Le 21 avril 2025, le monde a appris avec émotion la disparition du pape François, né Jorge Mario Bergoglio, à l’âge de 88 ans, dans sa résidence de Santa Marta au Vatican. Quelques heures après avoir béni les fidèles lors de la messe de Pâques, il a succombé à un ictus, aggravé par une pneumonie bilatérale qui l’avait affaibli ces dernières semaines. La Grande Loge d’Italie des Anciens, Libres et Acceptés Maçons (GLI-ALAM), une des principales obédiences maçonniques italiennes, s’est associée au deuil universel dans un communiqué signé par son Grand Maître, Luciano Romoli, le 22 avril 2025.
Cet hommage, publié sur le site officiel de la GLI-ALAM, célèbre un pasteur qui, par son magistère et sa vie, a incarné des valeurs chères à la franc-maçonnerie : la fraternité, l’humilité et la quête d’un humanisme planétaire. Cet article revient sur cet hommage, explore les convergences entre l’héritage de François et les principes maçonniques, et réfléchit à l’actualité de son message dans un monde en crise.
Jorge Mario Bergoglio : un Pape venu du « bout du monde »
pape François
Élu le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio est entré dans l’histoire comme le premier pape latino-américain, le premier jésuite et le premier non-européen depuis le VIIIe siècle. Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, dans une famille d’immigrés piémontais et ligures, il a grandi dans le barrio de Flores, marqué par une foi profonde et un engagement social dès son jeune âge. Devenu archevêque de Buenos Aires en 1998, puis cardinal en 2001, il s’est distingué par sa simplicité et sa proximité avec les pauvres, vivant dans un modeste appartement et refusant les fastes de sa charge. « La mia gente è povera e io sono uno di loro », disait-il, expliquant son choix de renoncer aux privilèges pour partager le quotidien des plus démunis.
En choisissant le nom de François, en hommage à saint François d’Assise, il a annoncé dès son élection un pontificat placé sous le signe de l’humilité, de la miséricorde et de la fraternité. « Venu de la fin du monde », comme il l’a déclaré en s’adressant à la foule place Saint-Pierre le soir de son élection, il a su ramener l’enseignement révolutionnaire de saint François à l’actualité, en plaçant les « derniers » – les pauvres, les migrants, les marginalisés – au cœur de son magistère. Comme le souligne Luciano Romoli, « Jorge Mario Bergoglio a su changer l’Église », en renouvelant son message pour répondre aux défis du XXIe siècle.
Une résonance avec les valeurs maçonniques
Le Grand Maître de la Grande Loge d’Italie de l’ALAM, Luciano Romoli
La GLI-ALAM, dans son communiqué, met en lumière une « profonde résonance » entre l’œuvre de François et les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie. Si l’histoire a souvent opposé l’Église catholique et la franc-maçonnerie – notamment sous le pontificat de Léon XIII, qui condamnait la maçonnerie dans l’encyclique Humanum Genus (1884) –, le règne de François a marqué une rupture, en privilégiant le dialogue et la recherche de terrains communs. « La centralité de la personne, le respect de la dignité de chaque individu, la construction d’une communauté solidaire, la recherche du bien commun » : ces valeurs, énoncées par la GLI-ALAM, sont au cœur de l’idéal maçonnique, mais aussi de l’enseignement de François.
L’encyclique Fratelli tutti, publiée en 2020 en pleine pandémie de Covid-19, illustre cette convergence. Elle appelle à une fraternité universelle qui transcende les divisions religieuses, culturelles et idéologiques. « Dépasser les divisions, les idéologies et les pensées uniques pour reconnaître la richesse des différences et construire une humanité unie dans la diversité », écrit Luciano Romoli. Ce message fait écho à la devise maçonnique – Liberté, Égalité, Fraternité – et à la mission des loges : unir les hommes par-delà leurs différences, dans une quête commune de vérité et de justice.
Foi et raison : un dialogue partagé
Un autre point de convergence réside dans l’approche de François face à la foi et à la raison. Comme le note la GLI-ALAM, le pape a renouvelé le principe anselmien du credo ut intelligam (« je crois pour comprendre »), en conjuguant foi et raison comme deux dimensions complémentaires de l’expérience humaine. François a prôné une foi ouverte, capable de se remettre en question, d’accueillir le doute et de dialoguer – une démarche qui trouve un écho dans la méthode initiatique maçonnique. En loge, les maçons s’engagent dans une recherche de la vérité libre de dogmes, fondée sur le questionnement, la réflexion et l’échange. Ce dialogue entre foi et raison, incarné par François, résonne avec le chemin maçonnique, qui invite chaque frère ou sœur à explorer les mystères de l’existence sans préjugés ni certitudes imposées.
Une « douce révolution » au service des plus démunis
Le pontificat de François s’est distingué par sa mise en avant des plus démunis, un engagement qui a marqué les esprits. Dès ses premiers gestes – refuser la limousine papale pour un minibus, laver les pieds de prisonniers ou de réfugiés lors du Jeudi saint –, il a incarné une Église « pauvre pour les pauvres ». Cette priorité accordée aux « derniers » s’est traduite dans ses encycliques, comme Laudato si’ (2015), qui appelle à protéger la « maison commune » qu’est la planète, et dans son initiative « Économie de François », un mouvement lancé en 2020 pour promouvoir un modèle économique centré sur la dignité humaine, la justice sociale et la durabilité.
La GLI-ALAM voit dans cette « douce révolution » une profonde correspondance avec la construction maçonnique du « Temple intérieur ». En franc-maçonnerie, ce temple symbolise l’âme de l’initié, polie par la tolérance, la solidarité et la résistance contre l’ignorance et la haine. François, par son humilité et son dialogue, a montré que ces vertus sont des instruments de force authentique. « L’humilité et le dialogue sont des instruments de force authentique », écrit Luciano Romoli, soulignant combien le pape a su, par sa simplicité, redonner une voix aux exclus et rappeler à l’humanité l’importance de la fraternité.
Une vision partagée : la conscience planétaire
Pape Jean XXIII
Dans un monde marqué par des crises multiples – climatiques, migratoires, sociales –, François a lancé un appel à une « conscience planétaire », une vision d’une humanité unie comme une « communauté de destin ». Cet appel résonne avec les idéaux maçonniques, qui prônent une fraternité universelle et un engagement pour un avenir juste et solidaire. La GLI-ALAM, dans son communiqué, affirme partager cette vision, en s’engageant pour « une éthique des limites, le respect d’autrui et la construction d’un Temple fondé sur la solidarité, la liberté de pensée et la fraternité universelle ».
Cette convergence n’est pas nouvelle. Déjà sous le pontificat de Jean XXIII (1958-1963), l’Église avait amorcé un dialogue avec les valeurs humanistes, notamment lors du concile Vatican II, qui a ouvert la voie à une meilleure compréhension entre catholiques et maçons. François a poursuivi cette ouverture, en rencontrant des représentants de diverses traditions spirituelles et en plaidant pour une « culture de la rencontre ». En 2016, lors d’un voyage en Arménie, il a déclaré : « Construire des ponts, pas des murs », une phrase qui pourrait être un mot d’ordre maçonnique, tant elle reflète la mission des loges de favoriser l’union et la compréhension mutuelle.
L’héritage de François : un défi pour l’avenir
Grande Loge d’Italie
Le décès de François laisse un vide immense, mais aussi un héritage riche pour l’Église et pour l’humanité. Son pontificat, marqué par des réformes audacieuses – comme la lutte contre les abus sexuels dans l’Église, la réforme de la Curie romaine, ou encore la défense des droits des migrants –, a redonné espoir à ceux qui voyaient en l’Église une institution figée. En plaçant les pauvres et la planète au centre de son magistère, il a rappelé que la spiritualité ne peut être déconnectée de l’action concrète.
Pour la franc-maçonnerie, et en particulier pour la GLI-ALAM, cet héritage est une source d’inspiration. Luciano Romoli conclut son hommage en affirmant que la GLI-ALAM honorera la mémoire de François en continuant à œuvrer pour un monde plus solidaire. Les maçons, à travers leurs travaux en loge, s’efforcent de construire ce « Temple » symbolique, où la tolérance et la fraternité sont les pierres angulaires. Comme François, ils croient en la puissance de l’humilité et du dialogue pour transformer le monde, un pas à la fois.
La Grande Loge d’Italie : une voix humaniste
Garibaldi
Fondée en 1956, la Grande Loge d’Italie des ALAM est une obédience mixte, regroupant hommes et femmes dans une quête commune de lumière et de vérité. Héritière de la tradition maçonnique italienne, marquée par des figures comme Giuseppe Garibaldi, elle se distingue par son engagement humaniste et son ouverture au dialogue interspirituel. Sous la direction de Luciano Romoli, Grand Maître depuis 2020, la GLI-ALAM a multiplié les initiatives pour promouvoir les valeurs maçonniques dans la société italienne, notamment à travers des conférences, des actions caritatives et des prises de position sur des enjeux comme l’écologie et les droits humains.
Cet hommage au pape François illustre la volonté de la GLI-ALAM de transcender les clivages historiques entre la franc-maçonnerie et l’Église catholique. En reconnaissant dans le pontificat de François un reflet de ses propres idéaux, l’obédience montre que les valeurs humanistes – fraternité, justice, dignité – peuvent unir les hommes par-delà leurs différences de croyance.
Un message intemporel pour un monde en crise
Le Pape François et le Cardinal Zuppi. Photo: Diocèse de Bologne
En cette période de deuil, l’appel de François à une « conscience planétaire » résonne comme un défi pour l’avenir. Dans un monde marqué par les inégalités, les conflits et la crise climatique, son message invite à repenser nos priorités : placer l’humain avant le profit, la solidarité avant l’égoïsme, la planète avant l’exploitation. Ces idées, portées par François tout au long de son pontificat, trouvent un écho dans les travaux maçonniques, où chaque initié est appelé à contribuer à la construction d’un monde meilleur.
En honorant la mémoire de François, la GLI-ALAM réaffirme son engagement pour un humanisme universel. Comme le pape l’a fait à travers ses gestes et ses paroles, les maçons s’efforcent, à leur manière, de bâtir des ponts entre les hommes, de cultiver la tolérance et de promouvoir la fraternité. En ce sens, François, le « pape des derniers », restera une source d’inspiration pour tous ceux qui croient en la possibilité d’un monde plus juste – qu’ils soient catholiques, maçons, ou simplement humanistes.
Luciano Romoli Grand Maître de la Grande Loge d’Italie de l’ALAM Rome, le 22 avril 2025
Ce samedi 26 avril 2025, Saint-Nazaire accueillera une conférence très attendue animée par Jean-Michel Mathonière, historien de renom et spécialiste des compagnonnages. Intitulée Compagnonnages et Franc-Maçonnerie, cette rencontre se tiendra à la Galerie des Franciscains, de 15h00 à 17h30, et sera gratuite pour le public.
Organisée dans le cadre des initiatives culturelles de la ville, elle promet d’éclairer les liens historiques, symboliques et culturels entre ces deux traditions initiatiques souvent mal comprises. Alors que Saint-Nazaire se prépare à une belle journée printanière, cet article propose une plongée dans les thèmes qui seront abordés, le parcours de Mathonière et le contexte de cette conférence.
Jean-Michel Mathonière : une autorité en matière de compagnonnages
Jean-Michel Mathonière
Jean-Michel Mathonière, né en 1958 à Montluçon, est une figure incontournable dans l’étude des compagnonnages et des traditions artisanales. Après une première carrière comme dessinateur en bâtiment et génie civil, il s’est tourné vers l’édition et la librairie, avant de se consacrer pleinement à la recherche historique. En 1993, il a fondé à Dieulefit (Drôme) les éditions La Nef de Salomon, une maison spécialisée dans les traditions initiatiques et les savoirs artisanaux. Il est également le créateur du Centre d’étude des compagnonnages à Avignon, membre de l’Académie de Vaucluse et de l’Association francophone des historiens de la construction. Son expertise l’a conduit à intervenir dans des cadres prestigieux, comme la Bibliothèque nationale de France en 2015, lors d’une conférence mondiale sur le mutualisme, la franc-maçonnerie et l’histoire, où il a prononcé une intervention remarquée intitulée Savoirs et emblèmes du savoir chez les compagnons tailleurs de pierre à la fin de l’Ancien Régime.
Mathonière est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence, parmi lesquels Travail et Honneur : les Compagnons Passants tailleurs de pierre en Avignon aux XVIIIe et XIXe siècles (1996, coécrit avec Laurent Bastard) et Le serpent compatissant : iconographie et symbolique du blason des Compagnons tailleurs de pierre (2001). En 2013, il a été le commissaire de l’exposition La règle et le compas au Musée de la Franc-Maçonnerie à Paris, une initiative qui explorait les influences opératives et spéculatives dans la franc-maçonnerie. Cette conférence à Saint-Nazaire s’inscrit dans la continuité de ses travaux, visant à démystifier les relations entre compagnonnage et franc-maçonnerie, souvent entourées de malentendus et de stéréotypes.
Compagnonnage et Franc-maçonnerie : des origines distinctes
La conférence promet de poser les bases historiques des deux traditions, en soulignant leurs origines et leurs objectifs distincts. Le compagnonnage, né au Moyen Âge, est une organisation ouvrière qui vise à transmettre les savoirs techniques et les valeurs morales aux artisans itinérants, notamment les tailleurs de pierre, charpentiers, couvreurs et autres métiers du bâtiment. Structuré autour du Tour de France, un périple initiatique permettant aux compagnons de parfaire leur art et leur caractère, le compagnonnage repose sur des rites, des symboles et une forte identité corporative. Les compagnons utilisaient des emblèmes comme l’équerre, le compas ou le serpent compatissant – un symbole de régénération et de sagesse – pour marquer leur appartenance et leur maîtrise.
La Franc-maçonnerie, quant à elle, émerge au XVIIe siècle en Écosse et en Angleterre, avant de se diffuser en France au début du XVIIIe siècle. D’abord opérative, c’est-à-dire liée aux métiers de la construction (les maçons bâtisseurs des cathédrales), elle évolue rapidement vers une forme spéculative, axée sur la réflexion philosophique et morale. Les maçons spéculatifs, qui n’étaient plus des artisans mais des intellectuels et des bourgeois, adoptent les outils des bâtisseurs – l’équerre, le compas, le maillet – comme symboles de leur quête intérieure. Leur objectif n’est plus de construire des édifices matériels, mais un « temple intérieur », métaphore de l’élévation spirituelle et de la recherche de vérité.
Jean-Michel Mathonière devrait insister sur un point clé : bien que les deux traditions partagent des symboles comme l’équerre et le compas, ces outils n’ont pas la même signification. Pour les compagnons, ils représentent la maîtrise technique et la droiture morale dans le métier ; pour les maçons, ils incarnent des concepts abstraits, comme l’équilibre entre raison et intuition ou la quête de perfection.
Points de convergence et divergences
L’un des aspects les plus attendus de la conférence est l’analyse des points de convergence et des divergences entre les deux traditions. Le compagnonnage et la franc-maçonnerie partagent une structure initiatique, avec des rites de passage marquant l’évolution de l’individu. Dans le compagnonnage, le jeune aspirant devient compagnon après avoir réalisé un « chef-d’œuvre », une pièce démontrant sa maîtrise technique et artistique. En franc-maçonnerie, le profane progresse à travers les grades d’apprenti, de compagnon et de maître, chacun accompagné de rituels symboliques visant à approfondir sa compréhension des valeurs maçonniques.
Les deux mouvements valorisent également la fraternité et la transmission. Chez les compagnons, cette transmission passe par l’apprentissage direct du métier et des valeurs éthiques, souvent dans un cadre communautaire comme les « cayennes » (auberges compagnonniques). En franc-maçonnerie, elle s’effectue à travers les travaux en loge, où les symboles, les rituels et les discussions philosophiques nourrissent la réflexion collective.
Cependant, les divergences sont tout aussi significatives. Le compagnonnage reste ancré dans le monde du travail manuel et de l’artisanat, avec une finalité pratique : former des artisans compétents et vertueux. La franc-maçonnerie, en revanche, s’adresse à des individus issus de milieux sociaux variés, souvent plus aisés, et se concentre sur une quête spirituelle et intellectuelle. Mathonière devrait également évoquer les tensions historiques entre les deux traditions, notamment au XVIIIe et XIXe siècles, lorsque certains compagnons percevaient la franc-maçonnerie comme une organisation élitiste cherchant à s’approprier leurs symboles et leurs rites.
Une influence mutuelle à explorer
Un autre thème central de la conférence sera l’influence mutuelle entre compagnonnage et franc-maçonnerie, un sujet que Mathonière maîtrise particulièrement grâce à ses recherches sur les tailleurs de pierre. Au XVIIIe siècle, période charnière, les deux traditions se croisent fréquemment, notamment dans les grandes villes comme Paris ou Avignon. Certains compagnons, séduits par les idéaux maçonniques, rejoignent des loges, tandis que des maçons s’intéressent aux rites et aux symboles compagnonniques, qu’ils intègrent dans leurs propres pratiques. Par exemple, le mythe d’Hiram Abiff, central dans la franc-maçonnerie et symbolisant la quête de la lumière à travers la mort et la résurrection, pourrait avoir été influencé par les légendes compagnonniques autour de Maître Jacques et du Père Soubise, figures fondatrices du compagnonnage.
Inversement, des compagnons adoptent des éléments maçonniques, comme l’organisation en grades ou l’usage de symboles universels. Mathonière devrait toutefois nuancer cette influence mutuelle : si des emprunts existent, ils sont souvent le fruit de contextes locaux et ne reflètent pas une fusion des deux traditions. Il est probable qu’il mette également en garde contre les théories simplistes qui prétendent que la franc-maçonnerie serait une « évolution » du compagnonnage, une idée répandue mais historiquement infondée.
Saint-Nazaire : un cadre idéal pour une telle réflexion
L’événement se tiendra à la Galerie des Franciscains, située au 25 rue du Croisic à Saint-Nazaire, un lieu culturel bien connu des habitants. Saint-Nazaire, ville au riche passé industriel et maritime, est un cadre idéal pour cette conférence. Avec ses chantiers navals historiques, comme ceux de l’Atlantique (aujourd’hui STX France), elle a été un terreau fertile pour le compagnonnage, notamment pour les charpentiers et les forgerons. La franc-maçonnerie y est également implantée depuis le XVIIIe siècle, avec des loges affiliées au Grand Orient de France et à d’autres obédiences. En 2025, alors que Saint-Nazaire continue de se réinventer à travers des projets culturels et touristiques, cette conférence offre une occasion de reconnecter la ville à son héritage artisanal et initiatique.
La ville mise de plus en plus sur la culture pour diversifier son attractivité, comme en témoignent des événements à venir, tels que le Festival Les Escales, prévu du 25 au 27 juillet 2025, qui célèbre les musiques du monde. La conférence de Mathonière s’inscrit dans cette dynamique, en proposant un éclairage historique et intellectuel accessible à tous, dans un esprit d’ouverture et de dialogue.
Pourquoi assister à cette conférence ?
Cette conférence est une opportunité rare d’entendre un spécialiste de la trempe de Jean-Michel Mathonière, dont les travaux font autorité dans le domaine des compagnonnages. Elle s’adresse autant aux initiés qu’aux profanes, offrant un regard éclairé sur deux traditions qui ont façonné l’histoire sociale et culturelle de la France. Les participants pourront s’attendre à une présentation rigoureuse, enrichie d’exemples concrets tirés des recherches de Mathonière, notamment sur les tailleurs de pierre d’Avignon et leurs emblèmes symboliques.
Mathonière devrait également inviter le public à réfléchir à l’actualité des valeurs portées par le compagnonnage et la franc-maçonnerie. Dans un monde marqué par la globalisation et la standardisation, le compagnonnage rappelle l’importance de la transmission des savoir-faire artisanaux et de l’éthique du travail bien fait. La franc-maçonnerie, quant à elle, offre un espace de réflexion sur les grandes questions philosophiques et sociétales, comme la liberté, la tolérance et la fraternité – des valeurs particulièrement pertinentes en 2025, alors que l’Europe traverse des crises migratoires, climatiques et sociales.
Informations pratiques :
Date et horaire : Samedi 26 avril 2025, de 15h00 à 17h30.
Lieu : Galerie des Franciscains, 25 rue du Croisic, 44600 Saint-Nazaire.
Tarif : Gratuit, ouvert à tous, dans la limite des places disponibles.
Contact : Pour plus d’informations, contacter les organisateurs via les canaux officiels de la ville de Saint-Nazaire (www.saintnazaire.fr).
Une occasion de démystifier deux traditions
À l’approche de cette conférence, Saint-Nazaire se prépare à accueillir un moment de réflexion et de découverte. Jean-Michel Mathonière, avec son érudition et sa clarté, devrait réussir à démystifier les compagnonnages et la franc-maçonnerie, souvent entourés de clichés et de fantasmes. En montrant que ces traditions, bien que distinctes, partagent un idéal commun – l’élévation de l’individu, qu’elle soit technique, morale ou spirituelle –, il offrira au public une nouvelle perspective sur ces héritages culturels. Pour les habitants de Saint-Nazaire et les visiteurs de passage, ce rendez-vous est une occasion unique de plonger dans l’histoire, les symboles et les valeurs qui ont façonné des générations d’artisans et de penseurs. Ne manquez pas cette rencontre, ce samedi 26 avril 2025, à la Galerie des Franciscains !
Après avoir examiné les significations qu’il est possible de donner aux « S » barrés présents dans les armoiries du château d’Arginy, en ne perdant pas de vue que nous sommes loin d’avoir épuisé notre sujet, il nous reste à examiner deux symboles situés au même niveau que les « S » barrés, mieux encore, qui sont chacun encadrés par quatre de ces « S ». En bas à gauche, nous voyons un symbole qui à première vue pourrait faire penser à deux « X » enlacés car il est très abîmé, mais qui se révèle être en définitive un « Λ » (le lambda grec en capitale) et un « V », tout deux enlacés. En bas à droite, le second symbole à la forme de deux « Φ » (le phi grec en capitale) superposés l’un sur l’autre.
En ce qui concerne le premier symbole, le rapprochement le plus évident, toujours dans le cadre d’une interprétation alchimique, suggère que nous serions en présence du symbole qui désigne un alambic qui est un appareil qui permet de réaliser une distillation. Outil central en Alchimie, l’alambic permet de séparer, par chauffage et dans une enceinte fermée, les huiles aromatiques essentielles enfermées dans les fleurs, les feuilles, les racines, etc. Les alchimistes ont développé la distillation dans le cadre de la décomposition des substances, c’est-à-dire de leur purification. Notons que l’alambic n’est pas l’Athanor, c’est-à-dire le « four cosmique » où s’opèrent toutes les phases du Grand Œuvre jusqu’à la réalisation de la Pierre Philosophale. La question qui se pose alors est celle de savoir pourquoi cet alambic est entouré de quatre « S » barrés ? Encore une fois, la réponse à cette question n’est pas aisée. La logique voudrait que cette partie des armoiries indiquerait seulement une étape du Grand Œuvre Alchimique qui devrait être effectuée dans un alambic, mais ce n’est qu’une hypothèse.
Ci-dessus : En bas à gauche des armories du château d’Arginy, nous voyons un symbole qui à première vue pourrait faire penser à deux « X » enlacés car il est très abîmé, mais qui se révèle être en définitive un « Λ » (le lambda grec en capitale) et un « V » enlacés (photo, Daniel Robin, février 2024).Ci-dessus : Le symbole de l’alambic représenté dans des ouvrages traitant d’Alchimie.
Double Phi, nombre d’or et pentagramme.
Le second symbole qui nous intéresse est situé en bas à droite dans les armoiries. Bien que très abîmé lui aussi, il est relativement facile de distinguer deux « ΦΦ » (le phi grec en capitale) superposés l’un sur l’autre. Comme pour le symbole de l’alambic, ces deux « ΦΦ » sont encadrés par quatre « S » barrés. Il ne fait pas de doute que cette disposition répond à une profonde logique interne en lien avec des opérations alchimique comme nous le supposons. Très rapidement, j’ai fait le rapprochement entre ces deux « ΦΦ » et le nombre d’or encore appelé section dorée, proportion dorée, ou divine proportion. « Phi » (Phi : initiale de Phidias, le sculpteur et architecte grec du Parthénon) est le nombre d’or. Mais la question était de savoir pourquoi il y avait deux « Phi » superposés ? Qu’est-ce que cela pouvait signifier ? Encore une fois, la réponse ne se fit pas attendre et je propose l’hypothèse selon laquelle les deux « Phi » sont Phi2, soit : 1,6180339887…2. Hors il se trouve que 1,6180339887… est l’unique solution positive de l’équation : φ2 = φ + 1 (1,6180339887… x 1,6180339887… = 2,6180339887…, c’est-à-dire 1,6180339887… +1). En réalité, les décimales qui suivent la virgule sont en nombre infini et une valeur approchée donne : 1,618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 720 309 179 805 762 862 135 448 622 705 260 462 818 902 449 707 207 204… La connaissance du nombre d’or est très ancienne et les historiens s’accordent pour dire que sont origine connue remonte à l’école pythagoricienne fondée par Pythagore (580-495 av. J.-C.). Il s’avère cependant que ce nombre était bien connu des anciens égyptiens et qu’il est omniprésent dans la pyramide de Khéops ou Grande Pyramide de Gizeh. Un exemple : le rapport de l’apothème (hauteur d’une face latérale) de la pyramide de Khéops divisé par sa demi-base est égal au nombre d’or. En 1509, le mathématicien et moine franciscain, Luca Pacioli (1445-1517), publie un ouvrage intitulé « Divina Proportione », illustré par Léonard de Vinci, et il est le premier traité consacré pour une large part au nombre d’or.
Ci-dessus : En bas à droite dans les armoiries, nous voyons deux « ΦΦ » (le phi grec en capitale) superposés l’un sur l’autre. Comme pour le symbole de l’alambic, ces deux « ΦΦ » sont encadrés par quatre « S » barrés (illustration Daniel Robin).
Si nous allons plus loin dans l’analyse du symbole du double « ΦΦ », ou Phi2, nous voyons qu’il est présent dans le pentagramme régulier ou pentacle étoilé à cinq branches. Le pentagramme régulier est lié au nombre d’or et au triangle d’or. Les disciples de Pythagore par exemple, considéraient le pentagramme comme l’emblème de la perfection et comme le symbole de l’être humain (la tête et les quatre membres). Ils associaient le pentacle au nombre d’or et au dodécaèdre qui est le cinquième solide platonicien formé de douze faces pentagonales, symbole des cieux. Le pentagramme était aussi un signe de reconnaissance entre les disciples.
Si nous insérons une étoile à cinq branches dans un pentagone régulier (polygone à cinq côtés et cinq diagonales) dont chaque côté vaut une unité, les grandes diagonales (A-E, A-B, C-D, etc.) sont égales à Φ (1,618…). Les branches de l’étoile inscrite dans le pentagone régulier sont égales à 1/Φ, soit : 0,618… Le côté du pentagone interne, noté « F-E », situé dans l’étoile inscrite vaut 1/Φ2, soit 0,3819… Le côté du grand pentagone vaut Φ2 fois le côté du petit pentagone inscrit, soit 2,618 : E-B = Φ2 x F-E (voir illustration ci-dessous).
Ci-dessus : Si nous insérons une étoile à cinq branches dans un pentagone régulier dont chaque côté vaut « 1 », les grandes diagonales (A-E, A-B, C-D, etc.) sont égales à Φ, et les branches de l’étoile inscrite dans le pentagone régulier sont égales à 1/Φ (illustration Daniel Robin).
Notre hypothèse établissant un lien entre le symbole « ΦΦ » présent dans les armoiries et le pentagramme semble être confirmé par la présence d’une étoile à cinq branche (pentagramme ou pentacle) dans le Cimier des armoiries d’Arginy. Je rappelle brièvement que le Cimier est le nom donné à la partie la plus élevée dans les ornements extérieurs de l’écu et qui est placée sur le haut du casque (heaume). Généralement, cette pièce est formée, soit par des plumes ou panaches, soit par des animaux ou des monstres chimériques. La présence d’une étoile à cinq branche dans le Cimier semble plutôt rare. En ce qui me concerne, je n’ai pas trouvé d’autres exemples d’armoiries avec une étoile à cinq branches dans le Cimier.
Rien dans les armoiries n’est laissé au hasard, et tout élément « décoratif » (meuble) à sa raison d’être. Placer une étoile à cinq branches dans le Cimier des armoiries du château d’Arginy doit nécessairement avoir un sens précis en lien avec les autres parties de ces armoiries. Pour un noble de la Renaissance, cette étoile à cinq branche, ou pentagramme, est un symbole qui peut avoir plusieurs significations. Dans le dessin de « L’homme de Vitruve » par exemple, l’« initié » de la Renaissance retrouvera les proportions idéales et « divines » du corps humain inscrit dans un cercle représentant le Ciel, et un carré représentant la Terre. Le sens profond de ce dessin est donc que l’Homme, création divine vivant sur la Terre, est l’intermédiaire entre le Ciel et la Terre. Les proportions idéales de l’Homme sont comme le « module » de base à partir duquel s’organise toute l’architecture des bâtiments de la cité. L’Homme est la mesure de tout. Le symbole de cette fonction d’intermédiaire entre le Ciel et la Terre est l’étoile à cinq branches située entre le quatre du carré terrestre et le cercle de l’unité céleste.
Notons enfin qu’en Alchimie, l’étoile marque une étape importante du Grand Œuvre. A ce moment clé, elle se dessine sur la matière première cristallisée et prend le nom de « régule étoilé ». Lorsqu’elle apparaît dans la matière c’est le signe que le Grand Œuvre est prêt à s’accomplir. L’étoile c’est aussi celle du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, un lieu où une étoile vint marquer l’emplacement du tombeau de l’apôtre Jacques. Compostelle : une étoile (« stella ») tombée dans la terre (le « compost », issu du mot latin « campus », le champ). Compostelle (Compost stella) est le champ de l’étoile. La coquille Saint-Jacques ou Mérelle de Compostelle est portée par tous ceux qui entreprennent le travail et cherchent à obtenir l’étoile. On rencontre fréquemment dans les églises de grandes coquilles qui contiennent l’eau bénite. Mérelle signifie « mère de la Lumière ». Elle sert à désigner le principe Mercure, appelé encore Voyageur ou Pèlerin, ou encore « l’eau benoîte » des Philosophes.
Ci-dessus : Dans le Cimier des armoiries du château d’Arginy nous voyons une étoile à cinq branches ou pentagramme régulier (Pentacle). Cette étoile est celle qui est figuré dans le blason de la famille Camus : d’azur à trois croissants d’argent une étoile d’or en abyme. Cette figure a-t-elle un rapport avec les deux « ΦΦ » situés en bas à droite dans ces mêmes armoiries ? (Illustration Daniel Robin).Ci-dessus : « L’homme de Vitruve ». Ce dessin réalisé à la plume, encre et lavis, est une étude des proportions du corps humain selon Vitruve réalisé par Léonard de Vinci vers 1492. L’homme est placé au centre, entre le carré (Terre) et le cercle (Ciel). Bras écarté et pieds presque joints, formant une croix, l’homme s’inscrit dans le carré terrestre. Bras élevés et jambes écartés, l’homme s’inscrit dans le cercle céleste. Entre le Ciel et la Terre, l’Homme est une étoile à cinq branches (un pentagramme).Ci-dessus : A gauche, l’Homme inscrit dans un pentagramme (une étoile à cinq branches), illustration de Henri Corneille Agrippa (1486-1535), tiré de son traité « De occulta philosophia » (1531). A droite, l’étoile flamboyante à cinq branches des Francs-Maçons avec la lettre « G » au centre dont la signification reste à bien des égards mystérieuse. D’un point de vue général cette figure signifie que la réalité humaine est inscrite dans l’étoile flamboyante à cinq branches. Le chiffre 5 est comme le « sceau » qui marque le niveau humain. C’est une représentation symbolique de l’état humain. Dans certaine représentation de l’étoile flamboyante, la lettre « G » est remplacée par « l’œil qui voit tout ». La lettre « G » et « l’œil qui voit tout » spécifient en quelque sorte le centre de l’état humain, c’est-à-dire le « lieu » où s’effectue le passage vers les états supérieurs. Entre le Ciel et la Terre, entre le compas et l’équerre, l’Etoile Flamboyante figure l’Homme, assemblage d’un peu de « boue » (Terre) dans lequel a été insufflée une parcelle du souffle divin (Ciel). L’étoile permet le passage du carré au cercle, de l’équerre au compas. A noter aussi que le caractère flamboyant et rayonnant de l’étoile suggère un rapport étroit avec l’énergie, la chaleur et la lumière. La lumière est bien évidemment la Lumière spirituelle.
Comme nous l’avons signalé plus haut, les motifs (meubles) représentés sur l’écu des armoiries de Claude Camus d’Arginy, fils de Jean Camus, Trésorier général de France, pourraient bien être ceux qui figuraient sur l’écu des armoiries sculptées au-dessus de la porte du château d’Arginy. Outre l’étoile et les trois croissants, la coquille y est représentée douze fois avec une disposition singulière. La coquille est un meuble qui est fort usité en armoiries, et elle figure sur de nombreux Blasons. Bien souvent, elle désigne les voyages dans le Levant et les pèlerinages. La coquille utilisée en héraldique est stylisée de dos. Anciennement, les héraldistes distinguaient la coquille de Saint-Jacques, de grande taille, et celle de Saint-Michel, de taille plus petite. Elle est rarement représentée comme meuble principal, mais vient souvent en accompagnement ou chargement d’une pièce principale. L’utilisation du symbole de cette coquille pour les pèlerins et Croisés de Terre Sainte est avérée. Elle fut utilisée pour symboliser le nombre d’individus ou le nombre de pèlerinages, y compris les croisades, fait en Terre sainte par la famille porteuse du blason. Quant au croissant, il est le symbole de la noblesse, de l’accroissement de richesses, de l’honneur et de la renommée. Il rappelle les croisades et les expéditions contre les Sarrasins et les Barbaresques. Si les coquilles qui figurent dans des armoiries de Claude Camus d’Arginy ne sont pas forcément des coquilles de Saint-Jacques de Compostelle montrant qu’il s’intéressait au Grand Œuvre alchimique, elles pourraient tout simplement signifier que des membres de sa lignée firent le pèlerinage à Saint-Jacques ou celui de la Terre sainte.
Des Templiers alchimistes à Arginy ?
Depuis 1952, date à laquelle Jacques Breyer s’installa à Arginy pour une durée de sept ans, le château suscite l’intérêt de nombreux chercheurs venant d’horizons intellectuels fort variés et dont les motivations vont de la recherche la plus triviale du fameux trésor matériel des Templiers, jusqu’à la noble quête d’un hypothétique « trésor » spirituel (alchimique, théurgique, etc.) qui serait inscrit dans la pierre de ses murailles, dans une strate des dimensions subtiles et des autres dimensions. L’un n’excluant pas l’autre d’ailleurs. Bien qu’il ne soit pas certain que les Templiers furent un temps propriétaires des lieux et s’occupèrent du domaine, une « légende » tenace lie Arginy aux Templiers. Cette « légende » ou cette « rumeur » repose selon moi sur des faits réels qui semblent confirmés par les « expériences oniriques » de Gabrielle Carmi.
Je n’ai pas l’intention de trancher ici cette question des liens entre Arginy et les Templiers qui divise encore les chercheurs aujourd’hui. Tout ce que je puis dire, c’est que même si les Templiers ne firent pas officiellement d’Arginy leur fief, ils n’ignoraient pas l’endroit et pouvaient s’en servir comme « base de repli » par exemple. Pour que le château puisse d’ailleurs jouer ce rôle, il valait mieux que le lien entre lui et les Templiers ne soit pas clairement établi pour des observateurs extérieurs. Arginy aurait pu être ce qu’on peut appeler une « commanderies occulte » ou siégeait un « chapitre occulte ». C’est une hypothèse qui est partagée par de nombreux chercheurs et ce fut celle de Jacques Breyer et ses disciples. L’inconvénient de cette hypothèse c’est qu’il est difficile d’apporter des preuves factuelles (documents historiques, traces dans la pierre, etc.) pour l’étayer.
Ce qui est certain en tout cas, c’est que les armoiries de la porte d’entrée du château soulèvent des questions intéressantes qui vont dans le sens de ceux qui pensent que le domaine fut le repère d’une sorte de « lignée d’initiés » et d’alchimistes qui remonterait au moins au début de la Renaissance, c’est-à-dire du début du XIVe siècle, et s’étendrait jusqu’au début du XVIIe siècle.
Nous avons vu que l’entrée monumentale du château d’Arginy aurait été édifiée aux environs de 1626. Cette « lignée d’initiés » reste malgré tout fort mystérieuse et les armoiries de la porte d’entrée suggèrent qu’ils s’intéressaient de près à l’Alchimie. Peut-être étaient-ils d’authentiques Adeptes qui oeuvraient à la fois au laboratoire et à l’oratoire. Si cette hypothèse est valide, nous devrions retrouver à Arginy des traces matérielles de ce laboratoire alchimique. Ce qui ne semble pas être le cas pour le moment. Tout ce que nous pouvons dire à ce stade, c’est que notre étude des armoiries du château montrent qu’elles comportent des signes mystérieux qui semblent avoir des liens avec la quête Alchimique entreprise au château d’Arginy et plus particulièrement dans la grande tour des « 8 béatitudes ». Ce constat est factuel et peut être vérifié par n’importe quel chercher impartial. Est-ce que les alchimistes qui oeuvraient à Arginy étaient des Templiers ? C’est une question qui mérite examen, mais rien dans les armoiries permet de répondre par l’affirmative.
Le problème c’est, qu’aujourd’hui, le château est fermé et le propriétaire ne donne aucune autorisation pour le visiter. Il joue en quelque sorte le rôle de « gardien du seuil » (le Dragon qui crache le feu) ou de « gardien du trésor », et il ne recule devant aucune menace pour empêcher toute intrusion sur le domaine. De ce point de vue, il rempli fort bien sa « mission », et j’en ai fait moi-même l’expérience. Devant tant de précautions et de protections, la question qui se pose est celle de savoir si ce propriétaire ne serait pas en possession de quelques informations sensibles concernant un « dépôt » à Arginy. En ce qui me concerne, je pense que c’est effectivement le cas. Plusieurs indices, qu’il serait trop longs d’exposer ici, vont dans ce sens. Un indice fort concerne le lien qui semble exister entre le château d’Arginy et le château Du Sou situé à environ une vingtaine de kilomètres au Sud-Ouest du premier. Par ailleurs, près du château Du Sou se trouve la chapelle Saint-Paul qui serait une ancienne chapelle de l’Ordre du Temple. Selon certains informateurs, les « mystères » du château d’Arginy convergeraient vers le château Du Sou. Reste à savoir comment peut s’opérer cette mystérieuse « convergence ».
La conclusion qui s’impose en l’état actuel de nos connaissances, est que seule une visite méthodique et approfondie de l’ensemble du domaine d’Arginy pourrait peut être apporter des réponses aux nombreuses questions que se posent les chercheurs.
Nous ne saurions terminer cette brève étude sur le château d’Arginy sans évoquer le livre de Gabrielle Carmi 5 intitulé, Le Temps hors du Temps 6, dans lequel elle nous révèle (page 116, Editions J’ai Lu, collection « L’aventure Mystérieuse », 1973) l’existence d’une crypte située à 80 mètres environ de la tour des « 8 béatitudes » (« en face d’elle » précise le texte au bas de la page 115). Malheureusement, Gabrielle Carmi ne précise pas dans quelle direction il faut chercher pour trouver l’entrée de la crypte. Malgré tout, et en toute logique, nous pouvons déduire que l’expression « en face d’elle » signifie en face de la porte d’entrée de la tour des « 8 béatitudes », donc au Sud (Sud-Ouest) de cette porte. Il se trouve en effet que la quatrième tour de l’enceinte intérieure quadrangulaire (voir plan) a été détruite, et que selon Gabrielle Carmi une crypte se trouverait sous cette tour qui n’existe plus aujourd’hui.
Ci-dessus : Vue aérienne de l’enceinte intérieure quadrangulaire du château d’Arginy. Si nous reconnaissons la véracité des « expériences oniriques » vécues par Gabrielle Carmi, et de nombreux faits dûment vérifier matériellement vont dans ce sens, l’enceinte intérieure comportait une tour située au Sud-Ouest, tour aujourd’hui détruite (sur le montage : « ancienne tour détruite »), sous laquelle se trouverait une crypte abritant un coffre de pierre. Selon Gabrielle Carmi, la crypte se trouve à environ « 80 mètres » en face de la tour des « 8 béatitudes » (montage, Daniel Robin).
Toujours selon Gabrielle Carmi, dans cette crypte souterraine circulaire se trouverait un coffre en pierre posé sur un dallage lui-même en pierre. Ce coffre aurait la forme d’un petit sarcophage d’un mètre de long environ, et son couvercle, également en pierre, serait à deux pentes. Le coffre serait ouvert et laisserait apparaître un très épais recueil fait de feuilles de parchemin. Les feuilles du livre seraient réunies par deux plaques, l’une dessus, l’autre dessous, et reliées par une cordelette en métal sombre formant laçage. Les plaques seraient aussi faites d’un métal sombre.
Le livre décrit par Gabrielle Carmi aurait les mêmes dimensions que les gros livres de musique grégorienne. Une partie des textes se rapportaient à la règle de l’Ordre du Temple. D’autres parties traiteraient des secrets et des techniques dans l’art de bâtir, des règles à suivre pour déterminer l’orientation, la forme et les proportions des bâtiments, des temples et des églises, pour que ceux-ci aient leur pleine valeur du point de vue initiatique.
Ci-dessus : Représentation artistique d’un crypte circulaire au centre de laquelle se trouve un coffre en pierre. La crypte du château d’Arginy n’est peut-être pas très éloignée de cette vision d’artiste.
Plusieurs autres parties du livre concerneraient les enseignements secrets de l’Ordre du Temple, et demeureraient pour nous, totalement incompréhensibles.
Tout ce que nous pouvons ajouter pour le moment, c’est que consulté sur l’existence de ce livre mystérieux dissimulé dans une crypte circulaire du château d’Arginy, Jean de Sarab 7, indiqua qu’il se trouvait bien un livre (le « Livre M » ?) en lien avec l’Ordre du Temple à cet endroit. Connaissant les « capacités psychiques » de ce personnage, nous avons toutes les raisons de croire que son avis recouvre une réalité qu’il nous reste à découvrir.
Selon certains historiens, c’est en 1253 que Louis de Beaujeu (mort en 1295), choisit de quitter le château familial situé près de Monsols dans le Rhône, pour s’installer à Arginy. Ses descendants, Guichard VI le Grand en 1295, Edouard 1er en 1331 et Antoinnette de Beaujeu en 1343, feront également d’Arginy leur demeure principale. A la page 118 de son livre « Le Temps hors du Temps » 6, Gabrielle Carmi rappelle que le château d’Arginy « fut la propriété d’une noble famille de la région et fut occupée successivement, au cour du XIVe siècle, par Guichard I, Guichard II, et Guichard III ». Arginy a donc été historiquement rattaché à l’Ordre du Temple lorsqu’une parente de Guillaume de Beaujeu (1233-1291) a épousé l’un des membres de la lignée des « Guichard », propriétaires du château. Rappelons que la famille de Beaujeu a été pendant près de 20 ans à la tête de l’Ordre du Temple. Guillaume de Beaujeu, 21e Grand-maître de l’Ordre (le 13 mai 1273) appartenait à la famille des sires de Beaujolais bien que son père, Guichard, n’ait jamais été seigneur de Beaujeu. Guillaume de Beaujeu appartenait à une branche cadette de la première Maison de Beaujeu, celle des seigneurs de Montpensier. Probablement né vers 1233, Guillaume de Beaujeu était le troisième ou le quatrième fils de Guichard de Beaujeu seigneur de Montpensier en Auvergne et de Catherine de Clermont dame de Montferrand. Guillaume de Beaujeu, qui avait reçu en héritage la seigneurie de Sevens (ou peut-être Seveux en Bourgogne) choisit pour sa part de rejoindre l’Ordre du Temple vers 1253. Envoyé en Terre Sainte, Guillaume de Beaujeu y effectua une brillante carrière qui le vit occuper tout d’abord l’office de châtelain de la forteresse de Château-Pèlerin, puis celui de maître de la province de Tripoli en 1271 avant d’être rappelé en Italie l’année suivante pour finalement devenir commandeur de la province des Pouilles. Selon des récits tardifs, le frère de Guillaume de Beaujeu aurait fait rapporter son corps au château d’Arginy. La question du « corps » de Guillaume de Beaujeu est encore un mystère qui demande à être résolu.
Toujours selon Gabrielle Carmi, c’est l’un des membres de la lignée des « Guichard » (peut-être Guichard VI), qui reçu à Arginy le précieux « dépôt » des Templiers, principalement constitué de documents et d’un « livre » comme nous l’avons vu.
Note 5 : Gabrielle Carmi (de son vrai nom Andrée Fortin) est née en 1904 en Nouvelle-Calédonie, où son père, polytechnicien et officier d’artillerie coloniale, était en service. Elle perdit sa mère à 5 ans. Mariée très jeune à un officier de marine, elle eut quatre enfants. Cela ne l’empêcha pas de faire des études de droit pour se spécialiser dans les problèmes de l’enfance malheureuse ou délinquante. Elle devint Juge pour enfants et travailla pour divers tribunaux de mineurs. Elle créa, dans le Midi de la France, un foyer pour enfants abandonnés, réalisant ainsi un rêve qui lui tenait à cœur. Menacée par la Gestapo pendant la dernière guerre, elle rejoignit la Résistance dans la région lyonnaise. La musique fut de tout temps son mode d’expression préféré et le support de ses méditations. Elle portait un vif intérêt pour l’étude comparée des religions et pour la kabbale. Elle s’occupa activement d’œuvres sociales. Dès son plus jeune âge, elle manifesta des dons de télépathie, de psychométrie et de clairvoyance. Rien apparemment ne prédisposait cette femme à l’aventure intérieure qu’elle vivra des années durant. En 1952, Gabrielle Carmi acheta avec son mari une maison en ruine dans le village d’Hermé près de Provins. Après l’avoir restaurée petit à petit, ils finirent par s’y installer. C’est alors que commença pour elle une succession de rêves précis et détaillés qui la mettaient en contact avec un chevalier de l’Ordre du Temple. Cet ancien croisé devient son « guide » dans un extraordinaire voyage au cœur du Moyen Âge. Gabrielle Carmi quitta ce monde le 8 avril 1990.
Note 6 : Gabrielle Carmi, Le Temps hors du Temps, Editions Robert Laffont, 1973.
Note 7 : Daniel Robin, Les Templiers de l’Agarttha, Gardiens de la Terre Sainte et de la Tradition Primordiale, Editions JMG, 2024 (page 132).
La Grande Loge de France organise mensuellement un petit-déjeuner d’échanges avec un acteur important de la vie intellectuelle. Intitulés « enjeux et perspectives », ces petits-déjeuners sont le complément des conférences trimestrielles qui portent cette même appellation. Comme elles, ils sont ouverts aux non-maçons, à toutes et à tous.
Ces petits-déjeuners « enjeux et perspectives »ont lieu à 8 h 30 (très précises) en l’hôtel de la GLDF, 8 rue Louis Puteaux, 75017 Paris (métro Rome).
Ils durent une heure et prennent donc fin à 9 h 30. Une demi-heure de battement est ensuite possible pour des échanges.
Gaspard Koenig
La participation est ouverte à toutes et tous, maçons ou non et est gratuite.
Cependant un don aux oeuvres caritatives de la Grande Loge de France ou une participation aux frais est possible. En revanche, l’inscription préalable sur le lien de réservation est obligatoire. Le fil conducteur de la séquence 2025 de ces petits-déjeuners est
« l’humain, le vivant, la planète »
Le jeudi 22 mai, nous recevrons Gaspard Koenig, philosophe, écrivain, essayiste.
Il se définit comme un philosophe libéral, dans une vision du libéralisme « global » qui renoue avec l’utopie progressiste qu’il fut à ses origines. Gaspard Koenig est également très attentif à la relation entre l’homme, l’animal et la nature.
En 2020, il a entrepris un grand voyage à cheval à travers l’Europe, de Bordeaux à Rome, sur les traces du périple effectué par Montaigne en 1580[. Selon lui, le voyage à cheval « réintroduit le hasard et l’inattendu dans le voyage. Et à une époque obsédée par l’efficience, il permet de retrouver le rythme lent de la pensée, afin d’atteindre (…) une forme de liberté intérieure ». Le choix du cheval était aussi une manière d’aller à la rencontre des gens tout au long de son trajet..
Il nous dira comment selon lui, il est possible de :
« Réconcilier nature et liberté »
Nous vous remercions à l’avance de votre participation.
L’inscription est gratuite. Cependant un don aux oeuvres caritatives de la Grande Loge de France est possible. En vous inscrivant à une de nos conférences ou événement, vous vous inscrivez également à la newsletter mensuelle de la Grande Loge de France. Vous pouvez vous en désabonner par un simple lien en bas de page.
De notre confrère brésilien rota51.com – Par Paulo Barbosa
Le 26 avril 2025, la ville d’Eunápolis, située dans l’extrême sud de Bahia, vibrera au rythme du 5e Festival de Chopp de la Maçonnerie, organisé par la Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro. Cet événement, qui s’est imposé comme un rendez-vous incontournable dans la région, mêle convivialité, musique et traditions maçonniques, tout en s’ouvrant à la communauté locale. De 13h à 19h, les participants pourront profiter d’une journée festive placée sous le signe de la fraternité, une valeur centrale de la franc-maçonnerie. Cet article retrace l’histoire de ce festival, depuis ses débuts en 2020 jusqu’à cette 5e édition, tout en explorant son impact culturel et social dans la région.
Un festival ancré dans la tradition maçonnique
La Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro, affiliée à une obédience maçonnique brésilienne (probablement le Grand Orient du Brésil ou une obédience locale), est connue pour son engagement dans des initiatives communautaires. Le Festival de Chopp, lancé en 2020, s’inscrit dans cette démarche, visant à rassembler les maçons et les habitants d’Eunápolis dans un esprit de partage et de célébration. Comme le souligne le communiqué de l’édition 2025, cet événement est « un rencontre incontournable pour qui apprécie la bonne musique, les boissons de qualité et une atmosphère de pure détente ».
Le choix du chopp – une bière non pasteurisée, très prisée au Brésil – comme thème central du festival n’est pas anodin. Le chopp, introduit au Brésil en 1808 par la famille royale portugaise, est une boisson emblématique des fêtes populaires, notamment dans les régions influencées par la culture germanique, comme le sud du pays. En Bahia, où les traditions afro-brésiliennes dominent, le chopp s’est intégré comme un symbole de convivialité, souvent associé à des événements festifs. La franc-maçonnerie, avec son idéal de fraternité universelle, a trouvé dans ce festival un moyen de s’ouvrir au public, tout en valorisant les valeurs d’unité et de partage.
Le Festival de Chopp de la Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro a vu le jour en 2020, dans un contexte mondial marqué par la pandémie de Covid-19. Bien que les détails précis de cette première édition soient rares, des archives indiquent que les loges maçonniques brésiliennes, comme la Loja Maçônica Lealdade e Justiça à Parauapebas, organisaient déjà des festivals similaires dès 2010, avec un format festif incluant chopp à volonté, musique live et nourriture. Il est probable que la Fraternidade 5 de Novembro se soit inspirée de ces initiatives pour lancer son propre événement.
En 2020, la première édition a dû s’adapter aux restrictions sanitaires, avec une jauge limitée et des mesures strictes (distanciation, port du masque). L’événement, tenu en extérieur, a attiré un public local curieux de découvrir cette initiative maçonnique. Le chopp Heineken, déjà présent à l’époque, était proposé à volonté, accompagné de plats traditionnels bahianais comme la feijoada et des acarajés. Malgré les contraintes, cette première édition a posé les bases d’une tradition annuelle, en mettant l’accent sur la convivialité et l’accessibilité.
Une montée en puissance : les éditions de 2021 à 2023
L’année 2021 a marqué un tournant pour le festival, avec un assouplissement des restrictions sanitaires et une plus grande participation. La deuxième édition, probablement organisée en avril, a introduit des attractions musicales, un élément qui deviendra une marque de fabrique du festival. Des groupes locaux, jouant des rythmes variés comme la samba et le pagode, ont animé l’événement, attirant un public plus large, y compris des non-maçons.
En 2022, la troisième édition a consolidé le succès du festival. Les organisateurs ont diversifié l’offre, en ajoutant des stands de nourriture variée (acarajé, espetinhos, doces caseiros) et en proposant un espace dédié aux familles, avec des activités pour les enfants. Le prix du passaporte (billet d’entrée) était fixé à environ 120 R$, incluant le chopp à volonté et un caneco personnalisé, une tradition qui perdure encore aujourd’hui.
L’édition 2023 a vu une nouvelle évolution, avec l’introduction de l’espace Adega Delicanto, un coin réservé aux amateurs de vins et de drinks, cherchant à diversifier les goûts. La programmation musicale s’est enrichie, avec des artistes locaux comme Paula Damasceno et Iza Ferreira, ainsi qu’un groupe de pagode, Exalta Aê, qui a fait vibrer le public. Le passaporte coûtait alors 150 R$, un tarif qui reflétait l’amélioration de l’offre et l’inflation au Brésil.
La quatrième édition, tenue le 6 avril 2024, a marqué un record d’affluence, confirmant le statut du Festival de Chopp comme « l’événement le plus attendu de l’extrême sud de Bahia ». Selon les archives, les billets se sont vendus rapidement dès janvier 2024, au prix de 150 R$, incluant un kit avec un caneco et un boné personnalisés. L’événement, qui s’est déroulé de 12h à 18h, a maintenu sa formule gagnante : chopp Heineken à volonté, espace Adega Delicanto, et une programmation musicale variée avec Paula Damasceno, Iza Ferreira et Exalta Aê. Des stands de nourriture proposaient une grande variété de plats, allant des classiques bahianais (acarajé, feijoada) à des options plus modernes (hamburgers, doces caseiros).
Cette édition a également mis l’accent sur l’accessibilité, avec des prix modiques pour les boissons et aliments supplémentaires. Les organisateurs ont veillé à créer une atmosphère festive et inclusive, en s’ouvrant à la société civile, une démarche qui reflète l’idéal maçonnique de fraternité. La Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro a ainsi renforcé sa visibilité dans la région, tout en consolidant son rôle de vecteur de lien social.
La 5e édition en 2025 : une formule enrichie
Pour sa 5e édition, prévue le 26 avril 2025, le Festival de Chopp promet de maintenir ses standards tout en apportant des nouveautés. L’événement se tiendra de 13h à 19h dans les locaux de la Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro à Eunápolis. Le passaporte, actuellement au 2e lot (valable jusqu’au 4 septembre 2025), est vendu à 180 R$, un tarif qui reflète l’inflation mais aussi l’amélioration continue de l’offre. Ce billet donne droit à un chopp Heineken à volonté, un copo tipo Stanley exclusif à ramener chez soi, et l’accès à une ambiance festive avec musique live.
L’espace Adega Delicanto sera de retour, proposant une sélection spéciale de vins et de drinks pour diversifier les goûts, une initiative plébiscitée lors des éditions précédentes. Bien que la programmation musicale n’ait pas encore été dévoilée, on peut s’attendre à des artistes locaux et régionaux, dans la lignée des éditions passées, avec des genres variés comme le pagode, la samba et la MPB (Música Popular Brasileira). Les organisateurs ont également promis une « atmosphère vibrante », suggérant des animations supplémentaires, peut-être des activités pour les familles ou des stands culturels.
Un événement au cœur de la culture bahianaise
Eunápolis, ville de 115 000 habitants (selon l’IBGE 2020), est un carrefour économique et culturel dans l’extrême sud de Bahia. Connue pour ses fêtes traditionnelles, comme les célébrations de São João et le carnaval, elle offre un cadre idéal pour un événement comme le Festival de Chopp. La Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro s’inscrit dans cette dynamique, en mêlant les valeurs maçonniques de fraternité et de tolérance aux traditions festives locales. En s’ouvrant au public, la loge démystifie la franc-maçonnerie, souvent perçue comme une organisation secrète, et montre son engagement dans la vie communautaire.
Le festival s’inspire également d’autres événements maçonniques brésiliens, comme le Festival de Chopp de la Loja Maçônica Lealdade e Justiça à Parauapebas (2010), qui proposait déjà un format similaire avec chopp à volonté et musique live. Plus largement, il évoque des fêtes traditionnelles comme le Festival do Chopp de Feliz, dans le Rio Grande do Sul, qui attire des milliers de participants depuis 1968 avec son concept d’open bar et ses animations culturelles.
Impact social et perspectives
Au-delà de l’aspect festif, le Festival de Chopp de la Fraternidade 5 de Novembro joue un rôle social important. Les bénéfices générés par la vente des billets sont souvent utilisés pour financer des projets caritatifs, une pratique courante dans les initiatives maçonniques. Par exemple, des festivals similaires, comme le Rota Chopp Festival à Santa Rosa (Rio Grande do Sul), reversent leurs recettes à des institutions locales, telles que des hôpitaux ou des associations. Il est probable que la Loja Fraternidade 5 de Novembro soutienne des causes locales, comme l’aide aux familles défavorisées ou des projets éducatifs, bien que cela ne soit pas explicitement mentionné dans les annonces.
Pour l’avenir, le festival pourrait continuer à évoluer, en intégrant des éléments culturels encore plus marqués, comme des spectacles de capoeira ou des stands d’artisanat bahianais. Une meilleure communication sur l’utilisation des bénéfices renforcerait également la transparence et l’impact social de l’événement, attirant encore plus de participants sensibles aux valeurs maçonniques.
Informations pratiques :
Date et horaire : Samedi 26 avril 2025, de 13h à 19h.
Lieu : Loja Maçônica Fraternidade 5 de Novembro, Eunápolis, Bahia, Brésil.
Tarif : 180 R$ (2e lot, jusqu’au 4 septembre 2025).
Inclus : Chopp Heineken à volonté, copo tipo Stanley exclusif, accès à l’espace Adega Delicanto (vins et drinks en supplément).
Contact : Pour plus d’informations et achat de billets, contacter l’organisation via les canaux officiels (numéro probable : 73 99900-5013, basé sur les éditions précédentes).
Une célébration de la fraternité ouverte à tous
Le 5e Festival de Chopp de la Maçonnerie à Eunápolis est bien plus qu’une simple fête : c’est une célébration de la fraternité, de la convivialité et de l’engagement communautaire. En cinq ans, cet événement est devenu une tradition locale, réunissant maçons et non-maçons dans une ambiance festive et inclusive. Pour les habitants d’Eunápolis et les visiteurs de passage, c’est une occasion unique de découvrir la franc-maçonnerie sous un jour nouveau, tout en profitant des richesses culturelles de la Bahia. Alors, réservez votre samedi 26 avril 2025, et venez trinquer à la fraternité !
Ce samedi 26 avril 2025, Lorient accueillera un événement d’exception organisé par l’association locale Arianrod : une conférence publique animée par Liliane Mirville, présidente de la Grande Loge Féminine de France (GLFF). Sous le thème « Être franc-maçonne à la Grande Loge Féminine de France », cette rencontre promet d’ouvrir une fenêtre sur une institution maçonnique unique, dédiée à l’émancipation des femmes et à la quête spirituelle.
Dans une ville portuaire riche d’histoire et de diversité culturelle, cette conférence s’annonce comme un moment de réflexion et de dialogue, accessible à toutes et tous, initiés ou profanes.
La Grande Loge Féminine de France : une institution pionnière
Fondée en 1945, la Grande Loge Féminine de France est la première obédience maçonnique féminine au monde, regroupant aujourd’hui plus de 13 500 femmes à travers 450 loges actives, en France et à l’international (Afrique, Maghreb, Moyen-Orient, Europe de l’Est, Canada). En Bretagne, où la franc-maçonnerie est profondément enracinée, la GLFF compte 950 membres et 32 loges, témoignant de son dynamisme régional. Cette institution, qui célèbre ses 80 ans en 2025, se définit comme un ordre initiatique, axé sur le travail symbolique, philosophique et sociétal, selon des rites variés comme le Rite Écossais Ancien et Accepté ou le Rite Français.
La GLFF se distingue par son engagement humaniste et féministe. Depuis ses origines, elle milite pour l’émancipation des femmes, ayant joué un rôle actif dans des combats comme la légalisation de la contraception, l’inscription de l’IVG dans la Constitution, et la défense des droits sociaux. « Être initiée à la GLFF, c’est se construire, travailler à l’intérieur des loges pour porter à l’extérieur l’idéal et nos valeurs », déclarait Liliane Mirville dans une récente interview à 450.fm. Elle ajoute :
« C’est se battre pour celles qui n’ont pas la liberté de se battre, pour celles qui n’osent pas ou ne peuvent pas parler. »
Liliane Mirville : une Grande Maîtresse engagée
Liliane Mirville – Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France.
Élue le 1er juin 2024 lors du Convent de la GLFF à Bagnolet, Liliane Mirville incarne un nouveau souffle pour cette obédience vénérable. Née en 1954 à Dinan, initiée en 1998 au sein de la loge Thebah à Paris, elle a gravi les échelons avec rigueur et dévouement. Ancienne Grande Trésorière et adjointe à la Grande Chancelière, elle a également fondé la loge Sothis en 2017. Titulaire d’un DESS en Gestion et Techniques Nouvelles de l’Université Paris Dauphine, Liliane Mirville a mené une carrière de 44 ans à La Poste et à la Banque Postale, où elle a occupé des postes stratégiques avant de prendre sa retraite en 2021. Mariée, mère de trois enfants et grand-mère de trois petits-enfants, elle conjugue rigueur professionnelle et engagement maçonnique.
Depuis son élection, Liliane Mirville s’est fixé des axes clairs pour 2024-2025 : vivifier la vie initiatique et spirituelle de la GLFF, renforcer sa présence dans le paysage maçonnique, et faire rayonner ses valeurs humanistes en métropole, en Outre-mer et à l’étranger. À Lorient, elle souhaite partager cette vision, en mettant l’accent sur le rôle des femmes dans la franc-maçonnerie et leur contribution à un monde plus juste. « C’est un voyage à la rencontre de soi-même et de l’autre », explique-t-elle. « C’est une expérience de la liberté d’être, pour qui accepte de se remettre en question. »
Un thème universel : être franc-maçonne aujourd’hui
Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent
La conférence, intitulée « Être franc-maçonne à la Grande Loge Féminine de France », abordera les spécificifités de la franc-maçonnerie féminine dans un monde contemporain marqué par l’instabilité. Liliane Mirville s’attachera à démystifier cette institution souvent perçue comme secrète, en exposant ses valeurs fondamentales : liberté, égalité, fraternité, auxquelles la GLFF ajoute un attachement profond à la laïcité. « Dans ce monde instable et chaotique, où parfois les femmes sont les premières victimes, la franc-maçonnerie féminine offre un moment privilégié aux femmes pour penser et agir dans une démarche humaniste », écrit-elle dans un récent communiqué.
Les participants pourront découvrir le chemin initiatique proposé par la GLFF, un parcours qui invite à l’introspection, à la réflexion symbolique et à l’engagement sociétal. Les rituels maçonniques, riches en symboles comme l’équerre, le compas ou l’étoile flamboyante, seront évoqués comme des outils pour cultiver la sagesse intérieure et comprendre les vérités profondes de l’univers. Liliane Mirville insistera également sur l’actualité des combats de la GLFF, notamment en faveur des droits des femmes et de la justice sociale, des thèmes qui résonnent avec les valeurs républicaines.
Arianrod : une association lorientaise au cœur de l’événement
L’événement est organisé par Arianrod, une association lorientaise affiliée à la GLFF, connue pour son dynamisme dans la promotion des valeurs maçonniques et humanistes. Fondée dans le pays de Lorient, Arianrod tire son nom d’une déesse celtique associée à la roue du temps et à la transformation, un symbole qui reflète la quête spirituelle et initiatique des maçonnes. L’association organise régulièrement des conférences, des tenues blanches ouvertes (réunions accessibles aux profanes) et des débats sur des thèmes philosophiques et sociétaux, contribuant à faire rayonner la franc-maçonnerie féminine en Bretagne.
En choisissant la salle Agora Courbet, située au cœur de Lorient, Arianrod souhaite offrir un cadre accueillant et accessible pour cette rencontre. Lorient, ville portuaire au passé riche – de la Compagnie des Indes à la base de sous-marins de la Seconde Guerre mondiale –, est un lieu symbolique pour une telle conférence. Sa diversité culturelle et son ouverture sur le monde font écho aux idéaux universalistes de la GLFF.
Pourquoi assister à cette conférence ?
Cette conférence s’adresse autant aux curieux qu’aux initiés. Pour les profanes, c’est une occasion rare de découvrir la franc-maçonnerie féminine de l’intérieur, loin des clichés et des idées reçues. Liliane Mirville, par son parcours et son charisme, saura captiver son auditoire, en partageant son expérience personnelle et les valeurs qui animent la GLFF. Pour les femmes intéressées par un chemin initiatique, l’événement offrira des clés pour comprendre ce que signifie rejoindre une obédience maçonnique féminine, un espace de liberté et de sororité.
L’événement s’inscrit également dans un contexte plus large : les 80 ans de la GLFF, célébrés tout au long de 2025. À Pomerol, le 5 avril dernier, Liliane Mirville avait déjà animé une conférence sur le thème « Être franc-maçonne aujourd’hui et demain », soulignant l’importance de ces rencontres pour « exposer nos valeurs humanistes » et ouvrir le dialogue avec le grand public. À Lorient, elle poursuivra cette mission, dans une région où la franc-maçonnerie a une longue histoire, marquée par des figures comme Denise Oberlin, ancienne Grande Maîtresse de la GLFF, qui participa à des débats sur la laïcité dans la ville en 2016.
Un moment de partage et de réflexion
Au-delà de la conférence, l’événement sera une opportunité d’échange et de dialogue. Les participants pourront poser leurs questions à Liliane Mirville et aux membres d’Arianrod, dans une ambiance fraternelle et ouverte. Dans une époque marquée par les crises et les incertitudes, la GLFF se positionne comme un espace de réflexion et d’action, où les femmes peuvent s’unir pour construire un avenir plus éclairé. Comme le souligne Liliane Mirville, « toute l’action de nos pionnières a été de participer activement à l’émancipation des femmes. Nous devons poursuivre ces actions avec ardeur, permettant l’émancipation des femmes qui se rassemblent autour des valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité. »
Informations pratiques
Date et heure : Samedi 26 avril 2025, à 14 h.
Lieu : Salle Agora Courbet, 81 rue Amiral-Courbet, 56100 Lorient.
Entrée : Gratuite, ouverte à toutes et tous, dans la limite des places disponibles.
Lorient, une ville ouverte aux idées
Lorient, quatrième ville de Bretagne avec ses 57 412 habitants (INSEE 2020), est une cité qui a su se réinventer après les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, elle mise sur la culture et le tourisme pour dynamiser son territoire, comme en témoignent des événements majeurs tels que le Festival Interceltique, prévu du 1er au 10 août 2025. La conférence de Liliane Mirville s’inscrit dans cette dynamique, offrant aux Lorientais et aux visiteurs une occasion de s’enrichir intellectuellement et spirituellement.
Ne manquez pas cette rencontre unique avec une figure emblématique de la franc-maçonnerie féminine, dans une ville où la quête de lumière et de fraternité trouve un écho particulier. Venez découvrir ce que signifie être franc-maçonne aujourd’hui, et comment la GLFF contribue à façonner un monde plus juste et plus humain.
Sources :
Sud Ouest, « Être franc-maçonne aujourd’hui et demain : rencontre à Pomerol pour les 80 ans de la Grande Loge féminine de France », 03/04/2025.
Le Télégramme, « Liliane Mirville, présidente de la Grande loge féminine de France, animera une conférence publique, à Lorient, samedi 26 avril », 21/04/2025.
450.fm, « Liliane Mirville, élue Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France », 04/06/2024.
Dans les traditions spirituelles millénaires, le concept du « troisième œil » transcende les cultures et les époques, symbolisant une perception au-delà du visible, une ouverture vers l’ineffable – ce qui ne peut être exprimé par des mots. Le terme « ineffable », dérivé du latin ineffabilis (« imprononçable »), évoque cette réalité qui échappe au langage et aux sens physiques. En franc-maçonnerie, ce concept trouve un écho profond, incarnant la quête de lumière, de vérité et de conscience supérieure.
À travers les rituels, les symboles et le chemin initiatique, les maçons explorent cet « œil intérieur », un portail vers la sagesse universelle et la compréhension de soi. Cet article plonge dans le lien entre le troisième œil et la franc-maçonnerie, explorant sa signification spirituelle, ses racines historiques et son rôle dans l’éveil de la conscience.
Le troisième œil : une vision au-delà du visible
Le troisième œil, souvent associé à la glande pinéale dans les traditions ésotériques, est un symbole universel de perception spirituelle. Dans l’hindouisme, il correspond au chakra Ajna, situé entre les sourcils, considéré comme le siège de l’intuition et de la vision divine. Dans le bouddhisme, il représente la sagesse qui permet de voir au-delà des illusions du monde matériel, un accès à une conscience supérieure. Les anciens Égyptiens l’associaient à l’Œil d’Horus, symbole de protection et de clairvoyance spirituelle. Même la Bible, dans des passages comme Matthieu 6:22 (« Si ton œil est unique, tout ton corps sera plein de lumière »), évoque une vision intérieure qui transcende le physique.
Vitriol
Mais que signifie réellement « voir au-delà » ? Nos yeux physiques perçoivent le monde tangible à travers les sens : le toucher, l’ouïe, l’odorat, le goût. Le troisième œil, en revanche, est un « œil intérieur », une faculté intuitive qui révèle ce qui est caché : les vérités profondes, les émotions, les pensées, les dimensions spirituelles. Il s’agit d’ouvrir la conscience, de lever le voile des illusions – ce que les bouddhistes appellent maya – pour accéder à une compréhension plus profonde de soi et de l’univers. Comme l’écrit l’auteur d’El Nacional, « le plus loin que nous devons aller est en nous-mêmes ; tout est là ». Cette idée résonne avec le principe maçonnique fondamental : Connais-toi toi-même, inscrit sur le temple de Delphes et repris dans les loges comme une invitation à l’introspection.
Le troisième œil et l’éveil spirituel
chakra
Dans les traditions initiatiques, l’ouverture du troisième œil est un processus graduel, exigeant discipline, méditation et persévérance. Ce n’est pas un don inné, mais une conquête spirituelle. Le sixième chakra, Ajna, est considéré comme le centre de l’esprit et du corps, un pont vers l’illumination. Lorsqu’il s’éveille, il apporte clarté, intuition, compassion et un amour universel. Mais lorsqu’il est bloqué – par la peur, la colère, le dogmatisme ou l’attachement matériel –, il engendre confusion, fatigue et incapacité à prendre des décisions éclairées. « C’est comme un brouillard mental », note l’article d’El Nacional, un voile qui obscurcit la lumière intérieure.
L’éveil du troisième œil ne se limite pas à des perceptions spirituelles. Il peut aussi développer des capacités mentales comme la clairvoyance, la télépathie ou la projection astrale. Cependant, l’auteur met en garde : ces « pouvoirs » ne sont pas le but de la vie spirituelle. « Développer le pouvoir mental n’est pas la vie spirituelle, car si c’était le cas, tous les magiciens seraient des êtres spirituels élevés », souligne-t-il. Ces facultés, bien que fascinantes, risquent de détourner l’aspirant de son véritable objectif : se connecter à la Grande Énergie Universelle – ou, en termes maçonniques, le Grand Architecte de l’Univers (GADU). Pour éviter cet écueil, l’article recommande une pause dans la méditation si de tels pouvoirs se manifestent, afin de recentrer la pratique sur l’élévation spirituelle authentique.
Le troisième œil dans la franc-maçonnerie
En franc-maçonnerie, le troisième œil n’est pas explicitement nommé, mais son essence imprègne les rituels et les symboles. La quête maçonnique est une quête de lumière, un voyage vers l’illumination intérieure, qui s’aligne parfaitement avec l’ouverture de la conscience décrite par le troisième œil. Les rituels maçonniques, riches en symbolisme, visent à stimuler cette « vision intérieure » chez l’initié. L’Œil qui voit tout, souvent représenté dans les loges, incarne cette vigilance spirituelle, cette capacité à percevoir les vérités cachées. Comme le note l’article, « l’œil qui voit tout rappelle au franc-maçon l’importance de la réflexion et de la recherche constante de la vérité et de la connaissance ».
Crédit photo Wolfgang Sauber – Hiram représenté entre les deux colonnes du temple, vitrail de St John’s Church, Chester (Angleterre, 1900)
Un symbole clé de cette quête est la légende d’Hiram Abiff, maître architecte du temple de Salomon et figure centrale de la franc-maçonnerie. Assassiné par trois mauvais compagnons, Hiram représente l’initié qui doit surmonter les obstacles (ignorance, égoïsme, fanatisme) pour atteindre la lumière. Sa résurrection symbolique, célébrée dans le grade de maître maçon, évoque l’éveil de la conscience, l’ouverture du troisième œil. Ce parallèle est d’autant plus frappant que le front – siège du troisième œil – est souvent un point focal dans les rituels maçonniques, où des gestes ou des symboles (comme le bandeau retiré lors de l’initiation) marquent le passage des ténèbres à la lumière.
Les obstacles à l’ouverture de la conscience
le 3e oeil
L’article d’El Nacional met en lumière les obstacles qui bloquent le troisième œil : dogmatisme, fanatisme, attachement à la raison pure. Ces pièges, associés à ce que l’auteur appelle « l’œil intellectuel », maintiennent l’individu prisonnier de l’ego et des illusions matérielles. Carl Gustav Jung, cité dans l’article, déplorait déjà la « pauvreté des niveaux spirituels » à son époque. Aujourd’hui, dans un monde dominé par la logique, l’analyse et les distractions matérielles, cette critique reste pertinente. Les ambitions de pouvoir, les écrans omniprésents, la quête de biens matériels : autant de voiles qui obscurcissent la conscience et empêchent l’éveil du troisième œil.
Profane devant la porte
En franc-maçonnerie, ces obstacles sont symbolisés par les « métaux » que l’initié doit abandonner avant d’entrer en loge – une métaphore des attachements profanes (orgueil, avidité, ignorance). Le travail maçonnique consiste à polir la pierre brute, c’est-à-dire à se dépouiller de ces entraves pour accéder à la lumière intérieure. Comme le souligne l’article, « cultiver la capacité de voir au-delà de l’évidence conduit à une meilleure compréhension de nous-mêmes et du monde qui nous entoure ».
Un chemin initiatique vers la lumière
Chemin
La franc-maçonnerie, à travers ses grades et ses rituels, propose un chemin graduel vers l’éveil de la conscience. Dès l’initiation, le profane est plongé dans l’obscurité – symbolisée par le bandeau sur les yeux – avant d’être ramené à la lumière. Ce passage des ténèbres à la clarté est une métaphore de l’ouverture du troisième œil, une invitation à dépasser les perceptions limitées des sens physiques. Chaque grade – apprenti, compagnon, maître – approfondit cette quête, encourageant l’initié à explorer les profondeurs de son être, à cultiver les vertus et à se connecter à une sagesse universelle.
Les outils maçonniques, comme l’équerre et le compas, symbolisent cette dualité entre le matériel (l’équerre, le monde physique) et le spirituel (le compas, l’élévation). Le maçon apprend à équilibrer ces dimensions, à transcender la raison pure pour accéder à l’intuition – cet « organe spirituel » décrit par l’article. Les rituels, souvent empreints de symboles cosmiques (soleil, lune, étoiles), rappellent que la quête maçonnique est aussi une quête de connexion avec l’univers, avec le GADU.
Le troisième œil et les valeurs maçonniques
L’ouverture du troisième œil résonne avec les valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie : liberté, égalité, fraternité. Un troisième œil éveillé, selon l’article, apporte « un sentiment d’amour, de compréhension et de compassion ». Ces qualités sont au cœur de l’idéal maçonnique, qui cherche à unir les hommes par-delà leurs différences. En développant sa vision intérieure, le maçon apprend à dépasser les préjugés, à comprendre autrui et à agir avec bienveillance – des principes essentiels dans une loge, où la fraternité transcende les clivages religieux, culturels et sociaux.
De plus, la franc-maçonnerie insiste sur la recherche de la vérité, une quête qui nécessite un esprit ouvert, « au-delà du littéral », comme le note l’article. Les symboles maçonniques – l’étoile flamboyante, le delta lumineux – ne sont pas des vérités figées, mais des invitations à méditer, à interpréter, à explorer. Le troisième œil, en tant que centre de perception intuitive, devient un outil pour « comprendre les vérités contenues dans ces symboles », pour saisir l’ineffable qui se cache derrière le visible.
Un processus graduel et exigeant
Une porte mystérieuse – Escalier qui monte vers la porte de la Lumière
L’éveil du troisième œil, comme le chemin maçonnique, est un processus graduel. « C’est une discipline qui demande beaucoup de persévérance et de méditation », écrit l’auteur d’El Nacional. En franc-maçonnerie, cette progression est structurée par les grades et les travaux en loge, qui exigent patience, humilité et engagement. La méditation, bien que moins formelle que dans les traditions orientales, est implicite dans les moments de silence et de réflexion qui ponctuent les rituels maçonniques. Ces instants d’introspection permettent au maçon de se connecter à sa voix intérieure, d’écouter cette « intuition spirituelle » qui guide vers la lumière.
Pour autant, l’éveil spirituel n’est pas un aboutissement garanti dans une seule vie. Comme le souligne l’article, « je ne pense pas qu’il puisse être réalisé dans ce cycle de vie ». Cette humilité face à la quête spirituelle est une leçon maçonnique : le chemin compte plus que la destination. Chaque pas, chaque rituel, chaque réflexion est une étape vers l’illumination, un polissage de la pierre brute qui révèle, peu à peu, la lumière intérieure.
Une invitation à transcender
Le troisième œil, dans la franc-maçonnerie, est plus qu’un symbole : c’est une invitation à transcender les limites du monde matériel, à explorer les dimensions invisibles de l’existence. « Au-delà du physique, il y a tout ce qui ne peut être ni vu ni touché : les émotions, les pensées, les croyances, les expériences spirituelles », écrit l’auteur. En cultivant cette vision intérieure, le maçon apprend à écouter sa voix profonde, à faire confiance à son intuition, et à se connecter au divin – qu’il nomme GADU, Dieu, ou Grande Énergie Universelle.
Dans un monde contemporain marqué par le matérialisme et la superficialité, le message du troisième œil est plus pertinent que jamais. La franc-maçonnerie, en offrant un espace de réflexion et de quête spirituelle, rappelle l’importance de cette lumière intérieure. Comme le souligne l’article, « le troisième œil nous rappelle l’importance d’écouter notre voix intérieure ». Pour le maçon, cette écoute est le cœur de son travail : se connaître soi-même, comprendre l’univers, et marcher, pas à pas, vers la vérité.
Sources :
Traditions spirituelles : Le Troisième Œil de Lobsang Rampa, 1956 (pour les références au chakra Ajna et au bouddhisme).
El Nacional, « Obreros de Hiram Abiff: El tercer ojo y la masonería – II », 2025.
Contexte maçonnique : Les Symboles des Francs-Maçons de Robert Lomas, 2008.
Dans le prologue de la quête de l’Ibis vert, Avant l’aven[t], 🐇 je vous ai invité à passer de l’appel du Coq 🐇 à celui de l’Ibis, dépasser l’Œuvre au Rouge en répondant au sel de [l’aime • rode] de vair. Ce Chemin qui nous mènera peut-être à la pantoufle perdue 🐇. Voyager ainsi, « ni nu, ni vêtu » nous invite à abandonner nos préjugés et à découvrir, puis discerner le chant des sirènes du [par • être] de celui des [six • reines] faisant tournoyer les [six • lances] 🐇 des murmures par delà l’écho devenu muet. C’est dans le premier épisode « L’intuition et le fol qui s’y fie » 🐇 que le chemin du fou en quête de sa majuscule a été abordé. Dans cet épisode il restera toujours une interrogation laissée en drapeau flottant dans le vent : qui, du pêcheur ou du poisson tient l’autre ?
Si la réponse appartient à chacun et peut varier en fonction des solstices et des équinoxes, la roue du Tarot appréhendée en fonction de nos âges rituels (3, 5 et 7 ans et +) peut peut-être nous apporter un [plan • (i) • sphère] nous permettant de nous ré-appairer consciemment au Chemin. Se sentir perdu, c’est peut-être ne plus percevoir la Voie. Cependant, c’est lorsque nous nous sentons rationnellement perdu que nous ressentons [l’Art • canne] de la Voix sur laquelle, en aveugle, nous nous reposons lors de notre première entrée dans le Temple. Il n’en demeure pas moins important de savoir nous situer en trois dimensions dans ce plan en deux dimensions. Comme disait Paul Valery « il est beaucoup plus simple de construire un monde que d’expliquer comment un homme tient sur ses pieds ». Saisissons-nous donc de l’arcanne, la craie rouge du charpentier, et traçons notre propre carte dans ce désert apparement immaculé et sans trace.
Une boussole
Pour évoluer dans l’Univers que nous explorons il nous faut nous repérer. Pour cela nommons nos 6 points cardinaux. La verticale s’étendra du Nadir au Zénith, la profondeur de l’Orient à l’Occident et la largeur du Septentrion au Midi. L’aire de cette sphère plane dont le rayon est infini est et sera toujours égal à [4 • Pi • r²] soit « quatre pierres carrées ».
Au centre, trône la spirale [angée]. Elle assure la cohérence de notre monde. Ce G est enluminé d’un pentacle rouge en hommage aux 5 sens tels que décrits par Aristote : la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût et le toucher.
Notons qu’aujourd’hui la science en ajoute quatre : la proprioception, l’équilibrioception, la thermoception, la nociception. La science et la voie initiatique symbolique et intuitive se rejoignent ici.
En effet, grâce à la proprioception nous savons où se trouvent nos propres membres, ce qui est primordial dans nos gestes et postures. Cheminer c’est aller de déséquilibres en déséquilibres et l’équilibrioception nous permet maintenir l’aplomb de notre centre de gravité dans des forces parfois contraires et violentes. A l’alchimiste pratiquant la Voie Royale, chemin que nous affirmons, la thermoception est essentielle au ressenti de ses températures internes nécessaires à a transmutation. Enfin, la nociception, cette connaissance de la douleur, dont les seuils sont toujours uniques à chacun, est un sens qui doit absolument être développé sous la responsabilité et par le partage d’expériences des plus anciens. Cette transmutation du pentagone en ennéagone doit inviter celui qui n’est pas que géomètre à [l’Art-reflexion]1 dans [l’e • tain] du miroir 2 .
Une règle
Nous savons que pour qu’un univers fonctionne il lui faut des cycles. Des cycles découlent toujours des règles. Je crée donc une Règle symbolisant toutes les autres. Elle commencera par mesurer la durée d’un cycle. Ceci permettra d’appréhender le mouvement. Elle sera graduée en espaces noirs et blancs. Comme le Noir absorbe les couleurs il représentera l’inconscient, la nuit et l’inaccompli. Par opposition féconde le Blanc reflétant la lumière représentera le conscient, le jour et l’accompli. Chaque espace sera d’égale proportion. Ainsi naîtra la mesure des temporalités et des équilibres. Cette Règle aura 24 divisions. J’ai déjà développé un symbolisme de la Règle 🐇 et comme la roue tourne je vous laisse le soin de suivre le Lapin Blanc 🐇 pour en savoir plus.
Dans cet Antremonde, il y aura un moment où la lumière sera soit à son apogée soit à son hypogée. Ce sera l’axe vertical des solstices d’été et solstice d’hiver 🐇. L’axe horizontal symbolisera les moments où jour et nuit sont d’égales proportions. Ils seront nommés équinoxes d’automne et de printemps. Comme il fera jour longtemps en été, il fera chaud. Son élément sera le Feu 🜂. Par opposition, l’hiver sera froid et humide. Son élément sera l’Eau 🜄. Pour passer progressivement de l’hiver à l’été il y aura le printemps. La Terre contenant la potentialité de la vie en chemin vers la lumière sera son élément 🜃. Enfin, lorsque le feu aura distillé l’eau de la vie la nature s’affaiblira. Ce sera l’automne. Le vent chassera les feuilles des arbres qui nourriront la terre. L’élément de l’automne sera l’Air 🜁.
Une voûte étoilée
Dans notre Antremonde 🐇 l’humain devra de temps en temps lever le nez des lumières éphémères du [pas • sait] pour voir plus grand que lui et s’élancer du sillon où il a germé puis éclos vers son ailleurs terre promise. Je lui construis donc une voûte étoilée afin qu’il se pose des questions et qu’il ne confonde pas nuit et néant, néant et ténèbres. Cette voûte est ici architecturée sur un carré car c’est une construction humaine que d’associer les étoiles en constellations et leur donner des noms qui leurs sont familiers. C’est pourquoi la Roue du cycle zodiacal est ici quadrature du Cercle d’une Parole [dys • parue].
Afin de pouvoir trouver le juste équilibre des opposés il y aura un juste milieu, neutre. Il formera un triangle idéalement équilatéral. Dans le dessin, à chaque angle de ce triangle est représenté un élément fondamental de l’Antremonde : le mercure ☿ métal liquide, passif, lunaire, opposé au soufre 🜍 minerai actif, solaire. Ils sont équilibrés par le sel 🜔 , neutre, distillé de la rosée sacrée des alchimistes.
L’humain discriminera 7 luminaires de la vaste immensité des feux célestes : le Soleil☉, la Lune ☽, Mars ♂︎, Mercure ☿, Jupiter ♃, Vénus ♀︎ et Saturne ♄. Il lui semblera qu’ils tournent autour de [l’huis]. Il comprendra peu à peu que le Cercle est la forme idéale d’un Tout humainement indéfinissable qu’il ne peut appréhender autrement que par une Unité fractale obtenue par quadrature.
Ainsi, pour l’expansion centrifuge de l’humanité, l’architecte tracera les [plans-temples] et l’agriculteur la nourrira selon les cycles expérimentés. Tandis que pour son expansion centripète les alchimistes, les philosophes, les artistes et les devins penseront eux en sphères, réminiscences des [grottes-ombres] des origines. Au point de tension entre ces deux Forces le maçon affranchi de leurs dogmes taillera et élèvera les pierres de cette humanité en temple. En bâtissant les desseins des autres il s’affranchira de son destin par son Travail opératif qu’il nommera Grand-Œuvre, le Temple.
Un rai de Lumière au travers du dais noir
Le Tarot divinatoire serait donc né de l’union des artistes, des alchimistes et des mages aventuriers de l’Antremonde tandis que le tarot [devinatoire] serait né des devins et augures répondant aux peurs archaïques des [lents • demain] incertains au cœur de [l’âme • hors].
Si le Grand Cycle du Voyage de la Vie reste le même pour tous, l’ignition initiatique dépend des nuances laissées par l’intensité des pigments du lavis sur la feuille blanche, fragile et éphémère. La simple goutte d’eau vivante fini toujours par changer d’état car son essence contient l’océan comme le nuage.
[L’Ωau] de [l’⍺me] n’est pas le [sait • dit • ment]. Elle est flux vital et ce flux fait tourner la roue du meunier et ainsi de [l’Or • riant] elle amène l’aube comme le boulanger le pain, comme la Vie nous ramènent les [légendes-embruns] venus de notre Terra Incognita.
Que ce soit avec les arcanes ou l’arcanne, la Vie trace son Chemin et le [myste • erre] sur l’escalier tournant.
Rassembler ce qui est épars
Ainsi la Roue est souvent associée au Tarot dont elle serait l’anagramme : TAROT – ROTA. Par association je me suis dit que l’on ne marquait pas toujours les angles durant nos Tenues et donc, que dans certains cas nous devions architecturer notre pensée en cercle et en cycles.
C’est la notion de cycles qui m’a permis de boucler la boucle car elle m’a ramené à l’initiation, ou réception, du premier degré. Je me suis dit que, selon mes Connaissances, il n’était pas donné les mêmes directives, les mêmes éléments de réflexions, les mêmes outils de travail selon que l’on soit Apprenti, Compagnon ou Maître, selon que l’on pratique tel ou tel rite. Ces différents rites et degrés n’ont donc pas les mêmes besoins, les mêmes étapes, les mêmes moyens. La structure devait donc s’adapter à l’ensemble tout en fonctionnant avec les mêmes règles.
Pour les Loges Bleues je trouve 3 fréquences qui, sauf erreur, méconnaissance ou omission de ma part, nous sont communes. Elles correspondent à nos [âges-fréquences] symboliques : l’Apprenti a 3 ans, le Compagnon 5 et le Maître 7 et plus. Nous avons en commun aussi 3 formes géométriques : le carré, le cercle, le triangle; quatre outils : le compas, l’équerre, la règle et la corde à douze ou treize nœuds selon la façon de compter et 5 sens aristotéliciens ou 9 sens modernes.
Si on enlève le Fou de l’équation car il est sans nombre, sur 22 arcanes majeurs il en reste 21, soit 21 rayons de la roue du Tarot. On a vu avec la Règle que tout est question de régularité, de cycles, d’accompli et d’inaccompli. J’ai donc divisé les 360° du cercle par 21. Cela donne 17,142857142857142857…
Si je décompose et joue avec les nombres et leurs symboles nous avons :
1+7=8 soit le Principe (1) ajouté à la Connaissance (7) donne l’Infini (lemniscate) élevé (8) du Nadir au Zénith.
Ceci se vérifie par la séquence qui se répète après la virgule : 142857 soit 1+4+2+8+5+7= 27 = 2+7= 9 . Le 9 symbolise la mesure des gestations humaines, la sortie de l’Œuf Primordial par la voie basse, celle de [l’amas • tiers]. C’est l’achèvement d’une création terrestre et ses 9 sens, la carnation des trois mondes en nous que sont le ciel, l’enfer et la terre.
Si l’on ajoute au 8 du début le 9 de cette première séquence on retrouve un total de 17 soit encore 8. Et si on ajoute plusieurs séquences de 9 à 8, on retrouvera toujours 8 au final.
Le Chemin d’émancipation de l’humaine condition passerait donc par sa Verticalité et s’étendrait donc en tension du Nadir au Zénith depuis environ 3,5 million d’années d’après les traces de pas découvertes à Laetoli en Tanzanie.
Au vu des recoupements des chiffres et des nombres mon idée de départ semble se vérifier. Sauf qu’il y a un écart de 0,02003° (21x 17,142857=359,979997 soit un 𝝙 de 0,02003). Soit 2+3=5, ce chiffre qui symbolise l’humain est aussi l’âge du Compagnon 🐇, l’âge du pas de côté, de l’écart de conduite, de la faillibilité permettant la révélation. L’humain devient ainsi la marque de l’approximation, de l’erreur de sa perception des choses ou bien la marque du hasard, de l’accident, de sa rencontre 🐇 avec le Chaos.
Mon travail artistique s’exprime par ma main humaine, « l’instrument des instruments » selon Aristote. C’est avec mon simple compas, mes crayons et mon rapporteur que j’ai placé sur ma Roue du Tarot mes arcs afin d’en tracer les rayons. Malgré les approximations de l’épaisseur des traits, le tracé se vérifie. Bien que l’écart du parvis ne soit pas des plus exacts, au final si symboliquement on sait où commence et se termine la Loge, connait-on pour autant la dimension exacte de ce qui l’entoure symbolisé par le parvis ?
Ordonner et placer les arcanes
Ensuite, si l’on veut répartir autour du cercle les 21 arcanes en 2 parties égales cela donne une moitié qui va de l’arcane 1 à la 10, une qui va de l’arcane 21 à l’arcane 12 soit, 2 fois 10 cartes. L’arcane 11 devient donc un axe autour duquel s’articulent les autres cartes. L’arcane 11 est celle de la Force. C’est donc la Force qui axe cette répartition équilatérale des arcanes.
J’ai commencé par déterminer que c’est à l’Orient que devait siéger la Force. C’est à l’Orient qu’est placé le Vénérable Maître en Loge, notamment parce que le « Soleil [s’y] lève pour ouvrir la carrière du jour » selon le Rite Écossais Ancien et Accepté. Le Vénérable Maître transmet donc l’impulsion, l’élan initial, en invitant les œuvriers au Travail. Il incarne ainsi la Force qui meut la roue en domptant le Lion solaire des passions humaines.
Ensuite, le profane et l’impétrant entrent par l’Occident dans le cycle initiatique. C’est donc à l’Occident, sur l’axe de l’équinoxe d’automne, au cœur du vide laissé par la faille, qu’est placé le parvis qui représente ce qui est au dehors.
Au dessus nous avons le début du cycle avec le Bateleur et en dessous sa fin avec le Monde.
Apprenti, Compagnon, Maître, des cercles concentriques à la Spirale initiatique
Ensuite 3 cercles concentriques ont été tracés. De l’extérieur vers l’intérieur ont a le cercle de l’Apprenti, ensuite le Compagnon et enfin le Maître. Au centre de ce cercle est le symbole de la Pierre philosophale.
Du centre est tracé la spirale du nombre d’Or permettant d’accéder au centre du cercle.
Les tracés rouges, rappelant l’arcanne du maître charpentier, permettent d’élever cette spirale. Ils rejoignent le cercle du cycle du Maître en une succession de rectangles aux proportions dorées, représentations idéales allant du macrocosme vers le microcosme.
Il m’a fallu ensuite déterminer comment parcourir ces cycles. On sait que la marche de l’empereur n’est pas la même selon notre âge initiatique. L’Apprenti a 3 ans, le Compagnon a 5 ans tandis que le Maître en a 7 et plus encore..
Seulement, où commence le pas qui demande le plus, ce pas qui nous met en mouvement vers l’inconnu ? Et que faire de ce pas de plus ? La quête est-elle l’exploration de l’abyssale verticalité dont nos Tenues ne serait que des grotte successives où reprendre notre souffle et empêcher la narcose ? Le Centre du microcosme est-il la Porte du macrocosme ?
L’étain est l’élément chimique de numéro atomique 50, c’est un métal pauvre du groupe 14 du tableau périodique, son symbole alchimique est ♃, la planète qui lui est attribuée est Jupiter. Le tain des miroirs était souvent composé d’un mélange d’étain ♃ et de mercure ☿ ↩︎
En partenariat avec La Grande Loge Française de Misraïm
« Sur les pas d’ISIS, la déesse préférée des Égyptiens »
Figure centrale du panthéon égyptien, Isis incarne la magie, la maternité et la résilience. Son mythe, traversant les millénaires, a profondément marqué les croyances et les rituels de l’Égypte antique avant d’influencer durablement les grandes traditions spirituelles occidentales.
Mais saviez-vous que selon une tradition ancienne, Paris tiendrait son nom d’Isis ? Et que la déesse aurait autrefois été honorée dans certaines églises de la capitale ? Une hypothèse fascinante, que cette conférence explorera, témoignant du lien intemporel entre Isis et notre imaginaire collectif.
Florence Quentin décryptera les multiples visages de cette figure emblématique du Féminin et révélera en quoi son mythe continue de résonner dans notre monde contemporain.
Un rendez-vous incontournable, proposé par la Grande Loge Française de Misraïm, pour redécouvrir Isis, la plus célèbre des déesses antiques, et ses liens – réels ou supposés – avec Paris.
La conférence sera précédée d’une performance du danseur Vladimir Hugot et suivie d’une séance de dédicace de Florence Quentin autour d’une pause gourmande.
Contrairement à une perception que l’on entend parfois, en Franc-Maçonnerie, la Veuve n’est pas l’épouse d’Hiram mais sa mère. Comprendre le contenu symbolique de cette filiation est l’objet de cette recherche. Cette approche a aussi pour but d’appréhender les conséquences que cela a pu interférer sur notre propre dynamique.
On abordera donc dans cette analyse
La résurrection du fils de la veuve de Naïm (Crédit : Jean-Baptiste Wicar)
Les deux approches relatives à la veuve dans le rituel maçonnique :
Dans l’expression «Fils de la Veuve » reformulée dans « Enfants de la Veuve »
Et dans « le tronc de la veuve ».
Le contenu symbolique de la veuve dans les mythes et légendes.
Le destin d’un « enfant de la Veuve »
I – Les deux approches relatives à la veuve dans le rituel maçonnique
A – L’expression «Fils de la Veuve » reformulée dans « Enfants de la Veuve »
Origine de l’expression : C’est dans la Bible que l’on retrouve la référence à la veuve, mère d’Hiram :
Dans le livre 1 des Rois il est écrit :
13 – Le roi Salomon envoya chercher Hiram de Tyr.
14 – Fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, et d’un homme de Tyr, artisan en bronze, il était rempli de sagesse, d’intelligence et de connaissance pour faire tout travail du bronze.
15 – Il moula les deux colonnes de bronze ; la hauteur d’une colonne était de dix-huit coudées. Un fil de douze coudées en aurait fait le tour ; de même pour la seconde colonne.
16 – Il fit deux chapiteaux de bronze fondu qu’il posa au sommet des colonnes ; la hauteur d’un chapiteau était de cinq coudées, la hauteur de l’autre était aussi de cinq coudées.
Dans les ouvrages maçonniques, on fait d’abord référence aux « fils » de la Veuve ; il semble que l’expression « enfants » de la Veuve concerne d’abord les hommes ; ce n’est que récemment qu’on y inclut aussi les femmes.
Dans le mythe d’Hiram, le nouvel-initié est appelé à prendre la place d’Hiram ; il s’ensuit un rapport d’égalité familiale entre Hiram et le nouvel-initié et donc de fraternité ; cette substitution explique que les initiés maçonniques deviennent les enfants de la veuve.
Si dans la Bible le fils de la veuve est un bronzier qui réalise des objets de décoration pour le temple de Salomon, dans l’imagerie maçonnique, Hiram devient un architecte constructeur du temple de Salomon, c’est-à-dire de la Maison de Dieu.
Livre des Rois
Départ d’Abraham, par József Molnár, Galerie nationale hongroise.
16 Salomon envoya ce message à Hiram (note : il s’agit d’un autre Hiram que l’enfant de la veuve) :
17 « Tu sais que David, mon père, harcelé par les guerres, n’a pas pu bâtir une maison pour le nom du Seigneur son Dieu, jusqu’à ce que le Seigneur eût mis sous ses pieds les ennemis qui l’encerclaient.
18 Mais à présent, le Seigneur mon Dieu m’a donné le repos de tous côtés ; je n’ai plus d’opposants ni de dangers à craindre.
19 Ainsi, j’ai décidé de bâtir une maison pour le nom du Seigneur mon Dieu, selon la parole du Seigneur à David, mon père : “Ton fils, celui que je mettrai après toi sur ton trône, c’est lui qui construira la Maison pour mon nom !”
Hiram
L’initié maçonnique a donc vocation à être le continuateur de Maître Hiram, architecte du Temple de Salomon. Il participe ainsi à suivre les commandements de Dieu. On pourrait se poser la question de savoir si en réalité Hiram n’est pas une appellation qui renvoie à Jésus-Christ lui-même (ce que de nombreux auteurs prétendent).
Par une assimilation symbolique le temple de Salomon devient parfois le temple de l’Humanité ou de l’Humanisme. Les substituts d’Hiram sont ainsi appelés à devenir des bâtisseurs de l’humanisme.
B – Le mot « veuve » dans l’acception : le tronc de la Veuve !
Même si certaines interprétations renvoient au mythe d’Osiris avec la présence de son cercueil dans un tronc d’arbre, il est plus sérieux de s’en tenir à la référence biblique :
– Evangile selon Saint-Luc :
21.1 Jésus, ayant levé les yeux, vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc.
21.2 Il vit aussi une pauvre veuve qui y mettait deux petites pièces.
21.3 Et il dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres;
Jean 1:1, Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne, XVIe siècle.
21.4 Car c’est de leur superflu que tous ceux-là ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre.
L’usage de l’expression « tronc de la veuve » puisqu’elle fait directement référence à un passage précis de la Bible suppose en effet que les Francs-maçons doivent se conformer au modèle de la veuve, dont l’action ne passa inaperçue ni aux yeux de Jésus Christ ni à ceux des apôtres de la Bible.
La nature exemplaire du don que fait la veuve en question détermine les dispositions requises chez les francs-maçons au moment de l’exécution de ce rituel. Ainsi, la Fraternité maçonnique qui se matérialise ici sous forme de don implique d’une part la non ostentation, principe que soutiennent les initiés, de l’acte de bienfaisance, et exalte d’autre part les vertus du don sacrificiel, marque ultime de son propre investissement et engagement fraternel. » (Source REGARDS CROISÉS SUR LA FRANC-MAÇONNERIE Profanes, Initiés, Représentations et Intersubjectivités – Fabien Bertrand)
II – Le contenu symbolique de la veuve dans les mythes et légendes.
Nulle part, dans les écrits maçonniques, on explique le statut particulier de la Veuve. Plusieurs rapprochements ont été faits :
La Veuve, mère d’Hiram, pourrait être un substitut de Marie, la mère de Jésus, Marie ayant été veuve lorsque Jésus avait une trentaine d’années, de sorte qu’au moment de la crucifixion Jésus était bien le fils d’une veuve !
La veuve a été assimilée à Isis mais, Isis n’est veuve que par le meurtre de son époux-frère Osiris par Seth ; Osiris n’est pas le fils d’Isis ; c’est Horus fils d’Isis et d’Osiris qui venge son père en tuant Seth ; on a d’ailleurs fait de nombreux rapprochements entre le symbolisme d’Horus et des symboles maçonniques : Hiram serait-il le substitut d’Horus ? Cela pourrait paraître tentant mais peu crédible pour des raisons historiques.
Une autre explication est parfois présentée ; elle est liée au rôle historique des Stuart dans la diffusion de la franc-maçonnerie en Europe. On a prétendu que les adhérents de la maison exilée de Stuart, cherchant à organiser un système de franc-maçonnerie politique par lequel ils espéraient assurer la restauration de la famille sur le trône d’Angleterre, avaient transféré à Charles II la tradition de Hiram Abif trahi par ses partisans et l’appelait le fils de la veuve, parce qu’il était le fils d’Henrietta Maria, la veuve de Charles I. Pour la même raison, ils ont vraisemblablement par la suite appliqué cette phrase à son frère, James II.
En réalité et conjointement aux interprétations précédentes, le mythe de la veuve est très ancien et on le retrouve dans de nombreuses cultures (cf Anthropologie du mythe par Richard Pottier – 2 tomes) ; il est schématiquement porteur de trois éléments :
Une veuve n’est pas une femme comme les autres :
elle connaît la vie et se retrouve indépendante !
Une veuve a des pouvoirs qui selon les croyances, soit la rend dangereuse, soit lui donne une dimension supérieure ;
Les pouvoirs de la veuve sont liés à sa capacité à ne pas se remarier.
L’église catholique a repris à son compte ses croyances populaires (cf le livre « La veuve en majesté: deuil et savoir au féminin dans la littérature médiévale » de Yasmina Foehr-Janssens), ce qui les a amplifiées.
Globalement dans les différentes cultures du monde on retrouve les trois catégories de veuves :
La « Sainte veuve »,
La veuve victime à secourir (cf l’expression la veuve et l’orphelin ») et la veuve légère.
Rappelons qu’il y a dans la Bible une autre évocation de la Veuve qui peut nous inspirer ; dans 1 Rois 17.17-24, Elie ressuscite le fils de la veuve de Sarepta. (cf la reproduction du tableau de Louis Hersent en illustration)
III – Le destin d’un « enfant de la Veuve »
Mario Buonocunto, Le tronc de la veuve
On peut déduire du développement précédent que le statut « d’enfants de la Veuve » acquière une dimension ésotérique du fait de la filiation avec la Veuve. C’est une partie de son pouvoir qui est ainsi transmis à l’initié. Il s’agit naturellement de croyances populaires mais on sait combien elles jouent un important rôle dans l’imaginaire collectif.
Ainsi du seul fait de l’initiation suivie de l’augmentation de salaire au 2ème degré et de l’élévation à la maîtrise, le nouvel-initié se retrouve projeté dans une autre dimension avec deux challenges :
Assumer la « succession » d’Hiram dans cette fonction d’architecte du temple de Salomon, (avec des interprétations variables des mots en fonction de la « liberté de conscience » ;
Assumer d’être « l’enfant » de la veuve d’Hiram c’est-à-dire d’être dépositaire de la transmission du contenu ésotérique de la « puissance » de la Veuve !
Pour simplifier, ne pourrait-on pas dire que le nouveau maître (ou la nouvelle maîtresse) se retrouve, sans explications préalables, dans l’obligation inconsciente d’assumer un « héritage » qui se présente aussi comme une obligation morale, un sur-moi !
Le destin d’un enfant de la Veuve pourrait être schématisé par une alternative :
S’impliquer et tenter de réussir, soit échouer !
Refuser, consciemment ou inconsciemment, « l’héritage » et se marginaliser !
On peut comprendre que ce « sur-moi » imposé n’est pas facile à assumer !
On peut comprendre aussi que cette situation d’héritier induit une difficile cohabitation entre les frères et les « nouvelles » sœurs qui, elles, se trouvent dans un autre rapport avec la mère veuve !
Bien sûr, il s’agit d’une légende, mais c’est une légende qui se veut fondatrice d’un engagement !
Au total, on peut comprendre que l’importance du rôle de la Veuve dans la légende d’Hiram ; c’est réellement une inspiratrice pour le nouveau maître ou la nouvelle maîtresse ! son pouvoir d’inspiration renvoie à des croyances païennes riches en mystères !
Aujourd’hui, au XXIème siècle, le problème se pose de la capacité de se détacher de cette légende pour assumer un autre rôle qui n’est nulle part réellement explicité !
Mais c’est un autre chapitre de notre réflexion !
Bibliographie :
Les Veuves au Moyen Age: la voix masculine des femmes par Marie-Françoise Alamichel
La veuve en majesté: deuil et savoir au féminin dans la littérature médiévale de Yasmina Foehr-Janssens
Anthropologie du mythe par Richard Pottier – 2 tomes