Si, selon certains chercheurs en neurosciences à l’Université de Washington, 10h30 est l’heure idéale pour boire un café, l’est-elle aussi pour recevoir un coup de fil ? En vérité, je vous le dis, je reçois un appel du service communication du Droit Humain :
« Franck, je t’informe qu’une journaliste prépare un article sur la Franc-maçonnerie. Elle enquête plus particulièrement sur OnVaRentrer.fr. Tu vas certainement en entendre parler »
Le même jour, deux heures plus tard… Deuxième coup de fil, mais cette fois, d’un émissaire de la Grande Loge de France : « Franck, je t’informe qu’une journaliste prépare un article sur la Franc-maçonnerie. Elle enquête plus particulièrement sur… »
Et pour ne pas faire mentir une expression remontant, semble-t-il, au XIIIe siècle: « tierce fois, c’est droit », c’est-à-dire « jamais deux sans trois », un troisième appel, cette fois-ci de la Grande Loge Féminine de France… Même objet, même information !
Puis un quatrième provenant du Grand Orient de France, etc.
Soudainement, les grandes Obédiences m’invitent, qui à déjeuner, qui à prendre le café… Quel est donc cet intérêt soudain pour On Va Rentrer ?
Je ne mets pas très longtemps à le découvrir : la bourse… aux profanes !
Une journaliste s’est mis en tête qu’une entreprise sournoise et délétère se cache probablement sous ce nom de « Bourse aux Profanes ». Qui dit Bourse dit de proche en proche délit… d’initié. Logique, nous sommes en Maçonnerie.
Comme le rendez-vous est pris avec les Obédiences inquiètes de l’appel de cette journaliste indépendante collaborant à un grand magazine d’actualité hebdomadaire, j’ai quelques jours devant moi pour comprendre ce qui peut bien intéresser les lecteurs de ce journal qui se veut « de combat et d’opinion », à propos du Réseau très discret, mais en rien secret ni dissimulé OnVaRentrer (OVR, pour les intimes).
Deux jours plus tard, la réponse arrive. Je reçois un appel de la jeune journaliste, que nous appellerons N. (c’est l’initiale de son prénom). Enfin, le voile se lève…
N. : « Bonjour, je prépare un article sur la Franc-maçonnerie. J’ai été interpelée par votre Bourse aux Profanes, pouvez-vous m’en dire plus… ?
Franck : C’est très simple, j’ai créé un site communautaire de petites annonces entre Francs-maçons en octobre 2016. Nous sommes aujourd’hui 5150 membres. L’idée m’est venue en 2017 de profiter des visiteurs profanes – comprenez non encore initiés, qui auraient l’intention de frapper à la porte du temple -, qui viennent sur les sites Internet des livres que j’écris pour leur proposer de les mettre en relation avec les Loges qui recherchent de nouveaux membres…
N. : Tout cela est-il payant ou engageant ?
Franck : Absolument pas, tout est gratuit pour les profanes et sans aucun engagement. Tout est aussi gratuit pour les Loges intéressées. Le site ne rabat aucune candidature sur aucune Loge. Il suffit de procéder soi-même à une sélection géographique et la mise en relation est le fruit des protagonistes eux-mêmes. En confidence, j’ajouterai même que je n’ai, pour ma part, jamais fait appel à la Bourse pour ma propre Loge. Je laisse toutes les candidatures à la libre disposition des Loges en demande.
N. : Vous apportez combien de profanes aux Loges chaque année avec votre Bourse ?
Franck : Depuis 2017, cette chaîne de solidarité engendre chaque année plus de 1000 candidatures auprès des Loges de la France entière, toutes Obédiences confondues et sans aucune discrimination.
N. : Mais quel est votre intérêt à faire tout ce travail, si c’est gratuit ?
Franck : Certains consacrent leur temps libre à la vie d’une association sociale, culturelle ou sportive. Pour ma part, je le consacre à créer du lien en maçonnerie. C’est pour cela que j’ai créé le Réseau On Va Rentrer qui génère des milliers de petites annonces pour faciliter la vie des maçons ou encore cette Bourse des profanes qui a permis jusqu’aujourd’hui à des milliers de profanes de trouver une Loge près de chez eux.
N. : Vous avez aussi créé un journal d’information maçonnique en continu : 450.fm ?
Oui, depuis l’an dernier, avec une trentaine de Sœurs et de Frères d’Obédiences diverses, sans aucune exclusive, nous avons créé un journal maçonnique gratuit qui diffuse une info maçonnique toutes les deux heures : www.450.fm. Nous souhaitons seulement être un trait d’union dans une franc-maçonnerie française et francophone un peu plus éparse que ce que l’on trouve en général à l’étranger et ce, en lui proposant le reflet le plus large possible de son actualité, aussi bien en termes d’événements que de préoccupations ou de centres d’intérêt. Nous espérons ainsi dynamiser notre Fraternité dans toutes ses composantes et dans toute sa richesse.
N. : Merci pour vos réponses et bonne chance pour votre Réseau et votre journal ! »
***
Depuis, plus de nouvelle de N. ni de son article. De mon côté, le service après-vente de cette affaire n’est pas terminé car mes rencontres avec les Obédiences se poursuivent. La question centrale m’est posée dans ces termes :
« Pourquoi faire tout cela ? Quel est l’objectif final ? »
Ma réponse : « Pour la Fraternité ! »
Je revois la tête de quelques dignitaires me soupesant d’un regard soupçonneux et j’entends encore l’un d’entre eux reformuler ses doutes :
« D’accord, je comprends… mais, la vraie raison de tout cela, quelle est-elle ? Tu as forcément un objectif… »
Je dois vous avouer que je me suis retenu de répliquer avec ironie :
« Me voilà démasqué : le moment venu, je lancerai une OPA inamicale sur ton Obédience. Je prendrai subrepticement le contrôle de la Grande Maîtrise et je ne m’arrêterai pas en si bon chemin, soyons clair, mon but ultime est de devenir Maître du Monde. »
N’est-il pas étrange que, même en Franc-maçonnerie, LE SENS DU PARTAGE, le bénévolat, l’entraide, LA SOLIDARITÉ, C.-à-D., SOUS UNE FORME OU SOUS UNE AUTRE, l’amour du prochain, PUISSENT susciteR UNE TELLE suspicion ? CERTAINS AurAIENT-ILS OUBLIé nos valeurs ? Peut-être devrions-nous y réfléchir PLUS PROFONDéMENT, afin de retrouver CETTE SAINE CONSCIENCE qui SEMBLE PARFOIS manqueR à CEUX QUI PRéTENDENT pourtant PRATIQUER L’Art Royal à DES DEGRéS AVANCéS.
Pour se quitter sur une note positive, laissons le dernier mot aux Compagnons du Devoir :
« Bien faire et faire le bien »
Fidèles à l’adage de l’Association :
« Ni s’asservir, ni se servir, mais servir »





