Une deuxième année placée sous le signe de l’ouverture, de la transmission et de la quête de sens.

La Grande Loge de France (GLDF) vient d’annoncer la réélection de Jean-Raphaël Notton à la fonction de Grand Maître pour une année supplémentaire. Ce renouvellement de confiance prolonge une action engagée depuis le début de son mandat autour de trois axes majeurs, le rayonnement de l’Obédience, le dialogue avec la société contemporaine et la transmission des valeurs humanistes et spirituelles de la Franc-Maçonnerie.
Dans une époque traversée par les incertitudes, les fractures sociales, les radicalités et les accélérations technologiques, la Grande Loge de France entend rappeler la nécessité du temps long, de la réflexion intérieure et du questionnement.

À rebours de l’immédiateté et du tumulte permanent, elle propose une démarche initiatique où l’être humain apprend d’abord à se construire lui-même pour mieux agir dans la cité.
« Forts de cette confiance renouvelée, nous allons continuer notre action d’ouverture, pour partager nos valeurs et notre engagement, et aider ceux qui sont en quête de sens dans le contexte incertain actuel », souligne Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France.
Une dynamique d’ouverture confirmée
Depuis plusieurs années, la Grande Loge de France multiplie les rencontres ouvertes au public, les conférences, les manifestations culturelles et les espaces de dialogue destinés à faire connaître plus largement une démarche encore trop souvent entourée de préjugés ou de représentations éloignées de sa réalité.
Cette volonté d’ouverture rencontre aujourd’hui une attente profonde
Depuis le début de l’année 2026, l’Obédience annonce une progression de 800 membres, signe d’un intérêt renouvelé pour une voie fondée sur la recherche intérieure, la fraternité, la spiritualité et la liberté de conscience.

Dans un monde où beaucoup cherchent à retrouver du sens, la Franc-Maçonnerie apparaît comme un espace singulier où le doute devient méthode, où l’écoute devient apprentissage, où la différence n’est plus une frontière mais une richesse.
Une confiance renouvelée par le Convent 2026
Le vote du Convent 2026 confirme cette orientation.
Jean-Raphaël Notton a été réélu
avec 472 voix favorables
contre 184 voix défavorables,
SOIT
72 % de « oui » et 28 % de « non ».
Ce résultat donne au Grand Maître une légitimité renouvelée pour poursuivre l’œuvre engagée et inscrire cette nouvelle année dans la continuité d’une Franc-Maçonnerie ouverte sur son époque, attachée à ses fondements initiatiques et soucieuse de répondre aux interrogations spirituelles et humanistes contemporaines.

Réhabiliter la mémoire face à l’ombre de Vichy
Cette réélection restera également marquée par une décision d’une forte portée historique et symbolique avec l’abrogation de deux décisions prises sous le régime de Vichy à l’encontre de Loges de la Grande Loge de France.
Ainsi, la Loge n°1249 Les Égalitaires Fils de Karukera, à l’Orient des Abymes en Guadeloupe, reprendra les travaux de la Respectable Loge n°345 Les Égalitaires, à l’Orient de Pointe-à-Pitre.
De même, la Loge n°1601 L’Union des Cœurs 513, à l’Orient de Lyon, reprendra les travaux de la Respectable Loge n°513 L’Union des Cœurs.
Au-delà de la décision administrative, ce geste possède une véritable dimension mémorielle
Il rappelle les persécutions subies par les francs-maçons sous le régime de Vichy, lorsque les Loges furent interdites, leurs archives confisquées et leurs membres désignés comme ennemis par un pouvoir fondé sur l’exclusion.
Rétablir ces filiations, c’est renouer symboliquement une chaîne interrompue par l’intolérance. C’est aussi rappeler que la mémoire n’est jamais seulement un hommage rendu au passé mais une vigilance confiée au présent.
Une Franc-Maçonnerie fidèle à ses racines et attentive au monde
Avec plus de 30 000 membres en France et à l’international, la Grande Loge de France poursuit une voie singulière dans le paysage maçonnique. Héritière d’une tradition initiatique ancienne, portée notamment par le Rite Écossais Ancien et Accepté, elle affirme une démarche où spiritualité, humanisme et liberté de conscience dialoguent sans s’exclure.
La réélection de Jean-Raphaël Notton ouvre ainsi une nouvelle séquence. Celle d’une Franc-Maçonnerie qui souhaite transmettre sans se refermer, préserver ses symboles sans s’isoler du monde, et rappeler que la construction du Temple intérieur demeure indissociable de l’édification d’une société plus fraternelle.

À l’heure où beaucoup recherchent des réponses immédiates, la Grande Loge de France continue de proposer un chemin différent, celui de la patience, de l’étude et de la Lumière progressivement conquise.
Le communiqué de presse



À la lecture du communiqué de presse d’Angiocom, une mise au point s’impose !
À la question de savoir si la Grande Loge de France actuelle est la plus ancienne obédience française, une nécessaire précision historique s’impose aussi !
Affirmer que la Grande Loge de France actuelle serait « la plus ancienne obédience maçonnique française » appelle donc une clarification historique indispensable.
La première Grande Loge de France apparaît au XVIIIe siècle, dans le prolongement de l’implantation de la Franc-Maçonnerie spéculative venue des îles Britanniques. À partir des années 1720-1730, des Loges se constituent en France et une première organisation centrale se met progressivement en place. Cette première Grande Loge, parfois associée à la période des Grands Maîtres comme le duc d’Antin puis le comte de Clermont, appartient bien à l’histoire fondatrice de la Franc-Maçonnerie française.
Mais cette première Grande Loge de France du XVIIIe siècle n’est pas juridiquement ni institutionnellement la Grande Loge de France actuelle.
En 1773, une profonde réorganisation intervient. Une majorité de Loges issues de cette première Grande Loge participe à la création d’une nouvelle structure qui prend le nom de Grand Orient de France. Celui-ci réforme notamment la gouvernance maçonnique en affirmant le principe de l’élection des officiers de Loge et devient alors la principale puissance maçonnique française.
Une minorité de Loges poursuit quelque temps son activité sous l’ancienne appellation de Grande Loge dite « de Clermont ». Mais cette survivance prend fin à la charnière du siècle. En 1799, un acte d’union intervient entre le Grand Orient de France et les Loges demeurées issues de l’ancienne Grande Loge. Cet événement marque l’intégration de cet héritage historique au sein du Grand Orient de France.
La Grande Loge de France que nous connaissons aujourd’hui naît dans un tout autre contexte. Elle est constituée en 1894, à partir notamment des Loges symboliques rattachées au courant du Rite Écossais Ancien et Accepté et dans le prolongement du Suprême Conseil de France.
Elle peut donc légitimement revendiquer un héritage spirituel, initiatique et rituel remontant aux sources de la Franc-Maçonnerie française du XVIIIe siècle, notamment par la tradition écossaise qu’elle porte. En revanche, parler d’une continuité institutionnelle directe entre la première Grande Loge de France du XVIIIe siècle et l’obédience fondée en 1894 constitue un raccourci historique.
La nuance est essentielle.
Le Grand Orient de France, sous son nom actuel depuis 1773, demeure aujourd’hui la plus ancienne obédience maçonnique française en continuité institutionnelle. La Grande Loge de France actuelle, créée en 1894, représente quant à elle une grande obédience historique de la tradition écossaise, dépositaire d’un héritage initiatique majeur, mais non la continuation administrative directe de la première Grande Loge du XVIIIe siècle.
En Franc-Maçonnerie comme ailleurs, la mémoire symbolique et la filiation initiatique éclairent l’histoire, mais elles ne doivent pas se substituer à la chronologie des faits.