ATHANOR : revue de presse hebdo – N°7

Quand l’affaire repart, du box des accusés jusqu’aux colonnes de L’Équipe. Nous pouvions croire, au regard de la revue de presse n°6, que l’affaire Athanor allait peu à peu s’éloigner du premier plan, s’installer dans ce temps long des grands procès que l’actualité finit par recouvrir. Il n’en est rien.

Cette semaine, le dossier se relance

Site L’Équipe 9 mai 2026.jpg

Les témoignages des victimes, les remords affichés des accusés, les interrogatoires des têtes pensantes présumées et jusqu’à l’entrée de L’Équipe dans le récit médiatique montrent qu’Athanor demeure une affaire-limite, où se croisent violence privée, faux renseignement, loge dévoyée et effondrement moral. À 450.fm, nous continuons de recevoir de très nombreux messages de Frères qui disent leur malaise et déplorent le silence, qu’ils jugent regrettable, de leur obédience.

La semaine écoulée marque un rebond très net du procès Athanor

Alors que nous relevions encore récemment un tassement relatif de la couverture médiatique, l’audience a brutalement retrouvé sa puissance de saisissement. La raison en est simple. Après les structures, les circuits, les faux-semblants du renseignement, les missions supposées et les zones grises de la DGSE, le procès est revenu à ce que toute mécanique criminelle essaie toujours de tenir à distance, la victime, son corps, sa mémoire, sa vie détruite, ses proches, son monde bouleversé.

Le témoignage de Marie-Hélène Dini a constitué, cette semaine, un moment de bascule

En venant à la barre raconter sa descente aux enfers, la coach en entreprise dont la tentative d’assassinat déjouée avait permis d’ouvrir la boîte de Pandore Athanor, a redonné au dossier son centre de gravité humain. Le crime projeté n’était plus seulement un épisode parmi d’autres dans une officine criminelle nourrie de fantasmes, de commanditaires et d’exécutants. Il redevenait ce qu’il est fondamentalement, la volonté froide d’effacer une personne réelle, dans sa chair, dans son existence, dans sa dignité.

C’est aussi la raison pour laquelle plusieurs médias ont remis l’affaire au premier plan

Le Parisien a insisté sur le calvaire d’une femme devenue, selon ses mots, persona non grata dans son propre milieu professionnel. Le HuffPost a mis en scène la rencontre entre une victime « anéantie » et celui qui, par son instinct, son regard et son appel au 17, a vraisemblablement empêché le passage à l’acte. Ouest-France a souligné l’épreuve presque insoutenable que représente le fait de se tenir à quelques mètres de ceux qui ont voulu vous tuer.

Citoyens.com, de son côté, a resitué le témoignage dans le temps long d’une vie brisée, d’une paranoïa installée, d’un univers familial déstabilisé, rappelant aussi le versant val-de-marnais de l’affaire.

Mais la relance de cette semaine ne tient pas seulement au retour des victimes à l’avant-scène

Elle tient aussi au fait que le procès commence désormais à atteindre d’autres sphères médiatiques, là où on ne l’attendait pas forcément.

Que L’Équipe, à travers un long récit consacré à l’assassinat du pilote automobile Laurent Pasquali, choisisse à son tour d’entrer dans Athanor, voilà qui dit beaucoup. Non seulement l’affaire ne s’éteint pas, mais elle déborde désormais les rubriques judiciaires habituelles pour contaminer d’autres territoires du récit public. Cela confirme que nous ne sommes pas face à un banal dossier de cour d’assises, mais devant une affaire tentaculaire dont les ramifications continuent de produire des effets inattendus.

L’autre temps fort de la semaine est celui des interrogatoires des figures majeures de l’officine criminelle

Le 11 mai, Le Parisien braque sa lumière sur Daniel Beaulieu, présenté comme le maître d’œuvre présumé des contrats exécutés par la cellule criminelle. L’article pose la question essentielle, peut-être la plus difficile de tout ce procès, qui manipulait qui. Qui décidait. Qui transmettait. Qui se cachait derrière le rôle du simple intermédiaire. Qui continue, devant la cour, à jouer avec le vrai et le faux. Athanor devient alors un procès de la manipulation autant qu’un procès des faits.

Le 13 mai, BFM TV pousse plus loin encore cette lecture, en donnant à voir les remords exprimés par Frédéric V., décrit comme l’une des têtes pensantes de l’officine. L’ancien journaliste, qui commence par demander pardon à Marie-Hélène Dini, déroule un récit d’autant plus accablant qu’il est précis. Il raconte l’engrenage, le renseignement économique, le vol de l’ordinateur, la montée en pression de Jean-Luc Bagur, l’entrée en scène de Daniel Beaulieu, puis la bascule vers la proposition explicite de faire disparaître quelqu’un. Le texte est lourd, parce qu’il n’y a ici ni éclat ni folie spectaculaire, mais cette médiocrité froide des hommes qui se racontent après coup en cherchant encore leur place exacte dans le désastre.

Tout cela ramène inévitablement à une question maçonnique et institutionnelle que nous ne cessons, à 450.fm, de poser

Comment une telle affaire peut-elle continuer de se déployer dans l’espace public sans qu’une parole claire, ferme, intelligible, assumée, ne vienne de l’obédience concernée pour marquer une frontière nette entre l’idéal initiatique et sa plus sinistre caricature ? Nous recevons beaucoup de messages de Frères qui disent leur lassitude, leur gêne, parfois leur honte, et qui jugent regrettable le silence de leur obédience. Ce malaise, désormais, ne relève plus d’une impression diffuse. Il devient un fait de climat intérieur.

À cet égard, il n’est pas interdit de penser que le prochain Convent de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, en Septembre, pourrait se tenir dans une atmosphère tendue.

Nous le disons ici comme une hypothèse politique et fraternelle, non comme une certitude Mais il serait surprenant qu’une affaire de cette ampleur, accompagnée d’un silence aussi prolongé, ne produise aucun effet lors d’un grand rassemblement obédientiel. Le contexte électoral récent de L’Alliance rappelle d’ailleurs que les équilibres internes n’ont rien d’écrasant.

Pierre Lucet

Pierre Lucet a été élu au second tour avec 54,6 % des suffrages, alors que six voix seulement séparaient les deux candidats au premier tour. Plus de 1 000 Frères étaient présents au Convent, 422 loges représentées sur 685. Une participation forte, un corps obédientiel mobilisé, des sensibilités diverses, tout cela dessine un paysage où les tensions, si elles s’expriment, peuvent prendre du relief.

Autrement dit, l’affaire Athanor ne met plus seulement à l’épreuve les accusés, les victimes, la cour et les avocats

Elle travaille désormais le dedans même de l’obédience concernée. Elle creuse un écart entre la vie institutionnelle ordinaire, les grands congrès fraternels, les prises de parole de circonstance, et le réel brut d’un procès où l’on entend des femmes raconter la peur, des hommes demander pardon, des accusés se renvoyer les rôles, des journalistes dérouler des chroniques de plus en plus sombres. Plus le procès avance, plus cette contradiction devient visible.

Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF)
Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF)

Il faut aussi relever que le Congrès national de Nancy, en août 2025, avait précisément pour ambition de faire vivre la fraternité entre des Frères issus de sensibilités et de rites différents, dans un cadre à la fois solennel et convivial, avec la présentation d’un bilan annuel et de projets pédagogiques, culturels et internationaux. L’idéal institutionnel est donc connu, affiché, revendiqué.

C’est ce qui rend le silence actuel encore plus difficile à comprendre

Entre l’obédience qui se pense comme lieu de fraternité, de transmission et de rayonnement, et l’obédience touchée en plein cœur symbolique par l’affaire Athanor, il y a désormais un vide de parole que beaucoup ne supportent plus.

Cette semaine, en somme, confirme une chose

Athanor ne se tasse pas. Athanor change d’angle, se déplace, se recharge, revient par les victimes, par les cerveaux présumés, par les remords, par les ramifications, et même par des médias où l’on ne l’attendait pas. Le feu médiatique n’est pas continu, mais il reprend à chaque fois que l’audience livre de nouvelles braises. Et l’on comprend peu à peu que ce procès ne sera pas seulement un long procès de faits, mais un long procès de conscience.

Athanor poursuit donc sa course sombre, avec cette étrange capacité à réapparaître là où on croyait le voir s’éteindre

Une victime parle, un accusé vacille, un récit sportif s’en empare, un ancien maître espion brouille encore les lignes, et l’affaire repart. Plus les audiences avancent, plus une évidence se durcit. Ce n’est plus seulement un procès criminel. C’est aussi, pour une partie du monde maçonnique, un procès du silence.

Revue de presse hebdo – N°7 Dans l’ordre chronologique

6 mai 2026

Le Parisien
Au procès Athanor, le calvaire d’une cible des tueurs : « Je suis devenue persona non grata dans mon milieu professionnel »
Par Timothée Boutry
https://www.leparisien.fr/faits-divers/au-proces-athanor-le-calvaire-dune-cible-des-tueurs-je-suis-devenue-persona-non-grata-dans-mon-milieu-professionnel-06-05-2026-N2OK3U73VRAMTP26XK6XNNVQ3I.php

Article centré sur le témoignage de Marie-Hélène Dini devant la cour d’assises de Paris. Le papier restitue sa longue descente aux enfers, l’ostracisation professionnelle qu’elle dit avoir subie et le rôle décisif du témoin qui, en juillet 2020, a remarqué une Clio suspecte et donné l’alerte.

6 mai 2026

HuffPost
Au procès Athanor, la rencontre entre une victime « anéantie » et son « homme providentiel »
Par Claire Digiacomi
https://www.huffingtonpost.fr/france/article/au-proces-athanor-la-rencontre-entre-une-victime-aneantie-et-son-homme-providentiel_263467.html

Le HuffPost met en avant la force émotionnelle de l’audience. Marie-Hélène Dini y raconte sa vie détruite par la tentative d’assassinat, tandis que l’homme qui a permis l’interpellation des deux militaires se retrouve, pour la première fois, face à celle qu’il a probablement sauvée. Le texte élargit aussi le regard aux autres victimes, notamment Hassan Touzani.

6 mai 2026

Ouest-France
Procès Athanor : « Être à deux mètres de ceux qui ont voulu vous tuer, c’est compliqué… »
Par Pierrick Baudais
https://www.ouest-france.fr/societe/justice/proces-athanor-etre-a-deux-metres-de-ceux-qui-ont-voulu-vous-tuer-cest-complique-49d59a32-495a-11f1-8d87-12b6ad9d9d1b

Le quotidien insiste sur la violence du face-à-face judiciaire. L’article raconte comment Marie-Hélène Dini a appris qu’elle avait été la cible d’une tentative d’assassinat et restitue l’effet profondément traumatique de la confrontation avec les accusés.
Repris également par maville.com
https://nantes.maville.com/actu/actudet_-proces-athanor-etre-a-deux-metres-de-ceux-qui-ont-voulu-vous-tuer-c-est-complique…-_54135-7308516_actu.Htm

7 mai 2026

Citoyens.com
Créteil : réchappée d’une tentative de meurtre, la coach raconte sa descente aux enfers
https://citoyens.com/2026/creteil-rechappee-dune-tentative-de-meurtre-la-coach-raconte-sa-descente-aux-enfers,07-05-2026.html

Un article utile pour replacer le témoignage dans le cadre val-de-marnais du dossier. Le site rappelle que c’est l’échec de la tentative d’assassinat de Marie-Hélène Dini qui a contribué à faire tomber l’édifice criminel Athanor. Le texte évoque aussi les conséquences familiales du drame.

7 mai 2026

Mediapart
Au procès Athanor, la vie brisée d’une femme ordinaire victime d’une affaire extraordinaire
Par Matthieu Suc
https://www.mediapart.fr/journal/france/070526/au-proces-athanor-la-vie-brisee-d-une-femme-ordinaire-victime-d-une-affaire-extraordinaire

Mediapart insiste sur la portée humaine du témoignage de Marie-Hélène Dini. L’article montre comment une vie ordinaire peut être dévastée par une mécanique criminelle hors norme et souligne qu’en fin d’audience, le commanditaire présumé a présenté ses excuses.

9 mai 2026

L’Équipe
Dettes, loge maçonnique et barbouzeries : l’improbable réseau criminel derrière l’assassinat du pilote automobile Laurent Pasquali
Par Stéfan L’Hermitte
https://www.lequipe.fr/Sport-auto/Article/Grand-recit-dettes-loge-maconnique-et-barbouzeries-l-improbable-reseau-criminel-derriere-l-assassinat-du-pilote-automobile-laurent-pasquali/1674145

C’est l’un des faits médiatiques majeurs de la semaine. L’Équipe entre dans Athanor par le versant sportif et criminel du meurtre de Laurent Pasquali. Cette irruption du dossier dans un grand média sportif montre que l’affaire déborde désormais largement le seul périmètre judiciaire traditionnel. Même là où l’on aurait pu croire l’affaire en voie d’atténuation, elle ressurgit.

11 mai 2026

Le Parisien
« La manipulation, c’est la soumission librement consentie » : au procès Athanor, l’impossible vérité du maître espion
Par Christel Brigaudeau
https://www.leparisien.fr/faits-divers/la-manipulation-cest-la-soumission-librement-consentie-au-proces-athanor-limpossible-verite-du-maitre-espion-11-05-2026-EULWXP342ZEAJE6WQAAZGL477M.php

Article consacré à Daniel Beaulieu, présenté comme l’un des maîtres d’œuvre présumés de l’officine criminelle. Le papier interroge les lignes de commandement, la circulation des ordres et la part de manipulation dans la construction même du dossier. Il pose l’une des questions centrales du procès, qui tirait réellement les ficelles.

13 mai 2026

BFM TV
« Ce que j’ai fait est impardonnable » : au procès Athanor, les remords d’une tête pensante de l’officine criminelle
Par Sylvain Allemand
https://www.bfmtv.com/police-justice/ce-que-j-ai-fait-est-impardonnable-au-proces-athanor-les-remords-d-une-tete-pensante-de-l-officine-criminelle_AN-202605130537.html

Long papier, avec vidéo et audio, sur l’interrogatoire de Frédéric V. L’ancien journaliste, présenté comme l’une des figures centrales de l’officine, exprime ses remords, reconnaît sa responsabilité et détaille la chaîne qui a conduit du renseignement économique au projet d’assassinat de Marie-Hélène Dini. L’article montre aussi comment il charge Daniel B. et Jean-Luc B., laissant entière la question de la véritable tête pensante du système.

Illustration article BFM TV

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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