Chers amis, soeurs, frères, je viens de m’apercevoir que depuis le début de mon entrée en Franc-maçonnerie je suis un peu comme le bourgeois gentilhomme qui fait de la prose sans le vouloir et que je vis dans le symbolisme sans le savoir.
Notre culture maçonnique passe par la connaissance symbolique
L’humour dans la video du Grand René propose un regard abstrait, un peu absurde et critique face aux interrogations d’un Franc-maçon qui recherche la connaissance avec toujours un doigt de dérision comme en décalage.
Le majordome, vêtu d’un uniforme impeccable, les accueillit avec un sourire courtois et les conduisit à la table où le comte Archibald les attendait pour y prendre quelque collation réparatrice de la nuit. C’est Guido qui le mit au courant de l’avancée de leur travail nocturne.
La salle à manger est ornée, tout comme la bibliothèque, de boiseries élégantes, avec de grandes fenêtres laissant entrer la douce lumière du matin où les chaises, au dossier haut, sont disposées de manière à offrir une vue imprenable sur les vastes jardins qui entourent la demeure.
Les convives purent choisir parmi une sélection de thés fins, de cafés fraîchement moulu et de jus de fruits pressés. Des plats chauds, comprenant œufs brouillés crémeux, saucisses grillées, champignons sautés et tranches de bacon croustillant jouxtaient des plateaux de viennoiseries fraîchement sorties du four, offrant un choix entre croissants dorés, pains au chocolat fondants et muffins aux myrtilles moelleux. Les confitures maison, le beurre frais et le miel doré accomplissaient les saveurs que l’œil appréciait avant même d’y goûter.
Alexander est gourmand, c’est là son moindre défaut. Il ne sait pas résister au chocolat. Quel plaisir ce fut pour lui de trouver un inattendu schokoladencreme servi sur la table, une crème dessert onctueuse réalisée avec du chocolat fondu. Il apprécia son goût riche et exquis et, tout en dégustant une viennoiserie, il reconnut aussi le chocolat noir produit à partir des fèves Arriba de l’équateur. Fermant les yeux, voluptueusement, tapotant sa langue contre le palais, du goût en fit de l’odorat qu’il huma avec une évidente délectation.
– Vous mériteriez une visite au Cadbury World[1] ! dit en riant Archibald, comprenant l’inclination d’Alexander.
Quand le majordome compris qu’ils avaient fini d’apprécier tous les mets délicieux et roboratifs, il apporta à Lord Archibald, comme tous les matins, sur un plateau d’argent, la pile des journaux du jour qu’il lisait habituellement, en particulier le Times, le New York Times, le Washington Post, le Daily Telegraph, le Irish Times, Le Monde…
– Tenez ! Profitez des dernières nouvelles dit-il en répartissant les quotidiens auprès d’Alexander et de Guido.
Ce fut un bruit de soie tant c’est avec délicatesse que furent ouverts et feuilleter les pages qui avaient été repassés au préalable pour que l’encre ne tache pas les mains du lecteur.
En page 2 du journal français Le monde, une annonce retint l’attention d’Alexander et sans plus de respect pour le silence de lecture des deux autres convives, il la lit à haute voix, son trouble l’emportant sur les convenances de discrétion.
– Écoutez ! « Exposition d’Œuvres Maîtresses : Les Trésors de la Renaissance. La ville de Prague est sur le point d’accueillir une exposition artistique sans précédent, réunissant des chefs-d’œuvre intemporels des plus grands maîtres de la Renaissance. Organisée par l’experte en art de renommée internationale, Amélie Delacroix, cette exposition promet d’être une expérience inoubliable pour les amateurs d’art et les passionnés d’Histoire. Découvrez les Trésors de Botticelli, de Bronzino et d’Albrecht Dürer.
Suivaient des notes sur les artistes que reprit Alexander.
– Botticelli – Plongez dans le monde enchanteur des œuvres magistrales de ce maître de la Renaissance, célèbre pour ses représentations mythologiques et religieuses.
Bronzino – Explorez la sophistication et l’élégance des portraits réalisés par ce peintre florentin de renom, dont l’influence s’étend bien au-delà de son époque.
Albrecht Dürer – Découvrez les peintures d’un artiste germanique exceptionnel, dont l’œuvre a laissé une empreinte durable sur l’art européen.
L’exposition se tiendra au Musée national de Prague (Národní muzeum v Praze), à partir de… »
Et calculant rapidement Alexander résuma
– Lhermitt, Lord Archibald, il s’agit de nos peintres ! C’est dans trois jours !
– Attends, je regarde aussi lui dit Guido tout aussi interloqué par cette annonce dont il comprenait l’importance.
Et d’ouvrir le journal qu’il avait choisi en premier, The New York Times, à la page « Arts and Entertainment ».
Médusés, Archibald et Alexander comptaient les pages en même temps que Guido les tournait à bout de bras à cause de leur format broadsheet. La même annonce en anglais s’y trouvait aussi sur la page de droite.
– Identique ! dit-il l’air inquiet.
– Je dis trois fois zut ! s’exclama le comte.
La décence de Lord Archibald l’empêchait de prononcer à haute voix trois fois le mot. Il avait mis dans cette expression tout ce que son éducation d’aristocrate lui permettait de montrer de sa contrariété.
– C’est sûr, une opération Savonarole va avoir lieu ajouta-t-il soucieux.
– Je regarde les horaires de vols directs de Londres vers l’Aéroport de Prague-Václav-Havel et je vais prévenir notre ami le conservateur dit Guido empressé.
– Alors nous allons à Prague ? Plus qu’une question ce fut une affirmation d’Alexander
C’est le comte qui répondit
– Il le faut. Le trajet prendra une douzaine d’heures en voiture pour faire les 1200 km. Ce sera plus commode de disposer sur place d’un véhicule …et de Parker bien sûr. En route, nous pourrons évaluer la situation.
[1] Mini-parc de loisirs londonien autour de l’univers du chocolat
Soyons lucides, même si j’en choque quelques-uns, les Francs-maçons n’intéressent plus beaucoup les antimaçons. Surtout depuis que la Franc-maçonnerie s’est à la fois vidée de son esprit politique et de son essence spirituelle. Cela se constate essentiellement dans les grandes structures qui ont porté le mouvement depuis toujours. Cela n’empêche pas certains Frères de s’imaginer la cible de fanatiques voulant soit voler les secrets, soit venger les victimes du prétendu complot judéo-maçonnique.
Si vous pensez que c’est exagèré, alors observons les chiffres de près :
Actes antichrétiens : pour l’année 2023, un peu moins de 1 000 actes recensés (source Aleteia)
Actes antisémistes : 1 570 actes recensés en France en 2024 (contre 436 actes en 2022) (source Le Monde)
Actes antimusulmans : 242 faits en 2023 avec une augmentation de 30% par rapport à 2022 (source Ministère de l’Intérieur)
Actes antimaçons : malgré de nombreuses recherches, après avoir longuement épluché les articles de 450.fm ainsi que la presse nationale, la seule liste disponible est celle de la page de l’antimaçonnisme de Wikipedia tant il ne se produit pas grand chose :
La maison accueillant des réunions d’une loge maçonnique a été recouverte des tags nazis, à Plérin (Côtes-d’Armor). - Page Facebook de Ronan Kerdraon / 20 Minutes
13 janvier 2014 : Apparition de tags devant le temple maçonnique de la rue Ségalier à Bordeaux.
8 février 2014 : Un slogan similaire est signalé sur le trottoir rue Cadet au Grand Orient de France, avec une représentation de famille traditionnelle peinte au pochoir.
11 février 2014 : Veillée par des opposants au mariage pour tous devant le siège du Grand Orient de France rue Cadet, agissant comme « sentinelles ».
2014 : Publication du livre de Serge Abad-Gallardo, « J’ai frappé à la porte du Temple », où il critique la franc-maçonnerie après sa conversion au catholicisme.
2016 : Un groupe d’extrême-droite brûle une banderole avec des symboles maçonniques à Bordeaux lors d’une manifestation contre la justice française.
Abad-Gallardo à gauche et Caillet à droite
La Grande Loge de France est victime d’un piratage informatique massif, avec diffusion des documents sur un site anti-maçonnique. Laurent G., impliqué dans l’affaire, est arrêté et condamné.
2016 : Serge Abad-Gallardo publie « Je servais Lucifer sans le savoir », continuant ses critiques contre la franc-maçonnerie.
9-10 mars 2018 : Des membres du mouvement des gilets jaunes saccagent le temple maçonnique à Tarbes.
Il est évident que les quelques temples tagués ou vandalisés ne sont absolument pas à comparer avec les actes antireligieux cités ci-dessus.
N’en déplaise aux obsessionnels de la paranoïa antimaçons, les « FrancsMacs » ne font plus recette et ne risquent plus grand chose lorsqu’ils vont en Tenue. En résumé, nous ne sommes plus en 1940 !!!
Cela ne retire rien aux divers discours émanant de quelques éléments fermement hostiles à l’Art Royal. Nous pensons entre autres au Salon Beige, au « gang des 7 repentis », Boulevard Voltaire… il y a aussi les journaux classés très à droite comme resistancerepublicaine.com. Après avoir effectué quelques recherches, nous n’avons trouvé aucun article particulièrement hostile dans leurs colonnes. Nous avons donc décidé de partager le dernier en date, qui émane d’un ancien maçon et qui témoigne de son parcours. Ne vous attendez pas à découvrir une promotion prosélyte bien évidement. Mais, comme vous le verrez, cela reste assez tolérable et lisible :
Dossier : un point sur la franc-maçonnerie française
Beaucoup de personnes sur les réseaux sociaux, sur les médias ou dans la vraie vie, parlent ou écrivent à tort et à travers sur la franc-maçonnerie et racontent n’importe quoi !
Je voudrais donc évoquer ici ma présence de trois décennies au sein de la franc-maçonnerie et ce qu’il m’en est resté.
J’étais encore assez jeune à cette époque et je connaissais quelques « maçons » (raccourci courant) qui m’avaient parfois invité gentiment à les rejoindre. Étant moi-même un peu en recherche de m’améliorer (développement personnel) et d’un certains enrichissement culturel, j’ai fini un jour par répondre à leur invitation. Je vous passe les détails.
Ma première loge, dans laquelle j’ai été initié, a été une loge du Grand Orient de France -GODF- (encore exclusivement masculine à l’époque) en région parisienne. Je pense que j’étais bien tombé. C’était une loge traditionnelle d’un bon niveau social et intellectuel (cadres, avocats, architectes, magistrats, médecins, enseignants, officiers, etc.) qui m’a apporté un regard un peu nouveau sur notre société et notre monde. C’était un environnement assez chaleureux et fraternel, des gens sympathiques et j’en ai de bons souvenirs.
Mais après quelques années j’ai dû quitter la région parisienne pour des raisons familiales et professionnelles et me rendre en province. Une fois installé, j‘ai trouvé une loge du GODF à proximité où j’ai été assez bien accueilli, mais avec une certaine réserve. J’ai compris plus tard que cette loge était plus populaire, agricole, artisanale et commerciale avec quelques enseignants, instituteurs et professeurs, mais tout cela très politisé à gauche. Or, je n’ai jamais été de gauche. J’ai donc supporté quelques années cette atmosphère pesante de bêtise, de fanatisme pour certains et de rejet de l’autre, celui qui n’est pas de leur bord.
Insatisfait, j’ai quitté cette loge après quelques années pour une autre, une loge dite « libre », ‘sauvage’ pour certains (n’appartenant pas à une obédience reconnue), que je croyais plus intéressante, mais qui m’a déçu aussi. J’ai quand même aussi rencontré pas mal d’allumés politiques ou mystiques mégalomanes en F-M… Et encore une fois j’ai démissionné pour rejoindre une loge de la Grande Loge Mixte Universelle travaillant sous le rite de Memphis Misraïm. Intéressant et nouveau pour moi. Différent. J’y ai reçu un bon accueil car je connaissais déjà un frère de la loge. La mixité était aussi nouvelle pour moi, mais sans grande importance. Mais cette loge a connu des problèmes et j’ai dû la quitter aussi et ce fut la dernière.
Le rite et le rituel étaient intéressants. Le rite c’est la philosophie et le symbolisme attachés à des choses historiques et adoptés par une obédience et le rituel est le socle du fonctionnement ordinaire de la loge pendant ses Tenues (réunions). Tout est très ritualisé…
Le bilan de ces 30 années de maçonnerie est que j’y ai trouvé des gens beaucoup trop politisés et à 90% socialo-communistes, ce qui ne m’intéressait pas du tout. Je n’étais pas venu en maçonnerie pour faire de la politique ni pour entendre des discours indigents et obscurs sans aucun intérêt. Ces loges-là ne m’ont absolument rien apporté.
La maçonnerie a toujours fait parler d’elle, souvent en mal, mais surtout le plus souvent par des personnes ne la connaissant absolument pas.
Mon parcours a été le plus classique, Apprenti, Compagnon et Maître avec les fonctions et charges normales afférentes au grade, à tour de rôle. J’ai trouvé certains rituels un peu trop lourds. Je n’ai pas accédé aux grades supérieurs (jusqu’à parfois 99 degrés, selon les obédiences et rites), car cela ne m’intéressait pas.
En fait, les trois premiers grades résument toute la maçonnerie et sont largement suffisants. Les grades supérieurs ne s’occupent que de politique et d’affaires. En maçonnerie on rencontre et on côtoie des hommes (et parfois des femmes) qui sont le plus souvent ordinaires, parfois un peu bizarres, et plus ou moins en recherche de quelque chose, le plus souvent une amélioration de leur condition professionnelle ou politique. La fraternité induit des réseaux plus larges à même de donner suite à certaines attentes. Mais moi je n’attendais pas grand-chose, sauf, peut-être, un peu d’amitié et d’échanges sociaux, culturels et intellectuels avec quelques frères et sœurs. Ce qui fut rare. Certains parlent ou écrivent parfois au sujet du « bloc judéo-maçonnique. » Je ne sais pas ce qu’ils veulent dire. Je pense que cela contient une connotation méprisante. A ma connaissance, il n’y a pas beaucoup de juifs en maçonnerie…
De toute façon, ce n’est pas la franc-maçonnerie qui dirige le monde, ça c’est sûr. Par contre, je n’ai pas aimé cette ambiance gauchiste qui terminait invariablement les « Tenues » (réunions) par des « Vive la France », « Vive la République » et « À bas la calotte. » La calotte c’est l’Église et ce sont les prêtres et « à bas la calotte » signifie « mort aux curés » Et je trouve cela indigne d’une communauté qui se dit fraternelle. Moi, j’aime les hommes d’église et j’en ai connus de remarquables.
On retrouve là tout ce qu’il y a de plus malsain dans la gauche socialo-communiste qui veut régenter le monde et n’a fait, en plus d’un siècle, que le détruire et assassiner des dizaines de millions d’humains un peu partout dans le monde. Et cette gauche continue à détruire notre pays, aujourd’hui, avec ses manigances infectes et indignes.
Ensuite, la franc-maçonnerie n’est que très relativement fraternelle pendant que vous payez votre cotisation. Mais lorsque vous partez et ne cotisez plus, vous ne conservez aucun ami dans la communauté maçonnique. Tout est terminé. Ce n’est donc pas le top de la fraternité… Les cotisations qui sont parfois assez lourdes, sont destinées à payer les locaux et leur entretien, le mobilier, le matériel, les charges et une partie importante est captée par l’obédience et ses dirigeants qui vivent un peu dans une aisance que les loges ou ateliers de la base, n’ont pas. Quant aux repas ou « Agapes », non obligatoires, qui suivent les Tenues du soir, chaque frère ou sœur paie sa part au coup par coup. Du coup, plus on est nombreux dans une loge et moins la « capitation » (cotisation) est élevée. Mais c’est parfois problématique, car si on recrute de bonnes personnes c’est bien, mais si on veut recruter trop vite on risque de recruter de futurs agitateurs semeurs de troubles dans la loge.
. Mais la vie maçonnique n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a parfois des tensions ou des hostilités entre des frères, voire même entre toute une partie de la loge qui est en désaccord et en discorde avec les autres. Cela ne devrait normalement jamais arriver, mais ça arrive, car les maçons ne sont que des hommes et des femmes ordinaires. Et lorsque les tensions atteignent un certain seuil, ou lorsqu’une loge devient trop grande elle explose et une partie des membres la quitte pour créer une nouvelle loge qui leur correspondra mieux. On parle alors d’un « essaimage. » Il y a des règles écrites qui concernent les essaimages, mais elles ne sont pas souvent respectées à cause des tensions importantes. En fait, bien souvent cela se passe dans la douleur, la bêtise et la méchanceté. Un essaimage peut se faire dans la même obédience ou vers une autre.
J‘ai assisté à plusieurs crises de loges et à des essaimages et ce n’est pas toujours très, beau à voir. Et on se demande ce que certains ont retenu de la « fraternité » maçonnique souvent à l’ordre du jour. Mais derrière tout ça il y a souvent un leader un peu charismatique qui s’impose à un groupe de moutons et l’incite à le suivre, le plus souvent dans son seul intérêt à lui.
La franc-maçonnerie est une structure pyramidale et fonctionne un peu comme les partis politiques, les grandes associations, les ONG en captant dans les hautes sphères une bonne partie des cotisations des membres. Il y a des francs-maçons dans la politique, mais sans doute pas autant qu’on pourrait le croire. Et le fait d’être franc-maçon n’est en aucun cas une garantie d’honorabilité ni d’honnêteté. Il y a des maçons très bien, mais j’en ai connu peu.
Dans les hautes sphères, dans les grades supérieurs, on parle de politique, d’argent, d’affaires et de haute finance, mais rarement des couches les plus modestes de la société. Il y a bien sûr des francs-maçons dans la classe politique, car cela représente un réseau important. Mais on ne peut pas tous les connaître.
Il existe ce que l’on appelle le « Secret Maçonnique » que tout maçon doit respecter en ne parlant pas à l’extérieur de ce qui se passe à l’intérieur de la maçonnerie. On ne doit pas dire qui fait partie de sa loge, ni ce qui concerne la vie privée de chacun. Mais comme on fait aussi des Tenues blanches ouvertes ou des réunions familiales, tout le monde finit par se connaître. Le secret concerne aussi ce qui est dit en loge, les travaux, les planches (études, analyses, textes ou articles) présentés par chacun pendant les Tenues et ensuite débattus par toute la loge.
En fait, cette histoire de secret est assez floue. Quand à la « Recherche de la vérité » souvent évoquée, c’est une aimable plaisanterie dans la mesure où tout est politisé et surtout à gauche et donc peu soucieux de la vérité…
On appelle parfois les francs-maçons les « frères trois points » parce que les frères s’écrivent parfois entre eux en finissant les mots pas trois points en triangle. Mais c’est peu important. Les symboles les plus fréquents sont le maillet et l’épée, l’équerre et le compas, le triangle (trois angles = trois points), le niveau et la perpendiculaire, le tablier, la truelle, le marteau et le burin (ou ciseau), la pierre brute et la pierre taillée parfois pyramidale, le fil à plomb et la règle à niveau, le pavé mosaïque, les deux colonnes J et B, l’étoile flamboyante, la Lune et le Soleil, l’œil qui voit tout, la lettre G. Ces symboles sont les plus courants. Les frères et sœurs en loge portent des tabliers correspondant à leur grade, ainsi que des baudriers ou des sautoirs correspondant à leur fonction dans la loge. Et tout le monde doit porter des gants blancs de cérémonies.
On rappelle souvent en loge la formule suivante « Ici tout est symbole » qui relativise les choses que l’on peut dire ou entendre pendant les travaux. Tout est ramené à un certain symbolisme. Le symbolisme maçonnique remonte pour nous au temps des bâtisseurs de cathédrales, mais certains aiment aussi le relier au temps de pharaons et à d’autres choses plus ou moins fantaisistes.
Les principales obédiences : Le Grand Orient de France La Grande Loge de France La Grande Loge nationale française Le Droit Humain La Grande Loge Féminine de France La Grande Loge traditionnelle et symbolique dite « Opéra » La Loge nationale française La Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm La Grande Loge mixte universelle et la Grande Loge mixte de France L’Ordre initiatique et traditionnel de l’Art royal Plus de détails sur cette page avec les rites, rituels et nombres de membres par obédience: https://essentiels.bnf.fr/fr/focus/f403a7be-ad70-426b-9535-5405775fba18-obediences-presentes-en-france
Quelques rites pratiqués en France : Le rite français Le rite écossais ancien et accepté Le rite écossais rectifié Le rite de Memphis-Misraïm Le Rite émulation Et beaucoup d’autres ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rite_ma%C3%A7onnique Dans les autres pays du monde où la maçonnerie est présente, elle est souvent très différente de chez nous. Aux USA, par exemple, où elle est clairement réservée aux riches. Et les rites sont adoptés en fonction des mentalités et de la culture de ces pays. Pour finir et en conclusion, j’ai été assez déçu par la franc-maçonnerie qui m’a très peu apporté. Mais je peux au moins en parler en connaissance de cause.
Quel est le but de la vie, ou peut-être de l’au-delà, ou de l’existence elle-même ? La réponse à cette question dépendra de nos croyances, allant du nihilisme aux concepts religieux du salut et de l’au-delà. En Franc-maçonnerie, nous n’imposons ni n’exigeons aucune croyance particulière concernant le but de la vie à la plus grande échelle, bien que nous nous concentrions fortement sur l’amélioration de chaque individu, ce que certains pourraient appeler l’évolution personnelle. En fin de compte, chaque Franc-maçon a ses propres croyances et vient d’horizons religieux divers.
Quel est le rapport entre cette focalisation sur le développement personnel et divers concepts métaphysiques supérieurs possibles du but de la vie ou de la trajectoire de l’âme ?
Il est très intéressant de voir comment le concept d’une puissance supérieure est lié à l’amélioration et à l’évolution personnelles. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est nécessaire de croire en une puissance supérieure pour entrer dans la franc-maçonnerie, car le contraire de cette croyance, le matérialisme ou le physicalisme, est aussi intrinsèquement nihiliste, même si certains peuvent faiblement tenter de le nier. Croire en Dieu ou au Divin, c’est croire en un but à la Création, un concept connu en philosophie et en théologie sous le nom de téléologie, du mot grec Telos , qui signifie « raison, but ou fin ».
Si nous, et l’univers dont nous sommes issus, sommes simplement le fruit du hasard et n’avons pas été créés d’une manière ou d’une autre comme le prétend l’orthodoxie matérialiste moderne, cela signifie que nous et le monde ne sommes qu’un amas de poussière accidentel et inutile, emporté par le vent cosmique, sans aucun sens. Il s’agit d’une vision du monde particulièrement sombre, qui, malgré ses nombreux problèmes philosophiques, a pris de l’importance dans la culture universitaire et intellectuelle occidentale. La Franc-maçonnerie est diamétralement opposée à cette vision, dans la mesure où l’une des rares croyances que notre groupe diversifié partage est la croyance en une puissance supérieure et le Telos que cette croyance implique.
Bien que nous puissions tous partager une croyance en Dieu (ou quelque chose de similaire) et en Telos, les conceptions individuelles et sectaires des différents Frères quant à ce qu’est exactement ce but téléologique de notre existence peuvent varier considérablement. Cela dépendra de la façon dont nous conceptualisons Dieu ou le Divin, et du but pour lequel nous avons été créés. Certaines des différences téléologiques les plus courantes existent entre les religions abrahamiques, celles de l’Orient et les traditions spirituelles davantage basées sur la nature.
Les religions abrahamiques comme le christianisme, l’islam et le judaïsme, par exemple, ont tendance à se concentrer sur une fin sublime, généralement une vie après la mort ou une époque dans le futur où les morts ressusciteront et vivront dans un paradis plus terrestre. Dans les deux cas, on croit généralement que notre but est de servir et d’adorer Dieu, et de profiter finalement de l’état céleste que les individus ont gagné en choisissant de vivre pour leur Créateur. En général, ils croient que nous ne vivons qu’une seule vie, puis que nous recevons une récompense ou une punition éternelle.
Les religions orientales, comme le bouddhisme ou l’hindouisme, ont tendance à croire que nos âmes évoluent au cours de très nombreuses vies et éons, peut-être même d’existences sur d’autres mondes ou dans d’autres dimensions. Bien qu’elles croient généralement aux cieux et aux enfers, il s’agit d’états temporaires que l’âme peut traverser. Le but ultime est d’être complètement libéré de nos illusions et de réaliser notre unité avec Dieu, ou la Réalité ultime.
Les religions de la nature telles que le chamanisme, le taoïsme ou le paganisme sont un cas intéressant, car elles se concentrent davantage sur notre position par rapport au monde naturel, généralement conçu comme une grande entité vivante, et aux divers esprits et ancêtres qui peuplent le royaume non physique. Pourtant, il y a souvent un sentiment de Telos , sinon dans une trajectoire vers une fin, du moins vers une certaine idée d’équilibre ou d’harmonie.
L’un des principaux avantages de la Maçonnerie mixte est son adaptabilité et son applicabilité à la vie, quelle que soit la foi et le Telos individuel adoptés par une personne. Les vertus enseignées en Maçonnerie, telles que la discipline personnelle, l’honneur, la fraternité universelle, la vérité, l’égalité et la justice, sont toutes des qualités qui contribuent à tout concept de Telos auquel on pourrait s’identifier. Que vous croyiez que votre destinée est le paradis, l’illumination, le nirvana ou simplement l’harmonie cosmique, les qualités et les compétences que la Franc-Maçonnerie encourage sont pragmatiques et propices à ces fins.
C’est vraiment un exploit magnifique que nos Frères avant nous ont accompli, en combinant les éléments communs de la philosophie morale et des enseignements sacrés de tant de traditions, pour créer un chemin commun qui pourrait englober tous les croyants et chercheurs, pour travailler ensemble dans la Fraternité à l’amélioration de la race humaine.
Le samedi 15 mars 2025, l’hôtel NH Collection Brussels accueillera une conférence exceptionnelle animée par Jean-Marc Vivenza, philosophe et spécialiste du Régime Écossais Rectifié.
Intitulée « Origine, but et finalité du Régime Écossais Rectifié »
cette rencontre offrira une plongée approfondie dans l’histoire et les fondements de ce courant initiatique, dévoilant ses principes, son héritage spirituel et sa finalité ésotérique.
Une occasion unique d’enrichir sa compréhension de cette tradition méconnue et d’échanger avec un expert reconnu. Le Rite Écossais Rectifié (R.E.R.) connaît un nouvel essor, et la Belgique s’affirme comme un terreau fertile pour cette renaissance initiatique.
Il est né le 26 décembre 1957 à Vinay, en Isère, est un philosophe, essayiste, et musicologue français, particulièrement connu pour ses travaux en ésotérisme et en musicologie. Après avoir étudié la philosophie, l’histoire de l’art et la musicologie, il a d’abord travaillé comme compositeur et chercheur en électroacoustique, développant une théorie originale qu’il a appelée « bruitisme futuriste ». Vers la fin des années 80, son intérêt a pivoté vers l’ésotérisme, explorant notamment les philosophies de Nāgārjuna et René Guénon, ainsi que les courants martinistes et les œuvres de Jacob Boehme et Joseph de Maistre. Vivenza est également connu pour avoir fondé le Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules (DNRF-GDDG) en 2012, une obédience maçonnique issue d’une scission avec le Grand Prieuré des Gaules. Il a édité plusieurs revues, dont « Hélios », et a publié de nombreux ouvrages sur l’ésotérisme, la franc-maçonnerie et la métaphysique. Son engagement dans la franc-maçonnerie se caractérise par une approche traditionnelle et ésotérique, cherchant à réconcilier les enseignements anciens avec les questions contemporaines.
Pour quelle raison improbable un trésorier et un hospitalier Francs-maçons pourraient-ils décider de créer un fonds d’urgence ?
En Franc-maçonnerie, aspirant à nous élever, nous cheminons vers la connaissance et la vérité, dans une symbolique marche solaire, en tournant nos regards vers la lumière. Initiés, nous avons reçu la lumiere et nous retrouvons en loge, sortis des ténèbres, entre grandes et petites lumières, pour travailler à notre perfectionnement comme au bonheur commun.
Les flammes vivantes et ondulantes des bougies, qui attirent le regard et trônent sur les plateaux du vénérable maître déjà, et des officiers (question de rite, cela va de soi), sur les piliers Sagesse, Force et Beauté, symbolisent notre quête. Tout est symbole de notre capacité de discernement et de compréhension, notre courage et notre détermination pour surmonter les obstacles et la noirceur du monde, dans l’équilibre et l’harmonie… Et plus encore…
A l’ouverture des travaux, les regards sont toujours rivés sur la main qui allume les bougies, le cœur en suspend, de peur que la lumière n’arrive pas ! Cela dit, ce risque s’amoindrit eu égard aux consignes sécuritaires qui imposent l’usage des bougies électriques ! Qu’importe ! Restent les cérémonies, les moments, des… Où on enfreint un peu … Beaucoup… Les règles !
Et que dire alors si des petites souris francs-maçonnes, avec leur féminité éclatante, venaient à ajouter une touche de glamour à cette quête spirituelle pour réussir, avec panache, l’allumage des bougies ? Mais oui, certaines d’entre elles pourraient décider que le vernis à ongles n’a pas seulement été créé pour sublimer leurs mains, mais aussi pour enflammer leur chemin vers l’illumination !
Pourquoi attendre que la flamme s’allume lentement quand on peut faire briller la lumière en un rien de temps avec un peu de paillettes ?! Après tout, qui a besoin d’une simple mèche de bougie quand on peut la voir qui claque comme une manucure fraîchement posée ?
Il suffit, oui, de mettre juste un peu de vernis sur la mèche… Mais… Un peu, pas trop ! Le trop : la bougie fondrait à vue d’œil et par petits bouts dégoulinant et maculant la moquette du temple, ce choix audacieux risquerait de transformer cette quête de lumière en un spectacle pyrotechnique !
Enfin ! Si la quête de la lumière ne s’accompagne pas d’un petit frisson, où est le fun ?
C’est là que, désespérés devant l’imprudente qui aurait eu la lumineuse idée de procéder à cette manipulation improbable, l’hospitalier et le trésorier (surtout le trésorier) pourraient réaliser que la seule chose plus inflammable que les mèches de bougies serait le budget de la loge ! À combien pourrait s’élever la note du remplacement du plateau enflammé et de la moquette souillée ?
Bien sûr on pourrait se le demander, mais ceci n’étant, bien entendu, que pure fiction, cela ne pourrait arriver…
(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)
Le sommet international sur l’intelligence artificielle (IA) qui vient de se tenir à Paris en ce début février a constitué un événement majeur et inédit réunissant, au plus haut niveau, toutes les parties prenantes au plan mondial – ce qui est déjà une prouesse –, sans que se dégagent, pour autant, les bases d’une action internationale concertée au service d’un intérêt général planétaire. Cependant, ont été entraperçues, dans les domaines les plus variés, les conditions dans lesquelles l’Union européenne a encore des chances de trouver place entre des géants de la tech situés dans les empires chinois et américain et ce, sans ignorer que ces deux États mastodontes sont hostiles à des régulations qui obligeraient leurs acteurs à s’ouvrir le ventre, en divulguant leurs objectifs, leurs algorithmes et la nature et l’origine des données qu’utilisent leurs systèmes.Les impératifs de la démocratie – qui ont, d’ailleurs, construit l’un sans effleurer l’autre – le cèdent, désormais, chez l’un comme chez l’autre, à leurs dévorants appétits de domination. Une seule loi prime : la force.
main de robot et main humaine se touchent désormais
Et c’est ainsi que, face au développement fulgurant des technologies en cause, nous devons déjà relever un défi qui ne menace rien de moins que les valeurs principales de nos civilisations et, partant, leur avenir. À ce prix, les velléités régulatrices de l’Union européenne risquent d’être bien vite balayées, d’autant plus s’il y manque les conditions primordiales d’un solide consensus interne et d’une volonté politique affirmée. Mais, comme vient de le démontrer l’exemple chinois de DeepSeek R1, tout n’est pas perdu pour le Vieux Monde. L’Europe doit et peut encore entrer dans la bataille, ne serait-ce qu’au service de son immense marché intérieur, en faisant de ses industriels les défenseurs vertueux et fructueux de quelques corpus de règles. Elle ne manque pas de ressources humaines qualifiées et peut rapidement acquérir des moyens techniques adéquats, tout en sachant que, sur ce plan-là et à grande échelle, on fera furieusement une croix sur la volonté de sobriété énergétique – toujours plus proclamée qu’appliquée –, au profit de ces goinfres insatiables que sont les supercalculateurs…
Jean-Marie John-Mathews
La franc-maçonnerie n’est pas à l’écart de ces débats, elle s’efforce d’y prendre part, en mesurant les bénéfices et les dangers de tels enjeux. Pour n’évoquer que le cas de l’Obédience que je connais le mieux – veuillez me le pardonner ! –, la Grande Loge de France avait déjà, lors du Prix de thèse 2024 du Suprême Conseil de France, décerné son accessit à M. Jean-Marie John-Mathews pour sa thèse de doctorat : « L’éthique de l’intelligence artificielle en pratique. Enjeux et limites » ; elle avait, sur cette lancée, reçu, le 26 septembre dernier, la Professeure Laurence Devillers, qui, comme chercheuse, a accompagné l’IA dès les débuts de celle-ci, et ce, sur le thème : « Peut-on croire que l’IA va limiter la créativité humaine ? ». Cette conférence s’inscrivait, d’ailleurs, dans les réflexions plus larges que l’Obédience avait déployées, en cette même année 2024, dans des centaines d’ateliers, à l’occasion d’une question à l’étude des Loges, et qui viennent de donner lieu, en ce mois de janvier, à la publication d’un « manifeste » intitulé : « Intelligence artificielle : le pari de l’humain ».
En voici quelques extraits :
« Parmi les aspects positifs, il est incontestable que l’intelligence artificielle peut libérer les individus de tâches répétitives et pénibles, leur permettant ainsi de se concentrer sur des activités plus créatives et enrichissantes. De même, elle contribue à des avancées significatives dans les domaines de la santé, de l’éducation et des services essentiels contribuant à améliorer la qualité de vie. En miroir, des inquiétudes naissent quant à l’impact de l’intelligence artificielle sur les libertés individuelles, le contrôle accru et la potentialisation de la pensée unique. Il y a un risque de dépendance technologique et de perte de savoir-faire, de sens critique et de culture. Certains points de vue mettent en avant que ces outils puissent renforcer les inégalités, car ceux qui maîtrisent la technologie pourraient en tirer profit au détriment des autres. […]
« Les systèmes d’intelligence artificielle, en s’immisçant dans de nombreux aspects de nos vies, affectent notre autonomie décisionnelle, entraînent une déshumanisation des relations interpersonnelles, en exacerbant les inégalités sociales et économiques. La question de la gouvernance algorithmique et de ses implications pour la démocratie devient centrale, tout comme celle de la préservation de l’expérience authentiquement humaine dans un monde de plus en plus automatisé. (…]
« Les principes d’égalité, de fraternité et de respect de la dignité humaine doivent guider cette évolution technologique. Cela implique une vigilance particulière sur la transparence des algorithmes, la protection de la vie privée et la préservation du libre arbitre. Les décisions algorithmiques, particulièrement dans des domaines sensibles comme la justice ou la médecine, doivent rester sous contrôle humain et respecter les valeurs citoyennes de notre société. […]
« À ce titre, il est important que les Frères de la Grande Loge de France se forment à une utilisation technique, algorithmique et éthique de l’intelligence artificielle, afin d’être les acteurs responsables de notre société à haute valeur numérique ajoutée. Ils ne peuvent pas être les spectateurs ou les commentateurs du monde numérique qui vient. […]
« C’est le paradoxe du XXIe siècle : faire face à la peur d’une apocalypse climatique et à l’extinction de l’espèce humaine tout en rêvant au futur graal technologique que constituent le transhumanisme et l’allongement de la vie avec pour horizon l’immortalité, comme le professent les tenants de l’idéologie techno-progressive. En devenant leur propre créateur, ces promoteurs n’auraient dès lors plus d‘intérêt pour une quelconque spiritualité. […]
« Cela nécessite l’instauration d’une traçabilité rigoureuse des processus décisionnels. […]
« En ce sens, le Rite Écossais Ancien et Accepté est une école à penser par soi-même. Il est donc essentiel de veiller à ce que le développement personnel et collectif du franc-maçon soit guidé par des valeurs humaines, afin de favoriser une coévolution où l’intelligence artificielle servirait l’humanité sans la dominer. […]
« Cultiver des qualités humaines essentielles, telles que l’empathie et la créativité, qui pourraient être menacées par le reformatage de l’intelligence humaine […] »
In fine, la Grande Loge de France lançait, non sans esprit, à tous les sens du terme, une injonction décalquée de l’aphorisme de Delphes que Platon met dans la bouche de Socrate : « γνῶθι σεαυτόν » [gnỗthi seautón], le célèbre « connais-toi toi-même », ici métamorphosé en :
Le mythe de Sisyphe, ce récit mythologique grec ancien, est une allégorie profondément ancrée dans la culture occidentale, souvent invoquée pour illustrer l’absurdité de la condition humaine. Sisyphe, condamné aux Enfers à pousser éternellement un rocher en haut d’une colline pour le voir retomber à chaque fois, est devenu un symbole de la lutte inéluctable contre le néant, l’échec, et la répétition.
Ce mythe, bien au-delà de sa simple narration, trouve un écho fascinant dans les principes, les rituels et la philosophie de la Franc-maçonnerie, où l’idée de travail perpétuel, de quête de la connaissance, et de l’amélioration de soi sont des piliers fondamentaux.
Sisyphe ou Sísuphos
Sisyphe, ou Σίσυφος (Sísuphos) en grec ancien, parfois mal orthographié Sesephos, est un personnage mythique dont la complexité va bien au-delà de son châtiment. Il est le fils d’Éole, le dieu du vent, et d’Énaraté, et épouse Mérope, la fille d’Atlas, une des Pléiades. Ses enfants, Ornytion, Sinon et Glaucos, perpétuent sa lignée. Sisyphe est connu pour son intelligence rusée, souvent décrite comme celle d’un homme astucieux mais également fourbe, ce qui en fait un personnage à la fois admiré pour son esprit et condamné pour sa désobéissance aux dieux.
Le récit
Sisyphe est crédité de la fondation mythique de Corinthe, une cité-état importante de la Grèce antique. Il est également considéré comme l’instigateur des concours isthmiques, l’un des quatre grands Jeux panhelléniques, qu’il aurait établis en l’honneur de Mélicerte, dont il aurait retrouvé la dépouille. Ces actions le placent au cœur de l’histoire de la Grèce antique, tant pour ses contributions culturelles que pour ses manigances.
Égine la fille d’Asopos
L’une des histoires les plus connues de Sisyphe concerne Égine, fille du dieu-fleuve Asopos, enlevée par Zeus. En échange de l’information sur le lieu de détention d’Égine, Sisyphe demanda une source intarissable, démontrant ainsi sa capacité à manipuler les divinités pour servir ses propres fins.
Thanatos et Arès
Zeus tenant dans sa main un éclair du ciel
C’est avec Thanatos, le dieu de la mort, que Sisyphe démontre son ingéniosité la plus célèbre. Il piège Thanatos avec des menottes, empêchant ainsi toute mort d’atteindre le monde des morts. Ce subterfuge, bien que créant un chaos temporaire, attire la colère de Zeus, qui envoie Arès délivrer Thanatos. La mort de Sisyphe fut alors planifiée, mais il ne cessa de défier les dieux jusqu’à la fin.
La mort de Sisyphe et sa condamnation au Tartare
Même face à la mort, Sisyphe continue ses ruses. Il demande à son épouse de ne pas lui accorder les rites funéraires, ce qui lui permet de négocier son retour à la vie avec Hadès sous prétexte de corriger cette omission. Cependant, après avoir joui de la vie une fois de plus, il refuse de retourner aux Enfers. C’est alors que Hermès intervient pour le ramener de force. Sisyphe est envoyé au Tartare, où les pires criminels sont punis, condamné à une éternité de labeur futile : pousser un rocher jusqu’au sommet d’une colline pour le voir retomber inlassablement.
Liens et parallèles avec la Franc-maçonnerie
Albert Camus
Le Travail Incessant : Le travail de Sisyphe trouve un parallèle dans le concept maçonnique du travail incessant sur soi-même et sur la construction de la société. Chaque maçon est comme Sisyphe, engagé dans une quête de vertu, de connaissance et de perfection, un travail sans fin qui symbolise le progrès moral et spirituel.
L’Acceptation de l’Absurde : Albert Camus, dans son essai « Le Mythe de Sisyphe », voit en Sisyphe un héros de l’absurde, acceptant sa condition sans espoir de rédemption, mais trouvant néanmoins un sens à sa vie dans ce combat. La Franc-maçonnerie, en tant que chemin initiatique, enseigne l’acceptation de l’imperfection humaine et la recherche de l’illumination malgré les obstacles.
L’Initié et le Travail : Le parcours maçonnique, à travers ses degrés et ses rituels, peut être comparé au labeur de Sisyphe. Chaque étape franchie est une montagne à gravir, chaque rituel une pierre à poser, dans un cycle de mort et de renaissance symbolique, où le travail ne cesse jamais, illustrant que la perfection est un idéal toujours à poursuivre.
Renaissance et Réflexion : Comme Sisyphe qui trouve un sens dans sa tâche répétitive, les francs-maçons voient dans leurs travaux rituels un moyen de renaissance et de réflexion. La répétition des rituels et la méditation sur les symboles permettent une introspection continue, un effort pour transformer l’individu et la société.
La Force de l’Esprit : La citation « Il n’y a pas d’efforts inutiles, Sisyphe se faisait des muscles » souligne que même une tâche qui semble sans but peut renforcer l’esprit et le caractère. C’est une leçon clé en maçonnerie où l’effort est valorisé non pour la fin qu’il atteint, mais pour le développement personnel et la force morale qu’il engendre.
Le Symbolisme du Rocher : Dans la Franc-maçonnerie, le rocher de Sisyphe peut symboliser les défis et les épreuves que chaque maçon doit surmonter. Ce rocher représente aussi le matériau brut dont chaque maçon doit se servir pour construire son temple intérieur, un travail de taille et de polissage incessant.
La Fraternité et la Mutualité : La communauté maçonnique, à l’image de Sisyphe qui, dans certaines interprétations, voit d’autres pousser leur propre rocher, incarne l’idée que la lutte n’est pas solitaire. La Franc-maçonnerie enseigne que les efforts individuels sont renforcés par la fraternité et l’entraide, transformant ainsi l’absurdité en une quête collective de lumière.
On aura toujours besoin d’un tiers équilibrant entre deux plateaux…
Sisyphe, dans son infinie répétition, offre une métaphore puissante pour la Franc-maçonnerie. Il nous incite à réfléchir sur la nature de notre propre quête, sur la valeur de la persévérance, et sur la transformation de l’effort quotidien en une forme de triomphe spirituel et moral. Dans cette perspective, Sisyphe n’est pas tant condamné que libéré par son labeur, tout comme le maçon l’est par ses travaux, dans une recherche de lumière et de vérité qui, bien que sans fin, est profondément enrichissante. Ce mythe nous enseigne que dans l’absurdité de la condition humaine, il y a une place pour le sens, la fraternité, et la dignité du travail, leçons qui résonnent profondément dans les loges maçonniques à travers le monde.
Le chamanisme connaît un nouvel essor en Occident et de nombreux chamanes se sont formés à l’étranger. Ils reviennent pour nous transmettre ce qu’ils ont appris en proposant diverses formes de stages et de cérémonies et de soins. Cet engouement soulève de nombreuses questions éthique est spirituelles mais aussi pratiques et historiques. Faut-il parler de réveil post-new age, d’angoisse préapocalyptiques suite à la chute des religions et à l’émergence de technologies numériques non maîtrisées ?
Le tout malgré un besoin de réenchanter son existence par des rituels personnels ou collectifsLes chamanes existent-ils pour colmater les brèches que fait la modernité dans la cuirasse des humains tandis que les prêtres et les psys ne sont, décidément, plus jugés efficaces.L’ouvrage a été écrit en choisissant des chamanes connus par l’auteure. Des chamanes avec lesquels elle a pratiqué des expériences ou qu’elle a interviewés. Un ouvrage qui donne des pistes de réflexions et témoigne d’une époque
AUTEURE
Mélanie Chereau, diplômée en sociologie, est journaliste, essayiste et conférencière spécialisée dans la spiritualité, la psychologie et le chamanisme. Elle a déjà publié plusieurs ouvrages et est Rédactrice adjointe du magazine INEXPLORE. Elle est également formée en naturopathie et pratique le Bouddhisme tibétain depuis 25 ans.
Le 25 février 2025, Bangkok accueillera un événement significatif pour la Franc-maçonnerie internationale : une conférence publique où Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF), partagera ses réflexions sur le thème « Être Franc-Maçon aujourd’hui à la Grande Loge de France : Entre Tradition et Modernité ». La GLDF, avec ses trois siècles d’histoire et ses 31 000 membres, est une institution qui place au cœur de son existence la quête de progrès intellectuel, éthique et spirituel par l’initiation maçonnique.
La Grande Loge de France : un bastion de la tradition maçonnique
La Grande Loge de France, fondée en 1738, est l’une des plus anciennes et respectées obédiences maçonniques du monde. Elle pratique majoritairement le Rite Écossais Ancien et Accepté, un système de degrés symboliques et philosophiques qui guide les membres vers une meilleure compréhension de soi et du monde. La GLDF se distingue par son engagement à la liberté de conscience, à l’égalité et à la fraternité, principes hérités de la Révolution française et appliqués dans un cadre initiatique.
Le rôle de Thierry Zaveroni
Thierry Zaveroni, élu Grand Maître en 2022, est une figure centrale dans la modernisation de la Franc-maçonnerie à la GLDF tout en respectant ses racines historiques. Ancien militaire de carrière au sein de la Marine nationale, il a notamment servi au bataillon de marins-pompiers de Marseille avant de se consacrer pleinement à la maçonnerie. Sous sa direction, la GLDF a accentué son ouverture au public, organisant des conférences et des événements culturels pour démystifier la Franc-maçonnerie et attirer une nouvelle génération de membres. Zaveroni prône une maçonnerie qui s’adapte aux défis contemporains tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices.
Le thème de la conférence : Tradition et Modernité
La conférence de Bangkok se propose d’explorer comment la Franc-maçonnerie peut et doit évoluer dans un monde en perpétuelle mutation. Voici quelques aspects qui seront probablement abordés:
La Tradition Maçonnique : La GLDF est profondément ancrée dans une tradition symbolique et rituelle qui a traversé les siècles. Comment ces rituels et symboles, comme le tablier, l’équerre et le compas, continuent-ils de nourrir la réflexion et l’éthique des maçons aujourd’hui ?
L’Adaptation à la Modernité : Avec l’évolution des sociétés, des technologies et des mentalités, comment la Franc-maçonnerie peut-elle rester pertinente ? Zaveroni pourrait discuter de l’ouverture vers la mixité, l’engagement écologique, l’usage des nouvelles technologies dans la diffusion des valeurs maçonniques, ou encore le rôle de la Franc-maçonnerie dans les débats sociétaux et politiques.
L’Initiation et le Développement Personnel : La conférence pourrait aussi aborder comment la maçonnerie aide les individus à se réaliser dans un monde contemporain. En quoi le processus initiatique aide-t-il à développer une conscience critique, une éthique personnelle et un engagement citoyen ?
La Franc-maçonnerie dans une Perspective Globale : Comment la GLDF, en tant qu’institution française, dialogue avec d’autres obédiences à travers le monde, contribuant ainsi à un réseau de valeurs universelles dans un monde globalisé ?
Impact et objectifs de l’événement
L’organisation de cette conférence à Bangkok reflète l’ambition de la GLDF de s’internationaliser davantage, engageant un dialogue avec des cultures différentes tout en partageant ses idéaux. Cela témoigne d’une volonté de montrer que la Franc-maçonnerie, loin d’être un club fermé, est un mouvement vivant et actif dans la construction d’une société plus juste et éclairée. L’événement vise à promouvoir le respect, l’estime et la tolérance, des valeurs qui sont à la fois anciennes et vitales pour l’avenir.
La conférence de Thierry Zaveroni à Bangkok est une occasion unique pour quiconque s’intéresse à la Franc-maçonnerie de comprendre comment cette institution navigue entre son héritage historique et les exigences du présent. Elle illustre le rôle que peut jouer la GLDF dans la formation de citoyens éclairés et engagés, capables de faire face aux défis modernes tout en préservant une tradition qui a traversé les siècles. Cet événement est un appel à la réflexion, à l’échange et à l’action, invitant chacun à imaginer comment être un Franc-Maçon aujourd’hui signifie à la fois honorer le passé et construire l’avenir.
Mardi 25 Février 2025 à 18 heures Pullman G Bangkok Silom – Salle “Retreat” au 3eme étage Merci de confirmer votre présence par email à contact@logehamsa.fr
Informations pratiques 25 février 2025 de 18:00 à 21:00 h