Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée, rend publique une « Déclaration » qui tient à la fois du récit personnel, du réquisitoire et du manifeste après sa suspension puis son exclusion du Grand Orient de France. Il affirme que la sanction ne relève pas d’un simple contentieux disciplinaire, mais d’un conflit politique interne lié à la laïcité, à la place de l’islam dans l’espace public, et à ce qu’il décrit comme une « normalisation » de l’obédience. Le texte revient longuement sur deux séquences de procédure, sur l’épisode du rassemblement laïque du 6 décembre 2025 au Gymnase Japy, et s’élargit à une critique de gouvernance, d’orientation et de finances (GODF / SOGOFIM, 2019 – 2024).
Document brut, polémique, assumé, il pose une question sensible qui dépasse le cas Christian Eyschen : qu’advient-il d’une obédience quand l’esprit de conciliation cède la place à la logique de camp, et quand la procédure devient elle-même un langage politique ?
Il y a des textes qui ne cherchent pas d’abord à convaincre
Ils cherchent à trancher, à séparer, à faire apparaître une ligne de fracture qu’ils estiment déjà là, mais masquée par les usages, les prudences, les équilibres d’appareil. La « Déclaration » de Christian Eyschen appartient à cette famille. Elle ne se présente pas comme une plainte ordinaire, ni comme un simple plaidoyer : elle prend la forme d’un acte de rupture, écrit depuis un dehors qui se revendique, presque comme un parvis. L’auteur y parle en homme blessé et en militant aguerri, et il assume d’assigner à son exclusion une signification plus large qu’un dossier individuel.

Le fil directeur est constant.
Christian Eyschen soutient qu’il n’a pas été sanctionné pour des « écarts » maçonniques au sens initiatique ou moral, mais pour avoir contesté publiquement une orientation qu’il juge dangereuse et contraire à la laïcité de 1905. Il décrit l’émergence d’une majorité interne et il raconte ce basculement comme une prise de contrôle culturelle autant qu’organisationnelle : il ne s’agirait plus seulement de gérer une obédience, mais de cadrer un discours, d’ordonner le dicible, de transformer la divergence en faute. Dans cette narration, le mot « chasse aux sorcières » n’est pas un effet de style : il sert à caractériser un climat, et à installer l’idée que la discipline serait devenue un outil de régulation politique.
La question de la laïcité occupe le cœur battant du texte. L’auteur construit une opposition frontale entre la loi de 1905 et la loi dite « séparatisme » (2021) : « Il faut choisir », écrit-il en substance, comme si deux régimes de laïcité s’affrontaient désormais, l’un émancipateur, l’autre soupçonné de glisser vers une gestion sécuritaire du religieux. Dans cette perspective, sa propre histoire disciplinaire est présentée comme une conséquence de ce conflit doctrinal : il estime avoir payé le prix d’une fidélité à une laïcité de combat, là où l’obédience, selon lui, se serait engagée dans une autre logique.
Le texte se fait ensuite très concret avec l’épisode du rassemblement laïque du 6 décembre 2025, annoncé au Gymnase Japy.
Christian Eyschen en fait un révélateur. Il raconte les obstacles administratifs, les tensions, et interprète ces difficultés comme des tentatives d’empêchement. Il élargit même le tableau en évoquant des initiatives concurrentes au même moment, attribuées à d’autres structures maçonniques, l’ensemble étant présenté comme un système de neutralisation : non pas débattre, mais disperser, diluer, détourner l’énergie militante. Là encore, l’enjeu est moins l’événement lui-même que ce qu’il symbolise : la bataille de la laïcité devient une bataille de visibilité, donc de légitimité.

Au centre de la « Déclaration », deux séquences disciplinaires sont longuement récapitulées La première naît d’une polémique avec Gilbert Abergel (Comité Laïcité République) : Christian Eyschen décrit une mécanique où la justice maçonnique aurait été saisie et instrumentalisée, et il conteste ce qu’il estime être des approximations, des « impostures » procédurales, ou une partialité de traitement. La seconde affaire s’appuie, selon son récit, sur une condamnation profane limitée impliquant Eddy Khaldi (FNDDEN) : il affirme que cet élément a servi de prétexte pour aller jusqu’à l’exclusion. Dans les deux cas, l’auteur entend démontrer que la procédure n’est pas seulement un cadre : elle devient le message, et le message est politique.

C’est ici que la lecture maçonnique du document se révèle, au-delà des noms et des dates. Christian Eyschen semble dire : lorsqu’une institution se met à juger davantage des positions que des actes, lorsqu’elle privilégie la pacification administrative au détriment du débat de fond, elle glisse vers une forme de bureaucratie morale. Dans cette logique, la justice interne n’apparaît plus comme une protection de l’Ordre, mais comme une manière de produire du consensus par la sanction. Qu’on partage ou non ce diagnostic, il touche un point sensible de toute obédience : la frontière entre discipline et gouvernement, entre régulation et mise au pas.
La fin du texte élargit encore la focale

Christian Eyschen critique l’idée de « corps intermédiaires » et associe cette notion à un arrière-plan doctrinal (subsidiarité, doctrine sociale), qu’il juge incompatible avec l’esprit républicain qu’il revendique. Il relie ce débat à l’orientation publique du GODF et à une stratégie d’influence. Puis il introduit une note chiffrée sur la situation financière (GODF/SOGOFIM, 2019–2024), avec un tableau et des commentaires sur l’immobilier et certaines décisions présentées comme problématiques. Le mouvement est clair : l’auteur veut montrer que la crise n’est pas seulement idéologique, mais aussi structurelle : gouvernance, finances, ligne publique, tout serait, selon lui, connecté.
On peut lire ce document comme un geste de vérité personnelle, ou comme une construction polémique.
Mais on ne peut pas le lire comme un simple « communiqué » ». Il s’agit d’une parole qui se place au bord d’une faille, et qui entend la rendre visible. Sa force vient de sa cohérence interne : tout y est ramené à une même thèse, celle d’un conflit de laïcité et d’appareil. Sa fragilité, elle aussi, est là : parce qu’en accusant largement, le texte appelle mécaniquement la contradiction, la vérification, le contradictoire, et le droit de réponse.
La « Déclaration » de Christian Eyschen n’est pas un document d’apaisement
C’est un texte qui pose ses pierres, une à une, pour construire un mur de séparation : entre 1905 et 2021, entre débat et discipline, entre institution initiatique et machine de gouvernance. À chacun d’en mesurer la portée, et d’entendre, derrière le tumulte, la question essentielle qu’il laisse dans l’air : lorsqu’une obédience se protège, protège-t-elle encore l’esprit qui l’a fondée ou seulement son propre équilibre ?
Encadré « Précautions éditoriales » Le document présenté est une déclaration d’auteur, comportant des accusations nominatives et des interprétations politiques. 450.fm le mentionne comme élément de débat et rappelle que ces affirmations engagent la responsabilité de leur auteur. Les personnes et institutions citées peuvent exercer un droit de réponse. Une lecture complète suppose, comme toujours en matière de gouvernance obédientielle, contradiction, vérifications et mise en contexte.




Il était temps que le godf prenne acte qu’Eyschen malgré son talent (Mélenchon aussi) maçonnait de plus en plus depuis l’extérieur du temple et comptait imposer les thèses de la libre pensée, devenue trotskyste à la suite du coup d’état démocratique des années 90. La LP au fil des années est devenu un proxy de lfi et des frères musulmans et a fini par croire que sa vision laïque …. qui ne regarde que d’un seul côté était celle d’Hugo et Briand qui ne sont malheureusement plus là pour lui faire les gros yeux.
Le ver était dans le fruit , même si notre capacité de résistance est forte car elle vient de loin, le risque d’une stabilisation était bien réel….N’ayons pas de haine considérons tout simplement qu’il s’est mis en dehors de son obédience….
Le fond de cette polémique est la conception différente de la laïcité entre les deux parties. L’une dénonce une laïcité instrumentalisée à des fins anti musulmanes, l’autre met en avant la dangerosité présumée de cette foi pour alerter qui veut l’être et en faire l’alpha et l’oméga d’une nouvelle conception de la laïcité.
Cela divise la société, à tout le moins la gauche. Cela n’a t il rien à faire en FM? assertion étonnante, notre art 1er n’indique t il pas que nous attachons une importance à ce concept?
Il faut donc que ce débat puisse se tenir, y compris en loge, n’en déplaise au Printemps Républicain…
la preuve que la politique n’a rien à faire en loge
Eyschen déploie sa colère poutinienne mais ne peut s’empêcher de conclure sur des accusations contre le sionisme…
Quelle misère que les baiguaiements de notre scènecente époque.
Comme dans tout conflit, il y a un accusateur et un accusé ! L’accusé a été radié du GODF et il produit une déclaration pour se défendre. La rédactrice de l’article semble prendre le parti de l’accusateur. C’est son droit ! En arriver là dans une organisation qui prône la tolérance, le respect mutuel et la liberté de conscience, c’st pour le moins troublant ! Radier une personnalité comme le frère Christian, c’est pas rien ! N’a-t-on plus le droit d’avoir une autonomie de pensée ? Il y a quelques années tout le monde se réclamait d’être Charlie avec son droit à l’insolence et au blasphème : est ce fini tout cela ? Le frère Christian va-t-il être condamné au bûcher ? Pauvres humains !
tout à fait d’accord.
taf
Il me semble que les métaux doivent rester hors du temple, il me semble…
Amusant (?) si on se rapproche du premier article du journal de ce jour relatif à l’intelligence;
« Amplification des intelligences interpersonnelle et intrapersonnelle : La fraternité maçonnique repose sur l’écoute et l’empathie, développant l’interpersonnelle. Mais c’est surtout l’intrapersonnelle qui brille : le chemin initiatique vise la maîtrise des passions, ce qui mène à une régulation émotionnelle supérieure. Comme le souligne un article de Psychologies Magazine, les personnes intelligentes maîtrisent mieux leur frustration en verbalisant leurs émotions négatives, ce qui booste l’intelligence émotionnelle – un aspect clé de l’intrapersonnelle. En Franc-maçonnerie, cela se traduit par des exercices introspectifs qui apprennent à transformer la colère en sagesse.»
Mais il est vrai que nous n’aspirons pas au repos …
On se croirait à un comptoir de la fête de l’Huma, entouré de soixante-huitards avinés, figés dans le rôle de Peppone…
Rigolo venant de frères ayant pour slogan « Ni Dieu, ni maître, à bas la calotte et vive la Sociale » mais se revendiquant malgré tout des constitutions d’Anderson…
Petit rappel des fameuses constitutions : « Un Maçon est obligé de par son Titre d’obéir à la Loi Morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide ni un Libertin irréligieux ».
PS : En 2026, pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la répression religieuse a changé d’étendard…
Apparemment, votre étendard c’est votre vérité…???
Heureusement qu.on a viré melanchon de la franc maçonnerie ( ce type est dangereux pour le France) et la libre pensée … qu’elle pense pour elle même le GO n’est pas la libre pensée. Au GO les frères et sœurs ont des opinions diverses , j’en suis moins sûr pour la libre pensée qu’il ne faut pas confondre avec les gens qui pensent librement.
Mon père me disait : » ne jamais courir après deux lièvres en même temps. « .
Vous commencez votre « commentaire » par « heureusement on a viré… » et vous affirmez ensuite que le GODF dont vous semblez faire partie accepte des pensées differentes ?
Pour votre information, je suis libre penseuse et LFI, et encore au GODF : sans doute pas pour longtemps selon vos criteres…
Petit plaisantin va !
Exclure est le fait des autocrates incapables d’accepter la diversité d’opinions. Le conseil de l’ordre via la JM se déshonore et déshonore le Goff.
Au prochain convent de rétablir notre F. Christian dans ses droits.
effectivement le convent décidera mais la maçonnerie est une œuvre collective beaucoup de loges se portent mal pour avoir oublier ce principe basique après je me méfie des vérités individuelles
En l’espèce il ne s’agit pas d’approuver les opinions de notre frère Christian mais d’accepter
une expression divergente. Voir les apparatchiks de la justice maçonnique obéir aux injonctions d’un GM plus ou moins parano est incroyable.
On est loin du chemin initiatique!…on est dans le profane…ça bidouille, le GO change, en fait il a changé depuis un moment, c’est devenu un parti politique parallèle dont certains hurlaient contre le FN et pour cause, aujourd’hui on y trouve du LFI ce qui n’est guère mieux!…Je vois dans l’article le mot Sogofim, il en a coulé de l’encre sous ce vocable et ce qu’il représente…
je suis FM depuis 3 ans et LFI depuis sa création. et aussi adhérent de la Libre pensée. et je ne compte pas changer.
pour rappel la Libre pensée et le GODF ont été 2 organisations qui ont permis le vote de la loi de 1905. à l’époque être membre du GODF et de la Libre pensée allait pratiquement de soi. les temps ont bien changé mais pas forcément dans le bon sens. aujourd’hui dans certaines loges c’est pratiquement une insulte d’utiliser le mot de laïcité.
le rituel parle de centre de l’union et de tolérance mutuelle. où se trouvent-elles dans cette affire?
mon dieu gardez moi de mes frères et sœurs!!
beaucoup de FM du GO sont fatigués par ses luttes internes . que ce frère soit à la libre pensée est son choix
maintenant est ce que tous les membres du GO doivent suivre son choix ou être classés parmi les censeurs?
je ne rentrerai pas dans le fond du sujet car chaque protagoniste a SA VERSION . au final pour ma part je deviens intolérant envers ceux qui n’ont encore compris que notre bonne vielle maçonnerie libérale ou régulière a besoin de calme pour survivre ;je me permet de rappeler à ce frère SES SEMENTS.. je suis abonné à la libre pensée et pratique le RF ici et ailleurs et ma position est celle d’un bon nombre de membres du GO
Je pense que Christian Eyschen a plus apporté au GODF , que le GODF ́ui à apporté !.C’est certainement e degré de carence qui a amené, les frères à exclure Christian : il n’ont pas supporte que son apport soit plus amole que le leur , et de chacun.Dep plus son apport était à contre courant des idées reçu debla part des médias aux ordres etvde ceux au pouvoir qui les dictent .Il rejoint la ceux qui avant luibont été exclu , parce qu’ils avaient une vision de la réalité des faits et de l’histoire qui dérange. Comme disait Galilé après que ses détracteurs de la hiérarchie catholique l’ai condamné : » pourtant elle tourne »
La maçonnerie ne fait ni politique ni religion ; c’est une règle universelle écrite dans les Constitutions d’Anderson.
La laïcité est une conception politique bien orientée politiquement.
Mais la libre pensée n’est elle pas cette organisation extrémiste qui dézingue à tout va le patrimoine culturel français ?
Tu as raison Laurent
relis l’histoire commune du GODF et de la libre pensée. et réfléchis.
Photo IA a charge… cela commence bien ( sans prejuger du commentaire, on comprend la crainte des represailles). Y a t il encore des maçons chez les rédacteurs?
Les pb du GO comme de la Libre Pensée qui n’est ps une pensée libre mais une pensée antichrétienne!) m’indiffèrent, mais comme vous j’ai été scandalisé qu’on utilise une fausse photo gérée par IA pur déprécier la personne.
Quel gloubi boulga ! Qu’est ce que la politique d’Israel ou celle de Mélenchon a à voir avec le débat, utile, entre les conceptions de la laïcité !
Sur ce point, le texte commenté est essentiellement militant.
Je suis farouchement laïque et j’ai dans ma poche une carte d’un parti qui fut fer de lance de cette laïcité.
En loge elle reste dans la poche. Au dehors je milite, pas en loge. L’instrumentalisation de la franc maçonnerie selon nos diverses options politiques (politiciennes ?) nuit à ces options politiques comme à la franc maçonnerie.
Rassemblons ce qui est épars….ce n’est pas tout memenger.
Si cet article semble refléter une honnêteté intellectuelle qui rend à Christian Eyschen sa stature d’homme courageux qui ouvre le débat sur les dérives d’une institution, je n’accepte pas de voir son image ternie par un procédé bien connu des « éditocrades » de plateaux télévisuels: la caricature de l’homme qui éructe. Je croyais cette méthode improbe réservée au leader de la France insoumise.
et avant lui à Le Pen…
il y a quelques années J.L. Mélenchon a fait l’objet d’une procédure en J.M. sous le prétexte fallacieux qu’il s’était déclaré publiquement membre du G.O.D.F. un groupe de « FF » ( entre guillemets ) avait porté plainte contre lui alors que le R.G. de l’obédience stipule que chacun est libre de se dévoiler mais n’a pas le droit de dévoiler d’autres FF.
aujourd’hui c’est C. Eyschen qui porte le chapeau. je remarque que c’est deux personnes fustigent la politique expansionniste et en contravention avec le droit international d’Israël.
comme disait Raymond Devos: j’ai un doute.
G dit
La laïcité est-elle spiritualiste ou a-t-elle un fondement spirituel ?
La reste la question de fond et la dérive de tout ordre qui se voudrait initiatique.
La laïcité est désormais face à un changement, si jadis la libre pensée voulait à juste titre élaguer la religion catholique, le paysage est devenu bien autre. Le XXI éme siècle sera-t-il religieux faute de spiritualité ?
Slt
Religion Initiation Pouvoir.
Editions LOL 2025/2026
la laïcité n’est rien qu’un principe d’organisation de l’Etat qui se situe au dessus des conceptions philosophiques de toute nature et respecte légalité parfaite de tous les usagers du service public. le reste n’est que parlote.
« Christian Eyschen en colère (Image non réelle – réalisée par IA) »
Vous êtes sérieux ? Un peu de dignité s’il vous plaît.