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EXCLUSIF : 1er entretien accordé par Yves Pennes, le nouveau Grand Maître de la GLNF

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Nous annoncions dans nos colonnes de ce début de semaine la désignation et l’installation du nouveau Grand Maître de la GLNF, Yves Pennes, après un scrutin sans appel réunissant 97,09 % des suffrages des Frères présents sur son nom. La rédaction du Journal 450.fm a été reçue cette semaine pour son premier entretien accordé à la presse. Comme en témoignent les images, celui-ci s’est déroulé dans une atmosphère authentiquement fraternelle. Nous en livrons ci-après la teneur :

Parcours et Engagement MaçonniqueS

Yves Pennes, pouvez-vous nous parler de votre parcours maçonnique et de ce qui vous a motivé à rejoindre la GLNF et à vous y engager profondément ?

Bonjour, cela fait maintenant plus de 42 ans que je suis devenu Franc-maçon, dont 37 ans à la GLNF.

Je suis entré en FM, tout d’abord poussé par un parrain qui était le grand-père de mon meilleur ami, en ne connaissant rien à la Maçonnerie. Après quelques années, j’ai voulu rejoindre la GLNF car elle avait une orientation correspondant plus à ma personnalité. C’est une école de morale, comme de nombreuses obédiences, mais avec un enseignement plus spécifique orienté vers la spiritualité. Et, de plus, dans la Loge où j’ai été régularisé, j’ai trouvé une fraternité exceptionnelle.

C’est cet ensemble qui m’a fait m’engager pour pouvoir partager avec les autres ce que j’ai ressenti.

Élection et Mandat

Vous avez été élu officiellement Grand Maître, le week-end dernier, avec une majorité écrasante de 97,09% des voix. Quelles sont vos premières impressions et vos sentiments, après cette élection, et quels sont vos objectifs principaux pour votre mandat ?

Je crois avoir le record des voix favorables à une élection de Grand Maître à la GLNF.
C’est, d’abord, une fierté et, en même temps, je mesure l’enjeu et je dois être à la hauteur des espoirs que les Frères ont placés en moi.

Les messages reçus après mes propos lors de la Tenue de Grande Loge m’encouragent à développer les lignes annoncées : le travail en Loge sur le rituel, la progression philosophique, le tout empreint d’une grande fraternité.

Héritage de Jean-Pierre Rollet

Jean-Pierre Rollet (Photo GLNF)

Le Grand Maître sortant, Jean-Pierre Rollet, a laissé un héritage significatif. Comment comptez-vous bâtir sur ses réalisations et quelles sont les principales différences que vous apporterez à la fonction ?

Le travail réalisé par mon prédécesseur est énorme.

Il a mis en place un système de gestion dans tous les domaines qui touchent la vie de l’Obédience, le fameux REGIUS. Cela concerne la vie de chaque Loge, les finances, la gestion des biens immobiliers, la vie à l’international, les communications internes, le fichier des membres…

Mais surtout il a demandé aux spécialistes de chaque rite de créer des ouvrages, les plus complets possible, pour en expliquer les fondements à chaque degré ; il a ainsi fait réaliser des ouvrages pour les Surveillants de chaque rite, des ouvrages historiques, créant ainsi un corpus unique en son genre.

Il convient maintenant, après ce travail admirable, de le faire diffuser et de le mettre en pratique dans chaque Loge.

Projet pour la GLNF

Dans votre discours d’installation, vous avez mentionné trois axes essentiels : la réappropriation de vos rituels, la remobilisation de votre fraternité et la relance de votre quête initiale et spirituelle. Pouvez-vous développer ces points et expliquer comment vous envisagez de les mettre en œuvre ?

Notre entrée en Franc-Maçonnerie est motivée généralement par notre désir de fraternité et par notre engagement à travailler sur nous-mêmes. Il est important de garder toujours cette fraîcheur et de continuer à travailler en Loge, même si parfois le monde profane nous retient et nous empêche d’y venir.

Comme je le disais précédemment, la GLNF dispose d’un énorme corpus pour pouvoir travailler et je souhaite mobiliser les Grands Surveillants, y compris ceux des Provinces, pour communiquer ce savoir. Et, effectivement tout travail doit se faire avec beaucoup de bienveillance et de fraternité.

Unité et Harmonie

La GLNF a connu des périodes de tensions et de divisions par le passé. Comment entendez-vous maintenir et renforcer l’unité et l’harmonie au sein de l’obédience ?

Les périodes noires que la GLNF a connues depuis maintenant plus d’une douzaine d’années sont bien loin. Et une majorité de nos frères ne les a pas connues.

Notre règlement général a été modifié en profondeur pour éviter que cela ne revienne.
Cette « mini révolution » a éclaté parce que la direction centrale s’était écartée des Loges.
Sous mon mandat, au contraire, je serai très présent auprès des Frères, à leur écoute, et je demande de faire de même à tous les Frères qui sont dans mon collège.

Rôle de la Spiritualité

La spiritualité est un aspect central de la franc-maçonnerie à la GLNF. Comment voyez-vous le rôle de la spiritualité dans les activités de votre Obédience et comment allez-vous encourager les frères à approfondir leur quête spirituelle ?

Effectivement il y a deux grands courants dans les Grandes Obédiences, soit sociétaux et philosophiques, soit philosophiques et spirituels, avec bien sûr des degrés différents d’implication.

La GLNF est plus orientée vers la spiritualité. Nos travaux en Loge se font toujours avec le Volume de la Loi Sacrée ouvert et ce livre est la Bible.

Les travaux réalisés en Loge portent souvent sur des thèmes ayant trait à la spiritualité, il s’agit d’une quête d’espoir et de sens de la vie.

Les rituels ont un double langage. Un langage apparent, moral ou historique, et un langage caché, ésotérique et spirituel. C’est ce double langage qui m’a toujours plu dans les anciens rituels et que je souhaite faire découvrir aux frères qui ne le verraient pas, pour les aider à s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Relations avec d’Autres Obédiences

La GLNF entretient des relations avec d’autres obédiences maçonniques. Quelles sont vos priorités en matière de coopération et de dialogue inter-obédientiel, et comment pensez-vous renforcer ces liens ?

La GLNF, depuis longtemps, entretient effectivement des relations amicales et administratives avec les principales obédiences françaises.

Nous échangeons sur de nombreux points administratifs, sur le mode d’administration de nos obédiences, sur les spécificités du fameux Règlement Général de Protection des Données (RGPD).

Et nous avons des conférences en commun, comme les « Entretiens Pic de la Mirandole » avec la GLDF et les « Rencontres Lafayette » avec le GODF.

Nous continuerons à nous fréquenter très fraternellement en dehors des Tenues.

Innovation et Tradition

À une époque où les technologies sont omniprésentes, comment équilibrez-vous innovation et modernisation, d’une part, et respect de la tradition maçonnique, d’autre part ? Quels changements ou transformations prévoyez-vous d’introduire, sans compromettre les principes fondamentaux de votre obédience ?

Vous posez là une double question : s’agit-il des travaux en Loge ou de communication ? Car, dans ces deux domaines, la modernisation avance à grands pas.

En ce qui concerne la communication, la GLNF, tout comme la Franc-maçonnerie en France, est confrontée à la difficulté suivante : doit-elle être dans la lumière, c’est-à-dire soumise à la critique ouverte de ceux qui nous reprochent d’être « dans le secret » et d’être des « affairistes » ?

Depuis quelques années, nous nous exposons notamment dans les réseaux sociaux, avec un certain succès, mais nous sommes prudents. D’ailleurs, si nous voulons nous ouvrir aux jeunes, comme c’est le cas dans de nombreux pays étrangers, c’est un pas à franchir.

En ce qui concerne le travail en Loge, il y a ce nouveau moyen de communication qu’est la visioconférence, qui réduit le contact et la fraternité ; elle est à utiliser avec beaucoup de modération. Le vrai danger est dans l’intelligence artificielle qui risque d’être utilisée par certains pour faire moins de travail de recherche et de réflexion, mais il est vrai que, pour la formation, c’est un outil formidable. Nous en sommes au début, à nous de nous adapter.

Engagement Sociétal

La GLNF a souvent été critiquée pour son manque d’engagement sur les sujets sociétaux. Comment allez-vous aborder ces questions et quel rôle voyez-vous pour la GLNF dans les débats et les actions sociales actuelles ?

Sur ce point, la réponse de la GLNF a toujours été la même. Nous cherchons à faire que chacun s’améliore, se construise et s’arme pour être un homme fort dans la société.
Cette force lui permettra, s’il le souhaite, d’agir grandement dans le monde social ; mais ce n’est pas le rôle de la GLNF.

Message à tous les Frères et à TOUTES LES Sœurs qui nous lisent

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser à toute la communauté maçonnique ?

Le paysage maçonnique est très complet en France. Chaque Obédience peut offrir sa propre spécificité avec un accueil adapté à chacun. Nous sommes la seule obédience française régulière et reconnue dans le monde entier en raison des règles édictées en 1929 ; et il est bien spécifié dans ces « basic principles » que nous ne pouvons recevoir ni visiter des Loges non reconnues et nous continuerons à respecter ces règles.

Mais cela ne nous empêche pas de participer activement à de nombreuses « fraternelles » pour partager avec la communauté maçonnique française toute notre fraternité.

Yves Pennes officiellement Investi Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française – 450.fm – Journal de la Franc-maçonnerie

24/12/24 à 11h : Audience cruciale entre le REAA et le Grand Orient d’Italie

De notre confrère italien agenparl.eu – Par Floriana Cutini

Le Tribunal de Rome, sous la direction du juge Maurizio Manzi, a programmé une importante audience préventive impliquant deux protagonistes éminents de la scène maçonnique italienne : le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Grand Orient d’Italie.

La polémique, qui a attiré l’attention de l’opinion publique, voit le Grand Orient d’Italie représenté par le conservateur spécial, l’avocat Raffaele Cappiello. L’audience est prévue le 24 décembre à 11h00 et devrait constituer un moment décisif pour clarifier certaines des questions les plus controversées qui ont surgi entre les deux organisations.

La nature du différend n’a pas encore été officiellement révélée, mais on sait que les tensions entre le Rite écossais ancien et accepté et le Grand Orient italien se sont intensifiées ces derniers temps, entraînant une confrontation juridique qui pourrait redéfinir les équilibres historiques et administratifs au sein du pays et plus particulièrement de la Franc-maçonnerie italienne.

Le juge Maurizio Manzi, connu pour sa rigueur et son impartialité, sera appelé à examiner les demandes des parties et à rendre une décision préliminaire qui pourrait avoir un impact significatif sur la suite de la procédure judiciaire.

L’audience du 24 décembre revêt donc un rôle crucial non seulement pour les parties concernées, mais aussi pour l’ensemble de la communauté maçonnique, qui observe attentivement l’évolution de l’affaire. Reste à savoir quelle sera l’issue de cette première discussion dans la salle d’audience, mais il est certain que la décision du tribunal contribuera à clarifier une question qui alimente les discussions et les débats depuis un certain temps.

Un Noël très ésotérique : Première partie

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Jonathan Dinsmore

Quelles sont les racines de l’histoire et des traditions de Noël modernes ?

À l’approche de Noël, les régions du monde ayant des racines chrétiennes sont enchantées par diverses traditions centrées sur l’histoire de l’humble naissance du Christ, ainsi que par les traditions laïques et non chrétiennes du solstice d’hiver. Quelle que soit la foi ou l’absence de foi, il est difficile d’ignorer cette période festive de l’année et l’histoire dominante de la plus grande religion du monde, tissée dans les chants de Noël, les ornements et les décorations dont elle est parsemée.

Oui, des lumières scintillantes, un décor scintillant et des paysages enneigés saturent la psyché collective, dans une célébration qui mélange les thèmes de la chaleur, de l’amour, de l’espoir, du pardon, du destin, de la générosité et d’un événement central d’une telle signification que nous l’utilisons comme point de démarcation de tout notre calendrier. Non seulement Noël est la fin de chaque année, mais aussi l’anniversaire annuel de la fin de l’ancien monde avant Jésus-Christ et de la naissance de la nouvelle phase Anno Domini de l’histoire humaine. L’axe de l’histoire occidentale repose littéralement sur cet événement que nous célébrons chaque 25 décembre.

Pourtant, il y a beaucoup plus dans cette histoire que les images superficielles des festivités hivernales et du fils divin né dans l’étable, entouré de mages frappés d’étoiles et de pauvres bergers. En effet, pratiquement tous les aspects de Noël ont des racines profondes dans les traditions qui ont précédé leur adoption dans le christianisme et son histoire de naissance ; même certains aspects de l’histoire de Noël elle-même peuvent être plus mythiques qu’historiques. Même le Père Noël, parfois critiqué comme une création fantaisiste de Coca-Cola, a ses racines en tant que Sinterklaas (Saint-Nicolas), remontant au Moyen Âge, ou sans doute même aux traditions européennes préchrétiennes.

Alors, quelles sont exactement les racines de l’histoire de Noël, et que devons-nous en penser ? Invalident-ils notre fête bien-aimée, ou est-il possible qu’ils lui donnent un sens encore plus profond ?

Peut-être le plus célèbre « exposé » dans la première partie du film Zeitgeist, il est connu depuis longtemps parmi les érudits que des éléments de l’histoire de la vie du Christ racontée dans la Bible existent dans de nombreuses traditions préexistantes, et cela inclut certainement les circonstances de sa naissance. Il est pratiquement indéniable que certains aspects de l’histoire de Noël sont mythologiques et astrologiques. Les littéralistes bibliques peuvent soutenir que ces histoires ont été créées par des démons pour tromper l’humanité, mais pour la plupart des gens rationnels qui ne veulent pas faire de tels sauts pour préserver leurs croyances, la réalisation de la mythologie de Noël est inévitable.

L’histoire religieuse est jonchée de prototypes du Christ et de Noël. Parmi les nombreux dieux ou demi-dieux qui seraient nés le 25 décembre, certains des plus célèbres sont Mithra, Apollon, Horus, Osiris, Héraclès, Dionysos et Adonis. Ceux dont la naissance a été prédite par des phénomènes célestes comme les étoiles ou les comètes comprennent Yu, Lao Tseu, Bouddha, Mithra et Osiris. Ceux qui sont censés être nés par conception divine, souvent d’une vierge, comprennent le pharaon Amenkept III, le dieu du soleil Rê, Horus, Atis, Dionysos, Persée, Hélène de Troie, Bouddha, Mithra et même Ghengis Khan. L’étude de Jésus dans la mythologie comparée est un domaine continuellement exploré par les historiens et les érudits. Fils Dieux : Horus, Mithra, Krishna, Dionysos

Le personnage qui a probablement le plus de similitudes avec l’histoire de Jésus est le Seigneur Krishna de l’hindouisme, qui est dit être : Dieu sous la forme d’un homme, la deuxième personne d’une trinité divine, prophétisé par les mages et les étoiles pour naître de la conception divine à un membre (peut-être virginal) d’une lignée royale (et la prophétie s’est accomplie), quelqu’un qui a accompli des miracles, chassé des démons, a été tué en étant pendu à un arbre, puis est mort et est descendu aux enfers avant de ressusciter pour rendre visite à ses disciples et monter au ciel, comme en témoignent de nombreux adeptes, et a également été appelé un « lion » de sa tribu, ainsi que de nombreuses autres corrélations. Leur plus grande différence, peut-être, est que la vie de Krishna est censée s’être déroulée entre 200 et 3 200 ans avant celle du Christ.

Cependant, cela ne signifie pas que le Christ n’est jamais né ou n’a jamais existé. En effet, il existe des preuves historiques de l’existence de Jésus, et même si elles ne sont pas assez fortes pour convaincre certains sceptiques, « la majorité des érudits du Nouveau Testament et des historiens du Proche-Orient ancien s’accordent à dire que Jésus a existé en tant que personnage historique. L’existence d’éléments mythologiques de l’histoire du Christ est trop souvent utilisée de manière inappropriée comme preuve qu’il n’a jamais existé, alors qu’ils ne sont que des preuves que son histoire a été mythifiée dans le processus de propagation du christianisme dans l’Europe païenne, tout au plus.

Alors que l’histoire de la naissance de Jésus peut être retracée dans les mythologies religieuses de diverses civilisations anciennes, une grande partie des traditions de Noël ont leurs racines dans des célébrations païennes plus rurales du solstice d’hiver, en particulier en Europe du Nord.

Yule ou Yuletide était la tradition nordique/germanique qui consistait à couper et à brûler une grosse bûche, connue sous le nom de bûche de Noël, tout en festoyant pendant le temps qu’il fallait à la bûche pour brûler, ce qui pouvait durer jusqu’à 12 jours autour du solstice. Beaucoup pensent que c’est l’origine des 12 jours de Noël. Le solstice d’hiver était également considéré comme une période, comme Halloween, où le voile entre le monde spirituel et le monde naturel était plus mince et avait donc une signification religieuse et surnaturelle.

On pense que la vie des anciens peuples païens tournait principalement autour de la signification agricole des changements de saisons dans l’hémisphère nord, et de la signification surnaturelle qu’ils prenaient également, étant littéralement des questions de vie ou de mort. Le solstice d’hiver était une période où les préparatifs pour les « mois de famine » d’hiver à venir de janvier et février atteignaient leur paroxysme, avec l’abattage du bétail qui ne pouvait pas être nourri pendant l’hiver, ainsi que de la nourriture excédentaire qui ne pouvait pas être correctement stockée. C’était aussi la période de l’année où le vin et la bière fabriqués à partir des cultures cultivées pendant les mois d’été étaient suffisamment fermentés pour être bus et appréciés.

Noel
Noel

Ainsi, en raison de la présence d’un excès de nourriture, de viande et de libations, les traditions de Noël qui ont probablement émergé en partie de Noël / Midwinter comprennent les festins et les chants de Noël, le jambon / dinde de Noël, les cadeaux et les festivités générales au coin du feu. Même l’utilisation d’arbres et de branches à feuilles persistantes comme décorations, vénérés pour leur capacité à prospérer et à rester verts au cœur de l’hiver, est antérieure à l’avènement de l’arbre de Noël au début de l’Allemagne médiévale, les païens apportant des conifères dans leurs maisons dès 400 après JC. Il semble que les traditions de Noël qui ne proviennent pas des mythologies égyptienne, grecque, romaine ou même indienne aient été héritées de l’Europe préchrétienne et païenne.

Mardi Gras, La Nouvelle-Orléans, Louisiane
Mardi Gras, La Nouvelle-Orléans, Louisiane

L’équivalent similaire des Saturnales existait à Rome, qui s’est répandue dans la majeure partie de l’Europe pendant l’empire romain ; Dans ce cas, des éléments de chaos social et de gaieté ont également été ajoutés aux festins généraux, aux combats de gladiateurs, aux jeux d’argent, aux cadeaux, à une forme précoce de cartes de vœux et à la désinhibition générale. Les Saturnales romaines n’étaient pas sans rappeler un ancien Mardis Gras sous stéroïdes, avec des gens portant des costumes et inversant les rôles sociaux, permettant aux esclaves de devenir des maîtres et vice versa, et permettant aux paysans de gouverner les villes pour la semaine. On dit également que le festin et l’indulgence comprenaient également des éléments orgiaques, ce qui signifie que la gourmandise n’était peut-être pas le seul vice auquel on s’adonnait.

Noel
Noël – Crèche

Bien que ces révélations puissent être troublantes pour certains, la vérité est que toutes ces diverses traditions ont été incorporées à Noël pour une raison ou diverses raisons. Tous étaient extrêmement significatifs pour les gens qui les ont reçus et, comme la mythologie elle-même, ont une signification symbolique. Alors, peut-être que plutôt que d’être découragés que Noël ne soit pas ce que nous pensions qu’il était, nous devrions être intrigués de découvrir quelles plus grandes significations pourraient être cachées dans cette tradition disparate.

Dans la Co-Maçonnerie Universelle, nous nous efforçons de chercher la Lumière de la Connaissance où qu’elle puisse nous mener, aussi inconfortable qu’elle puisse être. Alors, où l’illumination du symbolisme de Noël pourrait-elle nous mener ? Plus d’informations à ce sujet dans la partie 2… en cliquant ici.

L’Ordre du Royal Secret : Les fondements et l’évolution du Rite Écossais Ancien et Accepté

L’Ordre du Royal Secret, également connu sous les noms de Rite de Perfection ou Rite du Royal Secret, est un rite maçonnique créé au XVIIIe siècle. Cette tradition maçonnique complexe et riche est à la base du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), fondé à Charleston, en Caroline du Sud, en 1801. Dans cet article, nous allons explorer l’histoire, les grades et l’évolution de cet ordre, ainsi que son impact sur la franc-maçonnerie moderne.

Histoire

Les Origines

L’Ordre du Royal Secret revendique une fondation en 1762, bien que les détails de son origine et de sa diffusion soient encore débattus par les historiens en 2015124.Étienne Morin, un franc-maçon français, joua un rôle central dans la création et la diffusion de ce rite. Le 27 août 1761, à Paris, Morin reçut une patente des officiers de la première Grande Loge de France, le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». Cette patente, qui n’a jamais été retrouvée dans son original, est connue seulement à travers des copies plus tardives. Il est possible que Morin ait embellie ces copies pour renforcer sa prééminence sur les loges de hauts grades des Antilles2.

Expansion aux Antilles et en Amérique du Nord

Muni de cette patente, Morin implanta le Rite de Perfection aux Antilles à partir de 1765. Il créa notamment un « Grand Chapitre » de son rite à Kingston, en Jamaïque, en 1770, où il mourut en 1771.Henry Andrew Francken, un maçon hollandais, reçut de Morin le pouvoir de diffuser ce rite en Amérique du Nord. Francken introduisit le Rite du Royal Secret en Amérique du Nord en 1767, commençant par Albany, New York.

Échelle des Grades

Le Rite de Perfection est organisé en sept classes, comprenant 25 grades. Voici la structure détaillée de ces grades :

Naissance du Rite Écossais Ancien et Accepté

Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) fut officiellement constitué avec la fondation du premier Suprême Conseil à Charleston, en Caroline du Sud, le 31 mai 1801. Cette fondation fut l’œuvre de John Mitchell et Frederick Dalcho, qui établirent un système supérieur à l’Ordre du Royal Secret de Morin, administrant 33 degrés au total.

Expansion Internationale

À partir de ce premier Suprême Conseil, d’autres Suprêmes Conseils furent constitués dans le monde. Notamment, le Suprême Conseil de France fut fondé en 1804 par le frère Grasse-Tilly, qui revenait des « Isles d’Amérique ». Un traité d’union signé en décembre 1804 entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France permit au Grand Orient de France d’administrer les 18 premiers degrés du rite, tandis que le Suprême Conseil de France gérait les 15 degrés supérieurs.

Fondements Constitutionnels

Les Suprêmes Conseils du REAA reposent sur des textes fondateurs importants :

  • Constitutions de Bordeaux de 1762 : Ces constitutions structurent le système initiatique du « Rite du Royal Secret », divisé en 25 degrés et en 7 classes, avec une répartition des pouvoirs visant à créer un centre souverain dont dépend tout le rite5.
  • Grandes Constitutions de Berlin de 1786 : Attribuées à Frédéric II de Prusse, ces constitutions ordonnent la hiérarchie en 33 degrés, affirment les valeurs essentielles du REAA et apportent la devise : « Ordo ab Chao » (Ordre du Chaos).

Impact et Évolution

Le Rite Écossais Ancien et Accepté a continué à évoluer et à se diffuser à travers le monde. En France, après une période de sommeil entre 1815 et 1821, le Suprême Conseil du 33e degré fut réactivé et continua à jouer un rôle central dans la franc-maçonnerie française.

Relations avec d’Autres Obédiences

Le REAA a maintenu des relations complexes avec d’autres obédiences maçonniques. Par exemple, le Grand Orient de France a tenté de chapeauter le REAA en créant un « Grand Directoire des Rites » en 1805, mais cette initiative n’a pas abouti à une intégration durable.

L’Ordre du Royal Secret et le Rite Écossais Ancien et Accepté représentent une tradition maçonnique riche et complexe, avec des racines profondes dans l’histoire de la franc-maçonnerie. La création de ce rite par Étienne Morin et son expansion par Henry Andrew Francken ont jeté les bases d’un système maçonnique qui continue à inspirer et à guider des milliers de francs-maçons à travers le monde. Les fondements constitutionnels et la structure des grades de ce rite offrent une voie initiatique complète et profonde, visant à élever les frères dans leur quête de lumière et de perfection morale et spirituelle.

France Culture : « Que de critiques de la métaphysique ! »

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De notre confrère France Culture

Les philosophes qui font aujourd’hui de la métaphysique conçoivent-ils leur activité comme la quête d’un savoir ? Ou considèrent-ils qu’ils s’évadent seulement en pensée, voire produisent des fictions, un peu comme les sciences-fictions des romanciers et des cinéastes ?

Avec… :

  • Elie During Philosophe, maitre de conférences à l’Université de Paris X-Nanterre
  • Anna Longo Philosophe, directrice de programme au Collège international de philosophie
  • Pierre Cassou-Noguès Philosophe et mathématicien. Auteur d’un essai sur la philosophie de Jean Cavaillès (Vrin, 2002)
Emmanuel Kant

Emmanuel Kant est une figure essentielle de la critique de la métaphysique. En effet Kant reconnaissait tout à fait que les humains ont un besoin métaphysique, un besoin de penser des choses qui dépassent ce monde : d’où ils viennent ; si vraiment rien d’eux, de leur âme, ne va leur survivre ; s’il existe un Dieu et de quelle sorte : s’ils sont libres ou bien manipulés, notamment par cet éventuel Dieu ; ce que veut dire « être », et si le « possible », en un sens, « est », lui aussi ; d’où viennent leurs idées du bien et du mal ; et toutes les idées d’ailleurs, qu’ils utilisent dans leurs raisonnements. L’homme est un être métaphysique.

Mais un besoin ne crée par un savoir. Dans son livre Critique de la raison pure (1781 et 1787) Kant affirme que la raison théorique, si elle veut établir du savoir, ne peut pas s’aventurer au-delà du cadre d’une expérience au moins possible. Au-delà, c’est le domaine de la foi ; de certaines pensées, aussi ; mais pas du savoir.

Dès lors, les philosophes qui font aujourd’hui de la métaphysique conçoivent-ils leur activité comme la quête d’un savoir ?

La métaphysique est-elle une fiction ?

Pierre Cassou-Nogues considère la métaphysique comme une exploration du réel par la pensée, mais avec un recours essentiel à la fiction. Il explique : « La métaphysique, c’est trouver le moyen d’accéder au réel par la pensée. Ça peut passer par la science, et la science peut prétendre être un moyen d’accéder au réel par la pensée, mais il faut qu’elle justifie sa propre réalité, il faut qu’elle se fonde, ce qui passe par la philosophie ».  Selon lui, la fiction est un mode de pensée particulier qui nous permet d’ouvrir « au possible« , une manière de penser qui interroge la réalité en explorant ce qui pourrait être. Pour Pierre Cassou-Nogues, la fiction et la métaphysique vont ensemble. Que cela signifie-t-il plus précisément ?

La métaphysique comme critique du savoir

Anna Longo, de son côté, place la métaphysique dans une perspective critique du savoir. Elle se demande : « Pourquoi ce monde-ci plutôt qu’un autre ? » et explore les possibilités d’un autre monde, « cette potentialité pour engendrer des mondes possibles ». Elle interroge : « Est-ce que cette condition existe ou n’existe pas ? » et se demande si la façon dont nous pensons le monde est nécessaire, ou si elle pourrait être autrement. « Ce qui m’intéresse c’est plutôt les conditions du savoir ». Cette réflexion nous invite à remettre en question les fondements mêmes de notre connaissance. Elle ajoute : « La question est, est-ce que ces connaissances sont nécessaires ? Est-ce que ça pourrait être autrement ? ».

L’héritage kantien : de quoi s’agit-il ?

Elie During nous rappelle l’héritage kantien dans la métaphysique, qui cherche à comprendre les « choses ultimes« , le fondement des choses. Il précise : « C’est un savoir qui concerne un type de connaissance qui vise les choses ultimes, c’est-à-dire, le fondement ». Selon lui, la métaphysique classique cherchait à répondre à des questions comme « Qu’est-ce qui existe réellement ? » et « Qu’est-ce qui existe vraiment ? ». Ces interrogations, traditionnelles en métaphysique, renvoient à la distinction entre réalité et illusion. Il évoque aussi les limites de la raison : « Kant a théorisé le fait que, d’une certaine façon, on ne pouvait pas avoir accès de plain-pied, à l’en-soi, et que le mieux qu’on puisse espérer, que la raison puisse espérer, c’est une élucidation des conditions générales qui nous permettent d’accéder à un réel, de le constituer objectivement et d’atteindre une forme de certitude ».

Pour en parler

Elie During, maître de conférences en philosophie à l’université Paris Nanterre. Il dirige la collection “MétaphysiqueS” aux Presses Universitaires de France. Il a publié :

Pierre Cassou-Noguès, professeur à l’université Paris 8, membre de l’Institut Universitaire de France. Il a publié :

Anna Longo, directrice de programme au Collège international de philosophie. Elle a publié :

Références sonores

Chanson de fin d’émission : “Life’s What You Make It” de Talk Talk, dans l’album The Colour of Spring (1986).

Extrait de Matrix, réalisé par Lilly Wachowski et Lana Wachowski, sorti en 1999.

Extrait de The Truman Show, réalisé par Peter Weir, sorti en 1998.

Lecture de Henri Bergson, “Introduction à la métaphysique” (1903), dans La Pensée le mouvant.

Déménagement des Compagnons du Devoir à Tours : Changement d’ère pour une institution centenaire

Les Compagnons du Devoir, une institution française historique dédiée à la formation et à l’apprentissage des métiers manuels, ont récemment fait la une des journaux avec un déménagement significatif à Tours. Leur maison historique, située au cœur de la ville, a été fermée et est désormais destinée à la vente pour faire place à des logements abordables. Ce changement marque une nouvelle étape dans l’histoire de cette organisation vouée à la transmission des savoir-faire artisanaux depuis des siècles.

Un Adieu à la Rue Littré

Tailleurs de pierres
Tailleurs de pierres

L’ancienne maison des Compagnons du Devoir, située au 8, rue Littré dans le Vieux-Tours, a été le lieu de vie et de formation de nombreux artisans depuis 1950. Le 14 décembre 2024, les Compagnons ont officiellement rendu les clés de cette maison à la ville de Tours, clôturant ainsi 74 ans de présence dans ce quartier central. La cérémonie d’adieu a été émotive, rassemblant environ 200 personnes pour ce moment symbolique. Cette maison, autrefois animée par le cliquetis des outils et les discussions des apprentis, est maintenant prête à accueillir une nouvelle vie sous un autre aspect urbain.

Vers des Logements Abordables

La vente de la maison des Compagnons du Devoir a été actée par le conseil municipal de Tours le 16 décembre 2024. La propriété a été acquise par le groupe France Pierre Patrimoine pour un montant de 3,2 millions d’euros, une somme proche de l’estimation de valeur par l’expertise du groupe Galtier. Ce projet immobilier vise à développer des logements abordables, répondant ainsi à une demande croissante dans la région. Le plan prévoit également un « rez-de-chaussée actif » pour des activités professionnelles, ce qui contribuera à revitaliser le quartier.

Nouveau Départ à Tours-Nord

Les Compagnons du Devoir ont déménagé leurs activités vers Tours-Nord, où ils disposent désormais d’installations modernes et adaptées aux besoins éducatifs et résidentiels des jeunes artisans. Ce nouvel emplacement permet d’accueillir une centaine de jeunes dans des conditions optimales, offrant des ateliers spacieux et un environnement propice à l’apprentissage et à la vie en communauté. Cette relocation n’est pas seulement une question de logistique mais aussi une occasion de renforcer les liens avec les entreprises locales pour des partenariats éducatifs et professionnels.

Impact Culturel et Social

Ce déménagement n’est pas sans conséquences sur le tissu social et culturel de Tours. La maison historique était un symbole vivant de l’artisanat français, un lieu où les traditions étaient non seulement enseignées mais aussi vécues. Maintenant à Tours-Nord, les Compagnons du Devoir continuent leur mission de formation, mais ce changement de localité représente aussi une perte pour le centre-ville, où ces artisans ont contribué à la richesse culturelle de la communauté.

Le déménagement des Compagnons du Devoir vers Tours-Nord et la transformation de leur ancienne maison en logements abordables illustrent une évolution nécessaire face aux besoins contemporains de la ville. Tandis que la tradition artisanale continue de se perpétuer dans un nouveau cadre, cette transition rappelle l’importance de l’adaptation tout en préservant et en célébrant les valeurs et les métiers du compagnonnage.

Ainsi, Tours se réorganise, cherchant à concilier son histoire avec les exigences du logement moderne, tout en maintenant l’esprit de l’artisanat français vivant et dynamique dans son paysage urbain.

L’hypogée de l’hiver en Franc-maçonnerie

En Franc-maçonnerie, les solstices s’enchaînent ère après ères, heure après heures. Ils rythment nos midis et nos minuits. C’est ainsi que tous les Francs-maçons des univers connus arrachent à la cruauté de Saturne, les enfants de la Veuve qu’il s’apprêtait à dévorer. Lorsque ce vaisseau de pierre que nous façonnons à notre image comme d’autres l’ont fait de leurs églises avant nous ; lorsque la Terre aura accompli sa révolution annuelle autour du Soleil ; lui-même l’amenant plus loin sur cette spirale en faisant ses ronds de Lumières dans l’Eau de la Vie, la Voie Initiatique nous aura transmuté. Nous avançons inexorablement, chaque seconde plus proche encore de notre [Oxydant], notre regard neuf d’Ermite, arcane tournée vers son [Aur-riant]… 

La nuit ne dévorera pas nos couleurs

La nuit ne dévorera pas nos couleurs si nous acceptons la transmutation.
Car, comment atteindre les feux de l’Aube rougeoyante sans se laisser draper par la Nuit ? Comment espérer atteindre le Cœur rubis tant espéré si on lui refuse la soie de la [noire-Sœur] de notre Chrysalide ?
Comment retrouver son Etoile et sa rose sans la morsure du Serpent de Jade ?

Ainsi va, comme l’univers, la roue du Tarot sur les Chemins Initiatiques en suivant le tracé au Rouge de l’arcanne du Charpentier.

Pour Voyager de merveilles en vermeil, c’est [l-a-mer] [d-é-tain] et de [mer-cure] qu’il nous faut traverser.

Alors, ce soir, au creux de l’hypogée de ce Voyage dans cette temporalité éphémère, pour espérer amorcer la ressource il nous faut aller puiser dans l’AUR, אוֹר. Ce mot hébreu qui, en substance, peut signifier à la fois Or et Lumière.

Cet Aur philosophale on le rencontre dans le regard de l’Autre. Il marque nos chairs jusqu’au plus profond de nos Cœurs. Cœur que certains nomment Cœur Droit, ce sont les joies du Voyage que de découvrir les horizons d’autres perspectives.

Cet Aur que nous magnifions, il nous vient aussi de nos anciens, de notre histoire, celle qui appartient à chacun et à chaque Loge. Mais cette Lumière d’Espoir et d’Espérance nous est aussi transmise par delà la nuit du Temps, par l’histoire devant être commune à l’esprit de tous les Francs-maçons. Cette Histoire, avec un grand H, nous vient de par delà la « nuit et le brouillard »

Ils étaient 7 et devinrent 9

C’était l’hiver. Un de ceux que connurent nos anciens durant l’ère du plomb, du sang et des cendres. 

Ils étaient 7 Frères . Ils se prénommaient Paul, Luc, Guy, Jean, Joseph, Amédée et Franz. 

La nuit ne dévorera pas les couleurs -Détail – ©Stefan von Nemau

Ils étaient unis par ce triangle rouge, pointe en bas, cousu sur le coutil de leur tenue de prisonniers politiques, les « Nacht und Nebel » selon la nomenclature administrative d’alors.

Tous les dimanches, dans la baraque 6 « ceux qui croyaient au ciel » et « ceux qui n’y croyaient pas1 » se rassemblaient pendant que d’autres faisaient le guet. 

D’un côté de la baraque deux prêtres catholiques déportés célébraient la messe, tandis que dans une autre pièce, les 7 Frères, rejoints par 2 affiliés, Jean Baptiste et Henri, traçaient sur la table un Tableau de Loge et ouvraient leurs travaux. 

La nuit ne dévorera pas les couleurs – Baraque 6 – Détail – ©Stefan von Nemau

Pas besoin d’or et de grand chose lorsque le veau minuscule s’efface devant l’Aur, devant l’Essence du Ciel.

La Loge qu’ils avaient fondé s’appelait Liberté Chérie. C’était au camp de concentration d’Esterwegen en Allemagne.

La Lumière des cendres

J’aime à croire que c’est en se réunissant autant qu’ils le pouvaient que ces Frères au sang de cendre, qu’ils aient été d’une chapelle ou d’une autre, n’ont pas laissé cette Nuit et ce Brouillard éteindre ce phare d’où rayonnait cet Aur dans l’obscurité. Elle guidait les pèlerins par delà leurs nuits de désespoir, dans le creux de leurs rêves d’espérance. 

Cette Lumière c’était cette petite lueur d’espoir qui depuis la Nuit du Temps éclaire les nuits des temps.

En ce jour où cette Lueur est matériellement la plus faible, c’est dans le photophore de nos Cœurs qu’elle éclaire nos mains tendues dans la tempête, vivifiée par le souffle de nos âmes.

La nuit ne dévorera pas les couleurs -Signature – Détail – ©Stefan von Nemau

Cette planche dessinée est signée d’une simple empreinte anonyme sur la neige. Elle est recouverte d’une rose et d’un réséda, en référence au poème d’Aragon paru dans le recueil La Diane française en 1944. Ces traces sur la neige reposent à l’ombre d’une branche d’acacia d’Or symbolisant la Franc-maçonnerie universelle. Un jour la neige aura fondu, il ne restera de tout cela que quelques fleurs à l’ombre d’un arbre éternel. 

Ainsi, plus jamais la Nuit ne dévorera les Couleurs. Passe le vent et que l’arbre repose.

La nuit ne dévorera pas les couleurs – Aquarelle et encre de chine sur papier – 30 x 40 cm – ©Stefan von Nemau

LA ROSE ET LE RESEDA

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats

Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Ils sont en prison Lequel
À le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera

Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda.

Louis Aragon in La Diane française – 1944

Voir aussi l’article : En Franc-maçonnerie, célébrer la Saint Jean d’Hiver c’est exalter le paradoxe de la Présence dans l’Absence

  1. La rose et le réséda – Louis Aragon in La Diane française – 1944 ↩︎

COLOMBIE : Le temple maçonnique de Cucuteño

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De notre confrère colombien laopinion.co

La construction a coûté 625 000 pesos et a été livrée et inaugurée le 20 juillet 1976.

Dans des chroniques précédentes, j’ai écrit quelques histoires sur la figure et l’histoire de cette confrérie traditionnelle qui s’est répandue dans tout le monde occidental. On sait qu’en Colombie ou plutôt dans le « Nouveau Monde », il est arrivé dans le dernier quart du XVIIIe siècle, et c’est dans la capitale de la Nouvelle-Grenade que furent organisées les premières loges, nées des interdits et des soifs d’indépendance qui se respirait alors.

Dans la vallée de Cúcuta, Jaime Contreras Valero nous raconte, dans son livre « Société des artisans, 100 ans d’histoire » que la première loge fondée dans la ville remonte à l’année 1864, le 4 décembre pour être exact, date à laquelle elle a commencé ses activités. . Loge de l’Étoile du Nord. Dès lors, d’autres loges apparaissent comme Bella Esperanza n°7 en 1883, Estrella Boreal n°9 et officiellement, en 1933, le 27 octobre, l’initiation de la loge Sol de Santander n°14 est reconnue et acceptée par le National. Grande Loge de Colombie, au fil du temps, d’autres loges furent créées qu’il n’est pas nécessaire d’énumérer pour les besoins de cette chronique.

Désormais, la franc-maçonnerie ou simplement la franc-maçonnerie, a cessé d’être considérée par ses membres non plus comme une société secrète, ce qu’elle était à ses origines, mais d’être classée simplement comme une corporation philanthropique et discrète.

Pour le développement de ses objectifs, qui ne sont autres que la recherche de la vérité, l’étude philosophique du comportement humain, les sciences et les arts, et la promotion du développement social et moral des êtres humains, qu’ils définissent comme des hommes libres. et de bonnes coutumes et à cette fin, il illustre ses enseignements avec des symboles et des allégories. Les francs-maçons se réunissent dans des loges ou lieux appelés aussi Ateliers avec leurs noms respectifs, comme déduit du récit précédent, dans lesquels sont pratiqués des actes ou des rites cérémoniaux. Les réunions ou assemblées de Maçons sont appelées réunions, qui peuvent être des rituels, des réunions de comité ou de famille, également appelées réunions blanches. Cela dit, abordons le sujet du titre : Le temple maçonnique de Cúcuta.

Dès la première approche du sujet en 1963, je connaissais les lieux. Cela m’a toujours semblé un peu mystérieux, mais rien d’extraordinaire, cependant, cela n’avait rien de semblable à sa comparaison avec Bogotá où j’ai eu l’occasion de visiter à une certaine occasion, bien que sans pénétrer au-delà de l’entrée, à une époque encore considérée comme taboue et interdite. pour les profanes comme moi. Ce n’est que grâce à la relation avec mon père et au soutien d’un frère franc-maçon qu’ils ont autorisé mon entrée. Le temple maçonnique est l’espace physique où se tiennent les réunions.

Le temple doit être construit selon des règles symboliques précises, constitué d’une pièce rectangulaire avec un seul espace et sans fenêtres, définie comme une représentation du monde et du cosmos. Symboliquement, il doit être orienté vers l’est, parmi de nombreuses autres caractéristiques et symboles.

À Cúcuta, pendant de nombreuses années, le temple était situé dans une maison identifiée au numéro 5-67 de la Septième Avenue. Dans l’un des articles publiés par le Dr Alirio Sánchez Mendoza, il raconte que la propriété, initialement un terrain d’un peu plus de 1 200 mètres carrés, a été acquise en usufruit, autorisée par le maire municipal avant le tremblement de terre de février 1872 par le frère Albert Rowen. , pour construire une maison d’habitation. On sait qu’après le cataclysme de 1875, le terrain n’était pas encore construit et qu’au début de la reconstruction, l’entreprise Van Diessel Rode, dans laquelle travaillait M. Rowen, était chargée de construire la maison qui fut ensuite cédée au Sol Lodge de Santander, tel qu’enregistré dans l’acte 830 du 17 décembre 1938 du Premier Notaire, sans étude préalable de tradition. Une fois ce transfert effectué, la confrérie a procédé aux ajustements nécessaires pour développer ses activités dans le cadre des strictes réglementations établies. La propriété a rempli ses fonctions jusqu’en 1974, sans qu’aucun entretien n’ait été effectué et la maison s’est détériorée à un point tel qu’elle a menacé de s’effondrer et de provoquer une tragédie majeure. Face à l’imminence d’un désastre, le Vénérable Maître de la Loge Sol de Santander a entamé des négociations avec le propriétaire de la propriété voisine, Don Dióscoro Méndez, pour lui vendre la propriété compte tenu de son intérêt pour l’unification des deux propriétés. 

Lorsque le changement dans la direction de la Loge a eu lieu et que le nouveau Vénérable Maître a pris ses fonctions, il a constaté que l’ancien directeur avait signé une promesse de vente que le nouvel installé considérait comme inférieure à sa valeur réelle. Il a demandé une évaluation plus récente et le prix fixé par le nouvel expert n’a pas été accepté par Don Dióscoro qui a menacé de poursuivre la Loge en justice pour rupture de contrat. Pendant ce temps, l’avocat adverse a découvert que le terrain destiné à être vendu n’avait aucun droit de propriété puisqu’il avait été concédé sous le couvert de l’usufruit et qu’il avait seulement démontré sa possession depuis plus de 40 ans.

Finalement, le conflit fut résolu une fois que la donation du lot fut approuvée par la Mairie et qu’un accord financier fut conclu avec Dióscoro Méndez pour lui livrer la propriété engagée à la fin de 1975.

Mais la confrérie des maçons locaux, anticipant qu’ils devraient déménager, a formé une commission de construction et a demandé à tous les membres de la loge locale de visiter des maisons ou des terrains qui pourraient convenir à leur prix et à leur emplacement pour les conditionner ou construire, le cas échéant, un bâtiment adapté. Les investigations ont abouti à l’acquisition d’un terrain de 1.200 mètres carrés, dans l’urbanisation Quinta Bosch, propriété de Don Luciano Jaramillo Cabrales qui l’a vendu au lodge Sol de Santander. Le Dr Alirio Sánchez a dessiné un croquis de ce que serait le nouveau Temple maçonnique, qu’il a brièvement passé en revue : « …l’extérieur et la façade générale devaient avoir l’apparence d’une forteresse ou d’un château médiéval avec ses créneaux correspondants, deux étages haut et une porte d’entrée de quatre à six mètres décorée de deux colonnes, l’une de style dorique et l’autre de style ionique et avec un atrium proportionné auquel il fallait accéder par trois marches ; 4 ou 5 bureaux étaient à prévoir à l’étage inférieur… Le deuxième étage était une grande salle d’au moins 8 mètres sur 24, avec sa plus grande extension orientée est et ouest et d’une capacité d’environ 100 personnes assises… partie centrale de la pièce, le troisième niveau, elle comporterait deux rangées de chaises se faisant face, les unes tournées du côté droit au nord et les autres au sud, placées à proximité des colonnes B et J. »

Le projet a été approuvé par le conseil de construction. Quatre architectes ont présenté leurs propositions et le projet a été attribué à l’ingénieur Fernando Mogollón. La construction a coûté 625 000 pesos et a été livrée et inaugurée le 20 juillet 1976.

Magnétisme et révolution

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« La révolution est une conscience collective qui se manifeste comme un champ magnétique, qui attire les gens vers une nouvelle vision du monde. »

(Anonyme.)

Avant de continuer notre chemin sur l’étude des rapports entre la FM, le magnétisme, puis l’hypnose et après avoir vu que les liens tissés entre eux étaient solides au 18e siècle, on ne peut que faire une halte sur la période révolutionnaire et post révolutionnaire.

Nous savons que le magnétisme animal, théorie développée par Franz Anton Mesmer, a eu un impact significatif sur la société française et donc sur les révolutionnaires à la fin du 18e siècle. Le mesmérisme offrait une explication des aspirations des Français lettrés à la veille de la Révolution. Il proposait une vision du monde basée sur l’harmonie universelle et sociale, qui résonnera avec les idéaux révolutionnaires. Cette harmonie, nom patronyme d’ailleurs de nombreuses loges,trouve ce lien expérimental dans le magnétisme animal, véritable énergie de cohésion.

De plus Puységur figure centrale (étudié par ailleurs) utilisait de simples paysans pour leur faire découvrir de nombreux talents cachés grâce au somnambulisme.
Ce don magnétique n’appartient plus à une classe sociale ou à un clergé mais est largement partagé.

 » Egalité » parfois ton nom se cache sous de drôles d’expérimentations

Le magnétisme animal remettait aussi en cause l’autorité de la science et de la médecine officielles, ce qui le rendait attrayant pour ceux qui cherchaient à défier l’ordre établi.
Les condamnations du mesmerisme par les commissions royales ne feront que renforcer la critique du pouvoir établi.

Nicolas Bergasse

Certains disciples de Mesmer, comme Nicolas Bergasse, ont donné une dimension politique au magnétisme animal. Ils ont transformé un simple moyen de guérison en un outil de lutte contre le despotisme, conçu comme une thérapie sociale.

Bergasse était proche de milieux maçonniques et participait à des sociétés intellectuelles de l’époque, notamment la Société de l’Harmonie Universelle fondée avec Guillaume Kornmann en 1783. Plus tard dans sa vie, il deviendra un opposant déclaré à la franc-maçonnerie. Sous la Restauration, il « combattra la franc-maçonnerie et l’esprit révolutionnaire ».

Il a été cependant initialement impliqué dans des mouvements intellectuels progressistes, collaborant avec des personnalités comme Brissot et Clavière qui, ensemble, ont élaboré des projets de réforme de l’ordre politique et social de la monarchie française et développé une vision républicaine influencée par la Révolution américaine, mettant l’accent sur la souveraineté populaire et la réforme constitutionnelle.

Société de l’Harmonie Universelle

La Société de l’Harmonie Universelle était une organisation fondée par Franz Anton Mesmer en 1783 à Paris pour propager sa doctrine du magnétisme animal est devenue un lieu de rencontre pour de nombreux futurs révolutionnaires, servant de plateforme pour la diffusion d’idées progressistes. Elle servait à la fois d’entreprise commerciale, d’école privée et de loge maçonnique et attirait des membres illustres de Paris et de la Cour, comme les Noailles, les Montesquiou, et le Marquis de Lafayette. Elle comptait parmi ses membres Armand Marc Jacques de Chastenet de Puységur et ses deux frères..Des sociétés filiales ont été établies en province, notamment à Strasbourg, Bordeaux, et Saint-Domingue. Comme le mouvement mesmériste elle a connu des divisions internes et des fractures avec ses filiales provinciales. C’est ainsi que Mesmer a rompu avec Bergasse, Kornmann et d’autres membres influents,étroitement liés aux cercles maçonniques et mesméristes reflétant des divisions politiques.

Les polémiques autour du magnétisme animal ont contribué à stimuler le débat public et la remise en question des institutions, préparant ainsi le terrain pour les changements révolutionnaires.Cependant, il est important de noter que Mesmer lui-même était apolitique et s’est distancié des interprétations politiques de sa théorie.

La relation entre le magnétisme animal et la Révolution française reste un sujet d’étude pour les historiens, comme en témoignent les travaux publiés dans les Annales historiques de la Révolution française. En tant que période de profondes recompositions des tissus politiques et des repères socio-culturels, la Révolution française et la période napoléonienne sont riches en réflexions sur cette notion d’harmonie.

Au cours de la Révolution, de nombreux acteurs mobilisent dans leurs discours la notion d’harmonie aux côtés de celle de convulsions, également présente dans le lexique mesmériste.

Au-delà même du groupe des mesméristes siégeant à l’Assemblée constituante, qui reprennent les mots clefs de Mesmer dans leurs lexiques, qu’il s’agisse du système juridique ou de la circulation du papier monnaie *, la notion semble alors propice à questionner les moyens de garantir l’équilibre politique et social.

*Bien que le papier-monnaie et le mesmérisme semblent sans rapport direct, ils illustrent tous deux l’esprit d’innovation et d’expérimentation qui caractérisait le Siècle des Lumières en France. Ces deux phénomènes ont suscité à la fois enthousiasme et controverse, reflétant les changements rapides dans la pensée économique et scientifique de l’époque.
D’autre part le papier monnaie est bien un fluide qui circule entre les hommes

La notion d’harmonie se répand : on la retrouve dans des noms de clubs ou de sociétés politiques proches des Jacobins (comme celle « de l’harmonie sociale des sans-culottes ») à Paris comme dans les départements.

Vivier théorique particulièrement hybride, le mesmérisme sert alors de répertoire de notions à ceux qui, sans forcément se revendiquer du magnétisme animal, tentent de comprendre et d’interpréter cette rupture brutale et inattendue qu’est la Révolution.

Jean Delormel est principalement connu pour son ouvrage « La Grande Période », publié en 1790, 1796 et 1805, dans lequel il développe une théorie de l’harmonie universelle et du progrès.

Cette théorie présente des similitudes avec certaines idées circulant dans les milieux maçonniques et mesméristes de l’époque,avec l’idée d’une harmonie générale, d’un principe unificateur du monde et la notion de progrès et d’avancement vers un âge d’or.

Pour Delormel c’est donner sens à la Révolution : selon lui, la Révolution constitue une rupture dans une tendance de fond de régénération qui doit prochainement aboutir à rétablir l’harmonie terrestre définie par la rotation de la terre sur un axe vertical. (il finira par soutenir l’Empire )
C’est encore en se revendiquant d’une sorte de projet utopique de communication universelle, seul moyen d’accéder à l’harmonie, qu’il justifie en 1795 son projet de créer une langue universelle.

Sous le Directoire

les membres de la nébuleuse des Idéologues, qui dominent la Classe des sciences morales et politiques, semblent très hostiles au magnétisme animal.
La Classe des sciences morales et politiques a été créée en 1795 au sein de l’Institut de France nouvellement fondé.

Elle visait à étudier « l’homme moral et sa vie en société » et devait mener des études et fournir des avis au gouvernement (Supprimée en 1803 par Napoléon Bonaparte et restaurée en 1832 sous le nom d’Académie des sciences morales et politiques par François Guizot ).

Il semble que, « pour sortir de la Terreur », il convient de dénoncer les charlatans qui, comme Mesmer, ont pu dévoyer l’ordre de la raison et entraîner la barbarie.

D’autres scientifiques sont moins hostiles aux idées mesmériennes

A l’exemple des médecins Pierre-Jean-Georges Cabanis ou Philippe Pinel (libération des chaînes des malades psychiatriques), dont les théories sont indéniablement influencées par les idées, d’autres cosmologies s’appuyant sur le magnétisme animal pourrons occuper un rôle important au cours de la période.

Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808) était franc-maçon, membre de la loge des Neuf Soeurs, qu’il a rejoint vers 1778-1779, à l’époque où Benjamin Franklin en était le vénérable. La loge des Neuf Soeurs comptait parmi ses membres d’autres intellectuels et philosophes des Lumières, comme Voltaire et Condorcet. Cabanis aura conservé son affiliation maçonnique tout au long de sa vie, malgré ses engagements politiques et scientifiques variés.

Il suffit aussi par ailleurs de se tourner vers certains des membres « oubliés » ou jugés encore trop souvent comme isolés de la Classe pour constater que la notion d’harmonie reste très présente au sein de celle-ci

De Jacques Henri-Bernardin de Saint-Pierre à Pierre Samuel Dupont de Nemoursen passant par Nicolas Edme Restif de la Bretonne ou Jean-Baptiste Claude Delisle de Sales, on constate que, si aucun de ces hommes de lettres ne se revendique explicitement de Mesmer et du magnétisme animal, ils utilisent tous la notion d’harmonie pour proposer des cosmologies qui les éloignent de celle des Idéologues.

Il s’agirait, pour ces auteurs, de tenter, en tenant à distance la religion catholique, d’inventer une nouvelle « religion » naturelle (bonjour Anderson) qui aurait pour objet de reconstruire (dans le contexte politique et social de l’Empire puis de la Restauration) de nouveaux rapports sociaux, de proposer (face aux Idéologues et aux catholiques) les voies de nouvelles « harmonies » politiques, sociales et culturelles.

La période impériale

Parmi les nouveaux « patrons » et hommes forts de l’espace savant sous le Consulat, Georges Cuvier les prend pour cibles, les ravalant au rang d’aberrations ou de « rêveries » et s’attaque à leurs auteurs, qui passent, à ses yeux, pour des charlatans.

Mais après une période de mise en retrait sous la Révolution en particulier la terreur, la période impériale est cependant marquée en effet par une véritable réinterprétation des thèses sur le magnétisme animal et de ses pratiques thérapeutiques, principalement par le biais de la promotion du « sommeil magnétique » ou « somnambulisme ».

Ce mouvement sera orchestré par deux acteurs majeurs dans l’histoire du magnétisme au début du XIXe siècle : le ci-devant Amand-Marie-Jacques de Chastenet, marquis de Puységur (1751–1825) et Joseph-Philippe-Franc?ois Deleuze (1753-1835).

La restauration

Le marquis de Puységur a fait connaître dès 1784 les phénomènes exceptionnels remarqués chez des sujets qui, au cours d’un traitement magnétique, tombent dans un état de sommeil lucide.

Ces sujets, toujours susceptibles d’être influencés par les suggestions du magnétiseur, semblent jouir de facultés extraordinaires de clairvoyance qui incluent des formes de télépathie, de vision à distance, de prévision du futur. Ils sont en outre susceptibles d’une application thérapeutique singulière, car Puységur attribue aux somnambules la capacité de diagnostiquer les maladies des patients avec qui ils (ou surtout elles) sont placés en « rapport », de prescrire les remèdes et de pronostiquer leurs effets.

En ouvrant le premier volume des Annales du Magnétisme Animal, Sarrazin de Montferrier souligne ainsi le parallèle entre le rétablissement de la Monarchie et la renaissance du magnétisme, dont l’oubli est présenté comme un effet de la Révolution et de la période d’anarchie et de guerres qui a suivi :

Une révolution politique aussi étonnante que celle qui vient de rendre le trône de France à son légitime Souverain doit influer nécessairement sur la tendance philosophique de la nation. La guerre, ce fléau dévastateur qui replonge les hommes dans la barbarie, s’est enfin éloignée de nos belles contrées ; des soins plus nobles et plus doux en vont occuper les habitants : les arts, les sciences, tout ce qui tend à élever l’homme intellectuel, vont répandre de nouveaux bienfaits sur la France.Quel instant plus favorable pour rappeler l’attention publique sur une des découvertes les plus importantes pour l’humanité : le Magnétisme animal ? Le temps de l’anarchie est passé ; le bruit des armes n’écartera plus l’homme pensant de l’étude de lui-même et le développement de sa plus noble faculté ne peut que l’intéresser vivement.

Alexandre André Victor Sarrazin de Montferrier (1792-1863) était un mathématicien et journaliste français, auteur d’ouvrages mathématiques, notamment le « Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées » publié en 1845.

Le retour du magnétisme animal s’accorde avec le mouvement général de la Restauration, ce qui se traduit aussi par l’abandon d’une théorie aux fortes implications matérialistes au profit d’une théorie psychologique susceptible d’être interprétée en termes spiritualistes, ainsi que par un changement de la pratique thérapeutique : plutôt que de passer par des secousses violentes pour soigner les malades et rétablir la santé, le traitement est fondé, conformément à la théorie psychologique, sur la mise en état de sommeil du sujet par la force de la volonté du magnétiseur, dispositif à l’image des principes d’ordre, de calme et de hiérarchie promus par la monarchie restaurée.

La conception de l’harmonie véhiculée par le magnétisme animal se prête, du reste, à des lectures politiques différenciées, y compris celles, conservatrices où réactionnaires, de Bergasse, cet ancien patient de Mesmer qui a terminé sa carrière comme théoricien de la Sainte-Alliance, ou de Joseph de Maistre

Comme déjà cité Bergasse était proche de certains cercles maçonniques et mesméristes dans les années 1780. Il faisait partie des « milieux qui dominent la Grande Loge lors de la rédaction des Constitutions ».

Son frère, Georges Bergasse de Laziroules, a été reçu franc-maçon en 1790.
Bergasse était lié à des figures importantes de la franc-maçonnerie de l’époque, comme Jean-Baptiste Willermoz, un « négociant lyonnais et figure européenne de la Franc-maçonnerie du XVIIIe siècle ».

Bientôt un nouveau nom pour le magnétisme va apparaître.

L’hypnose, puisqu’il faut l’appeler par son nom, va essayer de gommer les scories fluidiques et spiritualistes du magnétisme avec plus ou moins de succés. Il n’en reste pas moins vrai que, en France et ailleurs, le magnétisme animal continue d’alimenter la chronique mondaine et les débats médicaux et scientifiques tout au long du XIXe siècle tandis que la FM se cherche oscillant entre pouvoir, religion,matérialisme.

Notre chemin va bientôt s’attarder sur cette période.

Mystères et Secrets de Rennes le Château

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L’ouvrage « Mystères et secrets de Rennes-le-Château » propose une exploration approfondie des mystères entourant ce petit village de l’Aude et de son célèbre curé, l’abbé Bérenger Saunière. L’auteur s’interroge sur l’origine de la fortune soudaine de Saunière, qui lui a permis de réaliser des travaux d’envergure à l’église et dans le domaine.

L’ouvrage examine des théories des trésors historiques, notamment : Le trésor des Wisigoths, incluant potentiellement celui du Temple de Jérusalem pillé en 70 après J.-C. Les liens possibles avec les Cathares et les Templiers, qui auraient dissimulé des richesses ou des secrets dans la région.

Salaün explore les mythes ésotériques Rennes-le-Château, comme :Les supposées révélations sur la descendance de Jésus-Christ et de Marie-Madeleine.Les mystères liés à l’église Sainte-Marie-Madeleine, riche en symboles et en sculptures énigmatiques.

L’AUTEUR

André Salaün, né en 1953 à Chambéry, est un avocat inscrit au Barreau d’Albertville depuis 1978, ayant exercé la fonction de bâtonnier en 1993-1994. Passionné d’histoire, il est reconnu pour ses recherches rigoureuses et ses publications sur des sujets historiques et ésotériques.

Ses travaux sont appréciés pour leur approche méthodique et documentée, offrant des perspectives éclairantes sur des sujets souvent entourés de spéculations.En plus de ses ouvrages sur Rennes-le-Château, André Salaün a publié des livres tels que « Drames criminels en Savoie » et « Meurtres à Rome : mort mystérieuse au Vatican« , témoignant de son intérêt pour les affaires criminelles et les mystères historiques.