ATHANOR : Revue de presse hebdo – N°10

Athanor, quand l’affaire rebondit dans la presse

Après plusieurs semaines d’une couverture nourrie, parfois haletante, parfois sidérante, le procès Athanor semblait entrer dans une phase moins spectaculaire. Le bruit médiatique paraissait s’estomper. Les articles se faisaient plus rares. Dans notre revue de presse numéro 9, nous écrivions que le silence médiatique succédait au fracas judiciaire.

Force est de reconnaître que cette semaine, l’affaire rebondit

Elle revient au premier plan par le volet le plus grave du dossier, celui de la mort de Laurent Pasquali, pilote automobile retrouvé sans vie plusieurs mois après sa disparition, mais aussi par une relance très remarquée du Canard enchaîné – Journal satirique paraissant le mercredi, qui place l’affaire en une avant de lui consacrer un article entier en page 3. Athanor, nom emprunté au vocabulaire alchimique, redevient ainsi le foyer médiatique d’une combustion inquiétante, où s’entremêlent loge dévoyée, monde du renseignement, fascination clandestine, dettes, jalousie, contrats criminels et passage à l’acte.

Là où l’athanor devrait être le four de la lente transmutation intérieure, le procès expose semaine après semaine une inversion tragique du symbole

Non plus l’œuvre patiente de purification, mais une mécanique d’emprise, d’illusion et de violence. À mesure que la cour d’assises spéciale de Paris avance dans l’examen des faits, les médias reviennent sur un dossier qui impose de distinguer avec rigueur ce qui relève de la justice pénale, ce qui relève du fantasme sécuritaire, et ce qui relève de l’ombre portée sur une franc-maçonnerie dont le nom se trouve abusivement associé à des dérives qui lui sont étrangères.

Vendredi 29 mai 2026 – BFM TV

BFM TV ouvre la séquence médiatique de la semaine en revenant sur un témoignage décisif, celui de Jean Sauvat, le cueilleur de champignons qui a découvert les restes de Laurent Pasquali dans un bois de Haute-Loire. L’article insiste sur la part de hasard qui a permis de retrouver le corps. Jean Sauvat explique qu’une averse l’a conduit à couper à travers les buissons pour regagner sa voiture. C’est alors qu’il tombe sur un crâne humain.

Le récit est d’autant plus fort qu’il révèle la volonté de dissimulation. Le corps se trouvait dans un lieu reculé, difficile d’accès, connu surtout de bûcherons et de chercheurs de champignons. À la barre, le major de gendarmerie Romuald Chamont confirme que la sépulture était située à environ 60 mètres de la départementale, dans un endroit particulièrement compliqué à trouver. Les ossements reposaient dans une tombe de fortune recouverte de végétation et de bois, selon une disposition qui laisse penser à une dissimulation volontaire.

L’article de BFM TV éclaire ainsi la matérialité du crime. Il ne s’agit plus seulement d’un dossier tentaculaire, de noms, de réseaux, de loge, de services, de fantasmes d’agents clandestins. Il s’agit d’un corps, d’un homme tué, d’une famille privée de vérité, et d’un promeneur sans lequel les ossements auraient peut-être échappé durablement aux enquêteurs. La parole de Jean Sauvat ramène le procès à sa dimension humaine la plus nue. Le lien vers l’article.

Vendredi 29 mai 2026 – Radio France

Radio France, sous la plume de Charlotte Piret pour France Inter, choisit de replacer la mort de Laurent Pasquali dans la mécanique générale du procès Athanor. Le média rappelle que le pilote, présenté comme un excellent amateur, vivait au-dessus de ses moyens et avait accumulé les dettes. Le coût d’une saison automobile, évalué par un enquêteur entre 200 000 et 400 000 euros, éclaire la fragilité financière de Laurent Pasquali.

L’article revient sur le prêt de 100 000 euros consenti par Nancy Maarek et Alain Maarek, couple passionné de course automobile. Le pilote gagne ensuite un championnat, mais l’argent n’est pas remboursé. Selon l’accusation, cette dette devient le point d’entrée d’un engrenage mortel. Les tueurs présumés auraient affirmé avoir agi dans le cadre d’une mission d’État, alors qu’il s’agirait d’une vengeance privée, organisée via des relais issus de l’environnement Athanor.

France Inter met ainsi en évidence l’un des ressorts les plus troublants du dossier, la confusion entre imaginaire d’État, vocabulaire de mission, réseaux personnels et règlements de comptes privés. À travers cette lecture, l’affaire Athanor apparaît comme une fable noire sur les dangers d’un langage sacralisé ou militarisé lorsqu’il sert à masquer des intérêts bassement humains. Le lien vers l’article.

Lundi 1er juin 2026 – TV5 Monde

TV5 Monde reprend une dépêche de l’AFP consacrée aux zones d’ombre entourant le meurtre de Laurent Pasquali. Le texte insiste sur l’énigme que constitue encore cette mort au sein du procès Athanor. Laurent Pasquali, âgé de 43 ans, a été abattu en novembre 2018 dans un parking souterrain de Levallois-Perret, avant que son corps ne soit transporté et dissimulé à plusieurs centaines de kilomètres.

Le média rappelle que 22 personnes sont jugées jusqu’au 17 juillet et que plusieurs questions restent ouvertes. L’accusation retient la préméditation, tandis que certains accusés soutiennent la thèse d’une mort accidentelle. Sébastien Leroy, présenté comme l’un des exécutants du contrat, accuse Dylan Bilheude d’avoir tiré sur Laurent Pasquali. Dylan Bilheude conteste fermement cette version. Daniel Beaulieu, ancien agent de la DCRI, aurait d’abord reconnu le meurtre avant de se rétracter et d’évoquer une bavure.

TV5 Monde souligne aussi la dimension intime du dossier, avec les éléments issus des enquêtes de personnalité concernant Nancy Maarek et Alain Maarek. Les sentiments prêtés à Nancy Maarek envers Laurent Pasquali et la jalousie attribuée à Alain Maarek viennent épaissir la lecture d’un crime où l’argent, la passion, l’humiliation et la domination semblent se mêler. Le procès ne cherche donc pas seulement à établir qui a tué, mais comment une chaîne de décisions, de rancunes et d’aveuglements a pu conduire à la mort. Le lien vers l’article.

Lundi 1er juin 2026 – Boursorama

Boursorama reprend également la dépêche de l’AFP sur les zones d’ombre du meurtre de Laurent Pasquali. L’intérêt de cette reprise tient à sa diffusion dans un média économique, où le dossier Athanor apparaît aussi sous l’angle de la dette, de l’argent, du prêt non remboursé, de l’insolvabilité et de la relation financière devenue toxique.

La trajectoire de Laurent Pasquali y est décrite comme celle d’un homme brillant dans son domaine, mais emporté par un train de vie intenable. Sa relation avec Nancy Maarek et Alain Maarek devient l’un des fils conducteurs de l’affaire. Ce prêt de 100 000 euros, présenté par les intéressés comme modeste au regard de leur niveau de vie, aurait pourtant ouvert la voie à une demande de recouvrement confiée à Frédéric Vaglio, entrepreneur et franc-maçon, avant que la mécanique ne bascule vers le crime.

Cette reprise rappelle combien le dossier Athanor est aussi une affaire de créance et de pouvoir. L’argent n’y apparaît pas seulement comme un motif matériel. Il devient le révélateur d’une emprise, d’une humiliation et d’une volonté de reprendre possession d’un ordre perdu. Dans un tel contexte, la référence maçonnique, détournée de son sens initiatique, prend l’allure d’un décor tragiquement profané. Le lien vers l’article.

Mardi 2 juin 2026 – Le Singulier

Le Singulier reprend à son tour les éléments de l’AFP et les reformule autour des points obscurs du dossier. L’article revient sur la disparition de Laurent Pasquali, la découverte de ses ossements par un promeneur, son endettement, puis le rôle attribué à Frédéric Vaglio dans la transformation d’un contentieux financier en contrat criminel.

Le texte met l’accent sur la chaîne des responsabilités. Pour la famille de Laurent Pasquali, l’enjeu ne se limite pas à savoir qui a tiré. Il faut comprendre qui a préparé, qui a exécuté, qui a dissimulé, qui a commandité et qui a laissé faire. Cette approche rejoint l’une des questions essentielles du procès Athanor. Dans une affaire où chacun semble renvoyer à un autre maillon de la chaîne, la justice doit reconstituer le tracé complet de l’acte.

Le Singulier rappelle également les contradictions entre les accusés. Sébastien Leroy affirme avoir été manipulé. Dylan Bilheude nie avoir été présent. Daniel Beaulieu a varié dans ses déclarations. Alain Maarek a regretté d’avoir mis Laurent Pasquali sur le chemin de Frédéric Vaglio. Autant de paroles éclatées que la cour doit confronter à la matérialité des faits. Le lien vers l’article.

2 juin 2026 – L’Équipe – Stéfan L’Hermitte

« Environ un million d’euros de dettes en cumulé – Laurent Pasquali raconté par ses créanciers au procès Athanor »

L’Équipe, sous la plume de Stéfan L’Hermitte, apporte un éclairage particulièrement important sur le volet financier de la mort de Laurent Pasquali. Le quotidien sportif rappelle que le pilote aurait été assassiné en novembre 2018 pour une dette de 100 000 euros, mais que l’ensemble de ses créances aurait approché le million d’euros. Ce chiffre donne au dossier une autre épaisseur. Il ne s’agit plus seulement d’un prêt isolé non remboursé, mais d’un engrenage d’endettement, de promesses, de fuites et de créanciers laissés dans l’attente.

L’article revient sur l’audience du mardi 2 juin, au cours de laquelle Laurent Pasquali est raconté par ceux à qui il devait de l’argent. L’image qui se dessine est celle d’un homme brillant, passionné, capable de susciter admiration et confiance, mais pris dans une fuite en avant financière. L’Équipe rapporte notamment les derniers mots connus du pilote, tels qu’ils auraient été rapportés par son ami banquier Laurent Margotton, lui aussi créancier à hauteur de 100 000 euros. Ces mots suspendus, prononcés au téléphone avant le drame, prennent dans le récit une force presque funèbre.

Glock 17 3e génération

Le média rappelle enfin que, selon l’accusation, Laurent Pasquali aurait été tué dans un parking sombre de Levallois-Perret, le 29 novembre 2018, d’un tir de Glock en plein cœur. Une autre hypothèse est aussi évoquée par un avocat des parties civiles, celle d’un étouffement à l’aide d’un sac-poubelle bleu. Le papier de L’Équipe donne ainsi une tonalité plus intime, presque crépusculaire, à ce volet du procès. Le sport automobile, monde de vitesse, de prestige et de dépassement, y croise brutalement celui de la dette, de la peur et de la mort. Le lien vers l’article.

2 juin 2026 – Motors Addict

« Environ un million d’euros de dettes en cumulé – Laurent Pasquali raconté par ses créanciers au procès Athanor »

Motors Addict relaie l’article de L’Équipe et invite ses lecteurs à se reporter au récit publié par le quotidien sportif. Cette reprise confirme l’intérêt particulier du monde automobile pour le volet Laurent Pasquali, dont la trajectoire personnelle, sportive et financière constitue l’un des points les plus tragiques du procès Athanor.

Le site rappelle l’élément central mis en avant par L’Équipe. Laurent Pasquali aurait été assassiné, en novembre 2018, pour une dette de 100 000 euros, alors que le total de ses créances approchait le million d’euros. Ce rappel, bref mais significatif, montre que l’affaire dépasse désormais les seules rubriques judiciaires ou généralistes. Elle touche aussi la mémoire d’un pilote, d’un milieu, d’un univers sportif où l’argent, la performance, la réputation et la confiance tiennent une place considérable. Lien vers l’article.

Mercredi 3 juin 2026 – La Dépêche du Midi

La Dépêche du Midi, sous la signature de Martin Planques, propose une synthèse très complète du volet Laurent Pasquali. Le titre met en avant le récit du promeneur qui a découvert le corps, avec cette image terrible du crâne aperçu dans les buissons. L’article reprend les principaux éléments déjà développés par BFM TV, tout en les replaçant dans l’ensemble du procès Athanor.

Le média rappelle que Laurent Pasquali est le seul homme tué dans ce dossier où 22 accusés comparaissent devant les assises de Paris. Son corps, retrouvé à plus de 450 kilomètres des Hauts-de-Seine, fait de ce volet l’un des moments les plus attendus du procès. La Dépêche insiste sur la difficulté du lieu de découverte, sur la sépulture dissimulée et sur la volonté apparente de faire disparaître le corps.

L’article revient ensuite sur les raisons possibles du passage à l’acte. Le prêt de 100 000 euros consenti par Nancy Maarek et Alain Maarek, les demandes de remboursement, l’intervention de Frédéric Vaglio, puis la chaîne supposée entre donneurs d’ordres, intermédiaires et exécutants, dessinent une mécanique criminelle dont la cour doit encore établir précisément les responsabilités.

La Dépêche pose aussi la question de la jalousie d’Alain Maarek à l’égard de Laurent Pasquali, après les éléments révélés par les enquêtes de personnalité. Ce point, sans se substituer à l’analyse pénale, donne au dossier une profondeur psychologique plus sombre encore. Le procès Athanor apparaît dès lors comme un laboratoire judiciaire des passions dévoyées, où l’argent, l’orgueil, le désir, la peur et le pouvoir s’agrègent jusqu’à produire l’irréparable. Le lien vers l’article.

3 juin 2026 – Mediapart – Matthieu Suc

« Procès de la loge Athanor – ripoux et fiers de l’être »

Mediapart, sous la plume de Matthieu Suc, revient sur l’un des angles les plus inquiétants du procès, celui de l’implication ou de la proximité d’anciens policiers issus des services de renseignement intérieur. L’article, réservé aux abonnés, affirme que deux anciens policiers auraient fourni des informations ayant aidé à l’assassinat de Laurent Pasquali. Entendus comme simples témoins devant la cour d’assises de Paris, ils n’auraient, selon le journal, pas manifesté beaucoup de remords.

Le papier s’ouvre sur une précaution importante. Il ne s’agit pas, écrit le journaliste, de jeter l’opprobre sur l’ensemble des membres des services de sécurité. Mais le constat dressé est sévère. Au procès Athanor, l’image renvoyée par une partie de ce que l’on appelle la communauté du renseignement apparaît, selon Mediapart, affligeante et inquiétante. Ce point rejoint l’une des lignes fortes de la couverture médiatique de cette semaine. Le dossier Athanor ne met pas seulement en cause des individus accusés d’avoir transformé une loge en structure criminelle présumée. Il interroge aussi les marges troubles où se croisent anciens policiers, agents ou ex-agents, informateurs, fantasmes opérationnels et usages dévoyés de savoirs professionnels.

Cette contribution de Mediapart prolonge le travail engagé dans ses précédents articles sur ce que savaient ou pouvaient savoir les services de renseignement. Elle renforce l’impression d’un procès où l’ombre ne vient pas seulement de la prétendue loge Athanor, mais aussi de réseaux périphériques, de complicités possibles, de passivités, d’habitudes et de silences. Là encore, la question centrale demeure celle du discernement. Comment des compétences acquises au service de l’État ont-elles pu, si les faits sont établis, nourrir ou faciliter une mécanique criminelle privée. Lien vers l’article.

Mercredi 3 juin 2026 – Le Canard enchaîné

Où l’on parle clairement dès la 10e ligne de « … La loge maçonnique était devenue une officine de tueur à gages ! » et 2 lignes plus loin, « … l’affaire Athanor, du nom de la loge maçonnique incriminée… »

Le rebond médiatique le plus spectaculaire de la semaine vient sans doute du Canard enchaîné. L’hebdomadaire place l’affaire Athanor en une avec un appel consacré aux alertes qui auraient été adressées à la DGSE. En page 3, Odile Benyahia-Kouider et Christophe Labbé signent un article centré sur un angle sensible, celui de ce que les services auraient su, ou auraient pu savoir, avant que les faits ne prennent l’ampleur judiciaire que nous connaissons.

Le journal rappelle d’abord la dimension hors norme du procès, ouvert devant la cour d’assises spéciale de Paris du 30 mars au 17 juillet, avec 22 prévenus. Il énumère les faits reprochés dans ce dossier tentaculaire, assassinat d’un coureur automobile, tentative de meurtre, projet d’élimination d’un syndicaliste, surveillance d’un opposant congolais, violences contre deux élus de Saint-Maur-des-Fossés, incendie criminel, vols avec violence et chantages.

Cercottes, Loiret

Le cœur de l’article porte sur Yannick Pham, présenté comme un personnage clé, réserviste au service action de la DGSE, spécialiste des faux papiers et formateur à Cercottes. Selon Le Canard enchaîné, il aurait été en lien avec plusieurs protagonistes issus ou proches du monde du renseignement, dont deux agents de sécurité de la DGSE et d’anciens policiers de la DGSI. L’hebdomadaire insiste sur cette zone grise où certains acteurs semblent avoir confondu imaginaire clandestin, missions fantasmées et passages à l’acte bien réels.

Le premier point sensible concerne une alerte qui aurait été donnée avant la tentative d’assassinat visant Marie-Hélène Dini, présentée dans le dossier comme une supposée agente israélienne. Un ancien officier supérieur du service action, identifié comme le colonel L., aurait indiqué aux enquêteurs avoir prévenu la DGSE après des confidences de Yannick Pham. À l’audience, il aurait toutefois affirmé ne pas pouvoir dire si cette alerte avait été prise au sérieux, en invoquant le secret-défense.

Le second point concerne une information transmise à propos de Gilles August, avocat connu et proche de Bernard Emié, alors patron de la DGSE. Selon l’article, Yannick Pham, reconverti dans des activités privées d’enquête, aurait signalé que Gilles August avait été approché par une femme présentée comme ukrainienne ou russe. Le colonel L. aurait alors estimé que l’information pouvait relever d’une affaire d’espionnage et l’aurait transmise au service.

La page 3 du Canard enchaîné ouvre ainsi un autre étage du dossier. Après les contrats criminels, après le meurtre de Laurent Pasquali, après les récits de manipulation, l’article interroge les lisières institutionnelles. Qu’a-t-on su, que n’a-t-on pas voulu voir, qu’a-t-on rangé derrière le secret, et comment des hommes gravitant autour de mondes sensibles ont-ils pu se draper dans une fiction opérationnelle au point de faire basculer des vies dans le réel du crime. Source : Le Canard enchaîné, édition papier du mercredi 3 juin 2026, une et page 3).

Ce que cette semaine révèle

Le pilote Laurent Pasquali – Source Lesvoitures.fr Par Steeve Arrignon

Cette dixième revue de presse marque donc une rupture avec la semaine précédente. Le dossier ne s’efface pas. Il revient par son noyau le plus tragique, la mort de Laurent Pasquali, par son angle financier, avec la question des dettes accumulées autour du pilote, et par son angle institutionnel, avec les alertes autour de la DGSE et les interrogations sur certains anciens policiers ou acteurs proches du renseignement.

Les articles de BFM TV, Radio France, TV5 Monde, Boursorama, L’Équipe, Motors Addict, Le Singulier, La Dépêche du Midi, Le Canard enchaîné et Mediapart forment désormais un ensemble dense. Tous convergent vers la même impression, celle d’un procès où la vérité ne se donne pas en bloc, mais par fragments, par témoignages, par contradictions, par silences, par dépositions parfois embarrassées.

Le volet Laurent Pasquali prend cette semaine une ampleur particulière

Le corps retrouvé dans un bois de Haute-Loire rappelle la matérialité terrible du crime. Les créanciers entendus à la barre rappellent la spirale financière. Les articles consacrés aux mondes du renseignement rappellent, eux, la porosité inquiétante entre compétences professionnelles, imaginaire clandestin et usages privés de la violence.

Pour 450.fm, la vigilance reste essentielle

Il ne s’agit ni de nier la gravité des faits, ni de laisser prospérer l’amalgame entre une organisation criminelle présumée et la franc-maçonnerie authentique. Il s’agit au contraire de regarder le dossier en face. Le mot Athanor appartient à l’alchimie spirituelle. Il désigne le lieu clos où la matière se transforme lentement sous l’action maîtrisée du feu. Dans cette affaire, le symbole semble avoir été renversé. Le feu n’a pas transmuté. Il a consumé. La loge, si les faits reprochés sont établis, n’aurait plus été un atelier de lumière, mais un théâtre d’emprises, de faux secrets et de passions obscures.

Ainsi se referme cette dixième revue de presse, non dans le repos d’une affaire qui s’éloignerait, mais dans l’inquiétude d’un nom qui continue de brûler.

Car il faut ici rappeler une évidence essentielle

Dans le grand public, il suffit trop souvent que paraissent les mots « loge maçonnique » pour que l’amalgame s’installe. Athanor devient alors, injustement, le nom d’une suspicion générale. Or cette structure au cœur du procès ne saurait en aucune manière être confondue avec les autres loges portant le même nom en France et travaillant dans différents Orients. Elles n’ont pas à être salies par ce qui s’est joué dans un tout autre cadre, sous un même vocable devenu, par l’effet médiatique, un signe de trouble.

Mais c’est bien là le drame.

Palais de Justice, Paris

Ce qui devrait rester circonscrit à une affaire judiciaire précise, à des personnes déterminées, à des faits que la cour a mission d’établir, rejaillit sur toute la franc-maçonnerie française. Le mot loge devient soupçon. Le mot secret devient menace. Le mot fraternité devient, dans certains imaginaires, écran de dissimulation. Et les discours complotistes, toujours prêts à transformer l’exception criminelle en prétendue règle occulte, trouvent là une matière facile pour salir l’Art Royal.

Il faut donc redire avec force que la franc-maçonnerie authentique n’a rien à voir avec ces dérives.

Elle demeure un chemin de lumière, d’exigence morale, de liberté de conscience, de fraternité active et de perfectionnement intérieur

Elle ne se reconnaît ni dans l’emprise, ni dans la violence, ni dans le fantasme de puissance, ni dans les caricatures qui voudraient faire de ses temples des antichambres obscures. L’Art Royal est d’abord une voie de construction de soi et d’élévation de l’humain.

Que la justice poursuive son œuvre

Que les responsabilités soient établies. Que les victimes soient entendues. Mais que l’amalgame, lui, ne devienne pas une seconde injustice. Dans cette affaire où le nom d’Athanor, four alchimique de la transmutation, se trouve associé à la boue des passions humaines, il appartient aux francs-maçons de ne pas se taire, mais de rappeler ce qu’ils sont.

Non des conspirateurs de l’ombre,

mais des chercheurs de lumière.

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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