Accueil Blog Page 255

L’initiation : Un voyage entre rites, cultures et spiritualité

Depuis l’aube des civilisations, l’initiation est au cœur des expériences humaines les plus profondes. Ce processus, empreint de symbolisme et de transformation, transcende les frontières culturelles et les époques. Qu’il s’agisse des mystères d’Isis en Égypte antique, des rites d’Éleusis en Grèce, ou encore des traditions maçonniques modernes, l’initiation constitue une quête universelle vers un statut supérieur, un savoir caché ou une identité renouvelée.

Définition et essence de l’initiation

Étymologiquement, le terme « initiation » dérive du latin initiato, signifiant « commencement ». Ce concept englobe deux aspects principaux : un apprentissage ou une révélation qui transforme le novice, et un rite marquant son passage vers un nouvel état social, spirituel ou intellectuel.

Les initiations, bien que variées, partagent un point commun : elles ouvrent la voie à une compréhension plus profonde, souvent inaccessible à ceux qui n’ont pas traversé les épreuves qu’elles impliquent. Ces rites symboliques peuvent révéler une nouvelle vision du monde, un lien plus intime avec le divin, ou encore un savoir lié à une profession ou un art particulier.

Les différents types d’initiation

Selon les sociologues et philosophes, l’initiation se décline en diverses catégories, reflétant la diversité des sociétés et des contextes.

Initiation tribale

Femmes massai dans le désert
Groupe de Femmes massai alignée dans le désert avec des robes coloorées

Dans les sociétés traditionnelles, les initiations marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte. Elles permettent aux jeunes de s’intégrer pleinement dans leur communauté. Ces rites, souvent exigeants physiquement et mentalement, visent à inculquer les valeurs et les responsabilités nécessaires à leur nouveau rôle.

Initiation religieuse et ésotérique

fete-vaudou-ife-voyages-benin-750x375
fete-vaudou-ife-voyages-benin

De nombreuses religions et sociétés secrètes pratiquent des rites initiatiques. Dans le vaudou, par exemple, les novices passent par des rituels complexes pour être intégrés dans des cercles spirituels fermés. Dans l’ésotérisme, René Guénon souligne que les rites constituent un lien essentiel à une « chaîne initiatique », transmettant une influence spirituelle vitale.

Initiation spirituelle et magique

Ces types d’initiation, souvent plus personnels, mènent à une évolution intérieure ou à l’acquisition de pouvoirs surnaturels. Elles incluent des expériences telles que la méditation profonde, les voyages chamaniques ou l’étude des mystères sacrés.

Initiation professionnelle et chevaleresque

L’apprentissage des métiers au Moyen Âge, par exemple, incluait des initiations permettant de transmettre des savoirs secrets entre artisans. Par ailleurs, les chevaliers suivaient un parcours initiatique exigeant, couronné par l’adoubement, symbolisant leur dévouement à des idéaux de justice et de loyauté.

Les initiations dans l’Antiquité

Les cultures antiques accordaient une grande importance aux rites initiatiques, particulièrement dans les cultes à mystères. Ces rituels, souvent entourés de secrets, avaient pour but de provoquer un éveil spirituel.

Les mystères d’Éleusis, dédiés à Déméter et Perséphone, comptaient parmi les plus célèbres. Ils promettaient à leurs initiés une connaissance de l’au-delà et une communion avec le divin. De même, en Égypte, les mystères d’Isis et d’Osiris invitaient les participants à revivre symboliquement la mort et la résurrection d’Osiris, favorisant une transformation intérieure.

Ces rites, bien que mystérieux, avaient pour fonction d’imprégner profondément l’esprit de l’initié, lui offrant une perception renouvelée de la vie et de la mort.

Initiations modernes et contemporaines

Ecrivain devant son ordinateur au bureau

Dans un contexte plus profane, les initiations marquent encore des passages essentiels. Le baccalauréat, le permis de conduire, ou même une formation en plongée sous-marine peuvent être vus comme des rites initiatiques. Ils symbolisent l’acquisition d’un nouveau statut ou d’une compétence.

Le mot « initiatique » s’est d’ailleurs démocratisé, souvent utilisé pour désigner des expériences personnelles marquantes, telles qu’un voyage ou une épreuve de vie. Ces expériences, bien que moins codifiées que les rites anciens, conservent une dimension transformatrice.

L’initiation dans les religions

La dimension initiatique est omniprésente dans les grandes traditions religieuses. Dans la foi baha’ie, par exemple, l’âge de 15 ans marque l’entrée dans la maturité spirituelle, moment où l’individu commence à observer les règles spécifiques de sa foi.

Chez les Batammariba du Koutammakou, au Togo et au Bénin, les rituels dikuntri et difwani magnifient respectivement la maternité et la relation sacrée entre les vivants et les puissances surnaturelles. Ces rites, qui se déroulent tous les quatre ans, rappellent que l’initiation relie l’humain à des forces supérieures.

Dans la franc-maçonnerie, les initiations se structurent en grades successifs, permettant aux membres de progresser dans leur quête de lumière et de connaissance.

Une quête intemporelle

À travers les âges, l’initiation a toujours été un miroir des aspirations humaines. Qu’elle soit tribale, spirituelle, professionnelle ou religieuse, elle constitue un rite universel, reliant l’individu à une communauté et à des idéaux plus grands.

Cabinet de réflexion maçonnique
Cabinet de réflexion maçonnique

Dans un monde moderne où les rites traditionnels tendent à disparaître, les quêtes initiatiques persistent sous d’autres formes. Elles rappellent à chacun que la transformation, qu’elle soit intérieure ou sociale, commence toujours par une étape clé : celle de l’apprentissage, de la découverte, et de l’épreuve.

Alors que nous explorons les multiples facettes de l’initiation, nous nous rendons compte qu’au-delà des différences culturelles, elle est avant tout un processus profondément humain. Une invitation à grandir, à se connaître, et à avancer sur le chemin de la connaissance et de la lumière.

Fondation GLNF : appel d’urgence pour les sinistrés de Mayotte

2

Décidé de déclencher un fonds d’urgence afin de venir en aide aux sinistrés. Ce fonds auquel vous pouvez participer en effectuant un don à la Fondation GLNF, va permettre de répondre aux besoins urgents de milliers de personnes durement touchées par le cyclone Chido.

Il permettra notamment de financer une aide alimentaire pour les plus touchés, de mettre à disposition des kits d’hygiène pour prévenir les épidémies qui risquent de se développer et de fournir des abris d’urgence ainsi que des équipements de survie.

La Fondation GLNF, en lien avec la Croix-Rouge, mobilise donc tous ses moyens pour intervenir le plus rapidement possible sur le terrain. Des efforts qui nécessite des ressources importantes. Chaque don va donc compter dans cette opération primordiale pour sauver des vies humaines.

Faire un don : https://mailchi.mp/fondation-glnf/fonds-d-urgence-mayotte-cyclone

Exposition Nelson Mandela inaugurée à la Grande Loge du Chili

Du site officiel de la Grande Loge du Chili granlogia.cl

Dans le cadre de la commémoration de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, a été inaugurée dans la Grande Loge du Chili l’exposition « Mandela« , une exposition qui retrace la vie et l’héritage de Nelson Mandela, leader mondial dans la lutte pour la justice et l’égalité.

L’exposition, composée de 39 panneaux développés par la Fondation Nelson Mandela, le Musée de l’Apartheid et le ministère sud-africain de l’Éducation, explore six aspects clés de sa vie : caractère, camarade, leader, prisonnier, négociateur et homme d’État.

L’ambassadeur sud-africain au Chili, George Monyemangene, qui a inauguré l’exposition avec les autorités maçonniques, a exprimé sa satisfaction face à l’initiative : « L’exposition est très importante car elle reflète les valeurs de Madiba et nous voyons cela comme une opportunité. pour que les gens découvrent son héritage et ce que signifie sa vie. Concernant l’exposition dans la Grande Loge du Chili, nous pouvons dire qu’elle offre l’occasion aux gens de venir découvrir la vie et l’héritage de Nelson Mandela car nous pensons que c’est le cas. important pour les générations futures. pour en apprendre davantage sur l’importance de la justice, de la réconciliation, du pardon, de l’humilité, du leadership et de l’égalité.

De même, le Grand Maître de la Grande Loge du Chili, Sebastián Jans, a apprécié l’exposition de Mandela et a déclaré que « nous voyons la figure d’un homme qui se distingue du point de vue de la compréhension des libertés, de l’égalité des conditions humaines et, par le chemin, du point de vue de ce que signifie la valeur de l’humain essentiel lorsqu’il faut construire ces valeurs précisément dans les sociétés et dans ce cas de l’énorme leadership qu’il a exercé pour réaliser pour sa ville. précisément ce que nous apprécions aujourd’hui en ce moment de commémoration de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

L’exposition, gérée par le Musée maçonnique de la Grande Loge du Chili en collaboration avec le Musée de l’Apartheid, sera ouverte au public jusqu’au 31 mars 2025 dans le Hall Central du Bâtiment Citerior.

Dieu a besoin de notre aide

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Aksel Suvari

La Franc-Maçonnerie est une tradition ancienne, qui s’oppose à de nombreuses facettes du monde moderne. Que nous apprend-elle précisément sur le but de notre vie et vers quelles fins conduit-elle ses initiés ?

On nous a dit que l’humanité n’était qu’une insignifiance cosmique. Que nous ne représentions qu’un accident chimique, un hasard devenu fou. Que l’univers lui-même ne signifiait rien d’autre que l’obscurité, le vide et le silence. Que notre voix était le seul spasme solitaire d’une conscience maudite, condamnée à être consumée par le temps.

Cela a malheureusement créé un état de conscience considérablement bas parmi les peuples de la Terre. Nous nous étonnons de notre incapacité à accomplir ce que nous faisions autrefois, à construire comme nous le faisions, à écrire comme nous le faisions, à vivre comme nous le faisions autrefois, et pourtant nous ne voyons pas la condition que nous avons créée pour nous-mêmes. Autrefois, chaque être humain avait au fond de lui une idée du Divin. Dans les histoires ancestrales que la Franc-Maçonnerie utilise pour instruire ses étudiants, principalement l’Ancien Testament, l’idée d’une existence humaine sans la présence, l’activité et la volonté du Très-Haut était impensable. Pendant presque toute l’existence humaine, il en a été ainsi. Nos ancêtres vivaient, respiraient et avaient leur existence en Dieu.

C’est cette orientation de pensée qui a fait leur grandeur. La force brute n’a pas été la seule auteur de l’histoire humaine. La modernité nous a condamnés à regarder l’histoire avec des yeux machiavéliques et à passer à côté de ses notes plus subtiles de foi, de croyance et d’esprit indomptable. Le christianisme n’est pas arrivé à dominer Rome à cause d’un complot ourdi dans les recoins obscurs de Nicée, mais parce que Constantin le Grand a vu une croix enflammée au-dessus du pont Milvius au moment où il en avait le plus besoin. L’assaut de l’islam n’était pas une question de logistique, mais plutôt celle d’une idée dont le temps était venu. La Perse ne s’est pas soumise à la Grèce sur la base d’une coïncidence géographique, mais s’est plutôt soumise à un jeune roi qui portait le feu du ciel dans sa main droite.

Le transcendant, le sublime, le mystérieux – telles sont les véritables motivations des actes héroïques qui ont conduit à l’évolution de la race humaine. En rejetant notre position unique dans l’univers en tant qu’émissaires de la volonté de Dieu et notre rôle en tant que ses mains ouvrières, nous avons méprisé notre droit de naissance. Est-il vraiment si remarquable que, dans un tel état, nous nous retrouvions aujourd’hui à trébucher dans un monde d’abondance matérielle en proie à une obscurité intérieure qui ne peut être surmontée par tous les trésors que nous avons créés ?

En vérité, ce n’est pas nous qui les avons créés. Des hommes plus grands que nous ont créé l’ordre à partir du chaos primitif, toujours au service du Divin, et nous l’ont laissé, héritiers ingrats de traditions que nous ne parvenons pas à comprendre. Nous ne sommes pas insignifiants dans le Grand Projet de notre Architecte, nous sommes essentiels. Notre existence soutient les piliers du ciel et de la terre, car nous sommes les piliers qui s’étendent entre les royaumes et maintiennent le Temple ensemble. 

La religion est la méthode par laquelle ces piliers sont construits et c’est la religion qui est le privilège spécial de l’humanité de mener à bien sur Terre. Le plus grand secret de toutes les religions est celui-ci : Dieu a besoin de notre aide. C’est ainsi que sont créés les rites et les rituels religieux. Dieu porte un fardeau particulier, un fardeau que personne d’autre ne peut porter et dont Lui seul est responsable. C’est par Son souffle que la Création est créée et par Son effort continu que la Création est soutenue. La Vie Universelle est une grande meule qui ne peut cesser son fonctionnement un seul instant sans provoquer une destruction totale de Ses travaux. Les légendes de notre Art nous enseignent que nous descendons de grands Initiés – Maîtres Bâtisseurs – dont le travail consistait à construire « les fondations, les murs et les contreforts de la religion pour abriter les hommes ». Ce sont ces Grands Hommes qui se tiennent côte à côte avec Dieu à la meule, aidant le Grand dans sa tâche insurmontable. Quelle plus grande solitude pourrait-on imaginer que celle d’être responsable du fonctionnement même de la Création ?

Telle est la véritable nature du devoir maçonnique. Nous devons aider les ignorants, élever nos semblables, mais à quoi doivent-ils être élevés ? De quoi ignorent-ils ? Ils ignorent l’œuvre de leur Père et le besoin qu’Il ​​a d’eux pour accomplir Son œuvre. C’est pourquoi les religions d’aujourd’hui sont devenues si creuses, si stériles. Elles, comme toutes nos institutions décrépites, ont oublié la base même et la raison de la vie humaine. Nous dérivons sans but, réclamant un but et une direction dans ce qui semble être un monde dénué de sens, tandis que nous foulons aux pieds une grande Tradition qui nous dit exactement ce que nous devrions faire. Nous nous efforçons d’atteindre un but et pourtant, dans le même souffle, nous rejetons les révélations de notre place dans la Hiérarchie Divine. Parce que nous nous considérons comme ayant des droits et non soumis à des devoirs, nous oublions notre position et, dans notre arrogance, nous sommes condamnés à errer sans satisfaction. 

Le mot « liturgie » vient du grec leitourgia et signifie « travail public ». Dans le monde antique, ce mot était compris dans son sens le plus littéral. Le service religieux était accompli pour le bien de la cité, l’incarnation vivante d’un ordre établi par Dieu. La religion, dans le monde antique, était une chose si incontestablement réelle que son obéissance exacte était nécessaire non seulement pour la fortune, mais pour le fonctionnement même de la vie humaine. Les êtres humains étaient essentiels au fonctionnement de la loi naturelle en tant qu’instruments des dieux et conducteurs de son Esprit dans ce monde.

Cela n’a jamais changé. Nous avons seulement oublié notre devoir. Mais lui ne nous a pas oubliés. Pour ceux d’entre nous qui, même brièvement et imparfaitement, ont regardé au-delà du voile de l’Initiation, rien ne pourrait être une déclaration plus simple de la Vérité. Lors de notre Initiation, on ne nous enseigne pas les manières simples qui font une société polie. On ne nous apprend pas à nous perfectionner, à nous améliorer, ni quoi que ce soit d’autre ! Les Mystères sont déposés à nos pieds, non pas pour être foulés aux pieds sur le chemin de notre progrès personnel, mais comme une occasion de participer aux travaux incessants de Dieu. 

Le monde qui nous entoure a commencé à s’éveiller à une crise grave. Envoûtée par les promesses d’un matérialisme rapace, hypnotisée comme les habitants des cavernes de l’âge de bronze par les lumières vacillantes et le jeu des ombres, l’humanité s’est anesthésiée par l’excès et les loisirs. Un grand réveil ne fait que commencer et sera exacerbé par le chaos social à venir qui accompagne inévitablement le changement des grands âges du zodiaque. La Franc-Maçonnerie, en tant que gardienne des Mystères Anciens, a l’obligation sacrée de se tenir au centre de telles tempêtes historiques et de guider le peuple vers le chemin des justes, d’être une voix qui crie dans le désert, de préparer la voie au retour du Roi. Quelle forme Il prendra, où son Avatar reviendra et quelle sera l’heure de sa venue, aucun homme sur cette Terre ne le sait encore. Mais nous pouvons être assurés qu’Il ​​reviendra, comme c’est sa coutume à de tels moments, et qu’Il ​​aura à nouveau besoin d’aide. Les Initiés ont toujours porté ce devoir, c’est notre obligation solennelle de préparer la Voie, d’ouvrir la porte à son retour afin que le monde entier puisse à nouveau se réjouir de la sublime sérénité de Sa divine Présence. 

Grande Loge de France – La Gloire de Notre Dame, avec Maryvonne de Saint Pulgent

1

De notre confrère France Culture radiofrance.fr

La réouverture de Notre-Dame de Paris, dans toute sa splendeur, 5 ans après l’incendie, incarne un événement mondial. Monument historique et spirituel, symbole d’histoire et de renouveau, elle rassemble au-delà des croyances.

  • Maryvonne de Saint-Pulgent Présidente de section honoraire au Conseil d’Etat, ancienne Directrice du patrimoine au Ministère de la Culture (1993-1997).

Une renaissance universelle

Cinq ans après l’incendie dévastateur d’avril 2019, Notre-Dame de Paris a rouvert ses portes, incarnant un symbole planétaire de résilience et de renouveau. Cet événement majeur, précédé d’une émotion mondiale intense, marque une étape clé dans l’histoire de ce monument emblématique, transcendant les croyances, les cultures et les frontières. Ce chantier colossal a mobilisé des milliers d’artisans et fédéré une solidarité internationale exemplaire.

Un effort de reconstruction inédit

La restauration de Notre-Dame a mobilisé des moyens exceptionnels et une diversité de contributions financières et humaines. Pas moins de 350 000 donateurs de 190 pays, dont 40 000 venus des États-Unis, ont participé à ce projet. Le fonds de dotation de la Grande Loge de France a également contribué.

Tailleur de pierre
Tailleur de pierre – ©David Bordes-Rebâtir Notre Dame

Ce chantier a rappelé l’esprit des bâtisseurs médiévaux et celui de Viollet-le-Duc au XIXᵉ siècle, où artisans et maîtres d’œuvre travaillaient dans une véritable fraternité. Aujourd’hui, cette solidarité humaine fait écho à une leçon d’humanisme universel.

Un monument universel et spirituel

Intérieur Notre Dame de Paris décembre 2024

Notre-Dame est bien plus qu’une simple cathédrale. Elle incarne une histoire profondément ancrée dans la mémoire collective, traversant les siècles et les régimes politiques. Sa dimension spirituelle dépasse les frontières religieuses. Dès le Moyen Âge, elle fut un lieu de culte et de savoir, célèbre pour son école cathédrale, ancêtre de l’Université de Paris.

Une Cathédrale au cœur de l’histoire politique

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Notre-Dame est intimement liée à l’histoire politique française. En 1302, elle accueille les premiers États généraux convoqués par Philippe le Bel, marquant un tournant vers le gouvernement représentatif. Plus tard, sous Napoléon, elle devient le lieu symbolique du Concordat et du sacre impérial. Malgré les tensions avec la République laïque après 1905, la cathédrale a su trouver une place centrale dans le rituel républicain, notamment à travers les célébrations nationales et les hommages aux héros civils et militaires.

La Loi de 1905 et l’appartenance commune

Notre Dame de Paris

La loi de 1905, qui établit la séparation des Églises et de l’État, confère à Notre-Dame un statut particulier : propriété publique dédiée au culte mais ouverte à tous. Cet esprit de partage universel a permis à la cathédrale de transcender les divisions religieuses et politiques. Aujourd’hui, elle reste un lieu où croyants et non-croyants se retrouvent pour célébrer des moments forts de la mémoire nationale, comme les attentats de 2015 ou, plus récemment, sa réouverture.

Une mémoire et un avenir partagés

Maryvonne de Saint Pulgent
Maryvonne de Saint Pulgent – ©Francesca Mantovani-éditions Gallimard

Maryvonne de Saint Pulgent, est essayiste, ancienne directrice du Patrimoine au Ministère de la Culture (1993-1997), et présidente du Comité d’Histoire du Ministère de la Culture. Elle a publié La Gloire de Notre Dame. La Foi et le pouvoir chez Gallimard, et obtenu pour cela le Prix Victor Hugo 2024. Elle souligne l’importance de la cathédrale comme lieu de mémoire et de projection vers l’avenir. En incarnant la profondeur historique et l’universalité du sacré, Notre-Dame transcende les clivages et rassemble autour de valeurs communes.

Une planche clé en main pour quelques euros : Quand le business est plus fort que l’éthique

Une Affaire qui Ébranle les Colonnes du Temple

Dans le monde feutré de la Franc-maçonnerie, une tempête se prépare. Une histoire qui pourrait faire l’objet des nouvelles aventures du commissaire Marcas, le héros maçonnique de Jacques Ravenne et Éric Giacometti. Au cœur de cette affaire : un service assorti d’une IA, qui promet de rédiger vos planches maçonniques à votre place, moyennant finances. Un concept qui fait grincer les dents dans les loges.

Au-delà de cette micro affaire commerciale, l’instigateur de ce petit commerce exploite en toute impunité la base de données qu’il a vendue avec le célèbre site l’Édifice, dont il était le fondateur. Tout ceci est bien entendu absolument illégal et le nouveau propriétaire se débat comme il le peut, face aux agissements coupables de son cessionnaire bien peu fraternel quant à lui.

L’Édifice : une quasi institution depuis plus de 16 ans

Tout commence le 8 avril 2008, une date qui restera gravée dans la mémoire des Francs-maçons internautes. Alors que les cinéphiles s’apprêtaient cette année là à découvrir « Les Randonneurs à Saint-Tropez« , un certain Max Bougrier lançait L’Édifice, un site internet destiné à devenir la référence en matière de planches maçonniques en ligne. Le succès fut assez rapide. En quelques années, L’Édifice s’est imposé comme une bibliothèque virtuelle incontournable, offrant plus de 7200 travaux couvrant 33 grades, le tout accessible via 920 mots-clés. À son apogée, le site attirait quotidiennement 6000 visiteurs provenant de 227 pays.

La Vente et ses Zones d’Ombre

Douze ans après sa création, Max Bougrier, fatigué et confronté à des problèmes familiaux, décide de vendre. Après deux années de recherches infructueuses, exacerbées par la crise du COVID, il finit par céder L’Édifice à Franck Sailleau le 22 novembre 2022, un frère de loge et prestataire informatique. Le montage de la vente s’avère complexe : une association loi 1901 détient les planches, tandis qu’une société gère l’activité commerciale. Bougrier cède à Sailleau les marques, les sites internet, et les précieuses bases de données de 17 000 emails et de milliers de clients. Il prend sa retraite et quitte normalement la région, du moins, selon ses dires !

La Renaissance Avortée

Franck Sailleau, animé par une vision éthique et moderne, entreprend une refonte totale de L’Édifice.

Son objectif : moderniser les sites vieillissants et sécuriser le patrimoine maçonnique accumulé au fil des ans. La rédaction a vérifié et en effet, le Frère Sailleau n’est pas avare de son énergie pour refondre son site. Il est en passe de redonner une nouvelle jeunesse à l’Édifice.

Le retour controversé du fondateur

C’est ici que l’histoire prend un tournant digne d’un thriller maçonnique. En 2023, Max Bougrier, apparemment en mal d’occupation dans sa retraite à La Baule, lance un nouveau projet : un forum maçonnique qui se transforme rapidement en une boutique en ligne aux services pour le moins discutables. Le clou du spectacle :

Un service de « planche à la demande« . Le principe est simple et sulfureux : vous avez une planche à présenter mais pas le temps de la rédiger ? Pas de problème, moyennant paiement, on vous la livre prête à l’emploi. En somme, le Deliveroo  des FrancsMac !

Une pratique qui soulève bien évidement de sérieuses questions éthiques au sein de la communauté maçonnique.

La contrefaçon au grand jour

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Bougrier est actuellement accusé d’utiliser sans autorisation la base de données des 17 000 emails pour promouvoir ses nouvelles activités, une pratique qui s’apparente à de la contrefaçon caractérisée.

Une Bataille Juridique en Vue

Face à ces agissements, Franck Sailleau a envoyé une mise en demeure à son ancien frère de loge, exigeant la fermeture des sites contrefaits. Cela fut fait assez rapidement. Mais c’était mal connaitre Bougrier, qui ne baisse jamais pavillon lorsqu’il y a quelques picaillons à prendre. Il continue ses activités et Franck Sailleau ne sait plus comment s’y prendre pour faire cesser toute cette concurrence illégale.

Sa dernière action fut d’envoyer la semaine dernière une Lettre Mensuelle en informant les abonnés des agissementS de Bougrier (sans le nommer pour éviter la publicité dit-il)

L’Obédience s’en mêle

L’affaire prend une ampleur telle que certains membre de leur obédience s’inquiète de la tournure des choses et de l’image qui pourrait se dégager de tout cela, du moins si les tribunaux étaient alertés, ce qui sera fait prochainement si le coupable persiste dans ses agissements.

Conclusion : Quand l’éthique se heurte au business

Cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’éthique maçonnique à l’ère du numérique. Peut-on concilier les valeurs traditionnelles de la Franc-maçonnerie avec les opportunités commerciales offertes par internet, mais surtout la cupidité de certains ? La fraternité saura-t-elle régler ce conflit en interne, ou l’affaire finira-t-elle devant les tribunaux profanes ?

Une chose est sûre : cette histoire rappelle que même dans les cercles les plus respectables, la tentation du gain peut parfois l’emporter sur les principes les plus sacrés. Affaire à suivre… et bon courage à notre confrère Franck Sailleau.

« Ordo ab Chao » : une exploration du potentiel créatif

La maxime « Ordo ab chao » ou « L’ordre naît du chaos » est profondément ancrée dans la tradition de la Franc-maçonnerie, reflétant une philosophie qui plonge ses racines dans les mystères antiques, notamment la philosophie hermétique et l’alchimie. Cette idée puissante mise en lumière comment l’ordre et la structure peuvent émerger d’un état primordial apparemment désordonné. De même, dans les arcanes mystiques de la Kabbale, le chaos n’est pas vu simplement comme un désordre, mais comme un réservoir de possibilités infinies, constituant le fondement même de toute création et transmutation.

Ces traditions mystiques conjuguent leurs perspectives pour illustrer comment l’ordre se manifeste à partir d’un chaos initial, que l’on pourrait percevoir comme un tumulte sans forme, dévoilant ainsi les profondeurs de la transmutation spirituelle et cosmique.

Kabbale Hébraïque et le Chaos

Dans la Kabbale, le chaos est souvent associé à « Tohu Bohu » (תהו ובהו), qui décrit l’état de la Terre avant la création divine dans le livre de la Genèse. « Tohu » (chaos) est décrit comme un état de vide, un potentiel infini, tandis que « Bohu » représente l’absence de substance, un vide à remplir. Cette dualité symbolise la richesse du chaos non comme absence mais comme une présence latente, prête à être formée par la parole divine, ou « Dabar » en hébreu.

La séphirot de la Kabbale, en particulier « Binah » (la compréhension), joue un rôle crucial dans la structuration de ce chaos. Binah reçoit l’énergie de « Chokhmah » (la sagesse), qui capte les étincelles du divin, pour ensuite structurer et donner forme à la création. Cela reflète le passage de l’impénétrable et illimité potentiel du chaos vers un état ordonné et compréhensible.

Hermétisme et le principe de correspondance

Le principe hermétique « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » est essentiel pour comprendre comment le chaos fonctionne à différents niveaux de réalité. Selon le « Corpus Hermeticum », le chaos est à la fois un miroir du macrocosme et une manifestation dans notre microcosme personnel. Dans ce cadre, le chaos est vu comme le sol fertile à partir duquel tout surgit. Il est à la fois le désordre primordial et la matrice de toute potentialité, où chaque pensée et action trouve son origine.

Ce chaos primordial, tel qu’interprété dans l’hermétisme, est un état d’unité avant la différenciation par la pensée ou la parole. C’est l’état de non-dualité, où toutes les oppositions se rejoignent, un lieu de potentiel pur avant que l’ordre ne soit imposé.

Alchimie et la Transmutation du Chaos

L’alchimie voit le chaos comme une étape cruciale dans le processus de transmutation — un passage nécessaire que tout doit traverser pour atteindre un état de perfection. La phase de « nigredo », ou œuvre au noir, symbolise ce chaos initial. C’est une période de dissolution complète, où la matière première et impure est convertie en une substance nouvelle et purifiée, prête pour le stade de « albedo » (blancheur), marquant la purification et le renouveau.

De la Pierre Brute à la Conscience Élevée

Dans la quête mystique de la transmutation, la maxime « Ordo ab chao » transcende son origine maçonnique pour résonner avec les profondeurs de l’alchimie spirituelle. Pour laes francs-maçons, cette invention n’est pas simplement une expression, mais un appel vibrant à sculpter l’ordre à partir du désordre, à extraire la lumière des ténèbres, et à distiller la connaissance de l’ignorance. Elle incite chaque initié à plonger dans le chaos intérieur, démantelant les anciens schémas et croyances, pour renaître dans une conscience purifiée et élevée.

Cette transformation intérieure est métaphoriquement représentée dans l’alchimie par le processus de « nigredo ». De même, en franc-maçonnerie, ce processus est symbolisé par le façonnement méticuleux de la pierre brute. Chaque coup de maillet sur le ciseau est un acte de purification, transformant le chaos de la pierre non formée en une structure parfaitement cubique, reflétant l’ordre et la perfection atteinte par l’éducation et la profonde introspection.

Une Vision Universelle de Croissance et d’Évolution

Dans l’entrelacement mystique des traditions, le chaos n’est pas une aberration à fuir, mais un sanctuaire de potentialités, un terreau fertile indispensable à toute création et évolution. Au cœur de ce labyrinthe tumultueux, « Ordo ab chao » se révèle non pas simplement comme une transition de l’anarchie à la symétrie, mais comme un principe vital, animant la croissance spirituelle et la réalisation de soi. Ce credo éclaire le chemin de transmutation, où le chaos, tel un alchimiste divin, transmute le potentiel latent en une réalité manifestée, forgeant dans ses flammes le nouvel ordre de l’Univers.

Chaque tradition perçoit ce passage à travers le chaos non comme une calamité, mais comme une initiation sacrée, un rite de passage où le feu du désordre purifie l’âme, pavant le chemin de l’ancien vers le nouveau, une métamorphose de l’Être. Ce périple transcendant, où le chaos devient le creuset de l’ascension spirituelle, dans une valse éternelle entre dissolution et renaissance, un ballet sacré qui transmute le soi profane en une incarnation divinisée.

La maxime « Ordo ab chao » tisse une cosmogonie qui englobe bien plus que la seule existence maçonnique ; elle est une symphonie qui résonne à travers les époques, une ode à la transmutation continue de l’âme et de la société. Elle susurre que même dans les abîmes du désordre le plus opaque, attendent les germes de futurs ordres, offrant une perspective optimiste et dynamique sur le progrès non seulement humain mais aussi cosmique, un hymne à l’espoir perpétuel de renouveau et d’évolution.

Rejoignez les Ateliers d’Hermès

Divine économie : l’analyse économique du fait religieux par Paul Seabright

0

Peut-on faire l’économie – au sens de la discipline – de Dieu ? C’est la question à laquelle répond Paul Seabright, économiste franco-britannique et professeur à la Toulouse School of Economics, dans son livre intitulé « The Divine Economy ». S’inspirant d’Adam Smith, qui s’était déjà penché sur la compétition entre religions et leurs liens avec le politique, Seabright propose une analyse captivante.

Il examine la religion en termes de produits et services, qu’ils soient spirituels ou matériels, s’intéressant au commerce du salut et des âmes, à l’engagement fervent des croyants prêts à sacrifier leur vie, et aux structures organisationnelles robustes des cultes qui évoluent avec le temps. Pour Seabright, les religions sont des firmes en compétition, commercialisant leur foi comme d’autres marchandises.

L’auteur s’engage dans une étude qu’il qualifie d’« agnostique », focalisée non pas sur la théologie mais sur la pragmatique des religions. Il décrypte leurs proses plutôt que leurs poésies, s’inspirant de la célèbre phrase « c’est l’économie, idiot ! » pour souligner que l’économie est la clé des mystères religieux. Il examine les transactions sacrées sous l’angle de l’offre et de la demande, où des prophètes deviennent des entrepreneurs, des ministères des gestionnaires de rituels, et les croyants, des clients fidèles. Les stratégies des mouvements religieux pour attirer et fidéliser les fidèles sont mises en lumière, montrant comment ils utilisent la mondialisation pour se renforcer.

Seabright va plus loin en comparant les religions à des plateformes concurrentes, fournissant services et liens communautaires, souvent plus efficaces que leurs équivalents séculiers dans le monde numérique. Elles créent du sens, de la communauté, mais peuvent aussi, lorsqu’elles sont détournées, mener à l’autoritarisme.

Le livre aborde des thèmes variés, de l’intime à l’organisationnel, en passant par le politique : quels besoins humains les religions comblent-elles ? Comment se structurent-elles ? Comment et pourquoi les croyants soutiennent-ils financièrement des clergés prospères ? Seabright confirme la vision de Malraux sur un 21ème siècle religieux, où la spiritualité ne recule pas mais s’affirme, même si en Europe et en Amérique du Nord on note un déclin apparent. Il utilise les enquêtes internationales sur les valeurs pour étayer ses propos, illustrant les flux financiers et l’influence politique des religions.

Pour résumer, Seabright nous rappelle avec humour la dualité de Nietzsche et de Dieu, soulignant ainsi la vitalité persistante de la foi. Il insiste sur la confiance et la transparence, tant sur le plan des scandales que de la gestion financière. Avec des titres comme « Les Dieux sont genrés », il couvre un large spectre de croyances, avec une attention particulière pour l’islam et le christianisme, les plus globalisées.

Cet ouvrage est une surprise en France, terre de laïcité, mais reflète une réalité mondiale où le religieux influence de plus en plus la sphère publique. Original et percutant, « Divine économie » mérite une traduction pour sa contribution à la fois économique et sociologique.

Paul Seabright, The Divine Economy: How Religions Compete for Wealth, Power, and People, Princeton University Press, 2024, 485 pages.

Reportage : Corse terre maçonnique

La Corse, cette île méditerranéenne connue pour son paysage majestueux et ses traditions fortes, cache aussi une histoire moins visible mais tout aussi fascinante: celle de la franc-maçonnerie. Le reportage « Corse Terre Maçonnique » nous plonge dans ce monde mystérieux et séculaire, décryptant les liens étroits entre l’île et les sociétés initiatiques.

Une Terre Fertile pour la Franc-Maçonnerie

Dès le XVIIIe siècle, la Corse a été une terre d’accueil pour les premiers francs-maçons, avec des figures historiques comme Pasquale Paoli et Théodore de Neuhoff, souvent cités comme étant liés à la maçonnerie. Le documentaire explore comment cette île, par son insularité et son ancrage méditerranéen, a cultivé une culture de la famille et des clans qui résonne avec les principes maçonniques de fraternité et de solidarité.

Des Figures Historiques et Modernes

L’émission nous fait découvrir comment la franc-maçonnerie s’est enracinée dans la société corse à travers des personnalités notables comme Napoléon Bonaparte, dont on s’interroge encore sur l’appartenance à l’ordre, et ses frères qui, eux, étaient bien membres. Ce reportage met en lumière des entretiens avec des maçons contemporains, certains révélant leur affiliation pour la première fois, discutant de leur engagement citoyen et des valeurs qu’ils défendent.

Impact sur la Société Corse

« Corse Terre Maçonnique » ne se contente pas de retracer l’histoire; il examine également comment la franc-maçonnerie a influencé la politique, la culture et même les médias locaux. Avec environ 500 francs-maçons répartis en 14 loges pour le Grand Orient de France seul, la présence maçonnique est significative, et le reportage ne manque pas d’aborder les débats autour de l’influence de ces sociétés secrètes sur la vie insulaire.

Un Regard Critique

Le documentaire n’est pas sans critique. Il aborde les controverses, les accusations de favoritisme et les défis auxquels la franc-maçonnerie fait face dans un monde moderne où les secrets et les rituels semblent parfois anachroniques. Il pose la question: la franc-maçonnerie est-elle toujours pertinente dans une Corse en pleine évolution?

Corse Terre Maçonnique est plus qu’un simple reportage; c’est une invitation à comprendre une facette moins connue de l’identité corse, où l’histoire, la mystique et la modernité se croisent. Que vous soyez curieux, sceptique ou déjà initié, ce documentaire offre une perspective unique sur comment la franc-maçonnerie a tissé sa toile dans le tissu social de la Corse, laissant une marque indélébile sur son histoire.

Ce reportage est une réalisation de Dominique Maestrati, une coproduction France 3 Corse ViaStella et Korrom.

Le Grand Orient d’Italie est placé sous administration judiciaire

0

De notre confrère italien iacchite.blog – par Saverio Di Giorno

Au Grand Orient d’Italie (Grand Est de l’Italie), un gouffre s’est ouvert et ne montre aucun signe de fermeture. L’obédience historique de la franc-maçonnerie italienne est de plus en plus effilochée et rongée par des groupes de vengeance transversaux et de pouvoir interne. Surtout, le groupe principal dirigé par Bisi et qui en Calabre est divisé entre le Seminario (grand maître déchu) et l’homme de l’ombre Bellantoni. 

Vibo apparaît comme le véritable centre du pouvoir occulte. Le groupe de Bisi est bien campé sur ses positions et se comporte moins comme une association que comme un gang qui persécute quiconque ose parler de criminalité et d’argent. Insistant sur le fait de ne pas reconnaître la réalité des choses et même la justice italienne ordinaire qui, entre-temps, a placé le Goi sous commissariat, en nommant un curateur.

En novembre dernier, la Cour de Rome a rendu un arrêt important : la Grande Oriente d’Italia a été officiellement placée sous administration. La nomination est confiée à l’avocat Raffaele Cappiello, nommé curateur spécial conformément à l’article 78 du Code de procédure civile.

Cela a une implication importante. Le pouvoir de Bisi, qui s’est maintenu ces dernières années, n’existe effectivement plus. Les tribunaux ont jugé à plusieurs reprises que cela ne représentait plus rien. Il existe désormais des dizaines de filières judiciaires et de dossiers que beaucoup promettent ainsi que des appels. Ainsi que des documents sur les comptes, la gestion des fonds et les dépenses. Malgré cela, Bisi et ses hommes continuent de gérer les réunions, les tribunaux internes, la promotion et la direction. En effet, depuis Vibo (et où d’autre ?) ils condamnent également ceux qui se permettent de lancer des pétitions anti-mafia, comme le notaire sicilien Silverio Magno.

« Condamnation à la sanction de censure solennelle, avec exclusion de participation aux Œuvres maçonniques pour une durée d’un an, avec interdiction d’exercer toute charge pour une durée de 3 ans, outre le paiement de 3 000,00 € de frais de procédure » 

c’est ce que dit le jugement déposé le 29 novembre au siège de Vibo Valentia. Et quels sont les défauts de Magno ? Différents, mais tous tournent autour de ses déclarations dans lesquelles il accuse le climat répressif et soumis des obédiences sicilienne et calabraise. Magno avait également émis des doutes sur la gestion des fonds dans le cas de la maison maçonnique de  Cosenza , ainsi que dans le tristement célèbre cas Vibo. Il est également accusé d’avoir Bisi en relation avec les décisions prises concernant les affaires juridiques de V. Lauria. Bref, des délits d’opinion.

Mais si la justice interne au Goi suit les souhaits du gang, la justice externe continue de frapper sur de multiples fronts. Par exemple, encore en novembre dernier, une autre condamnation à payer 10 mille euros plus frais à Il Fatto Quotidiano pour un article de Barbacetto qui, interviewant un certain Minnicelli, affirmait que les mafias se sont étendues au Nord en exploitant la franc-maçonnerie. Selon le Tribunal, il n’est pas diffamatoire et il joint des pages de documents et de rapports qui vont dans ce sens. Un avis également partagé par l’ancien Grand Maître Di Bernardo dans l’interview qu’il nous a accordée il y a quelques mois (voici le lien https://www.youtube.com/watch?v=RyhGztguJT0 – En italien). Ils seront heureux de savoir comment l’argent du gouvernement indien est dépensé.

Taroni, le principal adversaire, défie et attend. Et il collecte des informations. Il est trop tôt pour dire qui gagnera cette lutte acharnée et à quel prix. Aussi parce qu’entre-temps, d’autres mouvements sont signalés depuis Malte. Mais c’est une autre histoire…