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Né en septembre 1711 à Paris et mort le 1er mai 1796 dans la même ville, Alexandre Guy Pingré est un prêtre génovéfain, astronome et géographe de la Marine. Auteur de la Cométographie, observateur des passages de Vénus, membre de l’Académie des sciences, il fut aussi un franc-maçon actif : vénérable de la loge Les Cœurs simples de l’Étoile polaire et grand orateur du Grand Orient de France.
Un chanoine gallican

Élève du collège Saint-Vincent de Senlis, tenu par les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, Pingré entre dans l’ordre à seize ans et devient professeur de théologie en 1735. Ses opinions gallicanes lui valent en 1745 d’être écarté de sa chaire et de recevoir cinq lettres de cachet en quatre ans.
Le chirurgien Claude-Nicolas Le Cat le fait admettre à l’Académie de Rouen, qu’il vient de fonder, pour le mettre à l’abri. Nommé astronome de l’académie, Pingré commence à trente-huit ans l’étude de l’astronomie, discipline qu’il va bientôt enseigner avec autorité.
L’astronome de Sainte-Geneviève
Malgré une vue faible, il est un calculateur remarquable : il relève une erreur de quatre minutes dans un calcul d’éclipse de Lacaille. Son observation du passage de Mercure de 1753 lui vaut d’être élu correspondant puis, en 1756, associé libre de l’Académie des sciences. En 1753, il établit le premier almanach nautique, pour l’année 1754.
Rappelé à Paris, il devient bibliothécaire de l’abbaye Sainte-Geneviève et chancelier de l’université ; un observatoire est construit pour lui à l’abbaye, où il travaille une quarantaine d’années. Le gouvernement le nomme astronome-géographe de la Marine. Il participe enfin à la commission chargée d’élaborer le calendrier républicain.
Les passages de Vénus
En 1761, il s’embarque à Lorient pour l’île Rodrigues afin d’observer le passage de Vénus. L’observation échoue, mais il décrit des espèces animales inconnues et une localité de l’île porte son nom. Il gagne ensuite le Cap-Français, à Saint-Domingue, pour le passage suivant, avec de meilleurs résultats.
Grand orateur du Grand Orient

Pingré fut vénérable de la loge « Les Cœurs simples de l’Étoile polaire », à l’Orient de Batignolles-Monceau. Au sein du Grand Orient de France, il occupa les fonctions de second surveillant de la chambre des provinces, puis de grand orateur. Les sources consultées ne donnent pas les dates de ces offices. Il était, selon Wikipédia, un ami de Benjamin Franklin.
Principales œuvres
- Projet d’une histoire d’astronomie du dix-septième siècle, 1756
- Journal du voyage de M. le marquis de Courtanvaux, 1768
- Précis d’un voyage en Amérique, 1773
- Cométographie ou Traité historique et théorique des comètes, 1783-1784
- Arati Phænomena, 1786
- Annales célestes du dix-septième siècle, éd. posthume 1901
Un savant au cœur du premier Grand Orient
Chanoine, astronome et dignitaire maçonnique, Alexandre Guy Pingré illustre la place des savants et des ecclésiastiques éclairés dans la franc-maçonnerie française du XVIIIe siècle. Son rôle de grand orateur du Grand Orient de France, aux premiers temps de l’obédience, en fait l’une des figures intellectuelles de la maçonnerie des Lumières.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Alexandre Guy Pingré.
Voir aussi dans le glossaire : Vénérable (Vénérable Maître en chaire), Lumières (trois).

