Marc de Jode est l’un des trois auteurs, avec Monique Cara et Jean-Marc Cara, du Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie publié par Larousse dans la collection « À présent ». Ouvrage de référence à vocation encyclopédique, ce dictionnaire rassemble en un volume les notions, rites, symboles, obédiences et grandes figures de la maçonnerie, à destination d’un large public de lecteurs maçons et profanes.
Un auteur discret
Les informations biographiques publiques sur Marc de Jode sont rares, et cette notice se concentre sur l’ouvrage auquel son nom est attaché. Celui-ci figure dans la bibliographie de référence sur la franc-maçonnerie de Wikipédia, parmi les usuels consacrés à l’Ordre.
Le Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie
Publié chez Larousse, éditeur emblématique des dictionnaires et encyclopédies, l’ouvrage cosigné avec Monique Cara et Jean-Marc Cara propose un parcours alphabétique à travers l’univers maçonnique : vocabulaire de la loge, symboles, rites et grades, histoire des obédiences en France et dans le monde, biographies de francs-maçons célèbres.
Sa présence dans une collection grand public témoigne de l’intérêt croissant des éditeurs généralistes pour la franc-maçonnerie comme sujet de culture générale, au-delà des seules maisons spécialisées.
Un outil de travail
Comme tout dictionnaire, l’ouvrage se consulte plus qu’il ne se lit : il sert d’entrée en matière au profane curieux et d’aide-mémoire au maçon qui prépare une planche, en offrant des définitions synthétiques et des repères historiques.
Principaux ouvrages
Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie (avec Monique Cara et Jean-Marc Cara), Larousse, coll. « À présent »
Une contribution aux usuels maçonniques
En participant à ce dictionnaire, Marc de Jode a contribué à doter la franc-maçonnerie francophone d’un usuel accessible, publié par un grand éditeur de référence. Ce type d’ouvrage joue un rôle essentiel dans la transmission d’un vocabulaire et d’une culture maçonniques communs.
Manuel Picaud est connu des lecteurs maçonniques pour un livre qui explore un territoire longtemps délaissé : la présence de la franc-maçonnerie dans la bande dessinée. Coécrit avec Joël Gregogna et publié par les éditions Dervy en 2013, Bande dessinée, imaginaire et franc-maçonnerie recense et analyse les albums où loges, symboles et rituels nourrissent l’imaginaire des scénaristes et des dessinateurs.
Un regard sur le neuvième art
Les éléments biographiques publics sur Manuel Picaud restent limités, et cette notice se concentre sur son apport à la littérature maçonnique. Celui-ci tient à un ouvrage paru en 2013 aux éditions Dervy, maison parisienne de référence pour les publications initiatiques, cosigné avec Joël Gregogna.
Bande dessinée, imaginaire et franc-maçonnerie
Le livre, catalogué par la Bibliothèque nationale de France sous les sujets « franc-maçonnerie dans les bandes dessinées » et « thèmes et motifs », s’attache à la manière dont le 9e art met en scène l’Ordre : symboles, décors de loge, rituels et figures de frères, mais aussi fantasmes et clichés du complot qui traversent la fiction dessinée.
En réunissant ces représentations, les auteurs montrent que la bande dessinée est devenue l’un des vecteurs majeurs de l’image publique de la franc-maçonnerie, entre vulgarisation, aventure et ésotérisme.
Un domaine en plein essor
L’ouvrage s’inscrit dans un contexte où les séries à thème maçonnique se multiplient, à l’image du Triangle secret de Didier Convard ou des albums d’Hugo Pratt nourris de symbolique. Il offre aux lecteurs, maçons ou non, un panorama raisonné de cette production.
Principaux ouvrages
Bande dessinée, imaginaire et franc-maçonnerie (avec Joël Gregogna), Dervy, 2013
Un jalon pour l’étude de l’imaginaire maçonnique
Par son livre, Manuel Picaud a contribué à faire de la bande dessinée un objet d’étude légitime pour l’histoire culturelle de la franc-maçonnerie. Il rappelle que l’image de l’Ordre se construit aussi hors des loges, dans les cases et les bulles, et que cet imaginaire mérite d’être lu avec attention.
Marc Halévy est un essayiste prolifique dont l’œuvre se déploie au croisement de la Kabbale, du taoïsme et de la franc-maçonnerie, qu’il met en dialogue avec les vues de la physique contemporaine et des sciences de la complexité. Auteur d’essais de prospective et de management, il a publié une longue série de livres maçonniques, du Journal d’un orateur de loge et de Philosophie maçonnique à ses questionnements récents chez Dervy, comme La franc-maçonnerie est-elle une gnose ?.
Un penseur de la complexité
Les écrits de Marc Halévy reposent sur une vision du réel inspirée des systèmes auto-organisés et de l’autopoïèse. Il défend notamment l’idée que le temps ne « passe » pas mais s’accumule, sous forme de mémoire, une thèse développée dans sa série De l’Être au Devenir (cinq tomes, 2004-2008) et dans Un univers complexe. L’autre regard sur le monde (Oxus).
Cette réflexion nourrit aussi des ouvrages destinés au monde de l’entreprise, comme Le Tao du management (L’Arbre d’or, 2004) ou Le Principe frugalité (Dangles).
Kabbale, Tao et traditions spirituelles
Une part importante de son œuvre explore les traditions sapientielles : Aux sources de la Kabbale et de la mystique juive, La Pensée hébraïque, Kabbale initiatique. Un éclair dans l’arbre de vie et Kabbale théosophique chez Dangles, mais aussi Le Taoïsme (Eyrolles) et Lecture du Tao (Oxus, 2012). Le sens du divin – Au-delà de Dieu et des dieux (Oxus) prolonge cette quête d’une spiritualité non dogmatique.
Une série d’interrogations maçonniques
Sur le terrain maçonnique, Marc Halévy publie d’abord Journal d’un orateur de loge (Dangles) et Philosophie maçonnique (Oxus). Il engage ensuite chez Dervy une série d’essais construits comme autant de questions : La franc-maçonnerie est-elle une gnose ? (2018), Le parrainage maçonnique traditionnel, pourquoi et comment ? (2020), La franc-maçonnerie est-elle un idéalisme ? (2022), Qu’est-ce que la Fraternité maçonnique ? (2023) et La sagesse maçonnique existe-t-elle ? (2025).
En 2021, trois titres parus chez Ubik Éditions – Kabbale et Franc-maçonnerie, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? et Construire Dieu et le monde, regard d’un franc-maçon – relient explicitement la démarche initiatique à ses travaux sur la Kabbale et sur les mutations de la société contemporaine.
Principaux ouvrages
Journal d’un orateur de loge, Dangles
Philosophie maçonnique, Oxus
La franc-maçonnerie est-elle une gnose ?, Dervy, 2018
Le parrainage maçonnique traditionnel, pourquoi et comment ?, Dervy, 2020
Kabbale et Franc-maçonnerie, Ubik Éditions, 2021
Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?, Ubik Éditions, 2021
Construire Dieu et le monde, regard d’un franc-maçon, Ubik Éditions, 2021
La franc-maçonnerie est-elle un idéalisme ?, Dervy, 2022
Qu’est-ce que la Fraternité maçonnique ?, Dervy, 2023
La sagesse maçonnique existe-t-elle ?, Dervy, 2025
Kabbale initiatique. Un éclair dans l’arbre de vie, Dangles
Lecture du Tao, Oxus, 2012
Une maçonnerie pensée comme philosophie
Marc Halévy appartient à ces auteurs qui abordent la franc-maçonnerie moins comme une institution que comme une voie de pensée. En la confrontant à la Kabbale, au Tao et aux sciences de la complexité, et en interrogeant sans relâche ses fondements – gnose, idéalisme, fraternité, sagesse –, il offre aux maçons d’aujourd’hui une matière à réflexion abondante, au service d’une approche philosophique et spiritualiste de l’initiation.
Née le 9 juin 1943 à New York, Margaret C. Jacob est une historienne américaine, professeure de recherche distinguée à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA). Spécialiste de l’histoire des sciences, des Lumières et de la franc-maçonnerie, elle a profondément renouvelé l’étude des loges du XVIIIe siècle en les replaçant dans l’histoire politique et sociale de l’Europe. Living the Enlightenment (1991), traduit en français, et The Origins of Freemasonry (2005) sont devenus des références.
Une formation à Cornell
Diplômée du St. Joseph’s College en 1964, Margaret Jacob obtient son master puis, en 1968, son doctorat à l’université Cornell. Elle enseigne ensuite à l’université de Floride du Sud, à l’université d’East Anglia (1969-1971), au Baruch College de la City University of New York, puis à la New School for Social Research, où elle dirige l’Eugene Lang College de 1985 à 1988, avant de rejoindre UCLA.
Newton, la science et les Lumières radicales
Ses premiers travaux portent sur la diffusion de la science newtonienne : The Newtonians and the English Revolution (1976) lui vaut le prix Louis Gottschalk. En 1981, The Radical Enlightenment: Pantheists, Freemasons and Republicans ouvre un champ nouveau en associant panthéistes, républicains et francs-maçons dans la genèse des Lumières radicales.
La loge comme laboratoire de la société civile
Avec Living the Enlightenment: Freemasonry and Politics in Eighteenth Century Europe (1991), Margaret Jacob montre comment les loges ont servi de lieux d’apprentissage du gouvernement constitutionnel : élections, règlements, débats et délibérations y préfigurent les pratiques de la société civile moderne. Elle prolonge cette réflexion dans The Origins of Freemasonry. Facts and Fictions (University of Pennsylvania Press, 2005) et dans Freemasonry and Civil Society: Europe, the Americas, North and South, codirigé avec Maria Vasquez (Peter Lang, 2023).
Avec Janet Burke, elle s’est intéressée à la place des femmes dans la maçonnerie du XVIIIe siècle : Les premières francs-maçonnes au siècle des Lumières (Presses universitaires de Bordeaux, 2010) rassemble leurs études sur les loges d’adoption. Elle a également codirigé avec Lynn Hunt et Wijnand Mijnhardt un ouvrage consacré au graveur Bernard Picart et à sa vision des religions du monde.
Une historienne consacrée
Membre de l’American Philosophical Society (2002) et de l’American Academy of Arts and Sciences (2013), fellow de la Royal Historical Society, Margaret Jacob a aussi cosigné avec Lynn Hunt et Joyce Appleby Telling the Truth about History (1994), réflexion sur le métier d’historien.
Principaux ouvrages
The Radical Enlightenment: Pantheists, Freemasons and Republicans, George Allen & Unwin, 1981
Living the Enlightenment: Freemasonry and Politics in Eighteenth Century Europe, Oxford University Press, 1991
The Origins of Freemasonry. Facts and Fictions, University of Pennsylvania Press, 2005
Les premières francs-maçonnes au siècle des Lumières (avec Janet Burke), Presses universitaires de Bordeaux, 2010
Freemasonry and Civil Society: Europe, the Americas, North and South (avec Maria Vasquez), Peter Lang, 2023
The Newtonians and the English Revolution, 1689-1720, Cornell University Press, 1976
The Cultural Meaning of the Scientific Revolution, Knopf, 1988
Telling the Truth about History (avec Lynn Hunt et Joyce Appleby), W. W. Norton, 1994
The First Knowledge Economy, Cambridge University Press, 2014
The Secular Enlightenment, Princeton University Press, 2019
Une référence de l’histoire académique de la maçonnerie
Margaret Jacob compte parmi les historiens qui ont fait entrer la franc-maçonnerie dans l’université. En lisant les loges comme des foyers de sociabilité, de science et de pratique politique, elle a montré qu’elles n’étaient ni des sociétés de complot ni de simples clubs, mais des acteurs à part entière de la culture des Lumières – une perspective devenue incontournable pour tout chercheur.
Né en 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, d’un père belge et d’une mère montmartroise, Léo Campion fut chansonnier, acteur, caricaturiste et humoriste, mais aussi militant anarchiste, pacifiste et franc-maçon. Initié en 1934 à Bruxelles, il a consacré à la rencontre entre l’idéal libertaire et la maçonnerie un livre devenu classique, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, galerie de portraits des « maillons libertaires de la Chaîne d’union », sans cesse réédité depuis 1969.
Un antimilitariste entre Paris et Bruxelles
De son vrai nom Léon Louis Octave Campion, de nationalité belge, il est expulsé de France en 1923 à la suite d’une campagne de l’Action française et s’installe à Bruxelles. Il y rencontre Marcel Dieu, dit Hem Day, bouquiniste anarchiste et franc-maçon, qui devient son compagnon de lutte. Campion milite à la Libre Pensée de Bruxelles, dont il est secrétaire, comme à la section belge de l’Internationale des résistants à la guerre et au Comité maçonnique pour l’objection de conscience.
En 1933, Campion et Hem Day renvoient leurs livrets militaires pour protester contre un projet de loi du ministre Albert Devèze. Condamné à dix-huit mois de prison, Campion entame une grève de la faim ; défendus notamment par Paul-Henri Spaak, les deux hommes sont finalement libérés et le projet abandonné. Ils reviendront sur cette affaire dans Autour d’un procès (1968).
Du cabaret à l’écran
Caricaturiste pour le journal bruxellois Le Rouge et le Noir de 1930 à 1936, Campion s’impose après-guerre dans le monde du cabaret : il dirige le Caveau de la République et le Tabou, où il travaille avec Pierre Dac. Producteur à la RTF de 1951 à 1961, il anime Le Cabaret du soir et prête sa voix au personnage de Clodomir dans le feuilleton Signé Furax.
Au cinéma, on le voit notamment dans French Cancan de Jean Renoir (1955) et La Lectrice de Michel Deville (1988) ; au théâtre, il joue dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco mis en scène par Jean-Louis Barrault (1961). Régent du Collège de ’Pataphysique, il cultive un humour volontiers gaulois, de Le Petit Campion au Lexique pour rire illustré. Interné au camp d’Argelès pendant la guerre, il reçoit à la Libération la Croix de guerre 1939-1945.
Un parcours maçonnique au Grand Orient
Léo Campion est initié en 1934 dans la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique, à Bruxelles. Il s’affilie en 1937 à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France, gravit les degrés du Rite écossais jusqu’au 33e et siège au Consistoire d’Île-de-France. Une loge grenobloise du Grand Orient de France porte aujourd’hui son nom.
Les « maillons libertaires de la Chaîne d’union »
Son œuvre maçonnique majeure paraît en 1969 à Marseille sous le titre Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union : un recueil de notices biographiques consacrées aux anarchistes qui furent aussi francs-maçons. Profondément remanié, le livre devient en 1978 Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, destiné à un plus large public et réédité en 1996, 2002, 2004 et 2013.
Campion y défend l’idée d’une parenté entre l’exigence libertaire de liberté absolue de conscience et la démarche maçonnique. Il signe aussi Sade franc-maçon (1972), publié par le Cercle des amis de la Bibliothèque initiatique.
Principaux ouvrages
Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union, Culture et Liberté, Marseille, 1969
Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, Goutal-Darly, 1978 ; rééd. Alternative libertaire, 1996, 2002, 2004 ; éditions K’A, 2013
Sade franc-maçon, Cercle des amis de la Bibliothèque initiatique, 1972
Autour d’un procès (avec Hem Day), Pensée et Action, 1968
Réflexions sur la violence, L’Émancipateur, 1935
Zo d’Axa : brève esquisse d’un anarchiste de la belle époque, 1936 ; rééd. Le Vent du Ch’min, 1978
Illégalisme de la liberté, Culture et Liberté, 1983
Le Petit Campion – Lexique encyclopédique illustré, SAPRA, 1953
Lexique pour rire illustré, Le Cherche-Midi, 1982
J’ai réussi ma vie, Éditions du Borrégo, 1985
Une figure de la maçonnerie libertaire
Léo Campion incarne mieux que quiconque la jonction entre l’anarchisme et la franc-maçonnerie au XXe siècle. Son Drapeau noir, l’Équerre et le Compas demeure l’ouvrage de référence sur ces frères libertaires, et sa trajectoire d’homme de scène, d’objecteur et de maçon du Grand Orient rappelle que la loge a souvent accueilli les esprits les plus rétifs aux dogmes.
Jean-Marc Aractingi est un auteur consacré à l’histoire de la franc-maçonnerie dans le monde arabe et au Moyen-Orient. Coauteur avec Gilles Le Pape de Rituels et catéchismes au rite œcuménique (L’Harmattan, 2012), il a publié une volumineuse Histoire de la franc-maçonnerie au Moyen-Orient (2019), couvrant le Liban, la Syrie, la Palestine, la Turquie, l’Égypte et l’Iran, ainsi qu’un Dictionnaire des francs-maçons arabes et musulmans, deux ouvrages qui explorent un champ encore peu étudié en langue française.
Un champ d’étude peu exploré
Les informations biographiques publiques sur Jean-Marc Aractingi sont rares ; son nom est avant tout attaché à ses livres. Ceux-ci portent sur un domaine longtemps négligé par l’historiographie francophone : la franc-maçonnerie au Proche et au Moyen-Orient, où les loges ont joué un rôle dans la vie intellectuelle et politique depuis le XIXe siècle.
Rituels entre Orient et Occident
Avec Gilles Le Pape, il publie en 2012 chez L’Harmattan Rituels et catéchismes au rite œcuménique : Orient et Occident, à la croisée des chemins maçonniques, un ouvrage de 190 pages consacré à un rite qui se veut un pont entre traditions spirituelles orientales et occidentales.
Une histoire régionale des loges
Son Histoire de la franc-maçonnerie au Moyen-Orient (Liban, Syrie, Palestine, Turquie, Égypte, Iran…), publiée en 2019 de manière indépendante, compte plus de 700 pages. Il l’a complétée par un Dictionnaire des francs-maçons arabes et musulmans, également publié en autoédition (CreateSpace), qui recense des personnalités du monde arabo-musulman liées à l’Ordre.
Principaux ouvrages
Rituels et catéchismes au rite œcuménique : Orient et Occident, à la croisée des chemins maçonniques (avec Gilles Le Pape), L’Harmattan, 2012
Histoire de la franc-maçonnerie au Moyen-Orient (Liban, Syrie, Palestine, Turquie, Égypte, Iran…), publication indépendante, 2019
Dictionnaire des francs-maçons arabes et musulmans, CreateSpace Independent Publishing Platform
Une porte d’entrée sur la maçonnerie orientale
Publiés pour l’essentiel hors des circuits éditoriaux classiques, les livres de Jean-Marc Aractingi n’en constituent pas moins des répertoires utiles pour qui s’intéresse à la diffusion de la franc-maçonnerie dans le monde arabe, en Turquie et en Iran. Ils rappellent que l’histoire de l’Ordre ne se limite pas à l’Europe et à l’Amérique, et invitent à prolonger la recherche par la consultation des archives des loges orientales.
Né à Villefranche-sur-Saône, Jean-Pierre Bacot est un journaliste puis chercheur français, docteur en sciences de l’information et de la communication, spécialiste de l’histoire de la presse et de la franc-maçonnerie. Habilité à diriger des recherches pour ses travaux sur les sociétés fraternelles, il dirige depuis sa création la revue Critica masonica. On lui doit notamment Les Filles du pasteur Anderson (1988), Les Sociétés fraternelles (Dervy, 2007) et Les Femmes et la Franc-maçonnerie en Europe (2009).
Du journalisme lyonnais à la recherche
Originaire de Villefranche-sur-Saône, Jean-Pierre Bacot exerce d’abord comme journaliste de presse écrite et de radio à Lyon, de 1976 à 1984. Il devient ensuite conseiller en communication du ministre Louis Mexandeau (1984-1986), avant de rejoindre le monde de la recherche industrielle.
De 1986 à 2015, il est responsable des publications au laboratoire SENSE d’Orange Labs et secrétaire de rédaction de la revue Réseaux, consacrée aux sciences de la communication.
Un historien de la presse illustrée
Sa thèse de doctorat, soutenue à l’université Paris III sous la direction de Michaël Palmer, porte sur Quatre générations de presse illustrée généraliste au XIXe siècle. Elle a donné La Presse illustrée au XIXe siècle (Pulim, 2005). Il obtient ensuite une habilitation à diriger des recherches grâce à ses travaux sur les sociétés fraternelles.
Loges, sociétés fraternelles et femmes
Dès 1988, il publie Les Filles du pasteur Anderson (EDIMAF), consacré à la place des femmes en maçonnerie, et L’Histoire étrange d’une loge (Detrad). Avec Les Sociétés fraternelles (Dervy, 2007), il replace la franc-maçonnerie dans l’ensemble plus large des sociétés à rituel et à solidarité. Les Femmes et la Franc-maçonnerie en Europe (Véga, 2009) revient sur la maçonnerie féminine et mixte.
Il a aussi publié À l’ombre de la République (Ubik éditions, 2013), Une Europe sans religion dans un monde religieux (Cerf, 2013) et Guyane : histoire & mémoire (Ibis rouge, 2011).
La revue Critica masonica
Jean-Pierre Bacot dirige depuis sa création la revue Critica masonica, qui se veut un espace de réflexion critique sur la franc-maçonnerie, ses pratiques et son histoire, ouvert aux chercheurs comme aux maçons.
Principaux ouvrages
Les Filles du pasteur Anderson, EDIMAF, 1988
L’Histoire étrange d’une loge, Detrad, 1988
La Presse illustrée au XIXe siècle, Pulim, 2005
Les Sociétés fraternelles, Dervy, 2007
Une langue, deux cultures, L’Harmattan, 2008
Les Femmes et la Franc-maçonnerie en Europe, Véga, 2009
Guyane : histoire & mémoire, Ibis rouge, 2011
À l’ombre de la République, Ubik éditions, 2013
Une Europe sans religion dans un monde religieux, Cerf, 2013
Un regard sociologique sur la fraternité
Venu du journalisme et des sciences de la communication, Jean-Pierre Bacot aborde la franc-maçonnerie en sociologue de la sociabilité. Ses travaux sur les sociétés fraternelles et sur la place des femmes dans les loges, comme son engagement à la tête de Critica masonica, contribuent à une approche critique et comparatiste de l’Ordre, attentive à ce qu’il partage avec d’autres formes d’associations à rituel.
Né à Paris, Jérôme Rousse-Lacordaire est un religieux dominicain, théologien et historien, docteur en théologie, professeur à l’Institut catholique de Paris et rédacteur en chef de la revue Politica Hermetica. Spécialiste des relations entre christianisme et ésotérisme, il a consacré plusieurs livres à la franc-maçonnerie vue depuis l’Église : Rome et les francs-maçons : histoire d’un conflit (1996), Antimaçonnisme (1998) et Jésus dans la tradition maçonnique (2003), qui font référence sur ces questions.
Un dominicain au parcours pluridisciplinaire
Né à Paris, Jérôme Rousse-Lacordaire est membre de l’ordre des Prêcheurs. Sa formation est d’une ampleur peu commune : DEA de droit privé à l’université Paris I, DEA en sciences des religions à l’École pratique des hautes études, diplôme de bibliothécaire-documentaliste, puis doctorat en théologie obtenu en 2005.
Enseigner, éditer, transmettre
Professeur à l’Institut catholique de Paris, au sein de l’Institut de science et de théologie des religions, il a aussi enseigné à l’université de Lorraine et à l’université de Lausanne. Il a dirigé la Bibliothèque du Saulchoir jusqu’en 2011 et travaillé comme éditeur aux Éditions du Cerf. Depuis 2014, il est producteur délégué de l’émission La Messe sur France Culture.
Il est enfin rédacteur en chef de Politica Hermetica, revue savante consacrée aux rapports entre ésotérisme et politique.
L’Église face aux francs-maçons
Ses recherches portent sur les relations entre ésotérisme et christianisme, et entre franc-maçonnerie et christianisme. Avec Rome et les francs-maçons : histoire d’un conflit (Berg International, 1996), il retrace l’histoire des condamnations pontificales et des malentendus entre l’Église catholique et l’Ordre. Antimaçonnisme (Pardès, 1998, rééd. 2003) étudie le discours hostile à la maçonnerie, tandis que Jésus dans la tradition maçonnique (Desclée, 2003) examine la place de la figure du Christ dans les rituels et la culture maçonniques.
Ésotérisme et kabbale chrétienne
Au-delà de la maçonnerie, il a publié Ésotérisme et christianisme (Cerf, 2007), codirigé avec Jean-Pierre Brach des Études d’histoire de l’ésotérisme (Cerf, 2007), étudié Une controverse sur la magie et la kabbale à la Renaissance (Droz, 2010) et proposé une Esquisse de la kabbale chrétienne (Les Belles Lettres, 2018).
Principaux ouvrages
Rome et les francs-maçons : histoire d’un conflit, Berg International, 1996
Antimaçonnisme, Pardès, 1998 (2e éd. 2003)
Jésus dans la tradition maçonnique, Desclée, 2003
Une République, des religions (ouvrage collectif), Éditions de l’Atelier, 2003
Ésotérisme et christianisme, Cerf, 2007
Études d’histoire de l’ésotérisme (avec Jean-Pierre Brach), Cerf, 2007
Une controverse sur la magie et la kabbale à la Renaissance, Droz, 2010
Une fraternité à l’honneur du Saint-Esprit, La Finestra editrice, 2011
L’Ésotérisme, Fidélité, 2014
Esquisse de la kabbale chrétienne, Les Belles Lettres, 2018
Un regard catholique savant sur la maçonnerie
Jérôme Rousse-Lacordaire occupe une place singulière : théologien catholique et religieux, il étudie la franc-maçonnerie en historien, sans polémique. Ses livres sur le conflit entre Rome et les loges, sur l’antimaçonnisme et sur la figure de Jésus dans la tradition maçonnique sont des outils précieux pour comprendre un dialogue difficile, et rappellent que l’histoire de l’Ordre est inséparable de celle de ses relations avec les Églises.
Né à Namur, Luc Nefontaine est un chercheur et enseignant belge, diplômé en sciences religieuses et docteur en philosophie et lettres. Collaborateur scientifique de l’Université libre de Bruxelles, il y enseigne les théories et l’histoire du symbolisme maçonnique et dirige la Chaire Théodore Verhaegen. Ses travaux, entre histoire des religions et maçonnologie, ont donné une somme universitaire en deux tomes, Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie, et un livre de large diffusion, La Franc-maçonnerie : une fraternité révélée, paru dans la collection « Découvertes Gallimard ».
Des sciences religieuses à la maçonnologie
Originaire de Namur, Luc Nefontaine suit une double formation : un diplôme en sciences religieuses, puis un doctorat en philosophie et lettres. Ce parcours explique la tonalité de son œuvre, attentive aux rapports entre les institutions religieuses et la franc-maçonnerie, qu’il aborde en historien des idées plutôt qu’en militant.
Un enseignant de l’Université libre de Bruxelles
Depuis 1994, il est collaborateur scientifique à l’Université libre de Bruxelles, où il est chargé, depuis 1996, d’un cours consacré aux « Théories et histoire du symbolisme maçonnique ». Il dirige également la Chaire Théodore Verhaegen, du nom du fondateur de l’ULB, figure majeure du libéralisme et de la maçonnerie belges du XIXe siècle.
Cette inscription universitaire place ses travaux dans le courant de la maçonnologie académique belge, qui s’efforce d’étudier l’Ordre avec les méthodes de l’histoire et des sciences des religions.
Le symbole, objet d’étude
Publiés aux Éditions de l’Université de Bruxelles, les deux tomes de Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie (le premier, Histoire et historiographie, en 1994 ; le second, Phénoménologie et herméneutique) forment le cœur de son œuvre savante. L’auteur y examine la manière dont le symbolisme maçonnique a été pensé, interprété et transmis. Avec Baudouin Decharneux, il a prolongé cette réflexion dans Le Symbole, paru dans la collection « Que sais-je ? », et dans L’Initiation : splendeurs et misères.
Maçonnerie et confessions religieuses
Une autre part de ses travaux porte sur les relations entre la franc-maçonnerie et les religions : Église et franc-maçonnerie, Le Protestantisme et la franc-maçonnerie, ou encore Judaïsme et franc-maçonnerie, écrit avec Jean-Philippe Schreiber. Il a aussi consacré un ouvrage à l’Opus Dei. Sa synthèse illustrée La Franc-maçonnerie : une fraternité révélée, publiée chez Gallimard en 1997, a fait connaître ses travaux à un large public.
Principaux ouvrages
Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie, t. 1 : Histoire et historiographie, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1994
Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie, t. 2 : Phénoménologie et herméneutique, Éditions de l’Université de Bruxelles
La Franc-maçonnerie : une fraternité révélée, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard », 1997
Église et franc-maçonnerie, Chalet, coll. « Spiritualité »
Le Protestantisme et la franc-maçonnerie, Labor et Fides
Judaïsme et franc-maçonnerie (avec Jean-Philippe Schreiber), Albin Michel
Le Symbole (avec Baudouin Decharneux), PUF, coll. « Que sais-je ? », 2014
L’Opus Dei, Cerf
Un passeur entre université et loges
Luc Nefontaine appartient à ces chercheurs qui ont fait du symbolisme maçonnique un objet universitaire à part entière. Ses deux tomes publiés à Bruxelles offrent un cadre historiographique et herméneutique rigoureux, tandis que ses ouvrages sur l’Église, le protestantisme et le judaïsme éclairent les relations souvent conflictuelles entre l’Ordre et les religions. Pour le lecteur maçon comme pour le profane, il reste une référence sur la question : que signifie, et comment s’interprète, un symbole en loge ?
Né à Paris sous le nom de Jean-Luc Godmé et mort le 5 décembre 2024, Jean-Luc Maxence est un poète, écrivain et éditeur français, directeur des éditions du Nouvel Athanor. Proche de la psychanalyse, il a consacré une large part de son œuvre à la franc-maçonnerie, qu’il a lue à la lumière de Carl Gustav Jung : de L’Égrégore à La Loge et le Divan, jusqu’à la direction de La Franc-maçonnerie, histoire et dictionnaire dans la collection « Bouquins ».
Poète et éditeur
Fils de l’écrivain Jean-Pierre Maxence, Jean-Luc Maxence publie ses premiers recueils au début des années 1970. Il dirige la maison du Nouvel Athanor, tournée vers la défense de la poésie contemporaine, et fonde les revues Présence et regards et Les Cahiers du sens, puis, en 2015, le magazine Rebelle(s).
De la prévention à la psychanalyse
Parallèlement, il dirige le Centre Didro, association de prévention des toxicomanies, et préside la délégation française de l’Association européenne de psychanalyse. Ses essais sur la toxicomanie et sur les années sida témoignent de cet engagement, qui nourrit aussi son approche des sociétés initiatiques.
Jung, l’égrégore et la loge
À partir des années 2000, il publie chez Dervy une série d’essais qui rapprochent symbolisme maçonnique et psychologie des profondeurs : L’Égrégore. L’énergie psychique collective (2003), Jung est l’avenir de la franc-maçonnerie (2004), La Loge et le Divan (2008) et un Dictionnaire comparatif : C. G. Jung et la franc-maçonnerie (2012). Il y défend l’idée que la démarche initiatique est un processus d’individuation au sens jungien.
Il consacre aussi un livre à René Guénon, Le Philosophe invisible (2001), compose une Anthologie de la poésie maçonnique et symbolique (2007), cosigne avec Frédéric Vincent Imaginaire et psychanalyse des légendes maçonniques : d’Hiram à Dark Vador (2010) et dirige le volumineux La Franc-maçonnerie, histoire et dictionnaire (Robert Laffont, coll. « Bouquins »).
Principaux ouvrages
René Guénon. Le Philosophe invisible, Presses de la Renaissance, 2001
Un passeur entre poésie, psychanalyse et initiation
Jean-Luc Maxence a occupé une place singulière dans l’édition maçonnique : celle d’un poète qui a fait dialoguer la loge avec l’inconscient collectif. En popularisant une lecture jungienne des symboles, des légendes et de l’égrégore, et en dirigeant un dictionnaire de référence chez Bouquins, il a offert aux frères et aux profanes des clés d’interprétation originales, discutées mais largement lues.