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Là où la philo mène

CHRONOLOGIE

PYTHAGORE : 570-500 avant Jésus-Christ

HERACLITE : 550-480 avant Jésus-Christ

SOCRATE : 470-399 avant Jésus-Christ

ANTISTHENE : 435-370 avant Jésus-Christ (fondateur avec DIOGENE du Cynisme)

PLATON : 427-347 avant Jésus-Christ

ARISTOTE : 384-322 avant Jésus-Christ

PYRRHON D’ELIS : 365-275 (fondateur du Scepticisme)

EPICURE : 341-270 (fondateur de l’Epicurisme)

ZENON de CITION : 335-264 (fondateur du Stoïcisme)

SENEQUE : 4 avant Jésus-Christ – 65 après Jésus-Christ (stoïque)

EPICTETE : vers 50 avant Jésus-Christ – 127 après Jésus-Christ (stoïque)

MARC-AURELE : 121-180 après Jésus-Christ (stoïque)

Le stoïcisme pénètre le monde romain grâce aux Grecs Panaïtos et Posidonios

DEFINITIONS

PHILOSOPHIE : Activité rationnelle critique s’efforçant de chercher le sens des choses

CYNISME : retour à la nature en méprisant les conventions sociales, l’opinion publique et la morale

SCEPTICISME : théorie selon laquelle l’esprit humain ne peut atteindre aucune vérité

EPICURISME : recherche raisonnée du plaisir

STOICISME : le bonheur est dans la vertu et dans l’indifférence à la sensibilité

NAISSANCE DE LA PHILOSOPHIE

L’inféodation totale de l’homme au divin depuis Abraham, David puis Salomon et ses suivants (c’est-à-dire au fil de l’écriture de la Bible) finira par soulever une opposition intellectuelle. Précisément lorsque la cité démocratique grecque viendra concurrencer la cité sacrée (Athènes contre Jérusalem). Commencent à s’opposer ainsi les hommes de raison aux gens de foi. De la sorte naîtra dans l’antiquité judéo-grecque un débat théologique complexe, toujours pas clos aujourd’hui : celui du libre arbitre et de la grâce divine. Il oppose maintenant les créationnistes aux Darwinistes. Dans l’Antiquité, ce sont les stoïques qui « ouvrent le feu » en déclarant que le « divin » c’est l’Univers constitué (le Cosmos) et non un Être suprême. Sénèque, Epictète et Marc-Aurèle proposent un monde pensé sans Dieu.

MARC-AURÈLE

Empereur et philosophe romain. Il étudia la rhétorique et la philosophie stoïcienne. Adopté par l’Empereur Antonin, dont il épousa la fille Faustine, il reçut lui-même le titre d’Empereur qu’il conserva vingt ans, jusqu’à sa mort. Son règne, pendant lequel il rénova l’administration judiciaire et financière, fut troublé par plusieurs guerres victorieuses contre les Parthes et les Germains. Malgré son humanisme, il ne fait rien pour améliorer la situation des chrétiens dans l’Empire.

Ainsi, lors des Jeux du cirque auquel il assistait, il abaissait son pouce pour que ces chrétiens soient mis à mort. Et il détournait la tête pendant qu’ils étaient dévorés par les lions !

C’est à la fin de sa vie qu’il rédigea ses « Pensées ». Elles constituent le dernier grand témoignage sur le stoïcisme antique.

Son recueil de maximes, rédigé en grec, est intitulé exactement « Pensées pour moi-même ». Marc-Aurèle est l’un des rares hommes d’Etat (avec Thomas More et Francis Bacon) à avoir laissé un nom dans l’histoire de la philosophie. Cet ouvrage constitue par ailleurs, l’un des seuls grands textes de pensée stoïcienne qui nous soit parvenu. Ecartant la physique et la logique, il est résolument centré sur la question éthique : accéder à l’idéal d’autonomie et de paix qui est celui du sage stoïcien par l’adhésion à l’ordre universel et la maîtrise des passions.

Ainsi sont jetées les bases d’une « spiritualité laïque ». Elles seront actualisées, quelque deux mille ans plus tard, par les penseurs Vladimir Jankélévitch, André Comte-Sponville et Luc Ferry, pour définir, ni plus, ni moins, la philosophie d’aujourd’hui.

La Franc-Maçonnerie en ESPAGNE : Ses deux courants, marqués par les loges britanniques et françaises

De notre confrère espagnol elcierredigital.com – Par Maria Jesus Navarro

Amando hurtado, franc-maçon appartenant à la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique de France, explique à « elcierredigital » la différence entre les deux obédiences.

La Grande Loge d’Espagne est la plus connue des obédiences franc-maçonne espagnole. La récente élection qui a désigné comme « Grand Maître », Txema Oleaga, a mis l’accent sur l’association qui n’est cependant pas la seule à représenter ce courant.  La rédaction a contacté Amando Hurtado, membre de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique de France qui fait partie de la Franc-Maçonnerie Française, aussi appelée « irrégulière ».

Le nom de la Grande Loge d’Espagne est le premier qui vient à l’esprit lorsqu’on évoque la franc-maçonnerie en Espagne. Récemment, les élections au poste de Grand Maître de cette association – qui ont été remportées par le sénateur du PSOE Txema Oleaga – ont révélé l’appartenance maçonnique de certains personnages publics, des politiciens et des avocats et ont mis en évidence l’institution, qui n’est cependant pas la seule.

« Il y a six obédiences maçonniques différentes en Espagne autres que la Grande Loge d’Espagne » , a expliqué Amando Hurtado , un Maçon appartenant à la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique de France. « La Grande Loge d’Espagne est un obédience maçonnique qui en Espagne n’a jamais été le courant traditionnel, bien qu’aujourd’hui il soit plus fort, car ils ont des politiciens et des gens très bien formés. Mais ce n’est pas la seule forme espagnole de franc-maçonnerie », poursuit-il.

Début de la franc-maçonnerie en Angleterre et en France

« La franc-maçonnerie est une institution philosophique, philanthropique et progressiste au niveau international, avec environ 300 ans d’ancienneté et dont l’objectif est de participer à l’amélioration morale et intellectuelle des hommes et des peuples en cherchant à obtenir la fraternité universelle ». C’est ainsi que la Grande Loge d’Espagne définit la franc-maçonnerie.

Ses 300 ans d’ancienneté remontent à l’année 1717 au Royaume-Uni . C’est là que les gentlemen londoniens ont fondé la Grande Loge d’Angleterre, un espace dans lequel ses membres (de différentes croyances religieuses) pouvaient librement partager leurs préoccupations et leurs idées. Afin de réaliser son développement personnel, la franc-maçonnerie est divisée en groupes appelés loges  qui sont sous les auspices des grandes loges nationales.

Après la fondation de cette loge, comme l’explique Hurtado à elcierredigital.com , « en 1751, à Londres, des membres de la Grande Loge d’Angleterre considérèrent que la franc-maçonnerie était déchristianisée, ils adoptèrent donc le nom de  ‘The Ancients’, bien qu’ils étaient plus modernes que les premiers, mais les modernes étaient supposés avoir déformé le christianisme.

Ces deux loges, séparées pendant des années,  « fusionnèrent en 1813 à la suite des guerres napoléoniennes. La position anglaise était complètement anti-napoléonienne et le besoin d’une fusion s’est fait sentir parce que « les anciens » étaient considérés comme pro-napoléoniens parce qu’ils étaient comme la franc-maçonnerie française », commente Hurtado. 

En conséquence, la Grande Loge de l’Angleterre Unie est formée. C’est l’actuelle Grande Loge dirigeante de la franc-maçonnerie régulière britannique.

Amando Hurtado, franc-maçon de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique de France.

Cependant, selon Hurtado, la franc-maçonnerie existait avant la création de la Grande Loge et a établi ses débuts en France avec l’ exil de Jacques II du Royaume-Uni vers les terres gauloises. « La franc-maçonnerie est passée en France avec les Stuarts qui y ont émigré. James Stuart, James II, quand il a été détrôné, est allé en France et avec lui sont venus des gens des loges d’Angleterre. En France, ils ont continué à travailler comme ils l’avaient fait en Angleterre. Ils ne dépendaient donc pas de la Grande Loge (qui n’était pas encore créée) ». Ainsi la Première Grande Loge de France fut formée en 1728 et elle changea son nom en Grand Orient de France en 1773.

« Il y a deux loges qui ne partagent pas les mêmes rouages ​​: l’école anglo-saxonne, qui est celle à laquelle appartient la Grande Loge d’Espagne, et l’école française, qui est celle à laquelle la franc-maçonnerie espagnole a toujours appartenu, jusqu’à la venue de Franco » explique Amando Hurtado.

Avec le régime de Franco vint la persécution des francs-maçons qui provoqua, après 40 ans de dictature, l’implantation de la branche britannique de ce courant : « La franc-maçonnerie britannique est ce qui s’est établi plus tard ici, en 1982 . Elle a été établie ici sur la base d’une loge française qui était à Barcelone » , ce qui a donné naissance à l’actuelle Grande Loge d’Espagne, confirme Hurtado.

Loges françaises et loges britanniques, différences

Comme précisé sur le site du GLE, « pour être membre il faut être un homme, âgé de plus de 21 ans, sans distinction de nationalité, de groupe social ou de religion, avoir un minimum de capacité à comprendre les notions philosophiques de l’Ordre et disposer d’une science, d’un art, d’un commerce ou d’un revenu ». Paroles confirmées par Hurtado : « Pour entrer dans la Grande Loge d’Espagne, vous pouvez avoir la religion que vous voulez, mais vous devez avoir une religion ».

Selon le Maçon, cette règle qui régit la Grande Loge d’Espagne vient des Britanniques , qui ont établi que « la première condition pour être Maçon dans une loge, dans la Grande Loge de l’école anglo-saxonne, est de croire en Dieu. Croire en Dieu et avoir un livre révélé. »

Grand Orient de France rue Cadet à Paris

Par contre, la partie française n’est pas d’accord avec celle-ci, elle dispose d’une « liberté absolue de conscience et de croyance ou de non-croyance » , selon Hurtado. Les Français sont ainsi régis par « l’article premier de la constitution de la première Grande Loge maçonnique, qui dit qu’il n’y a de religion que la naturelle. Et que les francs-maçons ne doivent appartenir à aucune religion mais à la religion naturelle, qui recherche l’honnêteté et la sagesse ». Ce principe est responsable du fait que dans les loges guidées par le courant français, les femmes et les athées peuvent être membres.

Hurtado considère l’évolution de la franc-maçonnerie d’une grande pertinence : « La franc-maçonnerie est un mouvement vivant , ce n’est pas une image fixe du XVIIIe siècle. Et je suis d’accord que la tradition est très intéressante, car la tradition apporte quelque chose. Nous apportons des choses du passé, mais tout le passé n’est pas valable dans le présent. Il est utile pour arriver au présent » , avoue-t-il.

Le franc-maçon explique également que la franc-maçonnerie « est une initiative qui se développe à partir de la Royal Society britannique , avec Newton, et qu’elle rend possible la liberté de penser et réunir un groupe ayant différentes opinions. Et c’est un mouvement œcuménique » dont la forme de réflexion se fait « à travers des symboles, parce que le symbole favorise l’imagination et est très ouvert. Un symbole peut avoir deux interprétations, comme il peut en avoir vingt ».

Compte tenu de tout cela, deux courants principaux coexistent dans la franc-maçonnerie  : le régulier , celui gouverné par la loge britannique ; et l’irrégulier , gouverné par les Français. Deux parties différentes au sein d’un même mouvement.

07/05/22 : GODF – Les enjeux de la mémoire Cancel Culture, Wokisme, de quoi parle-t-on ? par Monsieur Yvan GASTAUT

Palais de l’Agriculture – 113 Promenade des Anglais – 06000 NICE

LES ENJEUX DE LA MEMOIRE : CANCEL CULTURE, WOKISME, DE QUOI PARLE-T-ON ?

Depuis les années 1990, la question mémorielle est l’un des aspects les plus sensibles du débat public au sein de nos sociétés. En France, de la mémoire de Vichy à celle de la Guerre d’Algérie et de l’Esclavage, bien des tensions sont nées sur la manière d’écrire l’histoire, de se souvenir ou de commémorer.

Ce rapport conflictuel au passé nous renseignant sur l’état de notre imaginaire collectif s’est épaissi avec l’émergence, ces dernières années, des notions de «cancel culture» (culture de l’effacement) ou de « wokisme » (« réveil des consciences ») incitant à revisiter certains épisodes du passé, avec une volonté radicale de remise à plat des références à l’histoire et aux héros dans l’espace public. Statues, odonymies, dates sont l’objet de tensions permanentes qui révèlent bien des fractures mais peut-être aussi quelques perspectives.

L’historien-chercheur Yvan GASTAUT définira dans un premier temps les contours de la «cancel culture», puis en ciblera les limites afin d’envisager d’affronter l’histoire dans une indispensable dimension de complexité, dans le but d’assurer et d’assumer un avenir commun le plus serein possible.
Yvan GASTAUT, proposera une réflexion sur les enjeux de ces concepts certes venus de la culture anglo-saxonne mais qui s’inscrivent dans une réflexion sur l’histoire de France.

Enfin, Yvan GASTAUT montrera aussi que les concepts de «cancel culture» et de « wokisme » ne sont pas qu’un effet de mode et que nous pouvons tous en être victimes et/ou acteurs, de manière consciente ou inconsciente.

La mixité maçonnique est-elle inéluctable ?

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L’AUTEURE

Brigitte Bouyssou a été initiée il y a presque 40 ans dans une obédience anglaise (A.F.A.M) qui a créé en 1970 une Loge à Paris : L’Echelle de Jacob. Cette Loge pratique une maçonnerie  traditionnelle et spiritualiste. Elle travaille essentiellement au rite anglais de style Émulation, pratique la Marque et l’Arc Royal, et le Rite Écossais Ancien et Accepté pour ses Hauts Grades.

Parallèlement à son travail rituel, Brigitte Bouyssou s’intéresse depuis longtemps à la question de l’initiation des femmes et à leur place dans la Franc-Maçonnerie. La mixité occupe dans ses réflexions une place importante.

L’OUVRAGE :

La franc-maçonnerie, de la façon la plus générale, va-t-elle devenir inexorablement et entièrement mixte ? Autrement dit, pourra-t-il encore exister dans l’avenir, des obédiences ou des ateliers qui ne compteraient sur leurs colonnes que des hommes ou que des femmes ?

« Visitez » la maison de René Guénon à Blois

« Visitez la ville de Blois » nous invite le site officiel de l’office de tourisme de Blois – Chambord : Le Château Royal de Blois, Visites & Balades à Blois, La Maison de la Magie, La Fondation du Doute, La Halle aux Grains, La Maison de la BD, Muséum d’histoire naturelle, etc. Que sais-je encore ?

Mais, rien sur la maison du célèbre René Guénon (1886-1951), pourtant né à Blois, aussi connu sous le nom d’Abd al-Wâhid Yahyâ, figure inclassable de l’histoire intellectuelle du XXème siècle.

Et pourtant presque chaque obédience possède à la matricule, sa Respectable Loge portant le nom du philosophe.

Effectivement, René Guénon est généralement présenté dans les dictionnaires et encyclopédies comme un « philosophe ». Marie-France James, essayiste canadienne, docteur ès-lettres de l’Université de Paris et vice-présidente du Centre d’information sur les nouvelles religions de Montréal, le définit même comme un « érudit franc-maçon et ésotériste ».

Concernant la maison où il est né, je ne dispose pas d’adresse et rien dans la rue Croix-Boissée ne permet de s’en faire une idée. Une « rue René Guénon » donne dans la rue Croix-Boissée ; elle a été créée, comme les bâtiments qui la bordent, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, sans doute après élimination des bâtiments existants.

A ce jour, en l’état actuel des recherches, rien ne permet de savoir s’il y a un rapport avec sa maison natale.

74, rue du Foix à Blois, la maison occupée par la famille Guénon entre 1894 et 1931.

Pour ce qui concerne la maison qu’il a occupée plus tard, l’adresse au 74, rue du Foix semble être la bonne. C’est une maison somme toute très banale, à priori du XIXe siècle, mais peut-être plus ancienne. Cette demeure a fait l’objet de rares travaux depuis cette époque comme la lucarne de toit, le revêtement. Elle héberge désormais un avocat, inscrit au Barreau de Blois, spécialiste en droit public, qui reçoit en son cabinet. Un logement semble être intégré à l’ensemble.

Si toutefois nous nous reportons à l’ouvrage de Claude Leymarios Blois en 100 dates (Tours, Editions Sutton, 2012) on y découvre que le Général Léopold Hugo, membre des Loges « L’Amitié » d’Aix-en-Provence et « La Concorde » de Bastia, et père du célèbre écrivain Victor avait acheté une maison au 73 rue du Foix, et Claude Leymarios précise « actuel n°65 » ; Victor y viendra en 1825 avec sa petite famille (il en parle dans une lettre de 1864 où il décrit le Vieux Blois et sa visite chez son père). Alors si l’ancien 73 est aujourd’hui le 65, le 74 est-il toujours le 74 ? D’autres maisons de ce côté de la rue peuvent prétendre à cette ancienneté.

Cela mériterait un temps d’investigation beaucoup plus long…

Par ailleurs, il nous est permis de douter. De tout.

René Guénon

En effet, Paul Chacornac nous dit que René Guénon après son mariage a installé sa famille à Paris, dans le petit appartement qu’il occupait depuis 1904 au 51 de la rue Saint-Louis-en-l’Île, dans le IVème arrondissement. Paradoxalement, l’ouvrage de Claude Leymarios qui ne nous précise pas les numéros de rues à Blois nous dit que René Guénon s’est installé à Paris au 54 de la rue Saint-Louis-en-l’Île. Alors que penser : 51 ou 54 ?

Concernant Blois et René Guénon, voici la version de Paul Chacornac (1884-1964), éditeur et un écrivain français, dans La vie simple de René Guénon » (Paris, Éditions traditionnelles, illustrations de Pierre Chaux, 1957 ; rééd. 1958 ; 1996) :

« … C'est à Blois, rue Croix-Boissée, dans le faubourg de Vienne, sur la rive gauche de la Loire, que naquit le 15 novembre 1886, René Jean Marie Joseph Guenon, d'une très bonne famille de la bourgeoisie catholique. Son père, Jean-Baptiste Guenon, architecte, et sa mère, née Jolly, étaient tous deux d'origine blésoise. Le jeune René fut ondoyé le 4 janvier 1887 et baptisé le 15 novembre de la même année en l'église paroissiale de Saint-Saturnin.
Quelques années plus tard, vers 1894, son père, alors architecte-expert de la Société d'Assurances « La Mutuelle de Loir-et-Cher » acquit, au 74 de la rue du Foix, dans le faubourg du même nom, sur la rive droite de la Loire, une maison avec jardin qui devint pour René Guenon la vraie maison familiale où il retournera presque chaque année jusqu'à son départ de France[…] L'année 1912 devait également marquer un changement dans la vie privée de René Guenon. Chaque année, à l'époque des vacances, il se rendait à Blois pour y retrouver ses parents et sa tante, Mme Duru. Cette dernière, devenue institutrice libre à Montlivault, petit village à dix kilomètres de Blois […] En octobre 1918, René Guenon rentra en France et alla avec sa femme s'installer à Blois dans la demeure de la rue du Foix ; quelque temps après, il fut nommé professeur de philosophie au collège de cette ville, tandis que le Dr Lesueur, revenu lui aussi d'Afrique du Nord, était nommé conservateur du château. »

Que notre Bien Aimé Frère Pascal D. soit, ici et maintenant, remercié pour la photo de la maison de René Guénon et pour sa très large contribution à ce texte.

La maison occupée par la famille Guénon entre 1894 et 1931 est sise à Blois, 74 rue du Foix et non dans la rue René Guénon située entre la rue Croix Boissée et rue Pierre Mosnier.

Source : site officiel de l’office de tourisme de Blois – Chambord

Ballade mentale

Le cerveau, ce mystérieux continent

Parmi les « parts d’ombre » qui demandent à être éclaircies dans le cerveau humain (où il y a encore tellement à découvrir, de l’avis même des spécialistes !) existe le vaste domaine du « croire ». Pour tenter d’en savoir un peu plus sur cette « disposition », il est judicieux de se reporter au postulat de Freud, à savoir l’existence dans ce cerveau de trois instances, par lui nommées le CA (réservoir de l’énergie psychique) le MOI (lieu de la conscience) et le SURMOI (entité de censure). Elles sont constituantes de notre appareil mental. Cette hypothèse demeure toujours pertinente, puisqu’aucune autre à ce jour n’est venue démentir le « père de la psychanalyse ».

Après l’élaboration de plusieurs modèles, Freud a définitivement retenu un Moi « poreux » en deux parties : le Moi préconscient (donc en partie inconscient) et le Moi conscient (entité vigile, nommée aussi le Moi-corps). Parmi de multiples fonctions, le MOI est à la fois le siège, pour le préconscient, de nos identifications imaginaires et symboliques, et pour le conscient, de la raison et du « bon sens », de notre perception d’être et de la réflexion (autrement dit la vie de l’esprit, l’une des définitions de la spiritualité).

Le MOI est ainsi une instance mouvante, en perpétuelle réélaboration, pris en tenaille entre le CA (noyau de notre être, siège « hors du temps » de l’inconscient, c’est à dire des instincts reptiliens, pulsions, passions, intuitions, plaisirs, etc) et le SURMOI (siège du « juge interne », de la morale, de la culture – donc des croyances- de la civilité, des interdits, de la tradition) en soi “la voix de la conscience”. De la “grosse voix”, résume Freud.

Autrement dit, le Moi, cet « évaluateur permanent » tente de gérer au cas par cas, au jour le jour, le rapport entre « le principe de plaisir » (cet instinct de satisfaction, propre au CA, qui cherche toujours à dominer en nous) et « le principe de réalité », que les circonstances du vécu, ici et maintenant, nous impose. Pour faire image, le MOI a ainsi pour mission d’élargir sans cesse la conscience du sujet, avec la machette de la raison, sur son chemin de vie, en écartant les ronces du Moi d’un côté et les buissons du Surmoi de l’autre. Car dans la jungle de la société des hommes, le chemin n’existe pas (même si nos voies sont maçonniquement tracées !), chacun de nous le crée en marchant devant lui !

La puissance de l’imaginaire

Puisque le premier homme n’est pas né d’un autre être humain, mais du processus de la vie, notre imaginaire – en mal d’origine – a voulu combler ce manque. Il a précisément supposé des « forces supérieures », à partir de ces impressionnants (voire terrorisants) phénomènes naturels que sont les quatre éléments en mouvement continu (air, eau, feu, terre). En quelque sorte, pour les conjurer, il a ainsi créé au fil du temps, les mythes, les légendes, les allégories puis les religions et leurs paraboles (si l’on peut dire, tout respect gardé, « avatars » de la magie primordiale, premier système de pensée de l’hominidé). A noter que les mythes sont à « fin ouverte », pour pouvoir être prolongés et « complémentés » indéfiniment (comme la légende d’Hiram, qui au vrai, avec la suite qui lui a été donnée par les degrés des rites maçonniques, est donc un mythe !) contrairement au roman, qui lui, est clôturé par le mot FIN.

Partant, depuis « la mise en place de la pensée et de l’imaginaire », s’est enracinée dans notre cerveau, une disposition aux croyances. Le domaine du croire précité se décline en « tenir pour vrai », auto-persuasion, autosuggestion (cf méthode Coué, si moquée en France !), convictions, opinions, etc., autant de mots pour désigner les mécanismes qui ont « confectionné » la certitude individuelle. Celle-ci établie – par adhésion personnelle, religieuse ou philosophique – peut s’exercer sans la preuve par le fait : les notions de Dieu, de divin, de divinités, d’Etre suprême, de principe créateur, de Grand Architecte de l’Univers, ces créations humaines poétiques, en sont le meilleur exemple. Les « forces de l’esprit » peuvent même, à l’extrême, conduire le sujet, au gré de rites lancinants et répétitifs, à des « états modifiés de conscience », telles l’extase et la transe. Il s’agit de fait ici, d’une forme d’autohypnose, provoquée notamment par l’irruption dans le sang de diverses hormones, dont nos propres « opiacés » circulants (entre autres, inducteurs d’euphorie à fonction antalgique).

Nous le savons, les théories freudiennes (valorisées par Lacan) doivent beaucoup aux légendes de la Grèce antique et à ses philosophes. Lesquels nourrissent toujours notre franc-maçonnerie. Ces derniers, pour leur part, avaient postulé avec lyrisme, que nous sommes habités par trois fées turbulentes qui se disputent en nous, mais inséparables : raison, intuition, imagination. Elles sont toujours d’actualité et nous pourrions d’ailleurs les masculiniser en trois lutins modernes, avec pour nom : le Logicien (rigoureux), l’Expert (averti) et le Poète (rêveur).

Constat : nous ne pourrions pas vivre sans notre imaginaire (siège de l’imagination, du rêve, de la création, de l’invention, de l’innovation, de l’enthousiasme). Et cet imaginaire n’est autre que l’irrationnel (à comprendre non comme le contraire de la raison mais n’en relevant pas : les mythes, les légendes et les religions relèvent évidemment de l’irrationnel !).

Certes l’irrationnel a son mauvais versant, et sa mauvaise réputation (superstition, passion excessive, violence, folies meurtrières dont les guerres, etc.), mais il est incontestable que ce même irrationnel a également la faculté « d’amplifier l’esprit » (l’esprit souffle où il veut !). Sans l’irrationnel, la raison s’assècherait : aucune grande réalisation (scientifique ou autre) ne peut faire l’économie de l’imagination et de l’intuition. Sans l’imaginaire, la franc-maçonnerie, campée sur son socle mythique, n’existerait pas ! Einstein le confirme : « l’imagination est plus importante que la raison ! ».

La peur et la perte

Il n’est pas étonnant que de ce milieu psychique en « interactions » permanente, émerge en nous des doutes, des hésitations, des craintes. Alors même que nous devons gérer au quotidien notre peur existentielle, elle-même constitutive de notre Moi. Nous apprenons cette peur dès notre irruption au monde, avec l’intériorisation d’un dispositif de défense propre au vivant : l’instinct de conservation. Puis, en grandissant et adulte devenus, nous avons constamment peur, de la crainte de traverser la rue à celle de tomber malade, donc de souffrir, de mourir. Puis encore, nous avons peur de perdre nos proches, conjoint, enfants, parents, amis. Nous sommes aussi taraudés par les peurs “modernes” qui vont de la perte d’emploi au manque d’argent, de la privation de nourriture à la disparition du confort matériel. Et partant, nous craignions de ne plus exister aux yeux des autres, car indépendants par nature, nous sommes dépendants par nécessité ! En vérité, l’être humain n’est pas conditionné, préparé à « la perte », comme la plupart des animaux. Nous le constatons en loge, lorsque disparaît l’un de nos frères.

Dès lors, exposés comme tout un chacun aux aléas de l’existence, comment prétendre à quelque certitude, à une « vérité vraie » ? Même les modèles mathématiques les plus sophistiqués sont tous contestables et remplaçables par d’autres. Il vaudrait donc mieux parler de réduire la part d’incertitude (théorie du modèle et de l’écart). Ainsi pour nous francs-maçons, qui nous inter-enseignons le doute, il convient de nous méfier et même de nous éloigner de toute « attitude de surplomb ». Qui consisterait (au fil de nos degrés encore trop souvent confondus avec des grades !) à nous donner hiérarchiquement en loge des leçons assorties de bons ou mauvais points, et en ville revenus, à vouloir y jouer à toute force l’exemplarité ! A une époque

Pour faire image encore, je pense en matière de surplomb précisément, que « notre vérité », ne réside pas dans l’aplomb du fil mais dans ses oscillations « métaphoriques » : c’est à dire, dans le « tic-tac » du balancier de la vie même et donc dans notre comportement entre la frustration et la satisfaction, la maladie et la guérison, l’orgueil et l’humilité, de la colère à l’apaisement, de la haine à l’amour ! Tout comme notre lutte quotidienne pour devenir meilleurs est dans l’angle entre les deux branches mobiles du compas. Comme le chemin entre notre besoin éperdu d’être aimé et d’autres êtres à aimer que soi est dans l’espace séparant les deux branches de l’équerre. Ou encore, quand il est question de la recherche de l’âme sœur, le parcours menant de la solitude à la rencontre est dans la distance entre le maillet et le ciseau ! Pour créer l’œuvre ensemble. Bref, nos tentatives d’accès à la certitude sont dans le mouvement productif, non dans le “regardez-moi”, la domination, l’attente ou l’immobilisme !

C’est en sortant du paraître, que l’on finit par être !

Ainsi, il s’agit, selon la règle psychologique des 3P, empruntée à l’Analyse Transactionnelle (Puissance, Protection, Permission) de se donner les moyens de penser et d’agir, de prendre soin de soi et de s’autoriser à être et à faire. Ainsi, il n’y a pas meilleure autorité pour contrôler, que soi-même ! Au nom de l’estime de soi et des autres. Alors et seulement l’appréhension et l’angoisse font place à la confiance en soi, la culpabilité s’efface devant la responsabilité, et le sens de la vie devient enfin le sens de ma vie !

Parce que la seule véritable certitude que nous ayons est celle de notre finitude. Donc un encouragement, un engagement, à vivre le mieux possible notre éternité sur terre.

La mort des autres, bien entendu, nous renvoie sans cesse à la nôtre. Faut-il la craindre ? Rappelons-nous, en guise d’apaisement, la belle et noble formule d’Epicure : « La mort ne nous concerne ni morts ni vifs. Vifs, parce que nous sommes, morts, parce que nous ne sommes plus ! »

Franc-maçonnerie et autres théories du complot émanant de l’extrême droite espagnole

De notre confrère espagnol cordopolis.eldiario.es – Par Sergio Grâce

Au cours des 80 dernières années, l’utilisation des théories du complot par l’extrême droite a été une constante, quelque chose d’intrinsèque à son existence même, certaines d’entre elles ont même coûté la vie à plus de 4 000 personnes, la plupart étant fusillées et enterrées dans des fossés pour seule raison, leur façon de penser ou leurs croyances.

Les théories du complot ont cherché à justifier, cacher ou utiliser à la fois les meurtres et les actes terroristes de manière manipulée. Ils ont même voulu présenter pour bon nombre de ces actes comme des « attaques sous fausse bannière », mais cela a été démantelé, lorsque le 2 août 1990, le président du Conseil des ministres italien, Giulio Andreotti, a reconnu que pendant la guerre froide, il existait en Europe un réseau d’armées clandestines pour empêcher l’ascension des partis politiques de gauche aux responsabilités gouvernementales.

Les théories sont généralement promues par des esprits dogmatiques désireux de manipuler les foules, transformant les théories en vérité en établissant toutes sortes d’hypothèses difficilement discutables.

Parmi les théories du complot les plus remarquables de ces décennies, il faut souligner la référence continue à la franc-maçonnerie, l’opération Gladio, le plan Kalergi, qui visait soi-disant à éliminer la race blanche, les attentats du 11 septembre, peut-être, le spectacle politique le plus embarrassant de notre histoire, le grand remplacement, l’invasion musulmane, ou le plus récemment avec le Covid-19 et les vaccins, et la manipulation de lier tout cela à la franc-maçonnerie elle-même.

C’est une erreur de croire que les théoriciens du complot ont émergé du jour au lendemain en Espagne à cause de la pandémie de Covid-19, puisqu’ils sont présents dans notre société depuis près d’un siècle et n’attendent que les circonstances propices pour lever à nouveau le drapeau de la conspiration et ainsi prétendre que tous les maux que notre pays rencontre, sont toujours créés selon eux, par les mêmes groupes, que ce soient ces Maçons, des rouges dangereux liés à la « conspiration judéo-maçonnique » ou tout autre groupe aux intérêts cachés d’après leurs opinions et leurs spéculations, sans fournir aucune preuve tangible contre eux.

C’est une tâche ardue de raisonner un complotiste, car ce serait déjà plus un acte de foi qu’une démonstration empirique, et où il y aurait toujours un résidu doctrinal dû à son militantisme.

Contre la franc-maçonnerie en Espagne

Il y a quelques semaines, un livre a été présenté à Cordoue par le biais d’une plate-forme d’extrême droite dont la couverture était déjà une déclaration d’intention, où il liait à nouveau le diable et le mal aux ordres de la franc-maçonnerie. Mais où et comment est née la première théorie du complot de l’extrême droite espagnole ?

Après le coup d’État de 1936 et la guerre civile qui a suivi, l’une des premières mesures prises par le dictateur Franco sera la promulgation de la loi de répression sur la franc-maçonnerie et le communisme le 1er mars 1940, dont le préambule exposait les raisons pour lesquelles la dictature considérait que la franc-maçonnerie devait être persécutée.

Pour les persécuter, la dictature créera le Tribunal spécial pour la répression de la franc-maçonnerie et du communisme (TERMC), qui sera constitué le 4 juin 1940, se réorganisant finalement en mars 1941, et qui sera actif jusque dans les années 1960, bien que le la répression se poursuivra jusque dans les années 70.

Peu de gens savent que la Troisième Internationale a décidé de l’incompatibilité d’appartenir à un parti communiste et être franc-maçon.

La dictature a accusé la franc-maçonnerie de participer activement à la perte de l’empire colonial, d’inciter à la cruauté lors la guerre d’indépendance, ainsi que dans les guerres carlistes, en plus de favoriser la crise de la monarchie constitutionnelle d’Alphonse XIII et d’aider à la chute de la dictature de Primo de Rivera.

Depuis la promulgation de cette loi jusqu’à nos jours, la franc-maçonnerie a été une excuse et un thème récurrent de l’extrême droite pour construire son discours chaque fois qu’elle n’avait rien à dire ou à contribuer au débat politique. Il n’y a qu’à voir les justifications grossières et maladroites que ces groupes et politiciens apparentés à l’extrême droite ont utilisées lors de l’hommage que l’État a rendu aux victimes du Covid-19, le comparant à un rituel maçonnique. 

La théorie du complot de la franc-maçonnerie, pour les mouvements d’extrême droite espagnols, est une question qui enflamme et stimule l’inventivité des exaltés de toute part, où il n’est pas étrange de voir dans les médias connexes ou dans les discours politiques l’utilisation, encore aujourd’hui, de « rhétorique répressive » favorisant le bellicisme et la haine dirigés contre ce mouvement.

Alors que l’extrême droite actuelle ainsi identifiée au franquisme continue de sympathiser avec des concepts tels que « Empire/Souveraineté », « Patrie », « Dieu » ou « Tradition », ceux qui veulent détruire l’Espagne, selon eux, les ennemis de cette Patrie , parlent de termes tels que « Démocratie », « Liberté », « Égalité » ou « Fraternité ».

Si nous consultons différents réseaux sociaux tels que Twitter, Telegram ou Instagram, et recherchons les termes « franc-maçonnerie » ou « franc-maçon », nous pouvons observer l’utilisation continue de ces termes de manière péjorative et désobligeante par des groupes, mouvements et individus liés à l’extrême droite, où l’on peut même avoir accès à une grande quantité de documentation sur ce qu’est la « soi-disant » franc-maçonnerie, sur ses loges et ses supposés rituels et symboles, tout cela, généralement diffusé par des individus qui n’ont jamais eu accès à ce mouvement. Mais pas seulement sur la franc-maçonnerie, mais aussi sur d’autres théories du complot mentionnées précédemment, en particulier le grand remplacement.

Lorsque la vérité perce et que le projet visionnaire n’est plus, on tente de lier tous les maux et la prétendue dégradation des valeurs occidentales aux boucs émissaires d’autres groupes ou minorités plus vulnérables comme les juifs, les musulmans, l’immigration ou les LGBT.

En bref, les théories du complot sont devenues l’un des piliers essentiels sur lesquels se tient la « nouvelle » extrême droite, elle cherche à simplifier les vrais problèmes que vivent les sociétés en se basant sur des préjugés déjà existants chez ces individus, et ceux-ci peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour la société. comme nous l’avons déjà vu avec la connexion de différents actes terroristes à l’origine de certaines de ces théories.

L’illusion de l’égo

Sur mon chemin des enseignements bouddhistes, j’ai rencontré des enseignants (tes) de grande qualité et qui étaient en accord entre leurs propos et leurs comportements.

J’ai été frappée par le fait qu’ils manifestaient d’une part une grande force intérieure, une bienveillance sans faille et une sagesse à toute épreuve, et d’autre part une complète absence du sentiment de l’importance de soi. J’ai moi-même observé à quel point l’identification à un « moi » qui siégerait au cœur de mon être est une source de vulnérabilité constante, et que la liberté intérieure qui naît d’un amenuisement de cette identification est une source de plénitude et de confiance sans égale.

Comprendre la nature de l’ego et son mode de fonctionnement est donc d’une importance vitale si l’on souhaite se libérer des causes intérieures du mal-être et de la souffrance. L’idée de se dégager de l’emprise de l’ego peut nous laisser perplexe, sans doute parce que nous touchons à ce que nous croyons être notre identité fondamentale.

Nous imaginons qu’au plus profond de nous-mêmes siège une entité durable qui confère une identité et une continuité à notre personne. Cela nous semble si évident que nous ne jugeons pas nécessaire d’examiner plus attentivement cette intuition. Pourtant, dès que l’on analyse sérieusement la nature du « moi », l’on s’aperçoit qu’il est impossible d’identifier une entité distincte qui puisse y correspondre. En fin de compte, il s’avère que l’ego n’est qu’un concept que nous associons au continuum d’expériences qu’est notre conscience.

Nous pourrions penser qu’en consacrant la majeure partie de notre temps à satisfaire et à renforcer cet ego, nous adoptons la meilleure stratégie pour atteindre le bonheur. Mais c’est faire ainsi un mauvais pari, car c’est tout le contraire qui se produit. L’ego ne peut procurer qu’une confiance factice, construite sur des attributs précaires – le pouvoir, le succès, la beauté et la force physiques, le brio intellectuel et l’opinion d’autrui – et sur tout ce qui constitue notre image.

Une confiance en soi digne de ce nom est tout autre. C’est paradoxalement une qualité naturelle de l’absence d’ego. La confiance en soi qui ne repose pas sur l’ego est une liberté fondamentale qui n’est plus soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face aux jugements d’autrui, une profonde acceptation intérieure des circonstances, quelles qu’elles soient.

Cette liberté se traduit par un sentiment d’ouverture à tout ce qui se présente. Il ne s’agit pas d’une distante froideur ni d’un détachement sec, comme on l’imagine parfois lorsque l’on parle du détachement bouddhiste, mais d’un rayonnement altruiste qui s’étend à tous les êtres.

Lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime. Entretenu par ses constantes ruminations, sa souffrance lui confirme son existence autant que son euphorie. Qu’il se sente porté au pinacle, diminué, offensé, ou ignoré, l’ego se consolide en n’accordant d’attention qu’à lui-même.

L’attachement à l’existence de l’ego considéré comme une entité unique et autonome est fondamentalement dysfonctionnel, car il est en porte-à-faux avec la réalité. Fondé sur une erreur, il est constamment menacé par la réalité, ce qui entretient en nous un profond sentiment d’insécurité. Conscient de sa vulnérabilité, l’ego tente par tous les moyens de se protéger et de se renforcer, éprouvant de l’aversion pour tout ce qui le menace et de l’attirance pour tout ce qui le sustente. De ces pulsions d’attraction et de répulsion naissent une foule d’émotions conflictuelles.

En vérité, nous ne sommes pas cet ego, nous ne sommes pas cette colère, nous ne sommes pas ce désespoir. Notre niveau d’expérience le plus fondamental est celui de la conscience pure, cette qualité première de la conscience et qui est le fondement de toute expérience, de toute émotion, de tout raisonnement, de tout concept, et de toute construction mentale, l’ego y compris.

Pour démasquer l’imposture du moi, il faut ainsi mener l’enquête jusqu’au bout. Quelqu’un qui soupçonne la présence d’un voleur dans sa maison doit inspecter chaque pièce, chaque recoin, chaque cachette possible, jusqu’à être sûr qu’il n’y a vraiment personne. Alors seulement peut-il avoir l’esprit en paix.

Si l’ego constituait vraiment notre essence profonde, on comprendrait notre inquiétude à l’idée de s’en débarrasser. Mais s’il n’est qu’une illusion, s’en affranchir ne revient pas à extirper le cœur de notre être, mais simplement à ouvrir les yeux, à dissiper une erreur. L’erreur n’offre aucune résistance à la connaissance, comme l’obscurité n’offre aucune résistance à la lumière. Des millions d’années de ténèbres peuvent être dissipées instantanément lorsqu’une lumière est allumée.

La méditation, pratiquée régulièrement, permet ce travail et donne accès à cette lumière intérieure.

« A certains moments de notre vie, notre propre lumière s’éteint et se rallume par l’étincelle d’une autre personne. Chacun d’entre nous doit une profonde gratitude à ceux qui ont allumé la flamme en nous ». Albert Schweitzer

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

« Sur la route des chefferies du Cameroun-Du visible à l’invisible », l’expo du Musée du quai Branly-Jacques Chirac

Tradition, pouvoir et culture sont au cœur de cette exposition dédiée à l’art des chefferies du Cameroun. Dans une perspective inédite, portée par l’association La Route des chefferies, elle aborde la culture des communautés et la préservation d’un patrimoine unique, historique et vivant.

« Sur la route des chefferies du Cameroun-Du visible à l’invisible » consacre l’art des communautés établies sur les hauts plateaux des Grassfields, à l’ouest du Cameroun. Architecture monumentale, forge, créations perlées, sculpture sur bois, production textile, danses traditionnelles…

Un patrimoine unique et historique, précieusement gardé depuis des siècles par les chefs traditionnels. Personnages quasi-divins, ces derniers en sont les principaux déposi­taires, garants à la fois de la tradition et du lien entre le monde des ancêtres et celui des vivants.

Dans une démarche collective de sauvegarde et de mise en valeur des patrimoines traditionnels, et en collaboration avec l’association La Route des chefferies, l’exposition déploie près de 300 œuvres dont 260 trésors conservés par plusieurs chefs et lignages familiaux. Ponctuée d’œuvres d’artistes contemporains camerounais, elle met en valeur l’influence culturelle des chefferies sur l’art contemporain et la dimension vivante de ce patrimoine, le long d’un parcours conçu comme une plongée au cœur de la société bamiléké.

Le catalogue de l’expo : Coédition musée du quai Branly – Jacques Chirac/Skira Paris, Format 20 x 28 cm, 240 illustrations, 224 pages, 39 €

Commissaire : Sylvain Djache, fondateur et coordinateur général du programme « Route des Chefferies ».

Commissaires associées : Cindy Olohou, historienne de l’art, Fondatrice de Wasanii Ya Leo ; Dr Rachel Mariembe, enseignante-chercheur à l’Institut des Beaux-arts de l’Université de Douala à Nkongsamba, Chef de département (PI) de Patrimoine et Muséologie.

Infos pratiques :

Dates : Du mardi 5 avril au dimanche 17 juillet 2022

Musée du quai Branly – Jacques Chirac/Galerie Jardin

37 Quai Branly, 75007 Paris/

Téléphone : 01 56 61 70 00

Jours et heures d’ouverture : lundi, mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30-19h00

jeudi : 10h30-22h00/ Fermeture le lundi

Public :  Tous publics – Billet d’entrée Musée : Plein tarif : 12,00 €/Tarif réduit : 9,00 €

UK : Les francs-maçons de Bucks collectent plus de 500 000 £ pour les réfugiés ukrainiens

De notre confrère britannique planetradio.co.uk

L’argent a été levé en moins de trois semaines

Des milliers de réfugiés ukrainiens ainsi que des personnes déplacées encore à l’intérieur de l’Ukraine recevront de l’aide et du soutien, grâce à un demi-million de livres récoltées par les francs-maçons du Buckinghamshire et d’autres provinces d’Angleterre et du Pays de Galles.

L’argent est destiné à des organisations caritatives travaillant sur le terrain en Ukraine, ainsi qu’à des organisations aidant les réfugiés, dans les pays voisins, notamment la Pologne, la Moldavie, la Roumanie, et le Royaume-Uni.

Les 500 000 £ ont été collectés en moins de trois semaines et le total continue de croître, alors que les francs-maçons continuent de se mobiliser pour aider les réfugiés.

La guerre en Ukraine a créé de loin la plus grande crise de réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et de plus en plus de personnes fuient chaque jour l’Ukraine vers les pays de l’ouest.

Les associations caritatives choisies, qui recevront chacune 100 000 £, sont :

  1. Le Comité britannique pour l’UNICEF (UNICEF UK) – qui pourrait aider à mettre en place un « Blue Dot Hub » pour fournir un espace sûr à jusqu’à 5 000 enfants et familles en déplacement chaque jour. Les Blue Dot Hubs offrent des services essentiels tels que des espaces adaptés aux enfants, des installations pour les mères et les bébés et un soutien crucial au regroupement familial.
  2. Plan International UK – qui pourrait aider à mettre en place 55 espaces d’apprentissage temporaires en Pologne, en Moldavie et en Roumanie, afin que les enfants puissent apprendre et jouer dans un espace sûr, loin de la guerre.
  3. Le Conseil des réfugiés – qui pourrait aider à financer deux thérapeutes à temps plein pour fournir une thérapie spécialisée à des centaines de réfugiés traumatisés.
  4. Croix-Rouge britannique – pour financer le travail avec des centaines de réfugiés ukrainiens au Royaume-Uni pour les aider à surmonter la solitude et l’isolement et pour offrir d’autres soutiens pratiques pour les aider à s’adapter à la vie en Grande-Bretagne.
  5. Royaume-Uni pour le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés – qui pourrait aider à fournir des réparations essentielles aux maisons gravement endommagées en Ukraine par les bombardements et le conflit.

Les francs-maçons du Buckinghamshire ont contribué à la subvention par le biais de la Masonic Charitable Foundation, qui est financée par des francs-maçons, leurs familles et amis, de toute l’Angleterre et du Pays de Galles.

John Clark, franc-maçon du Buckinghamshire, a déclaré :

« Les francs-maçons ont un bilan exceptionnel en aidant les personnes dans le besoin dans ce pays et dans le monde, mais cette somme énorme pour soutenir les réfugiés ukrainiens a été collectée en un temps record. Je suis très fier que les francs-maçons du Buckinghamshire aient pu jouer un rôle aussi important dans ce travail essentiel. »