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L’escrime au féminin peut-elle éclairer la maçonnerie féminine ?

Du site gallica.bnf.fr – Par Chantal Puech

Si les femmes utilisent les armes depuis l’antiquité pour se défendre, ce n’est qu’à la fin du dix-neuvième siècle qu’elles vont pouvoir pratiquer l’escrime, ce jeu sportif apparu à la Renaissance en Europe. Les escrimeuses participent pour la première fois aux Jeux Olympiques de Paris en 1924.

Un peu d’histoire

Les femmes se sont approprié des valeurs liées aux armes et au combat depuis l’antiquité comme en Egypte. Dans la mythologie grecque, les amazones utilisent les armes. Ces femmes qui ne laissent pas pousser leur sein du côté droit et se couvrent l’autre sein d’une plaque d’acier pour combattre, généralement avec un arc. Rome a vu combattre des gladiatrices.
 

Au Moyen-Âge, c’est l’époque des duels entre chevaliers. Entre le XIIe et le XVe siècle, les activités physiques qui participent aux apprentissages guerriers sont présentées comme exclusivement masculines. Il y a toutefois des exceptions comme l’italienne Marie de Pouzzole qui, au XIVe siècle, a une passion pour les armes. Ou Jeanne d’Arc qui est souvent représentée avec son épée. Certaines femmes ont pu prendre les armes pour protéger leurs logis ou défendre les villes en l’absence des hommes.
Pendant  la Renaissance, des Académies nobiliaires  se développent dans l’entourage des principales cours européennes, principalement d’Espagne puis d’Italie, et font la promotion de jeux sportifs comme l’escrime aux côtés de l’équitation et de la danse. Le contenu de l’éducation académique se structure donc sur la base des anciens sports  chevaleresques. Ces jeux deviennent des « arts » – art équestre, art de l’épée puis du fleuret avec leurs règles. Une telle évolution rend enfin envisageable la réunion des hommes et des femmes dans certains jeux d’exercice.
L’école française d’escrime naît officiellement en 1567, année où Charles IX autorise la création de l’Académie des maîtres d’armes de France.
Les pratiques du jeu, perdant peu à peu leurs caractéristiques initiales exclusivement viriles et guerrières, s’ouvrent aux nouvelles pratiquantes. Certes, ces femmes de l’aristocratie ne sont pas les égales de leurs homologues masculins, mais le fossé qui les tenait éloignées des sports du gentilhomme commence à se rétrécir. Julie d’Aubigny dite Mademoiselle de Maupin pratique l’escrime au XVIIe siècle.
Les traces progressivement plus variées de mixité sont donc apparues à la toute fin de l’ère moderne, mettant en présence des femmes dans des jeux d’exercice traditionnellement masculins.
L’escrime opère sa mutation vers le sport à la fin du XIX siècle. Les armes deviennent plus légères et équilibrées permettent des prouesses techniques en toute sécurité, les maîtres d’armes, au sommet de leur science, transmettent et codifient l’art du fleuret. Ils seront à la source du rayonnement de l’escrime française et italienne. Dès lors, les femmes vont commencer à pratiquer ce sport et l’escrime devient le sport féminin à la mode à Paris.  
Devant cet engouement, les écoles de formation et des salles d’armes s’ouvrent peu à peu afin de former les escrimeuses.

Stade Pershing, 8/5/21, fête du printemps [escrimeuses] / [Agence Rol], 1921

L’École normale de Gymnastique de Joinville-le-Pont ouvre ses portes le 15 juillet 1852 sur le site de la redoute de la Faisanderie du Bois de Vincennes. Passée la Guerre de 1870, la vocation de l’École de Joinville évolue. C’est une école militaire, elle élargit d’abord son champ de compétences à l’escrime et devient l’École normale de gymnastique et d’escrime de Joinville en 1872. En 1925, elle est rebaptisée l’École supérieure d’éducation physique. Elle participe à la féminisation du sport.

Escrime féminine dans une université de Philadelphie (Pacific) / [Agence Rol] ; [d’après la photographie originale de l’agence photographique Pacific and Atlantic], 1928

Déjà présentes en Amérique, les salles d’armes pour femmes apparaissent à la toute fin du dix-neuvième siècle à Paris et connaissent un succès grandissant. Cette activité physique en vogue se démocratise et devient alors un sport féminin à la mode. En 1894, on trouve Le cercle d’escrime des Dames au 92 rue de la Boétie Paris. Leur devise est Ludus pro forma = Jeu pour la forme.

En 1896, s’ouvre la salle d’armes Alexandre Bergès réservée aux dames dans le quartier de l’Opéra à Paris. Il est l’auteur du livre L’escrime et la femme .
Madame Gardère et son mari ouvrent , en 1919, la salle Gardère au 137 avenue Victor Hugo à Paris, nommée aussi Cercle d’escrime Victor Hugo.  Cette salle d’armes devient mondialement connue dans les années 1920-1930.
En 1922, le professeur d’escrime A. Lacaze ouvre un cours de fleuret pour dame à Dinard puis à Paris. Il écrit dans la revue L’escrime et le tir :

Il semble que, jusqu’ici, les maîtres d’armes français aient pensé trop peu à l’escrime féminine… Mais des faits assez nouveaux et très significatifs nous montrent la voix contraire, par exemple… le mouvement en faveur de l’escrime féminine que l’on constate dans la plupart des pays scandinaves, au Danemark notamment. 

Les différents sports de l’escrime
 

Les trois disciplines de l’escrime moderne sont le fleuret, l’épée et le sabre. Chaque discipline utilise un type de lame différent et a ses propres règles. Ces trois armes sont sexuées.

[Concours internationaux d’escrime] : Pal (1855-1942). Illustrateur, 1900

Le fleuret est une discipline olympique depuis 1896 pour les hommes et 1924 pour les femmes. Il utilise une arme légère d’estoc de convention à la lame à base carrée. Il est ainsi appelé car il est moucheté comme une fleur. Le but est de toucher l’adversaire au tronc avec la pointe de la lame.
L’épée est une discipline olympique depuis 1900 pour les hommes et 1996 pour les femmes. Elle utilise une arme plus lourde. On peut toucher tout le corps.
Le sabre est une discipline olympique depuis 1896 pour les hommes et 2004 pour les femmes. Le sabre est une arme légère de pointe à la lame tranchante et contre-tranchante.On peut toucher uniquement le haut du corps.
 
Les trois disciplines se disputent sur une piste de 14 mètres de long et de 1,5 à 2 mètres de  large. 
L’escrime est un sport de combat dans lequel deux athlètes utilisent des armes blanches pour s’attaquer et se défendre dans le but de porter des touches à son adversaire et, donc, de marquer des points. Il s’agit de toucher un adversaire avec la pointe ou le tranchant (estoc et taille) d’une arme blanche sur les parties valables sans être touché. Les assauts sont donnés à l’aide de l’épée ou fleuret. Le combat peut aller jusqu’à neuf touches. Le premier qui a acquis 5 touches est victorieux.
Si un combattant recule jusqu’à sortir en-dehors de l’extrémité de la piste, il concède un point à son adversaire. Chaque touche équivaut à un point et chaque combat est divisé en trois périodes de trois minutes (avec une pause d’une minute entre chaque période). Le premier combattant à atteindre 15 points, ou l’athlète menant le combat à la fin de la troisième période, est déclaré vainqueur.

Escrime féminine à la maison des étudiants / [Agence Rol], 1925

L’escrime est l’un des sports où le français est la langue officielle : chaque pays utilise sa langue pour les compétitions nationales, mais le français est obligatoire pour l’arbitrage dans les compétitions internationales : « En garde ! », « Prêts ? », « Allez ! », « Halte ! ». L’arbitre dispose, en plus, d’un code de signes pour expliquer chaque phrase d’armes.

 Quelques célèbres escrimeuses

Mme Gardère [au Cercle d’escrime Victor Hugo] / [Agence Rol], 1930
Cercle Hoche : tournoi du fleuret féminin organisé par M. Gardère / Agence Mondial Photo-Presse, 1932

Madame Gardère est professeur de fleuret. Elle est la première femme brevetée de l’Académie d’armes de Paris. Son mari est aussi escrimeur ainsi que ses enfants, les champions André et Edward Gardère. En 1916, elle quitte les Vosges pour Paris. Elle devient professeur à  l’Académia avec quelques jeunes filles pour les former au maniement des armes. Elle est aussi professeur au lycée Jules Ferry dans le 9ème arrondissement à Paris. En 1919, elle ouvre avec son mari, de retour de la Grande guerre,  la salle Gardère au 137 avenue Victor Hugo nommé Cercle d’escrime Victor Hugo.  Cette salle d’armes devient mondialement connue dans les années 1920-1930.  Elle forme de nombreuses championnes internationales de fleuret.

Elle organise des tournois féminins d’escrime. Selon elle, le fleuret améliore la femme. Ses élèves sont âgées de 4 à 60 ans. Soucieuse de son apparence, elle porte des cheveux courts et la culotte avec la jupe par-dessus de couleur noir. La majorité des escrimeuses de cette époque porte un haut blanc et une jupe noire, rarement la culotte.

Miss Davis [à gauche], Mlle Adams [i. e. Jenny ou Edith Addams, escrimeuses] / [Agence Rol], 1927

Les épreuves d’escrime s’ouvrent aux femmes lors des Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris, soit plus tôt que d’autres disciplines du sport féminin.
Quelques figures féminines championnes Olympiques comme la danoise Ellen Osiier ou la britannique Gladys Davies.
Aux JO 1924 à Paris, les femmes ont pu concourir pour la première fois à une épreuve individuelle de fleuret. Il y a 25 concurrentes représentant 9 nations. C’est la danoise Ellen Osiier qui est championne olympique cette année-là. L’anglaise Gladys Davis est deuxième.

Helen Mayer [à gauche], Mrs Freeman [escrimeuses] (CNews) / [Agence Rol], 1927

L’allemande vivant à San Francisco, Helen Mayer (1910-1953), est championne olympique en 1928 à l’âge de 17 ans. Elle est sélectionnée pour les JO de 1936 à Berlin malgré ses origines juives. Sa famille a quitté l’Allemagne pour les Etats-Unis fuyant le Troisième Reich.  Elle répond au Comité Olympique allemand qu’elle n’irait aux JO de Berlin qu’à la condition de voir ses coreligionnaires réintégrés dans leurs droits civiques. En vain. Si elle refusait, elle ne pouvait participer aux JO. Elle finit deuxième, battue par la hongroise liona Eleck Schacherer. En 1937, elle est championne du monde de fleuret au Palais des sports à Paris et reçoit la coupe Marie Claire.

Plus proche de nous, Laura Flessel, est quintuple médaillée olympique à l’épée. Elle est Ministre des sports entre 2017 et 2018. Ce qui illustre que la politique est un sport de combat.

Les femmes se sont imposées relativement tôt dans la pratique de l’escrime en comparaison aux autres sports. Elles peuvent concourir dès 1924 aux JO de Paris au fleuret.
 

Pour aller plus loin
 

Les femmes et les sports du gentilhomme de l’époque médiévale à l’époque moderne / Serge Vaucelle in Clio. Femmes, Genre, HistoireOpenAIRE, 2006-04-01

Il était une fois l’escrime… féminine / site ABLOCK

Une longueur d’avance ! : Ecole de Joinville, l’invention du sport contemporain (1852-1939). Exposition du 17/10/2023 au 31/07/2024 au Musée Nogent sur Marne

L’Olympiade Culturelle est une programmation artistique et culturelle pluridisciplinaire qui se déploie de la fin de l’édition des Jeux précédents jusqu’à la fin des Jeux Paralympiques.
La série « 
Histoire du sport en 52 épisodes » de Gallica s’inscrit dans la programmation officielle de Paris 2024.

Le Delta : symbolisme pythagoricien

Les Old charges en témoignent : pour les opératifs, Géométrie et Maçonnerie sont synonymes et elles évoquent tantôt Pythagore, tantôt Euclide, comme l’un des fondateurs du métier qui enseigna la maçonnerie aux Égyptiens.

Pythagore

Les maçons, même les spéculatifs, reçoivent avec leur initiation une filiation pythagoricienne. Le Delta placé à l’orient en témoigne… Et ce n’est là que le premier témoignage que rencontre le maçon spéculatif.

Malheureusement, la culture contemporaine est très éloignée du pythagorisme qui n’est rien d’autre qu’une « métaphysique des nombres et des figures géométriques ».  Il en résulte que cet aspect du symbolisme est souvent, non pas négligé, mais ignoré. Il est même, par certains, considéré comme sans intérêt…

Digression nécessaire : Nombres, figures, symboles

Les nombres sont des idées abstraites, les figures sont la traduction ou plutôt la manifestation de ces idées dans le monde intermédiaire « dit de la création » : le monde où est conçue l’idée d’espace et de forme, mais où il n’existe encore ni espace ni forme…  Ce sont donc des « objets de l’esprit »

Les figures géométriques sont imparfaitement reproduites dans le monde créé celui où existent l’espace et la matière : Il ne peut y avoir dans le monde créé ni point, ni droite, ni cercle, ni aucune figure géométrique. Il n’existe dans le monde créé que des représentations imparfaites de ces figures qui sont comme les nombres : des vues de l’esprit.

En témoigne la définition du point donnée par Euclide dans ses Éléments de géométrie [1]:

« Les physiciens disent que le point est le moindre objet de la vue et que celui-ci peut être [dessiné] avec [de l’] encre ou autre chose » Voilà selon Euclide la définition, non du point, mais de sa représentation dans le monde matériel.

« Mais les mathématiciens, rejetant cette définition disent que le point est un objet de l’intellect si subtil qu’il ne peut être divisé en aucune partie : Et ce dernier ne se peut écrire [dessiner] mais seulement entendre et imaginer »

En clair, le point est un concept qui ne peut exister dans le monde matériel. Euclide ajoute aussitôt que « pour le représenter à nos sens extérieurs » nous nous servons du « point physique ».

Puis il revient au concept de point (au point du mathématicien) en précisant que celui-ci n’a aucune dimension (ni longueur ni largeur ni épaisseur) mais est le principe de toutes les dimensions.

Cette distinction entre le « point concept » et son imparfaitereprésentation matériellequ’Euclide nomme le « point physique » est essentielle pour comprendre le symbolisme des figures.

Par ailleurs, avant d’aller plus loin, il faut savoir que les auteurs pythagoriciens ne se préoccupaient que des concepts et témoignaient d’un profond mépris pour les mathématiques appliquées (leurs mathématiques étaient en réalité une métaphysique). Cependant nous traitons de symbolisme maçonnique et la Maçonnerie, fusse-t-elle spéculative est l’héritière (au moins spirituellement) d’une maçonnerie, qui pour bâtir, utilisait les mathématiques appliquées, ce qui a influencé la nature et le sens des symboles maçonniques. Nous serons, pour cette raison (et parce que les mathématiques qu’on enseigne de nos jours sont orientées sur la pratique) contraints d’envisager les propriétés particulières des représentations matérielles des figures géométriques. Pour cela nous emprunterons à René Guenon la notion d’unité minimum absolue de distance[2] dont l’existence dans le monde matériel est une conséquence directe de la double définition du point donnée par Euclide.

Le point matériel (physique) est donc, pour nous, Francs-maçons, un symbole : la représentation d’un concept universel « le point du mathématicien ».

Il représente le point mathématique, ce dernier étant lui-même l’image idéale de L’unité. L’Unité mathématique, qui, comme le point géométrique, ne peut être divisée[3].

Cette Unité relève de l’arithmétique, mais ces deux aspects des mathématiques sont tellement liés qu’Euclide consacre la totalité de son septième livre a l’exposé de l’arithmétique.

Les termes monde de la création et monde créé que nous avons employé dans cette introduction étaient certes pratiques adaptés à notre explication, mais ne correspondent pas aux concepts qui seront utilisés par la suite. Nous devrons en effet employer les termes :

« Monde des idées » ou des concepts et « Monde sensible »

Le « Monde sensible » englobant toutes les « choses et êtres, phénomènes » qui sont perceptibles aux sens.

Le « Monde des idées » englobant tout le reste dont, entre autres, nos pensées.

Fin de la digression

Le Delta : un symbole.

Delta rayonnant avec l’oeil d’Horus au centre

Que les travaux maçonniques soient ouverts au nom du G. A. D. L. U, de l’Humanité ou de quoi que ce soit d’autre, le Delta Lumineux est à l’Orient.

Aspect physique

C’est un delta, donc la lettre grecque majuscule du même nom qui a la forme d’un triangle isocèle qui est (en typographie) presque un triangle régulier (équilatéral[4]).  Pourquoi « presque » ? Parce que la perfection n’est pas de ce monde et que notre delta est matériel. Dans le dessin de la lettre grecque cette imperfection est volontairement perceptible. Quant au delta de l’orient c’est un triangle régulier… mais forcément imparfait puisque matériel.

Tout triangle fusse-il lumineux qui ne présenterait pas à l’œil l’image d’un triangle régulier (qui est le concept du delta) ne pourrait être appelé « Delta ». Nous reviendrons marginalement sur cette question.

Sens

Pour ceux qui utilisent ce terme, le Delta représente « la première manifestation du Grand Architecte de L’univers ». Pour les autres, il représente forcément quelque chose d’équivalent un « commencement des choses » parce que le triangle est la plus simple et le principe de toute surface.

Le delta et le point physique

Le point du mathématicien (ou du métaphysicien) est un objet de l’intellect. Sa représentation dans le monde sensible est le point physique qui a des dimensions (certes minimales) et une forme.

Le dessinateur qui veut déterminer un point, trace l’intersection de deux lignes. Le typographe, qui veut représenter un point utilise l’image d’un cercle assez petit pour représenter le « point physique ». Nous devons donc observer que le point du typographe n’a pas la même forme que le point du dessinateur. Cette réalité étant constatée, il devient légitime de se poser cette question :

Quelle serait la forme symbolique idéale du point matériel pour qu’il représente le point du physicien ?

Étant matériel notre représentation devrait avoir une surface aussi petite que possible. Il en résulte que la représentation idéale du point du physicien (le moindre objet de la vue) serait le triangle tracé en joignant trois points mathématiques assez distants les uns des autres pour que la surface triangulaire obtenue soit visible.

Autrement dit, il faudrait commencer par déterminer trois points juste assez éloignés les uns des autres pour que l’espace entre eux puisse être vu par l’observateur puis joindre les trois points…. Comme l’acuité de la vue de l’observateur est variable, cette représentation est un pur concept.

En revanche ce raisonnement peut et même doit nous conduire à affirmer que le delta lumineux à l’orient, étant la représentation démesurément agrandie, du point du physicien, symbolise (entre autres choses) le point mathématique et par conséquent l’unité mathématique.

De ce fait, il symbolise également l’Un. Le point central l’unité métaphysique.

Le delta : un triangle régulier.

(Crédit photo : Nicolas Parent)

C’est donc une figure composée de trois points reliés entre eux par des segments de droite. Comme son nom l’indique le triangle se relie au ternaire….

Remarquons que du point de vue des anciens, tout triangle « non régulier » est un triangle déformé ou imparfait.

Le delta : une lettre grecque

Telles sont les quatre premières lettres de l’alphabet grec. Le delta est la quatrième lettre et représente le nombre quatre. Il en est de-même de notre delta à l’Orient, parce que le delta est l’initiale de Zeus en grec, de Dia (dieu en dorique) qui donne Deus en Latin et Dio en italien… Il s’agit bien entendu de ce que les Églises chrétiennes appellent « Dieu le Père ».

Mais pourquoi le delta triangulaire représente-t-il le quatre ?

Avant d’aller plus loin considérons la forme des lettres grecques

A se compose de trois traits qui mettent en valeur un minuscule triangle… Deux côtés de ce triangle, prolongés laissent penser qu’il pourrait croître.

B entoure deux surfaces suggérant une dualité. On pourrait penser que ces surfaces signalent à l’observateur la proximité de deux points géométriques.

G, le Gamma a la forme d’une équerre, deux droites perpendiculaires joignent trois points[5].

Le D est un triangle. C’est la première figure fermée, il délimite une aire mesurable, mais ne comporte toujours que trois points… Il a pour valeur quatre mais symbolise à la fois : le UN (le point), le trois, et le dix qui est l’unité de second rang.

Comment le delta peut-il symboliser tant de nombre

La clé qui permet de le comprendre est l’arithmétique de la Grèce ancienne (empruntée à l’Égypte et à Babylone qui l’avaient eux-mêmes emprunté à L’Inde). En un mot l’arithmétique antique.

Les nombres y sont représentés par des points.

. représente le 1, : représentent le 2, \représente le 3.

1 n’est pas un nombre, mais le principe de l’imparité. Ce n’est pas un nombre parce qu’il ne répond pas à la définition antique du nombre impair : Un nombre impair peut être divisé en deux parties inégales ». Or, par définition l’unité ne peut pas être divisé.

2 n’est pas, non plus, un nombre, parce qu’il ne répond ni à la définition antique du nombre pair ni à celle du nombre impair et qu’il n’existe que deux sortes de nombres : les pairs et les impairs. « Définition du nombre pair « Un nombre pair peut être divisé en deux parties égales ou en deux parties inégales ». Deux est le principe de la parité. (quatre est le premier nombre pair : on peut le diviser en deux parties égales – 2 + 2 = 4 et en deux parties inégales – 3 + 1 = 4.

3 est le premier nombre et le premier impair (on ne peut le diviser qu’en deux parties inégales) : 2 + 1 = 3.

4 est le 2e nombre et le premier nombre pair (on peut le diviser en deux parties égales (2 + 2 = 4) et en deux parties inégales (3 + 1 = 4).

Ces principes étant posés, arrivons-en à la clé : les nombres triangulaires.

Le symbolisme du delta par les triangulaires

Définition : Le triangulaire (ou triangle) de rang r est la somme des nombres de 1 à r

De cette définition, il résulte que pour tracer le triangle de rang 1, nous dessinons 1 point sur la première ligne. Le triangle de rang 1 est 1.

Pour tracer le triangle de rang 2, nous dessinons 2 points sur la seconde ligne. Le triangle de rang 2 est 1 + 2 = 3.

Pour tracer le triangle de rang 3, nous dessinons 3 points sur la troisième ligne. Le triangle de rang 3 est 1 + 2 + 3 = 6.

Pour tracer le triangle de rang 4, nous dessinons 4 points sur la quatrième ligne. Le triangle de rang 4 est 1 + 2 + 3 + 4 = 10.

Notre delta situé à l’Orient symbolise l’Unité parce que la représentation du point la plus parfaite est triangulaire (voir ci-avant).

Pour la même raison, il symbolise le trois : parce que le triangle est la première manifestation spatiale possible (dans un espace à deux dimensions[6]).

Parce que la lettre Delta vaut 4, il vaut quatre… et symbolise aussi le 4 d’ailleurs :

  • Étant triangle régulier il peut être inscrit dans un cercle et le centre de ce cercle est alors également le centre du triangle. Il comporte donc trois points visibles plus un point invisible soit quatre points.
  • Le triangle régulier est la projection sur le plan du solide appelé tétraèdre, solide qui a quatre sommets et quatre faces triangulaires… Il comporte donc trois points visibles plus un point invisible soit quatre points (trois dans le plan et un hors du plan). C’est la première manifestation possible dans un espace à trois dimensions.

Cependant, le tétraèdre est peu utilisé en architecture et, quand le pythagoricien pense tétraèdre (pyramide à base triangulaire), le maçon pense pyramide ou pyramidion.

Le tétraèdre a quatre sommet, et quatre est le nombre pyramidal d’ordre 3 de rang 2 : le premier qui puisse représenter un volume. Le tétraèdre est un triangle à 3 dimensions

La pyramide a base carrée (ou le pyramidion) qui a cinq sommets, est le pyramidal d’ordre 4 de rang 2

Un pyramidal d’ordre o de rang r est égal au pyramidal d’ordre 3 de rang r auquel on ajoute, o-3 fois, le pyramidal d’ordre 3 de rang r-1. Quant au pyramidal d’ordre 3 de rang r, c’est la sommes des triangles de 1 à r (tout comme le triangle est la somme des nombres de 1 à r).

La pyramide a base carrée est un carré à 3 dimensions.

Enfin il symbolise la dizaine, parce que le triangle de rang quatre vaut 10 et parce que 10 est l’unité de second rang (voir la représentation des nombres sur l’abaque ci-avant).

Parce qu’il symbolise à la fois l’unité de rang 1 et l’unité de rang 2 on doit le considérer comme le symbole de toutes les unités de rang impair et pair. : unités, dizaines, centaines, milliers …

On doit également considérer qu’à ce titre il est symbole de la totalité. En effet, la totalité est semblable à l’unité, parce qu’elle est indivisible : la totalité divisée cesse d’être la totalité.

Délire ? Élucubrations ? Certainement pas ! ces aspects symboliques du triangle sont validés à la fois par l’arithmétique et par la géométrie.

Le triangle en arithmétique et en géométrie

Tout nombre entier plus grand que 3 est une somme de triangulaire :

Quatre (le carré de deux) est la somme du triangle de rang 1 (1) et du triangle de rang 2 (3). Cela vaut pour tous les carrés ! le carré du nombre n est égal à n x par n ou à la somme du triangle de rang n et du triangle de rang n-1 par exemple 9, carré de 3 est la somme du triangle de rang 3 (6) et du triangle de rang 2 (3).

Cinq est la somme du triangle de rang 2 (3) et de deux fois le triangle de rang 1 (1). Ce nombre est le prototype des nombres dits pentagonaux (ou pentagone). Le pentagone de rang n est égal à la somme du triangle de rang n et de deux fois le triangle de rang n-1.

Et ainsi de suite…

Ainsi si nous appelons « ordre » le nombre de sommet d’un polygone nous pouvons écrire :

Le polygonal d’ordre o et de rang 1, vaut 1.

Le polygonal de d’ordre o et de rang 2 vaut o.

Le polygonal d’ordre o et de rang n vaut la somme du triangle d’ordre n et de o-3 fois le triangle de rang n-1.

Ainsi 153, le nombre de poissons pêchés par les disciples du Christ peut être ainsi calculé :

le nombre 153 est :
Polygone d’ordre 153 de rang 2.

  • Il peut être calculé comme :
    Polygone d’ordre 52 de rang 3
    Soit le triangle de 3 (6) + 49 fois le triangle de 2 (3) → 6 + (49 x 3),
     donc : 6 + 147 = 153[7].
    Polygone d’ordre 6 de rang 9
    Soit le triangle de 9 (45) + 3 fois le triangle de 8 (36) → 45 + (36 x3),
    donc : 45 + 108 = 153.
  • Polygone d’ordre 3 de rang 17 :
    La somme des nombres de 1 à 17 ou selon la formule de calcul rapide :
     17 x 18 / 2 = 153.

Toute surface polygonale est une somme de triangles

Donc toute surface polygonale peut être pavée avec des triangles d’une ou de plusieurs façons. Ici un petit dessin sera plus parlant qu’un long exposé.

Ainsi tout nombre et tout polygone est composé de triangles. Par ailleurs, dans le monde sensible la courbe n’existe pas, et ne peut exister en raison de l’existence d’une unité minimum absolue de distance en deçà de laquelle deux points matériels sont confondus. Il en résulte que dans le monde sensible le « cercle » est une approximation : un polygone avec un nombre indéfini de côtés…

Revenons donc à notre delta en tant que symbole du point primordial, de la première manifestation de l’espace.

Il est évidemment ; de la même façon la plus petite surface que l’on puisse dessiner.

Pourquoi le delta est-il souvent représenté dans un cercle ?

Souvent ce cercle est un cercle de nuages, il existe une explication astronomique qui justifie cette représentation. Cela dit, cette représentation se justifie mathématiquement. Considérons notre point primordial.

Les trois sommets d’un triangle représentant le point primordial sont, puisqu’il est le moindre objet de la vue, séparés d’une distance inférieure ou égale à l’unité minimum absolue de distance. Le triangle étant inscriptible dans un cercle et un seul on peut en conclure que les trois sommets du triangle sont situés sur un cercle dont le rayon est (c x √3)⁄ et sa circonférence mesure c x 2√3 x pi.

Donc le tiers de la circonférence est un nombre inférieur à deux. Entre deux sommets du triangle, aucun point situé sur le cercle exinscrit ne peut donc être figuré. En voici la démonstration graphique. L’unité minimum absolue de distance est appelée u.

Sur notre schéma, le centre n’apparait pas. Il se situe à moins d’une unité minimum absolue de distance des points A B et C. C’est donc un point géométrique, mais ce ne peut être un point des physiciens. Si nous appelons ce centre O, les points A B et C matérialisent physiquement le « lieu géométrique des points (du physicien) équidistants du point O[8] » … Il en résulte que notre plus petit triangle matériel possible est aussi le plus petit cercle matériel possible.

Au-delà du delta…

En revanche dans un cercle de diamètre deux u, On peut placer un triangle qui soit le reflet du premier. On obtient un hexagone étoilé dont les sommets sont distants de u. Les six sommets de l’hexagone, sont les seuls points matériels qui peuvent être placés sur la circonférence du cercle.

Le centre est ici figuré par un triangle pointe en bas, comme dans la tradition tantrique.

Définition du cercle par Euclide :
« Le cercle est une figure plane contenue par une seule ligne qu’on appelle circonférence vers laquelle toutes les lignes droites menée du d’un seul point de ceux qui sont en icelle figure sont égales entre-elles.
Et ce point est appelé centre. »  

Résumé : Le Delta a l’Orient représente l’unité, le point matériel, donc la première manifestation du créateur dans le monde des idées puis dans le monde matériel. Comme il représente l’unité, il symbolise aussi la totalité. Parce que tous les nombres sauf 3 sont des « sommes de triangles (nombres triangulaires) et parce que toutes les figures polygonales sont des sommes de triangles, il est la clé de la compréhension des nombres et des formes.


[1] Les quinze livres des éléments géométriques d’Euclide Paris 1632 – disponible sur Google Books. Cette traduction a l’avantage de ne pas être commentée par un mathématicien contemporain.

[2] Voir Le symbolisme de la croix et Les principes du calcul infinitésimal qui, contrairement à ce que son titre laisse penser est un ouvrage de métaphysique.

[3] Du point de vue métaphysique et symbolique les nombres décimaux doivent être considérés comme un artifice de calcul ou d’écriture et relèvent du quantitatif quand l’unité et les nombres évoqués ici relèvent du qualitatif.

[4] C’est la même chose ! Le triangle équilatéral que j’avais étudié à l’école primaire est devenu un triangle régulier quand je suis entré au collège.

[5] Je ne sais pas si ces observations symboliques répondent à une quelconque tradition, mais elles semblent correctes pour les quatre premières lettres majuscules… Pour les suivantes, je ne sais pas

[6] Trois est aussi, le premier nombre pouvant exprimer une aire et donc le premier nombre à deux dimensions (aire du triangle de base 2 et de hauteur 3 – ou demi  aire du rectangle de 2 sur 3).

[7] Nous utilisons pour ces calculs la formule Tr = r(r+1) / 2 qui est plus rapide qu’une somme de 1 à n.

[8] Cette définition moderne est incorrecte du point de vue pythagoricien, car selon Euclide la ligne du mathématicien est « une longueur sans épaisseur ». Elle ne saurait être composée de points, mais c’est, comme lui, un « objet de l’esprit ».

Qu’est-ce qu’un rite d’initiation et quelle punition encourrez-vous si vous le trahissez ?

De notre confrère peruvien larepublica.pe – Par Diane Decurt

La franc-maçonnerie est une fraternité énigmatique qui, de par son exclusivité, suscite une certaine curiosité dans la société. Dans l’article suivant, nous vous expliquons comment se déroule la cérémonie d’initiation et quelles conséquences attendent ceux qui trahissent leur serment.

La franc-maçonnerie est connue par beaucoup comme une fraternité pleine de secrets, ainsi que la cible de controverses prétendant qu’elle a des objectifs philosophiques et philanthropiques pour guider le développement des êtres humains. L’organisation reste une énigme pour les personnes extérieures à son cercle. C’est pourquoi elle suscite l’intérêt de savoir ce qu’elles étudient, sur quoi elles travaillent, quels rituels elles accomplissent habituellement lorsqu’elles sont membres actifs, et une longue liste de questions que certains tentent. pour répondre, mais ils ne font rien d’autre que créer des conjectures.

Maçons : comment se déroule leur rituel d’initiation ?

On sait que tous les rituels ne sont pas identiques, mais beaucoup partagent une structure similaire.

Dans l’article « L’initiation, un rite de passage dans la franc-maçonnerie: mort symbolique », réalisé par l’anthropologue sociale et docteur en Histoire du Mexique Raquel Ofelia Barceló Quintal, il est expliqué que l’étape d’initiation consiste à conduire le candidat, les yeux bandés, dans une pièce sombre appelée « Cabinet de Réflexion », qui est un lieu funéraire contenant des objets liés à la mort.

Dans cet espace, vous devez méditer sur le monde matériel et spirituel, en plus d’avoir votre testament à remplir, puisque le futur membre « renaît » en entrant dans la fraternité.

Maçons : sachez à quoi ressemble leur rite d'initiation. Photo : Religion en liberté
Maçons : sachez à quoi ressemble leur rite d’initiation. Photo : Religion en liberté

Ensuite, les mains et le cou liés, il sera guidé jusqu’au lieu de la loge, où il subira des tests de purification avec trois éléments : l’air, l’eau et le feu. Les membres accompagnent généralement le candidat pour effectuer des tours sur place, plongent la main dans l’eau et, enfin, brandissent des torches vers le candidat.

Après quatre heures de cérémonie, suit le serment, qui, pour les maçons, est une promesse sincère et sacrée.

Ensuite, la coupe placée sur le cœur de l’aspirant, on laisse couler quelques gouttes sur sa peau. Comme dernière étape, le déjà membre reçoit un tablier blanc qui signifie « appartenance ».

Il convient de noter que dans certaines loges, les rites d’initiation se déroulent avec une dynamique plus agressive, qui implique des coupures dans la peau et l’utilisation d’épées pour marquer le candidat.

Dans certains rites d'initiation, des épées sont utilisées pour pointer le candidat au niveau des yeux. Photo de : ARV

Dans certains rites d’initiation, des épées sont utilisées pour pointer le candidat au niveau des yeux. Photo de : ARV

Quelle punition encourriez-vous si vous trahissez les francs-maçons ?

Après un entretien avec un ancien membre de la franc-maçonnerie sur la chaîne YouTube du Club 113, on a appris que la pire punition à laquelle pourrait être confrontée une personne ayant trahi la fraternité serait l’expulsion définitive.

Cela s’avère être une chose profondément grave car, pour les francs-maçons, il n’est pas possible de se débarrasser du baptême de franc-maçonnerie. Cependant, ce précepte serait mis de côté s’il y avait déloyauté.

Quelle est l’étape finale pour faire partie des francs-maçons ?

Les membres doivent remplir diverses conditions pour rejoindre la loge. Le troisième degré est la dernière étape qu’ils doivent franchir avant de devenir maçon à part entière.

Cette cérémonie implique un interrogatoire exhaustif , d’où vient l’expression « soumettre quelqu’un au troisième degré ».

Peinture représentant l'intérieur de ce que l'on pense être la maison de campagne de Nueva Esperanza Coronada (Vienne). Mozart serait parmi les participants. Photo : diffusion

Peinture représentant l’intérieur de ce que l’on pense être la maison de campagne de Nueva Esperanza Coronada (Vienne). Mozart serait parmi les participants. Photo : diffusion

Quelles personnes célèbres sont francs-maçonnes ?

La franc-maçonnerie est restée secrète pendant de nombreuses années en raison d’un besoin de survie, essentiellement parce qu’elle a été persécutée dans plusieurs pays.

Cependant, le secret de ses activités internes et le fait qu’un grand nombre de personnes illustres étaient membres de cette confrérie créaient des doutes sur sa finalité. Pour cette raison, il est courant de trouver des théories du complot qui prétendent que leur objectif est de contrôler le monde.

De grands philosophes, comme Montesquieu et Voltaire ; l’inventeur Benjamin Franklin ; et les écrivains Oscar Wilde et Antonio Machado étaient membres de cette confrérie.

Rencontrez les hommes politiques qui étaient francs-maçons. Photo : LR Composition/Diffusion/Concept

Rencontrez les hommes politiques qui étaient francs-maçons. Photo : LR Composition/Diffusion/Concept

Quelle est l’origine des francs-maçons ?

L’origine des francs-maçons reste un mystère, tout comme de nombreux aspects de l’institution. On pense cependant qu’il s’agit de la première expression d’une « société civile internationale », selon l’historien français Dévrig Mollè.

En outre, Mollè considère l’existence d’une relation entre la création de la franc-maçonnerie et la révolution culturelle du XVIIIe siècle .

L'origine des francs-maçons n'est pas tout à fait précise. Photo de : Panorama culturel

L’origine des francs-maçons n’est pas tout à fait précise. Photo de : Panorama culturel

Quelle est la mission des francs-maçons ?

Les francs-maçons  se traitent comme des frères et s’entraident. Pour ce faire, les membres prêtent des serments ou accomplissent des rituels.

Parce que leur but ultime est le développement de l’individu, ils procèdent à une étude scientifique et morale des choses. Un aspect particulier est l’utilisation de mythes et de symboles de l’Antiquité comme méthodes pédagogiques. Ils transmettent également des connaissances à travers les arts libéraux et les sciences.

Les francs-maçons se traitent comme des frères et s’entraident. Photo : composition de Fabrizio Oviedo/LR/Quora/OkDiario

Les francs-maçons  se traitent comme des frères et s’entraident . Photo : composition de Fabrizio Oviedo/LR/Quora/OkDiario

Quelle est la croyance des francs-maçons ?

Les francs-maçons croient au « grand architecte de l’univers », qui n’est pas le même Dieu de la Bible. Les membres de cette institution ne suivent aucune religion particulière, mais la seule exigence est d’avoir foi en une « puissance supérieure ».

VOUS POUVEZ VOIR : Pourquoi la confrérie des francs-maçons est-elle un mystère pour beaucoup ?

D’autre part, ce groupe aspire à réaliser le développement intégral de l’homme sous tous ses aspects.

Quels sont les secrets des francs-maçons ?

Les francs-maçons ont différents secrets dans la loge. Le premier est lié aux mots de passe secrets pour communiquer entre les codes, ce qui leur permet de s’identifier lorsqu’ils se saluent.

De plus, l’organisation est dirigée par des membres de l’élite. Ils accordent une grande importance à la figure du soleil, présente dans nombre de leurs reliques.

Comment sont les vêtements des francs-maçons ?

Ils portent des tabliers ou tabliers maçonniques. Selon l’histoire, cette tenue a évolué à partir des tailleurs de pierre qui les utilisaient pour se protéger lors de la taille de la pierre.

Oscar de Alfonso Ortega, actuel grand maître de la loge d'Espagne, porte les vêtements typiques des francs-maçons. Photo : diffusion

Oscar de Alfonso Ortega, actuel grand maître de la loge d’Espagne, porte les vêtements typiques des francs-maçons. Photo : diffusion

Combien y a-t-il de francs-maçons dans le monde ?

On estime qu’il y a environ 6 millions de francs-maçons dans le monde, selon la BBC.

VOUS POUVEZ VOIR : Les maçons en politique : qui étaient les personnages célèbres qui faisaient partie de la loge ?

Pourquoi les réunions maçonniques ne sont-elles pas publiques ?

Bien que la franc-maçonnerie soit connue depuis de nombreuses années comme une institution qui recèle de secrets, sur le site The Mason’s Blog, un de ses membres a révélé que leurs activités sont parfois partagées avec des « maçons qui ont déjà fait leur temps et les exigences d’en connaître certaines ». aspects de la commande.

Qu’est-ce que le 33ème degré des francs-maçons ?

Le degré maximum de la franc-maçonnerie est de 33, ce qui se reflète dans ses attributs correspondants d’ une grande richesse ornementale .

Cette section présente trois exemples d’attributs d’un Maçon du 33ème degré : le bijou, le collier et l’anneau.

Les membres se réunissent pour discuter de sujets d'étude liés au symbolisme maçonnique. Photo de : El Confidentiel

Les membres se réunissent pour discuter de sujets d’étude liés au symbolisme maçonnique. Photo de : El Confidentiel

Le Psaume 133 et la Fraternité maçonnique : un appel à l’unité et à l’harmonie

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Le Psaume 133, tiré de la version Reina-Valera de 1960, commence par ces mots : « Voyez comme il est bon et délicieux pour des frères de vivre ensemble en harmonie. » Ces versets anciens, riches en symbolisme, trouvent un écho tout particulier au sein de la franc-maçonnerie, où ils sacralisent l’idéal de fraternité humaine.

Le Psaume 133 célèbre la réunion des douze tribus d’Israël en une seule entité, marquant ainsi l’importance de l’unité et de l’harmonie au-delà des différences tribales ou sociales. Ce message résonne profondément chez les francs-maçons, pour qui la fraternité est un principe fondamental. Dans les loges maçonniques, cette unité dépasse les distinctions d’origine, de religion ou de statut social, et appelle à une harmonie collective au sein de la communauté.

Une huile symbole d’union spirituelle

L’huile mentionnée dans le Psaume est un symbole puissant : elle coule sur la tête, descend sur la barbe d’Aaron, puis jusqu’au bord de ses vêtements. Dans la tradition maçonnique, cette image évoque l’harmonisation des esprits et des cœurs. L’huile, symbole de la spiritualité, descend du haut de la tête vers les émotions, reflétant la nécessité d’un équilibre entre l’intellect et le cœur.

En franc-maçonnerie, cette huile sacrée représente également l’unité et la cohésion entre les membres de la loge. Tout comme l’huile bénie sert à oindre les prêtres et les rois, elle devient ici un signe de dignité, de sagesse et de respect mutuel. L’action de l’huile qui coule sur la barbe incarne la diffusion de cette sagesse à travers les actes, rappelant que la spiritualité sans action n’a pas de sens, tout comme l’action sans spiritualité est vaine.

La fraternité, fondement de la franc-maçonnerie

La fraternité est au cœur de la franc-maçonnerie, unissant ses membres par un amour fraternel qui transcende les relations sociales traditionnelles. La fraternité maçonnique repose sur la confiance et le soutien mutuel, et elle se veut un modèle pour la société en général. Les francs-maçons cherchent à construire un monde plus juste, où l’harmonie et la tolérance sont les maîtres mots.

Le Psaume 133 est souvent interprété en franc-maçonnerie comme une invitation à vivre en harmonie, en s’appuyant sur des valeurs universelles de respect et de solidarité. Ce psaume reflète l’idéal maçonnique d’une fraternité unissant des individus de tous horizons, quelle que soit leur appartenance religieuse, culturelle ou politique.

Interprétation mystique et kabbalistique

Une interprétation kabbalistique du Psaume 133 propose une lecture plus profonde de l’unité harmonieuse entre les frères. Aaron, oin grand prêtre, représente l’émotion, tandis que Moïse, son frère, incarne l’intellect. Leur union symbolise la nécessité d’équilibrer les émotions et la raison, un équilibre essentiel pour atteindre une compréhension spirituelle plus élevée.

L’huile utilisée pour l’onction des prêtres et des rois est ici perçue comme le résultat d’un travail rigoureux, comparable à l’extraction de l’huile d’olive par broyage. Ce processus symbolise la nécessité de transcender la matérialité et de purifier l’esprit à travers l’étude, la pratique et la méditation.

Un appel à des principes plus élevés

Le Psaume 133 nous invite à rechercher des principes plus élevés, symbolisés par la rosée de l’Hermon, cette montagne élevée dont la neige fondue nourrit les rivières. Tout comme la rosée descend des hauteurs pour nourrir la terre, l’esprit humain doit s’élever vers des idéaux plus spirituels et transcendants.

Le temple de Jérusalem, érigé par le roi Salomon, petit-fils de Boaz, est également évoqué comme un lieu sacré où convergent les énergies spirituelles. Dans cet espace de fraternité, les francs-maçons se réunissent pour partager un idéal commun : celui de bâtir une société plus harmonieuse, fondée sur l’amour fraternel et la sagesse.

L’amour fraternel, clé de la vie éternelle

Le Psaume 133 se termine sur une promesse de bénédiction divine et de vie éternelle. Pour les francs-maçons, cet amour fraternel transcende les simples relations humaines et devient un principe spirituel fondamental. C’est à travers cet amour, exprimé par des actions justes et bienveillantes, que l’on peut espérer atteindre un état de paix intérieure et de transcendance.

Lorsque la vie terrestre touche à sa fin, ce qui importe réellement, ce sont les œuvres que nous laissons derrière nous. Ce sont elles qui nous transcendent et nous ramènent à notre état originel. Le Psaume 133 nous rappelle ainsi que la fraternité est une bénédiction, un lien sacré entre les hommes, et qu’elle nous guide vers une existence pleine de sens et d’harmonie, non seulement ici-bas, mais aussi au-delà.

Les aventures de Pierre-Paul, le candide (Épisode n°5)

Texte de Pierre Pelle Le Croisa – Illustrations de François Morel.

L’ÉCHANSON.

Les bouteilles sont vides. Un échanson en ouvre d’autres, qui sont aussitôt désemplies.

  • Ce sont les bouteilles vides qui font le plus de bruit ! constate l’un des commensaux, l’air malheureux.
  • Si le vin manque, tout manque ! insiste un autre, aussi dépité.
  • Le vin qu’on a bu ne vaut pas celui qu’on va boire ! implore un troisième en se tournant vers l’échanson.

J’appuie leur requête :

  • Holà, Ganymède, apporte vite de ce bon breuvage, ou de ma thyrse je t’envoie courir l’oribasie[1] avec les Satyres sur la montagne du Parnasse, qu’après cette épreuve – tu peux me croire -, tu voleras plus vite que Mercure !
  • Tout de suite ! Tout de suite, Monsieur ! s’active l’échanson, affolé, en multipliant les bouteilles.

« ÉVOHÉ ! ÉVOHÉ, BACCHE ! »

Le vin m’égaye. Je lance mon cri de guerre :

  • J’aime la nuit, le vin, les chants et les bruits ! Compagnons d’orgie, répétez après moi : Évohé ! Évohé, Bacche[2] ! Vivent mes Bacchanales ! Buvons !
  • Évohé ! Évohé, Bacche ! Buvons ! Buvons tout ! reprennent-ils.
  • À votre santé, amis chers ! Que le vin se mette à chanter ! En chœur, faisons tinter nos verres !… On verra plus tard pour payer !
  • Très bonne remarque !
  • Et fort juste !
  • Nous sommes tous d’accord ! concluent-ils à l’unisson.
  • Pas tout à fait ! reprend le Vénérable, qui a préféré se tenir à l’écart. Il est prévu que chacun paye son écot.

Je l’arrête :

  • Qu’est-ce ceci, maraud ? Entre les verres, les affaires se taisent !
  • Oui, tais-toi, maraud ! appuient quelques hôtes, que j’ai visiblement convaincus.

Le Symposiarque, néanmoins, n’en démord pas. Il insiste : « Seule la première bouteille est coûteuse, vous savez. »

Avant qu’il ait repris son souffle, je le coupe. Mes arguments sont sans appel :

  • Le vin offert est une bénédiction :  quand il est gratuit, il ne provoque pas de hernie. Il est donc bon pour la santé. Voilà pourquoi un ivrogne remplit plus facilement son verre que ses engagements. Alors, n’attends rien de moi !
  • Ni de nous ! confirment les convives, solidaires.

« LA FÊTE EST FINIE ! »

À ce moment, la porte s’ouvre avec fracas, et trois hommes en costume bleu avec des casques ronds à la Hermès[3] – le dieu des transports -, pénètrent dans la pièce en hurlant :

  • Ah, enfin les flics ! s’exclame le Vénérable, soulagé.
  • Où il est, le fou ? demande l’un d’eux.
  • C’est moi !

Je me tourne vers lui, le verre dans une main et le thyrse dans l’autre.

  • Il n’y a pas de doute, c’est bien lui ! confirme le malandrin en me voyant avancer en toge, ma couronne sur la tête.
  • Venez nous rejoindre ! La fête commence ! proposais-je.
  • Je crois que pour toi, elle est finie ! reprend mon interlocuteur. Allez, viens mon gars ! Suis-nous. Ne fais pas d’histoire !

Pourquoi en ferais-je ? Drapé dans ma toge, je redresse ma couronne qui a tendance à glisser sur mon nez, et je lui réponds : « Vaillant guerrier, je te suis. »

LE RETOUR DANS L’OLYMPE.

Les hommes en bleu hochent la tête, d’un air entendu. Dehors, un beau char grillagé m’attend. Ce n’est pas celui d’Hélios[4] – il ne le sort pas la nuit -, mais il a ses quatre roues.

Ce qui m’inquiète, c’est que je ne vois pas l’attelage de chevaux qui doit le tirer. Je m’en ouvre à mes guides. L’un d’eux me répond : « Ne t’en fais pas, on est parti les chercher. Allez, grimpe, maintenant ! On est pressé. On va te ramener chez toi. Vite ! Monte ! »

Ah, quel bonheur ! Grimper, monter chez moi… Je vais enfin retrouver mon Olympe et ses dieux !

Mon thyrse avec sa pomme de pin dans ma paume de main, j’adresse une dernière invite à mes hôtes qui s’agglutinent à la porte : « Venez Ménades, Satyres, Bacchantes ! Suivez-moi ! Et fêtons ensemble mon retour ! »

Mais ma proposition n’a pas le succès escompté. Tous se précipitent dans la taverne, me laissant seul, avec mes cochers, rejoindre, aux cieux, mon empyrée[5]


[1] Oribasie : L’oribasie est l’ascension d’une montagne sacrée (le Parnasse pour Delphes, le Cithéron pour Thèbes, le Solmissos pour Éphèse) que les ménades, les thyades ou les bacchantes gravissent en l’honneur de Dionysos.

[2] « Évohé ! Évohé, Bacche ! » :C’est le cri que poussaient les Bacchantes en invoquant leur dieu, lors des « Phallophories ». Les phallophores « étaient des hommes qui ne portaient point de masque sur leur visage, mais qui le couvraient avec un tissu formé par des feuilles de lierre, de serpolet et d’acanthe. Une épaisse couronne de lierre et de violette ceignait leur tête. Ils portaient l’amict [une pièce du vêtement liturgique, que le prêtre place autour de son cou et sur ses épaules, sous l’aube] et la robe augurale ; ils tenaient en main de longs bâtons, de la cime desquels pendaient des phallus » (« Les divinités génératrices » de Jacques-Antoine Dulaure, 1805).

[3] Hermès : Dieu grec des voyageurs, gardien des routes et des carrefours, il porte un casque ailé. Son correspondant romain est Mercure.

[4] Hélios:Dieu grec, il personnifie le Soleil. Il est parfois identifié à Apollon (qui, lui-même, est souvent confondu avec Phébus).

[5] Empyrée : Dans le système cosmologique antique, l’empyrée est le ciel supérieur, le plus éloigné de la Terre ; c’est là qu’en censée se situer la demeure des dieux.

Un ouvrage indispensable : « Le Dictionnaire vagabond en Franc-maçonnerie »

Pour une lecture sans finPour une meilleure compréhension de la pensée maçonniquePour avoir un bel objet dans sa bibliothèquePour s’en servir comme haltère avec ses 2 kilosParce qu’il est indispensable à tout franc-maçonParce qu’il procure du plaisir à le parcourirParce que c’est Solange Sudarskis qui l’a écrit (humour)

La spécificité lexicale du Dictionnaire vagabond n’est pas dans la terminologie, mais dans l’usage qui en est fait, et cela constitue véritablement un langage que l’auteure a dû apprendre depuis sa réception en Franc-maçonnerie. Cet ouvrage est le partage de cette formation. Chaque entrée est une porte dérobée vers un monde cognitif. Il y a une manière d’approcher l’histoire de la Franc-maçonnerie, ses référents symboliques et mythiques, un besoin de comprendre le parcours de l’initiation.

Solange Sudarskis a voulu une approche pluridimensionnelle des mots et expressions de ce Dictionnaire comme tout autant de symboles en essayant d’en dégager 4 aspects :

Leur forme matérielle sous laquelle ils se présentent, on appelle cela le signifiant. Ce sont les entrées du Dictionnaire.

Leur signifié en tant que concepts de pratiques symboliques non seulement celles de la Franc-maçonnerie mais d’autres aussi, telles la kabbale, l’alchimie, par exemple, quand c’était possible, pour les rapprocher de leur utilisation par les rituels et usages en FM. C’est ce que l’on peut appeler le contexte culturel.

L’endroit de leur usage au cours des travaux de Loge selon les trois premiers degrés

Leur intentionnalité issue des sources de la FM, en particulier dans les catéchismes, facilitant l’interprétation des rituels. Les mythes sont à cet égard des réservoirs d’archétypes qui exposent les grandes questions existentielles.

Conformément à la méthode dialectique, qui procède par «division et rassemblement», le Dictionnaire vagabond propose des éléments, apparemment séparés mais qui ne se suffisent pas nécessairement par eux-mêmes. C’est pourquoi ils renvoient à un ou plusieurs autres fragments faisant éclater le carcan abécédaire permettant «de passer d’un sens à un autre, mu par un élan, une sorte de ricochet du raisonnement et de l’imaginaire».

Quant aux illustrations, elles permettent une approche plus immédiate, à la fois réduction et extension du sens qui accompagne les entrées.

Pour aller plus loin, il en ressort, pour le lecteur, qu’une réflexion personnelle est nécessaire. Il s’agit, pour lui, de trouver sa propre grille de lecture de ce que lui offre la Franc-maçonnerie.

COMME L’ÉCRIT CHRISTIAN ROBLIN dans la préface, «ce dictionnaire si puissamment original va, dans sa nomenclature, du glossaire à l’encyclopédie, en passant par la définition des mots usuels et l’exégèse des formules consacrées. Comme son titre le laisse subodorer, il ne s’est pas limité à circonscrire étroitement son sujet, par le seul jeu des notions, des symboles, des figures et des expressions qui s’y rattachent coutumièrement, mais il a multiplié les entrées poreuses, les enjambements épistémiques qui complètent la compréhension du domaine et c’est ainsi, qu’en butineuse ordonnée autant qu’inspirée, Solange Sudarskis a déployé sa curiosité sur tous les terrains, facilitant, par ses fréquents renvois des circulations rationnelles et des acquisitions approfondies, avec une unité de style et une vivacité d’esprit qui donnent à l’ensemble une passionnante et vertigineuse vitalité : expositions aussi rigoureuses que foisonnantes, approches aussi singulières que méthodiques, embardées aussi compréhensibles qu’inattendues».

Retenons le résumé de la note de lecture de l’éditeur. ICI

Le « Dictionnaire vagabond en Franc-maçonnerie » de Solange Sudarskis est une œuvre colossale qui explore en profondeur l’univers de la franc-maçonnerie.

Ce dictionnaire ne se contente pas d’une simple définition des termes maçonniques. Il propose plutôt un voyage initiatique à travers les symboles, les rituels, et les concepts fondateurs de la franc-maçonnerie. L’auteure, par une approche à la fois érudites et poétique, invite le lecteur à une réflexion personnelle sur les mystères de l’Art Royal.

Les points clés de cet ouvrage :

  • Une approche « vagabonde » et personnelle : L’auteure ne se limite pas à une approche académique, mais propose une vision personnelle et intuitive de la franc-maçonnerie, en tissant des liens entre différents concepts et en ouvrant des perspectives inattendues.
  • Un réseau dynamique de significations : Chaque terme du dictionnaire renvoie à d’autres, créant un réseau complexe et vivant de significations qui invite le lecteur à explorer les différentes facettes de la pensée maçonnique.
  • Une ouverture aux autres traditions : L’auteure établit des liens entre la franc-maçonnerie et d’autres courants spirituels et philosophiques, tels que la kabbale, l’alchimie, et la gnose, enrichissant ainsi sa compréhension.
  • Un style poétique et méditatif : Le langage utilisé est riche en images et en métaphores, invitant le lecteur à une réflexion profonde et à une exploration intérieure.
  • Une œuvre en constante évolution : Cette deuxième édition propose de nouvelles analyses et des renvois internes supplémentaires, témoignant de la volonté de l’auteure de poursuivre son exploration de la franc-maçonnerie.

En résumé, le « Dictionnaire vagabond en Franc-maçonnerie » est un ouvrage incontournable pour tous ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de la franc-maçonnerie. Il offre une vision à la fois rigoureuse et poétique de cette tradition millénaire, invitant chacun à construire sa propre compréhension des symboles et des mystères qui la composent.

Ce dictionnaire est bien plus qu’un simple ouvrage de référence. C’est un véritable compagnon de route pour tous ceux qui souhaitent s’engager dans une quête spirituelle et personnelle.

Ouvrage de 850 pages, Dimensions ‏ : ‎ 20.2 x 4.5 x 29.8 cm, Poids ‏ : ‎ 2,02 Kilogrammes :

Le combat entre transcendance et immanence n’est pas fini : « Religare » ou « Religere » il faut choisir !

Étymologie du mot du mot religion = religio

L’ambivalence d’Augustin sur l’étymologie de « religio »

Le débat sur l’origine étymologique du mot « religio » remonte à l’Antiquité, avec deux propositions principales :

  1. Cicéron : « relegere » (relire, observer scrupuleusement)
  2. Lactance : « religare » (relier, attacher)

La position d’Augustin

Augustin adopte une position intermédiaire, utilisant les deux étymologies de manière stratégique :

  • Il choisit l’étymologie de Cicéron (« relegere ») lorsqu’il s’adresse aux non-chrétiens
  • Il opte pour l’étymologie basée sur « religare » dans ses controverses avec les manichéens

Une nouvelle approche analytique

Baptême d’Augustin

L’article propose d’analyser ces choix étymologiques d’un point de vue rhétorique, plutôt que purement linguistique. Cette approche permet de comprendre les motivations d’Augustin dans son utilisation des différentes étymologies en fonction de son auditoire.Cette analyse rhétorique considère les étymologies comme des éléments d’argumentation, révélant ainsi la stratégie discursive d’Augustin dans ses écrits théologiques et apologétiques.

La signification de la religion : un débat antique aux multiples facettes

Depuis l’Antiquité, l’étymologie du mot « religion » a fait l’objet de nombreux débats. Les auteurs latins comme Cicéron et Lactance proposaient deux origines distinctes du terme. Cicéron suggérait que « religion » venait du verbe relegere (qui signifie « relire » ou « rassembler avec soin »), tandis que Lactance, plus tard, proposait que ce mot venait plutôt de religare (signifiant « relier »). Cette divergence a traversé les siècles, et les chercheurs modernes ont continué à explorer ces propositions pour comprendre le sens original du mot.

L’étude linguistique moderne penche en faveur de l’étymologie proposée par Cicéron. Cependant, cette analyse ne permet pas d’expliquer la manière dont Saint Augustin, l’un des plus grands penseurs de l’Antiquité chrétienne, a utilisé ces deux étymologies de manière stratégique dans ses écrits. En effet, Augustin ne choisissait pas une seule définition du mot « religion », mais optait pour l’une ou l’autre selon ses interlocuteurs.

Augustin jeune

Lorsqu’il s’adressait aux non-chrétiens, il préférait l’étymologie de Cicéron, évoquant l’idée de « relire » ou « réexaminer » la foi. Mais lorsqu’il débattait avec les Manichéens, une secte influente à son époque, Augustin choisissait plutôt l’étymologie de Lactance, insistant sur l’idée de « lien » ou de « connexion » entre l’homme et Dieu.

Cette approche flexible d’Augustin met en lumière la manière dont les anciens auteurs utilisaient l’étymologie non seulement pour expliquer un mot, mais aussi pour servir un argument. Pour eux, l’étymologie était un outil rhétorique, un moyen de renforcer un discours en fonction du contexte ou du public visé.

Les linguistes modernes, en se concentrant sur la recherche de l’origine précise d’un terme, soulignent souvent la « justesse » de Cicéron et l’erreur de Lactance. Pourtant, la démarche d’Augustin montre que la valeur d’une étymologie ne résidait pas uniquement dans sa précision, mais aussi dans sa capacité à convaincre ou à persuader.

Ainsi, l’analyse des textes antiques révèle que l’étymologie avait, à l’époque, un rôle argumentatif essentiel, loin des critères strictement scientifiques que nous lui attribuons aujourd’hui. Cette vision permet de mieux comprendre pourquoi Saint Augustin a pu jongler entre deux définitions, en fonction des débats religieux et philosophiques de son temps.

La controverse entre Augustin et les manichéens autour du terme religare

Saint Augustin

L’usage du terme religare dans l’œuvre d’Augustin trouve des similitudes avec la pensée de Lactance, notamment en ce qui concerne le rapprochement entre la philosophie et la religion. Cependant, en observant de près les passages où ce mot est utilisé, des différences significatives apparaissent entre les deux penseurs. Ils décrivent en effet des expériences religieuses très distinctes.

Lactance, dans son ouvrage Les Institutions divines, rejette ouvertement l’étymologie du terme religio proposée par Cicéron, qui associe la religion à l’idée de « relier ». Pour Lactance, la religion est avant tout un lien de soumission entre l’homme et Dieu, évoquant des termes liés à l’esclavage comme uinculum (lien), obsequium (obéissance) et seruire (servir). Cette vision présente la religion comme une forme de servitude spirituelle où le fidèle se soumet à son créateur. Cependant, Lactance ne développe pas cette étymologie de manière scientifique, mais l’utilise plutôt pour appuyer son argumentation apologétique contre le paganisme.

Saint Augustin

Augustin, quant à lui, adopte une approche différente dans ses écrits, en particulier dans ses controverses contre les manichéens. L’un des points centraux de son opposition au manichéisme est la relation entre l’âme et Dieu. Pour Augustin, l’âme humaine, séparée de Dieu par le péché, doit être réconciliée avec Lui. C’est à travers la réconciliation que l’âme peut à nouveau se relier à Dieu, un processus que décrit le terme religare. Il n’utilise pas cette étymologie dans un sens purement linguistique, mais plutôt pour renforcer son argument contre l’émanatisme manichéen, qui voit l’âme comme une partie consubstantielle de Dieu, donc parfaite et sans besoin de purification.

Dans son traité De la vraie religion, Augustin développe cette idée en affirmant que la vraie religion est celle qui permet à l’âme de retrouver son créateur après avoir été arrachée de lui par le péché. Il insiste sur la notion de purification de l’âme, qui doit être renouvelée par la religion pour se rapprocher de Dieu. Contrairement à Lactance, qui voit la religion comme un lien de servitude, Augustin envisage une relation plus spirituelle et intérieure, où l’âme du croyant cherche à se reconnecter avec son créateur.

Lactance

Cette opposition entre Lactance et Augustin met en lumière deux conceptions très différentes de la religion : pour Lactance, elle est un lien de soumission, tandis que pour Augustin, elle est un processus de réconciliation et de renouvellement spirituel. Ces divergences soulignent l’importance du contexte dans lequel chacun utilise l’étymologie de religare, non pas comme une vérité scientifique, mais comme un outil rhétorique pour soutenir des arguments théologiques.

Augustin et sa mère Sainte Monique

Ainsi, même si les recherches linguistiques modernes privilégient l’étymologie proposée par Cicéron, il est important de comprendre que Lactance et Augustin utilisaient ces étymologies pour soutenir leurs discours dans des débats philosophiques et religieux. L’enjeu pour eux n’était pas tant de définir la religion de manière linguistique que de l’expliquer dans un cadre spirituel ou apologétique, en fonction de leurs interlocuteurs et des contextes polémiques dans lesquels ils écrivaient.

En conclusion, la lecture de ces étymologies dans le cadre de la pensée antique montre qu’elles ne doivent pas être prises comme des vérités immuables, mais comme des arguments visant à persuader un public dans un contexte de controverse religieuse.

De la beauté avant toute chose

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Le 10 octobre dernier, dans les locaux de la Grande Loge Féminine de France, la Grande Maîtresse, Liliane Mirville, a présenté devant la presse et les représentants des Obédiences amies, le livre que les Cahiers de la GLFF viennent d’éditer, consacré à la Beauté, et qu’a préfacé celle qui l’a précédée à cette charge, Catherine Lyautey.

Celui-ci réalisé sous la plume érudite de deux éminentes historiennes de la franc-maçonnerie féminine, Françoise Moreillon et Françoise Sabadell, avec le concours d’autres chercheuses, est une incontestable réussite, tant sur le plan de la forme que sur celui du fond.

De belles photographies, en effet, illustrent ce qui fut d’abord la franc-maçonnerie d’adoption, avant de devenir, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la franc-maçonnerie féminine de plein exercice, telle que nous la connaissons aujourd’hui. Des solennels bustes de Marianne, symbole de la République, à l’émouvante maquette d’une tenue, par une sœur santonnière, en passant les sautoirs brodés, les bannières, les diplômes, le timbre commémoratif de 1995 ou la statue de la tailleuse de pierre et autres objets symboliques, on mesure au fil des pages la richesse des collections de la rue du Couvent, pour la première fois dévoilées, qu’il s’agisse de bois, de porcelaine, d’ivoire, de verre ou de métal.

Mais le mérite de ce volume réside aussi dans le texte permettant au lecteur de se familiariser avec l’histoire de la franc-maçonnerie féminine française, en général et, plus particulièrement, la Grande Loge Féminine de France, qui ne fut jamais simple ni facile, et s’est construite comme un combat mené pour permettre aux femmes, d’abord d’être maçonnes, ensuite d’être indépendantes, et, avec elle, ses figures les plus charismatiques.

Pour ceux qui en douteraient encore, les sœurs sont des frères comme les autres et, sans conteste, ce bel ouvrage contribue à en faire prendre conscience sous le signe d’un symbole fortement partagé par tous les adeptes du Rite Ecossais Ancien Et Accepté, puisque le hasard fait que le dernier Points-de-Vues-Initiatiques, sorti en septembre, sous le numéro 213, la revue de la Grande Loge de France affiche pour thème conducteur La Beauté, un Idéal ? Que la Beauté orne donc le temple universel des enfants de la Lumière et qu’elle accompagne à jamais les consciences éclairées.

Jean-Pierre Thomas

Les Voyages symboliques au 3° degré

De notre confrère thesquaremagazine.com

Le candidat est admis sur la base du compas, et ce fait est d’une importance bien plus grande que la plupart des frères ne le pensent probablement.

Chapitre III – Les voyages symboliques

Premièrement, comme cela a été noté, un bras du compas est toujours au centre, quelle que soit la distance parcourue par l’autre, et du point de vue du candidat, même s’il ne le sait pas, cet acte indique en un sens que son cœur, et donc lui-même, est au centre.

Deuxièmement, le compas de ce degré est relié à l’équerre utilisée au degré précédent à une occasion similaire.

Vesica piscis
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Nous avons vu dans les livres précédents que l’équerre et le compas sont réunis sur le piédestal de manière à former la Vesica Piscis, emblème du principe féminin et symbole de la naissance et de la renaissance. C’est donc symboliquement que le candidat passe par la Vesica Piscis.

De plus, après être entré dans la Loge à ce degré, comme aux degrés précédents, il s’agenouille tandis que la bénédiction du Ciel est invoquée, et ce faisant, les baguettes des diacres sont croisées au-dessus de sa tête.

Il s’agenouille ainsi dans un triangle, emblème de l’Esprit, et lui-même lié au losange. Deux triangles équilatéraux forment un losange, qui est produit de la Vesica formée par deux cercles, comme le montre la première proposition d’Euclide.

Compte tenu de l’importance accordée à la géométrie dans l’ensemble de nos rituels, ces faits ne peuvent être ignorés.

Nos Frères Opératifs ont dû comprendre que toute la science de la Géométrie découle de cette première proposition, qui montre comment former un triangle (emblème de la Trinité et de l’Esprit) au moyen de deux cercles dont les circonférences passent par le centre l’une de l’autre.

Ce faisant, ils forment la Vesica formée, qui donne naissance tout d’abord au triangle, puis au double triangle, en forme de losange. Ce dernier emblème est symbolisé par l’équerre qui désigne la matière, et le compas qui désigne l’esprit.

Les faits ci-dessus jettent un flot de lumière sur l’interaction entre ces emblèmes maçonniques.

Avant de quitter ce sujet, il convient de souligner que le candidat assume également toutes les obligations de la Maçonnerie artisanale à l’intérieur de ce triangle, et que la même méthode est employée dans d’autres rites anciens, y compris ceux de la Société du Ciel et de la Terre en Chine, où le candidat s’agenouille sur une épée, tandis que deux autres sont tenues au-dessus de sa tête de manière à former un triangle d’acier.

Le candidat entame alors ses trois voyages symboliques. Il doit d’abord prouver au témoin de Jéhovah, représentant le Collège, qu’il est un apprenti entré, c’est-à-dire un homme de bonne moralité.

Il convainc ensuite le SW, représentant l’Âme, qu’il a bénéficié des leçons de la vie et acquis des connaissances intellectuelles.

Vient ensuite le troisième voyage, où il est une fois de plus interpellé par l’Âme, qui lui demande le mot de passe dont la pleine signification a déjà été expliquée.

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Combinons ces significations ! Il vient chargé de biens matériels qui portent en eux-mêmes les germes de la mort, représentant inconsciemment dans sa personne l’ouvrier des métaux qui a fabriqué les colonnes jumelles et qui est sur le point d’être enterré. (tymboxein).

C’est pourquoi l’Âme le présente à l’Esprit comme quelqu’un bien préparé pour remplir le rôle de son grand prédécesseur.

Il y a ici un point dont nous devons tenir compte, car c’est un point que l’on oublie souvent. Dans les degrés précédents, un seul diacre était chargé de guider le candidat vers l’est, mais ici, les deux sont nécessaires.

D’un point de vue pratique, il n’y a aucune raison évidente pour laquelle l’aide du JD devrait être invoquée, et comme la cérémonie est généralement menée, il ne fait rien d’autre que regarder.

Je crois cependant que le SD devrait d’abord parcourir les étapes et le JD devrait aider le candidat à copier son exemple.

S’il en était ainsi, nous obtiendrions une répétition presque exacte de la cérémonie analogue dans l’Arche Royale où le Principal Sojourner, correspondant au SD, est aidé par un assistant.

Ainsi, avec le candidat, dans les deux cas, nous obtenons une Trinité, dont un seul membre descend effectivement dans la tombe, ou, dans l’autre cas, dans le caveau.

Comme l’a souligné le major Sanderson dans An Examination of the Masonic Ritual, parmi les races primitives, un homme qui enjambait une tombe ouverte était généralement considéré comme ayant commis un sacrilège et serait presque certainement tué, mais, d’un autre côté, nous savons que dans de nombreux rites initiatiques, soit le candidat, soit quelqu’un d’autre pour lui, descend dans une tombe et y est ensuite symboliquement tué.

Si telle est la véritable interprétation de cette partie de la cérémonie, la raison de la présence des deux diacres en plus du candidat devient claire. C’est seulement le Corps qui descend dans la clarté, l’Ame et l’Esprit n’y ont aucune part.

Ainsi, pour le moment, bien que temporairement seulement, ces trois personnes représentent la nature trinitaire de l’homme, tandis que les trois officiers principaux représentent la nature trinitaire de Dieu. Le fait que cela soit indubitablement vrai dans le cas de l’Arche Royale, rend presque certain que la même idée sous-tend cette différence apparemment sans importance entre les dispositions du troisième degré et celles suivies dans le premier et le deuxième.

Quand on étudie avec soin les détails de notre rituel, on trouve sans cesse de petits points, comme ceux-ci, qui n’auraient certainement pas survécu à la révision drastique de 1816 s’il n’y avait pas eu des hommes présents qui comprenaient vraiment le sens profond de nos cérémonies et refusaient de permettre que d’importantes leçons soient perdues en supprimant ce qui, à première vue, semble être des détails inutiles.

C’est pourquoi, ceux d’entre nous qui accordent de la valeur au sens profond de nos cérémonies, ont une profonde dette de gratitude envers ces hommes, même si leurs noms réels nous sont inconnus, et de notre côté, nous avons le devoir de ne pas modifier hâtivement les rituels, simplement parce que nous ne voyons pas nous-mêmes la pleine signification d’une phrase ou pensons qu’en la révisant nous pouvons rendre la formulation plus fluide.

Le facteur suivant que nous devons considérer avec le plus d’attention est celui des étapes elles-mêmes. Elles forment la croix latine de la souffrance et du sacrifice.

Parfois, les pas ne sont pas effectués correctement, car le candidat doit veiller à faire face respectivement au nord, au sud et à l’est.

Ce procédé se réfère sans doute aux trois entrées du Temple par lesquelles HAB a tenté de s’échapper. On voit donc que le Maître lui-même a foulé la croix du Calvaire au cours de la tragédie et a en quelque sorte fabriqué la Croix de Consécration du Temple.

Dans une église médiévale, et même aujourd’hui, lors de la consécration d’une église selon l’ordonnance anglicane, une croix de dédicace doit être marquée sur le bâtiment.

Au Moyen Âge, ces marques étaient généralement inscrites sur les piliers et correspondaient apparemment à la marque laissée par une personne illettrée lorsqu’elle assistait à un acte.

L’évêque consécrateur dessinait parfois cette croix sur le pilier ou sur le mur, ou bien la traçait simplement sur une croix déjà peinte à cet effet. Toute nouvelle œuvre dans une église, même s’il ne s’agissait que d’une nouvelle fresque, avait sa croix de consécration.

Jour du jugement – ​​Échelle du salut de l’âme humaine. Notez le « Pont de la terreur » représentant divers artisans, dont un maçon. Dans la marge, en bas à gauche, se trouve une « Croix de consécration ».
Peinture murale médiévale dans l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, Chaldon, Angleterre.
CRÉDIT PHOTO : Ian David Rees (CC BY-SA 2.0)

Par exemple : à l’église de Chaldon, dans le Surrey, la croix de dédicace est marquée sur la marge d’une fresque représentant « Le brick de la terreur », décrite en détail dans « La franc-maçonnerie et les dieux antiques ».

En gardant ces faits à l’esprit, nous percevrons que, même du point de vue opératif, la manière dont Hiram Abiff a progressé dans ce degré et la manière dont il a rencontré sa fin ont eu une signification particulière.

Le grand architecte du Temple a dû tracer de son propre sang la croix de consécration sur toute la longueur et la largeur du Temple. De plus, les croix de consécration qui ont survécu sont presque toujours peintes en rouge.

Ainsi, le dernier travail d’Hiram Abiff fut, en quelque sorte, de commencer la consécration du Temple qui fut achevée par le roi Salomon, car tant que cette croix n’avait pas été marquée sur le mur ou le pavé, selon les idées opératives médiévales, le bâtiment ne pouvait pas être consacré.

Par conséquent, le candidat qui rejoue le même drame doit évidemment faire de même, et ce faisant, il consacre le Temple de son corps.

Mais cet acte cérémonial cache encore bien plus de choses. Les anciens Templiers étaient accusés d’avoir piétiné la croix, et un examen attentif des preuves recueillies lors du procès montre qu’en réalité ils ont accompli une démarche rituelle quelque peu similaire à celle suivie par le candidat à ce degré.

L’une des significations ésotériques indiquées est le chemin de croix qui conduit au Calvaire. De plus, ayant ainsi tracé une croix, il est ensuite étendu sur celle-ci, et ce fait est souligné par la position dans laquelle sont placés ses jambes ou ses pieds. Le pied de cette croix atteint le piédestal sur lequel repose l’Ancien Testament.

Si donc cette croix symbolique était élevée comme elle l’a été sur le Calvaire, elle reposerait sur l’Ancien Testament, et le candidat ferait face à l’Orient, et serait, pour ainsi dire, sur une montagne.

Ce fait doit être gardé à l’esprit par ceux qui recherchent une interprétation chrétienne de nos cérémonies de l’Art. Interprété mystiquement, cela signifie que tout aspirant à l’union avec le Divin doit parcourir le Chemin de Croix, y souffrir et y mourir, afin de pouvoir s’élever vers une vie nouvelle, une réalisation de son union avec l’Infini.

« Le chemin de croix » de Gennadiy Jerszow – 14 images en relief (bronze) Basilique de l’Assomption de la Vierge Marie. Gdańsk, Pologne.
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Même ceux qui sont peu enclins à admettre la possibilité d’une interprétation chrétienne des degrés de l’Art, doivent reconnaître le fait que cette croix est la croix du sacrifice et signifie que le véritable aspirant doit être prêt à tout sacrifier dans sa recherche de la Vérité.

Le nombre des marches est la combinaison de la Trinité et des quatre éléments, représentant la matière.

C’est le même nombre qui forme la loge parfaite, et aussi les sept éléments qui forment l’homme, que nous l’interprétions selon l’ancien système égyptien, ou sous la forme plus moderne des cinq sens physiques, l’Âme et l’Esprit.

Dans ce dernier cas, cela indique que l’homme doit être prêt à sacrifier, ou devrions-nous dire à consacrer à Dieu, Corps, Âme et Esprit.

Il y a encore d’autres significations profondes dans cet acte rituel, mais il y a suffisamment de choses écrites pour inciter mes lecteurs à réfléchir par eux-mêmes, et nous allons donc passer à l’examen du point suivant de la cérémonie.

L’obligation elle-même contient un ou deux points intéressants. Ainsi, elle indique qu’une Loge MM doit toujours être ouverte sur le centre.

Cela nous montre immédiatement que nous avons affaire à une cérémonie ayant une signification mystique, car le centre signifie la même chose que la chambre médiane au deuxième degré – la chambre secrète du cœur, où réside l’Étincelle Divine – et nous dit ainsi en langage voilé que tout ce qui se passe ensuite est une expérience spirituelle, qui tôt ou tard arrive à chaque mystique.

Les obligations morales particulières auxquelles le candidat s’engage doivent être notées, mais ne nécessitent aucune explication.

Il est cependant difficile de comprendre pourquoi ces devoirs devraient être différés jusqu’à ce stade. Dans les charges anciennes, des obligations similaires sont apparemment imposées aux apprentis inscrits et cela semble plus logique.

La prière varie même dans différentes parties de l’Angleterre, mais dans l’essentiel, elle est toujours la même.

Vous êtes au sud du centre, et la manière dont les morts sont disposés rappelle beaucoup la façon dont les morts sont incinérés en Inde en l’honneur de Shiva.

Là, le cadavre est brûlé près d’une eau courante, de préférence près du Gange, et les cendres sont jetées dans les airs au-dessus du fleuve jusqu’aux quatre points cardinaux, afin que les vents puissent les disperser.

Il faut se rappeler que Shiva représente l’attribut destructeur de la Déité et qu’il inscrit sur ses statues le PS d’un Maître Maçon. Son élément est le feu, et tous ces faits doivent être gardés à l’esprit lorsque nous envisageons notre propre prière.

La position de l’équerre et du compas, en plus de l’explication donnée, indique que l’esprit, représenté par le compas, domine désormais le corps, typifié par l’équerre.

Article de : JSM Ward

John Sebastian Marlow Ward (22 décembre 1885 – 1949) était un auteur anglais qui a publié de nombreux ouvrages sur la franc-maçonnerie et l’ésotérisme.

Il est né dans ce qui est aujourd’hui le Belize. En 1908, il a obtenu son diplôme d’histoire à l’Université de Cambridge avec mention, suivant les traces de son père, Herbert Ward, qui avait également étudié l’histoire avant d’entrer dans la prêtrise de l’Église anglicane, comme son père l’avait fait avant lui.

John Ward est devenu un écrivain prolifique et parfois controversé sur une grande variété de sujets. Il a contribué à l’histoire de la franc-maçonnerie et d’autres sociétés secrètes.

Il était également un médium psychique ou spiritualiste, un éminent homme d’église et est toujours considéré par certains comme un mystique et un prophète des temps modernes.

Conte d’une histoire vraie

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Et si la vie n’était qu’une fiction…

« Peut-on vivre la vie de tous les jours comme un conte ? »

Le conte du « Tuileur » diffusé en vidéo sur notre journal a eu un bon écho. Il en est également de même sur le réseau YouTube, auprès d’un public et d’un lectorat moins ciblés.

Je me suis posé quelques questions du style, « Est-ce que je réécris un autre conte ? ». Je n’étais pas très chaud et je me suis dit… on verra plus tard.

J’ai donc laissé passer quelques mois et cette semaine je me suis mis à en écrire un autre, de bon matin sachant que le numéro deux est toujours délicat. Il faut savoir passer le cap pour arriver au numéro trois qui lui aussi est un cap à franchir pour un franc-maçon.

Alors je vous laisse le choix d’appuyer sur le bouton vidéo ci dessous :