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23/01/25 à 19h30 à la GLDF : Table ronde ouverte au public « Croire en liberté, être Frères »

Dès le 23 janvier, la Grande Loge de France reprend son cycle de conférences « enjeux et perspectives » ouvertes à toutes et à tous, en son hôtel 8 rue Louis Puteaux Paris 17° (métro Rome). Organisées et animées par le 1er Grand Maître Adjoint de l’obédience, Dominique Losay, également en charge de la vie culturelle, ces conférences et petits déjeuners donnent la parole à des intervenants non maçons, figures de la vie intellectuelle et spirituelle.

Pour commencer cette année du 120° anniversaire des lois de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, la Grande Loge de France a choisi d’affirmer que la défense de la laïcité n’a rien à voir avec un rejet du fait religieux ou de la recherche spirituelle. 

C’est ainsi que le thème de cette première soirée d’échanges sous forme de table-ronde sera :

« croire en liberté, être frères »

avec des personnalités de premier ordre  :

  • le frère Benoît Dubigeon, prêtre franciscain, aumônier catholique à la prison de Fleury-Mérogis
  • le pasteur Jean-Marie de Bourqueney, théologien, ancien directeur de la rédaction de « Réformes »
  • le rabbin Yann Boissière, de Judaïsme en mouvement, théologien et président de l’association  « les voix de la paix »
  • Abdennour Bidarphilosophe et essayiste, « méditant engagé » pour un Islam d’aujourd’hui
  • Alain-Noël Dubart, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France

La modération de la table ronde sera assurée par Clément Ledoux, vénérable maître de la Loge « La Justice » de la Grande Loge de France et animateur, sur France culture, de l’émission mensuelle de la Grande Loge de France.

  • Dominique Losay, 1er Grand Maître adjoint de la Grande Loge de France introduira la soirée
  • Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, fera une intervention conclusion des échanges.

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Nous sommes persuadés que ce panel exceptionnel d’intervenants réunis ensemble dans une enceinte maçonnique suscitera votre intérêt.

1925 : L’année où la Franc-maçonnerie a été interdite par la loi du fascisme

Du site officiel du grandeoriente.it

1925 est l’année où la Franc-maçonnerie du Grand Orient d’Italie fut interdite par la loi par le fascisme. Une année qui marque également le début de la transformation du leadership de Benito Mussolini d’une dictature masquée à un régime ouvertement autoritaire, avec des chemises noires, des milices paramilitaires, déterminées à intensifier la campagne d’intimidation et de répression contre les opposants politiques déjà commencée en « après la marche sur Rome le 28 octobre 1922.

Une vague de violence qui se traduit par de véritables massacres, passages à tabac, destruction des sièges du parti adversaires, arrestations arbitraires et, dans de nombreux cas, assassinats, comme ce fut le cas dans la nuit du 3 au 4 octobre à Florence, lorsque fut assassiné le maçon libre Giovanni Becciolini, à l’histoire duquel le Grand Maître Stefano Bisi a consacré une reconstitution historique précise contenue dans le volume « Les dictatures enferment les cœurs » (Betti).

Les Chemises noires ont agi avec le soutien tacite du gouvernement, créant un climat de terreur qui paralysait toute tentative de résistance. De nombreux dirigeants de l’opposition ont été contraints à l’exil ou au silence, tandis que les syndicats ont été dissous, tout comme d’autres associations non alignées sur le régime naissant. Cette violence systématique a servi non seulement à éliminer les opposants, mais aussi à consolider le contrôle social et politique du régime.

Les lois très fascistes et la dictature

Dans le même temps, Mussolini a lancé une série de réformes législatives qui ont consolidé son pouvoir, en promulguant les soi-disant « lois fascistes », qui ont achevé le processus de démantèlement de l’État libéral et transformé l’Italie en un État totalitaire. La première de ces mesures, visant précisément à éteindre la voix de la franc-maçonnerie, fut ratifiée le 26 novembre 1925 et publiée sous le numéro 1. 2029 au Journal Officiel du 28 novembre. Promulguée par le roi Vittorio Emanuele III, signée par le chef du gouvernement Benito Mussolini, après avoir vu le garde des sceaux Alfredo Rocco, la législation intitulée « Régularisation des activités des associations, organismes et instituts et de l’adhésion de ceux-ci au personnel employé par l’État, les provinces, les communes et les institutions soumises par la loi à la protection de l’État, des provinces et des communes » a restreint le droit d’association, soumis les associations au contrôle policier et adopté des mesures plus répressives grave. Approuvé par une large majorité des deux chambres du Parlement, il interdit définitivement la franc-maçonnerie, marquant le début de la fin de toutes les libertés civiles.

Francisco Franco Bahamonde (1892-1975),le « Caudillo »

Avant cela, plus de deux ans de pillages et d’attaques contre les loges perpétrés par les chemises noires sur la vague de haine envers les francs-maçons semée par le Parti National Fasciste, qui, avant que le projet de loi parvienne à la Chambre le 14 avril 1925, publia une circulaire , numéro 4, distribué à toutes ses Fédérations, dans lequel il était dit : « La franc-maçonnerie constitue en Italie la seule organisation concrète de cette mentalité démocratique qui c’est à notre parti et à notre idée de Nation infâme et irréductiblement hostile qu’il permet, et lui seul, aux différents partis, bourgeois et socialistes, de l’opposition parlementaire et aventinienne, la résistance, la cohérence et l’unité d’action ». Le 8 août de l’année précédente, le Conseil national fasciste avait également approuvé un ordre du jour entérinant la rupture définitive avec la franc-maçonnerie.

Le texte de la loi, élaboré dès janvier, figurait parmi les priorités absolues du gouvernement et du parti fasciste. Le débat à la Chambre était fixé au 16 mai. L’orateur de la proposition était Emilio Bodrero, l’un des opposants les plus virulents à la franc-maçonnerie au sein du Pnf, partisan de féroces campagnes anti-maçonniques.

Parmi les très rares députés présents dans la salle le jour du débat se trouvait Antonio Gramsci qui a pris la parole pour s’en prendre à la loi. C’était aussi son premier et unique discours dans un parlement désormais complètement fasciste. Mais sa, comme le prévient l’historien et Grand Maître honoraire du Grand Orient Santi Fedele, n’était pas une harangue de défense des francs-maçons mais une dénonciation claire contre la dérive liberticide en cours.

Émotions, Rituel et Tenue maçonnique

I – Introduction

La démarche maçonnique est un défi fondé sur la capacité d’un rituel à permettre à un groupe d’êtres humains d’accéder à une spiritualité accompagnée de préoccupations sociologiques.

La première difficulté rencontrée pour réussir ce défi est la capacité des membres de la loge à gérer les émotions. L’objet de cet article est d’en exposer les différents attendus.

II – Rappel sur la spécificité des émotions

Il ne faut pas confondre les émotions et les sentiments ; ceux-ci sont également des réactions affectives évoluant de façon plus durables et complexes, mais avec une participation cérébrale faisant appel à notre vécu, notre intellect, voire notre imaginaire. Ils peuvent être également intenses.

Le mot « émotion » vient de l’ancien français motion, c’est à dire mouvement, qui a généré émouvoir, puis émeute, et ensuite émoi. C’est une réaction de l’organisme secondaire au ressenti d’un événement vécu. Cette réaction est généralement spontanée plus ou moins contrôlable.

Psychologiquement, on décrit différents ressentis psychologiques qui émaillent la vie des êtres humains :

  • Le ressenti des organes des sens
  • Les sentiments
  • Les émotions
  • Le stress.

La spécificité des émotions réside dans leur caractère réactionnel spontané lié à un événement intercurrent. Rappelons que l’utilité des émotions réside dans leur capacité à réagir face à un danger impromptu.

Le ressenti des organes des sens (goût, odorat, vue, toucher, ouïe) est plus physique et élémentaire mais il peut rentrer dans le cadre d’une émotion : une détonation intense par exemple peut nous inciter à nous plaquer au sol.

Le stress n’est habituellement pas considéré comme une émotion car il s’agit d’un état général de mal être qui perturbe le fonctionnement de la pensée.

On définit généralement comme principales émotions :

  • la joie (l’amour, l’excitation sexuelle),
  • la peur,
  • la colère (la révolte),
  • la tristesse (la dépression, le découragement) ;
  • on rajoute parfois la surprise, le dégoût, le mépris.

Le siège de l’émotion est situé au niveau du système limbique appelé parfois cerveau limbique ou cerveau émotionnel. C’est une zone différente que celle du cortex où l’on situe le fonctionnement de la raison.

II – En loge, le rituel est créateur d’émotions :

a / Tout rituel est écrit pour créer de l’émotion ;

Les émotions jouent un rôle clé dans les rituels lorsqu’elles sont comprises comme un moyen de renforcer la méditation intérieure ou transcendantale.

Le plus souvent il s’agit de la joie dans sa modalité « joie intérieure » ; il peut aussi s’agir de la tristesse quand il est fait mention des disparus ou des frères dans la peine. La surprise surgit aussi dans certains temps de l’initiation.

Nous vivons en loge, parfois une émotion collective puissante empreinte de sérénité : l’égrégore ; à ce moment précis l’émotion est sublimée, elle est dans une autre dimension où la raison n’a plus sa place. Il est clair que cela est induit par le rituel de la chaîne d’union.

Dans une approche mystique, les émotions sont utilisées pour favoriser l’accession à la spiritualité et en particulier au Grand Architecte de l’Univers.


Dans une approche non dogmatique, il est nécessaire de réinterpréter les rituels pour en faire un moyen d’accès à une spiritualité comprise comme une recherche d’harmonie.

Quels symboles pour vivre l’émotion ?

On pourrait citer :

  1. Le cœur : symbole universel de l’émotion, notamment de l’amour,
  2. La lumière : douce et rayonnante en particulier quand elle émanr d’une bougie
  3. Les couleurs :
    • Rouge : Passion, amour, colère.
    • Bleu : Tristesse, calme, sérénité.
    • Jaune : Joie, bonheur, chaleur.
    • Violet : Mystère, spiritualité.
  4. Les mains ou un cercle d’individus : en particulier la chaîne d’union.

b/ Les conditions préalables :

Pour vivre le rituel, il est indispensable d’être vierge d’émotions préalables pouvant être apparues dans les heures précédant la tenue ; ceci suppose un « retour sur soi » permettant un « lâcher prise ».
Cette condition préalable est parfois difficile à réaliser lorsqu’une perturbation psychologique installée transforme les dispositions d’esprit du maçon ou de la maçonne : c’est le cas par exemple en cas de troubles de la personnalité (en particulier les paranoïaques), de maladies chroniques invalidantes ou de chocs affectifs.

c / Rituel et émotions « perturbantes » :

En loge, le rituel impose son rythme et sa dramaturgie. Mais il arrive que des émotions non prévues par le rituel surgissent ; que cela soit un fou rire déclenché par un lapsus ou une désinvolture inappropriée d’un officier ou une prise de parole « décalée », l’expression de l’émotion peut devenir perturbante.

Les moments de vote sont aussi des périodes capables de susciter des émotions.
Il y a aussi les réactions suscitées par un morceau d’architecture : traditionnellement aucune déclaration de félicitation ou de réprobation n’est prévue mais la réalité est bien entendue différente et la passion peut prendre le dessus si un sujet sensible est évoqué !
Un attachement excessif à des désirs (la fameuse irruption de « l’ego ») ou à des attentes émotionnelles peut créer des obstacles à la quête spirituelle maçonnique.

Qui n’a pas déjà vu la réaction colérique d’un Vénérable se voyant contesté dans une prise de décision autocratique ?

Ces émotions perturbantes sont bien sûr contre -productives par rapport au rituel.
Comment accepter ces émotions perturbantes en loge ? C’est de la responsabilité du collège des officiers de veiller à contrôler les expressions intempestives d’émotions imprévues. Cela suppose tact et mesure ! L’anticipation est souvent un bon moyen de « maîtriser » la survenue éventuelle d’émotions intempestives

III – Comment gérer les émotions ?

Que cela soit dans la vie profane ou dans la vie maçonnique, les émotions par définition sont incontrôlables ! La seule possibilité qui nous reste c’est de les vivre le mieux possible en nous préparant aux différents événementiels de notre existence !

Le rôle du Vénérable et des membres du collège des officier-e-s est particulièrement important pour mettre en scène les moments du rituel créateurs d’émotions mais aussi pour maîtriser et si possible éviter les émotions « perturbantes » non prévues afin qu’elles ne perturbent pas trop le rituel.
Le meilleur moyen de privilégier les émotions suscitées par le rituel est l’implication de tous les membres de la loge aussi bien dans leurs comportements que dans les prises de parole : sérieux, dignité, concentration en sont les maîtres mots !

IV – La place de la Raison dans une tenue maçonnique :

Fondamentalement, la raison n’a pas sa place dans une tenue maçonnique car l’émotion règne ! Par contre en dehors du temple la raison prime ! Tout se passe comme si nous fonctionnons sous l’emprise de deux formes d’intelligence :

  • L’intelligence cognitive qui met en œuvre les connaissances acquises soit par l’éducation et l’apprentissage, soit par l’expérience. C’est elle qui « officie » lorsqu’il s’agit de Raison !
  • Et l’intelligence émotionnelle qui est “la capacité d’un individu à reconnaitre ses propres émotions et celles des autres et à utiliser ces informations pour guider sa pensée et ses comportements de manière efficace et optimale“.

Descartes affirmait « Toute connaissance vraie a sa source exclusivement dans la raison » ; aujourd’hui, il serait plus juste de dire « Toute expression raisonnable se fonde sur la connaissance que l’on possède ! » Cela a le mérite de montrer les limites de la raison car chacun sait que la connaissance a encore des limites !

La connaissance du fonctionnement cérébral permet de fixer le siège de la raison au niveau du cortex cérébral c’est-à-dire la partie du cerveau où sont stackées des informations accumulées par les êtres humains en fonction de leurs vécus. On a vu que pour les émotions cela se passe ailleurs !

V – Conclusion :

L’émotion est une force intérieure imprévisible. Les rituels s’en sont servis pour faciliter l’imprégnation symbolique et initiatique.

Mais d’autres émotions peuvent émerger spontanément, parfois de manière intense, et peuvent rapidement envahir notre esprit.

Pour atteindre un équilibre intérieur, il est essentiel de savoir accueillir les émotions. Accepter une émotion, c’est en reconnaître la présence, sans chercher à la réprimer ou à l’ignorer, pour l’analyser dans un deuxième temps et la comprendre voire à la critiquer.

Accepter l’émotion ne signifie pas pour autant céder à l’émotion. La raison nous aide à prendre du recul et à choisir notre réponse.

Cette attitude demande de la lucidité et un travail d’introspection. En apprenant à observer nos émotions, nous découvrons comment les accepter tout en gardant notre esprit clair et libre. C’est dans cette harmonie que se trouve la véritable maîtrise de soi, où l’émotion et la raison cohabitent, chacune trouvant sa juste place.

Lire aussi :

Les émotions ? Mais non voyons ! les Maçons sont des gens raisonnables !

Apprentissage transformationnel et compétences émotionnelles : études de cas auprès de Francs-maçons de la Grande Loge de France par Ivan Alsina

Est-il vraiment nécessaire de reconstruire le temple ?

« Le peuple avait reporté sur le temple le caractère absolu de Dieu, ne voulant pas comprendre que l’existence de ce sanctuaire dépendait du niveau moral de ses adorateurs ; pareillement ils avaient nourri des idées fausses sur le rôle du peuple lui-même, de la terre sainte. »

Joseph Carlebach

(Les trois grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel)

Le Temple et sa signification sont omniprésents dans nos loges et nos réflexions, notamment celle d’œuvrer à sa reconstruction. Vaste programme qui a hanté théologiens, philosophes et…Francs-maçons !

Dans son ouvrage célèbre, « Le Guide des Egarés » (1), Moïse Maïmonide (1135-1204) évoque longuement le Temple de Jérusalem, avec de très nombreux détails sur son agencement (pages 571 à 577). Ces pages sont touchantes : le grand théologien sait que le temple est en ruines depuis 500 ans, mais il le présente comme encore vivant dans l’esprit du peuple juif. Son livre est à destination des intellectuels écartelés entre la tradition religieuse et la pensée scientifique et philosophique de l’époque. Il tente surtout de mettre en accord l’enseignement biblique avec la pensée d’Aristote, tout en voulant l’insertion du judaïsme dans la modernité, mais il n’hésite pas cependant à glorifier le temple comme une entité vivante, spécifiquement juive, au-même titre que la thora et le concept de terre sainte. Cependant, en bon théologien, il sait que Salomon en construisant le Temple de Jérusalem commet la transgression d’un interdit. Juste après les 10 commandements, comme si cela en était un onzième, Dieu ordonne à Moïse : « Tu m’élèveras un autel de terre, sur lequel tu offriras tes holocaustes et tes sacrifices d’action de grâces, tes brebis et tes bœufs. Partout où je rappellerai mon nom, je viendrai à toi et te bénirai. Si tu m’élèves un autel de pierre, tu ne le bâtiras point en pierre taillées ; car en passant ton ciseau sur la pierre, tu la profanerais » (Exode 2O, 24-25). Dès lors, existe un interdit d’ériger des temples qui ne seraient qu’une imitation du paganisme ambiant. « Pour faire comme tout le monde ». Va, peu- à-peu, se faire jour que le Temple est intérieur, surtout après les deux destructions de celui de Jérusalem. Maïmonide, en intériorisant la construction spirituelle ne rappelle-t-il-pas que le Temple « en pierres » est un défi puni par l’histoire ?

I-LE TEMPLE : UN EDIFICE ENTRE POUVOIR ET BUISNESS !

Cette sacralisation du temple n’est pas sans soulever de questions : en effet, dès le projet de construction du temple se met en place une relation au monde extérieur, car le lieu le plus saint au judaïsme est construit par les mains de « travailleurs migrants », étrangers et polythéistes ! Peuple essentiellement nomade, les Hébreux sont confrontés, au cours de leurs pérégrinations, à des civilisations où l’urbanisme se traduit par une architecture religieuse dédiée aux différents dieux et déesses de leurs cultures. La conquête de la Palestine va bientôt transformer leur sociologie : d’éleveurs itinérants ils deviennent agriculteurs et développent villes et village, installant des autels à la gloire du Dieu unique (après de grandes hésitations parfois et des retours condamnés au paganisme !) sur le lieu d’anciens sites polythéistes. Ces transformations vont les amener à imiter leurs voisins : la théocratie est abandonnée au profit de la mise en place d’un état dirigé par un souverain et le désir de mettre dans un temple « solide » les tables de la loi. Leur incapacité à l’architecture va les amener à négocier avec l’étranger pour la construction d’un édifice qui puisse être comparé à ses rivaux, après avoir cependant utilisé d’anciens lieux de cultes cananéens pour y bâtir de petits ou grands sanctuaires : par exemple le temple de Jérusalem est lui-même un ancien lieu de culte polythéiste. Au-delà de l’acte religieux lui-même se met en place une relation politique que va mener avec efficacité Salomon qui veut traduire dans le réel le rêve de David son père. Ce sont les sources archéologiques, indépendantes du texte biblique, qui nous apportent la meilleure vision complémentaire des accords économiques passés entre Israël et ses voisins pour la construction du Temple (2). Nous y voyons les relations entre Salomon et Hiram de Tyr, petits roitelets face à de colossaux empires environnants, mettant au point des contacts diplomatiques ; mais surtout des accords commerciaux. D’où la signature d’un « Berit », mot qui relève d’une distinction entre « alliance » et « traité ». La conséquence va en être la cession de villes maritimes à Hiram et, en contrepartie, la fourniture de matériaux et de cadres techniques pour la construction du Temple, et de la mise en place d’une flotte commune (Les pilotes de bateaux étant de Tyr), afin de trouver de l’or dans d’autres pays ou d’établir des comptoirs commerciaux. Un autre élément de cette bonne entente pourrait être également la présence de Sidoniennes dans le harem de Salomon et l’adoration de la divinité sidonienne Astarté par Salomon, au sein même du Temple, ce qui remet en cause son appellation iconique de « sage » !

Il est intéressant de noter, qu’au retour de l’exil en Babylonie, Zorobabel fera de nouveau appel aux Tyriens et aux Sidoniens pour la reconstruction du Temple et ce n’est qu’au cours de la tentative d’une troisième reconstruction que les juifs ne firent plus appel aux alliés de Tyr et Sidon, mais tout avait disparu dans l’Empire Romain : à Jérusalem même, un temple fut dédié à Jupiter, protecteur de la cité, sur l’emplacement du second Temple et on y édifia aussi au nord-ouest, un édifice à la gloire de Vénus ! (3). Le culte du Temple est devenu un alibi qui est là pour contourner la loi et l’alliance. Jérémie va qualifier le Temple de « caverne de bandits », et Jésus chassant les marchands du Temple reste dans cette action prophétique.

Chez Ezéchiel, prêtre du Temple de Jérusalem et prophète à Babylone, le Temple joue un rôle central, mais il va décentrer cet intérêt à travers une vision célèbre (Ez. 8-11) où il voit Yavhé quitter le Temple pour rejoindre les exilés de Babylone. Pour lui, en fait, Dieu est là où réside son peuple et n’est lié à aucun sanctuaire, surtout un lieu souillé par le peuple demeuré à Jérusalem. Ezéchiel est considéré comme « le prophète de la Galout », c’est à dire de l’exil et de l’exode, là où le contact avec Dieu revient dans la simplicité de l’échange. Dieu serait près de l’homme qui souffre (Ez. 48-35 et aussi Is. 66, 1-2). Pourtant, après la catastrophe, Ezéchiel à une nouvelle vision (Ez. 40, 48) où il dresse les plans d’un Temple à reconstruire, et le nom de la ville désormais purifiée, ayant affectée sa « Techouva » (4) sera pour toujours « Le Seigneur est là » (Ez. 48,35). Ce sont d’ailleurs les dernières paroles du livre. Chez lui, se met en place une sorte d’architecture imaginaire (Ez. 47, 1-2 et 8,9) que reprendra Saint-Augustin dans son image de la Jérusalem terrestre et de la Jérusalem céleste.

Bien entendu, la destruction du premier Temple va être une catastrophe pour les Juifs, la captivité babylonienne étant une régression, un retour à l’esclavage en Egypte, avec peut-être cependant la perspective d’un retour à la Terre Promise. C’est pourquoi, comme une utopie salvatrice, va se développer l’idée de reconstruire le Temple, d’abord en rêve et en réalité par la suite, comme symbole d’une unité retrouvée avant tout.

II-LE TEMPLE ET LE PROPHETISME. UNE RELATION D’AMOUR ET DE HAINE.

Les Juifs vont ériger leur vie nationale autour de trois piliers : la royauté, le concept d’Alliance et le Temple. Les prophètes vont développer leur action autour de ces trois sujets, en particulier celui du Temple.

Au projet de David de construire un Temple à Yahvé, ce dernier lui répond par le prophète Nathan : « Le Seigneur t’annonce que le Seigneur te fera une maison » (25, 7-11) sans préciser la nature de l’édifice en question. Salomon fait construire le Temple à l’image de ceux existants dans l’environnement géographique, mais les critiques vont débuter sur les sanctuaires et sur les cultes rendus à Yahvé. Le plus important demeure « La connaissance de Dieu et non les holocaustes » (Os. 6-6). Une querelle va même éclater entre Amos et Amazias, prêtre du temple de Béthel (Am. 7, 10-17) : pour Amos le Temple ne joue son rôle que si les prophètes peuvent y proclamer une parole libre, même si cette parole se veut critique au pouvoir royal. Le Temple ne peut pas-être l’objet d’une sécurité trompeuse ou la pratique de rituels serait simplement à l’image des cultes païens. Cette fausse sécurité doit-être ébranlée (Am. 9,1).

Pour Isaïe qui reçoit sa vocation prophétique dans le Temple de Jérusalem (Is. 6), le Temple est le signe par excellence de la présence de Dieu auprès de son peuple. Il ne remet pas en cause l’existence du Temple, mais il dénonce l’accumulation des sacrifices au détriment de la justice (Is. 1, 11) : Que me fait la multitude de vos sacrifices ? Dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié ». Au VIIe siècle, Jérémie, proclame un « Discours sur le Temple » où il critique avec colère la pratique des Judéens qui acclament le Temple du Seigneur et déclarent : « Nous sommes sauvés », alors qu’ils n’ont aucun souci de la justice (Jr . 7, 1-15). En fait, Dieu peut-il habiter un temple fait de mains d’hommes et ceux-ci peuvent-ils assigner Dieu à résidence pour « l’avoir sous la main » pour qu’il réponde à leurs demandes ?

III-REBÂTIR DANS L’APOCALYPSE ? AGGEE ET ZACHARIE.

Au traumatisme de l’exil durant cinquante ans va s’ajouter celui du retour d’une partie de la population juive à la suite du décret de Cyrus. Le pays est devenu méconnaissable, tant du point de vue géographique, économique, culturel, que du point de vue psychologique. C’est l’apocalypse : la terre du « lait et du miel » est dévastée. Les institutions majeures du régime de Juda ont disparu dans la tourmente. Des événements résultent un incroyable état d’anarchie : plus de roi, plus de terre, plus de Temple. Pire encore : le retour d’exil est limité et les Judéens installés à Babylone hésitent à revenir à Jérusalem.

C’est dans cette tourmente que deux prophètes vont intervenir : Aggée et Zacharie. Ils sont témoins du terrible retour des exilés et tentent de redonner espoir au peuple, en les incitant à la reconstruction d’une nation déchirée entre ceux qui reviennent de Babylone et ceux qui étaient demeurés sur place. Le Temple et sa reconstruction sera le moyen symbolique par excellence de tenter de refaire une unité, mais aussi de promouvoir une orientation théologique qui va aller dans le sens d’une intériorisation du judaïsme, plutôt qu’à des manifestations ostentatoires de pouvoir. Reconstruire oui, mais surtout « manger l’Ecriture », incorporer la Torah dans le Temple intérieur.

Le prophète Daniel va amorcer ce mouvement d’intériorisation par le constat suivant : on peut parfaitement vivre en juif pieux et heureux dans un pays étranger, sous la domination d’un roi païen, pourvu que l’on reste fidèle à l’essentiel de la foi des pères. Cela induit que le Temple n’est pas indispensable et il n’est plus question d’aller en pèlerinage trois fois par an « voir la face du Seigneur » comme le stipulait la Loi (Ex. 34,23 ; Dt. 16,16), ni même une fois pour la fête de Pâques. Tout cela est devenu secondaire. Le livre fait l’éloge de l’intégration de la vie en diaspora. Pour être juif et que pour que la communauté existe, il n’est pas nécessaire d’avoir une terre ou une indépendance politique. Cela devient la « liberté du juif intérieur ». Cependant, Aggée et Zacharie n’en sont pas encore là : ils veulent donner un message à un peuple anéanti psychologiquement et spirituellement.

Aggée (Haggad) est le nom donné à un enfant né le jour d’une fête juive (Hag). Son livre fut le plus court de l’Ancien Testament après Abdias et fut écrit aux environs de – 520, dans la deuxième année du régime de Darius. Pour lui, reconstruire c’est unir : le Temple doit-être rebâti matériellement mais aussi spirituellement, pour éviter que la communauté se désintègre. La reconstruction n’est pas un but en soi, elle est le signe que le reste des promesses sera bientôt accompli. Elle est acte de foi par lequel le peuple se tient prêt pour la venue eschatologique du Principe dans sa gloire. Il voit la fin de l’exil comme un temps messianique.

A cette époque, la Judée est sous la domination perse. Zorobabel, prince de Juda et descendant de David aura pour mission de reconstruire le Temple, selon l’édit de Cyrus de -538. Les Juifs voient en lui l’espoir d’une restauration monarchique, mais c’est Josué qui reçoit le titre de « Grand Prêtre » qui est le personnage principal de la communauté dans son retour d’exil et qu’il va organiser autour du Temple et du sacerdoce.

Pour Aggée, le temps de la reconstruction est permanent, matériellement et métaphoriquement. Cette exhortation crée une dynamique : les chefs religieux et tout le peuple se mettent au travail (1, 12-14), mais va-t-on retrouver la splendeur du Temple de Salomon ? C’est Dieu lui-même qui va encourager les Juifs à refaire l’unité (verset 4). L’engagement physique dans la construction va devenir un acte de foi et Aggée montre par là qu’il ne peut y avoir de foi sans œuvres, sans enracinement dans l’action. Le résultat va être la reconstruction du Temple et le prophète va proclamer la gloire du « Seigneur de l’Univers », étendant ainsi la royauté de Yahvé, dieu d’un peuple local, à une dimension universelle, au-delà du judaïsme (verset 7).

Zacharie va compléter la dynamique de restauration d’Aggée. Il commence sa prédication en même temps que celle d’Aggée, en –520, la deuxième année du règne de Darius. Le nom de Zacharie signifie, en hébreu, « Dieu se souvient » et il fait probablement partie des rapatriés de l’Exil et on le dit prêtre parce qu’il répond à des questions liturgiques sur le jeûne (Za, 7-8). Il va avoir plusieurs visions durant une nuit, notamment celle de l’arpenteur venu mesurer Jérusalem pour déterminer quelle est sa longueur, afin d’y construire un rempart, car depuis -587 la ville n’en possède plus et est exposée aux attaques des ennemis, notamment des Samaritains. Mais, naturellement, c’est aussi une métaphore pour protéger sa foi des idéologies païennes. Yahvé revient habiter au milieu des siens (2, 14). Mais Jérusalem, protégée par le rempart de Dieu, doit rester une ville ouverte (2,8), afin d’accueillir ceux qui viennent de l’extérieur. Il est intéressant de constater que Zacharie insiste plus sur la reconstruction des remparts que sur celle du Temple ! Comme si déjà se mettait en place l’idée du Temple intérieur comme supérieur à la reconstruction en pierre de l’ancien.

Cependant, Zacharie va annoncer la venue du Seigneur comme reliée à la reconstruction du Temple et ce pour des raisons idéologiques nationales (2, 14-17) mais aussi à l’ouverture aux étrangers qui seront incorporés au peuple élu et auront part, en s’installant à Jérusalem, au bonheur du salut (2, 17). Toutes les nations sont convoquées pour attendre la manifestation universelle du « Seigneur de l’Univers », laquelle est un hymne d’amour passionnel (8, 2) :

« J’éprouve pour Sion un amour jaloux,
J’ai pour elle une ardeur passionnée »

Nous retrouvons là l’image symbolique de la relation amoureuse chère à Osée, Ezéchiel et Isaïe.

Zacharie se fait le théologien d’un nouveau langage où le Temple s’ouvre à toutes les nations et les Juifs qui sont restés à Babylone ne sont plus des exilés mais des Juifs de la diaspora. Dans ce temps de reconstruction, Zacharie annonce la venue du Messie qu’il décrit comme un roi pauvre, humble et juste (9, 9). Sa domination sera universelle et il accomplira la justice comme l’annonçait le prophète Isaïe (11, 3-5). Bien entendu, dans le Nouveau Testament, St. Jean reprendra la vision de Zacharie pour l’adapter au Christ (Jn. 19, 37).

L’attente du Messie vient de prendre le pas sur la reconstruction du Temple qui ne s’avère plus aussi essentiel qu’il l’était symboliquement auparavant !..

IV- CONCLUSION-DU TEMPLE DE JERUSALEM AU TEMPLE INTERIEUR.

Nous savons de ce qu’il advint du second Temple, mais sa destruction s’avérera moins dramatique que la première : peu à peu le judaïsme et le christianisme à la suite, vont intégrer l’existence du concept de « Temple intérieur », bien que durant l’office synagogal une prière soit-dite pour la restauration du Temple. Cela peut s’inscrire dans ce que nous pourrions appeler une théologie de substitution où le Temple détruit est représenté par la communauté vivante en construction permanente, par des pierres vivantes dont parle St Jean, pour lequel, chez les chrétiens, Jésus deviendrait le Temple lui-même, son corps mystique comme sanctuaire.

Ce Temple eschatologique, tel un vrai Temple, doit reposer sur les fondations du réel : il ne peut se construire sans action. Toute destruction doit-être suivie d’une action immédiate qui, partant d’une action prosaïque, va s’installer en spiritualité vivante. Il convient de se souvenir que le mot hébreu « Yasar » veut dire construire mais aussi modeler.

Au retour des exilés, non seulement le Temple est reconstruit, mais les jardins sont replantés comme s’il s’agissait de ressemer la Loi dans l’âme, ce jardin rappelant celui de l’Eden. La reconstruction des murailles, que nous retrouvons dans la vision de l’arpenteur de Zacharie, peut faire allusion à la protection symbolique d’un « Saint des saints » intérieur, indestructible face à n’importe quelle apocalypse, lieu d’adoration et de ressourcement.

Ainsi, construit, à partir de transactions politiques et économiques, par des étrangers à la foi juive, le Temple était devenu ce moyeu, cet axe central de la foi, allant jusqu’au danger de diviniser la pierre au lieu de l’esprit. Sa première destruction suivie de l’exil à Babylone devait amener à rebâtir un Temple réel, mais surtout un Temple intérieur sous peine de disparaître dans la tourmente du monde. Ce Temple intérieur étant soutenu par une vie communautaire sans laquelle rien n’est possible car elle est le garant de la recherche permanente de l’éthique.

Bien entendu, la Franc-Maçonnerie ne peut que partager cette vision des choses : ériger un édifice pour « faire comme tout le monde », d’être des « parvenus » genre « Bourgeois Gentilhomme », déclenche le rire de nos contemporains ! Nous avons une autre exigence : bâtir ou rebâtir notre Temple personnel intérieur, celui qui résiste aux apocalypses du monde. Pour l’autre Temple, le démoli, devenons de ces touristes qui aiment les ruines archéologiques. Soyons de ceux qui préfèrent la « tente d’assignation » durant le cheminement dans le désert, dans un dialogue permanent entre le Principe et son peuple, plutôt que les transgressions salomoniennes d’enfermer le même Principe entre les murs et, n’y réussissant pas, d’y introduire les fabulations délirantes d’autres cultures environnantes…

NOTES

(1) Maïmonide Moïse : Le Guide des Egarés. Paris. Ed. Verdier 1979.

(2) Dictionnaire archéologique de la Bible. Ouvrage collectif. Paris. Ed. Fernand Hazan. 1970. Article : « Temples ».

(3) Article du journal Le Monde du 4 mai 2005 par Stéphane Foucart intitulé : « Enquête archéologique aux racines d’Israël ».

(4) Techouva : expression hébraïque signifiant « conversion » dans le sens d’un retour à la foi originelle et non d’une conversion à une autre religion.

BIBLIOGRAPHIE

Vieyra M. : Les Assyriens. Paris. Ed. Du Seuil. 1961.

Baron S.W. : Histoire d’Israël. Tome I. Des origines au début de l’ère chrétienne. Paris. PUF. 1986.

Carlebach S. : Les trois grands prophètes – Isaïe, Jérémie, Ezéchiel. Paris. Ed. Albin Michel. 1959.

Chary Th. : Aggée-Zacharie-Malachie. Paris. Ed. Gabalda. 1969.

Dever G.W. : Aux origines d’Israël. Paris. Ed. Bayard. 2005.

Mac Queen J.G. : Les Hittites aux origines de la Turquie. Paris. Ed. Armand Colin. 1985.

Margueron J.G : Les Mésopotaniens. Le code de vie et de pensée (Tome II). Paris. Ed. Armand Colin. 1991.

Ouvrage collectif : Dictionnaire archéologique de la Bible. Paris. Ed. Hazan. 1970.

Ouvrage collectif : Guide de lecture des prophètes. Montrouge. Ed. Bayard. 2010.

Ouvrage collectif : Introduction à la Bible. Tome I. Tournai (Belgique). Desclée et Cie. 1959.

Tidiman B. : Les livres d’Agée et de Malachie. Vaux sur Seine. Edifac. 1993.

Autre article sur ce thème :

10/01/25 – Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF : Conférence publique à Figeac

De notre confrère ladepeche.fr

Le vendredi 10 janvier 2025, à 19h30, la ville de Figeac accueillira Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, pour une conférence publique qui se tiendra à la salle Roger Laval. Le thème de cette soirée, “Franc-maçon en Grande Loge de France : Se réaliser pour agir dans le monde”, résonne comme une invitation à une réflexion profonde sur le rôle de l’individu au sein de la société et sur l’impact de la démarche maçonnique dans un monde en quête de sens.

Cette conférence s’inscrit dans la continuité des valeurs fondamentales portées par la Grande Loge de France, une obédience historique, humaniste et spiritualiste. Thierry Zaveroni, figure centrale de cette institution, partagera avec le public sa vision d’une franc-maçonnerie moderne et engagée.

Il expliquera comment les enseignements et pratiques de la Grande Loge de France permettent aux individus de développer leur potentiel personnel, non seulement pour leur propre épanouissement, mais aussi pour œuvrer activement à l’amélioration de la société.

Un événement ouvert à tous

Loin des idées reçues, cette conférence publique se veut accessible à tous :

  • Ceux qui souhaitent découvrir les bases de la franc-maçonnerie et ses principes philosophiques.
  • Les curieux qui cherchent à comprendre le rôle et les actions des loges dans le monde contemporain.
  • Les passionnés de réflexion sur les thèmes de l’éthique, de la spiritualité et de l’engagement citoyen.

Au-delà de la conférence, un temps sera dédié aux questions et échanges, permettant aux participants d’interagir directement avec le Grand Maître.

Informations pratiques

  • Date : Vendredi 10 janvier 2025
  • Heure : 19h30
  • Lieu : Salle Roger Laval, Figeac
  • Entrée : Libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Pourquoi assister à cette conférence ?

Dans un monde en constante évolution, où les repères se brouillent parfois, cette conférence est une occasion unique de réfléchir à des questions essentielles :

  • Comment se réaliser en tant qu’individu tout en étant acteur du collectif ?
  • Quel est le rôle d’une institution comme la Grande Loge de France dans la transmission de valeurs universelles ?
  • Comment la franc-maçonnerie peut-elle contribuer à relever les défis de notre époque ?

À travers ses propos, Thierry Zaveroni apportera des éclairages précieux et inspirants, rendant cet événement incontournable pour tous les passionnés de philosophie, d’histoire et d’humanisme.

« Le Parti Communiste Français et la Franc-maçonnerie » par Alain Queruel

Le livre d’Alain Queruel, « Le parti communiste français et la franc-maçonnerie », explore en profondeur la relation conflictuelle et complexe entre deux institutions qui, à première vue, semblent diamétralement opposées. Cette relation tumultueuse remonte bien avant la création du Parti communiste français (PCF) en 1920, lors du Congrès de Tours, et trouve ses racines dans les débats internes du Parti socialiste français.

Les Origines du Conflit

Le Parti socialiste, né de la fusion en 1905 des courants de Brousse et Allemane (antimilitaristes et antimarxistes) et de Guesde et Vaillant (marxistes), a dès ses débuts été le théâtre de discussions intenses sur la compatibilité entre franc-maçonnerie et engagement politique socialiste. Les premiers congrès, notamment ceux de Limoges (1906), Toulouse (1908), et Lyon (1912), ont mis en lumière des tensions, où la double appartenance à la franc-maçonnerie et au parti était vivement débattue. Les critiques contre les francs-maçons, accusés de collaborer avec les gouvernements bourgeois, étaient parfois virulentes, mais des figures comme Marcel Sembat défendaient une vision plus nuancée en soulignant les valeurs humanistes de la franc-maçonnerie.

L’Influence de la Révolution Russe

La Première Guerre mondiale et la Révolution russe de 1917 ont profondément changé le paysage politique. L’adhésion au bolchevisme a divisé le Parti socialiste, menant à la création du PCF sous l’impulsion de la Troisième Internationale en 1920. Cette nouvelle entité, sous la pression de l’Internationale communiste, notamment lors du voyage des délégués français à Moscou en 1922, a forcé une rupture claire: les francs-maçons devaient choisir entre leur engagement maçonnique et leur militantisme communiste.

Les Années d’Après-Guerre

Après la Seconde Guerre mondiale, malgré la résistance commune contre l’occupation nazie, les espoirs de réconciliation entre communistes et francs-maçons se sont évanouis. Les positions idéologiques étaient trop divergentes pour permettre une véritable convergence. Les dirigeants soviétiques voyaient dans la franc-maçonnerie une force réactionnaire et conservatrice, incompatible avec les idéaux communistes.

Avec la chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS, la pertinence de ce conflit s’est considérablement atténuée. Aujourd’hui, alors que le PCF est réduit à une influence marginale, la question de sa relation avec la franc-maçonnerie semble anecdotique.

Alain Queruel, à travers une analyse historique méticuleuse et riche en détails, nous offre une compréhension approfondie de cette relation complexe, marquée par des phases d’affrontements et de tentatives de cohabitation, dans le contexte de l’évolution politique et sociale de la France du XXe siècle.

Souscription pour la sortie du livre

L’auteur Alain Queruel

Alain Quéruel est une figure éminente dans les domaines de l’histoire des sciences, de l’alchimie, de la franc-maçonnerie et du traitement de surface des métaux. Auteur prolifique, conférencier et enseignant, il a marqué son époque par ses contributions à la compréhension de la science et de l’ésotérisme à travers les âges.

Biographie et Carrière

Alain Quéruel a établi sa résidence à Saint-Mandé, France, d’où il opère encore aujourd’hui. Sa carrière académique et littéraire s’étend sur plusieurs décennies, durant lesquelles il a combiné son expertise industrielle avec une passion pour l’histoire et les traditions ésotériques.

Contributions Littéraires

  • Histoire des Sciences : Quéruel a exploré les vies et les œuvres de chimistes notables de la Révolution et de l’Empire français, tels que Vauquelin, Conté, Fourcroy, Monge, Lavoisier, et Parmentier. Ses ouvrages comme « Petit dictionnaire des chimistes de la Révolution et de l’Empire » et « Antoine Laurent Lavoisier » sont des références dans le domaine. Il a également écrit sur les entreprises chimiques pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Alchimie : Son travail dans ce domaine est particulièrement reconnu. De « De l’alchimie du Moyen Âge à la chimie moderne » à « Alchimie, Ésotérisme et nazisme », il a tracé une ligne continue de l’alchimie médiévale jusqu’aux temps modernes, en passant par la franc-maçonnerie.
  • Franc-maçonnerie : Quéruel a publié plusieurs livres sur le sujet, y compris « Le Grand Livre de la franc-maçonnerie » et « Cagliostro, une vie d’errance », offrant un aperçu historique et symbolique de cette société secrète à travers différentes époques et contextes politiques.
  • Technique et Économie : En dehors de l’histoire et de l’ésotérisme, il a produit des ouvrages pratiques sur le traitement de surface des métaux et un essai sur l’économie politique.
  • Romans : Sous le pseudonyme d’Alain Gilodet, il a également exploré le genre littéraire avec des romans policiers à saveur historique.

Conférences et Enseignement

Quéruel est connu pour ses conférences passionnantes et informatives à travers la France, couvrant ses domaines d’expertise auprès de divers publics, allant des universités inter âges aux cercles privés d’histoire et de science. Il a été chargé de cours dans plusieurs établissements, notamment à l’Université Ouverte de Paris 7 Diderot, sur des sujets variés de son expertise.

Participation à la Vie Culturelle

Il est souvent invité à des salons littéraires, des émissions de radio et de télévision, et des dîners-débats thématiques, où il partage ses connaissances et son enthousiasme pour les sciences humaines et l’histoire des idées.

Alain Quéruel représente un pont entre le passé et le présent, entre la science et l’ésotérisme, offrant des perspectives uniques sur comment ces domaines ont évolué et interagi au fil du temps. Sa capacité à démocratiser des sujets complexes, tout en restant fidèle à l’exactitude historique, fait de lui un auteur et conférencier de renom. Son travail continue d’inspirer et d’éduquer, démontrant que l’histoire des sciences et la quête de connaissance transcendent les époques et les disciplines.

24/01/25 au GO de Suisse : « L’Occident à l’épreuve des tensions au Moyen-Orient »

Le Grand Orient de Suisse organise une tenue blanche fermée en collaboration avec la Loge Mozart et Voltaire le 24 janvier 2025 à Genève. Cet événement, portera sur les tensions actuelles au Moyen-Orient et leurs répercussions sur l’Occident.

(L’expression Tenue blanche fermée est utilisée lorsqu’un profane, vient donner une conférence dans une Loge maçonnique. Seuls les initiés, c’est à dire les Francs-maçons et franc-maçonnes, sont autorisés à y participer)

Le Moyen-Orient est une région marquée par des conflits armés persistants, des rivalités géopolitiques et des influences idéologiques. Les dynamiques internes de la région, notamment les crises économiques et les mouvements sociaux, exacerbent les fractures déjà présentes.

Les affrontements entre Israël et la Palestine, la guerre civile en Syrie et le conflit au Yémen figurent parmi les crises les plus notables. La rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran continue d’alimenter des guerres par procuration, tandis que l’implication d’acteurs internationaux tels que les États-Unis, la Russie et la Chine complexifie davantage la situation. Le Qatar joue également un rôle spécifique à travers son soutien aux Frères musulmans, ce qui suscite des tensions avec d’autres pays du Moyen-Orient comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte.

Ces conflits ont un coût humain tragique, avec des millions de déplacés, des pertes humaines innombrables et des communautés entières plongées dans la pauvreté et la détresse. Les populations civiles, souvent otages des combats, subissent des pénuries alimentaires, un accès limité aux soins de santé et la destruction de leurs infrastructures vitales.

Ces tensions ont des répercussions majeures sur l’Occident, notamment par l’intensification des flux migratoires, l’impact sur les marchés énergétiques, et les défis posés par les groupes extrémistes.

Malgré ce tableau sombre, des espoirs de stabilité et de démocratie persistent, portés par les aspirations des nouvelles générations, les efforts de médiation internationale et les initiatives locales en faveur de la paix et de la reconstruction.

L’orateur invité, Mr Djilali Benchabane, est un spécialiste des questions stratégiques notamment de la zone Moyen-Orient. Ancien chargé de mission auprès du centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay, il a exercé différentes responsabilités au niveau institutionnel. En parallèle de son parcours au service de l’État français, il a été chercheur associé auprès de l’institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Il est l’auteur de nombreux articles et contributeur à des ouvrages collectifs sur les enjeux géopolitiques et stratégiques ; et intervient régulièrement dans les médias. Il exerce en tant que consultant indépendant, en parallèle de ses activités d’enseignement. Enfin, il est également membre fondateur du cercle K2, plateforme de dialogue interdisciplinaire et cercle d’influence qui réunit des experts de tous horizons en France.

INSCRIPTION:
Les frères et sœurs souhaitant participer peuvent s’inscrire directement sur le site de la Loge Mozart et Voltaire. Ce rendez-vous sera une occasion unique d’approfondir la compréhension des défis actuels.

Jean-Marie Le Pen et la Franc-maçonnerie…

Le rapport entre Jean-Marie Le Pen et la Franc-maçonnerie : une histoire de conflit et de controverse

Jean-Marie Le Pen vient de nous quitter. Cette figure emblématique de l’extrême droite française et cofondateur du Front National (devenu Rassemblement National) a entretenu des relations tumultueuses avec la Franc-maçonnerie. Ces relations ont été marquées par des accusations, des critiques publiques, et des controverses qui reflètent les divergences idéologiques profondes entre les deux entités.

Les Accusations de Jean-Marie Le Pen

Tout au long de sa carrière, Jean-Marie Le Pen a souvent dénoncé la Franc-maçonnerie, la présentant comme une force occulte influençant la politique française à son désavantage. En 1995, lors d’un discours, il a accusé la « droite bourgeoise, ‘enmaçonnée‘ jusqu’au col » d’empêcher des accords entre le Front National et d’autres partis de droite, suggérant que les Francs-maçons seraient responsables de l’ostracisme politique dont souffrait son parti (). Ces propos sont symptomatiques de la vision de Le Pen, où la Franc-maçonnerie était perçue selon lui comme un réseau puissant et caché, manipulant les affaires politiques pour maintenir une certaine élite au pouvoir.

La Franc-maçonnerie face au Front National

De l’autre côté, la franc-maçonnerie, notamment les principales obédiences comme le Grand Orient de France, s’est montrée ouvertement hostile aux idées défendues par le Front National. En 2017 et à nouveau en 2024, plusieurs obédiences ont appelé à faire barrage au Front National devenu Rassemblement National, mettant en avant des valeurs de fraternité, d’égalité et de lutte contre le racisme, des principes diamétralement opposés aux thèses nationalistes et souvent xénophobes du parti de JM Le Pen.

Cas Particuliers et Ralliement

En dépit de cette opposition globale, il y a eu des cas isolés de francs-maçons ralliés au Front National ou à des personnalités proches de Le Pen. Par exemple, en 2012, Marine Le Pen, la fille de Jean-Marie, a réussi à recruter deux avocats francs-maçons pour son équipe de campagne, ce qui a été perçu comme une provocation dans le monde maçonnique. Cette action illustre le désir de certains membres de la franc-maçonnerie de transcender les lignes partisanes, bien que cela ait entraîné des réactions vives et des exclusions au sein des loges.

  • Gilbert Collard : Avocat et ancien député européen du Rassemblement National, il était membre de la Grande Loge nationale française. Il a créé le cercle Fraternité, un groupe de réflexion pour les francs-maçons proches du Front National.
  • Valéry Le Douguet : Avocat pénaliste, il a été initié au Grand Orient de France tout en participant à des colloques du club Idées & Nation de Louis Aliot, vice-président du FN. Son cas a suscité la controverse au sein du GODF, menant à sa suspension.

Jean-Marie Le Pen et le Complot

Le Pen a souvent employé le thème du complot pour expliquer ses échecs électoraux, et la Franc-maçonnerie a été une cible récurrente de ces théories. En 2002, après avoir atteint le second tour de l’élection présidentielle, il a suggéré que sa défaite était due à une conspiration impliquant les Francs-maçons, parmi d’autres. Ces accusations ont renforcé l’image de la Franc-maçonnerie comme un ennemi politique, bien que souvent sans preuves concrètes.

Pour conclure

Le rapport entre Jean-Marie Le Pen et la Franc-maçonnerie est marqué par une hostilité réciproque, illustrant une fracture idéologique profonde. D’un côté, les accusations de Le Pen d’une influence maçonnique sur la politique française pour marginaliser son parti ; de l’autre, une Franc-maçonnerie qui voit dans les idéologies du Front National une menace contre ses principes fondamentaux. Cette relation complexe montre comment deux visions de la société française, l’une réactionnaire et l’autre progressiste, s’affrontent dans le discours public, avec la Franc-maçonnerie souvent au centre des controverses.

Enquête : Les Francs-maçons sont-ils riches ou pauvres ?

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La perception publique selon laquelle la Franc-maçonnerie serait composée principalement de membres riches et influents est souvent démentie par la réalité de la composition des loges maçonniques. Voici quelques points éclairant cette situation :

Études et Recherches : Des études sociologiques montrent que la franc-maçonnerie n’est pas un bastion de l’élite économique ou sociale. La recherche académique sur la franc-maçonnerie reste rare, mais ce qui en ressort tend à confirmer que la diversité économique et sociale est bien plus large que ce que le public pourrait imaginer.

Origines et Évolution : La franc-maçonnerie a évolué depuis ses origines où elle était principalement constituée de guildes de tailleurs de pierre et autres artisans. Au fil du temps, l’adhésion s’est ouverte à des personnes de diverses origines sociales, incluant ceux sans grande richesse ou position sociale élevée. Aujourd’hui, les francs-maçons proviennent de toutes les couches sociales, y compris des professions modestes comme des employés, des enseignants ou des ouvriers.

Diversité Sociale : Les loges maçonniques françaises, par exemple, sont des lieux où se mélangent des individus de différentes professions et niveaux socio-économiques. Selon des sources contemporaines, les francs-maçons incluent des fonctionnaires, des petits patrons, des avocats, mais aussi des enseignants, des policiers et des militaires, montrant une grande diversité sociale.

But de la Franc-maçonnerie : La franc-maçonnerie se concentre sur le développement personnel, la recherche de la vérité et la pratique de la morale, plutôt que sur l’accumulation de richesses ou le pouvoir social. Les critères d’admission dans la franc-maçonnerie ne sont pas basés sur la richesse ou la position sociale, mais sur des qualités morales et la recherche de l’amélioration personnelle.

Mythes vs. Réalité : La croyance que les francs-maçons contrôlent ou influencent principalement les cercles de pouvoir et de finance est un mythe alimenté par les théories du complot. En réalité, beaucoup de francs-maçons sont des gens ordinaires qui cherchent un cadre pour le développement spirituel et intellectuel, et non pour des gains matériels ou sociaux.

L’Impact de l’Internet et des Médias : L’ère numérique a modifié la perception et la visibilité de la franc-maçonnerie. Les loges ont maintenant des sites web, des blogs, et même des présences sur les réseaux sociaux, ce qui a permis de démystifier leur fonctionnement, montrant que les membres sont des individus de tous les horizons. Cependant, cette ouverture n’a pas toujours suffi à contrer les stéréotypes bien ancrés dans l’esprit du public.

Éducation et Connaissance : La franc-maçonnerie encourage la recherche personnelle et collective, l’éducation continue et l’apprentissage. Cela signifie que des personnes de toutes conditions peuvent trouver un intérêt dans la franc-maçonnerie, non pas pour l’élévation sociale immédiate, mais pour le développement personnel et la quête de connaissances.

La Dimension Humaniste : La franc-maçonnerie se veut humaniste, axée sur l’amélioration de l’individu et de la société. Ce focus humaniste attire ceux qui cherchent à contribuer positivement à leur communauté, indépendamment de leur situation financière ou de leur rang social.

Sablier avec courbe qui symbolise l'argent

Le Rôle des Loges dans la Société : Les loges maçonniques s’engagent souvent dans des œuvres caritatives, des initiatives éducatives et culturelles, ou des projets communautaires. Ces activités montrent que l’appartenance à la franc-maçonnerie est souvent moins une question de statut que d’engagement civique et moral.

L’Effet de Réseau : Bien que la franc-maçonnerie puisse offrir des réseaux de contacts utiles, ce n’est pas toujours dans une optique de promotion sociale directe. Les membres peuvent se soutenir mutuellement dans des projets personnels ou professionnels, mais l’esprit de fraternité dépasse largement les considérations de carrière ou de position sociale.

Inclusion et Évolution : Les dernières décennies ont vu des efforts pour inclure des minorités ou des groupes moins représentés dans la franc-maçonnerie, comme les femmes ou les personnes issues de l’immigration. Ces mouvements vers une plus grande inclusivité montrent que la franc-maçonnerie évolue pour refléter la diversité de la société, contribuant ainsi à une base de membres plus variée sur le plan socio-économique.

Perceptions Générationnelles : Les perceptions de la franc-maçonnerie changent avec les générations. Les nouvelles générations peuvent être moins impressionnées par les connotations de pouvoir et de richesse et plus par les valeurs d’égalité, de fraternité, et d’engagement social que propose la franc-maçonnerie.

En conclusion, la franc-maçonnerie d’aujourd’hui est un microcosme de la société, où l’on trouve des membres de toutes conditions, unis par des idéaux communs de progrès personnel et social, plutôt que par des ambitions de statut ou de richesse. Les idées préconçues sur la franc-maçonnerie nécessitent donc une mise à jour pour refléter cette réalité plus complexe et diversifiée.

10 ans après les attentats du 7/01/15 : une presse toujours debout face aux fanatismes

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Il y a dix ans, le 7 janvier 2015, des assaillants armés prenaient d’assaut la rédaction de Charlie Hebdo, fauchant la vie de douze personnes, parmi lesquelles des figures emblématiques du journalisme satirique. Ces événements tragiques ont provoqué une onde de choc mondiale, réveillant une réflexion profonde sur la liberté d’expression et les principes universels de tolérance, de fraternité et de justice, valeurs chères aux francs-maçons.

Dans cette période de commémoration, il est crucial de réaffirmer ces idéaux et de défendre la liberté de la presse et le droit à l’irrévérence face à tous les fanatismes, qu’ils soient religieux, politiques ou idéologiques. À travers ce regard maçonnique, revenons sur les défis, les résistances et les leçons d’une décennie marquée par des luttes pour la préservation des lumières.

Dans les jours qui ont suivi les attentats, un élan de solidarité a uni la France et le monde autour du slogan « Je suis Charlie », un cri d’attachement aux valeurs fondamentales de liberté et d’humanisme. Mais pour les francs-maçons, ce moment de communion a aussi révélé l’urgence de combattre les forces d’obscurantisme qui s’opposent à ces principes.

Depuis 2015, les attaques contre la presse se sont multipliées. Dans de nombreux pays, journalistes et caricaturistes font face à des menaces croissantes, qu’elles émanent de régimes autoritaires ou de groupes extrémistes. En France, les rédactions ont dû adopter des mesures de sécurité draconiennes, parfois au prix d’une autocensure. Ces réalités posent une question essentielle : comment préserver la liberté dans un monde où la peur tente de museler la parole ?

La satire, longtemps perçue comme un simple exercice humoristique, est en réalité un outil de remise en question et d’éveil des consciences. Charlie Hebdo, cible des attentats du 7 janvier 2015, incarne cette mission : provoquer, questionner, et défier les certitudes. Dans une perspective maçonnique, ce rôle est central pour maintenir une société éclairée.

Cependant, la satire n’est pas exempte de controverses, y compris dans les démocraties. Les débats sur les limites de la liberté d’expression reflètent une tension entre la nécessité de préserver un espace critique et le respect des sensibilités. Mais l’idéal maçonnique nous rappelle que la vérité, même dérangeante, est un pilier de la construction de l’Homme et de la société.

La défense de la liberté de la presse dépasse les frontières nationales. Partout dans le monde, des journalistes sont emprisonnés ou assassinés pour avoir dénoncé des abus de pouvoir ou exposé des vérités dérangeantes. Selon Reporters sans frontières, ces attaques sont en constante augmentation, mettant en péril le rôle de contre-pouvoir des médias.

Face à cette réalité, des initiatives collectives émergent. Les francs-maçons, en tant que défenseurs de la lumière contre l’obscurantisme, soutiennent ces efforts. À travers des conférences, des publications et des actions humanitaires, ils participent activement à la préservation d’un espace de dialogue et d’échange d’idées.

Dix ans après le 7 janvier 2015, la mémoire des victimes appelle à une vigilance constante. La liberté de la presse n’est pas un acquis définitif, mais un idéal à protéger et à transmettre. Les loges maçonniques, en tant qu’ateliers de réflexion et d’action, ont un rôle clé à jouer dans cette lutte contre tous les fanatismes.

Au-delà des mots et des dessins, ce combat incarne l’esprit d’une humanité éclairée : une humanité capable d’accepter les divergences, de cultiver le doute constructif, et de résister à ceux qui cherchent à imposer le silence. Aujourd’hui, plus que jamais, l’idéal maçonnique selon lequel « la lumière triomphe des ténèbres » trouve une résonance particulière dans cette quête de vérité et de justice.

Sylvain Zeghni

Grand Maître National
Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain