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ITALIE : La franc-maçonnerie à l’ère du numérique – l’émancipation sur les réseaux sociaux

De notre confrère italien keyforweb.it

Ces dernières années, la franc-maçonnerie a connu une transformation significative, s’adaptant à la dynamique du monde numérique et tirant parti des réseaux sociaux pour se connecter avec un public plus large. Ce changement permet aux organisations maçonniques de se moderniser et d’atteindre de nouvelles générations de membres potentiels, préservant ainsi une tradition vieille de plusieurs siècles dans un contexte contemporain.

Adaptation aux réseaux sociaux

La plateforme sur laquelle la franc-maçonnerie montre une présence particulièrement active est Facebook. Le choix n’est pas aléatoire : Facebook est principalement utilisé par des utilisateurs âgés de 28 à 50 ans, un groupe démographique qui se situe dans la période de la vie où les gens ont tendance à s’intéresser aux valeurs et aux activités maçonniques. Cette tranche d’âge représente un public idéal pour les loges maçonniques cherchant à élargir leur portée et à recruter de nouveaux membres.

L’Ordre Maçonnique Traditionnel Italien

Parmi les organisations maçonniques les plus actives sur les réseaux sociaux, se distingue l’Ordre maçonnique traditionnel italien ( www.ordinemassonicotradizionale.it ). Cette organisation possède la deuxième page la plus suivie sur Facebook dans le panorama maçonnique italien, immédiatement après le Grand Orient d’Italie. Cependant, ce qui distingue l’Ordre maçonnique traditionnel italien est son haut niveau d’engagement auprès des utilisateurs. La page est constamment mise à jour avec un contenu pertinent et intéressant, qui stimule la participation et l’interaction des membres, depuis les communications sur l’ouverture de nouvelles loges, jusqu’aux articles de blog jusqu’aux vidéos informatives sur les différents aspects de la franc-maçonnerie.

Le succès de l’Ordre maçonnique traditionnel italien sur Facebook peut être attribué à plusieurs stratégies efficaces. La page utilise une combinaison de publications informatives, d’événements virtuels, de discussions ouvertes et de contenu multimédia pour maintenir l’intérêt des utilisateurs. Les discussions sont souvent centrées sur les principes maçonniques, l’histoire de l’ordre et les initiatives actuelles, créant un sentiment de communauté entre les membres et sympathisants.

Impact de la présence en ligne

L’activité croissante de la franc-maçonnerie sur les réseaux sociaux a un impact significatif. Non seulement les organisations sont capables d’atteindre un public plus large, mais elles sont également capables de dissiper les mythes et les préjugés, favorisant ainsi une plus grande transparence. Les réseaux sociaux permettent aux loges de montrer leur côté humain et d’interagir directement avec le public, facilitant un dialogue ouvert et constructif.

L’avenir de la franc-maçonnerie numérique

En regardant vers l’avenir, il est probable que la présence de la franc-maçonnerie sur les réseaux sociaux continuera de croître. D’autres plateformes, comme Instagram et LinkedIn, pourraient devenir de nouveaux champs d’expansion, touchant différentes tranches d’âge et intérêts professionnels. L’adoption de technologies numériques plus avancées, telles que les webinaires et les podcasts, pourrait étendre davantage la portée et l’influence des organisations maçonniques.

En conclusion, la franc-maçonnerie fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation aux temps modernes. L’utilisation stratégique des réseaux sociaux permet non seulement de maintenir vivantes les valeurs et les traditions maçonniques, mais aussi de les renouveler et de les adapter aux besoins et aux attentes des nouvelles générations. L’Ordre maçonnique traditionnel italien, avec son haut niveau d’activité et d’engagement sur Facebook, représente un brillant exemple de la manière dont les organisations maçonniques peuvent prospérer à l’ère numérique.

L’association maçonnique millionnaire ne paie pas d’impôts… car elle loue des chambres

De notre confrère portuguais zap.aeiou.pt

Au Portugal, l’association maçonnique la plus riche est celle du Grand Orient Lusitanien, principale référence maçonnique au Portugal. Elle bénéficie de plusieurs exonérations fiscales controversées, conservant le statut d’Institution Privée de Solidarité Sociale, car elle loue des chambres à des étudiants universitaires.

L’ Internato de São João (ISJ), lié au Grand Orient Lusitanien (GOL), a été créé en 1862 et possède un patrimoine immobilier d’un million de dollars, avec sept propriétés à Lisbonne, évaluées à environ 3,3 millions d’euros. Mais voilà, l’association maçonnique n’a jamais payé l’impôt foncier communal (IMI) sur cette propriété, constate le même journal.

En 2017, ISJ a vendu trois immeubles pour 7,3 millions d’euros. En plus de n’avoir jamais payé l’IMI sur ces biens, il a également omis de payer l’Impôt Collectif sur le Revenu (IRC) sur les plus-values ​​obtenues , une exonération également controversée, selon le journal susmentionné.

L’ association maçonnique bénéficie également d’exonérations du droit de timbre, de la TVA et des taxes communales – tout cela en raison de son statut d’Institution Privée de Solidarité Sociale (IPSS) .

Mais, dans le cas de l’IMI, les IPSS ne sont exonérés de l’impôt que sur « les bâtiments dans lesquels s’exercent les activités statutaires des institutions », note Público. Par conséquent, seul le manoir de Lisbonne , où se trouve le siège de l’ISJ, devrait être exempté.

La sécurité sociale aurait dû annuler son statut

En 2012, l’ISJ a fermé le foyer pour filles pauvres qui lui a valu le statut IPSS. C’était sa seule activité d’action sociale, mais, malgré cette fermeture, elle a conservé ce statut.

Público souligne qu’à cette époque, la Sécurité sociale aurait dû annuler l’enregistrement de l’ISJ comme IPSS. Mais cela ne s’est pas produit, c’est pourquoi le journal a demandé des explications à l’Institut de sécurité sociale (ISS). La réponse n’est arrivée que huit mois plus tard et elle n’était pas claire.

L’Institut indique que « la Sécurité sociale n’a connaissance d’aucune situation qui pourrait conduire à l’éventuelle annulation de l’enregistrement de ladite entité [ISJ] comme IPSS », cite le journal.

Chambres pour étudiants universitaires

Après la fermeture du foyer en 2012, l’ISJ a modifié ses statuts en 2014, pour inclure la « promotion et la gestion des résidences étudiantes » dans ses objectifs. Les installations du foyer ont ensuite été adaptées pour louer des chambres aux étudiants de l’enseignement supérieur.

Ainsi, pour l’ISS, « la location de chambres aux étudiants répond à un « objectif d’action sociale », même si les revenus de leurs familles ne constituent pas un critère d’admissibilité », souligne Público.

Le membre du conseil d’administration de l’ISJ qui gère le patrimoine, Victor Marques, assure au quotidien que les chambres sont destinées aux « jeunes nécessaires qui viennent étudier à Lisbonne » et que, par conséquent, ils ont accès « à des logements à des prix allant de 275 à 415 euros par mois .

Mais il suppose qu’ « il n’y a pas de critères de sélection spécifiques » et que « celui qui arrive le premier a un avantage » dans les postes vacants.

Público a également constaté que les critères d’admission privilégient « les membres de la famille des membres » . Victor Marques affirme qu’« environ un tiers » des 24 étudiants actuels qui louent des chambres à l’ISJ se trouvent dans cette situation.

Víctor Marques déclare également à Público que l’ISJ envisage de créer d’autres réponses d’action sociale, comme un service de maintien à domicile pour les personnes âgées et une garderie . Mais jusqu’à présent, rien n’a été réalisé sur le terrain.

L’ISJ est l’association avec le plus grand patrimoine de celles qui composent la Grande Oriente Lusitanienne (GOL), la principale référence de la franc-maçonnerie au Portugal.

Público souligne que GOL a créé deux autres IPSS qui n’ont jamais exercé aucune activité.

« L’Appel à la Fraternité » : La franc-maçonnerie, gardienne de l’humanisme dans un monde en crise

L’Appel à la Fraternité formulé par la Grande Loge de France (GLDF) résonne comme un cri à l’unité dans un monde profondément marqué par la montée des extrémismes et des tensions idéologiques. Cet ouvrage de soixante-dix de pages ne se contente pas d’évoquer les pratiques maçonniques, mais place la franc-maçonnerie comme un pilier contre les divisions et les haines contemporaines. Les onze textes rassemblés ici montrent une profonde méditation sur l’état de la société moderne et une réflexion sur la manière dont les principes maçonniques peuvent jouer un rôle essentiel dans le maintien de l’harmonie sociale.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, signe la préface et ouvre l’ouvrage en tenant des propos éclairants.

Il s’agit d’un texte profondément ancré dans la tradition humaniste et spirituelle de la franc-maçonnerie. Dès les premières lignes, il établit un lien entre la situation actuelle, marquée par des crises et des bouleversements sociétaux, et l’impérieuse nécessité de revivifier les valeurs de fraternité, de solidarité et d’universalité. Thierry Zaveroni rappelle que dans un monde où les idéaux de la République française — Liberté, Égalité, Fraternité — sont souvent mis à mal par les tensions sociales, politiques et idéologiques, ces valeurs maçonniques offrent une voie vers une plus grande harmonie sociale.

L’appel à la fraternité en temps de crise

Le texte du Grand Maître commence par souligner les trois siècles d’existence de la Grande Loge de France, qui a su maintenir une lumière d’espoir, même dans les moments les plus sombres de l’histoire. Thierry Zaveroni fait allusion à ces périodes de trouble, pendant lesquelles les idéaux et les valeurs maçonniques se sont affirmés comme des réponses essentielles aux défis de l’époque. Il appelle les francs-maçons à comprendre que la fraternité n’est pas simplement une idée abstraite, mais une pratique quotidienne et tangible qui donne un sens à l’existence humaine.

Selon Thierry Zaveroni, la fraternité est une valeur active et dynamique, qui non seulement unit les individus mais les pousse également à se dépasser, à transcender leurs différences pour œuvrer ensemble à un monde plus juste. Elle est le ciment qui permet de solidifier les liens humains et de lutter contre les fractures sociales et politiques qui menacent les sociétés modernes.

La continuité d’une mission humaniste

Thierry Zaveroni ne se contente pas de dépeindre un monde en crise. Il met également en avant la persistance et l’actualité des idéaux maçonniques dans ce contexte. La Grande Loge de France se présente comme une institution qui, à travers les siècles, a cherché à dépasser les divisions religieuses, politiques et sociales pour offrir une vision universaliste de l’humanité. Zaveroni réaffirme que, face à la montée des extrémismes et des populismes, ces valeurs humanistes prennent une importance cruciale.

Il rappelle que la franc-maçonnerie ne se réduit pas à une simple organisation initiatique ou associative, mais qu’elle constitue un véritable mouvement spirituel et philosophique. Son objectif ultime est de participer à l’élévation de l’humanité entière. Cette quête spirituelle ne s’arrête pas à l’individu ; elle englobe une mission collective qui vise à construire un monde plus éclairé et plus tolérant. La fraternité, dans cette perspective, devient le pilier fondamental de l’action maçonnique.

Un engagement envers la société

Thierry Zaveroni souligne également que cet engagement fraternel doit s’étendre au-delà des loges et toucher la société tout entière. Il fait un appel explicite à l’implication des francs-maçons, mais aussi des citoyens en général, pour que la fraternité devienne une valeur partagée et pratiquée dans la vie quotidienne. Cet engagement envers l’autre, qui est au cœur de la philosophie maçonnique, doit prendre la forme d’une solidarité active, surtout dans un monde de plus en plus divisé.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

Le Grand Maître exprime une certaine urgence dans cette réflexion. Face aux tensions contemporaines, il est crucial que les forces humanistes se mobilisent rapidement et de manière déterminée. L’époque ne permet plus l’indifférence ou la neutralité face aux injustices et aux divisions croissantes. Thierry Zaveroni exhorte chaque franc-maçon, mais aussi chaque lecteur, à s’impliquer dans la construction d’un monde plus pacifique et fraternel.

La préface de Thierry Zaveroni est un appel vibrant à la réaffirmation des valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie dans un monde troublé. La Grande Loge de France, avec son histoire riche et ses idéaux forts, se positionne comme un acteur incontournable dans la promotion d’une société plus juste, plus égalitaire et plus fraternelle. Le Grand Maître Thierry Zaveroni termine son propos avec un message d’espoir prudent, en affirmant qu’il est encore possible de voir émerger un avenir meilleur, à condition que chacun s’efforce de vivre et d’agir selon les principes de fraternité, de tolérance et de justice sociale.

Ensuite, le lecteur est plongé dans une réflexion humaniste, où la franc-maçonnerie est présentée comme une force de résistance face aux dérives autoritaires et populistes qui gangrènent les sociétés modernes. Christophe Bourseiller, dans son essai « La franc-maçonnerie, un rempart face aux extrémismes », met en exergue le besoin vital d’unir les hommes autour de valeurs universelles, telles que la tolérance et la liberté de conscience. Les chaînes symboliques apparaissant en arrière-plan sur la couverture renforcent cette idée d’une solidarité humaine, formant une défense contre les forces du mal.

En contrepoint, l’article de Brice Châtel intitulé « Jeunesse et citoyenneté » engage une réflexion sur le rôle crucial des nouvelles générations dans la préservation et la promotion des idéaux maçonniques. Les jeunes sont vus non seulement comme les héritiers de cette tradition humaniste, mais aussi comme les garants d’une citoyenneté active et consciente, prête à affronter les défis d’un monde en pleine mutation. L’idée de citoyenneté, ainsi présentée, se rapproche d’une forme d’engagement éthique où chaque individu est responsable non seulement de ses propres actions, mais également du bien-être collectif.

La franc-maçonnerie se définit ici, tout au long de l’ouvrage, non pas seulement comme une institution initiatique, mais comme une philosophie pratique de la vie. Dans une société où l’individualisme et la fragmentation sociale menacent de plus en plus la cohésion, la Loge apparaît comme un refuge spirituel, offrant des repères clairs pour qui souhaite comprendre le sens profond de l’humanisme. Le lecteur est invité à méditer sur ces valeurs intemporelles, loin des bruits de la vie moderne, dans un espace sacré où l’éthique, la raison et la foi en l’homme deviennent les remparts contre la barbarie.

Un dialogue avec l’histoire et la culture maçonnique

L’ouvrage, tout en traitant des défis contemporains, inscrit la franc-maçonnerie dans une longue lignée d’idées et de pensées historiques. Les références aux Lumières, à la Révolution française, mais aussi aux figures intellectuelles et politiques marquantes telles que Simone de Beauvoir et Marcel Pagnol, tissent un fil rouge culturel entre le passé et le présent. À travers ces figures, la Grande Loge de France cherche à rappeler que son combat pour la liberté et la fraternité n’est pas nouveau, mais s’inscrit dans une tradition continue de défense des droits humains.

La représentation visuelle de « La Liberté guidant le peuple » sur l’une des pages rappelle ainsi la vocation maçonnique de libérer l’esprit humain des chaînes de l’ignorance et du despotisme. Les couleurs vibrantes du tableau d’Eugène Delacroix évoquent les luttes passées, mais elles rappellent aussi que la lutte pour l’égalité et la justice est encore loin d’être terminée. La franc-maçonnerie, telle qu’elle est décrite dans ces pages, aspire à devenir une force morale capable de guider les peuples vers un futur plus juste et éclairé.

Une réflexion philosophique et spirituelle

Les auteurs ne se contentent pas de traiter de la franc-maçonnerie sous un angle historique ou politique ; ils explorent également la dimension spirituelle de l’engagement maçonnique. Une citation, inscrite en lettres rouges sur l’une des pages, résume parfaitement cette quête spirituelle : « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Cet aphorisme, repris de l’Antiquité, révèle la profondeur de la pensée maçonnique, qui invite chaque homme à embrasser l’ensemble de l’humanité, avec ses richesses, mais aussi ses imperfections.

L’ouvrage fait donc la part belle à la réflexion philosophique, notamment en traitant de la notion de fraternité. Cette fraternité n’est pas seulement vue comme un sentiment ou un idéal, mais comme une pratique de vie. Dans les pages consacrées aux jeunes générations, il est souvent fait référence à l’importance de l’action collective, d’une implication dans la société à travers des associations, des engagements citoyens, ou encore des actions concrètes de solidarité. Cela montre que la franc-maçonnerie n’est pas un simple espace de discussion théorique, mais bien un lieu où se construisent des projets et des initiatives en faveur du bien commun.

En conclusion, L’appel Fraternité de la Grande Loge de France est bien plus qu’un simple ouvrage sur la franc-maçonnerie. C’est un plaidoyer pour un monde plus juste, où les principes de liberté, d’égalité et de fraternité sont vécus au quotidien. Chaque page, chaque illustration, chaque citation est une invitation à méditer sur l’état du monde et sur la manière dont la franc-maçonnerie peut, par ses valeurs universelles, apporter une réponse aux crises actuelles. Il s’agit là d’un texte profondément humaniste, où se mêlent la sagesse des Anciens et les espoirs des générations futures.

Loin des idées reçues sur la franc-maçonnerie, cet ouvrage montre que les Loges ne sont pas des lieux de secrets, mais bien des espaces de lumière où chacun est invité à participer à la construction d’un monde meilleur.

Attardons-nous sur l’illustration de la première de couverture

Symbolique et minimaliste, elle est un message visuel puissant incarnant les idéaux de la Grande Loge de France. Elle met en scène une main ouverte, accueillante, d’où s’élance une colombe tenant une branche d’olivier. Ce dessin en lignes continues, presque esquissé d’un seul trait, semble simple à première vue, mais il révèle une profondeur considérable dans son symbolisme. Explorons cette image dans toute sa richesse.

La main ouverte : un symbole d’accueil et de fraternité

La main ouverte dans cette image est l’un des éléments les plus évocateurs. Elle se prête à de multiples interprétations symboliques, chacune portant un message humaniste et profondément ancré dans les idéaux maçonniques. D’abord, cette main incarne l’acte d’offrir, la générosité, et l’hospitalité. Elle est tendue vers l’autre, sans condition, sans jugement. Une main ouverte invite à la confiance et incarne la sincérité, des valeurs fondamentales pour la franc-maçonnerie, où la fraternité entre les hommes se veut être l’un des socles de l’engagement spirituel et moral.

Cette posture n’est pas défensive ; elle n’est ni refermée ni sur la retenue. Au contraire, elle invite le monde extérieur à se joindre à elle. L’absence de dureté dans cette main, son mouvement souple, suggère aussi l’idée de soutien. En effet, la main dans cette image semble soutenir la colombe, soulignant la fonction de guide et de protecteur que la franc-maçonnerie s’attribue face aux crises du monde moderne. Ce geste rappelle ainsi que dans un monde fracturé, les francs-maçons tendent une main vers ceux qui ont besoin de lumière et d’orientation.

La colombe : l’esprit de paix et de liberté

Symbole universel de la paix, la colombe, ici, en plein envol, évoque un espoir qui prend son essor. La branche d’olivier dans son bec est une référence directe à la tradition biblique, où elle représente la réconciliation et la fin des conflits. Toutefois, la colombe dépasse les simples connotations religieuses dans ce contexte. Ici, elle incarne une aspiration à la paix universelle et à l’harmonie entre les hommes, des idéaux que la Grande Loge de France défend depuis sa création.

La colombe, par son mouvement ascendant, symbolise également la liberté de l’esprit. Elle s’élève, portée par un élan invisible, échappant à toute forme de lourdeur terrestre. Cette légèreté suggère que la franc-maçonnerie offre à ses membres, et à l’humanité, la possibilité de s’élever au-dessus des mesquineries de la vie quotidienne, des divisions politiques et sociales, pour atteindre une forme de spiritualité où la fraternité et l’amour du prochain priment.

Il est également intéressant de noter que la colombe ne part pas seule. Elle est intimement liée à la main qui semble la libérer tout en la soutenant. Cette interconnexion renforce l’idée que la paix, la liberté et la fraternité sont indissociables et qu’elles nécessitent un acte de volonté humaine pour se manifester pleinement.

L’esthétique en ligne continue : une métaphore de l’unité

L’illustration est réalisée en une ligne continue, sans rupture visible. Ce choix artistique, loin d’être anodin, suggère que les valeurs de paix, de fraternité et de liberté sont intrinsèquement liées. La ligne unique pourrait aussi être vue comme une métaphore de l’unité humaine, où chaque être est connecté à un autre, formant une chaîne ininterrompue.

Cette ligne fluide, sans discontinuité, exprime également une certaine pureté et simplicité, caractéristiques d’un idéal spirituel élevé. En ne multipliant pas les détails, cette esthétique minimaliste invite à la contemplation. Elle dégage une forme de sérénité, où chaque élément trouve naturellement sa place. Le mouvement de la ligne, fluide et continu, suggère la continuité du chemin initiatique que parcourt chaque franc-maçon en Grande Loge de France. C’est un parcours sans fin, où chaque étape, chaque instant est un pas vers la lumière et la vérité.

L’absence de couleurs : une neutralité universelle

Il est aussi crucial de noter l’absence de couleurs dans cette image. Ce choix de monochromie accentue l’universalité du message. La paix, la fraternité, la liberté, ne sont pas des concepts appartenant à une culture, une nation ou une époque en particulier, mais bien des idéaux intemporels qui s’adressent à tous.

Conclusion : une symbolique profonde et universelle

Cette illustration, bien qu’elle soit simple dans sa forme, véhicule un message puissant et profond. À travers cette main ouverte et cette colombe en plein envol, la Grande Loge de France rappelle ses valeurs fondamentales de fraternité, de paix et de liberté. Le trait continu et minimaliste suggère que ces idéaux sont interconnectés et qu’ils forment un tout indissociable.

L’esthétique épurée de l’image nous pousse à la réflexion : dans un monde souvent chaotique, où les conflits et les divisions semblent omniprésents, la paix et la fraternité ne sont pas des concepts abstraits mais bien des réalités que nous pouvons tous atteindre, à condition de tendre la main et d’agir en ce sens.

En somme, cette illustration est une véritable déclaration visuelle, un appel discret mais puissant à l’unité et à l’humanisme.

L’Appel à la Fraternité

Grande Loge de France8, rue Louis Puteaux 75017 PARIS

À télécharger gratuitement.

Les motards maçonniques Widows Sons aident au relais de la coupe caritative

Dans le cadre d’une collaboration inspirante pour une grande cause, les francs-maçons de Northumberland et la Northumberland Widows Sons Masonic Bikers Association se sont mobilisés pour soutenir l’initiative caritative « Morrisons 54 ». Cette année, l’association caritative créée en l’honneur de la fondation de Morrisons en 1954 se concentre sur la collecte de fonds pour soutenir 54 hospices pour enfants à travers le Royaume-Uni. Le relais symbolique de la coupe, où une coupe est transportée d’un magasin à l’autre pour sensibiliser et collecter des fonds, a attiré l’attention des communautés dans tout le pays.

Pour l’étape du relais entre Alnwick et Amble, les francs-maçons du Northumberland, par l’intermédiaire de leur secrétaire provincial, ont suggéré de faire appel aux Northumberland Widows Sons Masonic, bien connus pour leur dévouement aux œuvres caritatives. Les Northumberland Widows Sons, toujours prêts à donner un coup de main (ou une moto !), ont relevé le défi avec enthousiasme, combinant leur amour de la moto avec leur passion pour le soutien de causes importantes.

Le voyage de la coupe d’Alnwick à Amble a été rendu encore plus spécial lorsque Debbie Clarke, responsable du personnel d’Amble et d’Alnwick, s’est jointe à l’événement. Debbie a sauté à l’arrière d’une moto avec Luke Slucock, président du chapitre des Northumberland Widows Sons, pour aider à transporter la coupe. Leur voyage a non seulement porté la coupe symbolique, mais a également mis en évidence l’esprit de collaboration communautaire et d’action collective qui est au cœur de l’initiative Morrisons 54.

Morrisons 54 se consacre à la lutte contre la faim, au soutien en matière de santé mentale et à l’aide aux communautés défavorisées. En organisant des événements comme le relais de la coupe, l’association rassemble des particuliers et des organisations pour collecter des fonds et sensibiliser à ces causes importantes. Les efforts de cette année visent spécifiquement à aider les hospices pour enfants, l’argent récolté dans le Northumberland étant reversé à l’hospice St. Oswald.

Suite au succès du relais Alnwick-Amble, les motards de Northumberland Widows Sons ont été invités à continuer de soutenir l’étape suivante, en transportant la coupe jusqu’à Morpeth. Debbie Clarke, désireuse de poursuivre sur sa lancée, a rejoint avec enthousiasme les motards une fois de plus pour une autre course, veillant à ce que la mission de l’association se poursuive sans problème et attire l’attention de la communauté locale.

L’implication des francs-maçons de Northumberland et des motards maçonniques des veuves de Northumberland démontre le pouvoir de la collaboration pour soutenir des causes qui comptent vraiment. En réunissant différents groupes, l’initiative caritative Morrisons 54 permet non seulement de collecter des fonds indispensables, mais aussi de favoriser un fort sentiment d’esprit communautaire.

Cet événement met en lumière la manière dont les organisations locales et les individus peuvent travailler ensemble pour faire une différence positive. Que ce soit par le biais d’un relais de coupe symbolique ou simplement en se rassemblant pour une cause commune, l’initiative Morrisons 54 de cette année a montré la force et la générosité des communautés à travers le Royaume-Uni. Avec le soutien de groupes comme les Northumberland Freemasons et les Northumberland Widows Sons, l’avenir s’annonce prometteur pour cette œuvre caritative importante.

La franc-maçonnerie c’est quand même pas mal !

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Tout de suite, pourquoi c’est pas mal quand même ? Une question et une réponse classique que nous connaissons, vu que nous avons été et que nous sommes encore souvent confrontés au questionnement du monde profane sur notre appartenance à la franc-maçonnerie. Une sorte de « marronnier » qui nous est personnel et qui nous poursuit tout au long de notre vie de maçon.

Il est vrai que nous vivons dans la dualité : notre vie profane personnelle et notre vie maçonnique. Je m’adresse ici, dans ces propos, plus aux lecteurs qui n’ont pas de vie maçonnique mais qui souvent nous côtoient et qui parfois cherchent à nous rejoindre. C’est un sujet que, personnellement, j’évoque souvent et auquel je suis sans doute confronté du fait que je ne cache pas mon appartenance à ma confrérie.

Les anecdotes ne manquent pas à ce propos. Dernièrement, un ami qui m’a invité dans son émission portant sur l’humour m’a dit que, depuis qu’il m’avait fait venir, ses collègues pensent maintenant qu’il est franc-maçon alors qu’il ne l’est pas. Ils ne le croient pas quand il cherche à démontrer sa non-appartenance. Un classique, me direz-vous, qui ne porte pas préjudice dans ce cas. Remarquez, ils sont persuadés qu’il a travaillé pour Canal+, ce qui n’est pas le cas non plus.

“Pourquoi ? Vous en doutiez !”

Oui, je dis que la franc-maçonnerie, c’est pas mal quand même, mais avec un certain détachement ou plutôt avec un certain recul. Je trouve et je ressens du bonheur d’avoir laissé entrer ce mode d’être et de pensée dans ma vie personnelle.

Cependant, il y a un « mais » qui me fait dire « c’est pas mal quand même ». Ce n’est pas un doute, c’est plutôt un constat par rapport, parfois, à l’image que nous pouvons donner. Banalités, certes, contre lesquelles nous faisons l’objet d’attaques et de critiques que nous subissons depuis tant d’années.

Quand je me retrouve dans le calme et dans la réflexion, quand je me plonge dans les bases de mon édifice, dans le parcours qui m’a permis de construire mon temple intérieur avec tous les outils mis à ma disposition, alors je me dis que ce « c’est quand même pas mal » est faible en fait par rapport à toute la joie et au bonheur qu’il me donne dans ma vie.

Place à la vidéo de la Minute du Grand René :

Durant une Tenue, un Vénérable du GODF déconseille aux Sœurs et Frères la lecture de 450.fm !!!

« Ne lisez surtout pas 450.fm car ce journal est contrôlé par l’Extrême Droite française »

C’est par ces propos que Mic∴ V∴ le Vénérable Maître élu de la Loge du Grand Orient de France (GODF) « La Pomme Sabolienne N° 4766 » qui se réunit dans la région de Sablé sur Sarthe (72) a mis en garde les participants à ses travaux, durant la Tenue du vendredi 13 septembre dernier.

Nicolas Penin Grand Maître du GODF

Cette Loge est connue pour avoir des sympathies plutôt à gauche. Cependant, on ne sait pas ce qui est passé par la tête du VM pour qu’il s’autorise à diffamer de la sorte. Aussitôt informée, la rédaction de 450.fm a pris contact avec Fabrice Millon, chargé de la communication du GODF, afin d’en savoir plus. Malgré quelques SMS et autre appel téléphonique, ce dernier a disparu des radars. Nous avons donc contacté le nouveau Grand Maître Nicolas Penin sur sa ligne personnelle ; même absence de réponse. À croire que la prise de fonction de la nouvelle équipe dirigeante s’effectue dans les sous-sols de la rue Cadet, coupée de toute connexion. À moins que la direction de l’institution ne cautionne ces propos ? Nous attendrons donc la réponse des élus pour les jours prochains et nous ne manquerons pas de vous en informer.

En attendant, la rédaction a ensuite contacté le Vénérable Frère Mic∴ V∴ afin qu’il s’explique sur ses intentions et surtout sur ses sources, quant à cette mise en garde pour le moins surprenante.

Ce dernier n’a pas souhaité parler à notre journaliste. En revanche, par SMS, il a échangé pour se justifier et voici sa réponse :

« Je n’ai fait que rapporter ce qui a été dit lors du convent. Mon intention au sein de la loge était sous le sceau du secret maçonnique et doit le rester. Merci de ne pas me citer sous aucun prétexte. »

Mic∴ V∴ Vénérable Maître de La Pomme Sabolienne N° 4766

Ainsi, à l’instar du philosophe Francis Bacon, on peut penser que notre Vénérable bien zélé a fait sienne cette pensée « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Il reste maintenant à savoir si le secrétaire de Loge a pris acte de la mise en garde du Vénérable Maître contre 450.fm dans le Procès Verbal de la Tenue en question ?

Nous savions que lors des diverses élections, certains membres de la plus ancienne Obédience française avaient besoin d’orientation pour ne pas se tromper une fois enfermés dans l’isoloir pour la sélection du bon candidat. Désormais, il s’agit de les guider vers les bonnes informations écrites, afin que ces derniers ne s’égarent pas dans une littérature boulangiste*. Ce qui est assez surprenant, c’est d’observer que les censures culturelles en matière de choix de lecture proviennent parfois d’organisations qui se présentent comme démocratiques. Une chose est certaine, pour donner des conseils de boycott, les candidats sont plus nombreux que pour venir se justifier auprès de nos journalistes. La suite au prochain épisode…

*Le boulangisme est un mouvement politique populiste et attrape-tout français de la fin du XIXe siècle (1885-1891) qui constitua une menace pour la Troisième République.

Cette commune de Loire-Atlantique a été la capitale mondiale des francs-maçons

De notre confrère ouest-france.fr

Jeudi 5 septembre 2024 à La Chapelle-sur-Erdre, s’est tenue la réunion d’ouverture de l’année maçonnique de la juridiction du Rite écossais.

Le jeudi 5 septembre s’est tenue la réunion d’ouverture de l’année maçonnique de la juridiction du Rite écossais. Du fait des Jeux olympiques qui se déroulaient à Paris,  pour des raisons de sécurité, d’unicité de temps et de lieu , le Rite écossais de la plus grande obédience historique de la franc-maçonnerie a tenu son assemblée générale au Westotel à La Chapelle-sur-Erdre.

Quatre cents délégués français et internationaux

L’organisation en a été confiée à Jean-Louis Le Guen, grand trésorier du suprême conseil.  Quatre cents délégués français et internationaux se sont réunis dans la plus grande discrétion : Belges, Turcs, Canadiens, Italiens Espagnols, Africains… et Ultramarins (Guyane, Martinique et Guadeloupe), la liste n’est pas exhaustive , indique l’organisation. Nicolas Penin, grand maître du Grand Orient de France et président du conseil de l’ordre, était présent ainsi que Christian Confortini grand commandeur du grand collège des Rites écossais. Le Rite écossais, apolitique et adogmatique, créé en 1764, est la plus grande juridiction au monde. Le Grand Orient de France comptabilise 57 000 membres dans 1395 loges, dont 13 à Nantes. La franc-maçonnerie  donne un espace de réflexion et d’actions aux hommes qui souhaitent construire un sens à leur vie, sans jamais se contredire par ailleurs dans leur cadre familial, professionnel ou relationnel. Elle apporte son conseil dans les grands sujets de vie comme la laïcité, la mort, la bioéthique , rappelle l’ordre.

Conférence : Les quatre lumières du rite de Memphis-Misraïm – Papus, Bricaud, Chevillon, Ambelain

La Respectable Loge L’Étoile d’Isis organise une conférence sur le thème

Conférence du samedi 5 octobre 2024  

Parmi des grandes figures connues du rite de Memphis-Misraïm, les Compagnons d’Alexandrie comme les nomme Serge Caillet, Gérard Encausse-Papus (1865-1916), Jean Bricaud (1881-1934), Constant Chevillon 1880-1944) et Robert Ambelain (1907-1997) en ont illustré l’histoire en portant témoignage, chacun à sa façon, d’une quête initiatique exceptionnelle. Serge Caillet nous propose d’aller à la rencontre de ces quatre « lumières » du rite de Memphis-Misraïm, dans ce qu’elles ont de plus humain et, par conséquent, de plus vrai.

Historien spécialiste de l’occultisme et des sociétés initiatiques du XVIIIe au XXe siècles, Serge Caillet est l’auteur de nombreux ouvrages. Il a consacré l’essentiel de ses travaux aux rites occultistes ou illuministes de la franc-maçonnerie, à la franc-maçonnerie swedenborgienne, à l’Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l’Univers, aux sociétés qui se réclament de la Rose-Croix, et au martinisme de la Belle Epoque jusqu’aujourd’hui. On lui doit aussi une étude des mouvements néo-templiers, notamment de l’Ordre rénové du Temple.

Serge Caillet

Serge Caillet s’intéresse à la maçonnerie égyptienne depuis plus de trente ans. Il a publié sur le rite de Memphis-Misraïm trois ouvrages de référence : La Franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm (2003), Arcanes et rituels de la maçonnerie égyptienne (2017), Les Compagnons d’Alexandrie (2020).

Réservation obligatoire :

https://my.weezevent.com/conference-s-caillet-quatre-grandes-figures-du-rite-de-memphis-misraim

Les mythes révolutionnaires : Quand l’Histoire façonne l’imaginaire national !

Emmanuel de Waresquiel, un nom reconnu parmi les historiens spécialisés dans la Révolution et l’Empire, nous invite une fois de plus à revisiter un moment fondateur de l’Histoire de France. Il nous fallait des mythes ! Ce livre publié en 2024 chez Tallandier sous la direction de Denis Maraval, diplômé en histoire et histoire de l’art, ancien élève de la Sorbonne et de l’École du Louvre, revient sur les imaginaires collectifs forgés autour de la Révolution de 1789, et plus précisément, sur la manière dont ces événements ont façonné la mémoire nationale jusqu’à nos jours.


Emmanuel de Waresquiel interroge ces moments historiques en montrant que la perception que nous avons des événements révolutionnaires a souvent été largement déformée, réécrite, voire réinventée au fil des siècles. Ce processus de réécriture ne s’est pas fait au hasard, mais en réponse aux besoins et aspirations des différents régimes qui se sont succédé depuis 1789. La Révolution, loin de n’être qu’un fait historique, a servi à bâtir des mythes indispensables pour légitimer le pouvoir républicain. Ces mythes sont les piliers d’une société qui, bien souvent, cherche à trouver un équilibre entre l’idéal révolutionnaire et la réalité de son temps.
L’une des idées centrales de cet ouvrage est le lien intrinsèque entre le mythe et la légitimité politique. Emmanuel de Waresquiel montre comment la République, dès sa naissance, a eu besoin de « terre promise » pour justifier ses actions, sa rupture avec l’Ancien Régime et ses nouvelles valeurs. Le serment du Jeu de Paume, la prise de la Bastille, la bataille de Valmy – autant d’événements symboliques qui, dans leur réalité historique, n’ont pas l’éclat que leur ont donné les récits post révolutionnaires. Et pourtant, ils sont devenus des emblèmes incontournables d’une France en quête d’une continuité politique et idéologique.
L’auteur analyse également la façon dont la guillotine, ce symbole ambivalent, a été tour à tour glorifiée comme instrument de justice populaire puis diabolisée comme machine de mort barbare. Emmanuel de Waresquiel ne se contente pas d’un simple récit des événements révolutionnaires, il décortique leur portée symbolique, leur dimension mythologique et les questions d’identité nationale qui s’y rattachent. Chaque événement, chaque symbole est déconstruit pour montrer comment il a été utilisé dans le cadre d’une stratégie politique plus large.
Le style de l’auteur, toujours érudit et nuancé, amène le lecteur à repenser la Révolution en tant que processus dynamique, non figé dans le temps. En se concentrant sur des moments-clés comme la chute de la monarchie ou le règne de la Terreur, il montre que ces événements, loin d’être simplement des faits historiques, sont devenus des points de référence à la fois pour les républicains qui cherchaient à se légitimer et pour les monarchistes qui tentaient de discréditer le régime en place.
Emmanuel de Waresquiel n’hésite pas non plus à aborder les aspects plus sombres de la Révolution : l’exécution du roi, la violence politique, la peur omniprésente qui a conduit à la création de certains des mythes les plus puissants de l’époque. Loin d’une vision romantique ou idéalisée, il présente la Révolution comme un moment complexe, où l’aspiration à la liberté se conjugue souvent à la terreur et à la mort.
Dans cet ouvrage, la mythologie révolutionnaire est au cœur de l’analyse. Emmanuel de Waresquiel met en évidence un processus fascinant de réappropriation et de transformation des mythes révolutionnaires à travers les différents régimes qui se sont succédé. Chaque gouvernement, qu’il soit monarchique, impérial ou républicain, a puisé dans l’imaginaire révolutionnaire pour façonner sa propre légitimité et sa propre identité politique. La IIIe République, en particulier, s’est illustrée dans la sanctification de la Révolution, notamment en faisant de la prise de la Bastille un symbole de la liberté conquise par le peuple, bien que cet événement, dans la réalité des faits, n’ait pas eu la portée militaire que le mythe lui a conférée.
 
L’auteur montre que la Révolution française, loin de s’être figée dans les années 1790, continue de vivre à travers les commémorations, les récits historiques, mais aussi les controverses qu’elle suscite encore aujourd’hui. Il insiste sur les décalages entre les perceptions contemporaines et les réalités vécues par les acteurs de l’époque. Ainsi, le serment du Jeu de Paume, souvent présenté comme un acte héroïque de résistance, a en réalité été prononcé dans un contexte de peur et d’incertitude. De même, la bataille de Valmy, célébrée comme une grande victoire populaire, fut en réalité un affrontement militaire modeste, bien loin des récits épiques qui en ont été tirés.
 
Ces mythes, réécrits et embellis au fil du temps, ont permis de légitimer les transformations politiques successives et d’ancrer dans la conscience collective l’idée d’une révolution idéalisée. Emmanuel de Waresquiel montre qu’au-delà des faits historiques, la Révolution est un véritable creuset de l’imaginaire national, une sorte de matrice fondatrice où s’entrechoquent les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, souvent invoquées mais rarement appliquées dans leur totalité.
 
Un autre aspect essentiel de l’analyse d’Emmanuel de Waresquiel réside dans son approche des lieux et objets de la Révolution, qu’il traite comme des catalyseurs symboliques. La Bastille, par exemple, devient un totem politique, une figure de la libération du joug monarchique, alors que, dans les faits, sa chute n’avait guère d’importance militaire ou stratégique. Le serment du Jeu de Paume devient l’un des récits fondateurs de la République, alors qu’il n’a pas eu l’impact immédiat que l’on pourrait croire sur le cours des événements.
 
De la même manière, la guillotine, emblème terrifiant de la Terreur, se charge d’une dimension presque sacrée dans l’histoire révolutionnaire : elle symbolise à la fois la justice expéditive du peuple et la brutalité d’un régime politique en proie à ses propres contradictions. Waresquiel n’hésite pas à rappeler que la violence est indissociable de l’histoire révolutionnaire, une violence souvent occultée ou minimisée dans les récits officiels, mais qui reste au cœur de la dynamique politique de l’époque.
 
Emmanuel de Waresquiel explore aussi l’idée que les mythes révolutionnaires n’ont pas seulement servi à glorifier la République, mais ont aussi été employés pour structurer une mémoire collective, pour maintenir vivante une certaine idée de la Révolution dans l’esprit des générations suivantes. La mémoire de la Révolution est vivante, elle est nourrie par des commémorations récurrentes, des cérémonies et des monuments érigés pour rappeler au peuple français ses origines révolutionnaires. La Révolution devient une sorte de roman national, une narration qui, malgré ses nombreuses relectures, conserve un pouvoir mobilisateur exceptionnel.
 
L’auteur démontre avec brio que ce mythe fondateur s’est également enrichi des regards portés par les écrivains, les artistes et les intellectuels au fil du temps. Des figures comme Victor Hugo, qui ont célébré la Révolution tout en critiquant ses excès, participent à la construction d’une légende républicaine où se mêlent à la fois l’idéal révolutionnaire et la condamnation des violences de la Terreur. C’est une Révolution à deux visages, à la fois idéalisée et crainte, qu’Emmanuel Waresquiel nous invite à redécouvrir.
 
Il nous fallait des mythes ! C’est une œuvre magistrale qui invite à repenser la Révolution française sous l’angle de la construction de la mémoire nationale. Emmanuel de Waresquiel démontre avec une grande clarté que cette période, loin d’être figée dans le passé, continue de hanter l’imaginaire collectif. Les mythes forgés autour des événements de 1789 et de la Terreur sont omniprésents dans la culture politique française, et leur réinterprétation permanente témoigne de l’importance de ces récits pour la société contemporaine.
 
Cet ouvrage propose une lecture critique et nuancée de la manière dont la Révolution a été racontée, mythifiée et parfois instrumentalisée. L’auteur montre qu’en cherchant à légitimer leur pouvoir, les régimes successifs ont créé des récits fondateurs qui, bien souvent, ne correspondent guère à la réalité historique, mais qui ont profondément marqué l’identité nationale.
 
Emmanuel de Waresquiel, la bio
Emmanuel de Waresquiel est un historien reconnu pour ses travaux sur la Révolution, l’Empire et le XIXe siècle. Il est l’auteur de nombreuses œuvres marquantes, dont des biographies de Talleyrand et de Fouché, ainsi que des essais sur des figures historiques telles que Louis-Philippe et Napoléon. Emmanuel de Waresquiel est également célèbre pour sa capacité à rendre accessibles au grand public des sujets complexes tout en maintenant une rigueur académique. Ses ouvrages, souvent couronnés de prix littéraires, sont autant d’invitations à revisiter l’histoire de France avec un œil critique et informé.
Avec *Il nous fallait des mythes !*, Emmanuel de Waresquiel poursuit sa réflexion sur la manière dont l’histoire s’écrit et se réécrit, et sur la place centrale que la Révolution occupe dans l’imaginaire collectif français.
 
Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité des travaux d’Emmanuel de Waresquiel. Il offre une réflexion profonde sur l’héritage révolutionnaire, tout en interrogeant la validité des mythes qui entourent cet événement fondateur. Pour quiconque s’intéresse à l’histoire de France, ce livre est une lecture incontournable, à la fois riche et éclairante.
 
Il nous fallait des mythes !
La Révolution et ses imaginaires de 1789 à nos jours
Emmanuel de Waresquiel
Tallandier, 2024, 448 pages, 24,60 €
Tallandier, le site.

Qui sait mieux que quiconque les voiles mystérieux de la tradition ?

Il se tient un peu comme un chêne centenaire, droit à son plateau, gardien des règles et de la loi, avec, peut-être pour certains un peu moins de souplesse ou encore, pour d’autres, un peu plus de rigidité… Ce qui revient au même. Il n’en demeure pas moins qu’au moment de conclure une tenue, il apparaît comme un prestidigitateur du verbe !

Au risque d’un endormissement certain, a fortiori si la parole circulant sur les colonnes s’est faite extensible, l’orateur doit pouvoir, tout en synthèse et clarté, trouver sa voix, un rythme, un style, un ton… Esprit indomptable, sachant mais empli d’humilité, on ne peut l’imaginer ouvrir la bouche pour asséner des vérités absolues dans un discours outrecuidant qui oscillerait alors entre grandiose et absurde…

Improvisation ? Maîtrisée ! Préparée ? En improvisant avec soin, nul doute que chaque mot résonnera comme une note « parfaite » si tant est que le discours ne soit pas… Trop long….