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Au commencement était le Verbe

Verbe, Parole, Logos

Le prologue de l’Evangile de Jean est formé de dix-huit versets dans lesquels il est dit (au quatre premiers versets) :

  1. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.
  2. Le Verbe était au commencement avec Dieu.
  3. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.
  4. Dans le Verbe était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

Le mot prologue vient du grec pro logos. Pro signifie avant, et logos signifie discours, donc un pro logos est un discours introductif ou un préambule. C’est une « ouverture » en quelque sorte. Je souligne le fait qu’aucun des autres Evangiles, c’est-à-dire ceux de Matthieu, de Marc et de Luc (ces trois évangiles sont dits « synoptiques ») ne commence par un prologue qui énonce les mystères de la création. Celui de Jean est donc une exception. Les quatre premiers versets de l’Evangile de Jean que j’ai extrait du prologue sont fondamentaux parce qu’ils disent clairement que la réalité première qui est à l’origine de l’Univers, et de toute chose en ce monde, c’est le Verbe, c’est-à-dire la Parole ou le Logos.

Le Logos chrétien c’est la Parole vivante et créatrice de Yahvé (YHWH). Bien que le prologue soit sans ambiguïté sur l’origine de la création, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas totalement explicite dans la mesure où la nature réelle du Verbe n’est pas expliquée en détail. Qu’est-ce que le Verbe ou le Logos ?

D’où vient-il ?
De quoi est-il fait ?
De quoi est-il porteur ?
Comment agit-il ?
Pouvons-nous le connaître ?

Il n’est pas aisé de répondre à toutes ces questions, mais Jean nous donne cependant quelques informations très importantes. Il affirme en effet que le Verbe était au commencement, c’est-à-dire qu’avant la naissance de l’Univers il n’y avait que le Verbe. L’Univers existait donc en germe (potentiellement) dans le Verbe. Le Verbe ou le Logos est donc comme la « matrice » de l’Univers, et ce dernier serait son déploiement, c’est à-dire son passage de la pure potentialité (nous dirions aujourd’hui « pure probabilité ») à l’existence effective et réelle. Jean dit aussi que le Logos n’est pas très différent de ce qu’on appelle Dieu. Ces deux termes sont quasiment équivalents pour lui. Au départ il semble pourtant y avoir une petite différence, et même une certaine contradiction, car il est dit que le Logos « était avec » Dieu, donc distinct de lui, puis ensuite qu’« il était » Dieu, ne formant alors avec lui qu’une seule et même entité. Nous pouvons pas être, en même temps : « avec » quelque chose, et être cette chose même. Sauf à supposer une sorte de « superposition d’état ». Entre, « était avec » et « il était », il se produit un changement qui n’est pas expliqué. Plus loin, Jean dit que dans le Verbe était la vie et que cette vie était la lumière des hommes. Cette affirmation permet de lier ensemble trois réalités : le Verbe ou Logos, la Vie et la Lumière. Ce verset est d’une grande importance pour comprendre la nature profonde de ce qu’on appelle le « Corps de Lumière ».

L’Evangile ésotérique de Jean.

Notons que l’Evangile de Jean est considéré comme étant porteur de connaissances ésotériques qui ne sont pas accessibles à tout le monde. Le texte peut être lu à plusieurs niveaux et il comporte plusieurs sens dont certains sont volontaires voilés. Jean l’évangéliste, frère cadet de Jacques, dit Jacques le Majeur, était fils de Zébédée et l’un des douze apôtres. Jacques et Jean sont tous deux des pêcheurs du lac de Tibériade. Jean fut celui que Jésus aimait, d’où son surnom de « préféré ». Jean fut aussi l’un des trois apôtres (avec Pierre et Jacques) qui suivit le Christ au mont Thabor où se déroula la mystérieuse scène de la Transfiguration (mot qui vient du grec metamorphosis qui signifie métamorphose). Lors de cet épisode très particulier, Jésus révéla à ses disciples sa vraie nature qui est lumineuse et spirituelle. Il montra aux trois apôtres que son corps physique n’était qu’une apparence extérieure qui « dissimulait », ou « voilait » en quelque sorte, son corps spirituel qui n’était que Lumière. L’évangile de Matthieu relate ainsi la scène : « Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière ». Plus loin, Jésus donna cet ordre à ses trois disciples : « Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts ».

N’oublions pas que c’est Jean qui introduit la notion de Logos en rapport avec le Christ dans son Evangile. Dans la Grèce antique, le logos c’est la parole, le discours écrit ou parlé, la raison, et même la relation. C’est d’ailleurs un des mots les plus riches de sens en grec. Pour Platon, le logos est la raison organisatrice, c’est ce qui permet de comprendre le monde. Il est aussi porteur des idées éternelles et des archétypes. Dans le Logos se trouve le « modèle » de tout ce qui existe dans notre monde, et comme nous l’avons vu plus haut, ces « modèles » servent de « base informationnelle » pour multiplier les objets ou la nourriture. Dans la théologie chrétienne, le Logos s’est fait chair en devenant Jésus-Christ.

C’est ce que dit clairement Jean dans son Prologue au verset 14 et qu’il développe dans les versets suivants :

  1. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire
    qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
  2. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui
    vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
  3. Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;
  4. car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
  5. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein
    du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Le Christ est donc bien la manifestation visible du Logos (Verbe, Parole). A ce titre, l’épisode de la Transfiguration est décisif pour comprendre la vraie nature du Logos. Sur le mont Thabor, le Logos est visible et il montre qu’il est Amour, Lumière et Vie. J’écris Amour, Lumière et Vie avec des majuscules car ce dont il s’agit ici est beaucoup plus puissant et élevé que l’amour humain, la lumière photonique du monde physique, et la vie telle que nous croyons la connaître sur la terre.

Le Logos, Lumière vibrante et/ou vibration sonore Lumineuse.

Bien que très mystérieuse dans le fond, la notion de Logos comporte deux aspects qui sont étroitement imbriqués l’un à l’autre : un aspect lumineux et un aspect sonore. N’oublions pas en effet que le Logos est un « discours » et une Parole. Le Logos est à la fois Lumière (« onde lumineuse ») et son (« onde sonore »). Le Logos peut être défini comme une Lumière vibrante ou une vibration sonore Lumineuse. Le Logos est aussi le « son primordial » qui créé le monde. Dans son livre intitulé Aperçus sur l’initiation (Editions Traditionnelles, 1953), René Guénon fait la remarque suivante qui est très importante : « […] à signaler l’étroite connexion qui existe, d’un point de vue cosmogonique, entre le son et la lumière, et qui est exprimée très nettement par l’association et même l’identification établie, au début de l’évangile de saint Jean, entre les termes Verbum, Lux, et Vita ». Plus loin, et dans le même ouvrage, il utilise une image pour caractériser la condition de l’être humain : « L’être (humain) se sent lui-même comme une vague de l’Océan Primordial, sans qu’il soit possible de dire si cette vague est une vibration sonore ou une onde lumineuse ; elle est, en réalité, à la fois l’une et l’autre, indissolublement unies en principe, au delà de toute différenciation qui ne se produit qu’à un stade ultérieur dans le développement de la manifestation ». Guénon prend bien soin de préciser que les termes de « son » et de « lumière » considérés dans leur état subtil, ne sont pas équivalents au son et à la lumière que nous expérimentons quotidiennement dans le monde sensible.

Le Logos créateur d’ordre et de cohérence.

En réalité, le Logos est beaucoup plus qu’une lumière (« onde lumineuse ») et un son (« onde sonore »), c’est avant tout un principe organisateur qui est porteur d’une somme colossale d’informations. Il y a une sorte d’Intelligence dans le Logos. L’information portée par le Logos est capable d’agir directement sur la matière et de la modeler à sa guise. Le Logos a le pouvoir d’« informer », c’est-à-dire de donner les formes qu’il veut, à la matière. Il est aussi porteur de sens. Il créé du sens à travers son action. Il oriente ses créations dans une certaine direction voulue par Lui. Il possède le pouvoir de générer de l’ordre et de la cohérence. Il est à la source des forces qui vont dans le sens de la convergence, et en cela, il peut être rapprocher du « Point Oméga » de la création, concept créé par Pierre Teilhard de Chardin, qui désigne le point ultime de convergence de toutes les consciences de l’Univers. Le Point Oméga est « aboutissement » et « cause » de l’évolution de la complexité. D’un certain point de vue, le Logos est producteur de néguentropie, c’est-à-dire qu’il s’oppose à l’entropie ambiante. Il s’empare du chaos pour en faire quelque chose de structuré qui a du sens. Le Logos porte en lui un immense pouvoir, il est Intelligence et l’exercice de cette Intelligence dans la matière pour l’ordonner.

Du Fiat lux au Logos.

Au chapitre I du livre de la Genèse, il est dit que :

  1. Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
  2. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de
    Dieu planait au-dessus des eaux.
  3. Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut (Fiat lux et facta est lux).
  4. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres.

Si nous rapprochons les quatre premiers versets de la Genèse des quatre premiers versets de l’évangile de Jean, nous voyons immédiatement qu’à travers une formulation différente apparaît cependant ce que j’appelle une structure de sens identique. Si le chapitre I de la Genèse concerne plus particulièrement l’universel, le Cosmos dans son ensemble, le prologue de Jean s’adresse finalement à l’être humain et à sa situation spéciale et centrale dans le règne du vivant.

Evangile de Jean :

  1. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.
  2. Le Verbe était au commencement avec Dieu.
  3. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.
  4. Dans le Verbe était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
  5. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’on pas arrêtée.
Jean 1:1, Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne, XVIe siècle.

Au commencement était Dieu, le Logos/Verbe. Toutes choses ont été faites par lui : les cieux et la terre. Comme dans la Genèse, Jean évoque les ténèbres mais il précise que la lumière est capable de les traverser sans que ces ténèbres soient capables de l’arrêter et de lui résister. La lumière est donc toute puissante et « invincible ». C’est le Sol Invictus, le « Soleil invaincu », des écoles initiatiques de la Rome antique comme le culte de Mithra par exemple. Cette lumière a le pouvoir d’ordonner (instaurer de l’ordre) les ténèbres et en même temps d’ordonner, dans le sens de « donner un ordre » aux ténèbres. Les deux textes (Genèse et Evangile) évoquent la Lumière créée par le Logos : « Que la lumière soit. ». C’est le fameux Fiat Lux.

Cette Lumière qui est « bonne », se sépare ensuite des ténèbres qui sont le chaos fondamental sans forme et indifférencié et qui est pure potentialité. Ce chaos fondamental ressemble au « vide quantique » ou « énergie du vide » qui est le « vide » décrit par la physique quantique. L’« énergie du vide » quantique est l’état virtuel de la matière qui n’est pas encore manifestée dans ce que nous appelons le « monde réel ». Cette réalité sous-jacente au « réel » est pure potentialité. Dans la mécanique quantique le vide est rempli de particules virtuelles apparaissant pendant un temps très bref avant de disparaître.

Jean nous dit pour terminer, que le Logos est Vie et Lumière et que cette Lumière réside au centre de l’Homme. Du Logos sort la Lumière qui scinde la réalité en deux parties : une réalité d’ordre et de cohérence qui forme le cône des forces de convergence, et une réalité chaotique qui forme le cône des forces de divergence et de dissolution. La vibration sonore/Lumineuse originelle du Fiat Lux initie le bouleversement qui va changer le chaos en ordre. Elle introduit du sens dans la création.


Bibliographie :

Corps de Lumière – Le secret de la Pierre Philosophale (Daniel Robin, JMG éditions).

Nous sommes Lumière – Nous venons de la Lumière et nous retournons à la Lumière (Daniel Robin, JMG éditions).

Exploration des racines de la Loge de Toulouse, établie il y a 80 ans

De notre confrère actu.fr – Par Mathieu Arnal

La loge maçonnique de Toulouse, désormais située à Pechbonnieu, a vu le jour il y a 80 ans, juste après la Libération, fondée par des républicains espagnols en exil. Retour sur une histoire marquée par l’exil, l’engagement et la transformation.

Toulouse, Berceau de la Franc-Maçonnerie

Toulouse maçonnique-Illustration Jean-Paul Van der Elst.
Toulouse maçonnique-Illustration Jean-Paul Van der Elst.

Toulouse, ville au riche passé maçonnique, a vu naître sa première loge le 2 décembre 1741, baptisée loge de Saint-Jean, grâce au noble Richard de Barnewall, maître des Free Accepted Masons of Ireland. Cette initiative bénéficia du soutien des figures d’autorité de l’époque, notamment de l’archevêque Arthur Dillon.

En 1743, le comte de Caraman, petit-fils de Pierre-Paul Riquet, créa à son tour une loge, marquant le début d’une adhésion massive des élites locales à la franc-maçonnerie. Initialement dominée par des valeurs catholiques et monarchistes, la loge évolua au XIXe siècle pour devenir un bastion de pensée républicaine et laïque. Sous la IIIe République, elle accueillit dans ses rangs des figures politiques locales telles que Camille Ournac, Albert Bedouce, Honoré Serres et Jules Julien.

Liens avec l’Espagne et l’évolution sous le Grand Orient de France

Maisons à l'entrée du Parc Güell, réalisées par Antoni Gaudi, Barcelone, Espagne - Wikimedia Commons
Maisons à l’entrée du Parc Güell, réalisées par Antoni Gaudi, Barcelone, Espagne – Wikimedia Commons

Les années de guerre virent des exilés jouer un rôle crucial, notamment des intellectuels antifascistes comme Silvio Trentin, ou encore des républicains espagnols. C’est dans ce contexte que, peu après la Libération en décembre 1944, un groupe de ces exilés, comprenant des figures comme le général Riquelme et José Maldonado, fonda la loge de Toulouse. Initialement indépendante, elle chercha en 1948 à se rattacher au Grand Orient de France, le siège toulousain de cette obédience étant situé rue de l’Orient.

La Loge de Toulouse à l’aube de la reconstruction

L’après-guerre fut une période de croissance pour la loge, qui vit ses effectifs croître jusqu’à atteindre environ 110 membres. Toutefois, le départ de certains membres pour l’Amérique latine, notamment le Mexique, à la recherche de nouvelles opportunités, marqua aussi cette époque.

Dans les années 1960 et 1970, la loge connut des difficultés à attirer de nouveaux membres, les jeunes générations de francs-maçons optant pour des loges où le français était la langue d’usage.

L’Inflexion stratégique et l’apport de la française des arts

Face à cette évolution, Manuel Anguerra, alors vénérable Maître, sollicita l’aide d’autres organisations. Seul Robert Roques, de La Française des Arts, répondit favorablement. Grâce à son soutien, neuf frères rejoignirent la loge de Toulouse, permettant la mise en place d’un véritable collège d’officiers capable de fonctionner et d’implémenter des réformes significatives : l’adoption du Rite Français dit Groussier en remplacement du Rite Ecossais Ancien Accepté, et l’introduction de la règle du tourniquet, qui stipule que l’accès au poste de Vénérable passe par l’occupation des postes de Secrétaire, 1er et 2nd Surveillant.

Cette histoire, riche en rebondissements et en adaptations, témoigne de la capacité de la loge maçonnique de Toulouse à se transformer et à se réinventer face aux défis du temps, incarnant ainsi l’esprit de résilience et de fraternité qui caractérise la franc-maçonnerie.

Lien Inattendu entre les Quatre Accords Toltèques et la Franc-maçonnerie

Dans un monde où la quête de l’épanouissement personnel et de la compréhension de soi est omniprésente, deux traditions, à première vue distinctes, semblent offrir des voies vers ces objectifs : les Quatre Accords Toltèques et la Franc-maçonnerie. Bien que leurs origines et leurs contextes soient différents, surtout si « Toltèques » signifie « bâtisseurs», une exploration plus approfondie révèle des similitudes dans leurs philosophies fondamentales et leurs objectifs de transformation personnelle.

Les Quatre Accords Toltèques : une philosophie de vie

Les Quatre Accords Toltèques, issus du livre de Don Miguel Ruiz, « Les Quatre Accords toltèques« , proposent un cadre de vie basé sur des principes toltèques anciens. Ces principes incluent :

  1. Que votre parole soit impeccable – Utiliser la parole pour exprimer la vérité et éviter de nuire à soi-même ou aux autres.
  2. Ne faites rien personnellement – Comprendre que les actions et paroles des autres sont le reflet de leur propre réalité, non de la vôtre.
  3. Ne faites aucune supposition – Poser des questions et communiquer clairement pour éviter les malentendus.
  4. Faites toujours de votre mieux – Reconnaître que votre « mieux » varie selon les circonstances et s’efforcer de le faire dans toutes les situations.

La Franc-maçonnerie : une tradition de transformation

La Franc-Maçonnerie, une société discrète avec des origines au XVIIe siècle en Europe, se concentre sur le développement moral et métaphysique de ses membres à travers des rituels, des symboles et une progression symbolique à travers différents grades. Les principes maçonniques incluent :

  • L’intégrité et la vérité – Similaire au premier accord toltèque, la maçonnerie insiste sur l’importance de la parole et de l’action avec intégrité.
  • La non-personnalisation – La maçonnerie enseigne la fraternité et l’égalité, encourageant les membres à ne pas prendre les critiques ou les éloges de manière personnelle, mais plutôt de se concentrer sur l’amélioration collective.
  • La quête de la vérité – Parallèle à l’accord de ne pas faire de suppositions, la maçonnerie encourage la recherche constante de la vérité à travers l’étude, le débat et la réflexion.
  • L’effort et le travail sur soi – L’engagement à améliorer soi-même et la société, faisant toujours de son mieux, est au cœur de la progression maçonnique.

Points de Connexion

1. Philosophie de l’intégrité et de la vérité

Les deux philosophies mettent l’accent sur la parole comme un outil puissant pour la transformation personnelle. Pour les Toltèques, la parole doit être impeccable pour éviter de semer le doute ou la peur. De même, dans la Franc-Maçonnerie, la vérité est une vertu cardinale, et les membres sont encouragés à être honnêtes dans leurs paroles et actions.

2. La transformation personnelle

Tant les Quatre Accords Toltèques que la Franc-Maçonnerie cherchent à guider l’individu vers une meilleure version de lui-même. Les accords toltèques offrent une voie pour se libérer des croyances limitantes et des souffrances inutiles, tandis que la maçonnerie utilise des symboles et des rituels pour élever l’esprit et le caractère de ses membres.

3. Une communauté de recherche et de croissance

Les deux traditions créent une communauté où les individus peuvent croître ensemble. La Franc-maçonnerie, avec ses loges et ses cercles d’étude, offre un espace pour discuter et apprendre, tout comme les enseignements toltèques encouragent l’échange et le soutien mutuel dans la pratique de ces accords.

4. Symbolisme et mystère

Bien que la Franc-Maçonnerie soit plus connue pour son utilisation de symboles, les Quatre Accords Toltèques utilisent également le langage symbolique pour transmettre des enseignements profonds. La notion de « guerrier » dans la tradition toltèque est similaire à celle du « maçon » en Franc-Maçonnerie, tous deux symbolisant un parcours de discipline et de maîtrise de soi.

Pour finir

Si les Quatre Accords Toltèques et la Franc-Maçonnerie proviennent de contextes culturels et historiques différents, ils partagent des objectifs communs de libération personnelle et spirituelle. Ils offrent des outils pour naviguer dans la vie avec plus de conscience, de vérité et de compassion. Cette exploration suggère que, malgré leur apparence distincte, ces deux traditions peuvent enrichir mutuellement ceux qui cherchent à comprendre et à améliorer leur existence à travers la sagesse ancestrale et la fraternité moderne.

Vidéo du Précepteur sur les 4 Accords Toltèques

Découverte sous le bastion Montmorency à Carcassonne : Les vestiges d’une ancienne loge maçonnique

De notre confrère lindependant.fr – Par Océane Laparade

Alors que le bastion Montmorency, jusque-là propriété du groupe Korian, vient d’être racheté par un privé carcassonnais, L’Indépendant, accompagné de Jacques Blanco, amateur d’histoire avisé de Carcassonne, a pu visiter la loge maçonnique qui se cache en souterrain.

Sous le bastion Montmorency à Carcassonne, propriété jusqu’à il y a peu du groupe Korian, se cache un joyau insolite du patrimoine carcassonnais. Il s’agit du temple d’une ancienne loge maçonnique, transformée par la suite en chaufferie pour la clinique, cette partie étant aujourd’hui désaffectée.

La salle, à laquelle on accède par un couloir situé sous les anciens appartements, mesure 8 mètres de long par 6,60 mètres de large, est orientée est-ouest, et est couverte par une voûte d’une hauteur de 3,60 mètres. « Je suspecte que la citerne militaire située au-dessus ait, par infiltration, abîmé la peinture », explique Jacques Blanco. En effet, la salle et les peintures sont dans un triste état, de larges pans ayant disparu. Pour autant, le privé carcassonnais qui a racheté les lieux entend bien tout mettre en œuvre pour les restaurer : « Il faut simplement trouver quelqu’un qui sache le faire correctement », souligne-t-il.

De son côté, Jacques Blanco analyse : « Il semblerait que ces fresques soient l’œuvre du peintre Gamelin, mais fils. D’autant plus que Jacques Gamelin père est mort en 1803 », note-t-il, soit quatre avant la date de création de la loge. Sur les peintures en elles-mêmes, on peut encore tout de même apercevoir de nombreux éléments, comme un hibou, une colonne, des inscriptions diverses « meurtrier »« qu’est-ce que l’univers ? », une plus longue phrase « si tu peus vaincre la frayeur de la mort tu sortiras du sein de la terre, tu reverras la lumière tu auras droit à la révélation de grands mystères », et de nombreuses peintures de squelettes, dont l’un allongé.

D’après un ouvrage de Paul Tirand, intitulé Loges et francs-maçons audois (1757-1946), il s’agissait du Temple de la loge Napoléon de Carcassonne, fondée le 29 juin 1807. 

« Le pharmacien Jean-Alphonse Coste-Reboulh, qui était propriétaire du bastion à l’époque, leur avait loué l’espace », explique Jacques Blanco. Pour une somme de 600 francs par mois, est-il précisé dans le livre de Paul Tirand. L’écrivain donne également davantage de détails sur les aménagements nécessaires dans cet espace jusqu’à l’inauguration en novembre 1807 : « Ils sont confiés à deux maçons qui appartenaient à l’administration des ponts et chaussées. […] On commande au célèbre marchand parisien Révillon un papier peint bleu céleste parsemé d’étoiles argent fin avec draperies et bordures ainsi qu’un autre papier imitant la pierre de taille pour tapisser le parvis. Les dépenses sont si importantes que la loge est obligée de contracter un emprunt forcé auprès de ses membres lesquels rechigneront un peu », explique l’auteur.

Connaissez-vous la Rudyard Kipling Lodge de Paris ?

Atypique dans le paysage maçonnique français, elle est encore aujourd’hui indépendante, et peut-être la plus anglaise des loges françaises travaillant au rite anglais style Emulation, du moins dans l’esprit (et en français).

D’ailleurs, elle nous réserve une surprise en ce début d’année 2025.

La Rudyard Kipling Lodge fut fondée en mars 2011 à Lyons-la-Forêt par des frères de trois loges anglaises de la Grande Loge Nationale Française. Elle tint ses premières tenues à Nucourt, dans la campagne du Vexin, dans une ancienne imprimerie adaptée en loge maçonnique – avec pour plus proches voisins des chevaux à l’enclos. Cet éloignement contribua grandement à confirmer la motivation des frères de la loge et des visiteurs venant de Paris et de sa proche couronne : l’autoroute A15, aux heures de grande affluence constituait une épreuve précédant le plaisir de se retrouver et de travailler ensemble aux trois grades.

Travailler avec plaisir – certes, mais avec une pratique rigoureuse du rituel afin de garantir une transmission fidèle à l’esprit et à la lettre : développer « dans l’intérêt des frères » l’idée fondamentale de la maçonnerie anglaise d’être « heureux et de rendre les autres heureux », de pratiquer « avec sérieux sans se prendre au sérieux » pour qu’il en résulte « avantage et plaisir ». Bref, offrir aux frères un espace où « il n’y a pas de plaisir comparable à celui de rencontrer un vieil ami – excepté peut-être, celui d’en faire un nouveau », selon un certain Rudyard K.

En quelques mois, les fondateurs de la Rudyard Kipling Lodge seront rejoints par des frères issus de la maçonnerie anglaise de la Loge Nationale Française, lesquels, forts d’une solide expérience du rite et de son contexte, compléteront le champ du possible avec l’Arche Royale – issue du chapitre historique Confiance n°25, ainsi que la maçonnerie de la Marque.

Le Vexin : C’est beau, mais c’est loin… Aussi, en 2012, la Rudyard Kipling Lodge fera étape à La Garenne-Colombes, avant de s’établir en 2013 à Suresnes. Et là, l’histoire s’accélère :

  • Les tenues rigoureusement exécutées s’accompagnent de conférences sur l’histoire de la maçonnerie et ses différents développements.
  • Les agapes sont rythmées par un rituel de table des loges de la région de Londres de 1820, incluant les célèbres feux maçonniques.
  • La Rudyard Kipling Lodge ouvre un site Internet d’érudition maçonnique pour diffuser travaux, conférences et textes fondamentaux (www.rudyard-kipling.fr). Un site qui deviendra une référence pour bien des maçons en France, et ailleurs.
  • La Rudyard Kipling Lodge entretient dès lors des relations étroites avec d’autres loges et nombre de frères couvrant le panorama maçonnique français, et s’investit dans des projets audacieux.

Ainsi, en mai 2013 – au cinéma Studio Galande à Paris, est organisée la première projection maçonnique du film de John Huston « L’homme qui voulut être roi » – selon la nouvelle éponyme de Rudyard Kipling, avec à l’écran, les frères Sean Connery et Michael Caine : une centaine de frères et de sœurs des principales obédiences françaises et étrangères regarderont ensemble dans la même direction… celle de l’écran de cinéma. Une seconde projection sera organisée avec le même succès en novembre 2018 au cinéma Luminor à Paris.

Un soir de janvier 2019, empêchés de se retrouver par une météo défavorable, les frères de la Rudyard Kipling Lodge organisent la première tenue sur WhatsApp. (Pour rappel, la première « tenue » sur Internet, bien avant Second Life, a été organisée en 1983 par la loge Saint-Gabriel.)

En 2020, avec le confinement, la Rudyard Kipling Lodge réagit promptement et organise dès le mois de mars des tenues numériques en visio : pas de simples visio entre frères, mais bien des tenues totalement réfléchies et ordonnées, adaptant les mises en place pour respecter les fondamentaux d’une tenue maçonnique au monde numérique. L’occasion aussi d’élargir au monde entier la possibilité de participer à ses tenues, réunissant des frères des 5 continents, de toutes cultures, langues, rites et obédiences, au point de forcer les Anglais à prendre position sur le sujet.

Durant cette même période, le Comité de Bienfaisance de la Rudyard Kipling Lodge versait plusieurs milliers d’euros pour la création d’une « bulle de détente » pour les personnels soignants de l’hôpital St-Joseph à Paris.

Aujourd’hui, les frères de la Rudyard Kipling Lodge s’engagent dans une voie de l’excellence rituelle, encore plus rigoureuse, tant pour affermir leurs convictions que pour se dépasser et faire vivre un rituel souvent méconnu en France, le style Emulation du rite anglais.

La Rudyard Kipling Lodge se réunit à Suresnes les 4èmes mardis : soyez curieux et désireux d’en savoir plus !

En janvier 2025, deux événements majeurs au programme : le 14, une tenue exceptionnelle où les frères et les sœurs en visite pourront découvrir non seulement le rite, mais également la cérémonie de réception, et la tenue régulière du 28 avec l’installation du vénérable maître et de son collège d’officiers.

Let’s meet upon the level and part upon the square, et trouvez le bonheur sur notre chemin !

Contact : contact@rudyard-kipling.fr

Autre article paru sur la Rudyard Kipling Lodge

Ne manquez pas le feuilleton maçonnique de l’année 2025

À partir du 5 janvier 2025, tous les dimanches matin, vous allez pouvoir suivre un feuilleton co-écrit par Solange Sudarskis et Frédéric Beatrix qui vous emmènera dans une aventure à clefs avec des personnages dont les actions nous apparaissent aussi trompeuses que, par temps de brouillard, la mer a l’air d’être dans le ciel.

Vous y découvrirez le combat entre deux réseaux. L’un pour mettre l’esprit humain et l’intellect au service d’un humanisme, l’autre convaincu que le salut de l’humanité n’interviendra que par la foi et la crainte de Dieu où des fanatiques ont décidé d’éradiquer des œuvres d’art exprimant leur désapprobation.

Le feuilleton se déroule, comme une épopée initiatique de Paris à Londres, Prague, Istanbul,  Lyon, … mêlant l’imaginaire du mystère artistique à la découverte scientifique et spirituelle.

Au fil des pages, Alexander, accompagné d’amis, se consacre à la recherche du mystère qui se cache derrière la position particulière des mains dans des portraits. C’est une posture étrange, où le majeur et l’annulaire sont soigneusement joints. Non seulement cette position n’était pas courante, mais elle était également spécifique à des personnages qui avaient joué un rôle crucial dans la transition entre la Renaissance et l’âge classique.

Ces portraits ont de commun qu’ils représentent des hommes de sciences d’une érudition extraordinaire, embrassant des disciplines aussi variées que la médecine, l’astrologie, l’astronomie, les sciences de la nature, la chimie, les mythologies, les lettres, la poésie, la philosophie, la kabbale et la théologie. Leur savoir encyclopédique semble délivrer un message lié à cette mystérieuse position des mains.

Les indices disséminés à travers les siècles et les œuvres d’art conduisent Alexander à une révélation surprenante : la position des mains était un symbole codé transmis secrètement à travers les générations. Ce geste particulier, absolument anodin, contient une signification profonde liée à la compréhension du monde.

Les clefs du roman vous seront données à la fin du feuilleton.

Le journalisme est un art profane… qui profane !

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

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Avant toute chose, bonne année à vous et aux vôtres ! On croit toujours que l’année qui vient sera meilleure que celle qui l’a précédée. Je n’ai pas tout à fait l’impression que c’ait été globalement le cas en 2024 par rapport à 2023. Alors, mettons le meilleur de nous-mêmes à déchiffrer et à promouvoir l’espoir, partout où il se trouve et, en toute hypothèse, santé et prospérité à vous, chère lectrice ou cher lecteur, que vous soyez ou non franc-maçonne ou franc-maçon, et nous le disons d’un cœur uni tant c’est l’humanité qui nous importe et, qu’en nous retrouvant toutes et tous autour de ce Journal, c’est bien elle que nous souhaitons servir. Veuillez ainsi recevoir, dans un même esprit, les meilleurs vœux de toute la Rédaction !

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On croit parfois devoir… ou pouvoir révéler l’appartenance à la franc-maçonnerie de personnalités publiques, j’aurais peut-être dû dire de personnages publics[1], sachant qu’on utilise le terme de personnages, pour désigner des personnes ne se distinguant point seulement par leur rang social ou par la notoriété qu’ils pourraient être censés occuper dans l’histoire, mais se distinguant malheureusement aussi de leur propre nature par le rôle qu’ils ont accepté d’incarner à la face du monde dans un souci de réussite et de carrière, à l’opposé de toute idée ou de tout sentiment sincères – alors que la notion même de personnalité renvoie à un caractère original se distinguant alors par des aptitudes singulières, jusqu’à faire autorité ou, du moins, à s’imposer par son influence. Vous me direz que le partage de l’un à l’autre est loin d’être évident car il n’est pas toujours facile de savoir pousser le curseur pour peser avec exactitude les individus.

Alors, qu’apporte la connaissance d’une appartenance maçonnique dans tout cela ? Eh, bien ! pas grand-chose, si ce n’est une supposée liberté de pensée, un supposé progressisme, au sens d’un idéal de changement qui viserait à une ascension intellectuelle et morale de l’homme en société, à son « émancipation » de tout carcan.

Or la diversité des hommes et des femmes qui se sont engagés en maçonnerie, en embrassant celle-ci dans toutes ses composantes, devrait inciter à tirer avec la plus grande prudence la moindre conséquence de telles généralités, tant elle donne une image floue voire brouillée de ces conceptions qui firent florès à une certaine époque, mais qui, sans être totalement révolues, surtout dans quelques obédiences bien connues, sont, désormais, largement écornées dans d’autres, si bien qu’il suffirait, par exemple, d’aiguiller chacun, sans même avoir beaucoup à l’aiguillonner, sur le terrain du « wokisme » – au sens de courants de pensée dénonçant au moindre signe, avec véhémence ou virulence, toute forme d’injustice et de discrimination subies par les minorités ethniques, sexuelles ou religieuses –, pour provoquer des divisions profondes entre les ateliers voire en leur sein. Bref, voyez-vous, mes Frères et mes Sœurs, la tolérance, d’un côté comme de l’autre, reste un combat !

Faut-il le regretter ou s’en indigner ? Si la maçonnerie se doit d’accueillir des hommes et des femmes de toute confession, de toute conviction et de toute condition désirant nourrir ensemble un foyer de réflexion pour leur perfectionnement propre comme, concomitamment, pour la compréhension et l’amélioration du sort commun, rien ne serait plus naturel que leurs différences se retrouvent dans leurs assemblées et qui s’en offusque réduit ipso facto les enjeux du pari « universel » qu’il prétend favoriser et dont il se rengorge à bon compte. Certes, cela se produit et, d’ailleurs, non chez ceux qui s’expriment le moins. Dès lors, vue sous cet angle, la franc-maçonnerie n’apparaît plus, malgré quelques contorsions, que sous l’espèce d’une coterie flasque au flanc d’opinions déterminées.

Le principe de la laïcité qui n’a d’autre ambition que d’affirmer et d’affermir la protection de toutes les croyances et des visions du monde les plus variées, dans le respect des lois, bien entendu, est, sinon tué dans l’œuf, du moins rétréci à peau de chagrin par ceux-là mêmeS qui, entre eux, prétendent en être les hérauts.

Et je n’ai même pas encore parlé de la notion « d’initiation », pour ceux qui, sur ce continent, s’inspirent des anciens mystères et qui entendent aller au-delà de la simple « réception ».  Il s’agit alors d’emprunter le chemin initiatique que proposent plusieurs écoles maçonniques traditionnelles et qui vise, chez leurs adeptes, à exercer leur intelligence et leur sensibilité sur le sens caché des choses, dans un dévoilement paradoxal de ramifications intimes présidant à la recherche et à la découverte de l’unité fondamentale du monde et de la conscience de l’être. C’est un programme bien grandiloquent dans la formulation synthétique que j’ai essayé d’en donner mais c’est surtout un engagement long, patient et intérieur qui ne présente aucun intérêt à être revendiqué publiquement car il ne saurait rien évoquer à qui n’a pas mobilisé ses facultés dans cette voie.

Résultat des courses ? Rien. Et c’est si vrai que bien des personnages publics n’ont rien révélé de leur personnalité privée, que celle-ci est souvent obstruée chez ceux-là et que, pour le moins, ils manquent d’unité.

C’est, d’ailleurs, à leur souhaiter, dans un tel cas, car s’ils se limitaient aux apparences qu’ils donnent d’eux-mêmes, nous en serions navrés pour eux. Au reste, au fil du temps, bien des noms ont circulé dans la sphère politique, les rattachant à la franc-maçonnerie, à tel moment de leur vie voire de façon continue, et ils ne manquent pas de présenter des visages très différents, suscitant de surcroît, chez leurs supposés sœurs et frères, des réactions contradictoires. Si l’on s’en rapporte à mes longs commentaires d’aujourd’hui, il est manifeste que je ne puis m’en étonner, quelque regret que j’en aie, cependant, parfois, tant la radicalisation de certaines positions s’écarte de la tempérance de jugement que la franc-maçonnerie préconise depuis l’origine et tant le goût de l’intrigue chez d’autres voire chez les mêmes s’oppose à l’honnêteté de comportement qu’elle réclame aussi bien. Pour autant, fort tristement, nous n’avons souvent guère à chercher aussi loin pour trouver des exemples. Les loges, s’ils n’y fourmillent pas, n’en sont pas toutes exemptes.

Quant au journalisme, c’est bien connu : le journalisme est un art profane… qui profane !


[1] Je n’aurais pas choisi ce sujet si un article récent de ce Journal, intitulé : « Au moins deux Frères connus au sein du nouveau Gouvernement », n’avait fait débat, ainsi qu’en témoignent les commentaires s’y rapportant. Outre que 450.fm ne censure aucune information existante relative à la franc-maçonnerie et s’attache à relayer ce qui intéresse son lectorat  – c’est sa mission d’origine : tendre un miroir aussi complet que possible sur « la franc-maçonnerie sous tous ses angles » –, j’ai souhaité m’interroger ici sur le sens que pouvaient avoir de telles « révélations »… qui, du reste, n’en sont pas, puisque les informations en cause ont largement circulé, depuis des années, et n’ont apparemment nui à personne. Au demeurant, comme l’indique le titre de l’article précité, ne sont évoqués que deux « Frères connus ». D’autres ministres peuvent, néanmoins, appartenir à telle ou telle Obédience, qui sait ?

Aucun apprentissage n’évite le voyage 

Parce que, pour Michel Serres « Apprendre, s’instruire, c’est s’exposer au milieu du fleuve dans cette tierce place, qui interdit le retour et oblige à poursuivre », je commencerai par vous reproduire quelques extraits de son ouvrage Le tiers instruit achevé en 1990 qui nous fait comprendre la transformation par ce voyage.

« Nul ne sait nager vraiment avant d’avoir traversé seul, un fleuve large et impétueux ou un détroit, un bras de mer agité. Partez, plongez. Après avoir laissé le rivage, vous demeurez quelque temps beaucoup plus près de lui que de l’autre, en face au moins assez pour que le corps s’adonne au calcul et se dit silencieusement qu’il peut toujours revenir. Jusqu’à un certain seuil, vous gardez cette sécurité, autant dire que vous n’avez rien quitté. De l’autre côté de l’aventure, le pied espère en l’approche dès qu’il a franchi un second seuil. Vous vous trouvez à ces voisins de la berge pour vous dire arrivé. Rive droite ou côté gauche, qu’importe. Dans les deux cas, terre ou sol, vous ne nagez pas, vous attendez de marcher, comme quelqu’un qui saute, décolle, et se reçoit, mais ne demeure pas dans le vol. Au contraire, le nageur, sait qu’un second fleuve coule dans celui que tout le monde voit entre les deux seuils, après ou avant lesquels toutes les sécurités ont disparu; là, il laisse toute référence… » Et un peu plus loin: « Le vrai passage a lieu au milieu. Quelques sens que la nage décide. Voici le voyageur seul. Il faut traverser pour apprendre la solitude. Elle se reconnaît à l’évanouissement des références. Dans un premier temps, le corps relativise le sens. Qu’importe gauche ou droite pourvu que je tienne à la terre, dit-il. Mais au milieu du passage, même le sol manque, finit les apparences. Alors, le corps vole et oublie le solide. Non point en attendant les retrouvailles stables, mais comme s’il s’installait pour toujours dans son étrangère vie… Sur l’axe mobile du fleuve et du corps frissonne, émue, la source du sens. » 

En juillet 2021, nous évoquions déjà les voyages avec un article qu’il me plaît d’évoquer ici.  

Savoir mourir comme Moïse devant la Terre promise, en sachant que l’important n’est pas tant d’y entrer que d’avoir marché vers elle avec un peuple à qui elle est destinée. Voyager : «aller vers», c’est s’orienter dans un mouvement, c’est faire prévaloir le sens (celui de la direction ou celui des significations). La promesse faite pour cette Terre, c’est le sens d’un monde-à-l’autre dédié ; c’est une destination éthique pour que l’homme puisse s’y accomplir. Temple idéal ou terre promise ne découvrent leur lieu qu’en marchant sur les traces de cette poussière prise sur toute le terre, et dont fut constitué le corps de l’homme originel.

Les noms des voyages sont les noms propres des visages qui nous font face. Leurs présences nous obligent au mouvement de l’être vers l’être-pour-autrui ; de l’ontologique vers l’éthique. Le départ est sans retour, spirale et non cercle pour dire oui à l’existence de l’autre qui, toujours, est devant et non derrière (comme le croyait l’amour d’Orphée pour Eurydice). Voyager, c’est se déplacer du même vers l’autre pour répondre à l’appel d’une terre aux sonorités sans limites, dans l’urgence d’œuvrer pour l’équité, dans le oui au lointain et au proche.

Par un datif éthique, Dieu dit à Avram Lekh lekha[1], ce qui signifie : va vers toi. Entre le départ et l’arrivée, entre l’initiation et l’accomplissement, le désert, l’océan, le chemin, des solitudes, des épreuves et le voyageur se transforme en pèlerin et l’errance devient traversée du monde orientée de soi vers l’autre, traversée de miroirs, qui menée à bien ouvre à l’itinérant l’accès de toutes les portes basses. Par le passage par cet entre-deux, il peut alors se faire connaître comme le fils de la veuve, de la putréfaction, de D. , de l’Univers ; fils de …, comme un esprit sorti de la confusion. «Dire le Graal est vain», fait dire Wagner à Gurnemanz, le chevalier du Graal,  et d’ajouter «vers lui ne s’ouvre aucun sentier et nul ne peut trouver la route qu’il n’ait lui-même dirigé son chemin. Tu vois mon fils, ici, le temps devient espace[2].»   

On appelle voyages la partie des épreuves lors des initiations propres à tous les grades.

Le voyage rappelle ceux de la vie, les pèlerinages, le Tour de France des Compagnons où le compagnon est appelé noble voyageur… En tant qu’itinéraire, le voyage est à rapprocher du mot initiation. Le voyage donne à connaître au franc-maçon qu’il doit s’avancer vers la lumière pour la chercher. Se mettre en route c’est d’abord emprunter la voie, le chemin sur lequel s’effectuent les rencontres. Toutes extérieures qu’elles paraissent, dans ces rencontres c’est soi-même que l’on envisage.

L’homme de l’initiation doit s’arracher du monde, obstacle à la réflexion qui empêche la spéculation de l’absolu en lui. Le voyageur ne s’identifie pas au conquérant assuré de ses trajets, ni à l’errant désorienté qui fuit, mais au pèlerin, à la quête de cet ailleurs dont on lui a parlé. Apparemment, la route permet d’aller d’un point à un autre, de passer d’une rencontre à une autre rencontre. Toutes les rencontres sont les variantes d’une rencontre unique, tous les lieux sont des habillages différents pour un lieu unique. La route est un principe narratif de mise en variation de l’espace initiatique. Elle introduit de la différence dans la répétition des lieux. Le récit reste un centre toujours renouvelé par le voyage sur la route. La route est le passage qui interdit au centre unique de se figer en un lieu statique. La route est l’élément déterminant qui permet de démultiplier la rencontre, de la séquencer en étapes  qui deviennent trace de la route elle-même. Il n’y route, ou chemin, que parce que quelqu’un est passé par là.

Au cours de la cérémonie d’initiation, des étapes marquent l’évolution alchimique du récipiendaire. Après la première épreuve effectuée dans le cabinet de réflexion et puis celle de la Terre, où la materia prima est putréfiée en dehors de la loge, l’impétrant poursuit avec sa purification dans le temple. On lui fait franchir la porte basse, celle qui permet de quitter la vie profane pour s’engager dans la voie initiatique. Son premier voyage (troisième si les épreuves précédentes sont considérées comme voyages) est une épreuve de purification par l’Air, celui de la volatilité, permettant au mental de s’élever. Cette épreuve figure la sublimation de la partie volatile de la materia prima avant de pouvoir la travailler. Le deuxième voyage est l’épreuve de l’Eau, en fait celui du mercure philosophique, principe femelle présent dans tous les corps, la quintessence coagulée des éléments. Il faut renoncer au vieil homme afin de pouvoir faire place à l’être ; il faut laver la pierre brute avant de la tailler. Le troisième voyage est l’épreuve du Feu. Les transformations de l’être, les transmutations des métaux vils en or ne peuvent se faire que grâce au feu alchimique, «celui qui détruit et purifie, qui consume et régénère, qui brûle et éclaire, qui permet de changer d’état».

Le voyage comme épreuve est une émancipation, l’occasion de découvrir d’autres aspects du monde et de soi-même. Le silence de l’apprenti est un voyage invisible de la cérémonie d’initiation. La colonne de l’apprenti imaginalise dans l’épiphanie du désert le quatrième pilier du temple. Le pèlerinage du parcours initiatique conduit au pays «du-non-où» au quatrième pilier qui, comme une promesse, attend le franc-maçon au-delà de son désert intérieur traversé.

L’homme de l’initiation doit s’arracher du monde, obstacle à la réflexion qui empêche la spéculation de l’absolu en lui. Cet enseignement peut être retrouvé dans les textes et catégories de pensée qui évoquent le thème du désert et de la quête, thème qui apparaît dans la plupart des religions et traditions initiantes.

Ce que l’on peut retenir dans ces hiéro-histoires, c’est que le désert permet un temps sacré, où s’accomplit l’expérience religieuse ou mystique, où s’abolit la différence du saint et du sacré. C’est un mouvement par lequel l’homme en se recueillant au désert, s’élève à la transcendance. Dans sa quête, le désert est l’épreuve et le lieu du combat contre le principe du Mal. En ce sens c’est un lieu de passage: se quitter soi-même, abandonner son moi superficiel pour trouver son Soi. On dirait tailler sa pierre. Il est comme un labyrinthe où se vivra l’expérience fécondante du silence, de la solitude et des combats.

L’intérieur de l’homme est un désert, un vide pour Cioran, un abîme pour Hermann Hesse, Gérard de Nerval, Blaise Pascal, Paul Valéry, et Victor Hugo qui en dit :  «Tout homme a son pathos…II s’obstine à cet abîme attirant, à ce sondage de l’inexploré, à ce désintéressement de la terre et de la vie, à ce regard sur l’invisible; il y vient, il y retourne, il s’y accoude, il s’y penche, il y fait un pas puis deux, et c’est ainsi qu’on pénètre dans l’impénétrable, et c’est ainsi qu’on s’en va dans les élargissements sans bords de la méditation infinie».

L’invitation à se connaître de toutes les initiations n’est rien d’autre qu’un appel à prendre conscience de son propre désert.

L’horizon désertique, la solitude instaurent une distance entre le fini et l’infini mais se refuse à toute appropriation. Je ne suis pas le propriétaire de l’horizon, mais j’essaie de l’atteindre. Et comme l’écrit Lévinas : «L’infini n’est pas totalisable, il n’est pas objet de connaissance, ce qui le réduirait à la mesure de celui qui le contemple, mais il est désirable, il est approchable par une pensée qui, à chaque instant, pense plus qu’elle pense. C’est le désir qui mesure l’infinité de l’infini.» Et nous dirions avec Corbin: «le pèlerin, le salek, répond à l’appel de l’espace, plus outre, toujours ailleurs, il est l’Errant, le Renonciateur», nous ajouterons, il est le Désirant.

Et maintenant posons-nous la question : Vers quoi conduit le voyage intérieur, commencé dans le silence?

Cette solitude, cet esseulement n’est jamais le lieu où doit se fixer définitivement l’initié. Tout voyage des épreuves maçonniques demeure, au final, un détour ; le plus important n’est peut-être pas de partir mais de revenir. Mais qui revient  après un long détour ? Quel sens peut-être donné aux épreuves ?

Une première réponse a été présentée par un article interprétant l’histoire de Perceval présentée par Julien Gracq dans sa pièce  Le Roi Pêcheur, fondée sur le célèbre roman de Chrétien de Troyes.

J’en reprends ici la conclusion : en Franc-Maçonnerie, les épreuves proposées ne semblent des victoires ou des défaites que dans un temps et un espace mythiques où tout est symbole, mais la voie indiquée n’aboutit jamais dans un royaume fermé.

Les voyages au grade de compagnon se font sans bandeau : «Vous avez fait les voyages avec les yeux découverts, ce qui vous désigne que lorsque le maçon a une fois ouvert les yeux à la lumière par un effort de sa propre volonté ; et sa confiance, elle ne l’abandonne pas, tant qu’il conserve de l’attrait pour elle.»

Au REAA, les cinq voyages d’initiation au grade de compagnon effectués par l’apprenti n’ont plus tout à fait le caractère d’épreuves, mais ont des fonctions projectives et éducatives concernant les voies de connaissance ;  les Sens, les Arts et les Sciences correspondant à la réalité du développement cognitif. En duala (camerounais) , le voyageur se dit «Moudangwedi» et pourrait avoir pour traductions : le cherchant, le fouinant, le furetant.

Pour devenir compagnon, l’apprenti doit accomplir cinq voyages. Ces voyages font significations en tant qu’indicateurs du processus d’apprentissage du métier opératif et spéculatif du constructeur, comme orientation morale du franc-maçon et comme invitation à explorer tous les domaines de la connaissance. À ce titre les 5 voyages forment un tout dont on ne peut rien retrancher.  Le pas du compagnon représente le passage d’une droite à un plan qui lui est orthogonal ; ce faisant on peut alors construire un nouveau référentiel d’espace de voyage cognitif ou spirituel.

Les voyages maçonniques semblent inspirés non seulement de la tradition compagnonnique, mais de diverses sources initiatiques. Si de nouvelles explorations se présentent ainsi de manière métaphorique, par le pas de côté qui rappelle le quatrième voyage, se replier sur soi-même est une nécessité d’autant plus impérieuse qu’on est allé plus loin dans l’écart.

Par le 5ème pas, le compagnon se retrouve face au Delta lumineux, siège de l’esprit, face à l’orient… éternel, but ultime de l’initiation.

Transposée en espace spirituel allégorique, la perpendiculaire devient l’axis mundi, l’axe du monde, le niveau devient l’élargissement des méthodes, des moyens, des visées, des voies de la connaissance. Puis, avec la cérémonie d’élévation, en accomplissant les rites de passage de l’équerre au compas, de la mesure de la terre à celle du ciel, le compagnon entrera dans un univers complet, investi de la mission de devenir bientôt un maître c’est-à-dire un guide vers la quintessence. Il s’agit pour lui de trouver sa voie vers l’étoile flamboyante et d’y pénétrer.

Le compagnon est donc incité à voyager, c’est-à-dire aussi incité à visiter d’autres ateliers pour découvrir les autres rites des différentes obédiences de la Franc-maçonnerie. Parfois, il est muni d’un carnet de voyage qu’il doit faire tamponner du sceau des loges visitées. Cette extériorisation vagabonde de sa loge est à rapprocher, par analogie, du pas du compagnon.

Mais, c’est dans la vie profane que le franc-maçon rencontre tous les autres, lui dont l’humanité a besoin de sa part d’action pour que se lève l’aurore de la lumière de ce que l’on appelle la fraternité.

Et toi, mon Frère, ma Sœur, Qu’es-tu devenu après les voyages de tes cérémonies d’initiation ?


[1] לְךָ –לֶךְ, Gen., 12,1.

[2] Acte 1, Parcifal

La Franc-maçonnerie polonaise célèbre des anniversaires importants

De notre confrère polonais legaartis.pl – Daniel Glogowski

Le 19 décembre, un événement unique a eu lieu au siège du Grand Orient de Pologne à Varsovie : la loge Cezary Leżeński a célébré le 15e anniversaire de sa fondation. Dans le cadre des célébrations, un compte officiel de la loge sur les réseaux sociaux a été créé, ce qui constitue une nouvelle étape dans la communication avec un public plus large.

« Hier, lors du banquet de la loge, avec de la musique live, nous avons célébré le 15e anniversaire de l’existence de la Loge Cezary Leżeński, WWP » – a-t-on annoncé dans le premier article de la plateforme X « À partir de maintenant, nous conspirerons ». ‘avec toi sur X » – ajouté avec un clin d’œil.

Lors de la cérémonie, la Loge a reçu les félicitations de la Grande Loge Féminine de France, qui met l’accent sur la dimension internationale de la coopération entre francs-maçons polonais. « Nous ne renoncerons jamais à œuvrer pour le progrès humain ! » – ont annoncé les représentants de la Loge sur les réseaux sociaux.

Gabriel Narutowicz commémoré à Bielsko-Biała

Gabriel Narutowicz

La veille, le 17 décembre, la Loge Witelon du Grand Orient de Pologne organisait une cérémonie commémorative du premier président de la Pologne, Gabriel Narutowicz, assassiné en 1922. La cérémonie a eu lieu à Bielsko-Biała sous une plaque commémorative du président. Un monument se dressait à cet endroit jusqu’en 1939, démoli par les Allemands pendant l’occupation.

Narutowicz, en tant que représentant éminent de la franc-maçonnerie polonaise, est devenu un symbole de l’implication maçonnique dans la construction d’un État polonais moderne. Déposer une couronne sous la plaque est un geste rappelant les valeurs que les maçons tentent de promouvoir depuis des siècles : l’égalité, la liberté et la fraternité.

Développement dynamique de la franc-maçonnerie en Pologne

Ces derniers mois, nous observons une augmentation de l’activité de la franc-maçonnerie polonaise. Le 240ème anniversaire de la fondation du Grand Orient de Pologne a été récemment célébré à Poznań. Début décembre, les francs-maçons ont célébré le 100e anniversaire de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain en organisant deux jours de célébrations.

De plus, en octobre 2023, deux nouvelles loges maçonniques sont apparues sur la carte de la Pologne dans les parties orientales de Szczecin et Wrocław. Ces événements prouvent le nombre croissant de personnes intéressées par les idées de la franc-maçonnerie.

Franc-maçonnerie et temps modernes

La franc-maçonnerie contemporaine en Pologne s’implique de plus en plus dans le dialogue social et s’ouvre à de nouvelles formes de communication, comme en témoigne sa présence sur les réseaux sociaux. Les événements et initiatives organisés nous rappellent l’histoire et les valeurs que la franc-maçonnerie apporte au monde, tout en mettant l’accent sur les défis et les objectifs contemporains.

La célébration du 15e anniversaire de la Loge Cezary Leżeński et la cérémonie commémorative de Gabriel Narutowicz sont la preuve de l’activité croissante des francs-maçons en Pologne. Ils soulignent l’importance de la tradition et de l’histoire de la franc-maçonnerie, mais indiquent également l’approche moderne de cette organisation pour construire le dialogue et la coopération. Ces activités confirment que la franc-maçonnerie en Pologne joue toujours un rôle important dans le domaine social et culturel.

La Franc-maçonnerie et l’accélération de l’évolution

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Aksel Suvari

La Franc-Maçonnerie est un système qui permet de créer un changement dans la conscience humaine. C’est un art magique et la magie qu’elle pratique accélère l’évolution de ses initiés, une œuvre des plus efficaces pour l’élévation de toute l’humanité.

Que signifie évoluer ? Un dictionnaire définit ce mot comme signifiant « changer graduellement, en particulier d’une forme simple à une forme plus complexe », alors que l’étymologie du mot nous montre que le terme a ses origines dans le mot latin qui signifie « s’étendre, se déployer et s’ouvrir ». Ces deux définitions, bien qu’exactes en elles-mêmes, ne saisissent pas la signification complète du terme, en particulier du point de vue maçonnique.

Il manque, je crois, un élément défini en Franc-Maçonnerie qui éclaire le vrai sens de l’évolution en ce qui concerne les êtres humains, à savoir que l’évolution de toute vie est menée conformément à un Plan Divin, un plan conçu avec une grande intelligence et une grande prévoyance qui est exécuté sur de nombreux plans d’espace et de temps. C’est ce composant manquant que la Franc-Maçonnerie identifie et sur lequel nous éduque afin que nous puissions évoluer plus efficacement et ainsi contribuer à l’évolution de toute vie. 

Si nous partons du principe hermétique selon lequel « Tout est Esprit » – que toutes les formes, essences et idéaux sont la création d’un grand Esprit Universel – il s’ensuit alors que cet Esprit crée, dissout et fait évoluer les formes du monde matériel et les essences et entités immatérielles qui l’habitent selon la Pensée. Si tout est Esprit et que l’Esprit est gouverné, ordonné et exprimé par la Pensée, alors nous devons accepter que cette Pensée ou ces Pensées forment un Plan et que ce Plan est ce dans quoi nous nous trouvons en train d’opérer dans nos incarnations matérielles et immatérielles. 

La Franc-Maçonnerie reconnaît ce plan comme « la Volonté Divine en évolution ». On nous dit aussi que la Franc-Maçonnerie est un système qui « accélère l’évolution de ses initiés ». Mais comment cela peut-il être fait ? La compréhension conventionnelle de l’évolution est que les circonstances de l’environnement et de la génétique produisent chez les êtres vivants des mutations génétiques, des altérations des caractéristiques physiques qui améliorent les chances de survie d’une forme de vie. Par le processus de sélection, si ces mutations sont utiles à la survie de l’organisme, il a plus de chances de se reproduire et de propager cette mutation à travers la génétique de son espèce. C’est ainsi que nous avons des lapins aux oreilles exceptionnellement grandes, des chevaux aux pattes puissantes et des êtres humains au cerveau anormalement grand. La Franc-Maçonnerie reconnaît et utilise ce même système d’évolution mais applique la méthode à la conscience plutôt qu’à la forme physique. 

Les changements de conscience que la Franc-Maçonnerie cherche à créer peuvent être comparés à des mutations. L’homme, dans son état animal, est une créature plutôt brutale qui ne se préoccupe que de sa survie personnelle et peut-être de celle de sa famille ou de sa tribu immédiate. Dans la société d’aujourd’hui, nous avons réussi à contenir la plupart des pulsions les plus sauvages de notre espèce au nom de l’harmonie sociale, mais nous conservons de nombreuses aspérités sur nos pierres de taille. Dans les rituels de la Franc-Maçonnerie, nous trouvons les circonstances environnementales nécessaires pour provoquer des mutations, cette fois non pas dans la forme physique mais dans la conscience du néophyte qui vit le rituel. Les moments de peur, d’exaltation et de drame intense qui sont créés par le rituel maçonnique servent d’incitations à changer notre conscience. Ils sont la condensation d’expériences vécues par des individus au cours de nombreuses vies et à de nombreuses époques différentes, rassemblées et distillées pour le bénéfice de l’individu qui peut prendre 50 ou 60 ans pour vivre ces moments dans une vie naturelle, s’il les vit même du tout. 

Quatre-volumes-anciens-avec-superosition-symboles-lumineux-du-zodiaque
Quatre-volumes-anciens-avec-superosition-symboles-lumineux-du-zodiaque

Heureusement, la Franc-Maçonnerie ne nous laisse pas nous expliquer ces moments par nous-mêmes, mais nous offre plutôt l’aide d’une communauté d’individus partageant les mêmes idées qui ont partagé ces expériences puissantes tout en dévoilant une vaste richesse de symboles que nous pouvons utiliser pour contextualiser notre expérience. De nouveaux modèles de conscience, des mutations si vous voulez, nous sont fournis pour que nous les imitions. En imitant les actes héroïques de ces « méta-humains », nous accélérons notre évolution en assimilant les expériences de vie des meilleurs de nos ancêtres, en activant des mémoires génétiques qui seraient autrement restées en sommeil. 
La Franc-Maçonnerie bénéficie du fait d’être le récipiendaire et le gardien des résultats de milliers d’années d’observation ininterrompue du comportement humain et, ce faisant, elle a pu sélectionner, isoler et dramatiser les moments clés qui incitent un individu à évoluer et à changer. Ce qui est unique en Franc-Maçonnerie, c’est qu’aucun dogme n’est fourni à ces moments de changement. L’importance de cela ne peut être suffisamment soulignée, car c’est la raison pour laquelle la Franc-Maçonnerie excelle au-dessus de tous les autres systèmes d’évolution humaine. 

En ne contextualisant pas le moment crucial dans un dogme humain, la Franc-Maçonnerie invite au contraire le Plan Divin à travailler de lui-même, sans être entravé par des explications humaines. En permettant à ses initiés de tirer leurs propres conclusions, la Franc-Maçonnerie crée une opportunité pour le Plan Divin de fonctionner qui n’aurait peut-être pas existé autrement sans l’aide du drame rituel pour modifier suffisamment la conscience de l’initié pour qu’il soit réceptif à la révélation d’un nouvel état de conscience. La Franc-Maçonnerie elle-même ne contient ni ne fournit directement un certain état de conscience dans aucun de ses rituels. Au lieu de cela, à partir des connaissances qu’elle a acquises au cours des nombreux millénaires d’observation humaine qu’elle a menés, elle a maîtrisé la création des conditions nécessaires à la production de certaines mutations spécifiques de la conscience. Cependant, le changement réel de conscience est laissé à l’interaction de l’esprit du néophyte avec l’inspiration divine produite dans ces moments de grand drame. 

Comme nous avons commencé par une prémisse hermétique, il est tout à fait approprié que nous terminions cet examen par la considération d’un autre principe hermétique, celui de la loi de correspondance – qui stipule que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est à l’intérieur est comme ce qui est à l’extérieur. Si l’évolution, dans la forme physique ou dans le domaine de la conscience, est effectivement menée conformément à un Plan Divin et que le Divin existe dans un domaine au-delà du physique, alors les formes évoluées que nous habiterons et posséderons un jour existent également dans le domaine immatériel. C’est donc la Maçonnerie, avec ses rituels, son symbolisme et son Grand Œuvre millénaire, qui sert de lien entre le Haut et le Bas. C’est la Franc-Maçonnerie qui est le pont hermétique entre le présent, le passé et la destinée de l’Humanité.