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Ennemi de l’État : francs-maçons – Interdiction et dissolution de la loge franc-maçonne

De notre confrère allemand wismar.fm

Cette année aussi, le « Schabbell » vous invite cordialement à une petite mais belle série d’événements avec des conférences scientifiques. Ils offrent un aperçu passionnant des travaux de recherche actuels. Le format s’est imposé comme une constante au fil des années et nous sommes heureux de pouvoir compter sur deux experts qui nous font partager leurs dernières découvertes.

8 novembre 2024 à 19h00 « Ennemi de l’État : francs-maçons – Interdiction et dissolution de la loge franc-maçonne du Mecklembourg sous le national-socialisme »

Le musée d’histoire de la ville hanséatique de Wismar vous invite à une conférence passionnante. Le 8 novembre à 19 heures l’historien Dr. Antje Strahl sur le thème « Les francs-maçons, ennemis de l’État – interdiction et dissolution de la loge maçonnique dans le Mecklembourg sous le national-socialisme ».

La conférence met en lumière l’histoire des francs-maçons du Mecklembourg à l’époque nazie et l’action ciblée contre les loges, qui comprenaient également les deux loges de Wismar St. John’s « Zur Vaterlandsliebe » et « Athanasia zu den drei Löwen ».

L’orateur mène actuellement des recherches intensives sur les francs-maçons à Wismar et Stralsund.

Depuis 2020, elle travaille comme historienne et rédactrice indépendante…

Spécialisée dans les thèmes de l’histoire régionale.

Toute personne intéressée est chaleureusement invitée à participer à cette soirée informative et à en apprendre davantage sur un chapitre méconnu de l’histoire régionale.

Le Dessin de François Morel : « Les 3 Compagnons avaient une excuse »

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Illustration de François Morel – Textes Erwan Le Bihan

Cette semaine, le Frère François Morel dévoile le secrèt des 3 mauvais compagnons en remontant à leur enfance… Salomon en profite pour remonter plus loin encore. De notre côté, nous allons sauter sur l’occasion pour vous présenter ce personnage historique de la Franc-maçonnerie qu’est Alexandre Roëttiers de Montaleau.

Qui était Alexandre Roëttiers de Montaleau ?

Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau, né le 22 novembre 1748 à Paris et mort le 30 janvier 1808 dans la même ville, est un orfèvre, médailleur et franc-maçon français.

Il est l’une des figures du Grand Orient de France, obédience maçonnique qui lui doit sa survie durant la Révolution française, ainsi que la fondation de nombreuses loges maçonniques. Les témoignages de ses contemporains prouvent que les archives de l’obédience furent sauvées par Roëttiers de Montaleau, qui joua également un rôle éminent dans la fixation du Rite français moderne. Durant six ans, après avoir été graveur général des monnaies et auditeur à la Chambre des comptes, il est directeur de la Monnaie de Paris.

Alexandre Roëttiers de Montaleau est le fils de Jacques Roëttiers de la Tour, ancien graveur général des monnaies de la Grande-Bretagne qui avait été investi en 1732 de la charge d’orfèvre du Roi de France et devait recevoir en 1772 un diplôme confirmatif de noblesse. Du côté maternel, il est le petit-fils de l’orfèvre du roi, Nicolas Besnier. Il est le frère de Jacques-Nicolas, orfèvre également et créateur en 1770-1771 du service Orloff commandé par Catherine II. Très attaché aux Stuarts, notamment par le soutien de Jacques François Stuart et Jacques II, la famille Roëttiers de Montaleau est donc dans la tradition jacobite.

Après avoir étudié le dessin, la peinture et la gravure, Roëttiers de Montaleau devient graveur général des monnaies, et en 1772, il succède à son père dans la charge d’orfèvre du roi, mais y renonça pour un office de conseiller auditeur à la Chambre des comptes. Il est maître de cette chambre depuis 1787 quand, le 30 août 1791, on le nomma directeur à la Monnaie de Paris.

Fin novembre 1793, soupçonné de se servir de sa charge pour se livrer à des trafics douteux, il fut attaqué par Le Journal des Lois, paru dans le calendrier révolutionnaire français — dit calendrier républicain — le 2 frimaire an III. Le graveur est donc arrêté mais les perquisitions, tant à son domicile qu’à la Monnaie ne retiennent rien contre lui. Un arrêt du Comité de salut public, en date du 14 nivôse (3 janvier 1793) ordonne la levée des scellés et la mise en liberté de Roëttiers de Montaleau. Celle-ci sera effective le 4 pluviôse, soit le 23 janvier 1793.

Le 3 septembre 1797 (17 fructidor an V), il abandonne la direction de la Monnaie de Paris.

Il présida la chambre d’administration du Grand Orient de France en 1799 et 1802. Héritier d’une fortune conséquente et d’un titre de noblesse accordé à son père, il est acquis aux idées nouvelles et verra avec sympathie la Révolution mais fut emprisonné pendant la Terreur après avoir caché les archives de l’obédience.

Roëttiers de Montaleau meurt le 30 janvier 1808. Ses obsèques religieuses se déroulent deux jours le plus tard, le 1er février à l’église Saint-Sulpice de Paris. Quant aux loges maçonniques, elles multiplient les cérémonies funéraires en son honneur.

Personnage maçonnique

Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau est un personnage clef de l’histoire de la franc-maçonnerie française. Il joue un rôle essentiel au Grand Orient de France dès les années 1780 et jusqu’à sa mort en 1808.

Initié à une date imprécise à la loge « L’Amitié » de Paris, il est « élevé au grade de maître » en termes maçonniques en 1775. Dans cette loge, il est successivement deuxième surveillant en 1775, vénérable maître de 1778 à 1781 et de 1786 à 1778, soit en tout durant cinq ans.

Le 26 décembre 1783, il est reçu à la Société philanthropique de Paris et fait partie de son comité directeur, de 1784 à 1787.

Cofondateur du « Grand Chapitre Général », qui se métamorphose en « Souverain Chapitre Métropolitain », de Montaleau en est élu président le 8 avril 1784 pour une dizaine d’années, jusqu’en 1793. Il y représenta en tant que député, les chapitres de Limoges, Rouen, Dieppe et d’Aix-en-Provence.

De 1770 à 1777, Roëttiers de Montaleau exerce diverses fonctions d’officier à la Chambre des provinces, avant d’en être président jusque 1794. Après cette période à la Chambre, il fut vénérable d’une dizaine de loges métropolitaines.

La mémoire collective maçonnique l’associe plus ou moins à deux événements : la survie du Grand Orient pendant la Révolution et la fixation du Rite français moderne. De surcroît, son itinéraire et sa personnalité sont emblématiques d’une certaine génération maçonnique qui passa le flambeau du XVIIIe au XIXe siècle.

Hommage

Un temple maçonnique de la rue Cadet, à l’hôtel du Grand Orient de France, porte le nom « Roëttiers de Montaleau » en hommage à l’ancien grand maître de l’obédience française. (Source Wikipedia)

7 obédiences du CLIPSAS assignent l’organisation en justice pour contester l’élection de Louis Daly en Albanie

Dans une tournure inattendue, sept obédiences affiliées au CLIPSAS (Centre de Liaison et d’Information des Puissances Maçonniques Signataires de l’Appel de Strasbourg) ont décidé de porter l’organisation devant la justice française, mettant en cause la récente élection de Louis Daly à la présidence de l’association lors de l’assemblée générale en Albanie en mai dernier. Ce recours en référé, déposé auprès du tribunal judiciaire de Grasse le 31 juillet 2024, souligne de multiples irrégularités entourant la tenue de cette assemblée et vise à contester la légitimité du scrutin.

LES CONTESTATIONS AUTOUR DE L’ÉLECTION DE LOUIS DALY

L’élection de Louis Daly, déjà président du CLIPSAS entre 2014 et 2016, suscite de vives critiques parmi les obédiences plaignantes. Selon l’assignation, cette candidature enfreindrait les statuts de l’organisation, notamment l’article 14 du règlement général du CLIPSAS qui interdit toute reconduction d’un mandat présidentiel après une première élection. L’assemblée de mai, qui a vu s’affronter six candidats, s’est soldée par la victoire de Louis Daly avec seulement 32,6 % des voix, soit une avance très réduite face au candidat canadien Franco Huard. Les sept obédiences plaignantes allèguent que ce résultat aurait dû être invalidé au regard de l’illégalité présumée de la candidature de Daly.

LES RAISONS DE L’ASSIGNATION : VERS UNE DEMANDE D’ADMINISTRATION PROVISOIRE

Logo GLFF
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Les obédiences à l’origine de l’assignation – parmi lesquelles la Grande Loge Féminine de France et la George Washington Union of Freemasons of North America – demandent la nomination d’un administrateur provisoire pour le CLIPSAS. Leur requête s’appuie sur une situation d’urgence et un péril imminent menaçant le bon fonctionnement de l’association, fragilisée par des dysfonctionnements persistants et un manque de transparence. Les plaignants soutiennent que des violations du règlement, telles que des dépenses irrégulières et l’exigence de paiements en espèces pour des frais de participation, renforcent leur inquiétude pour l’avenir de l’institution.

UNE CENSURE AFFIRMÉE À L’ENCONTRE DE LA PRESSE

Tv,Interview, journaliste, gilet jaune

La récente communication de Louis Daly, datée du 28 septembre 2024, ne fait que renforcer les inquiétudes sur la gestion autoritaire du président. Dans ce message adressé aux membres de CLIPSAS, Daly adopte une position d’opposition directe à l’encontre du Journal 450.fm, et refuse catégoriquement toute communication avec cette presse qu’il accuse d’attiser des divisions internes. En qualifiant les journalistes et les voix discordantes de « factions » cherchant à nuire à l’unité de l’association, Daly expose une vision alarmante de la gouvernance où la liberté d’informer et de questionner les pratiques du bureau de CLIPSAS est considérée comme une menace.

Le Président Daly ne cache pas son mépris pour toute forme de transparence externe et va jusqu’à exhorter les membres de CLIPSAS à « parler d’une seule voix » contre les entités médiatiques qui ne sont pas, selon lui, dignes d’intérêt ni de dialogue. Cette communication sévère, ainsi que son refus de clarifier des affaires comme celle de Rashad Muhammad – Grand Maître de la Caroline du Sud, dont les antécédents troublés continuent de jeter une ombre sur l’image du CLIPSAS – témoignent d’une volonté de garder le contrôle absolu sur l’information, au détriment de la transparence et de la crédibilité de l’organisation.

UN PRÉSIDENT EN GUERRE CONTRE LES OBÉDIENCES CONTESTATAIRES

Dans un nouveau message daté du 13 octobre 2024, Louis Daly durcit encore le ton et désigne implicitement les sept obédiences contestataires comme des « ennemis » du CLIPSAS. Affirmant que l’action en justice « ne fera que nuire davantage à la réputation de la franc-maçonnerie », il instille l’idée d’une opposition nuisible à la mission de l’organisation. Plutôt que d’encourager le dialogue ou de chercher des compromis, il envisage cette situation comme un affrontement, assurant ses partisans que CLIPSAS « en sortira victorieux et plus fort ».

Cette approche manichéenne, qui oppose le « bon camp » à des éléments perçus comme perturbateurs, se révèle étonnamment guerrière dans le contexte maçonnique, et loin des principes de fraternité et d’ouverture. En érigeant un mur contre toute forme de contestation, Daly semble prêt à sacrifier les valeurs de transparence et de dialogue au profit d’une gouvernance autocratique. Ce manque de souplesse et de considération pour les préoccupations légitimes des obédiences pourrait fragiliser encore davantage la cohésion interne de l’association.

UN BUDGET D’URGENCE : UNE GESTION DE CRISE MAL ENCADRÉE

Colonnes de pièces sur des billets d'euros

Dans sa lettre du 28 octobre 2024, Louis Daly sollicite un budget supplémentaire de 8 600 euros pour financer un avocat dans le cadre de la procédure en cours. En exprimant sa stupeur face à des « maçons poursuivant d’autres maçons devant les tribunaux profanes » et en dénonçant la demande d’un administrateur judiciaire externe, Daly semble ignorer que le CLIPSAS est avant tout une association de droit français, soumise à la loi de 1901 et non une « super obédience » régie par les seuls principes maçonniques.

Contrairement aux affirmations de Daly, le CLIPSAS n’est pas une institution initiatique exempte des lois civiles. En tant qu’association loi 1901, il est tenu de respecter les normes de gouvernance et de transparence imposées par la juridiction française, tout comme les obédiences membres qui demeurent indépendantes dans leur gestion. Ce rappel est d’autant plus pertinent que Daly propose de faire approuver cette dépense exceptionnelle par un vote par courriel, une procédure qui contrevient aux statuts de l’association.

Conformément aux règles de fonctionnement d’une association loi 1901, une telle décision budgétaire doit faire l’objet d’une Assemblée Générale Extraordinaire (AGE), permettant de traiter cette dépense de manière formelle et légitime. Cette assemblée est impérative pour que toutes les obédiences puissent débattre et voter en toute légitimité. Sans cette AGE, toute décision risquerait de manquer de légalité, renforçant les critiques sur le manque de transparence de la gestion actuelle. Pour avancer dans la résolution de cette crise, le CLIPSAS se doit donc de convoquer cette assemblée sans délai, garantissant ainsi une gouvernance collective et conforme aux obligations légales.

UN CONTEXTE DE TENSIONS AU SEIN DU CLIPSAS

Ce recours en justice s’inscrit dans un contexte tendu marqué par des querelles internes croissantes au sein du CLIPSAS. Depuis plusieurs mois, l’association semble plongée dans un climat de discorde, aggravé par des échanges houleux entre ses membres. Lors de l’assemblée de mai 2024 en Albanie, des pannes de courant et d’internet avaient perturbé les discussions, révélant des faiblesses organisationnelles. Des voix internes avaient alors qualifié cette réunion de « pire de l’histoire » pour l’organisation. À ces problèmes de gestion s’ajoutent les controverses autour des tentatives de restriction de la liberté de la presse par le bureau du CLIPSAS, que 450.fm avait déjà mises en lumière en mai dernier.

Au sein du groupe des membres du CLIPSAS, des obédiences, notamment d’Amérique latine et du Liban, ont exprimé leur soutien à la position du Président Daly, réaffirmant que les différends maçonniques ne devraient jamais être portés devant des tribunaux profanes. Ce message, relayé par Daly, vise indirectement à discréditer les obédiences qui ont décidé d’aller de l’avant avec l’action en justice, en les présentant comme une source de division au sein de la communauté.

Face à cette situation critique, l’Ordre International Maçonnique Delphi a officiellement demandé, le 31 octobre 2024, la tenue d’une Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) pour traiter des questions en suspens et apporter des solutions claires aux crises de gouvernance et de budget. Cette demande a été suivie d’une prise de position ferme de la Grande Loge Libérale de Turquie, qui, par un communiqué daté du 28 octobre, a appelé à la démission immédiate de l’ensemble du bureau du CLIPSAS, y compris celle de Louis Daly. La Grande Loge Libérale de Turquie soulève alors une question cruciale :

« Si ce bureau, Président inclus, venait à démissionner, les sept obédiences contestataires accepteraient-elles de retirer leur plainte ? »

En parallèle, la Grande Loge Libérale de Turquie pose une autre question importante :

« Un changement radical dans la gouvernance pourrait-il inciter la Grande Loge Féminine de France, qui a annoncé sa démission effective pour la fin de l’année, à reconsidérer sa position et à rester au sein de l’organisation ? »

Cette perspective de réconciliation, conditionnée à un renouvellement de la direction, souligne la profondeur des tensions actuelles et témoigne de la volonté de certains membres de trouver une issue pacifique à cette crise.

Ce contexte tendu, marqué par des appels à la refonte complète de la gouvernance, met en évidence une fracture profonde au sein du CLIPSAS, où des factions s’opposent désormais sur la légitimité des actions et la nature même de l’organisation, entre fraternité maçonnique et respect des obligations légales d’une association loi 1901​.

L’ENJEU D’UNE GOUVERNANCE CONFORME AUX PRINCIPES MAÇONNIQUES

Plume et Pierre dans une balance
Plume et Pierre dans une balance

L’issue de cette procédure pourrait avoir des répercussions significatives sur la gouvernance du CLIPSAS, qui regroupe des obédiences de différentes cultures et rites à travers le monde. En contestant l’élection de Louis Daly, les obédiences plaignantes soulignent l’importance de la transparence et de la légitimité dans la gestion des organisations maçonniques, valeurs qui doivent, selon elles, s’incarner dans les plus hautes instances de l’association. La censure à l’égard de la presse, de même que le manque de transparence et d’ouverture, ne font qu’affaiblir la confiance des membres et des observateurs dans cette institution autrefois pionnière.

L’audience en référé au tribunal de Grasse est prévue dans les semaines à venir, et le CLIPSAS devra répondre à ces accusations devant la justice française.

Que s’est-il passé en Suisse il y a exactement 90 ans ? 

De notre confrère suisse nashagazeta.ch – Par Nadia Sikorski

Le Musée suisse de la franc-maçonnerie de Berne présente sa première exposition thématique consacrée à la façon dont la population du pays a rejeté l’initiative fasciste. Une histoire très instructive. Le Musée Maçonnique Suisse présente sa première exposition temporaire, consacrée à l’initiative antimaçonnique fasciste et son rejet par le peuple. Une histoire morale.

Les lecteurs de Notre Journal n’ont pas besoin d’être informés des liens de Benito Mussolini avec la Suisse, jusqu’à l’obtention, en 1937, d’un doctorat honorifique de l’Université de Lausanne. Et si quelqu’un n’est pas au courant, une sélection de nos documents d’archives est à son service.

Beaucoup moins connu est Arthur Fognallaz, fils de riches vignerons lausannois, qui a débuté avec succès sa carrière dans l’armée suisse. (Cependant, même le grade de colonel ne permet pas de le considérer comme un véritable homme.) Outre l’armée, il s’intéressait passionnément à la politique et, en 1932, il se rendit en Italie avec un groupe de camarades pour rencontrer Mussolini, dont fan passionné qu’il devient immédiatement.

Il n’est donc pas surprenant que ce soit à Rome, en 1933, qu’Arthur Fognallaz, avec le soutien du Duce, fonde la Fédération fasciste suisse. Certes, ses opinions politiques lui ont coûté un bon travail : après avoir commencé à enseigner l’histoire militaire à l’École polytechnique de Zurich un an plus tôt, il a perdu ce poste lorsque l’administration universitaire a appris sa participation active aux activités du Front national, financé par le ministère du Reich. de la Propagande. Ce parti d’extrême droite fut interdit par le Conseil fédéral en 1943, mais cela, comme on dit, était encore à venir.

Voici à quoi ressemble l’affiche de l’exposition au Musée de la Franc-Maçonnerie de Berne

En février 1934, au congrès fasciste de Berne, Fonyallaz proposa une initiative fédérale dont le but était d’introduire dans la Constitution un article qui interdirait en Suisse « les sociétés maçonniques, les loges maçonniques, la société philanthropique « Union » et connexes ou associations similaires. C’est une analogie exacte avec l’Italie fasciste, qui a interdit les francs-maçons afin d’obtenir le soutien de l’Église catholique. Parallèlement, Action Helvétique, un « groupe anti-occulte », est créé, fédérant les mouvements d’extrême droite pour organiser une campagne de signatures. Son quartier général était situé à Lutry, au lieu d’immatriculation de l’ancien colonel de l’époque.

L’histoire de cette initiative, qui fit alors grand bruit, fait l’objet d’une petite exposition, qui peut être visitée uniquement sur rendez-vous dans un bâtiment moderne de la périphérie de Berne, rue Jupiter. C’était là, sur une superficie de seulement 300 mètres carrés. mètres, est le Musée suisse de la franc-maçonnerie et le siège d’une organisation qui reste entourée de secret, malgré les tentatives de certains de la forcer à la transparence.

Affiches de propagande, documents de la Grande Loge Suisse d’Alpina , ses rapports et débats internes sur la stratégie à suivre, les positions prises par le Conseil fédéral et reproductions d’articles de la presse de l’époque composent une exposition qui nous plonge dans un un climat politique qui peut paraître lointain mais qui porte en réalité des échos aux événements politiques contemporains. Dominique FREYMOND, commissaire de l’exposition et membre de la Grande Loge alpine, principale organisation maçonnique faîtière de 85 loges à travers le pays, cite l’exemple d’affiches frontistes représentant un Helvète en sandales écartant un franc-maçon cagoulé sous le slogan « contre la tyrannie ». « , et l’affiche qui lui a servi de réponse Le Comité du Non, où une botte marron renverse une statue de Guillaume Tell. (Nous avons eu récemment des raisons de parler de l’évaluation ambiguë du principal héros national de la Suisse ).

Affiche du Front National : « Fils de Tell ! S’élever contre la tyrannie maçonnique : oui. » Auteur – Noël Fontane

Quoi qu’il en soit, la campagne s’avère efficace et déjà le 31 octobre 1934, Arthur Fognallaz, avec le soutien de Benito Mussolini, présente une initiative visant à interdire la franc-maçonnerie, soumettant son texte à la Chancellerie fédérale, qui recueille 57 238 signatures. Dominique FREYMOND estime que la collecte de signatures a été entachée de faux (plus d’un millier), notamment de femmes signant au nom de leur mari faute de droit de vote. Mais cela ne change rien au tableau d’ensemble.

Qu’est-ce qui n’a pas plu aux maçons ? Les documents de propagande du Front national recensent 12 critiques à leur encontre. Ils répètent des clichés antisémites et antiinternationalistes qui étaient en vogue à l’époque, notamment dans les milieux catholiques et parmi les conservateurs en général, et qui, hélas, ne peuvent encore être qualifiés ni de relique du passé ni de vieille chose bien oubliée. . Qualifiés de « juifs artificiels » (« francs-maçons juifs » selon nous) et de « bolcheviks déguisés », les francs-maçons étaient accusés d’avoir créé une secte secrète et mondialisée cherchant à s’emparer du pouvoir. Ils auraient menacé les idéaux patriotiques incarnés dans le Pacte de 1291, qui est devenu la base de la Confédération suisse.

La réponse des sociétés contre lesquelles étaient dirigées les accusations du Front national fut de s’unir en un Comité « enregistré » à Bâle et de récolter un demi-million de francs pour une campagne sous le nom court de « Non ». Le comité défendait les valeurs démocratiques inscrites dans la Constitution libérale de 1848. D’ailleurs, selon le Musée de Berne, le premier président de la Confédération, Jonas Furrer, était franc-maçon. Il convient de noter que, bien que les loges maçonniques se soient déclarées apolitiques, elles étaient souvent, surtout au XIXe siècle, proches du mouvement radical et de modernisation de l’État – on ne peut pas se cacher de la politique, même si l’on est franc-maçon.

Comment ça s’est terminé ? En fait, l’effondrement de l’initiative fasciste. A l’Assemblée fédérale, seuls deux membres du Conseil national de Zurich ont voté pour : Robert Tobler, frontiste, et, imaginez, Gottlieb Duttweiler, fondateur de l’Alliance des indépendants et du réseau Migros. Le Conseil fédéral a pour sa part recommandé que l’initiative soit rejetée sans contre-projet au motif que « rien ne prouve que la franc-maçonnerie et les sociétés […] soient illégales, dangereuses pour l’État ou contraires aux bonnes mœurs. En tout état de cause, les nombreux documents que nous avons pu obtenir ne nous ont pas apporté de preuve positive du contraire. Les auteurs de l’initiative ne les ont pas non plus fournis.»

Autrement dit, le gouvernement, pourrait-on dire, a soutenu les maçons. Les gens l’ont également soutenu. Lors d’un référendum le 28 novembre 1937, l’initiative fut rejetée par 68,7 % des votants : 515 327 voix contre et 234 980 voix pour, avec un taux de participation de 64,5 %. Seul le canton de Fribourg a voté pour. Il serait intéressant de comprendre pourquoi ?

Arthur Fognallaz décide de ne pas abandonner et crée immédiatement la Ligue anti-maçonnique suisse. Mais cela ne dure pas longtemps : en janvier 1940, Fonyallaz est arrêté au poste frontière de Schaffhouse alors qu’il tentait de pénétrer dans l’Allemagne nazie – il se dirigeait vers le sien. À l’issue du procès qui a suivi son arrestation, il a été reconnu coupable d’espionnage au profit de l’Allemagne et a passé deux ans en prison, après quoi il est décédé alors qu’il était déjà libre. À quel point les peines pour espionnage étaient-elles frivoles à l’époque, n’est-ce pas ?

Il semblerait que la victoire soit du côté des francs-maçons. Cependant, ils ont été tellement choqués par le fait même de ce premier et unique vote populaire au monde (!) en faveur de leur interdiction qu’ils ont décidé de reconsidérer radicalement leur propre stratégie.

Les « Frères » de la Grande Loge Suisse d’Alpina ont compris que l’affrontement fondé sur les valeurs, dans lequel les fascistes essayaient de les entraîner, leur était désavantageux. Ils ont donc décidé de se concentrer sur la protection du droit d’association –

une liberté fondamentale que ni la droite ni la gauche ne peuvent remettre en cause. « Le changement dans le discours maçonnique reflète la prise de conscience que la promotion de leurs idées humanistes et universalistes pourrait avoir un impact négatif sur la campagne. Renoncer à ce territoire est un choix stratégique qui s’explique par un contexte politique défavorable », cite Le Temps Antoine Legillon, auteur d’un mémoire de maîtrise en histoire économique internationale à l’Université de Genève sur l’idéologie fasciste en Suisse. Selon le chercheur, le contexte idéologique de l’époque était « largement défavorable aux valeurs maçonniques énoncées ou attribuées – libéralisme, attachement à la démocratie et universalisme ». C’est dans de telles conditions, rappelons-le, que Benito Mussolini s’est vu décerner le titre de docteur honoris causa de l’Université de Lausanne, dont il n’est toujours pas privé !

Et il est difficile de parler de l’échec complet de cette initiative honteuse si l’on sait qu’en 1935 il y avait environ 5 000 francs-maçons en Suisse, et qu’en 1945 il n’y en avait que la moitié.

Sur le socle du monument à Guillaume Tell, qui repousse la botte des frontistes, figure une inscription en romanche : « Gardons intacts les droits fondamentaux de la démocratie. Non à l’initiative du Front.» Auteur – Hugo Laubi  

Aujourd’hui, le pays a presque retrouvé son chiffre d’avant-guerre : on compte environ 4 600 francs-maçons, dont plusieurs loges féminines ou mixtes. Mais! Quatre-vingt-dix ans plus tard, malgré l’abondance de la littérature sur le sujet et les efforts déployés par les francs-maçons pour diffuser l’information, notamment à travers le musée de Berne, « les mêmes fantasmes » circulent encore sur leurs activités, constate Dominique FREYMOND. Le climat s’est dégradé ces dernières années, notamment depuis l’épidémie de Covid et le retour de toutes sortes de théories complotistes propagées par les anti-vaccins et l’extrême droite.

 Il ne faut pas chercher bien loin des exemples, rappelle notre collègue suisse Frédéric Koller. À la mi-septembre dernier, à Genève, une conférence sur la franc-maçonnerie organisée par une association catholique traditionaliste et présidée par l’ancien homme politique de l’UDC Eric Bertin a été annulée à la dernière minute. Le propriétaire du lieu de la conférence, le Centre Social Protestant, a découvert que l’orateur, qui se décrit comme un ancien franc-maçon, affirmait avoir « servi Lucifer sans le savoir ». Il était hors de question d’être associé à un tel événement. Eric Bertina, cité par la Tribune de Genève, a condamné cette « manœuvre insidieuse », expliquant que « la franc-maçonnerie a toujours été l’ennemie de l’Église catholique ». A noter que ces dernières années, le NPS du canton du Valais s’est chargé de faire de la publicité auprès des francs-maçons, après avoir reçu, en 2016, le soutien du parlement cantonal. Cependant, les propositions des autorités visant à créer un cadre juridique pour une telle « exposition » n’ont pas encore été formulées.

Dominique FREYMOND déplore le débat politique de plus en plus polarisé et l’affaiblissement des valeurs démocratiques dans la société, et établit des parallèles entre les événements d’il y a quatre-vingt-dix ans et ceux d’aujourd’hui. « En 1937, 234 980 citoyens ont voté pour une initiative ouvertement fasciste. Combien y en aurait-il aujourd’hui ? D’accord, cela mérite réflexion. La visite du musée vous aidera dans votre réflexion , dont une exposition temporaire sera ouverte le samedi jusqu’à fin décembre.

La technique Pomodoro et la Franc-maçonnerie : des similitudes inattendues dans la quête d’efficacité et de maîtrise de soi

La technique Pomodoro : un booster de productivité en 25 minutes chrono : Inventée par Francesco Cirillo à la fin des années 1980, la technique Pomodoro est devenue une méthode incontournable de gestion du temps, adoptée tant par les étudiants que par les professionnels.

Fruits et légumes
Etale de fruits et légumes en France

Le concept, aussi simple qu’efficace, repose sur des sessions de travail de 25 minutes appelées pomodori — mot italien signifiant tomate, inspiré par le minuteur de cuisine en forme de tomate que Cirillo utilisait. Cette approche vise à optimiser la concentration et la productivité en fractionnant le travail et en intégrant des pauses régulières.

Le fonctionnement de la technique Pomodoro suit cinq étapes clés : d’abord, identifier la tâche à accomplir, puis régler le minuteur sur 25 minutes. Pendant cette période, l’objectif est de travailler sans distraction jusqu’à ce que le minuteur sonne. Ensuite, une courte pause de 5 à 10 minutes est prise pour se ressourcer. Après quatre pomodori, une pause plus longue de 20 à 25 minutes est recommandée pour mieux se détendre et reprendre de l’énergie.

efficace la mixité

La méthode Pomodoro est particulièrement efficace pour ceux qui souhaitent lutter contre la procrastination et améliorer leur agilité intellectuelle. Selon des études, ce découpage en cycles courts stimule l’attention et limite la fatigue mentale, tout en permettant de mieux mémoriser les informations. Les pauses jouent un rôle essentiel dans la récupération cognitive, permettant ainsi de repartir sur des bases neuves et d’éviter l’accumulation de stress.

L’attrait de la technique Pomodoro réside aussi dans sa flexibilité : adaptable aux tâches individuelles ou en équipe, elle s’inscrit bien dans des méthodes de travail modernes comme le développement agile et la programmation en binôme. Les travailleurs de l’informatique, par exemple, y voient un atout pour optimiser leur concentration sur des missions techniques tout en évitant la surcharge cognitive.

En définitive, la technique Pomodoro séduit pour sa simplicité et son efficacité prouvée. Elle constitue une réponse moderne aux défis de concentration et de productivité dans un environnement souvent marqué par les distractions. Que ce soit pour gérer des projets de longue durée ou pour organiser des sessions d’étude, le Pomodoro apporte une solution concrète à l’optimisation du temps et de l’énergie, avec une règle d’or : avancer, 25 minutes à la fois.

À première vue, la technique Pomodoro et les principes de la Franc-maçonnerie semblent appartenir à des mondes bien différents : l’une est une méthode de gestion du temps inventée par Francesco Cirillo pour organiser le travail en séquences de 25 minutes, et l’autre, une société philosophique basée sur la recherche de la vérité, le travail sur soi et la fraternité. Pourtant, certaines similarités surprenantes existent entre ces deux démarches, centrées sur l’amélioration de l’individu et sa capacité à atteindre des objectifs personnels et collectifs.

La technique Pomodoro repose sur la discipline, l’une des valeurs fondamentales de la Franc-maçonnerie. Dans les deux cas, l’objectif est d’apprendre à contrôler son temps et son esprit. La méthode des pomodori, en structurant le travail en périodes de 25 minutes de concentration intense suivies de courtes pauses, vise à favoriser la maîtrise de soi et l’efficacité personnelle. De manière similaire, la Franc-maçonnerie encourage ses membres à atteindre la connaissance et à développer leur potentiel en instaurant des rituels, des étapes de réflexion et des pauses méditatives, qui structurent le cheminement spirituel.

La capacité d’auto-évaluation est un autre point commun : les étapes de la technique Pomodoro (planification, réalisation, révision, pause) rappellent la démarche introspective maçonnique, où chaque réalisation est sujette à une analyse personnelle. Ces moments de pause, dans le Pomodoro comme dans les séances de travail maçonniques, permettent de réfléchir aux progrès accomplis, de corriger les éventuelles erreurs et d’ajuster sa manière de travailler ou de penser.

Enfin, les deux approches partagent une vision collective et humaniste. Tandis que la Franc-maçonnerie prône la fraternité et l’aide mutuelle, la méthode Pomodoro, bien qu’individuelle, favorise le partage et la collaboration dans un contexte de travail en groupe. La méthode a d’ailleurs été largement adoptée dans les environnements collaboratifs, comme les équipes de développement informatique, où les pauses régulières encouragent le dialogue et la coopération.

En somme, bien que la technique Pomodoro s’adresse à la gestion du temps et la Franc-maçonnerie à la quête de la vérité et du perfectionnement moral, toutes deux sont un appel à se concentrer, à persévérer, et à progresser, autant dans son travail que dans son développement personnel. Par cette structure rigoureuse, elles permettent à ceux qui les pratiquent de mieux se comprendre et de s’améliorer en continu, dans un équilibre entre action et réflexion.

Les Francs-maçons sont des grains de sable

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par le Frère Kris Wilson-Slack 

La Franc-Maçonnerie nous enseigne que notre existence, notre essence, notre être est une émergence unique dans le cosmos et pourtant on nous apprend également à nous intégrer dans le tout, le Grand Œuvre, pour le bénéfice de tous. Comment la Franc-Maçonnerie peut-elle concilier cette contradiction pour se rendre toujours plus utile ?

Je suis en train de lire un livre incroyablement dense et stimulant intitulé « The Righteous Mind ». J’avoue que c’est un peu un « effort » ; plutôt qu’un exposé sur son sous-titre « Pourquoi les bonnes personnes sont divisées par la politique et la religion », c’est plutôt une biographie des études de l’auteur en psychologie morale. La biographie est un chemin, parfois incroyablement tortueux, vers sa prémisse finale : différentes prémisses de la moralité nous informent, nous façonnent et nous orientent finalement vers nos choix de comportement tout au long de notre vie. En bref, nous orientons nos pensées vers l’autonomie, la communauté ou la spiritualité. En général, cependant, c’est un mélange des trois. Notre cerveau est pré-câblé de telle manière qu’il accepte notre environnement et notre morale culturelle comme les nôtres sans savoir qu’en fait, ils nous orientent vers une direction ou une autre.

Je ne vais pas m’étendre ici sur le livre, mais j’encourage tous ceux qui souhaitent le lire. Il vous incitera à vous plonger dans la psychologie morale, la moralité de différents pays et cultures, et même dans les études scientifiques qui expliquent les détails qui n’ont pas pu être expliqués ici. Il est enivrant, dense et éclairant. Je vous encouragerai à écouter les autres avec un esprit et un cœur ouverts. Si vous le souhaitez, il pourrait vous encourager à vous écouter vous-même.

Quel est le rapport avec un grain de sable, me demanderez-vous ? Je crois que nous sommes comme des grains de sable, uniques par leur couleur, leur forme, leur taille et leur âge. Nous savourons notre individualité et recherchons désespérément notre autonomie et notre nature unique. Pourtant, ce grain de sable, retiré de la plage, n’est qu’un morceau, une simple étincelle de lumière scintillante dans l’ensemble. Une plage n’est pas un individu, c’est un collectif. Sans tous les grains de sable, la plage cesserait d’avoir son caractère unique ; en fait, elle cesserait d’exister, point final.

À mesure que nous nous éloignons de plus en plus de la dévolution, nous semblons nous éloigner de plus en plus de la définition même de qui nous sommes. L’humanité a oublié sa nature collective, son être, son but et son état unique. Un égrégore (également orthographié egregor ; du français égrégore, du grec ancien ?γρ?γορος, egregoros « éveillé ») est un concept de l’ésotérisme occidental d’une entité non physique ou d’une forme-pensée qui surgit des pensées et des émotions collectives d’un groupe distinct d’individus. Dans la franc-maçonnerie ésotérique, nous avons tendance à penser à un égrégore comme à la forme-pensée d’une Loge ou de l’Ordre maçonnique. Nous nous considérons comme des individus, constituant cette Loge qui crée par conséquent la forme-pensée.

Je dis que nous oublions le but de la Franc-Maçonnerie. Il ne s’agit pas de rendre l’homme meilleur. C’est un sous-produit du service que nous rendons, du travail que nous accomplissons dans l’Ordre Maçonnique auquel nous appartenons. Un rituel parfait ne fait pas l’homme parfait. Une mémorisation parfaite ne fait pas l’homme parfait. Notre but est le progrès de toute la communauté, tout comme de l’humanité entière. L’Homme Parfait se permet de mourir chaque jour pour se libérer et trouver sa communion avec la Cause Première. Non seulement la Franc-Maçonnerie en parle, mais de nombreuses religions du monde en parlent également.

Luc 9:23 « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. » 

Jizang (549 – 623) « L’absence d’essence ou de soi dans le monde représente la vérité singulière à rechercher avec ferveur. » 

Bhavagad Gita (16:18) « Déroutés par de nombreuses fantaisies, empêtrés dans les mailles de l’illusion, adonnés à la satisfaction de la luxure, ils tombent dans un enfer immonde. » (par exemple l’ego) 

Tao te Ching (22) : « Si tu veux renaître / laisse-toi mourir / si tu veux tout recevoir / abandonne tout.

Vanités – Philippe de Champaigne

L’idée est que nous sommes uniques et singuliers, comme un grain de sable. Mais un grain de sable, en soi, n’est pas un tout. Le tout, c’est la plage ; les quintillions de grains de sable qui composent l’entité que nous appelons « la plage ». Un seul grain de sable est beau et spécial. Il peut créer une perle ou provoquer une frustration dans une chaussure. Ce but singulier est important… mais je me demande : est-ce la raison principale de son existence ? Peut-être. Plus probablement, il a été placé sur la plage pour comprendre la plage entière, pour nourrir et protéger la vie qui l’habite, et peut-être jouer un rôle plus important dans un univers en évolution.

Un très beau texte résume cette idée de l’individu comme un grain de sable dans l’immensité de l’humanité, je crois. Ce n’est pas maçonnique dans sa nature, mais c’est maçonnique dans son cœur. Je vous en laisse ici une partie, avec un lien vers l’intégralité, de John Vander Velden, « Only One Grain of Sand ». 

Vous voyez, le Maître de la Plage connaît chaque grain de sable, il reconnaît que chaque grain est unique. Le Maître de la Plage sait quand chaque grain est né, où il s’est formé et comment il est finalement arrivé sur la plage particulière qui est sa demeure. Le Maître de la Plage sait que chaque grain a une forme qu’il ne partage avec aucun autre, de légères variations de composition chimique et des nuances de couleur. Le Maître de la Plage a nommé chaque grain, peut-être un nom différent de celui que le grain de sable pourrait s’appeler lui-même, car personne ne connaît mieux le grain de sable… surtout le grain lui-même. Le Maître de la Plage sait toutes ces choses et voit une valeur invisible pour les autres, comment chaque grain soutient les autres, comment chaque grain compte.

Les bons outils pour aller loin

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Travaux pratiques en loge ? A méditer…

Ils sont nombreux à utiliser dans la vie des outils tels qu’une règle, une équerre, un compas. La liste n’est pas exhaustive on pourrait rajouter un niveau, un fil à plomb, une truelle, un maillet, un ciseau et le franc-maçon lui, une pierre brute… Dans le monde entier, les hommes travaillent avec des outils qui permettent d’évoluer, de bâtir, de construire et de créer.

Nous sommes sur un plan pratique, opératif, on ne se pose plus de question. On ne construit pas une maison sans un fil à plomb et une équerre. Le franc-maçon s’est penché sur la question et il s’est approprié à sa manière ces outils pour en extraire en quelque sorte « la substantifique moelle symbolique » afin de la mettre au service des hommes.

« Travailler, vivre en S’APPUYANT sur le symbolisme »

ils sont nombreux dans le monde aujourd’hui, à penser et à adopter dans leur vie un comportement différent, chargé de symbolisme. On est plus la même personne quand on admet que travailler avec rigueur et équité, comme nous l’enseigne les quelques outils cités auparavant, donne plus de sens et de sérénité à notre vie de tous les jours.

Nous les reconnaissons ces hommes de bonne volonté qui respirent la sagesse. Femmes et hommes admirés et respectés dans lesquels nous nous retrouvons et à qui nous voudrions ressembler sans être forcément franc-maçon.

Ces hommes n’ont pas droit à l’erreur et au moindre écart. Ils ne peuvent décevoir, leurs qualités sont continuellement mises à l‘épreuve. Mais est-il vraiment si facile d’appliquer ces principes?

C’est ce que je vous propose d’examiner, ce avec un peu d’humour dans la vidéo ci-dessous :

Comment revendre sa maison lorsqu’elle est habitée par des esprits ?

De notre confrère slate.fr – Par Héloïse Robert

La période d’halloween est le moment idéal pour aborder la qestion des maisons hantés, ou du moins, habitées par des esprits. Notre confrère SLATE à consacré un numéro spécial à ce sujet, que nous partageons avec vous ce dimanche.

Pièces lumineuses exposées plein sud, dix chambres, cinq salles de bains. Certaines personnes ont des critères très précis. D’autres n’en ont qu’un seul : pas de maison hantée. Bien que cela puisse paraître normal d’inscrire cette indication dans la liste des choses rédhibitoires pour son nouveau logement, cela peut poser plus de soucis qu’on ne le pense aux agents immobiliers.

Un article du New York Times met en avant le profil de plusieurs agents qui ont accepté de cohabiter avec les esprits pour mieux travailler. Qu’ils soient eux-mêmes adeptes de spiritisme, ou simples amateurs de films d’horreur.

Aux États-Unis, le Massachusetts, le Minnesota, le New Jersey et New York obligent les agents immobiliers à informer les potentiels acheteurs si un logement renferme toute trace d’activité paranormale. Mais dans les autres États, certains agents informent leurs clients de bon cœur lorsque des maisons sont considérées comme «condamnées». Ces dernières peuvent avoir été le théâtre de meurtres atroces ou d’entreprises criminelles, d’autres n’abritent «que» des fantômes plus ou moins maléfiques.

Cindi Hagley, agente immobilière dans la baie de San Francisco, «essaie de tout divulguer aux futurs acheteurs». Quand elle était jeune, Cindi a grandi à Rome dans l’Ohio, dans une maison hantée. Depuis, elle est considérée comme une experte dans la vente de maisons habitées d’esprits. Selon ses dires, des agents effrayés de tout le pays l’appellent pour des consultations.

«Un petit chien marron danse tous les soirs au milieu du salon»

L’agente Hagley raconte avoir été appelée pour donner des conseils sur une maison tristement célèbre, car un horrible meurtre y aurait été commis en 1959. Depuis, elle change de propriétaire de décennie en décennie, ou reste vide en raison de ce que Cindi Hagley caractérise comme une «énergie noire»Si elle n’arrive pas à vendre un logement, elle fait appel à Mark Nelson, un médium de Caroline du Nord: «Il essaiera de rentrer en communication avec l’esprit pour savoir les raisons de sa présence. Peut-être qu’il a seulement besoin d’aide pour passer dans l’au-delà.» Cindi a confiance en Mark et à ses méthodes de travail: «Je sais que cela peut paraître fou, mais je lui fais confiance à 100%.»

À l’inverse, d’autres agents sont plus sceptiques et font ce métier car ils ont été témoins d’événements paranormaux. Après une vente, Julie Brown, agente dans le comté de Marshall, en Alabama, a reçu un appel du couple qui venait d’acquérir la maison, et qui disait: «Un petit chien marron danse tous les soirs au milieu du salon.» Le couple ne savait pas que la défunte femme de l’ancien propriétaire avait un petit chien marron… qui venait aussi de mourir. Aujourd’hui, elle avoue: «Je ne sais toujours pas si je crois aux fantômes. Mais depuis cet événement, peut-être que oui.»

Dans l’État du Wisconsin, Jennifer Stauter, agente immobilière, se souvient de propriétaires qui indiquaient que leur maison était hantée par un fantôme qui aimait beaucoup téléphoner. Lorsqu’elle est allée sur place, Jennifer a entendu le téléphone fixe sonner trois fois. Et lorsqu’elle a décroché, il y avait des parasites à l’autre bout du fil. Pour ces agentes états-uniennes, c’est Halloween tous les jours.

L’Étoile flamboyante ou l’Étoile à cinq branches

Un symbole maçonnique rayonnant

Une étoile, mais qu’entendons-nous par étoile ?

Aujourd’hui une étoile désigne tout astre visible, excepté le Soleil et la Lune, tandis qu’un astre désigne un corps céleste, émettant un éclat propre ou réfléchissant l’éclat d’un autre corps céleste.

Autrement dit ce que nous appelons étoile c’est soit une étoile dite « fixe », comme Sirius ou Spica, soit une planète qui, elle, comme son nom l’indique (du grec planes planetos « errant »), n’est pas du tout fixe, puisqu’elle se déplace à travers les étoiles et les constellations. Comme le racontait Nicomaque de Gérase (60 – 120) autrefois, « perpétuellement sans relâche, elles roulent en sifflant dans la vapeur éthérée… courant toujours. », d’où l’on a formé les mots théos « dieu » du verbe théô « je cours » » !

Une étoile flamboyante :

Qu’elle soit flamboyante sous-entend que cette étoile doit être particulièrement brillante.

De plus -on peut le supposer- elle doit être régulièrement visible et non invisible la moitié de l’année comme Véga dans l’hémisphère sud ou même Sirius les deux plus brillantes des étoiles dites fixes.

La Polaire ?

Localiser l’étoile polaire de l’hémisphère nord, Alpha Ursae Minoris, depuis la Grande Ourse.

L’étoile flamboyante, c’est la Polaire, ont décidé certains, qui l’ont mise au grade de Compagnon, lors du passage à ce grade.

La Polaire ? Une des étoiles les plus difficilement discernables, tellement elle semble petite et peu lumineuse !

Pire ! Ces mêmes, qui ont décidé que l’étoile flamboyante était la Polaire, l’ont placée à l’Ouest côté nord, soit à son coucher…

C’est quand même bien sympa pour notre étoile polaire, qui -parce qu’elle marque le sommet nord de l’axe de rotation de la Terre- ne se couche jamais, tout comme les neuf étoiles circumpolaires qui l’entourent.

Étoile polaire, qui d’ailleurs n’existe pas.

Au cours des millénaires, en raison du mouvement de toupie de la Terre formant en 25.920 ans un cercle autour du pôle écliptique, le sommet nord de l’axe se déplace et ne se juxtapose pas forcément à une étoile.

Si aujourd’hui l’étoile la plus proche du sommet de cet axe se situe près de la queue de la Petite Ourse, vers l’an 2.700 avant J.C. c’était l’étoile alpha du Dragon et il y a plus de 10.000 ans c’était Véga l’étoile principale de la Lyre. Celle-là était brillante oui mais c’était un autre temps !

Quel est donc alors l’astre le plus lumineux du ciel en dehors du Soleil et de la Lune ?

Aucun doute n’est permis : c’est Vénus.

Vénus, « L’astre le plus magnifique du ciel »

Vénus
Vénus – Etoile du berger

Depuis l’aube des civilisations, tous les humains le savent : l’astre le plus magnifique du ciel c’est Vénus, l’astre le plus lumineux du ciel nocturne après la Lune.

Sa magnitude peut atteindre – 4,4 (plus la magnitude est faible, plus l’objet nous parait lumineux. Une magnitude peut être inférieure à 0 pour les astres les plus lumineux) tandis que Sirius a pour magnitude -1,5 ce qui signifie que l’éclat apparent de Vénus est 15 fois supérieur à celui de Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel (la magnitude du soleil est – 26,7 ; celle de la lune lors de la Pleine Lune – 12 ; de Jupiter – 2 et celle de Mars peut arriver à – 2,91)

Bien qu’elle soit une planète, Vénus est donc l’astre le plus brillant du ciel après le Soleil et la Lune, plus que n’importe quelle étoile, plus que Sirius ou Véga.

Lorsqu’elle atteint son éclat maximum, lorsqu’elle se trouve à 39° du Soleil et nous présente au télescope le quart de son disque éclairé (elle a des phases comme la Lune) et que la nuit est sans Lune, il est même alors possible de distinguer l’ombre des objets éclairés par sa lumière !

Vénus, notre «Etoile du Berger », illumine deux moments forts de la journée, l’aube et le crépuscule.

Au cours de son cycle, en effet, Vénus est tantôt Étoile du matin, tantôt Étoile du soir.

Vénus astre du matin

Astre du matin, elle précède le Soleil à son lever, se montre à sa droite, à l’Orient.

Splendide étoile qui brille comme aucune autre dans le bleu pâle du ciel du jour qui se lève, elle continue à briller longtemps dans le jour naissant, bien après que les dernières étoiles se soient éteintes.

Les Grecs la nommaient Phôsphoros « Qui donne ou qui apporte la Lumière » et les Romains Lucifer « Qui apporte la lumière ».

Vénus astre du soir

On commence à voir certains soirs un astre éclatant, qui resplendit dans le ciel à l’Occident. C’est elle, l’Étoile du berger qui apparaît d’abord bas sur l’horizon dans la lumière du crépuscule pour se coucher après le Soleil, puis au fur et à mesure que passent les semaines, on la voit s’éloigner du Soleil, se déplacer vers l’Est et se coucher contrairement aux autres étoiles un peu plus tard chaque soir.

Ensuite elle se rapproche à nouveau du Soleil jusqu’à n’être plus visible le soir dans la lumière du Soleil, pour finalement réapparaître quelques semaines plus tard à l’aube peu avant le lever du Soleil.

« Cet astre éblouissant qui parvient à briller plus que toute autre étoile est la planète Vénus laquelle gravitant sur une orbite interne à celle de la Terre passe rapidement et continuellement d’un côté de l’autre du Soleil.

Astre du soir, sa présence éclate dès que le Soleil a franchi la ligne d’horizon avant que les premières étoiles aient commencé à scintiller et dure encore plusieurs heures dans le crépuscule et la nuit » [1]

Puis son éclat diminue et elle disparaît.

C’était Hespéros « l’Occidentale » chez les Grecs et Vesper, « Du soir », chez les Romains.

Au cours de ce cycle Vénus reste visible pendant sept mois et autant comme étoile du matin.

Entre la période où elle est visible le soir et celle où elle est visible le matin ou vice versa, elle reste invisible pendant deux mois pleins plongée dans les rayons du Soleil, c’est-à-dire qu’elle reste invisible pendant environ un mois avant et un mois après chaque conjonction avec le Soleil.

Vénus et les Anciens

L’émerveillement de nos astronomes ne fait que reprendre celui des Anciens devant la beauté de cet astre.

Les Incas l’appelaient Chasca « La Frisée », probablement en raison de son aspect rayonnant. Dans leur esprit, la plus belle de toutes les étoiles se devait de suivre ou de précéder le Soleil, comme astre du soir ou du matin.

Chez les Mayas d’Amérique centrale, on l’adorait et on surveillait ses positions à des fins rituelles. On la nommait Quetzalcoatl Ku Kulcan (« Le Dieu serpent oiseau »

Chez les Grecs Homère l’appelait Callistos la Belle.

Les Hébreux la nommaient Noga Lumière ou Helel, mot qui signifie briller Louer, célébrer.

Mais les plus beaux hommages faits à Vénus nous viennent de celui qui lui était rendu sous le nom de la déesse Ishtar en Mésopotamie antique, tel le récit de l’Exaltation d’Ishtar.

Ce récit relate comment le dieu céleste Anu l’élève parmi les autres divinités du Ciel, à savoir le Soleil et la Lune, et la surnomme « Ishtar des étoiles » (Ishtar-kakkabi), nom utilisé à plusieurs reprises dans la documentation cunéiforme pour évoquer l’aspect astral de la déesse.

L’exaltation d’Ishtar et la triade céleste

« Pour Sîn (le dieu Lune) et pour Shamash (le dieu Soleil), par le jour et la nuit, il y eut deux parts égales…

À cette place Ishtar, hausse-toi
À la royauté de tous.
Ô Inanna (Dame du Ciel), sois toi, la plus brillante d’entre eux.
Et qu’ils t’appellent « Ishtar des étoiles » ! 
Que, souverainement à côté d’eux,
Se change ta place en la plus haute.
Que lors de la garde même de Sîn et de Shamash
Rayonnante soit ta splendeur ;

Que l’éclatant flamboiement de ta torche

Au milieu du ciel s’allume !

Comme parmi les dieux, tu n’as personne qui t’approche,

Que les peuples t’admirent ! »[2]

C’est ainsi que l’on voit très régulièrement, réunis à égalité, Vénus, la Lune et le Soleil, tous les trois alignés en haut des monuments. C’est la triade céleste.

Comme sur ce kudurru[3] du Louvre montrant le roi Mélishipak (XII° siècle av J.C.) présentant sa fille à la déesse Nana (en tout cas une de ses représentantes ou prêtresse)[4]

On voit de gauche à droite : très nettement, au-dessus de la tête de la déesse Nana, une étoile à huit branches, symbole de Vénus, le croissant symbole de la Lune et le disque symbole du Soleil avec des rayons ondulatoires.

Vénus l’Etoile à cinq branches

Notre étoile maçonnique doit avoir cinq branches. Mais peut-on vraiment compter les rayons d’un astre ?

Cinq branches ?

Pourquoi alors les Mésopotamiens représentent-ils Vénus avec huit branches ?

C’est parce que le nombre huit fait référence aux huit ans qu’il lui faut pour dessiner une gigantesque étoile à cinq branches dont chaque pointe se trouve sur le zodiaque et dont la Terre est le centre.

Les Mésopotamiens faisaient parfois de même avec leur représentation de la Lune :

Montrant comme ici le croissant encadrant douze éléments rayonnants six de forme rectangulaire et six en rayons aigus se référant aux douze lunes de l’année et ses douze mois lunaires.

Le cycle de Vénus bien connu des anciens

« L’étoile à cinq branches parfaitement identifiable par les peuples anciens a revêtu une signification profonde. Les Egyptiens l’ont peinte sur les plafonds de tombes et des temples pour représenter les étoiles lointaines. »[5]

Son cycle était sans doute encore connu des maçons au XIX° siècle et début du XX°, époque où on lisait Flammarion qui grâce à son Astronomie populaire permettait de visualiser et de comprendre les mouvements des planètes, vus de la Terre et leurs tracés, bien connus des Anciens.

Vue de la Terre, Vénus tourne à la vitesse du Soleil jusqu’à ce qu’elle recule puis reparte en avant. De la sorte, elle forme une boucle sur une quinzaine de degrés.

Vingt jours après sa rétrogradation, elle passe alors en conjonction inférieure exacte avec le Soleil, c’est-à-dire qu’elle passe entre le Soleil et la Terre. Soleil, Vénus, Terre sont alignés

Cette boucle dure environ trois mois et demi.

Après quoi Vénus, ayant terminé sa boucle, parcourt soixante-douze degrés durant treize mois et demi à vitesse égale.

Puis elle refait une boucle pendant trois mois et demi et ainsi de suite terminant le tracé de l’étoile à la sixième boucle, rejoignant son point de départ.

Le tracé de ces boucles nous est montré par Flammarion dans son Astronomie populaire (figure de gauche).

Le tracé de l’étoile se fait en sens inverse du mouvement annuel des planètes.

La figure de droite ci-dessous nous montre les conjonctions inférieures de Vénus avec le Soleil sur un cycle de huit ans depuis le 14 janvier 2006 (numéro 1 sur la figure) jusqu’au 11 janvier 2014 (numéro 6 sur la figure).

Nous voyons qu’au bout de ces huit ans, Vénus se retrouve dans la même constellation.

Toutefois elle se décale alors légèrement, de deux degrés et demi seulement mais c’est suffisant pour que l’étoile tourne : il faut cent ans pour qu’elle se décale d’un signe.

Autrement dit, durant la vie d’un homme les boucles de Vénus se font toujours dans les mêmes signes.

Nous voyons au passage que nous pouvons tracer l’étoile à cinq branches d’un seul trait comme le fait Vénus en somme !

Comme sur ce schéma où l’on commence le trait à partir du sommet.

Vénus, Soleil et Lune lors des initiations antiques

Voici maintenant une image faisant très probablement référence à une initiation et datant du IX° siècle avant notre ère.

Il s’agit d’une tablette de fondation du temple de Shamash (Le Soleil) à Sippar (en Irak) et se trouvant aujourd’hui au British muséum.

Deux petits personnages placés sur la toit du Naos penchés en avant tiennent tendues deux cordons terminés par des houppes qui maintiennent le disque solaire au-dessus de l’autel. On voit bien la symbolique de cette représentation : l’étoile en carré fait allusion aux quatre points cardinaux marqués par le Soleil et les rayons ondulant le rayonnement de notre étoile.

Ce disque est présenté à un personnage encadré par deux autres. Le premier le tient et l’amène devant l’autel où est présenté le disque solaire en le tenant fermement par la main. Le second couronné d’une tiare suit derrière les mains levées en signe de prière. Il s’agit probablement du prêtre de Shamash car il est exactement habillé et coiffé de la même manière que la représentation du dieu qui se tient dans un Naos, ajouré comme un kiosque ou un auvent placé derrière l’autel, armé du cordeau enroulé et de la règle.

Au-dessus de la tête de la statue du dieu se trouve la représentation de la triade céleste.

Le tout étant posé sur les eaux célestes marqués de la représentation de Vénus avec ses huit branches rappel de son cycle de huit ans.

Ce symbole de Vénus fut porté en bijou peut-être comme porte-bonheur au cours du deuxième millénaire avant notre ère

En témoigne ce bijou en or (Entre 1600 et 1200 av J.C.) trouvé » à Tell el-Ajjul[6] (Bande de Gaza)

Dans la Bible

Cette étoile fut souvent regardée comme une image du messie attendu.

Ainsi dans Nombres 24, 17 Balaam, devin réputé -On pourrait dire astrologue- originaire des bords de l’Euphrate donne son oracle : Il voit la vision de Shaddai et dit : « Je le vois mais ce n’est pas pour demain : De Jacob monte une étoile, d’Israël surgit un sceptre qui brise les tempes de Moab et décime tous les fils de Seth »

Ainsi, fait remarquer Chouraqui, s’explique la présence d’une étoile sur les monnaies frappées par Simon Bar Kokba (Fils de l’Etoile) chef politico religieux de la deuxième révolte juive (132- 135 de notre ère)

Mais surtout on comprend pourquoi l’Apocalypse dit que Yeshouah Jésus est l’Étoile du matin. « Moi Jésus …Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin » (Apocalypse 22, 16)

Dans le christianisme

Il était donc logique qu’on la trouve ensuite dans le Christianisme par exemple dans les églises sur un vitrail ou encore sculpté dans la pierre.

Ainsi dans l’image ci-dessus il s’agit de la Rose nord de l’église de l’abbatiale St Ouen (XIV°/ XV° siècle) symbole de la hiérarchie céleste en fait les anges et les archanges dans l’Empyrée au plus haut du ciel.

Dans la cathédrale d’Amiens l’étoile se trouve inversée sur le vitrail de la rosace nord (XV°/ XVI° siècle).

Certains en ont fait quelque chose de diabolique !

Il s’agit naturellement de la descente de l’esprit et de la lumière dans le monde ; de la descente du Feu et de la vérité divine sur le chaos et les ténèbres du nord.

Ainsi l’étoile pointe en bas est-elle l’emblème de notre régénération.

D’ailleurs sur certaines icones syriennes de la Pentecôte (la descente de l’Esprit sur les disciples), l’Esprit est figuré par un étoile pointe en bas qui se termine par un rayon.

En Maçonnerie L’Etoile flamboyante un des symboles fondamentaux

On est étonné de voir comme en écho aux symbolisme ancien, nos tableaux de loges se présentent :

Chez les anciens Mésopotamiens comme en Maçonnerie aujourd’hui trois astres se trouvent ensemble à l’Orient, l’ancienne trinité : le Soleil la Lune et Vénus notre Étoile flamboyante.

Plantagenet nous dit qu’il ne semble pas que l’apparition de l’Etoile flamboyante en Maçonnerie soit antérieure à 1737.

J Boucher quant à lui écrit que le Pentagramme était connu des Maçons constructeurs et était peut-être même un de leurs secrets les plus importants et les plus méconnus. Nous voulons bien le croire.

Elle est le symbole de l’esprit universel, du souffle divin, feu central et universel qui vivifie tout ce qui existe (Tchudy)

Elle était ainsi définie et déjà présente au grade d’Apprenti autrefois sans lettre inscrite dessus :

« Au milieu, éclairant le centre d’où part la vraie lumière qui éclaire les quatre parties du monde …l’Étoile flamboyante est l’emblème du Grand Architecte de l’univers qui brille d’une lumière qu’il n’emprunte que de lui seul »

En clair l’Etoile flamboyante symbolise la Lumière divine, le Feu, ce feu qui siège au cœur de toutes les créatures.

Voyons ce qu’il en est dans les rituels d’aujourd’hui

L’étoile flamboyante fut transférée au grade de Compagnon en 1785 par le GO comme étoile du matin afin qu’on puisse la trouver au grade de Maître comme étoile du soir.

Ainsi au REAA ou au Rite Français rétabli, au grade de Compagnon, elle est étoile du matin et sera étoile du soir au grade de Maître.

Leur signification évidemment sera bien différente, puis les deux s’éclaireront l’une l’autre.

L’étoile à cinq branches appelée l’étoile flamboyante apparaît donc d’abord au second degré ou grade de Compagnon.

L’Etoile flamboyante au grade de Compagnon. L’étoile du matin.

On l’allume à l’Orient lors du passage à ce grade. Elle est placée à droite du Soleil soit du côté du midi. En clair elle est à son lever précédant celui du Soleil.

Après cinq voyages effectués dans la loge, le futur compagnon est emmené face à elle et est invité à la contempler

Elle brille de tous ses feux et présente un G en son centre.

C’est Lucifer ou Phosphoros l’apporteur de lumière

G qui au premier degré de lecture nous fait penser au mot « Géométrie ».

Mais pour bien d’autres on lui a trouvé : Gloire, Grandeur, Génie, Gnose, Grand Architecte, Gravitation.

Le G comme Génie :

Ainsi peut-on lire dans Le Régulateur du Maçon[7]

« Mon F considérez cette Etoile mystérieuse. Ne la perdez jamais de vue elle est l’emblème du génie qui s’élève aux grandes choses

Elle est le symbole de ce feu sacré, de cette portion de lumière divine dont le G.A.D.L.U. a formé nos âmes aux rayons de laquelle nous pouvons distinguer, connaître et pratiquer la justice »

Étoile du matin elle est le porteur de lumière symbole de toute initiation, de tout passage des ténèbres à l’illumination. Et ce dans tous les peuples. Les druides l’utilisaient déjà comme telle : annonciatrice de lumière symbole de la connaissance.

C’est celle-là que l’on contemple au grade de compagnon, Vénus l’étoile qui annonce l’arrivée du Soleil.

Pour le nouveau Compagnon elle symbolise l’espoir : l’homme illuminé, l’homme étoile, l’homme solarisé.

L’homme qui d’abord apprenti a reçu la lumière solaire par l’intermédiaire de la Lune, puis espère la recevoir pleinement.

Nous voyons donc que lors de notre arrivée au grade de Compagnon Vénus nous annonce la lumière à venir, celle du Soleil. Elle nous donne l’espoir d’accéder à cette lumière qu’au REAA nous recevrons peut-être au 28° degré, lorsque nous deviendrons Chevalier du Soleil….

En attendant rappelons-nous que Vénus est l’étoile de l’amour. Elle nous rappelle donc que notre recherche est basée sur l’amour de la vérité, sur l’amour fraternel.

Elle nous rappelle que le monde fut construit par le désir du Grand Architecte. Elle est la force d’attraction universelle. Elle la beauté.

Elle nous rappelle encore que l’union fait la force et que sans le secours des autres nous ne pouvons rien.

L’Etoile du soir au passage au grade de Maître Mort et Renaissance

On la retrouve ensuite au grade de Maître, troisième et dernier degré des loges bleues lors du passage à ce grade :

Lorsque le Compagnon se présente en Chambre du Milieu pour accéder à la maîtrise, l’étoile flamboyante est la seule lumière perceptible.

Elle s’éteindra dès que le candidat aura le dos tourné.

L’étoile du Compagnon apportait au candidat l’espoir d’accéder un jour à la lumière ; ici elle l’invite à plonger à la suite du Soleil dans les ténèbres de la mort.

Tout est sombre dans le temple. Tout est éteint un voile noir cache l’Orient.

Le Soleil et la Lune ont disparu. Ils sont couchés, partis dans le royaume des morts sous l’horizon.

Seule brille l’Étoile, à l’Occident, du côté nord. Elle va donc bientôt disparaître à son tour derrière le Soleil.

Le futur Maître, que l’on a fait entrer dans le temple à reculons, tournant le dos à l’Orient, contemple l’Étoile, non plus radieuse et précédant le Soleil dans sa marche diurne, mais inquiétante et mystérieuse, seule étoile au milieu des ténèbres, déjà s’enfonçant dans la nuit vers le Nord.

En effet lorsque au cours de son cycle elle se rapproche soir après soir du Soleil elle « tombe » dans les flammes du soleil couchant évocatrices de l’enfer ou du séjour des morts avec son lac de flammes chez les Egyptiens. C’est ainsi d’ailleurs que progressivement l’Eglise en a fait un ange déchu « comment es-tu tombé des cieux Astre du matin, fils de l’Aurore » suivant Isaïe (1 14 et saint Jérôme »

Le candidat, guidé par l’Étoile va devoir suivre la marche du Soleil dans le monde des morts.

À la suite d’Ishtar, pour devenir maître, le maçon doit descendre dans les Enfers

Si le Soleil est Juge dans les Enfers, Ishtar la grande initiée fut la seule divinité mésopotamienne qui fut réellement morte et ressuscitée :

Elle décida de descendre dans les enfers et franchit les sept portes concentriques qui y conduisaient.

Arrivée là, elle se laissa dépouiller de ses sept Me « attributs, pouvoirs » symbolisés par des bijoux. Ainsi dénuée de tout pouvoir, elle se laissa tuer par les sept juges des enfers. Changée en cadavre, elle fut suspendue à un clou. Elle y resta trois jours et trois nuits.

Son assistante qui savait quoi faire en cas de problème, ne la voyant pas revenir, prévint Enki, le dieu du ciel, qui réussit à lui faire boire et manger l’eau et le pain de vie qui ressuscitent.

Elle put donc remonter des Enfers à condition d’y laisser un substitut

Elle refusa d’y laisser son coiffeur ou son capitaine et y sacrifia à la place Dumuzi, son amant, qui avait gravement manqué à l’Amour. En effet remontée des Enfers, elle le retrouva faisant joyeusement ripaille.

De même, Hiram sera mort durant trois jours comme Ishtar et comme la Lune qui disparait pendant environ trois jours lors de sa conjonction avec le Soleil.

En effet pendant que les FF et SS recherchent Hiram lors de l’élévation à ce grade trois jours s’écoulent : neuf FF (ou SS) (deux plus sept) font trois fois le tour du cercueil dans le sens dextrorsum sens du mouvement diurne. Neuf comme les neuf étoiles circumpolaires.

Trois jours de mort qui met le candidat en rapport avec la Lune il ressuscite au bout du troisième jour comme Jésus.

Il meurt et ressuscite avec Vénus fille du dieu Lune et sœur du Soleil.

Trois astres qui chacun symbolisait parfaitement la mort et la résurrection.

Sur le plan symbolique elle indique qu’il nous faut mourir affronter la mort

Vénus symbole de la mort et de la renaissance puisque après avoir été étoile du soir durant de longues semaines elle disparaît puis réapparaît au lever

L’Etoile flamboyante et Tubalcaïn

Le Mot de Passe qu’apprend le compagnon lors de son passage au grade de Maître est Tubalcaïn, faisant d’Hiram, le héros de ce grade, un forgeron .

En effet Tubalcaïn fils de Caïn est dans la Bible le premier forgeron mythique

Ainsi Hiram le bronzier qui façonna les colonnes J et B le bassin du temple de Jérusalem qui servait à l’observation du ciel, est aussi forgeron du bronze autrement dit de l’airain (du cuivre auquel on a mélangé à un peu d’étain )

Forgeron comme Tubalcaïn comme Dédale comme Talès comme les Cyclopes qui étaient marqués au front d’un cercle symbole du cercle que seule ils savaient tracer parfaitement à l’aide d’un compas.

Quel rapport avec Vénus ?

Vénus l’épouse de Vulcain

Vénus, planète dont le métal est le cuivre, à l’origine du bronze, l’un des premiers métaux façonnés par l’homme par Tubalcaïn peut être, est dans la mythologie grecque l’épouse de Vulcain.

Et Vulcain ou Héphaïstos chez les Grecs dieu du feu, est à l’origine du feu souterrain, le maître du feu, celui qui maîtrise les énergies cosmiques celui qui introduit par son art l’ordre dans un monde de chaos et de forces élémentaires.

Dieu des volcans il façonnait dans son antre souterraine les armes des dieux de l’Olympe, extrayant le métal des entrailles de la terre, le forgeant avec le feu souterrain.

Dans les traditions antiques il est dit que le feu libère l’élément divin en anéantissant l’élément humain.

Le travail des métaux c’est le travail sur soi-même et c’est le feu qui transforme le maçon dans le rituel de mort et de résurrection

Tout comme l’Apprenti taille sa pierre lui-même étant donc à la fois le tailleur et la pierre, Hiram Tubalcaïn est son propre forgeron intérieur. Il sait maîtriser son feu et ses métaux. Il est bien évidemment son propre alchimiste. Il a laissé les métaux vulgaires à la porte du temple car il a transformé en lui le plomb en or.

L’étoile à cinq branches dans les différents degrés de la Maçonnerie

Au 4° Maître secret , on la trouve dans le cartouche accroché à l’Orient.

Elle est dans un Delta lui-même inscrit dans un cercle

Le Z dans l’Etoile fait référence au mot originel du mot de Passe « « Balustrade » Geison mot grec transformé en Zizon progressivement.

L’étoile chez les anciens Egyptiens se disait seba et signifiait « porte », « enseignement » sens qui s’articule parfaitement avec la porte de la dite balustrade qu’il s’agit de franchir et dont la clef remise au candidat est en ivoire.

Dans les rituels d’aujourd’hui on la retrouve ensuite :

Au grade de Grand Elu de la Voûte sacrée, 14° et dernier degré des ateliers de perfection.

On la trouve sur le bijou entre les jambes d’un compas (une médaille représentant d’un côté le Soleil de l’autre l’étoile avec un G)

Au grade de Chevalier Rose Croix 18°degré

Ce qui est logique, ce grade faisant référence aux templiers, à la mort et la résurrection du Christ, Etoile du matin dans l’Apocalypse.

L’étoile à cinq branches un tracé au nombre d’or

En raison du tracé au nombre d’or, qui régit ce pentagone étoilé, l’étoile à cinq branches était signe de reconnaissance chez de nombreux initiés et en particulier chez les pythagoriciens.

On comprend donc que Villard de Honnecourt (XIII° siècle) dans son « carnet » ait utilisée cette « divine proportion » comme tracé harmonique dans ses dessins comme sur les images ci-contre. Ou encore pour montrer comme ce tracé se trouvait sous-jacent dans le vivant.

De même on considéra l’étoile à cinq branches comme l’image du microcosme humain : on peut y voir en effet un homme les jambes et les bras écartés, tout comme l’aigle en somme !

L’étoile à cinq branches par sa forme semble posséder une action propre sur le plan de notre cerveau

Est-ce que inconsciemment nous ressentons la beauté géométrique de l’Étoile à cinq branches ? quand par exemple nous la contemplons sur une fleur à cinq pétales comme l’églantier ?

Nous pensons alors à la définition de la Beauté donnée par Platon, la Beauté issue des nombres, suivant en cela l’héritage pythagoricien :

« Ce que j’entends par beauté de la forme n’est pas ce que le commun entend généralement sous ce nom, comme par exemple celle des objets vivants ou de leur reproduction, mais quelque chose de rectiligne et de circulaire, et les surfaces et corps solides composés avec le rectiligne et le circulaire au moyen du compas, du cordeau et de l’équerre ; car ces formes ne sont pas comme les autres belles sous certaines conditions, mais belles en soi »[8]

Voilà pourquoi, disait-il encore, « Dieu fait sans cesse de la géométrie »

Ce qu’on peut imaginer en effet lorsque l’on décode le tracé de Vénus dans le ciel.


[1] Astronomie en 10 volumes éditions Atlas.

[2] Les religions du Proche-Orient asiatique Fayard Denoël 1970 , Première partie René Labat.

[3] Kudurru mot akkadien : désigne des stèles de pierre inscrites et ornées de reliefs, érigées entre le XIV° et le II° siècle av J.C.

[4] Sumer André Parrot, nrf

[5] Marthe Marandola Cousin préface de Trinh Xuan Thuan L’Esprit des Etoiles Ed des 3 monts 2001

[6] Jérusalem Rockfeller Museum

[7] Le Régulateur du maçon grades symboliques (Ed 1801) Hachette (BnF)

[8] Platon Philèbe 51,c

Harahachibu et Franc-maçonnerie : la quête de modération et d’harmonie intérieure

Harahachibu : la clé japonaise de la longévité et de la modération : Le harahachibu, ou hara hachi bun me (腹八分目), est une philosophie de la modération alimentaire profondément ancrée dans la culture japonaise. Ce concept, qui signifie littéralement « le ventre à 80 % », préconise de ne manger qu’à 80 % de sa capacité pour préserver la santé et la longévité. Originaire de la région d’Okinawa, réputée pour son taux élevé de centenaires, cette règle met l’accent sur l’équilibre et la prévention des excès dans l’alimentation quotidienne.

Le harahachibu est bien plus qu’une simple diète. Cette approche implique une écoute attentive de son corps, visant à arrêter de manger avant de se sentir complètement rassasié. En se basant sur le principe que la sensation de satiété atteint son pic quelques minutes après la fin du repas, ce modèle limite les excès et favorise un état de légèreté et de bien-être. En outre, cette habitude aide à réduire le stress sur le système digestif, permettant de vivre en meilleure santé plus longtemps.

Homme barbu en vélo par beau temps
Exercice et bien-être

En français, cette règle pourrait être interprétée par des expressions telles que « la modération est la clé de la santé » ou encore « la modération est le médicament ». Ce principe s’applique également à la consommation de viande, par la locution hara mo mi no uchi (腹も身の内), qui prône la limitation des protéines animales pour favoriser la durabilité des ressources et respecter les traditions culinaires japonaises.

table medievale
médieval, table, assiettes, fleurs, chateau, siège, fauteuil, decoration, repas, agapes

Les bienfaits du harahachibu sont corroborés par de nombreuses études scientifiques. Il est prouvé que la restriction calorique modérée, sans privation excessive, peut réduire les risques de maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. Ce concept inspire également un mode de vie basé sur la pleine conscience : au lieu de consommer en excès, le harahachibu valorise le respect du corps et de ses besoins réels.

Aujourd’hui, le harahachibu est salué par les nutritionnistes et experts en santé pour son efficacité simple et durable. À l’ère de la consommation excessive, cette philosophie rappelle les vertus de la modération et de l’équilibre, inspirant ceux qui souhaitent adopter une alimentation en harmonie avec leur bien-être et leur longévité.

Table,Set,Restaurant
Banquette et Salle de restaurant avec couverts dressés, table de repas

Le harahachibu, principe japonais de modération alimentaire, et les valeurs de la Franc-maçonnerie, trouvent une résonance surprenante. Bien que venant de cultures et de traditions très différentes, ces deux philosophies partagent un objectif commun : la recherche de l’équilibre, de la maîtrise de soi et du respect des ressources, qu’elles soient physiques ou spirituelles.

Harahachibu, littéralement « ventre à 80 % », est une règle japonaise qui conseille de ne manger qu’à 80 % de sa capacité pour préserver santé et longévité. Cet acte de restriction consciente est, pour les Japonais, une façon d’honorer le corps et de vivre en harmonie avec ses besoins, sans céder aux excès. La Franc-maçonnerie, de son côté, encourage ses membres à cultiver la tempérance, une des vertus cardinales de l’Ordre. La tempérance, dans ce contexte, est un exercice de modération non seulement dans l’alimentation, mais dans tous les aspects de la vie – pensées, actions, relations – pour atteindre un équilibre durable.

Un Homme en train de méditer à la montagne
Un Homme en train de méditer à la montagne

La philosophie du harahachibu invite aussi à la pleine conscience, similaire à la démarche maçonnique d’introspection. Chaque repas devient un acte réfléchi, tout comme chaque décision ou comportement d’un franc-maçon est pensé pour être en accord avec ses valeurs et son parcours spirituel. La modération du harahachibu enseigne également la responsabilité envers soi-même et son environnement, rappelant les engagements maçonniques envers le respect des ressources de la Terre et la maîtrise des désirs matériels.

Les deux approches partagent aussi une vision de transformation. Pour les pratiquants de harahachibu, l’habitude de ne manger qu’à 80 % nourrit l’esprit de maîtrise et de longévité. En Franc-maçonnerie, les rituels et enseignements symboliques permettent aux initiés de transformer leur esprit, en limitant l’égo et en renforçant le respect de l’autre. Dans les deux cas, il s’agit d’un voyage vers la sobriété intérieure, où le bien-être personnel se marie avec une forme de respect et d’équilibre plus global.

Ainsi, harahachibu et Franc-maçonnerie rappellent que l’accomplissement personnel ne passe pas par l’abondance, mais par la discipline et la reconnaissance de ses propres limites. Une alliance subtile de sobriété et d’éthique, visant non pas à restreindre l’individu, mais à lui offrir une plus grande liberté et harmonie intérieure.