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L’Énigme du 39 Rue Castérès à Clichy – Acte III : La loge « Les Travailleurs » est pourchassée

La série de l’été : « L’énigme du 39 Rue Castérès : Un scandale immobilier de la Fondation du GODF à Clichy »

Acte III : La loge « Les Travailleurs » est pourchassée (Lire le N°II si vous avez manqué l’épisode précédent)

La loge « Les Travailleurs », est en exil car démissionnaire du GODF. Elle cherche une nouvelle obédience où travailler sereinement.

La Loge « Les Travailleurs » négocie avec diverses obédiences françaises, afin de migrer vers celle qui présentera les meilleurs garantie de sérieux. Elles sont quelques-unes à montrer de l’intérêt pour « Les Travailleurs » et leurs locaux de 240 m². C’est ainsi qu’un accord est conclu avec la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française. Un numéro de loge est attribué, les cordons sont offerts, une date d’installation est fixée. Puis, sans raison identifiable, ou il n’en reste aucune trace, la GL-AMF se rétracte au dernier moment. Tout laisse penser que des pressions extérieures ont influencé l’obédience d’accueil. Il faut donc repartir à la recherche d’une obédience.

Enfin, la loge finit par rejoindre une obédience conforme à ses aspirations. Refroidie par cette expérience, les membres ne souhaitent pas aujourd’hui dévoiler son identité. Ils déclarent, non sans humour : « Pour vivre heureux, vivons caché. »

Une contrefaçon de la loge « Les Travailleurs » tente de s ‘emparer de l’ADP- mais la Justice républicaine veille

De manière totalement frauduleuse, le groupe des « nouveaux » tente de s’emparer de l’association ADP. Ils organisent le 13 juin 2023, une tenue et une Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) illégale convoquée par l’orateur sur « demande du GODF », donc du Conseil de l’Ordre. Ils destituent le bureau en place afin d’en assurer le contrôle. Ils s’emparent au passage des comptes bancaires.

 Le 3 février 2024, ils radient de la Loge et du GODF huit membres récalcitrants.

Jean-Pierre Chanard est averti du transfert des comptes bancaires ainsi que de la supercherie. En sa qualité de président, il dépose une plainte le 20 février 2024 et assigne les 10 « nouveaux » administrateurs devant le Tribunal de Nanterre pour faux et usage de faux PV d’assemblée.

Maître Pascal Saint-Geniest

Le 10 juin 2024, le Tribunal de Nanterre annule les AGE des 13 juin 2023 et 8 février 2024. Il annule aussi toutes les décisions prises. Il ordonne de restituer les comptes bancaires aux dirigeants légitimes de l’association ADP. Les dix administrateurs, malgré les talents oratoires de leur défenseur, Maître Pascal Saint-Geniest, avocat en titre de la Fondation du GODF, sont condamnés aux dépens à verser 3000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile. Les décisions sont exécutoires immédiatement.

La question à laquelle la rédaction n’a pu trouver réponse est : « Par quel hasard surprenant, l’avocat de la Fondation du GODF, venu de Toulouse, a-t-il pu devenir le défenseur des 10 Frères contrefacteurs de la Loge « Les Travailleurs » et qui payait ses honoraires ?

L’omerta règne au Conseil de l’Ordre, à la Fondation, les loges et les membres du GODF sont laissés dans l’ignorance

Le 10 juillet 2024, Jean-Pierre Chanard adresse à tous les Conseillers de l’Ordre copie du jugement du Tribunal de Nanterre du 10 juin dont, le 12 juillet, la préfecture des Hauts-de-Seine enregistrait le Bureau actuel de l’ADP présidée par Mr Chanard.

Il reçoit en retour deux réponses de conseillers :

Le premier, Frédéric Louis nie les évidences de la procédure de démission de la loge « Les Travailleurs » et de tous ses membres. Dans sa réponse en date du 17 juillet, il indique que la loge doit se conformer au Règlement Général qui ne comporte aucun article concernant la démission d’une loge. Autant l’affiliation d’une loge au GODF est compliquée, autant la sortie est simplissime. Une décision conforme aux statuts et hop, les loges peuvent respirer le grand air du large. Il nie aussi les dispositions du jugement rétablissant le frère Chanard dans sa fonction de président, alors même que la préfecture des Hauts-de-Seine les a enregistrées. Comme le Garde des Sceaux Pénin, le Grand Secrétaire Frédéric Louis entend bien que les lois de la République ne prévalent pas au GODF.

Le second conseiller, Sylvain Solustri, totalement étranger à toute cette affaire, témoigne au travers d’un courriel de sa méconnaissance totale de ce dossier, faute d’information du Conseil de l’Ordre. Il affirme que ce dernier n’a jamais fait la moindre allusion à cette affaire au cours de son année de mandat de juin 23 à juillet 24. Il a donc pu s’informer et comme il vient de la même région que Philippe Foussier et Guillaume Trichard, il peut mesurer la distance qui lui reste à parcourir pour être un grand initié.

C’est donc la preuve de l’opacité de cette affaire qu’il convient de mettre au plus vite sous le tapis. Comme elle grossit de plus en plus le tapis de loge du Grand Orient n’est plus suffisant pour tout cacher.

Le Conseil de l’Ordre qui sait pourtant dégainer la Section Permanente plus vite que son ombre décide de ne pas mettre en lumière cette affaire. Pourtant, il devait traduire en justice maçonnique les dix membres du GODF convaincus par un tribunal civil de faux et usage de faux. Soyons certains que cela n’arrivera jamais.

Il y a fort à parier que la Justice de la République sera de nouveau saisie, l’ADP se réservant le droit de poursuivre les responsables convaincus de faux et d’usage de faux, d’appropriation frauduleuse de compte bancaire. Le Conseil de l’Ordre devra s’expliquer devant la justice concernant le recel, puisqu’il a perçu des sommes dont il aura du mal à prouver qu’il n’était pas informé de la provenance.

Le IVe Acte, permettra d’explorer les comptes et les mécomptes de la Fondation, accessoirement de la SOGOFIM… et du GODF.

La suite, avec l’acte IV… (Lire la suite ici)

Trois dieux ? | La trinité

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Du site de l’Institut du Monde Arabe

Dans le christianisme, Dieu est unique, et pourtant on parle de trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Comment comprendre la trinité du Dieu un ?

Avec Marc Rastoin, bibliste jésuite, professeur de théologie aux Facultés Loyola, Paris.
Un podcast de Barbara Cassin, de l’Académie française, philosophe et philologue.

Pour en savoir plus
– de Marc Rastoin :
Jesus, with style. Luke’s literary and theological genius, Peeters, 2023, et Du même sang que notre Seigneur : juifs et jésuites aux débuts de la Compagnie de Jésus, Bayard, 2011.
– de Barbara Cassin :
Eloge de la traduction (Fayard, 2016)

Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (2004, Seuil-Le Robert; 2ème éd. augmentée, 2019)

 Producteur : Institut du monde arabe. Crédits musique : Interzone, Khaled Aljaramani – oud, Serge Teyssot-Gay – guitare électrique. « Comme l’eau », extrait de l’album Waslat. 5ème jour, Label Intervalle Triton. Direction éditoriale : Mathieu Gousse. Identité graphique : Marion Toulat / IMA. Teaser, montage & mixage : Mnévis Boutros / IMA. Jingle IMA : Anthony Capelli / Making Waves.

What is Spiritualités / مسالك روحية?

L’IMA confie à des personnalités (Barbara Cassin, Abdennour Bidar…) une exploration des spiritualités et des religions du monde arabe.

La Maçonne contre Plumecocq : «GÉPLU d’Société»

Ce dimanche, notre consœur La Maçonne a publié un article choc. Il s’agit du dernier opus d’une série concernant les dysfonctionnements du Grand Orient de France (GODF). Elle ne s’est pas contentée d’aborder la réintégration fort contestable de Gérard Plumecocq (alias Géplu) au GODF, mais a également examiné sa structure sociale, juridique, administrative et fiscale. Dans son analyse, elle souligne de très nombreuses irrégularités, tant sur le plan légal que fiscal.

Suite de l’article ci-après :

les 2 droits de réponses – Geplu et la Maçonne

La Maçonne retrace l’historique de ce blog, initialement créé par un journaliste professionnel nommé Jiri Pragman, avant d’être racheté par un imprimeur en chambre, Geplu. Nous vous invitons à découvrir l’intégralité de cet article sur le site de l’auteure elle-même.

Elle pointe du doigt plusieurs éléments qui soulèvent de sérieuses questions juridiques :

  • La TVA semblerait ne pas avoir été payée auprès de l’administration fiscale, malgré un chiffre d’affaires qui avoisinerait ou dépasserait la limite légale.
  • Pendant deux ans (2019/2021), alors que la société de Géplu avait été radiée du registre du commerce, comment a-t-elle pu facturer environ 60 000 € de chiffre d’affaires sur cette période ?
  • Les déclarations à la CNIL ne semblent pas conformes à la loi.
  • Le site de Géplu ne mentionne pas les informations obligatoires et légales telles que les conditions générales de vente (CGV), le registre du commerce et des sociétés (RCS), le répertoire national des entreprises (RNE), le capital social, la forme juridique et la dénomination sociale de l’entreprise…

Une carte de presse périmée

La Maçonne souligne que la carte de presse de Géplu n’est plus valable, car en tant que retraité, il ne peut justifier d’une rémunération à hauteur de 50 % par une activité de journalisme, comme l’exige la règle. Toutefois, sous certaines conditions liées à sa retraite, il pourrait obtenir une carte de “journaliste honoraire”. Elle poursuit son analyse en rappelant que le blog de Géplu, géré par la société Éditions du Delta Lumineux, prétend être adhérent du SPIIL (Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne). Pourtant, Géplu est en mesure de présenter des adhésions datant de 2022 au nom de cette société… alors que celle-ci est radiée depuis 2019.

Il serait donc utile que GÉplu s’explique, car son site mentionne une appartenance journalistique qui devient de facto assez douteuse.

Guilde des Blogueurs Maçonniques, 10 ans déjà…
Guilde des Blogueurs Maçonniques, 10 ans déjà…

Dans notre édition du 7 août dernier, intitulée « Guilde des Blogueurs Maçonniques… », nous évoquions un triste épisode de l’histoire de l’information maçonnique. Pour rappel, le conflit a commencé lorsque Géplu, propriétaire d’Hiram.be, a constaté que Noé Lamech, propriétaire de GADLU.INFO, utilisait l’appellation « Blog Maçonnique » sur son site, alors qu’il l’avait déposée quelques mois plus tôt à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Géplu a donc ordonné à GADLU.INFO de retirer cette mention de son site, provoquant ainsi un tollé parmi les blogueurs de France et de Navarre, qui ont vu là un abus de pouvoir et ont pris fait et cause pour GADLU.INFO. Une belle solidarité s’est manifestée, suscitant des réactions de la quasi-totalité des blogs maçonniques de France.

Pouvons-nous parler de fraternité dans ces conditions ?

Si l’on ajoute à cela les dernières attaques contre 450.fm, dont nous parlions dans notre édition du 18 juillet dernier

il semble que le moment soit venu pour le Frère GÉplu de songer à prendre une retraite bien méritée avant l’effondrement final de son activité de blogueur.

En attendant, nous sommes très impatients de lire les explications et justifications du « blogueur maçonnique » Geplu, assorties de preuves, car les accusations cette fois rendent sa position très inconfortable et surtout très douteuse quant à sa crédibilité de prétendu journaliste.

Le blogueur Geplu avait terminé sa saison en consacrant ses deux derniers articles à 450.fm (voir paragraphe ci-desssus). Il débute le vendredi 16 août, date de reprise après ses vacances, par un premier article consacré à nouveau à 450.fm. Décidémment il devient un de nos plus fidèles lecteurs. Voici à ce sujet son droit de réponse :

Droit de réponse de Geplu

Du grand délire ! Tout ce qu’écrit l’ex-franc-maçonne EST FAUX.

– Sur l’affaire de justice m’ayant valu 3 ans de suspension « pour avoir dévoilé Jacques Oréfice » !, l’ex-franc-maçonne écrit « Il fut autorisé à présenter une requête en annulation », et « Le président de la CSJM a supprimé toutes les sanctions contre Géplu ». FAUX ! Je ne fus autorisé à rien du tout, puisque la notification du jugement m’étant arrivé 3 semaines après le jugement alors que le Règlement du GODF stipule que tout jugement doit être notifié dans les 15 jours, j’ai juste eu à faire constater le vice de forme qui rendait inapplicable la sanction, non notifiée dans les délais. Ce dont la CSJM, et non son seul président, a du convenir lors de l’audience du 17 octobre 2023. l’ex-franc-maçonne qui n’y connaît visiblement rien devrait mieux vérifier ses sources.

– Je suis présenté comme « imprimeur en chambre » ! Là encore je ne sais d’où l’ex-franc-maçonne tient ses informations, mais c’est FAUX. Un peu d’historique sur ma carrière professionnelle puisqu’il le faut : sorti de l’école des Beaux-Arts de Valenciennes en 1993 après 5 ans d’études, j’ai fondé à Valenciennes un studio d’arts graphiques et de pré-presse et photocomposition, comme l’on disait à l’époque, au service des imprimeries régionales. A l’époque la PAO n’existait pas, et les préparations avant impression demandaient tout un travail spécialisé. Mon studio a employé jusqu’à 9 salariés. En 1989 j’ai racheté un vieux journal local que je composais avant en sous-traitance dans mon studio : « La Feuille d’Annonces, les Echos du Valenciennois ». Hebdomadaire fondé en 1871 et doté d’un numéro CPPAP et d’une habilitation à la publication des annonces judiciaires et légales. Actionnaire majoritaire j’en suis devenu le directeur de la publication et de la rédaction. Le journal qui tirait à 3000 exemplaires quand je l’ai repris tirait à plus de 10 000 quand je l’ai revendu en 2000. Il employait alors 6 salariés dont 3 journalistes avec carte de presse. Affilié au Syndicat de la Presse Hebdomadaire Régionale, j’étais son « directeur », statut différent de celui de journaliste, que je n’ai jamais revendiqué, nulle part. Là encore l’ex-franc-maçonne n’y a rien compris et tout mélangé.
Une fois mon journal revendu j’ai racheté en 2001 et pour aller jusqu’à ma retraite en 2013 une petite imprimerie sérigraphique, mais une vraie, avec salariés et matériel pour imprimer textiles et autocollants. Je n’étais donc pas un « imprimeur en chambre ». Encore FAUX.

– Mon blog serait géré par une société. Encore FAUX. Mon blog est géré en auto-entreprise. Si j’ai bien créé il y a 9 ans la SARL les Editions du Delta Lumineux pour gérer le blog, je me suis vite rendu compte que la structure était trop lourde pour le peu d’activités du blog. Je l’ai donc dissoute, tout à fait légalement, et pris le statut plus léger d’auto-entrepreneur, donc exploitant en nom propre et plus en société, pour lequel je m’acquitte de toutes mes obligations, notamment fiscales. J’ai gardé après le titre du blog Hiram.be « les Editions du Delta Lumineux » comme nom commercial, ce qui est parfaitement légal. Et le chiffre d’affaires réalisé, que vous me permettrez de garder pour moi mais loin des chiffres annoncés par l’ex-franc-maçonne, où a-t-elle été chercher ça !, étant en dessous des seuils d’application de la TVA, celle-ci n’est pas applicable aux factures que reçoivent tous les abonnés du blog. (Article 293 B du CGI).-
– Quant aux cookies d’Hiram.be qui « collectent tout », c’est encore un délire de l’ex-franc-maçonne. Hiram.be respecte et est en parfaite conformité avec toutes les obligations du RGPD, n’en déplaise au charabia confus et incompréhensible de l’ex-franc-maçonne. Encore FAUX donc.

– L’ex-franc-maçonne termine son brillant article par cette belle phrase : « nous avons les obédiences que l’on mérite ». Peut-elle nous dire la sienne, elle qui a été radiée de la GLFF pour défaut d’assiduité le 12 juin 2016 ?…

Droit de réponse de la Maçonne

ll n’y a rien de mieux que les « réponses » de GEPLU pour nous éclairer sur ses nombreux mensonges et tromperies. 

Il en a publié exactement deux : 

Voici en italique ce qu’il explique et les éléments qui le démentent. 

****

« Dans un article sidérant publié le 11 août sur le site « La Maçonne » et relayé complaisamment ici par Franck Fouqueray, je suis accusé de tous les maux : menteur, fraudeur et même escroc !
Du grand délire ! Tout ce qu’écrit l’ex-franc-maçonne EST FAUX.
– Sur l’affaire de justice m’ayant valu 3 ans de suspension « pour avoir dévoilé Jacques Oréfice » !, l’ex-franc-maçonne écrit « Il fut autorisé à présenter une requête en annulation », et « Le président de la CSJM a supprimé toutes les sanctions contre Géplu ». FAUX ! 

La réponse du président du CSJM est connue de tous et cela bien avant mon article. Il est sur le blog de 450.FM et apparaît aussi sur mon blog dans le cadre de l’article « Un escroc au GODF : le motion de défiance de la loge Franchie & Solidarité» que vous pouvez lire ici.  Il apparaît que sa suspension pour 3 ans a été supprimé sans motif et que le courrier le stipulant n’a pas été publié sur le site interne prévu à cet effet. 

Ses petites affaires se résument en une seule lettre de 10 lignes non pu:bliées sur le site internet du GODF que tout le monde connait aujourd’hui. 

Je ne fus autorisé à rien du tout, puisque la notification du jugement m’étant arrivé 3 semaines après le jugement alors que le Règlement du GODF stipule que tout jugement doit être notifié dans les 15 jours, j’ai juste eu à faire constater le vice de forme qui rendait inapplicable la sanction, non notifiée dans les délais. Ce dont la CSJM, et non son seul président, a du convenir lors de l’audience du 17 octobre 2023. l’ex-franc-maçonne qui n’y connaît visiblement rien devrait mieux vérifier ses sources.

Je n’évoque à aucun moment dans mon article les raisons pour lesquelles il a été « autorisé » à faire appel et, en réalité, je m’en contre-fiche. Qu’il lise mon article.

Je suis présenté comme « imprimeur en chambre » ! Là encore je ne sais d’où l’ex-franc-maçonne tient ses informations, mais c’est FAUX. Un peu d’historique sur ma carrière professionnelle puisqu’il le faut : sorti de l’école des Beaux-Arts de Valenciennes en 1993 après 5 ans d’études, j’ai fondé à Valenciennes un studio d’arts graphiques et de pré-presse et photocomposition, comme l’on disait à l’époque, au service des imprimeries régionales. A l’époque la PAO n’existait pas, et les préparations avant impression demandaient tout un travail spécialisé. Mon studio a employé jusqu’à 9 salariés. En 1989 j’ai racheté un vieux journal local que je composais avant en sous-traitance dans mon studio : « La Feuille d’Annonces, les Echos du Valencciennois ». Hebdomadaire fondé en 1871 et doté d’un numéro CPPAP et d’une habilitation à la publication des annonces judiciaires et légales. Actionnaire majoritaire j’en suis devenu le directeur de la publication et de la rédaction. Le journal qui tirait à 3000 exemplaires quand je l’ai repris tirait à plus de 10 000 quand je l’ai revendu en 2000. Il employait alors 6 salariés dont 3 journalistes avec carte de presse. Affilié au Syndicat de la Presse Hebdomadaire Régionale, j’étais son « directeur », statut différent de celui de journaliste, que je n’ai jamais revendiqué, nulle part. Là encore l’ex-franc-maçonne n’y a rien compris et tout mélangé.
Une fois mon journal revendu j’ai racheté en 2001 et pour aller jusqu’à ma retraite en 2013 une petite imprimerie sérigraphique, mais une vraie, avec salariés et  matériel pour imprimer textile s et autocollants. Je n’étais donc pas un « imprimeur en chambre ». Encore FAUX.

Encore une fois, Géplu est en train de se noyer dans les contradictions. J’ai pourtant bien porté à la connaissance de tous le les informations sur son statut d’auto-entrepreneur. 
Voici la « reconstitution » de son CV selon les « sociétés » qu’il a créé sous le statut d’artisan ou encore d’autoentrepreneur. 

Au 01/09/1973 – à Anzin, il était auto-entrepreneur/artisan  sous l’enseigne « CONCEPTION REALISATION MATERIEL PUBLICITAIRE GRAPHIQUE » Siret : 30001549200030 
Au 19/08/1985 Siret : 30001549200048, il était encore « auto-entrepreneur » (le statut de l’époque était plutôt artisan)  sous l’enseigne « STUDIO PLUMECOCQ «  au  42 B AV DE CONDE 59300 , VALENCIENNES  qui fermera en 2001. 

Il explique qu’en 1993, il terminait 5 ans d’études pour ouvrir «  un studio d’arts graphiques et de pré-presse et photocomposition » qu’il a ouvert, en réalité, en 1985 et fermera en 2001 à moins qu’il ne parle de l’année 1973 comme ayant été l’année de sa fin d’études. Bref, il n’est pas très clair là-dessus. 

Au 01/04/2001 Siret : 30001549200055 sous l’enseigne  STUDIO PLUMECOCQ-PUB-EDIT au 46 RUE DELSAUX 59300 , VALENCIENNES, qui n’a pas eu beaucoup de succès puisque fermé en 2004. 

Au 01/09/2004 (sous le Siret : 30001549200063), il a ouvert une nouvelle activité sous le nom commercial : PUBLIGRAPHI – VIT’SERIGRAPHIE et l’enseigne : PUBLIGRAPHI à Anzin, qui fermera en 2006.

Au  01/04/2006 (Siret : 30001549200071)  sous le nom commercial : PUBLIGRAPHI – VIT’SERIGRAPHIE Enseigne : PUBLIGRAPHI – VIT’SERIGRAPHIE, il était « agent commercial » – ce qui est le statut d’un « imprimeur en chambre » qui fermera définitivement en 2013. 

Quant à sa « feuille d’annonces » qui est aujourd’hui largement remplacée par les sites internet tel que celui du BOAMP, il en est fait mention à la BNF, comme existant que depuis 1966 (et non pas 1871, comme il le prétend) 
Elle a bien fusionné avec « les feuilles d’annonces » en 1994. 
La « Feuille d’annonces » existait comme société jusqu’en 1996 sous le numéro de SIRET 38325079200017.  (cliquer ici).
Ce qui donnera le titre « Les feuilles d’annonces, Echos Valenciennois » et dont la société gestionnaire est Société anonyme de communication du Hainaut, qui semble disparaître en 2006, tandis que le titre disparaît lui en 1999.  Je ne sais pas ce qu’il a « vendu » mais certainement pas sa feuille de choux … heu … d’annonces. 

L’objet initial de mon article n’était pas de reconstituer son CV profane et professionnel qui relève, en 2024, a un lointain passé mais d’évoquer la gestion de son blog.

On veut bien croire qu’entre 1972 et 1985, il avait jusqu’à 9 employés et qu’il avait du matériel … mais il s’avère qu’à partir de 2001, il était un « imprimeur en chambre », enregistré comme « agent commercial » en qualité d’autoentrepreneur. Je veux bien que l’on fantasme sa vie, mais à ce point, c’est pathétique. 

Mon blog serait géré par une société. Encore FAUX. Mon blog est géré en auto-entreprise. Si j’ai bien créé il y a 9 ans la SARL les Editions du Delta Lumineux pour gérer le blog, je me suis vite rendu compte que la structure était trop lourde pour le peu d’activités du blog. Je l’ai donc dissoute, tout à fait légalement, et pris le statut plus léger d’auto-entrepreneur, donc exploitant en nom propre et plus en société, pour lequel je m’acquitte de toutes mes obligations, notamment fiscales. J’ai gardé après le titre du blog Hiram. .be « les Editions du Delta Lumineux » comme nom commercial, ce qui est parfaitement légal. Et le chiffre d’affaires réalisé, que vous me permettrez de garder pour moi mais loin des chiffres annoncés par l’ex-franc-maçonne, où a-t-elle été chercher ça !, étant en dessous des seuils d’application de la TVA, celle-ci n’est pas applicable aux factures que reçoivent tous les abonnés du blog. (Article 293 B du CGI).

Donc, il se contredit.

Son blog a bien été géré par une SA, comme il le précise lui-même. Qu’il ait décidé de passer sous le statut de l’autoentreprise, n’est pas le débat. Là encore, il mélange tout. 

Ce qui est le débat est que sa société initiale « les Editions du Delta Lumineux » , fondé en 2014 avec un capital social, a été radiée du greffe au 31/12/2018. 

Comme Géplu considère que son chiffre d’affaires est « secret », il est à noté qu’en 2017, il était de 14000 € selon ses propres déclarations que l’on trouve ici.
C’est seulement au 1er janvier 2021, selon les informations du greffe, qu’il a enregistré sous le numéro de Siret : 30001549200089, sous le nom commercial  EDITIONS DU DELTA LUMINEUX (EDL) son blog « Hiram.be »  en qualité d’au:toentrepreneur. 
Donc – entre le 1er janvier 2019 et le 1er janvier 2021, il a bel et bien encaissé des abonnements sans société. 

 Quant aux cookies d’Hiram.be qui « collectent tout », c’est encore un délire de l’ex-franc-maçonne. Hiram.be respecte et est en parfaite conformité avec toutes les obligations du RGPD, n’en déplaise au charabia confus et incompréhensible de l’ex franc-maçonne. Encore FAUX donc.
.L’ex-franc-maçonne termine son brillant article par cette belle phrase : « nous avons les obédiences que l’on mérite ». Peut-elle nous dire la sienne, elle qui a été radiée de la GLFF pour défaut d’assiduité le 12 juin 2016 ?…

Ce qui est malheureusement un vrai problème : il ne comprend pas les règles de la CNIL. Là encore,  qu’il ne s’inquiète pas, d’autres comprennent parfaitement … 

Conclusion 

Géplu se trouve dans une situation compliquée. Pour preuve son article publié sur son blog. 
Factuellement, il n’apporte rien et se contente de démentir. Plus exactement, il crie au complot et à la diffamation. Il refuse même d’apporter les preuves de sa bonne foi. On peut ainsi lire : 
« Dans ces articles torches-cul la déformation de la vérité et l’intention de nuire sont évidents. Tout ce qui y est écrit est FAUX et diffamatoire, et les « faits » présentés ne sont que des affirmations péremptoires totalement inventées ou basées sur des faits volontairement déformés, le tout sans apporter la moindre vraie preuve de ces divagations. Pire, leurs auteurs me demandent de prouver que les fantaisistes accusations qu’ils formulent ne seraient pas vraies ! » 
Du grand journalisme, n’est-ce pas ? En réalité, il ne peut pas apporter de preuves contraires que ce soit pour ses sociétés (celles radiée et la suivante), sa carte de presse périmée depuis 1998, …  parce qu’elles n’existent pas. C’est ballot, non ? 

Quant au reste : absence des informations obligatoires sur son blog  (A propos), carte de presse périmée, CNIL et fichage des utilisateurs du blog en refusant de supprimer leurs comptes, il n’en dit pas un mot. C’est bien dommage parce que cela le différencie d’un authentique site internet sérieux d’une escroquerie montée par un amateur. 

Son truc est de menacer : 
« Les accusations portées sont tellement graves (dernière en date, je suis accusé de « vendre des abonnements aux yeux de tous sous le nom d’une société radiée depuis plusieurs années »)* que j’ai décidé de faire un signalement pour diffamation au Procureur de la République du siège de ces deux « publications » » 

Qu’il le fasse :  Il sera contraint d’apporter, dans le cadre de son assignation pour diffamation, les preuves qu’il refuse de présenter dans son article. 

Il n’y a vraiment que les impôts – services fraudes – que je n’ai pas contacté afin d’avoir plus amples informations sur ces « sociétés » et leurs dates de création et de radiation.  

Quant au reste, il tombe quand même bien bas. 

Le droit à la vie privée, ce grand journaliste ne le connait pas en dévoilant une identité et des informations personnelles, contrevenant à la législation en vigueur. 

Je souligne, d’ailleurs, que la Grande Loge Féminine de France et la loge Dionysos non plus. Ce qui permettra de demander des comptes à ces deux associations. J’hésite entre remercier Géplu ou être totalement consternée. 

En effet, si ce procès et ses conclusions sont connues du fait d’articles à ce sujet que vous pouvez tous retrouver ici   et que, par conséquent, il n’y a rien à cacher à ce sujet, La GLFF et la loge Dionsysos de Saint-Dié sont, malgré tout, contraintes de préserver aussi l’identité de leurs ex-membres selon la législation en vigueur.  

Personnellement, alors comme il le dit si bien, je suis « profane » , j’efface les noms soigneusement de tous les documents, ne les divulguent pas et traitent l’information que je reçois avec un minimum de respect, même pour un fraudeur au RSA.  J’en suis même à donner des petits noms genre : Nicolas & Pimprenelle, Hervé le Valeureux, …  ou me contenter du prénom et de l’initial du nom de famille. 

Oui, « La Maçonne » n’était pas assidue à la loge Dionysos – alias Chiboulette. C’est un vrai crime maçonnique majeur de première catégorie avant la fraude fiscale la fraude au RSA, le négationnisme d’un policier syndicalisé Alliance-Policeles mensonges d’une soeur de Dionysos pour intégrer le GODF, les magouilles du Conseil de l’Ordre et de la Chambre de Justice Maçonnique dénoncées dans une motion de défiance que le Conseil de l’Ordr refuse de transmettre aux loges.  On croit rêver ! 

Si « la Maçonne » n’a pas de carte de membre, ce qui me permet une certaine liberté sur mon blog  – :  l’initiation, elle  la garde … Lui, par contre, ne l’a jamais obtenu et au vu de son article, il n’a même pas idée de ce que cela signifie. 

C’est d’ailleurs assez amusant. Il vient de présenter dans son magnifique article le véritable motif de celle-ci.  Elle avait pour objet réel de  supprimer le blog « la Maçonne » en croyant assez stupidement que l’appartenance à une loge voir une obédience suffisait pour se dire « franc-maçonne ». C’est, comme vous le savez sauf Géplu, plutôt ridicule. J’ai été radiée en 2016 et « la Maçonne » vient de produire une série d’articles sur les nombreux dysfonctionnements du GODF en 2024.   

Le comble est, certainement, la stupidité de ce « grand journaliste ». Il n’a pas vérifié un petit détail : un blog se transmet et surtout un blog sur OverBlog et je pourrais ne pas être celle que vous croyez … 

Comme je suis une grande fille sympa, je lui ai transmis mon identité et mon adresse. IL pourra ainsi me faire envoyer sa plainte. 

Ainsi, en attendant, Géplu est cordialement invité à se conformer aux règles déontologiques de base, soit : 

  • publier ce droit de réponse dans son entièreté avec les liens que j’ai inclu dans cet article,  comme l’oblige les règles de déontologie de bases du journalisme et du site internet dont il s’octroie les avantages financiers, 
  • l’effacement à effet immédiat de toute identité et informations sur son article et tous documents qu’il transmet. 

Dans l’attente, un courrier lui sera envoyé ainsi qu’à la GLFF avec son article en référence. Elles vont être contentes ! 

Dans le fichier ci-dessous, vous trouverez le document concernant ses « activités » professionnelles dont l’information concernant l’enregistrement en qualité d’autoentrepreneur qu’à partir du 1er janvier 2021 (sous l’enseigne des « Editions du Delta Lumineux »). 

Téléchargerrapport plumecocq siret

FICHIER SIRET de PLUMECOCQ

Ce que la République doit aux Francs-maçons (Par Laurent Kupferman)

Dossier spécial Bibliothèque Nationale de France

En plus du principe d’égalité, la maçonnerie, qui aspire davantage à l’évolution qu’à la révolution, façonnera d’autres belles pierres. En rendant ses charges électives elle franchit un pas considérable qui modifie l’origine même du pouvoir : ce n’est plus la providence mais les membres de la collectivité qui désignent leurs dirigeants.

L’« ascenseur » social républicain

Parmi les idées reçues qui font florès règne celle qui voudrait que les francs-maçons aient été les instigateurs de la Révolution française. C’est pourtant tout sauf une réalité. En effet, si des francs-maçons se sont engagés au cours du processus révolutionnaire (Marat, Camille Desmoulins, Mirabeau, par exemple, ou encore Rouget de Lisle, l’auteur de La Marseillaise), d’autres, et non des moindres, s’y sont farouchement opposés, à commencer par l’administrateur général du Grand Orient de France, le duc de Montmorency-Luxembourg. Cette idée d’un complot permanent cristallise bien des fantasmes, notamment celui que la franc-maçonnerie vise au mieux à contrôler, au pire à abattre les institutions. C’est d’autant plus inique que la franc-maçonnerie est parfaitement légaliste.

Gilbert Durand avec Mircea Eliade et Henri Corbin à Eranos
Gilbert Durand avec Mircea Eliade et Henri Corbin à Eranos | © Archives Association des amis de Gilbert Durand
Pierre Mendès France (1907-1982)
Pierre Mendès France (1907-1982) | Bibliothèque nationale de France

Cette méfiance vient peut-être de la méthode initiatique (qui n’est pas secrète mais qui s’apprend par degrés), mais probablement plus encore du fait que la maçonnerie parvient à réunir sous le niveau de l’égalité des hommes (puis des femmes) dans un moment où les destins sont déterminés par le seul hasard de la naissance. Sans être considérable, la mixité sociale en loge suffit à fissurer un ordre claquemuré depuis des siècles. Le fait de travailler sous le niveau de l’égalité permet, au fur et à mesure, une certaine porosité des idées, parmi lesquelles celle de la citoyenneté. C’est sans doute ainsi que l’Art royal (autre nom de la franc-maçonnerie) a modestement contribué à la diffusion des idées, notamment, mais pas uniquement, celles que portaient les philosophes des Lumières, même si, tant par son histoire que par sa méthode, la franc-maçonnerie aspire davantage à l’évolution qu’à la révolution.

En plus du principe d’égalité, la maçonnerie façonnera d’autres belles pierres qui donneront de la densité au corpus républicain. Le Grand Orient de France reconnaît tardivement la forme républicaine – le 5 janvier 1792, soit près de trois années après le début de la Révolution. Mais il a, dès 1773, décidé que les charges (de vénérable maître notamment) seraient électives. C’est un pas considérable qui modifie l’origine même du pouvoir : ce n’est plus la providence mais les membres de la collectivité qui désignent leurs dirigeants.

Gilbert Durand (1921-2012)
Gilbert Durand (1921-2012) | © Chao-Ying Durand-Sun. Association des amis de Gilbert Durand, Moye.

La maçonnerie étant, on l’a dit, une institution légaliste, elle poursuit ses travaux sous les restaurations bourbonienne (hormis pendant la Terreur blanche) et orléaniste et ne pose aucun problème à Napoléon, qui y voit même un moyen, parmi d’autres, de structurer son régime et ses armées notamment. Il faut attendre la IIe République pour que certaines idées, parfois conçues, parfois seulement relayées par les travaux en loge, puissent intégrer l’ordre républicain.

La IIe République une fois proclamée, en 1848, par Alphonse de Lamartine, un gouvernement provisoire composé d’un nombre important de maçons décide de mesures symboliques fortes, comme l’abolition de la peine de mort pour des motifs politiques (qui sera rétablie par le gouvernement de Vichy), signe le décret portant abolition de l’esclavage en France le 27 avril 1848 (il est adopté sous l’impulsion du frère Victor Schœlcher), consacre la liberté de la presse (remise en cause par Napoléon III) et institue le suffrage universel (masculin).
Mais cette action, quoique puissante, n’est pas durable, puisque, créé le 24 février 1848, le gouvernement provisoire est dissous le 9 mai 1848 suite aux élections qui donnent la victoire aux partisans de l’ordre, sans doute un peu échaudés par les évolutions très rapides du gouvernement provisoire.

C’est Louis Napoléon Bonaparte qui prend les rênes de la Nation une fois élu président de la République, en décembre 1848. Le prince-président, que l’opinion générale juge (à tort) niais et faible, deviendra l’empereur Napoléon III. Le nouvel empereur, comme son oncle, ne témoigne d’aucune hostilité envers l’obédience, à la condition que l’ordre impérial y règne. Napoléon III s’affaire plutôt à développer l’économie, quitte à mettre sous le boisseau les libertés acquises pendant la Révolution.

Après le désastre de Sedan, le trône impérial chute, et, si la République est bien proclamée le 4 septembre 1870 sur les balcons de l’hôtel de ville de Paris, elle n’est pas encore véritablement installée. Il faudra cinq années d’instabilité institutionnelle pour que la IIIe République soit actée par les lois constitutionnelles de 1875. Cette République à laquelle peu croyaient sera néanmoins la plus stable de l’ère républicaine, puisqu’elle perdurera de 1875 à 1940.

La laïcité prend son essor en France sous la IIIe République avec les mouvements d’émancipation des structures politiques vis-à-vis des structures religieuses. Dans une partie de la franc-maçonnerie, la laïcité se traduit par l’abandon, en 1877, de l’obligation pour les initiés de croire en un Dieu révélé et en l’immortalité de l’âme. De cette époque date une certaine cristallisation d’une image antireligieuse autour du terme de « laïcité », ce qui représente un contresens absolu. L’esprit laïc n’est pas contre les religions, un nombre important de sœurs et de frères étant même croyants et pratiquants. La laïcité a pour objet d’éloigner la primauté d’une forme d’esprit dogmatique quel qu’il soit. Face au droit de croire, la laïcité élève et consacre le droit de ne pas croire.

Arthur Groussier (1863-1957)
Arthur Groussier (1863-1957) | © Musée de la Franc‑maçonnerie
Léon Bourgeois
Léon Bourgeois | Bibliothèque nationale de France

Le solidarisme

Depuis le début du 19e siècle, l’économie française mue : d’agricole et artisanale, elle devient industrielle. Cette conversion produit un enrichissement significatif, mais aussi de nombreux laissés-pour-compte. C’est aux fins de protéger les populations en difficulté que plusieurs systèmes philosophiques réfléchissent à une solution de remplacement raisonnable face aux deux idéologies antagonistes, mais également brutales, qui dominent alors la vie politique : un libéralisme aux allures de darwinisme social et un collectivisme attisant la lutte des classes.

Les propositions viennent d’abord du catholicisme social, puis d’une partie de la franc-maçonnerie. Du côté de la maçonnerie, les tenants de la république sociale qui se crée après 1879 font le double constat que, dans une société, la vie économique a besoin de liberté et du droit à la propriété individuelle. Pour autant, ils affirment aussi que la vie économique n’est pas découplée de la vie sociale. L’économie n’est pas hors sol ; elle est même de plus en plus liée au destin du citoyen et de la société dans son ensemble. Partant de ce constat, les « solidaristes » – c’est ainsi qu’on les appelle – pensent que l’économie doit être partie prenante de la vie citoyenne afin de favoriser un pacte social stable sans lequel elle ne peut prospérer. Les partisans de la république sociale ajoutent le mot « Solidarité » au triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Entre 1877 et la fin du premier conflit mondial, les gouvernements de la République bâtissent un « ascenseur » social républicain dont l’objet est de garantir à tous les citoyens une éducation et une protection sociale face aux accidents de la vie. Le principe d’égalité en droits trouve là une expression dans le domaine social. Ainsi sont créés les mutuelles, les premiers systèmes de retraite et de protection face au chômage, l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire, des corps intermédiaires, comme les syndicats patronaux et de salariés, destinés à dynamiser la démocratie sociale, le droit d’association. En réalité, c’est notre structure sociale qui est bâtie principalement à cette époque dans l’enthousiasme de la république renaissante.

Woodrow Wilson (1856-1924)
Woodrow Wilson (1856-1924) | Bibliothèque nationale de France

Porté politiquement par le frère Léon Bourgeois, le solidarisme se dissout progressivement après le premier conflit mondial, emporté par les idéologies dominantes, le libéralisme et le marxisme, qui s’opposeront de manière forte – et stérile – et structureront la vie politique nationale et internationale qui suivra la Grande Guerre. Un projet viendra tenter de briser la bipolarité politique : la création, en 1919, de la Société des Nations, par deux francs-maçons, Léon Bourgeois et le vingt-huitième président des États-Unis, Woodrow Wilson. Posant le principe de l’intérêt supérieur des droits de l’humanité, il sera consacré, en droit, par la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948.

Léon Bourgeois, qui est le seul franc-maçon français à avoir reçu (en 1920) le prix Nobel de la paix, écrira, dans le discours du récipiendaire, ces mots qui résument parfaitement sa pensée profondément maçonnique : « La plus grande révolution de l’histoire n’est-elle pas celle qui a permis à la raison de considérer vraiment l’humanité tout entière comme sujet du droit et de reconnaître le titre d’homme à tous les humains ? Tous les hommes égaux en droits et en devoirs, solidaires du sort de l’humanité, quel rêve. »

Provenance

Cet article provient du site Franc-maçonnerie (2016).

Avec « Matières à penser – Du mystère aux mystères », plongez dans l’insondable…

Matières à penser – Du mystère aux mystères, une revue éditée par les Éditions du Cosmogone et connue sous l’acronyme MAP, se présente comme une exploration érudite et poétique de la notion de mystère à travers diverses disciplines et perspectives. À travers un collectif d’auteurs, ce livre invite le lecteur à un voyage introspectif et analytique dans les recoins les plus obscurs et fascinants de la pensée humaine.

L’édito rédigé par Emmanuelle Auger, se distingue par sa capacité à capturer l’essence de ce que signifie réellement le mystère dans nos vies. Dès les premières lignes, Auger nous entraîne dans une méditation sur l’omniprésence du mystère, non seulement comme une notion abstraite mais comme une réalité tangible qui traverse chaque aspect de notre existence.

Emmanuelle Auger

Emmanuelle Auger commence par rappeler l’importance de maintenir une attitude de curiosité et d’émerveillement face aux mystères du monde. Elle souligne que le mystère, loin d’être un obstacle, est un stimulant puissant pour la quête de connaissances et l’innovation. Cet appel à la curiosité est un thème récurrent dans son texte, où elle plaide pour une reconnaissance du mystère comme moteur de l’intellect et de l’âme.

Elle avance l’idée que le mystère est un élément essentiel de notre existence. Elle soutient que sans le mystère, notre vie serait dépourvue de profondeur et de signification. Cette réflexion est soutenue par des références à des traditions spirituelles et philosophiques qui voient dans le mystère un moyen d’accéder à des vérités plus profondes et à une compréhension plus large de l’univers.

L’édito est également une invitation à l’exploration intérieure. Emmanuelle Auger encourage les lecteurs à embrasser le mystère non seulement dans le monde extérieur mais aussi en eux-mêmes. Elle évoque des pratiques introspectives et des philosophies qui nous poussent à explorer les recoins cachés de notre propre esprit et de notre âme. Cette exploration intérieure est présentée comme un chemin vers une plus grande sagesse et une compréhension plus profonde de soi.

Enfin, Emmanuelle Auger met en avant la manière dont le mystère est célébré dans l’art et la culture. Elle souligne que les artistes ont depuis toujours utilisé le mystère pour exprimer des émotions complexes et pour capturer l’essence de l’expérience humaine. L’art, selon Auger, est un miroir du mystère de la vie, et en appréciant l’art, nous apprenons à apprécier le mystère.

Son éditorial nous invite à reconsidérer notre rapport au mystère. En embrassant la curiosité, en reconnaissant la dualité du mystère, et en explorant à la fois le monde extérieur et notre propre esprit, nous pouvons trouver une profondeur et une signification renouvelées dans nos vies. Emmanuelle Auger nous rappelle que le mystère n’est pas quelque chose à résoudre, mais à vivre pleinement et à apprécier pour sa capacité à nous inspirer et à nous transformer.

Pour mémoire, Emmanuelle Auger est une essayiste et éditrice française, reconnue pour ses contributions intellectuelles et littéraires. Elle se consacre à la réflexion sur les thèmes de la spiritualité, de la philosophie et de la littérature. Également connue pour ses éditoriaux captivants et ses analyses profondes des œuvres littéraires et artistiques, elle a été nominée pour le Prix littéraire de l’IMF en 2019, au 17e Salon Maçonnique du Livre de Paris, pour son ouvrage Les devises latines du Rite Écossais Rectifié (Éd. du Cosmogone, 1re éd., 2019), reconnaissant ainsi l’importance de son travail dans le domaine de l’art royal.

La colonne vertébrale de la revue se structure autour de douze chapitres, chacun abordant une facette différente du mystère. Ce nombre n’est pas choisi au hasard, car il possède une symbolique profonde et universelle. Le nombre 12 apparaît dans de nombreuses traditions et croyances, souvent associé à l’ordre cosmique et à la complétude. Dans la mythologie, les 12 travaux d’Hercule symbolisent des épreuves nécessaires à l’accomplissement et à la transformation. Dans le zodiaque, les 12 signes représentent un cycle complet de l’expérience humaine. La Bible fait également référence aux 12 tribus d’Israël et aux 12 apôtres, soulignant l’importance de ce nombre dans la religion et la spiritualité.

Jean-Claude Mondet est un philosophe et écrivain spécialisé dans les questions métaphysiques et existentielles. Son travail explore les mystères de l’univers, de la vie et de la conscience, intégrant des références à la fois classiques et contemporaines. Jean-Claude Mondet est apprécié pour sa capacité à relier la tradition philosophique aux découvertes scientifiques actuelles. En 2018, il reçoit le Prix littéraire de l’IMF, catégorie « Symbolisme » pour La Genèse : Volume de la connaissance sacrée » (Éd. Numérilivre, 2017).Jean-Claude Mondet : Avec « Le grand mystère et ses mystères », il explore la notion de mystère à travers une approche philosophique et métaphysique. Son essai aborde les mystères de l’univers, de la vie et de la conscience, posant des questions fondamentales sur notre place dans le cosmos. Jean-Claude Mondet utilise des références classiques et modernes pour illustrer son propos, créant un pont entre la tradition philosophique et les découvertes scientifiques contemporaines.

Philippe Heckmann est un historien et spécialiste des cultes à mystères de l’Antiquité. Son expertise englobe les rituels et symboles des mystes, ces initiés cherchant à transcender la réalité matérielle. Heckmann a publié plusieurs ouvrages et articles sur l’histoire et la symbolique des cultes anciens.

Dans « Les mystes n’errent pas », il s’intéresse aux figures des mystes, ces initiés des cultes à mystères de l’Antiquité. À travers une analyse historique et symbolique, Philippe Heckmann montre comment ces mystes cherchaient à transcender la réalité matérielle pour accéder à des vérités cachées. L’auteur examine les rituels, les symboles et les mythes qui entouraient ces cultes, révélant leur influence sur la pensée et la spiritualité occidentales.

Avec le chapitre intitulé « Mystère et mystères » Grégoire Brissé, critique littéraire et culturel, aborde la dualité du mystère, à la fois fascinant et terrifiant. Il explore comment les mystères ont été représentés dans la littérature, l’art et la culture populaire. Il analyse des œuvres littéraires et artistiques emblématiques, montrant comment le mystère est utilisé pour évoquer des émotions profondes et des vérités inconscientes. Son essai est une invitation à reconsidérer notre rapport au mystère et à l’inconnu.

Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles, par Jean-Louis Forain (1914)

Spécialiste de la littérature française et de la philosophie nietzschéenne, Guillaume Dreidemie se penche sur la figure de la poétesse Anna de Noailles et son rapport au mystère à travers une lecture nietzschéenne de son œuvre. Il met en lumière le lyrisme de Noailles comme une quête de transcendance et d’absolu, une tentative de saisir l’insaisissable. Il montre comment la poésie de Noailles reflète une vision du monde où le mystère est omniprésent et inextricablement lié à la beauté et à la souffrance.

Dans son article, Roland Dauxois, historien de l’art et critique renommé, connu pour ses analyses approfondies des œuvres du romantisme allemand, explore la profondeur philosophique et spirituelle du tableau « Moine au bord de la mer » (1808-1810) de Caspar David Friedrich (1774-1840), un des plus grands maîtres du romantisme allemand,  particulièrement reconnu pour ce tableau emblématique. Cette œuvre, objet d’une analyse approfondie par Roland Dauxois, représente une exploration métaphysique de la solitude humaine face à l’immensité de la nature.

Gerhard von Kügelgen, portrait de Caspar Friedrich

Il décrypte la figure du moine comme symbole de solitude et de méditation, confronté à l’immensité de la nature représentée par une mer tumultueuse, métaphore de l’inconnu et de l’infini. Le ciel orageux, symbole de la transcendance, reflète les luttes intérieures et les aspirations spirituelles du moine. Roland Dauxois montre comment le paysage exprime des vérités profondes sur la condition humaine, soulignant la quête de sens et la confrontation avec l’infini. Cette analyse révèle comment Caspar Friedrich utilise l’art pour exprimer des vérités universelles sur l’existence humaine, enrichissant notre compréhension de son œuvre et du mystère dans l’art.

Didier Lafargue explore le rôle du dieu Dionysos dans le théâtre antique et son lien avec le mystère. Il analyse comment les rites dionysiaques et les tragédies grecques utilisent le mystère pour exprimer des vérités profondes sur la condition humaine. Il montre comment le théâtre devient un espace de révélation et de transformation, où le mystère est à la fois un outil de connaissance et une source de catharsis.

 Moine au bord de la mer (1808-1810) de Caspar David Friedrich

Pédagogue et philosophe de l’éducation, avec « Mystères, invisibilité, enseignement ! » François Brin examine les dimensions pédagogiques du mystère. Il explore comment le mystère peut être utilisé comme une méthode d’enseignement, incitant à la réflexion, à la curiosité et à la découverte. François Brin propose une réflexion sur l’invisibilité dans l’éducation, où ce qui n’est pas immédiatement apparent peut souvent conduire à des apprentissages plus profonds et significatifs.

Jean-Claude Émériau, théologien et mystique, aborde le mystère sous l’angle de la transcendance spirituelle. Il explore comment différentes traditions religieuses et spirituelles considèrent le mystère comme un chemin vers une réalité supérieure. Émériau analyse des textes sacrés et des pratiques mystiques, montrant comment le mystère est central dans la quête de l’ultime vérité et de l’union avec le divin.

2e de couv.

Marie Vidal propose une exploration linguistique et poétique des termes associés au mystère. Elle examine les mots et leurs racines, révélant des connexions profondes entre les langues et les cultures. Vidal joue avec les homophonies et les étymologies pour tisser un réseau complexe de significations, montrant comment le langage lui-même est imprégné de mystère.

Spécialiste du soufisme, Hocine Atrous plonge fort justement dans le soufisme et ses mystères. Dans « Le soufisme ou l’instant enchanté dans les mystères de l’âme », il explore les concepts de l’instant enchanté et de l’union mystique, montrant comment les pratiques soufies visent à révéler les mystères de l’âme. Atrous analyse des poèmes et des textes soufis, mettant en lumière la beauté et la profondeur de cette tradition spirituelle.

3e de couv.

David Frapet explore les mystères de la Techouvah, le concept juif de repentance et de retour à Dieu. Il analyse les textes religieux et les commentaires rabbiniques, montrant comment la Techouvah est à la fois un processus mystérieux et une transformation spirituelle profonde. David Frapet éclaire les aspects théologiques et pratiques de ce concept central du judaïsme.

Michel Auzas Mille conclut le recueil avec une réflexion sur le mystère de la présence. Il explore la différence entre être physiquement présent et être véritablement présent dans l’instant. Auzas Mille propose une méditation sur l’importance de la pleine conscience et de l’attention, montrant comment être pleinement présent peut ouvrir la porte à des expériences profondes et mystérieuses.

Matières à penser – Du mystère aux mystères est une œuvre riche et multidimensionnelle qui invite le lecteur à une réflexion profonde sur la nature du mystère. Chaque auteur apporte une perspective unique, contribuant à une mosaïque intellectuelle et spirituelle qui éclaire les multiples facettes du mystère. Ce livre est une ressource précieuse pour quiconque s’intéresse aux questions fondamentales de l’existence, de la connaissance et de la spiritualité.

MATIÈRES à penser – se repérer – analyser – se projeter – anticiper

Du mystère aux mystères

Collectif Éditions du Cosmogone, N°31, #29, juin 2024, 204 pages, 22 €

Les Éditions du Cosmogone, le site.

4e de couv.

L’Énigme du 39 Rue Castérès à Clichy – Acte II : La vengeance du Conseil de l’Ordre

La série de l’été : « L’énigme du 39 Rue Castérès : Un scandale immobilier de la Fondation du GODF à Clichy »

Le protocole d’accord du 30 octobre 2020, qui aura coûté 300 000 euros à la Fondation, a été laborieusement négocié par les administrateurs de la Fondation, tous membres ou anciens membres du Conseil de l’Ordre. (Relire l’épisode I).

Ce n’est qu’après avoir menacé de maintenir la plainte de l’APP en justice, annulant ainsi la vente à 1 million d’euros, que Jean-Pierre Chanard, président de l’APP, a finalement obtenu cet accord. Il allait bientôt réaliser que la vengeance est un plat qui se déguste froid, surtout au sein du Conseil de l’Ordre et des groupes d’influence au sein du GODF.

La loge « Les Travailleurs » dans la tempête

Jusque-là, « Les Travailleurs » était une loge sans problème. Elie Leroy avait acquis la fameuse parcelle, dont il avait fait don à la SAI du 39 rue Castérès qu’il présidait en 1952. Georges Leroy son fils, qui présidait l’APP en 1994, avait fait don de l’immeuble à la Fondation du GODF… mais l’APP conservait la fameuse parcelle en pleine propriété et le droit d’usufruit du 3e étage.

Philippe Foussier, ancien Grand Maitre du Grand Orient de France. | VERNIER/JBV NEWS

C’est en leur nom que Jean-Pierre Chanard avait mené le combat juridique pour faire échouer le compromis illégal signé par Philippe Foussier en 2018 et signé le protocole d’accord de 2020 dont l’ardoise avait été réglée par Georges Sérignac, grand maître de 2020 à 2023.

Ces deux années avaient laissé des traces profondes au sein de la loge. En juin 2020, un nouveau vénérable est élu. Des clans se forment dans la loge entre les anciens et les nouveaux. Depuis 2018, la loge « Les Travailleurs » est agitée par les querelles avec le Conseil de l’Ordre. Cela entraîne une fracture interne et toutes ces tensions entre deux groupes qui s’affrontent perturbent l’harmonie habituelle de la loge. Ces dysfonctionnements entrainent un « conseil de famille » tumultueux en janvier 2023. Le premier effet fut la démission du vénérable maître.

Le coup de tonnerre de l’élection de Jean-Pierre Chanard, le 28 mars 2023.

Jean-Pierre Chanard

Des élections sont programmées et Jean-Pierre Chanard déjà président de l’APP, redevient vénérable maître de la loge et président de l’Association (ADP) qui en assure la représentation profane.

Dans les jours qui suivent, Jean-Pierre Chanard est averti par le Conseiller de l’Ordre Frédéric Louis, actuel Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures que « La loge sera inspectée par le Conseil de l’Ordre et que ce sera terrible ».

Jean-Pierre Chanard comprend alors que le Conseil de l’Ordre a déterré la hache de guerre malgré le protocole d’accord qui prévoyait une trêve de 5 ans. L’Inspection de la loge est programmée pour le 23 mai 2023 sans aucune négociation. Toutes les portes se referment et l’issue est fortement incertaine.

La démission de la loge « Les Travailleurs » du GODF, le 19 mai 2023

La loge est fracturée. Les Anciens, restant très attachés à leur indépendance et à leur souveraineté veulent rester dans la tradition. Les Nouveaux sensibles aux sirènes du GODF et aux cordons promis sont prêts à collaborer. Heureusement, l’APP et l’ADP, ces deux Associations sont dirigées par les Anciens. Avant que le son de l’hallali se fasse entendre, décision est prise de démissionner du Grand Orient de France.

Le 19 mai, Jean-Pierre Chanard adresse la lettre de démission des « Travailleurs » au Grand Maître Georges Sérignac. Le Règlement Général du GODF, souvent prolixe et contradictoire, est totalement muet sur la démission d’une des loges de sa confédération.

Certains frères en profitent pour démissionner à titre personnel du GODF tout en restant dans la loge.

L’affaire est donc réglée, l’Inspection n’aura pas lieu. Le gibier aura échappé à la meute mais pour peu de temps.

Conseil de l’Ordre et Justice Maçonnique : Exclusion Jean-Pierre Chanard

Les démissionnaires notifient officiellement au GODF leur départ. Cependant, le Conseil de l’Ordre ne l’entend pas de cette oreille et décide de poursuivre Jean-Pierre Chanard, le président, ainsi que le secrétaire de la loge (qui souhaite rester anonyme). De manière expéditive, une audience est ouverte durant l’été et les deux sont condamnés à l’exclusion par défaut le 19 juillet 2023. Ils font tous deux appel.

Les deux exclus se présentent devant la Section d’Appel le 16 octobre 2023, le Garde des Sceaux Nicolas Pénin représente le Conseil de l’Ordre. Il a reçu l’ordre de ne surtout pas concilier.

Les deux thèses s’affrontent

La thèse du Conseil de l’Ordre : les deux prévenus ont porté atteinte aux intérêts généraux de l’Ordre en faisant échouer la vente du 39 rue Castérès. À cause d’eux la Fondation a perdu 300 000 euros.

La thèse des deux exclus : ils ont défendu les droits de l’APP et l’illégalité du compromis de vente signé par Philippe Foussier. Le tout, acté dans le protocole d’accord. Tout cela relève du droit associatif et du droit civil. L’affaire est donc close.

Commentaire du Garde des Sceaux Nicolas Pénin : « Au GODF, on n’est pas là pour appliquer les lois de la République, on applique les lois du GODF. »

Après un délibéré expéditif de 10 minutes, la Section d’Appel présidée par Jean-Michel Guérin rend son verdict :

« Jean-Pierre Chanard et le secrétaire, bien que démissionnaires du GODF depuis le 19 mai 2023, sont exclus du GODF à compter du 16 octobre 2023. »

Comme chacun peut le comprendre aisément, une association à laquelle on n’appartient plus ne peut exclure un membre. Effectivement, les lois de la République ne s’appliquent pas au GODF.

Jean-Pierre Chenard est donc exclu du GODF, mais il reste le président de l’APP et de l’ADP, tout en assurant la charge de Vénérable de la Loge démissionnaire du GODF « Les Travailleurs ».

Dans l’acte III, vous découvrirez un nouveau rebondissement dans cette affaire. Le groupe des dix « nouveaux » qui avait fait scission au sein de la loge, encouragé par des pressions externes, tente de s’approprier frauduleusement l’ADP, puis l’APP.

La suite, avec l’acte III… (Lire la suite ici)

Trois dieux ? | Le tétragramme

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Du site de l’Institut du Monde Arabe

Dans la religion juive, le nom de Dieu est réputé imprononçable. Comment fait-on alors, et pourquoi un pratiquant ne doit-il ni le prononcer ni l’écrire ?

Avec David Lemler, spécialiste de la pensée juive médiévale, maître de conférences à Sorbonne Université et membre du Laboratoire d’Études sur les Monothéismes.
Un podcast de Barbara Cassin, de l’Académie française, philosophe et philologue.

Pour en savoir plus
– de David Lemler :
Création du monde et limites du langage : sur l’art d’écrire des philosophes juifs médiévaux, Vrin, 2020
– de Barbara Cassin :
Eloge de la traduction (Fayard, 2016)

Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (2004, Seuil-Le Robert; 2ème éd. augmentée, 2019)

Producteur : Institut du monde arabe. Crédits musique : Interzone, Khaled Aljaramani – oud, Serge Teyssot-Gay – guitare électrique. « Comme l’eau », extrait de l’album Waslat. 5ème jour, Label Intervalle Triton. Direction éditoriale : Mathieu Gousse. Identité graphique : Marion Toulat / IMA. Teaser, montage & mixage : Mnévis Boutros / IMA. Jingle IMA : Anthony Capelli / Making Waves.

What is Spiritualités / مسالك روحية?

L’IMA confie à des personnalités (Barbara Cassin, Abdennour Bidar…) une exploration des spiritualités et des religions du monde arabe.

Les « Barons noirs » de la Grande Loge Nationale Française…

(Le droit de réponse du Grand Maître de la GLNF suit cet article ci-dessous)

Le vendredi 13 septembre 2024 sera une date cruciale pour la GLNF. Ce jour-là, les observateurs pourraient assister soit à la démonstration de la maturité d’une obédience capable de se renouveler, soit à un repli qui pourrait faire manquer un rendez-vous important. En effet, le Souverain Grand Comité (SGC) doit choisir à cette date le candidat à la Grande Maîtrise qui dirigera cette obédience plus que centenaire pour les trois prochaines années. Ce choix sera ratifié, e, tenue de grande loge, le 1er samedi du mois de décembre 2024 par les membres du Souverain Grand Comité, les vénérables maîtres et les frères premiers surveillants.

Comme le prévoient les règles internes de la GLNF, notamment son Règlement Intérieur, deux candidats se sont déclarés : Yves Pennes, actuel Député Grand Maître, et Emmanuel Stene, Grand Maître provincial d’honneur. Le premier est le candidat désigné par le Grand Maître actuel, Jean-Pierre Rollet. Le second, après avoir présenté sa profession de foi, propose une alternative en annonçant en toute transparence que le Très Respectable Frère Philippe Jouve sera désigné comme Député Grand Maître en cas de victoire.

Alors que l’entourage du Grand Maître sortant devrait voir dans cette alternative un signe de maturité, elle est perçue comme une menace par rapport à ce qui est appelé LA RÈGLE.

Mais de quelle menace parle-t-on ? 

Ce qui est tout à fait naturel au niveau des loges semble poser problème au niveau national, comme si ceux censés être les garants de l’ordre avaient plus de difficulté à appliquer les règles qu’ils demandent aux loges de suivre.

En effet, il est courant dans les loges que plusieurs frères soient prêts à en conduire les travaux et à tenir le maillet. Les comités de loges ou des sages en régulent la temporalité et l’opportunité.

Qu’est-ce qui mène à la Grande Maîtrise ? 

Un adoubement par son prédécesseur ou bien la combinaison du parcours maçonnique d’un homme et de la libre réflexion de chaque frère composant le Souverain Grand Comité qui, par son expérience et sa clairvoyance, choisit en conscience ce qu’il pense être le mieux pour l’Ordre ?

Il semble que le Grand Maître, Jean-Pierre Rollet, ait peu confiance dans le Souverain Grand Comité, pourtant composé d’environ 535 Frères.

À la lecture des deux professions de foi et d’après des propos rapportés des deux candidats, il semble que ces derniers ne soient pas engagés dans une « campagne » l’un contre l’autre. Cependant, on perçoit une grande agitation et fébrilité dans l’entourage du Grand Maître. Espérons que cette fébrilité ne débouche pas sur des réflexes profanes.

Dans le monde profane, pour décourager une candidature ou pour dicter aux membres d’une instance leur conduite, on applique de vieilles méthodes peu loyales, dignes de la série « Baron noir ».

Première étape : décourager la candidature

Essayer, par divers messagers, d’expliquer au candidat alternatif qu’il n’a aucune chance parce que l’instance censée choisir est légitimiste, ou bien qu’il n’agit pas dans l’intérêt de l’obédience. En parallèle, on fait entendre un discours de vassalité aux membres du Souverain Grand Comité que l’on jugerait un peu trop libres.

Deuxième étape : remettre en cause la légitimité 

Pour cela, les sherpas peuvent être tentés de jouer sur plusieurs tableaux. Le cas le plus courant dans les organisations profanes est de faire passer les candidatures alternatives pour des candidatures dissidentes. On peut utiliser le registre de la revanche, du règlement de comptes. Pour les moins imaginatifs, utiliser l’argument de l’âge : soit trop jeune, soit trop vieux, selon l’interlocuteur. Et pour ceux qui paraissent plus dangereux pour le candidat désigné, on emploie des arguments qui, en démocratie, conduiraient devant les tribunaux : la couleur de peau, le niveau social ou encore l’appartenance religieuse. En quelque sorte, pour présider aux destinées de la GLNF, faut-il être blanc, chef d’entreprise et chrétien ?

Troisième étape : atteindre la probité des candidats alternatifs, ou technique de la « boule puante »

Les campagnes électorales profanes le montrent à chaque fois : tel candidat serait empêtré dans telle affaire, ou il aurait commis telle chose, bien sûr sans qu’aucun élément ne soit fourni. Le pouvoir peut jouer sur le fait qu’il aurait un dossier. Dans ce cas, le candidat ne peut que subir et espérer que les observateurs seront suffisamment attentifs pour remarquer qu’il serait curieux que l’autorité n’ait pas agi alors qu’elle disposerait d’éléments méritant des poursuites. Face à ce risque, certains barons noirs n’hésitent pas à monter ou faire monter des affaires de mœurs lorsqu’ils en ont les moyens. L’époque actuelle nous montre chaque jour des personnalités mises au banc par un seul tweet sans fondement, contre lequel aucune défense ne peut être produite.

Quatrième étape : neutraliser l’instance décisionnaire 

Dans les partis politiques, les syndicats ou même parfois dans les associations, lorsqu’on ne veut pas voir de candidatures alternatives, on réduit les zones d’incertitude ou on évite la prise de risque en empêchant toute prise de parole des candidats le jour du vote. C’est ce que certains appellent le centralisme démocratique : inutile de vous faire une opinion puisque l’on vous a déjà dit ce que vous allez voter.

Il faudra donc observer ce qui va se passer dans les prochaines semaines à la GLNF et voir si ce scénario en quatre étapes se produit. Espérons pour cette obédience qu’elle ait atteint un degré de maturité suffisant, qu’elle ait tiré les leçons de sa crise des années 2009-2012, et surtout qu’elle souhaite incarner au sommet ce qui fait l’excellence de sa base.

Il est à craindre que le processus soit déjà enclenché et qu’une officine soit déjà à l’œuvre pour préparer une campagne de dénigrement sur fond de fausses informations contre l’un des candidats. Ce serait bien regrettable si tel était le cas, et cela nous rappellerait les heures peu glorieuses de la franc-maçonnerie des années 2000

Affaire à suivre !

Droit de réponse à l’article intitulé « Les barons noirs de la Grande Loge Nationale Française »

« A la suite de la publication le 13 août 2024 dernier d’un article intitulé « Les barons noirs de la Grande Loge Nationale Française », le Très Respectable Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française, M. Jean-Pierre ROLLET, entend rappeler qu’il porte une entière confiance aux membres du Souverain Grand Comité, appelés à désigner le 13 septembre prochain le candidat à la Grande Maîtrise qui sera ensuite soumis à la ratification de la Grande Loge. A ce titre, le Très Respectable Grand Maître précise que contrairement à ce qui est indiqué dans l’article en question, ni lui ni son entourage n’entretiennent aucune agitation ni fébrilité de quelque sorte à l’égard du processus électoral en cours, qui se déroule selon les modalités prévues par les dispositions du Règlement Général, dont le Grand Maître, garant de son respect, est attentif à la parfaite application par tous.

Le Très Respectable Grand Maître précise également que, contrairement à ce qui est suggéré dans l’article, sans que ne soit apporté aucun élément probant au soutien de ces propos, aucune action ou manœuvre visant à dénigrer, calomnier ou priver l’un ou l’autre des candidats déclarés de son droit à la parole n’est, en aucun cas et d’aucune manière, mise en œuvre, ni par lui-même, ni par son entourage, ni par quelque « officine » qui agirait à sa demande.

Au contraire, la Grande Loge Nationale Française, au vu de l’information – non corroborée à ce jour par des éléments de preuve concrets – portée à sa connaissance par l’un des candidats, faisant état de propos de dénigrement et/ou discriminatoires qui auraient été proférés à son encontre, susceptibles de constituer des infractions pénales, a procédé à un signalement par voie de plainte auprès de Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Paris, en lui demandant de bien vouloir enquêter sur les faits ainsi dénoncés et d’y donner toutes suites adéquates. »

Annick de Souzenelle (1922-2024) : Un parcours spirituel exceptionnel

Annick de Souzenelle, née Meaulle, le 4 novembre 1922 et décédée le 11 août 2024, est une figure emblématique de la spiritualité contemporaine, reconnue pour son exploration profonde des traditions judéo-chrétiennes, de la Kabbale, et de la psychologie jungienne. Après des études initiales en mathématiques, elle commence sa carrière en tant qu’infirmière anesthésiste, avant de se réorienter vers la psychothérapie.

En 1958, après un cheminement spirituel marqué par son catholicisme de naissance, Annick de Souzenelle se convertit à l’orthodoxie. Cette conversion marque le début d’une quête spirituelle qui la conduira à étudier la théologie et l’hébreu, une langue qui deviendra centrale dans ses recherches spirituelles et dans sa compréhension des textes sacrés.

Au fil des décennies, elle devient une voix influente dans le domaine de la spiritualité, publiant de nombreux ouvrages où elle explore la symbolique du corps humain, les traditions hébraïques, et la Bible. Ses œuvres sont devenues des références pour ceux qui cherchent à comprendre le lien entre le corps, l’âme et l’esprit à travers le prisme des traditions anciennes.

Annick de Souzenelle développe une lecture unique de la Bible, estimant que la civilisation judéo-chrétienne est marquée par un culte de la souffrance et du sacrifice. Elle propose de dépasser l’opposition morale entre le bien et le mal, en mettant en avant la notion de cheminement vers l’accomplissement, qu’elle oppose à l’inaccompli. Selon elle, les crises contemporaines, y compris la crise écologique, sont le reflet d’une transgression des « lois ontologiques » qu’elle identifie dans ses travaux. Elle prône un retour à une spiritualité enracinée pour répondre aux défis actuels.

En 2016, elle fonde l’association Arigah, destinée à transmettre son enseignement et à rassembler ceux qui cheminent à ses côtés. Elle contribue également à l’animation de l’Institut d’Anthropologie Spirituelle, créé pour perpétuer sa vision d’une spiritualité intégrale.

Parmi ses œuvres majeures, on peut citer L’Égypte intérieure ou les dix plaies de l’âme (1991), Le Symbolisme du corps humain (Albin Michel, coll. « Espaces Libres », 1991), Le Féminin de l’être (2000), L’arc et la flèche (Albin Michel, 2003), L’alliance oubliée (Albin Michel, 2005), Résonances bibliques ( Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes, 2006) et Va vers toi (2013), qui ont profondément marqué le paysage de la spiritualité contemporaine. Et tant d’autre stitres…

Jusqu’à sa mort, Annick de Souzenelle reste une voix forte et respectée, laissant derrière elle un héritage intellectuel et spirituel considérable.

Elle décède le 11 août 2024, à l’âge de 101 ans, laissant une œuvre prolifique qui continue d’inspirer de nombreux chercheurs et adeptes de la spiritualité à travers le monde.

Annick de Souzenelle a apporté une contribution significative aux réflexions des francs-maçons

Annick de Souzenelle a nourri notre réflexion, notamment par son approche symbolique et ésotérique des textes sacrés et de la tradition judéo-chrétienne. Sa lecture profonde de la Bible, éclairée par la Kabbale et la psychologie jungienne, offre aux francs-maçons un cadre de réflexion riche en symboles et en archétypes, qui sont des éléments centraux dans les rituels maçonniques.

Son travail sur la symbolique du corps humain, ainsi que sa quête de l’accomplissement spirituel, résonnent avec les objectifs de nombreux francs-maçons, qui cherchent à intégrer la spiritualité et la moralité dans leur cheminement personnel. En mettant l’accent sur la transformation intérieure et la compréhension des « lois ontologiques », Annick de Souzenelle propose une voie de développement spirituel qui peut inspirer les francs-maçons dans leur quête de connaissance de soi et de l’univers.

De plus, son approche non-dualiste, qui préconise de dépasser l’opposition entre le bien et le mal pour atteindre une vision plus intégrale de l’accomplissement humain, s’aligne avec la philosophie maçonnique de la recherche de la vérité et de l’harmonie universelle. En somme, Annick de Souzenelle a offert aux francs-maçons des outils intellectuels et spirituels pour approfondir leur compréhension des mystères de la vie et renforcer leur engagement envers un développement intérieur authentique.

 Chère Annick de Souzenelle, requiescas in pace !

Introduction à la franc-maçonnerie (Par Pierre Mollier)

Dossier spécial Bibliothèque Nationale de France

Enracinée en France depuis près de trois siècles, la franc-maçonnerie moderne naît au seuil du siècle des Lumières, en 1717, à Londres, alors capitale des idées philosophiques. Mais cette naissance est le produit d’une déjà longue histoire.

Du libéralisme philosophique au militantisme républicain et laïque.

Tout commence en effet sur les chantiers médiévaux des cathédrales où les maçons s’organisent en confréries dans des loges adossées aux édifices en cours de construction, à la fois remises, espaces de travail et de parole.

Aux 16e et 17e siècles, et plus particulièrement en Écosse, certaines loges se transforment en sociétés de rencontres et d’échanges accueillant des membres étrangers à l’art de bâtir. Pour les distinguer de leurs prédécesseurs, on les appelle maçons « acceptés » ou « spéculatifs », soulignant ainsi l’aspect symbolique et non pratique de leur engagement, à la différence des maçons « opératifs » qui, eux, taillaient la pierre.

La franc-maçonnerie moderne ou « spéculative » s’implante en France vers 1725 dans le sillage de Britanniques exilés pour des raisons politiques ou religieuses, dans l’ambiance libérale et anglophile de la Régence. D’abord accueillie comme une mode par l’aristocratie, elle gagne rapidement la bourgeoisie et s’enracine durablement dans la société d’Ancien Régime avant de s’étendre dès 1740 dans toute la France. La franc-maçonnerie se définit dès lors comme un lieu de convivialité où – dans l’esprit du siècle des Lumières – les frères célèbrent la vertu, la fraternité universelle et la vision égalitariste et libérale de la société comme ses valeurs fondatrices. La tolérance religieuse promue par un texte essentiel de la franc-maçonnerie, publié dès 1723 en Angleterre sous le titre The Constitutions of the Free-Masons en constitue le socle.

Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France
Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France

Au cours du 19e siècle, les loges passent progressivement d’un libéralisme philosophique sincère, mais un peu platonique, à un militantisme républicain et laïque. Durant ce « siècle des Révolutions » (1830, 1848, 1870) la maçonnerie accompagne, et souvent, devance et inspire, les progrès sociaux. Gambetta, Jules Simon, Jules Ferry…, la plupart des grandes figures qui fondent la Troisième République appartiennent à la franc-maçonnerie. Pour eux, l’école, le suffrage universel et la science sont les clefs du progrès. Les francs-maçons vont ainsi conduire, à marche forcée, un bouleversement en profondeur de la société française qui transforme en quelques années un pays rural et conservateur en une démocratie moderne. Les lois sur la liberté de la presse, la liberté d’association, la laïcité, le code du travail, l’école laïque et obligatoire ou encore les premières bases de la protection sociale leur sont largement redevables.

Quant au « secret », essentiellement lié à la dimension initiatique de la franc-maçonnerie, il touche, non la réalité sociale des loges, qui ont depuis longtemps pignon sur rue, mais le cheminement spirituel intime de leurs membres. Les rites et la méditation autour de symboles doivent en effet conduire le franc-maçon à porter un nouveau regard sur lui-même et à percevoir une réalité plus subtile du monde qui l’entoure. À chaque passage de grade, on raconte au candidat une légende qui est l’occasion de lui présenter différents symboles et de l’engager à certaines réflexions. Ainsi, les rites maçonniques ne délivrent pas simplement un enseignement mais veulent aussi faire vivre une expérience.

Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France
Les Figures secrètes des Rose‑Croix
Les Figures secrètes des Rose‑Croix | Bibliothèque nationale de France

Légende noire et légende dorée

Mais, à côté de son histoire réelle – malaisée à restituer en raison de son objective complexité –, la franc-maçonnerie a aussi suscité tout un imaginaire. Poursuivie dès ses débuts au 18e siècle par la police de Louis XV, puis condamnée par le pape Clément XII, elle nourrit en effet depuis trois siècles une fascination hostile qui en a fabriqué la légende noire, alimentant notamment, avec le discours « complotiste », soupçons d’occultisme et autres trafics d’influence…

En même temps et à l’inverse, la franc-maçonnerie irrigue régulièrement un imaginaire artistique, notamment poétique et littéraire, plus léger et plus lumineux, dont La Flûte enchantée de Mozart figure un des exemples majeurs. Beaucoup de grands auteurs de la littérature mondiale ont en effet utilisé l’imaginaire maçonnique et mis en scène les idéaux et les traits, réels ou supposés, souvent poétiquement extrapolés, de la vie en loge à l’instar, de Léon Tolstoï, Gérard de Nerval, George Sand, Rudyard Kipling, Jules Romains, ou, plus près de nous, d’un Hugo Pratt, avec son anti-héros moderne Corto Maltese. Il existe ainsi une légende dorée de la franc-maçonnerie qui inspire largement, depuis le 18e siècle, le monde de l’art et de la création.

Provenance

Cet article provient du site Franc-maçonnerie (2016).