue des lois et des régulations.

Tous deux partagent une vision commune sur la nécessité de renforcer les droits de la nature, comme cela a été fait en Nouvelle-Zélande avec la reconnaissance du fleuve Whanganui en tant qu’entité vivante. Ils voient dans cette approche une voie prometteuse pour améliorer la protection juridique de l’environnement.

Whanganui_River – Wikimedia Commons

Cette belle interview met en évidence le rôle majeur du droit dans la lutte contre les crises écologiques et la défense des générations futures. En résumé, les deux avocats plaident pour une approche intégrée, où le droit, la politique et la société civile collaborent pour créer un cadre légal robuste et juste pour protéger notre planète. Ils insistent, tout naturellement, sur l’importance de l’éducation, de la participation citoyenne et de l’engagement international pour assurer un avenir durable et harmonieux.

La 4e de couverture

L’article « L’homme et la nature, une approche anthropologique », par Alain Froment, directeur des collections d’anthropologie du musée de l’Homme, adopte une perspective différente en se concentrant sur les aspects culturels et sociaux de la relation entre l’homme et son environnement. Il examine comment différentes cultures perçoivent et interagissent avec la nature, et comment ces interactions influencent les pratiques environnementales. Cette approche anthropologique offre des insights précieux sur la diversité des réponses humaines aux défis écologiques.

« Les réfugiés climatiques » aborde une des conséquences les plus dramatiques du changement climatique. L’article examine les causes, les impacts et les solutions potentielles pour les millions de personnes déplacées par des catastrophes naturelles et des dégradations environnementales. Il met en lumière les aspects humanitaires et juridiques de cette crise, appelant à une action internationale coordonnée pour protéger les plus vulnérables.

Le dossier se termine par une note poétique avec « Ode à Dame Nature », une célébration de la beauté et de la majesté de la nature par Gisèle Mayet-Albagnac. Cet hommage littéraire rappelle aux lecteurs l’importance de préserver notre planète, non seulement pour sa survie mais aussi pour sa capacité à inspirer et à nourrir l’âme humaine.

Le dossier « Habiter la Terre » livre une réflexion riche et multidimensionnelle sur la relation complexe entre l’homme et son environnement. À travers plusieurs perspectives, il invite les lecteurs à reconsidérer leur rôle et leur responsabilité envers la planète, en mettant en avant des solutions et des actions concrètes pour un avenir plus harmonieux et durable.

Chemins de traverse se termine avec la rubrique « Place de la lecture », offrant des recommandations littéraires et des ressources supplémentaires pour approfondir les thèmes abordés dans ce numéro. ce segment final propose également une information précieuse sur les émissions du droit humain sur France culture, une plateforme essentielle pour la diffusion de la pensée maçonnique et des valeurs humanistes du Droit Humain.

L’émission intitulée « Divers aspects de la pensée contemporaine » est diffusée le dimanche matin à 9h42. Elle ouvre son micro au DH quatre fois par an, permettant de sensibiliser un public plus large aux enjeux et aux valeurs maçonniques. Ces émissions abordent divers thèmes, allant au-delà des frontières géographiques et générationnelles, en invitant des personnalités engagées à partager leurs perspectives.

Parmi les interventions marquantes, Sylvain Zeghni, Grand Maître National, débat avec Daniel Menshaert, Grand Maître de la Fédération belge du Droit Humain, sur les élections européennes et les valeurs communes qui transcendent les frontières. Une autre émission met en lumière les échanges entre Mathieu, jeune apprenti de 22 ans, et Danièle Juette, franc-maçon depuis 50 ans, illustrant la continuité des valeurs maçonniques à travers les générations.

Daniel Herrero, une figure emblématique du rugby, est invité à discuter des valeurs partagées entre ce sport et la franc-maçonnerie, soulignant l’importance de l’éthique, du respect et de la fraternité, même dans des domaines aussi différents que le sport et les pratiques maçonniques.

Enfin, la revue propose un abonnement annuel de 40 euros pour recevoir les deux numéros par an. Cet abonnement permet aux lecteurs de rester informés des grands sujets d’actualité, éclairés par les valeurs du Droit Humain et les questionnements maçonniques, tout en soutenant une publication dédiée à la réflexion et à l’engagement humaniste.

En conclusion, ce premier numéro de Chemins de traverse offre une lecture enrichissante, éclairante et stimulante, invitant les lecteurs à réfléchir et à agir en harmonie avec les valeurs maçonniques et les défis environnementaux contemporains. Tout en encourageant une participation active à travers ses émissions et son abonnement.

La revue succède à Perspectives, apportant un nouveau regard et des inspirations pour un avenir éclairé et harmonieux.

Chemins de traverse-Revue Maçonnique de la Fédération française du Droit Humain

Habiter la Terre

Éditions Numérilivre, N°1, juin 2024, 80 pages, 22 €

Disponible chez NumérilivreLe Doit Humain, le sitePour s’abonner

Le soufisme en Europe : « Islam, ésotérisme et New Age »

Article issu du site journals.openedition.org – Par Francesco Piraino

Le soufisme en Europe. Islam, New Age et ésotérisme, ouvrage issu de la thèse de Francesco Piraino1, constitue un jalon important des recherches contemporaines sur le soufisme en Europe de l’Ouest en proposant une observation systématisée des différentes confréries françaises et italiennes – Būdshīshiyya, ʿAlāwiyya,  Naqshabandiyya Haqqaniyya et Aḥmadiyya – Idrīsiyya Shādhiliyya.

F. Piraino appréhende le soufisme de ces confréries transnationales comme un phénomène expansif, plastique et attractif. La perspective intègre ainsi des jeux d’échelles entre espace national (Italie, France) et logiques transrégionales (Maroc, Algérie, Chypre), et fait dialoguer socio-anthropologie du religieux et islamologie appliquée.

Les enquêtes de terrain menées sur le temps long, entre Paris et Milan, et fondées sur de nombreux entretiens qualitatifs, mettent en perspective les parcours biographiques des adeptes, les fonctionnements des organisations confrériques et les activités sociales, politiques et culturelles qui leur sont liées. Les entretiens sont complétés par des ethnographies des assises rituelles, quotidiennes et ponctuelles (ijtimāhziyārat ou mawled al-nabawī) ainsi que de diverses activités organisées par les confréries (conférences, rencontres-débats ou soirées-concerts).

  • 2 Danièle Hervieu-Léger, La religion pour mémoire : Paris, Cerf, 1993.
  • 3 Stefano Allievi, Les convertis à l’islam. Les nouveaux musulmans dEurope : Paris, L’Harmattan, 199 (…)
  • 4 Elliott Bazzano & Marcia Hermansen (eds), Varieties of American Sufism: Islam, Sufi Orders, and Aut (…)

Partant du cadre conceptuel de la modernité religieuse2 et de la construction d’un islam européen3, les recherches de F. Piraino illustrent le fait que la diffusion du soufisme en Europe s’articule dans une tension constante avec le référentiel et la normativité islamiques. Le soufisme est appréhendé dans sa dimension vécue, quotidienne et sociale, tout en prenant en compte ses dimensions historique, doctrinale et philosophique, à rebours d’une vision présentiste. F. Piraino observe différents groupes confrériques dans lesquels se côtoient des musulmans socialisés à l’islam dans l’enfance et l’adolescence, des convertis devenus musulmans à l’âge adulte et des adeptes soufis qui ne s’identifient pas comme musulmans.

Il démontre la façon dont l’espace d’implantation d’une confrérie, le fait générationnel et les enjeux de transmission d’une tradition participent à sa mutation. In fine, ce travail permet à F. Piraino de déconstruire un certain nombre de présupposés – le soufisme et l’islam seraient deux éléments distincts ; le soufisme serait un islam « light », « domestiqué » (p. 235) ; le soufisme serait ouvert, libéral ; le soufisme serait apolitique. En s’inspirant des recherches menées sur les espaces anglo-saxons4, F. Piraino rend compte des imbrications des registres discursifs – islamique, ésotérique et New Age – associés à des pratiques – dhikr, méditation ou usage d’ennéagramme – dans la formulation d’un soufisme européen qui revêt les contours d’une religion universelle.

  • 5 Danièle Hervieu-Léger, Le pèlerin et le converti : Paris, Flammarion, 1999, p. 71-78.
  • 6 Notion empruntée à Talal Asad qui exprime un discours liant éthique, pratique et rapports de pouvoi

Les observations de terrain révèlent que les formes d’organisation soufies correspondent peu aux catégories de la sociologie des religions (église, secte, groupe mystique, nouveaux mouvements religieux) et aux idéaux-types qui en émanent (prêtre, sorcier, prophète). À l’inverse, les structures soufies se caractérisent par une certaine fluidité et nécessitent une conceptualisation souple afin d’éviter toute catégorisation trop rigide ou de relativiser la pluralité des formes qui les composent.

Ce faisant, F. Piraino analyse le soufisme par une double tension, inspirée du modèle de Danièle Hervieu-Léger et remaniée, qui fait l’objet des deux premiers chapitres5. Le soufisme est d’abord entendu comme une Scientia experimentalis, une expérience mystique, comprise comme une mystique, une imagination vivificatrice et indépendante de toute structure religieuse – ce type d’expérience jouant un rôle moteur dans la construction des phénomènes religieux (p. 29-50). Il est aussi compris comme une Sacra doctrina, une doctrine sacrée, entendue comme « tradition discursive6 », théodicée et structure religieuse, inscrite sur le temps long, des débuts du soufisme dès le viiie siècle au « soufisme global » contemporain.

Qom en Iran Palais

Ainsi, la doctrine soufie serait à la fois porteuse d’une « régénération-revivification » du message religieux et d’une force créatrice qui déborde le cadre religieux lui-même (p. 51-66). Le troisième chapitre est dédié aux origines du soufisme en Europe (p. 67-111) et présente les différents vecteurs ayant participé à sa diffusion et sa construction. Migrants soufis, acteurs et théoriciens de l’ésotérisme européen, du New Age et universitaires religieux ont contribué au développement du soufisme en Europe au long du xxe siècle.

Les quatre chapitres suivants constituent des monographies des confréries et couvrent les configurations et déclinaisons possibles des organisations soufies, les modalités d’initiation et de transmission, l’éventail des positions doctrinales et de pratiques rituelles promues et adoptées, la position du curseur vis-à-vis du fiqh, de la sharīʿa et du référentiel islamique mais aussi de la sociologie des acteurs et des activités sociales, culturelles et politiques.

  • 7 Sophia Rose Arjana, Buying Buddhas, Selling Rumi: Orientalism and the Mystical Marketplace : London
  • 8 Merin Shobhana Xavier, The Dervishes of the North. Rumi, Whirling, and Making of Sufism in Canada :
  • 9 Ron Geaves, The Sufis of Britain: An Exploration of Muslim Identity : Cardiff, Cardiff Academic Pre
Homme des Derviches tourneurs
Homme Derviche tourneur

Les enquêtes de terrain menées par F. Piraino font écho à celles dédiées aux mouvements soufis aux États-Unis7, au Canada8 et au Royaume-Uni9. L’enquête menée sur la Būdshīshiyya démontre que le type de confrérie « transplantée », caractérisée par la dimension ethnique, s’avère modulable en fonction de l’espace de transplantation ; hybride en France, transplantée en Italie. L’étude de l’Aḥmadiyya-Idrīsiyya Shādhiliyya illustre un autre aspect de cette fluidité puisqu’il s’agit d’une confrérie guénonienne, dans laquelle le soufisme est intellectuel et élitiste (les discussions métaphysiques prennent le pas sur les rituels soufis), mais qui va progressivement revenir à une dimension plus centrée sur les référentiels islamiques lors de la succession du maître – d’Abd al-Wahid Pallivicini à son fils Yahya Pallivicini.

La confrérie Naqshbandiyya Ḥaqqāniyya (en Italie plus qu’en France) oscille quant à elle entre le modèle de confrérie islamique et celui d’une confrérie désislamisée, perméable aux influences du New Age, et pratiques de « bricolage » religieux. Cette tendance s’observe tant par les figures de leadership (« spiritual trainers », p. 271) que par les modalités d’initiation ou les doctrines et rituels eux-mêmes ou par les activités proposées (des « purifications spéciales » du Burhanuddin Hermann, p. 279, au « spectacle soufi » de Hassan Dyck, p. 280).

  • 10 Mark Sedgwick, « In Search of a Counter-Reformation: Anti-Sufi Stereotypes and the Budshishiyya’s R
  • 11 Ron Geaves, « A Case of Cultural Binary Fission or Transglobal Sufism? The Transmigration of Sufism

F.Piraino aborde la diffusion du soufisme au prisme des différentes formes discursives – l’islam-soufi des migrants, l’ésotérisme traditionaliste, les études universitaires du soufisme et le New Age – qui contribuent collectivement à la fabrique du soufisme européen sans (forcément) impacter sa dimension doctrinale, rituelle et organisationnelleC’est le cas pour les confréries ʿAlāwiyyaBūdshīshiyya et Naqshbandiyya qui conservent leurs doctrines, rituels et organisations en proposant un format discursif aux couleurs d’un islam intellectuel, éthique et spirituel pour une audience européenne.

Une telle entreprise, promotrice d’un « humanisme islamique » (p. 345), est portée par des leaders soufis (tels que Khaled Bentounes, Faouzi Skali ou encore Abdelhafid Benchouk) dans l’optique de répondre aussi bien à la quête individualisée de musulmans qu’au souci de transmission générationnelle ou de participation citoyenne10. Par exemple, au nom de ce même humanisme, le cheikh Bentounes, président de l’AISA ONG, est à l’initiative de la Journée Mondiale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP) adoptée par l’ONU et célébrée le 16 mai depuis 2017.

Quelques cas font exception, notamment dans le soufisme transplanté qui apparait de manière subsidiaire dans cette enquête, pour lesquels le discours soufi peut s’avérer bien plus totalisant et structurant d’un point de vue doctrinal, rituel et organisationnel. Dans ces cas-là, on retrouve l’idée de « cultural binary fission11 » où l’organisation confrérique constitue un miroir reproduisant des communautés d’origine et où la société environnante n’exerce que peu d’influence. Le soufisme éclaté ou New Age, lui, s’apparente au format du pick and mix et marque (souvent) une séparation entre islam et soufisme.

L’offre proposée par les « entrepreneurs spirituels » fait état de la malléabilité doctrinale et rituelle qui laisse aux disciples une grande latitude dans l’accommodation de pratiques tournées vers le bien-être mental, corporel et l’esthétique. Ici, c’est donc la perméabilité et l’imbrication des courants ésotériques (« cultic milieu ») et New Age qui sont observées dans ces formes de soufisme européen.

Les recherches menées sur les cas français et italien témoignent de la façon dont le soufisme européen contemporain se ramifie, se restructure et se réinvente en mobilisant des registres variés et des processus créatifs qui dépassent souvent l’identification revendiquée par les acteurs et les jeux d’assignations. Si l’exhaustivité n’est pas recherchée, elle soulève des interrogations et mobilise des outils conceptuels qui méritent d’être étendus au paysage confrérique européen marqué par le morcellement et la multiplication du maillage soufi.

Appréhender les soufismes européens en mobilisant les confréries soufies ayant une renommée moins diffuse, par les « petites confréries », permettrait également d’enrichir le tableau ici présenté, de proposer d’autres formes de déclinaisons possibles de ces « langages » et ces structures et d’éclairer dynamiques et enjeux de ce marché religieux.

Notes

1 Francesco Piraino, Le développement du soufisme en Europe. Au-delà de l’antinomie modernité et tradition : thèse de doctorat, EHESS/Scuola Normale Superiore, France/Italie, 2016.

2 Danièle Hervieu-Léger, La religion pour mémoire : Paris, Cerf, 1993.

3 Stefano Allievi, Les convertis à l’islam. Les nouveaux musulmans dEurope : Paris, L’Harmattan, 1999.

4 Elliott Bazzano & Marcia Hermansen (eds), Varieties of American Sufism: Islam, Sufi Orders, and Authority in a Time of Transition : New York, SUNY Press, 2020 ; Theodore Gabriel & Ron Geaves, Sufism in Britain : London, Bloomsbury, 2014.

5 Danièle Hervieu-Léger, Le pèlerin et le converti : Paris, Flammarion, 1999, p. 71-78.

6 Notion empruntée à Talal Asad qui exprime un discours liant éthique, pratique et rapports de pouvoir autour de l’idée de « croyance correcte » ou d’orthodoxie qui influence le présent, se voit légitimée par le passé et se projette vers le futur (p. 53-54). Voir Talal Asad, « L’idée d’une anthropologie de l’islam », traduit de l’anglais par Mattia Gallo & Pierre Lassave, Archives des sciences sociales des religions 180 (2017) (« The Idea of an Anthropology of Islam », Washington, Georgetown University, Occasional Papers Series, 1986, p. 117-137).

7 Sophia Rose Arjana, Buying Buddhas, Selling Rumi: Orientalism and the Mystical Marketplace : London, One World Academic, 2020 ; E. Bazzano & M. Hermansen (eds), Varieties of American Sufism, op. cit.

8 Merin Shobhana Xavier, The Dervishes of the North. Rumi, Whirling, and Making of Sufism in Canada : Toronto, University of Toronto Press, 2023.

9 Ron Geaves, The Sufis of Britain: An Exploration of Muslim Identity : Cardiff, Cardiff Academic Press, 2000.

10 Mark Sedgwick, « In Search of a Counter-Reformation: Anti-Sufi Stereotypes and the Budshishiyya’s Response », in Michaelle Browers & Charles Kurzman (eds), An Islamic Reformation ? : Oxford, Lexington Books, 2005, p. 125-146.

11 Ron Geaves, « A Case of Cultural Binary Fission or Transglobal Sufism? The Transmigration of Sufism to Britain », in Ron Geaves, Markus Dressler & Gritt Klinkhammer (eds), Sufis in Western Society: Global Networking and Locality : London, Routledge, 2009.

Pour citer cet article

Référence électronique

Samir Abdelli, « Francesco Piraino, Le soufisme en Europe. Islam, ésotérisme et New Age », Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires [En ligne], 26 | 2024, mis en ligne le 01 janvier 2024, consulté le 14 juillet 2024. URL : http://journals.openedition.org/cerri/9327 ; DOI : https://doi.org/10.4000/120gw

Auteur

Samir Abdelli

Doctorant en histoire contemporaine à l’EHESS au sein du CETOBaC (UMR 8032) sous la direction de Sabrina Mervin et Rachida Chih-Faulks, Samir Abdelli mène des travaux sur l’histoire intellectuelle de l’islam en France durant la seconde moitié du xxe siècle. Il s’intéresse aux figures intellectuelles, à leurs trajectoires d’engagements et aux dynamiques de circulation des savoirs à partir du parcours d’une femme convertie du catholicisme à l’islam et initiée au soufisme, Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-1999). Il est membre du projet ANR ISLAMSOC Socialisations Islamiques, dans lequel il participe à une recherche collective sur les intellectuels musulmans en France (projet ANR-23-CE41-0006).

« GeoHistoire » N°76 : Les origines et l’impact des grandes théories du complot

Le numéro de GeoHistoire de juillet-août 2024 (N°76) intitulé « Illuminati, 11-septembre, Pandémies… Comment sont nées les grandes théories du complot » se concentre sur l’origine et l’impact des théories du complot dans l’histoire moderne.

Dossier principal : Le complotisme, meilleur ennemi de l’histoire

Le dossier principal examine comment les théories du complot émergent et influencent la perception publique des événements historiques. Les articles explorent diverses théories, notamment autour des Illuminati, des attaques du 11 septembre, et des pandémies, mettant en lumière leur naissance, leur propagation et leur résilience dans la culture populaire.

Réflexions sur le complotisme

L’article conclut que le complotisme prospère en partie grâce à la méfiance généralisée envers les autorités et les médias traditionnels. Le développement d’Internet a facilité la diffusion rapide de ces théories, exacerbant leur impact sur le débat public et alimentant une méfiance croissante à l’égard des institutions démocratiques.

En somme, ce numéro de GeoHistoire offre une analyse approfondie de la manière dont les théories du complot émergent et se développent, avec un accent particulier sur les Illuminati et les symboles conspirationnistes. Il illustre l’impact persistant de ces idées sur la société moderne et la difficulté de lutter contre leur propagation.

Prise de la Bastille

« Des rumeurs tenaces – Des siècles de fausses conspirations » nous offrent 22 pages d’images concernant quelques grandes théories du complot puis l’article « La Révolution française – 1789 a été orchestré par des puissances occultes » discute des différentes théories du complot autour de la Révolution française. Des accusations ont été portées contre les Anglais, les francs-maçons et les protestants pour expliquer la chute rapide de la monarchie française. Ce fut l’un des premiers exemples de complotisme à grande échelle, cherchant à rationaliser des événements historiques complexes à travers des récits simplifiés et souvent erronés.

Macron Illuminati
Macron Illuminati

La société secrète : « Les Illuminati sont parmi nous »

L’article sur les Illuminati explique comment cette société secrète bavaroise, fondée au XVIIIe siècle et dissoute peu après, a été ressuscitée dans l’imaginaire collectif par la culture populaire et certains théoriciens du complot. Aujourd’hui, certains les accusent de manipuler les événements mondiaux pour dominer le monde. Le texte souligne l’évolution de cette théorie, qui est devenue une sorte de « super théorie du complot » synthétisant diverses craintes et méfiances envers les institutions politiques et économiques.

Le mythe de la Terre plate – Wikimedia Commons

L’astronomie :  « On nous cache que la Terre est plate »

L’article explore la résurgence de la théorie de la Terre plate, une croyance qui date du XIXe siècle en Angleterre. Malgré les preuves scientifiques accablantes, cette idée continue d’avoir des adeptes aujourd’hui, alimentée par la méfiance envers les institutions scientifiques et les médias.

Affiche de propagande nazie de l’exposition antimaçonnique de Belgrade, 1941-1942

L’antisémitisme : « Les Juifs contrôlent le monde »

L’antisémitisme a engendré plusieurs théories du complot à travers l’histoire, accusant les Juifs de divers maux, depuis les crimes rituels jusqu’à la domination de la finance mondiale. Cet article examine comment ces accusations haineuses persistent encore aujourd’hui, exacerbées par des moments de crise et de tension sociale.

Première de couverture du péril juif, édition française des Protocoles des Sages de Sion.jpg

Le document : « La fabrique d’un faux : Les Protocoles des Sages de Sion »

Les Protocoles des Sages de Sion, un faux document du début du XXe siècle prétendant dévoiler un plan juif de domination mondiale, est analysé ici. L’article explique comment ce faux a été fabriqué et continue d’être diffusé comme une « preuve » par les conspirationnistes.

Les élites : « La finance a causé la débâcle de mai 1940 »

Cet article explore la théorie selon laquelle des banquiers et des technocrates auraient orchestré la défaite de la France en 1940. Cette idée a été relayée par les éléments les plus radicaux du régime de Vichy ainsi que par le Parti communiste.

La conquête spatiale : « On n’a pas marché sur la Lune »

Cette section examine la théorie du complot qui prétend que l’alunissage de 1969 a été une mise en scène orchestrée par la NASA. Malgré les preuves et les témoignages, certains sceptiques continuent de croire que l’événement a été fabriqué pour gagner la course à l’espace contre l’Union soviétique.

mosaïque maçonnique

Les symboles : « Les signes du fantasme »

Cette section présente cinq emblèmes souvent cités par les conspirationnistes comme preuves de complots occultes. Ces symboles, tels que l’Œil de la Providence et la pyramide tronquée sur le billet de 1 dollar américain, sont interprétés comme des marques de l’influence des Illuminati. L’article explique que ces symboles, bien qu’antérieurs aux Illuminati, sont réinterprétés dans le cadre des théories conspirationnistes pour soutenir l’idée d’un contrôle secret par une élite cachée.

La santé : « Les Américains ont créé le sida »

En pleine guerre froide, les Soviétiques ont propagé la rumeur que les États-Unis avaient créé le virus du sida pour cibler les Noirs et les homosexuels. Cet article explore l’origine de cette théorie et son impact durable.

Les attentats : « Le 11-Septembre n’a rien à voir avec le terrorisme »

Les attaques du 11 septembre 2001 ont donné naissance à de nombreuses théories du complot, suggérant que le gouvernement américain était impliqué ou avait connaissance des attaques à l’avance. L’article analyse les différentes facettes de cette théorie et ses partisans.

Le cinéma : « Hollywood parano »

Cette section examine comment les théories du complot ont inspiré de nombreux films hollywoodiens, contribuant à instiller un sentiment de doute et de méfiance chez les spectateurs.

La série TV : « X-Files : La vérité est ailleurs »

Les aventures des agents Mulder et Scully dans la série télévisée « X-Files » ont popularisé de nombreuses théories du complot dans les années 1990, renforçant l’idée que des vérités cachées existent au-delà de la perception commune.

L’entretien : « Le complotisme est le symptôme d’une démocratie malade »

Tristan Mendès France, enseignant et essayiste, discute de l’impact d’Internet et des réseaux sociaux sur la diffusion des théories du complot, affirmant qu’ils représentent une menace pour l’équilibre des régimes démocratiques.

Ces chapitres offrent une exploration approfondie de diverses théories du complot et de leur influence sur l’histoire et la société contemporaine, illustrant comment ces idées persistent et se transforment à travers les âges.

Par ailleurs, la partie « L’ACTU DE L’HISTOIRE » nous offre 4 chapitres supplémentaires, à savoir :

« Exposition : Culture mexica au Quai Branly, les trésors du Templo Mayor »

   – Le musée du Quai Branly nous invite à un voyage fascinant au cœur de la civilisation mexica (aztèque), avec une exposition qui dévoile près de 500 objets archéologiques précolombiens, pour la plupart encore inédits en Europe. Ces artefacts, datant du XIIIe au XVIe siècle, comprennent des statuettes, des divinités miniatures, des minéraux précieux, des plantes sacrées, et même des squelettes d’animaux. L’exposition met en lumière les rituels de sacrifice des Mexicas et leur vision complexe de l’univers, découpée en trois royaumes distincts : le monde céleste, la surface terrestre et l’inframonde. Chaque objet raconte une histoire, chaque artefact est une clé pour comprendre la richesse et la profondeur de cette culture millénaire.

« À Lire, À Voir : La sélection de la rédaction »

La rédaction de Geo Histoire nous propose une sélection culturelle éclectique et enrichissante, comprenant des expositions, des ouvrages littéraires et des recommandations artistiques. Parmi les suggestions, on découvre des livres explorant des sujets variés comme le bagne des Annamites et les femmes corses, ainsi qu’une exposition captivante sur les cathares à Toulouse. Chaque recommandation est une porte ouverte sur des univers historiques et culturels à la fois intrigants et émouvants.

« Le Jour Où… : Chamonix accueillit les premiers Jeux d’hiver »

 Plongeons dans l’histoire de Chamonix, ce petit village alpin qui, en 1924, releva le défi d’organiser les premiers Jeux olympiques d’hiver. Malgré les défis logistiques imposés par des chutes de neige abondantes à la veille de l’événement, Chamonix parvint à préparer les installations à temps. Cet exploit marqua l’histoire du sport en France et accueillit des athlètes venus des quatre coins de l’Europe et de l’Amérique du Nord. L’article rend hommage aux efforts de la communauté locale et aux infrastructures mises en place, rappelant comment un petit village a réussi à briller sur la scène internationale.

Logo du film « Le nom de la rose »

« Les Oubliés de l’Histoire : Bernard Gui, chasseur d’hérétiques »

L’article nous emmène à la rencontre de Bernard Gui, inquisiteur français du XIIIe siècle, qui a inspiré le personnage dans le célèbre roman Le Nom de la rose d’Umberto Eco. Contrairement à l’image populaire du juge sanguinaire, Bernard Gui aspirait avant tout à la conversion des hérétiques. Un tiers de ses procès se terminaient par des libérations, et une minorité seulement par des exécutions par le feu. Ce portrait nuancé met en lumière ses contributions en tant que juriste et historien, révélant un homme de son temps, complexe et souvent mal compris.

Geo Histoire, numéro 76

Illuminati, 11-septembre, Pandémies… Comment sont nées les grandes théories du complot

Prisma Media, Juillet-Août 2024, 120 pages, 7,50 €

Géo Histoire est un magazine à sortie irrégulière vous permettant de décrypter l’histoire des territoires et de l’humanité. Géo Histoire retrace des événements qui ont changé la face du monde avec les plus grands experts de la rédaction Géo et des journalistes du monde entier. À retrouver chez votre Maison de la Presse, à côté de son grand frère Géo.

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Le Dessin de… François Morel : « Le Silence »

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Les grecs avaient un dieu du silence, Harpocrate. Ovide dit de lui : «Quique premit vocem digitoque silentia suadet ; celui qui contrôle la voix et persuade le silence avec son doigt.» “Il est vrai que dans tous les monuments où il est représenté, son attitude est de porter le doigt sur la bouche, pour marquer, dit Plutarque, que les hommes qui connaissaient les Dieux, dans les temples desquels Harpocrate était placé, ne devaient pas en parler témérairement”. (Lire la suite du travail de Solange Sudarskis)

Urgence d’un lieu où penser ensemble : la loge

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Comme vous l’aurez remarqué si vous avez la faiblesse de me lire de temps à autre, j’ai un penchant irrésistible, une tendre vénération pour le vocabulaire. J’éprouve, en effet, quelque dilection et, je l’avoue, quelque délectation à disséquer le lexique. Parce que je crois profondément que la maîtrise des mots est la façon la plus juste d’en nourrir l’amour, tant ils ne sont, en fait, que le reflet de notre histoire, de notre pensée et de notre sensibilité.

L’art du verbe n’a de sens qu’en raison et à raison du sens qui oriente et construit cet art. Tout cela, pour moi, forme un tout qui se contrôle et se libère, à la fois : pleine et saine respiration de l’esprit et du cœur. Je cède donc, si vous le voulez bien – et avec une feinte innocence –, à mon péché mignon de ce jour.

Sans doute influencé par l’ambiance du bac dont les épreuves se sont étirées sur la période récente, je réfléchissais à la portée ambiguë du verbe « recaler » et – puissance du subconscient – en élargissant la focale à l’actualité générale, m’est venu le sentiment qu’on voulait, de toutes parts, recaler la République, dans un double sens, c’est-à-dire avec l’idée, tantôt, de la déclarer non-admise, tantôt, de la remettre d’aplomb… Même si elle ne résout rien, cette polysémie sied à merveille à la situation. Elle en révèle à elle seule plusieurs aspects. C’est en quoi il ne faut, je le crois, jamais rien occulter mais bien tout ausculter. Les mots ont une histoire, cette histoire nous parle et la diversité qui s’y incarne investit l’ensemble des représentations symboliques.

Il y a, en ces mêmes circonstances, quelque curiosité à observer la proximité des mots « flegme » et « flegmon », par exemple. Dans le premier cas, on évoque le caractère d’une personne calme et imperturbable, qui garde son sang-froid, quoi qu’il arrive ; dans le second, on désigne une inflammation purulente du tissu conjonctif (on ne saurait nier que le libellé même d’une telle définition suggère bien des métaphores…). Bref, toutes choses quelque peu opposées dans l’usage, qui procèdent, cependant, de la même origine, comme souvent dans la langue, au gré des fluctuations temporelles.

En effet, « flegme » provient du latin phlegma (« humeur, mucus »), lui-même décalqué du grec φλέγμα ; il se rapportait anciennement à une des quatre humeurs de la médecine antique, tandis que « flegmon » ou phlegmon, dans sa forme savante, est emprunté au grec φλεγμονή, qui dérive tout aussi bien du verbe φλέγω : « brûler », « enflammer ». D’ailleurs, un mot de même source, la flemme, cette grande paresse qui pointe son nez dans la langue, à la fin du XVIIIe siècle, et qui n’a cessé d’y prospérer depuis lors, semble, en quelque sorte, combiner les effets des deux mots précédents, s’assimilant à un désœuvrement volontaire, à une excessive lenteur voire à une placidité suspecte…  Ainsi, la scrutation des mots sur le pavé mosaïque ne manque pas de manifester combien le flegme, dont on se refuse à se départir, peut n’en pas moins cacher de violentes colères. Voilà qui pourrait être d’une actualité… brûlante, si je puis dire.

Parfois aussi, les mêmes mots nourrissent des fantasmes et sont de faux amis. Regardez le terme « vomitoire », par exemple : dans l’Antiquité, le vomitorium n’avait rien à voir avec une pièce voisine du triclinium, la salle à manger romaine, où les convives qui avaient « les dents du fond qui baignent », se seraient enfoncé des plumes dans le gosier, afin de se livrer de nouveau à leurs orgies. Cette représentation erronée est le fruit d’une imagination tardive, prompte à généraliser des pratiques ultra-marginales, tout à fait contraires aux traditions les plus attestées[1]. En revanche, issu du verbe vomere qui signifie « expulser », le vomitoire existait bel et bien mais il désignait, dans la langue courante, un large passage qui permettait à la foule d’évacuer un théâtre ou un amphithéâtre. On songerait volontiers – faute de mieux – à en aménager aujourd’hui pour que puissent s’échapper en toute sécurité ceux qui, d’eux-mêmes, auraient envie de passer par la fenêtre, sans parler, qui pis est, d’autres que certains ont envie de faire aussi passer par la fenêtre. Enfin, en cas de nausée, on dispose parfois des sacs vomitoires, à proximité des passagers sensibles au mal des transports, or il existe, ce me semble, de curieux « transports » démocratiques. Voilà comment le mot « vomitoire », selon ses acceptions et ses équivoques, peut s’accorder aux différents haut-le-cœur de nos contemporains…

Cette fois-ci, plus qu’à mon habitude sans doute – trouble de l’époque, époque de troubles ?  –, j’ai sciemment joué des valeurs sémantiques de la langue, selon les différentes conventions qu’elle définit, en liaison avec des valeurs de situation qui, dans les circonstances présentes, peuvent dériver des mêmes énoncés. C’est en vain que je m’y serais adonné, si je ne vous avais pas fait sentir, par ces détours et ces décalages, l’urgence d’un lieu où penser ensemble : la loge.


[1] Pour se faire une plus juste idée à ce sujet, cliquer ici.

Mystères et fraternité : Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon éclairent les Pyrénées

Le samedi 29 juin 2024, Bagnères-de-Luchon, la « reine des Pyrénées », a accueilli avec éclat la deuxième édition des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon.

Photo © Dominique Fournier, MOF

Dès les premières lueurs du jour, l’atmosphère était imprégnée d’une anticipation palpable, les participants affluant vers le Casino de Luchon, une institution prestigieuse du XIXe siècle, et son théâtre dit à l’italienne et de style Napoléon III, un espace de spectacle moderne et confortable classé monument historique. Le cadre majestueux de ces lieux emblématiques a ajouté une touche de grandeur à cet événement exceptionnel.

La journée, marquée par une ambiance fraternelle et chaleureuse, a exploré le thème fascinant de « Franc-maçonnerie : le mythe des origines ? Templiers-Cathares-Compagnonnage-Rose+Croix ». Cette thématique a attiré un large public, désireux de plonger dans les profondeurs historiques et spirituelles de la Franc-maçonnerie. Les discussions et les présentations ont ouvert des perspectives nouvelles, nourrissant les esprits de réflexions profondes et enrichissantes.

Les Estivales, soutenues par Franc-Maçonnerie magazine et 450.fm, Journal de la FM sous tous ses angles, ont offert un programme riche et varié. Les participants ont eu l’occasion d’assister à des conférences captivantes. Chaque intervention a contribué à créer une mosaïque de savoirs et de découvertes, propulsant les auditeurs dans un voyage à travers les mystères et les légendes des origines maçonniques.

Photo © Dominique Fournier, MOF

La matinée a débuté avec des présentations inspirantes sur les Cathares par Olivier Cébe, directeur des Cahiers des Études Cathares. Ce dernier a rappelé l’histoire et les enseignements des Parfaits, soulignant l’importance de leur mise en œuvre aujourd’hui. Il a insisté sur la persistance de l’esprit cathare et a lancé un appel pour sauvegarder la stèle du « Prats dels Crémats » en commémoration du 16 mars 1244. Ce jour-là, au pied de Montségur, plus de 200 hérétiques, refusant de renier leur foi, montèrent volontairement sur le bûcher, marquant ainsi la fin de la croisade contre les Albigeois.

Roger Dachez

Elle s’acheva avec Roger Dachez et les Templiers. Lors de son intervention, le président de l’Institut Maçonnique de Franc a exploré le mythe entourant l’ordre et son lien prétendu avec la franc-maçonnerie. Il a insisté sur l’importance de distinguer la vérité historique de la fiction accumulée au fil des siècles. Roger Dachez a rappelé que l’Ordre du Temple, actif entre le XIIe et le XIVe siècle, est devenu un symbole disproportionné par rapport à son impact réel à l’époque. Les Templiers ont joué un rôle crucial dans les États latins de Palestine, mais leur ordre a été brutalement dissous, donnant naissance à de nombreuses légendes. L’idée d’une continuité secrète de l’ordre ou de doctrines ésotériques est principalement le fruit de spéculations postérieures, souvent sans fondement documentaire. Les récits modernes qui relient les Templiers à la franc-maçonnerie sont des constructions tardives, apparaissant notamment au XVIIIe siècle. Dachez a souligné l’importance de revisiter ces sujets avec un regard critique et historique pour démêler les faits des mythes.

Jean-Michel Mathonière

Les orateurs ont captivé l’audience avec des récits mêlant histoire et mythologie, suscitant curiosité et émerveillement. La journée s’est poursuivie avec des explorations sur le compagnonnage avec l’historien plus particulièrement spécialiste des compagnons tailleurs de pierre qu’est Jean-Michel Mathonière. Il a abordé les mythes entourant l’origine du compagnonnage et son lien avec la franc-maçonnerie. Il a expliqué que bien que les deux mouvements partagent des symboles et des rituels, leurs origines et leurs objectifs sont distincts. Le compagnonnage est une tradition de transmission de savoir-faire artisanal, tandis que la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative apparue sous forme obédientielle au XVIIIe siècle, est davantage orientée vers des objectifs philosophiques et sociaux. Jean-Michel Mathonière a souligné l’importance de démystifier ces liens pour mieux comprendre l’histoire et la spécificité de chaque mouvement.

Henri-Étienne Balssa

Henri-Étienne Balssa, lors de sa conférence sur les Rose-Croix en Europe et leur influence sur la franc-maçonnerie, a détaillé les origines historiques et mythiques de la Rose-Croix, ainsi que leurs manifestes, en soulignant leur impact durable sur la pensée ésotérique européenne. Il a expliqué que les manifestes Rose-Croix, publiés à Cassel en 1614, ont été des éléments fondateurs d’un courant qui a influencé des intellectuels comme Robert Fludd et Michael Maier, et ont suscité un vif intérêt dans les milieux ésotériques.

Henri-Étienne Balssa a mis en lumière l’absence de preuves historiques de l’existence d’un ordre de la Rose-Croix avant le XVIIe siècle, attribuant leur origine à une fiction ésotérique créée par Johann Valentin Andreae. Néanmoins, les idées rosicruciennes se sont rapidement intégrées à la culture européenne, influençant des sociétés savantes comme la Royal Society et des figures comme Isaac Newton et Elias Ashmole.

« Au cœur à l’ouvrage »

L’influence de la Rose-Croix sur la franc-maçonnerie est notable, avec des thèmes rosicruciens intégrés dans les hauts grades maçonniques, notamment le grade de Chevalier Rose-Croix qui apparaît au XVIIIe siècle. Henri-Étienne Balssa a également mentionné les mouvements rosicruciens contemporains comme l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC) et leur rôle dans la perpétuation de la tradition ésotérique et alchimique des Rose-Croix, en insistant sur leur philosophie de transformation spirituelle et de connaissance de la nature .

Entre les sessions, les participants ont profité des pauses pour échanger leurs idées et impressions, tissant ainsi un véritable réseau de fraternité et de partage. Ils ont également eu l’occasion de visiter divers stands, dont ceux du Groupement International de Tourisme et d’Entraide (GITE), tenu par son secrétaire général Alain Béguin,  de Cépaduès et de la librairie luchonnaise « Au cœur à l’ouvrage » de Sophie Dufor.

Ces moments de détente ont permis des rencontres enrichissantes avec des auteurs comme Didier Molines et Florence Ferrari, offrant aux participants la chance d’explorer de nouvelles perspectives littéraires et d’approfondir leurs connaissances.

Dans la salle de la verrière, les discussions étaient animées et passionnées, témoignant de l’engagement et de la curiosité intellectuelle des visiteurs. À chaque stand, les échanges allaient au-delà des simples conversations, devenant des débats enrichissants et des partages d’expériences. Les auteurs ont répondu avec enthousiasme aux nombreuses questions, partageant leurs savoirs et leurs inspirations, ce qui a contribué à créer une atmosphère conviviale et stimulante.

Salle de la verrière

Ces interactions ont non seulement renforcé les liens entre les participants, mais ont aussi suscité de nouvelles idées et collaborations potentielles. La diversité des points de vue et la profondeur des échanges ont permis à chacun de repartir avec un sentiment d’enrichissement personnel et de motivation renouvelée.

Florence Ferrari

Les pauses entre les sessions se sont ainsi transformées en moments précieux de découverte et de dialogue, cimentant le sentiment d’appartenance à une communauté passionnée et engagée.

Théâtre à l’italienne, fin XIXe siècle

En fin de journée, le sentiment d’avoir vécu une expérience unique était partagé par tous. Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon ont une fois de plus démontré leur capacité à rassembler et à inspirer, offrant une plateforme où l’histoire et la spiritualité se rencontrent pour élever l’âme. Une tombola a permis d’offrir des ouvrages fournis par Numérilivre.

En somme, cette journée du 29 juin 2024, qui se clôtura par un pot de l’amitié, restera gravée dans les mémoires comme une célébration grandiose de la culture et de l’esprit maçonniques, un moment où l’histoire a pris vie et où la spiritualité a trouvé un écho vibrant dans le cœur de chacun.

La 3e édition aura lieu le samedi 19 juillet 2025, à confirmer toutefois. 450.fm ne manquera pas de vous tenir informé.

18/07/24 : Justice et amour, le défi maçonnique de l’été ?

En vérité, nous vous le disons « Justice et Amour : Un commandement impossible ? » est la thématique qui enchantera les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique.

Et, en paraphrasant la Bible en Matthieu 19:14, nous pourrions écrire ‘’Laissez les francs-maçons, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent’’ !

Ce jeudi 18 Juillet 2024 à 19h30, dans le cadre de sa thématique estivale

« Quelle modernité pour les Vertus ? »

Comme une étoile de la justice, entre amour et équité

« Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple mais aime ton prochain comme toi-même… » (Lévitique 19:18). Mais juste avant ce commandement d’amour, il est écrit : « Ne commettez pas d’injustice dans les jugements ; n’avantage pas le faible et ne favorise pas le grand mais juge avec justice ton compatriote… » (Lévitique 19:15)

La justice est, pour la plupart des auteurs, la vertu cardinale par excellence. Aristote (384 av.  J.-C-322 av. J.-C), l’un des philosophes les plus célèbres de l’Antiquité et a grandement influencé de nombreux domaines tels que la philosophie, la science, la logique et la politique affirme même (Éthique à Nicomaque 4.2) : « La Justice résume en elle la Vertu tout entière »

Il cite alors un proverbe qui a traversé les siècles : « Ni l’étoile du soir ni l’étoile du matin n’est aussi merveilleuse. » Il ajoutera que la justice véritable est l’équité…

Justice, équité, amour… tout cela est-il réellement compatible ?

Ne faut-il pas faire apparaître la notion de “pardon” ou cette notion discrètement maçonnique de “miséricorde” ?

L’intervenante d’un soir : Daniela Touati, rabbin

Née en 1965 en Roumanie, Daniela Touati a traversé plusieurs frontières et cultures pour devenir une figure éminente du rabbinat libéral en France. À l’âge de dix ans, elle émigre en Israël avec sa famille, une terre de promesses et de renouveau pour de nombreux Juifs de l’époque. En 1977, ses parents choisissent de s’installer en France, ajoutant une nouvelle couche à l’identité multiculturelle de Daniela Touati.

Daniela Touati – Source La Croix

Elle fait ses études de commerce à Paris, où elle excelle et commence une carrière prometteuse en tant que contrôleur de gestion. Sa rigueur et son esprit analytique la mènent rapidement à une position de consultante en recrutement, où elle aide de nombreuses entreprises à trouver les talents qui les propulseront vers l’avenir.

Malgré une carrière florissante, Daniela Touati ressent un appel plus profond. Elle se rapproche de la communauté juive de la rue Copernic, où elle s’implique activement. Son engagement la conduit à Lyon, où elle devient présidente de la synagogue libérale “Keren Or”. C’est là que son chemin spirituel prend une tournure décisive. Désireuse de servir sa communauté de manière plus profonde, elle se forme au Collège rabbinique “Léo Baeck” à Londres, une institution prestigieuse qui façonne les esprits religieux du futur.

Photo Progrès Fournie par Daniela Touati

Après cinq ans d’études intensives, Daniela Touati est ordonnée rabbin en juillet 2019. Son approche unique, combinant une compréhension profonde des textes sacrés avec une perspective moderne et inclusive, lui permet de toucher de nombreux fidèles et de répondre aux questions complexes de notre époque. Aujourd’hui, elle est une voix respectée dans les débats sur l’éthique, la justice et l’amour, illuminant la voie pour ceux qui cherchent à comprendre et à vivre selon ces principes.

Les modérateurs d’un soir :

Heidi Giovacchini : Diplômée en Économie de la Santé, Directrice d’une Fondation reconnue d’utilité publique de la Grande Loge féminine de France.

Olivier Balaine

Olivier Balaine : Ancien Maire-adjoint, Directeur de la rédaction de “Points de vue Initiatiques”, revue de la Grande Loge de France.

Les organisateurs de tous les soirs :

Alain-Noël Dubart : Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France.

Marie-Thérèse Besson : Ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France.

François Euvé s.j.

Le prochain intervenant d’un soir

Le jeudi 25 juillet à 19h30, les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique accueilleront le

théologien, écrivain et scientifique de formation François Euvé s.j., directeur de rédaction de la revue Études depuis 2013sur« La vertu Espérance : quelle Espérance ? »

Rappelons que Études est une revue mensuelle française catholique de culture contemporaine fondée par la Compagnie de Jésus en 1856. Elle propose des analyses approfondies et critiques sur des sujets variés tels que la théologie, la philosophie, la littérature, les sciences sociales et les enjeux sociétaux contemporains. Enracinée dans la tradition intellectuelle jésuite, Études vise à éclairer les débats publics et spirituels, en offrant une perspective catholique ouverte et engagée.

Infos pratiques

Inscription obligatoire sur le site/Toutes les conférences sont gratuites, ouvertes à tous, enregistrées et disponibles gratuitement sur le site du Collège Maçonnique

Réveillons-nous : La modernité est une imposture, retrouvons la sagesse ancienne

Pierre Rabhi1, dans son ouvrage Vers la sobriété heureuse, nous offre une vision radicale et éclairante de la modernité et de ses dérives. Cette lecture estivale, propice à une réflexion profonde, est particulièrement pertinente pour un franc-maçon en quête de vérité et de sagesse. Rabhi propose une transformation profonde de nos modes de vie, un retour à des valeurs ancestrales et une reconnexion avec la nature.

Pour un initié, quels enseignements tirés de Pierre Rabhi ?

L’auteur commence par dénoncer la modernité comme une vaste imposture, une illusion de progrès qui a conduit l’humanité à s’aliéner. Le franc-maçon, engagé dans une quête de perfectionnement et de compréhension des vérités universelles, trouve ici un appel à la vigilance. La modernité, dans sa course effrénée vers la consommation et la croissance économique, a sacrifié les valeurs humaines et spirituelles. Ce constat pousse à une réflexion sur les véritables priorités de la vie et sur la nécessité de rééquilibrer notre rapport au monde.

« Le chant du forgeron », titre de son premier chapitre, serait-il symbole de transformation ?

Effectivement, le thème du forgeron, évoqué dans ce chapitre, résonne particulièrement avec les valeurs maçonniques. Le forgeron, symbole de transformation et de maîtrise, rappelle l’importance de façonner son propre destin. Comme le forgeron forge le métal, le franc-maçon s’efforce de forger son caractère et sa vie, en harmonie avec les principes de la nature et de la création. Mircea Eliade, dans Forgerons et alchimistes(Flammarion, Coll.  Champs essais, nouv. éd. 2018), explore également ce symbolisme, soulignant l’art de transformer et de sublimer la matière brute, une métaphore puissante pour le travail intérieur du maçon.

Sans compter que Tubalcaïn, selon l’Ancien Testament dans le livre de la Genèse, chapitre IV, est décrit comme le premier forgeron, habile dans les ouvrages de cuivre et de fer.

Il est l’ancêtre de la tribu de Touba, habitant les riches Monts d’Arménie. Descendant de Caïn, Tubalcaïn incarne le médiateur entre la terre et le ciel, utilisant les quatre éléments pour transformer et purifier la matière. Il symbolise le travail, la persévérance et la capacité de transformation, des valeurs essentielles pour l’initié franc-maçon, représentant la maîtrise et la transmutation intérieure nécessaire pour atteindre la perfection spirituelle. Principalement, dans certains rites et degrés, Tubalcaïn est un des mots de passe en franc-maçonnerie…

Cette sobriété volontaire se référerait-elle à une sagesse ancestrale ?

Pierre Rabhi prône de toute évidence, la sobriété volontaire comme un moyen de libération et de reconquête de soi. Pour le franc-maçon, cette sagesse ancestrale est un rappel de la nécessité de modérer ses désirs et de rechercher un équilibre harmonieux entre besoins matériels et aspirations spirituelles. La modération, la simplicité et la maîtrise de soi sont des vertus essentielles pour tout initié, et l’auteur offre ici un chemin vers une vie plus authentique et épanouissante.

Par ailleurs, le lien rompu avec la nature est une préoccupation centrale chez Pierre Rabhi. Il invite à une reconnexion avec notre environnement, à voir la Terre non pas comme une ressource à exploiter, mais comme une mère nourricière à respecter. Le franc-maçon, qui cherche à comprendre et à respecter les lois naturelles, trouve dans cet appel une résonance profonde avec ses propres valeurs. Cette vision holistique encourage à repenser notre rapport à la nature et à agir en gardiens éclairés de la planète.

Il s’agit bien là d’une lecture plus qu’inspirante pour le franc-maçon. Pierre Rabhi, par sa critique de la modernité et son appel à une vie plus sobre et en harmonie avec la nature, offre des enseignements précieux. Cette œuvre incite à une réflexion profonde sur nos choix de vie, à un retour à des valeurs essentielles et à une action concrète pour un futur plus juste et durable. Sous l’œil du franc-maçon, ce livre est un guide vers une transformation personnelle et collective, un chemin vers la véritable liberté et la sagesse.

En redécouvrant la sagesse de la sobriété heureuse, le franc-maçon peut s’inspirer de l’exemplarité de Pierre Rabhi pour avancer sur le chemin de la connaissance et de l’harmonie avec l’univers.

Vers la sobriété heureuse demeure un phare pour ceux qui sont en quête de simplicité et d’authenticité.

Rappelons que Babel est une collection de livres au format poche créée en 1989 par les éditions Actes Sud, vise à redonner vie aux titres originaux de la maison d’édition. Elle propose une diversité de genres littéraires, y compris littérature française et étrangère, poésie, théâtre, essais, et plus encore. Parmi ses sous-collections figurent Babel aventure, Babel noir, et Les Érotiques.

1Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur d’origine algérienne, est une figure emblématique de la quête pour une société plus respectueuse de l’homme et de la nature. Né en 1938 dans le Sud algérien, il émigre en France à l’âge de vingt ans, porté par le rêve d’une vie en harmonie avec la terre. Très vite, il se détourne des illusions de la modernité pour embrasser une existence en symbiose avec la nature, devenant l’un des pionniers de l’agroécologie.

Pierre Rabhi, en 2009

Pierre Rabhi s’est engagé sans relâche à promouvoir cette approche à travers le monde, et en particulier en Afrique, œuvrant pour l’autonomie, la sécurité et la salubrité alimentaires des populations. Sa vision ne se limite pas à l’agriculture ; elle s’étend à une philosophie de vie où l’exemplarité et la sobriété sont des vertus cardinales.

Fondateur de multiples associations telles que Colibris* et Terre et Humanisme, Pierre Rabhi a cherché à reconnecter l’homme à la nature, incitant chacun à repenser ses valeurs et ses choix de vie. En octobre 2013, Olivier Le Naire a publié un livre d’entretien intitulé Pierre Rabhi, semeur d’espoirs dans la collection « Domaine du possible » (Actes Sud), offrant une plongée profonde dans les pensées et les aspirations de ce grand sage.

Sandrine Bélier, Allain Bougrain-Dubourg, Cécile Duflot et Pierre Rabhi aux Journées d’été des Verts à Nîmes en 2009

En 2014, Rabhi a contribué à l’ouvrage collectif Nos Voies d’espérance (Actes Sud – Les liens qui libèrent), consolidant ainsi son engagement pour un avenir plus lumineux et durable.

Pierre Rabhi s’est éteint le 4 décembre 2021 à l’âge de 83 ans, laissant derrière lui un héritage inestimable et une communauté de disciples déterminés à poursuivre son œuvre. Sa vie et son travail restent une source d’inspiration inépuisable pour tous ceux qui aspirent à un monde plus juste et en harmonie avec la nature.

*Le Mouvement Colibris, fondé par Pierre Rabhi en 2007, est une initiative citoyenne qui vise à encourager des modes de vie plus respectueux de l’homme et de la nature. Inspiré par une légende amérindienne racontée par Pierre Rabhi, où un petit colibri tente d’éteindre un incendie de forêt en transportant de l’eau avec son bec, ce mouvement symbolise l’idée que chaque geste compte, même le plus modeste, pour contribuer à un changement global.

Le colibri, par sa petite taille et son action déterminée, incarne la philosophie du mouvement : chacun peut et doit agir à son niveau pour améliorer le monde. Colibris se concentre sur des actions concrètes et locales dans divers domaines tels que l’agroécologie, l’éducation, l’économie solidaire et la gouvernance participative.

Une fresque à Casablanca représentant le visage de Pierre Rabhi accompagné d’une citation en français et en arabe : la nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guerit, émerveille l’âme, le cœur et l’esprit.

Les activités de Colibris comprennent des campagnes de sensibilisation, des formations, des conférences, et la création de réseaux de personnes et d’initiatives locales œuvrant pour une transition écologique et solidaire. Le mouvement met également à disposition des outils et des ressources pour aider les citoyens à passer à l’action, favorisant ainsi l’émergence d’une société plus équitable et durable.

Colibris est bien plus qu’un simple mouvement; c’est une invitation à chacun de prendre sa part de responsabilité et de contribuer, à son échelle, à un avenir harmonieux pour tous.

Vers la sobriété heureuse

Pierre Rabhi – Babel, Coll. essai, 2013, 176 pages, 6,70 €

Comment s’y retrouver en Franc-maçonnerie…

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… lorsqu’on est soi-même Franc-maçon ? Je ne parle même pas de celle ou de celui qui n’est pas Franc-maçon, c’est un autre chapitre qui mérite également réflexion.

A vrai dire, c’est encore une fois une réflexion récurrente qui nous interpelle. Francs-maçons de divers horizons nous avançons ensemble, nous œuvrons pour une même cause avec nos valeurs communes. L’esprit critique que nous avons acquis au fur à mesure lors de nos rencontres et de nos réflexions est présent pour nous guider et nous faire avancer sur le chemin de la connaissance. Voilà qui est dit.

« POURQUOI FAIRE SIMPLE QUAND ON PEUT FAIRE COMPLIQUÉ »

Mon BOUCHER, hier

Parler de comment s’y retrouver laisse supposer qu’on s’y perd ou que l’on s’est déjà perdu. On s’y perd, car l’étude de la franc-maçonnerie peut apparaitre complexe. Je crois qu’elle l’est d’ailleurs!

Ah, il faut déjà s’accrocher pour comprendre comment fonctionnent entre-elles toutes les différentes obédiences et tous les Rites associés. Ce n’est certainement pas cette video ci-dessous qui va arranger les choses…

La carte postale ancienne (CPA) maçonnique du dimanche 14 juillet 2024

La carte postale maçonnique que nous avons sous les yeux est une œuvre complexe, riche en symbolisme et en critique sociale. Cette illustration satirique met en scène Ronald Reagan, ancien président des États-Unis, dans une caricature empreinte de mordant.

Official portrait of President Reagan, 1981

Un cow-boy nommé Reagan

Ronald Wilson Reagan, né le 6 février 1911 à Tampico (Illinois) et mort le 5 juin 2004 à Los Angeles (Californie), est un acteur et homme d’État américain. Il a été le 40e président des États-Unis de 1981 à 1989. Initialement acteur de cinéma, il a ensuite été président de la Screen Actors Guild et porte-parole pour General Electric avant de s’orienter vers la politique.

D’abord membre du Parti démocrate, il a rejoint le Parti républicain en 1962. Élu gouverneur de Californie en 1966, il a tenté sans succès d’obtenir la nomination républicaine pour les présidentielles de 1968 et 1976 avant de remporter l’élection de 1980 contre Jimmy Carter. Sa présidence est marquée par les « Reaganomics », une forte opposition au communisme et la fin de la guerre froide. Bien qu’il ait exercé une influence durable sur la droite américaine, Reagan n’était pas franc-maçon, malgré les trois points qui suivent son nom… Il a révélé en 1994 qu’il souffrait de la maladie d’Alzheimer et est décédé en 2004.

Seal of the President of the United States

Le titre « La droite américaine orpheline » semble annoncer un monde désorienté par la perte de son leader emblématique. Ces mots, inscrits en lettres majuscules en haut de la carte postale, annoncent d’emblée une réalité poignante : la perte de Ronald Reagan a laissé la droite américaine sans son guide, plongée dans une désorientation idéologique et politique.

Ronald Reagan, représenté ici avec des traits exagérés, incarne plus qu’un simple personnage politique. Son visage souriant, malgré la situation grotesque, suggère une certaine insouciance ou peut-être une ironie face à ses actions passées. Cette image pourrait refléter l’idée que Reagan, même après son départ de la scène politique et sa mort, reste une figure incontournable et controversée. Cet homme, jadis au sommet du pouvoir, est ici réduit à une figure grotesque, un symbole de ses propres excès et erreurs.

À côté de lui, un démon ailé et grimaçant s’élance du canon que Reagan tient dans ses mains. Ce démon, symbolisant le mal ou l’obscurité, porte une ceinture où l’on peut lire TRICKLE DOWN, une référence directe à la politique économique de Reagan, souvent critiquée pour avoir favorisé les riches au détriment des pauvres. Le texte entourant ce sinistre personnage ne laisse aucun doute sur la nature de la critique : « 8 longues années de travail où le crédo de ‘’mort aux pauvres’’ en politique intérieure ». Cette phrase accuse Reagan d’avoir mené une guerre économique contre les classes défavorisées, exacerbant les inégalités sociales.

Signature de Ronald Reagan

Le démon continue avec une critique de la politique extérieure : « Et ‘’mort aux cocos’’ en politique extérieure. » Ces mots rappellent l’anticommunisme virulent de Reagan, une caractéristique majeure de sa présidence, qui a souvent mené à des conflits et interventions controversées à l’étranger. Le démon, envoûtant et menaçant, symbolise cette dualité destructrice, omniprésente dans l’héritage de Donald Reagan.

La date inscrite sur la plaque « 5 Juin 2004 » marque le décès de Reagan, pointant vers une réflexion post-mortem sur son héritage. Cette date, gravée comme une épitaphe, invite le spectateur à considérer l’héritage laissé par cet homme, au-delà des simples faits historiques.

Cette œuvre s’inscrit dans le cadre plus large des publications maçonniques, comme le suggère le texte « La CPA maçonnique du dimanche… ». Destinée à un public de frères et sœurs en maçonnerie, elle propose un moment de détente intellectuelle, mais aussi de réflexion critique, rappelant que même les images antimaçonniques peuvent servir de point de départ pour une analyse enrichissante. Le cadre de « vacances maçonniques » offre une ambiance propice à la réflexion, loin des tumultes du quotidien.

L’artiste, J. Ziliox, en date de décembre 2006, nous offre ici une œuvre qui, par son caractère satirique et symbolique, interroge les valeurs et les actions de Ronald Reagan sous un prisme maçonnique. La mention « Le Grand Parti de la Bouffe n°28 », probablement une référence à une série de publications satiriques, ajoute une dimension humoristique à la critique. Cette série, avec son ton mordant et ironique, utilise l’absurde pour mieux dénoncer les absurdités du pouvoir.

Mais qu’est-ce que la droite américaine ?

Il s’agit d’une mouvance politique diverse, souvent divisée entre conservatisme social et économique, et qui trouve en Ronald Reagan une figure tutélaire ? Sous sa présidence, la droite américaine a vu l’émergence d’un néolibéralisme triomphant, une lutte acharnée contre le communisme et une insistance sur les valeurs traditionnelles. Reagan a incarné cette droite dynamique et réformatrice, mais aussi controversée, dont l’impact résonne encore aujourd’hui.

Ainsi, cette carte postale, à travers sa satire et ses symboles, nous pousse à interroger non seulement l’homme qu’était Ronald Reagan, mais aussi l’essence de la droite américaine. Elle nous invite à réfléchir sur les idéaux et les réalités de ce courant politique, sur les promesses et les déceptions qui l’accompagnent. En somme, elle nous offre une vision critique et nuancée, un miroir de notre propre époque à travers le prisme du passé.

Quid des symboles maçonniques, représentés à droite sur la carte postale ?

Ils sont chargés de significations profondes et multiples, reflétant les valeurs et les enseignements de la franc-maçonnerie.

Ils nous invite à réfléchir sur les idéaux et les réalités de ce courant politique, sur les promesses et les déceptions qui l’accompagnent. En somme, elle nous offre une vision critique et nuancée, un miroir de notre propre époque à travers le prisme du passé.

Ces symboles maçonniques, lorsqu’ils sont intégrés à l’illustration de Reagan, ajoutent une dimension supplémentaire de critique et de réflexion, invitant le spectateur à examiner les valeurs de justice, d’intégrité et de vérité en contraste avec les politiques et l’héritage de Ronald Reagan. Ces symboles renforcent la profondeur de l’œuvre et enrichissent l’analyse critique de son impact politique et social.

L’épée flamboyante

Ce symbole maçonnique représente la justice, la protection et l’intégrité. Dans le contexte de la carte postale, l’épée flamboyante pourrait être utilisée pour souligner une critique de la manière dont la justice et l’intégrité ont été perçues et appliquées sous l’administration de Reagan. Elle pourrait symboliser une lutte contre les injustices sociales et économiques, contrastant avec les politiques de Reagan.

Le delta rayonnant

Souvent représenté avec un œil au centre, le delta rayonnant symbolise la connaissance divine, la vigilance et la lumière de la vérité. Dans cette illustration, le delta rayonnant pourrait être interprété comme un appel à la transparence et à la vérité dans le leadership et la politique, en opposition aux actions et aux décisions prises par Reagan durant sa présidence. Il peut également représenter un idéal de clarté et de révélation de la vérité.

L’équerre et le compas

Ce sont des outils symboliques fondamentaux de la franc-maçonnerie, représentant la rectitude morale (l’équerre) et la mesure de nos actions (le compas). Ils incarnent l’aspiration à une vie équilibrée et vertueuse. Ici, leur inclusion pourrait souligner une divergence entre les idéaux maçonniques de justice et de droiture et les politiques controversées de Reagan, notamment ses politiques économiques et sociales.

La branche d’acacia

Symbole de l’immortalité de l’âme et de la résurrection dans la franc-maçonnerie, elle pourrait être utilisée ici pour commenter la mémoire durable et controversée de Reagan. Elle pourrait également insinuer un renouveau ou une continuation des idéaux qu’il représentait, malgré les critiques.

Ces symboles maçonniques, dans le contexte de cette carte postale, servent à juxtaposer les idéaux élevés de la franc-maçonnerie avec la réalité politique, souvent complexe et imparfaite, incarnée par Ronald Reagan. L’œuvre invite ainsi à une réflexion critique sur la manière dont les principes de justice, d’équité et de vérité sont appliqués ou déformés dans le domaine politique.

nOUS vous souhaitons une bonne lecture, un bel été, de belles vacances et un excellentissime 14 juillet !!!

Source : carte postale site Web ebay