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Les triptyques initiatiques

La Franc-maçonnerie un ordre initiatique ?

La Franc-maçonnerie spéculative, déclarée initiatique comme dans cet extrait de la Revue Points de vue initiatiques n°0 de 1958 : « la Franc-maçonnerie est un ordre initiatique universel et traditionnel qui permet à des hommes de bonne volonté de participer à l’amélioration de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel », ou dans les principes de la Grande Loge de France (La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité), est aujourd’hui, cependant, pour le Grand Orient, une institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, elle a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité et, ajouté récemment, Elle attache une importance fondamentale à la laïcité (article 1er de sa Constitution). Quant au DH, son objet est de contribuer au développement moral, intellectuel, spirituel de ses membres, de promouvoir une réflexion philosophique et sociale et de réaliser des opérations d’aide, d’assistance et de solidarité au moyen d’associations à but non lucratif (art 2 des règlements généraux du DH). Les définitions contemporaines avancées par ces franc-maçonneries sont éthiques et civiques ignorant a priori toute vision initiatique. De fait, pas un mot sur l’aspect initiatique de la Franc-maçonnerie, cette société qui, pour Mircea Eliade, était la seule légataire de l’apport initiatique occidental.

Le sens de l’initiation

Pour les Anciens Devoirs il s’agissait de gravir l’échelle des arts libéraux comme une échelle initiatique qui permettait de connaître soi et le monde, la vie dans le réel, puis arrivé au sommet de ces arts voir le visage de Dieu (la connaissance) puis redescendre pour transmettre à ses Frères (le mot Sœur n’était pas encore utilisé faute de leur présence). En complément à cette échelle « libérale » une autre s’imposait: celle des vertus cardinales et théologales qui en toutes hypothèses offrent un retour sur soi et les autres.

Et pourtant, l’étymologie nous enseigne que le mot initiation veut dire «entrée», «commencement». René Guénon lui-même distingue «l’initiation virtuelle» de «l’initiation réelle», expliquant par la suite que «entrer dans la voie, c’est l’initiation virtuelle», «et suivre la voie, c’est l’initiation réelle» ; les rites initiatiques représentant les deux aspects de la démarche initiatique maçonnique. L’un est la mise en chemin, l’autre, le chemin et le but (esprit-universel.over-blog.com/article-rene-guenon-initiation-effective-et-initiation-virtuelle-1-2-56239946.html). Toutes les maçonneries retiennent le premier aspect, c’est le but qui les différencie.

Ce n’est pas les opposer que de dire que l’initiation, comme dans la Tradition Primordiale (siège la connaissance métaphysique), est la redécouverte des principes d’ordre universel dont toutes choses procèdent, découverte d’une expérience de caractère intime accompagnée d’une perspective de développement, expérience physico-psychologique, éveil de la conscience, intelligence du réel ou du caché, introduction aux mystères de la vie et de la mort, découverte de soi et des autres, cheminement sur la voie, quête d’identité et de sens. Elle n’est donc ni un acte religieux stricto sensu, ni un méta-récit politique, ni une psychanalyse. Le processus initiatique se développe sur le plan individuel, social, intellectuel, moral, psychologique et spirituel. L’initiation maçonnique présente quelques traits communs à toute initiation avec des spécificités et des variantes propres liées le plus souvent aux perspectives métaphysiques, spirituelles, culturelles, philosophiques et/ou psycho-sociales dans lesquelles le cherchant situe sa quête[1]. Les éléments initiatiques et mystiques sont quasiment identiques, mais leurs dynamiques sont celles, dans un cas, d’une discipline de l’intériorisation, dans l’autre cas de l’exhaussement par l’effort d’une recherche essentielle. Ainsi les fonctions discursives seront mises de côté au profit des fonctions intuitives reposant sur la perception analogique ou la vision anagogique.

Comme sa grande famille anthropologique[2], l’initiation maçonnique est une accession à un stade nouveau « supérieur », s’opérant par étapes, par des cérémonies particulières, en référence à un discours, avec un double but  la socialisation et la symbolisation. L’initiation maçonnique est donc à la fois une pratique, un développement et un corpus, qui passe (plusieurs fois et plus ou moins) par trois situations successives : le nourrissage qui consistait en l’extraction et la séparation des influences antérieures, la déconstruction ; la formation qui confie les éléments de l’expérience des «connaissants», le vécu du mythe ; la métamorphose qui projette l’impétrant dans une perception nouvelle, la transmission des arcanes.

Quoi qu’il en soit, le parcours se fait toujours d’un statut réputé inférieur à un statut réputé supérieur, de l’extérieur (monde profane, environnement exotérique, conscience, « anciennes connaissances ») vers l’intérieur (monde sacré, ésotérisme, profondeur de la psyché, nouveaux enseignements), symboliquement de la mort vers la vie. Aussi, si les obédiences peuvent s’extérioriser quand elles le jugent utiles, si le maçon comme citoyen (et seulement comme tel) croit pouvoir « répandre à l’extérieur » des « vérités apprises » dans la loge, il est très difficile à l’initié de rendre compte de sa propre initiation[3].

La tradition est la transmission continue plus ou moins ritualisée d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur (réel ou mythique) ou de temps immémorial, lequel constitue un facteur d’identité, de cohésion et de légitimation d’un groupe. L’initiation maçonnique est donc par essence traditionnelle. Néanmoins, les concepts de tradition primordiale, de Sophia perennis, connaissance universelle d’origine non humaine théorisée entre autres par René Guénon (1866-1951) ou de traditionalisme religieux se légitimant dans une tradition révélée, relèvent de choix «idéologiques» ; divers courants maçonniques s’y référant toutefois explicitement.

Si la notion des origines permet d’évoquer une source, celle-ci étant nécessairement pure, par rapport au flux postérieur des aléas humains, se pose la question de la transmission, de la tradition et son évolution par l’actualisation elle-même.

L’initiation maçonnique

Remarquons que, quel que soit le rite, la cérémonie d’attribution d’un grade est à la fois une pratique, un développement et un corpus, c’est-à-dire un processus qui apparaît structuré en trois phases qui, normalement, devraient se dérouler dans des chambres différentes, même si cela n’est quasiment jamais réalisé faute de disponibilité de locaux.

Ainsi, excepté pour la singularité du premier degré, ces phases, où sont brouillés les axes chronologiques et topologiques, sont :

La Phase 1 se situe dans l’espace-temps de la loge du degré N du franc-maçon où il y a vérification des potentialités de celui-ci, donnant viatique pour poursuivre. Entré impétrant, une fois accepté, le franc-maçon devient récipiendaire.

La transformation des possibilités spirituelles de simple potentialité en virtualité devra s’actualiser par le travail initiatique pour permettre l’abolition de la distance entre le sujet et l’objet en vue d’une percée vers l’absolu. Cette transmission est un don/acquisition, la lumière que demande le franc-maçon lui est donnée ; il la recevra si : il en a la potentialité ; elle se fait virtuellement par une organisation qui ordonne et développe en loge, au moyen d’un rite, des symboles comme langage pour une aurore de paroles ; il poursuit progressivement un travail personnel par la méditation, l’analogie[4].

L’évolution au sein des loges bleues suppose trois niveaux successifs de sens. Il faut tout d’abord entendre, c’est-à-dire se mettre en situation d’écoute pour enregistrer une parole, retenir un acte, imprimer un écrit ; c’est un état d’être qui nécessite un exercice, un entraînement, une discipline. Il faut ensuite comprendre afin d’intégrer en soi ce qui a été reçu de l’extérieur ; ce qui suppose, cette fois-ci, une herméneutique, c’est-à-dire une méthode d’interprétation qui permet de traduire le dépôt reçu en acte d’être. Il faut enfin transmettre, c’est-à-dire rendre compréhensible, non plus seulement à soi mais aussi aux autres, la chose reçue car il n’existe pas de témoin esseulé, de témoin solitaire. « La vérité commence à deux » écrit Nietzsche.

Dépouillement vestimentaire ou dépouillement des métaux sont des métanoïa[5] largement pratiquées au cours de cérémonies maçonniques au cours de cette phase. Se dépouiller de ses outils pour un franc-maçon, c’est se libérer des supports qui ont permis l’acquisition du degré de connaissance qui, si elle a été véritablement été acquise, serait alors intégrée à l’être. Pour pouvoir accéder à un degré d’ordre supérieur, il conviendrait que cette connaissance du franc-maçon laisse la voie libre à nouveau et par là, qu’elle se débarrasse de tout ce qui, maintenant, est devenu extérieur à l’être et qui gênerait pour ce prochain passage, même si ces outils ont été nécessaires jusqu’alors.

La Phase 2 se situe dans l’espace-temps du mythe fondateur du grade N+1. Il y est développé par sa narration au récipiendaire, et par le vécu de personnages du mythe, au cours de jeux de rôles alternatifs manifestant l’enseignement du grade. Cette époptie[6] véhicule la légende du mythe par l’incarnation et les épreuves. Le Temple sert de repère mais aussi d’autres lieux comme la traversée du Jourdain, l’enceinte du temple lors de l’assassinat d’Hiram, la campagne où se fait la recherche du corps d’Hiram, le pont enjambant le Starbuzanai, … À ce moment-là, il existe un phénomène d’assimilation par une identification psychologique qui s’établit entre la personne qui fait le jeu de rôle et l’archétype mythique[7].

On remarquera qu’au Rite Philosophique Français, lors de la cérémonie d’élévation au 3ème degré, un tapis est déroulé où figure l’espace du Temple de Salomon. La narration du meurtre se rapporte à l’orientation du lieu mythique, le Temple de Salomon, et non à celle de la chambre lugubre de la loge[8].

La Phase 3 se situe dans l’espace-temps de la loge au degré N+1, où la transmission des arcanes du nouveau degré (les nouveaux outils du chemin initiatique) est dévolue au récipiendaire pour lui permettre, à partir de ces arcanes, un travail personnel par la méditation. Le franc-maçon est devenu néophyte dans ce nouveau grade. Cette phase compte toujours un serment solennel.

La symbolique maçonnique permet aux maçons de signifier ce qu’ils pensent et ce qu’ils font. La symbolique maçonnique est donc la représentation collective codifiée des maçons. Ainsi, l’initiation maçonnique se déploie dans une culture spécifique définie comme un système symbolique structuré autour et par le langage (mots, formules, récits, gestuelles, sensations, discours, chants, concepts, mythes, etc…) dans lequel chaque symbole/signe prend sens selon une logique d’opposition/tri/réaction/complétude réductible le plus souvent (mais pas toujours) au binaire (masculin/féminin, noir/blanc, bien/mal, soleil/lune , deux colonnes B. et J.) ou au ternaire (triangle/triangulation ; soleil/lune/vénérable ; sagesse, force, beauté ; …). La pensée symbolique autorise donc la découverte des domaines inexplorés par la pensée dialectique, en rassemblant les opposés[9].

Il est habituel dans le cadre de l’initiation d’apporter à l’initié un référentiel symbolique traditionnel qui ne peut que lui être proposé ; cela ne devrait pas être de manière définitive, mais plutôt comme une invitation à parcourir son propre chemin, dont la pertinence ne lui apparaîtra que plus tard.

« Il est évident que les trois premiers degrés de la maçonnerie symbolisent la vie de l’homme. Le premier degré le prend au sein de sa mère, et le conduit jusqu’à l’adolescence ; le second degré le représente dans l’âge de la force ; et enfin, le troisième le montre dans la vieillesse et le mène jusqu’au tombeau, d’où il semble, en quelque sorte, surgir de lui-même dans la génération qui lui succède[10]. »

Retenons quelques véhicules de la transmission initiatique qui restent à approfondir : le symbolisme, le Rituel, le Tableau de Loge, les épreuves, le rôle fondateur du Vénérable, le rôle des Maîtres …


[1] Sous le nom d’Art Royal ou d’Art Sacré, les anciens sacerdoces Égyptiens professaient et pratiquaient tout un ensemble de doctrines qui ne sont parvenues jusqu’à nous que par quelques rares vestiges. Ces doctrines, dans leur ensemble, embrassaient tous les rapports de l’Homme avec la Nature, et leur pratique rendait l’initié Roi de l’Univers Matériel, d’où l’Art Royal. L’initiation n’était pas une science, car elle ne renfermait ni règles, ni principes scientifiques ni enseignement spécial. Ce n’était pas une religion puisqu’elle ne possédait ni dogme, ni discipline, ni rituel exclusivement religieux mais elle était une école où l’on enseignait les arts, les sciences, la morale, la législation, la philosophie et la philanthropie, le culte et les phénomènes de la nature, afin que l’initié connût la vérité sur toute chose.

[2] La structure de l’univers dans ses différents plans était connue de peuples antédiluviens comme les lois du Manu (code secret de l’Atlantide) qui ont influencé Pythagore et Platon. Hérodote rapporte que cela provenait d’il y a 11340 avant sa naissance (environ 14000 ans avant notre époque).

[3] https://yveshivertmesseca.wordpress.com/tag/connais-toi-toi-meme/.

[4] L’analogie selon Aristote est la ressemblance qui guide et produit du sens. Le semblable est perçu en dépit de la différence, malgré l’apparente contradiction ; elle permet de déployer la vision d’un monde pour le libérer.

[5] Dans la Grèce antique, la métanoïa signifiait « se donner une norme de conduite différente, supposée meilleure »

[6] Genre littéraire de la nouvelle fantastique pour donner la représentation théâtrale des mythes pour un l’enseignement d’un secret à partir des jeux scéniques.

[7] On parle d’interaction goffmanienne. Erving Goffman a mis en évidence le rôle moteur de la relation à l’œuvre dans l’interaction. Ce ne sont ni les structures qui déterminent les acteurs, ni les acteurs qui engendrent les structures, mais une relation cognitive qui constitue le moteur d’un processus de subjectivation et de socialisation. (Céline Bonicco, Goffman et l’ordre de l’interaction : un exemple de sociologie compréhensive.

[8] Hiram, après avoir visité les travaux, dirigea ses pas vers la Porte Est où il y trouve le premier des Compagnons. Hiram chercha son salut dans la fuite et tenta de s’échapper par la Porte Sud. Le trajet se finit toujours à l’Orient de la chambre funèbre mais c’est l’ouest sur la reproduction du Temple de Salomon qui est placé au sol sous forme de tapis

[9] Yves Hivert- Messeca, L’initiation maçonnique entre tradition et modernité : /

[10]. Avant-propos du Rituel des trois premiers degrés selon les anciens cahiers, pour le Rite Écossais Ancien et Accepté, daté de 5829, p.62.

Bestiaire du Moyen Âge

Images de la réalité et réalités de l’imaginaire

René Cintré-Éditions Ouest-France, 2022, 282 pages, 23 €

Présentation de l’éditeur

Le Moyen Âge est très bavard sur l’animal, porteur de symboles à vocation moralisante et source de nombreux mystères, quant à sa biologie. L’auteur étudie ici tous les animaux familiers (ours, loup, cochon, chien, chat, oiseaux, abeilles, insectes…), leurs représentations allégoriques et leur rôle dans la vie de tous les jours (chasse, nourriture, peurs…), mais aussi les « habitants de l’imaginaire » (onocentaure, manticore, phénix, licorne, griffon, dragon, basilic, aspic, sirène…). Son travail nous éclaire sur les mentalités du Moyen Âge mais aussi sur le quotidien d’hommes à la fois très proches et très éloignés de nous.

René Cintré

Biographie de l’auteur

René Cintré, originaire de Fougères, professeur d’histoire à la retraite, travaille, depuis plus de quarante ans sur la période du Moyen Âge. Ancien professeur agrégé, docteur ès Lettres spécialisé en paléographie française, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la thématique des marches du royaume de France et du duché de Bretagne au Moyen Âge. Particulièrement attentif aux aspects de la vie ordinaire, ses travaux l’ont souvent amené à croiser le chemin des animaux peuplant le paysage et l’univers mental des habitants des villes et des campagnes au XVe siècle.

[NDLR : Dans son Jeux, réjouissances et distractions au Moyen Âge (Ouest-France, 2018), René Cintré présentait déjà un aspect très important de la société médiévale et nous racontait les jeux qui peuvent représenter aussi différents rites de passage liés aux âges de la vie et ses grandes étapes.

Nous lui devions, en 2012 et déjà chez le même éditeur, un Bestiaire médiéval des animaux familiers où, dans ce mythique Moyen Âge, l’auteur s’attachait à étudier les animaux familiers (ours, loup, cochon, chien, chat, oiseaux, abeilles, insectes, etc.), ainsi que leurs représentations allégoriques et leur rôle dans la vie de tous les jours.

Ce magnifique volume et ses nombreuses illustrations couleurs, qui peuvent le classer en beau-livre, font que ce Bestiaire du Moyen Âge-Images de la réalité et réalités de l’imaginaire couvre l’ensemble du monde animalier. Certains gardent encore en mémoire le Bestiaire du Moyen Âge (Éditions du Seuil, 2011) de l’historien médiéviste Michel Pastoureau.

Cette récente édition, comme une esquisse d’inventaire, prend en compte l’ensemble du monde animalier. N’oublions pas que certains animaux nous « contemplent » depuis plusieurs millénaires.

L’Arche de Noé. Tableau d’Edward Hicks (1846)

À commencer par ceux des textes bibliques. Du Veau d’or, symbole de l’idolâtrie, à l’âne et le bœuf de la Nativité, bestiaire de Noël où les animaux ont été les premiers témoins de la naissance du Christ, sans oublier ce navire construit sur l’ordre de Dieu, l’arche de Noé afin de sauver du Déluge, en plus de sa famille, toutes les espèces animales.

Et sous l’animal, il y a le symbole !

L’ouvrage s’ouvre sur « Des animaux comme ‘’figures d’exemple’’… » comme une introduction générale à la découverte des romans – Roman du Renard ; Roman de Fauvel – et des fables – Les Fables de La Fontaine ; Les Contes de Perrault – constatant que notre vision de l’animal réels ou imaginaires, pour ne pas dire de la bête, reste toujours prisonnière de notre héritage passé.

René Cintré passe en revue les meilleurs amis de l’homme, y compris ceux d’une basse-cour pour nous faire passer à un monde plus volatil avec les oiseaux de bonne et mauvaise « signifiance » que sont colombe, oie, héron, coq, cygne, paon, chouette, etc.

Par ailleurs, souvenons-nous que les enlumineurs médiévaux rendent grâce au Créateur en peignant les merveilles du monde animal. Certains animaux incarnent souvent l’affrontement entre le bien et le mal. Un bestiaire médiéval réalisé pour l’éloge du Créateur et l’édification du chrétien…

L’auteur nous conte les différentes histoires, récits fabuleux, croyances ou anecdotes de ces monstres, visibles, invisibles, hybrides ou non.

Récemment encore, le numéro 120 des Cahiers Villard de Honnecourt-Un regard différent sur la spiritualité… était intitulé Le bestiaire des Francs-Maçons et nous posait question sur le rapport entre animaux – phénix, aigle, pélican, agneau, serpent, colombe, chien, coq, etc. – et Art Royal.

Ou comment le bestiaire prête aux animaux personnalités et sentiments, parfois comparables à ceux des hommes. Pour servir d’exemple ? Une découverte passionnante et originale du monde animal et de ses enseignements.]

Vous connaissez la Fraternité, mais connaissez-vous l’Humanitude ?

De notre confrère lifeplus.io – Par Sandrine Goldschmidt

Le mot « humanitude » a été créé par Freddy Klopfenstein (Humanitude, essai, Genève, Ed. Labor et Fides, 1980). Aucune définition n’y est associée dans ce livre de pensées poétiques.

Plus tard, Albert Jacquard, en 1987, écrit : « Les cadeaux que les hommes se sont faits les uns aux autres depuis qu’ils ont conscience d’être et qu’ils peuvent se faire encore en un enrichissement sans limites, désignons-les par le mot humanitude. »

Ainsi Jacquard définit une approche « écologique » de l’humanitude.

Enfin, en 1995, Rosette Marescotti et Yves Gineste décident d’écrire une nouvelle philosophie de soins qu’ils baptisent la « philosophie de l’humanitude », car toutes les actions soignantes se réfèrent toujours à une philosophie de soin. Une philosophie de soin a entre autres pour objet l’étude des principes fondamentaux d’une activité, d’une pratique, des réflexions sur leurs sens et leur légitimité.

La « philosophie de l’humanitude », développée dans le cadre de la méthodologie des soins Gineste-Marescotti, constitue une réflexion sur les caractéristiques que les hommes possèdent et développent en lien les uns avec les autres, sur les éléments qui font que chaque homme peut reconnaître les autres hommes comme des semblables et se reconnaître comme faisant partie de l’Humanité. C’est une philosophie des liens positifs.

Les principes de l’Humanitude

L’humanitude est une approche  des soins fondée sur l’adaptation du soignant au patient, qui doit toujours être considéré comme une personne. C’est aussi une philosophie du lien, du soutien et de l’accompagnement dans laquelle chacun est considéré comme quelqu’un d’autonome à vie, qui peut faire ses propres choix et sait ce qui est mieux pour lui. Une méthodologie fondée sur un certain nombre de principes de bientraitance :
– Le regard, le regard échangé doit être tendre
– La parole, indispensable lors de l’exécution d’un  soin même si le patient ne peut répondre
– Le toucher est également un appel d’humanitude comme «confirmation de notre présence au monde», particulièrement important lorsque la parole n’est plus là.
– La verticalité : la station debout est celle qui distingue l’humain. Elle a de nombreux bénéfices, tant psychologiques que physiques pour la personne, et ce, à tout âge. Une personne âgée peut et doit vivre « debout ».
Le sourire est considéré comme essentiel dans cette philosophie du soin qui est enfin régie par un principe de bientraitance fondamental : le « zéro soin de force ».

3 questions à Yves Gineste et Rosette Marescotti

Qu’est-ce que la méthode Gineste-Marescotti ?

YG : Notre méthodologie de soins est composée de 150 techniques issues de notre travail de recherche depuis 30 ans destinée à aider à respecter les principes de l’humanitude. C’est une méthode que nous proposons dans des formations à travers des instituts labellisés dans le monde entier (Québec, Japon, Belgique etc…). Quand nous rentrons dans un hôpital nous demandons quelles sont les 10 personnes qui ont le plus de problèmes et nous faisons les soins avec les soignants.
Nous déclinons au plus près cette philosophie de l’humanitude  dans les soins avec une attention particulière aux  grandes valeurs de liberté, égalité et de respect de la personne humaine. Par exemple : quelqu’un qui ne veut pas un soin, on va le reporter, autant de fois qu’il le faudra pour pouvoir le faire dans la douceur. Les techniques mises en place permettent de diminuer les comportements d’agitation pathologiques et agressifs. Les résultats sont spectaculaires : 95% des personnes  qui présentaient des comportements agressifs et qui ont bénéficié de notre méthode, nous caressent et nous embrassent aujourd’hui.

Pourquoi vous centrer sur les approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer ?

RM : Nous réfléchissons beaucoup à la manière de s’occuper des malades d’Alzheimer sans leur donner de médicaments. La philosophie de l’humanitude est centrée sur le lien entre les personnes, la relation soignant-famille, soignant-malade ou famille-malade…

YG : Les approches non-médicamenteuses dans la maladie d’Alzheimer, sont de loin les moins coûteuses et de très loin les plus efficaces. Elles donnent de bons résultats en termes de qualité de vie. La maladie continue certes à évoluer, mais les gens peuvent vivre et mourir relativement sereins.

Comment les approches non-médicamenteuses permettent-elles d’adoucir la fin de vie, face aux souffrances des aidants et des malades qui mènent parfois aux demandes d’euthanasie ?

RM et YG : Tous les débats aujourd’hui sont très mal posés, parce qu’ils reposent sur la peur et l’incompétence. On ne sait pas quoi faire avec ces malades, ça va coûter très cher, ils souffrent, donc on va les aider à  mourir dans la dignité… On constate que lorsqu’on met en place des approches non médicamenteuses et qu’on arme les aidants en mettant à leur disposition des techniques qui leur permettent de mieux faire face à la souffrance que vivent leur proche et de mieux comprendre la maladie, nous n’avons pas de demandes d’euthanasie.

PORTUGAL : Y a-t-il des francs-maçons au sein de l’Église catholique ?

De notre confrère portugais pt.aleteia.org – Julio De la Vega Hazas

Certains affirment qu’il y a des membres de la franc-maçonnerie parmi les catholiques. C’est vrai ? L’une des appartenances est-elle compatible avec l’autre ?

La franc-maçonnerie est une institution – on pourrait même parler d’« institutions », puisqu’il existe plusieurs « obédiences » – qui aurait son origine dans des corporations de maçons spécialisés (« mason » signifie « maçon » en anglais) et a évolué, en conservant des symboles originaux ( d’instruments de construction), à une société qui comprenait des intellectuels, avec sa propre idéologie. Ce changement est observable depuis le début du XVIIIe siècle.

Elle se définit comme une société philanthropique, symbolique et philosophique, fondée sur le sentiment de fraternité, à caractère initiatique, discret et ritualisé. « Discret » est utilisé pour dire qu’il n’est pas secret (ce qui n’est que partiellement vrai) : bien qu’elle soit enregistrée et que ses dirigeants soient connus, son appartenance est généralement cachée. Ce n’est pas exactement religieux, mais cela ne veut pas dire qu’il se détache de la religion.

Contraire à la religion

En fait, sa philosophie est contraire à toute religion qui prétend être révélée, en particulier l’Église catholique. La franc-maçonnerie anglo-saxonne d’origine professait un déisme, répandu dans les milieux intellectuels des îles britanniques, qui maintenait l’existence d’un Dieu qui créa le monde, puis l’abandonna à son sort.

Lorsqu’il traversa la Manche et s’installa en France, il céda à ce qui était le modèle de la franc-maçonnerie continentale : la franc-maçonnerie. Il a adopté et promu l’idéal des Lumières.

C’est un rationalisme qui, à l’égard de Dieu, pourrait être déiste, agnostique et athée, mais qui qualifie toute foi révélée de superstitieuse et d’irrationnelle, et se révèle plus agressivement anti-catholique que ses branches anglo-saxonnes.

Ethique

La philanthropie était sans aucun doute un idéal maçonnique, mais en pratique elle est assez diluée par une éthique qui ne va généralement pas au-delà des bonnes intentions, et qui, par conséquent, pourrait être qualifiée de bourgeoise. Cela se reflète également dans la fraternité, qui ne va généralement pas au-delà de l’entraide entre les membres eux-mêmes.

Quant aux formes, la franc-maçonnerie est clairement la fille de son temps, qui est le baroque. Il est fortement ritualisé, des vêtements aux temples et cérémonies maçonniques.

Une autre caractéristique de cette époque est qu’il s’agissait d’une société exclusivement masculine. Ce n’est que très récemment qu’elle a été ouverte aux femmes, mais plus souvent avec la création de groupes féminins qu’avec l’admission des femmes dans les mouvements traditionnels.

Récit

La franc-maçonnerie a une histoire complexe, dans laquelle les problèmes internes et les divisions ne manquent pas, même si, dans la mesure du possible, les francs-maçons ont essayé de cacher tout épisode de conflit. En général, cela a donné lieu à l’existence de plusieurs groupements appelés « obédiences », chacun avec des rituels différents.

En ce qui concerne l’Église catholique, il est important de différencier entre compatibilité et belligérance. Cette dernière peut être remise en question : les francs-maçons le nient, mais c’est généralement une réalité dans la franc-maçonnerie continentale et est beaucoup plus atténuée dans la franc-maçonnerie anglo-saxonne.

Ce qui est manifeste, c’est que l’idéologie maçonnique est incompatible avec la foi catholique, et pourtant liée à ses racines. Cette posture a été déclarée par l’Église à plusieurs reprises, même récemment, et le fait que l’excommunication automatique de quiconque entre dans la franc-maçonnerie n’est plus en vigueur aujourd’hui (comme ce fut le cas dans le passé), ne signifie rien à cet égard.

Au Vatican ?

Y a-t-il des francs-maçons au Vatican ? Ce que j’ai lu et entendu jusqu’à présent ne sont que des rumeurs, sans preuves ni noms. Mais vraiment, ce n’est pas quelque chose qui mérite beaucoup de crédit. Ce n’est pas impossible, mais on parlerait d’un mouton noir dans le troupeau, car il pourrait y en avoir pour une autre raison.

Cependant, quand on apprend que quelqu’un est franc-maçon, il ne faut pas perdre de vue un détail : les francs-maçons, sauf exclusion, ne perdent jamais leur statut. Quiconque a quitté l’organisation est appelé « endormi » ou « dormant », mais reste considéré comme un franc-maçon.

ITALIE : Le tronc de la veuve

De notre confrère italien expartibus.it – Rosmunda Cristiano

Et s’asseyant devant le trésor, il observa comment la foule jetait des pièces dans le trésor. Beaucoup de gens riches avaient beaucoup jeté. Mais quand une pauvre veuve vint, elle jeta deux petites pièces de monnaie, c’est-à-dire un sou.

Alors, appelant les disciples à lui, il leur dit : « En vérité, je vous le dis, cette veuve a jeté dans le trésor plus que tous les autres. Comme chacun a donné le superflu, elle a plutôt, dans sa pauvreté, mis tout ce qu’elle avait, tout ce qu’elle avait pour vivre ».
Evangile de Marc XII 42-44

La coutume de la charité, dans la franc-maçonnerie, dériverait du passage de l’Evangile rapporté ci-dessus, nos anciens rituels n’en font mention qu’en 1820, lorsque, dans les « Statuts généraux de Naples » , il y eu une référence à « l’échange de charité ».

Le fait est que chaque tour, de quelque degré que ce soit, se termine par le passage du tronc de la veuve ; sans cette cérémonie simple mais très importante, on peut dire que la séance n’est pas un « rituel« .

La dénomination « Tronc de la Veuve », avec une référence claire au passage susmentionné de Marc, fait probablement référence à la figure de Hiram « fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais du père Tirio, artisan en bronze, d’une grande capacité technique et plein de talent, expert dans toutes sortes de travail du bronze » , et nous ramène à la légende d’Isis.

La déesse, sœur et épouse du dieu Osiris, tuée et mise en pièces par son frère Seth, qui éparpilla ses restes sur toute la Terre, aidée par sa sœur Nephthys, après une longue errance, retrouve toutes les parties de son corps sauf le phallus, dévoré par un poisson du Nil.

Isis, avec beaucoup d’efforts et de larmes, parvient à rassembler le corps, mais, faute de membre viril, elle est incapable de procréer. Sans se décourager, elle se fait une prothèse en bois de sycomore et le rejoint, donnant vie à Horus, le Soleil, qui, par conséquent, est le fils de la veuve, telle qu’elle a été engendrée par Isis, qui l’a conçu sans mari.

Le coffre avec les restes divins, descendant le Nil, atteint la mer et est poussé par les courants sur la côte de la Syrie, où, soudain, une bruyère apparaît et pousse rapidement jusqu’à enfermer le coffre dans son tronc. Le roi du lieu, surpris par la grandeur de la plante, la fait tailler et, ignorant son contenu, en fait une colonne pour son palais.

En l’apprenant, Isis se rend en Syrie où, après diverses vicissitudes, elle obtient enfin la colonne dans laquelle repose le corps d’Osiris et, couverte d’onguents parfumés, l’élève au centre d’un grand temple. A partir de ce moment, dans tous les temples qui lui sont dédiés, les fidèles dévots déposent leurs offrandes destinées à la charité dans une malle placée à l’intérieur de l’enceinte sacrée.

C’est ainsi que le récipiendaire de la charité prend le nom de ‘Tronco della Vedova’.
Pour cette raison, dans les milieux ésotériques, on dit qu’un initié est un « Fils de la Veuve » car cela signifie être comme Horus ou comme Jésus, car selon leurs cultes respectifs, tous deux sont nés sans l’intervention d’un père.

Être le fils de la veuve, c’est être un enfant de l’espace fait pour que l’âme reçoive toute la lumière de l’esprit, d’une mort-renaissance qui implique un acte intérieur d’union avec soi-même pour réaliser sa plénitude, un acte qui ne peut que avoir lieu en un point ineffable, connu seulement de ceux qui se réunissent, ou « connu seulement des enfants de la veuve ».

Lors du rite d’initiation, le Vénérable Maître s’adresse au candidat avec la formule suivante :

Profane, il est temps de mettre en pratique le second devoir du franc-maçon, c’est-à-dire de pratiquer les vertus les plus douces et les plus bienfaisantes, d’aider votre Frère, de prévoir ses besoins, d’apaiser ses malheurs et de l’assister de vos conseils, de vos lumières avec votre crédit.

Ces vertus, considérées dans le monde profane comme des qualités rares, ne sont, chez les francs-maçons, que l’accomplissement d’un devoir.

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en rajouter pour comprendre l’importance accordée à la solidarité, entendue comme fondement de l’égalité et de la fraternité et comme corollaire de réalisation immédiate du chemin initiatique.

Le Franc-Maçon, en même temps, travaille à son propre perfectionnement spirituel et à celui de l’Humanité, en effet si « vouloir être meilleur c’est être meilleur » il est aussi vrai que « s’améliorer c’est améliorer les autres ».

L’homme et l’humanité, en tant qu’un et tous, sont des facteurs indispensables ; l’ésotérisme, comme cheminement vers la connaissance du Soi, représente notre opération, tout comme la construction du temple intérieur fut une œuvre tout aussi efficace pour nos prédécesseurs engagés dans les chantiers et pour les spéculatifs acceptés dont nous sommes les descendants.

Voilà donc que la séparation des métaux, qui s’effectue déjà dans le cabinet de réflexion pour que le candidat soit admis au Temple, prend une signification pratique d’une signification intrinsèque bien plus large que même le haut contenu moral.

Si les métaux représentent l’élément lourd et corporel de notre réalité physique, s’en détacher devient une condition nécessaire pour que la rectification ait lieu. Ce symbole doit ensuite être intériorisé et réalisé individuellement par l’Initié, ce qui signifie que l’ésotérisme, comme cheminement vers la connaissance du Soi, reproduit notre fonctionnement.

La séparation des métaux ne nourrit pas l’attachement aux biens matériels et, plus généralement, aux passions, car sans ce détachement progressif la rectification serait un leurre. L’accomplissement de ce devoir sans ostentation cache, sur le plan individuel, la main bienfaitrice ; l’aide reste entourée de secret car, pour produire des effets opérationnels, il ne doit pas y avoir de rétribution morale, mais un véritable sacrifice, sacrum-facio .

Briser la coquille de sa personnalité égoïque et se sentir partie intégrante de ce tout qu’est l’Humanité est une étape indispensable pour se transcender et transformer l’Initiation en sa réalisation spirituelle ; ainsi se concrétise l’amour du prochain.
L’Amour comme Feu, un passage obligé qui sera approfondi au cours du parcours initiatique.

À un certain moment de la cérémonie, les métaux sont rendus, si l’initiation est intériorisée, sa valeur est transmuée et elle est éliminée d’une manière différente. Il semble extrêmement cohérent que l’argent collecté dans le coffre de la veuve soit transformé en « beaucoup de morceaux d’Osiris pour la reconstruction de l’homme ».

La charité est la vertu capable de soulager la douleur et la misère qui nous entourent. Alors qu’une aide durable peut changer la vie et le destin d’un homme.

Au matérialisme et à la recherche effrénée de la richesse, il faut opposer l’humble et douce poésie du tronc de la veuve.
A. Corona

VENEZUELA : Les Ouvriers d’Hiram Abiff – « Esséniens » et Francs-maçons, des similitudes ?

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz P.G.M.

Le thème des « Esséniens » est fascinant, car ils sont entourés d’un niveau spirituel élevé et d’un état de conscience élevé. Prononcer le mot « Essénien » est similaire au mot « Christ » et « Bouddha », qui est l’illumination. Bien que le terme « Esséniens » ne se réfère pas à une qualification des Lumières, seulement de haute spiritualité, puisqu’ils étaient une communauté ascétique très exclusive avec des règles très strictes. 

Comme dans la franc-maçonnerie, on y est également entré par une initiation. Quand on parle d’« Initiation », c’est parce qu’il fallait passer par des épreuves et un serment. Les « Esséniens » sont une secte juive qui a été formée par des désaccords avec le comportement des grands prêtres de l’époque et de leurs dirigeants. Ils se sont installés dans la région de Qumrân, sur les rives de la mer Morte, en Palestine, un lieu reculé du désert de Judée.

La rébellion des Maccabées des Juifs, 167 av. C., a expulsé les occupants grecs, a établi le royaume de la famille hasmonéenne. Cette famille cumulait la position de roi avec celle de grand prêtre, ce qui créait des désaccords dans la population, qui n’admettait que les royaumes de la lignée de David. Cette situation a donné naissance à la formation de sectes juives qui ne s’entendaient pas avec le gouvernement en place. 

Les Esséniens étaient les plus opposés au gouvernement hasmonéen, les Pharisiens et les Sadducéens. Le mot « Essénien » n’a pas pu nous renseigner d’où il vient, même une des portes d’entrée de Jérusalem portait ce nom. Pour entrer dans cette communauté, il fallait passer par une période d’initiation de trois ans. Dès l’entrée, les biens et les richesses étaient répartis entre tous, donnant la prépondérance aux femmes, aux vieillards et aux enfants. C’était une communauté monastique exempte de femmes, parce qu’elle ne leur faisait pas confiance. Ils étaient une communauté minoritaire, ils ne dépassaient pas 4 000 membres. 

Une autre théorie soutient qu’il y avait entre 50 et 150 personnes. Leur désir était de rechercher la pureté physique et spirituelle, c’est pourquoi ils s’éloignent de la société. Bien qu’ils n’acceptaient pas les femmes, il y avait un très faible taux de mariages pour produire des enfants. Ils étaient connus sous le nom de « Les Enfants de la Lumière » et vivaient dans des grottes, à la place desquelles les « Documents de la Mer Morte » ont été trouvés au siècle dernier. 

Il existe une certaine relation fondamentale entre les enseignements des Esséniens et les manuscrits de la Mer Morte pour comprendre « le judaïsme et le christianisme ». Ils étaient situés dans la région de Qumrân, car les Juifs sont entrés dans la Terre Promise par cet endroit, et cela sert de symbolisme au début d’une nouvelle ère de Lumière. 

Ils étaient apocalyptiques, ils croyaient être à la fin des temps et leur mission était de collaborer avec le plan divin de salut. Ils menaient une vie contemplative et accomplissaient la loi de Moïse en sanctifiant le sabbat, ils s’habillaient de blanc et ne changeaient de vêtements et de chaussures que lorsqu’ils n’étaient plus utiles. Selon l’historien Pline, les Esséniens rejetaient les désirs charnels, comme incarnation du mal, et se protégeaient des comportements passionnés et inappropriés des femmes. 

Il y avait des Esséniens qui se sont mariés, ont eu des enfants, mais leurs femmes sont devenues des adeptes des Esséniens avec leurs règles. La communauté a adopté et récupéré des enfants abandonnés, et aussi ceux qui en avaient marre de vivre dans le monde de l’illusion, ainsi la communauté essénienne s’est agrandie. Maître Jésus est apparenté aux Esséniens, ses parents étaient des Esséniens. Il y a un livre intitulé « La Neuvième Lumière » (Araceli Egea), et il y est décrit comment les Maîtres Esséniens, Maître Jésus, dès son plus jeune âge, ont été guidés par eux pour « Ouvrir sa Conscience » et ont eu connaissance de sa grande mission dans ce plan, et cela s’est produit dans les monastères esséniens des montagnes de Qumrân. Le Maître Jésus aurait pu avoir ce contact avec eux, mais il n’était pas essénien, car ses enseignements ne coïncidaient pas avec certains de leurs principes, comme s’éloigner des pécheurs et des femmes, chose que le Maître Jésus ne pratiquait pas. Le Maître Jésus dit : « Les pauvres, les pécheurs, les estropiés, les aveugles, les lépreux, les démoniaques, les prostituées et les malades sont ceux qui ont le plus besoin de moi. » 

Elle n’excluait personne, comme les Esséniens, qui n’acceptaient pas les personnes avec des défauts, très élitistes et surtout très effrayés par la sexualité. Le Maître Jésus a parcouru le Tibet, l’Himalaya (il y est connu sous le nom de « Issa »), l’Inde, Alexandrie, etc. Où il a cherché à élargir ses connaissances auprès des bouddhistes, hindous, soufis (histoires soufies), d’où je considère qu’il a extrait ses extraordinaires paraboles pleines de symbolisme et de sagesse.

Les Esséniens étaient de production communautaire, ils étaient des ascètes, donc il leur était facile de couvrir leurs besoins. C’étaient des guérisseurs, des états de conscience élevés et pour cette raison ils étaient connus comme les « Pieux et les Nazaréens ». Lorsqu’ils se rencontraient, ils lisaient un passage des Saintes Écritures et les expliquaient. La mort était la bienvenue, ils sont libérés de l’esclavage de la chair, les corps étaient corrompus, et les âmes immortelles qui viennent de l’Ether le plus subtil. Parmi les vertus, ils cultivaient l’obéissance, la sincérité, la continence, la justice et la tempérance. Non à l’esclavage et oui à l’égalité. Ils ont pratiqué le détachement.

CHILI : Sebastián Jans Pérez remporte les élections de la Grande Loge

De notre confrère chilien adprensa.cl

Il y a à peine une heure, le Tribunal électoral de la Grande Loge du Chili a annoncé les résultats du processus électoral au cours duquel le Grand Maître Sebastián Jans Pérez a été réélu. De même, les autorités du gouvernement supérieur qui l’accompagneront dans la période 2022-2026 ont été définies.

Les membres qualifiés des 246 loges à travers le pays ont voté. La fréquentation des bureaux de vote était majoritairement concentrée le matin.

Le candidat Sebastián Jans Pérez sera celui qui dirigera les destinées de l’Ordre dans sa deuxième période. Luis Riveros, qui a été Grand Maître deux fois, n’a cette fois pas atteint le vote qui lui permettrait d’être élu.

Mariela Rodríguez Ruiz, présidente de la Fédération américaine de la franc-maçonnerie féminine, a déclaré que la loi électorale d’aujourd’hui représentait les valeurs démocratiques que nous défendons tous.

Au terme de cette note, Sebastián Jans Pérez est arrivé à la Grande Loge pour adresser quelques mots à l’ensemble des membres : « Nous avons reçu l’information officielle, les résultats sont catégoriques par rapport à la conviction de ce que devrait être l’accent du programme. soit qu’il soit mis en exécution lors de la prochaine assemblée du solstice d’hiver….. Nous avons gagné parce que nous avons fait une bonne gestion, parce que nous avons la volonté d’œuvrer pour une meilleure franc-maçonnerie, pour une franc-maçonnerie qui continue à grandir et à se perfectionner ».

Le Grand Maître Sebastián Jans P. réélu a enfin remercié et souligné le soutien reçu dans chacune des juridictions et Loges du pays qui lui a permis d’avoir un résultat remarquable. La franc-maçonnerie que nous voulons tous, plus et mieux la franc-maçonnerie a été l’axe de la campagne qui l’a amené à diriger une seconde période de l’Institution.

 « La franc-maçonnerie que nous voulons tous, plus et mieux la franc-maçonnerie » était l’axe de la campagne qui conduira Sebastián Jans Pérez à diriger l’institution pour un second mandat.

Dernière interview de Robert Ambelain

Le 27 mai 1997, le père moderne de la maçonnerie égyptienne nous quittait. Vous découvrirez ci-dessous sa dernière interview faite par Patrick Leterme, le 10 Avril 1997, quelques semaines avant son départ pour l’Orient Eternel.

Robert Ambelain, né le 2 septembre 1907 à Paris et mort dans la même ville, le 27 mai 1997, est un auteur français, spécialisé dans l’ésotérisme, l’occultisme et l’astrologie. Homme de lettres, historien et membre sociétaire des Gens de Lettres et de l’Association des écrivains de langue française « mer outre-mer », il est l’auteur de 42 ouvrages (dont certains sous le pseudonyme d’« Aurifer », son nom en tant que « Supérieur inconnu » dans l’Ordre Martiniste).

Franc-maçon, il est initié le 24 mars 1939 dans le temple de la porte d’Orléans à Paris, parrainé par le grand maître Constant Chevillon, dans la loge « La Jérusalem des vallées égyptiennes » et ensuite il est reçu compagnon et maître au cours d’une tenue clandestine au camp d’Epinal. Il dirige à son domicile les réunions de la loge « Alexandrie d’Égypte », au Rite de Memphis-Misraïm. Il reçoit de Georges Bogé de Lagrèze les hauts grades de ce rite, du 4e au 33e et les 55e, 66e, 90e et 95e. En 1942 il réveille l’Ordre des Élus Coëns, dont il est le Souverain Grand Commandeur. L’Ordre Martiniste des Élus-Cohens, lié pendant un temps à l’Ordre de Papus dirigé par Philippe Encausse au sein de l’Union des ordres martinistes, va poursuivre son activité jusqu’en 1967.

C’est en 1942 que Georges Bogé de Lagrèze et Camille Savoire, tous deux membres du Grand Prieuré des Gaules du Rite écossais rectifié, auraient donné patente à Robert Ambelain, afin de créer l’Ordre Martiniste des Élus-Cohens et d’ y intégrer les classes secrètes de Profès et Grand Profès. Cependant Un article de Pierre Noël consacrée à « La Profession », publié dans le N°168 de Renaissance traditionnelle en octobre 2012 établit documents à l’appui, y compris des textes inédits, la nature exacte de la double classe secrète du régime écossais rectifié et il précise en quoi la pseudo-grande profession composée par Robert Ambelain à partir d’un dépôt de Georges Lagrèze diffère radicalement de la grande profession telle que l’a conçue et instituée Jean-Baptiste Willermoz fondateur du rite et telle qu’elle s’est perpétuée en Suisse.

De 1960 à 1985 il est le grand maître mondial de la « Grande Loge française du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm ». Il transmet sa succession à Gérard Kloppel en 1985. En 1985 il réveille le Rite écossais primitif. Il est aussi Chevalier bienfaisant de la Cité sainte dans le Rite écossais rectifié, avec le nom d’ordre d’Eques a reconciliatione.

Philosophie & Kabbale

António Telma – Les Éditions de la Tarente, 2021, 224 pages, 21 €

Présentation de l’éditeur

Cet ouvrage d’António Telmo est une belle opportunité de découvrir non seulement l’œuvre de ce penseur d’exception mais un courant de pensée philosophique et initiatique portugais majeur, le plus souvent ignoré hors du Portugal.

L’auteur nous propose un voyage inattendu en terre de Tradition. Il nous invite à changer de regard et à sortir des sentiers battus pour redécouvrir ce qui nous semble familier. Le Portugal est porteur d’un message spirituel universel à travers une rare prolifération de mythes initiatiques et une histoire étonnante. António Telmo est l’un de ses messagers les plus pertinents, l’un des grands penseurs de la dimension initiatique de la langue portugaise et de sa grammaire secrète.

Le livre rassemble plusieurs contributions indépendantes mais complémentaires. Elles offrent divers accès à une véritable connaissance basée sur un rapport direct aux structures du monde spirituel, du langage et aux mythèmes, ces composés des mythes, porteurs de sens, véhicules de la gnose.

Le lecteur trouvera dans la dernière partie un commentaire d’António Telmo sur Le Crocodile ou la guerre du bien et du mal de Louis-Claude de Saint-Martin.

Ce livre est le premier ouvrage d’António Telmo disponible en langue française.

Biographie de l’auteur

António Telmo

António Telmo (1927-2010), philosophe, auteur, enseignant, féru de kabbale, de théosophie et de philosophie classique, est un héritier de l’École de Porto, école de pensée et d’art extraordinairement originale et féconde à laquelle nous pouvons rattacher des personnalités comme Leonardo Coimbra, Fernando Pessoa, Teixeira de Pascoaes, Sampaio Bruno, José Marinho, Agostinho da Silva, Alvaro Ribeiro et, plus près de nous, Lima de Freitas, cheville ouvrière et premier directeur de IADE-U, Instituto de Arte, Design e Empresa – Universitário, à Lisbonne.

António Telmo fut aussi un éminent franc-maçon du Régime Écossais Rectifié et un martiniste zélé, grand connaisseur de la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin et de l’œuvre de Martines de Pasqually. Il a laissé une œuvre écrite considérable et sa pensée est particulièrement influente dans les milieux traditionnels ou culturels de langue portugaise et aussi, plus discrètement, de langue française ou anglaise.

[NDLR : La préface étant de Sylvie et Rémi Boyer qui, depuis cette année, se sont retirés sur les rives du Tage, je vous propose de retrouver leurs biographies sur http://bit.ly/2t9yS9T, le site de Rémi Boyer issu de cellui de l’association française de promotion du droit et de défense des intérêts des auteurs, la Société des gens de lettres (SGDL).

Quant à l’illustrateur Lima de Freitas (1927-1998), il était un peintre, illustrateur, céramiste et écrivain portugais qui a étudié à l’Escola Superior de Belas Artes de Lisboa. À son actif plus de 100 livres illustré, le plus connu étant celui de Don Quichotte de l’écrivain portugais Aquilino Ribeiro (1885-1963). Il est aussi connu pour son travail en céramique comprenant une quinzaine de panneaux de tuiles exposés à la gare de Rossio à Lisbonne représentant les mythes et légendes de Lisbonne. L’un d’eux, « Camões », illustrant d’ailleurs l’ouvrage en page 5 et aussi, en couleur, en première de couverture.

La préface nous donne l’occasion de découvrir António Telma, penseur d’exception évoluant dans un courant de pensée philosophique et initiatique portugais majeur qui prend naissance entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle. Un courant malheureusement peu connu au Portugal…

« Ce livre rassemble des textes pour une part indépendants les uns des autres mais dans le croisement l’interpénétration rationnelle poétique ouvre les fenêtres sur l’inexploré et l’initiatique » nous déclarent les préfaciers.

En quatre chapitres « Introduction au voyage » ; « Philologie et philosophie » « Philosophie et Kabbale » « Vérité et poésie », António Telmo nous fait naviguer entre philosophie que les Grecs, au temps de Thalès, appelaient ainsi l’ensemble des connaissances humaines et Kabbale qui peut s’entendre comme la somme de spéculations ésotériques qui, à partir des vingt-deux signes de l’alphabet hébraïque représentant chacun à la fois une lettre et un chiffre, donnent à certains passages de la Bible un sens allégorique et mystique.

De quoi nourrir notre curiosité et étancher notre soif d’apprendre.

D’ailleurs, certaines thématiques ne peuvent que nous instruire. Notamment celle concernant « La grammaire secrète de la langue portugaise » ou encore « Les traditions hétérodoxes de la philosophie portugaise » et « Le Timée et le concept de l’analogie chez Leonardo Coimbra » – philosophe et ministre de l’Instruction publique d’un des gouvernements de la Première République portugaise – et sa façon de d’aborder le théorème de Pythagore,

Théorème de Pythagore

théorème de géométrie euclidienne qui met en relation les longueurs des côtés dans un triangle rectangle et dont il se dit qu’il est utilisé par les magiciens, les gnostiques, les ésotériques et autres Francs-Maçons.

António Telma nous offre sa vision des écrits de Joseph de Maistre ou de ceux de Louis-Claude de Saint-Martin à travers « Le Crocodile, ou la guerre du bien et du mal », ce poème épiquo-magique

Ce conte « épiquo-magique » ou allégorique dans lequel le « Philosophe Inconnu » a souhaité transmettre des clés toutefois cachées. L’ouvrage s’achève avec « Le Portugal et la découverte de l’au-delà de l’histoire » où nous avons l’heureuse d’y trouver les tableaux des trois grades symboliques du Rite Écossais Rectifié dessinés avec la libre interprétation de l’artiste qu’est Lima de Freitas. L’auteur exprime, en conclusion, un grand merci à l’écrivain et philosophe gnostique Raymond Abellio (1907-1986).]

Raymond Abellio

Les mystères d’Éleusis – Soulevons le voile ! : Par Yvonne de SIKE

Yvonne de SIKE, est la Présidente de la Société des études euro-asiatiques – musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Jeudi 14 avril 2022 18h30 elle donnait, salle de Cinéma du musée une conférence sur les mystères d’Éleusis

Yvonne de SIKE est Docteur en archéologie et en histoire de l’art – Spécialiste de l’anthropologie du rite et de la fête. – Maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle. Chargée du Département Europe au Musée de l’Homme (en 1998). Elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Poupées (1964), Delphes (1978), Miniatures russes (1993), Les Masques (1998), 12 mois pour fêter la nature (1999), Les Dits de Noël (2001), Villes en fête (2003), De l’usage des plantes (2010).