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29 mars 2022… Quand la bourse fait trembloter les grandes Obédiences

Si, selon certains chercheurs en neurosciences à l’Université de Washington, 10h30 est l’heure idéale pour boire un café, l’est-elle aussi pour recevoir un coup de fil ? En vérité, je vous le dis, je reçois un appel du service communication du Droit Humain :

« Franck, je t’informe qu’une journaliste prépare un article sur la Franc-maçonnerie. Elle enquête plus particulièrement sur OnVaRentrer.fr. Tu vas certainement en entendre parler »

Le même jour, deux heures plus tard… Deuxième coup de fil, mais cette fois, d’un émissaire de la Grande Loge de France : « Franck, je t’informe qu’une journaliste prépare un article sur la Franc-maçonnerie. Elle enquête plus particulièrement sur… »

Et pour ne pas faire mentir une expression remontant, semble-t-il, au XIIIe siècle: « tierce fois, c’est droit », c’est-à-dire « jamais deux sans trois », un troisième appel, cette fois-ci de la Grande Loge Féminine de France… Même objet, même information !

Puis un quatrième provenant du Grand Orient de France, etc.

Soudainement, les grandes Obédiences m’invitent, qui à déjeuner, qui à prendre le café… Quel est donc cet intérêt soudain pour On Va Rentrer ?

Je ne mets pas très longtemps à le découvrir : la bourse… aux profanes !

Une journaliste s’est mis en tête qu’une entreprise sournoise et délétère se cache probablement sous ce nom de « Bourse aux Profanes ». Qui dit Bourse dit de proche en proche délit… d’initié. Logique, nous sommes en Maçonnerie.

Comme le rendez-vous est pris avec les Obédiences inquiètes de l’appel de cette journaliste indépendante collaborant à un grand magazine d’actualité hebdomadaire, j’ai quelques jours devant moi pour comprendre ce qui peut bien intéresser les lecteurs de ce journal qui se veut « de combat et d’opinion », à propos du Réseau très discret, mais en rien secret ni dissimulé OnVaRentrer (OVR, pour les intimes).

Deux jours plus tard, la réponse arrive. Je reçois un appel de la jeune journaliste, que nous appellerons N. (c’est l’initiale de son prénom). Enfin, le voile se lève…

N. : « Bonjour, je prépare un article sur la Franc-maçonnerie. J’ai été interpelée par votre Bourse aux Profanes, pouvez-vous m’en dire plus… ?

Franck : C’est très simple, j’ai créé un site communautaire de petites annonces entre Francs-maçons en octobre 2016. Nous sommes aujourd’hui 5150 membres. L’idée m’est venue en 2017 de profiter des visiteurs profanes – comprenez non encore initiés, qui auraient l’intention de frapper à la porte du temple -, qui viennent sur les sites Internet des livres que j’écris pour leur proposer de les mettre en relation avec les Loges qui recherchent de nouveaux membres…

N. : Tout cela est-il payant ou engageant ?

Franck : Absolument pas, tout est gratuit pour les profanes et sans aucun engagement. Tout est aussi gratuit pour les Loges intéressées. Le site ne rabat aucune candidature sur aucune Loge. Il suffit de procéder soi-même à une sélection géographique et la mise en relation est le fruit des protagonistes eux-mêmes. En confidence, j’ajouterai même que je n’ai, pour ma part, jamais fait appel à la Bourse pour ma propre Loge. Je laisse toutes les candidatures à la libre disposition des Loges en demande.

N. : Vous apportez combien de profanes aux Loges chaque année avec votre Bourse ?

Franck : Depuis 2017, cette chaîne de solidarité engendre chaque année plus de 1000 candidatures auprès des Loges de la France entière, toutes Obédiences confondues et sans aucune discrimination.

N. : Mais quel est votre intérêt à faire tout ce travail, si c’est gratuit ?

Franck : Certains consacrent leur temps libre à la vie d’une association sociale, culturelle ou sportive. Pour ma part, je le consacre à créer du lien en maçonnerie. C’est pour cela que j’ai créé le Réseau On Va Rentrer qui génère des milliers de petites annonces pour faciliter la vie des maçons ou encore cette Bourse des profanes qui a permis jusqu’aujourd’hui à des milliers de profanes de trouver une Loge près de chez eux.

N. : Vous avez aussi créé un journal d’information maçonnique en continu : 450.fm ?

Oui, depuis l’an dernier, avec une trentaine de Sœurs et de Frères d’Obédiences diverses, sans aucune exclusive, nous avons créé un journal maçonnique gratuit qui diffuse une info maçonnique toutes les deux heures : www.450.fm. Nous souhaitons seulement être un trait d’union dans une franc-maçonnerie française et francophone un peu plus éparse que ce que l’on trouve en général à l’étranger et ce, en lui proposant le reflet le plus large possible de son actualité, aussi bien en termes d’événements que de préoccupations ou de centres d’intérêt. Nous espérons ainsi dynamiser notre Fraternité dans toutes ses composantes et dans toute sa richesse.

N. : Merci pour vos réponses et bonne chance pour votre Réseau et votre journal ! »

            ***

Depuis, plus de nouvelle de N. ni de son article. De mon côté, le service après-vente de cette affaire n’est pas terminé car mes rencontres avec les Obédiences se poursuivent. La question centrale m’est posée dans ces termes :

« Pourquoi faire tout cela ? Quel est l’objectif final ? »
Ma répo
nse : « Pour la Fraternité ! »

Je revois la tête de quelques dignitaires me soupesant d’un regard soupçonneux et j’entends encore l’un d’entre eux reformuler ses doutes :

« D’accord, je comprends… mais, la vraie raison de tout cela, quelle est-elle ? Tu as forcément un objectif»

Je dois vous avouer que je me suis retenu de répliquer avec ironie :

« Me voilà démasqué : le moment venu, je lancerai une OPA inamicale sur ton Obédience. Je prendrai subrepticement le contrôle de la Grande Maîtrise et je ne m’arrêterai pas en si bon chemin, soyons clair, mon but ultime est de devenir Maître du Monde. »

N’est-il pas étrange que, même en Franc-maçonnerie, LE SENS DU PARTAGE, le bénévolat, l’entraide, LA SOLIDARITÉ, C.-à-D., SOUS UNE FORME OU SOUS UNE AUTRE, l’amour du prochain, PUISSENT susciteR UNE TELLE suspicion ? CERTAINS AurAIENT-ILS OUBLIé nos valeurs ? Peut-être devrions-nous y réfléchir PLUS PROFONDéMENT, afin de retrouver CETTE SAINE CONSCIENCE qui SEMBLE PARFOIS manqueR à CEUX QUI PRéTENDENT pourtant PRATIQUER L’Art Royal à DES DEGRéS AVANCéS.

Pour se quitter sur une note positive, laissons le dernier mot aux Compagnons du Devoir :

« Bien faire et faire le bien »


Fidèles à l’adage de l’Association :

« Ni s’asservir, ni se servir, mais servir »

Franck Fouqueray

Le cahier de vacances du franc-maçon

Programme officiel – Apprenti, 102 pages/Programme officiel – Compagnon, 108 pages/Programme officiel – Maître, 96 pages

Luc Apante ; illustration François Morel – Dervy-Livres, 2022, 11,90 € chaque cahier

À paraître le 5 mai 2022

Présentation de l’éditeur

ÊTRE SÉRIEUX SANS SE PRENDRE AU SÉRIEUX…

Telle pourrait être la devise des cahiers de vacances du franc-maçon.

En 90 questions-réponses à choix multiples, ce cahier de vacances va non seulement vous permettre de réviser et de revisiter l’essentiel de ce qu’il vous faut savoir à votre degré en matière de symbolique et d’histoire, mais aussi d’aborder des thèmes de réflexion. Chaque question comporte, bien entendu, au moins un piège, sinon ce ne serait pas drôle. À ces questions de Luc Apante, souvent érudites, François Morel apporte, de son trait incisif, son ironie, sa raillerie et sa fantaisie, venant ainsi souligner au moment opportun le comique d’une situation ou d’une question.

Le sens de l’humour bien développé dans ces cahiers donnera plus d’équilibre à vos pas sur la corde raide de votre vie initiatique. Et puis, vous pourrez agrémenter les agapes en posant quelques  » colles  » à vos FF et / ou SS… L’humour n’est-il pas le chemin le plus court d’un humain vers un autre ?

Biographie de l’auteur :L’auteur, qui souhaite garder son anonymat en prenant un nom de plume, écrit régulièrement dans diverses revues maçonniques. Si nous devions jouer au Maçon mystère, nous dirions qu’il est ancien premier Grand Maître Adjoint de la Grande Loge de France…

Biographie de l’illustrateur :François Morel auteur, en 2018, de Les Colonnes sont Muettes nous a fait parvenir sa bio que nous vous livrons telle que nous l’avons reçue : « Date de naissance : 14 juillet 19 44 prématuré (7 mois) d’un père Pasteur et d’une mère au foyer. Lieu de naissance : les sœurs diaconesse Paris XIIe. Brevet sportif scolaire 1956. Certificat d’études (de justesse) : école Ambroise Thomas Argenteuil. Collège technique Jean-Jaurès Argenteuil : CAP tourneur. Service militaire classe 63 2C (quelques bons souvenirs et des bons potes). Mariage février 1967 avec Monique, 2 mômes (tout le monde va bien). Parcours universitaire et professionnel atypique mais passionnant ! C’est la vie. »

[NRLR : Quant à l’horizon se profile déjà les vacances, vient donc le temps des cahiers de vacances.

Remarquez qu’il existe un cahier de vacances CM1 (cours maçonnique pour Apprenti ?) et un cahier CM2 (cours maçonnique pour Compagnon ?), mais pas de cahier CM3 !!!

À noter que dans le passé les cours maçonniques existaient et ce dès le XIXe siècle, avec les « Cours pratique de Franc-Maçonnerie publié sur la demande et sous les auspices de la RL Isis-Montion second cahier, Grade de Compagnon », seconde édition, par le F C Dupontés, Paris, Chez l’auteur, au Bureau de l’Encyclopédie Maçonnique, rue St-Denis, 279, près des Bains St-Sauveur, 1843. Cet opuscule (86 pages), quoique annoncé comme un supplément à « L’Encyclopédie Maçonnique », est un ouvrage complet.

Ou encore avec le « Cours Complet de Maçonnerie ou Histoire générale de l’Initiation, depuis son origine jusqu’à son institution en France » du Dr Pierre-Gérard Vassal (Pais, Chez l’auteur, 1832)…

Dans le tome consacré à au grade d’Apprenti, publié de 2016 à 2018 tout comme les deux suivants, l’ouvrage s’ouvre dans son chapitre 1 « Réponse au premier degré – le cabinet de réflexion ou la chambre de préparation » pour s’achever, en 90 questions, avec « Personnages et attitudes en loge ». De quoi occuper votre été !

Rassurez-vous, fort heureusement, le corrigé se trouve page 63 et suivantes.]

Gros plan sur le Rite Français (Podcast de la Loge)

Dans notre série de podcasts, découverte du site « La Loge », ce troisième volet nous conduit à écouter l’histoire du Rite Français !

De sa création à son expansion en France comme en Europe, un récit passionnant conté par notre invité Jacques Olivier !

durée : 52 min et 32 secondes

Le Rite français, ou Rite français moderne, ou encore Rite moderne est un rite maçonnique constitué et codifié par le Grand Orient de France en 1783-1786 sous le nom de « Rit 1 en 7 grades suivant le Régime du Grand Orient de France ». Consubstantiel à la naissance du Grand Orient de France, il est son rite de fondation créé en vue d’unifier les pratiques de ses loges. Descendant en droite ligne des usages premiers de la franc-maçonnerie, il contient et véhicule les plus anciennes traditions rituelles et initiatiques de la franc-maçonnerie nées en Écosse, puis en Angleterre. La codification du xviiie siècle le structure en deux composantes graduelles, une symbolique en trois grades et une philosophique qui prend le nom au xxe siècle d’« Ordre de Sagesse », en quatre ordres. Un cinquième ordre, administratif et conservatoire clôture cette codification.

Publié en 1801 sous le titre de Régulateur du Maçon, il est depuis cette date son rite officiel et reste intimement lié à la naissance de la franc-maçonnerie continentale notamment en France. Au cours de l’histoire, il évolue vers des versions qui accompagnent souvent les évolutions que connait la société française. Sa diffusion en Europe et dans le monde s’accompagne parfois d’un retour aux pratiques originelles réactivées en France à compter de la seconde moitié du xxe siècle. Le Rite français est au xxie siècle pratiqué sous différentes formes par plusieurs obédiences maçonniques françaises, européennes et latino-américaines.

Construire Dieu et le monde-Regards d’un franc-maçon

Marc Halévy – Académie maçonnique Provence-Éditions Ubik, Coll. Regards croisés, 2022, 142 pages, 15 €

Présentation de l’éditeur 

Le Réel est un processus en marche, un vaste chantier où tout ce qui existe et évolue, a un rôle à jouer afin d’accomplir le divin dans et par le monde.

Le franc-maçon est œuvrier de ce chantier-là ! Construire Dieu et le monde.

Quelle plus belle vocation ? Construire le monde pour Dieu. Construire Dieu pour le monde.

Car Dieu reste à construire pour et dans le monde des hommes. Le divin est déjà là, depuis toujours…  mais il faut encore que les initiés le révèlent aux humains et les sortent de leurs croyances puériles, quasi magiques ou féériques, quasi miraculeuses et surnaturelles. Dieu est latent… non en lui-même, mais aux yeux des humains. Il reste à construire au travers de la construction du monde, du Réel : un hymne de pierre, un hymne de vie, un hymne à l’Esprit.

Et construire, c’est bien l’Art royal que pratiquent les francs-maçons, ces derniers initiés de l’Occident passés au travers du nihilisme des deux derniers siècles, ces héritiers des constructeurs de cathédrales dont les outils de fer sont devenus des symboles de verre.

Biographie de l’auteur

Marc Halévy est un physicien et philosophe français né à Bruxelles, spécialisé dans les sciences de la complexité. Il a également publié de nombreux ouvrages sur la Kabbale dont il est spécialiste, la spiritualité, l’alchimie et l’hermétisme, l’éloge du romantisme et l’éloge des esprits libres (De Lao Tseu à Nietzsche), ainsi que sur le Grand Architecte de l’Univers, des lectures sur la Tao, le sens du divin, la pensée hébraïque et la philosophie maçonnique.

[NDLR : Coédité par l’Académie Maçonnique Provence et les Éditions UBIK, le dernier ouvrage de Marc Halévy, membre de la Respectable Loge « La Parfaite Fraternité » n° 20, à l’Orient de Mons (Grande Loge Régulière de Belgique) « Construire Dieu et le monde », sous-titré « Regard d’un franc-maçon » semble être un projet des plus ambitieux ! Cependant, il gagne son pari ! En 142 pages, l’auteur, qui a su choisir notre Frère Jean-Jacques Zambrowski, Grand Maître Honoris Causa de la Grande Loge de France en qualité de préfacier, nous fait participer à une construction d’un monde qui nous dépasse.

Même si construire est la réalisation d’un édifice, intérieur sans doute, tant il est vrai que chaque Maçon travaille individuellement à l’édification de son temple intérieur sans oublier qu’il doit aussi porter parmi les autres hommes les vertus dont il a juré de donner exemple et donc de construire à l’extérieur un monde meilleur.

Construction donc qui ne saurait se passer de Dieu, Grand Architecte de l ‘Univers… Ce que tout Frères réguliers reconnaît en une Franc-Maçonnerie associant des hommes libres et indépendants en quête d’élévation spirituelle et de perfectionnement moral, qui mettent en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité. Une Maçonnerie de tradition et universelle.

D’ailleurs, « Construire » est le titre choisi par Marc Halévy pour son prologue. Avant de passer à l’étude la notion du « Un » dans différentes pratiques et croyances en usage, s’appuyant sur des textes philosophiques ou historiques notamment à travers une analyse du panthéisme où l’auteur pose la question de Dieu.

Il aborde des questions touchant au centre d’intérêt de tout homme en quête comme les théories expliquant la formation de l’Univers, de savoir où trouver Dieu ou encore de la souffrance face au Créateur.

Dans son épilogue, Marc Halévy porte bien un regard de Franc-Maçon spécifiant qu’après des âges ontiques et messianiques, nous entrons dans un âge initiatique.

Nous notons l’emploi du mot téléosophique synonyme de téléocentrisme, en rapport avec l’Intention du réel ou la Construction du Réel. Et de se poser les trois questions existentielles : « Ou suis-je ? », « Qui suis-je ? » et Que fais-je ? »

Puisse cet ouvrage nous faire encore plus prendre conscience que notre Ancienne et Très Vénérable Fraternité des Maçons Francs et Acceptés, Ordre maçonnique initiatique et traditionnel, repose sur la foi en Dieu et surtout l’exercice des vertus…

Pour mémoire, Ubik Éditions est une association d’amateurs passionnés réunis pour initier toute action visant à mettre à la disposition du public en général, ou de certains publics particuliers, des contenus culturels relatifs à la Tradition, au symbolisme, à l’ésotérisme, à la philosophie ou à la connaissance en général.]

Conférence publique à Saverne le 4 mai par Amande Pichegru, Grand Maître National du DROIT HUMAIN

A l’initiative de deux loges du DROIT HUMAIN de Saverne et d’Haguenau, Amande PICHEGRU donnera une conférence publique sur le thème « La Franc-maçonnerie du DROIT HUMAIN – Voyage en mixitéS » ce mercredi 4 mai 2022 à 19h45 au Château des Rohan à Saverne. L’entrée est libre et gratuite. Un verre de l’amitié clôturera cette conférence.

L’obédience est implantée en Alsace depuis 1926. Amande PICHEGRU, strasbourgeoise, est par ailleurs la première femme alsacienne élue à la tête de la Fédération française du DROIT HUMAIN.

En savoir plus sur le DROIT HUMAIN : www.droithumain-france.org

Londres : Commémoration des 300 ans de la franc-maçonnerie en présence du duc de Kent, Grand Maître (Vidéo)

De notre confrère italien ilgiornaleditalia.it

La cérémonie célébrant les 300 ans de la franc-maçonnerie moderne s’est tenue à Londres au Royal Albert Hall, en présence du Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre, Son Altesse Royale le duc de Kent.

La vidéo représente la cérémonie de célébration des 300 ans de la franc-maçonnerie anglaise dont les origines remontent au 24 juin 1717. Elle s’est tenue à Londres au Royal Albert Hall, avec la participation de 5000 francs-maçons anglais mais aussi du monde entier. Cette cérémonie était présidée par le Grand Maître, le duc de Kent. La Grande Loge Unie d’Angleterre est surnommée la « Mother Lodge ». 

C’est la tradition de la franc-maçonnerie anglaise que le Grand Maître est le roi. Comme les femmes ne sont pas autorisées, lorsqu’une reine siège sur le trône, le Grand Maître est l’aristocrate le plus proche de la Couronne. Avec Elizabeth II, le Grand Maître est le duc de Kent. La Grande Loge Unie d’Angleterre en 1993 a retiré la reconnaissance du Grand Orient d’Italie – qui lui est désormais reconnue par la Grande Loge Nationale Française – et l’a donnée à la Grande Loge Régulière d’Italie fondée par Giuliano Di Bernardo, qui la détient toujours.

Francs-maçons ukrainiens et russes se sont rencontrées à Rimini lors du convent du GO d’Italie

De notre confrère italien blitzquotidiano.it – Par Lorenzo Briotti

Une trentaine de délégations maçonniques étrangères ont participé au Convent 2022 baptisé cette année « Science et Savoir », le traditionnel rendez-vous annuel du Grand Orient d’Italie. Parmi eux étaient présents la Grande Loge d’Ukraine et la Grande Loge de Russie. Aux représentants des Obédiences, le Grand Maître Stefano Bisi, lors de son discours, a souhaité lancer un appel :

« C’est un drame qui touche nos cœurs, nos corps, et nous espérons qu’à la fin la raison l’emportera et que les armes se tairont bientôt. Chaque homme, chaque franc-maçon doit apporter une brique pour construire la paix. Et vous qui êtes ici, chers frères, Fatih Sahin, Grand Secrétaire, et Maurizio Longo, Grand Secrétaire adjoint de la Grande Loge d’Ukraine, et cher frère Andrey Bogdanov, Grand Maître de la Grande Loge de Russie, faites tout ce qui est dans votre pouvoir pour que la paix et l’harmonie règnent parmi vos peuples. Faites tout votre possible, mais aussi l’impossible pour que les tranchées soient remplies de fleurs et d’arbres, qui porteront des fruits que nous partagerons ensuite lorsque nous mangerons à la même table, l’un à côté de l’autre ».

« Nous, francs-maçons, sommes des artisans de paix »

« Nous vivons dans une situation très dangereuse qui nous fait craindre des catastrophes si nous ne parvenons pas à gagner le bon sens et la paix. Nous, francs-maçons, sommes des bâtisseurs de ponts de paix et non de tranchées et nous nous souvenons, et nous rappelons à ceux qui ont la possibilité de définir les destinées du monde, que la paix se construit en temps de… paix. Quand les bombes pleuvent, quand il y a des massacres, quand des villes sont rasées, quand il y a des millions de réfugiés, c’est plus difficile de parler de paix, c’est plus difficile de chercher des compromis ».

Pendant les travaux de la Grande Loge, il y avait aussi une connexion directe avec l’Ukraine avec le Grand Maître Anatoly Dymchuck avec qui chacun travaille depuis le 8 mars pour coordonner des actions de solidarité en faveur des frères touchés par la guerre.

Gros plan sur notre confrère Hiram.be (Podcast de la Loge)

Notre série quotidienne de « La Loge » nous conduit aujourd’hui à découvrir grâce à son animateur Géplu, le blog Hiram.be

Debout, et à l’ordre !

Je me revois le bandeau tombé, figé, ému, et ébloui dans la lumière, au soir de mon initiation, il y a près de quarante ans. Précisément, les pieds en équerre, le bras et la main droite de même, sur ma gorge. J’apprenais du Vénérable Maître en chaire, lui-même porteur de l’équerre, que j’étais une pierre à tailler, à polir, et que ma posture – debout, et à l’ordre – indiquait la façon d’être et d’agir du franc-maçon, toujours soucieux d’équité.

J’enregistrais aussi que, avec ce signe d’ordre de l’apprenti, j’étais tout autant en train de contenir le bouillonnement de mes passions que d’empêcher ma bouche de révéler quelque secret. De la sorte, je sentais en même temps, la symbolique de cette équerre s’inscrire dans mon corps « pétrifié », si je puis dire, des pieds à la tête !

Je n’ai jamais oublié cette image et cette sensation d’être à la fois une pierre et un outil vivants. Une pierre certes encore rugueuse aujourd’hui, mais un outil vigilant qui me rappelle constamment la nécessité d’être d’équerre, en toutes situations. La théorie du « modèle et de l’écart », en somme, qui invite à l’effort constant pour se parfaire. L’homme est en soi un projet. Or, comment élever un édifice si le socle n’est pas plan, si les pierres empilées ne sont pas rectilignes ? Et par métaphore, comment bien réaliser une œuvre, si elle n’est pas auparavant planifiée grâce à notre équerre mentale ?! Comment, de la même manière, bien communiquer avec l’autre, au sens de mettre en commun, de communier, si l’argumentation des interlocuteurs n’est pas contrôlée et ne tient pas debout, au double sens du terme ?!

Il m’arrive souvent en loge, comme à chacun de nous, de chercher du regard le concours, la médiation du symbole. Contempler, c’est s’initier ! Une façon, par projection, de nourrir mon imaginaire et me recharger en énergie, en volonté, en créativité. J’aime voir ainsi, dans la branche verticale de l’équerre dressée, la représentation de l’être unique, droit, réfléchi, le front dans les étoiles mais bien campé sur ses pieds, et dans sa branche horizontale, l’être social, soucieux de l’autre et qui va vers lui les mains ouvertes. Je vois encore, dessinés dans l’espace par l’équerre, la construction qui monte à l’assaut du ciel, et devant moi, prolongeant la branche la plus longue, un pont qui s’offre à mes pas, pour me relier aux rives du monde. Puisque, de fait, dans la cité comme en maçonnerie, en hauteur comme en longueur, il n’est d’être qu’en relation.

Mot du mois : Coeur

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Ah, ce cœur qui se met à battre dès que la vie pointe son nez… avec ses petites oreilles, oreillettes, et ses petits ventres, ventricules. Comme un centre de référence autour duquel toute l’existence va organiser son cheminement, physique et mental, sentimental et fébrile.

Le sémantisme indo-européen *kerd induit l’ambiguïté entre le corps et le sentiment, puisqu’il signifie le cœur ainsi que la moelle.

Le grec en infère *cardios, qui se référera plutôt au domaine médical de la cardiologie. La médecine antique connaît évidemment l’organe que révèle une simple ouverture thoracique, mais son rôle de pompe régulatrice restera méconnu jusqu’à ce que le circuit artériel et veineux livre son mystère. Cœur et sang sont au cœur de la vie, le sang *sanguis, qui s’écoule, et le sang qui jaillit de la blessure, *cruor, avec sa charge de cruauté. Toujours l’ambivalence.

Le latin enrichit le radical de nombre de préfixes, qui oscillent entre la cordialité et la concorde, le cordial revigorant en cas de submersion nauséeuse, l’accord, la concorde etles accordailles, le désaccord et la discorde.

Le cœur entre dans la composition de beaucoup d’expressions, qui relèvent elles aussi de l’ambivalence première, physique ou sentimentale. Crève-cœur, accroche-cœur, sans cœur, haut-le-cœur.

Mais il est à noter que la réaction physique est toujours première, dans la conception et la formulation que les Anciens font des mouvements du cœur. Qu’on soit écœuré, courageux ou découragé, plein de rancœur, qu’on prenne son courage à deux mains, c’est d’abord le corps qui s’exprime. Et l’encouragement se manifeste par le geste avant le mot, la main tendue de la miséricorde, le cri inarticulé avant la parole organisée.

La langue est implicitement consciente de la signification trouble de ce cœur, qui se serre de tristesse, par lequel on sait, retient, récite par cœur, qui marque la détermination quand on a à cœur de bien faire. Et la main sur le cœur authentifie la sincérité des propos.

Une peine de cœur chagrine les sentiments, le mal de cœur tangue au bord de la nausée.

On se confie à cœur ouvert, se livre à cœur perdu, s’aime à cœur-que-veux-tu.

A cœur perdu ? Pourquoi ne pas dire à cœur gagné, enrichi … de tout ce que m’offrent l’Autre à mes côtés et le monde alentour, quand je les accueille sans réticence ?

Un bien difficile équilibre à établir et maintenir entre les élans du cœur et la froide retenue de la raison… La spontanéité brouillonne, généreuse, des sentiments et la nécessaire lucidité de la mise en perspective.

Et Jules Renard ironise : « N’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir. »

Annick DROGOU

Le cœur, c’est la vie. La vie qui bat et palpite. Pour quoi, pour qui ? Pour la vie qui va, qui vit. C’est à la fois l’intime, dans le secret du cœur, taiseux en notre for intérieur, et aussi ce cœur qui bondit, s’émeut et toujours répond à l’univers et s’y accorde. Sursum corda ! Haut les cœurs ! Cœur-courage, toujours l’élan vital issu de l’organe le plus caché, niché au sein de toute créature. Comme le noyau ou la graine contiennent la promesse du fruit.

Organe et symbole, le cœur, cet autre mot de l’âme, ne va pas sans le don, la générosité. On ne peut manquer de cœur. De bon cœur auquel, toujours, s’associe la joie. Cœur brûlant de la promesse. Tout est affaire de cœur. La source de l’amour, de toutes les amours, des plus charnelles et érotiques aux plus gratuites et charitables. Car ce cœur si personnel, si individuel, ne sait pas, ne peut pas battre qu’à son unique profit. Son battement est diapason et métronome, à la recherche de l’accord parfait et du rythme universel.

À cœur perdu… Le cœur n’est rien sans le souffle, sans la formidable soufflerie de nos poumons. Invitation sans cesse renouvelée à la respiration du monde et l’aventure cosmique, sans laquelle ce cœur n’est rien qu’un muscle inutile. Alors, pourquoi de battre ton cœur s’est-il arrêté, toi qui vivais si fort ? Vous que j’aimais, j’entends toujours l’écho de votre cœur battant dans une éternelle et fragile concorde.

Jean DUMONTEIL