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Après Hiram, le roi Messie
On n’en a pas fini avec ce passage clef. Reprenons le chapitre de R. Eliezer : « Ces trois précieux cadeaux seront offerts à Israël dans les temps futurs car il est écrit ‘YHVH donnera la Sagesse, de Sa bouche sortiront Savoir et Intelligence’ » (Proverbes 2, 6). Et enfin : « Et toutes trois seront données au Roi messie selon le verset ‘L’esprit de YHVH reposera sur lui ; esprit de sagesse (‘Hokhmah) et d’intelligence (ici c’est Binah équivalent de Tevounah), esprit de conseil et de force esprit de connaissance (Daath) et de crainte de YHVH » (Isaïe 11, 2). Fin du chapitre.
Il est bien évident que, pour les chrétiens qui lisaient ce texte, le messie devait désigner Jésus Christ, Christos l’Oint Ha mashia’h en hébreu, Le messie[1], ou en tout cas le texte pouvait être interprété ainsi.
D’autant que 11 est aussi le nombre de Yeshouah en kabbale chrétienne :

Les kabbalistes chrétiens en effet écrivirent Yeshouah en ajoutant un Shin, nombre 300, au nom de YHVH (Yod 10, Hé 5, Vav 6, Hé 5) ce qui donne Yod Hé Shin Vav Hé. YHVH étant égal à 26 cela fait 326 soit 11.
Ainsi Hiram et Jésus sont tous deux Verbe créateur possédant les Trois vertus, résumant les Dix Paroles.
On peut comprendre qu’à la suite de ce midrash les maçons à leur tour l’aient utilisé, en fait en ont fait un midrash à leur manière sous forme d’un mythe avec pour héros Hiram symbole des trois vertus et assassiné par les trois mauvais compagnons antithèses des trois vertus et qu’ils ont fait d’Hiram le précurseur de Yeshouah.
Cependant les siècles ayant passé, la culture de cette époque n’étant plus la nôtre, il nous est de plus en plus difficile d’y comprendre quelque chose et encore moins de décoder la totalité des rituels qui jouent avec les différents alphabets
Jésus victime de trois mauvais compagnons

Yeshouah lui aussi, tout comme Hiram, fut bien victime de trois mauvais compagnons, soit trois classes des Fils d’Israël, comme il l’annonçait lui-même dans Matthieu XVI, 21 :
Les Anciens (les 71 du Sanhédrin, en fait les Juges), les Grands Sacrificateurs (les Grands Prêtres) et les Scribes (Les experts de l’interprétation des Écritures) : « Dès lors Jésus commença à montrer à ses adeptes qu’il doit aller à Ieroushalaïm souffrir beaucoup des Anciens (Zaqenim), des grands Sacrificateurs (Cohanim guedolim) et des Scribes (Sopherim), être tué et le troisième jour se réveiller »
On retrouvera ces trois sortes d’individus, qui firent condamner Jésus à mort, ricanant au pied de la croix : « Les principaux sacrificateurs avec les scribes et les anciens se moquaient aussi de lui et disaient : il a sauvé les autres et il ne peut se sauver lui-même. S’il est le roi d’Israël qu’il descende de la croix et nous croirons en lui… » (Matthieu XXVII, 42)
Ainsi il mourut victime de la jalousie, de l’orgueil et de l’ignorance.
Yeshouah lunaire, solaire et stellaire
Tout comme Hiram qui dans le rituel maçonnique symbolise la lumière et meurt en tant que Lune en tant que Soleil et en tant que Vénus. Jésus le Nazaréen, Soleil de Justice en tant que non incarné, Lune en tant qu’immanence et Vénus en tant que précurseur de la Lumière.
Yeshouah et la Lune

La Lumière qui luit dans les ténèbres
Jésus est la Parole, dit Jean. En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reçu.
Et qu’est-ce qui luit dans les ténèbres sans les éclairer si ce n’est la Lune ?
Or pour les Hébreux pour les fils d’Israël la Lune est la Parole. La Lune n’est-elle pas le sourire du ciel, la bouche du ciel, celle qui parle, la Parole ?
C’est pourquoi quand Jésus commence sa vie publique, il a trente ans, trente, cycle lunaire. En Babylonie trente était le nombre de la Lune et la désignait.
Une généalogie lunaire.

La généalogie de Jésus dans les Évangiles est construite sur les cycles de la Lune, sachant que la Lune apparaît Pleine le 14ième et 15ième jour du mois.
Celle de Luc commençant logiquement avec Élohim puisque Jésus est fils de Dieu, est divisée en deux parties :
Première partie d’Élohim à Abraham :
Vingt-deux générations nombre bien symbolique puisque nombre de lettres de l’Alef Beith.
Deuxième partie : quatre séquences des quatorze générations
D’Abraham à David Pleine Lune
De Natân à Yeshouah Nouvelle Lune
De Er à Matiyah Pleine Lune
De Mahat à Jésus.
Nouvelle Lune et début d’un cycle
Jésus est donc le soixante-dix-huitième.

Soixante-dix-huit, nombre du pain Lekhem (Lamed 30 Khet 8 Mem 40) et du sel (Melakh) (Mem Lamed Khet) et c’est le triangulaire de douze.
Les maçons attribuèrent une généalogie lunaire semblable à celle de Yeshouah à H’iram. On le découvre au 13ième degré lorsqu’on retrouve son bijou, qu’il avait jeté dans un puit, pendant qu’il était poursuivi par les trois mauvais compagnons pour éviter que ces derniers ne s’en emparent.
Nous apprenons que ce bijou est une chaîne à soixante-dix-sept anneaux à laquelle est suspendue un triangle d’or, gravé par Hiram du Tétragramme Hiram est donc comme Yeshouah le soixante-dix huitième maillon à partir de YHVH
Sa résurrection le troisième jour comme la Lune
Il meurt le vendredi soir, est mort le samedi le jour du Shabbat et renaît le dimanche au lever du Soleil le troisième jour. Tout comme la Lune.
L’Église reprendra le symbolisme lunaire de Jésus avec l’office des ténèbres l’extinction des quinze bougies lors de la cérémonie. Les quinze cierges symbolisant évidemment les quinze jours qui s’écoulent de la Nouvelle Lune à la Pleine Lune.
Cet Office des ténèbres, dit « du Jeudi Saint » se déroule sur trois nuits : du mercredi soir à l’aurore du Jeudi saint ; du jeudi soir à l’aurore du Vendredi saint et du vendredi soir au samedi matin. (Trois jours de ténèbres rappelant que le Christ en tant qu’incarnation ressuscite le troisième jour tout comme la Lune).
Pour ces trois offices on met au milieu du chœur un chandelier triangulaire à quinze branches sur lequel se trouvent quinze cierges que l’on éteint l’un après l’autre (un après chaque psaume) à l’exception du dernier, celui qui est placé au sommet du chandelier. À la fin de l’office il ne reste plus que celle du dernier cierge que l’on cache derrière l’autel. Le clergé frappe sur les stalles quelques coups assourdis évoquant le tremblement de terre qui accompagna la mort de Jésus, jusqu’au moment où le cierge caché symbole du Christ enseveli et ressuscité réapparaît et est replacé sur le chandelier.
Et le Dimanche de Pâque on fête sa résurrection, on élève l’hostie ronde et blanche, symbole de la Pleine Lune.
Ainsi, si les chrétiens ne tètent pas la lune comme les enfants d’Israël, ils l’avalent…
Ce symbolisme fut repris à sa façon par le rituel maçonnique du repas de l’agneau.
Toutefois sur le chandelier se trouvent sept cierges et non quinze.

Cependant ce nombre peut faire allusion au découpage classique du cycle lunaire en sept figures, souvent d’ailleurs représenté en triangle, la Pleine Lune étant au centre au sommet du triangle, on trouve de gauche à droite : Premier Croissant, Premier Quartier, Lune gibbeuse, Pleine Lune, Lune gibbeuse bossue, Dernier Quartier, Dernier Croissant, les sept morceaux épars de lumière que nous devons réunir pour retrouver la parole perdue. La Parole n’est-elle pas celle de la Lune ce sourire de la nuit ?
D’autre part sept étant le nombre de la totalité et de la perfection, il est évident que le chandelier aux sept lumières résume celles des deux luminaires et symbolisent la lumière parfaite et totale issue du Feu.
Il représente le but à atteindre.
Yeshouah et le Soleil
La disparition du Soleil lors de sa mort

Il est dans la liturgie chrétienne le soleil de Justice annoncé par Malachie III, 20
« Et, pour vous qui craignez mon nom, surgira le Soleil de Justice …au jour que je ferai moi YHVH des armées. »
D’après les Évangiles alors que Jésus est sur la croix et qu’il est environ midi (À la sixième heure) les ténèbres viennent sur la terre entière et y demeurent jusqu’à Quinze heures (la neuvième heure) soit au cœur de la journée et Jésus meurt.
Sa mort à l’équinoxe de printemps et le Soleil de la nouvelle ère
De plus il meurt à la Pâques pour renaître soit à l’équinoxe de printemps quand le Soleil ayant quitté le monde des enfers (l’hémisphère sud) va remonter vers le solstice d’été).
Il renaît au lever héliaque de l’étoile appelée Nœud des Poissons anciennement Nœud du Ciel (Al Risha) (car marquant le point où se relient les pieds et la tête de l’homme zodiaque) ou Nœud des Poissons marquant la limite entre la constellation du Bélier et celle des Poissons
Il marque ainsi le passage de l’ère du Bélier à celle des Poissons aujourd’hui terminée.
Sa mort à 33 ans.
Trente-trois, comme le nombre de degrés du REAA, est un cycle solaire bien connu depuis l’antiquité[2] qui faisait mourir (ou régner) les dieux, les rois et les héros à trente-trois ans. Comme Alexandre le Grand ou Krishna.
Yeshouah et Vénus

Il est l’étoile du matin (Phosphoros) qui doit se lever dans nos cœurs. (Épîtres de Pierre II,19).
Il est l’étoile du matin qui annonce la Lumière. (Apocalypse 22, 16).
On comprend pourquoi les créateurs des rituels y ont intégré des signes de rapprochements entre Yeshouah et H’iram.
Des rapprochements entre H’iram et Yeshouah dans les rituels
On a vu un rapprochement flagrant avec le bijou de H’iram retrouvé au 13ième degré.
Mais il y en a d’autres. Certains ambigus et d’autres à décrypter, mais c’est au 7ième degré Juge et Prévôt que c’est le plus manifeste et à partir de là on comprend qu’il ne s’agissait pas forcément de déchristianiser les rituels mais de montrer les équivalences afin de sortir des dogmes pour passer dans l’universalité des symboles.
La transposition de JHS
On trouve sur les tableaux de loge du 7ième de gré Prévôt et Juge
Le sigle JHS ou IHS surmonté d’une branche d’acacia.
-Que signifient les lettres J H S (ou IHS) surmontées d’une branche d’acacia ? lit-on dans le rituel
–J (ou I), JVA ; H, Hiram et S, Stolkin.
Soit l’initiales du Tétragramme YHVH, de H’iram (le H’eth transposé en H latin) et de Stolkin, nom inventé donné par les maçons et qui représenterait le premier des maîtres ayant retrouvé le corps de H’iram.
Naturellement il s’agit de la transposition du sigle archi connu en latin désignant le Christ : Jésus Hominum Salvator soit Jésus Sauveur des Hommes
Les maçons ont remplacé la croix par la branche d’acacia pour effectuer la transposition de Yeshouah à H’iram.
TiTo, les deux T du Juge et Prévôt

Les deux T de Tito le Tav 400 et le Tau 300 confirment l’analogie entre les deux Testaments.
Soit le signe des Justes de l’Ancien Testament dans Ézéchiel le Tav 400 et sa transposition dans le christianisme le Tau grec le 300 en forme de la croix de la crucifixion [3]
Conclusion
À la question posée au 12ième degré celui du Grand Maître Architecte :
« –Quel est le symbole commun à tous les grades de la Maçonnerie Écossaise ? » la réponse est « le symbole d’un édifice. »
Cette réponse résume tout aussi bien l’enseignement de la Maçonnerie qui se fait grâce à l’alliance des deux Testaments, à leur complémentarité.
Avec H’iram nous découvrons le Temple de pierre qu’il faut construire avec des outils matériels, résumés par l’équerre et le compas.
Avec Yeshouah c’est le temple de notre corps, notre temple intérieur et celui de la Jérusalem céleste.
Cette voie maçonnique construire un temple de pierre et un temple intérieur spirituel plonge ses racines aussi bien en Égypte qu’en Mésopotamie, mais on la trouve partout chez les Anciens pour qui le temple est une image symbolique de l’Univers.
Faire vivre les analogies de deux symboles appartenant à deux religions montre que ces analogies se multiplient à l’infini à travers le temps et l’espace et les civilisations qui se succèdent hors de tout dogme.
[1] Messie et Christ sont donc synonymes
[2] Tous les 33 ans à la même heure le Soleil se retrouve au point vernal
[3] Voir notre article paru dans 450.fm
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Magnifique source d’inspiration et de méditation sur la légende d’Hiram