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De quoi peuvent donc discuter un frère et une sœur qui n’ont presque « rien » en commun ?

Rien en commun… Si ce n’est la grande famille de la franc-maçonnerie !

Comment créer le rapprochement d’un frère, d’une obédience qui pratique un rite moderne et une sœur, d’un ordre qui pratique un rite opératif ? En tout bien tout honneur, cela va de soi ! Imaginons la scène… Elle est rigoureuse et tournée vers le symbolisme, il est un peu provocateur à ses heures et son appétence va au sociétal » ! Pas grand chose en commun, pas le même chemin…

Et pourtant quoi de mieux qu’une tenue commune pour réunir ce qui est épars, a fortiori quand les esprits vifs peuvent se retrouver autour d’un goût prononcé pour la discussion philosophique ?!

Elle : Bon, d’accord , nous ne le sommes pas d’accord… Pourtant on doit bien pouvoir proposer un thème qui fasse sens à tous dans cette tenue commune ! Étant entendu que l’on n’abordera pas le sujet prématuré de la mixité !

Lui : D’accord, mais évitons les sujets qui finissent par être plus hermétiques qu’un coffre-fort ! Un sujet de société, ce serait bien, non ?

Elle : Pffff, tu sais dans mon rite, on est très axés sur le symbolisme et au moins, il n’y a pas sujets à débat ! On aime bien la géométrie sacrée aussi…

Lui : Ah je vois… Tu ne penses pas qu’avec un sujet qui ne serait pas accessible, on ne finisse pas par se demander si on assiste pas à une conférence de physique cantique ? Le triangle équilatéral dans une pyramide inversée relié à la dimension spirituelle de l’âme humaine ? C’est ça ?

Elle : Vous et nous… Un vrai défi ! Et pourquoi pas parler de l’équilibre entre le matériel et le spirituel ? Le compas… L’équerre… Ca pourrait relier vos triangles tordus et nos lignes droites ?!

Lui : Bah , ça veut dire quoi nos « triangles tordus » !? Je te signale qu’ils ne le sont pas plus que les vôtres ! Moi, je dirais plutôt qu’une tenue commune entre nous n’est juste que le défi de bâtir un pont entre vos points centraux et nos portes d’entrée !

Elle : On a un point du centre, pas des points centraux ! Ah ! Vois-tu, il est placé au centre du tapis de loge sous le fil à plomb et on se contente pas juste de tourner autour en marquant les angles… Nous.

Lui : Si tu veux, mais on est peut-être moins obsessionnels sur les objets symboliques… Nous ! Pas besoin de placer un point du centre pour savoir qu’on est venu chercher la lumière ! Et pas besoin d’un dessin géométrique qui ferait passer Euclide pour un illuminé !

Elle : Mais enfin ! Si on place pas le point de centre en début des travaux, comment veux-tu qu’on s’harmonise avec l’univers ? Tout est question de mesure et de proportion, Goethe a dit : »Si tu veux progresser vers l’infini, explore le fini dans toutes les directions ». Moi, je suis d’accord avec lui !

Lui : Mais moi aussi, je suis d’accord avec tout ça ! Le point du centre, si tu ne fait pas juste le regarder en marquant les angles, c’est peut-être juste un point fixe dans l’univers pour vous arrêter et respirer un coup quand vous faites le tour du tapis de loge ! Bon, ça va…Fais pas cette tête, je plaisante ! Je crois qu’il va falloir qu’on s’aventure un peu dans l’incertitude et l’ambiguïté où les formes ne sont pas toutes tracées. Et là, tu vas me dire que je suis un hérétique !

Elle : Non, juste un égaré de la circumambulation…

Lui : Allez, et si on travaillait sur la pensée de Goethe ? Histoire de juste se retrouver dans quelques circonvolutions spirituelles ?

Elle : Allez ! Adjugé !

Le Martinisme : un courant initiatique entre mysticisme et ésotérisme

Le martinisme, à la croisée des traditions philosophiques, initiatiques et ésotériques judéo-chrétiennes, est un cheminement spirituel qui fascine par la richesse de ses enseignements et la profondeur de sa quête. Héritier des pensées de Martinez de Pasqually et de Louis-Claude de Saint-Martin, il propose une exploration du symbolisme universel et une réflexion sur la nature divine de l’homme.

Une philosophie fondée sur la réintégration

Le cœur du martinisme réside dans le concept de « réintégration », qui évoque la chute symbolique du premier homme, son éloignement de la source divine, et le chemin spirituel qu’il doit emprunter pour retrouver son essence originelle. Cette quête, parfois appelée « illumination », s’appuie sur des disciplines variées : la Kabbale, la science des nombres, l’interprétation des rêves, l’angélologie, et les textes sacrés, notamment les Évangiles apocryphes.

Des origines théurgiques et mystiques

Martinez de Pasqually

Martinez de Pasqually, à travers son école théurgique fondée en 1761, introduit une approche opératoire et rituelle visant à établir un lien entre l’homme et le monde divin. Son disciple, Louis-Claude de Saint-Martin, élargit cette vision en développant une voie mystique dite « cardiaque », centrée sur l’amour divin et la transformation intérieure. Dans ses écrits, Saint-Martin décrit les étapes de l’évolution spirituelle dans des œuvres majeures comme Le Crocodile ou L’Homme de Désir.

Le rôle de Papus et la structuration moderne

À la fin du XIXᵉ siècle, Gérard Encausse, connu sous le nom de Papus, formalise le martinisme en fondant l’Ordre Martiniste. Inspiré par les enseignements de Saint-Martin, Papus crée un cadre initiatique qui se structure en trois degrés : Associé, Commencé, et Supérieur Inconnu (S.I.). Ces grades marquent une progression dans la compréhension des mystères spirituels, avec un accent sur la transmission de maître à disciple.

Un courant judéo-chrétien et ésotérique

Le martinisme s’inscrit dans le christianisme ésotérique, partageant des thématiques communes avec la théosophie des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Antoine Faivre, spécialiste de l’ésotérisme, décrit cette doctrine comme une synthèse entre mysticisme populaire et érudition philosophique, intégrant des notions comme la chute originelle, la réintégration, et l’androgynat.

Cependant, le martinisme ne se limite pas à une tradition unifiée. Il se divise en plusieurs branches interconnectées :

  • Le martinésisme, centré sur la théurgie de Pasqually.
  • Le saint-martinisme, inspiré par la philosophie mystique de Saint-Martin.
  • Le willermozisme, représenté par Jean-Baptiste Willermoz à travers le Rite Écossais Rectifié.
  • L’Ordre Martiniste, relancé par Papus et ses successeurs.

Une transmission initiatique et une quête universelle

Le martinisme, comme d’autres traditions initiatiques, accorde une importance capitale à la transmission. Les initiations se déroulent en privé, dans un cadre rituel, et visent à « planter une graine » que l’initié doit cultiver. Ce processus ne se limite pas à une connaissance intellectuelle : il s’agit d’une expérience intérieure destinée à transformer l’être dans sa totalité.

Entre héritage et mystifications

Certaines interprétations modernes attribuent au martinisme des racines remontant à des confréries hermétiques du Moyen Âge ou de l’Antiquité, comme les « Frères d’Orient » ou les gnostiques alexandrins. Toutefois, René Guénon met en garde contre ces mythes historiques, soulignant que la Tradition initiatique repose davantage sur un symbolisme universel que sur des faits historiques avérés.

Un impact durable

Le martinisme continue d’exercer une influence profonde, non seulement sur la franc-maçonnerie, avec laquelle il partage des bases symboliques communes, mais aussi sur des courants ésotériques modernes. De nombreux martinistes sont également membres d’autres ordres spirituels, tels que l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix ou l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée.

Un chemin de transformation personnelle

Plus qu’une doctrine ou un système, le martinisme se veut une voie de réhabilitation de l’Homme, selon les termes de Papus. Cette réhabilitation passe par une compréhension profonde de l’unité entre le divin et l’humain, et par un travail constant sur soi. Les martinistes considèrent leur cheminement comme une démarche spirituelle visant à s’élever au-delà des illusions du monde matériel pour accéder à une véritable lumière intérieure.

Le martinisme : une tradition vivante et universelle

Au-delà de son héritage historique et philosophique, le martinisme reste une tradition vivante, adaptée aux besoins spirituels de l’individu moderne. À une époque où la quête de sens se heurte aux tumultes de la société contemporaine, le martinisme propose un chemin de réflexion, d’introspection et de transformation.

Ce chemin repose sur une articulation subtile entre des concepts métaphysiques profonds et des pratiques concrètes. La réintégration, au centre des enseignements martinistes, n’est pas seulement une idée abstraite : elle invite chaque initié à reconnecter son existence matérielle à sa source divine, à réconcilier son humanité avec son essence spirituelle.

Le rôle de la théurgie dans le martinisme

Louis-Claude de Saint-Martin

La théurgie, héritée de Martinez de Pasqually, joue un rôle crucial dans cette quête. Souvent perçue comme une forme de magie divine, elle ne vise pas à manipuler le monde matériel mais à établir un lien entre l’homme et les plans spirituels supérieurs. À travers des rituels codifiés, elle agit comme un pont entre le visible et l’invisible, permettant à l’initié d’éveiller en lui des forces profondes et de se mettre à l’écoute des énergies universelles.

Cependant, Louis-Claude de Saint-Martin s’est détourné de la théurgie pour promouvoir une approche plus intérieure, dite « mystique cardiaque ». Cette voie privilégie la méditation, la prière et le travail sur l’amour divin. L’objectif est de purifier le cœur, vu comme le siège de l’âme, pour laisser place à une union directe avec le divin. Cette complémentarité entre la pratique théurgique et l’élévation mystique constitue l’une des spécificités du martinisme, offrant aux initiés deux voies distinctes mais convergentes.

Le martinisme et la symbolique universelle

Un autre aspect fondamental du martinisme réside dans son usage de la symbolique. Les martinistes s’appuient sur un langage universel, où chaque symbole devient un outil pour comprendre les lois cosmiques et spirituelles. Que ce soit à travers la Kabbale, les nombres, ou les figures géométriques sacrées, cette approche symbolique permet d’explorer les mystères de l’univers tout en les rattachant à l’expérience humaine.

Le Temple de Salomon, par exemple, est un symbole central du martinisme. Il représente à la fois l’homme dans son unicité et l’univers dans son ensemble. Construire le temple en soi, c’est reconstruire l’harmonie perdue entre le divin et l’humain. De même, le Grand Architecte de l’Univers, figure emblématique partagée avec la franc-maçonnerie, rappelle la présence d’une intelligence créatrice qui imprègne toute chose.

Un dialogue avec d’autres traditions

Le martinisme, bien qu’enraciné dans le christianisme ésotérique, dialogue avec d’autres traditions spirituelles et initiatiques. Son utilisation de la Kabbale l’inscrit dans une filiation judéo-chrétienne, mais il partage également des concepts avec l’hermétisme, la gnose et la philosophie platonicienne. Cette universalité en fait un pont entre les cultures et les époques, permettant aux initiés de puiser dans un réservoir de sagesse intemporelle.

Certains chercheurs, comme Robert Ambelain, ont tenté de relier le martinisme à des courants plus anciens, tels que les confréries hermétiques du Moyen Âge ou les écoles gnostiques d’Alexandrie. Bien que ces liens restent hypothétiques, ils montrent que le martinisme s’inscrit dans une longue tradition de quête spirituelle universelle.

Une tradition souvent mal comprise

Malgré sa richesse, le martinisme est parfois victime de malentendus. Confondu avec d’autres courants ésotériques ou réduit à une branche de la franc-maçonnerie, il est souvent perçu à tort comme un mouvement hermétique réservé à une élite. Or, son objectif n’est pas l’exclusivité, mais la réhabilitation de l’Homme dans sa dignité originelle.

Papus lui-même a insisté sur cette dimension universelle, en cherchant à rendre le martinisme accessible à un public plus large. Ses efforts ont permis de structurer le mouvement tout en le rattachant à des valeurs universelles : la quête de vérité, la fraternité et l’amour divin.

Un chemin pour notre époque

Dans un monde marqué par l’incertitude et les crises existentielles, le martinisme offre une réponse profonde et intemporelle. Il invite à dépasser les illusions matérielles pour renouer avec une spiritualité authentique, fondée sur l’éveil de l’être intérieur. À travers ses enseignements, il rappelle que la véritable transformation ne vient pas de l’extérieur, mais d’un travail patient et sincère sur soi-même.

Un engagement personnel et collectif

Pour les initiés, le martinisme n’est pas seulement une quête personnelle : c’est aussi un engagement envers le collectif. En réhabilitant leur propre humanité, ils contribuent à élever l’humanité tout entière. Cette dimension altruiste, enracinée dans les valeurs de fraternité et de compassion, fait du martinisme un chemin d’action autant que de contemplation.

Les liens entre le martinisme et la franc-maçonnerie

Elles privilégient la quête de la vérité intérieure et le perfectionnement de l’être humain.

Origines historiques communes
Le martinisme et la franc-maçonnerie puisent leurs racines dans le contexte ésotérique et mystique de l’Europe du XVIIIᵉ siècle. Martinez de Pasqually, fondateur du martinésisme, était lui-même franc-maçon. Jean-Baptiste Willermoz, élève de Pasqually, a intégré certains enseignements martinistes dans la création du Rite Écossais Rectifié (RER), un courant maçonnique.

Les deux traditions partagent une influence commune des idées gnostiques, hermétiques et chrétiennes ésotériques.

Symbolisme et langage communs

Le Grand Architecte de l’Univers, figure centrale dans la franc-maçonnerie, est également présent dans le martinisme, où il symbolise l’intelligence divine créatrice.

Les outils maçonniques comme l’équerre et le compas trouvent des résonances dans le martinisme, qui utilise également des symboles géométriques pour exprimer des vérités spirituelles.

Structure initiatique
Les deux mouvements reposent sur un système graduel. La franc-maçonnerie traditionnelle comporte trois degrés symboliques de base (Apprenti, Compagnon, Maître), tandis que le martinisme utilise une progression en trois degrés (Associé, Commencé, Supérieur Inconnu). Ces degrés marquent une montée en conscience spirituelle et en compréhension des mystères.

Rituels et transmission
La transmission initiatique, par un maître à un disciple, est une pratique fondamentale dans les deux traditions. Les rituels, bien que différents dans leur contenu, visent à transformer l’initié sur le plan spirituel et symbolique.

Dimension ésotérique

Les deux traditions sont qualifiées d’ésotériques, en ce sens qu’elles travaillent sur des réalités intérieures et symboliques, accessibles uniquement à ceux qui ont été initiés.

Les différences fondamentales

Le martinisme est davantage tourné vers l’introspection et le travail intérieur. Son influence sur la société est indirecte, à travers la transformation personnelle de ses membres.

Nature et objectifs

Franc-maçonnerie : Sa vocation principale est d’ordre moral et philosophique. Elle cherche à améliorer l’homme et la société à travers une réflexion symbolique et une éthique basée sur des valeurs universelles comme la liberté, l’égalité et la fraternité.

Martinisme : Il se concentre davantage sur la spiritualité personnelle et la réintégration de l’homme à sa source divine. Le martinisme est avant tout une voie mystique qui vise la transformation intérieure et la quête de l’illumination spirituelle.

Christianisme ésotérique vs universalité

Le martinisme s’inscrit dans le christianisme ésotérique, en mettant l’accent sur la chute originelle, la réintégration divine et les enseignements des Évangiles (y compris apocryphes).

La franc-maçonnerie, bien qu’empreinte d’influences judéo-chrétiennes, se veut plus universelle. Elle accepte des membres de toutes confessions ou croyances, pourvu qu’ils croient en un principe supérieur (le Grand Architecte).

Approche opérative et mystique

Le martinisme, dans son courant originel martinésiste, pratique la théurgie : une forme de rituel opératoire visant à entrer en contact avec le divin ou les intelligences supérieures.

La franc-maçonnerie est avant tout spéculative. Elle utilise des symboles et des rituels pour travailler sur le perfectionnement moral et intellectuel de ses membres, sans nécessairement inclure une dimension opérative directe.

Structure et organisation

La franc-maçonnerie est généralement organisée en obédiences ou loges, avec une hiérarchie et une structure institutionnelle bien définie. Elle fonctionne souvent à grande échelle, regroupant des milliers de membres à travers le monde.

Le martinisme est plus restreint. Ses ordres sont généralement de taille modeste et se concentrent sur un petit cercle d’initiés. Il n’a pas la même visibilité ou organisation mondiale que la franc-maçonnerie.

La relation avec la société

Représentation désuète d’un modèle de société disparu… Ou peut-être pas.

La franc-maçonnerie a une vocation sociale et humaniste. Elle cherche à agir sur le monde extérieur par le biais de réflexions, d’actions philanthropiques et d’un engagement dans les valeurs démocratiques.

En résumé sur ce point

Le martinisme et la franc-maçonnerie partagent des racines historiques et symboliques, mais leurs finalités diffèrent profondément. Là où la franc-maçonnerie vise l’amélioration de l’individu dans un cadre social et éthique, le martinisme cherche une transformation spirituelle intime, centrée sur la réintégration divine.

Les deux traditions, bien que distinctes, se complètent pour ceux qui souhaitent explorer à la fois le perfectionnement moral et la quête mystique. Ensemble, elles témoignent de la richesse des voies initiatiques offertes à ceux qui souhaitent s’élever au-delà des limites de l’existence profane.

Conclusion

Le martinisme, entre mysticisme, ésotérisme et tradition chrétienne, offre une approche unique de la quête spirituelle. Héritier d’un riche patrimoine, il propose une réflexion universelle sur le destin de l’homme, son rapport au divin et les étapes de sa réintégration. À travers ses multiples expressions et ses adaptations au fil des siècles, il demeure une source d’inspiration et de transformation pour ceux qui cherchent à allier connaissance ésotérique et élévation spirituelle. Le martinisme, par son approche mystique et ésotérique, continue d’inspirer ceux qui cherchent à concilier spiritualité et vie intérieure. À la fois pratique et contemplatif, il propose un chemin de transformation profonde, guidé par la recherche de l’harmonie entre l’homme, le divin et l’univers.

En offrant à ses adeptes des outils symboliques, des pratiques initiatiques et une vision transcendante, le martinisme demeure une voie vivante, porteuse d’une sagesse universelle adaptée aux défis de notre temps. Qu’il soit abordé comme une philosophie, une théurgie ou une mystique, il invite à dépasser les frontières de l’individu pour accéder à une vérité plus vaste, celle de l’unité et de la lumière.

Pourquoi dit-on en maçonnerie : « Combattre l’ignorance » ?

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Kristine Wilson-Slack

Qu’est-ce que l’ignorance, pourquoi est-elle si dommageable et comment pouvons-nous la combattre ?

« Il n’est nécessaire de faire la guerre qu’avec cinq choses ; avec les maladies du corps, les ignorances de l’esprit, avec les passions du corps, avec les séditions de la cité et les discordes des familles. »

La science n’est pas une philosophie ou une voie spirituelle ; C’est une façon de se comporter dans le monde. C’est une façon de penser qui encourage la logique, la raison, l’information et la communication de manière à explorer le monde dans l’émerveillement et la découverte.

Il est regrettable que la polarisation et le nationalisme, le tribalisme si vous voulez, aient fait des « fausses nouvelles » et des « faits alternatifs » une partie de notre vie quotidienne maintenant. C’est une réalité avec laquelle nous devons apprendre à naviguer. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à fouiller dans les faits et les chiffres, les recherches et le battage médiatique, mais c’est aussi d’apprendre que nous devons, parfois, désapprendre. Commencer par l’idée que « nous devons savoir » est une erreur. Ce que nous devons faire, c’est commencer à nager dans notre propre ignorance et être conscients de ce que nous ne savons pas.

Pour être franc, si nous voulons combattre l’ignorance, nous devons commencer par la nôtre.

Nous écoutons tous les jours des gens qui, en vertu de leur « connaissance » autoproclamée, sans la science ou l’expérience pour l’étayer, rejettent le travail rigoureux que les scientifiques ont fait pour établir ou démystifier notre connaissance de la nature. Des chimistes, des astrophysiciens, des climatologues, des océanographes, des biologistes, des généticiens et des nutritionnistes ont tous été mis à l’écart lorsque leurs messages ne correspondaient pas au récit des intérêts des entreprises ou du battage médiatique. Ceux qui semblent avoir le plus d’argent, le plus de parts de marché ou le plus de « marque » ont le dernier mot. Nous séparons les gens éduqués en tant qu’élitistes et les intérêts des entreprises en tant qu’« hommes ordinaires ». Qui aurait nos intérêts à cœur ?

Image générée par Intelligence Artificielle (IA)
Image générée par Intelligence Artificielle (IA)

Pour être très clair, l’expertise n’est pas la même chose que l’élitisme. Un véritable expert et scientifique sait où se situent les limites de ses connaissances. Ils savent qu’ils en savent moins que ce qu’ils ont recherché et sont en quête d’exploration. Ils élaborent des théories et les testent, en se demandant ce qui n’a pas fonctionné et ce qui a fonctionné. Ils savent que les fruits de leur travail peuvent prendre des années, des décennies, pour porter la vérité, et très probablement conduire à plus de questions.

L’élitisme, en revanche, est « La croyance ou l’attitude selon laquelle les individus qui forment une élite – un groupe restreint de personnes ayant une qualité intrinsèque, un intellect élevé, une richesse, des compétences spéciales ou une expérience – sont plus susceptibles d’être constructifs pour la société dans son ensemble, et méritent donc une influence ou une autorité plus grande que celle des autres. Ce sont les dirigeants autoproclamés ou les gourous qui ont les réponses. Un scientifique peut être élitiste, mais ce n’est pas une réflexion sur la science mais sur le caractère de l’individu. Ou l’absence de celui-ci.

Alors que je venais de terminer le documentaire « Behind the Curve » sur Netflix, j’ai trouvé extrêmement intéressant d’écouter les deux côtés du débat sur la « théorie de la terre plate ». Il y a ceux dans la communauté de la Terre plate qui croient vraiment que la science les a laissés tomber, qu’ils ont la vérité et la science pour le soutenir. Ce qui était extrêmement intéressant, c’était d’entendre les remarques du scientifique sur ce groupe de penseurs opposés. Il n’y avait aucune condescendance ou élitisme de la part des scientifiques interrogés. Il n’y a eu ni pitié ni condamnation. C’était un véritable désir de ne pas ignorer ou mettre à l’écart la discussion, mais de s’y engager . Il s’agissait de rassembler les gens plutôt que de considérer qu’il s’agissait d’une situation « nous » et « eux ». Il ne s’agissait pas de croyance et de fait ; C’était une question d’éducation. Connaissance. Lutter contre l’ignorance.

La franc-maçonnerie a une vision intéressante des idées de la nature et de la science car elles sont combinées avec la philosophie et la recherche de la vérité. C’est l’un des rares endroits où il semble que les deux puissent se réunir, pour discuter et débattre avec un récit très ouvert. La science est valorisée autant que l’expérience . La physique et la métaphysique coexistent dans la conversation et la pensée. Rien n’est interdit. Ces conversations, que ce soit lors d’une réunion de loge ou de réunions sociales, dans des groupes d’étude ou des centres d’études philosophiques, sont les moyens par lesquels nous combattons l’ignorance, si nous sommes prêts à écouter.

J’ai récemment assisté à un groupe d’étude où le sujet portait sur la question de savoir si l’humanité avait une influence sur le changement climatique. J’étais absolument certain que les humains influençaient les cycles de la nature . Comment pourrait-il en être autrement ? Il y a sept milliards de personnes dans le monde, qui occupent l’espace, consomment des ressources et polluent le monde qui les entoure. C’était une croyance et je le savais. Cependant, je me suis mis au défi de venir avec un esprit ouvert et de ne pas porter de jugement avant d’entrer dans la pièce. Je ne suis pas, de formation, un climatologue, un météorologue, un géologue ou tout autre type de géologue. Je connais la géologie au niveau secondaire et les sciences de première année à l’université. Qu’on se le dise, je n’y connais rien. Ce que j’ai fait, c’est apporter ma propre attitude et des lectures des médias et des revues pseudo-scientifiques, dans le but de produire un message qui bascule dans un sens ou dans l’autre. N’ayant pas été scolarisé pendant de nombreuses années, j’ai aussi ressenti la fierté de l’âge – je savais quelque chose du monde, bon sang. J’avais vraiment l’impression que « connais-toi toi-même » faisait partie de mon vocabulaire.

Helena Blavatsky

J’avoue que la conversation a amené mon opinion à une vision plus modérée plutôt qu’à un « côté » spécifique du débat. Le présentateur a discuté de découvertes scientifiques que je n’avais pas prises en compte et de faits géologiques dont je n’avais absolument aucune connaissance. J’ai appris sur les périodes glaciaires, les découvertes dans la fonte des glaciers actuels, les échantillons de carottes de glace, les échelles de temps géologiques et les faits historiques d’importance mondiale. Je ne dirai pas que j’ai changé d’avis . Je dirai que je suis sorti avec l’idée plus large de remettre en question ce qu’on m’a dit et d’apprendre la vérité par moi-même. J’ai appris que ce que j’avais était une croyance, pas une preuve. Si je voulais changer mon ignorance, je devais faire le travail. Moi-même.

C’est là, pour moi, que la collision de la science et de la franc-maçonnerie est à son meilleur. La franc-maçonnerie est une école de mystères – un rite initiatique qui apporte l’idée que l’être humain est la nature et que la meilleure façon de comprendre la nature et les mystères de la vie et de la mort, est d’étudier la nature. Comment étudier la nature ? Les anciennes écoles de mystères grecques, selon Blavatsky, ne sont « pas un système unique, mais basé sur la structure spirituelle de l’univers », dont il est important de comprendre la nature. Ils sont inextricablement liés, l’Esprit et la Nature, peut-être même une seule et même chose. La franc-maçonnerie, en tant que descendant moderne de ces écoles de mystères, cherche à prendre le cœur de la nature et de l’esprit, et à propulser l’humain dans l’apprentissage qui résident tous deux dans l’humanité, et c’est le travail du franc-maçon de non seulement continuer à chercher la vérité, mais aussi de chercher la vérité. C’est toujours se poser des questions, de la connaissance de soi-même à la connaissance du monde, et douter de tout. C’est un respect pour le processus scientifique autant que pour notre propre processus. Nous sommes sept milliards d’expériences et toutes sont également valables. Sinon, pourquoi les avons-nous ?

Pour les philosophes de l’Antiquité, l’ignorance était le contraire du bien. Pour Aristote comme pour Platon, personne ne fait le mal volontairement, mais seulement par ignorance. Socrate avait ses propres méthodes pour combattre l’ignorance, et beaucoup de ces principes peuvent être trouvés dans le rituel et l’éducation maçonniques. De l’apprentissage continu et des progrès quotidiens dans l’éducation à l’éducation plutôt qu’à la critique, le franc-maçon devient un scientifique du monde. Les francs-maçons s’appuient sur l’idée de Socrate selon laquelle on devrait « se connaître soi-même » en ce sens qu’ils manquent de connaissances et que nous n’avons aucune idée de ce qui est le mieux pour les autres. Le point central est la clé de l’équilibre en toutes choses, mais surtout de la lutte contre l’ignorance. Une approche mesurée, curieuse mais consciente. Enfin, je pense que Socrate avait tout à fait raison lorsqu’il a dit que l’ignorance est inévitable. Quand Socrate a dit : « Je ne sais rien d’autre que le fait de mon ignorance », ce qu’il disait, c’est qu’il n’était pas ignorant de toutes choses, mais qu’il savait qu’il était ignorant de toutes choses. Il savait qu’il serait éternellement ignorant et que ce n’était qu’à force de persévérance qu’il pouvait devenir « bon ».

23/11/24 à Saint André lez Lille : « Marché de Noël By Masonica »

L’association Le Cercle de l’acacia organisera une vente de bière et de tablettes de chocolat. Tous les bénéfices des ventes seront reversés à l’association Les Clowns de l’espoir.

Le Marché de Noël du Nord revient cette année pour une édition riche en saveurs, découvertes et convivialité. L’événement aura lieu le samedi 23 novembre 2024, dans les locaux de la GLTSO, situés au 62 bis rue de Lambersart, 59350 Saint-André-lez-Lille. Une date à marquer d’une pierre blanche pour tous les amateurs de fêtes de fin d’année et de produits d’exception.

Un marché ouvert à tous

Cette manifestation, ouverte au grand public, offre une occasion unique de plonger dans la magie de Noël tout en découvrant des produits locaux et artisanaux. Ce rendez-vous festif met à l’honneur des saveurs authentiques et des créations exclusives.

Des produits emblématiques à savourer

Le Marché de Noël sera notamment l’occasion de se procurer deux spécialités incontournables :

  • La Bière Masonica : une bière de Noël artisanale aux saveurs riches et chaleureuses, parfaite pour accompagner vos repas de fête. Proposée en pack de trois bouteilles de 75 cl au prix attractif de 15 €, cette bière est une véritable invitation à partager un moment convivial.
  • La tablette de chocolat Masonica : composée de 16 carrés savoureux, elle séduira les gourmands et amateurs de douceurs. Idéale pour un cadeau ou pour un plaisir gourmand à partager autour d’un bon feu de cheminée.

Une ambiance chaleureuse et festive
Outre les produits phares, le marché proposera également :

  • Un espace de dégustation pour savourer sur place la bière et les chocolats.
  • Des stands artisanaux offrant une sélection de produits locaux, décorations de Noël et idées cadeaux originales.
  • Une ambiance conviviale avec animations pour petits et grands, musique et esprit de fête.

Un engagement pour les traditions et le partage

Ce Marché de Noël, organisé par le Cercle de l’Acacia, est également une belle occasion de découvrir un lieu atypique et de se réunir autour des valeurs de partage et de générosité. L’événement s’inscrit dans une démarche conviviale et inclusive, où la magie de Noël s’allie à la célébration des savoir-faire régionaux.

Informations pratiques

  • Date : Samedi 23 novembre 2024
  • Lieu : 62 bis rue de Lambersart, 59350 Saint-André-lez-Lille
  • Entrée : Libre et gratuite

Ne manquez pas ce moment unique pour entrer dans l’esprit des fêtes, faire le plein de saveurs et trouver des cadeaux originaux. Le Marché de Noël du Nord, c’est la promesse d’une journée riche en découvertes et en convivialité. Rendez-vous le 23 novembre pour partager la magie de Noël !

Il est important d’annoncer que les bénéfices de ces ventes se feront :

Au profit des « Des CLOWNS de L’ESPOIR ».

Comme vous le savez cette association a besoin d’être aidée et si nous pouvons y contribuer tous ensemble, alors bravo à toutes et tous. 

Vous pourrez visiter les stands de nos nombreux exposants, et participer à deux conférences de qualité.

Vos commandes sont à passer à l’avance à : Christian VERYEPE, 43/22 avenue Edouard Schwoob 59700 Marcq en Baroeul. Ecrivez lui à christian.veryepe@orange.fr et il vous expliquera la marche à suivre pour commander vos bières et vos chocolats !

Les règlements sont à effectuer à l’Ordre de l’Association L’Acacia par chèque ou virement. 

Les Ouvriers d’Hiram Abiff : l’initié et les pouvoirs psychiques

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Les illusions de la spiritualité et le vrai chemin initiatique

Dans le monde contemporain, le concept de « magie » est souvent mal compris. Si, en essence, il désigne une transformation intérieure profonde, il est fréquemment associé à des phénomènes psychiques ou extraordinaires. Ces derniers, bien que fascinants, n’ont rien de spirituel ni d’initiatique. Ils relèvent de l’individualité et non de l’être, une distinction essentielle pour ne pas confondre perception phénoménologique et quête spirituelle.

Nous vivons aujourd’hui une forme d’obscurantisme moderne où tout ce qui semble surnaturel est perçu comme spirituel. Cette confusion reflète un voilement de l’être face aux dimensions supérieures. Or, la recherche d’un véritable chemin spirituel implique bien plus qu’une fascination pour l’extraordinaire. Elle exige la guidance d’enseignants qualifiés ayant reçu une transmission spirituelle authentique au sein d’un cadre rituel traditionnel.

Dans Falsa espiritualidad, Alberto Alfaro Keim distingue deux approches des religions : la religion « translationnelle », basée sur des dogmes et la soumission, et la religion « transformatrice », qui appelle à une dissolution de la personnalité pour révéler l’individu authentique. Cette dernière, loin des structures religieuses traditionnelles, constitue une véritable voie spirituelle, centrée sur la pratique quotidienne et la reconnaissance de l’esprit.

L’être humain, pourtant, reste souvent captivé par le domaine du psychisme, qui s’intéresse davantage aux facultés individuelles qu’à la quête d’unité. Ces capacités, bien que réelles, peuvent détourner de l’essence spirituelle. Le psychisme agit comme un voile, dispersant l’attention et éblouissant par ses manifestations, au lieu de favoriser un contact direct avec l’unité transcendante. En réalité, le psychisme, qu’il soit inférieur ou supérieur, ne comporte rien de magique au sens initiatique.

H. Saraydarian, dans La science de la méditation, différencie le psychisme inférieur du psychisme supérieur. Le premier est centré sur l’égo et les illusions personnelles. Il peut engendrer des déséquilibres physiques et mentaux, notamment à travers des troubles endocriniens liés à une activation inadéquate de certaines glandes. C’est souvent ce psychisme inférieur qui nourrit les pseudo-maîtres spirituels et leurs illusions de grandeur. En revanche, le psychisme supérieur correspond à la fusion de l’âme humaine avec l’Ange Solaire, source de lumière intérieure. Ce passage marque la disparition des illusions égoïques et l’émergence d’une véritable connexion spirituelle.

chimpanzé pensif devant la lumière

La confusion entre pouvoirs psychiques et spiritualité est amplifiée par les discours de faux maîtres, chamans et gourous, qui utilisent ces capacités pour asseoir une autorité illégitime. Un véritable initié, à l’opposé de ces figures, est humble. Il ne cherche ni à se montrer ni à exploiter ses capacités pour dominer autrui. Sa quête de lumière est intérieure, guidée par la recherche de la vérité et l’effort quotidien de dépassement de soi.

La recherche de phénomènes psychiques, souvent perçus comme des manifestations de pouvoirs magiques, peut également être périlleuse. Sans préparation adéquate, cette exploration peut provoquer des désordres mentaux et émotionnels, plongeant l’individu dans le chaos. De nombreux pratiquants de faible niveau intellectuel ou spirituel se proclament « initiés » en raison de leurs facultés psychiques, mais leur ignorance des principes véritables de l’initiation est flagrante.

Enfin, il est crucial de rappeler que les pouvoirs psychiques, aussi impressionnants soient-ils, n’appartiennent pas à l’ordre de l’être. Ils relèvent de l’individualité et, à ce titre, ne conduisent ni à la transcendance ni à l’illumination spirituelle. La véritable magie réside dans la transformation intérieure, la quête de lumière et d’unité, loin des illusions de l’égo.

Ainsi, le chemin initiatique authentique repose sur une progression vers la lumière intérieure, guidée par des principes spirituels éprouvés et libérée des pièges du psychisme inférieur. Ce chemin, humble et exigeant, révèle la véritable essence de l’être : une connexion profonde et inaltérable avec l’unité divine.

Deux nouveaux prêtres sanctionnés pour avoir qualifié le Pape François de… « Franc-maçon jésuite »

De notre confrère suisse cath.ch

Deux nouveaux prêtres sanctionnés pour avoir qualifié François «d’antipape»

Deux prêtres italiens ont récemment été condamnés pour «schisme» après avoir soutenu publiquement que Jorge Bergoglio avait été élu pape de façon illégitime. Un épisode qui fait grossir les rangs des prêtres rebelles à l’autorité de François.

L’archidiocèse de Sassari, en Sardaigne, a annoncé le 13 novembre 2024 que le Père Fernando Maria Cornet avait été retiré de l’état clérical sur ordre du pape François, rapporte le média La Nuova Sardegna. Le prêtre était connu depuis longtemps pour ses positions extrémistes et avait provoqué un grand scandale ces derniers mois avec la publication de son livre Habemus Antipapam. Dans cet ouvrage, le prêtre d’origine argentine mène une attaque virulente contre le pape François, considéré comme illégitime sur le trône de Pierre, à la suite de Benoît XVI.

Le Père Giorgio Maria Faré a été récemment, pour les mêmes raisons, renvoyé de l’ordre des Carmes déchaussés. Ceci après l’expiration d’un délai imposé par la direction de l’ordre pour renoncer à ses positions. Il pourrait lui aussi faire l’objet d’une procédure de retrait de l’état clérical dans un avenir proche, note le site Crux. Le Père Faré a émis la même thèse que Fernando Cornet, dans un livret et une vidéo sur sa chaîne YouTube.

Thèses réfutées

Tous deux ont en fait suggéré qu’en raison d’irrégularités dans l’annonce de la démission du pape Benoît XVI en 2013, François n’a jamais été valablement élu pape, et que diverses erreurs doctrinales et déviations au cours de son pontificat ont confirmé ce point. «Bergoglio n’est pas le pape et ne l’a jamais été», a déclaré le Père Faré dans sa vidéo publiée mi-octobre 2024. « En outre, il est tombé dans diverses hérésies, ce qui prouve que son élection est invalide sur la base de l’infaillibilité pontificale », a-t-il renchéri. Le prêtre est allé jusqu’à appeler les cardinaux créés avant 2013 à convoquer un conclave pour proclamer un nouveau pape.

Fernando Cornet avance plus ou moins le même argument dans son livre, affirmant que « de même qu’il ne peut y avoir deux Églises du Christ qui soient simultanément vraies, il ne peut non plus y avoir simultanément deux vrais papes ».

Giorgio Maria Farè a déclaré à plusieurs reprises être prêt à se rétracter «si l’on me prouve que j’ai tort, preuves à l’appui», souligne le site Silere Non Possum. Or, même après qu’un canoniste réputé et compétent ait réfuté, point par point les thèses du religieux, ce dernier n’a pas considéré cette démonstration comme « suffisamment convaincante ». Silere Non Possum note que ni le Père Cornet ni le Père Farè n’ont de compétences sur le plan canonique.

Les « anti-François » s’organisent

Ces deux sanctions allongent la liste des prêtres rebelles à l’autorité du pape François. Le diocèse de Livourne a émis, en janvier 2024, un décret d’excommunication à l’encontre du Père Ramon Guidetti pour avoir parlé du pape François comme d’un « antéchrist », un « antipape usurpateur » et un « franc-maçon jésuite ».

En 2021, le Père Alessandro Minutella avait déjà été réduit à l’état clérical pour avoir publiquement nié la légitimité de François. Cette sanction ne l’a cependant pas empêché de continuer ses activités. Il compte aujourd’hui, d’après Crux, 88’000 adeptes sur Facebook et une chaîne YouTube avec près de 53’000 abonnés. Il a fondé sa propre communauté, appelée «la Petite Nazareth» (la Piccola Nazareth), juste à l’extérieur de la ville de Palerme. Continuant à se présenter comme un prêtre, il se déplace dans toute l’Italie pour célébrer des mariages et des baptêmes, prétendant même ordonner de nouveaux prêtres et consacrer des religieuses. Alessandro Minutella fait partie d’un groupe appelé «Sodalité sacerdotale mariale», qui rassemble sept prêtres actuels ou anciens, qui ont tous rejeté l’autorité de François et qui croient que Benoît XVI est resté le pape authentique jusqu’à sa mort en 2022. (cath.ch/crux/ag/arch/rz)

Italie: un prêtre excommunié pour avoir traité le pape d’«antéchrist»

La Lune et le Soleil (Par Marie Delclos)

« La Parole est d’argent le Silence est d’or »

Dans toutes les traditions on fête la Lumière, on la fête dans sa double origine, le Soleil et la Lune, qui par leur mariage ont créé les mois. En témoignent ces images présentes sur un autel de pierre trouvé dans le Néguev. On a généralement choisi de placer cette fête à l’équinoxe de printemps (Premier temps), car, à ce moment-là, le royaume de chacun, la nuit pour la Lune, le jour pour le Soleil, a la même durée et la Nature, après son exil dans l’ombre et le froid, après sa mort apparente dans le tombeau de l’hiver, renaît dans toute sa splendeur.

un sculpteur assis - Tableau de Bernard Bonave
Tableau de Bernard Bonave

Ce premier temps de l’année rappelle le temps du monde à sa création, lorsque le premier jour, la Première lumière apparut, annonçant l’arrivée proche des deux luminaires (le quatrième jour, un mercredi), qui devaient ensuite éclairer la Terre des hommes :
Le Soleil rouge, symbole du Feu, de l’énergie. La Lune blanche, symbole de la lumière, de la connaissance et des transformations.

Ainsi faisait-on en Mésopotamie, notre civilisation mère : à Babylone, durant la grande fête de l’Akitu on célébrait à la fois le deuil de la nature à la mort de la végétation et le triomphe de son retour, symbolisés par la disparition et le retour du dieu Marduk.
Cette fête se transmit aux Hébreux, puis aux chrétiens, puis de là en Maçonnerie issue de l’ésotérisme judéo chrétien, passant d’un mythe à l’autre, Marduk, Yahvé, Jésus, Hiram et sans doute bien d’autres…

On ne s’étonnera donc pas de voir dans nos temples, à l’Orient, la Lune et le Soleil encadrant le Delta. Tout comme dans le temple du dieu des cieux phénicien, Baalshamin était représenté encadré du dieu Soleil Yarhibol à droite et du dieu Lune Aglibol à gauche tous trois représentés en soldats romains !

Commençons par la Lune puisque, quand nous entrons en Maçonnerie, c’est sur sa colonne que nous nous s’installons.

La Lune

La Lune tient une place importante en Franc-Maçonnerie. Dès qu’on entre dans le temple, on la voit sur le mur, à l’Orient, au-dessus du Vénérable Maître, le Président de la loge. Elle encadre le Delta avec le Soleil.

Tandis que le Soleil est à droite, du côté sud, et va vers son lever, la Lune est à gauche, du côté nord : elle vient de dépasser le Soleil lors de sa conjonction. Elle montre son tout premier croissant, qui se lèvera peu après le Soleil. Elle est donc elle aussi à son levant .
Elle renaît ainsi doublement : au-dessus de l’horizon et à son premier croissant.
Tout comme l’Apprenti qui renaît à une nouvelle vie, à la sortie de son tombeau, le cabinet de réflexion…

La colonne de gauche en effet avec à sa tête la Lune est celle des Apprentis, qui ne peuvent s’asseoir que de ce côté tandis que les Compagnons s’installent du côté du midi, du côté du Soleil.

Les Maîtres, quant à eux, en dehors des officiers de la loge, se mettent du côté qui leur plaît. La Lune traditionnellement est associée au Nord. Pourtant, quand elle se lève, elle n’est évidemment pas du tout au Nord mais à l’Est côté sud. Alors ?

Pourquoi dit-on qu’elle est associée au Nord ? C’est une façon symbolique de s’exprimer.
Le Soleil évoque l’heure du midi donc le Sud, la pleine lumière, la chaleur. La Lune évoque la nuit, là où elle resplendit à minuit, lorsqu’elle est pleine, donc le Nord, l’obscurité, la fraîcheur.

Mais ce n’est pas tout : Son symbolisme est particulièrement riche. Pour commencer elle est le sourire du Ciel. La Lune , sourire du Ciel, la bouche et la Parole. La Lune est le sourire du ciel disaient les Anciens, on comprend qu’on en ait fait le symbole de la parole. En effet, suivant sa position par rapport à l’horizon, les cornes du croissant pointent vers le haut de sorte que le croissant prend l’apparence d’un bol ou d’un sourire. D’ailleurs c’est ainsi qu’elle était représentée en Mésopotamie plus près de l’Equateur, que nous.

Ainsi la voit-on, centrale, en sourire horizontal, entre Vénus l’étoile à cinq branches, représentée par ses huit rayons symbolisant les huit ans que dure son cycle et le Soleil avec ses rayons ondulant témoins de sa véritable nature d’étoile.

La Lune Maître du temps

Organisatrice du Temps avec le Soleil, elle détermine le calendrier. La Lune est celle qui apprend à compter, elle est le maître du temps. Psaume CIV, 19 « Tu as fait la Lune pour marquer le temps. »

Avec l’aide du Soleil, elle marque le temps. Celui-ci marquant les jours par ses levers et couchers, on peut ainsi compter les jours des cycles lunaires.
Le cycle visible de quatre fois sept, vingt-huit jours
Premier jour, Premier Croissant ; Septième jour, Premier Quartier ; Quatorzième jour, Pleine Lune ; Vingt et unième jour, Dernier quartier, Vingt-huitième jour Disparition.

On décompose ainsi le cycle lunaire en quatre semaines de sept jours. On retrouvera ce septénaire très important sur le plan symbolique dans les sept jours de la semaine, que l’on a mis en rapport avec les sept planètes traditionnelles : Dimanche Soleil, Lundi Lune, Mardi Mars, Mercredi Mercure, Jeudi Jupiter, Samedi Saturne. Sept est le nombre de base de la Lune.

Chez les Hébreux

La Bible reprit ce septénaire : La création s’accomplit en six jours et se termine au septième jour, jour de repos, le Samedi. Pour bien marquer ce comput lunaire, la première phrase de la Genèse en hébreu comprend sept mots et vingt-huit lettres. Elle commence à compter dès la première lettre de l’Ancien Testament dont le premier mot est Beréchit.

En effet, la première lettre de ce mot, est un B soit le Beith en hébreu. Or, pour les kabbalistes, cette lettre évocatrice du Premier Croissant (cornes tournées vers la gauche), celui de la vie qui naît, symbolise la Lune, la Sagesse. Et : Elle est le nombre Deux.

Tout ne commence-t-il pas avec le Deux, le premier dédoublement de l’Unité ? Avec ce nombre commence donc la Manifestation. C’est pourquoi la Création, premier chapitre de la Bible, commence avec le Beith et non avec la première lettre de l’Alef Beith, le Alef, le Un, l’Unité de Dieu en dehors du temps et de l’espace.

Son nom Beith, qui s’écrit Beith Yod Tav (Beith 2 + Yod 10 + Tav 400 = 412 = 4+1+2 =7) est égal à sept, évoquant la base des cycles lunaires. Enfin on retrouve le Sept dans le chandelier à sept branches placé dans le Temple de Salomon.

Dans le Christianisme

On retrouve ces cycles de sept, quatorze et vingt- huit dans la généalogie de Jésus.
Chez Matthieu et chez Luc. Quatorze correspondant alors à la Pleine Lune. Chez Luc la généalogie commence avec Elohim, Adam…jusqu’à Abraham, vingt-deux générations, suivies de quatre fois quatorze générations ou deux cycles de vingt-huit jours. Jésus est ainsi le soixante-dix huitième et la quatrième Pleine Lune. Le cycle de trente jours et les douze lunaisons de l’année. Toutefois, entre deux Pleines Lunes, en réalité il y a trente jours. Car aux vingt- huit jours il faut y ajouter les jours de conjonction de la Lune avec le Soleil, durant lesquels elle est invisible.

On disait que, lors de cette disparition, soit elle mourait pour ressusciter lors de sa réapparition (le troisième jour comme le Christ ou comme Hiram), soit elle descendait dans la Terre pour la féconder ou encore elle descendait dans les enfers. Le nombre de la Lune est 30 car en fait on compte 30 jours d’une Nouvelle Lune astronomique (jour de sa conjonction avec le Soleil) à l’autre ou d’une Pleine Lune à l’autre (ce qui est plus facile à repérer).

De la sorte, une fois l’année déterminée par le retour du Soleil dans les mêmes étoiles lors de l’équinoxe de Printemps on put la découper en douze lunaisons. D’où la représentation de la Lune sur les Kudurru (Bornes de pierre gravées) en Mésopotamie : Un croissant avec au centre un cercle, symbole de la Pleine Lune, entouré de douze rayons rappelant qu’elle est à l’origine des douze mois de l’année, des douze signes du zodiaque, du partage du cercle en douze.

En résumé son cycle visible est de quatre fois sept, vingt-huit jours, tandis que son cycle synodique est de trente jours.

Dans le Judaïsme

Quatre-volumes-anciens-avec-superosition-symboles-lumineux-du-zodiaque
Quatre-volumes-anciens-avec-superosition-symboles-lumineux-du-zodiaque

Les douze signes du zodiaque se retrouvent dans les douze tribus d’Israël, dans les douze galettes de pain, les « pains des faces », symboles des douze Pleines Lunes de l’année, mis dans la Tente du Rendez-vous, puis dans le Temple de Salomon.

Dans le Christianisme

La Cène (bas-relief, Wieliczka, Pologne)
La Cène (bas-relief, Wieliczka, Pologne)

Ce seront les douze apôtres. Le cycle sidéral de vingt-sept jours. Si l’on compte les jours que met la Lune pour parcourir le zodiaque à partir d’une étoile donnée, il lui faut vingt-sept jours pour retrouver cette étoile. Ces vingt-sept jours projetés sur le zodiaque forme le zodiaque lunaire de vingt-sept signes. Il s’articule avec les douze signes soli-lunaires, tous les neuf signes lunaires, partageant ainsi le zodiaque en trois, soit tous les quatre signes en rapport avec les quatre éléments. On remarquera que cette division commence avec la tête du Bélier surmonté du Delta.

Cette division remonte à la préhistoire, comme ces vingt-sept crânes, que l’on a trouvés, posés comme les œufs d’un nid sur une couche d’ocre ; puis on la retrouve un peu partout dans l’antiquité : En Egypte, le labyrinthe décrit par Strabon avait douze grand palais et vingt-sept chambres.

Byzance, ville dédiée à la Lune ,était flanquée de vingt-sept tours. Vingt-sept jeunes filles formaient un chœur pour les fêtes de Junon dédiées à la Lune. Aujourd’hui elle est très importante en Inde mais généralement oubliée en Occident. Ces deux zodiaques s’articulent par le cent-huitième du cercle, le pada (pied), égal à un quart de signe lunaire et un neuvième de signe solaire, ce qui a donné naissance aux chapelets hindous à cent huit grains mais divisé en deux pour les chrétiens qui en ont cinquante-quatre.

Dans le Judaïsme

On trouve ce nombre dans l’alphabet : vingt-sept lettres en comptant les cinq finales.

Dans le Christianisme

Dans les vingt-sept écrits du Nouveau Testament : Les quatre évangiles, les Actes des apôtres, les Vingt-et-une Epîtres, les vingt-deux chapitres de l’Apocalypse.

Le cycle de quarante jours

Ce cycle de quarante ou quarante-deux jours est important sur le plan ésotérique et pratique : c’est le temps maximum durant lequel on peut jeuner. C’est la quarantaine, période d’attente, de préparation ou de châtiment. Il s’écoule du Premier Croissant à la deuxième Pleine Lune. Mais on peut aussi le transposer en années : le peuple hébreu resta quarante ans dans le désert. On le retrouvera en Maçonnerie au vingt et unième degré particulièrement basé sur la Lune.

La Lune Maître de la géométrie et des mesures

Au premier croissant le dieu Lune traça un arc de cercle ouvert à gauche, que les hommes de Mésopotamie nommèrent askaru c’est-à-dire « croissant de Lune ».
Lors du Premier Quartier au septième jour, le dieu Lune traça un demi-cercle côté droit avec son diamètre et en barbouilla la surface en blanc.

Au quinzième jour il montra le modèle final : obtenir le cercle parfait qui se tint là bien en évidence régnant sans partage sur la nuit éteignant presque toutes les étoiles qui s’inclinaient devant lui.

Au vingt-et-unième jour, pour montrer comment arriver au cercle final, il traça un autre demi-cercle avec son diamètre et sa surface peinte en blanc. Si bien qu’au bout du vingt-deuxième jour l’essentiel de la leçon était donnée : l’arc de cercle, le cercle, son diamètre et ses deux demi-cercles égaux en surface et en contours. Il laissa alors l’image sur le grand livre du ciel s’estomper peu à peu en gardant qu’un dernier arc de cercle.

Enfin le tableau fut effacé prêt pour la prochaine leçon. Elle montre le zodiaque.
Ce zodiaque qui entoure le haut des murs du temple maçonnique, était nommé originellement « Le Chemin de la Lune ».

Et disent les textes :
« Le Soleil suit le même chemin que la Lune
Jupiter suit le même chemin que la Lune
Vénus suit le même chemin que la Lune
Mars suit le même chemin que la Lune
Mercure suit le même chemin que la Lune
Saturne suit le même chemin que la Lune »
(Tablette babylonienne)

Il est clair que seule la Lune en raison de sa visibilité et de sa vitesse permet de repérer la route du zodiaque, cette route du ciel sur laquelle courent les planètes. Elle est le « Grand Coureur Blanc » des Mésopotamiens.

Au cours d’une nuit en effet on peut la voir passer de la droite de l’étoile Spica étoile à la fin de la Vierge pour arriver au milieu de la nuit à la gauche de Spica et à la fin de la nuit amorçant sa descente derrière l’horizon dans les premières étoiles de la Balance ayant parcouru six degrés.

Elle est ainsi le divin Pasteur qui du ciel guide le berger et ses troupeaux.
Par ailleurs les apparitions successives des douze Pleines Lunes (ou des douze Nouvelles Lunes) le long du zodiaque d’un printemps à l’autre, fut évidemment à l’origine de la division du cercle en douze et de ses douze signes stellaires.

La Lune Maître des lois

On ne s’étonnera pas d’apprendre que c’est le dieu de la Lune Nanna (en sumérien) ou Sin (en accadien), qui, muni du bâton à mesurer et de la corde, soit celui qui donna le code des lois au roi Ur Nammu.

« Sin dieu brillant, lumière des cieux, fils du dieu Enlil, le plus éclatant, investi de la royauté universelle, coiffé d’une tiare royale (La Lune en croissant montre un visage sombre surmonté d’un diadème de lumière) ».

Dans le Judaïsme

Moïse se rend pour la seconde fois sur le Mont Sinaï (le mont du dieu Sîn).
La gloire de Yahvé couvre la montagne comme une nuit durant six jours le septième il y a comme un feu dévorant. Moïse monte en traversant la nuée et une fois en haut y reste quarante jours et quarante nuits, sans manger et sans boire. Il écrit sur les tables les paroles de l’alliance, les Dix Paroles et lorsqu’il redescend de la montagne les Deux Tables de la Loi dans la main, son visage rayonne.

Le mot que l’on traduit par « rayonne » est Qaran (Qof Reish Noun) « pousser une corne » peut se traduire par « il descend avec des cornes ». Comme la Lune en croissant en fait.
Comme le montre l’image datée du XV° siècle illustrant la Bible dans laquelle on voit à plusieurs reprise Moïse avec ses cornes, évoquant un croissant lunaire.
D’ailleurs en Mésopotamie la Lune était la corne, celle du Taureau céleste, la corne d’abondance distribuant sa manne.

La Lune et l’écriture

En Mésopotamie c’est au dieu Lune que l’on doit l’invention de l’alphabet.
Le plus ancien connu, celui d’Ougarit comportait trente lettres. Plus tard apparurent des alphabets à vingt-sept ou vingt-huit lettres ou encore (en Inde) cinquante (7fois 7 + 1).
La premier lettre étant Aleph qui représente un taureau, car à l’origine l’année commençait à l’équinoxe de printemps lorsque la Nouvelle lune se trouvait dans les Pléiades au début de la constellation du Taureau dont la tête était surmontée du croissant pointant ses deux cornes vers le ciel.
C’est ainsi que les livres sacrés descendirent du ciel écrits par les dieux. Comme ceux des codes des lois donné par Sin en Chaldée ou par Yahvé sur le mont Sinaï.
Ou encore, comme en Égypte les livres d’Architecture. En témoigne l’inscription gravée sur le temple d’Edfou, précisant que le temple fut construit « selon le grand plan du livre, tel qu’il est venu du ciel au nord de Memphis ».

La Lune un fruit

Le lien organique entre la Lune et le règne végétal fut ressenti si fortement par diverses civilisations que grand nombre des dieux de la fertilité sont lunaires. La Lune est l’astre de la vie et les Mésopotamiens ont donné à la Pleine Lune le nom de fruit Inbu un fruit qui croît de lui-même. C’est « le fruit du mois, que nul ne peut cueillir » disent les textes ou encore Sin est « mûr comme un fruit très brillant. » Enfin son cycle de trente jours se manifeste sur l’Arbre de vie aux trente fleurs que l’on voit sur certains bas-reliefs.

Dans le Christianisme

Dans la Jérusalem céleste de l’Apocalypse se trouvent deux fois « un arbre de vie faisant fruits, douze. Chaque mois il donne son fruit. »

La Lune la porte du Ciel

Le Lune est évidemment l’astre le plus proche de nous. Aussi les Anciens en ont-ils fait la porte du Ciel, la porte de l’Incarnation mais évidemment celle du retour ou encore celle de l’entrée dans les cieux.

La Pleine Lune et la Présence divine dans toute sa puissance. Le nombre Quinze
Le quinzième jour marquant le Pleine Lune dans le cycle de trente jours, le nombre quinze, prit une importance considérable dans le symbolisme lunaire. On le trouve dans toutes les traditions en rapport avec l’astrologie, l’alchimie et la connaissance.

En Egypte

dans les temples on montait un escalier de 14 marches jusqu’à la plateforme, quinzième marche où se trouvait l’œil symbole de la Pleine Lune.

Chez Les Hébreux

On montait en quinze étapes le mont jusqu’à Jérusalem tout en chantant les quinze psaumes dits justement « de la montée », quinze étapes se retrouvant dans les quinze marches menant au parvis du Temple (en partant de la cour des femmes).
Dans le judaïsme, en effet, la Pleine Lune est le symbole de la Shekhina, la Présence divine.

Ainsi , dit le Zohar, « À l’époque de Salomon la Lune était pleine », pour signifier que la présence divine était là.

Chez les chrétiens

Dans le Christianisme la Lune est le symbole du Logos, (le Verbe, la Parole en grec) ainsi qu’en témoigne le célèbre Prologue de l’Évangile de Jean

« Au commencement était le Logos et le Logos était auprès de Dieu et Dieu était la Parole. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue. »

(Jean I, 1-5).

La Lune est donc le symbole du Logos, car qui luit dans les ténèbres et ne les illuminent pas, si ce n’est la Lune ? N’est-ce pas la Pleine Lune à son zénith au cœur de la nuit brillant d’un éclat blanc dans le noir profond, piqueté d’étincelles de lumière ?
La Lune du quinzième jour dans le cycle astronomique de trente jours et le quatorzième dans le cycle visible de vingt-huit jours :

  • C’est ainsi que, à Bethléem, dans la basilique de la Nativité, édifiée par Constantin, on peut voir, sur le pavement de la grotte où naquit Jésus, une étoile en argent de quatorze rayons (La Pleine Lune dans le cycle visible), surmontée d’un cercle de quinze lampes et on peut lire « Hic de virgine Maria Jésus Christus natus est »
  • C’est ainsi que dans l’ancienne liturgie, lors de l’office des ténèbres du Jeudi Saint qui commence le Mercredi soir et se termine le Samedi matin Trois jours de ténèbres rappelant que le Christ en tant qu’incarnation ressuscite le troisième jour tout comme la Lune)
  • Pour ces trois offices de nuit on met au milieu du Chœur un chandelier triangulaire à quinze branches sur lequel se trouvent quinze cierges que l’on éteint l’un après l’autre à l’exception de celui qui est placé au sommet du chandelier. À la fin de l’office on cache ce dernier cierge derrière l’autel.

Le Dimanche matin le cierge caché symbole du Christ enseveli et ressuscité réapparaît et est replacé sur le chandelier.
Et on élève l’hostie blanche (pain sans levain) qui fait écho aux pains des faces des Hébreux.

En Franc-Maçonnerie

On va retrouver les attributs du dieu Lune :

  • L’Écriture et la Loi avec le VLS Volume de la Loi Sacré, présent à tous les degrés. La Bible à l’origine, car c’est le seul livre de la tradition qui parle du métier des bâtisseurs. Il est là non en tant que religion mais en tant que tradition. Il est le symbole de :la transmission du savoir ou de la connaissance de génération en génération.
  • La Parole et la Lune. Si le nombre sept est à peu près présent à tous les degrés. Certains sont particulièrement éclairant sur l’importance de la Lune en particulier le nombre quinze associé à la Pleine Lune et à la Parole.

Au1er degré grade d’Apprenti

La Lune n’est qu’à son tout premier croissant. L’Apprenti a monté trois marches sur les quinze de sa montée vers la Pleine Lune.

La Parole n’est pas encore manifestée, il n’a pas droit à la parole, mais il doit être capable de répondre à la question suivante :

  • Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ?

Un de cinq, devant le Deuxième Surveillant.
Le Trois fois puissant frappe cinq coups, répété par les deux surveillants, soit quinze.

Au 10ième les Élus des Quinze

C’est le degré qui manifeste avec le plus d’intensité la manifestation de la Présence divine associée à la Pleine Lune lorsque la Justice est établie.
Le temple est décoré de quinze lumières : cinq à l’Orient, cinq devant le Premier Surveillant et cinq devant le Deuxième Surveillant.

Lors de son passage à ce grade le récipiendaire devra faire quinze pas.
Quinze élus partent à la recherche des deux derniers mauvais compagnons le 15 du mois Tamouz (Juin/Juillet) et, après les avoir trouvés et enchaînés, les ramènent à Jérusalem, le 15 du mois suivant, soit le 15 de Av (Juillet/Août).

La Lune est pleine, la Présence divine est dans toute sa gloire car les trois mauvais compagnons ont été détruits.

Au 11ième Sublime Chevalier Élu

Grâce à la destruction des trois mauvais compagnons, le Maçon va faire partie des douze Élus qui pourront accéder au saint des saints et contempler les Tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï. Son mot de passe est Emeth (et non Emeret qui ne veut rien dire) qui signifie sous-entendu « homme » « de vérité » soit intègre, fidèle, sur qui on peut compter. Ce mot fait allusion aux « hommes vrais », aneishi (« hommes » en chaldéen) emeth «(de) vérité » choisis par Moïse pour faire régner la justice sur les groupes divers. (Exode 18, 21)

Au 12ième Le Grand Maître Architecte

Si le zodiaque est très souvent représenté en haut des murs du temple, c’est à ce degré que l’on retrouve l’importance du nombre douze lorsque le Grand Maître Architecte, tracera un cercle en mettant la pointe de son compas sur l’étoile polaire , symbole du centre, placée sur le mur nord du temple.

Au 13ième et 14ième degrés Royale Arche et Grand Élu de la Voûte sacrée

On retrouve le nombre lunaire Vingt-sept.

Au 13ième les anciens Maître sont mentionnés :

ils sont vingt-sept, les deux premiers étant Salomon et Hiram.

Et au 14ième autrefois le nombre de FF ne devait pas excéder vingt-sept

Par ailleurs, dans certains rituels du 13ième degré, le bijou d’Hiram, retrouvé dans les décombres du temple de Salomon, comporte une chaîne de soixante-dix-sept anneaux à laquelle est accroché le Delta avec le nom ineffable. Il fait donc référence à la généalogie de Jésus dans Luc, Hiram étant le soixante- dix-huitième, montrant ainsi l’analogie symbolique de Jésus et d’Hiram, tous deux symboles du Logos.

Au 17ième le Chevalier d’Orient et d’Occident et l’Apocalypse

A l’origine, le rite était entièrement basé sur l’Apocalypse jusqu’à la descente de la Jérusalem céleste. Aujourd’hui il est simplifié mais il est évidement recommandé de le lire et de tenter de le comprendre.

Le récit de l’Apocalypse, construit sur le septénaire est en fait une lecture astrologique. Le Ciel s’ouvre et explique l’histoire de l’humanité. Le Chevalier d’Orient et d’Occident doit tâcher de la comprendre à la lueur de ce qu’il apprend au grade de Rose Croix par le signe d’Hermès : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. ». Le Maçon comprend qu’il lui faut acquérir les sept vertus destinées à combattre les sept vices qui sont en lui, s’il veut accéder à la Jérusalem céleste.

Au 18ième Le Chevalier Rose+Croix

Lors du repas de l’équinoxe de printemps on s’inspire de l’office des ténèbres.
On a simplement remplacé les quinze cierges par sept mais le symbolisme est le même le sept est une partie des quinze). On les éteint puis on les rallume pour retrouver la Parole perdue.

Au 19ième Sublime Ecossais

Le thème est la descente de la Jérusalem céleste à la fin de l’Apocalypse, le 17ième s’arrêtant avant cette descente.
L’Apocalypse met dans cette ville céleste deux arbres de vie, portant chacun douze fruits.
Dans le rituel il n’y en a qu’un : « Au centre de la ville est un arbre qui porte douze feuilles différentes. » mais ces feuilles sont bien rondes !
Le rituel a simplifié.

Au 21ième Chevalier prussien ou Noachite sous-titré par Franken Clef de la Maçonnerie

C’est dans ce degré que s’explicite la Parole, l’origine de sa perte, lors de la construction de la tour de Babel et comment la retrouver. C’est le thème du grade.
Pour commencer on remarquera que le numéro de ce degré est explicite : C’est le vingt-et-unième jour que la Lune entame son dernier septénaire l’emmenant vers sa disparition, que la Parole se perd.

Ensuite la loge ne se réunit que lors de la Pleine Lune soit le quinzième jour du mois. Le tableau de loge ci-contre montre la lumière de la Pleine Lune de Mars entrant par la fenêtre et le tableau de loge avec la Lune au milieu de vingt-et-une étoiles.

Le bijou du grade montre une Pleine Lune sur l’horizon entourée de quinze étoiles. La flèche descendant du Delta symbolise la destruction de la tour et la punition de l’Éternel la perte de la Parole. La Pleine Lune est brisée.

Il s’agit avec Phaleg le constructeur de la tour de retrouver la Parole : Il traverse le désert pour aller se repentir et termine sa vie dans une mine de sel.
Le sel évoque la Lune et la transformation alchimique. Il meurt là et son tombeau est retrouvé marqué par une Pleine Lune entourée de quarante étoiles (le cycle lunaire du premier croissant à la seconde Pleine Lune) évoquant la traversée du désert par les Hébreux pendant quarante ans.
Sa transformation est terminée.
La Parole est retrouvée

Au 27ième Souverain Commandeur du Temple

La loge est éclairée de vingt-sept lumières et on frappe vingt-sept coups.
Certes vingt-sept est le cube de trois, mais la ronde des vingt-sept lumières d’un des tableaux de loge fait bien référence au zodiaque lunaire de vingt-sept signes (trois fois neuf signes).

La Lune est la Présence divine. Même si vingt-sept fait référence aux douze tribus d’Israël aux douze apôtres et à la Trinité (12+12+3).
On est toujours dans les signes du ciel.
L’étoile avec le signe de Mercure indique le signe de la Vierge (C’est la planète de ce signe) et la Vierge est la mère du Logos qui brille dans les Ténèbres
La couronne indique que, arrivé à ce grade, le Maçon approche de son but.

Au 30ième Chevalier Kadosh la fin d’une incarnation

Le trentième est la fin du cycle lunaire de trente jours marquant le mois et Trente était le nombre de la Lune.

La Lune étant la porte de l’incarnation, le maçon qui a gravi les trente degrés de l’échelle du rite écossais est arrivé au bout au bout de sa quête pour retrouver Hiram et la Parole perdue. Après cette montée retrouvée d’une autre manière sur l’échelle des Kadosh ayant dorénavant fini sa recherche de la lumière lunaire symbole de la raison accessible à l’esprit humain parce qu’elle trace des signes divers dans le ciel il va reprendre sa recherche de la lumière, la lumière solaire, accessible par l’esprit.

Sept la rendent juste et parfaite.

Au 2ième degré Compagnon

Le Maçon découvre les sept arts libéraux et le G de Géométrie, mais il ne trace pas encore de cercle.
Il a continué sa montée : cinq marches de plus, soit huit marches. Il vient de dépasser le Premier Quartier.

Au 3ième grade de Maître La montée des quinze marches

Le nouveau Maître a gravi sept marches de plus, soit quinze pour arriver à la Pleine Lune, symbole de la Sagesse, de la Connaissance et de la Parole :
C’est parce qu’il a gravi ces quinze marches, qu’il peut accéder à la Chambre du Milieu, autrement dit dans la partie sacrée du Temple entre le Débir et le Parvis l’équivalent du Héikhal. Mais non encore dans le Débir.
Il a gravi quinze marches. Il a tracé un premier cercle.
Il a découvert Hiram, la Parole.
Car Hiram c’est la Parole, le Verbe car il possède, Sagesse Intelligence et Savoir (I Rois VII, 4). Et ces trois vertus possédées par l’Éternel résument les Dix Paroles :
« Le monde a été créé par dix paroles lesquelles ont été résumées en trois ainsi qu’il est dit : ‘C’est par la sagesse que YHVH a fondé la terre, c’est par l’intelligence qu’il a affermi les cieux, c’est par Son savoir que les abîmes se sont ouverts.’ »

Ainsi quand il crée les deux colonnes il les nomme : il élève la colonne de droite (du Sud) et crie son nom Iakhîn. » (sous-entendu ‘Dieu’ « le soutient »). Il élève la colonne de gauche et crie son nom Bo’az (« En force »). Il nomme les choses alors il les crée.
Le nouveau Maître s’est uni à Hiram lors de son élévation.
Mais cela ne va pas durer. Rien n’est jamais acquis.

Au 4ième Maître secret

Hiram est mort et la Parole est perdue. Le nouveau Maître Secret se doit de la retrouver.
Le temple est décoré de tentures noires parsemées de larmes d’argent, indiquant la disparition de la Lune, dont il ne reste plus que des éclats d’argent.

Mais la Grande Lumière commence à apparaître et la batterie, Six plus Un, rappelle évidemment les six jours de la création plus le septième, le shabbat, le repos.

Au 6ième Secrétaire intime : vingt-sept lumières

La loge est éclairée de vingt-sept lumières sur trois chandeliers à neuf branches et la batterie est de vingt-sept coups, rappelant le cycle sidéral de la Lune.

  • Pourquoi vingt-sept lumières ? dit le rituel.
  • Elles signifient les 27000 lumières que Salomon fit faire pour l’usage du Temple, est la réponse.

Au 8ième Intendant des Bâtiments et les nombres lunaires, Vingt-sept, Quinze, Sept.

Le thème de la loge est Justice et Équité. La Lune est en rapport avec l’application des lois et à ce degré elle est bien là :

La loge est éclairée de vingt-sept lumières, montrant toujours que la Lune, symbole de la Présence divine, veille sur le temple.

D’autant que ces vingt-sept lumières sont distribuées en groupes :

Un, composé de quinze, symbole de la Pleine Lune, placé devant l’autel du Trois fois Puissant, qui représente Salomon.

Un de sept, devant le Premier Surveillant, nombre de base de la Lune.

Dans les coulisses de la franc-maçonnerie avec Marc Henri

De notre confrère lejournaldici.com – Propos recueillis par AFJ

Une exposition, à partir du 28 novembre 2024, et une conférence menée par un ancien Grand maître de la Grande Loge de France vont lever un coin du voile sur la franc-maçonnerie.

Du jeudi 28 novembre au dimanche 8 décembre, l’hôtel Rochegude va accueillir, de 13 à 18 heures, l’exposition intitulée Au cœur des symboles, proposée par le musée, archive et bibliothèque de la Grande Loge de France. Le samedi 7 décembre, l’ancien Grand maître Marc Henry animera, à 17 h 30 au domaine de la Mouline, une conférence autour de pourquoi on devient franc-maçon en 2024. Premiers éléments de réponse avec l’intéressé.

Quel a été votre parcours de franc-maçon ?

J’ai été Grand maître de la Grande Loge de France de 2012 à 2015. J’ai été initié il y a quarante-huit ans. J’ai voyagé et fait plein de choses… Mais ce qui compte, que ce soit moi ou un autre, c’est ce qu’on y fait. Et c’est plutôt rare.

Comment est née cette exposition ?

Elle a dû être imaginée par les loges locales. Elles ont dû demander de faire une conférence publique. Et puis, l’idée est venue de proposer une exposition. Les loges ont voulu une exposition tournée vers aujourd’hui.

Mais il y aura bien sûr des choses plus anciennes. Il y aura donc des mosaïques, des peintures, des fresques, de l’art contemporain d’une certaine manière. Il est aussi prévu d’ajouter deux maquettes de temple. Il y aura aussi des symboles… Et l’avant-dernier jour, il y aura cette conférence au domaine de la Mouline. Et là, c’est ma petite personne qui s’y colle.

Comment voyez-vous le rôle de la franc-maçonnerie dans la société actuelle ?

Pour changer le monde, il faut commencer par changer l’être humain. C’est ça l’idée de « Change toi ! Transforme-toi ! Regarde-toi ! » Tout cela peut paraître fou, mais cela fait des siècles que ça dure, et que ça continue… Pourquoi devenir franc-maçon en 2024 ? Si vous voulez que le monde change, commencez à vous regarder vous-même, tel que vous êtes, sans vous flageller. On parle souvent des qualités et des défauts de quelqu’un. Moi, je parle plutôt de forces et de faiblesses… La franc-maçonnerie, c’est hors circuit. Nous sacralisons un lieu qui n’est pas sacré. Mais c’est le rituel. C’est le support qui nous permet de nous poser, en groupe, pour apprendre à vivre ensemble. Ça change tout, car ça ne se fait pas. Il n’y a que dans notre maison que nous faisons des choses pareilles. On n’est pas une religion. On ne travaille plus à la gloire de Dieu. On travaille à la gloire d’un principe créateur. Ce n’est pas la même chose. Ce qui nous intéresse, nous, c’est la lumière. Par exemple, lors de leur initiation, les apprentis n’ont pas le droit de parler en loge. Ils n’ont pas la parole, pour apprendre à accueillir celle de l’autre. Dans une loge, on ne se coupe jamais la parole. Ça peut paraître curieux.

Appel à Monsieur le Président de la République, Appel à tous les élus, toutes les élues, Appel à toutes les forces de progrès

Lire au bas de cet article le rebondissement de cette affaire et la présentation détaillée de Ahou Daryaei.

Vous ne pouvez rester silencieux devant ce nouvel acte de résistance d’une étudiante iranienne Ahou Daryaei qui en se dévêtant publiquement a transformé son corps en manifeste vivant contre un régime de coercition absolue qui étouffe la liberté des femmes. Son acte, aussi immensément courageux que symbolique, porte la voix de millions de femmes dans le monde, réduites au silence par le fanatisme religieux.

Il porte la voix des femmes qui se battent en Iran contre un pouvoir théocratique et obscurantiste. Cet acte courageux nous rappelle une vérité fondamentale : la liberté n’est pas un privilège mais un droit inaliénable, non négociable.

Le combat des Iraniennes transcende les frontières et nous concerne tous et toutes. Il nous rappelle que la dignité humaine est indivisible. Quand une femme est privée de ses droits fondamentaux, c’est l’humanité entière qui en est privée.

Nous ne pouvons pas, à longueur de temps, déclarer notre solidarité avec toutes les victimes et, aujourd’hui, nous taire. Il y a des silences complices que nous ne pouvons accepter. La lutte de ces femmes doit être la nôtre, nous devons amplifier leurs voix, relayer leur message, et maintenir la pression sur ceux qui violent les droits humains, à Téhéran et partout. Ailleurs comme en Afghanistan aussi.

Le chemin vers la liberté est long, mais chaque acte de résistance, chaque voix qui s’élève rapproche un peu plus du jour où les femmes, dans le monde pourront enfin s’éduquer, travailler, s’habiller et s’exprimer librement, en un mot vivre.

Exigeons la libération d’Ahou Daryaei, tout de suite et maintenant. Condamnons les agissements du régime des Mollahs !

À toutes les femmes d’Iran qui résistent pacifiquement, qui persistent malgré la répression, nous disons : « votre courage nous inspire, votre combat est le nôtre, votre idéal est la part la plus lumineuse de notre commune humanité ». L’avenir des Lumières se joue à Téhéran.

Signataires :

Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France
Sylvain ZEGHNI, Grand Maître de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain
Bernard DEKOKER-SUAREZ, Grand Maître de la Grande Loge Mixte Universelle
Félix NATALI, Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France
Liliane MIRVILLE, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France
Philippe CANGEMI, Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
Paulina CERVANTES, Grand Maître adjoint Gran Oriente Latinoamericano – Région Europa

Information de dernière minute le 22/11/2024

Ahou Daryaei libérée, mais à quel prix ?

La pression internationale a fini par faire plier le régime iranien : Ahou Daryaei, étudiante devenue symbole de la lutte pour les droits des femmes en Iran, est rentrée chez elle. Mais derrière cette apparente victoire, des zones d’ombre subsistent, laissant planer le doute sur l’intention réelle des autorités.

Une mobilisation mondiale efficace

« Ahou Daryaei a été relâchée et a pu rentrer chez elle. Quand les médias et les peuples se mobilisent, la République islamique ne peut que reculer », s’est réjouie l’association Femme Azadi dans un message diffusé sur les réseaux sociaux le 20 novembre. Ce mouvement militant, comme d’autres, avait appelé à une prise de conscience mondiale après l’arrestation spectaculaire de l’étudiante.

Début novembre, Ahou Daryaei avait été arrêtée après un acte de protestation sans précédent : confrontée à la « police des mœurs » qui lui interdisait l’accès à son université pour un voile jugé mal porté, elle avait enlevé ses vêtements et traversé le campus, défiant les autorités. Arrêtée avec violence, elle avait été internée dans un hôpital psychiatrique, déclenchant une vague d’indignation internationale.

Une pression diplomatique

Face à l’indignation croissante, plusieurs pays ont adopté une posture de « diplomatie féministe ». La France, par exemple, avait adressé le 13 novembre des messages officiels d’« inquiétude, de préoccupation et de consternation » aux autorités iraniennes, selon l’AFP. Ces pressions semblent avoir porté leurs fruits : Ahou Daryaei a été libérée, et aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre elle.

Cependant, cette libération s’accompagne d’un diagnostic imposé par les autorités : selon le porte-parole du pouvoir judiciaire iranien, Asghar Jahangir, l’étudiante aurait été transférée à l’hôpital en raison d’un « trouble mental » constaté par les médecins. Une rhétorique qui, selon Amnesty International, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à discréditer les manifestants.

Une victoire amère

Pour de nombreux observateurs, cette libération pourrait s’apparenter à un « cadeau empoisonné ». Le journaliste Armin Arefi, spécialiste de l’Iran, rappelle que qualifier les dissidents de « fous » est une tactique récurrente du régime iranien. « Le transfert de manifestants dans des hôpitaux psychiatriques permet de nier leur contestation et de les soumettre à davantage de pressions et de tortures », souligne-t-il, en citant le compte juridique spécialisé Dadban sur X.

En effet, aucune explication n’a été fournie sur les raisons ayant conduit à l’internement d’Ahou Daryaei ni sur la durée de son hospitalisation. Cette absence de transparence alimente les doutes sur les véritables intentions des autorités.

Le combat continue

La libération d’Ahou Daryaei est une victoire symbolique, mais elle met en lumière les tactiques oppressives du régime iranien et le sort d’autres prisonniers politiques, comme les #EkbatanBoys, condamnés à mort pour avoir manifesté.

Si cette affaire montre l’impact de la mobilisation internationale, elle rappelle également que la route est encore longue pour garantir la liberté et les droits fondamentaux en Iran. Ahou Daryaei reste un symbole, mais aussi une victime d’un système qui tente de réprimer toute forme de dissidence.

Qui est exactement Ahou Daryaei ?

Ahou Daryaei : le symbole de la résistance féminine en Iran face à la répression du hijab obligatoire

Le 2 novembre 2024, un geste de défiance audacieux a propulsé une doctorante iranienne de 30 ans, identifiée comme Ahou Daryaei (آهو دریایی), au rang de symbole de la résistance contre le hijab obligatoire en Iran. Étudiante en littérature française à l’Université islamique Azad de Téhéran, Ahou Daryaei aurait été harcelée par des membres de la milice islamiste Basij pour avoir porté son voile de manière « inappropriée ». Ce jour-là, elle aurait répondu à l’agression en se déshabillant partiellement et en s’asseyant dans la cour de son université, dénonçant ainsi les lois strictes sur le code vestimentaire imposé aux femmes.

Un acte de défiance qui fait écho à Mahsa Amini

Ce geste de résistance intervient deux ans après la mort tragique de Mahsa Amini, jeune femme arrêtée et battue par la police des mœurs pour un hijab mal porté. L’onde de choc de cet événement a déclenché un mouvement sans précédent en Iran, où de plus en plus de femmes défient publiquement les lois sur le port obligatoire du voile. La protestation d’Ahou Daryaei, capturée en vidéo et largement partagée sur les réseaux sociaux, a immédiatement attiré l’attention internationale.

Une répression brutale

Après son acte de défiance, Ahou Daryaei a été arrêtée par les forces de sécurité iraniennes. Selon plusieurs sources, elle aurait été conduite dans un établissement psychiatrique, une pratique documentée en Iran pour discréditer les femmes qui s’opposent au hijab obligatoire. Les autorités iraniennes, habituées à qualifier de « malades mentales » les dissidentes, cherchent ainsi à minimiser la portée politique de leurs actes.

Le porte-parole du pouvoir judiciaire, Asghar Jahangir, a déclaré que l’étudiante avait été libérée sous la garde de sa famille, affirmant qu’elle souffrirait de troubles mentaux. Pourtant, des militants des droits humains dénoncent une manœuvre destinée à la soumettre à davantage de pressions psychologiques et de traitements inhumains.

Un symbole de la résistance féminine

Ahou Daryaei est rapidement devenue un symbole de la lutte contre la répression en Iran. Son acte de défiance rappelle les manifestations qui ont suivi la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, où des milliers de femmes ont publiquement retiré leur hijab en signe de protestation. Depuis, le régime a intensifié la répression : en seulement quatre mois après l’élection du président Masoud Pezeshkian, 386 exécutions ont été recensées selon des organisations de défense des droits humains.

Une mobilisation internationale

L’arrestation d’Ahou Daryaei a suscité une indignation mondiale. Des organisations comme Amnesty International appellent à sa libération immédiate, tandis que des politologues comme Azadeh Kian soulignent que ce recours à l’internement psychiatrique est un aveu d’échec pour un régime incapable de faire respecter ses lois sans répression brutale.

Une jeunesse en lutte pour la liberté

À travers son acte, Ahou Daryaei incarne la détermination d’une nouvelle génération d’Iraniens à défier un régime qui utilise la religion comme outil de contrôle. Sa situation reste préoccupante, et les militants craignent que sa libération apparente ne soit qu’un répit temporaire dans un système qui punit lourdement toute dissidence.

Tandis que les voix s’élèvent pour exiger justice, le cas d’Ahou Daryaei rappelle que le combat pour les droits des femmes et les libertés individuelles en Iran est loin d’être terminé.

Ahou Daryaei : un symbole mondial pour la liberté des femmes en Iran

La lutte pour les droits des femmes en Iran prend une nouvelle dimension avec l’arrestation d’Ahou Daryaei, doctorante à l’Université islamique Azad de Téhéran, devenue un symbole de résistance après un acte de défiance inédit contre les lois sur le hijab obligatoire.

Arrestation et détention

Le 2 novembre 2024, la jeune femme a été arrêtée par des agents en civil après avoir retiré ses vêtements en signe de protestation. Placée en détention, son lieu de réclusion reste inconnu. Des rapports suggèrent qu’elle pourrait être enfermée dans un établissement psychiatrique, une méthode utilisée par le régime iranien pour discréditer les dissidentes. Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains exigent sa libération immédiate et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les abus présumés lors de son arrestation.

La National Secular Society a appelé le gouvernement britannique à exercer une pression diplomatique pour obtenir sa libération, dénonçant un acte de répression qui va à l’encontre des droits fondamentaux.

Une mobilisation internationale en pleine expansion

L’affaire Ahou Daryaei a suscité une vague de solidarité à travers le monde. Le 5 novembre, des centaines de personnes se sont rassemblées au centre de Paris, devant le Panthéon, pour soutenir les femmes iraniennes. Parmi les participants figuraient des parlementaires français, des membres des associations Femen, ainsi que des représentants syndicaux de la CGT.

Trois jours plus tard, une manifestation à Piccadilly Circus, à Londres, a également réuni des militants de One Law for All et des Femen. Les slogans scandés, comme Femme, Vie, Liberté, reprennent le cri de ralliement des manifestations iraniennes, rappelant les noms des martyrs du mouvement, tels que Nika Shakarami, Sarina Esmailzadeh et Hadis Najafi.

Soutien des institutions et organisations mondiales

La Global Science Foundation (GSF) a publié une déclaration condamnant les violences infligées aux femmes iraniennes et exhortant la communauté internationale à agir. Selon la GSF, l’arrestation d’Ahou Daryaei illustre la répression brutale et systématique des femmes qui s’opposent aux lois patriarcales en Iran.

La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme en Iran, Mai Sato, a déclaré suivre de près l’affaire, tout en diffusant une vidéo de l’incident. « Je vais surveiller attentivement les réponses des autorités iraniennes, » a-t-elle annoncé, appelant à une prise de responsabilité.

Un symbole clivant

Le geste courageux d’Ahou Daryaei a inspiré des artistes à travers le monde, souvent à travers des représentations symboliques. Des œuvres la décrivent comme une figure isolée, défiant une foule silencieuse et voilée. Si ces images mettent en lumière le courage individuel face à un système oppressif, certains médias indépendants, comme Mr Mondialisation et Arrêt sur Images, critiquent cette vision. Ils estiment qu’elle invisibilise les oppresseurs réels et tend à blâmer les victimes.

Une protestation qui dépasse les frontières

L’arrestation d’Ahou Daryaei est devenue un catalyseur pour les discussions mondiales sur les droits des femmes et l’impact des lois religieuses imposées par les États. Si elle incarne l’espoir d’un changement, son sort demeure incertain.

Cette affaire illustre la fragilité des libertés en Iran et l’urgence d’une mobilisation internationale plus forte. Au-delà de l’Iran, elle soulève une question universelle : jusqu’où les femmes doivent-elles aller pour obtenir leurs droits fondamentaux ?

Fabienne Boll : « La franc-maçonnerie est présente et active dans des sociétés comme l’île Maurice »

De notre confrère defimedia.info – Par Pradeep Daby

Il y a 52 ans, l’obédience maçonnique Grande Loge de France implantait sa première loge féminine à l’Île Maurice portant le nom de « Rose de l’aurore ». Une seconde loge nommée « Le Flamboyant » a vu le jour il y a une vingtaine d’années. Quelques jours avant le scrutin du 10 novembre dernier, Fabienne Boll, qui représente Liliane Mirville, la Grande Maitresse de la Loge féminine de France, accordait une interview au Défi Plus.

« Là où les femmes ne sont pas libres, il n’y a pas de franc-maçonnerie ! Et surtout pas féminine… Ceci est un véritable marqueur de liberté »

y faisait-elle valoir.

Quel est l’objectif de votre visite à Maurice ?
Trois loges de la GLFF sont présentes à l’île Maurice. La plus ancienne « Rose de l’aurore » a été ouverte il y a maintenant 52 ans. La seconde « Le Flamboyant » fête ses 20 ans. C’est l’occasion d’une visite pour fêter cet anniversaire, retrouver et partager des travaux avec toutes les sœurs présentes sur l’île. La troisième, la plus jeune, mais très dynamique, « Shooting star » travaille en langue anglaise.

Fabienne Boll : « La franc-maçonnerie est présente et active dans des sociétés comme l’île Maurice » (Crédit photo defimedia.info)

La franc-maçonnerie féminine est relativement jeune. La Grande Loge féminine de France a 80 ans. Elle a vu le jour en 1945, peu après que les femmes aient acquis le droit de vote en France. C’est dire qu’elle était déjà placée sur un chemin d’émancipation.

La Grande Loge féminine de France s’est largement développée à l’international, c’est ainsi que des loges ont été créées, entre autres, à Maurice, et dans ce cadre, il est légitime de rendre visite à nos sœurs.

Comment expliquer cette séparation entre hommes et femmes dans les loges de même que les procédures d’initiation de femmes, d’autant que la franc-maçonnerie a longtemps été un domaine réservé aux hommes ? 
Effectivement, la franc-maçonnerie a longtemps été un domaine réservé exclusivement aux hommes, à l’exception du Droit humain qui est mixte depuis sa fondation en 1893. 

Il a fallu que nos pionnières, lesquelles étaient portées par un ardent désir, d’affranchissement et la volonté d’exister en tant que femmes, soient persévérantes et imaginatives pour faire exister une Obédience autonome et indépendante afin d’initier d’autres femmes.

Notre spécificité féminine ne se traduit ni par un repli ni par une défiance vis-à-vis du travail commun avec des hommes, ce qui serait absurde dans une société où la mixité est la norme. Ce choix répond à la nécessité de créer un temps et un espace de réflexion et d’expression qui nous soient propres. Cela nous permet de prendre pleinement conscience de notre identité féminine, de notre responsabilité et de notre rôle de femme dans le monde.

Dans une société pluraliste, il est souhaitable que soit offert le choix de la mixité ou de la non-mixité pour ce qui ressort de l’ordre privé, de l’intimité, et plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’une démarche initiatique.

Il est important de préciser que dans nos loges, nous sommes profondément attachées aux principes d’ouverture. Nous accueillons ainsi tout franc-maçon ou toute franc-maçonne d’une autre obédience souhaitant partager nos travaux, avec qui nous entretenons des relations amicales et fraternelles.

Quelle est l’importance du rite de l’initiation au sein de la franc-maçonnerie ? Est-elle encore d’actualité ?  
L’initiation est l’acte fondateur de notre démarche maçonnique. On entre en maçonnerie par une initiation, mais celle-ci n’est qu’un instant qui se poursuit par une démarche au long cours. Étymologiquement, initier, c’est un début, une mise en route sur un chemin intime, singulier, que l’on poursuivra toute sa vie. Il s’agit d’une expérience unique, personnelle, solitaire, qui ne peut cependant pas se vivre hors du groupe que constitue la Loge. Être franc-maçonne, c’est vivre une expérience à la fois personnelle et collective.

La dimension initiatique relève plus du philosophique au sens ancien du mot (connaissance des choses humaines, conception générale de la connaissance, du savoir humain). Elle implique un changement de perspective où, au lieu de se diriger vers le monde extérieur, le regard se dirige momentanément vers l’intérieur de soi. Ce mouvement permet de se découvrir et de se connaître en profondeur, avant de revenir vers l’autre avec une meilleure compréhension de soi.

Chaque être humain, chaque femme est encore prisonnière d’un certain nombre de déterminations, qu’elles soient familiales, psychologiques, socio-économiques… et nous devons chercher à nous en détacher le plus possible. La dimension initiatique contribue à une recherche. Elle est un questionnement sur soi-même et sur le monde.

C’est dans nos Loges que ce questionnement s’inscrit et se développe. Les Loges sont des espaces de liberté, non dogmatiques, où les réponses ne sont pas données ; il faut se questionner et chercher. La franc-maçonnerie est là pour nous amener à nous poser des questions et non pour nous donner des réponses toutes faites.

Que renferme le terme « recevoir la lumière » ?  
Recevoir la lumière, c’est être initié. C’est être mis sur un chemin qui nous permette de discerner le juste, le vrai, le bien. Toutes les franc-maçonnes de la GLFF, comme l’affirme l’article I de notre Constitution, ont pour but : « La recherche constante et sans limites de la vérité et de la justice, dans le respect d’autrui, afin de contribuer au perfectionnement de l’humanité ».

Sur un plan philosophique, il faut aussi le mettre en lien avec la philosophie des Lumières développée au XVIIIe  siècle, philosophie dans laquelle nous retrouvons toutes les valeurs portées par la franc-maçonnerie.

Est-ce qu’aujourd’hui, la philosophie de la franc-maçonnerie est admise/reconnue par l’Église ?
C’est à l’Église qu’il faudrait poser la question !

La Grande Loge féminine de France est une obédience féminine ouverte aux femmes en recherche d’une quête spirituelle, mais la spiritualité n’est pas la religion. De quelle spiritualité est-il question ? Il s’agit d’une spiritualité ouverte, libre, un pari sur l’esprit, qui est différent de la spiritualité de la croyance religieuse. 

Les sœurs de la GLFF sont athées, agnostiques ou croyantes, peu importe. Nous affirmons simplement que nous sommes des « êtres d’esprit » ou des « êtres spirituels ». Jamais la question de la religion n’est abordée en loge. La démarche initiatique ne s’oppose pas à une croyance religieuse. Cette dernière reste du côté de l’intime. Ce qui est travaillé en loge est de l’ordre du commun, ce qui peut être partagé.

Dans quel type de modèle de société la franc-maçonnerie est-elle interdite/persécutée ? Et quelles sont les forces qui s’opposent à elle ? Peut-on déduire que les pays où elle est présente sont ceux qui possèdent un haut niveau de libertés d’idées et d’actions ?  
La franc-maçonnerie est généralement prohibée dans des systèmes oppressifs. Les régimes autoritaires, totalitaires ou fondamentalistes interdisent ou persécutent la franc-maçonnerie, car elle est vue comme une menace à l’ordre établi, en raison de ses valeurs de liberté, de tolérance et d’égalité. Les forces qui s’opposent à la franc-maçonnerie incluent souvent des gouvernements répressifs, des institutions religieuses conservatrices et des groupes extrémistes qui craignent la remise en question de leur autorité.

La franc-maçonnerie est présente et active dans des sociétés, comme ici à l’île Maurice, lesquelles tendent à valoriser la laïcité, le pluralisme et le dialogue interculturel, des principes qui sont en accord avec les idéaux maçonniques. 

Nous pouvons rajouter que là où les femmes ne sont pas libres, il n’y a pas de franc-maçonnerie ! Et surtout pas féminine… Ceci est un véritable marqueur de liberté. 

Dans le passé, il y a eu des dérives liées à la FM, notamment celle liée à la Loge P2 du Vatican de même que des trafics d’influence que le Procureur Éric Montgolfier avait mis en « lumière ». Comment la FM s’est-elle refait une santé ? 
Le scandale de la loge P2 est déjà vraiment ancien (années 1970), n’en faisons surtout pas quelque chose d’important ! La franc-maçonnerie est une société humaine avec des personnes qui ne méritent pas d’en faire partie. C’est tout. Les personnes impliquées ont été sanctionnées.

Malheureusement ces événements ont contribué à une perception négative de la franc-maçonnerie, mais n’en faisons pas une généralité.

Je tiens à préciser qu’à la Grande Loge féminine de France, si des individus sont découverts dans les loges cherchant à utiliser la Maçonnerie à des fins autres que son objectif principal, à savoir le perfectionnement de l’humanité, ils sont définitivement radiés.

Pourquoi devenir franc-maçon en 2024 ?
Je ne saurai répondre à cette question posée au masculin, mais pourquoi devenir franc-maçonne ?  Ceci est sans doute le sens de votre question…
On vient un jour frapper à la porte d’un « Temple » en franc-maçonnerie, parce qu’on éprouve un manque dans sa vie, on ne peut pas toujours bien l’identifier, mais on sent intuitivement qu’il est nécessaire d’élargir son horizon, de repousser ses propres limites, d’échanger avec d’autres, de tenter de comprendre autrement, de chercher du sens.  Le monde qui nous entoure est en pleine mutation, l’ordre mondial est bouleversé, les questionnements, les mises en doute et critiques sont nombreux.

La franc-maçonnerie propose un temps, hors du temps qui permet d’échapper à la tourmente extérieure et nous permet de nous libérer de nos préjugés, de développer notre esprit critique en nous interrogeant, en échangeant selon notre méthode et avec nos outils.

La franc-maçonnerie a-t-elle réussi à se débarrasser de cette réputation de « société secrète » où il existait une certaine culture du secret et qu’est-ce qui fait qu’elle a longtemps traîné cette image qui l’a desservie ? 
Encore faudrait-il se mettre d’accord sur la notion du secret. Cette dernière est concomitante à celle de l’initiation. Nous promettons en entrant de conserver le secret sur ce qui est partagé et bien sûr de ne pas dévoiler les ‘sœurs’ et les ‘frères’ qui en font partie.  Au-delà de cette obligation au secret, il y a aussi la notion de ce qui ne peut être partagé. Comment est-ce possible de partager le secret de l’initiation qui est de l’ordre de l’intime, celui de l’expérience alors que d’autres la vivent autrement ?

La culture du secret suscite sûrement de la curiosité parmi les non-initiées, la curiosité ou la méfiance, de ce qui est caché. Cette discrétion nous dessert sans doute, mais elle est la garante de la protection de celles qui ne peuvent s’exprimer librement. 

Les sœurs de la GLFF adhèrent-elles totalement à la cause féministe ? 
L’engagement féministe est diversement partagé par les sœurs de l’obédience. Si certaines sont militantes et engagées dans des associations qui défendent la cause des femmes, d’autres sont plus discrètes, sont simplement femmes et vivent leur quotidien, conscientes de cet être féminin avec ses forces et ses faiblesses. 

Savez-vous qu’aujourd’hui en Europe, 7 femmes meurent chaque jour des violences des hommes envers les femmes ? Pensez-vous que le dénoncer est une cause féministe ? Cette cause ne devrait-elle pas être défendue par tous les êtres humains ? 
Au moment où des conflits persistent à Gaza, au Liban et en Ukraine, où en est le projet de citoyenneté universelle qui est l’objectif final de la FM ?
La franc-maçonnerie prône des valeurs de tolérance, de liberté et de fraternité. Elle a souvent été vue comme un promoteur de la paix et de la compréhension entre les peuples. Cependant, le chemin vers une citoyenneté universelle est semé d’embûches et nécessite des efforts concertés sur de nombreux fronts, y compris la diplomatie, l’éducation et la justice sociale.

La réalité des conflits en cours, comme ceux à Gaza, au Liban et en Ukraine, et ailleurs montre à quel point ces idéaux peuvent être difficiles à réaliser. Les tensions géopolitiques, les nationalismes exacerbés et les inégalités sociales compliquent la mise en œuvre d’une telle vision. En somme, bien que l’idée de citoyenneté universelle soit un objectif noble et souhaitable, sa réalisation est confrontée à des défis considérables, surtout dans un contexte mondial marqué par des conflits persistants. 

Les principes maçonniques de fraternité, d’égalité, et de liberté répondent-ils aux défis contemporains ?
Nos principes ne sont ni une réponse ni une fin en soi. Ils sont les valeurs fondamentales qui résonnent en nous et nous servent de boussole dans un monde en mutation, parfois en perte d’humanité. 

Les principes de la franc-maçonnerie posent un cadre éthique pertinent pour aborder les défis contemporains, pour tenter de construire des sociétés plus inclusives, justes et respectueuses des droits de chacun. 

C’est à cette réflexion individuelle et collective, portée par nos valeurs, que nous invitons toutes les femmes désireuses de s’inscrire dans un monde respectueux de chacune et de chacun, et prêtes à œuvrer pour la Paix à venir rejoindre la Grande Loge féminine de France.

Quelle part la GLFF doit-elle prendre dans le chaos actuel du monde profane ? Quelle parole porter à l’extérieur ?  
Dans un monde qui a perdu tous ses repères, la franc-maçonnerie est un véritable rempart. Dans nos loges, nous apprenons à mesurer notre regard sur l’autre et à apprendre de l’autre, ce qui veut dire que cette approche nous donne des clés pour se défendre, défendre les droits des femmes, mais aussi défendre la dignité, défendre la liberté et tous nos principes « Liberté, Égalité, Fraternité, et Laïcité »…  La laïcité qui est très malmenée aujourd’hui avec la montée des radicalismes religieux, du communautarisme et de l’intégrisme. Et là, notre travail, c’est de porter au-dehors l’œuvre commencée dans le temple, cela signifie propager toutes nos valeurs de citoyennes dans la cité. 

Beaucoup de maitresses font partie d’associations et, par les valeurs apprises au sein de la GLFF, elles portent à l’extérieur, la tolérance, la bienveillance, le respect de soi, le respect des autres.  Grâce à ces comportements, à cette posture, je pense qu’en tant que femmes libres et de progrès, nous pouvons essayer de réduire le chaos. Pour autant peut-on changer l’humanité ? Notre but maçonnique est de travailler à l’amélioration constante de la condition humaine, nous y contribuons à notre niveau. À la GLFF, lorsque les droits des femmes sont bafoués, les principes fondamentaux de la République remis en cause, nous écrivons notre indignation par communiqués de presse. 

Si nous ne pouvons pas nous immiscer dans aucune controverse touchant à des questions politiques, ne nous privons pas de dire les choses sur le plan humaniste, même s’il y a parfois un léger décalage entre l’attente de nombreuses sœurs, et le devoir, les valeurs, et la cohérence de notre expression publique dans les médias.