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L’énigme des Maîtres -5- Esthétisme ou message ?

(Lire le précédent épisode ici)

Eaton square

La résidence des Winston est  un hôtel particulier majestueux avec les élégantes colonnes corinthiennes de son portico, sa façade couleur crème symétriquement ordonnancée et son soubassement de colonnes à base carrée.

Un majordome en livrée leur ouvrit l’imposante porte en chêne.

En haut d’un bel escalier de bois foncé, Guido les attendait, tout en pianotant un message sur son portable. Il s’interrompit et s’avança vers eux.

– Comment s’est passée la journée ?

– Très riche comme tu t’en doutes, répondit Alexander sur le ton de la connivence. J’ai l’impression que tu as des choses à me dire Lhermitt. Dans quoi m’as-tu encore embarqué ?

– Tu as raison mon ami, je te dois quelques explications, mais d’abord je vous suggère une pause.

En fin connaisseur, Lord Archibald servit à ses invités une légère rasade de Glenlossie 2012 de Signatory Vintage dans des verres en baccarat sur leur socle de rafraîchissement.

– Dis-moi d’abord tes conclusions de ta visite au Trinity College demanda Guido en prenant soin de humer son whisky.

– C’était une sorte de test Lhermitt ? Oui j’ai remarqué que les mains des deux portraits de Newton du Trinity College présentaient cette étrange particularité : le majeur et l’annulaire collés. Très exactement comme les deux tableaux d’IA que j’ai vus hier dans la petite pièce dissimulée à la galerie Enhardir. J’ai maintenant bien compris que le hasard n’y est pas pour grand-chose.

Archibald jugea opportun d’intervenir en s’adressant à Guido

–  J’ai expliqué à Alexander où nous en étions sur nos recherches à propos des origines historiques réelles de M. Et surtout que nous sommes au point mort sur ce sujet.

Guido se frottait doucement les mains en réfléchissant au choix des mots.

–  C’était mon idée Alex, reconnu Guido. Quand les menaces se sont faites plus pressantes récemment, que malgré les moyens d’investigations considérables à notre disposition nous ne parvenions pas à identifier l’ennemi invisible, j’ai suggéré que l’on t’approche. Je connais la finesse de ton esprit, ton expertise dans la symbolique cachée, ta foi inaltérable dans la liberté de penser et c’est pour cela que j’ai estimé que tu pouvais contribuer utilement à notre quête.

Archibald ajouta.

–  Un certain nombre d’entre nous était fermement opposé à cette idée. Notre devise latine, « Caute », nous invite à la plus grande prudence, à la réserve, voire au silence. Mais quand la situation s’est empirée dernièrement, je suis intervenu personnellement pour soutenir Guido dans cette démarche.

–  Le mois dernier mes services ont intercepté un mail crypté.

Il était adressé à Enhardir et le seul morceau de texte que nous avons compris était « la pomme de St Martin va tomber ». Cette pomme fait sans doute référence à celle mythique qui ouvra l’esprit de Newton, et la « National Portrait Gallery » est sur la place St Martin.

–  Mais personne ne m’a « envoyé » à la galerie, objecta Alexander, c’est ma mère qui m’a gentiment donné son invitation.

–  Tu te doutes bien mon ami que nous avions plusieurs moyens pour te guider chez Enhardir. Aucun d’entre nous ne pouvait prendre le risque d’apparaître en personne sur leurs caméras de surveillance. Nous avons fait parvenir à ta mère l’invitation. J’ai fait le pari qu’elle te la transmettrait et, connaissant ta sagacité et de ton naturel curieux, que tu te hisserais sans le savoir à la hauteur de l’enjeu. Les deux études dont tu m’as parlées dans le train ont confirmé mon intuition : c’est bien le signe sur le tableau de Newton qui les motive à vouloir le voler, ou plus vraisemblablement à le détruire.

–  Excuse-moi Guido, mais cela n’a pas beaucoup de sens. En quoi détruire ce tableau de Newton pourrait servir à ceux que tu considères comme des vandales ?

–  C’est une bonne question. En s’attaquant à des œuvres d’art célèbres et respectées, cette organisation montre sa détermination et sa capacité à frapper les symboles culturels et intellectuels. Par ces vols d’œuvres prestigieuses, ils auraient l’occasion de montrer au monde leur puissance, par leur destruction ce serait un procès et la définitive condamnation des personnages représentés ou de leurs auteurs. Nous ne savons pas qui ils sont, combien ils sont, le but de leur mission est une hypothèse. Ce qui est clair c’est qu’ils ont des moyens considérables et une détermination à toute épreuve. Comme il s’agit manifestement de fanatiques, nous avons choisi de les appeler le Groupe Savonarole.

–  En référence au Bûcher des vanités ?

Sir Winston reposa son verre vide et reprit la parole

–  Oui en quelque sorte. Comme je vous l’ai dit, nous n’avons que des incertitudes quant à l’origine réelle de M. La trace s’est malheureusement perdue dans les limbes du temps. Comme il s’agit d’une sodalité socratique, nous avons adopté une origine mythologique qui date de la traduction des œuvres complètes de Platon en Latin par Marsile Ficin, le philosophe et hermétiste florentin de la fin du XVe siècle que vous avez souvent évoqué dans vos conférences.

Après tout, c’est principalement grâce à lui que nous avons compris que le Livre de la Sagesse de Salomon ait grandement inspiré des écrits de Platon, le fidèle disciple de Socrate. C’est en 1494 que le fanatique Jérôme Savonarole fit régner une théocratie brutale sur Florence. En 1497 il organisa ce bûcher des vanités où de nombreuses œuvres littéraires et artistiques ont flambé. Le puissant souffle du dogmatisme a alors éteint les lumières de la raison qui éclairaient la nouvelle académie hermétique et néo-platonicienne de Ficin. Comme l’Histoire ne cesse d’en témoigner, les tenants du dogme s’érigent systématiquement en ennemi de la raison.

–  Je me sens à la fois contrarié d’avoir été manipulé, et reconnaissant pour la confiance que vous m’accordez. Au risque de paraître prétentieux, je crois en effet pouvoir contribuer utilement à vos réflexions. Les tableaux de Newton, ceux de Cambridge et de la Royal society, montrent le signe. Il n’est pas impossible que les photos que j’ai aperçues dans le dossier d’Hircine Enhardir correspondent à une liste de cibles. Aujourd’hui j’ai vu deux fois le nom de l’architecte de la Cathédrale Saint-Paul, Sir Christopher Wren. Son peintre était James Thornhill mais celui qui a fait son portrait est Godfrey Kneller. Il nous faut retourner demain à la National Portrait Gallery.

Malgré le confort indéniable des lieux, Alexander eut une nuit des plus pénibles. Il fut réveillé plusieurs fois à cause de cauchemars successifs, ce qui était très inhabituel. Il avait le sentiment d’avoir voyagé dans les tableaux conceptuels perturbants qu’il avait vu à Paris, accompagné d’un sentiment de désarroi, de mélancolie et de culpabilité comme s’il s’était plongé dans l’esprit de Botticelli portant lui-même ses œuvres au bûcher. Il se réveilla avec encore comme un goût de cendre dans la bouche. Ses affres furent vite dissipées par l’énergie matinale de Lhermitt.

National Portrait Gallery, salle 9, 3ème étage

Archibald n’étant pas disponible ce matin. Guido et Alexander hélèrent un black cab et traversèrent le brouillard matinal jusqu’au Musée. Ils arrivèrent tôt, deux heures avant l’ouverture au public.

Prévenu de leur arrivée, le conservateur les accueillit cordialement et les escorta jusqu’au troisième étage. Alexander goûtait avec une délectation discrète l’opportunité d’être dans ce musée splendide sans la foule habituelle.

Les grands espaces et la lumière douce favorisaient une relation intimiste avec tous ces grands personnages.

Comme l’indique le panneau à l’entrée, la salle 9 est dédiée aux personnages des Arts, des Sciences et de la société de 1660 à 1760. Entrant le premier, le conservateur s’arrêta devant le portrait de Wren et, prenant une voix de guide, commença une présentation qu’il avait dû répéter des dizaines de fois.

–  En 1711, l’année où ce portrait fut réalisé par Godfrey Kneller, l’architecte Sir Christopher Wren avait soixante-dix-neuf ans et avait enfin achevé son chef-d’œuvre, la toute première cathédrale anglicane : Saint-Paul. La haute stature du personnage, la main gauche sur la hanche et les luxueux vêtements contribuent à souligner le statut élevé de Wren qui fut l’architecte de six monarques successifs, et qui fut fait chevalier dès 1673. Vous voyez sous sa main droite le plan de l’extrémité ouest de St Paul avec le compas en main. L’outil de géométrie souligne bien sûr la profession du plus grand architecte du pays, et il illustre aussi son éthique de façon subtile. En effet, l’ancienne expression « vivre dans le compas » signifiait la retenue et la capacité de l’homme à maîtriser ses désirs afin de pouvoir vivre une vie équilibrée. Le compas permet de tracer une ligne de démarcation métaphorique autour des désirs afin d’éviter les excès, et ainsi maintenir la tempérance, fondement de sa moralité et de la sagesse.

Il marque un temps pour laisser flotter cette idée, puis précisa :

–  Ce portrait suit le style du peintre allemand Godfried Kneller, qui fut le portraitiste le plus influent en Angleterre à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Il réalisa le portrait des plus grands personnages de son époque, comme Newton, Louis XIV ou Pierre le Grand, dans une manière élégante et réaliste.

Et de rajouter après quelques instants

–  Messieurs, si vous voulez bien m’excuser, je dois maintenant aller coordonner l’ouverture avec nos services de sécurité. Prenez le temps qu’il vous faudra.

Et il prit le chemin de l’escalier principal.

–  Tu vois Lhermitt, dit Alexander avec un certain empressement, nous retrouvons cette main énigmatique et le même signe. Si ton « Groupe Savonarole » s’intéresse au portrait de Newton, il y a fort à penser qu’il n’est pas le seul sur la liste. Le point commun de tous ces personnages me semble évident !

–  Je t’écoute Colombo ! s’exclama Guido avec une ironie non dissimulée.

–  Christopher Wren, Isaac Newton, Godfried Kneller et James Thornhill sont tous membres de la Royal Society. Il suffit de faire la liste des portraits des Fellows depuis l’origine et les mettre à l’abri.

–  Tu vas bien vite Alex et tu prends des raccourcis. C’est le genre de démarche particulièrement coûteuse qui nécessite des certitudes plutôt qu’une vague intuition. Bien sûr que la piste de la Royal Society est à explorer, mais elle n’est sans doute pas la seule. Par exemple, nous avons plusieurs portraits peints par Kneller où deux personnages exécutent le même signe, il faut donc d’abord vérifier s’il ne s’agit pas simplement d’une démarche esthétique récurrente. Nous avons trois portraits de Newton, réalisés par des peintres différents où il exécute le même signe. Il est envisageable que ce soit une attitude habituelle de Newton, peut-être une touche de coquetterie de la part du génie ? Il existe une bonne dizaine de portraits de Newton, il faudrait les vérifier tous.

Et puis, ajoute Guido, comme James Thornhill et Godfried Kneller ont fondé ensemble la London Academy of drawing and painting, nous ne pouvons pas exclure qu’ils aient adopté les mêmes codes artistiques. Pour finir il faut peut-être envisager qu’il existe d’autres points communs qui nous échappent encore. Par exemple le fils de Christopher Wren et James Thornhill étaient tous deux des francs-maçons de la première heure. C’est une société qui a un certain talent pour s’attirer des inimitiés.

–  Maintenant que tu le dis, il est aussi envisageable que les découvertes des études théologiques de Newton ne soient pas du goût de ton groupe de fanatiques.

–  Effectivement compléta Guido, le mathématicien s’intéressait de près à la religion égyptienne, à la kabbale et à l’alchimie. Sa théophysique, assez proche de celle de Spinoza au fond, n’est pas très compatible avec le dogme chrétien de l’époque.

Alors qu’ils se dirigeaient vers la sortie, l’immensité des volumes architecturaux déserts, accentuée par l’écho de leurs pas se perdant dans l’épais silence, faisait écho à la vacuité de leurs investigations. Alexander chercha à combler le vide.

–  Nous sommes comme des rameurs sur la Tamise : nous regardons dans une direction et nous avançons dans le sens opposé !

– Si c’est la bonne solution pour parvenir à une arrivée, retournons chez notre cher ami Archibald et reprenons pour commencer ton idée d’une liste des portraits des Fellows que nous allons recenser et préciser.

Mais n’oublions pas que dans ta liste il y a aussi des tableaux de Bronzino, de Botticelli et de Dürer dont tu m’as parlé !

Eaton square

Les murs de la bibliothèque sont revêtus de riches boiseries sombres. Des étagères du sol au plafond sont remplies de vieux volumes reliés, certains usés par le temps, d’autres étincelants d’or et de cuir fin. Les livres forment une collection éclectique, reflétant une longue histoire familiale de collectionneurs de savoir.

Au centre de la salle, trône une majestueuse table en bois massif, polie jusqu’à briller à la lumière des lustres suspendus au plafond.

Les fenêtres hautes, drapées de chaque côté de riches rideaux en velours maintenus par des embrasses ton sur ton, laissent filtrer la lumière naturelle tout en offrant une vue sur les jardins soigneusement entretenus.

Des échelles coulissantes sont positionnées le long des étagères, permettant aux chercheurs passionnés d’atteindre les tomes placés sur les étagères les plus élevées.

L’atmosphère de la salle est imprégnée du parfum de cuir, d’amande et de vanille, de celui légèrement floral des vieux livres, de bois noble et d’encaustique.

L’équipement bureautique des plus complets mis à leur disposition par Archibald est une touche anachronique surprenante dans ce tableau aristocratique du XVIIIe siècle.

– Alex, c’est le moment de faire appel à ta mémoire exceptionnelle, nous allons tâcher de retrouver l’ensemble des portraits sur internet, les imprimer pour avoir une vision globale et nous les classerons.

Empli de l’énergie du limier, Alexander commenta

–  Peut-être pourrait-on réduire le nombre de pistes ?

Ils cherchèrent et trouvèrent une à une les reproductions numériques des tableaux mémorisés qui furent envoyées sur l’imprimante. Alexander souriait intérieurement en revisitant certaines parties de son corps où sa mémoire les avait rangés.

Le soudain silence de l’imprimante indiqua qu’elle avait accompli son œuvre. Les photos furent étalées sur l’immense table.

Ils s’installèrent côte-à-côte et commencèrent à remplir des ensembles pour les regrouper sur un schéma contenant leurs propositions, « en sortant du même, de soi, pour aller vers l’autre ».

Avec chaque nouveau tableau retrouvé, le brouillard s’estompait et l’évidence apparaissait de plus en plus nettement avec les compléments d’informations que leur expertise put apporter sur le récapitulatif qu’ils en firent.

Fort avant dans la nuit

– Guido !

Le prénom lui échappa tant l’émotion lui brouilla ce qui au fond était une convention personnelle et un peu snob d’appeler son ami par son nom de famille.

Alexander marque une pause avant de poursuivre avec un petit air victorieux.

–  Regarde ! Tout devient cohérent. Fin XVIIe siècle il y a un ensemble de portraits tous en  lien avec Guillaume d’Orange : Rupert du Rhin, John Evelyn, Andrew Marvel, Johan de Witt qui précède Guillaume d’Orange à la « présidence » des Pays-Bas fait le signe. Christiaan Huygens, Marie d’Orange, Christopher Wren, l’architecte du Roi d’Angleterre, fondateur de la Royal Society font le signe ; tout comme le fils du Roi Charles II, Charles Beauclerk, Duke of St. Albans, son mécène ;  Gaspar Fagel précepteur de Guillaume d’Orange aux Pays-Bas le fait aussi. William Douglas-Hamilton, William Cavendish ; Isaac Newton, président de la Royal Society ; Guillaume d’Orange lui-même, George Churchill, William III of Orange. Ils ont participé de près ou de loin à l’installation de Guillaume sur le trône d’Angleterre et par la suite à l’instauration ou à la défense de la monarchie parlementaire.

Alexander reprit son souffle avant de poursuivre pas peu fier de ses remarques.

– Et puis, empiétant cet ensemble, il a aussi celui rapprochant des francs-maçons pour qui la «recherche de lumière» de cette époque fait référence à une quête de connaissance de la vérité, plutôt scientifique et non de salut. Vers la fin du XVIIe s., la théologie de la croix et la dévotion christologique cédaient devant la mise en exergue d’une religion du devoir dans laquelle la pratique de la vertu, et non la vision en Dieu, devient la fin de l’homme, tendue entre le réformisme prudent et un horizon utopique. Mais surtout, les Lumières prônent la tolérance d’un « positivisme méthodologique, en vertu duquel est reconnue l’autonomie du discours scientifique, sans que cette attitude en matière d’épistémologie implique le renoncement à tout arrière-plan métaphysique et théologique ».

Ces personnages sont anglicans, presbytériens ou luthériens.

– Bien vu Alex. Cela permet de mettre en évidence une différence avec ceux de la Renaissance et qui, eux, sont essentiellement catholiques.

– Donc, suivant les époques, la société M se serait fondue dans l’ère du temps mais quel but aurait-elle pu avoir?

– L’objectif de M aurait pu de mettre l’esprit humain et l’intellect au-dessus des religions. Constatant que le dogme religieux creuse le fossé entre orthodoxes et hérétiques et conduit aux atrocités, aux autodafés. M aurait pu avoir l’ambition de créer une authentique « ecclésia », l’union des hommes de bien.

Mais, on ne donnera pas de réponse si vite, tu le sais bien Alex. Notre recherche n’est pas finie. Et maintenant il est l’heure du repos.

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Le Freemasons Hall de Londres forme une organisation promotionnelle pour commercialiser son lieu unique

De notre confrère freemasonsfordummies.blogspot.compar Christopher Hodapp

Si vous avez regardé des émissions de télévision britanniques au cours des 40 dernières années qui se déroulent des années 1930 à nos jours, je vous garantis que vous avez vu des scènes tournées dans et autour du siège londonien de la Grande Loge Unie d’Angleterre, Freemasons Hall, au 60 Great Queen Street, juste en haut de la rue de Covent Garden.

Ce magnifique chef-d’œuvre art déco a été achevé en 1933 et possède un nombre apparemment infini de pièces intérieures pour la grande loge, les loges maçonniques individuelles, les réunions privées et d’autres lieux de rassemblement comme leur musée et le magasin de fournitures maçonniques de Lechworth. Chaque pièce a son propre style distinct, et il a été utilisé dans des centaines d’épisodes télévisés et de longs métrages, sans parler des mariages, de la mode, des expositions industrielles et d’art, des concerts et de toutes sortes d’autres événements spécialisés.

Les administrateurs de l’immeuble se sont maintenant associés à une société de promotion locale et ont formé une organisation spéciale spécifiquement pour commercialiser les caractéristiques uniques du bâtiment pour davantage de ce type d’utilisations. Sur le site Web de Travel and Tour World :

L’historique Freemasons’ Hall de Londres a dévoilé le 60 Great Queen Street comme nouvelle identité dynamique pour ses offres d’événements commerciaux. Cette transformation coïncide avec l’élargissement du rôle de Smart Group, la société mère de Moving Venue. Après avoir obtenu les droits exclusifs de restauration en juillet 2024, Smart Group assume désormais l’entière responsabilité des ventes et du marketing de l’événement dans ce prestigieux monument de Covent Garden.

Avec le lancement du 60 Great Queen Street, Smart Group présente une gamme de nouveaux espaces disponibles dans le bâtiment classé* Grade II, offrant une opportunité exclusive pour des événements d’entreprise et privés dans un cadre emblématique.

Conçu pour accueillir un large éventail de rassemblements, des conférences d’entreprise et des lancements de produits aux mariages haut de gamme et aux vitrines de mode, le 60 Great Queen Street allie grandeur architecturale et design événementiel de pointe. En collaboration avec des fournisseurs de premier plan de l’industrie, le lieu offre des expériences immersives sur mesure adaptées aux besoins des réunions, des mariages et des célébrations privées.

Greg Lawson, PDG de Smart Group, a déclaré : « Après avoir organisé des fêtes de Noël au Freemasons’ Hall depuis 2017 et détenu le contrat de restauration exclusif depuis juillet 2024, nous sommes ravis d’entamer la dernière phase de notre partenariat avec la Grande Loge Unie d’Angleterre. Il s’agit d’une période passionnante de croissance commerciale pour nous, car nous travaillons avec Freemasons’ Hall pour améliorer la position sur le marché du 60 Great Queen Street grâce à notre expérience de la direction des activités de vente et de marketing à travers nos différentes marques…

Certes, le Freemasons Hall de Londres est l’un des 10 plus grands bâtiments maçonniques au monde, et ils ont beaucoup à promouvoir. Mais presque toutes les grandes loges aux États-Unis ont un ou plusieurs bâtiments incroyables avec des espaces uniques qui devraient être promus au grand public pour des événements. Nous avons des chambres de loge, des théâtres, des réfectoires, des bibliothèques et d’autres espaces que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Nos ancêtres qui ont construit ces temples incroyables étaient fiers d’eux et voulaient qu’ils fassent partie de nos communautés dès le début. Pour la plupart, les maçons ne sont pas très doués pour la gestion des bâtiments ou la promotion de nos temples en tant que lieux. Les partenariats avec une société de promotion locale peuvent être une stratégie gagnante pour nous.

La Franc-maçonnerie : Anatomie d’un bouc émissaire contemporain

De notre confrère expartibus.it – Par Hermes

Dans le panorama complexe de la critique sociale contemporaine, la franc-maçonnerie continue de représenter un cas emblématique de la manière dont d’anciens mécanismes psychosociaux persistent dans la société moderne.

L’institution maçonnique, particulièrement en Italie où elle est divisée en de multiples Obédiences et Communions, chacune avec son propre bagage historique spécifique de lumières et d’ombres, est au centre d’un phénomène de diabolisation qui mérite une analyse approfondie.

Une perspective anthropologique

Le processus de diabolisation de la franc-maçonnerie représente un cas paradigmatique de la théorie du « mécanisme victimaire » développée par l’anthropologue René Girard. Selon cette perspective, les sociétés humaines tendent à gérer leurs tensions internes par la désignation d’un « ennemi commun ».

Ce processus émerge du « désir mimétique » – un mécanisme par lequel les conflits sociaux naissent de l’imitation mutuelle des désirs et des peurs collectives. La franc-maçonnerie, avec son caractère initiatique et sa réserve traditionnelle, devient le réceptacle idéal pour projeter des angoisses sociales plus profondes.

La critique sélective comme symptôme social

Il est particulièrement significatif d’observer comment les détracteurs de l’institution maçonnique manifestent une sélectivité symptomatique dans leurs critiques. Alors qu’ils dirigent leur véhémence contre la franc-maçonnerie, ils restent souvent silencieux face aux problèmes éthiques les plus urgents de notre époque : le capitalisme prédateur, l’exploitation systémique du travail humain, l’érosion progressive des liens sociaux, les conflits mondiaux, les inégalités économiques croissantes et la crise environnementale.

Cette sélectivité trahit la nature projective de la critique, révélant davantage les peurs collectives que l’objet de la critique lui-même.

Symbolisme et malentendus : le cas de la lettre G

Un exemple révélateur de cette dynamique se manifeste dans la confusion fréquente entre le gnosticisme historique et le sens plus large de la Gnose, symbolisé dans la tradition maçonnique par la lettre G.

Ce symbole polyvalent, qui peut représenter à la fois la Gnose, la connaissance spirituelle, la Géométrie, l’ordre cosmique, Dieu/Grand Architecte, principe créateur, et la Génération, la transformation, est souvent réduit à une caricature qui sert à renforcer des récits préétablis.

La dimension psychologique des préjugés

La rhétorique qui associe la franc-maçonnerie au satanisme révèle de profonds mécanismes psychologiques. Le terme « diable », dérivé du grec « διαβάλλω » (diabállō, « séparer/diviser »), éclaire paradoxalement la nature même du préjugé : c’est dans l’acte d’accuser et de diviser que se manifeste le véritable principe diabolique.

De ce point de vue, le véritable « satanisme » ne consiste pas en des rituels obscurs, mais en la fragmentation de l’humanité, en l’opposition dualiste qui alimente une atomisation existentielle.

C’est comme si l’humanité buvait symboliquement l’eau du fleuve Léthé, oubliant son origine commune : une matrice sacrée qui embrasse à la fois la dimension spirituelle et la dimension quantique de l’intelligence universelle.

Photo : Wikipédia | Albert Pike, général confédéré pendant la guerre civile américaine, est le personnage central de l’histoire.

La référence critique fréquente au « luciférien » Albert Pike, bien qu’historiquement pertinente, révèle combien de critiques sont ancrées dans une vision archaïque et non représentative de la franc-maçonnerie contemporaine.

Cette fixation sur des personnages historiques spécifiques démontre comment le mécanisme du bouc émissaire nécessite des symboles tangibles sur lesquels construire son récit accusateur.
Les vrais défis ignorés

La fixation sur la franc-maçonnerie comme bouc émissaire sert involontairement à détourner l’attention de défis évolutionnistes et sociaux plus immédiats et plus concrets : le narcissisme social dominant, la marchandisation des relations humaines, la violence structurelle dans ses diverses manifestations, les crises éthiques des institutions financières et les scandales impliquant les institutions religieuses elles-mêmes.

Ce mécanisme de diversion, analysé à travers le prisme de la théorie de la « panique morale » de Stanley Cohen, révèle comment les sociétés modernes continuent de recourir à des mécanismes archaïques pour gérer l’anxiété collective.

Vers une compréhension plus profonde

Le défi intellectuel de notre époque ne consiste pas à perpétuer d’anciens préjugés, mais à développer des outils d’analyse plus sophistiqués pour comprendre les véritables dynamiques sociales.

Le cas de la franc-maçonnerie offre une occasion précieuse d’examiner comment les mécanismes archaïques de bouc émissaire continuent de fonctionner dans les sociétés contemporaines, masquant souvent les véritables causes de la détresse sociale.

À une époque caractérisée par des défis existentiels sans précédent, surmonter ces mécanismes primitifs de gestion de l’anxiété sociale devient non seulement un impératif moral, mais une nécessité pratique pour répondre efficacement aux menaces réelles à la cohésion sociale et à la survie même de l’espèce humaine.

GLFF : entretien avec Marie-Thérèse Besson

De notre confrère lasemaineduroussillon.com – Par Alain Bonneriez

Ce samedi 8 février à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), Marie-Thérèse Besson, ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France donnera une conférence intitulée : « être Franc-maçonne aujourd’hui dans une obédience féminine. »

« Que nos valeurs soient plus répandues dans la société ! »

La Semaine du Roussillon : Pourquoi organiser une conférence sur la place des femmes dans la franc-maçonnerie en France ?


Marie-Thérèse Besson : Le but est de parler de la franc-maçonnerie spécifiquement féminine, car beaucoup de gens ne pensent pas qu’elle existe. C’est important de montrer qui on est, de faire parler les femmes. C’est pour cela que la Grande Loge Féminine de France organise des conférences pour se faire connaître et éventuellement, intéresser des personnes qui aimeraient découvrir notre démarche. On aimerait que nos valeurs soient un peu plus répandues dans la société. Surtout dans l’état actuel des choses…

Quel est le ratio hommes-femmes dans notre pays ?


C’est difficile d’être précis, mais je dirais, deux tiers d’hommes et un tiers de femmes. Tout simplement parce qu’historiquement, la maçonnerie a été ouverte aux femmes bien plus tard. Dans notre obédience, par exemple, nous sommes 13 000 sœurs. Il y a bien sûr des obédiences mixtes, comme le Droit Humain, où il y a manifestement plus de femmes que d’hommes, comme dans d’autres petites obédiences, et il y a bien sûr, le Grand Orient, à majorité masculine.

Quel est le but premier de votre ordre ?


On est avant tout un ordre initiatique. Et ça, c’est fondamental. Entrer en franc-maçonnerie est avant tout une démarche personnelle. L’intérêt est de s’améliorer soi-même. Être aussi porteur des valeurs que l’on défend : Liberté, Égalité, Fraternité, sans oublier la solidarité et le respect de l’autre. Je dis souvent qu’on n’est pas une ONG, pas un club politique, pas une église. Le travail initiatique repose sur un travail sur soi, sur l’autre, sur les relations. En tant que femmes, on veut s’approprier une parole dénuée de toute influence sociétale.

Marie Thérèse Besson

« Historiquement, la Franc-Maçonnerie a été ouverte aux femmes bien plus tard.«

Y a-t-il un âge idéal pour frapper à la porte d’un temple maçonnique ?


Je ne le crois pas. J’ai souvent entendu dire qu’il fallait avoir fait sa vie ou avoir cinquante ans. Je réponds, non ! Il est quand même vrai que les femmes qui travaillent et qui ont une famille sont moins nombreuses. De ce fait, la moyenne d’âge, toutes obédiences confondues, est au-delà de la cinquantaine et c’est dommage. La plus jeune de ma loge a 21 ans. Ces jeunes femmes trouvent en maçonnerie des idées, des manières d’être et elles y font des rencontres. On peut parler d’une quête de sens.

On entend souvent dire que la franc-maçonnerie est une société secrète. Est-ce la vérité ?


On préfère parler d’une société discrète. Ce n’est pas secret puisque toutes les obédiences organisent des conférences publiques, ce qui n’était pas le cas avant. Ce dont on ne parle pas, en revanche, c’est de la partie initiatique, car elle relève de l’intime. Parce que l’initiation se vit, elle ne se raconte pas. Il existe des tas de bouquins sur la franc-maçonnerie, mais tant qu’on ne l’a pas vécue, on ne sait pas ce que c’est.

Lors des tenues, la majorité des hommes sont habillés en costard-cravate. Qu’en est-il chez les femmes ?


En ce qui nous concerne, nous portons toutes une robe noire avec une forme particulière. Pour la simple et bonne raison que ça crée une égalité. Que l’on soit riche ou pauvre, ça ne compte pas. Car nous sommes avant tout des sœurs en humanité qui recherchent finalement la même chose : devenir meilleures. Sur un plan intellectuel comme spirituel. Voilà pourquoi nous sommes toutes très attachées à notre robe noire.

Quels sont vos arguments pour séduire de nouveaux adeptes ?


C’est peut-être utopique, mais on se bat pour que cette société soit plus juste, plus égalitaire. Qu’elle retrouve du sens. On veut défendre la laïcité, le droit des femmes, de toutes les femmes. Si on veut que nos idées et nos valeurs se répandent, il est important qu’un maximum de femmes entrent en maçonnerie et portent ces valeurs. Donc, on a tout intérêt à être le plus nombreux possible pour porter tout ça.

La maçonnerie serait donc avant tout vertueuse ?


Mais bien sûr ! C’est bien de parler de valeurs intellectuelles ou autres, mais encore faut-il les mettre en œuvre. Pour moi, un maçon ou une maçonne doit être une personne exemplaire dans la vie de tous les jours. On a d’ailleurs énormément de sœurs qui sont investies dans la vie associative. Ça prouve quand même pas mal de choses…

Dates clés


17 septembre 1945
Création d’une obédience féminine indépendante : l’Union maçonnique féminine de France
1948
Création de la première Loge en région par des femmes : Athéna à Toulouse.
22 septembre 1952
L’Union maçonnique féminine de France devient la Grande Loge féminine de France

Le Matin des Magiciens : un ouvrage au carrefour de l’occultisme et de la Franc-maçonnerie

Dans le monde des textes ésotériques et des études occultes, peu d’ouvrages ont capté l’imaginaire collectif comme « Le Matin des Magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier. Publié en 1960, ce livre est devenu une pierre angulaire pour ceux qui cherchent à explorer les limites de la connaissance conventionnelle. Mais quel est le lien entre cet ouvrage et la franc-maçonnerie, une société secrète souvent associée à des mystères et rituels similaires ? Cet article explorera les connexions sous-jacentes et les influences mutuelles entre « Le Matin des Magiciens » et les traditions maçonniques.

Origine et Contexte

« Le Matin des Magiciens » est avant tout une introduction au « réalisme fantastique », une manière de voir le monde qui mélange la science, l’histoire, et l’occultisme pour proposer des hypothèses sur des phénomènes inexpliqués. Les auteurs, Louis Pauwels et Jacques Bergier, ont un passé riche en exploration des mystères de l’univers. Bergier, avec son bagage scientifique, et Pauwels, avec ses intérêts journalistiques et philosophiques, forment une paire unique pour ce projet.

La franc-maçonnerie, quant à elle, est une société initiatique dont les racines s’étendent au-delà du XVIIe siècle, connue pour ses rituels, symboles, et sa quête de lumière et de connaissance. Leur influence, bien que souvent discrète, se retrouve dans de nombreux aspects de la culture occidentale, y compris la littérature et les mouvements intellectuels.

Liens Conceptuels

  1. L’Exploration des Connaissances Cachées :
    • « Le Matin des Magiciens » explore des savoirs oubliés ou cachés, similaires aux recherches ésotériques qui imprègnent certaines loges maçonniques. Les deux se consacrent à la quête de la vérité derrière les apparences, un thème central dans la franc-maçonnerie où l’initiation symbolise le passage de l’obscurité à la lumière.
  2. Symbolisme et Alchimie :
    • L’ouvrage de Pauwels et Bergier discute de l’alchimie, une science occulte qui a été intégrée dans les rituels maçonniques. Les symboles alchimiques, comme la pierre philosophale, trouvent des échos dans les symboles maçonniques, tels que le compasse et l’équerre, représentant la transformation et la recherche de la perfection.
  3. Mystères et Sociétés Secrètes :
    • Le livre évoque des sociétés secrètes et leur impact sur l’histoire, souvent en lien avec l’occultisme nazi ou d’autres mouvements. La franc-maçonnerie, bien que publique dans son existence, garde ses rituels et enseignements secrets, ce qui alimente les spéculations et les théories similaires à celles décrites dans le livre.

Influence Culturelle et Intellectuelle

  • Le Réalisme Fantastique : Ce concept introduit par Pauwels et Bergier a influencé la perception des phénomènes paranormaux et des sciences occultes, un terrain de prédilection pour certains francs-maçons qui explorent les dimensions spirituelles et métaphysiques de la vie.
  • Réception et Critique : Le livre a été critiqué pour sa méthode et certaines de ses conclusions, mais aussi loué pour son audace à ouvrir des discussions sur des sujets tabous. De même, la franc-maçonnerie a souvent été au centre de critiques et de suspicions, mais aussi d’admiration pour ses idéaux de fraternité et de progrès humain.

Controverses et Mésinterprétations

Il est important de noter que « Le Matin des Magiciens » a été accusé d’avoir popularisé des mythes et des interprétations erronées sur la franc-maçonnerie, surtout en relation avec des figures historiques et des mouvements politiques. La fascination pour les sociétés secrètes peut mener à des simplifications ou des exagérations des véritables pratiques et croyances maçonniques.

La Franc-Maçonnerie à la Lumière du « Matin des Magiciens »

La franc-maçonnerie, comme un fil invisible tissé à travers l’histoire, trouve dans « Le Matin des Magiciens » un écho singulier de ses propres idéaux et mystères. Bien que l’ouvrage ne traite pas directement de la maçonnerie, il en évoque l’esprit à travers la fascination pour le caché, le symbolique, et le transcendantal.

Les Symboles Partagés

  • Le Symbolisme Alchimique : La franc-maçonnerie a intégré des éléments de l’alchimie dans ses rituels et symboles. La transformation de la matière brute en or, par analogie, représente la transformation personnelle du maçon. L’ouvrage de Pauwels et Bergier décrit cette quête de la transmutation comme une métaphore de la connaissance et de l’élévation spirituelle, une idée centrale dans la philosophie maçonnique.
  • L’Architecture de l’Âme : Les maçons utilisent l’architecture comme une métaphore pour la construction du caractère moral et spirituel. « Le Matin des Magiciens » explore des civilisations anciennes et leurs architectures mystérieuses, suggérant des connaissances perdues ou cachées, un concept qui résonne avec la maçonnerie où chaque pierre placée dans l’édifice représente une vertu ou un savoir acquis.

La Tradition Initiatique

  • Rituels et Initiation : La franc-maçonnerie est profondément initiatique, où chaque degré représente une étape vers une plus grande compréhension de soi et du monde. Le livre de Pauwels et Bergier, bien que moins structuré, explore des initiations symboliques à travers l’histoire, comme le passage des anciens mystères égyptiens et grecs, reflétant cette idée que la connaissance est un voyage, un mystère à déplier.
  • Le Secret et la Lumière : La maçonnerie est souvent associée à la recherche de la lumière, symbolisée par le passage de l’obscurité à la clarté, de l’ignorance à la sagesse. « Le Matin des Magiciens » propose une vision où la science et l’occultisme peuvent éclairer des zones d’ombre de l’histoire humaine, une quête similaire à celle du maçon qui cherche à illuminer son esprit et son être.

Impact sur la Culture Populaire

  • La Mystique Maçonnique : Grâce à des ouvrages comme « Le Matin des Magiciens », la franc-maçonnerie est souvent perçue comme une société secrète avec des connaissances cachées. Ce mystère a influencé la culture populaire, des romans aux films, où la maçonnerie est souvent dépeinte comme détentrice de vérités secrètes, une image qui, bien que romancée, trouve ses racines dans l’aura d’ésotérisme de tels livres.
  • Critiques et Controverses : Cependant, cette popularisation a aussi conduit à des malentendus et des accusations contre la franc-maçonnerie, souvent dépeinte comme une organisation manipulant les coulisses du pouvoir. « Le Matin des Magiciens » a alimenté ces spéculations en mélangeant histoire, science et occultisme, parfois sans distinction claire entre fait et hypothèse.

Réflexion sur la Connaissance et le Pouvoir

  • Le Pouvoir de la Connaissance : La franc-maçonnerie prône l’égalité par l’éducation et la connaissance. « Le Matin des Magiciens » propose que derrière les grands événements historiques, il y aurait des connaissances secrètes ou des sociétés initiatiques qui influencent le cours du monde. Cette notion de pouvoir à travers la connaissance est un thème central dans les deux domaines.
  • La Responsabilité : Avec la connaissance vient une grande responsabilité, un principe clé dans la franc-maçonnerie. Le livre de Pauwels et Bergier, en explorant les dangers de l’occultisme et des sciences secrètes, soulève également des questions sur l’usage éthique de la connaissance, un débat éternel dans les loges maçonniques.

En guise de conclusion

Patte avant-droite du Grand sphynx en 1911, lieu d’un savoir Atlante selon Edgar Cayce, clairvoyant évoqué dans le MdM. (Source : Wikipedia)

« Le Matin des Magiciens » et la franc-maçonnerie partagent une fascination pour ce qui est au-delà de l’apparent, pour le symbolisme et pour l’épanouissement de l’esprit humain. Tandis que le livre propose une exploration audacieuse des frontières de la science et de l’occultisme, la franc-maçonnerie offre un cadre structuré pour cette exploration à travers ses rituels et ses enseignements. Ensemble, ils illustrent comment la recherche de la vérité peut prendre de multiples formes, toutes visant à éclairer l’obscurité de l’ignorance avec la lumière de la sagesse.

« Le Matin des Magiciens » reste un ouvrage fascinant qui, bien que ne traitant pas explicitement de la franc-maçonnerie, partage avec elle une quête de la connaissance au-delà des limites du conventionnel. Les thèmes d’illumination, de transformation, et de secret qui parcourent les pages du livre résonnent profondément avec les principes maçonniques. Cependant, il est crucial d’aborder ces connexions avec discernement, reconnaissant les différences autant que les similitudes. Ce livre et la franc-maçonnerie illustrent comment l’exploration de l’inconnu peut influencer la culture, l’histoire, et la pensée humaine, en ouvrant des portes sur des mondes de possibilités où la magie côtoie la science et où l’ombre de la connaissance se mêle à la lumière de la révélation.

Sources :

  • Études sur la franc-maçonnerie et ses influences culturelles et historiques.
  • Pauwels, Louis ; Bergier, Jacques. « Le Matin des Magiciens ».
  • Divers articles et analyses critiques sur l’impact culturel de « Le Matin des Magiciens ».

Des néonazis alsaciens jugés pour un projet d’attentat contre une loge maçonnique

De notre confrère rue89strasbourg.com – Par Thibault Vetter

Huit personnes dont trois Alsaciens comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris depuis le 4 février. En 2021, ils préparaient l’attaque d’une loge maçonnique mardi 4 mai 2021, 6h du matin. Le Raid, unité d’élite de la police nationale, mène une opération d’envergure dans une petite rue de la périphérie de Haguenau.

Le but : interpeller Denis L. et son gendre, Thibaud R. Les deux sont surveillés par les services de renseignement du fait de leur appartenance à l’association Honneur et Nation, créée en 2019. Ils sont alors en train de préparer le « projet Alsace », nom de code d’un plan d’attentat contre une loge maçonnique à Thionville en Moselle.

Avec six autres personnes, ces deux Alsaciens comparaissent pour « association de malfaiteurs terroristes » devant la 16ème chambre du tribunal correctionnel de Paris depuis le 4 février. Le procès devrait durer jusqu’au 14 février. Au moment de leur interpellation, Denis L. et Thibaud R. n’avaient pas encore d’armes à leur domicile. Ils n’en étaient qu’au repérage et avaient activement cherché des armes et des explosifs.

Antisémitisme virulent

Peu avant son interpellation, Denis L. fait acheter des percuteurs pour MG42, des mitrailleuses allemandes de la seconde guerre mondiale. C’est un autre participant au « projet Alsace », basé aux États-Unis, qui se charge de l’acquisition.

Denis L. semble avoir fait du repérage près de la loge maçonnique visée d’après les enquêteurs. Ces derniers remarquent aussi chez lui un antisémitisme à peine dissimulé. Ils trouvent de nombreux symboles nazis dans sa maison. Selon Le Monde, les écoutes téléphoniques dévoilent des propos violents : « Ces putains de juifs tiennent le pays (…), j’aimerais bien me battre contre ces juifs, les détruire, passer les gazer », déclare-t-il par exemple.

Denis L. est en lien avec Rémy Daillet, célèbre complotiste et militant d’extrême droite, impliqué dans l’affaire Mia, où une jeune fille avait été kidnappée pour la rendre à sa mère qui en avait perdu la garde.

Quant au gendre de Denis L., Thibaud R., il arbore un tatouage nazi, et commence ses conversations sur les réseaux sociaux en écrivant SH, pour « Sieg Heil », le salut nazi. Un jour, il affirme à un interlocuteur : « S’il faut aller au cachot, autant y aller pour avoir fumé des youtres [qualificatif injurieux pour désigner les juifs] ou des FM [francs-maçons], pas pour avoir tapé un “Sieg”. » Comme nous le révélions en 2021, Thibaud R. a figuré sur la liste Front national pour les élections municipales de Haguenau en 2014. Il était membre par le passé du groupuscule néonazi Division nationaliste révolutionnaire.

Des prévenus avouent

Un troisième Alsacien, Kevin C., couvreur à Mulhouse, est prévenu dans cette affaire. Denis L., Thibaud R. et le prévenu basé aux États-Unis, Robert K., nient tout projet d’action violente. Ils reconnaissent cependant le caractère excessif de leurs propos. Les cinq autres accusés ont avoué, en garde-à-vue, le projet d’assaut contre une loge maçonnique. L’association Honneur et Nation a été dissoute à l’été 2020.

L’Art Royal du Questionnement

Comment éclairer le Chemin des Degrés ?

La Franc-Maçonnerie s’est toujours distinguée par sa méthode unique d’apprentissage : celle du questionnement. Si les symboles, les rituels et les enseignements ésotériques forment le socle de notre parcours initiatique, c’est l’art de poser des questions qui permet véritablement d’en percer les mystères et d’en intégrer les valeurs profondes. Cet « Art Royal du Questionnement » n’est pas une simple méthode pédagogique ; il s’agit d’un véritable cheminement intérieur, un levier de transformation personnelle et collective.

Eugène Ionesco

Comme le disait Eugène Ionesco : « Ce n’est pas la réponse qui éclaire, mais la question. » Cette approche révèle que la quête de la Vérité n’est pas un aboutissement figé, mais un processus perpétuel où chaque degré franchi suscite de nouvelles interrogations. Ainsi, chaque degré des Rites ne se limite pas à un passage rituel : il devient un espace de réflexion, une opportunité d’explorer les profondeurs de notre être. En posant des questions précises sur les symboles, les rituels et les valeurs véhiculées par chaque grade, nous nous engageons dans une dynamique où la lumière se fait progressivement sur les vérités qui sommeillent en nous.

L’Utilité de l’Art du questionnement dans les Hauts-Grades

Carl Gustav Jung

À mesure que l’on progresse dans les Hauts-Grades, la richesse des symboles et des enseignements s’intensifie. Le questionnement devient alors essentiel pour éviter de s’égarer dans des interprétations superficielles. Chaque symbole cache une multitude de couches de significations, et seule une approche introspective et interrogative permet d’en révéler la complexité.

Ce processus n’est pas réservé à l’intellect. Comme le soulignait Carl Gustav Jung : « Apprendre, c’est poser des questions et transformer les réponses en lumière intérieure. » Le questionnement maçonnique engage le cœur, l’esprit et l’âme, créant un dialogue constant entre nos expériences personnelles et les vérités universelles que le Rite cherche à transmettre.

Des questionnements intérieurs pour une progression initiatique

L’art de questionner est en soi un acte initiatique. Il nous pousse à dépouiller nos certitudes, à confronter nos contradictions et à explorer nos zones d’ombre. « La vraie sagesse commence par la reconnaissance de sa propre ignorance », disait Socrate. Dans cet esprit, le questionnement devient le moteur d’une progression non linéaire, mais spiralée, où chaque retour sur un symbole ou un enseignement se fait avec une profondeur accrue.

Par exemple, se demander « Pourquoi la Bible est-elle ouverte au Premier Livre des Rois en Loge de Perfection ? » ne se limite pas à une curiosité historique ou symbolique. Cette question nous invite à réfléchir à notre propre rôle de constructeur du Temple intérieur, à la manière dont nous intégrons les notions de royauté, de sagesse et de responsabilité dans notre vie.

L’Appropriation collective : Fraternité et Partage des Lumières

L’Art Royal du Questionnement n’est pas un exercice solitaire. En loge, il devient un vecteur de fraternité et de partage. Chaque Frère et Sœur apporte sa pierre à l’édifice commun en posant des questions qui résonnent avec celles des autres. Ce processus collectif permet d’enrichir la compréhension individuelle par des perspectives variées et souvent inattendues.

« Celui qui s’élève, pas à pas, découvre que la Vérité est un chemin, et non une destination. » Cette maxime, anonyme mais universelle, illustre bien que l’apprentissage maçonnique ne se fait pas dans l’isolement, mais dans la confrontation bienveillante des idées. Les Hauts-Grades, par leur richesse symbolique et philosophique, sont le terrain idéal pour cultiver cet art du questionnement, qui devient alors un outil de transmission et de transcendance.

En conclusion, le Chemin vers la Lumière passe notamment par le Questionnement

En fin de compte, « L’Art Royal du Questionnement » n’est pas simplement une méthode de formation ; c’est le cœur même de la démarche initiatique. En posant des questions, en interrogeant sans relâche les symboles, les rituels et nos propres expériences, nous avançons sur le chemin de la Lumière. Ce processus perpétuel, loin d’être une simple recherche de réponses, est une quête d’éveil et de transformation intérieure.

Ainsi, que ce soit à travers les degrés de Perfection, de Chevalerie, ou dans les autres degrés ou structures, le questionnement est le fil conducteur qui nous guide vers une compréhension toujours plus profonde de nous-mêmes et de l’Univers. En embrassant cet art, chaque Frère et Sœur des Hauts-Grades contribue non seulement à sa propre élévation, mais à celle de l’Ordre

Les Francs-maçons du Herefordshire soutiennent une association locale pour les personnes handicapées

De notre confrère britanique rossgazette.com

Shaftesbury Wall Street est une association caritative locale pour les personnes handicapées basée à Hereford. Utilisant des équipements et des installations de pointe et un personnel hautement qualifié, Shaftesbury se spécialise dans l’accompagnement des personnes atteintes de paralysie cérébrale, de sclérose en plaques et de lésions cérébrales acquises ou d’accident vasculaire cérébral.

En 2024, Shaftesbury a lancé un appel pour collecter des fonds pour un monte-personne, un outil essentiel pour assurer une mobilité sûre et sécurisée aux personnes handicapées. Les monte-personnes permettent des transferts sûrs et confortables vers les baignoires, les chaises ou les lits et aident les personnes à profiter des espaces communs et des jardins, améliorant ainsi leur bien-être.

Les francs-maçons du Herefordshire ont répondu à l’appel et ont collecté 1 200 £ pour fournir un palan pour le service, qui a été acheté auprès de la société locale TPG Disabled Aids basée à Plough Lane, Hereford.

Le chef de la franc-maçonnerie du Herefordshire, Michael Holland, et Tim Bridgland-Taylor, intendant de la charité des francs-maçons du Herefordshire, ont visité Wall Street pour voir le palan en fonctionnement. La directrice agréée, Georgia Lloyd, a fait visiter les excellentes installations et ils ont pu constater la différence que le palan a apportée.

Georgia Lloyd, directrice générale de Shaftesbury Wall Street, a déclaré : « Le palan offert est d’une valeur inestimable, car il favorise l’inclusion et améliore la vie des personnes que nous soutenons. Cela signifie qu’elles peuvent mener une vie épanouissante et de qualité. »

Salma Pandor, responsable des partenariats communautaires de Shaftesbury, a déclaré : « Nous sommes extrêmement reconnaissants du soutien apporté par la Herefordshire Masonic Charity Association pour l’achat d’un monte-personne manuel pour les personnes que nous aidons. Ce monte-personne améliorera considérablement notre capacité à soutenir nos résidents de manière inclusive et sûre, permettant à notre personnel de les aider de manière digne. »

Michael Holland, responsable de la franc-maçonnerie du Herefordshire, a déclaré : « Nous sommes ravis de pouvoir aider cette association caritative locale qui apporte un soutien indispensable. Ce n’est qu’un exemple de la manière dont nous aidons la communauté locale, non seulement par des dons financiers, mais aussi en offrant assistance et soutien pour des événements caritatifs et des activités de collecte de fonds. »

Le mot du mois « Satisfaction »

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Assez !

Un mot tellement banal. Adverbe solitaire comme interjection exaspérée, ou en modération d’un adjectif ou d’un verbe, il exprime des nuances variées, dont témoigne l’étymologie indo-européenne dans un vaste champ lexical occidental. Sat, en latin, satis.

« Ich bin sat », dit l’Allemand repu à l’issue de son banquet.

Idée de satiété, la saturation se profile déjà. Un contentement évident, mais à la limite, rapidement atteinte, de l’excès et de son insupportabilité.

Le latin sous-entend dans la satisfaction une dette à acquitter, quitte à fournir une excuse, une justification, un motif de disculpation. Donner satisfaction, c’est faire amende honorable, fournir une réparation acceptable pour une offense, tel le péché envers Dieu. Un satisfecit.

Dans le palmarès de certaines écoles d’antan, on notait une hiérarchie significative : derrière les félicitations, sans conteste, venait la distinction. La satisfaction n’obtenait qu’une troisième place, le candidat avait prouvé sa compétence et sa bonne volonté, mais on était en droit de lui réclamer réparation d’un espoir quelque peu déçu…

Quand le Nadir danse son désir de l'Etoile - Photographie par ©Stefan von Nemau
Quand le Nadir danse son désir de l’Etoile – Photographie par ©Stefan von Nemau

Le glissement vers la satiété témoigne d’un individualisme qui exige de satisfaire quelque désir que ce soit, à tel point que l’on trouve dans ce champ lexical la saoulerie, soûlerie. Plaisir de l’ivresse, comme désir et besoin, qui ne trouvera de cesse que dans une satisfaction sans limite.

J’ai envie, donc je satisfais sans vergogne la revendication de mes désirs. Le soulagement de mon insatiable faim est à ce prix.

Satisfaction comme un entre-deux entre la satiété en équilibre éphémère et la saturation en goutte d’eau à déborder du vase ? Faute de meilleur ? La satisfaction sur le seuil pas encore franchi de l’addiction ?

Annick DROGOU

Plus on réfléchit à ce mot « satisfaction », moins on est satisfait. Il y a des mots apparemment séduisants, et même de grands séducteurs qui ne doivent pas nous abuser. La satisfaction fait partie de ces mots comme l’ « honneur », un autre mot qui devient dangereux quand on l’écrit au pluriel. Plus on s’approche du mot « satisfaction », plus on le trouve boiteux. C’est pourtant ce mot qu’il faut faire marcher.

Légitime ou lâche satisfaction, c’est cette notion même de satisfaction qu’il faut mettre en mouvement. Mettre en tension. Si on s’assied pour s’installer dans la satisfaction, on est perdu, comme on s’enfonce dans des sables mouvants. Certes, on a besoin de satisfaction, mais ce ne peut être qu’un point d’étape, pour mieux reprendre force sur le chemin de la vie.

Non à la satisfaction qui endort, à cette satisfaction de parvenu autocentré, celle du contentement. Mais de quoi se contente-t-on d’ailleurs ? Et ce n’est pas qu’une question morale. Inversement, il n’est pas conseillé non plus d’être toujours insatisfait, de s’emmurer dans la frustration. Frustré par rapport à quoi, à qui ? Jamais satisfait ? Oublions la satisfaction et embrassons la joie. Soyons joyeux plutôt que satisfaits. La joie ne ment pas, ne trahit pas, elle est toujours plus grande et généreuse que la satisfaction.

Jean DUMONTEIL

CNN Portugal : le GM du GOL admet son malaise face au soutien des Francs-maçons dans le gouvernement

De notre confrère potugais cnnportugal.iol.pt – Par Catherine Guerrière

Dans une interview avec CNN Portugal, le leader du Grand Orient Lusitanien, la plus ancienne obédience maçonnique du pays, admet son malaise face au soutien des Francs-maçons, et révèle que l’ancien Premier ministre a résisté à la nomination de membres des francs-maçons et ajoute qu’il souhaite mettre à jour les rituels qu’ils pratiquent dans les temples.

Musée de la Grande Oriente Lusitanienne
Musée de la Grande Oriente Lusitanienne

Dans tous les gouvernements récents, il y a toujours eu des Francs-maçons parmi les ministres et secrétaires d’État, particulièrement ici dans le Grand Orient Lusitanien. Ce type de connexion au pouvoir est-il important pour la franc-maçonnerie ?

Non. Ils sont nommés en tant que citoyens, qui ont le statut de Francs-maçons. Ils ont donc une responsabilité supplémentaire. Ils ne sont pas appelés Francs-maçons.

Mais beaucoup de gens ne viennent-ils pas à la Franc-maçonnerie en pensant qu’il s’agit d’une échelle vers le pouvoir ?

Il y a de tout, mais c’est pour cela qu’ils sont déçus, car ce n’est pas du tout une échelle vers le pouvoir.

La vérité est que lorsqu’ils atteignent un certain type de fonction publique, de nombreux Francs-maçons ont tendance à s’éloigner de la Franc-maçonnerie.

Il y a des cas où oui et il y a des cas où non. Cela dépend toujours de la liberté individuelle. Les gens choisissent librement s’ils veulent dire qu’ils sont francs-maçons ou non. Car, avant tout, la personne désignée est un citoyen, pas un Franc-maçon.

Dans le passé, de nombreux Francs-maçons ont adopté leurs idéaux politiques, notamment pendant la Révolution libérale et à d’autres périodes de l’histoire, comme à l’époque de Salazar. Pourquoi n’est-il pas judicieux aujourd’hui que les Francs-maçons assument également leur rôle en politique ?

Je répète ce que je vous ai dit ; le citoyen est celui qui est nommé, le citoyen est celui qui est élu. Pas des francs-maçons. En fait, un mouvement complètement anachronique est récemment apparu, qui n’a aucun sens.

Vous parlez du soutien apporté à l’amiral Gouveia e Melo par un groupe de francs-maçons.

Marcelo Rebelo de Sousa décerne à l’amiral Gouveia e Melo la Grand-Croix de l’Ordre du Christ.Nuno Renard

Oui, vous n’avez même pas encore dit que vous étiez candidat…

La Franc-maçonnerie ne cherche-t-elle pas à participer aux choix de pouvoir du pays ?

Non. Ce qui s’est passé, c’est que certains francs-maçons, pas pour de bonnes raisons, ont voulu se mettre à l’avant-garde d’une candidature dont personne ne sait même qu’elle existe. Et puis, il y a un président de la République qu’il faut respecter. Et tant que nous n’entrons pas dans le processus des candidatures électorales, nous n’avons pas à parler de a, b ou c. La franc-maçonnerie n’est pas impliquée dans cela.

Il vient de mentionner le Président de la République, tous les Présidents de la République reçoivent habituellement le Grande Oriente Lusitanien.

Oui.

Et l’actuel président Marcelo Rebelo de Sousa a-t-il fait la même chose lorsqu’il a pris ses fonctions ?

Il m’a accueilli dès ma prise de fonction. Le Président de la République le sait bien, car nous lui avons dit que nous sommes disponibles pour être utiles de la manière dont il comprend que nous pouvons l’être.

Quel est le rôle de la Franc-maçonnerie aujourd’hui ?

Depuis 222 ans, la défense des libertés, de l’égalité des chances, des droits et des devoirs et de la fraternité est la même comme pratique universelle.

Mais que doit faire un Franc-maçon pour suivre ces principes ?

Vous devez avoir une philosophie de vie qui s’inscrit dans la défense des libertés. Chercher à établir l’égalité entre les citoyens et avoir un sens de la fraternité ou de la solidarité. En fait, António Arnaut disait que la fraternité était solidarité avec l’amour et que ce que fait le franc-maçon c’est rechercher l’union des peuples, la dignité humaine.

Pourquoi insistent-ils encore pour maintenir le secret autour de la Franc-Maçonnerie et des Francs-maçons ?

C’est la question qui est posée plusieurs fois et à laquelle je réponds toujours de la même manière : il n’y a pas de secret. Et je suis un exemple à cet égard car je ne me suis jamais sentie avantagée ou lésée dans mon activité professionnelle publique ou privée. Mais je connais des gens qui le ressentent. Même dans un passé récent, on s’est rendu compte que la franc-maçonnerie n’était pas bien considérée par les dirigeants de l’époque.

De qui parlez-vous précisément ?

Du Premier ministre précédent. La franc-maçonnerie n’était pas bien vue par lui et certains francs-maçons se sentaient négligés en raison de leur condition. D’après les informations qui me sont parvenues, si le « frère » du parti était connu comme tel, il aurait plus de difficulté à être nommé à quoi que ce soit.

Le leader actuel du PS n’a-t-il pas la même attitude envers la Franc-maçonnerie ?

Ce n’est pas visible.

Cette situation concernant le précédent premier ministre va à l’encontre d’une tradition ici au Grand Orient Lusitanien, dans la mesure où tous les gouvernements socialistes ont toujours eu de nombreux ministres de cette obédience.

Oui, depuis l’époque de Mário Soares.

Il y avait des Loges avec de nombreux ministres, comme cela s’est produit par exemple sous le gouvernement d’António Guterres. La Loge Convergência a été appelé « le cabinet » parce qu’il comptait de nombreux membres de l’Exécutif. Qu’est-ce qui a changé pour que le GOL n’ait plus le même poids dans la gouvernance aujourd’hui ?

C’est le résultat des temps, des intérêts et des sympathies. Nous savons que le mérite est de moins en moins déterminant dans les nominations. D’autres groupes d’intérêt circulent.

De quels groupes s’agit-il ?

Des intérêts plus variés qu’avant. De plus, il y a des francs-maçons dans le GOL qui ne veulent pas que quiconque sache qui ils sont.

Avez-vous peur d’admettre que vous êtes francs-maçons ?

Certains ont peur de sortir. Mais je peux vous dire avec grande satisfaction que ce problème devient de moins en moins fréquent. Je viens de nommer une centaine de membres au Grand Conseil Maçonnique et la plupart d’entre eux ont pris leur nom propre et non celui symbolique.

Quelle est la raison pour laquelle certaines personnes ne sortent pas ?

Parce que la manière dont la Franc-maçonnerie est perçue aujourd’hui par la société civile en général, et la classe politique en particulier, n’est pas très favorable à nos valeurs. Mais nous n’avons jamais blessé personne. Nous avons toujours lutté pour les libertés. La franc-maçonnerie a commencé à l’époque de D. Maria I, pendant la monarchie. Lorsqu’elle devint une République, il y avait des francs-maçons républicains et des francs-maçons monarchiques. Et c’est là l’essence de la Franc-maçonnerie. Il n’agit pas en bloc, il n’a pas d’intérêts définis en bloc.

En d’autres termes, selon vous, il n’est pas nécessaire d’être franc-maçon pour accéder au pouvoir ?

Bien sûr.

Est-ce qu’ils accomplissent encore des rituels à l’intérieur des temples ?

Nous nous réunissons dans des rituels, oui. Nous essayons actuellement de les mettre à jour afin qu’ils deviennent plus attrayants dans les temps actuels, tout en conservant leur essence.

Qu’est-ce qu’un rituel maçonnique ?

La cérémonie d’initiation à la franc-maçonnerie : on pose solennellement au candidat des questions rituelles, en dirigeant les pointes des épées vers sa poitrine nue. Gravure des années 1740

Le rituel nous aide à interpréter les symboles. Dans certains cas, les séances sont à 80 % consacrées à la Franc-maçonnerie pure et à 20 % aux francs-maçons pour apprendre à l’appliquer dans la société civile. Dans d’autres cas, il y a une composante plus profane où le symbolisme va se refléter.

Et à l’intérieur des Loges, ils prêtent serment. Pourquoi le font-ils ?

Cela a à voir avec l’engagement.

Quelle importance revêt aujourd’hui le fait d’être Franc-maçon ?

C’est une affaire individuelle. Et c’est pourquoi nous insistons sur le fait que nous ne faisons pas de politique. Nous avons évidemment discuté de politique, mais jamais de politique partisane. Nous n’avons jamais discuté de questions religieuses, comme le disait Henrique Monteiro, ni de football. En d’autres termes, nous ne discutons pas de tout ce qui nous divise. Ce que nous cherchons, c’est de construire un niveau de connaissance et d’amélioration individuelle afin que nous puissions ensuite mieux exercer notre activité, que ce soit en tant que franc-maçon ou en tant que citoyen.

La Franc-maçonnerie est souvent associée au PS et au PSD. Mais dans la Franc-Maçonnerie, particulièrement au Gol, y a-t-il des Francs-Maçons de différents horizons politiques ?

C’était comme ça autrefois. Quand je suis arrivé ici, il y a 33 ans, l’écrasante majorité était membre du Parti socialiste. Ensuite, un nombre important d’éléments du PSD ont commencé à adhérer. Aujourd’hui, nous avons des gens du CDS et d’autres partis. Pour autant qu’il s’agisse de personnes qui œuvrent dans le spectre démocratique et qui ont comme base et comme valeurs les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Il y a eu récemment une controverse au sujet des Francs-maçons de Chega. Y a-t-il des Francs-maçons Chega dans le GOL ?

Je ne pense pas que ce soit facile d’y entrer. Tu peux entrer, mais je ne pense pas que tu seras heureux ici.

Il existe un parti qui interdit les Francs-maçons, c’est le Parti communiste. Quelqu’un du PCP a-t-il rejoint le GOL ?

Déjà.

Et est-ce que le GOL contient encore actuellement des éléments du PCP ?

Oui, c’est exact.

Pensez-vous que le GOL est en train de perdre le lien qu’il avait avec le pouvoir ? À un moment donné, António Arnaut lui-même a présenté le projet SNS ici au GOL avant qu’il ne soit approuvé par le gouvernement.

António Arnaut a présenté le projet de loi sur le Service national de santé au GOL, mais il n’a pas été décidé ici. Cela a été décidé au Conseil des ministres, où se trouvaient des francs-maçons et des non-francs-maçons. Ce qu’il a fait ici, c’est réunir ses « frères » pour présenter la proposition. Cela n’a pas été validé ici. Il a présenté l’idée ici, en sa qualité de franc-maçon, puis, en tant que citoyen et ministre des Affaires sociales, il l’a portée aux endroits appropriés pour décider de la loi fondamentale du NHS, qui a été si mal traité.

L’une des questions qui divise les Francs-maçons du GOL est l’entrée des femmes. Croyez-vous que les femmes pourront entrer dans cette obéissance ?

Le processus est en cours depuis le mandat précédent et suit les préceptes constitutionnels. En fin de compte, le peuple maçonnique dira ce qui est juste et ce que le peuple maçonnique décidera, le Grand Maître le ratifiera.

Quelles sont les priorités du Grand Orient Lusitanien à ce moment ?

Une réorganisation interne qui s’avère nécessaire. Aujourd’hui, nous avons 104 Loges.

La région de Lisbonne est-elle celle qui compte le plus de Loges ?

Oui, mais je peux dire avec satisfaction que nous sommes déjà répartis dans le nord, le centre, le sud et même les îles. En septembre, j’ai ouvert un triangle à Maputo et nous avons créé une autre Loge au Cap-Vert, où nous avons été reçus par le Président de la République. Nous avons un projet que nous appelons Macaronésie.

Que signifie ce projet ?

Cela signifie une plus grande interconnexion entre les Loges Atlantic au Portugal et en Espagne.

Pensez-vous qu’il existe une mauvaise impression ou un manque de connaissances au sein de la population à l’égard des Francs-maçons ?

Quand nous voyons les nouvelles, c’est toujours à cause d’un mauvais événement ou d’une erreur d’un frère. Mais nous avons aussi un système judiciaire et lorsque vous vous comportez de manière inappropriée, on vous demande de partir.

Est-ce que beaucoup d’entre eux ont été priés de partir ?

Quelques. Normalement, la force centrifuge est très forte. Les gens commencent à se sentir mal et partent. Dans d’autres cas, lorsqu’ils ne s’en vont pas, nous les aidons à sortir.

Qu’est-ce qui différencie le GOL des autres obédiences maçonniques ?

GOL a été fondée en 1082 et poursuit son activité jusqu’à aujourd’hui. GOL a une histoire différente, une philosophie de vie différente, notamment de la Grande Loja Legal de Portugal qui a été créée avec certains qui sont partis d’ici. Nous avons des philosophies différentes.

Quelles sont ces différences ?

Cela a à voir avec le relativisme dans la croyance en un Dieu réglementé ou non réglementé. Pour nous, la croyance n’a aucune importance. L’important est qu’ils répondent aux exigences de défense des libertés, de l’égalité et de la fraternité.

Présentation du Grand Maître du GOL : Fernando Cabecinha

Fernando Cabecinha

Fernando Cabecinha est né à Portalegre en 1954. Il est diplômé en Organisation et Gestion d’Entreprises de l’Instituto Superior de Economia en 1977, a suivi le cours de Formation Pédagogique pour Formateurs de l’Associação Industrial Portuguesa en 1989 et le cours pour Cadres Supérieurs de l’Administration Publique de l’Instituto Nacional de Administração en 2005.

Il a travaillé dans le secteur privé jusqu’en 1987, avec une interruption seulement lorsqu’il a pris ses fonctions, en 1983, comme assistant du secrétaire d’État à l’Emploi. En 1987, il rejoint l’Institut pour l’Emploi et la Formation Professionnelle (IEFP), où il occupe des postes de direction jusqu’en 1996. Durant cette période, il est également représentant gouvernemental dans cinq programmes européens.

Il a été professeur d’université entre 1990 et 1996, après avoir repris son activité en 2005 en tant que professeur assistant invité à l’Universidade Atlântica jusqu’en 2011.

De 1996 à 1998, il a été Secrétaire général de l’Institut portugais d’Orient, à Macao.

De retour au Portugal, il a été conseiller du président de l’Institut de météorologie et contrôleur de projet de deux programmes européens liés aux satellites de nouvelle génération, tout en travaillant comme consultant et formateur, notamment à l’Association industrielle portugaise, au Centre d’affaires de la région de l’Algarve, à la Chambre de commerce et d’industrie de Ponta Delgada et à la Direction générale du développement rural.

Devenu consultant pour SERLIMA, SA, en avril 2002, il a assumé la Vice-Présidence de SERLIMAGEST, SGPS, SA, la Vice-Présidence de SERLIMA, SA, la Présidence d’AMBIMADEIRA, SA et SLGC, Lda. et Membre du Conseil d’Administration de SERLIMAWASH, SA, jusqu’en octobre 2004.

Il a été membre du conseil d’administration de l’IEFP de novembre 2004 à juin 2011 et, en juillet 2011, il a rejoint Galilei, d’abord en tant que membre puis en tant que vice-président, jusqu’en juillet 2015.

Il est actuellement consultant en management et en projets.

Dans ses activités civiques, il est membre du Grémio Lusitano, du Internat S. João (Lisbonne), de la Société pour la Promotion des Écoles et de la Ligue Portugaise des Droits de l’Homme – Civitas.

Fernando Cabecinha a été initié à la Loge O Futuro, à Lisbonne, du Grande Oriente Lusitano, le 23 janvier 1991. Il a été Secrétaire de la Loge Fraternidade e Progresso, à Macao, entre 1997 et 1998. Il a été l’un des fondateurs de la Loge Lusitânia, à Lisbonne, le 31 octobre 2003. À la Loge Lusitânia, il a occupé plusieurs postes : il a été officier et dignitaire et, entre 2006 et 2009 et en 2018 et 2019, il a été Vénérable Maître de la Loge Lusitânia. Il a également été l’un des fondateurs de Triângulo Atlântida en mai 2011.

Au Grand Orient Lusitanien, il a été Président de la Grande Diète de 2006 à 2007, de 2007 à 2008, de 2008 à 2009 et de 2018 à 2019. Au Conseil de l’Ordre, il a été Grand Trésorier Général de 1999 à 2002, avec Eugénio de Oliveira comme Grand Maître, et Grand Secrétaire Général de 2002 à 2005, avec António Arnaut comme Grand Maître.

Il a été Président du Conseil d’Administration du Grémio Lusitano entre 2004 et 2005. Membre, représentant le Conseil de l’Ordre, de la Commission Permanente entre le Grande Oriente Lusitano et le Conseil Suprême du 33ème Degré du Rite Écossais Ancien et Accepté pour le Portugal et sa Juridiction, de 2003 à 2005. En 2000 et 2001, il a été membre de la Commission pour les célébrations du Bicentenaire du Grande Oriente Lusitano (2002).

Il a fait partie du Grand Conseil Maçonnique entre 1999 et 2021. Il a été président des Comités d’Installation des Loges Héréges, à Lisbonne, en 2004 ; Gravito, d’Aveiro, 2004; Consensus, de Lisbonne, 2005 ; Utopie, d’Almancil, 2005, Construir, de Coimbra, 2006 ; et vice-président du comité d’installation du magasin Farol das Ilhas, Funchal, 2016.

Il est membre honoraire des Loges Sympathie et Union, Europe Jean-Monet, Fernando Pessoa, Estrela d’Alva et O Futuro (Lisbonne), Liber (Mafra), Construir (Coimbra), Sanhédrin 1820 (Porto) et Fraternité et Progrès (Macao).

Depuis 2021, il est Grand Maître de la Franc-Maçonnerie Lusitanienne – Portugaise du Grande Oriente.