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ITALIE : même le comédien Totò était franc-maçon – l’histoire et les noms des plus célèbres…

De notre confrère italien ilgiornaleditalia.it

Antonio De Curtis, dit Totò, né le 15 février 1898 à Naples et mort le 15 avril 1967 à Rome, était un acteur comique italien. D’abord actif au théâtre, il devient, après-guerre, l’une des plus grandes vedettes du cinéma italien. Il demeure encore aujourd’hui très populaire en Italie.

Totò était également maçonAntonio De Curtis Gagliardi était un représentant de la franc-maçonnerie. Ceci est confirmé par la découverte de ses documents maçonniques dans les Archives historiques du Grand Orient d’Italie. Désormais, il peut être annoncé en toute connaissance de cause. Son testament maçonnique en est la preuve. Il s’agit d’un ancien formulaire préimprimé avec ses déclarations manuscrites et révèle la profondeur d’esprit du célèbre acteur et son adhésion convaincue aux principes de la maçonnerie libérale. Des traces de Totò Masone subsistent également dans son œuvre ; en fait, il a écrit le poème ‘A Livella’ où les références au symbolisme maçonnique sont très évidentes pour beaucoup. Les papiers maçonniques de Totò sont conservés aux Archives historiques du Grand Orient d’Italie et, plus précisément, dans le fonds d’Archives appelé « Piazza del Gesù », remis au Grand Orient d’Italie en septembre 1973 suite à la confluence du groupe dirigé par alors Grand Maître Francesco Bellantonio. Parmi les papiers de Totò, il y a en effet le testament maçonnique de 1945.

C’était le 9 avril de cette année-là que Totò était sur le point de faire son entrée dans  la Loggia Fulgor de Naples . Voici comment il a répondu aux trois questions rituelles : Que devez-vous à l’humanité ? « Aimer son prochain comme soi-même : l’aider, lui faire le bien, sans aucune limite ». Que devez-vous à la Patrie ? « Tout, même le sacrifice suprême ». Que vous devez-vous ? « Rien d’autre qu’une amélioration spirituelle ». 

Les origines de la franc-maçonnerie se trouvent en Écosse à la fin du XVIe siècle. Ici en 1598, avec les statuts de la corporation des maçons de 1598, la légende de l’art s’instaure, et un système de cooptation est défini dans les loges (à la fois les lieux d’accueil et le corps qui s’y rassemble) du des maçons (maçons, d’où la maçonnerie « Franc-Maçonnerie ») qui possèdent la technique de l’art de la mémoire de la Renaissance, et ont appris conjointement le Mot Maçon, le mot qui permet la reconnaissance mutuelle des « frères » de la corporation et assure, le cas échéant, invisibilité. La franc-maçonnerie est en fait une association sur une base initiatique et fraternelle. Il est à noter que les mêmes symboles typiques et reconnus de l’organisation sont tirés des outils du métier de maçon : le niveau, la règle, l’équerre, le fil à plomb ou le compas. Chacun de ceux-ci servait également aux adeptes individuels à se reconnaître et à reconnaître le rang réciproque dans un contexte hautement hiérarchisé tel que celui de la structure maçonnique. Le symbole même de la franc-maçonnerie n’était alors formellement défini que dans l’équerre et le compas. Souvent, dans le symbole, il y a aussi une grande lettre « G », avec diverses interprétations, y compris la signification de Grand Architecte (Grand Architecte de l’Univers, GADU) ou Dieu [5], mais elle peut aussi être interprétée comme Géométrie. Le symbole même de la franc-maçonnerie n’était alors formellement défini que dans l’équerre et le compas. Souvent, dans le symbole il y a aussi une grande lettre « G », avec diverses interprétations, y compris la signification de Grand Architecte (Grand Architecte de l’Univers, GADLU) ou Dieu, mais elle peut aussi être interprétée comme Géométrie. Le symbole même de la franc-maçonnerie n’était alors formellement défini que dans l’équerre et le compas. Souvent, dans le symbole il y a aussi une grande lettre « G », avec diverses interprétations, y compris la signification de Grand Architecte (Grand Architecte de l’Univers, GADLU) ou Dieu, mais elle peut aussi être interprétée comme Géométrie.

Au début du XVIIIe siècle en Angleterre, la société des « francs-maçons » (francs-maçons, maçons acceptés) est une caractéristique consolidée de la vie sociale à Londres : les sujets d’extraction sociale moyenne/élevée veulent en faire partie, aux côtés des nobles attirés par les activités de leurs frères, soit du secret initiatique, soit du modèle convivialo-sectaire. On ne sait pas de quoi est née, pour se réaliser en 1717, la nécessité d’établir une « Grande Loge » à Londres, dans le but déclaré d’accorder des licences et d’ordonner avec des statuts le sous-bois désormais épais des différentes loges. La Grande Loge deviendra de toute façon un centre d’union, à la fois symbolique et de pouvoir, auquel l’opération des Constitutions de 1721-23 donne autorité. Une relation privilégiée s’établit avec la noblesse de sang et de cour, à qui confie le rôle social de la franc-maçonnerie comme espace de formation et centre de pouvoir. Dans les années vingt et trente du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie s’est propagée par les Anglais (diplomates, universitaires, hommes de théâtre) et anglophiles, sur le continent : en Italie, en Allemagne et en Autriche, en Espagne, et surtout en France où elle traverse, à l’initiative de nobles « jacobites », la région catholique : elle trouvera dans le contexte de la guerre de succession d’Autriche (1740-48) des conditions favorables pour s’étendre. Dans cette période vient la ferme condamnation de l’Église catholique, qui la déclare « hérétique ». En Italie, la franc-maçonnerie, calquée sur des expériences européennes similaires, est peuplée de visionnaires, de théosophes, de spiritualistes, de néognostiques, d’« initiés »…

Il n’est pas possible de dresser brièvement le tableau encombré de la franc-maçonnerie mondiale : aujourd’hui nombreuses sont, outre les héritiers plus ou moins légitimes des rites historiques, les régimes nouveaux ou rétablis, les polémiques sur le « vrai » m. et la recherche d’une orthodoxie maçonnique, constitutions et excommunications. Gardiens du secret, cependant, les frères ne constituent pas des sociétés secrètes dans les pays libéraux : la concordia discorde entre eux, et avec les Églises établies, leur permet de représenter des instances culturelles et sociales présentes dans le monde contemporain, dans lequel cependant – si l’on veut pour recueillir l’opinion moyenne non infondée des « profanes » – l’intérêt fraternel et corporatif l’emporte sur les buts de recherche religieuse et de solidarité sociale.

Franc-maçonnerie et liberté

Qu’est-ce que les francs-maçons entendent par liberté ? C’est l’un des piliers du credo maçonnique. Dans la Déclaration de principes, signée à Lausanne, en 1875, il est écrit : « La franc-maçonnerie pose comme principe que le Créateur suprême a donné à l’homme, comme le bien le plus précieux, la liberté […] un rayon si éclatant qu’aucun pouvoir n’a le droit d’éteindre ou d’obscurcir » (cf. S. Farina, Le Livre des Rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté, Piccinelli, Rome 1946, p. 33-34), comme un « don intangible et sacro-saint » (cf. Un . Pontevia, Catholicisme et franc-maçonnerie, Atanòr, Rome 1948, p. 72). Mais pour eux la liberté n’est pas établie par des vérités révélées ou par une autorité supérieure, mais « elle est constituée par la plénitude de la Raison », qui est entièrement. La liberté maçonnique consiste donc à n’obéir qu’à sa propre raison, et agir librement signifie se soumettre aux lois rationnelles de la nature. On peut donc en déduire que les francs-maçons se considèrent comme des ennemis absolus des dogmes et des dogmatiques (décrets, jugements, enseignements religieux contenus dans les Saintes Écritures). Bref, ils promeuvent un concept de liberté absolue. Dès lors, l’intuition de la confiance que les maçons ont en l’homme, en la nature humaine qui est bonne pour eux, va dans ce sens. Ils croient aussi que l’homme peut se lancer à la recherche de la vérité en s’appuyant sur sa raison. Dès lors, l’intuition de la confiance que les maçons ont en l’homme, en la nature humaine qui est bonne pour eux, va dans ce sens. Ils croient aussi que l’homme peut se lancer à la recherche de la vérité en s’appuyant sur sa raison. Dès lors, l’intuition de la confiance que les maçons ont en l’homme, en la nature humaine qui est bonne pour eux, va dans ce sens. Ils croient aussi que l’homme peut se lancer à la recherche de la vérité en s’appuyant sur sa raison.

Francs-maçons célèbres : tous les noms

Voltaire (François-Marie Arouet) (1694-1778)

Goffredo Mameli (1827 – 1849)

Giuseppe Verdi (1813 – 1901)

Benjamin Franklin (6 janvier 1706 – avril 1790)

Wolfang Amadeus Mozart (Salzbourg 27 janvier 1756 – 6 décembre 1791)

Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde (Dublin, 16 octobre 1854 – Paris, 30 novembre 1900)

Sir Arthur Conan Doyle (Édimbourg, 22 mai 1859 – Crowborough, 7 juillet 1930)

Joseph Rudyard Kipling (Bombay, 30 décembre 1865 – Londres, 18 janvier 1936)

Sir Alexandre Fleming (1881-1955)

Edward Kennedy « Duke » Ellington (Washington, 29 avril 1899 – 24 mai 1974)

John Wayne (26 mai 1907.-11 juin 1979)

Antonio De Curtis, alias Totò (Naples, 15 février 1898 – Rome, 15 avril 1967)

Enrico Fermi (Rome, 29 septembre 1901 – Chicago, 29 novembre 1954)

Edmondo De Amicis (Oneglia, 21 octobre 1846 – Bordighera, 11 mars 1908)

Giosuè Carducci (Valdicastello di Pietrasanta, 27 juillet 1835 – Bologne, 16 février 1907)

Gerolamo Bixio, dit Nino (Gênes, 2 octobre 1821 – Banda Aceh, 16 décembre 1873)

Carlo Collodi, né Carlo Lorenzini (Florence, 24 novembre 1826 – Florence, 26 octobre 1890)

Giuseppe Garibaldi (Nice, 4 juillet 1807 – Caprera, 2 juin 1882)

Vittorio Amedeo Alfieri (Asti, 16 janvier 1749 – Florence, 8 octobre 1803)

Giacomo Casanova (Venise, 2 avril 1725 – Dux, l’actuel Duchcov, 4 juin 1798)

Gros plan sur : MA ANANDA MAYI (1896-1982)

J’ai choisi de vous parler de cette « sainte indienne » car elle a marqué toute une génération de « cherchant(es) en spiritualité », et beaucoup d’entre elles et d’entre eux qui sont allé(es) en Inde dans les années 1950 à 1970 ont été frappés par cette haute figure de la spiritualité, qui par certain côté peut sembler également proche du bouddhisme.

« Ainsi cette femme illettrée, née dans un village obscur, d′une famille de brahmanes encore plus pauvres qu′orthodoxes, dont l′existence n′a jamais consisté qu′à voyager et à être, qui n′a jamais rien écrit de sa main, n′a rien désiré et n′a rien cherché, est probablement en Inde le plus célèbre et le plus vénéré de tous les grands Sages contemporains. Beaucoup la considèrent même comme une des plus hautes figures de toute l′histoire de la spiritualité hindoue qui pourtant n′en manque pas. » 

Extrait de Ashrams – Grands maîtres de l′Inde, ces quelques lignes d′Arnaud Desjardins – qui la côtoya à de nombreuses reprises – introduisent en peu de mots Ma Ananda Mayi (qui signifie littéralement  » imprégnée par la Joie »). Cette plus grande sainte de l′Inde du XXe siècle avait un indéfectible bon sens, qui lui permettait de faire grandir le meilleur en chacun des innombrables visiteurs qu′elle recevait. Tous les ouvrages sur Ma Ananda Mayi sont unanimes : son enseignement, qui prenait la forme d′aphorismes de sagesse, ou de contes, témoigne de l′extraordinaire force de cette femme lumineuse, au sourire ineffable et aux yeux sans cesse emplis de bonté. Ils furent des millions à l′approcher pour recevoir d′elle la bénédiction du darshan, du contact transfigurateur avec le maître spirituel. Chefs d′État, sanskritistes, moines, hommes et femmes de toutes les religions et des quatre coins du monde venaient la visiter pour baigner dans sa lumière, la béatitude et la joie.

Si Ma Ananda Mayi n′a jamais rien écrit de sa propre main, ses paroles sages et pénétrantes, son enseignement sont reproduits dans des ouvrages qui sont le compte-rendu de conversations avec ses disciples, ou des témoignages de disciples ou de gens proches qui la côtoyèrent. 

À lire Arnaud Desjardins, Atmananda, Bithika Mukerji et d′autres encore, on pénètre l′univers de la Vie véritable, « l′annonce que l′éveil peut venir nous arracher à notre monde de sommeil »… 

Des ouvrages comme des ouvertures sur la simplicité et l′évidence, à lire et à relire…

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

Par ici la Jeunesse ! Croiser les regards, partager les savoirs

Le Jeudi 31 mars à 18 h 30

Le Centre Culturel Languedocien de la Grande Loge de France organise la « Soirée des étudiants », une manifestation ouverte aux jeunes des Universités et des Grandes écoles de la région montpellieraine. 

Une occasion pour les jeunes participants de découvrir et de poser des questions sur la Franc-maçonnerie mais aussi de soulever les a priori et les idées reçues qui peuvent circuler à ce sujet sur la toile et sur les réseaux sociaux.

« Franc-maçonnerie & étudiants : croiser les regards, partager les savoirs »

Avec : Alain GRAESEL, ancien Grand Maître de la GLDF (2006-2009)

Où ? : Centre Culturel Languedocien – 2546, avenue de Maurin – 34070 MONTPELLIER

Fiction : Wolfgang Amadeus MOZART, le frère retrouvé

Janvier 1791. 5, Domgasse, à Vienne. Une petite maison ocre – trois niveaux et fenêtres étroites – blottie entre deux bâtisses plus hautes. En y pénétrant, j’entends les joyeuses cloches de la cathédrale Saint-Etienne, toute proche. Je fais une entrée sonorisée dans la demeure de Wolfgang Amadeus Mozart ! Je toque au premier étage où il vit avec Constance. C’est elle qui m’ouvre, tout sourire : Une femme distinguée, brune et bouclée, regard perçant, corsage crème à guipures et jupe longue bordeaux. Elle me guide vers un grand salon où m’attend le maître, assis devant son clavecin et penché sur un papier à musique. Il se lève prestement et vient vers moi, plume d’oie en main, joyeux, comme son épouse. Petit, mince, teint très pâle, une épaisse chevelure blonde poudrée et tuyautée sur les côtés, des yeux bleus immenses, mobiles, rieurs. Un nez légèrement bosselé. Tunique lilas, chemise de lin dentelée, manchettes assorties sur de longues mains, bas de soie blanche, chaussures vernies noires à boucles : en m’asseyant à son invitation sur le divan de velours rouge, où il prend également place, à contre-jour, les jambes croisées, je suis impressionné, à vrai dire, charmé. A la fois par cet homme à l’élégance raffinée et l’enfant turbulent que je devine en lui !

L’HOMME

Wolfgang Amadeus Mozart – Nous pouvons nous tutoyer puisque nous sommes frères ! Tu viens me voir au titre de la revue maçonnique « 450.fm », n’est-ce pas ? Une très bonne revue !

Le Rire de mon hôte résonne en cascades dans la pièce à haut plafond. Il est aussi puissant que la voix est douce, le français presque sans accent, la gestuelle bienveillante. Pas d’attitude supérieure, l’égalité par le tutoiement, un ton humoristique qui met à l’aise. Je me détends.

GG- Que représente la musique pour toi ?

W.A.M. – La vie, mon cher frère, la vie ! Mon père me l’a apprise pour ainsi dire à ma naissance ! Le premier air que j’ai respiré le 27 janvier 1756 en venant au monde …c’est l’air de musique ! (Rire). Il me l’a fait percevoir, là où les autres petits enfants n’entendaient que du bruit ! En me jouant du violon, puisqu’il est l’auteur d’une méthode d’enseignement de cet instrument. Les notes de solfège sont vite devenues des mots pour moi. A 3 ans, avant même de savoir lire et compter ! Et depuis je les assemble instinctivement, elles deviennent des phrases. La musique, c’est une écriture qui chante. Et qui danse ! Je compense avec elle puisque ne suis pas poète, ni peintre, ni danseur, dommage : Voilà, je suis musicien, comme mon père. C’est mon destin, sans doute, mon bonheur, c’est sûr !

GG Tu as maintenant 34 ans, et déjà derrière toi un nombre de compositions impressionnant, dont tes œuvres enfantines : un concerto à 5 ans (menuet KV2, 4 et 5, Allegro kv3) une symphonie à 7 ans (K 16 en si bémol majeur) et un opéra à 12 ans (Bastien et Bastienne) ! …Et près de 650 œuvres à ce jour ! Comment expliques-tu cette puissance de travail ? Si je puis me permettre, quel est ton secret ?

W.A.M – …Oui, en termes de temps, c’est vrai, j’ai composé quelque 200 heures de musique ! Une symphonie me demande généralement une semaine et un opéra trois semaines ! J’ai la chance de travailler vite ! Une fois concentré sur mon sujet, comme un écrivain qui voit défiler des mots je suppose, moi j’entends la mélodie dans ma tête – c’est peut-être çà mon secret ! – elle se déroule et je la mets en notes…

GG – …Comme si tu étais sous dictée ?

W.A.M. -Va savoir, toujours est-il que c’est bien commode, je n’ai pas à retoucher, ni à raturer. En tout cas, j’ai toujours près de moi un papier à musique, une plume et un encrier, pour écRire ce que j’entends ! Je pourrais m’en passer, j’ai le privilège d’avoir l’oreille absolue et une excellente mémoire pour retranscRire. Mais ce matériel, je l’emporte partout, c’est une « habitude sacrée » ! Je crois en Dieu, je le prie chaque jour, je suppose qu’il m’aide ! Je ne m’appelle pas Amadeus (Qui aime Dieu, aimé de Dieu) pour rien !

GG Tu parles un Français admirable, mais aussi, je crois, l’Italien, l’Allemand, l’Anglais. Et je vois, près de ton clavecin, un clavicorde et un violon ! Tu es un excellent instrumentiste reconnu ! Qu’est-ce que tu ne sais pas faire ?

W.A.M – Je te l’ai dit, je ne sais pas danser, en tout cas mal, et je le regrette, notamment quand je suis invité à la cour, ça m’arrive, et dans les soirées bourgeoises ! En dehors des notes de musique, je ne sais pas non plus bien écRire les langues européennes. Mais j’ai appris à les parler pendant mes longs voyages en diligences d’abord avec ma mère, ensuite avec ma sœur, puis dans les salons et les palais des grandes villes ! Mon oreille musicale m’a beaucoup servi pour les pratiquer ! Quant aux instruments, je dois leur apprentissage à mon père. Il ne concevait pas l’écriture musicale sans un report immédiat sur un instrument. Comme il me manque ! Léopold ! Tu sais que mon père était aussi mon frère, je l’ai fait entrer dans ma loge, il y a cinq ans. Son initiation l’a bouleversé ! Et moi avec, ce soir-là ! Il n’aura été maçon que quelques mois. Il est mort en 1787.

GG Oui, malheureusement. Avant de parler de maçonnerie, je voudrais revenir sur ton enfance. Quels souvenirs en as-tu ? Qu’en as-tu gardé ?

W.A.M. – Ma sœur Nanerl me dit souvent en plaisantant que je suis resté un enfant ! Je pense que c’est vrai ! Il habite en moi et je le cajole ! Je ne serais pas créatif et persévérant sans lui ! D’ailleurs, tu le vois, je n’ai pas beaucoup grandi physiquement, un mètre cinquante-deux, c’est un signe visible… !

Les souvenirs de mon enfance ? D’abord la pédagogie rigoureuse de mon père pour m’inculquer le solfège et le goût des instruments en même temps. Et il a bien fait ! Ensuite, à l’opposé, la douceur et la prévenance de ma mère. Pour me soutenir et sans jamais me contrarier, en quoi que soit. La pauvre a trouvé la mort à Paris, bien trop tôt, suite à un refroidissement, contracté à côté de moi sur les routes.

Ces routes cahotantes, j’y ai passé ma vie, de 7 à 34 ans, mon âge aujourd’hui. Cela veut dire des milliers de kilomètres dans une vieille calèche de location, le clavecin sur le toit. J’ai fait le compte : 65 villes lors de mon premier tour d’Europe, 60 en Italie, ma véritable patrie musicale, 25 en France, dont Paris que je n’aime pas trop et encore 25 dans le nord de l’Europe. Tel que tu me vois, j’arrive de Hollande. 175 villes en 27 ans, pour un homme de « petite santé », à cause de mes rhumes, c’est tout de même pas mal, non ? Bref, l’Europe, c’est ma grande salle de concert !

 Je sais ce qu’on me reproche : trop ludique, egocentrique, « m’as-tu-vu », et scatologique même, mais ces défauts soi-disant infantiles, m’amusent, me défoulent, me fortifient en fait ! Je les entretiens car ils stimulent ma pensée et ma créativité ! N’oublie pas que la musique passe par le corps ! Or, que nous sommes-nous avant tout, sinon des tubes digestifs ? Même nos émotions proviennent, jaillissent du corps, peur, colère, tristesse, joie. Je les ressens très bien au bout de mes doigts, en composant mes concertos pour piano. C’est parce que j’ai gardé cette sensibilité enfantine, que je suis capable, dit-on, de créer une « musique qui parle à l’âme ». Il m’arrive d’être en larmes ou empli de joie devant mon clavecin : je sais alors que mes notes s’aiment et se sont bien mariées entre elles !

J’ai gardé de l’enfance l’espièglerie, sans doute. Ma vie serait vraiment triste, si j’avais perdu le goût du jeu, de la provocation pour retenir l’attention ! Mais de l’enfant, l’adolescent puis l’adulte ! J’ai beaucoup appris, d’années en années, de concerts en concerts ! Etre reçu, compris par des milliers de personnes, échanger avec elles à travers la musique, c’est très formateur ! Voilà sans doute pourquoi j’ai parcouru l’Europe, pendant tout ce temps, comme aucun de mes collègues musiciens ne l’a fait.

Au vrai, ce n’est pas l’argent qui m’a motivé – j’aime en avoir et le dépenser certes ! – mais ce qui m’a poussé en avant, c’est une soif du partage, une curiosité sans limites pour les êtres et les choses ! J’ai aussi une grande appétence pour tous les genres musicaux et Dieu sait si j’en ai rencontré au cours de mes voyages ! Bref, ce qui m’actionne, oui, c’est l’amour de mon art et l’amour des autres ! Et puis, je l’avoue, bien sûr j’ai besoin aussi d’être aimé, très aimé ! Les applaudissements d’une salle, cette réponse à ma musique, c’est un langage universel qui atteint tous mes sens. Il ne demande pas de traduction ! C’est un élixir qui coule aussitôt dans mes veines et me donne une énergie fantastique !

GG En fait, la rencontre est très importante pour toi !

W.AM. – Essentielle ! Avec le public, je viens de t’en parler. Avec aussi mes collègues ! Joseph HAYDN est le plus cher à mon cœur, je l’ai fait entrer en maçonnerie la même année que mon père, en 1785. Je suis très proche également de Jean-Sébastien BACH et de Georges-Frédéric HAENDEL. Ce sont eux, je dois le dire, qui m’ont vraiment libéré de la tutelle de ce père, que j’adorais pourtant ! Et c’est bien cette liberté qui m’a permis de rencontrer et d’épouser mon adorable Constance, que tu as vue tout à l’heure ! La famille WEBER n’était pas trop d’accord pour ce mariage avec un saltimbanque ! Nous nous sommes mariés tout de même, juste après le succès de mon opéra, L’enlèvement au sérail ! Un titre prémonitoire ! (Rire)

GG Ton épouse, précisément, n’a pas trop souffert de tes éloignements professionnels ?

W.A.M. – Nous avons eu 6 enfants, je reviens tout de même souvent ! (Rire, puis ton grave). Malheureusement, nous en avons perdu 4 de maladies ! Il nous reste nos fils bien aimés Carl Thomas et Franz Xavier, que Constance a parfaitement élevés ! J’ai cette chance d’avoir cette épouse aimante, attentionnée, qui tient très bien sa maison, comme tu peux le voir ! Je lui ai écrit presque chaque jour, pendant mes longs déplacements. Elle pourrait te le dire elle-même, mais elle est réservée, elle se retire toujours lors de mes entretiens ici. Bien sûr, c’est inévitable, on a dit qu’elle était volage et dépensière en mon absence, comme on a dit que j’avais des maîtresses dans chaque ville ! J’ai l’habitude des critiques et des louanges : je suis le « grossier pétomane » des uns et le « divin Mozart » des autres ! En attendant, Constance et moi sommes très attachés l’un à l’autre. Elle prend soin de moi de façon admirable, pour je compose dans l’équanimité. Elle est mon élément stabilisateur ! Pour ma part, je veille à ce qu’elle ne manque de rien et vive dans le confort. Nous sommes ensemble depuis huit ans. L’amour se mesure à sa…constance ! (Rire)

LE COMPOSITEUR

GG J’observe, pendant que nous parlons, que tu bats la mesure avec tes pieds, et tes mains pianotent sur le velours du divan ! Tu es toujours en train de jouer de la musique, dis-moi ?

W.A.M. – Mon frère, sache que je ne joue pas, je compose ! (Rire). Je peux très bien converser avec toi, sans perdre le fil, et aligner des notes dans ma tête ! Pour ne rien te cacher, je travaille sur un opéra en ce moment. Après les Noces de Figaro (1786) et Don Giovanni (1787), je profite d’être à Vienne pour sortir cette année mon Cosi fan tutte (1790). L’ensemble constituera ma Trilogie italienne, que je présente en collaboration avec le librettiste Lorenzo Da Ponte. J’ai deux autres projets ensuite…

GG – …Tu me démontres qu’à partir de ton merveilleux don musical, tant en composition qu’en interprétation, tu dois sans cesse composer !…

W.A.M. – …C’est-à-dire produire ! Sinon je m’ennuierais et serais oublié depuis longtemps ! La seule fois où, si je puis dire, je me suis relâché, j’ai traîné, c’est justement pour l’Ouverture de Don Giovanni ! Imagine l’événement : la veille de la première, je n’ai pas encore écrit une note ! Pas d’inspiration ! Mon entourage s’inquiète, davantage que moi encore ! Je décide de la composer pendant la nuit : je demande à Constance de me tenir éveillé…avec du punch, tout en me racontant des blagues ! Résultat, les blagues me font Rire et le punch m’ensommeillent ! Puis, je m’endors carrément sur ce divan, un peu éméché ! Heureusement Constance, très inquiète, me réveille à cinq heures du matin : j’ai mal à la tête, j’ouvre les yeux et, miracle… je vois les notes qui défilent, qui s’accordent, oui, qui s’aiment ! C’est gagné ! Trois heures plus tard, l’Ouverture de Don Giovanni est écrite !

PVI – Le verbe « aimer » jalonne ta vie. Tu aimes les gens, les notes qui s’aiment, tu aimes les opéras… et tu aimes l’Italie !

W.A.M. Oui, passionnément ! Je t’ai parlé de Jean-Sébastien Bach, tout à l’heure. Eh bien c’est grâce à lui, très tôt, que cette histoire italienne a commencé. D’abord il m’a appris toutes les subtilités du contrepoint et l’étude de ses fugues m’a véritablement transporté et mis à l’écoute de « la musique du sud », si je puis dire. J’avais besoin d’assouplir la mienne, tout en gardant sa rigueur ! Et c’est son fils, Jean-Chrétien BACH qui m’a ouvert à la légèreté, à la fluidité même des opéras italiens.

En 1770, j’ai entendu à Rome le fameux « Miserere d’Allegri », une œuvre interdite de reproduction, sous peine d’excommunication papale. Subjugué, j’ai recopié cette œuvre à 8 voix de mémoire, le soir même de mon écoute. Elle est réputée non copiable par simpleécoute ! J’ai bien sûr été accusé de l’avoir volée ! Du coup par défi – à 15 ans, je voulais déjà me comparer ! – j’ai présenté ma version à Londres, en 1771, avec des improvisations en contrepoint, cette technique apprise de Bach, et entouré d’interprètes « sopranos ». Le Pape a alors levé son interdiction !

 GG – La musique italienne me fait penser à Antonio Salieri. Et, dit-on, à sa jalousie à ton encontre…

W.A.M. Antonio Salieri est depuis 6 ans, compositeur de la cour d’Autriche et ses opéras, présentés à Milan, à Venise, à Rome et à Paris, n’ont rien à envier aux miens ! Cette jalousie est une fable entretenue ! Il a 28 ans, donc 6 ans de moins que moi et toute sa carrière musicale est devant lui. En vérité, je sais qu’Antonio m’estime, comme je l’estime ! En revanche, ce qui l’agace prodigieusement, il me l’a dit, c’est que je me laisse aller à la vulgarité ! Il est plutôt comme vous dites en France, « collet monté » et il ne supporte pas, ce qu’il appelle mes obscénités ! Je peux comprendre, nous n’avons pas le même humour ! Qu’il y ait une certaine rivalité, une concurrence entre nous, c’est normal, après tout nous faisons le même métier. En tant que « créateurs de musique », nous ne sommes que de simples fournisseurs et c’est donc à celui qui remportera les commandes ! En fait nous constituons la « domesticité musicale » de Vienne, une subordination qui, je l’avoue, m’insupporte maintenant, moi si amoureux de la liberté ! Là est certainement ma différence avec Antonio Salieri. Tu veux vraiment la preuve de son amitié pour moi ? C’est lui qui m’a donné le surnom d’Amadeus, lorsqu’il m’a entendu jouer pour la première fois en Italie. Il y a répandu que j’étais un génie, l’aimé de Dieu ! Moi, je vois dans cette démarche de l’amour, mon frère, bien plus de la jalousie !

GG Il faut bien que nous parlions de musique maçonnique ! Tu as composé à ce jour une dizaine d’œuvres, dites maçonniques…

W.A.M. … C’est exact ! On m’a même qualifié de « musicien-maçon » ! Mais il faut bien s’entendre sur le terme de « musique maçonnique ». Pour moi, répondent à ce terme, les œuvres spécifiques – donc véritablement maçonniques par leurs références aux rituels – que j’ai écrites pour les loges que je fréquente, et qui me les ont demandées. Dont la loge Zur Wolthatigkeit (La Bienfaisance) à Vienne, où j’ai été initié. Qu’il s’agisse de ponctuer ou d’accompagner entièrement des cérémonies rituelles. Mais ce n’est pas parce que, dans mes compositions, j’assemble des notes autour de 3 accords – par exemple des tonalités à 3 bémols (Mi bémol majeur, Do mineur) et à 3 dièses (La majeur, Fa dièse mineur) -…qu’il s’agit systématiquement de tonalités maçonniques ! Je ne suis pas obsédé par une valeur symbolique à attribuer aux triples tonalités ! Je sais aussi que certaines de mes compositions typiquement maçonniques…ont quitté les loges pour des milieux profanes. On m’a pris souvent mes accords, sans mon accord ! (Rire). D’où la généralisation qui a pu être faite avec ma musique, cataloguée complètement maçonnique. Ce qui est inexact !

Bref, j’insiste, il ne faut pas confondre composition maçonnique et inspiration maçonnique. Après La Clémence de Titus, mon opéra des Lumières – comme a dit un journaliste – j’ai donc deux projets en tête, deux commandes, au vrai. A livrer cette année même ! J’espère les mener à bien, car je commence à faiblir, après mes longs voyages ! La première commande est un singspiel en deux actes (une œuvre théâtrale chantée), précisément d’inspiration maçonnique, dont j’ai déjà le titre : Die Zoberflöte (littéralement, « la flûte qui enchante »). Le livret sera d’un frère de ma loge, Emmanuel SCHIKANEDER. Ce singspiel sera joué dès septembre prochain dans son petit théâtre en bois d’un faubourg de Vienne…et peut être ailleurs. S’il a du succès !…

GG –Puis-je te demander quel est l’argument de ce singspiel ?

W.A.M. Ce que je peux te dire, sans dévoiler l’intrigue – même à un frère – (Rire), c’est que l’action se déroule en Egypte. Tu peux déjà voir un symbole maçonnique dans ce cadre oriental ! Le soleil, Isis et Osiris, seront évoqués, autres allusions ! Entre nous, cet opéra sera aussi une forme de pied de nez à notre Impératrice Marie-Thérèse, qui est notoirement contre notre Ordre, je ne sais pas pourquoi ! Nous ferons d’elle une « reine de la nuit », je ne t’en dis pas plus !…

GG – …Et ta deuxième commande pour cette année ?

W.A.M – Il s’agit d’un Requiem ! Il m’a été commandé par le Comte Franz de Walsegg. Je n’ai plus composé de musique sacrée depuis huit ans. Ma dernière est La Messe en Ut mineur. Ce sera vraiment un retour au religieux pour moi !

LE FRANC-MAÇON

Wolfgang Amadeus quitte le divan, s’étire, se tient le dos, tousse, fait quelques pas dans le salon. Alors qu’il passe dans la lumière de la fenêtre, je remarque soudain ses yeux cernés. C’est un homme fatigué qui se rassoit, cette fois près du clavecin, auquel il vole trois notes, puis pivote vers moi. Constance apparaît, radieuse, et nous sert un verre de vin blanc du Rhin. Le regard de Wolfgang brille de nouveau !

GG Mi, do, ré ! Association d’idée, ces trois notes, le chiffre trois, nous ramènent à la franc-maçonnerie ! Comment l’as-tu rencontrée ?

W.A.M. – Je suis d’une famille de francs-maçons, depuis mon arrière-grand père Franz Mozart. C’est mon grand-père, Johann Mozart, relieur et maçon, qui m’a parlé le premier de cette fraternité, en me disant qu’on jouait de la musique dans les « loges ». A l’époque, j’avais cinq ou six ans, j’en ai entrevu pendant mes voyages. J’ai trouvé qu’elles ressemblaient à des églises. Alors, je me suis mis à imiter les sons des clavecins entendus à la messe pour composer des morceaux de musique sacrée. J’en ai offert un au Docteur Wolff, un maçon qui m’a guéri de la variole à onze ans et que j’ai appelé « An die freude » (Ode à la joie). Puis on m’a fait rencontrer le Docteur Franz-Anton Mesmer, un autre maçon, découvreur du magnétisme animal. Il m’a obtenu plusieurs commandes pour des directeurs de théâtres, eux-mêmes maçons, dont le réputé Joseph Sonnenfels.

GG C’est donc par la musique que tu es arrivé à la franc-maçonnerie ?

W.A.M. – En quelque sorte ! Puisque ayant mis progressivement, à ma façon, la « fraternité en notes », cette forme musicale coïncidait avec les thèmes théâtraux de l’époque, à visée humaniste. Mon vrai départ m’a été donné par un directeur de théâtre, le baron Tobias Von Gebler, un autre frère, qui m’a commandé la musique d’un drame héroïque, Thamos, König in Aegypten (Thamos, roi d’Egypte). C’est sans doute avec l’influence de cette pièce que je me suis approché de La Flûte enchantée…et d’une loge maçonnique ! A la Zur Wohthatigkeit (La Bienfaisance), je te l’ai dit. Cette petite loge, très récemment ouverte, avait besoin d’un frère pour tenir la colonne d’harmonie, c’est à dire pour être le « faiseur de musique », et j’ai présenté ma demande d’adhésion ! J’ai été accepté Apprenti-maçon le 14 décembre 1784, parrainé par le Vénérable frère Otto Von Gemmingen. J’avais 28 ans.

GG. Quel souvenir gardes-tu de ta réception ?

W.A.M. – J’ai été très troublé, bien sûr, par la solennité, la gravité même de cette cérémonie. Je ne m’attendais pas à vivre une telle émotion forte ! J’ai pensé à mes aïeux, Franz et Johan, j’ai senti leur présence et monter mon désir de continuer la lignée en loge ! J’ai tout de même été étonné par cette tradition qui veut que les « frères à talent » dont je fais partie comme musicien, dînent avec les commis, en cuisine. Et pas dans la salle à manger commune ! J’ai eu l’impression momentanée d’être encore considéré comme le saltimbanque de mes tournées européennes ! Mais j’ai heureusement compris le sens de ce rituel, qui n’était pas une brimade pour un novice, mais l’apprentissage de l’humilité. Et, selon la coutume, j’ai été reçu Compagnon-maçon, le mois suivant, en janvier 1785, dans la loge Zur Wahren Eintract (L’espoir couronné) puis Maître-maçon quelques jours après. J’ai alors pu dîner dans la salle à manger !

GG – Progression rapide !

W.A.M. – Oui, évidemment, rien à voir avec celle des ouvriers de chantier à l’époque des cathédrales ! Tu le sais bien, c’est la symbolique qui compte, pas les appellations ni les fonctions. La preuve pour moi, bien au contraire d’en tirer quelque vanité, ce qui a été surtout rapide, tellement j’étais enthousiasmé, c’est ma composition en quatre jours de trois musiques maçonniques, correspondant à ces trois cérémonies : un concerto pour quatuor à cordes pour chacun des degrés. En les écrivant, j’ai précisément beaucoup pensé aux constructeurs du Moyen-Âge. Eux aussi étaient des créateurs sur leurs échafaudages, mais sur un temps long !

GG. Comment parviens-tu à traduire cet enthousiasme dans la musique maçonnique ?

 W.A.M. Je vois des images, des situations, dans l’exercice des rituels ! Ils sont rythmés par des ruptures et des reprises. Il m’arrive de composer pendant les tenues. Dans ma tête, les intervalles deviennent en loge des « espaces-temps » qui séparent mes notes. C’est dans les silences que surgissent souvent mes sentiments. J’ai déjà vécu cette articulation émotionnelle en écrivant Les noces de Figaro. Promesse, espoir, amour, joie, peur, tristesse, déception, colère, violence, la musique est à même de tout dire. Et la musique maçonnique ne fait pas exception, sauf que sa dramaturgie est bienveillante, pacifique ! Et tellement évocatrice ! Je peux voir le lever du jour dans l’ouverture du compas, l’élévation vers le ciel dans la branche de l’équerre dressée ou la descente en soi dans le fil à plomb ! Ou encore entendre des battements de cœur dans le scintillement de la voûte étoilée ! L’univers est vivant, et nous vivons à l’unisson. Les rituels manifestent bien cette dynamique, cette harmonie ! Les symboles maçonniques sont visibles par l’œil, ils sont aussi audibles par l’oreille ! Certes, leur interprétation musicale exige un choix particulier d’instruments. Ce sont des intonations, des voix à côté des nôtres, dans ce lieu d’expression qu’est la loge. Et dans ce temps hors du temps ! C’est bien l’observation et le ressenti, bref un vécu personnel intense en loge qui m’ont permis de composer L’hymne au soleil, Le voyage des compagnons, Enlaçons nos mains, Eloge de l’amitié et, tout récemment un Requiem pour deux frères décédés. Ces morceaux n’existeraient pas si je n’avais pas été franc-maçon !

GG – Avec ces compositions spécifiques, tu me confirmes que tu as mis « la fraternité en notes » ! En dehors de cette fraternité avec la musique, comment vis-tu celle de la maçonnerie ?

W.A.M.– A vrai dire, je ne m’attendais pas à trouver des frères, au sens d’une vraie famille, dans cette communauté. Dès que j’ai été reçu maçon, c’est comme si j’en avais toujours connu les membres. Comme si j’étais leur frère de sang ! Nous nous sommes aimés tout de suite ! Je ne suis pas entré en maçonnerie par intérêt mais pour y vivre une liberté, après une enfance et une adolescence de servitudes, passées sur les routes à divertir les autres. J’ai connu des difficultés matérielles, les frères m’ont immédiatement aidé. Comme je les ai aidés moi-même en retour, quand je l’ai pu. J’ai beaucoup apprécié cette réciprocité sans calcul ! Cette suite de rencontres en loge, à l’image de celles que j’ai faites au dehors, m’a comblé !

La franc-maçonnerie m’a aussi permis deux autres fraternités particulières : une fraternité avec Dieu, mais oui, dont je me suis vraiment rapproché. Je le fréquente et remercie maintenant chaque jour. J’accepte sa volonté avec respect. Et au risque de t’étonner, je fraternise aussi désormais avec la mort ! Finies l’angoisse et la peur : après le décès de mes parents, j’ai compris que la mort est évidemment le seul et vrai but de notre vie. J’ai noué avec elle des relations tellement étroites, que loin de me terrifier, elle m’apaise et me console au plus haut point ! Je vis en intimité avec elle à travers la musique. La grâce de Dieu m’a enfin permis d’apprendre que la mort est la clé de notre vrai bonheur !…

GG – En quelque sorte, avec ta musique si « parlante », tu as sublimé le tragique de la condition humaine pour parvenir à la sérénité… !

W.A.M. – …Et aussi, à la liberté intérieure ! Grâce aux métaphores de l’Art Royal, je suis sans doute devenu un romantique !

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Je me réveille ! Quel rêve étrange j’ai fait, quel merveilleux privilège cette    rencontre onirique ! Cette nuit, j’ai tutoyé Mozart !

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Notre frère Wolfgang Amadeus Mozart est mort à 35 ans, emporté par une hémorragie cérébrale et une broncho-pneumonie terminale, le 5 décembre 1791 à Vienne. Une étoile filante, dont la lumière éclaire à jamais le ciel musical !

Compositeur le plus populaire de l’histoire de la musique occidentale, il continue de rayonner sur le monde entier. Parce qu’il traverse le temps, parce qu’il accompagne notre vie, parce que ses mélodies nous emportent… Mozart nous fera toujours rêver !

                      Gilbert GARIBAL

  (Documentation musicale de Jean GUIRAUD, compositeur-interprète)

L’action se déroule en Égypte. Certains voient là un symbole maçonnique tandis qu’il ne s’agit, pour d’autres, que d’un cadre exotique et oriental comme on les appréciait à cette époque (Die Entführung aus dem Serail et Zaïde se passent aussi en Orient). Les paroles des chœurs évoquent le Soleil et Osiris, elles s’adressent à un Dieu unique, et on est en droit de se demander pourquoi les nombreux dieux du panthéon égyptien ne sont pas cités. Le livret est donc clairement maçonnique.

Epuisé par la maladie, il écrit le Requiem – oeuvre majeure – commandé par un personnage mystérieux, un comte qui cherchait à s’attribuer l’œuvre écrite par le compositeur. Le Requiem sonne presque comme un retour ultime du sentiment religieux chez Mozart. En 1791 en effet, il n’avait pas composé de musique d’église depuis près de huit ans avec la Messe en Ut Mineur.

La Flûte enchantéeK. 620, dont le titre original en allemand est Die Zauberflöte, est un singspiel composé par Mozart sur un livret d’Emanuel Schikaneder.

La première représentation a lieu le 30 septembre 1791 dans les faubourgs de Vienne, au théâtre de Schikaneder, petite salle en bois fréquentée par un public plus populaire que celui d’une salle d’opéra habituelle1. Du fait de son succès, la 100e représentation est atteinte un an plus tard. C’est dans cet opéra que l’on entend le célèbre air de la Reine de la Nuitet plusieurs autres airs ou chœurs, comme l’air de l’oiseleur, le duo de Tamino et Pamina, les deux airs de Sarastro, dont l’un avec chœur, etc.

A cette époque, la franc-maçonnerie était très à la mode, bien que l’Impératrice Marie-Thérèse en eût interdit la pratique. L’astuce de l’auteur fut donc d’exploiter sur scène certains des rites désormais interdits. En raison de ces liens avec la franc-maçonnerie, certains commentateurs identifièrent les personnages de la façon suivante : Sarastro, le sage prêtre d’Isis, serait la représentation de Ignaz Von Born, franc-maçon et homme de science, Tamino, serait l’Empereur Joseph ll, Pamina, le peuple autrichien, La reine de la nuit, l’Impératrice Marie- Thérèse, et Monostatos, le clergé et principalement les Jésuites et les ordres religieux.

MOZART est le « musicien-maçon » par excellence. Comment le situer par rapport à ce qualificatif ? Pour ma part, je pense qu’une œuvre maçonnique véritable est celle qui est écrite spécifiquement pour les besoins des loges. Qu’il s’agisse de ponctuer des cérémonies ou accompagner des rites. A ne pas confondre, en conséquence, avec l’inspiration maçonnique.

En fait, MOZART n’a écrit que peu d’œuvres maçonniques, une dizaine seulement – qui portent les numéros 464 à 626 di catalogue Köchel – quelques-unes même avant son initiation, en 1784 (Pour mémoire Köchel est un musicographe autrichien – 1800-1887- qui s’est attaché à classer toutes les œuvres de MOZART par ordre chronologique et thématique). Ces œuvres maçonniques lui ont été tout simplement command » et il n’en connaît pas toujours la destination finale !

Rappelons qu’à l’époque, toute musique était évidemment jouée « en direct », d’où l’importance des « musiciens-maçons » en loge

Avec MOZART, nous avons donc affaire à un musicien qui cherchera toute sa vie son indépendance financière et morale. Il sera exaucé sur le plan moral par son initiation et pourra se sentir un homme libre, grâce à l’égalité reconnue dans les loges. Il est donc tout à fait en harmonie avec les idéaux de la Révolution.

MOZART est le « musicien-maçon » par excellence. Comment le situer par rapport à ce qualificatif ? Pour ma part, je pense qu’une œuvre maçonnique véritable est celle qui est écrite spécifiquement pour les besoins des loges. Qu’il s’agisse de ponctuer des cérémonies ou accompagner des rites. A ne pas confondre, en conséquence, avec l’inspiration maçonnique.

En fait, MOZART n’a écrit que peu d’œuvres maçonniques, une dizaine seulement – qui portent les numéros 464 à 626 di catalogue Köchel – quelques-unes même avant son initiation, en 1784 (Pour mémoire Köchel est un musicographe autrichien – 1800-1887- qui s’est attaché à classer toutes les œuvres de MOZART par ordre chronologique et thématique). Ces œuvres maçonniques lui ont été tout simplement commandées et il n’en connaît pas toujours la destination finale !

Rappelons qu’à l’époque, toute musique était évidemment jouée « en direct », d’où l’importance des « musiciens-maçons » en loge.

Beaucoup d’analystes assoiffés de symbolisme, voire d’ésotérisme, traquent dans les compositions postérieures à l’initiation de MOZART, le signe des arcanes et des mystères de la franc-maçonnerie (n°464 à 626, précités). Or, comme l’explique très bien, et avec malice, le musicologie Gérard Gefen, les fruits de cette quête, souvent attrayants, sont de la même nature que ceux auxquels parvient une méthode similaire pour le déchiffrement du grand secret des Pyramides d’Egypte !

« En divisant successivement le périmètre par le rayon du cercle inscrit, et la hauteur par l’angle de la pente, on obtient l’âge du Pharaon, le poids de l’explorateur, et la distance de la terre à la lune ! »

Mais soyons sérieux et rendons à MOZART, ce qui appartient à la franc-maçonnerie ! Nous avons affaire à un langage universel que je vous propose d’analyser brièvement :

A propos des accords et de leur nombre, il a souvent été affirmé que les tonalités maçonniques sont organisées autour du chiffre 3. Autrement dit des tonalités à 3 bémols (mi bémol majeur, do mineur) et à 3 dièzes (la majeur, fa dièze mineur).

Le procédé serait, en effet, un peu trop facile, et de plus…qui s’en rendrait compte ? Il faut avoir à la fois, une culture musicale et l’oreille absolue ! Qu’importe ces évidences à certains musicologues qui entendent dans la musique de MOZART…des tonalités initiatiques !

Pour l’anecdote, j’ajouterai qu’il était commode, à l’époque, d’écRire dans le ton de mi bémol majeur et d’UT mineur pour certains instruments à vent (clarinette, basson, cor) utilisés dans les loges militaires. En outre, ce ton, ne manquait pas d’apporter une couleur sereine et lumineuse, qui en justifiant pleinement l’utilisation !

A noter qu’aucune des partitions des Constitutions d’Anderson, n’est écrite dans une tonalité maçonnique (la chanson de l’Apprenti est en Ut majeur, celle du Maître en fa majeur, celle du surveillant en ré majeur).

Le Carmen saeculare de François André Danican Philidor créé pour le « Free-Mason Hall » de Londres en 1779 comporte une ouverture et 21 numéros. Une seule de ces 22 pièces est dans une tonalité maçonnique (mi bémol majeur). D’autres exemples similaires existent.

En examinant l’œuvre de MOZART, rien n’indique par ailleurs qu’il ait accordé une valeur symbolique particulière aux tonalités triples. Sur les 2627 entrées du catalogue Köchel précité, la proportion des tonalités à 3 altérations ne varie pas entre la période précédant et celle suivant son initiation maçonnique.

Enfin, dans La Flûte enchantée elle-même, si l’ensemble de l’ouverture est bien en mi bémol majeur, le fameux « accord trois fois répété » n’est pas l’accord parfait majeur du 1er degré de ce ton, mais celui de si bémol, qui ne comporte pas la note mi bémol.

Le compositeur

A 21 ans, Wolfgang Amadeus MOZART a déjà écrit :

  • 11 opéras
  • 34 sonates
  • 49 symphonies
  • 21 concerti

Au 18ème siècle, tout musicien dépend des « Grands ». Mozart devient ainsi le « valet musicien » du Prince Archevêque de Salzbourg. Il n’aura de cesse de vouloir s’affranchir de cet état subalterne et sa vie durant, le compositeur paiera cette soif de liberté.

A cette époque, chacun n’existe et n’est reconnu qu’en fonction de sa classe d’appartenance. Le plus talentueux des roturiers doit toujours céder le pas au plus sot des aristocrates !

Partant, il est bon de situer MOZART par rapport à l’esprit de son temps. L’entreprise encyclopédique avec Diderot, Voltaire, Rousseau, livre aux feux de la raison la grammaire sociale tout entière, faisant aini table rase de l’ancien régime. De cet ébranlement, surgir un être nouveau : l’individu.

Le domaine musical est l’un des lieux stratégiques où se déroulera la bataille politico-culturelle des Lumières contre les tenants de la tradition.

L’esthétique musicale – pensent les encyclopédistes et leurs amis est un enjeu de pouvoir important. Il s’agit en effet, ni plus ni moins, de déposséder les autorités en place (le Roi, la Cour, l’Eglise) du pouvoir exécutif qu’elles exercent sur le langage de la société, et de donner ce pouvoir qui ont compétence à l’exercer : les savants, les hommes de lettres, les philosophes. On dirait aujourd’hui, les intellectuels.

Dans cette perspective, la suprématie, en matière de goût artistique, est essentielle.

Ainsi, la musique réaliserait l’idéal de ce langage universel que lesdits encyclopédistes recherchent par ailleurs, transcendant les frontières, comme les barrières sociales et linguistiques. Elle s’adresse à l’intelligence, à la raison, au sens de l’équilibre et de l’harmonie, à la sensibilité, à l’émotion, etc. Elle est à la fois, l’expression de l’esprit, de l’âme et du corps. Tout cela, l’Eglise l’a déjà compris depuis longtemps !

Avec MOZART, nous avons donc affaire à un musicien qui cherchera toute sa vie son indépendance financière et morale. Il sera exaucé sur le plan moral par son initiation et pourra se sentir un homme libre, grâce à l’égalité reconnue dans les loges. Il est donc tout à fait en harmonie avec les idéaux de la Révolution.

MOZART est le « musicien-maçon » par excellence. Comment le situer par rapport à ce qualificatif ? Pour ma part, je pense qu’une œuvre maçonnique véritable est celle qui est écrite spécifiquement pour les besoins des loges. Qu’il s’agisse de ponctuer des cérémonies ou accompagner des rites. A ne pas confondre, en conséquence, avec l’inspiration maçonnique.

En fait, MOZART n’a écrit que peu d’œuvres maçonniques, une dizaine seulement – qui portent les numéros 464 à 626 di catalogue Köchel – quelques-unes même avant son initiation, en 1784 (Pour mémoire Köchel est un musicographe autrichien – 1800-1887- qui s’est attaché à classer toutes les œuvres de MOZART par ordre chronologique et thématique). Ces œuvres maçonniques lui ont été tout simplement command » et il n’en connaît pas toujours la destination finale !

Rappelons qu’à l’époque, toute musique était évidemment jouée « en direct », d’où l’importance des « musiciens-maçons » en loge.

Beaucoup d’analystes assoiffés de symbolisme, voire d’ésotérisme, traquent dans les compositions postérieures à l’initiation de MOZART, le signe des arcanes et des mystères de la franc-maçonnerie (n°464 à 626, précités). Or, comme l’explique très bien, et avec malice, le musicologie Gérard Gefen, les fruits de cette quête, souvent attrayants, sont de la même nature que ceux auxquels parvient une méthode similaire pour le déchiffrement du grand secret des Pyramides d’Egypte !

« En divisant successivement le périmètre par le rayon du cercle inscrit, et la hauteur par l’angle de la pente, on obtient l’âge du Pharaon, le poids de l’explorateur, et la distance de la terre à la lune ! »

Mais soyons sérieux et rendons à MOZART, ce qui appartient à la franc-maçonnerie ! Nous avons affaire à un langage universel que je vous propose d’analyser brièvement :

A propos des accords et de leur nombre, il a souvent été affirmé que les tonalités maçonniques sont organisées autour du chiffre 3. Autrement dit des tonamités à 3 bémols (mi bémol majeur, do mineur) et à 3 dièzes (la majeur, fa dièze mineur).

Le procédé serait, en effet, un peu trop facile, et de plus…qui s’en rendrait compte ? Il faut avoir à la fois, une culture musicale et l’oreille absolue ! Qu’importe ces évidences à certains musicologues qui entendent dans la musique de MOZART…des tonalités initiatiques !

Pour l’anecdote, j’ajouterai qu’il était commode, à l’époque, d’écRire dans le ton de mi bémol majeur et d’UT mineur pour certains instruments à vent (clarinette, basson, cor) utilisés dans les loges militaires. En outre, ce ton, ne manquait pas d’apporter une couleur sereine et lumineuse, qui en justifiant pleinement l’utilisation !

A noter qu’aucune des partitions des Constitutions d’Anderson, n’est écrite dans une tonalité maçonnique (la chanson de l’Apprenti est en Ut majeur, celle du Maître en fa majeur, celle du surveillant en ré majeur).

Le Carmen saeculare de François André Danican Philidor créé pour le « Free-Mason Hall » de Londres en 1779 comporte une ouverture et 21 numéros. Une seule de ces 22 pièces est dans une tonalité maçonnique (mi bémol majeur). D’autres exemples similaires existent.

En examinant l’œuvre de MOZART, rien n’indique par ailleurs qu’il ait accordé une valeur symbolique particulière aux tonalités triples. Sur les 2627 entrées du catalogue Köchel précité, la proportion des tonalités à 3 altérations ne varie pas entre la période précédant et celle suivant son initiation maçonnique.

Enfin, dans La Flûte enchantée elle-même, si l’ensemble de l’ouverure est bien en mi bémol majeur, le fameux « accord trois fois répété » n’est pas l’accord parfait majeur du 1er degré de ce ton, mais celui de si bémol, qui ne comporte pas la note mi bémol.

Autres remarques :

La marche des prêtres et le 1er air de Zarastro sont en fa majeur,

L’adhésion de Mozart à la Franc-Maçonnerie se concrétisa le 14 décembre 1784 par son adhésion à l’Ordre. Il a alors 28 ans. Son père, Léopold Mozart devint lui aussi Franc-maçon à peu près à la même période. 

Peu à peu la musique de Mozart est de plus en plus marquée par le symbolisme maçonnique et cela dans toute son œuvre. La musique maçonnique de Mozart est en quelque sorte une musique religieuse. Les loges sont des sortes de temples avec un rituel et une liturgie. Il est, donc, normal que la musique maçonnique ait des accents religieux. En outre, la Maurerische Trauermusik (musique funèbre maçonnique) cite un thème de la liturgie catholique des funérailles. Un exemple du symbolisme maçonnique est la tonalité de Mi Bémol Majeur avec son relatif Ut Mineur. Cette tonalité a trois bémols à sa clef ce qui symbolisent la sagesse maçonnique, tout comme ils symbolisent la Sainte Trinité chez Bach.

La Franc-Maçonnerie que fréquentait Mozart croyait en un Dieu mais Le considérait comme un concept philosophique tel le «Grand Architecte de l’Univers» ou l’ «Être Suprême».

Mozart termine sa 39e symphonie en juin 1788, quelques jours seulement avant la mort de sa fille, et dans les semaines qui suivent, produit encore deux symphonies parmi ses plus grandes. Suivent alors des mois de travaux alimentaires et un voyage en Allemagne entaché par des brouilles avec des personnages importants.

A son retour à Vienne, en juin 1789, il lui faut recourir à de nouveaux emprunts. En janvier de l’année suivante, Così fan tutte ne remporte qu’un modeste succès, et, en février, la mort de Joseph II prive Mozart de son protecteur. L’argent manquant toujours, il n’est pas en mesure de se rendre à Londres où on lui demande deux opéras: c’est Haydn qui part à sa place.

Il écrira pourtant encore deux opéras, la Clémence de Titus et la Flûte enchantée – son dernier succès- qui, malgré ses forces déclinantes car il est atteind d’une maladie qui touche ses reins, lui permettra de revoir Prague,.


Mozart

La Flûte enchantée – Die Zauberflöte – est considéré comme l’opéra de Mozart où se trouvent le plus de références maçonniques. Le symbolisme se trouve également présent dans cette œuvre, comme les trois accords qui marquent le début de l’ouverture. L’histoire est aussi très symbolique, comme le moment de l’initiation de Tamino. La scène se passe en Égypte, ce qui peut contribuer à donner une ambiance mystérieuse et ésotérique.

On peut rapprocher La Flûte enchantée de l’œuvre qu’il écrivit à 16 ans : Thamos König in Ägypten. Il ne s’agit pas d’un opéra mais de chœurs et de pièces pour orchestres destinés à être interprétés entre les actes d’une pièce de théâtre. L’action se déroule en Égypte. Certains voient là un symbole maçonnique tandis qu’il ne s’agit, pour d’autres, que d’un cadre exotique et oriental comme on les appréciait à cette époque (Die Entführung aus dem Serail et Zaïde se passent aussi en Orient). Les paroles des chœurs évoquent le Soleil et Osiris, elles s’adressent à un Dieu unique, et on est en droit de se demander pourquoi les nombreux dieux du panthéon égyptien ne sont pas cités. Le livret est donc clairement maçonnique.

Epuisé par la maladie, il écrit le Requiem – oeuvre majeure – commandé par un personnage mystérieux, un comte qui cherchait à s’attribuer l’œuvre écrite par le compositeur. Le Requiem sonne presque comme un retour ultime du sentiment religieux chez Mozart. En 1791 en effet, il n’avait pas composé de musique d’église depuis près de huit ans avec la Messe en Ut Mineur.

Malgré l’aide de son élève Franz Xaver Süssmayr, la messe des morts restera inachevée: le 5 décembre 1791, Mozart meurt dans le dénuement, et sa dépouille, escortée par quelques amis fidèles, est jetée à la fosse commune.

Le 10 décembre, un service funèbre est célébré à la mémoire de Mozart et les amis et musiciens présents y jouent les fragments qu’il a laissé du Requiem. Car des quatorze numéros de la composition, Mozart n’en a composé complètement que l’Introït et le Kyrie.


Partition du Requiem

LA FLUTE ENCHANTEE

Opéra en 2 actes

Mozart a travaillé La Flûte enchantée de Mars à Juillet 1791, puis de nouveau, en Septembre de la même année. La première représentation eut lieu deux mois à peine avant sa mort. On peut donc considérer que cette œuvre sublime représente son testament spirituel. Sa femme, Constanze, qu’il épousa le 4 août 1782, rapporte dans ses souvenirs, que la veille de sa mort Mozart disait : “Je voudrais bien entendre encore une fois ma Flûte enchantée”.

Au cours des dernières années de sa vie, Mozart cherche et trouve, dans la franc-maçonnerie un idéal de générosité et d’amitié qui l’aide à traverser les moments difficiles, moralement, intellectuellement et, bien souvent, financièrement. Emmanuel Shikaneder, qui écrivit le livret avec une choriste nommée Gieseke, était un ami de Mozart et appartenait à la même loge maçonnique.Il était aussi directeur d’une compagnie théâtrale et acteur de renom, il fut paraît-il l’un des meilleurs “Hamlet” de son temps.

A cette époque, la franc-maçonnerie était très à la mode, bien que l’Impératrice Marie-Thérèse en eût interdit la pratique. L’astuce de l’auteur fut donc d’exploiter sur scène certains des rites désormais interdits. En raison de ces liens avec la franc-maçonnerie, certains commentateurs identifièrent les personnages de la façon suivante : Sarastro, le sage prêtre d’Isis, serait la représentation de Ignaz Von Born, franc-maçon et homme de science, Tamino, serait l’Empereur Joseph ll, Pamina, le peuple autrichien, La reine de la nuit, l’Impératrice Marie- Thérèse, et Monostatos, le clergé et principalement les Jésuites et les ordres religieux.

Ainsi, l’action est située en Egypte, berceau présumé de la tradition maçonnique, laquelle permit au Roi Salomon de faire ériger par son maître de travaux Hiram Habif, le grand Temple de Jérusalem, en 1004 avant J.C.

La scène se passe dans une Egypte imaginaire, à une époque indéterminée, et l’admirable musique de Mozart donne à ce récit une profondeur, une noblesse et une force mystérieuse et sacrée qui en font une œuvre incomparable. Le fier et chaste Tamino, aime la tendre Pamina, fille de la Reine de la Nuit, prisonnière du cruel Monostatos.

Conduit par trois garçons ingénus,Tamino triomphe de toutes les épreuves imposées par le grand prêtre Sarastro, et reçoit la récompense suprême, tandis que le sylvestre Papageno, franchissant à un autre niveau les mêmes épreuves, introduit dans l’action une fantaisie qui est loin d’être incompatible avec la gravité de l’ensemble où le familier côtoie le sublime, enrobé dans la féerie.

C’est sans doute ici que Mozart exprime le mieux ses convictions, sous couvert de merveilleux, il décrit le parcours initiatique qui permet de progresser vers la connaissance, la vertu et la lumière. Le langage de La Flûte Enchantée est en fait celui de la tendresse, de l’effort, de la fraternité et de l’amour.

Épanouissement maçonnique et sexualité !

Quel titre racoleur et ridicule ! On ne voit pas bien ce que vient faire la sexualité dans la Voie maçonnique ! Et pourtant la question ne se limite pas à la mixité en loge. Je vais plus loin : il n’y a pas de spiritualité, entre autres, maçonnique, sans un vécu intérieur et souvent inconscient de la sexualité. Et si, comme je le dis dans mes ouvrages, la Voie maçonnique serait « une spiritualité pour agir », il est impérieux de se pencher sur la question et d’y répondre.

La spiritualité, c’est tout et n’importe quoi. Quant à moi, après des décennies de réflexions, j’en viens à dire, en fonction du génie maçonnique, que la spiritualité est un chemin en plusieurs étapes. Toutes mêlées, selon les initiés, bien entendu. En gros, voici la séquence confuse que nous sommes amenés à suivre. D’abord le sempiternel et universel « gnothi seauton » du temple de Delphes, le « Connais-toi toi-même » auquel fut ajouté quelques siècles après : « …et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Ça, on l’entend dès l’apprentissage, dans le flou pédagogique le plus complet. Puis vient l’époque de la fraternité : « Qui est l’autre et comment l’aimer ? » On suppose alors que les tenues favorisent le compagnonnage.

En fait, les tensions et rejets sont plutôt fréquents. Je ne parle pas ici, à, propos de fraternité de la stupide « régularité », qui est un frein, que dis-je, un frein ? plutôt la négation même de la Voie maçonnique  et, ce faisant, d’un parcours spirituel. Celle-ci d’ailleurs pas n’a-t-elle pas pour caractéristique d’être universelle, comme le rapporte notre profond Frère Jean Mourgues ? Arrive alors le temps des plénitudes, celles de la vie, du sens qu’on lui donne, de l’harmonie intérieur… Autre plénitude : le sentiment de  la mise en conformité entre ce que l’on prétend et ce que l’on fait. Au-delà des paroles, paroles, paroles qui aplatissent parfois nos tenues. Mais alors que vient faire dans ce chemin, la sexualité. J’y arrive et c’est la quatrième étape, si j’ose dire ; en fait tout est mêlé ; cela dépend de la loge, des individus, de leur profondeur de désir de réalisation…

Rappelons-nous d’abord ce qui risque de mettre bien mal à l’aise nombre d’entre nous, car les mœurs ont changé, du moins les jugements portés sur la sexualité. Pour cela, on sait scientifiquement désormais qu’il y a en chacun de nous hétérosexualité et homosexualité tout en mélange et tout en nuances.

Jusque dans les années 1970-80, les Francs-maçons étaient pour moitié d’entre eux des homophobes patentés : Les « bougres » (la règle des « B » interdits à l’initiation : borgnes, bancals….) Il n’est que de lire la question à l’étude des loges sur les sexualités, travaillée à cette époque. Merci la sainte Bible, merci James et les autres.  Moi-même, 50 ans de maçonnerie, je n’ai pas osé évoquer mon homosexualité à mes Frères pendant les premières décennies. Maintenant je considère que c’est une occasion de vie qui facilite parfois la progression sur cette phase de la spiritualité maçonnique. Heureusement la France ne lapide plus les homos !

C’est le bon roi saint Louis qui fit brûler le dernier bougre ! Qu’il n’en soit pas béni !

Alors, vient une étape, mot impropre car la Voie est mélange, amalgame, mixité, métissage….où s’impose, après les trois premiers cheminements, la nécessité d’imaginer un Principe créateur, une entité qui réponde de la planète, des vivants et du cosmos… bref je ne continue pas sur cette piste : Ont paru des tonnes de livres sur Dieu (les saintes Écritures), la Nature (Baruch Spinoza qui revient dare-dare à la mode chanta « Deus sive Natura) et notre inénarrable GADLU Ces ouvrages emmêlent les fils théologico-philosophico, bref apparemment spirituels, dans le florilège de l’apparence des mots et des croyances qui les traduisent. Et c’est là que les chercheurs, des malappris, introduisent la sexualité et ses deux références majeures, l’homo et l’hétérosexualité. Pourquoi : parce que toute Voie spirituelle, la nôtre en particulier ne peut se retenir de déclamer, de sentir débordée, inspirée et aspirée, de défaillir, dès qu’est évoqué :

Le TOUT et l’UN.

Parce que la sexualité qui est un des éléments qui construit grandement notre spiritualité, cogne à la porte de notre conscience : « Si tu m’oublies, tu n’iras pas plus loin ! ». L’inconscient est maître du jeu et la prééminence de la raison, tant adulée des Lumières est un vieil oripeau. Et que se joue-t-il dans le développement sexuel inconscient des hominidés ? Entre autre deux phases à l’entrée et au sortir de l’adolescence : Le désir sexuel pour le semblable d’abord puis celui pour le sexe opposé ensuite. Oui mais voilà : ces deux passages, chez les humanimaux (merci mon bon Daniel Béresniak) que nous sommes ont des destins différents : pour la plupart, la voie vécue est celle de l’hétérosexualité. Pour autant rien de ce qui s’est déroulé juste avant cet aboutissement physique et psychique, n’est effacé et joue toujours un rôle dans notre vie. Je vais choquer : psychiquement, les hétéros ont tous et toutes un soubassement homo. Et heureusement pour la vie en société. Mais je ne vais pas plus loin. Il y faudrait un livre que je n’ai plus l’âge d’écrire !

Problème majeur : les cultures, quasiment toutes, rejettent les homosexualités ; Encore merci la Bible (mais pas les Évangiles). Résultat : la majorité forte des femmes et des hommes, des Frères et des Sœurs se sentent, quoiqu’ils s’en défendent (mais de moins en moins aujourd’hui) , partagés. Que dis-je, ce n’est pas assez fort !. Découpés en deux nécessités de vie. Alors ce dualisme nous laisse insatisfait, incomplets, malheureux . Et ce d’autant plus que tel ou telle impose, à titre d’argument, sons propre aveuglement, dans le genre : « je n’ai jamais senti ça chez moi….je le saurais bien quand même… » et autres billevesées rationalisantes. Alors la plupart d’entre nous causons du TOUT et de l’UN, en conversant comme dans un salon philosophique.

Mais j’en connais et plus d’un et plus d’une (j’ai comme l’impression que les femmes sont plus accueillantes d’elles-mêmes) qui cheminent vraiment vers l’Unité dans le Tout. Ils, elles, dans la descente du fil à plomb, sont parvenus à se regarder sans effroi. Pour enfin se réconcilier en soi-même et avec le plus profond de soi-même. Ainsi, faire disparaître les boniments dualistes et commencer à vivre l’UN, le TOUT dans la dimension de tout l’être : physique, émotionnel, conscient.

Alors à chacun de rechercher puis de reconnaître en lui, enfoui voire rejeté par la culture homophobe au nom de la normalité, elle, le phallus, lui, l’utérus. Alors tout se réunit dans la lumière du delta ANDROGYNE. Voici bien ce moment le dernier du cheminement mais aussi le premier, car l’androgynie palpite, indifférenciée, dans le ventre matriciel l’union qui devient unité, et la complémentarité se mue en harmonie. Certains sont, grâce à la nature plus enclins, à cette plongée. Je pense à certains de mes lecteurs hétéros qui vivent avec joie leur fraternité sexuelle et ; je pense aussi à ces homosexuels qui ont une chance extraordinaire : ceux qui sont plus réceptifs qu’émissifs et celles qui sont autant réceptives qu’émissives. Ceux, celles qui vivent le phallus et l’utérus dans la joie de l’univers et dans l’unité naturelle, quelle que soit la pratique physique. Ceux et celles enfin ceux qui sentent, dans leur intimité, ce que Jean de la Croix cria: « Je suis l’épousée du Ciel ». Nous pouvons être tous et toutes des Thérèse d’Avila, celle du Bernin, à Venise, dans l’extase de l’androgynie.

Simone Weil, la philosophe de la beauté et de l’absolu

Simone Weil est la philosophe la plus mystique du paysage philosophique français. Née en 1909, issue d’une famille bourgeoise israélite parisienne, elle rentre très tôt à l’école normale supérieure et devient la disciple d’Alain. Tout au long de sa courte vie, Simone Weil ne se sentira bien qu’au milieu des pauvres. Elle s’éteint comme une bougie en 1943. Elle laisse le soin à son ami Gustave Thibon de faire le tri dans ses cahiers pour publier ses œuvres fragmentées. Vécue comme sa Vérité, sa philosophie mystique est-elle une philosophie capitale pour les chercheurs ?

Simone Weil, l’humanisme à fleur de peau

Souffrant de nombreuses tares physiques, comme elle l’affirme sans détours, elle sait très tôt qu’il lui faudra escompter sur un autre atout pour réussir à vivre. Très tôt, elle goutte aux joies de la philosophie, avec une soif de justice et d’égalitarisme. Et son appétence va la mener loin, jusqu’à l’agrégation. Elle maitrise parfaitement l’hébreux, le grec et devient la disciple du philosophe Alain. Puis, elle enseigne dans différents lycées, s’intéresse à la condition ouvrière, dont elle tire un ouvrage et publie dans différentes revues.

Mais cela ne lui suffit pas. Le joug de l’administration française devient si lourd, qu’elle prend congés lorsque la guerre d’Espagne éclate et elle se lie avec les anarchistes de Barcelone. Simone Weil a l’humanisme collé au corps, une grande soif de justice, une abnégation totale de sa propre personne et un amour profond pour les autres. De son corps qui la fait souffrir, elle en tire une profonde résignation de tout plaisir terrestre. Elle veut aller au delà de ses forces physiques. Au point que la souffrance devient l’axis mundi de sa philosophie.

La révélation de la foi chrétienne

Comme elle ne veut prendre les armes contre Franco, elle rentre en France et devient ouvrière chez Renault en 1937. Travaillant dans les mêmes conditions que les ouvrières, Simone Weil souffre le martyre. Mais cette souffrance devient le fer de lance de toute sa quête de vérité. La connaissance est à ce prix. Elle prend la voie christique alors qu’une phrase de l’Evangile se révèle à elle. Quelle était la nature du message? Nul ne le sait. A compter de ce moment, Simone Weil recherchera pour le restant de ses jours, la sainteté laïque au sein du dernier degré de l’échelle sociale. Cependant, elle devra surtout survivre aux affres de la seconde guerre mondiale et échapper à ses relents raciaux.

La rencontre avec Gustave Thibon

Par le biais des dominicains, Simone Weil est accueillie chez Gustave Thibon, car l’université l’exclue définitivement en 1941. La cohabitation est d’abord difficile pour les deux grands philosophes. Mais tous les jours Simone travaille à la ferme et écrit le soir dans de grands cahiers des fragments de pensées, saisies sur le vif. Pensées comme édictées par son âme, semblables à celles de Pascal qui sont des pierres d’attente. De ces cahiers rien n’était destiné à être publié en l’état. Mais en seront extraites deux œuvres majeures de la pensée Weilienne: la pesanteur et la grâce, et la connaissance surnaturelle. Toutes deux sont des œuvres posthumes que nous devons au travail de Gustave Thibon qui rassembla ce qui était épars.

La pesanteur et la Grâce

« Deux forces règnent dans l’Univers: la lumière et la pesanteur. »

simone Weil

On ne peut commenter l’œuvre de Simone Weil sans risquer noircir sa lumière. Comme l’écrit Gustave Thibon, l’homme est un néant capable de Dieu, esclave de la pesanteur et libéré par la Grâce.

Détachée, ascète, pure et sensible, Simone Weil dans cette œuvre cherche l’amour à sa racine, tout en restant honnête et réaliste: on ne peut se rapprocher de Dieu sans être une âme nue. Sans devenir rien. Sans la souffrance de la dècréation. Dans ce livre d’influence taoïste et hindouiste, elle interprète surtout Platon dans un sens très chrétien. Pour atteindre la Grâce, des purifications intérieures sont nécessaires dans un soucis d’authenticité intime. Et atteindre la nudité c’est surtout atteindre le point de solitude.

« Tant que la nudité d’expression n’est pas atteinte, la pensée non plus n’a pas touché ni même approché la vraie grandeur. »

Dans cette œuvre fragmentaire, faite de chair et d’esprit, comme peut l’être une colonne invisible et ascendante, chaque fragment est insécable, car simple dans l’intention. La grâce est tel l’éclair divin posé sur le papier gorgé d’encre, mais sans bavure, en constant devenir, superposé au champ de tous les possibles dans l’altérité et la Beauté. Cependant, pour aborder la philosophie weilienne, il faut une âme nue, dépouillée, au risque de se brûler à son incandescente flamme ou ne pas la comprendre. Au risque de finir comme un Icare. .

Dècouvrez la connaissance surnaturelle de Simone Weil ici La connaissance surnaturelle (6e éd.) / Simone Weil | Gallica (bnf.fr)

La philosophie de l’existence sous l’influence de la pesanteur

« Dire que le monde ne vaut rien, que cette vie ne vaut rien, et donner pour preuve le mal est absurde, car si cela ne vaut rien, de quoi le mal prive-t-il ? »

La pertinence de cette phrase concise réduit le conflit entre Schopenhauer et Sartre et leurs dilemmes au sujet du poids du monde. Exister c’est être placé au dehors étiologiquement parlant. Ainsi, Le monde ne coexiste pas avec Dieu, mais il en est son empreinte. En se dépossédant de sa nécessité, Dieu se confond avec le bien après s’être retiré de sa création. La pesanteur est la force dèifuge, notre racine divine, qui nous pousse à rechercher tout ce qui peut la conserver, voire l’accroître. Chercher à échapper à cette pesanteur équivaut à rester extérieur, opposé à Dieu, donc à soi.

La contradiction

Chez Simone Weil, plus une âme est attachée à poursuivre l’œuvre du bien, plus les contradictions déséquilibrent le réel.

« Chaque chose que nous voulons est contradictoire avec les conditions ou les conséquences qui y sont attachées. « 

Il faut accueillir chaque branche, bien comme mal, et se laisser écarteler pour trouver l’identité originelle du nécessaire et du bien. La philosophie de Simone Weil reprend le postulat d’Hermès: « le plus haut ressemble au plus bas. » Ainsi, le détachement peut être assimilé à de l’indifférence, la non violence à la lâcheté… mais le vrai bien ne s’oppose jamais au mal, il le transcende et l’efface. Grâce à l’attention. On retrouve le même postulat chez Leibniz.

La Grâce comme processus d’individuation

La pesanteur nous crée, la Grâce nous décrée. Le héros porte une armure, le saint est nu. Pour Simone Weil nous sommes des non-êtres comme Dieu. Sans forcer son propre talent, nous devons être détaché du bien ou du mal, projeter sur l’un et sur l’autre la lumière de l’attention, pour faire en définitive…le bien. La grâce est telle une goutte d’eau qui s’insinue à travers chacune de nos couches géologiques. Sans pour autant modifier leur structure. Silencieusement, la Grâce nous fait redevenir Dieu.

Les metaxus de Simone Weil

Si Simone Weil est façonnée par sa quête d’Absolu, elle n’entend tout de même pas renoncer aux valeurs temporelles. Toute vie humaine serait impossible sans ce lien temporel. Le metaxus est la notion du bien et du mal terrestre. Le Bien et le mal necessaires pour permettre à l’homme de choisir le meilleur. Encore Leibniz.

Le metaxus sont des moyens de trouver en soi sa nature divine, sa vérité, mais ils ne sont pas fin en soi, et n’ont aucune valeur d’éternité. Tout comme la Franc-maçonnerie est un metaxus qui contient en elle même son bien, son mal, sa force, sa faiblesse, mais l’ensemble des moyens qu’elle propose n’est que proposition à tirer meilleur parti de soi. Il n’y’a pas de fin en soi à être franc-maçon ni de garantie d’éternité. Les metaxus sont des chemins, des voies à emprunter sous couvert d’espèrance d’y puiser de la Beauté.

Cahiers d’Amérique 1942

La Beauté selon Simone Weil

Le telos de la pensée weilienne c’est de concevoir un agir moral, comme étant la possibilité d’une action désintéressée. La charité. L’agapé. Cette action désintéressée est rendue possible par une relecture du sentiment moral qu’est le respect en terme de sentiment esthétique du plaisir ressenti devant le beau. Une gratitude envers la beauté sans désir de possession. « La beauté est lumière d’éternité » ; l’éclat du monde, la Source féconde qui est source du bien le plus pur.

Toutefois, la beauté n’est pas une entité. Elle est une relation qui transfigure par rayonnement les choses matérielles et terrestres. Et elle n’est pas un metaxus. Elle colore simplement les choses, les moyens terrestres, pour les ordonner. La beauté est une lumière sur l’éternité car, au préalable, toute scorie est ôtée. La beauté reste le filigrane en pointillé de cette voie du cœur où l’attention, le regard posé sur chaque chose a un parfum d’éternité. Sans rien attendre.

« Dieu est l’unique fin. Mais aucunement une fin, puisqu’il ne dépend d’aucun moyen. Tout ce qui a Dieu pour fin est finalité sans fin. Tout ce qui a une fin est privé de finalité. » Encore Leibniz.

Découvrez Simone Weil, vue par ceux qui l’on connue: Thibon, Schumann, Michel Serres Simone Weil par ceux qui l’ont connue – YouTube

Dimanche prochain, devinez qui sera au rendez-vous ? Leibniz

Si vous avez loupé le rendez-vous de dimanche dernier, sur Machiavel et Le Prince, c’est par ici Tout savoir sur Machiavel et «Le Prince» – Journal 450.fm

San Marin : La Grande Loge de San-Marin agit en faveur de la population ukrainienne

De notre confrère de San Marin libertas.sm

Le Grand Maître de la Grande Loge de la République de San-Marin, en bref SGLRSM, dr. Emidio Troiani, au nom de tous les francs-maçons de sa Grande Loge, a remis le produit de la collecte de fonds avec la protection civile de San-Marin pour aider les quelque 300 ukrainiens venus se réfugier à San-Marin grâce à la générosité de la population.

Cela a été rapporté dans un communiqué de presse. « La Grande Loge Régulière des Anciens Maçons Libres et Acceptés de la République Sérénissime de San-Marin est la seule Franc-Maçonnerie régulière présente sur le territoire de San-Marin, fondée par le regretté Prof. Federico Micheloni, et en relations d’amitié fraternelle avec plus de 100 Grands Loges régulières du monde entier.

Le produit a été remis par le Grand Maître Troiani et le Grand Officier Antonio à Eng. Francioni de la Protection Civile de San-Marin à leur siège de Tavolucci. L’initiative, respectant les valeurs maçonniques de Liberté, Fraternité et Solidarité, complète les projets caritatifs que les francs-maçons de San-Marin réalisent au cours de l’année. L’an dernier, des aides avaient été allouées à l’ISS pour faire face à l’urgence sanitaire du Covid-19.

Les francs-maçons de San-Marin « , souligne le Grand Maître Troiani, » respectent les principes initiatiques qui constituent les francs-maçons ; parmi ces principes « Tolérance et Solidarité » sont considérées parmi les premières vertus d’un franc-maçon ».

« La considération que nous, francs-maçons, accordons à ces principes permet à des hommes de caractère, de croyances religieuses, d’idéologies et de conditions sociales différents, de siéger fraternellement dans le même Temple et de travailler, aux mêmes fins, dans le plus absolu, affectueux, respect mutuel et aussi pour atténuer les malheurs de ceux qui en ce moment ont moins de chance que nous et sont dans des conditions défavorables ». « Nous appelons à l’arrêt immédiat de la guerre et de la violence en Ukraine où, dans une lutte fratricide, des armées inégales s’opposent et un nombre inimaginable de civils innocents sont en train de tout perdre ».

A propos des émotions… Cinq habitudes à abandonner, ou à revisiter

1) Arrêtez de croire tout ce que vous pensez.

 Le « fonctionnement » de la pensée est dépendant de deux paramètres : Moi (raison, intuition, imagination) et le monde (pression sociale). Sachant qu’aucun n’est vérité.

Il y a – pour dire simple – les pensées exigeant une réponse immédiate par l’action (de l’ordre de la survie, pour soi ou autrui) et celles pouvant être reportées et « muries » par la réflexion.

Penser dans le cadre de « la vie de l’esprit » (définition classique de la spiritualité) relève d’un dialogue intérieur qui implique l’analyse, le doute, la critique. 

C’est un processus qui s’oppose aux réactions de notre instinct et aux influences extérieures. 

Qui est un jour juré dans une cour d’assises a immédiatement conscience que l’acte de penser équivaut à prendre une RESPONSABILITÉ

Il ne s’agit donc pas de croire (tenir pour vrai) tout ce que l’on pense (ou ce que l’actualité nous donne à penser !) mais faire la part des choses (trouver le juste milieu, la bonne mesure)

C’est pourquoi la justice humaine (qui relève d’un dialogue entre les représentants du peuple) a pour emblème une balance.

2) Arrêtez de vous juger sur vos émotions

 Le mot « émotion » vient de l’ancien français motion, c’est à dire mouvement, qui a généré émouvoir, puis émeute, et ensuite émoi.

D’abord distinguons les émotions (productions physiques) des sentiments (élaborations mentales)

Il y a classiquement cinq émotions de base : la peur, la colère, la tristesse, la joie, l’amour. 

C’est à partir de chacune d’elles que notre esprit génère les sentiments

  • De la peur : appréhension, crainte, souci, anxiété, etc.
  • De la colère : rancune, irritabilité, rage, mépris, etc.
  • De la tristesse : morosité, peine, regret, nostalgie, etc.
  • De la joie : jubilation, gaité, satisfaction, euphorie, etc. 
  • De l’amour : désir, affection, tendresse, compassion, etc.

Chaque émotion (avec son corollaire sentimental) est une source vive : elle ne demande qu’à jaillir pour exprimer ce que nous avons sur le cœur. Il ne s’agit donc pas de l’étouffer mais de la libérer à propos.

L’émotion est à la fois arme et outil, ouverture et bouclier. 

C’est l’imagination qui la décline en sentiments et forme ainsi nos jugements sur nous-même et les autres

Il faut les comprendre par un auto-questionnement. Pourquoi j’appréhende cette rencontre ? Pourquoi je n’aime pas telle personne ?

Ce sont nos réponses qui peuvent stopper les jugements inopportuns…et « habituer » notre cerveau à déclencher nos émotions à bon escient.

3) Arrêtez d’avoir besoin de trouver un sens à tout

 Dès qu’il s’est dressé sur ses pattes arrière devenues jambes, l’homme a découvert l’horizon. C’est la curiosité qui l’a incité à quitter son berceau africain et à entreprendre le tour du monde. Il a cherché à comprendre son environnement au fur et à mesure de sa progression.

Avec une volonté, à la fois « questionnante » et directionnelle, que le vocabulaire a désigné par le mot « sens », précisément à double signification.

Cette habitude a traversé les siècles : en manque d’origine pour lui-même, l’homme, grâce à sa faculté de penser et à son imagination       (encore elle !) a inventé le RÉCIT, et partant un début à sa propre histoire ;

Sont ainsi nés les mythes, les contes, les fables et les légendes, autant de fictions qui ont apaisé son angoisse existentielle tout en créant le réflexe devenu besoin, de d’expliquer le monde par son intelligence. Voire, parfois, de croire lesdites fictions et de les ériger en vérités !

Les premiers philosophes grecs ont commencé par penser la nature, puis Socrate, par eux formé, s’est mis à penser l’Homme. Depuis, la philosophie affirme que tout peut être pensé! (Pas sûr !)

Penser, c’est réfléchir et la réflexion questionne, à double sens (signifiance, destination) « Qu’est-ce que ça veut dire ? » « Où ça nous mène ? » 

Et entre deux personnes : « Qu’est-ce que tu me racontes? » « Où veux-tu en venir? » 

La technologie (Internet) qui a imposé l’immédiateté et la réponse à toute question a en même temps rendu l’homme vaniteux!

Le fait de « tenir le monde dans sa main » lui permet de penser qu’il est omniscient!

Il compense ainsi son impossibilité à expliquer le mystère de l’univers !

En cette période où « un plus petit que soi » domine le monde, s’impose un retour à l’humilité. L’homme doit accepter de ne pas tout savoir et a défaut d’ignorer si la vie a un sens, c’est à la sienne qu’il doit en donner un!

L’estime de soi et du semblable constitue ce sens même !  

La religion apporte des réponses. La franc-maçonnerie pose des questions. Il est plus important de chercher que de trouver !

Mieux que le sens, c’est souvent notre bon sens qu’il convient d’écouter. Car il est sagesse!

4) Arrêtez d’essayer de tout contrôler

Nous revenons ici à la peur, première de nos émotions inscrites en nous, depuis l’homme des cavernes. 

Celui-ci se trouvait devant une alternative qui a été définie par le concept des « 3F » (en 1915 par le neurophysiologiste Walter Cannon)

Frigth (peur) = Fight (combat) ou Flight (fuite)

Cette peur (vulnérabilité) dans un milieu hostile, est devenue notre méfiance d’aujourd’hui. Quand elle se traduit par « la volonté de faire face soi-même », le sujet s’expose à tous les fronts (tel un joueur de tennis qui recevrait plusieurs balles à la fois !)

Une obsession de la perfection lui donne une illusion de pouvoir sur les évènements. Le bénéfice secondaire (trompeur) est de penser que l’on est ainsi admiré, aimé davantage, préféré même ! 

Cette subordination volontaire au regard de l’autre est dangereuse en ce qu’elle aboutit à une mise sous stress et devient vite épuisante.

La névrose obsessionnelle (c’est de cela qu’il s’agit) conduit à la culpabilité, voire à la dépression. Comment s’en défaire?

Il convient notamment de passer par le Connais-toi toi-même (prendre conscience de ses limites). Puis aussi d’opter pour la délégation de tâche, qui revient à reconsidérer l’autre, aller vers lui, non en termes de regard gratifiant mais de confiance.

Certes le « lâcher prise » ne se commande pas. Mais remettre la raison aux commandes, c’est possible! Alors intervient le passage de la co-errance (avec des sentiments parasites : illusions, haute opinion de soi, « grandiosité » ) à la cohérence (modestie) !

 5) Arrêtez de prendre vos décisions en s’appuyant sur vos émotions (plutôt que ses valeurs)

Nous sommes ici dans le prolongement du « conseil » précédent. Notre vie quotidienne est une succession de décisions, donc de choix à opérer (et choisir, c’est éliminer, c’est se priver du reste !).

La raison est constamment nécessaire pour décider en toute sécurité (physique, matérielle, financière, entre autres).

Ce qui ne signifie pas l’exclusion de l’émotion (le bon choix rend serein, voire joyeux !).

Acheter une voiture, c’est pratiquement toujours passer par la raison   (moyens financiers) et la passion (esthétique du véhicule).

Si l’acte d’achat est prévu « pour épater la galerie » (montrer un rang social), donc avec le « registre émotionnel » aux commandes, il est à éviter.

La légende d’Ulysse illustre bien la question du choix entre émotions et valeurs : Au retour de la guerre de Troie, Ulysse fait escale sur l’île merveilleuse de la déesse Calypso. Elle en tombe folle amoureuse et lui promet l’éternité s’il reste avec elle.

Tenté, il pose son armure. Après sept ans de délices le jour, mais aussi de remords en secret la nuit, Ulysse décide de rentrer chez lui à Ithaque où l’attend sa femme Pénélope. Zeus permet ce retour. 

Plutôt que la vie éternelle, Ulysse choisit donc une vie de mortel réussie (appuyée sur des valeurs) plutôt qu’une vie d’immortel manquée (sans vécu de la gamme émotionnelle) !

L’éternité se vit au présent, chaque jour étant un « ici et maintenant ».

Ces valeurs (morales, spirituelles, existentielles) n’excluent pas l’émotion, bien au contraire (de la joie à la tristesse, laquelle a aussi son rôle adéquat). Et en l’occurrence, la plus belle, qui s’appelle l’Amour!

CONCLUSION

Il est à remarquer que ces cinq injonctions ont un point commun : elles renvoient à l’ORGUEIL. Il est nécessaire en termes de dignité, d’assertivité, d’estimation de sa valeur personnelle. Il est inapproprié lorsqu’il devient opinion trop avantageuse de soi, supériorité et vanité. Il ne convient pas non plus de déduire que les réactions émotionnelles sont néfastes. Une idée reçue, encore très répandue, fait penser qu’elles doivent être maîtrisées.

Combien d’enfants apprennent ainsi dès leur plus jeune âge à masquer leur ressenti, combien d’adultes « coincés » n’osent pas prendre la parole en public (en loge!) pour formuler un avis ou un désaccord? Rires et larmes sont ainsi ravalés, compliments et reproches rentrés.

A noter au passage ce principe (sorti de nulle part !) qui énonce qu’il ne faut pas dire « merci » ou complimenter en maçonnerie !

Toutes les émotions contrariées puis enfouies se transforment en toxines qui empoisonnent littéralement l’organisme. De la sorte, peuvent se fabriquer, dans notre société si cruelle, les timides, les anxieux, les stressés, les aigris ou les hargneux !

N’oublions jamais que l’émotion, c’est la vie !

ITALIE : Que fait un franc-maçon à l’ombre d’une pyramide ?

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Les hypothèses ésotériques, portant surtout sur la pyramide de Khéops, puisqu’il n’y a pas d’inscriptions, ont conduit à supposer des significations astronomiques précises exprimées dans les mesures extérieures : ces relations révéleraient des relations existantes dans l’Univers.

A l’inverse, les mesures intérieures, se référant au système de couloirs et de passages, nous permettent d’imaginer une profonde signification mystique – symbolique.

Il semble établi que les seuls endroits sur Terre sans constructions pyramidales sont l’Australie et l’Antarctique.

Il n’y a pas non plus de doute sur le rang des peuples qui les ont construits : un savoir-faire constructif remarquable et une connaissance approfondie des calculs mathématiques et astronomiques. Si nous nous référons aux grandes pyramides, celles d’Amérique centrale et d’Égypte, nous devons immédiatement préciser que nous sommes face à des chefs-d’œuvre d’architecture, d’ingénierie et de construction.

Il est étonnant que des hommes de ces temps anciens, dépourvus de technologie et d’outillage mécanique, aient été capables de pareils travaux ; tout comme il est étonnant que ces cultures aient été pratiquement distantes l’une de l’autre de milliers de kilomètres, voire de centaines d’années, et qu’il s’agisse de structures dont la construction remonte presque à la préhistoire.

Égypte antique, Egypte antique, frise
Égypte antique

Personne ne nous a jusqu’à présent donné une explication complètement convaincante quant à leur destination : s’il s’agissait de tombes ou de temples, pourquoi ils ont été érigés, combien de temps a duré leur construction, comment leurs alignements pouvaient être presque parfaits, comment leur peau extérieure pouvait être lissée et placés avec une précision incroyable.

Un mystère, donc, qui a toujours fasciné et tourmenté l’humanité.

De nombreux intellectuels se sont interrogés sur leur signification.

François-René de Chateaubriand écrit :

Si l’homme a érigé de telles tombes, ce n’est pas par conscience de son propre néant, mais plutôt par désir d’immortalité : cette tombe ne représente pas une limite, qui marque la fin de quelque chose, mais un point de départ vers une vie éternelle, et une sorte de porte immortelle bâtie au bord de l’éternité.

Victor Hugo le définit :

Montagne humaine… échelle ardue !

Enfin, Manley P. Hall :

La Pyramide reste le signe visible du pacte entre la sagesse éternelle et le monde. La Pyramide est la maison de la sagesse, solidement fondée sur la nature et ses lois immuables, les coins sont le silence, la profondeur, l’intelligence et la vérité. Les visages triangulaires sont les emblèmes d’une triple puissance spirituelle.

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Parmi les significations symboliques, celle de monument solaire se distingue certainement. À travers elle, il était possible d’atteindre Dieu le Soleil et cela est confirmé par les soi-disant textes des Pyramides, un précieux document religieux de l’Égypte ancienne, trouvé en 1881, qui s’y réfère continuellement comme un escalier qui vous permettrait d’atteindre les sphères célestes.

Il est sans doute probable que la forme avait un sens figuratif, qu’elle reflétait une conception du monde, une somme de mystères.

On parle de la symbolique de la Pierre, dont la clef d’interprétation vient du célèbre « Livre des Morts » , rituel funéraire, qui, à travers des allégories supérieures, honorant le Dieu Unique, celui des initiations secrètes, permet de saisir le caché sens de l’intérieur des Pyramides. Il est ainsi possible d’identifier les termes de la Pyramide sur la base du « Livre des Morts » .

La descente équivaut au passage descendant, de la chambre double de vérité à l’ascendante et à la grande galerie ; la porte de l’ascension à l’entrée et la salle de vérité dans les ténèbres au passage ascendant. La salle de vérité à la lumière revient à la grande galerie.

L’intersection des routes pures de la vie à l’intersection des passages supérieurs. Le bien à celui de la vie. L’arc royal du solstice à l’entrée du passage de la chambre du Roi La chambre du triple voile à l’antichambre.

Le passage du voile au passage de la chambre du Roi.

La chambre de la Résurrection, avec celles du Grand Orient et le tombeau ouvert, jusqu’à la chambre du Roi.

Karnak, en Egypte - monuments
Karnak, en Egypte – monuments

La vie de l’avancement de l’âme régénérée au passage de la chambre de la Reine, de la chambre de régénération à celle de renaissance. De la chambre de la Lune à celle de la Reine. De la chambre d’essai et du feu central au souterrain. Les lieux secrets du Dieu cachés dans les chambres de la constitution.

Tout cela apparaît comme un chemin tortueux et semé d’embûches, à l’image de la vie, mais qui, pour qui saura marcher et l’affronter, conduira à des découvertes exceptionnelles.

Ainsi le couloir d’entrée est la période de préparation et d’initiation aux mystères de l’Univers. Le couloir descendant est la dégradation de l’individu qui, n’ayant pas trouvé la vérité, s’enfonce dans les ténèbres de la Terre.

La chambre souterraine, où les hommes renversés marchent comme des mouches au plafond en s’arrachant la cervelle à coups de hache, renvoie plutôt à la folie.

A l’intersection entre le couloir d’entrée et le couloir descendant se trouve le premier passage ascendant appelé « Salle de la Vérité dans l’Ombre », architecturalement construit comme un couloir étroit et bas, qui permet le chemin de l’homme, même s’il est courbe, plus en douceur, par rapport au passage descendant.

Le passage horizontal et la chambre de la Reine indiquent la renaissance spirituelle, la venue de la vraie lumière de l’Orient, durant les derniers jours de la loi. Suit la grande galerie qui est la « Salle de vérité dans la lumière », où l’initié sera introduit après de nouvelles épreuves de son courage et de son intégrité.

La grande étape, c’est-à-dire le début de la préparation en vue de la consommation de l’heure et de la restauration de toutes choses, sera accessible en passant des épreuves de sagesse et de progrès accomplis.

Suivent les passages bas, brièvement interrompus par l’antichambre, dont les murs de granit présentent des sculptures verticales, emblématiquement destinées à recevoir les motifs ultérieurs, qui, en s’ouvrant, permettaient d’accéder à la salle la plus secrète, au Saint des Saints.

L’antichambre était le lieu où le triple voile commençait à se lever.

En y pénétrant, l’initié, pas encore Maître, témoigna de son humilité, s’abaissant sous la dalle verticale de granit, pour entrer, tout courbe, dans le dernier passage bas, symbole de l’humiliation déjà signalée plus haut.

Dans le Livre des Morts ce milieu porte les noms les plus extraordinaires : c’est la chambre du Mystère et du Tombeau ouvert, la chambre du Grand Orient des anciennes prophéties, la salle de jugement et de purification des nations, le retour de la vraie Lumière, celle qui vient de l’Occident.

Dans la chambre du Roi, le drame de la « seconde mort » se joue. Ici le candidat, après avoir été crucifié sur la croix des solstices et des équinoxes, fut enterré dans un grand sarcophage…
Le candidat fut placé dans le grand cercueil de pierre et pendant trois jours son esprit, libéré de l’enveloppe morale, erra sur le seuil de l’éternité.

Réalisant que son corps était une maison qu’il pouvait quitter et retourner sans mourir, il atteignit la véritable immortalité. Au bout des trois jours, il revenait à lui-même, et après avoir ainsi expérimenté le grand mystère, il était vraiment un initié… envers qui la religion avait rempli son devoir, l’amenant à la lumière de Dieu.

La pyramide de Giza et son Sphinx
La pyramide de Giza et son Sphinx

La chambre du Roi était la porte entre le monde matériel et les sphères transcendantes de la nature, la Grande Pyramide, l’accès par lequel les anciens prêtres laissaient passer quelques élus pour se lancer dans la réalisation de la perfection individuelle.

Et il est également utile de porter notre attention sur le sommet manquant, caractéristique commune aux constructeurs d’édifices religieux, qui laissent leurs travaux inachevés comme pour indiquer que seul Dieu est complet, total.

Et nous pouvons à nouveau conclure avec Hall :

 La pierre de couronnement, bien qu’elle existait, était formée par une pyramide miniature, surmontée d’un bloc plus petit et ainsi de suite « à l’infini ». Pour cela, la pierre de couronnement est la quintessence de l’ensemble de la structure.

La Pyramide peut être comparée à l’Univers et la Pierre Couronnement à l’homme.

Suivant la chaîne des analogies, l’esprit est la pierre angulaire de l’homme, l’esprit est de l’esprit, et Dieu, la quintessence de tout, est la pierre angulaire de l’esprit.

Comme un bloc brut et inachevé, l’homme est extrait de la carrière et, grâce à la culture secrète des mystères, se transforme en une véritable et parfaite couronne pyramidale. Le Temple n’est complet que lorsque l’initié devient le sommet vivant par lequel le pouvoir divin est concentré dans la structure divergente sous-jacente.

UK : Les francs-maçons du Somerset font un don au projet Strawberry Line

De notre confrère anglais thewestonmercury.co.uk – Par Charly Williams

La forêt des francs-maçons de Mendip a fait don d’un chèque au Strawberry Line Café et au projet cycliste la semaine dernière pour aider à poursuivre son soutien aux jeunes ayant des troubles d’apprentissage.

Un chèque de 700 £ a été remis au projet le 9 mars, ce qui aidera à financer des stages pour ces jeunes apprenants à Yatton. 

Les membres de la loge maçonnique ont fait don de 500 £ et ont été jumelés à 200 £ de la Grande Loge provinciale du Somerset. Dans le cadre des principes directeurs de la franc-maçonnerie, la loge fait régulièrement des dons à des œuvres caritatives. 

Le Strawberry Line Café est un lieu communautaire qui emploie du personnel ayant des difficultés d’apprentissage.  

La gérante du café, Zoe Barker, a déclaré : « Nous sommes extrêmement reconnaissants de l’aimable don de Forest of Mendip Lodge. »

« Cet argent aidera à financer tous les placements incroyables que nous faisons pour les jeunes apprenants ayant des troubles d’apprentissage dans le cadre du projet Strawberry Line. »

« J’ajouterais que nous sommes également extrêmement reconnaissants envers la communauté locale pour avoir soutenu notre projet au fil des ans. »