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Pourquoi les 5 éléments Chinois sont-ils largement supérieurs aux 4 éléments occidentaux ?

Parlons de la relation entre les quatre éléments d’Empédocle et les cinq éléments du taoïsme

Les Quatre Éléments d’Empédocle (Philosophie Occidentale)

Empédocle, un philosophe grec du Ve siècle avant J.-C., a effectué une récupération de l’invention de Thalès et a proposé que tout dans l’univers est composé de quatre éléments fondamentaux :

Terre – Représente la solidité, la stabilité, et tout ce qui est tangible et matériel.
Air – Symbolise l’immatérialité, l’espace, et le mouvement.
Eau – Évoque la fluidité, la transformation, et l’adaptabilité.
Feu – Incarne l’énergie, la chaleur, et la transformation par la combustion.

Ces éléments sont vus comme les constituants primaires de la matière, interagissant dans un cycle d’amour (attraction) et de lutte (séparation).

Les Cinq Éléments du Taoïsme (Philosophie Orientale)

Dans le taoïsme, les cinq éléments, ou Wu Xing, sont considérés comme des phases de transformation et d’interaction plutôt que simplement des substances matérielles. Ils forment un cycle dynamique :

  • Bois (Mu) – Symbolise la croissance, l’expansion, et la flexibilité. Associé au printemps.
    Relation: Correspond à l’air d’Empédocle en termes de croissance et de mouvement vers le haut.
  • Feu (Huo) – Représente l’énergie, l’enthousiasme, et la transformation par la chaleur. Associé à l’été. Relation: Directement équivalent au feu d’Empédocle, symbolisant l’énergie et la transformation.
  • Terre (Tu) – Symbolise la stabilité, la nourriture, et le centre, servant de médiateur entre les autres éléments. Associé à la fin de l’été. Relation: Très similaire à la terre d’Empédocle, représentant la base solide et la stabilité.
  • Métal (Jin) – Évoque la contraction, la récolte, et la pureté. Associé à l’automne.
    Relation: On pourrait dire que le métal est une transformation de la terre, un produit de la terre raffiné, mais n’a pas de correspondance directe dans les éléments d’Empédocle.
  • Eau (Shui) – Représente la fluidité, l’adaptabilité, et le calme profond. Associé à l’hiver.
    Relation: Correspond à l’eau d’Empédocle, illustrant la fluidité et la capacité de s’adapter à tous les contenants.

Relations et Correspondances

Cycle de Génération et de Contrôle : Dans le taoïsme, les éléments ne sont pas juste des substances mais participent à un cycle:
Génération (ou cycle constructif) : Bois alimente le feu, le feu crée de la terre (cendres), la terre produit le métal (minéraux), le métal condense l’eau (vapeur), et l’eau nourrit le bois.
Contrôle (ou cycle destructif): Bois coupe le métal, métal perce la terre, terre absorbe l’eau, eau éteint le feu, et feu brûle le bois.

Comparaison avec Empédocle :

Les éléments d’Empédocle sont plus statiques et définis par leur nature physique, alors que les éléments taoïstes sont dynamiques et en constante interaction.
Le métal dans le taoïsme n’a pas de correspondance directe avec Empédocle, reflétant peut-être une compréhension plus avancée de la transformation des matériaux.
Air chez Empédocle trouve son parallèle dans le bois du taoïsme en termes de croissance et de mouvement vers l’extérieur.

En résumé, tandis qu’Empédocle voyait les éléments comme constituants de la matière, la philosophie taoïste les perçoit comme des forces en interaction constante, expliquant non seulement la composition mais aussi le fonctionnement et les transformations de l’univers.

La notion de supériorité des cinq éléments chinois (Wu Xing) par rapport aux quatre éléments occidentaux d’Empédocle dépend du contexte et des objectifs de comparaison. Voici quelques arguments qui pourraient soutenir cette idée :

  1. Compréhension Dynamique VS Statique

    Dynamisme : Les cinq éléments chinois sont conçus dans un système dynamique de génération et de contrôle. Chaque élément alimente le suivant dans un cycle de croissance (Bois -> Feu -> Terre -> Métal -> Eau -> Bois) et contrôle un autre élément (Bois coupe Métal, Métal perce Terre, etc.). Ce cycle illustre une vision de l’univers en constante transformation et équilibre, où chaque élément joue un rôle actif dans la vie et la nature.

Statique : Les éléments d’Empédocle (Terre, Air, Eau, Feu) sont plus souvent vus comme des substances fondamentales qui se combinent de différentes manières pour former la matière. Ils manquent de ce cycle interactif explicite qui montre comment chaque élément influence l’autre.

  1. Application Pratique
    Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) : Les cinq éléments sont intégrés dans des systèmes pratiques comme la MTC, où ils sont utilisés pour diagnostiquer, traiter, et maintenir la santé. Chaque organe et aspect de la santé sont liés à un élément, permettant une approche holistique de la médecine.

Philosophie et Culture : En Occident, bien que les éléments aient influencé la philosophie naturelle, ils n’ont pas été appliqués aussi systématiquement dans la vie quotidienne, la médecine, ou les arts divinatoires comme dans la culture chinoise (par exemple, le Feng Shui ou l’astrologie).

  1. Symbolisme et Complexité
    Symbolisme : Les éléments chinois offrent une richesse symbolique liée aux saisons, directions, couleurs, émotions, et organes du corps humain, fournissant un cadre pour comprendre la vie de manière multidimensionnelle.
  2. Complexité : L’ajout du Métal comme élément donne une dimension supplémentaire à la compréhension des processus de transformation et de purification, absente dans le système d’Empédocle.
  3. Cohérence avec l’Observation Naturelle
    Observation et Intuition : Le système chinois semble s’aligner davantage sur l’observation de la nature et des cycles de vie, croissance, et décadence. Par exemple, la relation entre les saisons et les éléments est directe, illustrant comment chaque élément domine ou est en retrait à différents moments de l’année.
  4. Équilibre et Harmonie : Le concept de Yin et Yang, souvent associé aux cinq éléments, ajoute une couche supplémentaire de compréhension de l’équilibre et de l’harmonie dans l’univers, qui n’est pas explicitement présente dans la théorie d’Empédocle.

Points de Critique

Culturalisme : Dire que les éléments chinois sont « supérieurs » peut sembler culturaliste ou ethnocentrique. Chaque système est le produit de sa propre culture et doit être évalué dans son contexte historique, philosophique, et scientifique.

Objectif différent : Les éléments d’Empédocle étaient une tentative de comprendre la composition de la matière en termes physiques, tandis que les cinq éléments chinois visent à comprendre les dynamiques de l’univers, du corps humain, et de la société.

Si l’on veut parler de « supériorité« , c’est principalement dans leur application pratique, leur intégration dans la vie quotidienne, et leur capacité à offrir une vision holistique et dynamique du monde. Cependant, cette comparaison n’est pas absolue ; chaque système a ses mérites et s’adapte à des philosophies et des besoins culturels différents.

En revanche, il est crucial de souligner un point qui est rarement évoqué :

Chez Empédocle, la notion d’élément n’existe pas, il les nomme des « racines ». Par conséquent, toute notre pensée se base sur le fondement d’éléments statiques.

Il est utile de rappeler que le siècle suivant, un certain Aristote complète ce concept avec un 5e élément (l’éther) et que ce même Aristote est le père de la pensée anthropocentrique, abondamment reprise par l’Église chrétienne pour fonder son idéologie.

Ainsi, l’homme est le produit d’un dieu créateur qui fige les choses en posant l’homme au centre d’une terre, elle-même au centre de l’univers.

On comprend mieux cette notion de racine et toute l’idéologie poussiéreuse qui conduit les Occidentaux à une suffisance digne des êtres élus par le divin.

Il n’est pas inutile de garder à l’esprit que dans ce contexte, l’Homme n’est pas responsable (c’est son Dieu) et si le jardin se dégrade ou si le produit de sa côte (la femme) ne lui convient plus, Dieu y pourvoira. Bien évidemment, ce cliché n’est pas à prendre au pied de la lettre. En revanche, chacun comprendra que ce mythe fondateur est propice à toutes les dérives produisant en Occident un être hautement suffisant au regard de toutes les autres cultures.

Du côté asiatique, si cela peut vous rassurer, il ne s’agit pas non plus du terme « Élément ». Même si Wu Xing signifie bien « 5 éléments », ils se nommaient initialement les « 5 mouvements ». Dans la pensée traditionnelle taoïste, tout l’univers est en mouvement. Rien de ce qui constitue cet univers n’est statique. Ainsi, les 5 mouvements sont une manifestation de la relation entre deux principes abstraits (Bois > Feu > Terre > Métal > Eau).

circulation intense
centre ville lumières de la ville

Pour résumer, les Occidentaux se concentrent sur le point visible alors que les Asiatiques sur le mouvement entre les deux. Lorsque nous sommes en période prospère avec un monde statique, les Occidentaux se portent plutôt bien. Lorsque tout s’accélère et que les repères se bousculent pour changer de dimension, cela devient nettement plus compliqué. Vous voyez très certainement de quoi je veux vous entretenir, n’est-ce pas ?

Il en est de même en Franc-maçonnerie qui s’appuie sur une cosmogonie basée sur un monde statique. Tout va très bien au 18e, 19e et début du 20e siècle. En revanche, les choses se compliquent singulièrement au 21e siècle, car les fondements de la Franc-maçonnerie sont remis en question par la réalité du quotidien. Quoi faire me direz-vous ?

Comme tout art qui veut survivre, il suffit de s’adapter et d’intégrer le nouveau modèle. Mais pour cela, encore faudrait-il pouvoir se libérer du monde ancien et des structures administratives archaïques qui se nourrissent de ce système mortifère. C’est alors que la bonne vieille recette alchimique du « solve coagula » pourrait représenter une solution. Il serait bien utile aussi de se souvenir qu’à Rome, un esclave ou un aide était placé derrière le général victorieux dans son char de triomphe, murmurant à son oreille « Memento mori ». Si certains le traduisent par « Souviens-toi que tu mourras », il serait plus judicieux de le transformer en « Souviens-toi que tu es en train de mourir ».

La question qu’il serait utile de se poser en Franc-maçonnerie n’est donc pas de savoir si elle est en train de mourir, mais plutôt sous quelle forme elle pourrait efficacement renaître.

Le souci du moment pour la Franc-maçonnerie est purement pratique. Tous les promoteurs de l’Art Royal passent leur temps à glorifier le digne passé de la Franc-maçonnerie. Or, un art qui se tourne vers le passé et qui commence à se protéger est condamné au déclin.

J’espère que Vous faites bien la différence entre l’art et la technique, n’est-ce pas ?

La technique est la reproduction jusqu’à la perfection d’un savoir-faire. Pour ce qui est de l’Art, il s’agit du geste spontané et surtout unique qui résulte essentiellement du savoir-être. Aucun musicien ne peut reproduire à l’identique une note, aucun peintre un coup de pinceau… et aucun Franc-maçon le même ressenti lors d’une Tenue.

Par conséquent, tant que les gardiens de notre Art, je parle de ceux qui sont chargés de promouvoir la Franc-maçonnerie lors des salons du livre à travers la France par exemple, continueront à privilégier les maçonnologues en laissant la parole aux seuls historiens de l’Art Royal au détriment de ceux qui créent et regénèrent cet art au quotidien, nous pouvons considérer que le compte à rebours du déclin est en route.

Je ne suis pas le premier à le remarquer, le fondateur de notre journal en parlait déjà il y a 8 ans. Je vous laisse savourer son billet d’humeur quelque peu acide et tellement lucide…

Ils ont laissé les « motos » à l’extérieur du Temple… les Widows Sons

Samedi 18 janvier, les Widows Sons se sont retrouvés dans le Temple Lafayette, au Grand Orient de France rue Cadet à Paris pour leur première Tenue de Garage. Pour l’occasion, une centaine de participants avait répondu présent pour cette première cérémonie d’un genre unique. Tout le monde connait le Rituel de la Grande Loge des Voyous de Pierre Dac, mais connaissez-vous le Rituel de Garage des Frangins Bikers ? Il y a fort à parier que non.

J’y étais et j’atteste que ce Rituel vaut celui du Frère Dac. Comme chacun le sait, le secret des travaux est tenace chez les maçons, vous n’en saurez donc pas plus aujourd’hui sur ce fameux Rituel. A vous de venir participer à la prochaine manifestation ouverte aux profanes.

A défaut de Rituel, les Frères Motards nous offrent les photos de la journée, et surtout… une partie de la magnifique Planche que chacun a pu savourer (lire ci-dessous).

On vous l’aura dit et répété, prévoyez pour l’an prochain, les places seront chères. Tout le monde voudra venir.

« Laissons nos motos à l’extérieur du temple »

C’est un immense bonheur que de pouvoir vous livrer ce soir une planche sur la moto. Partager avec vous cette passion qui est la mienne, déconstruire les représentations du monde biker et vous immerger, un peu, dans cet univers codifié qui selon moi, objectivement bien sûr, est l’un des derniers espaces de liberté à préserver. Et il m’aura fallu quelques années à maçonner pour que je découvre enfin, le trait d’union entre cette passion et mon parcours initiatique, une association de motards Franc-Maçon : les Widows sons, autrement dit : les fils de la veuve.

La moto est une échappatoire, un espace de liberté, une parenthèse silencieuse, un voyage. Et le mien dure depuis plus de 20 ans. La moto peut être pratiquée par des motards ou des Bikers. Le biker s’écarte du motard traditionnel à bien des égards. En général, il chevauche une moto type custom. Un custom permet d’avoir une position de conduite droite ou plus en arrière afin de pouvoir voyager de manière décontractée, sans penser que la vitesse soit une priorité. Le plaisir de rouler, de prendre le temps de profiter du voyage. Il est en général identifiable au premier coup d’œil car il a choisi de vivre hors des conventions. Même si les cheveux longs et la barbe sous toutes ses formes ne sont plus présents de façon quasi-permanente, les tatouages sont toujours très répandus et reflètes son goût esthétique ou son attachement culturel. Sa tenue se compose d’un pantalon de type jean ou cuir, d’un blouson de cuir, complété d’un gilet (ou cut) lui aussi en cuir ou en jean devant être porté directement par-dessus le blouson. Des bottes de type Moto, Santiags ou rangers, selon le style choisi, complètent sa tenue. A cela s’associe foulards, chaines, colliers, bagues selon les goûts et l’humeur. Les patchs qui ornent leurs blousons sont autant de signes de reconnaissance et d’appartenance, comme les couleurs des clubs affichées dans le dos des gilets pour les membres des Clubs ou Associations. Si certains d’entre eux vivent en marge, ils sont pour la plupart complètement intégrés à la société. Le biker peut avoir, en plus de sa vie singulière de biker, une vie civile tout à fait régulière, une vie de famille, un travail. Les bikers des temps modernes ne sont plus des marginaux en rupture avec la société, même si le biker a toujours cette farouche volonté d’indépendance et un esprit de rébellion.

(…)

Sinon, le biker est un homme en quête de liberté et qui considère que l’on vit dans une société liberticide, pas qu’en France mais dans le monde entier. Lorsque l’on rogne petit à petit sur les libertés individuelles, il faut s’attendre à ce que des hommes et des femmes aient de plus en plus envie de montrer qu’ils sont libres et qu’ils veulent vivre en clan avec des gens qui leur ressemble. Pour certain c’est à dose homéopathique, s’habiller en loubard juste le week-end pour aller faire de la moto et pour d’autres, ça devient quasiment vital et on a des types qui sont très bien et qui devienne tout à fait antisociaux.

La moto pour les bikers est une soupape de liberté, alors à plus ou moins grande échelle, certain ne font ça que le week-end mais enfin c’est déjà pas mal d’avoir deux jours d’air par semaine et puis il y en a d’autre qui vive comme ça. C’est un mode de vie qui permet de se libérer d’un certain nombre de contraintes oppressantes.

L’interdiction de la cigarette, le port du casque, le port des gants maintenant, le contrôle technique qui démarre, les limitations de vitesses et tout un carcan qui étouffe une partie de la population qui souhaite montrer une forme de rébellion. Ce n’est pas juste le rebelle de la société mais c’est beaucoup plus profond avec en toile de fond, cette envie viscérale de liberté.

Il faut qu’il y ait des règles pour les transgresser, c’est lorsqu’il y a des règles qu’il y a de la jouissance à les transgresser mais une société qui n’en a plus ou des fausses, peuvent conduire certain à revenir à des valeurs premières, à se réfugier.

Dans un monde devenu liberticide, dur, insensible et globalement fermé aux individualités anticonformistes, être un biker c’est donc affirmer, afficher une volonté rebelle et libre qui refuse de se déployer sous la pression d’une société trop bien-pensante.

(…)

Je suis un biker, un Franc-Maçon, un pirate sans doute, un poil rebelle mais progressiste, humaniste et je suis surtout soucieux de mes libertés et de celles de mes frères et sœurs humains et je suis depuis quelques années devenu un Widows Sons, membre du Chapter Parisis.

Alors qui sont les WS ? L’association des Widows Sons est née aux Etats Unis en 1998. Elle poursuit rapidement son développement en Europe en s’implantant tout d’abord aux Pays Bas, et ensuite dans différents pays. Elle voit le jour en France en 2010. Son objectif : pratiquer la solidarité et l’entraide envers toute personne en situation de faiblesse morale, physique ou matérielle avec la moto comme vecteur de cohésion. Son fondateur, le F∴ Carl Davenport de Chicago, s’est réveillé un dimanche matin pluvieux avec les mots « Widows Sons » profondément implantés dans sa tête. Les mots ont tourné dans ses pensées pendant plusieurs semaines et ont finalement fait apparaitre l’image d’une belle femme avec un regard pâle sur son visage.

Il sut immédiatement que le regard provenait de la peur et d’une douleur intense. Pendant plusieurs semaines, il s’est promené avec cette image dans la tête et les mots « Widows Sons ». L’image et les mots tournaient dans ses pensées chaque nuit avant de s’endormir. L’image n’apparaissait pas assez clairement pour la distinguer complètement, mais elle était toujours présente, pendant qu’il dormait, pendant qu’il conduisait sa moto et à divers moments de la journée.

L’image s’est alors peu à peu précisée et sa signification s’est peu à peu révélée à lui. La belle femme était veuve, son visage pâle et tendu par la douleur et la peur à cause de sa perte et de l’incertitude de son avenir. Au fur et à mesure qu’il réfléchissait et s’appuyait sur ses expériences maçonniques, il comprenait ce que l’image représentait. Lorsqu’un Maître Maçon est appelé à la Grande Loge d’en haut, ou l’orient éternel, sa veuve a toujours un regard profond de douleur et en même temps pleine de peur à cause du voyage inconnu qu’elle va maintenant entreprendre seule.

Le Frère Carl avait toujours voulu former un club de moto maçonnique. Il pensait que cela porterait bien nos valeurs. Et pendant cette période, il avait commencé à dresser une liste des Frères intéressés. Tout était maintenant en place pour la formation de la Widows Sons International Motorcycle Association.

C’est à ce moment-là que tout le concept, s’est mis en place dans sa tête. Le club de motards devrait s’appeler les Widows Sons et ils devraient aider et assister les veuves des maçons dont les visages étaient « blanc pâle à cause de la douleur de leur perte et de la peur de leurs futurs voyages seuls ».

Alors arrêtons-nous un instant sur le logo, sur nos couleurs visibles sur nos cuts car nous maçons, aimons les symboles et vous pourriez me reprocher, légitiment, de ne pas vous en parler.

D’abord, il est utile de préciser que ce ne sont pas les patchs ou le logo que nous portons qui nous unit, ce qui nous unit, c’est le fait que nous sommes d’abord des maçons, puis des fils de veuves et bien sûr des bikers.
Le triangle ou pyramide de pierre représente les 3 degrés de la maçonnerie. Les 3 pointes du triangle représentent les 3 Petites Lumières ou 3 Cierges Ardents qui font partie de l’ameublement de chaque Loge Maçonnique.

L’Œil qui voit tout dans la pyramide représente la vigilance du Grand Architecte de l’Univers. Cela nous rappelle que nous sommes toujours surveillés ou observés, et nous invite donc à être exemplaire en public ou en compagnie de nos frères. Dans les pointes du triangle se trouvent des symboles représentant 3 joyaux d’officiers ; l’équerre, le fil à plomb et le niveau. Ces outils de travail sont également représentatifs des 3 Petites Lumières et de leurs interprétations maçonniques.

Le Soleil levant au sommet de la pyramide est représentatif du fait qu’il existe des loges maçonniques en tous points du globe. On peut vraiment dire que « le soleil ne se couche jamais sur la franc-maçonnerie ».

Les ailes représentent la liberté personnelle et la liberté qui est un idéal que les francs-maçons ont embrassé depuis les débuts de notre ancienne et noble fraternité.
Les mots « nous nous réunissons sur le niveau et nous nous quittons sur l’équerre » ont été ajoutés pour rappeler à nos frères non-motard que les Fils des Veuves sont avant tout des Maçons, et que nous devons être accueillis et traités comme tels. Nous espérons que cela aidera nos frères à surmonter les préjugés ou les idées préconçues qu’ils pourraient avoir concernant ceux qui conduisent des motos.

La phrase stimule également la curiosité des non-maçons qui voient notre logo et peuvent les amener à s’enquérir de sa signification. Cela nous permet de répondre sur sa nature maçonnique et de les informer sur la franc-maçonnerie et notre fraternité.
En France, nos associations locales organisées en Chapters sont constituées de femmes et d’hommes appartenant à différentes obédiences de la Franc-Maçonnerie française. Pour préserver notre anonymat et parce que nos couleurs et donc notre appartenance sont affichés en gros sur nos cuts, nous utilisons un nom de route en rapport à notre histoire personnel ou ayant une signification symbolique. Comme dans nos loges, Il existe des offices, des fonctions et classiquement on trouve bien sûr un président, un secrétaire et un trésorier mais il y a d’autres fonctions plus originales ou qui peuvent faire écho à ce que l’on pourrait trouver en loge.

Un gardien des membres par exemple qui veille sur les autres SS∴ et FF∴ du Chapter ou de l’association et qui s’occupe des nouveaux (prospect). Pour moi, c’est un peu l’équivalent de l’Hospitalier. Il y a un Sergent d’Armes qui veille à notre sécurité comparable à un couvreur et un road Captain qui sent la route qu’il faut prendre et qui la montre, c’est lui qui mène les convois lors des runs et organise les déplacements. Je dirais qu’il est à mi-chemin entre le maitre des cérémonies et le maitre des banquets. Ces fonctions ne sont pas toutes électives, chaque F ou S peut être nommé ou désigné. Le processus d’intégration est également progressif un peu comme en maçonnerie avec une période ou le cut est vierge de patch, je dirais que c’est l’apprentissage, puis une période avec seulement 3 patchs (le nom du Chapter, le pays d’appartenance et le nom de notre association) puis la distribution de tous les derniers patchs incluant le nom de route : le membre est alors fullpatchs.

Concrètement, nous agissons donc en faveur des personnes en détresse, des enfants malades, des handicapés. Nous coordonnons des maraudes et nous distribuons des biens de première nécessité, nourriture, vêtements et produits d’hygiène. Nous participons à des collectes pour des organismes, tels que les restaurants du Cœur ou la Banque Alimentaire. Nous organisons des spectacles, tel que le Biker Comedy Club. Le Biker Comedy Club est un gala d’humoristes donné chaque année à Paris au profit d’un ou plusieurs enfants malades. Nous mettons en place des baptêmes à moto à destination de jeunes ou d’adultes handicapés ou en situation de précarité en relation avec des structures tels que les ADAPEI ou le Secours Populaire. Bref, notre organisation est clairement caritative, opérative.

(…)

Nous sommes une association de motards humaniste maçonniques et qui participe à donner une autre image de notre ordre et est un formidable outil, selon moi, d’extériorisation.

Un Widows met en œuvre ses outils maçonnique dans le monde réel, dans le concret, il sort d’une approche spéculative pour être opératif. On est loin de la fraternelle affairiste d’une corporation puisqu’ici, point de business mais un triptyque fantastique qui nous réunit : maçonnerie / Moto / caritatif

On a tendance parfois à oublier le sens de notre engagement lorsque l’on est maçon. Personnellement, lorsque j’enfile mon cut, enfourche ma moto, rejoint mes FF Widows pour réaliser des actions concrètes, je me sens bien, utile et aligné avec mes engagements et le serment que j’ai prêté le jour de mon initiation.

Un dernier symbole, le crâne… et pour donner une dimension encore plus personnelle à cette planche. Le crane est un symbole qui m’est cher, je me le suis tatoué à plusieurs reprises, je l’ai dans la peau. On le découvre le jour de notre initiation puis à chaque tenue mais il est aussi très présent dans le monde biker alors quelques mots à ce sujet puisque ce symbole me suit depuis de nombreuses années et participe de la culture biker selon moi.

Le crane est le symbole de l’égalité humaine. Le crane symbolise l’égalité et la fraternité humaine qui doivent prévaloir chez les motards et tous les êtres humains, quel que soit leur origine, leurs croyances, leur religion ou leur marque de moto. Un crane ne dit rien sur le genre, l’orientation sexuelle, la couleur de peau, la religion, la catégorie sociaux professionnel. Le crane signifie : transformation, nouveau cycle, dans certaines cultures aussi : pouvoir, force, invincibilité. Les indigènes mexicains par exemple ont les cranes comme symbole de vie. Rien de tout cela n’est donc associé au mal, au contraire, un vrai motard apprécie le bien, l’union, la famille, les amis, la nature, les animaux, la liberté l’égalité et la fraternité.

Et finalement, je crois profondément que nous sommes, nous, motard, biker, au milieu de quelques autres, les derniers gardiens de la liberté.

J’ai dit.
Un membre du Chapter Parisis

Prenez place !

La phrase rituelle « Prenez place », énoncée avec solennité par le Vénérable Maître lors des tenues en loge, résonne bien au-delà de la simple invitation à s’asseoir. Cette formule, loin de se soucier du siège qui nous accueille ou du confort physique qu’il peut offrir, porte en elle une puissance symbolique extraordinaire. Elle incite chaque franc-maçon à méditer sur sa position dans le microcosme de la loge ainsi que dans le vaste cosmos, orchestré par le Grand Architecte de l’Univers. Cette recherche, guidée par les axes du dédale intérieur, de la place en loge, et de la relation mystique avec le cosmos, invite à une introspection profonde et à une compréhension plus élevée de notre parcours initiatique et spirituel.

Le dédale intérieur

Dans la franc-maçonnerie, explorer son identité intérieure est un parcours semblable à celui d’un labyrinthe où chaque passage révèle une facette de notre être. Cette introspection est cruciale pour comprendre si nous sommes pleinement présents et préparés pour la tenue. Carl Jung, dans ses travaux sur l’inconscient collectif, a souligné l’importance de reconnaître et d’intégrer ces ombres de la psyché pour atteindre un équilibre personnel, un processus essentiel pour tout franc-maçon cherchant à atteindre la lumière intérieure. La confrontation avec nos propres zones d’ombre, telles que la peur et le doute, est vue non seulement comme un défi personnel mais aussi comme une étape nécessaire pour contribuer efficacement à la communauté maçonnique.

Au-delà de cette quête intérieure, être présent lors des tenues en Loge demande une disponibilité qui s’étend sur trois plans essentiels : physique, émotionnel, et intellectuel.

Physiquement, chaque franc-maçon doit se préparer à être totalement présent, à occuper son espace au sein du temple avec respect et dignité. La présence physique n’est pas simplement une question de présence corporelle ; elle implique également une posture et une attitude qui reflètent l’engagement et le sérieux de l’initié envers les travaux de la loge.

Émotionnellement, il est attendu des membres qu’ils soient ouverts et réceptifs aux expériences et aux émotions partagées au sein de la loge. Cela implique souvent de mettre de côté les préoccupations personnelles externes, laisser les métaux à la porte du temple, pour s’immerger pleinement dans l’expérience maçonnique, permettant ainsi une empathie et une solidarité renforcée avec les autres membres de la Loge. Cette disponibilité émotionnelle favorise une atmosphère de confiance et de soutien mutuel, essentielle pour les travaux en commun.

Intellectuellement, la présence en Loge nécessite une alerte mentale, prête à engager, analyser et réfléchir sur les symboles et les rituels observés. La capacité à se connecter aux enseignements transmis et à en discerner le sens profond exige une clarté d’esprit et une concentration qui ne peuvent être atteintes que par une préparation intellectuelle sérieuse.

Ces trois niveaux de présence renforcent l’idée que chaque tenue est un moment de partage et de croissance collective et individuelle. En s’assurant que nous sommes pleinement présents, nous honorons non seulement les traditions de la franc-maçonnerie, mais nous facilitons aussi notre propre voyage intérieur à travers le dédale complexe de notre développement personnel et spirituel.

Quelle est ma place en Loge ?

Cette question ne se résume pas seulement à l’occupation physique d’un espace lors des tenues, mais englobe une compréhension profonde de son rôle et de sa contribution à la fraternité, qui varie significativement selon le degré maçonnique (apprenti, compagnon, et maître) et les fonctions occupées, notamment pour les officiers de la Loge.

Les degrés maçonniques reflètent un chemin de progression spirituelle et intellectuelle où chaque étape, ou degré, offre ses propres leçons et défis. L’apprenti, par exemple, est principalement engagé dans l’apprentissage des bases de la maçonnerie et dans la découverte de soi. Sa place est celle de l’écoute et de l’observation, absorbant les enseignements et reflétant sur des vérités personnelles et universelles. Le compagnon, ayant franchi le seuil initial, travaille à approfondir ces connaissances et à les mettre en pratique, servant souvent de pont entre les apprentis et les maîtres, et aidant à maintenir l’harmonie et le flux des travaux de la loge. Le maître maçon, quant à lui, assume un rôle de guide et d’exemple, utilisant sa compréhension approfondie pour soutenir les membres de la loge et pour veiller à la pérennité des traditions et des enseignements maçonniques.

Les fonctions des officiers de la Loge, impliquent des responsabilités spécifiques qui demandent non seulement une compétence et une connaissance des rituels, mais aussi un engagement envers le service de la loge. Ces rôles, tels que le Vénérable Maître, le Secrétaire, ou le Trésorier, ne doivent jamais être perçus comme des positions de pouvoir ou d’autorité personnelle. Au contraire, ils sont des charges de service où l’humilité et le dévouement à la fraternité sont primordiaux. L’orgueil personnel doit être mis de côté, car chaque fonction est exercée dans le but de servir l’intérêt collectif, qui est bien plus grand que soi.

L’occupation de ces rôles et de ces degrés doit donc être guidée par un principe de service et non de supériorité. Chaque franc-maçon devrait aspirer à remplir son rôle de manière à contribuer à l’édification collective et à l’amélioration continue de la loge. Cela inclut une volonté de passer le flambeau aux autres membres avec grâce et sagesse, facilitant ainsi le développement personnel de chacun et renforçant les fondations de la fraternité maçonnique.

En fin de compte, la question « Quelle est ma place en Loge ? » est une invitation à une réflexion continue sur la manière dont chaque membre peut le mieux contribuer à la vie et à la santé de la loge, tout en poursuivant son propre voyage de croissance personnelle et spirituelle. Cela exige une conscience aiguë de la façon dont les rôles individuels s’entrelacent dans un tissu plus vaste d’objectifs et de valeurs partagées, cimentant ainsi les principes de fraternité, de respect, et d’engagement commun qui sont au cœur de l’expérience maçonnique.

La perception mystique

La relation avec le Grand Architecte de l’Univers incarne la dimension la plus élevée de notre quête maçonnique. Contempler notre place dans l’univers, c’est reconnaître que, bien que nous puissions nous sentir comme un simple grain de poussière dans l’immensité cosmique, chacun de nous a un rôle unique et essentiel. Cette perspective mystique, qui voit l’ensemble de l’univers comme un grand édifice dont chaque partie est orchestrée par le Grand Architecte, nous aide à trouver un sens et une direction dans notre parcours maçonnique. Cette reconnaissance de notre propre signification dans un plan cosmique plus large est ce qui inspire chaque franc-maçon à poursuivre sa quête de vérité et d’harmonie.

Un exemple poignant de cette quête mystique est l’expérience du Vénérable Maître qui, après avoir servi au plus haut office de la loge, descend de charge pour assumer le rôle de Couvreur. Ce rôle, souvent perçu comme la dernière étape initiatique dans le cadre de la loge bleue, offre une leçon extraordinaire d’humilité. Le Couvreur, silencieux durant les travaux, se trouve physiquement placé devant la porte du temple, seul en face du delta lumineux et directement dans son axe. Cette position unique symbolise non seulement la transition entre l’espace sacré de la loge et le monde profane à l’extérieur, mais également la capacité de médiation entre ces deux mondes.

Le Couvreur, par son silence, incarne la maîtrise de soi et la discrétion, qualités essentielles pour tout franc-maçon. Sa tâche de gardien du seuil est cruciale ; il assure que seuls ceux qui sont dûment qualifiés puissent entrer dans le sanctuaire sacré de la loge. Cette fonction symbolise également la protection des secrets maçonniques contre les influences profanes, une métaphore de la protection de notre propre temple intérieur contre les distractions et les perturbations du monde extérieur.

En assumant ce rôle après avoir été Vénérable Maître, le franc-maçon démontre que dans la franc-maçonnerie, aucun rôle n’est petit ou insignifiant. Chaque position, du plus élevé au plus humble, est vital et nécessite un dévouement complet. Cette démarche rappelle à tous les membres que la véritable élévation spirituelle dans la franc-maçonnerie ne réside pas dans la recherche de la gloire personnelle ou des honneurs, mais dans la capacité à servir la fraternité et à poursuivre sans relâche le perfectionnement de son propre temple intérieur.

Ce parcours symbolique du Vénérable Maître au Couvreur est donc une manifestation puissante de la vérité maçonnique selon laquelle nous sommes tous des ouvriers dans le grand édifice de la vie, appelés à contribuer à notre niveau le plus sincère et le plus humble. Chaque rôle, chaque action prend une dimension sacrée, reflétant notre engagement dans cette quête incessante de lumière, de vérité et d’harmonie sous le regard bienveillant du Grand Architecte de l’Univers.

L’Orchestration du Grand Architecte

« Prenez place », cette invite résonne dans l’écho des temples maçonniques comme un appel à la contemplation et à l’élévation. Elle nous convie à une introspection profonde et continue sur notre rôle et notre but non seulement au sein de la loge mais aussi dans l’immensité du cosmos orchestré par le Grand Architecte de l’Univers. Chaque répétition de cette phrase nous rappelle que notre quête pour trouver notre juste place est moins un périple avec une fin qu’un chemin semé d’éternelles découvertes, nourri par notre dialogue intérieur, notre communion fraternelle, et notre alignement avec le plan divin.

Dans le grand dessein de l’existence, chaque franc-maçon tisse son fil unique, ajoutant sa propre couleur au tissu complexe et vibratoire de la vie maçonnique. Ensemble, nous formons un tableau plus grand que la somme de ses parties, un tableau où chaque coup de pinceau, chaque nuance et texture, est essentielle à l’harmonie de l’œuvre.

Par cette interaction dynamique entre nos explorations personnelles, notre dévouement fraternel et nos aspirations mystiques, nous cheminons vers une voie qui semble tracée spécialement pour nous par une main invisible. Dans ce grand théâtre de l’univers, le Grand Architecte « complote » avec une tendresse infinie à notre réalisation, orchestrant les circonstances, les rencontres et les épreuves de manière à ce que chaque pas, chaque geste contribue à l’édification de notre temple intérieur et à l’élévation de notre âme.

Ainsi, « Prenez place » est bien plus qu’une simple directive ; c’est une bénédiction, un mantra qui nous inspire à embrasser pleinement notre rôle dans ce mystérieux et magnifique ballet cosmique. C’est une incitation à reconnaître que chaque moment de notre existence est une note dans la symphonie éternelle de la création, jouée sous la baguette du Grand Architecte, dont les desseins, bien que voilés, nous guident vers notre ultime accomplissement.

La Plume et la Pensée : Les Rites Anglo-Saxons (à télécharger gratuitement)

La Plume et la Pensée n°9 vient de paraître. Téléchargez-le en fin d’article. Il s’agit d’une revue numérique gratuite publiée par la Fédération Nationale de la Libre Pensée, dédiée à la Franc-Maçonnerie avec une attention particulière aux Rites Anglo-Saxons. Elle cherche à encourager la libre pensée, la raison et la science, tout en explorant les profondeurs symboliques et historiques de la Maçonnerie.

Editorial de Christian Eyschen

  • Thème central: Le rêve est le propre de l’Homme, et il y a un intérêt réel à travailler « à la source » de la Maçonnerie pour comprendre et effacer les idées préconçues.
  • Critique de la spiritualité laïque: Eyschen critique le concept de « spiritualité laïque » comme une « auguste fadaise », argumentant que la laïcité doit concerner les institutions publiques et non imposer une neutralité absolue aux individus.
  • Laïcisation vs. Sécularisation: Il distingue la laïcisation des institutions publiques et la sécularisation de la société, affirmant que la Maçonnerie n’a pas vocation à être laïque mais plutôt à exprimer un point de vue spirituel ou philosophique.
  • La Franc-Maçonnerie et la Libre Pensée: Il défend l’idée que la Franc-Maçonnerie doit être un ordre traditionnel initiatique et non une simple association ou un club-service.

SOMMAIRE

120e anniversaire de la loi de 1905

  • Meeting laïque national: La Libre Pensée organise un meeting pour célébrer l’anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, défendant la liberté de conscience et s’opposant aux lois « sécurité globale » et « séparatisme » vues comme liberticides.

Les Rites Anglo-Saxons de la Franc-Maçonnerie

  • Les trois versions de la création:
    • Adam comme premier Maçon: Une légende mythique qui relie la Maçonnerie à la création divine.
    • Transformation de l’Opératif en Spéculatif: La théorie selon laquelle des aristocrates ont été intégrés dans les Loges opératives, transformant ainsi la Maçonnerie.
    • Construction ex-nihilo: La Franc-Maçonnerie comme une invention pour permettre aux élites de se rencontrer sans conflits religieux.
  • L’An 6000 de la Vraie Lumière:
    • Discussion sur le temps maçonnique, distinct de la chronologie chrétienne, symbolisant l’année 6000 de la « vraie lumière ».
  • Le temps de l’Histoire:
    • Fondation des Grandes Loges: La création de la Grande Loge de Londres en 1717, suivie par des schismes et l’unification de 1813 formant la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA).
    • Anciens vs. Modernes: Conflits entre deux tendances de la Maçonnerie anglaise, finalement réconciliées dans l’unification.
  • Apprenti, le Premier Grade du Rite Émulation :
    • Symbolisme et Rituels: L’importance de l’apprentissage du rituel par cœur pour sa compréhension profonde, et la symbolique des outils maçonniques.
  • Compagnon, le Deuxième Grade du Rite Émulation:
    • Progression initiatique: Le rôle du Compagnon dans la construction personnelle et spirituelle, symbolisé par le niveau et le fil à plomb.
  • Maître, le Troisième Grade du Rite Émulation:
    • Le mythe d’Hiram: Son histoire et ses implications dans la cérémonie de Maître, avec un focus sur la mort et la résurrection symboliques.
  • Maçonnerie de la Marque:
    • Origine et symbolisme: Le grade de la Marque comme une tentative de garder la connexion avec la tradition opérative, avec des marques distinctives sur les pierres.
  • Le Grade de Nautonier/Mariner de l’Arche Royale:
    • Légende de Noé: Ce grade unique qui lie la Franc-Maçonnerie à la légende de Noé et à la symbolique du déluge et de la reconstruction.
  • L’Arche Royale:
    • Variations Nationales: Différences entre les pratiques en Angleterre, Écosse, Irlande, et aux États-Unis, avec des légendes et des rituels spécifiques.
    • Symbolisme: La découverte de la Pierre Sacrée, les trois Principaux (Zorobabel, Aggée, Josué), et les symboles bibliques.
  • Le Rite York:
    • Origine et Évolution: Créé aux États-Unis après l’échec de l’unification des Grandes Loges, il a développé de nombreux grades et affiliations.
    • Symbolisme et pratiques: L’importance de l’échelle tournante, des rituels rapides, et de la multiplicité des décorations.
  • Le Rite Standard d’Écosse:
    • Origine: Créé en 1986, il prétend être le plus proche de l’original écossais, avec un fort accent sur l’apprentissage par cœur des rituels.
  • Le GADLU et la Spiritualité:
    • Débat sur le Grand Architecte de l’Univers: Eyschen critique l’obligation de travailler à la gloire du GADLU, défendant la liberté de conscience et la non-obligation d’une croyance théiste.

Bibliographie et Ressources

  • Une liste d’ouvrages, articles, et autres ressources pour approfondir la compréhension des Rites Anglo-Saxons, incluant des auteurs comme Roger Dachez, Alain Bauer, et Gérard Mayau.

Contributions Additionnelles

  • Révolutionnaires et Libres Penseurs sous l’Équerre et le Compas: Exploration des liens historiques et philosophiques entre la Maçonnerie, le socialisme, et la Libre Pensée, avec des contributions de Philippe Besson, Christian Eyschen, et Dominique Goussot.
  • L’Odyssée dans l’univers initiatique maçonnique par Jean Bartholo: Analyse des rituels et de l’initiation maçonnique, soulignant l’union de l’immanence et de la transcendance.

Conclusion et Publicité

  • La revue se termine par des appels à soutenir l’entraide et la solidarité des Libres Penseurs et par des informations sur l’abonnement à « La Raison ».

Ce document fournit une analyse détaillée et critique des Rites Maçonniques Anglo-Saxons, mettant en lumière leur histoire, leurs pratiques, et leur place dans la culture maçonnique contemporaine.

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Notre Frère Sam Braun : de la survie à la transmission auprès des générations futures

Sam Braun, né en 1927 à Paris et décédé en 2011, est une figure marquante de l’histoire contemporaine française. Rescapé de la Shoah, sa vie post-guerre fut dédiée à la transmission de son expérience et à l’engagement civique, notamment à travers la franc-maçonnerie. Cet article vise à explorer les différentes facettes de sa vie : son terrible parcours durant la Seconde Guerre mondiale, son engagement maçonnique et son œuvre littéraire pour les enfants.

Sam Braun était membre du Grand Orient de France (GODF). De retour à Paris, il devient médecin. En 1955, il est reçu à la respectable loge Pierre Brossolette à l’Orient de Paris. Ensuite, il fut membre de la respectable loge parisienne Les Inséparables du Progrès. Il a été inhumé en présence de représentants du GODF, du Droit Humain, de la Grande Loge de France et de la Grande Loge Féminine de France.

En 2011, la Commission des Droits de l’Homme et du Citoyen de la Grande Loge de France a organisé une journée du devoir de mémoire en son honneur.

Ces hommages témoignent de l’impact significatif de Sam Braun au sein de la franc-maçonnerie française.

Les Années Noires : La Shoah et la Résilience

Sam Braun vécut une jeunesse marquée par l’horreur de la Shoah. Arrêté en 1943 à l’âge de seize ans et demi avec sa famille à Clermont-Ferrand par la milice française, il fut déporté à Auschwitz via le convoi n°64. Sa survie dans l’enfer des camps de concentration, où il travailla comme terrassier à Buna-Auschwitz, témoigne d’une force de vie et d’une résilience remarquables. Malade, il survécut à la « marche de la mort » et fut libéré à Prague.

Le récit de Sam Braun est celui d’un homme qui a choisi le pardon comme moyen de vivre après avoir traversé l’innommable. Dans ses témoignages, il évoque souvent l’absence de haine envers ses bourreaux, insistant sur la nécessité du pardon pour continuer à vivre. Cette approche humaniste se retrouve dans son livre « Personne ne m’aurait cru alors je me suis tu », publié par Albin Michel, où il raconte son expérience avec une sobriété et une force morale impressionnantes.

L’Engagement maçonnique

Après la guerre, Sam Braun se tourna vers la franc-maçonnerie, une institution qu’il considérait comme un moyen de poursuivre son engagement pour l’humanité, la justice et la mémoire. Devenu franc-maçon, il y trouva un cadre pour exprimer ses valeurs et continuer son travail de mémoire. La franc-maçonnerie, avec ses principes de fraternité, de liberté et d’égalité, résonnait avec son désir de voir une société où l’inhumanité qui l’avait frappé serait impossible.

Bien que les détails de son parcours maçonnique restent peu documentés publiquement en raison de la discrétion inhérente à la franc-maçonnerie, on sait que Sam Braun a utilisé cette plateforme pour promouvoir l’éducation, la tolérance et la mémoire de la Shoah. Son engagement reflétait sa conviction profonde que le souvenir des atrocités passées est essentiel pour éviter leur réitération.

Le Livre pour Enfants : Un Pont vers la Mémoire

Sam Braun a également mis son expérience et ses réflexions au service des plus jeunes à travers ses interventions dans les écoles et un livre destiné aux enfants. Bien que le titre exact de cet ouvrage ne soit pas clairement documenté dans les sources disponibles, son approche éducative et sa volonté de transmettre aux jeunes générations les leçons de l’histoire sont bien établies.

Il considérait ces échanges avec les enfants comme l’aboutissement de son parcours personnel, une manière de faire revivre sa famille disparue à travers la mémoire collective. En racontant son histoire, Sam Braun espérait non seulement éduquer mais aussi inspirer une génération à la paix et à la compréhension mutuelle.

L’Héritage de Sam Braun

L’héritage de Sam Braun dépasse largement le cadre de son témoignage personnel. Il est un exemple vivant de comment la survie peut se transformer en un message d’espoir et d’engagement pour l’humanité. Sa participation aux événements commémoratifs, ses engagements maçonniques et ses efforts pour éduquer les jeunes sur la Shoah lui donnent une place particulière dans l’histoire de la mémoire de l’Holocauste en France.

Son livre pour enfants, bien que moins connu, est un témoignage de son désir de rendre accessible l’histoire aux plus jeunes, non pas pour en faire des témoins de l’horreur, mais pour les éduquer à la vigilance, à l’empathie et à la lutte contre toutes formes de discrimination.

Sam Braun représente un pont entre le passé et l’avenir, un homme qui a transformé sa souffrance en un message de paix et de mémoire. Sa vie post-Shoah, marquée par l’engagement maçonnique et éducatif, montre comment on peut choisir de vivre après avoir survécu à l’indicible. Son récit continue d’inspirer et d’éduquer, rappelant à tous l’importance de la mémoire et de l’éducation dans la construction d’un monde plus juste et humain.

Sources :

« Rescapés de la Shoah » – rescapesdelashoah.org
« Le brouillard cachait au monde ce qui allait se passer » – Podcast France Culture
« Lectures sur la Shoah » – Neoprofs.org
« Liste de récits de rescapés de la Shoah » – Wikipédia

SAM BRAUN Présentation

  • Né en France à Paris en 1927. Décédé à Paris le 1er Juillet 2011.
  • Auteur d‘un livre intitulé « Personne ne m’aurait cru alors je me suis tu » (Ed. Albin Michel) une interprétation théâtrale a été tirée de cet ouvrage mise en scène et interprétée par Patrick Olivier.
  • Arrêté le 12 novembre 1943 à Clermont-Ferrand par la milice avec son père, sa mère et sa petite sœur de dix ans et demi. Il avait seize ans et demi.
  • Transféré à Drancy. puis embarqué dans le convoi N°64 où il y avait 999 personnes (femmes et enfants) pour Auschwitz le 7 décembre 1943.
  • Détenu et prisonnier à Buna-Auschwitz où il est terrassier. Malade, il est sauvé à la fin de la marche de la mort. Libéré à Prague.

Interview de Sam Braun sur « Rescapés de la Shoah »

Quand vous êtes vous senti vivant ?

Se sentir vivant ce n’est pas simplement avoir la liberté du corps. J’ai eu cette liberté du corps à ma libération mais se sentir libre c’est autre chose. Je ne me suis senti vraiment libre qu’à 78 ans, il y a cinq ans.

J’ai été arrêté le 12 novembre 1943. Depuis cette date, il m’arrive bien souvent les 12 novembre des choses exceptionnelles. Des affaires troublantes qui modifient ma vie. Depuis cette date je voulais occulter les 12 novembre, me coucher le 11 novembre au soir pour ne me réveiller que le 13 au matin.

Pendant 40 ans je n’ai parlé à personne (d’où le titre de son livre). Parfois je pleurais lorsque j’étais seul et revivais la séparation d’avec ma mère. Tous les 12 novembre étaient pour moi épouvantables.
Et il y a quatre ans, je me suis réveillé le 13 novembre sans m’être rendu compte que la veille était le 12 novembre, j’ai eu alors comme une espèce de révélation: je pouvais vivre enfin, enfin j’étais libre.

De même l’odeur de pain grillé m’était insoutenable car elle me rappelait un moment épouvantable que j’ai vécu dans les camps. Quand j’étais terrassier pour IG Farben en même temps que Primo Levi, qui, lui étant chimiste et travaillait au laboratoire de l’usine, un matin sur un brasero j’ai fait griller un morceau de pain et l’ai avalé goulument. Seulement ce pain était si mauvais que j’ai été terriblement malade après, durant quatre jours. Depuis, l’odeur même du pain grillé m’était insupportable.

Et il y a quatre ans ma femme a pris sa retraite et en prenant ensemble le petit déjeuner je me suis surpris à faire des toasts, à les beurrer et à m’en régaler … j’étais guéri et donc libre .

Quel fut votre premier acte quand vous avez été libéré ?

J’étais malade.

J’ai fait la marche de la mort. Le 18 janvier 1945, nous sommes partis d’Auschwitz. Ce fut effrayant car pour moi elle a duré près de quatre mois, jusqu’au début du mois de mai.

Je n’ai pratiquement pas mangé sauf l’herbe dans les champs où les SS nous faisaient arrêter lorsqu’ils étaient trop fatigués.. On était parfois « sur des trains » non pas « dans des trains » mais sur des trains, à l’air libre dans le froid.

Malgré l’horreur de cet exode fou j’étais persuadé de m’en sortir. L’espérance était telle que j’étais sûr de m’en tirer. Sauf vers la fin de ce convoi. J’étais épuisé et malade. Je pesais 35 kgs pour 1m77.

Le train s’est arrêté un dans une gare. Les SS ont demandé dans toutes les langues aux malades de descendre. Je savais ce que cela voulait dire si je descendais. C’était la mort à coup sûr mais je n’en pouvais plus, je voulais que cela finisse. J’ai demandé aux autres de m’aider à descendre, ils m’ont quasiment jeté sur le quai. Je suis tombé sur les traverses et on était environ une centaine à être descendus.

C’est là que j’ai repris goût à la vie car les SS étaient en fait des résistants tchécoslovaques, et nous ont sauvés. Nous étions à Prague. J’étais libéré.

Des brancardiers sont venus nous chercher. J’étais un être humain, je n’étais plus un « rien » puisqu’on me montrait que je n’étais plus un « morceau » comme ils nous appelaient là-bas !

J’ai été hospitalisé dans une salle commune, j’étais sur un lit. Sur un lit ! Comment s’imaginer ce que représente un lit lorsque l’on a couché n’importe où durant quatre mois !

Qu’avez-vous fait la première année ?

J’ai essayé de me soigner. Mon frère et ma sœur ainés n’ont pas été arrêtés, ils m’ont retrouvé … On était très famille et une famille très tribale. Ils ont fait beaucoup pour moi c’est une tribu d’amour .

J’ai placé ma vie autour de l’amour ;

J’ai quatre enfants de deux mariages mais tout se passe dans l’amour. (A cet instant une de ses filles téléphone et il lui parle avec tendresse et délicatesse on sent un dialogue attentif et agréable, puis c’est un de ses fils et il lui parle de la même façon comme on parlerait avec les mots d’amour à un petit enfant).

Je suis revenu à Paris d’abord sur un brancard. Dans l’avion il y avait une infirmière française qui m’a dit qu’il y avait encore en France des tickets de rationnement. J’étais étonné ! Il y avait encore des tickets de rationnement alors que Paris était libéré !

Mais je n’avais pas de haine.

Vera mon infirmière à Prague m’a emmené un après midi, lorsque j’ai pu marcher, à petits pas, vers un parc où des prisonniers allemands travaillaient sous la surveillance d’un gardien. Ils déblayaient la place où il y avait eu des bombardements En me regardant, le gardien a enlevé sa ceinture et a fouetté les prisonniers comme s’il voulait me venger. Je n’ai pas pu assister à cela et je suis parti aussi vite que mes jambes pouvaient me porter.

Je n’avais pas l’esprit de vengeance.

Puis plus tard à Paris quand j’ai repensé à cette scène, un mauvais démon me disait à l’oreille « Chacun son tour » Je chassais alors de ma tête cette idée qui me fait horreur, car la souffrance de l’un ne rachète jamais celle de l’autre.

La première année quand je suis revenu à Clermont-Ferrand ce fut très difficile j’ai connu l’ivresse alcoolique. Je voulais « digérer » la vie de là-bas. Je ne parlais à personne de cela. Comme je n’avais pas d’argent, je faisais la manche pour picoler.

Une fois je suis même monté à Paris et j’ai vécu 8 jours en buvant. Je ne sais plus ce que j’ai fait.

Je voulais avec tout l’alcool que je buvais nettoyer tout ce qu’en silence je portais sur le dos, comme l’alcool à 90° nettoie une plaie purulente.

J’ai passé mes deux bacs en étant ivre … Les examinateurs ont du me les donner pour être sûrs de ne plus jamais me revoir !

Cette année là fut très pénible et mon frère qui probablement me comprenait bien, ne m’a jamais rien dit ni reproché. Au bout de cette année alors que j’étais ivre mort j’ai dit à un de mes très bons amis et avec lequel je suis toujours très lié « Demain j’arrête de boire, je commence ma médecine. » Et contrairement à toutes les promesses d’ivrogne je m’y suis tenu, car au fond je n’étais pas un alcoolique et ne buvais que pour les raisons que je vous ai indiquées.

J’avais franchi, avec l’alcool, une étape initiatique. Il fallait que je meure à une vie pour renaître à une autre.

Je n’ai jamais eu envie de me suicider.

J’étais pupille de la nation, je travaillais et mon frère qui avait repris le magasin de mon papa m’aidait comme il le pouvait.

Très vite je me suis marié alors que j’étais en deuxième année de médecine. Je recherchais tellement une affection maternelle car j’étais charnellement lié à ma mère. Je n’ai jamais fait le deuil de mes parents.

J’ai rencontré une femme fort jolie, de 4 ans de moins que moi, j’en suis devenu amoureux et l’ai épousée. Nous avons eu deux enfants. Un fils né en 1952 et une fille née en 1957.

Nous sommes restés mariés une dizaine d’années, puis elle m’a quitté. C’est la vie !

J’ai rencontré mon épouse actuelle deux ans après et nous sommes ensemble depuis 45 ans. Nous avons eu deux enfants .Une fille et un garçon.

Mais avant tout cela imaginez-vous, en 1947 j’ai été appelé sous les drapeaux.. Quelle dérision . On m’a affecté à Compiègne au 27 ème R.I.

Avez-vous souffert dans cette nouvelle vie ?

Oui , comme tout individu normal, par exemple quand on casse la vitre de ma voiture, comme cela m’est arrivé une fois, je suis furieux.

Dans les petites choses de la vie je suis comme les autres, je les aborde avec autant d’émotions que les autres.
En revanche dans les grands évènements de la vie je les accepte avec sérénité et sans angoisse. Un jour j’ai été opéré à cœur ouvert eh bien je suis parti à l’hôpital, avec ma petite valise, en toute sérénité. Mon actuelle maladie est paralysante, je sais qu’un jour je serai complètement paralysé et probablement incontinent mais je suis serein et j’attends cette échéance avec calme. Ce que j’ai connu m’a appris à relativiser

Avez-vous un mot une phrase ,un chiffre qui vous aient marqué ?

Aucun chiffre , aucun mot, aucune phrase.

Mais ce que je retiens c’est l’absence .Je me suis évadé en quelque sorte, par l’imaginaire. A Auschwitz j’étais absent puisque ma pensée était ailleurs. Quand la faim me faisait souffrir, je pensais au hachis Parmentier que ma maman faisait si bien, je le savourais, en sentais le fumet et m’imaginer le manger soulageait ma faim. Je crois tellement à la force de la pensée.

Comment analysez- vous votre vie maintenant ?

J’ai réussi ma vie. Je crois que pendant ces 82 ans j’ai marché dans la vie, je n’ai pas marché à coté. J’ai encaissé des coups mais j’ai essayé de les positiver.
On n’est jamais indemne du pire.

Je suis ce que je suis à cause et grâce à Auschwitz. Il est vrai que si je suis devenu médecin, ce n’est pas neutre, ni par hasard.

Je n’ai jamais supporté la souffrance de l’autre sans réagir. La mienne j’en fais mon affaire.
je ne supporte pas la souffrance d’un enfant, elle me bouleverse et le plus grand crime des nazis, c’est d’avoir assassiné 1.500.000 enfants.
En ce qui me concerne je peux dire que le bourreau a perdu.

Il a voulu faire de moi un asocial et j’ai résisté car je suis pleinement dans la vie.

Vous vous dites athée, comment à la sortie de cette tourmente vous avez vécu cet athéisme ?

Je ne crois pas au Dieu de Michel Ange qui écarterait les nuages une fois par siècle et les refermerait très vite effaré de voir ce que les hommes ont fait de la Terre. En cette forme de Dieu là, je ne crois pas. Un jour j’ai lu Marguerite Yourcenar qui disait à peu près ceci « Il n’est pas possible que nous soyons le fruit du hasard » et aussi » Dieu est en nous , le plus prés de nos qualités et le plus loin de nos défauts et de nos tares »

Je crois que la vie a un projet . De quelle nature est ce projet ? Je n’en sais rien, mais ce que je crois savoir, c’est que les hommes passent leur vie à rechercher ailleurs ce qu’ils ont en eux-mêmes.

Le Messie que les Juifs attendent, je crois qu’il est en nous car le Messie c’est aider les autres, et cela nous pouvons tous le faire.

Ma vie est un empilement de vies qui toutes me semblent différentes, adolescent, déporté, médecin, cosmétologue. On a créé avec ma femme des produits de beauté. Puis j’ai été consultant pendant dix ans pour une société japonaise et après j’ai été un autre homme me consacrant uniquement au Travail de Mémoire. J’étais franc-maçon aussi.

Mais ma dernière vie et que je considère comme étant l’aboutissement de mon parcours est celle que j’ai avec mes interventions auprès des enfants. Quand je leur dis ce qui s’est passé et qu’ils me remercient, je leur réponds qu’ils n’ont pas à me remercier car grâce à eux je fait revivre mon Papa , ma Maman et ma petite sœur.

Comment considérez-vous votre vie maintenant ?

Si j’avais le choix je ne sais pas si je recommencerai cette vie. J’ai vécu des moments exaltants même là-bas.

Je me souviens lors du voyage de la fin quand nous nous sommes arrêtés dans une gare. Des femmes nous regardaient éberluées de nous voir dans cet état. Les wagons étaient à ciel ouvert et plus tard nous sommes passés sous trois passerelles, noires de monde. Et là des hommes nous ont jeté du pain alors qu’ils crevaient de faim eux aussi. C’était admirable et dramatique : les SS prenant conscience qu’on nous jetait du pain se sont mis à tirer sur tous ces gens avec leurs mitraillettes et, sous les balles ils continuaient à nous jeter du pain. Je n’ai pas vu une personne reculer et s’enfuir.

Peut-on désespérer de l’homme quand on vit cela ?
Je suis maintenant en parfait accord avec moi-même .
Je pense comme Sartre.

« On ne te demande pas ce qu’on t’a fait mais ce que tu as fait avec ce qu’on t’a fait »

Quel message pouvez-vous et voulez-vous laisser aux jeunes ?

Le message fondateur est qu’ils considèrent la vie comme le plus beau des cadeaux.

Il ne faut pas avoir peur de la mort car elle fait partie de la vie. Si je devais croire en quelque chose, j’inclinerais plutôt vers le bouddhisme, la théorie de la réincarnation apportant des réponses à mes questionnements. L’espérance est là : puisque sa vie est belle, on doit respecter la vie de l’autre.

J’adhère complètement à ce qu’a dit Gandhi sur la vengeance :

« Si tu rends œil pour œil , le monde deviendra aveugle »

Je suis juif et sans être religieux, je me sens complètement juif car j’appartiens à cette culture

Quand j’explique la Shoah aux jeunes je la classe dans la barbarie en lui reconnaissant, bien sûr, des particularités qui en font toute la différence avec les autres actes de barbarie.

La Shoah est une barbarie de bureau et d’Etat. C’est un génocide programmé avec toute une administration qui l’a conçu, organisé et réalisé mais c’est un génocide même si, comme tous les génocides elle a des spécificités.
Il faut travailler sur la mémoire pour préparer l’avenir.

Quand je pense à moi je dis que je suis ni un héros ni une victime. Je suis un être comme les autres à qui il est arrivé un évènement exceptionnel.

On doit enseigner la Shoah aux enfants mais graduellement ;

En CM2 on doit enseigner les Justes, ceux qui ont sauvé les autres, comme les Juifs pourchassés par une idéologie d’exclusion

En troisième de collège la Shoah est au programme de la deuxième guerre mondiale.

En terminale on doit étudier, outre la deuxième guerre mondiale qui devrait être remise au programme et en plus, par le professeur de philosophie ! Les processus génocidaires ? Comment un être ordinaire peut-il devenir un bourreau ?

Et le Pardon ?

Pour le Pardon je dois dire que s’il y a des choses impardonnables, ce sont elles qu’il faut pardonner car que serait le pardon si on ne pardonnait que le pardonnable ? (Jacques Derrida)

le Pardon est un cadeau que l’on fait à soi-même et, avec Jacques Derrida je dirai aussi : que « Le sens du pardon est de n’avoir aucun sens ».

Enfin il faut « Pardonner pour vivre » comme un être humain normal et ordinaire

Le 4 février, une journée particulière pour la Fraternité

Créée le 21 décembre 2020 par l’assemblée générale de l’ONU dans le contexte de l’épidémie Covid – 19, la journée internationale de la Fraternité humaine du 4 février 2025 est une nouvelle occasion de réfléchir aux difficultés du Vivre ensemble sur notre planète !


Il n’est peut-être pas inutile de préciser ce que l’on peut comprendre aujourd’hui avec ces deux mots de Fraternité Humaine !

Il y a d’abord la définition de la fraternité humaine :
« La fraternité humaine peut être définie comme un principe fondamental qui reconnaît l’unité et l’égalité de tous les êtres humains, indépendamment de leur origine, de leur culture, de leur religion ou de leur statut social. Elle repose sur des valeurs de solidarité, de respect, de compassion et de justice, visant à promouvoir la paix et l’harmonie entre les individus et les peuples. »

Cette fraternité humaine fait partie des différentes formes de Fraternité

  1. La Fraternité familiale
    • C’est avant tout un lien biologique ou adoptif entre frères et sœurs d’une même famille qui se traduit par l’entraide, l’amour et la solidarité entre membres d’une même lignée.
  2. La Fraternité nationale ou civique
    • Fondée sur l’idée d’une solidarité entre citoyens d’un même pays, elle est symbolisée en France par le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité ».
  3. la Fraternité religieuse
    • C’est d’abord un devoir entre croyants d’une même religion. Elle est fondée sur le dogme du rapport avec le concept déique.
  4. La Fraternité militaire et corporative
    • On la rencontre entre les membres d’un groupe exerçant une activité commune (armée, police, pompiers…) présentant soit un danger soit une spécificité sociale : elle est basée sur la loyauté, le courage et l’esprit de corps.
  5. La Fraternité associative et communautaire
    • Elle se manifeste dans les associations, clubs et organisations sociales pour créer une entraide dans un cadre d’intérêts communs.
    • Cela concerne aussi bien le club de boulistes, que les membres d’un partiques ou le clan mafieux
  6. La Fraternité universelle ou humaine
    • Elle est fondée sur un concept philosophique et moral qui affirme l’unité de l’humanité, rejette les discriminations liées à la race, la culture, la religion ou la classe sociale et met en exergue le concept du Bien commun !

Chacune de ces manières de vivre une Fraternité peut avoir un sens mais seule la Fraternité Humaine a une dimension universelle, adogmatique et laïque !

Il est clair que la Fraternité humaine n’a pas de spécificité liée au genre ! Si la sororité a un sens c’est d’abord pour s’opposer à la fraternité genrée du mode clanique.


Je suis convaincu que la fraternité maçonnique est une fraternité humaine universelle qui nous renvoie à la notion de Bien commun !


Il est dommage que l’aspect « alimentaire » de la fraternité clanique ait constitué une approche revendiquée par certains organismes maçonniques ! Ce faisant elle a été interprétée comme la possibilité d’accéder à des privilèges !


Le concept du Bien commun ne date pas d’hier ! Si Platon, Aristote, Saint Augustin, Saint Augustin, Jean-Jacques Rousseau en ont parlé, le Bien Commun prend une nouvelle actualité avec la problématique du devenir de notre planète !


La Fraternité humaine nous incite aussi à rejeter l’ostracisme, le nationalisme et le dogmatisme religieux !


Sœurs et Frères pour protéger et valoriser le Bien commun, n’est-ce pas la plus belle motivation du Vivre Ensemble ?

Vive le 4 février 2025, Journée mondiale de la Fraternité humaine !

ACRIMED s’était penché sur la fascination des MEDIAS pour le scandale maçonnique

Du site d’information acrimed.org – Par Henri Maler

Il y a douze ans déjà, Acrimed l’Obervatoire des médias qui est une association française, créée en 1996 par Henri Maler et quelques autres, dont le sociologue Patrick Champagne, spécialisée dans la critique des médias, avait consacré deux dossiers spéciaux intitulés : « Les obsessions maçonniques des hebdomadaires ». Une décénnie plus tard, nous pouvons comparer et constater que rien n’a réellement changé.

Le 4 mai 2011, nous avions consacré un article aux obsessions maçonniques de L’Express et du Point… sans passer en revue les autres hebdomadaires. Persistantes en 2012, ces obsessions resurgissent dès le début de 2013. Aussi passionnantes que les « Unes » consacrées à l’immobilier et plus inoffensives que celles qui font le commerce de l’islamophobie, les dernières révélations sur la franc-maçonnerie appellent un rappel synthétique des précédentes et quelques explications.

Dernières révélations

Sur « écrans » (un site de Libération.fr), un article d’Isabelle Ganne, daté du 1er mars 2012, titré « Les francs-maçons aux premières loges » et publié dans le quotidien recueillait les propos avisés – forcément – de quelques majestés éditoriales

 Le pénétrant Laurent Joffrin déclarait alors que le « sujet », « folklorique » à ses diresfait moins vendre : « Ça finit par s’user, tout le monde en fait maintenant. En plus, ils n’ont pas tant de pouvoir que ça. » Et pourtant, se sacrifiant sur l’autel du grand journalisme d’investigation, Le Nouvel Observateur du 3 janvier 2013 révèle tout sur :

 Le flamboyant Franz-Olivier Giesbert, du Point déclarait en 2012 : « On a l’impression d’en avoir fait le tour. Le lecteur finit par se lasser. Il faut rester créatif : si on se repose sur des vieilles recettes, ça ne marche plus. » C’est donc en raison d’une pressante actualité que Le Point – miracle de la diversité… – révèle tout à son tour sur :

 Le lumineuxChristophe Barbier, quant à lui et à la différence de ses confrères, se livrait, toujours en 2012, à cette puissante sociologie de l’État :« Il y aura toujours des choses à raconter sur la franc-maçonnerie : comme les énarques, c’est une des structurations de l’État français ». Mais L’Express de ce mois de janvier a renoncé à cet « essentiel » à « raconter » pour en trouver un autre :

Patience… L’Express reviendra sans doute plus tard sur les « structurations de l’État Français ». Le « marronnier » de la franc-maçonnerie est un vieil arbre.

Rappel synthétique

En effet, l’article déjà mentionné de Libération dressait le palmarès de ce marronnier, dont Laurent Joffrin déclarait – on ne se lasse pas de le rappeler… – qu’il est « folklorique ». Selon l’auteure de l’article, sur les dix dernières années, on pouvait compter

– Douze « Unes » pour L’Express ;
– Huit « Unes » pour Le Point ;
– Six « Unes » pour Le Nouvel Observateur.

Grâce aux archives de notre précédent article (et celles d’un « Vite dit » de Sébastien Rochat sur le site d’Arrêt sur images), petit rappel en vrac des plus récentes de ces mémorables « Unes », sans aucun respect pour l’ordre de parution.

 Dans la compétition, Le Nouvel Observateur, depuis quelques temps, avait pris du retard. Avec le numéro de ce mois de janvier 2013, il le comble partiellement.

 Le Point, en revanche, n’a pas raté sa série qui veut que depuis 2006, il publie, chaque année, un dossier en janvier, comme s’il s’agissait du mois d’une surprenante floraison hivernale de ce « marronnier ».

 Quant à L’Express, préoccupé, en janvier 2013, par « l’affaire DSK », il n’avait pas, jusqu’alors, oublié d’ enquêter …

Et même régionaliser ses enquêtes (voir en « Annexe)

Alors pourquoi ?

 Parce que c’est vendeur ? On l’a vu plus haut : Laurent Joffrin (pour Le Nouvel Observateur) et Frantz-Olivier Giesbert (pour Le Point) n’en étaient pas très sûrs. Répondant lui aussi à la journaliste de Libération, François Koch, spécialiste de la franc-maçonnerie à L’Express, constatait : « Nos trois dernières couvertures franc-maçonnes ont à peine dépassé 73 000 exemplaires […]. Ce n’est pas un marronnier lucratif, contrairement à ce qu’affirment les mauvaises langues. » 73 000 exemplaires, c’est-à-dire « la vente moyenne de l’hebdo en kiosque », précisait la journaliste de Libé

Seulement voilà, les lois de la concurrence sont dures, mais ce sont des lois. Quand on est en panne d’imagination commerciale, le moins que l’on puisse faire, c’est d’éviter de déserter le marché et d’en laisser une part aux concurrents. Concurrence par imitation, concurrence mimétique : la diversité, c’est la ressemblance !

 Parce que c’est flatteur ? Flatteur pour les lecteurs, avides de révélations sur les « secrets » ? Quels « secrets » et « quels lecteurs » ?

Sans vouloir minorer l’influence de la franc-maçonnerie, la condamner ou la défendre, force est de constater que la reproduction périodique d’ « enquêtes » qui ne varient, pour l’essentiel, que par les noms qu’elles mentionnent, flatte, sans jamais l’étancher, la soif de mystère. Elle fournit trop souvent un substitut commode à des investigations sur d’autres institutions et lieux éminents où se forment et se consolident les structures du pouvoir : conseils d’administration des grandes multinationales, grands corps d’État, cabinets ministériels, cercles mondains et cénacle internationaux…

Et surtout, à parcourir nos bons hebdomadaire sur leurs pages de gauche (celles de droite étant réservées à la publicité…), certains « secrets » sont mieux gardés que d’autres ou maintenus… « secrets ». À commencer par tous ceux que pourraient révéler des enquêtes sociales approfondies sur les ravages commis par la crise économique et sa gestion néo-libérale.

Mais ce serait oublier que le lectorat de nos « grands » hebdomadaires est un lectorat essentiellement masculin de cadres moyens et supérieurs. On se gardera bien d’en conclure qu’il ne s’intéresse qu’à l’immobilier, au classement des établissements scolaires ou des hôpitaux… et à la franc-maçonnerie. Ou que ce lectorat méprise le journalisme d’enquête sociale et qu’il réduit le journalisme d’investigation à sa caricature. Quoique…

Qu’on ne s’y trompe pas, en effet : selon nos vaillants hebdomadaires, les obsessions maçonniques relèveraient d’un véritable journalisme d’investigation et non d’une vulgaire variante du conspirationnisme, que prétendait diagnostiquer Le Point, jamais à un paradoxe près, dans un dossier publié le 5 novembre 2011 et qui se proposait notamment – c’est le titre de l’article d’ouverture – de fouiller « Dans la tête des obsédés du complot ».

On attend avec gourmandise, une enquête qui se proposerait de pénétrer dans la tête des obsédés de la franc-maçonnerie.

Henri Maler


Compléments d’enquête

1. Toujours et partout

 Le trio de tête des hebdos n’est pas seul à cultiver le « marronnier » de la franc-maçonnerie…

 … qui se développe aussi localement. …

La Tribune de Lyon (octobre 2007) Lyon Mag (avril 2008), Lyon Capitale (février 2010),

 … Et dont L’Express fait pousser les racines dans ses éditions régionales

2. Pour mémoire

Certes, l’objectif de nos preux journalistes n’est pas de persécuter la franc-maçonnerie. Mais quoi que l’on pense de celle-ci, il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’elle fut dreyfusarde… et pourchassée, notamment par le régime de Vichy qui avait commandité ce film, antimaçonnique et antisémite :

La Loge maçonnique des îles Canaries réédite son magazine historique « ¡Luz ! » en format numérique

De notre confrère espagnol eldiario.es – Par Efe

La publication, disponible gratuitement depuis lundi, se concentre sur la diffusion de la doctrine du rite écossais ancien et internationalement accepté.

La Grande Loge des Îles Canaries a relancé la revue maçonnique historique ¡Luz! en format numérique et axé sa diffusion de la doctrine de l’ancien rite écossais acceptée au niveau international.

Le magazine, créé en 1931 par la Loge Añaza de Santa Cruz de Tenerife, sera publié à partir de ce lundi sur le site Internet de la Grande Loge des Îles Canaries en accès libre « dans une démarche d’affirmation de la vocation atlantique de nos îles en tant que « Un pont entre l’Europe, l’Amérique et l’Afrique », a expliqué Carlos Berástegui, Grand Maître de la Grande Loge des Îles Canaries.

Outre Carlos Berástegui, étaient présents à la présentation, qui a eu lieu au Parlement des îles Canaries, Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France ; et Pierre Marie, Président de la Confédération des Grandes Loges Unies du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Ce projet de la Grande Loge des Canaries a été rendu possible grâce à la collaboration de la Grande Loge de France et de la Confédération des Grandes Loges Unies, et d’autres obédiences maçonniques hispanophones pourront y être progressivement incorporées.

Le magazine ¡Lumière! Elle a une vocation universelle et publiera des articles de n’importe quelle partie du monde à condition qu’ils soient liés à des questions pertinentes ou actuelles entourant le Rite Écossais Ancien et Accepté, a déclaré le Grand Maître de la Grande Loge des Îles Canaries.

Il a également souligné que l’objectif « stratégique » du magazine est d’expliquer la vision sociale de la franc-maçonnerie aux francs-maçons hispanophones.

« Nous n’aimons pas les visions unilatérales de la Franc-Maçonnerie que certains tentent d’imposer », a déclaré le Grand Maître de la Grande Loge des Canaries, tandis que Thierry Zaveroni a rappelé les liens « privilégiés » entre les Francs-Maçons de France et des Canaries, un exemple de cela. ce magazine.

Pierre Marie, pour sa part, a souligné la collaboration entre les Grandes Loges des Canaries et de France, cette dernière étant la « plus importante » dans la mesure où elle respecte la doctrine du Rite Ecossais Ancien et Accepté. 

Le Cabinet de Réflexion : Un Voyage symbolique au cœur de la Franc-maçonnerie

Le Cabinet de Réflexion est une étape essentielle dans le parcours initiatique des futurs francs-maçons, un espace où se mêlent symboles, introspection et transformation. Cette pièce, souvent décrite comme le lieu de la première mort symbolique du profane, incarne à elle seule une multitude de significations ésotériques et philosophiques.

L’Entrée dans la Nuit Intérieure

Le Cabinet de Réflexion est généralement une petite pièce dépourvue de fenêtres, plongée dans l’obscurité ou éclairée seulement par une chandelle, symbolisant la quête de la lumière intérieure. L’aspirant, avant de pénétrer dans ce lieu, laisse derrière lui le monde extérieur, marquant le début d’un voyage symbolique vers la connaissance de soi et de l’univers.

La Symbolique des Éléments

Le Soleil Noir : Pendant son séjour dans le cabinet, le candidat est confronté à un soleil noir suspendu au plafond, représentant l’aveuglement, l’ignorance qui doit être transcendée pour atteindre la lumière de la vérité maçonnique.
Les Quatre Éléments : Représentés par des symboles ou des objets placés aux quatre coins de la pièce, ils incarnent les aspects fondamentaux de la nature et de l’être humain : la terre (un peu de terre ou un crâne pour la mortalité), l’eau (une coupe), l’air (une plume ou de l’encens), et le feu (la chandelle).
La Mort et la Renaissance : Le squelette, la faux ou des os croisés évoquent la mort symbolique de l’ancien soi, tandis que le miroir rappelle au postulant qu’il doit se regarder en face, se connaître pour renaître initié.

Les Couleurs et Leurs Significations

Le Blanc : Symbolise la pureté d’intention et la lumière à laquelle aspire le maçon.
Le Noir : Représente l’ignorance, le chaos, mais aussi le potentiel de transformation et de connaissance.
Le Rouge : Souvent associé au sang, à la vie, au sacrifice et à l’initiation.

Les Inscriptions Murales

Sur les murs, on trouve souvent des maximes ou des phrases en latin comme « V.I.T.R.I.O.L. » (Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem, visite l’intérieur de la terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée), qui incitent à une introspection profonde et à la recherche de la vérité intérieure.

Les Outils de Travail

Plume et Papier : Le candidat doit écrire son testament philosophique, une réflexion sur sa vie, ses motivations et ses aspirations, symbolisant la mort de l’homme ancien et la naissance du maçon.
Sablier : Représente le temps et la brièveté de la vie, invitant à la méditation sur l’éphémère.

Le Voyage de l’Initié

Le Cabinet de Réflexion n’est pas seulement un espace physique mais un moment de transition entre deux états de conscience. C’est ici que le profane se prépare à mourir symboliquement pour renaître en tant que compagnon de la fraternité maçonnique, engagé dans une quête de lumière, de vérité et de fraternité.

La Dualité et l’Alchimie

L'Alchimie, Paracelse et Hippolyte Baraduc...

L’Alchimie : Le Cabinet de Réflexion est souvent perçu comme un lieu où s’opère une transmutation alchimique de l’individu. La transformation du plomb (ignorance) en or (sagesse) est symbolisée par les étapes du parcours initiatique, où l’aspirant doit purifier ses intentions et son esprit.
Dualité : Le noir et le blanc, le jour et la nuit, la mort et la renaissance, tous ces éléments illustrent la dualité inhérente à la condition humaine et à l’expérience maçonnique. Cette dualité est un thème central dans beaucoup de philosophies et pratiques ésotériques, reflétant le chemin vers l’unité et l’harmonie.

Le Silence et la Solitude

Le Silence : Le silence imposé dans le Cabinet de Réflexion est un symbole puissant de l’écoute de soi-même, de la méditation profonde et de la communion avec le divin ou l’universel. C’est dans le silence que l’on peut entendre la voix intérieure, la voix de l’âme.
La Solitude : Être seul dans le Cabinet de Réflexion est une métaphore de la solitude nécessaire pour se retrouver, pour faire face à soi-même sans les distractions du monde extérieur. C’est une solitude qui prépare à la fraternité, à la compréhension de l’autre à travers l’introspection.

Les Instruments de Liberté

L’Équerre et le Compas : Bien qu’ils ne soient pas toujours présents dans le Cabinet de Réflexion, ces instruments géométriques symbolisent respectivement la rectitude morale et la spiritualité, la nécessité de travailler sur soi-même pour atteindre un équilibre parfait entre le matériel et le spirituel.

Variations Culturelles et Rituelles

Différences entre Obédiences : Il peut être intéressant de noter comment différentes obédiences maçonniques ou rites (comme le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Rite Français, etc.) peuvent interpréter ou représenter le Cabinet de Réflexion de manière distincte, ajoutant des symboles ou des pratiques spécifiques.
Influence Historique et Géographique : L’histoire et la culture locale peuvent influencer la manière dont le Cabinet de Réflexion est conçu ou pratiqué. Par exemple, en France, l’influence de la philosophie des Lumières peut donner une touche particulière à cette pratique.

Les Symboles de Transition

La Porte : La porte du Cabinet de Réflexion symbolise le passage entre deux mondes, le profane et le sacré, l’ignorance et la connaissance. Elle est souvent fermée pour signifier l’isolement nécessaire à l’introspection, mais est aussi le moyen par lequel l’initié sortira transformé.

Conclusion

L’Impact sur le Franc-Maçon : Vous pourriez élargir la conclusion en discutant de l’impact durable de cette expérience sur la vie maçonnique du nouvel initié. Comment ce moment marque le début non seulement de sa vie dans la fraternité mais aussi de son engagement personnel à une vie de réflexion, de travail sur soi et de fraternité.

Cette expérience dans le Cabinet de Réflexion est profondément personnelle et variée selon les rites et les obédiences, mais elle porte toujours la marque d’un passage initiatique où l’individu est confronté à ses propres limites, à ses craintes et à son potentiel. Ce voyage intérieur est le premier d’une longue série de réflexions qui définiront le chemin maçonnique de chacun, un chemin vers la sagesse, la vertu et la connaissance de soi.

Sources :

« Le Symbolisme Maçonnique » par Daniel Ligou, PUF.
« Les Symboles de la Franc-Maçonnerie » par Paul Naudon, Dervy.
« Rites et Symboles de la Franc-Maçonnerie » par Jean-Pierre Bayard, Payot.

« Dixieland Seniors » : Jazz de la Nouvelle-Orléans et Franc-maçonnerie

Les Dixieland Seniors, un groupe de musiciens amateurs mais passionnés, sont les gardiens du jazz authentique de La Nouvelle-Orléans. Ils jouent chaque troisième vendredi du mois au Petit Journal Saint-Michel à Paris depuis trois décennies, offrant ainsi un voyage temporel et musical à ceux qui les écoutent. Mais au-delà de la musique, il y a une connexion profonde avec les valeurs de la franc-maçonnerie que nous allons explorer.

Le Jazz de La Nouvelle-Orléans et Les Dixieland Seniors

Le style Dixieland, né dans les rues de La Nouvelle-Orléans, est caractérisé par son esprit joyeux, son improvisation collective et sa richesse mélodique. Les Dixieland Seniors incarnent cet héritage avec brio. Non professionnels mais très compétents, ils transmettent cette musique avec une passion qui transcende la simple performance. Leur approche ludique et rigoureuse à la fois crée une atmosphère de complicité et d’entente au sein du groupe, reflétant l’esprit de fraternité et de perfectionnement constant cher à la franc-maçonnerie.

Lien avec la Franc-Maçonnerie

Il est fascinant de noter que certains membres des Dixieland Seniors sont également francs-maçons. Cette double affiliation n’est pas fortuite. Les valeurs de devoir, de tolérance, de courage, de travail et de liberté de conscience que l’on retrouve dans la franc-maçonnerie résonnent profondément avec celles promues par le jazz de La Nouvelle-Orléans. L’improvisation, par exemple, symbolise la liberté d’expression, où chaque musicien peut exprimer ses émotions, créant un dialogue musical qui est en soi un acte de communication universelle et spirituelle.

Histoire et Influence Mutuelle

Historiquement, la franc-maçonnerie a été un soutien majeur pour les musiciens de jazz, notamment à une époque où les artistes noirs cherchaient des lieux pour se produire et exprimer leur art. Les loges maçonniques étaient souvent des endroits où se tenaient des bals et des concerts, fournissant ainsi une plateforme essentielle pour les musiciens. Des figures emblématiques comme Duke Ellington, Louis Armstrong, et Count Basie, tous membres de la franc-maçonnerie Prince Hall, ont vu leurs carrières et leurs engagements sociaux renforcés par ces liens.

Impact Social et Culturel

Le jazz n’a pas seulement été un moyen d’expression artistique mais aussi un puissant outil d’émancipation. La franc-maçonnerie, avec ses principes d’égalité et de fraternité, a servi de cadre pour la lutte contre les injustices raciales, préparant le terrain pour les mouvements des droits civiques. La musique des Dixieland Seniors, interprétée avec charisme et passion, continue cette tradition, promouvant l’espoir et l’unité au-delà des frontières raciales et culturelles.

Les Dixieland Seniors sont plus que des gardiens d’un style musical; ils sont des passeurs de valeurs, des connecteurs entre le sacré et le profane, et des promoteurs d’un monde meilleur à travers le jazz. Leur engagement dans la franc-maçonnerie n’est pas anodin mais une continuation de cette quête de perfectionnement personnel et collectif, de fraternité et d’amour de l’humanité. À travers leurs notes joyeuses et leurs improvisations, ils rappellent que la musique peut être un puissant vecteur de changement et d’harmonie.

Le groupe au complet

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