Accueil Blog Page 735

Mot du mois : Coeur

0

Ah, ce cœur qui se met à battre dès que la vie pointe son nez… avec ses petites oreilles, oreillettes, et ses petits ventres, ventricules. Comme un centre de référence autour duquel toute l’existence va organiser son cheminement, physique et mental, sentimental et fébrile.

Le sémantisme indo-européen *kerd induit l’ambiguïté entre le corps et le sentiment, puisqu’il signifie le cœur ainsi que la moelle.

Le grec en infère *cardios, qui se référera plutôt au domaine médical de la cardiologie. La médecine antique connaît évidemment l’organe que révèle une simple ouverture thoracique, mais son rôle de pompe régulatrice restera méconnu jusqu’à ce que le circuit artériel et veineux livre son mystère. Cœur et sang sont au cœur de la vie, le sang *sanguis, qui s’écoule, et le sang qui jaillit de la blessure, *cruor, avec sa charge de cruauté. Toujours l’ambivalence.

Le latin enrichit le radical de nombre de préfixes, qui oscillent entre la cordialité et la concorde, le cordial revigorant en cas de submersion nauséeuse, l’accord, la concorde etles accordailles, le désaccord et la discorde.

Le cœur entre dans la composition de beaucoup d’expressions, qui relèvent elles aussi de l’ambivalence première, physique ou sentimentale. Crève-cœur, accroche-cœur, sans cœur, haut-le-cœur.

Mais il est à noter que la réaction physique est toujours première, dans la conception et la formulation que les Anciens font des mouvements du cœur. Qu’on soit écœuré, courageux ou découragé, plein de rancœur, qu’on prenne son courage à deux mains, c’est d’abord le corps qui s’exprime. Et l’encouragement se manifeste par le geste avant le mot, la main tendue de la miséricorde, le cri inarticulé avant la parole organisée.

La langue est implicitement consciente de la signification trouble de ce cœur, qui se serre de tristesse, par lequel on sait, retient, récite par cœur, qui marque la détermination quand on a à cœur de bien faire. Et la main sur le cœur authentifie la sincérité des propos.

Une peine de cœur chagrine les sentiments, le mal de cœur tangue au bord de la nausée.

On se confie à cœur ouvert, se livre à cœur perdu, s’aime à cœur-que-veux-tu.

A cœur perdu ? Pourquoi ne pas dire à cœur gagné, enrichi … de tout ce que m’offrent l’Autre à mes côtés et le monde alentour, quand je les accueille sans réticence ?

Un bien difficile équilibre à établir et maintenir entre les élans du cœur et la froide retenue de la raison… La spontanéité brouillonne, généreuse, des sentiments et la nécessaire lucidité de la mise en perspective.

Et Jules Renard ironise : « N’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir. »

Annick DROGOU

Le cœur, c’est la vie. La vie qui bat et palpite. Pour quoi, pour qui ? Pour la vie qui va, qui vit. C’est à la fois l’intime, dans le secret du cœur, taiseux en notre for intérieur, et aussi ce cœur qui bondit, s’émeut et toujours répond à l’univers et s’y accorde. Sursum corda ! Haut les cœurs ! Cœur-courage, toujours l’élan vital issu de l’organe le plus caché, niché au sein de toute créature. Comme le noyau ou la graine contiennent la promesse du fruit.

Organe et symbole, le cœur, cet autre mot de l’âme, ne va pas sans le don, la générosité. On ne peut manquer de cœur. De bon cœur auquel, toujours, s’associe la joie. Cœur brûlant de la promesse. Tout est affaire de cœur. La source de l’amour, de toutes les amours, des plus charnelles et érotiques aux plus gratuites et charitables. Car ce cœur si personnel, si individuel, ne sait pas, ne peut pas battre qu’à son unique profit. Son battement est diapason et métronome, à la recherche de l’accord parfait et du rythme universel.

À cœur perdu… Le cœur n’est rien sans le souffle, sans la formidable soufflerie de nos poumons. Invitation sans cesse renouvelée à la respiration du monde et l’aventure cosmique, sans laquelle ce cœur n’est rien qu’un muscle inutile. Alors, pourquoi de battre ton cœur s’est-il arrêté, toi qui vivais si fort ? Vous que j’aimais, j’entends toujours l’écho de votre cœur battant dans une éternelle et fragile concorde.

Jean DUMONTEIL

3 maçons, dont un monarchiste, pour le chant de la République

De notre confrère argentin urgente24.com

Un Franc-maçon commanda l’Hymne, un franc-maçon le composa et à la franc-maçonnerie il fut dédié : République et histoire cachée de La Marseillaise.

Alors que la Révolution française se poursuivait, les monarchies européennes craignaient que la ferveur révolutionnaire ne se propage dans leurs pays. La République n’était pas la bienvenue car elle mettait en péril toutes les maisons royales. Il fallait envahir la France, gagner Paris et réinstaller le monarque.

La coalition faisait tous les efforts utiles pour arrêter la Révolution, ou du moins la limiter à la France. 2 armées de la Coalition (Autriche + Prusse) envahissent le pays par le Nord.

Le 25/04/1792 , le baron Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, et vénérable maître de la loge maçonnique locale, demande à son hôte, Le Frère Claude Joseph Rouget de Lisle, de composer une chanson qui réunirait « L’unité des soldats venus de partout pour défendre leur patrie menacée ».

Cette nuit-là, Rouget de Lisle composa le Chant de guerre pour l’Armée du Rhin.

Strasbourg elle-même fut attaquée quelques jours plus tard. Mais en septembre, se déroula la bataille de Valmy : les généraux François Kellermann et Charles Dumouriez battirent les troupes prussiennes commandées par Charles Guillaume Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg, prince de Brunswick-Wolfenbüttel , alors qu’elles tentaient d’entrer dans Paris.

Dietrich fut guillotiné en 1793 pendant le règne de la Terreur, exemple de l’inacceptabilité des États « d’exception » et de leurs comités fascistes de salut public qui laissent le pouvoir à Maximilien Robespierre au pouvoir.

L’époque

En France en 1789, la moitié des hommes et plus de 70 % des femmes ne savaient pas lire : les chansons, outil culturel de tradition orale, étaient des mécanismes de transmission d’idées, de slogans et de propositions.

Entre 1789 et 1800, près de 200 hymnes et plus de 2 000 chansons populaires à contenu politique furent dénombrées dans cette France.

Alors que les hymnes étaient commandés par les autorités pour des cérémonies officielles (chœurs, chants funéraires, odes), les chants avaient un caractère populaire.

Il y avait des auteurs, des « chansonniers », qui chantaient et vendaient leurs compositions (ou celles d’autres) dans les lieux les plus fréquentés de Paris, comme le Pont Neuf, le Palais Royal ou les Champs-Elysées. D’autres avaient simplement conçu une parole qui pourrait être chantée sur un air familier (d’une opérette, d’un vaudeville ou d’une chanson folklorique). Ces « paroliers » étaient presque toujours anonymes.

La Révolution traversait une phase dramatique : l’hostilité intérieure contre Louis XVI avait alarmé les monarchies absolutistes européennes, et en août 1791 l’empereur Léopold II et le roi de Prusse lancèrent un ultimatum à l’Assemblée nationale. Le 20/04/1792, l’Assemblée nationale approuva la déclaration de guerre à l’Autriche.

Le maire de Strasbourg, en commandant l’hymne 4 jours après la déclaration de guerre, voulu remonter le moral des volontaires. Le chœur devait dire : « Aux armes, citoyens ! , comme les annonces collées sur les murs de la ville qui invitaient les hommes adultes à s’enrôler.

Paroles et musique d'un hymne immortel.

Paroles et musique d’un hymne immortel.

La mélodie

Claude Joseph Rouget de Lisle était militaire et à 24 ans, après avoir obtenu sa promotion d’officier, il entra chez « Les Frères discrets » , une loge maçonnique à Charleville, chef-lieu du département des Ardennes, sur les rives de la Meuse.

Rouget de Lisle n’était pas connu comme poète mais comme ingénieur et devint capitaine.

Mais le plus important, c’est qu’il n’était pas républicain et qu’il ne voulait pas l’être. Mesdames et messieurs : l’auteur de La Marseillaise était un admirateur de la monarchie. Il refusa de prêter le serment d’allégeance à la Constitution républicaine.

Il savait que la France était bien plus que cette Révolution anarchique qui demandait à l’Empire de Napoléon Bonaparte de la discipliner.

Rouget de Lisle est déposé et emprisonné en 1793. Les soldats républicains chantèrent l’hymne de sa création, alors qu’il souffrait dans un cachot d’être monarchiste. Paradoxe s’il y en est un !

Conclusion : il écrivit son hymne parce qu’il était nationaliste, et qu’il n’était pas nécessaire d’être républicain pour être patriote.

Rouget de Lisle n’a été sauvé de la guillotine que parce que la réaction thermidorienne venait de se produire : Robespierre était enfin mort et le club des Jacobins fut dissous et les « sans-culottes » disparurent !

L’hymne

L’auteur nomma sa composition « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin ».

Il respecta la légende de l’affiche avec la proclamation « Aux armes, citoyens ! (Citoyens, aux armes !) et dédia sa création au maréchal Nicolas Luckner, un autre franc-maçon, mais d’origine bavaroise au service de la France celui-là. L’histoire de « La Marseillaise » s’écrit donc avec 3 Francs-maçons.

La chanson s’est répandit en Alsace, avant de passer par la ville de Marseille, d’où elle rejoint ensuite Paris.

La mélodie est devenue alors l’appel à la Révolution. Elle est rebaptisé « La Marseillaise », parce qu’il avait été apporté de Marseille en mai par un jeune médecin volontaire de Montpellier, François Mireur, futur général de Napoléon, et les volontaires l’aimaient (fédérés) qui entrèrent dans Paris en l’entonnant le 30/07/1792.

Le 14/07/1795, la Convention décida que la musique et les paroles composées par le monarchiste Rouget de Lisle seraient l’Hymne de la République. Puis vint Napoléon qui l’élimina, et plus encore ses successeurs Louis XVIII et Charles X. Elle fut restaurée après la Révolution de juillet 1830. Puis elle joua un rôle moteur pendant la guerre franco-prussienne.

Plus tard, ce fut l’hymne du mouvement révolutionnaire international, en 1871, ce fut la chanson officielle de la Commune de Paris et en 1879, il fut restauré comme hymne national de la France.

Il n’y a pas de version unique, car ses paroles furent mises en musique de différentes manières et lorsqu’il fut déclaré hymne officiel, la version ne fut pas spécifiée.

Une commission, en 1887, composée de musiciens professionnels, détermina quelle serait la version officielle, après avoir revu sa ligne mélodique et son harmonisation.

Le président Valéry Giscard d’Estaing voulu revenir à une représentation plus proche des origines de l’œuvre et lui imposa un « tempo » plus lent.

Aujourd’hui, une adaptation de la version de 1887 est jouée lors de cérémonies officielles.

choquant

Laura Manzanera , dans un podcast allusif pour National Geographic, expliqua :

« En juin 1792, les partis révolutionnaires décident de rassembler à Paris une force armée de 20 000 hommes pour défendre la capitale en cas d’invasion étrangère, les soi-disant « fédérés », qui devaient être prêts pour le 14/07, c’était le parti révolutionnaire.

Un député nommé Barbaroux écrivit aux autorités de sa ville natale de Marseille pour leur demander d’envoyer 600 hommes. Munis d’un exemplaire imprimé de la chanson de Rouget de Lisle, les Marseillais, tout au long de leur voyage vers Paris, qui dura du 3 au 29 juillet, entonnèrent l’hymne dans chaque ville traversée. Une gazette de l’époque raconta qu’« ils chantent l’hymne avec beaucoup de force, et dès qu’ils agitent leurs chapeaux et leurs sabres, tous crient à la fois ‘Aux armes, citoyens !’ c’est vraiment choquant ». Ils firent entendre cet hymne de guerre dans tous les villages qu’ils traversèrent, et ces nouveaux bardes inspirèrent des sentiments civiques et belliqueux dans les campagnes.

Les Marseillais restèrent plusieurs semaines à Paris, et pendant ce temps, ils ne cessèrent de chanter l’hymne : « Ils le chantèrent souvent au Palais-Royal, et parfois dans les spectacles entre deux pièces », précise la même source. C’est alors que les Parisiens découvrirent cette musique, qu’ils appelèrent Hymne des Marseillais, et plus tard, simplement, La Marseillaise.

Côte d’Ivoire : La Grande Loge annonce un grand projet en hommage à feu l’ex-PM Hamed Bakayoko

De notre confrère ivoirien linfodrome.com

La mémoire de l’ex-Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, samedi 23 avril dernier lors de la cérémonie d’installation de Sylvère Koyo, en qualité de Grand Maître de la Loge de Côte d’Ivoire.

La Loge de la franc-maçonnerie de Côte d’Ivoire a officiellement un nouveau maître. Il s’agit du franco-ivoirien, Sylvère Koyo. Son investiture a eu lieu le samedi 23 avril dernier à Abidjan au Sofitel Hôtel Ivoire en présence de plusieurs délégations de la confraternité venues des quatre coins du monde.

Des hommages rendus à Hamed Bakayoko

Cet avocat de profession assurait depuis l’an dernier l’intérim, à la tête de cette organisation, d’Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre ivoirien. Lors de la cérémonie d’investiture, de nombreux hommages ont été rendus à feu l’ancien Grand Maître de la Loge de Côte d’Ivoire, décédé en mars 2021 des suites d’un cancer fulgurant, en présence de son épouse Yolande.

 Selon les informations de Jeune Afrique, un temple maçonnique a été inauguré il y a peu à Abidjan et porte désormais le nom de l’époux de Yolande Bakayoko.

 La Grande loge de Côte d’Ivoire a également annoncé qu’elle allait financer une œuvre à vocation caritative, « Cantine Hambak », qui permettra de distribuer du pain et des produits de première nécessité

 La Grande Loge de Côte d’Ivoire a également annoncé qu’elle allait financer une œuvre à vocation caritative, « Cantine Hambak », qui permettra de distribuer du pain et des produits de première nécessité à des enfants défavorisés.

L’installation à la GLCI de Sylvère Koyo et de son député Grand Maître (numéro deux), Alain-Richard Donwahi, ex-ministre des Eaux et Forêts, a été faite par Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française (GLNF). Albert Pitté, candidat malheureux face à Sylvère Koyo à la fin de 2021, était absent.  Tous les « Frères » étaient logés au Sofitel Abidjan. Après la cérémonie a eu lieu « la soirée des dames », à laquelle ont été conviées leurs épouses.

 

Gros plan sur le RER un Rite chevaleresque (Podcast de la Loge)

Du site maçonnique La Loge

Durant les prochains jours, nous allons partager les podcasts du site « La Loge ». Nous ouvrons cette série avec un reportage sur le Rite Écossais Rectifié.

Durée : 36 min 02 secondes

Nous continuons aujourd’hui notre découverte des différents rites maçonniques aujourd’hui avec le Rite Écossais Rectifié (RER) !

Notre invité Patrick,  nous aide donc à découvrir l’esprit et les particularités de ce rite certes moins populaires et moins connus des frères et sœurs.

Patrick est frère depuis 40 ans, notamment au RER. Il est Chevalier de Bienfaisance de la Cité Sainte, ultime grade du R.E.R. et Grand Orateur Provincial d’une obédience régulière. Enfin, il est Ambassadeur en France de l’Ordre Templier dont le Chapelain Général est au Vatican.

BRESIL : Civisme et patriotisme

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Avec septembre (Fête de l’Indépendance) et novembre (Proclamation de la République et Jour du Drapeau), le mois d’avril concentre un nombre pertinent de journées spécialement consacrées à la mémoire civique nationale, aux principaux symboles nationaux et à la culture du patriotisme.

Avec septembre (Fête de l’Indépendance) et novembre (Proclamation de la République et Jour du Drapeau), le mois d’avril concentre un nombre pertinent de journées spécialement consacrées à la mémoire civique nationale, aux principaux symboles nationaux et à la culture du patriotisme. À savoir : le 19 avril marque la Journée de l’Indien, un hommage à la culture indigène et aux racines du peuple brésilien. Ils étaient les habitants de ces terres jusqu’à l’arrivée, le 22 avril 1500, de Pedro Álvares Cabral et de son entourage de 1 300 Portugais, dans 10 navires et 3 caravelles, et le débarquement a eu lieu le 23 avril. 

Près de 300 ans plus tard, selon l’histoire officielle, la contestation contre le joug lusitanien a atteint un sommet violent le 21 avril 1792, avec l’exécution de Tiradentes, un fait et un personnage qui, vrai ou non, deviendraient des symboles du patriotisme de la République, avec une plus grande importance au 19ème siècle. XX. Et, enfin, le 7 avril 1831, l’empereur Pedro I abdique, ouvrant la voie au règne quelque peu modernisateur de Pedro II, et à tous les événements qui s’y rapportent.

Le civisme et le patriotisme, cependant, semblent aujourd’hui être des pratiques et des sentiments en arrière-plan, étant plus valables comme prétexte pour des « vacances« , avec des exceptions honorables. Comme l’exprimait déjà en 2011 un écrivain maçonnique du Minas Gerais, Derly Halfeld Alves, « le chant de l’hymne national, du drapeau, de notre Indépendance ou République, est relégué à un niveau inférieur ; notre drapeau n’est vénéré, si je puis dire, que tous les quatre ans, à l’occasion des coupes du monde de football (…) ».

Les causes, le temps et la science se révéleront certainement avec un plus grand degré de certitude, et pour l’instant il est seulement possible de spéculer que ce « presque oubli » de la Patrie résulte à la fois d’une longue déconstruction idéologique de ces symboles, dans les médias et dans l’enseignement (qui confond volontairement et à tort identité nationale et identité gouvernementale), ainsi que l’intérêt multinational pour la mondialisation, qui exalte un monde sans États souverains et sans frontières nationales (pour l’instant, affecté par la pandémie qui a rapidement reconstruit les frontières et par les anciennes géopolitiques et questions belliqueuses). 

Par définition, le patriotisme est le sentiment de fierté, d’amour, d’abandon et de dévotion envers la patrie, ses symboles et son peuple. C’est la raison de l’amour de ceux qui veulent servir leur pays et faire preuve de solidarité avec leurs compatriotes. Et le civisme sont des pratiques assumées comme des devoirs fondamentaux de la vie collective, visant à préserver son harmonie et à améliorer le bien-être de tous, et consistent en dévouement à l’intérêt public et à la politique du pays, fidélité, paix ou honneur vis-à-vis de la patrie.

La franc-maçonnerie est universelle, mais il n’y a, pour le franc-maçon, aucune contradiction entre appartenir à une institution répandue et active dans presque tous les pays du monde, et d’autre part vivre intensément le sentiment de patriotisme. Selon DH Alves, quelle que soit l’origine, « le renforcement des liens d’amitié fraternelle doit être une caractéristique forte de notre union ». (…) « La franc-maçonnerie est universellement pratiquée, accueillie et respectée partout où elle est installée, mais elle n’est pas dénationalisante. » (…) « L’unité n’est pas l’uniformité ». 

Il est inéluctable que la Franc-Maçonnerie travaille à l’amélioration intellectuelle, morale et sociale de l’humanité, et a pour principes la liberté des individus et des groupes humains, qu’ils soient des institutions, des races, des nations ; l’égalité des droits et des devoirs des êtres et des groupes sans distinction de religion, de race ou de nationalité ; la fraternité de tous les hommes, fils d’un même Créateur et, par conséquent, humaine et, en conséquence, la fraternité entre toutes les nations. 

Cependant, « si l’Ordre est universel, les maçons ne le sont évidemment pas. Ils sont patriotes et pratiquent le patriotisme dans chaque pays, obéissant aux mêmes principes (…) », assure Alves, qui cite Ronald de Carvalho : « le pays est la patrie d’un peuple ; après nos parents, qui reçoivent notre premier cri, c’est la terre du pays qui reçoit nos premiers pas. Celui qui est capable d’aimer et de défendre sa propre patrie ne peut jamais manquer de sentir dans son cœur cette flamme brûlante d’enthousiasme et d’idéal pur que nous appelons le patriotisme. »

Basé sur le travail de Derly Halfeld Alves « Révélations maçonniques » et des informations du dictionnaire des langues d’Oxford, wikipedia.com; gob-pr.org.br emundoeducacao.uol.com.br.

A propos du « croire »

Croire (du latin credere, confier en prêt, avoir confiance, admettre pour vrai)

Croyance : le fait de croire une chose vraie, vraisemblable ou possible.

La croyance fait exister les choses.

Croire est un élément de la condition humaine : l’Homme nait sur terre, ne sachant rien sur l’univers, qui l’a créé, qui a créé le créateur ? Et il se pose la quadrilogie questionnante : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pourquoi suis-je là ? Il est obligé de croire ce qu’il voit, qui n’est pas forcément le réel mais une réalité (ou un rêve ?) que son cerveau fabrique. C’est le « pourquoi » qui crée sa curiosité et son désir de vivre cette curiosité le maintient en vie : il « persévère ainsi dans son être » jusqu’à sa mort.

Ce POURQUOI (question primordiale) provoque le « croire ». Doté de raison, d’intuition et d’imagination, privé de réponses, il est obligé de s’en fabriquer. Il a ainsi inventé des dieux puis Dieu. Il constate qu’il va mourir. D’où l’invention des religions, comme « consolatum ». Croire, c’est donc accepter de vivre dans un monde de fictions. Il s’imagine ses ancêtres, il doit accepter ce qui est dit d’eux. L’Homme est un roman vivant. Il croit être libre, mais…sa date de naissance est un hasard, il ne choisit pas son sexe et son nom est une attribution ! Croire, c’est donc subir ! Il est indépendant par nature, mais dépendant par nécessité.

La croyance est ainsi liée à la fois, au passé, au présent, à l’avenir. Elle lui a fait inventer un calendrier, qui est une fiction. Avec un départ arbitraire (Jésus-Christ, dont l’existence est même contestée, avec des dates de naissance et de mort imprécises). La fiction, toujours, la croyance, encore !

La croyance n’est donc pas vérité ! Elle est une construction mentale qui peut évoluer selon le croyant, de la supposition à la conviction !

La FM est bâtie sur la fiction. Du temple de Salomon (qui n’existe que dans la Bible) à tous les personnages qui surgissent tout au long des rituels. C’est donc avec du mensonge que nous fabriquons de la vérité (les valeurs maçonniques). Avec la mort d’Hiram, les vrais mots de passe, partent avec lui dans la tombe. Salomon invente les mots substitués…auxquels sa cour est bien obligée de croire. Cette invention des mots substitués constitue donc un mensonge. Celui-ci est la métaphore même du mensonge dans la cité, où il est devenu une pratique nationale ! (Religion, politique, sport, etc.).

Ainsi l’homme peut croire mais aussi, l’autre peut lui faire croire ! L’animal est programmé, il ne sait pas pourquoi il vit et il ne sait pas qu’il va mourir. L’Homme, lui, ne sait pas non plus pourquoi il vit, mais il sait qu’il va mourir, donc il vit en cherchant un sens à la vie et un sens à sa vie. La croyance lui est donc utile…pour survivre ! Il est probable que sans la croyance (aux constructions de son imagination) l’espèce humaine n’aurait pas survécu.

Comme l’Homme est à la fois poète et curieux, il a inventé un peuple fictif dans le ciel et partant, le récit, qui a donné un début à l’univers. Avec ce récit auquel son inconscient finit par croire, l’homme calme son angoisse existentielle. Ce qui lui permet de mieux supporter son destin.  

Comme l’Homme est intelligent, il a aussi inventé la technique et la science, à la fois pour mieux vivre et mieux connaître son milieu ambiant. Mais au fur et à mesure que la science avance, le mystère de l’univers et celui de la vie reculent !

Il a tout de même découvert que la terre n’est pas au centre de l’univers (Copernic) qu’il est un animal comme les autres (Darwin) et qu’il n’est pas maître de sa personne (Freud). Il est obligé d’accepter ces réalités. D’autant que lorsque les choses sont vérifiables…la croyance n’est plus nécessaire ! Il constate aussi qu’il est prisonnier de ses déterminismes (biologique, psychologique, social). Il est tenu de croire à ses évidences….

Alors, pour être heureux, il ne lui reste qu’à s’évader dans l’imaginaire ! Petit, il croit au père Noël et aux fantômes. Adulte devenu, il élargit son esprit avec le mythe, la légende, la science-fiction, le conte, le roman, le cinéma, le théâtre. Faire semblant, c’est déjà croire, c’est s’identifier, devenir un autre, c’est en éprouver la sensibilité. L’émotion est complice de la croyance ! Ainsi, croire peut être à la fois une souffrance et un plaisir !

Festivités maçonniques du 1er Mai. Préparez vos agendas…

Ce week-end, comme chaque année, les maçons de tous bords se retrouvent pour fêter le traditionnel 1er Mai.

La rédaction vous suggère deux manifestations.

Tout d’abord à 10h dimanche matin, le rendez-vous est donné au Père Lachaise pour la Célébration de la Commune, pour la République et pour la défense de la Laïcité.

Nous rappelons que c’est en 1971 et à l’initiative du Grand Maître d’alors, Jacques Mitterrand (1908-1991), que le Grand Orient de France organise cette manifestation afin de célébrer la Commune de Paris, la plus importante des communes insurrectionnelles de France en 1870-1871, qui dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871.

Un rassemblement pour la République, la laïcité, et afin de rendre hommage aux Martyrs de la Commune de Paris.

Mais cet événement tombe en désuétude et ce, dès la fin des années 70, en 1978 en réalité. Une cette commémoration n’a plus lieu.

Il faut attendre le 1er mai 1998 pour que le Grand Maître du GODF de 1997 à 1999 Philippe Guglielmi redonne force et vigueur à cette célébration.

Nous ne reviendrons pas sur l’émouvante « montée » au Mur des Fédérés du Père-Lachaise qu’il faut vivre, ni sur la réelle participation, en son temps, des Loges du GODF à la Commune

Ensuite, l’après-midi, nous vous donnez rendez-vous pour la :

Célébration de la mémoire de Louise Michel – 1er mai 2022

Dimanche 1er mai 2022 à 15h, la Commission Nationale d’Histoire et de Recherches Maçonniques vous invite au Cimetière de Levallois Perret pour la Célébration de la mémoire de Louise Michel.

« La Chaîne d’Union » fête son numéro 100 !

La plus ancienne revue maçonnique française, toujours en parution régulière, La Chaîne d’Union est créée en 1864 à Londres par des francs-maçons français exilés, fuyant le Second Empire (1852-1870), régime dictatorial où la plus grande partie du pouvoir est entre les mains de Napoléon III (1808-1873).

C’est la revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France.

Le N° 100 « LA FRANC-MAÇONNERIE, VOIE TRADITIONNELLE ET MODERNITÉ », en 192 pages.

 

La table des matières :

AVANT-PROPOS par Georges Sérignac

ÉDITORIAL par Jacques Garat

ENTRETIEN AVEC FRANÇOIS HARTOG

Expériences du temps et régimes d’historicité

I – TRADITIONS EN QUESTIONS

Tradition et modernité en franc-maçonnerie : l’éternel retour…

Roger Dachez : La notion moderne de tradition a une histoire. Elle se manifeste toujours autant comme récapitulation que comme création. Ce débat qui est incessant en franc-maçonnerie, ne remet pourtant pas en cause l’indéniable permanence de la vie initiatique.

Éloge du conservatisme maçonnique : pour voyager ensemble sur la même voie

Alain Bauer : À l’issue de trois siècles d’histoire, les différents visages de la franc-maçonnerie expriment toujours une culture commune capable de se transmettre durablement tout en préservant ses racines et le renouvellement de ses fruits.

Les arts de la modernité conservatrice : tradition et changement à travers l’exemple d’un royaume africain

Benoît Beucher : La recherche actuelle en histoire africaine montre que la tradition n’est généralement pas ce qu’elle prétend être. Sur une trame suffisamment fixe pour être perçue comme permanente, elle est sans cesse réactualisée en fonction des enjeux du moment.

Tradition et modernité

Marc Lebiez : Une tradition authentique se constitue dans la durée sans qu’on puisse en déterminer le moment ni les acteurs du changement opéré. La franc-maçonnerie reconstruit une tradition à partir d’un héritage ancien et participe ainsi à la construction de la modernité elle-même.

De la fête des morts à Halloween : une réinterprétation de la tradition dans la modernité

Gilbert Coyer : Comment des éléments empruntés à une société traditionnelle, sous les apparences d’une tradition conservée sont en fait réorganisés dans une fête tout autre qui les réinterprète dans la sémantique et les valeurs de notre société contemporaine.

La tradition réinventée ou le XIXe siècle au travail

Jean-Pierre Laurant :Les maçons du XIXe siècle éprouvent un besoin de tradition qui paraît en contradiction avec la raison des Lumières, mère de toutes les sciences nouvelles qu’ils entendent intégrer. Pour garder un sens identique avec ces contenus différents ils cherchent à théoriser autrement la transmission initiatique.

Tradition et modernité : quels enjeux pour l’histoire maçonnique ?

Dominique Jardin : Ces notions cachent aussi des enjeux de légitimité et de choix de légitimité qui peuvent empêcher de voir que toute tradition est construite et qu’elle est bien moins la transmission d’un contenu que celle d’une pratique dialectique du travail individuel et du travail de groupe.

Margaret Jacob et l’histoire de la franc-maçonnerie

Cécile Révauger : L’itinéraire personnel et intellectuel de l’universitaire américaine qui, dans les années 1980, a mis en évidence le rôle éminent de la franc-maçonnerie anglaise puis européenne dans la diffusion des Lumières.

ENTRETIEN AVEC MARGARET C. JACOB

De Londres à Los Angeles, la franc-maçonnerie est-elle encore une force de progrès ?

II – CHEMINS DE FRANCS-MAÇONS

Au cœur de la modernité : une voie essentiellement philosophique

Pierre Rabaté : Comme la philosophie, la franc-maçonnerie est faite d’attention à l’autre et d’esprit critique partagé. Les outils des francs-maçons, leurs apprentissages de l’écoute, de la parole, de la fraternité sont au cœur de l’initiation et de la qualité des liens en loge.

Et si la franc-maçonnerie était un remède à la modernité ?

Daniel Beaune : Le temps maçonnique inscrit les francs-maçons dans le cycle de la nature et par l’intermédiaire du rituel et de la fraternité elle retisse le lien à l’autre et, dans le même temps, elle retisse les liens perdus avec le passé.

La tradition vivante

Olivier Balaine : La tradition se transmet, dans un équilibre entre objectivisme et traditionalisme, par tous les actes, gestes, paroles de réunions qui s’appuient sur l’oralité de la lecture et des échanges pour accéder à une mémoire qui permet de questionner le présent et de porter l’avenir.

Échapper aux injonctions du monde profane

Philippe Foussier : Retirés dans un espace et un temps qui s’affranchissent des contraintes et des codes du monde extérieur, les francs-maçons cherchent dans ce cadre émancipateur des ressources nouvelles pour incarner l’idéal humaniste des Lumières et l’engager dans la fabrication d’une société future de progrès.

Tradition et modernité, unité et dualisme transitoire

Jean-Paul Dekiss : Un regard inspiré des cultures premières sur l’engagement des francs-maçons pour construire de nouveaux édifices sur un socle de traditions, dans une histoire faite d’héritages et de ruptures, d’oublis et de redécouvertes.

Le franc-maçon contemporain : un oxymore vivant ?

Naudot Taskin : En loge, la lenteur est en soi une mise à l’épreuve pourtant la récente pandémie a montré que le télescopage des mythes et de la technologie de l’ubiquité ne modifiait pas sa condition atemporelle d’être humain promis à la mort.

La Chaîne d’Union, 1864-2022

Pierre Mollier : Les cinq vies de la revue fondée à Londres en 1864

III – LA CHAÎNE D’UNION, 1981-2022

Table des articles par auteurs (en 40 pages)

À commander sur https://bit.ly/37F6Yr6

Jeudi 28 avril prochain, le Grand Maître du Grand Orient de France invite les Sœurs et les Frères à la table ronde « LA FRANC-MAÇONNERIE, VOIE TRADITIONNELLE ET MODERNITÉ ».

Connaissez-vous vraiment le Tapis de Loge ?

Le tapis de loge ou tableau de loge est en franc-maçonnerie une représentation de symboles à l’origine dessinés sur le sol. Peint ultérieurement sur un support mobile, telle une toile de format rectangulaire, elle prend dès lors le nom usuel en Europe continentale de : tapis de loge. Servant à la pratique de certains rites maçonniques, l’ensemble des symboles représentés est organisé selon une logique spatiale déterminée. Le tapis ou tableau de loge est issu de la tradition spéculative des rites dits « modernes » dont il est l’élément symbolique et constitutif fondamental. Il est encore utilisé par de nombreuses loges maçonniques.

Le tapis de loge, nom donné dans la tradition maçonnique française qui l’appelle aussi parfois, tableau de loge, est le symbole et « l’outil » le plus caractéristique des rites dits « modernes », issue de la première Grande Loge d’Angleterre, comme le Rite français.

Son usage est attesté dans les plus vieux procès-verbaux des loges maçonniques d’Angleterre entre 1738 et 1787 ou encore dans le texte des « trois coups distincts » (« Three Distinct Knocks ») de 1760 où l’on peut lire : « le plan est dessiné sur le plancher de l’est à l’ouest, le Maître se tient à l’est avec l’équerre au col […] ce tableau est généralement fait de craie et de charbon… ».

Si l’usage le plus ancien consiste à dessiner le tableau de loge et à l’effacer ensuite, la pratique en est arrivée rapidement à faire des « tableaux permanents ». On trouve en Angleterre en 1736, la plus ancienne mention d’une toile peinte représentant « les diverses formes d’une loge de maçon ».

(Source Wikipedia)

Lire aussi l’article de Solange Sudarskis « Tapis des Loges, tapis d’éloges »

Cliquez-ici

BRESIL : «La franc-maçonnerie n’est pas une secte ; il n’y a pas de pratique de rituels sataniques»

De notre confrère brésilien midianews.com.br – Par Paula Shaira/MidiaNews

Les dirigeants du GOE-MT (Grand Orient de l’État du Mato Grosso) parlent des éléments, des symboles et des règles de la confrérie, qui existe depuis des siècles

Grand Maître du Grand Orient de l’État du Mato Grosso, Gelson Menegatti Filho LIZ BRUNETTO DA ÉDITRICE

La franc-maçonnerie est une société qui depuis plus de trois siècles attise la curiosité des laïques Pour le Grand Maître de la Grande Oriente do Estado de Mato Grosso, Gelson Menegatti Filho, bon nombre des légendes qui se sont créées autour d’elle sont dues à la discrétion de ses membres.

La semaine dernière, les dirigeants du pouvoir maçonnique Grande Oriente do Estado de Mato Grosso (GOE-MT) ont reçu MidiaNews pour une interview rare et didactique, dans laquelle ils ont démystifié certains aspects de la franc-maçonnerie, comme son caractère réservé, qui fait croire à beaucoup qu’elle est une secte.

L’interview, en présence aussi du grand maître adjoint, Josué Paulo Fernandes, a également abordé l’origine de l’association dans l’État, certains cas controversés impliquant des membres et le rôle attribué aux femmes.

Les dirigeants ont également montré l’intérieur du temple où les cérémonies rituelles se déroulent à huis clos, en séance de 2 heures. La structure est faite comme le tabernacle de Moïse, construit pour conduire son peuple vers la terre promise, et est pleine d’éléments symboliques.

Intérieur du temple où se déroulent des réunions à huis clos avec les francs-maçons

Découvrez les principaux extraits de l’interview :

De nombreux termes sont utilisés pour désigner la franc-maçonnerie : organisation, fraternité, société. Certains la considèrent même comme une secte. Comment définir la franc-maçonnerie ?

Gelson Menegatti Filho – La franc- maçonnerie n’est pas une secte, ce n’est pas une religion. Elle est éclectique. Ici, nous avons des chrétiens, des musulmans, des juifs, tous les segments. Autrement dit, nous ne nous appelons pas une religion. Un des engagements d’être franc-maçon est de croire en un être supérieur, de croire en l’existence de Dieu. Nous n’avons pas de francs-maçons athées, cela démystifie déjà la question des sectes.

Les lieux de rencontre s’appellent ateliers ou magasins . Pourquoi utiliser ces termes ? Ont-ils des liens entre eux ?

Gelson Menegatti Filho – Parce qu’une loge ou un atelier est un lieu de travail, c’est là que le franc-maçon va travailler, c’est là qu’il exerce le métier de franc-maçon. Selon certains rites, il y a la dénomination des temples de manière différente. Il existe une grande variation au sein de l’ordre en fonction du rituel pratiqué pour cette réunion.

Il existe aujourd’hui trois grandes puissances maçonniques : le Grand Orient du Brésil, le Grand Orient de l’État du Mato Grosso et la Grande Loge du Mato Grosso. A l’Est du Brésil, elles sont fédérées à un siège à Brasilia. Et, dans notre cas, les Grands Orients étatiques sont confédérés à la Confédération maçonnique du Brésil. Les Grandes Loges sont confédérées à la Confédération de la franc-maçonnerie symbolique brésilienne. On comprend que ces trois courants sont de la franc-maçonnerie régulière, qu’ils se reconnaissent, se visitent, se fréquentent.

Josué Paulo Fernandes lors d’une interview avec MidiaNews

Parlez-nous un peu de l’histoire de la franc-maçonnerie à Cuiabá ?

Josué Paulo Fernandes – La première loge maçonnique de Cuiabá a été ouverte en 1831, moins de neuf ans après l’indépendance du pays. Elle s’appelait Loja Razão et a été fondée par un groupe hétérogène de 12 frères de différentes régions du Brésil et d’Europe. Certains d’entre eux étaient portugais. Il y avait aussi un médecin français. Certains étaient militaires, d’autres politiciens, avocats. C’est notre origine ici dans le Mato Grosso. 

À cause d’un épisode connu sous le nom de Rusga Cuiabana [révolte dans la période de la régence brésilienne], elle a fini par prendre fin, à la suite des problèmes politiques vécus à cette époque. Quelques frères sont allés à Goiás et y ont fondé une nouvelle loge.

Ensuite, nous avons eu une autre loge à Cuiabá. En 1872, il s’appelait Estrela do Ocidental, elle a survécu jusqu’en 1898. En mai 1900, Acacia Cuiabana est apparu, aujourd’hui âgée de 122 ans. Elle n’a jamais cessé de travailler pendant tout ce temps, à l’exception de la période Estado Novo de Getúlio Vargas, dans les années 1930, lorsque des associations telles que la franc-maçonnerie étaient interdites de réunion.

En 1918, nous avons eu la grippe espagnole et la franc-maçonnerie a participé, avec le pouvoir public, à la lutte, aidant la population à faire face aux effets de cette pandémie qui a coûté la vie à de nombreux Cuiabanos et Mato Grosso. C’est une institution qui se maintient dans le temps, quels que soient les événements économiques et sociaux survenus à cette époque.

La franc-maçonnerie vient d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse, elle s’est ensuite répandue dans le monde entier et peut-être que le pays qui compte le plus de francs-maçons aujourd’hui est les États-Unis. La franc-maçonnerie au Brésil est aujourd’hui respectée.

Ce qui éveille la curiosité, ce sont les symboles, comme « l’œil qui voit tout », le compas, l’équerre…

Vêtements utilisée lors des tenues maçonniques

Josué Paulo Fernandes – Certaines explications sur la valeur symbolique de ce que nous appelons les instruments de travail sont réservées à l’intérieur de nos temples.

Gelson Menegatti Filho – Ce sont des outils pour le travail du franc-maçon. Une équerre, un compas apportent mille interprétations. Ils sont utilisés comme un symbole que le monde entier reconnaît. Le « G » que tout le monde voit est Dieu, seulement il est conservé dans la langue saxonne « Dieu ». Et comme le disait Jusué : ceci est plus restreint aux séances, à la formation de l’homme franc-maçon.

Certains associent encore la franc-maçonnerie aux rituels sataniques. D’où vient ce genre de réflexion?

Gelson Menegatti Filho – Ce sont des légendes ! Peut-être la curiosité, la créativité et l’imagination de l’être humain. La curiosité de savoir pourquoi ce monsieur vêtu de noir se réunit et des légendes sont créées. En fait, il n’y a rien de tout cela. Comme je l’ai dit : ce n’est pas une secte. Il n’y a donc pas de pratique de rituels sataniques. Complètement le contraire. Le franc-maçon ne travaille pas sans avoir d’abord ouvert le livre de la loi, mieux connu sous le nom de Bible, ou comme le livre sacré de chaque religion.

Comment sont définis les postes au sein de la franc-maçonnerie ?

Gelson Menegatti Filho – Dans les Grands Orients, dans la Grande Loge, les dirigeants des associations qui regroupent les loges sont appelés Grands Maîtres, c’est-à-dire qu’il y a un Grand Maître et un Grand Maître adjoint . Chaque loge a également un Vénérable Maître. Et ce sont ces trois offices qui dirigent la franc-maçonnerie. Tous sont élus au suffrage direct des frères.

Le Grand Maître dirige toute la congrégation, la fédération des loges réunies ici au Grand Orient, et en son absence c’est le Grand Maître Adjoint. Chaque loge est dirigée par un Vénérable maître, c’est-à-dire qu’il a le président de la loge et le président du Grand Orient.

Le Vénérable Maître a un mandat d’un an, dans le cas de la Grande Oriente do Estado de Mato Grosso. Et le Grand Maître a un mandat de trois ans, mais cela peut varier d’un pouvoir à l’autre, certains sont réélus, d’autres non.

Existe-t-il un record du nombre de membres de la franc-maçonnerie ?

Gelson Menegatti Filho – La franc-maçonnerie du Mato Grosso compte environ 10 000 membres. Rien que dans le Grand Orient de l’Etat, on compte plus de 2 200 adhérents. Dans le monde, il y en a environ 6 millions.

Quelle est la philosophie, le concept de la franc-maçonnerie ?

Josué Paulo Fernandes – A travers sa propre méthode d’enseignement, réservée à ses membres, la franc-maçonnerie cherche à permettre – dans sa manière d’être spécifique – à la personne de se connaître davantage et mieux, de transmettre au milieu social dans lequel elle vit et travaille des valeurs saines, sacrées .

Josué Paulo Fernandes et Gelson Menegatti Filho

Cette méthode vise l’édification spirituelle de l’être humain, ainsi nous étudions plusieurs courants philosophiques, quelques concepts religieux, tout ce qui peut favoriser la base spirituelle de l’être loges et nos temples, dans le but de contribuer à l’évolution de la société elle-même par les actions que nous mettons au service de tous dans notre environnement et en dehors de nos temples. Mais en somme, c’est l’amélioration morale, éthique et intellectuelle de l’être humain.

Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas être membres de la franc-maçonnerie ?

Gelson Menegatti Filho – La femme est essentielle pour le franc-maçon. Elles – épouses – ont des activités dans des clubs fraternels créés au sein de l’ordre, dirigent des actions sociales, mais elles ne sont pas franc-maçonnes. Parce que c’est une association strictement formée d’hommes. Il y a eu une discussion [à ce sujet] lors de la conférence mondiale de cette année, mais elle a été complètement rejetée.

Le franc-maçon n’est pas sexiste, curieusement, il abhorre cette idée. Participer aux réunions ne signifie pas que c’est du machisme. Les femmes peuvent avoir une association entre elles et nous ne sommes pas obligés d’exiger qu’elles nous autorisent à participer. Donc je ne vois pas ça comme du machisme.

Pour nous, la figure féminine est sacrée, à tel point que dans les séances dites blanches, les femmes sont mises à l’honneur – les sœurs. Mais, elles ne participent pas aux travaux rituels. 

Que faut-il pour devenir franc-maçon ?

Gelson Menegatti Filho – Pour devenir membre, un homme est longtemps observé par les autres puis vient l’invitation. L’exigence est de croire en un être suprême, de croire en Dieu, d’être libre et de bonnes mœurs.

Josué Paulo Fernandes – Cela ne signifie pas que nous réussissons toujours.

Gelson Menegatti Filho – Pas facile de toujours séparer le bon grain de l’ivraie, c’est tout à fait impossible faire. L’homme parfait, la femme parfaite n’existent pas. Malgré toute la sélection, parfois, on finit par être déçu du résultat.

Il y a des cas controversés, comme celui du diplômé en droit accusé de détournement de fonds, et des juges qui auraient détourné de l’argent pour payer les dettes d’une coopérative. Comment cela affecte-t-il l’image de la franc-maçonnerie ?

Gelson Menegatti Filho – C’est ce que nous disons, malgré ce que vous apportez, ce que vous sélectionnez, vous pouvez le sélectionner de manière erronée . Dans cette affaire précise, c’est une personne qui a profité d’une situation, à tel point qu’elle a été exclue de l’ordre. Je dis que cela n’affecte pas, car nous avons pris les mesures nécessaires. On le sent, l’impact est grand, c’est toujours mauvais. Mais peu importe combien nous sélectionnons, nous finissons par trouver des gens de mauvaise foi. La franc-maçonnerie n’a jamais conseillé à personne de participer dans ce sens, nous ne prêchons pas cela, c’est bien au contraire.

Quant à la question des magistrats, il y a eu la preuve de l’innocence. Il n’y a eu aucun détournement d’argent. C’est donc une histoire racontée complètement à l’envers. À tel point que la réintégration des magistrats qui ont été touchés par ces accusations a été décidée. Cela s’est passé il y a de nombreuses années, mais ce n’était pas la Grande Oriente do Estado de Mato Grosso, est en train d’émerger. Ce sont des francs-maçons, mais c’était un problème de coopération, pas de franc-maçonnerie. Donc, il y a eu un placement, une souillure dans la franc-maçonnerie dans ce sens.

Maintenant, les magistrats ont montré à la société qu’ils sont réintégrés, les procès sont passés et l’acquittement a été complètement prononcé. Je dis que ce sont des innocents, sinon ils ne seraient pas restés

Le franc-maçon n’est pas sexiste, curieusement, il abhorre cette idée.  participer aux réunions ne signifie pas que c’est du machisme. Les femmes peuvent avoir une association

L’une des nombreuses légendes entourant la confrérie est que seuls les membres des classes les plus aisées en font partie. Qu’en diriez-vous ?

Gelson Menegatti Filho – Au cœur de la franc-maçonnerie, nous avons toutes les professions. Nous avons des journalistes, des chauffeurs d’application, des chauffeurs de bus, des pilotes de ligne, des médecins, des juges, des ingénieurs, des policiers militaires, des colonels. On a des membres à tout pouvoir d’achat, de toutes les couches de la société, donc c’est hétérogène et ça marche. Et cela ne signifie pas que si vous êtes une personne riche, vous serez un bon maçon. La franc-maçonnerie ne se soucie pas de ce que vous avez, elle se soucie de qui vous êtes, de ce que vous êtes.

On parle aussi de serments faits pour maintenir l’ordre de la franc-maçonnerie. En quoi consistent ces serments ?

Josué Paulo Fernandes – Ce qui existe, ce sont les engagements que chacun prend face aux règles de l’association. Toutes les associations ont leurs règles. On parle de serment, mais ce sont, en fait, des engagements que la personne prend auprès de l’ association, plus pour la question de l’assiduité au travail et de l’accomplissement des missions qui lui sont confiées. C’est en ce sens, de l’engagement.

La croyance populaire parle de serments de sang, mais cela n’existe pas. Ce sont des légendes et des croyances qui se forment autour d’une société qui reste, dirons-nous, discrète. Ce n’est pas une société secrète, c’est discret. Le magasin a son CNPJ, il fait sa reddition de comptes naturellement, comme il se doit.

On parle aussi de rituels secrets pratiqués par les membres. Ces rituels ont-ils réellement lieu ? Pourquoi sont-ils tenus secrets ?

Gelson Menegatti Filho – C’est une rencontre, une tradition qui remonte à 1717. Tout ce qui s’y passe intéresse les francs-maçons, les adhérents, ce dont nous discutons est pour la formation de l’homme. On porte une tenue présentable, c’est une culture, quand on va à une réunion il faut être bien habillé [couvert d’ornements], c’est-à-dire bien habillé.

L’homme porte le costume, la cravate et ce qu’on appelle les décors. C’est une tradition qui remonte à des siècles, une formalité, une façon formelle de se réunir. Avez-vous déjà pensé à chacun avec un costume? C’est une façon de faire en sorte que tout le monde soit pareil.

« Toutes les associations ont leurs règles. On parle de serments, mais ce sont en fait des engagements »

Temple maçonnique au Brésil
Plateau de Vénérable Maître
Décors maçonniques, tabliers et sautoirs
Grand Orient du Brésil
Extérieur du Temple du Grand Orient au Brésil
Galerie des Grands Maitres
Intérieur du Temple
Patente