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Le delta lumineux (Par Marie Delclos)

Le Maçon entrant dans le temple contemple face à lui le lieu où se lève le Soleil, où la lumière apparaît, le lieu où se lèvent la Lune et les étoiles ainsi que les autres planètes. Mais en Maçonnerie tout est symbole : Ce qu’il voit sont essentiellement trois symboles placés sur le mur, derrière et au-dessus du « Vénérable Maître », le Président de la loge :

Au centre, symbole majeur du temple maçonnique, un triangle rayonnant, équilatéral, « Le Delta lumineux » qui est appelé ainsi parce que cette forme de triangle est celle de la lettre grecque Delta. On l’allume lors des travaux.

Il est encadré du Soleil et de la Lune : Du Soleil à droite soit du côté sud, donc sur le point de se lever. De la Lune à gauche, soit du côté nord, ses cornes tournées vers l’arrière, soit le Nouveau croissant, la Lune de trois jours qui suit le Soleil dans son lever

La plupart du temps un œil unique et sans paupières marque son centre.

De plus le Delta avec ses rayons est parfois entouré d’un cercle de nuages ce qui fait référence à l’Ancien Testament, la Gloire de Yahvé se manifestant dans la nuée (Exode XVI,10 : « Et voici la Gloire ( dwbk Kavod ) de Yahvé apparut dans la nuée »)

Par ailleurs on peut voir à la place de l’œil le Tétragramme soit les quatre lettres du nom imprononçable hwhy de l’Eternel dans la Bible, Yod y Hé h Vav w Hé h

Ou encore à la place du Tétragramme un Yod, première lettre du Tétragramme (l’Hébreu se lit de droite à gauche) à la fois nombre Dix et Un.

Il est le Dix, l’Unité de rang supérieur.

Il est le point, un germe, il symbolise le Un, ce qui est logique car le Tétragramme qu’il peut remplacer est la source le Un. YHVH, l’Eternel qui est UN.

Enfin le Tétragramme peut être remplacé dans le Delta par trois points ou trois Yodim ( pluriel de Yod)

Ces trois points symbolisés par les trois yodim remplacent en fait les trois lettres différentes du Tétragramme donnant le nombre clef du triangle le Trois.

Au premier abord la première approche, l’image du Delta maçonnique semble provenir du Delta lumineux présent dans le chœur de nombreuses églises chrétiennes.

Ces triangles rayonnants, exécutés par les peintres et les sculpteurs représentations symboliques de la manifestation de la Puissance divine ou bien de sa Présence (la shekina en hébreu) étaient nommées « gloires ». Pour le chrétien de base ils symbolisaient la Trinité. On les trouve surtout au XVII° et XVIII° siècles.

Ils portaient en leur centre :

  • Soit un œil comme celui d’Aix La Chapelle (Figure ci-dessous)
  • Soit le nom de l’Éternel en hébreu.

L’œil dans le Delta

L’œil représente alors en première lecture celui de Dieu qui voit tout, l’œil de la providence.

Mais sa puissance va bien au-delà comme il est écrit dans le Zohar : « Si cet œil se fermait un instant, un instant seulement, plus rien n’existerait. C’est pourquoi on l’appelle l’œil ouvert, l’œil d’en haut, l’œil saint, l’œil qui voit tout…l’œil qui ne dort ni ne somnole, l’œil qui monte la garde sur toute chose, l’œil dont toute chose tient l’existence »

D’ailleurs l’œil en hébreu se dit Ayn }yu (qui s’écrit Ayin Yod Noun) mot qui signifie également « éclat » « lumière » « source ».

De plus Ayin est en homophonie avec le mot Ein }ua (qui s’écrit Alèf Yod Noun) qui signifie « rien, néant ». Or Ein représente l’état du Néant absolu totalement inconnaissable qui a précédé l’Ein Sof ou l’Infini issu du Néant absolu. Il est au-dessus de l’arbre des séfiroth. Il est le plus haut nom que les kabbalistes donnent à Dieu.

En fait l’œil est un symbole que l’on trouve partout. Il est symbole de feu, de lumière et de connaissance.

Chez les anciens Egyptiens « œil » se disait iret de même racine que ir, façonner, faire, créer. Aussi écrivaient-ils que tous les êtres sont sortis de l’œil du créateur.

Chez les Grecs, Zeus, Dios (Jupiter en latin soit Dieu le père) dont le nom signifie Lumière était représenté par un cône à trois yeux (Le cône, qui contient tous les éléments géométriques est engendré par un triangle tournant sur lui-même).

Le nom de l’Éternel YHVH (Yahvé) en caractère hébraïques dans le Delta

Ainsi celui de l’église de St Germain des Prés représenté sur un vitrail.

Ou celui de la chapelle du château de Versailles, plus complexe : le Delta se superpose à un soleil. Le Soleil, cet « Œil du monde » (Ovide), par sa présence sous le Delta, intensifie l’idée de lumière.

On peut donc penser que les maçons, qui lors de la création des rituels étaient majoritairement chrétiens, s’emparèrent du Delta des églises.

Le Delta qui se trouve à l’église St Pierre à St Saires près de Loudun apposé au sommet de la voûte or sur fond bleu entouré de douze étoiles, témoigne de cette alliance  : Il fut placé là au 20ième siècle lors d’une restauration grâce à des dons de Francs-Maçons (Nouvelle République 24 août 2018).

Toutefois Delta est un nom grec : il désigne la quatrième lettre de l’alphabet grec qui a la forme d’un triangle équilatéral.

Il est donc temps de se tourner vers les origines grecques de ce Delta. C’est là notre héritage le plus proche.

Le Delta une lettre grecque en forme de triangle équilatéral

Le delta est l’équivalent grec du « d » latin. Si, en minuscule « d », il ressemble au « d » latin, en majuscule, D, il est un triangle pratiquement équilatéral (l’angle au sommet est un peu plus aigu) et symboliquement considéré comme tel[1].

Il est pour commencer l’initiale du grand Dieu grec, Zeus, Dios (DioV) au génitif

Aussi écrivait l’astronome Hyginus (67 av – 17 ap. J.C.° dans son Traité d’astronomie, « le Delta est sacré parce que c’est la lettre du mot Dieu ».

Un triangle équilatéral et nombre quatre

Tout comme le « d » latin, et le daleth hébraïque, le delta est la quatrième lettre de l’alphabet et représente le nombre quatre.

Ce nombre quatre (téttares en grec) associé au triangle nous donne la Tétractys (du grec tétrakis quatre fois) pythagoricienne.

Le triangle de rang quatre, soit le nombre dix, soit, selon les pythagoriciens, l’unité exaltée, le chiffre de la perfection représentant symboliquement la divinité suprême.

Le triangle équilatéral un symbole cosmogonique

Le triangle étant pour commencer évidemment le symbole de la manifestation divine qui commence avec le dédoublement du point, formant un triangle, première surface. Le noyau d’énergie primordial, le point, prend un rayon, deux points supplémentaires émergent pour former une triade de points.

Ainsi pour les pythagoriciens, le Delta symbolisait la naissance cosmique en raison de sa forme triangulaire. C’est ainsi que, logiquement, Zeus, grand Dieu créateur, donna naissance à un triangle : Athéna, déesse de la Sa       gesse.

Athéna Tritogénie, le triangle équilatéral sorti de la tête de Zeus

Ainsi Plutarque (46 – 125) dans son traité Isis et Osiris écrivait :

« Les Pythagoriciens ont gratifié les nombres et les figures géométriques de dénominations de Dieux. Ils ont donné au triangle équilatéral le nom d’Athéna, née du cerveau de Zeus, et appelée Tritogénie (Née du Ternaire) parce que les perpendiculaires abaissées des trois angles sur les bases les divisent en parties égales. »

Ainsi les pythagoriciens avaient symbolisé la Sagesse par le triangle. La Sagesse au sens où l’entendaient les Grecs : Qualité supérieure de l’intelligence assez haute pour diriger toute la vie et toute la science.

La signification de ce mythe se trouve dans le ciel.

Tout d’abord les Grecs y ont mis le Delta sous la forme d’une constellation de sorte qu’il manifeste sa force créative sur le zodiaque : la constellation du Delta, Deltwton Deltoton, qui se trouve au-dessus de la tête de la constellation du Bélier.

Eratosthène (275 – 193 av J.C.), à propos du Delta, écrit[2] :

« Il s’agit de la constellation qui se trouve au-dessus de la tête du Bélier et c’est dit-on, une lettre en forme de triangle, facile à reconnaître, placée là par Hermès, qui organisa la disposition des constellations entre elles… Le Delta a trois étoiles, une sur chacun de ses angles, brillantes toutes trois. ».

Dans les livres d’astronomie du monde gréco-latin, il est « Le triangle céleste ou divin », « la Porte des dieux ».

Or curieusement, dans l’alphabet hébraïque, le Daleth qui originellement était représenté par un triangle, (l’ancienne forme de l’ouverture de la tente des nomades) signifie « porte » ou « battant de porte ».

Mais pourquoi est-il la Porte des dieux ? et qui sont ces dieux ?

Ce sont les planètes, les astres qui courent, « ceux qui courent » car le mot dieu Théos vient du verbe « courir » Théô Qew je cours Et où courent-ils ? sur le zodiaque le cercle des vivants (de Zôè la vie). Mot à double sens les Vivants sont d’une part les figures d’animaux du zodiaque mais aussi les planètes comme la Terre sur lesquelles peut se trouver la vie.

La constellation du Bélier marque le début du zodiaque

Pourquoi ? « Il est le chef des signes célestes parce qu’il avait surmonté les flots »[3]

En effet par rapport au plan galactique qui coupe la sphère céleste en deux une moitié au nord (donc au-dessus pour nous habitants de l’hémisphère nord, comme on l’a vu avec Dante) et une moitié au sud (donc en dessous), nous voyons que les deux constellations d’eau le Verseau et les Poissons se trouvent au fond de la partie inférieure tandis que celle du Bélier est déjà au milieu du quart montant vers le nord.

La partie inférieure étant considérée comme l’eau et la partie supérieure côté nord comme émergée hors de l’eau sur terre à l’air.

Ainsi la Vierge la Reine du ciel pointant son épi vers le Nord au-dessus du plan galactique, triomphe -t-elle au sommet du ciel, brandissant son épi à côté du Lion.

Le Delta placé dans le ciel par Mercure/ Hermès

Quant à Hermès, c’est l’autre nom de Mercure, dieu de la planète du même nom, comme le dit le même auteur :

« La cinquième[4] (planète) est celle d’Hermès (Mercure nom latin d’Hermès), Stilbôn (la Resplendissante). Elle est brillante, mais petite. Elle a été attribuée à Hermès, Mercure, parce qu’il fut le premier à définir l’organisation du ciel et la place des étoiles, à régler les saisons et à offrir des indications sur les moments favorables de l’année. On l’appelle Stilbôn en raison de cette inventivité dont fit preuve Hermès »

Et qui nous montre, chaque année dans le ciel, les trois angles d’un triangle, si ce n’est Hermès-Mercure ?

Chaque année, en effet, Mercure trace dans le ciel, sur le zodiaque, les trois sommets d’un triangle équilatéral.

Vues de la Terre, Mercure trace, en mouvement apparent, trois boucles sur le zodiaque.[5]

(Toutefois les trois sommets du triangle, indiqués chaque année par les trois boucles de la planète, ne sont pas fixes : ils se déplacent dans le zodiaque en se décalant d’un demi-signe par an dans le sens contraire des signes. De la sorte il n’a un de ses angles sur la tête du Bélier que tous les sept ans.)

D’où le qualificatif d’Hermès « Trismégiste » :  tris « trois » (fois) megistos « très grand ».

On comprend alors pourquoi on a fait de cette planète, non seulement le messager des dieux (Elle est la planète la plus proche du Soleil), mais aussi le gardien de la science sacrée.

Et surtout pourquoi Hermès Mercure a-t-il reproduit ce grand triangle céleste, tracé sur le zodiaque, sous la forme du Delta divin et pourquoi l’a-t-il placé sur la tête du Bélier ? Est-ce parce que comme l’écrit Hyginus[6] (67 av J.C. – 17 apr. J.C.), on l’a placé là « en souvenir du partage du monde en trois ».

Y aurait-il un triangle -fixe cette fois- partageant le zodiaque en trois ?

Soit un triangle équilatéral symbole de la manifestation, s’inscrivant dans un cercle, symbole du monde ?

Et enfin quel rapport peut-il y avoir entre Jupiter (Zeus le Père, le Delta de Dios), le signe constellation du Bélier et la constellation du Delta d’un côté et de l’autre le partage du monde (du zodiaque) en trois ? Si ce n’est Athéna, le triangle sorti de son cerveau ? Serait-il lui aussi sur le zodiaque ?

Le point initial ou le cerveau de Zeus sur le zodiaque

C’est Hyginus à nouveau, qui va nous mettre sur la voie : On a placé le Bélier au ciel en souvenir de Jupiter Hammon, le dieu du Sagittaire (ou de l’Archer, ou de l’Arc).

Ou si l’on préfère le Deltoton D de Dios est placé sur la tête du Bélier parce que le Bélier était consacré à Zeus, Jupiter Hammon (Amon en Égypte ancienne) à tête de Bélier, en Egypte ancienne.

En clair la tête du Bélier est celle de Jupiter, Zeus Père, DioV, le Père des dieux. Elle se projette à 120° à partir de celle de l’Archer divin (la tête de l’archer suivant la figure ci-contre).

Ainsi le triangle surgi de sa tête se projette à 120° au-dessus de la constellation du Bélier. C’est Pallas Athéna la divinité de la constellation du Bélier qui se trouve là au-dessus de sa tête.

Voyons maintenant comment on passe du triangle sorti du cerveau de Jupiter Amon (à tête de Bélier) au partage du zodiaque en trois.

« Le partage du monde en trois »

Nous avons vu plus haut que si l’on a placé là un triangle c’est à cause du partage du monde en trois par les Anciens. Reprenons ce que disait Hyginus :

« Deltoton D cette constellation a la forme triangulaire de la lettre grecque et lui doit son nom. Mercure l’a placé au-dessus de la tête du Bélier dans le but pense-t-on de signaler par son éclat l’emplacement du Bélier obscur et de représenter par sa première lettre le nom de Jupiter en grec DioV (Dios), pour d’autres, à cause du partage du monde en trois par les Anciens, on a dessiné trois angles »[7]

Le partage du monde c’est-à-dire celui du zodiaque, comme nous l’a suggéré Mercure.

Il nous faut donc comprendre pourquoi ce partage du zodiaque en trois doit avoir un angle sur la tête du bélier c’est-à-dire au tout début du signe repéré par cette constellation.

Jupiter est le père des dieux (des étoiles) et des hommes. C’est le dieu du Sagittaire. Aux pieds du Sagittaire se trouve « une couronne abandonnée comme par jeu »[8]. Il s’agit d’une petite constellation mais on peut y voir le symbole de la « Couronne du ciel » la Voie lactée. Et il était logique de donner comme couronne au Père des dieux, celle du Ciel.

C’est pourquoi on peut faire commencer le point de départ du zodiaque sidéral par ce que nous indique la flèche du Sagittaire : l’un des deux points de croisement entre le plan galactique et le plan de l’écliptique autrement dit l’un des deux Nœuds galactiques.[9]

La Voie lactée que les Anciens appelaient « La couronne du ciel » passe en effet au Sud entre la constellation du Sagittaire et celle du Scorpion et au Nord entre la constellation des Gémeaux et celle du Taureau.

D’ailleurs Manilius dans son livre Les Astrologiques place le Temple du monde symbolisée par la constellation de l’Autel en plein sur le Nœud Galactique sud, marqué par la constellation de l’Autel à zéro degré du signe marqué par le signe du Sagittaire étoilé.

Toutefois le zodiaque commence avec le Bélier autre signe de feu (on trouve trois fois les quatre éléments Feu Terre Air Eau).

À cent vingt degrés du Nœud galactique Sud, indiqué par la pointe de la flèche du Sagittaire et dans le sens des signes, se trouve le tout début du Bélier étoilé marqué par l’étoile alpha du lien qui relie les deux poissons des Poissons, et qu’aujourd’hui on nomme « Noeud des Poissons », mais qui se nommait autrefois Célestis nodus « Nœud céleste ». Cette étoile marque d’après Aratos[10] le lieu exact où se relie la tête et la queue de l’Ouroboros zodiacal, soit la limite entre les Poissons et le Bélier à 120° du Nœud Galactique sud.

La constellation du Delta, placée là, tout près, symbolise cette projection géométrique. Elle rappelle par son nom « Porte des dieux », que c’est par elle que les dieux (les astres), projetés par la semence de Zeus, arrivent sur la tête du « Serpent ouroboros (qui se mord la queue) », autre nom du zodiaque.

Cent vingt degrés plus loin se trouve Régulus l’étoile du Lion marquée par un triangle avec un œil au centre dans les monomères[11] qui marque le début du signe sidéral du Lion.

C’est l’éclair de Zeus qui trace un triangle de feu à partir du centre du monde, du centre galactique, indiqué par l’étoile de l’arc qui va se projeter à 120° d’un côté et 120° de l’autre.

Quoiqu’il en soit, nous avons là un triangle équilatéral révélant, pour ceux qui savent décrypter les symboles, l’architecture sacrée du zodiaque sidéral.

Le triangle équilatéral dans toutes les traditions : un symbole cosmogonique

En clair le symbole de la création de l’univers à partir du point primordial

Et semble se rattacher au berceau de l’humanité

Le triangle est la première forme géométrique possible

Traditionnellement il rend compte à la fois de l’essence du divin et de la matière dans sa plus grande pureté.

En Inde ce triangle a une importance particulière. Les yantras

Il apparaît dans ce que l’on appelle les yantras, des diagrammes cosmogoniques, qui racontent la création de l’univers.

À l’origine le Bindu « goutte » « point ». Sans position ni magnitude où se trouve concentré toute la dynamique créatrice, il représente l’univers dans sa forme non manifestée. À partir de lui se produit l’expansion du monde, qui y revient lorsqu’il a achevé son cycle cosmique.

Ce point devient Nada Bindu « point vibrant » (nada « son » « vibration ») se compose de deux pôles magnétiques auxquels ont été attribués par nécessité dialectique des noms et des couleurs

Shiva (bienfaisant) bindu blanc qui représente la conscience transcendantale statique ou encore la lumière. Shakti bindu rouge (Pouvoir, Force, Énergie), le feu.

En fait deux en un ou plutôt composé de deux pôles magnétiques : un rouge à l’intérieur d’un blanc. Il se dédouble.

Le premier qui se manifeste est le rouge féminin : Il sort mais fait retour l’énergie entre les deux se manifeste. Un troisième bindu alors apparaît, venu des deux issus du dédoublement. Il forme le premier triangle, le triangle primordial ou Mulatrikona (triangle racine) figure de base de tous les yantras.  

En résumé :

  • Un seul bindu exprimant l’état d’existence pure soit de non-manifestation
  • Deux bindus signifient la dissociation du Maha (Grand, Primordial) bindu, l’état de distanciation, de création
  • trois bindus forment le triangle, la « première figure rectiligne qui définit la dimension », ils annoncent la durée et les limites de l’expérience qui doit être mesurée.

Ces trois points sont en rapport avec les trois syllabes du son A U M .

À partir de là, l’univers entre en expansion. Ainsi ce premier yantra, composé de trois triangles symbolise l’univers émergeant des eaux cosmiques[12] pour aboutir au déploiement de l’univers manifesté, symbolisé par le Shri yantra.

Le Shri Yantra

Le Shri (Illustre, vénéré, Seigneur) Yantra symbolise tout le processus de la création du déploiement de l’univers manifesté. Une illustration du champ cosmique dans lequel s’inscrit la création Il se distingue des autres en tant qu’il projette la totalité. C’est le plus célèbre.

Du point original qui s’inscrit dans ce premier triangle

se créent quatre triangles dressés statiques (Shiva) et quatre inversés symbolisant l’énergie de la Shakti. Shiva pointe en haut représente l’aspect statique de lq réalité supérieure  Shakti l’énergie cinétique de l’univers sensible. Les triangles entrecroisés, symbolisant la transformation des principes masculin et féminin à partir du chaos primordial des éléments. Le yantra est placé dans des cercles symboles des révolutions des planètes et donc du ciel et dans un carré symbole de la qualité matérielle de la nature.

Gopala yantra

Vishnu l’aspect du soleil radieux, celui qui maintient la création, L’Immanent.

Gopala (Bouvier) yantra celui de Vishnu adolescent, lorsque bouvier charmait les gopis (les bergères, en fait les âmes) en jouant de la flûte.

Ce yantra est fait de deux triangles entrecroisé sous la forme d’un hexagone.

Le triangle pointe en haut est identifié au principe masculin statique.

Pointe en bas au principe féminin shakti dynamique. Les deux triangles égaux symbolisent la maintenance de l’univers entre stabilité et énergie.

C’est l’union de Shiva et de Shakti se manifestant dans la création de l’univers objectif.

Le yantra est entouré des huit pétales en rapport avec les huit voyelles, les sons primordiaux, et de la guirlande formée des cinquante lettres de l’alphabet sanskrit qui participèrent à la création par leurs vibrations sonores.

Les yantras dans l’espace

En réalité ces triangles se déploient comme l’univers dans un espace à trois dimensions et non dans un plan

On peut donc représenter le triangle graphiquement sur une sphère

Ou comme en Inde les graver sur des pierres comme du cristal de roche

Comme ceux dessinés en relief sur des pendentifs

Sur le pendentif en coupole on voit le triangle initial pointe en haut au centre de deux triangles entrecroisés le tout dans deux carrés qui se croisent formant des triangles. Autour le serpent symbole d’énergie et de renouvellement. Au dos de ce pendentif est inscrit le son primordial qui a créé le monde.

Ou comme cet autre pendentif entouré des cinq serpents symboles des cinq tattvas les cinq énergies du monde

Au centre le triangle primordial pointe en haut entouré de trois triangles pointes en haut entrecroisés de trois triangles pointe en bas.

Là encore le son créateur le Verbe le Vak le son au trois syllabes A O M est inscrit en sanskrit par son symbole.

En Egypte le Benben « le triangle divin construit »

Le benben, pierre sacrée d’Héliopolis aux quatre pans triangulaires évoquant le rayonnement du soleil à son zénith vers les quatre direction de l’espace.

S’y posait le Phénix, une des formes du Soleil se renouvelant dans les eaux primordiales[13]

On y voyait aussi la pétrification du premier rayon solaire qui engendra le monde. Pierre de fondation, il rappelait le premier matin de la création.

Ici le pyramidion de la pyramide d’Amenemhat III (1842- 1794 av J.C.)

En pierre dure et sombre il se détachait par contraste avec le reste de la pyramide

On y voit un disque solaire ailé flanqué de deux uraeus. Entre les ailes deux yeux sont disposés au-dessus de grands signes hiéroglyphiques se référant à la beauté du dieu soleil Rê qui expliquent les hiéroglyphes illumine chaque jour de ses rayons le pyramidion. Dont cette face était orientée dans la direction du soleil levant.

Le pyramidion dans le Compagnonnage et en Franc-Maçonnerie

Dans le compagnonnage on y voit « le triangle divin construit » présentant ainsi quatre triangles équilatéraux.

Puis on va le retrouver en Franc-Maçonnerie au grade de Compagnon avec la pierre cubique à pointe, que nous avons vu sur le tableau de loge du Compagnon.

Or cette pierre cubique, dite « à pointe », en fait un cube surmonté d’un pyramidion, est aussi parfois représentée surmontée d’une hache.

Une hache sur un pyramidion de pierre ?

Mais n’est-il pas vrai que l’on peut y voir une forme architecturale bien souvent représentée dans l’art roman ? En particulier dans les clochers :

Elle nous montre un élément cubique en pierre, surmonté d’un pyramidion présentant quatre faces de tuiles ou d’ardoises ou de minces dalles de pierres (de lauzes), comme ici ce clocher dans la vallée du Vaucluse[14], ces dernières évidemment posées sur les quatre faces d’un pyramidion en bois ?

De la sorte le pyramidion ou ce « Delta construit » des Compagnons constructeurs surplombe le temple cubique tel celui de la Jérusalem céleste, dans lequel résonne la voix du Grand Architecte.

Chez les kabbalistes

Les diverses représentations du Delta sont issues de ce que l’on appelait l’étoile ou bouclier Magen David de David ou plus tard le sceau de Salomon, probablement inspirée des yantras indiens et dont la première apparition eut lieu sur un sceau hébraïque à Sidon (septième siècle avant notre ère).

Mais la plupart du temps les kabbalistes utilisèrent le triangle seul ou entouré de cercles.

Sur ce diagramme provenant du Séfer Yetsirah, Livre de la formation (provenant de Babylone vers le VI° siècle), on voit la Tétractys pythagoricienne (1+2+3+4=10) transposée avec les lettres du Tétragramme donnant un nombre de 72.

Le Tétragramme YHVH, l’hébreu s’écrivant de droite à gauche on lit hwhy soit : Yod y 10, Hé h 5 Vav w 6 Hé h 5

Soit à partir du sommet du Delta :

10 + 15 + 21 + 26 = 72

Les lettres aux trois angles du triangle sont en rapport avec les trois éléments :

Le Alef au sommet a Air ; à la base à droite le Mem m Eau ; à la base à gauche le Shin c Feu.

Les sept lettres dans le premier cercle les sept planètes

Elle se suivent dans le sens contraire des aiguilles d’une montre :

En commençant par le Beith b la Lune (en haut au-dessus du aleph a), Guimel Mars, Daleth le Soleil, Kaph Vénus,  Pé Mercure, Reish Saturne et Tav Jupiter

Et enfin douze autres lettres en rapport avec les signes du zodiaque. En commençant à gauche par le Hé h en correspondance avec le Bélier.

Toutes ces correspondances se trouvant dans le Sefer Yetsirah

Comme en Inde les cinquante lettres de l’alphabet sanskrit, les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque participent à la création du monde et à son organisation.

Retournons dans le temple maçonnique

Il est présent dans les loges bleues, soit dans les trois premiers degrés des différents rites.

Puis à différents degrés.

Au RER il est le bijou du quatrième grade

Au REAA, dans plus de la moitié des trente-trois degrés. Présents d’une manière ou d’une autre, dans le décor de la loge, en bijou, sur le cordon.

Ainsi par exemple :

Au 4ième Maître secret, i l est présent dans un cercle dans le cartouche à l’Orient avec l’Etoile à cinq branches en son centre.

Au Royal Arche 13ième Il est doublement présent, d’abord dans le décor affiché au mur à l’Orient puis retrouvé dans les souterrains du temple détruit : c’est le bijou d’Hiram un triangle d’or marqué du Tétragramme.

Il est doublement représenté au 27ième Souverain Commandeur du Temple : Deux Deltas rayonnant encadrent une étoile à cinq branches : L’un porte le Tétragramme hébraïque, l’autre la lettre J, mis pour le I première lettre de INRI.

Quant aux trois derniers degrés leur numéro 31, 32 ou 33 s’inscrit sur un Delta placé sur le cordon du grade.

De plus sur le cordon le symbole présente le Delta avec les symboles du grade

Deux poignards pour le 31ième deux épées pour les 33ième

les rayons sont d’or et les épées d’argent.


[1] Il est donc formé de trois angles de 120°

[2] Eratosthène, Le Ciel Mythes et histoire des constellations Nil éditions

[3] Marcus Manilius, Les astrologiques

[4] Eratosthène compte à partir de la planète la plus haute Saturne

[5] A cause de la composition du mouvement réel de la Terre autour du soleil ainsi que celui des autres planètes celles-ci paraissent décrire des courbes sinueuses compliquées dans le ciel tout en restant proches de l’écliptique.

Ainsi Jupiter fait onze boucles en onze ans faisant la douzième sur la première Saturne 28 en 29 ans. La figure est tirée de l’Astronomie populaire de Camille Flammarion, 1880.

[6] Hyginus Bibliothécaire d’Auguste De Astronomia Les Belles Lettres

[7] Hyginus d°

[8] Hyginus d°

[9] L’autre se trouvant au nord entre les Gémeaux et le Taureau.

[10] Aratos les Phénomènes

[11] Les trois-cent-soixante monomères sont des images représentant chacune n degré du zodiaque.

[12]. In La voie du Tantra Ajit Mookerjee et Madhu Khanna. Seuil

[13] En fait un héron cendré oiseau migrateur regagnant l’Egypte lors de l’inondation

[14] Clocher de l’abbaye de Sénanque (XII°/XIII° siècle). Gordes, Vaucluse.

Le président tunisien Kais Saied avait mis en garde contre la « franc-maçonnerie »… dans un pays où elle est interdite, étrange non ?

3

L’élection présidentielle tunisienne de 2024 a lieu le 6 octobre 2024 afin d’élire le président de la République tunisienne. Il s’agissait de la première élection de ce type depuis la promulgation de la Constitution de 2022. L’élection est boycottée par la majorité des partis politiques.

Le chemin vers l’élection a été semé d’embûches pour les rivaux du sortant Kaïs Saïed. Les candidats devaient recueillir le parrainage de dix parlementaires, quarante élus locaux ou 10 000 électeurs à raison de 500 au moins par circonscription.

Après avoir écarté de nombreuses candidatures, dont celles des principaux opposants à Kaïs Saïed, l’ISIE confirme les candidatures de deux personnalités en dehors du chef de l’État, celles des anciens députés Zouhair Maghzaoui et Ayachi Zammel, mais écarte celles de Mondher Zenaidi, Abdellatif Mekki et Imed Daïmi, qui avaient été réintégrées par le Tribunal administratif. Cette décision est cependant contraire à la Constitution, qui dispose que les décisions du Tribunal administratif ne peuvent faire l’objet d’un appel. Le 14 septembre, le Tribunal administratif ordonne à l’ISIE d’accepter ces candidatures, ce que cette dernière refuse, avant que l’Assemblée des représentants du peuple, de crainte de l’invalidation de la présidentielle par celui-ci, ne transfère, par un amendement controversé de la loi électorale, les attributions du Tribunal administratif à la Cour d’appel de Tunis.

Pour sa part, à quelques semaines du scrutin, Ayachi Zammel, qui a obtenu le soutien d’une partie de l’opposition, est emprisonné puis condamné à un total de treize ans et huit mois de prison dans trois procès pour des accusations de faux parrainages. Ces condamnations expéditives sont interprétées par plusieurs observateurs et des ONG comme un acharnement judiciaire visant à écarter sa candidature, celui-ci semblant pouvoir réaliser un bon score lors du scrutin. De même, la mise à l’écart ou l’emprisonnement d’autres candidats est également dénoncé.

Kaïs Saïed a emporté sans surprise avec 90 % des voix, pour un taux de participation d’un peu moins de 29 %. Devons-nous parler de dictature ?

En juillet dernier le journal Nawarab avait annoncé que le président mettait en garde contre les Francs-maçons. Très étrange dans un pays où ils sont totalement absents pour cause d’interdiction de pratique. Décidémment, les dictateurs ne reculent devant aucun mensonge pour se trouver des ennemis. Nous vous livrons intégralement l’article de Newarab ci-dessous.

Le président tunisien Kais Saied a décidé mercredi 24 juillet de « gracier » ses détracteurs emprisonnés à l’occasion de l’anniversaire de son coup d’Etat, et à deux mois d’une élection présidentielle cruciale. Il a aussi évoqué, de manière étrange, un complot de la « franc-maçonnerie » contre le pays. 

« Le président Kais Saied a signé un décret accordant une grâce présidentielle spéciale, qui élimine la peine pour plusieurs condamnés ayant commis des crimes liés à des publications sur les réseaux sociaux », a indiqué mercredi soir la présidence tunisienne dans un communiqué, qui concernait 233 prisonniers. 

La déclaration précise que la grâce ne s’étend pas aux personnes reconnues coupables d’autres crimes.

L’annonce a coïncidé avec le 67e anniversaire de la déclaration de la République tunisienne et le troisième anniversaire des mesures exceptionnelles de Saied le 25 juillet 2021, largement considérées comme un coup d’État .

Dans son discours du 15 janvier, Saied a également fait allusion à des « trahisons, à un ralliement au sionisme et à une implication dans des loges maçonniques en Tunisie ». Le président tunisien n’a pas donné de détails sur ces allégations mais a insisté, comme à son habitude, sur le fait qu’il « sait de quoi il parle ».

Sur un ton plus sincère, Saied s’est comparé à un prophète, affirmant qu’il est « un étranger, comme Salih parmi les Thamud… Un étranger parmi ceux à qui on a fait confiance et qui ont été trahis… Un étranger à ce système qui s’est récemment réformé et a conspiré. »

Selon l’histoire coranique, Dieu a envoyé le prophète Salih pour guider le peuple de Thamud vers le droit chemin, mais les Thamud ont rejeté le message de Salih et l’ont traité comme un paria.

« (…) Mais je ne suis pas un étranger parmi mon peuple », a-t-il ajouté dans son discours du jeudi 25 juillet.

Saied a pris ses fonctions à la suite d’élections libres en 2019, mais s’est emparé de pouvoirs supplémentaires en juillet 2021 lorsqu’il a fermé le Parlement élu et a décidé de gouverner par décret.

Depuis lors, il a étendu son emprise sur le pays, notamment en assumant l’autorité sur le système judiciaire en juin 2022 et en réprimant les critiques et l’opposition.

En février 2023, plusieurs personnalités politiques, militants et médias critiques à l’égard de son régime avaient été arrêtés pour « complot contre la sécurité de l’État ».

Au total, plus de 60 personnes ont été poursuivies en justice en vertu du décret 54 depuis son adoption, selon le Syndicat national des journalistes tunisiens. Rédigé pour lutter contre la cybercriminalité, le décret utilise des termes généraux tels que « fausses informations » et « atteinte à la sécurité de l’État », ce qui a suscité l’inquiétude du Comité des droits de l’homme de l’ONU et de Human Rights Watch. 

A deux mois de l’élection présidentielle, prévue le 7 octobre, les adversaires les plus potentiels de Saied sont soit en prison, soit jugés, soit disqualifiés.

Sa récente grâce est surprenante et contradictoire avec son déni de longue date de toute atteinte aux libertés dans le pays.

« Cette [grâce] confirme que les Tunisiens ont été poursuivis pour leurs fonctions à un moment où la liberté d’expression et d’opinion devrait être garantie par la constitution », a écrit l’ancien juge Omar al-Sifaoui dans Al-Araby Al-Jadeed , la publication en langue arabe sœur de  The New Arab . 

Les adieux de Burns aux francs-maçons

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Rob Morris

Robert Burns était-il le barde de la franc-maçonnerie ?

C’est dans la dernière partie de la sombre année 1786 que Robert Burns, le poète et le franc-maçon, rassembla ses pensées. Il n’avait pas grand-chose d’autre à rassembler, en prévision de son départ définitif de l’Écosse. Pour toujours ! Terrible mot pour l’expatrié, terrible pour le pauvre exilé qui se tourne vers son pays comme les Juifs se tournaient trois fois par jour pour prier, le visage tourné vers Jérusalem.

C’était terrible au plus haut point pour un homme comme Burns, qui, au plus haut patriotisme, ajoutait le plus vif goût pour les joies du foyer et les plaisirs en société. La déception avait laissé sa marque sur Robert Burns. L’indulgence envers les passions qui faisaient rage en lui comme les feux refoulés font rage sous le cratère scellé du volcan, avait entraîné pour lui ses conséquences légitimes : les réprimandes de conscience, la perte de l’amitié et, pire que tout, la perte du respect de soi.

Les contraintes de la Franc-Maçonnerie avaient été négligées, tandis que ses joies sociales étaient savourées avec ardeur ; en d’autres termes, nos principes avaient été fidèlement soutenus, tandis que nos vertus cardinales avaient été négligées. L’usage du Compas n’avait jamais été une bénédiction pour lui. Le génie subtil, les dons inégalés qui ont permis à Robert Burns de concevoir et d’exécuter The Cotter’s Saturday Night, ne pouvaient le confiner dans les voies ordinaires de la prudence, et même alors, il était un homme condamné.  

Il avait accumulé de lourdes dettes, telles que dans ce pays aride et peu entreprenant, il n’avait guère de chances de pouvoir les annuler. Il avait été sommé de trouver des garanties pour l’entretien de deux enfants, dont il lui était interdit de légitimer par un mariage légal. Comme il dédaignait de demander ou essayait en vain de trouver une aide pécuniaire en cette heure de besoin, il n’avait d’autre choix que la prison écossaise ou la fuite hors d’Écosse. Il avait choisi la deuxième solution. Après bien des ennuis, un de ses rares amis lui avait trouvé un poste d’assistant surveillant dans un domaine de la Jamaïque. Dans son propre langage amer :

Il vit le froid du nord-ouest du malheur,  Lang, rassembler un vent amer ;  un coup de couteau brisa enfin son cœur  . Qu’elle soit malheureuse !  Ainsi, il prit naissance devant le mâtd’une mer agitée.

Il avait dit adieu à tous ses amis, ils n’étaient pas nombreux, et aux scènes très nombreuses et très chères à leur cœur de poète. Il le fit en se cachant d’un endroit à l’autre sous toutes les terreurs d’une prison écossaise. Son coffre était sur la route de Greenock. Il avait composé la dernière chanson qu’il devait jamais jouer en Calédonie. Elle est chargée de pensées et de paroles solennelles, comme le lecteur le verra :  

La nuit sombre s’installe rapidement,  Le vent sauvage et inconstant rugit bruyamment,  Toi, nuage trouble, tu es souillé par la pluie,Je le vois se propager sur la plaine ;  Le chasseur a maintenant quitté la lande,  Les volées dispersées se rencontrent en sécurité,  Tandis qu’ici j’erre, vigilant avec précaution,  Le long des rives solitaires de l’Ayr.  

L’automne pleure son blé mûr,  déchiré par les ravages du début de l’hiver ;  à travers son ciel azur placide,  elle voit voler la tempête menaçante :  mon sang est glacé de l’entendre délirer,  je pense sur la vague orageuse,  où je dois affronter bien des dangers,  loin des belles rives d’Ayr.  

Ce n’est pas le rugissement des vagues déferlantes,  ce n’est pas ce rivage mortel et fatal ;  bien que la mort apparaisse sous toutes ses formes,  les misérables n’ont plus rien à craindre :  mais autour de mon cœur sont liés des liens,  ce cœur transpercé de bien des blessures ;  ceux-ci saignent à nouveau, ces liens que je déchire,  pour quitter les belles rives d’Ayr.  

Adieu les collines et les vallées de la vieille Coila,  ses landes bruyères et ses vallées sinueuses,  le lieu où vagabonde une imagination misérable,  poursuivant les amours passées et malheureuses !  Adieu mes amis, adieu mes ennemis,  ma paix avec ceux-ci, mon amour avec ceux-là ;  les larmes éclatantes que déclare mon cœur ;  adieu les belles rives d’Ayr.

Or, tous les autres sujets dont il se souvient ayant été marqués par les larmes du poète, le poète lui-même étant en route vers le port de Greenock pour rejoindre le navire qui devait être témoin de son dernier regard sur sa terre natale, son cœur se tourna amoureusement, mais involontairement, vers la franc-maçonnerie, car Robert Burns était un franc-maçon, préparé d’abord dans son cœur. Dans aucun des vastes folios, où se trouve le vaste catalogue de nos frères, anciens ou modernes, n’y a-t-il un personnage plus véritablement façonné par l’habileté maçonnique que le sien ? Nulle part, dans le langage expressif des Anciennes Constitutions, personne n’aurait « apporté du secours aux affligés, partagé le pain avec les pauvres travailleurs et mis le voyageur égaré sur la bonne voie » plus joyeusement que Burns.  

Il a très bien compris :

que quiconque, par amour de la connaissance, par intérêt ou par curiosité, désire être franc-maçon, doit savoir que, comme fondement et grande pierre angulaire, il doit croire fermement au Dieu éternel et rendre le culte qui lui est dû en tant que grand architecte et gouverneur de l’univers.

Robert Burns se conduisit donc en conséquence. Les livres des Loges d’Ecosse contiennent de nombreux documents qui mettent en valeur ses vertus maçonniques, et dans la Loge supérieure, la Grande Loge du Ciel, nous avons des raisons d’espérer que les livres du Grand Secrétaire portent également son nom. Personne ne déplore plus que ses frères les faiblesses de son caractère, mais quels que soient le nombre et l’étendue de ces défauts, ses frères protestent au nom de leur commune humanité contre les jugements inhumains qui ont été prononcés contre lui.

Si la dignité royale, la partialité divine, la sagesse illimitée de Salomon, premier grand maître de la maçonnerie spéculative, n’ont pu préserver ce prince de la paix des erreurs des passions, qui osera juger trop cruellement le fils d’un fermier de l’Ayrshire, élevé dans la misère et privé des plus ordinaires détentes de son âge ? « Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber. »  

Le cœur du frère Burns se tourna alors vers la franc-maçonnerie. Les heures heureuses, les amis honnêtes, les leçons instructives, les désirs élevés ! Que le frère qui lit ce croquis s’efforce de se mettre à la place du pauvre exilé, expatrié de lui-même et presque sans amis, et il comprendra l’acuité de ses angoisses ! Il lui revint alors une vision de sa dernière nuit maçonnique.

La présence du Grand Maître et de son noble adjoint, d’un groupe de gentilshommes courageux, les plus éminents de tout le pays, et lui-même avec le premier parmi les égaux de ceux qui « se rencontrent sur le niveau » pour « se séparer sur la place » – voilà le signal – c’était suffisant – assis au bord de la route, il griffonna au dos d’une vieille lettre ses adieux maçonniques. Combien de souvenirs de Grandes Loges et de Loges Subordonnées et de réunions sociales entre Francs-Maçons sont attachés à ces lignes bien connues :  

Adieu ! un adieu chaleureux et affectueux !  Chers frères du lien mystique !  Vous, favorisés, vous, quelques-uns des éclairés,  compagnons de ma joie sociale !  Même si je dois me rendre dans des pays étrangers  à la poursuite du sillage glissant de la fortune,  avec un cœur fondant et des yeux pleins de larmes,  je penserai toujours à vous, même si je suis loin.  

Souvent j’ai rencontré votre bande sociale  Et passé la joyeuse nuit de fête;  Souvent honoré d’un commandement suprême  Présidant sur les fils de lumière;  Et par ce hiéroglyphe brillant,  Que seuls les artisans ont jamais vu!  Un fort souvenir dans mon cœur écrira.  Ces scènes heureuses bien que lointaines!  

Que la liberté, l’harmonie et l’amour  vous unissent dans le grand dessein  sous l’œil omniscient  du divin architecte !  Que vous puissiez maintenir la ligne infaillible  Toujours en s’élevant selon la loi du plomb  Jusqu’à ce que l’ordre brille complètement –  sera ma prière lorsque je serai au loin.  

Et vous, adieu ! dont les mérites méritent  à juste titre de porter le plus haut insigne !  Que le ciel bénisse votre nom honoré et noble,  cher à la Franc-maçonnerie et à l’Écosse !  Permettez-moi ici une dernière requête,  lorsque chaque année vous vous réunissez tous,  en rond, je la demande avec une larme,  à lui, le barde, qui est au loin !  

Il plut à Dieu, dans cette crise, de changer la destinée de Robert Burns et d’épargner à l’Écosse et au monde ce cœur affectueux. Par une suite de circonstances presque miraculeuses, certainement sans précédent, il fut porté de manière inattendue à l’attention des cercles littéraires d’Édimbourg, alors comme aujourd’hui les plus classiques et les plus critiques du monde, et de l’avis général, la société le plaça au premier rang des poètes de son pays.

La renommée et le profit coulaient alors chaque soir vers lui. Sa plume était constamment sollicitée, sa compagnie recherchée partout et ses talents étaient appréciés à leur juste valeur. L’Ordre maçonnique ajoutait son jugement à celui d’une nation qui l’approuvait. Le Très Vénérable Grand Maître Charters, accompagné de tous les membres de la Grande Loge d’Écosse, visitant une Loge dans laquelle Burns se trouvait par hasard, porta gracieusement un toast : « Calédonie et le barde de Calédonie, frère Burns ! » Ce toast retentit dans toute l’assemblée avec des honneurs multipliés et des acclamations répétées.  

Mais il est parti. Le 21 juillet 1796, Robert Burns mourut. Plus de dix mille personnes accompagnèrent sa dépouille jusqu’à la tombe, où un spectateur observa :

C’était un spectacle impressionnant et lugubre, de voir des hommes de tous rangs, de toutes convictions et de toutes opinions, se mêler comme des frères et marcher côte à côte dans les rues de Dumfries, avec les restes de celui qui avait chanté leurs amours, leurs joies et leurs affections domestiques, avec une vérité et une tendresse que personne n’a peut-être égalées depuis.

Il est parti, et ici, dans un pays lointain, un humble admirateur de son génie, adresse à sa mémoire les lignes suivantes :  

LES MAÇONS AMÉRICAINS À ROBERT BURNS

Et toi, très doux barde, quand nous enchâsserons nos pierres précieuses,  toi le joyau le plus brillant, le plus précieux, tu brilleras,  tu brilleras de l’est jusqu’au lointain ouest,  tandis que le matin nous appellera ou que le soir se reposera.

Le soleil se lève sur les collines lointaines de Scotia,  la journée de travail commence, le veut le Grand Maître,  mais les lumières des Loges brillent encore de gaieté,  loin à l’ouest où nous, les francs-maçons, nous sommes rencontrés.  

Il y a des chansons pour les mélodieux, des paroles gentilles pour les aimables,  il y a de la joie pour les sociables et de la lumière pour les aveugles :  mais quand nous nous soulevons, prépare-nous à partir,  d’un seul cœur et d’un seul sentiment, nous chanterons ton adieu.  

Un adieu émouvant, aux favorisés et aux brillants,  Une pensée douloureuse, pour le soleil couché dans la nuit,  Une tournée au barde sur qui les malheurs sont arrivés, Une prière pour que ton esprit puisse demeurer avec les francs-maçons.  

Quand la liberté et l’harmonie béniront notre dessein,  nous penserons à toi, frère, qui aimais chaque ligne :  et quand des nuages ​​sombres entoureront notre temple,  ton cœur courageux nous encouragera là où les vertus ont été trouvées.  

Au-delà du vaste océan, deux mains s’uniront,  Colombie, Écosse, le symbole est lumineux !  Le monde, une seule Grande Loge, et le ciel au-dessus.  Seront témoins du triomphe de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour,  

Les Iluminati se sont-ils invités dans la pop culture d’aujourd’hui ?

De notre confrère geo.fr

Ce qu’il faut savoir sur la théorie du complot des Illuminati. La théorie des Illuminati, qui prétend qu’une société secrète contrôle le monde dans l’ombre, reste l’une des théories du complot les plus persistantes et répandues. Voici les éléments clés à connaître sur ce phénomène :

Origines et évolution

Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US
Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US

La théorie trouve ses racines à la fin du XVIIIe siècle, avec la publication d’ouvrages comme celui de John Robison en 1797. À l’origine, elle visait un groupe réel d’intellectuels allemands appelés les Illuminés de Bavière, fondé en 1776 et dissous en 1785. Bien que cette organisation n’ait existé que brièvement, le mythe des Illuminati a perduré et s’est transformé au fil des siècles.

Contenu de la théorie

Selon les adeptes de cette théorie, les Illuminati seraient une puissante organisation secrète composée d’élites influentes qui manipuleraient les événements mondiaux à leur avantage. Cette théorie attribue aux Illuminati une influence sur des événements historiques majeurs, de la Révolution française aux attentats du 11 septembre1.

Popularité actuelle

Malgré l’absence de preuves, la théorie des Illuminati reste étonnamment populaire. En France, un sondage de 2018 a révélé que 27% des personnes interrogées croyaient à l’existence des Illuminati. Aux États-Unis, 15% des électeurs inscrits partageaient cette croyance.

Explications du phénomène

Delta lumineux sur PC portable
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Les experts attribuent la persistance de cette théorie à plusieurs facteurs :

  1. La simplification d’un monde complexe
  2. La recherche de sens face à l’incertitude
  3. La méfiance envers les élites et les institutions

Conclusion

Bien que dénuée de fondement historique, la théorie des Illuminati continue de fasciner et d’attirer de nouveaux adeptes. Elle illustre la capacité des théories du complot à s’adapter et à perdurer, malgré les réfutations répétées des historiens et des chercheurs4

Une société secrète appelée les Illuminati contrôlerait la marche du monde

Illuminés de Bavière

Les enquêtes laissent songeur. Quelque 15 % des adultes américains se disent convaincus qu’une société secrète appelée les Illuminati contrôle la marche du monde (sondage Insider, juillet 2019). «Ce nom agrège toutes les peurs mais aussi tous les fantasmes», relève l’historien Pierre-Yves Beaurepaire, dans Les Illuminati, de la société secrète aux théories du complot (éd. Tallandier, 2022). En France, 27 % des interrogés souscrivent à cette idée (sondage Ifop / Fondation Jean-Jaurès / Conspiracy Watch de décembre 2018). Et cela n’a rien de nouveau puisqu’un sondage Ipsos a montré dès 2014 que 36 % des jeunes Français de 18-24 ans croyaient dur comme fer à cette théorie. Les stars américaines du rap (LL Cool J, Jay-Z, par exemple) seraient dans le coup, croient savoir certains. Des stars de téléréalité, aussi, comme Khloé Kardashian. La «preuve» : la Californienne a été photographiée portant une bague rappelant l’oeil de la Providence, symbole que les complotistes associent volontiers aux fameux Illuminati.

Un juriste bavarois fonde sa propre société initiatique en 1776

Mais qui sont donc ces «Illuminés », qui s’invitent avec insistance dans les cours de récréation et envahissent les réseaux sociaux ? Leur véritable histoire n’a bien sûr pas grand-chose à voir avec le fantasme : à la fin du XVIIIe siècle, c’est un juriste bavarois, Adam Weishaupt (1748-1830), titulaire de la chaire de droit canon à l’université d’Ingolstadt, qui en est à l’origine. Disciple des Lumières, l’homme partage les idées progressistes de la franc-maçonnerie et des 18 000 frères implantés dans cette mosaïque de peuples et de principautés qui compose alors l’Allemagne. Mais Weishaupt, anticlérical et républicain, reproche aussi aux francs-maçons de se montrer trop tolérants envers la religion et les monarchies, déplorant par exemple l’existence en leur sein de loges ouvertement royalistes. Pour ce farouche jacobin, la priorité doit être la lutte contre le despotisme, l’obscurantisme et le fanatisme religieux.

En 1776, il fonde sa propre société initiatique, qui s’adresse aux universitaires, hauts fonctionnaires et personnalités politiques, en un mot à une élite d’«éclairés» (dans le sens du mot latin illuminati). «Cherchez des hommes nobles, puissants, riches, savants», écrit-il à ses premiers compagnons chargés de recruter de nouveaux membres. Pour échapper à la censure, cet ordre des Illuminés (Illuminatenorden en allemand) sera secret et doté d’une hiérarchie pyramidale quasi militaire dont Weishaupt sera le «général». Ses membres auront un pseudonyme, lui-même prenant celui de Spartacus en référence au gladiateur qui souleva les esclaves contre la République romaine.

Un ordre qui ne comptera au plus que 3 000 membres

En dépit de ses préventions, Weishaupt, conscient que la franc-maçonnerie constitue un vivier de choix pour recruter des adeptes, se fait recevoir au sein d’une loge munichoise. Pourtant, en dépit de l’intense activité de Weishaupt et de ses lieutenants, l’ordre comptera au plus, selon les estimations des historiens, entre 1 500 et 3 000 membres, essentiellement dans les pays rhénans, en Autriche et en Suisse, avec quelques personnalités de premier plan comme Goethe et, peut-être, Mozart. En 1785, alors que les Illuminés, à l’instar de toutes les sociétés secrètes – telles la Société du ciel et de la Terre, en Chine – sont dans le collimateur des autorités, l’interception d’un courrier de Weishaupt destiné à des francs-maçons français va précipiter leur chute. Le très catholique duc de Bavière, Charles-Théodore, en profite pour dénoncer publiquement un complot et fait publier dans les journaux les statuts et les règlements internes des Illuminati, ainsi que les noms de leurs principaux membres. L’ordre est dissous. Il aura subsisté neuf ans seulement. Weishaupt, contraint de s’exiler, se réfugie à Gotha, en  uringe, sous la protection du duc de Saxe et renonce à ses activités secrètes.

Quatre ans plus tard, en 1789, la prise de la Bastille marque le début de la Révolution française. L’exécution de Louis XVI, la proclamation de la République, la répression du clergé, puis la Terreur, vont faire trembler les monarchies européennes et l’Église de Rome. La paix civile revenue, les tenants de l’Ancien Régime s’interrogent. Il leur semble inimaginable que le peuple se soit soulevé de lui-même contre son roi et soit parvenu en moins de trois ans à balayer la plus ancienne monarchie d’Europe. «Tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué», écrit l’abbé Augustin Barruel (1741-1820), ancien élève des jésuites exilé en Angleterre pour fuir les excès des sans-culottes, dans son livre Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, dont le premier tome paraît en 1797. Ce fut un complot ourdi par les francs-maçons et plus particulièrement, estime-t-il, par leur branche la plus radicale, les «Illuminés de Bavière». Weishaupt n’a-t-il pas écrit noir sur blanc : «Les princes et les nations doivent disparaître de la surface de la terre […] et cette révolution doit être l’oeuvre de sociétés secrètes» ? Pour faire bonne mesure, Barruel leur adjoindra les Juifs, accusés de partager la même détestation du trône et de l’autel.

En cette même année 1797, l’universitaire écossais John Robison (1739-1804) publie de son côté Preuves de conspirations contre toutes les religions et tous les gouvernements de l’Europe, un essai dans lequel il développe des arguments identiques. Les deux ouvrages remportent un succès considérable. En traduisant dans le sien «Illuminés » par Illuminati, un nom mystérieux «qui fascine autant qu’il effraie», souligne Pierre-Yves Beaurepaire, Robison est loin d’imaginer la fortune que va connaître ce mot.

Dès 1801, les progressistes contre-attaquent. «La France entière fut illuminée, puisque tous les ordres de l’État voulurent limiter le pouvoir du monarque », ironise l’un d’entre eux, Jean-Joseph Mounier, juriste réputé, ancien député du tiers état aux états généraux de 1789 et partisan d’une monarchie constitutionnelle (De l’influence attribuée aux philosophes aux francs-maçons et aux illuminés, sur la Révolution de France). Peine perdue, le mythe l’emporte sur la raison. Il a sur elle l’avantage d’abolir la part de hasard qui participe à tout événement historique, ce hasard que l’historien et journaliste Christophe Bourseiller qualifie d’ennemi mortel de la religion complotiste, pour qui tout obéit à une logique maléfique. Le paradoxe est là : la théorie du complot rassure – car on sait que les dés sont pipés – autant qu’elle fait peur, puisque des puissants invisibles dirigent le monde.

Suspectés d’être derrière tous les complots au XIXè siècle

Cette image fournie par la Bibliothèque du Congrès montre une chromolithographie intitulée « Washington en tant que franc-maçon, commandant de l’armée américaine, 1775, président des États-Unis, 1789 », publiée vers 1870. Les francs-maçons comptaient de nombreuses personnalités comme Washington parmi leurs membres et leurs membres. Cette influence a alimenté les rumeurs suggérant que l’organisation fraternelle était une conspiration satanique déterminée à gouverner le monde (Strobridge & Co. Lith./Bibliothèque du Congrès via AP).

Au XIXe siècle, les Illuminati sont ainsi suspectés d’être derrière tous les complots, de la mort du président des États-Unis George Washington à l’épopée des carbonari, une société secrète qui lutte contre la domination napoléonienne dans le royaume de Naples, en passant par les révolutions sud-américaines menées par le Vénézuélien Simón Bolívar dans plusieurs pays du sous-continent.

La littérature, de son côté, popularise le fantasme de cette secte qui tirerait les ficelles dans l’ombre. Citons un roman gothique allemand : Der Genius, de l’auteur Karl Grosse, traduit en anglais par un pasteur luthérien et publié à Londres en 1796 sous le titre de Horrid Mysteries. Le pitch ? Des Illuminati côtoient des femmes proches du jacobinisme qui accordent des faveurs sexuelles pour s’emparer du monde. Une fiction qui ouvrira la voie, bien plus tard, à des bestsellers contemporains comme Illuminatus !, trilogie entre satire et science-fiction des écrivains Robert Anton Wilson et Robert Shea (1975) et Anges et démons (2000), de Dan Brown (paru sous le titre Illuminati dans l’édition allemande).

Mais les Illuminati n’inspirent pas que des écrivains. Ils hantent aussi l’univers Marvel (le monde imaginaire dans lequel évoluent la plupart des personnages de fiction de la maison d’édition américaine Marvel Comics et de ses franchises cinématographiques) : les super-héros Iron Man, Flèche noire, Namor, Professeur Xavier et Mr Fantastique font partie du club. On retrouve aussi les Illuminati dans les jeux vidéo (comme dans l’épisode Unity de la saga Assassin’s Creed, 2007), et au cinéma. Dans Tomb Raider (2001), par exemple, l’héroïne Lara Croft démasque à Venise l’une de leurs assemblées secrètes.

Des Illuminés censés être éclairés, qui font florès dans les noirceurs d’une époque angoissée… Voilà une postérité que n’aurait sans doute pas imaginé le respectable Adam Weishaupt, pourtant ouvert aux pensées à contre-courant.

Le GOL entame la révision de sa constitution pour permettre aux femmes d’entrer

De notre confrère portuguais cnnportugal.iol.pt – Par Catherine Guerreiro

Le sujet commence à être débattu cet après-midi lors d’une réunion qui se déroule au Palais maçonnique et présidée par Manuel Machado. Le Grand Orient Lusitanien (GOL) a commencé ce samedi à débattre de la modification de sa constitution afin que les femmes puissent entrer dans l’obédience. Selon CNN Portugal, le parlement maçonnique, connu en interne sous le nom de Grande Diète, et qui comprend 200 francs-maçons, s’est réuni samedi après-midi, dans le plus grand temple du palais maçonnique, à Bairro Alto.

« Nous allons ouvrir le processus de révision de la constitution pour que le GOL puisse commencer à introduire des femmes dans ses loges »

a confirmé un franc-maçon à CNN Portugal, rappelant que la question promet de continuer à susciter la polémique. En effet, certaines loges, notamment dans la région de Porto, s’opposent à l’entrée des femmes franc-maçonnes, certains « frères » menaçant de se retirer de l’obéissance si cela devait se produire.  

L’ensemble du débat à la Grande Diète sera dirigé par Manuel Machado, le socialiste qui a présidé pendant des années la mairie de Coimbra et l’Association nationale des municipalités. Il a été élu parmi les francs-maçons pour présider ce parlement maçonnique et avant que ne commence ce processus de révision de la loi, Manuel Machado a demandé un avis au tribunal maçonnique pour savoir si l’entrée des femmes devrait même être soumise à un changement constitutionnel ou à une une simple modification des statuts suffirait. CNN Portugal sait que le tribunal, présidé par le franc-maçon Francisco Pimentel, a estimé qu’autoriser les femmes à rejoindre le GOL pourrait, à la lumière du droit interne actuel, être inconstitutionnel. Ainsi, la position du tribunal maçonnique est devenue claire : il faut changer la constitution pour 
que le GOL devienne une obédience mixte.

Face à cette conclusion, le parlement maçonnique s’apprête à entamer le processus, et, selon des sources maçonniques, la révision constitutionnelle nécessite pour l’approuver les deux tiers des francs-maçons de la Grande Diète. Parmi les arguments de ceux qui soutiennent que la Constitution doit être modifiée, il y a le fait que les lois du GOL « dans certains articles font référence au mot homme avec une lettre minuscule et dans d’autres avec une lettre majuscule ». « L’idée est de changer l’être humain », révèle un autre franc-maçon. 

La plupart des Loges sont favorables

L’entrée des femmes fait depuis longtemps l’objet d’une consultation dans les 103 Loges GOL. La majorité, comme l’a déjà révélé le Grand Maître lui-même, Fernando Cabecinha, est d’accord avec l’idée d’accepter les femmes. Tout ce processus d’audition des Loges a été centralisé par Eurico Reis, un autre membre de GOL, qui a préparé un rapport qu’il a remis au Grand Maître.

Tous les cinq ans, il est possible de changer la constitution au sein du GOL, ce qui se produit cette année 2025, au cours de laquelle le débat le plus animé promet d’être l’ouverture des portes aux femmes.

Lire à ce sujet un article sur ce thème du 13 août 2021

Allan Rich vous donne un cours pour démasquer votre voisin Franc-maçon

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Chaque semaine, la rédaction essaie de débusquer un spécimen rare. Nous pensons que celui-ci est le grand gagnant du mois. Il donne (gratuitement) un cours de 5 minutes pour démasquer un Franc-maçon lorsqu’on va faire une affaire et qu’on soupçonne l’individu de faire partie de « la pieuvre ». Sa méthode semble assez redoutable. Il affirme par exemple qu’un Franc-maçon n’a pas le droit de se dévoiler. Vous l’avez compris, notre héros du jour connait tous les secrets de notre Art. Décidémment, Michel Audiard avait raison, ils osent tout !

La Franc-maçonnerie dans la presse mexicaine

De notre confrère dclm.es – Par le journaliste Arriacan Julio Martínez

La deuxième édition du livre « La franc-maçonnerie dans la presse mexicaine à la fin du XIXe siècle », édité par Oceano Atlántico Editores, vient de paraître. L’auteur est l’historien et journaliste Julio Martínez, spécialiste du sujet, qui – dans cet essai historique – analyse les représentations que les médias mexicains ont faites sur cette sociabilité dans les derniers instants du XIXe siècle.

« C’est à ce moment-là qu’un changement de paradigme s’est produit. Cela est passé des « journaux d’élite » aux « médias de masse » », explique le responsable du travail. « C’est pourquoi il est si intéressant d’analyser le traitement de sujets aussi brûlants à l’époque que la maçonnerie, qui a produit des adhésions et des oppositions incassables. » Ce n’est pas en vain qu’on a tenté d’aborder la construction de l’image de ladite Fraternité, si vilipendée par certains, mais – en même temps – si louée par d’autres…

Et pour cela, Martínez García a sélectionné trois journaux du Mexique porfirien, qui représentent des courants de pensée et de journalisme antagonistes. D’un côté,  El Tiempo,  un journal d’opposition, catholique et très belliqueux avec tout ce qui est fraternel. D’autre part,  Le  Parti Libéral , un titre non conservateur, mais partisan de Porfirio Díaz, donc son traitement de la Confrérie dépendait des intérêts gouvernementaux de chaque moment.

Enfin,  Diario del Hogar , un journal qui défend le libéralisme, mais critique le système mis en place par le général d’Oaxaca. De plus, son directeur – Filomeno Mata – était franc-maçon, son approche de l’Ordre était donc plus positive. Nous avons ainsi tenté de couvrir pratiquement tout le spectre des idées du moment, de comprendre la manière dont l’image de la Confrérie s’est construite à partir de différentes positions.

Ainsi, une tentative a été faite pour faire la lumière sur l’entité susmentionnée. « Lorsqu’on parle de cette Fraternité, de sombres réceptacles et des théories du complot viennent à l’esprit de beaucoup d’entre nous. Une sorte de « main invisible » qui aspire à dominer l’Humanité. Cependant, cette vision est une « légende noire ». Ce n’est pas vrai », confirme Julio Martínez. « Ce récit égoïste s’est construit au fil des siècles, poussé par certains qui – d’une manière ou d’une autre – voulaient discréditer les loges. Les responsables de l’Église catholique et un grand nombre de dictatures ont été responsables de la construction de cette image, en utilisant – pour ce faire – tous les outils à leur disposition.»

Cependant, tout n’est pas noir ou blanc. « En tant qu’organisation humaine qu’ils sont, les quartiers généraux de l’initiation ont présenté – tout au long de leur existence – des lumières et des restes. Vous ne pouvez pas tomber – ni – dans la « perspective angélique ». Mais bien sûr, la Confrérie n’est pas – loin de là – un groupe satanique ou luciférien qui cherche à dominer la planète pour établir un « nouvel ordre mondial ». Il faut tenir compte du fait qu’il y a eu des théoriciens du complot toute notre vie.

C’est pour cette raison qu’il est important de continuer à rechercher ce type d’entités. En outre, « cela doit se faire à partir d’une analyse sereine, honnête et précise, afin de pouvoir cimenter notre passé de manière ferme et démocratique, afin que – de cette manière – les générations futures connaissent un peu mieux l’avenir de notre pays. société», souligne Julio Martínez García. Dans ce contexte, il faut comprendre des initiatives telles que le livre « La franc-maçonnerie dans la presse mexicaine à la fin du XIXe siècle », long de 171 pages.

« J’ai travaillé à partir de sources, tant primaires que secondaires. Cependant, je n’ai pas voulu laisser de côté la perspective pédagogique, avec l’utilisation d’un langage agile et simple », a déclaré Julio Martínez. « Même si j’ai utilisé le genre essai, je voulais aussi que le livre soit divertissant », ajoute-t-il. Il s’agit également du premier titre de la collection « À la découverte de la franc-maçonnerie », promue par Atlántico Atlántico Editores. « Cette proposition comprendra un ensemble sélectionné d’essais académiques et informatifs rédigés par des auteurs espagnols et d’autres régions du monde », expliquent les responsables de l’entreprise. La deuxième édition du livre précité est désormais en vente, dans la  boutique en ligne de l’éditeur, au prix de 17 euros .

L’AUTEUR

Julio Martínez García est diplômé en journalisme de l’Université Complutense de Madrid et diplômé en histoire de Salamanque, où il a également réalisé un master en études latino-américaines, en collaboration avec l’Université Paris 3-Sorbonne-Nouvelle. De même, il a étudié les masters « Histoire de la franc-maçonnerie en Espagne », « Journalisme transmédia » et « Communication scientifique » à l’UNED.

Il a travaillé comme reporter dans des médias locaux et régionaux à Guadalajara, Castilla-La Mancha et Saragosse, parmi lesquels se distinguent Henares Al Día, Aragón Press, Noticias Guadalajara, Guadalajara 2000 et Nueva Alcarria. Il a également travaillé à Cadena SER, à Punto Radio, à l’Agencia EFE (dans sa délégation CDMX), à Wall Street International, à El Confidencial, à El Obrero et dans des sociétés journalistiques mexicaines, où il a été spécialiste politique et scientifique. , culture et environnement. Actuellement, il collabore avec la revue Quercus, avec le deuxième titre La Plazuela, avec El Decano de Guadalajara et avec El Asombrario, une publication associée au journal Público.

Il a également été professeur d’espagnol à l’Université d’Evry-Val d’Essonne (près de Paris) et d’histoire au Williams College, situé au Mexique. En France, il a également été éditeur de contes pour enfants, tandis qu’en 2016, il a été conseiller de l’Ateneo Español de México, une institution fondée en 1949 par des espagnols exilés dans ce pays américain.

Martínez a participé à plusieurs conférences académiques à Puebla (Mexique), Paris, Lisbonne, Madrid, Gijón, Gibraltar, Ceuta et Guadalajara (Espagne), axées sur la communication, le journalisme et l’histoire. Il a à son actif une douzaine d’articles scientifiques dans des publications internationales. Il est l’auteur de divers ouvrages, tant collectifs que solo. Parmi eux, « La franc-maçonnerie à Guadalajara », « La liberté d’expression et de la presse dans les Constitutions du Mexique de 1917 et de l’Espagne de 1931 », « La franc-maçonnerie dans la presse mexicaine à la fin du XIXe siècle », « Guadalajara, terre de légendes » et  » Guadalajara : histoire d’un jumelage entre l’Espagne et le Mexique », en collaboration avec l’historien Jesús Peguero Rastrollo.

Précisément, Martínez a été commissaire de l’exposition qui commémore le jumelage entre les deux Guadalajaras, espagnole et mexicaine, inaugurée en 2023. Entre 2015 et 2020, il a été membre de l’équipe éditoriale de la revue académique « Mundo Histérico : Revista de Enquête ». De même, en 2015, il a fait partie du corps professoral de l’Université de Salamanque, représentant la Faculté de Géographie et d’Histoire, et a donné des conférences et des cours de courte durée en Espagne, au Mexique et en France.

La Franc-maçonnerie et les rites romains cryptiques de Mithra

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Manly P. Hall

Le troisième volet du chapitre de Manly P. Hall sur les mystères antiques enquête sur le lien entre la franc-maçonnerie et les rites romains cryptiques de Mithra – leur origine, leur diffusion et leur impact non seulement sur la société romaine mais sur le tissu même de la maçonnerie moderne.

Lorsque les mystères persans ont immigré dans le sud de l’Europe, ils ont été rapidement assimilés par l’esprit latin. Le culte s’est rapidement développé, en particulier parmi les soldats romains, et pendant les guerres de conquête romaines, les enseignements ont été portés par les légionnaires dans presque toutes les parties de l’Europe. Le culte de Mithra devint si puissant qu’au moins un empereur romain fut initié à l’ordre, qui se réunissait dans des cavernes sous la ville de Rome. Au sujet de la propagation de cette école de mystères dans différentes parties de l’Europe, C. W. King, dans ses Gnostiques et leurs restes, dit :

« Les bas-reliefs mithriaques taillés sur les faces des rochers ou sur des tablettes de pierre abondent encore dans les pays anciennement les provinces occidentales de l’Empire romain ; il en existe beaucoup en Allemagne, plus encore en France, et dans cette île (la Grande-Bretagne) ils ont souvent été découverts sur la ligne du mur des Pictes et sur le célèbre mur de Bath.

Alexander Wilder, dans sa Philosophie et éthique des zoroastres, déclare que Mithra est le titre Zend pour le soleil, et qu’il est censé habiter à l’intérieur de cet orbe brillant. Mithra a un aspect masculin et un aspect féminin, bien qu’il ne soit pas lui-même androgyne. En tant que Mithra, il est le gué du soleil, puissant et rayonnant, et le plus magnifique des Yazatas (Izads, ou Génies, du soleil). En tant que Mithra, cette divinité représente le principe féminin. L’univers mondain est reconnu comme son symbole. Elle représente la Nature comme réceptive et terrestre, et comme féconde seulement lorsqu’elle est baignée dans la gloire de l’orbe solaire. Le culte mithriaque est une simplification des enseignements plus élaborés de Zarathoustra (Zoroastre), le magicien persan du feu.

Selon les Perses, deux principes ont coexisté dans l’éternité. Le premier d’entre eux, Ahura-Mazda, ou Ormuzd, était l’Esprit du Bien. D’Ormuzd sont sortis un certain nombre de hiérarchies de bons et beaux esprits (anges et archanges). Le second de ces principes éternellement existants s’appelait Ahriman. C’était aussi un esprit pur et beau, mais plus tard, il s’est rebellé contre Ormuzd, étant jaloux de son pouvoir. Cependant, cela ne se produisit qu’après qu’Ormuzd eut créé la lumière, car auparavant Ahriman n’avait pas été conscient de l’existence d’Ormuzd. À cause de sa jalousie et de sa rébellion, Ahriman est devenu l’Esprit du Mal. De lui-même, il individualisa une foule de créatures destructrices pour nuire à Ormuzd.

Quand Ormuzd créa la terre, Ahriman entra dans ses éléments les plus grossiers. Chaque fois qu’Ormuzd faisait une bonne action, Ahriman y mettait le principe du mal. Finalement, quand Ormuzd créa la race humaine, Ahriman s’incarna dans la nature inférieure de l’homme, de sorte que dans chaque personnalité l’Esprit du Bien et l’Esprit du Mal luttent pour le contrôle. Pendant 3 000 ans, Ormuzd a régné sur les mondes célestes avec lumière et bonté. Puis il a créé l’homme. Pendant encore 3 000 ans, il a gouverné l’homme avec sagesse et intégrité. C’est alors que la puissance d’Ahriman a commencé, et la lutte pour l’âme de l’homme se poursuit tout au long de la période suivante de 3 000 ans. Au cours de la quatrième période de 3 000 ans, le pouvoir d’Ahriman sera détruit. Le bien reviendra dans le monde, le mal et la mort seront vaincus, et enfin l’Esprit du Mal s’inclinera humblement devant le trône d’Ormuzd. Alors qu’Ormuzd et Ahriman luttent pour le contrôle de l’âme humaine et pour la suprématie dans la Nature, Mithra, Dieu de l’Intelligence, joue le rôle de médiateur entre les deux. De nombreux auteurs ont noté la similitude entre le mercure et Mithra. Comme le mercure chimique agit comme un solvant (selon les alchimistes), Mithra cherche à harmoniser les deux opposés célestes.

Il y a beaucoup de points de ressemblance entre le christianisme et le culte de Mithra. L’une des raisons en est probablement que les mystiques perses ont envahi l’Italie au cours du premier siècle après Jésus-Christ et que l’histoire primitive des deux cultes était étroitement liée. L’Encyclopædia Britannica fait la déclaration suivante concernant les mystères mithriaques et chrétiens :

« L’esprit fraternel et démocratique des premières communautés, et leur origine humble ; l’identification de l’objet de l’adoration avec la lumière et le soleil ; les légendes des bergers avec leurs dons et leur adoration, le déluge et l’arche ; la représentation dans l’art du char de feu, le puisage de l’eau dans le rocher ; l’utilisation de la cloche et de la bougie, de l’eau bénite et de la communion ; la sanctification du dimanche et du 25 décembre ; l’insistance sur la conduite morale, l’accent mis sur l’abstinence et la maîtrise de soi ; la doctrine du ciel et de l’enfer, de la révélation primitive, de la médiation du Logos émanant du divin, du sacrifice expiatoire, de la guerre constante entre le bien et le mal et du triomphe final du premier, de l’immortalité de l’âme, du jugement dernier, de la résurrection de la chair et de la destruction ardente de l’univers, voilà quelques-unes des ressemblances qui, qu’elles soient réelles ou seulement apparentes, ont permis au mithraïsme de prolonger sa résistance au christianisme »

Les rites de Mithra étaient accomplis dans des grottes. Porphyre, dans sa Grotte des Nymphes, déclare que Zarathoustra (Zoroastre) fut le premier à consacrer une grotte au culte de Dieu, parce qu’une caverne était symbolique de la terre, ou du monde inférieur des ténèbres. John P. Lundy, dans son Monumental Christianity, décrit la grotte de Mithra comme suit :

Mais cette grotte était ornée des signes du zodiaque, du Cancer et du Capricorne. Les solstices d’été et d’hiver étaient surtout remarquables, comme les portes des âmes descendant dans cette vie, ou en sortant dans leur ascension vers les dieux ; Le Cancer étant la porte de la descente, et le Capricorne de l’ascension. Ce sont les deux avenues des immortels qui montent et descendent de la terre au ciel, et du ciel à la terre.

On croyait que la soi-disant chaire de saint Pierre, à Rome, avait été utilisée dans l’un des mystères païens, peut-être celui de Mithra, dans les grottes souterraines desquelles les adeptes des mystères chrétiens se réunissaient dans les premiers temps de leur foi. Dans Anacalypsis, Godfrey Higgins écrit qu’en 1662, alors qu’il nettoyait cette chaise sacrée de Bar-Jonas, les Douze Travaux d’Hercule y ont été découverts, et que plus tard les Français ont découvert sur la même chaise la confession de foi mahométane, écrite en arabe.

L’initiation aux rites de Mithra, comme l’initiation à de nombreuses autres écoles anciennes de philosophie, comportait apparemment trois degrés importants. La préparation à ces degrés consistait en l’auto-purification, l’accumulation des pouvoirs intellectuels et le contrôle de la nature animale. Au premier degré, le candidat recevait une couronne à la pointe d’une épée et était instruit des mystères de la puissance cachée de Mithra. On lui a probablement enseigné que la couronne d’or représentait sa propre nature spirituelle, qui devait être objectivée et dévoilée avant qu’il puisse vraiment glorifier Mithra ; car Mithra était sa propre âme, servant de médiateur entre Ormuzd, son esprit, et Ahriman, sa nature animale. Au deuxième degré, il a reçu l’armure de l’intelligence et de la pureté et a été envoyé dans l’obscurité des fosses souterraines pour combattre les bêtes de la luxure, de la passion et de la dégénérescence. Au troisième degré, il reçut une cape, sur laquelle étaient dessinés ou tissés les signes du zodiaque et d’autres symboles astronomiques. Après la fin de ses initiations, il fut salué comme quelqu’un qui était ressuscité d’entre les morts, fut instruit dans les enseignements secrets des mystiques perses et devint un membre à part entière de l’ordre. Les candidats qui réussissaient les initiations mithriaques étaient appelés Lions et étaient marqués sur leur front par la croix égyptienne. Mithra lui-même est souvent représenté avec la tête d’un lion et deux paires d’ailes. Tout au long du rituel, des références répétées ont été faites à la naissance de Mithra en tant que Dieu Soleil, à son sacrifice pour l’homme, à sa mort pour que les hommes puissent avoir la vie éternelle, et enfin, à sa résurrection et au salut de toute l’humanité par son intercession devant le trône d’Ormuzd. (Voir Heckethorn.)

Bien que le culte de Mithra n’ait pas atteint les sommets philosophiques atteints par Zarathoustra, son effet sur la civilisation du monde occidental a été d’une portée considérable, car à une époque, presque toute l’Europe a été convertie à ses doctrines. Rome, dans ses relations avec les autres nations, leur inoculait ses principes religieux ; et de nombreuses institutions ultérieures ont exposé la culture mithriaque. La référence au « Lion » et à la « Poigne de la Patte du Lion » dans le degré de Maître Maçon a une forte teinte mithriaque et peut facilement provenir de ce culte. Une échelle de sept échelons apparaît dans l’initiation mithriaque. Faber est d’avis que cette échelle était à l’origine une pyramide de sept marches. Il est possible que l’échelle maçonnique à sept échelons ait son origine dans ce symbole mithriaque. Les femmes n’ont jamais été autorisées à entrer dans l’Ordre mithraïque, mais les enfants du sexe masculin ont été initiés bien avant d’atteindre la maturité. Le refus de permettre aux femmes d’adhérer à l’Ordre maçonnique peut être basé sur la raison ésotérique donnée dans les instructions secrètes des Mithraïques. Ce culte est un autre excellent exemple de ces sociétés secrètes dont les légendes sont en grande partie des représentations symboliques du soleil et de son voyage à travers les maisons des cieux. Mithra, s’élevant d’une pierre, n’est que le soleil se levant à l’horizon, ou, comme le supposaient les anciens, hors de l’horizon, à l’équinoxe de printemps.

John O’Neill conteste la théorie selon laquelle Mithra était destiné à être une divinité solaire. Dans La Nuit des Dieux, il écrit :

« L’avestique Mithra, le yazata de la lumière, a ’10 000 yeux, hauts, avec une pleine connaissance (perethuvaedayana), forts, insomniaques et toujours éveillés (jaghaurvaunghem).’ Le dieu suprême Ahura Mazda a aussi un œil, ou bien on dit qu’« avec ses yeux, le soleil, la lune et les étoiles, il voit tout ». La théorie selon laquelle Mithra était à l’origine un titre du dieu suprême des cieux – mettant le soleil hors de la cour – est la seule qui réponde à toutes les exigences. Il sera évident qu’ici nous avons des origines en abondance pour l’œil du franc-maçon et « son nunquam dormio ». Le lecteur ne doit pas confondre le Mithra persan avec le Mitra védique. Selon Alexander Wilder, « les rites mithriaques ont supplanté les mystères de Bacchus et sont devenus le fondement du système gnostique, qui a prévalu pendant de nombreux siècles en Asie, en Égypte et même dans le lointain Occident. »

Les sculptures et les reliefs les plus célèbres de ce prototokos montrent Mithra agenouillé sur la forme allongée d’un grand taureau, dans la gorge duquel il enfonce une épée. L’abattage du taureau signifie que les rayons du soleil, symbolisés par l’épée, libèrent à l’équinoxe de printemps les essences vitales de la terre, le sang du taureau, qui, coulant de la plaie faite par le Dieu Soleil, fécondent les graines des êtres vivants. Les chiens étaient considérés comme sacrés pour le culte de Mithra, car ils symbolisaient la sincérité et la fiabilité. Les Mithraïques utilisaient le serpent comme emblème d’Ahriman, l’Esprit du Mal, et les rats d’eau étaient considérés comme sacrés pour lui. Le taureau est ésotériquement la constellation du Taureau ; le serpent, son opposé dans le zodiaque, le Scorpion ; le soleil, Mithra, entrant dans le flanc du taureau, tue la créature céleste et nourrit l’univers de son sang.

Le vice-président Taberna reçoit la loge maçonnique ‘Xavier Mina’, qui fête ses 10 ans en Navarre

De notre confrère espagnol navarra.es

Le premier vice-président et conseiller pour la Présidence et l’Égalité, Félix Taberna, a reçu ce matin dans son bureau le président de la loge maçonnique « Xavier Mina », Valentín Díaz, représentant d’un mouvement libéral qui fête les 10 ans de sa restauration en Navarre. , après avoir été interdit au début de la guerre civile espagnole. 

L’entité navarraise est fédérée dans la Grande Loge Symbolique Espagnole (GLSE), représentative de la franc-maçonnerie libérale dans l’État, qui se définit comme un espace intellectuel qui admet les hommes et les femmes sur un pied d’égalité et qui fonctionne à partir de la « liberté de conscience absolue ». , sans prendre de position politique ou religieuse, dans le but d’œuvrer à la « perfection de la société » à partir de paramètres de tolérance et de fraternité. La franc-maçonnerie en Espagne a été légalisée en 1978 et le GLSE a été fondé en 1980. 

La loge maçonnique « Xabier Mina » a été fondée en 2014 par des membres de différentes loges GLSE résidant en Navarre, reprenant l’activité d’un mouvement interdit au début de la guerre civile. Le nom évoque la figure du soldat et guérillero navarrais qui vécut entre 1789 et 1817, dont on distingue la lutte contre l’intolérance et pour l’indépendance des idées et des personnes. 

La rencontre institutionnelle tenue aujourd’hui au Gouvernement provincial coïncide avec le dixième anniversaire de la Loge navarraise, qui a demandé cet accueil dans le but de faire prendre conscience à l’Exécutif des caractéristiques et des objectifs de l’entité, afin de « normaliser son existence ». 

Interview d’une Loge allemande : « Le rempart contre Bild et RTL2 »

De notre confrère allemand nachrichten.ostfriesischer-kurier.de

La Loge maçonnique Norder a désormais 100 ans. Le Vénérable Maître de la loge déclare : « Nous voulons devenir de meilleurs individus. » Mais pourquoi les francs-maçons sont-ils généralement soupçonnés dans certains cercles ?

Nord De nombreux mythes et histoires d’horreur traitent des francs-maçons. Tout comme les Juifs et autres groupes persécutés. Les francs-maçons font l’objet de nombreuses théories du complot. La Loge Maçonnique du Nord « Aux Trois Étoiles » a désormais 100 ans. Nous avons parlé au Vénérable Maître de la Loge, le Dr. Jörg Kroemer. Il vit à Aurich et a été chirurgien traumatologue au cours de sa carrière active.

M. Dr. Kroemer, dirigez-vous le monde ?

Bien sûr, tu n’as pas remarqué ? (rires) Non, bien sûr, ce n’est pas comme ça. Si nous sommes accusés de cela, c’est probablement parce que l’on sait peu de choses sur nous et que nous sommes donc méfiants. Cela donne alors naissance à de folles théories du complot.

N’est-ce pas plus ? Vous n’êtes pas l’ennemi numéro un de tous les extrémistes de droite simplement parce que vous vous réunissez en secret et non publiquement.

Bien entendu, cela est également dû au fait que l’élite intellectuelle de l’époque était entièrement composée de francs-maçons. Ils pensaient librement et n’écoutaient pas trop les autorités. Les francs-maçons sont toujours interdits sous les dictatures. Les loges ont toujours été méfiantes à l’idée de faire leurs propres affaires et cela continue.

Les loges furent interdites sous le régime national-socialiste, puis rétablies.

De nombreuses loges furent rapidement rétablies après la guerre, mais dans le nord, cela prit beaucoup de temps. Nous comptons actuellement 15 membres. Il n’y en a pas beaucoup, malheureusement. Nous sommes préoccupés par les jeunes talents, comme dans tous les cercles.

Quels sont vos objectifs ?

Nous défendons des valeurs telles que la tolérance, la compassion, l’humanité, la liberté de pensée – des valeurs au-delà de Bild-Zeitung et de RTL2. Mais notre objectif n’est pas de rendre les autres heureux, mais plutôt de travailler sur nous-mêmes.

Pourquoi au fait la maçonnerie ?

La franc-maçonnerie fait référence au métier de tailleur de pierre. Cela dure depuis 3 000 ans. Mais cela ne veut pas dire que les tailleurs de pierre qui ont construit les cathédrales à l’époque étaient des francs-maçons. Mais nous y avons comparé notre enseignement. Nous avons de nombreux symboles issus de l’artisanat…

…vous devez expliquer cela plus en détail…

…les artisans ont construit des cathédrales, nous construisons aussi une cathédrale, nous construisons le Temple de l’Humanité. Nous travaillons sur nous-mêmes parce que nous pensons pouvoir nous améliorer.

Que dois-je faire pour venir vers vous ?

Tout le monde peut venir. Il existe des loges mixtes et il existe également des loges féminines. Vous trouverez nos adresses et numéros de téléphone partout.

Vous savez que c’est anachronique, non ?

Oui. C’est juste une tradition. Les francs-maçons ont été fondés à l’époque en tant que clubs d’hommes, et cela est resté ainsi. Mais il y a des célébrations avec nos femmes et bien sûr, les femmes savent ce que nous faisons.

Que fais-tu alors ? Pourquoi un tel secret entoure-t-il la franc-maçonnerie ?

Ne ne faisons rien de répréhensible, j’ai un symbole maçonnique sur ma porte d’entrée, je ne me cache pas.

Mais personne ne sait ce que vous faites lors de vos réunions.

Nous gardons ce secret, car nos rituels sont très particuliers. Je peux vous dire ce que nous faisons, mais ensuite tout est détruit.

Le rituel est-il un moyen de donner une forme tangible à vos pensées et à vos objectifs ?

C’est très important. C’est l’enseignement maçonnique condensé, c’est très méditatif, très impressionnant. Vous ne pouvez pas vraiment transmettre cela à un étranger.

Lorsque l’on pense aux rituels, ce sont les images qui viennent généralement à l’esprit : des bougies, un autel, des personnes en tablier et, selon ses préférences, même des vierges…

… non, pas des vierges. Un service religieux est aussi un rituel. Les gens trouvent cela édifiant et beau. Un rituel n’a rien de mauvais en soi.

Votre rituel ressemble-t-il à un service religieux – mais sans Dieu ?

Il existe des tendances religieuses et philosophiques parmi les francs-maçons. Au nord, nous vivons dans le sens philosophique.

La franc-maçonnerie enseigne la libre pensée, l’amélioration par ses propres efforts. Les églises, en revanche, se font un plaisir de vous dire ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Comment est-ce compatible ?

C’est compatible avec le protestantisme, mais pas avec le catholicisme. Ils seront excommuniés s’ils s’identifient comme francs-maçons. Nous croyons en une force qui a créé le monde et qui le maintient ensemble. Mais le nom de ce pouvoir dépend de chacun. Cela peut signifier Dieu, Elvis Presley ou simplement « gravité ».

Ils ont 15 membres à Norden, ils en voudraient plus. Mais on ne peut pas vraiment faire de publicité. Ce n’est pas bon, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui, chaque loge est présente sur Internet, vous pouvez lire les rituels sur Internet, nous sommes dans l’annuaire téléphonique. Mais il y a encore des frères qui aimeraient garder ça pour eux.

Mais pourquoi ? Rien d’interdit n’est fait et il n’y a pas non plus de vierges.

De nombreux frères craignent d’avoir des ennuis si l’on apprend qu’ils sont francs-maçons. De sombres machinations, des conspirateurs – tout cela peut être des allégations. Tout ce que les théories du complot ont à offrir.

Quand est-ce réellement devenu comme irrespectueux d’être franc-maçon ?

Aux XVIIIe et XIXe siècles, il était considéré comme une bonne chose d’être franc-maçon. Après la Première Guerre mondiale, c’était fini. Les francs-maçons étaient autrefois une institution dans la société. Princes, rois, poètes, ils étaient tous francs-maçons. Aujourd’hui, c’est de moins en moins le cas. Peut-être qu’il a un peu survécu.

Un club a un président, vous avez un « Vénérable Maître en Chaire ». Un peu vieillot, non ?

Autrefois, il y a 300 ans, lors des réunions, il fallait se tenir debout ; seul le patron était autorisé à s’asseoir, sur la seule chaise de la salle.

Où se rencontre-t-on dans le nord ?

Au centre communautaire. Nous louons les chambres normalement. Il y avait une maison-auberge à Emden. Mais ensuite, c’est devenu trop cher et la loge a été dissoute. Malheureusement, il n’existe actuellement aucune loge maçonnique à Emden.

Retour au début : à quel point les francs-maçons sont-ils nécessaires aujourd’hui, qu’est-ce qui ne va pas dans la société ?

Je pense que les gens d’aujourd’hui doivent réfléchir à des choses comme la tolérance, la liberté d’expression, la liberté de la presse et le développement personnel. Dans le monde d’aujourd’hui, où beaucoup de choses sont très superficielles, cela ne peut pas faire de mal. Mais nous ne sommes pas des missionnaires, nous ne voulons pas sauver le monde. Nous ne voulons convaincre personne de quoi que ce soit.

Comment puis-je devenir membre ?

Vous parlez à l’intéressé en privé. Puis il vient aux soirées discussions. Il apprend tout, mais il ne participe pas aux rituels. Si le candidat décide de s’inscrire, alors il est là. La loge ne peut plus l’exclure. Mais le candidat peut se retirer de sa propre initiative s’il le souhaite. Nous nous réunissons deux fois par mois, parfois trois fois, le lundi soir.

Parlons un instant de philosophie : quel philosophe incarne le mieux la doctrine maçonnique ?

Emmanuel Kant. Le plus difficile de tous. Mais cela n’est pas prêché et nous ne sommes pas un club d’entraide philosophique. Ici, chacun travaille sur lui-même, personne ne convainc personne de quoi que ce soit et personne ne prêche aucune foi.

Pensez-vous que vous êtes une meilleure personne maintenant, après d’innombrables années passées dans la Loge ?

Je ne le sais pas. Mais je pense maintenant à des choses que je n’aurais pas laissées auparavant.

Un exemple ?

La tolérance. J’ai appris ça.

En une phrase : Pourquoi devrais-je devenir membre ?

Si vous avez le sentiment qu’une bonne personne pourrait devenir une personne encore meilleure, alors vous êtes au bon endroit.

Qui sont les francs-maçons ?

Dès 1860, une « couronne » de messieurs appartenant à d’autres loges fut fondée à Norden. Mais il faudra encore 64 ans pour que la Norder Lodge « Aux trois étoiles » soit fondée en 1924. Le décompte du temps de la Loge commence avec le premier Maître de la Chaire le 13 janvier 1924.

La loge s’est d’abord réunie au Gasthof Zur Börse, puis à la Deutsches Haus. En 1935, toutes les loges allemandes furent dissoutes de force par les nazis. Les Norders l’ont fait eux-mêmes peu de temps auparavant. Il a fallu attendre 2003 pour que la loge soit refondée. L’adhésion coûte 240 euros par an ; des informations sur la loge sont disponibles en ligne sur freimaurer-norden.de.