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Enfermé 10 jours dans un cabinet de réflexion, au silence total. Êtes-vous prêt ?

Chaque Franc-maçon se souvient de sa première planche d’Apprenti. En règle générale, celle-ci a pour thème « Le Silence ». Je n’ai pas échappé à cette épreuve. D’ailleurs, je me souviens très bien de la première idée qui m’est venue en la rédigeant : « et si je rendais une feuille blanche, pleine de silence ? » Une fois l’aspect provocation passé, j’étais revenu à la raison et comme tout le monde, j’avais disserté sur les vertus de ce supplice pour certains, qui ont des aspects de délivrance pour quelques autres.

Au final mon travail traitait assez classiquement de l’absence de tout son audible. Quelle banalité, mais d’un autre côté, lorsque vous portez le tablier depuis un mois, quelle autre forme de travail pourriez-vous faire ?

Les années ont passé, je sais maintenant que cette épreuve n’est absolument pas neutre dans la phase d’apprentissage du maçon.

Si je savais intuitivement que le silence est riche, je ne connaissais en réalité que le couvercle de la boite au trésor. Il me fallut vivre une expérience hors du commun pour définitivement prendre conscience des bijoux et autres pièces d’or sur lesquels j’étais assis. Je vous propose justement de vous raconter mon histoire et de partager avec vous cette aventure pas banale, vécue il y a quelques années.

J’étais assis devant mon ordinateur. Ma messagerie retentit. J’ouvrais machinalement. Il s’agissait d’un courriel envoyé par un ami :

« Clique sur ce lien et regarde ce reportage vidéo, c’est une histoire incroyable qui se déroule en Inde ».

Cela faisait deux heures que je travaillais non-stop, c’était donc l’occasion de me détendre. Je cliquais alors sur ce lien qui me conduisit aussitôt sur une vidéo YouTube (celle ci-dessus). Le thème du reportage traitait de la prison de Tihar à New Delhi, l’une des plus grandes au monde, où cohabitent environ 10 000 prisonniers. La nouvelle directrice Kiran Bedi, fraîchement nommée décida en 1993 de réformer la prison et de transformer les condamnés grâce à la méthode Vipassana, la plus ancienne forme de méditation bouddhiste. Une technique qui existe depuis plus de 2500 ans.

Je restai 52 minutes à regarder cet étrange histoire et fus très ému par ces gardiens et ces prisonniers se prendre dans les bras en pleurs, après dix jours de méditation incessante. Je me souviens d’avoir senti une larme couler lorsqu’à la fin de ce film, la mère d’une femme assassinée prenait dans ses bras le criminel qui avait tué sa fille pour lui témoigner son pardon. Comment la méditation et le silence pouvaient-ils engendrer ces miracles. Il me fallait en savoir plus.

Je décidais donc de rechercher un centre Vipassana pour expérimenter ce voyage intérieur. Grande fut ma surprise quand on m’annonça que plus aucune place disponible ne me permettrait de participer cette année là. Par dépit, je trouvais un autre centre pour découvrir une autre technique de méditation de pleine conscience et me voilà en route pour passer une semaine de travail de méditation avec Thich-Nhat-Hanh.

Quel clin d’œil du destin, je me retrouvais par « hasard » à travailler avec un des personnages les plus actifs dans l’œuvre pour la paix et l’amour dans le monde. Ce grand sage n’est plus de ce monde depuis le 22 janvier 2022. Ce fut pour moi une magnifique expérience, mais ce n’était toujours pas Vipassana.

Alors, dès la rentrée, j’adressais au centre Vipassana ma candidature. Quelques semaines plus tard, une surprise m’attendait, j’étais « sélectionné » pour participer à la session de février.

Nous étions maintenant en hiver et j’étais en route pour un voyage insensé pour l’occidental aussi bavard que je suis. Deux heures plus tard j’arrivais à destination dans l’auxerrois . Il fallait ici aussi laisser les métaux à la porte. Le temps de me présenter et de laisser au vestiaire montre, stylo, téléphone portable, clés du véhicule et portefeuille (car l’argent n’a aucune valeur ici). En effet, tout est gratuit, on est servi matin, midi et soir et la règle du jeu est : aucun contact verbal durant ces dix jours… et même aucun contact visuel (je ne parle même pas du non contact physique qui va de soi). Le but est de resté centré dans l’unité.

Je prends possession de mon petit lit dans ce dortoir d’une vingtaine de couches. Je visite rapidement les sanitaires, assez confortables pour cette aventure, puis un bref tour des lieux avec un repérage de la cuisine et hop, en route pour la première séance de méditation.

Nous sommes 60 hommes d’un côté et 60 femmes de l’autre. Chacun de nous se pose sur des coussins avec une couverture sur les épaules. Nous voilà tous partis pour un rythme régulier de 10 h/jour de méditation dès 4h du matin avec des coupures repas, repos et sommeil. Cela peut ressembler à une sanction imposée par un tribunal pénal, mais il n’en est rien du tout. Vous allez comprendre pourquoi…

Il m’a été donné il y a quelques années de faire une autre expérience que je qualifierais d’extrême. Sur les conseils d’un thérapeute, j’ai expérimenté un travail sur la honte… en faisant la mendicité dans le métro. La question initiale avant de m’y rendre avait été : « Comment je m’habille et quelle attitude dois-je prendre ? » La réponse s’était imposée d’elle-même : « Je m’habille comme tous les jours et je me présente avec fierté pour présenter ma demande ». C’est ainsi que sans fard ni déguisement, j’avais affronté les vagues d’africains de la ligne 13 à la station La Fourche, les yeux dans les yeux avec un sourire du cœur et le bonheur d’être vivant en partageant avec eux l’intimité de ma pudeur à oser leur demander de l’argent, eux qui étaient généralement moins riches que moi.

Cette expérience m’avait totalement transformée. Elle m’avait enseigné la différence qui existe entre la vanité, l’orgueil et la fierté. Ces trois mots, si souvent prononcés dans nos Loges, étaient maintenant habités d’une expérience de vie. Je n’avais certainement pas fait usage de cette vanité qui implore le regard de l’autre pour exister, ni l’orgueil qui écrase et cherche à dominer, mais bien de fierté, qui m’amenait à me présenter à eux avec ma sincère fragilité et ma honte naturelle.

En réalité, je compris ce jour là ce que signifiait être frères et sœurs. Affirmer que nous sommes tous issus de la même race humaine est toujours plus aisé lorsque l’assiette est pleine et le radiateur sur 22 degrés.

Lorsqu’on tient sa main au dessus, il est plus facile d’affirmer que la relation à l’autre est simple, mais quand votre main est celle du dessous, comment garder ses yeux conformes à la rectitude du fil à plomb et conserver totalement intacte sa fierté d’Homme pour sourire à l’autre et lui déclarer qu’on à besoin de lui.

Cela vient nécessairement affecter le sentiment d’impuissance qui nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant et que nous avons un jour posé notre genou droit sur une marche de l’Orient, afin de recevoir les vibrations de l’épée flamboyante du Vénérable Maitre pour nous créer, recevoir et constituer Franc-maçon. Mais tout ce rituel maçonnique était bien confortable face à cette expérience d’introspection sur mes propres besoins.
Aujourd’hui, je ne me trouvais plus devant un déferlement de voyageurs de la RATP, mais devant dix longues journées qui allaient être perturbées par mon mental agité.

Il existe des dizaines de formes de méditation, il y a généralement la méditation dirigée, celle qui se concentre sur un objet et celle qui est dite libre, qui vise à faire le vide. Celle de Vipassana n’est pas une méditation visant à ne penser à rien.

Un Homme en train de méditer à la montagne

Il est demandé au méditant pour commencer de concentrer sa respiration en polarisant son attention sur un petit triangle entre la lèvre supérieure et les narines. L’objectif est que jour après jour, cette zone corporelle prenne de l’ampleur jusqu’à atteindre après la première semaine la quasi-totalité du corps. Ce premier point qui consiste à prendre conscience de sa respiration dans son corps, entraine psychologiquement des effets secondaires inattendus. Sans nous en rendre compte, nous ne cessons jamais de penser. Durant ce long voyage, notre esprit se souvient d’expériences passées, bonnes ou mauvaises, il construit des pensées sur le futur et des projets hypothétiques.

Ce dialogue incessant finit par nous entrainer dans une cacophonie aux confins de la folie.
Imaginez-vous assis avec des articulations de plus en plus douloureuses qui vous rappellent que les années ont rigidifié votre corps. Vous essayez de polariser votre attention sur votre souffle et soudain c’est le dérangement, car une petite voix vous harcelle, lorsqu’il ne s’agit pas d’une chanson qui vous revient en tête. Ce bourdonnement ne vous lâche pas, plus vous essayez de le faire taire en le mettant à la porte, plus il tente de refaire son apparition par la fenêtre. Il finit même par repasser par la cheminée si vous colmatez toutes les issues. C’est un enfer sur terre, je vous le confirme.

Dans le roman de notre Frère Philippe Benhamou, « Madame Hiramabbi – la concierge de la rue des trois frères » un passage m’avait particulièrement marqué, celui où le héros vient voir sa concierge qui lui confie que son tapis est magique. Il lui permet de voyager dans le monde entier. Il suffit pour cela de monter dessus et de penser très fort à une destination, et hop… il vous y conduit. Mais juste avant de laisser monter son jeune voisin, elle rajoute « Surtout, ne pensez jamais à un chat noir lorsque vous êtes sur le tapis, sinon il ne partira jamais ! ». Vous imaginez bien qu’en donnant une telle injonction, personne n’y résiste. Le chat vient hanter vos pensées et vous n’irez nulle part !

Il en est de même avec la méditation Vipassana. Je peux vous assurer que cette petite chanson dans ma tête à remplacé le chat noir durant ces dix jours.

Le quatrième jour, mon voisin de tapis avait disparu. J’avais appris qu’il avait déclaré forfait. En fait, pendant notre épreuve, environ trois à quatre hommes avaient abdiqué. Chez les femmes, la résistance était nettement supérieure car une seule avait quitté la salle pour rentrer chez elle.

Je pourrais vous parler de toutes ces émotions qui sont venues me submerger durant ces dix jours. Je me revois encore les larmes coulant d’une tristesse qui venait du fond de mon cœur et qui n’a jamais trouvé sa cause. Il me serait aussi possible de vous parler de ce fou rire qui vint me perturber durant un long moment. Je me souviens aussi de ce pauvre voisin de la rangée de devant qui n’a certainement jamais remarqué ma présence et qui durant plusieurs jours fut l’objet de ma colère. Une colère infondée, mais bien réelle. Toute cette symphonie d’émotions résultant du seul dialogue interne fut en effet une expérience riche et inoubliable.

Au-delà du voyage émotionnel, ce travail avait un but et je mis plusieurs jours à le comprendre. Rassurez-vous, je ne vous imposerai pas ces longues journées d’immobilité pour partager mon secret.

Le travail de Vipassana repose sur un principe de base assez simple et assez proche des buts de la Franc-maçonnerie.

Si vous restez assez longtemps en méditation à concentrer votre esprit sur votre respiration et votre corps, le dialogue va finir par se dompter, mais au-delà de ce fait, votre corps va exprimer ce que votre conscience vous communique. Cette conscience dont je parle vous envoie chaque jour des messages, mais la routine du brouhaha mental nous empêche de le sentir !

Or là, avec cette expérience, nous entrons en communication réelle avec notre conscience qui nous adresse de faibles messages. Parfois ceux-ci se caractérisent par des picotements, il arrive que ce soit des zones localisées de froid ou de chaud. Dans tous les cas, le corps reçoit de notre conscience des messages qui nous sentons. Cette révélation me permit de comprendre dans ma chair que l’initiation maçonnique n’est en aucune manière mentale. Elle ne peut être cellulaire et uniquement ressentie si on souhaite lui faire passer les couches intérieures.

chimpanzé pensif devant la lumière

Une fois l’apprentissage de la sensation apprivoisé, le vrai travail de Vipassana commence. L’exercice consiste donc à observer ces sensations sans aucune réaction d’attachement ou de rejet. Si le ressenti est agréable, le commun des mortels aura pour reflexe de s’attacher, si l’expérience est désagréable d’autres montreront de l’aversion. Le but est d’observer l’impermanence des choses de la vie, afin d’être dans une disponibilité qui rappelle le but du travail maçonnique. La rectitude n’est pas dans la droiture de la position mais bien dans l’alignement et l’intensité de la pensée. Il convenait donc dans ce travail d’expérimenter le non attachement. Celui qui permet le ressenti du travail palingénésique.

J’ai souvent constaté que la première semaine de vacances nous semblait plus longue que la seconde. C’est probablement ce qui explique le phénomène de la crise du milieu de vie. Les quarante premières années de la vie se situent dans la zone d’insouciance et d’éternité, alors que la seconde quarantaine trouve son issue dans le trépas. Il en est de même avec l’expérience de Vipassana. Les deux ou trois premiers jours nous semblent sans fin. Puis, peu à peu, les jours passent et nous donnons un sens et une intensité à notre travail. Nous devenons fiers de chacun de nos efforts pour nous rapprocher de nous-même.

C’est ainsi, qu’un jour, le dixième pour être précis, ce fut la fin du voyage. En fait, je croyais qu’il s’agissait de la fin, alors que ce n’était que le début.

Lorsqu’on goûte à la Franc-maçonnerie, elle nous imprègne et nous nourrit, il en est de même avec ce genre d’expérience méditative. Plus rien ne sera jamais pareil. J’avais savouré mon essence au plus profond de mon âme et elle avait bon goût. C’était certainement le premier pas vers ce qu’on nomme l’amour inconditionnel de soi.

Sur la route du retour, j’étais serein et fier de moi. Cela me rappela étrangement ce jour d’hiver, quelques années plus tôt, où je revenais d’une station du métro parisien avec quelques euros de plus dans ma poche et surtout beaucoup de gratitude pour le genre humain.

Une seule phrase me venait en tête : « Merci la vie ». Il m’arrive souvent en Loge de songer à cette phrase qu’un ami m’avait transmise : « Un voyage est totalement achevé le jour du retour ». Je sais que cela s’applique aussi au voyage maçonnique. Le chemin de l’Initiation est totalement complet le jour du passage à l’Orient éternel.

Comme rien n’est dû au hasard, je finissais la rédaction de mon premier ouvrage cinq mois plus tard… et je disais adieu à mon père la semaine suivante. C’est alors que je saisis le sens profond de toutes ces épreuves.

J’ai écrit ces lignes il y quelques semaines maintenant. Depuis, quelques Frères et Sœurs m’ont fait remarquer que le lien entre mon voyage au pays du silence et la Franc-maçonnerie ne coulait pas de source. Je reprends donc la plume pour construire la passerelle entre les voies. Et comme rien n’est le fruit du hasard, je souris en regardant le calendrier, car c’est justement aujourd’hui le onzième anniversaire de ce voyage que je partage avec vous dans ce récit.

La question de fond est donc : « Quel est le rapport entre dix jours de méditation silencieuse et une vie de pratique maçonnique ? »

La première réponse qui me vient à l’esprit est que ce sont deux chemins presque voisins sur la même montagne. Les passerelles sont nombreuses et les deux voies se complètent harmonieusement, car leur finalité est la même : « l’Unité ».

Il existe de nombreux Francs-maçons qui s’associent tellement à leur pratique, qu’ils finissent par oublier qu’elle est un outil, ou une voie. Notre âme est nourrie de la pratique comme la cathédrale du niveau ou du fil à plomb. A aucun moment, les deux ne peuvent se confondre. Le Franc-maçon n’est pas uniquement un Franc-maçon, il est tellement plus qu’un Frère. Il est aussi un père, un fils, un petit fils ou un ami, un collègue aussi. Se confondre dans son métier, son statut social ou son nom de famille n’est-ce pas s’amputer d’une partie des couleurs de la palette qui constitue notre essence ?

Il m’arrive souvent de dire :

« Je ne suis pas Franc-maçon, je fais de la Franc-maçonnerie ».

Même si cette phrase provocatrice fait rire ou agace, il n’en reste pas moins qu’elle est exacte. Elle me ramène au fameux Gnothi seauton, le « Connais-toi toi-même. » du fronton du temple d’Apollon à Delphes. Comment pourrais-je me découvrir si je sais déjà que JE SUIS un Franc-maçon ? Je ne peux apprendre que ce que j’ignore.

Je puis vous assurer que c’est en toute humilité que depuis quelques temps, lorsqu’on me demande qui je suis, je réponds avec un grand sourire : « Si seulement je le savais, mais je cherche activement ! »

(Signé : Un Frère silencieux dont le nom importe peu)

Lettre d’information de la Grande Loge Française de Misraïm

Edition spéciale – Rétrospective 2024#Janvier 2025

L’édito – Bâtissons ensemble l’Edifice de la Fraternité Universelle ! 

par le Sérénissime Grand Maître, Laurent Couasnon
À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, Mes Très Chères Sœurs, Mes Très Chers Frères, 

C’est avec une immense fierté et une profonde gratitude que je m’adresse à vous pour nous réjouir du travail accompli avec cette rétrospective de l’année 2024. À travers nos travaux, nos échanges et nos actions, nous avons ensemble écrit une nouvelle page de l’histoire de la Grande Loge de Misraïm. Chaque geste, chaque parole, chaque initiative a contribué à renforcer nos fondations et à illuminer notre chemin vers la lumière, le progrès et l’harmonie.

L’année 2024 fut riche en accomplissements : de nouveaux ateliers ont vu le jour, notre obédience s’est enrichie de nouveaux membres, et nos liens avec d’autres obédiences nationales et internationales se sont consolidés. Notre Temple rue Cugnot, à Paris, a été embelli. Nous avons avancé sur les cinq piliers qui structurent ma mandature, avec une attention particulière portée au développement, pas seulement dans l’Hexagone, mais partout dans le monde, à la transmission de nos valeurs et à la communication ; ce premier e-BULIM en est l’illustration. Je tiens à remercier les Sœurs et les Frères qui ont œuvré pour sa réalisation et tout particulièrement notre Bien-Aimé Frère Arnold Migan pour son implication, ainsi que pour l’organisation d’événements tout au long de cette année 2024.Dans un monde marqué par des défis croissants, c’est à nous, Francs-Maçons, qu’il revient de préserver et de transmettre la lumière.

Notre engagement ne se limite pas aux murs de nos temples : il s’étend au-delà, dans le monde profane, pour y semer les graines de la fraternité, de la tolérance et de l’harmonie.Alors que nous tournons notre regard vers 2025, souvenons-nous des enseignements de notre rituel :

« Érigeons des autels à la vertu et creusons des tombeaux pour les vices. »

Ensemble, avec espoir et passion, continuons à bâtir, pierre après pierre, l’édifice d’une humanité plus éclairée et plus fraternelle.Je m’engage à poursuivre ce travail avec tout mon cœur, toute mon énergie et toute ma fraternité.

Mes Très Chères Sœurs, Mes Très Chers Frères, continuons à faire rayonner notre obédience à travers le monde, pour le bonheur de tous les êtres. Je souhaite à vous et à vos familles une heureuse année 2025 ! « Que cela soit écrit et accompli » avec votre support et votre aide bienveillante et fraternelle. 

Laurent Couasnon
Sérénissime Grand Maître de la Grande Loge de Misraïm

Une obédience en pleine expansion

L’année 2024 a été marquée par la création de nouvelles Grandes Loges Nationales et la consécration de plusieurs Loges. Signe de la dynamique de développement de la Grande Loge de Misraïm : Engagement – Modernité – Ouverture

Consécration de deux Grandes Loges Nationales en Afrique de l’Ouest – Bénin & Côte d’Ivoire

Une nouvelle page de l’histoire de la Franc-Maçonnerie africaine a été écrite avec la création de la Grande Loge Béninoise de Misraïm – GLBM, consacrée lors de son convent inaugural le samedi 19 octobre 2024. Ce moment solennel marque une étape très importante dans le développement du Rite de Misraïm en Afrique.

La délégation de dignitaires s’est ensuite rendue en Côte d’Ivoire pour consacrer la Grande Loge Ivoirienne de Misraïm – GLIM. Le Convent fondateur de la GLIM qui a eu lieu le 23 octobre 2024, fut un moment clé pour la franc-maçonnerie ivoirienne et vient confirmer l’enracinement du Rite de Misraïm sur le continent africain.

La Grande Loge Ivoirienne de Misraïm GLIM consacrée le 23 Octobre 2024

Les cérémonies ont eu lieu en présence des Très Illustres Frères Eric Jacques (Grand Conservateur du rite de Misraïm), Laurent Couasnon (Sérénissime Grand Maitre de la GLM) et Eddy Louves (Grand Maître de la GLFM) qui ont fait le déplacement depuis la France et du Très Illustre Frère Bruno Quenum (Passé Sérénissime Grand Maitre de la GLM).

Ces initiatives s’inscrivent dans un projet d’expansion de la Grande Loge de Misraïm au travers de Grandes Loges Nationales. Les concrétisations au Bénin et en Côte d’ivoire visent à promouvoir un Rite qui reflète les valeurs et la richesse culturelle de l’Afrique, tout en s’ouvrant au rayonnement international.

D’autres Grandes Loges Nationales sont en cours de création. C’est le cas par exemple au Cameroun où la Grande Loge Camerounaise de Misraïm devrait voir le jour prochainement.

Consécration d’une nouvelle Loge en France –
Saint-Barthélemy –

C’est une étape marquante de son histoire maçonnique qu’a célébré Saint-Barthélemy au mois de décembre 2024, avec la création d’une loge mixte affiliée à la Grande Loge Française de Misraïm. Cette initiative inédite, ouverte aux femmes et aux hommes, vient enrichir la diversité et le rayonnement de la franc-maçonnerie sur l’île.

Le Rite de Misraïm, reconnu pour sa richesse spirituelle et culturelle, vient ainsi offrir une nouvelle voie de développement aux Babaths.

Cette nouvelle loge a pour mission de promouvoir des valeurs universelles telles que l’épanouissement personnel, la fraternité et l’égalité, tout en s’inscrivant dans les traditions maçonniques Misraïmites.

La Grande Loge de Misraïm poursuit sa mission de transmission d’un héritage spirituel et culturel unique, tout en affirmant sa place au sein des communautés locales. Un événement marquant pour Saint-Bartélemy et pour la franc-maçonnerie en général !

Célébrations : Des anniversaires qui rythment la vie de notre obédience

50 Années de franc-maçonnerie et toujours déterminé !

Hommage à Eric Jacques, Fondateur de la Grande Loge de Misraïm et Grand Conservateur du Rite de Misraïm.

À toi, Éric, frère de lumière,
Depuis un demi-siècle, guide exemplaire,
Aux côtés de Papou, noble compagnon,
Vous avez bâti une grande maison.

La Grande Loge de Misraïm, refuge sacré,
Renaît sous vos mains d’hommes inspirés.
Non point créateurs, mais conservateurs ardents,
Vous avez ravivé un rite ancien et vibrant.

Le Rite de Misraïm, riche de mystères,
Trouve en vous deux l’héritage de naguère.
Mais au-delà des symboles et des flammes,
C’est la transmission qui éclaire votre âme.

Papou, gardien des traditions oubliées,
A su te léguer ce flambeau sacré,
Et toi, Éric, porteur de cet héritage,
Tu le transmets à ton tour, page après page.

Éric, dans ta quête de sagesse,
Depuis cinquante ans, sans faille ni faiblesse,
Tu portes en ton âme l’éclat des bâtisseurs,
Inlassable artisan d’un monde porteur d’ardeur.

Sous vos pas, Papou et toi unis,
Les colonnes se dressent, les temples sont ravis.
Chaque symbole, chaque geste, chaque voix,
Rappelle que l’homme bâtit dans la foi.

Aujourd’hui, Éric, nous honorons ton chemin,
Et saluons Papou, dont l’étoile veille au loin.
Par vos mains, le savoir s’offre aux générations,
Et dans nos cœurs vit votre noble transmission.

Un Convent anniversaire –
La GLFM a célébré un An de renouveau et de Fraternité

Le 28 septembre 2024, la Grande Loge Française de Misraïm (GLFM) a tenu son Convent régional à Paris, célébrant également un moment symbolique : le premier anniversaire de la GLFM dans sa structure actuelle de Grande Loge Nationale, fruit de la réorganisation de la Grande Loge de Misraïm (GLM). Ce jalon historique a offert à la fédération un cadre plus robuste pour consolider son rayonnement et intensifier ses actions.

L’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) s’est déroulée sous l’autorité du Grand Maitre de la GLFM, Le Très Respectable Frère Eddy Louvès. Cette rencontre, essentielle à la gouvernance et à la vitalité de la fédération, a réuni les représentants de ses 15 associations membres. Dans une ambiance empreinte de fraternité et dans le respect des traditions, les participants ont pu aborder et débattre des enjeux de l’année écoulée, marquée par un engagement constant dans les activités maçonniques. La journée a permis de dresser un bilan moral et financier, de renouveler le Conseil d’Administration, et de poser les bases des projets à venir.

Le Convent a également été l’occasion de mettre en lumière des actions notables, comme l’expansion en région lyonnaise avec la création d’une nouvelle loge, ainsi que le développement des traités d’amitié. Ces actions reflètent la vitalité de la GLFM, qui continue à promouvoir les idéaux maçonniques. Les nombreux événements ouverts au public, tels que des conférences et des visites culturelles confirment ce dynamisme.

Un des moments forts de cette journée a été la clôture autour d’un dîner fraternel, véritable point d’orgue de l’événement. Ce repas, empreint de convivialité et d’amitié, a permis de célébrer ce premier anniversaire avec enthousiasme et chaleur. Les participants ont partagé des échanges riches et constructifs, renforçant les liens fraternels qui unissent les membres de la fédération.

Ce premier anniversaire marque une étape importante dans l’histoire de la GLFM, illustrant à la fois son enracinement dans la tradition et sa capacité à s’adapter aux exigences du monde moderne.

L’assemblée s’est conclue sur des perspectives prometteuses pour l’année 2024-2025, avec des priorités claires : consolider les fondations initiatiques, développer les relations inter-obédientielles et poursuivre le travail colossal d’ouverture et de rayonnement.

Ainsi, tradition, modernité et convivialité se conjuguent pour bâtir l’avenir de cette prestigieuse fédération maçonnique, dans un esprit de progrès et de fraternité.

Photos souvenir du convent

Notre RL:. Héliopolis N°69 à l’Orient de Saint-Pierre-de-Chandieu (Lyon) a soufflé sa 1ère bougie

Lyon, Terre de Francs-Maçons – la Grande Loge Française de Misraïm se développe à Lyon.

Le 3 décembre dernier, notre 1ère loge, La Loge Héliopolis à l’Orient de Saint-Pierre-de-Chandieu a soufflé sa première bougie. Cet anniversaire marque une étape importante pour cette jeune loge, qui s’est rapidement affirmée comme un espace de réflexion et de fraternité dans la région.

C’est l’occasion de féliciter le jeune Vénérable Maître William Stein ainsi que les Frères et Sœurs qui ont œuvré avec brio à la création et au premiers pas de cette loge.

Le choix du nom Héliopolis, inspiré d’une ville égyptienne dédiée à la lumière, illustre parfaitement l’esprit de la Loge.

Ce nom résonne particulièrement à Lyon, ville connue pour sa Fête des Lumières, et à Saint-Pierre-de- Chandieu, où se trouve la loge et où on célèbre un carnaval annuel en l’honneur de la lumière.

Cette première année fut marquée par les travaux et la décoration du temple, œuvre opérative engagée de quelques Frères et Sœurs, et par des travaux rituéliques de qualité qui ont permis de fédérer nombre de Frères et Sœurs visiteurs.

Héliopolis rayonne de dynamisme et a déjà initié et affilié ses premiers membres. Elle continue d’attirer de nombreux visiteurs, renforçant les liens entre les Frères et Sœurs de la région. Avec un tel élan, la Loge aborde l’avenir avec confiance, déterminée à poursuivre ses travaux et à rester fidèle aux valeurs de la Franc-maçonnerie misraïmite.

Les pierres qui parlent – une lecture maçonnique du patrimoine

La Grande Loge de Misraïm (GLM) poursuit sa mission de transmission culturelle et spirituelle en proposant des visites uniques dans des lieux emblématiques. Cette année c’est Paris qui était à l’honneur. Du Panthéon au Musée Carnavalet, en passant par le Cimetière de Charonne, ces explorations guidées ont offert aux participants une immersion dans l’histoire, la mémoire et les symboles maçonniques. Ces initiatives, ouvertes au public, mettent en lumière l’engagement de la GLM pour le partage et la découverte, à la croisée de la tradition et de l’humanisme.

Une Visite Maçonnique au Panthéon : 

L’Histoire sous un Nouveau Jour

Le 9 juin 2024, nous avons emmené nos membres mais aussi des visiteurs initiés et profanes, à la découverte du Panthéon, joyau de l’histoire de France. Cette visite exceptionnelle a permis d’explorer et de comprendre les riches symboles maçonniques qui imprègnent ce lieu emblématique. Guidés par un Frère conférencier, les participants ont pu apprécier les liens entre les valeurs maçonniques et les idéaux républicains, à travers l’architecture et les grands Hommes honorés en ce lieu. 

Une immersion unique dans un patrimoine riche de sens et de symboles universels.

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Le Musée Carnavalet :
Une Plongée dans l’Histoire de Paris et ses Symboles

Dans un esprit de partage et de découverte, nous avons organisé une visite guidée ouverte aux profanes, au Musée Carnavalet, haut lieu de l’histoire parisienne.

Les participants, initiés ou non, ont exploré les nombreuses collections et œuvres qui témoigne de l’ampleur de l’évolution sociale et culturelle de Paris. Le Frère conférencier a mis en lumière les symboles et objets liés à la franc-maçonnerie, permettant de mieux comprendre l’impact de ses idéaux sur la capitale.

Une initiative culturelle enrichissante à laquelle a participé le Sérénissime Grand maître de la Grande Loge de Misraïm.

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Cimetière de Charonne : Mémoire et Spiritualité au Cœur de Paris

Le 1er décembre 2024, nous étions quelques, frères, sœurs, familles et amis à partager l’histoire du cimetière de Charonne.

Cette excursion était un moment de vie par la mémoire des morts.

Conduite par deux frères, historiens, aussi érudits que passionnés de mémoriels, cette visite est un voyage dans le temps au détour de quelques tombes célèbres.

Dans ce petit cimetière d’un peu plus de  650 tombes, l’un des très rares attenants à une église et en plein centre de vie, on y croise les sépultures de quelques célèbres personnalités qui partagent leurs dernières demeures avec d’autres non moins célèbres, mais de moins bonne renommée.

Classé monument historique en 1964, le cimetière de Charonne conforte l’idée qu’un cimetière est un lieu de mémoire et d’hommage. 

Ouverture vers l’extérieur La Grande Loge de Misraïm (GLM) s’ouvre au grand public

Cérémonie du Solstice d’été en Guadeloupe

L’année 2024 a été une étape importante pour la Province de Guadeloupe dans le paysage maçonnique de l’île, grâce au dévouement des Sœurs et Frères de nos 3 Loges : la RL:. Kheper Noun N°82, la RL:. Plume de Mâat N°68 et la RL:. Séchat N°46. Cette année a été marquée par trois moments clés :

La tenue obédientielle au printemps, en présence du Grand Maître de la GLFM, le Très Illustre Frère Eddy Louvès, accompagné du Passé Sérénissime Grand Maître, le Très Illustre Frère Philippe Dainhaut.

Le feu de la Saint-Jean, un moment marquant. La cérémonie rituelle du Solstice d’été (photo ci-dessus) a permis de réunir des Frères et Sœurs au-delà de notre obédience et d’accueillir des profanes : familles et amis.

Enfin, une tenue commune autour du solstice d’hiver a rassemblé les Frères et Sœurs pour unir leurs énergies et célébrer le réveil rituélique de la nature.

L’année 2025 s’annonce comme une année d’unité et d’évolution.

Les portes de nos 3 loges vous sont ouvertes pour découvrir ou redécouvrir notre rituel et partager nos travaux.

Cérémonie du Solstice d’été à Nice

Le Solstice d’été fut pour la Respectable Loge Khépri N°21, à l’Orient de Nice, une occasion de réunir Frères, Sœurs et profanes autour d’un rituel empreint de symbolisme et de réflexion. Le tracé de l’étoile au sol et l’allumage solidaire du feu ont invité chaque participant à méditer sur le rôle de la lumière dans son propre cheminement intérieur, rappelant que chaque individu porte en lui une flamme à nourrir et à protéger.

Dans la mythologie égyptienne, Khépri, le dieu-scarabée, incarne cette lumière renaissante et la persévérance inébranlable du renouveau. Chaque matin, il pousse le disque solaire au-delà de l’horizon, renouvelant la promesse d’un nouveau jour. Ce geste divin, symbolisé par le scarabée roulant sa sphère, nous enseigne une leçon intemporelle : face à l’immensité des cycles universels, chaque effort, même modeste, contribue à maintenir l’équilibre et à raviver la lumière.

Alors que l’année 2025 s’annonce sous le signe du développement et de la consolidation, la loge incarne pleinement le principe de Khépri : se renouveler sans cesse, nourrir la lumière, et bâtir avec persévérance son temple intérieur. Nos cœurs et nos bras restent ouverts à tous ceux qui souhaitent rejoindre cette quête lumineuse.

Tenues Blanches Ouvertes à Paris

A Paris, en complément des visites culturelles et du Solstice d’été, nous avons ouvert nos portes au public avec des Tenues Blanches Ouvertes (TBO) captivantes. Ces rencontres leur offrent une occasion unique de nous découvrir et d’explorer les dimensions spirituelles, culturelles et symboliques de la franc-maçonnerie contemporaine.

Retour sur deux événements marquants qui ont éveillé curiosité et réflexion.

François Padovani, ancien GM de la GLMF

“Être Franc-Maçon Aujourd’hui”

Le 23 mars 2024, nous avons organisé une Tenue Blanche Ouverte au public, à Paris 18e, où le Très Illustre Frère François Padovani, ancien Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France et ex-président du CLIPSAS, a animé une conférence inspirante. Sous ce thème “Être Franc-Maçon aujourd’hui”, il a exploré l’importance et le rôle de l’engagement maçonnique face aux multiples défis contemporains, tels que l’intelligence artificielle et le réchauffement climatique.

Cette conférence a offert aux participants une vision éclairée de la franc-maçonnerie comme une voie initiatique conciliant évolution personnelle et contribution au bien commun.

“Du nombre d’Or à la construction des cathédrales”

Le jeudi 19 décembre, la GLFM a réuni une cinquantaine de participants, en présentiel et en visioconférence, autour d’une TBO dédiée à la géométrie sacrée et plus particulièrement au nombre d’or. Notre Frère Pascal Ldx:. de la RL:. Mâat N°16 à l’Orient de Bergerac a fasciné l’auditoire par une démonstration en direct, traçant des figures emblématiques comme l’étoile à cinq branches, le temple et ses différentes composantes, avant d’aboutir à la géométrie de la cathédrale Notre-Dame, puis à la pyramide de Gizeh. À travers ces tracés, il a mis en lumière les harmonies parfaites de la géométrie sacrée, invitant chacun à méditer sur l’architecture de son temple intérieur.

Ces deux TBO, mêlant réflexion, spiritualité et échanges fraternels, témoignent de l’engagement de la GLFM à transmettre et partager les richesses de la tradition maçonnique avec le plus grand nombre. Nous vous offrons la possibilité de revoir la TBO sur le nombre d’or en suivant ce lien : Replay TBO nombre d’or GLFM

Le mot de la fin

Un regard vers l’avenir –
par Eric Jacques, Grand Conservateur du Rite de Misraïm

Il m’échoit l’honneur de clore cette édition spéciale du Bulletin d’Information de Misraïm (e-BulIM).

Alors que 2024 appartient désormais à nos souvenirs, nous pouvons nous réjouir des accomplissements de cette année riche et nous tourner résolument vers 2025 avec espoir, passion et engagement.

Les travaux menés, les rencontres partagées et les énergies mobilisées lors de nos tenues témoignent de la vitalité et de la force de notre obédience.

2024 a été une année riche à bien des égards. De nombreux profanes nous ont rejoints, symbolisant le renouveau et la régénération. Des visiteurs venus de divers horizons se sont émerveillés devant notre rituel, nos travaux, mais surtout devant la fraternité qui anime nos échanges. Nous avons accueilli de nouveaux esprits, de nouveaux paradigmes et des projets porteurs pour nos loges. De nouvelles organisations ont vu le jour, notamment en Afrique, et une nouvelle loge a été consacrée dans les îles du nord des Antilles.

C’est ainsi que se perpétue la tradition, et que notre Rite de Misraïm, sans ostentation ni prosélytisme, trouve sa place sur l’échiquier mondial de la Franc-Maçonnerie universelle.

Il y a trente ans, j’ai eu l’infini bonheur de réveiller ce Rite. Aujourd’hui, je contemple avec émotion combien les espérances secrètes des fondateurs ont été dépassées. Mais au-delà des sentiments, je tiens à rappeler la mission essentielle que chacun porte dans la construction de l’édifice.

Les titres pompeux et les décors rutilants masquent souvent une évidence : pour qu’une organisation vive, elle doit se renouveler sans cesse. Ce n’est qu’à travers ce renouveau constant que la pyramide tient debout. Sa force repose sur ses fondations, car plus l’on s’élève, plus la fragilité s’installe. Ces fondations reposent sur trois piliers essentiels :

  1. Notre Rite, que beaucoup qualifient de « magique ».
  2. Nos principes : fraternité, diversité, tolérance, et les contributions de chacun.
  3. Nos apprentis, car sans eux, rien ne peut perdurer.

Nous savons que les ouvriers travaillent sans relâche. Nous savons que notre quête est infinie, et que les êtres « aboutis » n’existent pas. Pourtant, nous tendons tous vers un idéal, et si nos objectifs diffèrent, la méthode maçonnique s’impose comme un guide universel pour avancer.

Pour conclure, permettez-moi d’évoquer une leçon intemporelle :
Lorsque Pharaon vient visiter le chantier de Khéops, Imhotep, l’architecte, est nerveux. Les felouques transportant les pierres se sont renversées dans le Nil, retardant l’édification sacrée. En voyant Pharaon, Imhotep se prosterne, bafouillant des excuses. Mais Pharaon le relève et lui dit simplement : « Ce qui doit se faire se fera. »

Puissions-nous garder en mémoire cette sagesse dans nos travaux et nos projets à venir.

Je vous souhaite bon courage et me tiens à votre disposition si le besoin s’en fait sentir.

Fraternellement,

Eric Jacques

Un grand merci à notre Très Illustre Frère Benjamin John qui pendant de nombreuses années a fait vivre le Bulim et qui l’a maintenant transmis à une nouvelle équipe.

Merci à toutes les Sœurs et tous les Frères qui ont contribué à cette édition spéciale : Alice, Annette, Bruno, Charles, Eddy, Eric, François, Laurent, Malvina, Malika-Marie-France, Marie-Christine, Marie-Laure, Thierry, William.

Conception & réalisation : Arnold Migan  

Coup de projecteur : Loge « L’Étoile Polaire » du GODF à Paris

« Une Étoile guidant la science et la marine au XVIIIe siècle »

L’histoire de la Franc-maçonnerie française est marquée par des loges qui ont joué des rôles clefs dans diverses sphères de la société, notamment dans les sciences et la navigation maritime. Parmi ces loges, l’Étoile Polaire de Paris, fondée à une époque où la France cherchait à affiner son savoir naval, se distingue par son engagement dans la recherche scientifique, particulièrement autour du calcul de la longitude. Cet article explore l’histoire de cette loge toujours en activité avec sa centaine de membres, son impact sur la science de l’époque et les personnalités qui l’ont animée.

I. Origines et Fondation

L’Étoile Polaire de Paris naît dans un contexte où les sciences exactes et la navigation se trouvent au cœur des préoccupations de la France maritime. Fondée probablement avant 1769, selon les documents de Christophe de Brouwer, la loge aurait reçu sa patente de création de la Grande Loge de France le 14 mai 1766. Toutefois, des doutes subsistent quant à la date exacte de sa création, certains suggérant une patente antidatée pour assurer la régularité de la loge pendant une période de vacance du pouvoir maçonnique central.

II. Les Membres et Leur Contribution

Les membres de l’Étoile Polaire étaient des hommes de science, de navigation et de divers corps de l’État, unis par un intérêt commun pour l’avancement des connaissances maritimes. Parmi eux, Guy-Alexandre Pingré, un astronome et chanoine, est souvent cité comme fondateur. Pingré, avec son élève Jean-Théodore Bouin, contribua à la précision des observations astronomiques, essentielles pour le calcul de la longitude.

Charles-Pierre Claret de Fleurieu était un officier de marine qui s’est illustré dans la mise au point des horloges marines, cruciales pour naviguer avec précision. Son rôle dans l’expédition de l’Isis en 1768-69 fut décisif, testant les chronomètres de Ferdinand Berthoud.
Pierre-Julien Leroy, un horloger royal, apporta son expertise dans la conception des horloges marines, participant ainsi directement à l’innovation technologique maritime.
Bernard Peyrilhe, un médecin pionnier dans la recherche sur le cancer, et Michel-Louis Le Camus de Limare, un collectionneur de livres dont la bibliothèque enrichit la Bibliothèque nationale de France, illustrent la diversité intellectuelle au sein de la loge.

III. L’Expédition de l’Isis et le Calcul de la Longitude

La mission de l’Isis, menée par Fleurieu, visait à tester les nouvelles horloges marines pour améliorer la navigation. Le calcul de la longitude, un défi majeur pour la navigation de l’époque, nécessitait une précision horaire que seule une horlogerie avancée pouvait fournir. L’expédition fut un succès, permettant à la France de rattraper son retard sur l’Angleterre dans ce domaine. La loge l’Étoile Polaire était donc au cœur de cette avancée scientifique et technologique.

IV. La Loge dans le Contexte de la Révolution

La fin du XVIIIe siècle fut tumultueuse pour la France, et la loge l’Étoile Polaire ne fut pas épargnée par les bouleversements politiques. Beaucoup de ses membres naviguèrent à travers la Révolution avec des fortunes diverses. Des figures comme Fleurieu connurent l’emprisonnement avant de retrouver des positions éminentes sous l’Empire. D’autres, comme Froger de l’Eguille, périrent pour leur allégeance royaliste. La loge elle-même semble avoir disparu au début de la Révolution, mais ses membres continuèrent souvent à être actifs dans la franc-maçonnerie, contribuant à la réorganisation des loges après cette période.

V. Refondation et Héritage

La loge fut refondée en 1839, près de cinquante ans après sa disparition, sous le nom de l’Étoile Polaire. La question de savoir si cette nouvelle loge est une véritable continuation de l’originale reste ouverte, mais il est clair que ses membres revendiquaient une filiation morale avec l’ancienne. Cette refondation montre comment les idéaux et l’esprit de la loge ont perduré, même si les structures et les membres ont changé.

L’Étoile Polaire, loge du Grand Orient de France, toujours en activité, illustre parfaitement comment la franc-maçonnerie pouvait servir de creuset pour la science, la technologie et la fraternité dans une France en pleine mutation. Ses membres, par leur engagement dans des expéditions scientifiques, ont contribué à l’avancement de la navigation maritime, incarnant ainsi les principes de progrès, de solidarité et de connaissance qui sont au cœur de la philosophie maçonnique.

Références et Bibliographie :

de Brouwer, Christophe. Les débuts de la R.L. l’Étoile Polaire de Paris.
d’Eveux de Fleurieu. Voyage fait par ordre du Roi en 1768 et 1769, à différentes parties du monde pour éprouver en mer les horloges marines inventées par M. Ferdinand Berthoud. 1773.
Le Bihan, Alain. Francs-Maçons parisiens du Grand Orient de France. 1966.
Vergé-Franceschi, Michel. La marine française au XVIIIe siècle. 1996.
Dossiers et archives de la BnF, notamment le tableau de la loge de 1773.

Cet article n’est qu’une fenêtre sur une histoire bien plus vaste, invitant à une recherche continue pour comprendre comment des institutions comme la franc-maçonnerie ont façonné la science et la société française.

Neurosciences ou neuro-fakes ?

Albert Moukheiber douche un peu les espoirs que le cerveau se laisse comprendre et réparer à la manière d’une mécanique.
Il explique le vrai et le faux.

Avant, tout était simple. Il y avait les croyances, religieuses ou idéologiques entre autres, et puis la science. Cette dernière dispose d’une méthode éprouvée : toute théorie doit être vérifiée par essais concrets et les résultats doivent être reproductibles. Si ces conditions sont scrupuleusement respectées, alors seulement la théorie peut être autorisée à formuler des prédictions.

Tout cela marche admirablement pour les sciences dites exactes : mathématiques, physique, chimie,… L’affaire se complique dès qu’on touche au vivant : celui-ci semble prendre un malin plaisir à se rebiffer, mettant souvent la reproductibilité à mal. C’est que la complexité du vivant, et peut-être l’humain encore plus, fait qu’il n’y a jamais deux situations identiques. Et, de plus, tous les processus biologiques ont des boucles de rétroaction.

Malgré tout, les sciences humaines ont connu de beaux progrès, à commencer par la médecine.

Un précieux outil pour cela est constitué par la science statistique. Les stats ont aussi aidé la sociologie à objectiver les données. En effet, dès qu’on approche l’humain, les émotions émergent, colorant les perceptions, et risquant de fausser les conclusions par nos biais de raisonnement. Le terrain le plus mouvant à explorer serait bien la psychologie . Une grande partie du processus se déroule dans le cerveau, assemblage opaque de milliards de neurones et quelques autres types de cellules.

C’est là que les neurosciences arrivent, avec la promesse d’avoir enfin une preuve biologique des théories qui se sont bousculées jusqu’ici. Nous connaissons bien sûr la psychanalyse freudienne et ses variantes telles que la psychologie jungienne ou l’analyse transactionnelle. Il y en a bien d’autres, mais beaucoup ont formulé une découpe du cerveau en fonctions, pour ensuite chercher à les localiser.

Quelques exemples de ce localisme .

Exemple 1 : nous aurions en fait 3 cerveaux : le système reptilien, siège des pulsions, le système limbique, siège des émotions, et le système cortical, siège du raisonnement. Ce découpage se base sur des arguments évolutionnistes. Exemple 2 : nous connaissons aussi les distinctions entre les fonctions du cerveau droit et du cerveau gauche . Le gauche paraît plus spécialisé dans les traitements analytiques et le droit plutôt holistique.

On voit poindre là le danger : on peut le nommer le réductionnisme, le plus courant étant le localisme. Le réductionnisme provient de notre tendance naturelle à découper un problème en sous-problèmes que l’on résoudra séparément avant de réassembler le tout : le meccano, quoi. Le risque est évidemment lié à la perte de la vue d’ensemble en cours de route. Une voiture avec ses quelques milliers de pièces, l’ingénieur maîtrise, mais un cerveau avec des milliards de neurones que rien de distingue, avec chacun plein de synapses, c’est une autre paire de manches.

L’outil privilégié des neurosciences c’est l’ IRMf, IRM fonctionnel.

On demande à un sujet d’effectuer une tâche manuelle ou intellectuelle, tout en observant le taux d’activité des neurones de chaque zone du cerveau. Et on en déduit par exemple que le striatum est le siège du plaisir immédiat et des addictions, et que leur vecteur est la dopamine.

Jusque-là, il y a une utilité, par exemple pour ceux qui ont subi des dégâts dans certaines zones de leur cerveau. Mais pour aller plus loin, problème, la dopamine joue aussi un rôle dans d’autres affects, et n’est pas le seul vecteur dans les addictions. Entre temps, les spéculations vont bon train : notre circuit de la récompense ( striatum + dopamine ) est sensible aux stimuli extérieurs. Et ce serait inclus dans les algorithmes commerciaux sur internet. Nous serions donc dorénavant, via une compulsion à l’achat-plaisir, devenus les esclaves soumis des multinationales. Voilà pourquoi nous serions devenus incapables de modifier nos habitudes pour « sauver la planète ».

Albert Moukheiber, dans son Neuromania, nous met en garde contre ces lectures simplistes.

Le comportement d’un individu est toujours tributaire de 3 piliers : le cerveau, le corps et l’environnement. Négliger l’un des trois mène à de grossières erreurs. De même, les fonctions de raisonnement ( système 2 ) et d’affects ( système 1 ) ne jamais indépendantes l’une de l’autre. Lorsqu’aucun dommage ne semble affecter le corps, nous, mais aussi une part du corps médical, à cataloguer un problème comme purement psychologique, ce qui est une erreur. C’est le cas des troubles psychosomatiques. L’environnement joue aussi un rôle important, par exemple lorsqu’il est stressant.

Nous vivons dans une société individualiste qui nous incite à être chacun performants. Pour ce faire, tout un monde de méthodes de développement personnel tente de nous vendre ses recettes payantes. Pourtant, beaucoup de ces théories n’ont jamais pu être validées par les méthodes statistiques de la psychologie.

En Franc-maçonnerie aussi nous partons du connais-toi toi-même.

Nous sommes donc également tentés d’expérimenter ces méthodes. Certaines prophéties sont auto-réalisatrices, ainsi va la psychologie humaine, et cela peut brouiller les résultats.

Il convient donc de rester prudent et de regarder la réalité en face : les neurosciences ont encore un long chemin à parcourir. Un phénomène apparemment simple comme la douleur n’est pas encore mesurable de manière objective.

Et nous, maçons avides de tout comprendre et savoir sur nous-mêmes, alors ? Eh bien, nous devrons encore patienter un moment avant de disposer de toutes les données fiables nécessaires. Mais que cela ne nous empêche pas de continuer à réfléchir et agir ! 

Une petite dernière à propos des méthodes de développement personnel. Il a été démontré que, si elles obtiennent quelques résultats positifs, c’est dû pour une bonne part à leurs tests de personnalité. En effet, ceux-ci nous placent dans des catégories dans lesquelles nous ne sommes pas seuls, et grâce à cela nous nous sentons normaux. Pensez-y !

Texte garanti sans IA !

01/03/25 : Conférence à Genève au GO de Suisse

« Une frontière, deux démocraties : analyse comparative des systèmes politiques suisse et français, leur représentativité et leurs limites ».

Le Grand Orient de Suisse vous invite à une conférence publique passionnante, le 1er mars 2025, à 14h00 à l’Université Ouvrière de Genève (UOG).

Cette conférence sera animée par deux intervenants d’exception : Simon Brandt, (membre du Conseil municipal de la Ville de Genève) et Grégory Berkovicz, (avocat, essayiste et homme politique).

Une réflexion sur deux modèles politiques distincts:

Si proche et pourtant si loin. La Suisse et la France, bien qu’étroitement liées par leur histoire et leur géographie, reposent sur deux systèmes politiques profondément différents. Tandis que la Suisse est un modèle de décision collective décentralisée et fédéraliste, la France incarne une tradition centralisée et unitaire.

Salle de réunion, une main levée

Cette conférence propose d’explorer ces deux modèles à travers une analyse comparative :

   •      Comment la démocratie directe suisse, avec ses outils comme l’initiative populaire et le référendum, a façonné un système politique unique ?

   •      En quoi la démocratie représentative française, héritière d’une longue tradition jacobine, montre-t-elle aujourd’hui ses limites dans un contexte d’instabilité politique ?

   •      Quelles leçons peut-on tirer de ces deux systèmes pour répondre aux défis actuels des démocraties modernes ?

Rappelons que l’histoire des deux nations est intimement liée : c’est Napoléon Bonaparte, avec l’Acte de Médiation, qui a donné à la Suisse sa structure fédérative actuelle après l’échec de la République helvétique, un modèle inspiré des idéaux révolutionnaires français.

Une opportunité unique pour réfléchir à l’avenir de nos démocraties

Personnes en réunion à table, conférence

Alors que la France traverse une instabilité politique sans précédent depuis le début de la Vème République, la Suisse continue de se distinguer comme un modèle de stabilité. Cette conférence offrira une occasion rare d’explorer les forces et les faiblesses de chaque système, mais aussi d’envisager des pistes pour vivifier nos démocraties, en s’inspirant du meilleur de chacun.

Nous vous attendons nombreux pour cet échange intellectuel riche et stimulant, où la réflexion sur le fonctionnement de nos institutions croisera les grandes questions de la représentativité et des limites de la démocratie.

Informations pratiques :

📅 Date : 1er mars 2025

🕑 Heure : 14h00

📍 Lieu : Université Ouvrière de Genève (UOG) 

Frais de participation : Frs 10.- / pers.

Inscription : https://my.weezevent.com/une-frontiere-deux-democraties

Quand la Grande Loge de France innove !

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C’est un événement qui est passé inaperçu et pourtant ce n’est pas rien !

Il faut dire que la GLdF n’a pas vraiment communiqué sur ce sujet et l’innovation en question n’apparaît que si on porte attention au contenu d’un dossier !

Le dossier en question concerne l’ensemble des contributions des loges de la GLdF dans la question sur l’intelligence artificielle !

L’innovation concerne la manière dont la synthèse des contributions des loges a été réalisée !

Les responsables de ce travail ont utilisé l’intelligence artificielle pour aboutir à une synthèse « intelligente » !

Il me semble que cette procédure est un véritable progrès ! Jusqu’à maintenant elle était réalisée par des humains de façon intellectuellement peu satisfaisante et cela aboutissait à un méli-mélo castrateur d’idées novatrices.


Nul doute que cette utilisation de l’IA dans les travaux maçonniques méritera d’autres utilisations !

En intégrant dans une application « maison » toutes les données d’un sujet (en l’occurrence les rapports des loges sur l’IA), les responsables de la GLdF ont récupéré une synthèse intelligente qu’ils ont ensuite confrontée et corrigée à la marge !

Pour de grandes obédiences maçonniques possédant énormément de données, on pourrait imaginer un traitement par l’IA qui pourrait produire des « pépites » !

En tous les cas un premier pas a été franchi et c’est tout à l’honneur de la GLdF !

L’essentiel de l’information qui concerne cet article est disponible sur le pdf réalisé par la GLdF.


En voici des extraits !

Ecoutez aussi l’intervention du GM Thierry Zaveroni, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle sur le plan spirituel dans l’émission de France-Culture !

Communiqué de Presse : GLFF – Tenue de Grande Loge

25 et 26 Janvier 2025 – New Cap Center – Paris 15e

La Tenue de Grande Loge (TGL) de la Grande Loge Féminine de France (GLFF) s’est déroulée les 25 et 26 janvier 2025 au New Cap Center à Paris, dans un lieu exceptionnel, au pied de la Tour Eiffel, en présence de 600 Sœurs venues de tous les territoires dans le monde. Ces deux journées intenses ont permis d’échanger autour des grandes orientations stratégiques de l’Obédience et de renforcer la cohésion entre les membres de la GLFF.

Un bilan et des perspectives ambitieuses

Logo GLFF

La Tenue a débuté par un rapport d’étape présenté par la Très Respectable Grande Maîtresse, Liliane Mirville, qui a salué la vitalité de l’Obédience, malgré un contexte global exigeant. Elle a également mis en lumière les avancées sur plusieurs axes stratégiques clés :

• Le renforcement de la vie initiatique et spirituelle : La GLFF s’engage à insuffler une nouvelle dynamique dans les travaux symboliques tout en promouvant l’excellence des rituels et la richesse des rites.
• La jeunesse et l’avenir : Des actions ciblées visent à attirer de nouvelles générations et à leur offrir un espace d’épanouissement spirituel et sociétal.
• Le rayonnement international : La GLFF continue de s’affirmer comme une voix forte de la franc-maçonnerie féminine dans le monde, en soutenant la création de nouvelles loges et en renforçant les liens avec ses partenaires internationaux.

Des moments forts et des échanges marquants

Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent

Les travaux se sont également concentrés sur des thématiques essentielles telles que la solidarité, la préservation des droits des femmes, l’inclusion du Handicap dans une perspective d’équité et de fraternité ainsi que l’innovation dans les outils de communication et de gestion (notamment via la plateforme EPONA). Ces sujets abordés avec une sensibilité propre à l’approche maçonnique et féminine, ont suscité des débats riches et constructifs, permettant à chacune de s’exprimer dans un esprit d’écoute et de bienveillance.

Au terme de ces deux journées, l’enthousiasme des Sœurs s’est traduit par des retours empreints d’émotion et d’énergie positive. Parmi les témoignages recueillis, voici quelques paroles qui illustrent la richesse de ces échanges :
– « Une Tenue de Grande Loge empreinte de dignité, de sérénité, de richesse et d’un éclat profondément humain » ;
– « Un chemin prometteur nous attend, guidé par la rigueur, la bienveillance et l’engagement » ;
– « Quel élan inspirant tu as su insuffler ! Nous repartons toutes avec une énergie renouvelée, des envies débordantes et des projets pleins les bras ! »

Perspectives pour 2025

Cette Tenue de Grande Loge marque une étape décisive pour l’Obédience, à l’aube de son 80e anniversaire. Les Sœurs de la GLFF, unies et déterminées, poursuivront leur engagement dans la cité et dans le monde, fidèles aux valeurs d’humanisme et de progrès qui font la richesse de leur institution.

Contact presse

Grande Loge Féminine de France
111-113 rue de Reuilly, 75012 Paris
communication@glff.org

Le cheminement des présocratiques

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(de la phusis au logos)

« C’est savoir, qu’écoutant non pas moi mais la raison, l’on accorde que tout est Un »

Héraclite

Dans les travaux que nous entendons en loge, nous pourrions parfois penser que la pensée philosophique de l’Antiquité ne débute qu’avec Socrate, Platon ou Aristote dont nous disposons des écrits, chose que nous ne possédons pas totalement avec ceux qui les précédèrent. Mais à la lecture des fragments dont nous disposons de leurs œuvres, nous prenons conscience que le socle de la pensée socratique, platonicienne ou aristotélicienne repose sur eux et est un résumé des cheminements ou de leur errances.

Il faudra attendre le célèbre peintre et architecte italien Raphaël (1483-1520) pour que justice leur soit rendue à travers sa célèbre fresque « l’Ecole d’Athènes » exposée dans « la chambre de la Signature » (Les Stanze) au Palais du Vatican et qui est la galerie de tous les philosophes grecs, surtout des présocratiques, à-travers la représentation de 58 personnages.

Auguste Comte (1798-1857), le célèbre philosophe, inventeur du mot sociologie, pensait, dans son « Discours sur l’ensemble du positivisme » (1) que les sociétés humaines suivaient la même évolution que l’homme, de son enfance à l’âge adulte et jusqu’à parfois à sa disparition ou a un blocage à un stade qui n’évolue plus (d’où la notion de « primitifs »). Comme l’enfant qui vient de naître, les sociétés humaines sont plongées dans une pensée archaïque souvent effrayante, où les forces de la nature prédominent et imposent l’unicité d’un sens. Puis, peu à peu, elles rejettent l’archaïsme et mettent en place une orientation qui devient théologique ou philosophique. Pour Auguste Comte, c’est évidemment l’orientation philosophique qui illustre l’âge adulte des sociétés. Concernant notre réflexion, l’orientation philosophique et scientifique des présocratiques en ferait un modèle de pensée adulte, par le rejet de toute mythologie ou théologie, contrairement à Socrate, Platon ou Aristote qui vont « re-théologiser » la philosophie, ce que pensent Nietzche et Heidegger, en considérant que les présocratiques constituent la véritable tradition philosophique, dénaturée par les platoniciens qui, à longueur de textes, sont bien obligés malgré eux de faire une constante référence (et révérence assez souvent d’ailleurs !) à ces penseurs présocratiques.

L’incroyable travail de réflexion que nous pouvons mettre en œuvre à partir des quelques fragments que nous possédons, nous en disent long sur une pensée que les platoniciens ne firent qu’aménager ou par les récupérations opérées par les religions monothéistes par la suite !

Le professeur Jean Brun, spécialiste de l’Antiquité, écrit (2) : « La lecture des présocratiques peut-être pour nous des plus enrichissantes en tant qu’elle nous invite à nous demander si les héros du savoir que nous sommes devenus dans notre civilisation scientifico-technicienne n’ont pas fait en même temps de nous des dépossédés de l’Être »… car c’est une vue de l’Être qui nous fonde et non pas nous qui fondons l’Être. Le sens n’est pas à faire, il est à décrypter. Ainsi les présocratiques sont plus des traducteurs, des observateurs de la nature, que des orienteurs de sens. Nature de laquelle ils dépendent comme éléments et non comme contremaîtres d’un dieu. C’est d’ailleurs à partir de la nature qu’ils tireront un certain nombre de problématiques : chacun ira de son « De la Nature », ce qui amènera Aristote à les qualifier, injustement, de « physiologues ou physiciens » car, pour eux, la nature est une force en croissance et en extension, et non un réservoir d’énergie et de matériaux dont l’homme n’est nullement propriétaire et dont le but de l’existence est la recherche d’une harmonie entre les parties et le Tout, dans une dynamique qui associe la mesure, l’esthétique, l’éthique et l’ontologie.

Les chercheurs actuels tentent de découvrir si la pensée de présocratiques bénéficia de l’apport de pensées orientales. Nous pouvons avancer l’idée que certaines théories émises reçurent des apports de l’Egypte, de la Perse, et sans doute de l’Inde, mais connurent des adaptations et des interprétations locales du génie hellénistique. Les présocratiques sont, avant tout, des hommes qui posent le problème de l’Être, en s’opposant aux théologies du mythe qui tournent le dos à la nature et qui ne sont que des conventions artificielles issues de l’imagination humaine. Cependant pour Heidegger, les présocratiques sont ceux qui ne se détournaient pas de l’Être au profit de l’existant, qui se préoccupaient des relations entre l’Être et l’étant, du lien entre l’étant et le néant et celui de la vérité comme dévoilement, initiation, et non comme rapport logique. Il ne s’agit pas, ici, de tenter de résumer les milliers d’ouvrages savants publiés sur la question, mais plus modestement de mettre en relief quelques parallélismes entre quelques présocratiques et la Franc-Maçonnerie.

I-LES IONIENS OU MILESIENS : ORDO AB CHAO.

Il est intéressant de constater que la naissance de la philosophie, qui naît au VIe siècle avant J.C., n’a pas son origine dans la Grèce continentale mais dans les implantations d’Asie Mineure et qui continuera toujours à l’extérieur au Ve siècle devant l’avancée des Perses, notamment en Sicile où Platon écrira ses œuvres les plus célèbres.

Milet, ville prospère d’Asie Mineure, ouverte sur le monde de l’époque, va être le berceau d’une très grande école philosophique présocratique où l’on retrouve les noms prestigieux de Thalès, Anaximandre et Anaximène. Nous pouvons même avancer l’idée que c’est à Milet que naît le concept de philosophie. Contrairement aux mythologues, au prêtres et aux poètes, on y interroge le principe, l’ «Archè » de la nature, sans recourir à une explication sur les mythes de création, donc sans faire intervenir les dieux. Cependant, une question va se poser en permanence avec insistante : comment concevoir que la nature « est » éternellement présente, alors qu’elle se transforme sans cesse ? Existe t-il un principe qui puisse expliquer l’être et le devenir ?

Les Milésiens ne développeront, volontairement, ni éthique ni théories de la connaissance : ils ne s’intéressent qu’à la « Phusis », la nature, comme matrice de toute création et de l’éternité, d’où leur nom de « physiologues » (« Les penseurs de la nature »). Chacun va voir le principe créateur, en priorité, dans l’un des éléments naturels.Ainsi, Thalès va présenter l’eau comme l’élément fondateur de la création, réduisant la matière à des particules élémentaires, comme la démarche de la physique contemporaine s’y efforce aujourd’hui. Il devance aussi la théorie de l’évolution darwinienne sur la naissance des espèces en milieu marin (3), et la théorie psychanalytique sur la relation de l’eau à-travers le liquide amniotique, comme l’évoquaient les deux psychanalystes Sandor Ferenczi et Otto Rank (4).

Anaximandre, avec son concept d’infini, d’illimité (l’ « Apeiron ») va orienter l’étude de la nature vers une dimension métaphysique qui permet encore à la philosophie de se distinguer des sciences dont elle a accompagné la naissance. La nature, selon lui, peut se définir comme une respiration : les choses s’exhalent de l’infini et s’y engouffrent. Ce qui amènera son successeur, Anaximène, à identifier l’infini à l’air, constituant un élément intangible, d’où Einstein tirera la conclusion selon laquelle toute matière équivaut à de l’énergie. Ils sont aussi le pont à la question de l’être et du langage : dire que la nature est « ceci ou cela » suppose déjà, comme disait Nietzsche, l’utilisation d’une « grammaire » spécifique, mais aussi que l’homme devient créateur ou participant à la nature, à la place d’un Dieu qui nomme et donc fait exister. L’homme prend la place de Dieu en nommant. Les présocratiques retrouvent la parole perdue ! …

Les percées audacieuses des physiologues milésiens fixèrent le cadre d’une réflexion où se croisent sciences et philosophie, mais ouvrirent également le champ à des réflexions spirituelles qui débouchèrent sur un symbolisme qui est encore largement utilisé de nos jours. Grands adversaires de la pensée païenne, le judaïsme et le christianisme vont récupérer la pensée des physiocrates et de leur divinisation des éléments naturels pour en faire les messagers ou les représentations d’un Dieu unique. Naturellement, les quatre éléments chers aux Grecs (l’air, la terre, l’eau et le feu) sont très largement utilisés dans les textes. Citons quelques exemples (5) :

  • Ô vous les eaux au-dessus du ciel, bénissez le Seigneur ! (Dn 3, 60).
  • Ma parole n’est-elle pas comme un feu ? (Jr. 23, 29).
  • Il est un temps pour planter et un temps pour arracher le plant (Qo 3, 2).
  • Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’esprit (Jn. 3, 5-8).

Mais les présocratiques iront plus loin : ils nous montrent que l’homme a obligatoirement « les pieds sur terre », qu’il est enraciné dans la matière et que son corps et son esprit y sont liés. Les « atomistes » (Démocrite et sa réflexion sur l’Être et le néant, par exemple) en feront un système : point de création « ex-nihilo », juste le constat de l’enracinement dans une éternité infinie qui ferait que toute la nature, homme compris, est de la même étoffe. Issue de la culture judéo-chrétienne, la Franc-Maçonnerie, elle aussi, à largement puisée dans la symbolique des quatre éléments : tous les rituels en sont imprégnés.

II- PYTHAGORE, HERACLITE, PARMENIDE, EMPEDOCLE, ANAXAGORE, ET QUELQUES AUTRES …

Pour de nombreux spécialistes des présocratiques, ce sont les Milésiens qui seraient les bonnes fées penchées sur le berceau de la philosophie, même si le concept en est attribué à Pythagore ! En réalité, les contemporains et surtout les successeurs s’inspireront en adoptant ou en contestant ces hommes de Milet, osant rejeter les mythes au profit de la réflexion et de la science. Cependant, il est important pour nous de continuer à comprendre l’apport direct ou indirect (Par l’héritage judéo-chrétien notamment) que ces pensées ont joué sur la Maçonnerie.

Pythagore et ses disciples vont jouer un rôle essentiel dans la mise en place d’une spiritualité qui va tenter d’aller au-delà de la pensée des Ioniens, tout en conservant les bases de leur réflexion sur l’animation du cosmos par une force, voire un esprit. Pour eux, ils vont faire du monde une harmonie et un nombre. Cette vision, avant la lettre, du concept de « Grand Architecte De l’Univers » va inciter Pythagore à la mise en place d’une confrérie initiatique à Crotone, en Italie du sud. Influencé par ses contacts avec les prêtres de Chaldée, d’Egypte et de Phénicie, il va créer ce que nous pourrions imaginer comme les prémisses d’une Franc-Maçonnerie qui comprenait les novices (les « Acousticiens ») et les initiés (les « mathématiciens »). Cet amour des mathématiques va conduire d’ailleurs les pythagoriciens à la constitution d’une véritable métaphysique : par exemple, Hippase déclare que le nombre est le « modèle premier de la création de l’univers, du dieu artisan de l’ordre du monde ».

Les nombres sont d’essence divine, analogues ou supérieurs aux dieux de la mythologie et ont chacun leur particularité. Prenons par exemple les quatre premiers : le numéro un est la monade, l’unité par qui tout est créé ; le deux ou dyade figure le chaos (qui veut dire en grec « infini ») ; le trois est le nombre réconciliateur et le quatre celui qui symbolise la justice et achève cette « tétrade » des quatre premiers nombres. La série des dix nombres forme un tout achevé, la « décade », dont la totalité de l’univers est l’image et où une harmonie règle les rapports entre les nombres, la fameuse « musique des sphères ». L’apothéose mathématique et secrète sera le concept secret des pythagoriciens dans le « nombre d’or », qui préside à la construction du « dodécaèdre », figure de l’univers tout entier. Platon, notamment dans « Timée » sera profondément influencé par Pythagore, ainsi que la science moderne : par exemple la physique quantique ou les multiples entiers de la constante de Plank. La Franc-Maçonnerie, comme Pythagore, est amoureuse des nombres : chaque rituel s’appuie sur leurs significations, afin d’affirmer que l’anarchie ne règne pas en maîtresse et qu’un ordre logique dirige le cosmos.

Héraclite va donner un nom à cet ordre : le logos, qui est la raison éternelle et l’intelligence universelle. Pour lui, la sagesse consiste à connaître cette pensée qui régit toute chose et, en premier lieu, les hommes. Mais que dit le logos ? Il affirme simultanément l’unité et la transformation perpétuelle du monde, semblable aux flux incessant d’un fleuve. Cette vacuité, cette transformation permanente, représente, en fait, pour Héraclite, les contraires qui constituent l’harmonie. Il écrit : « Le chemin qui monte et celui qui descend ne sont-ils pas le même chemin ? Dès lors, l’harmonie consiste à trouver le chemin et ne pas s’attarder sur ses variations ». Héraclite sera le premier des philosophes à penser que la différence, l’opposition, est un facteur déterminant de la nature et de son devenir. C’est parce que l’autre est différent qu’il m’enrichit. La non-différence conduit à l’inertie, à la mort. Cette vision de l’affrontement des contraires conduira à la philosophie de Hegel et de Marx. Pour nous, Maçons, le message est clair : c’est le prochain, dans son altérité acceptée, qui crée notre propre dynamisme, qui nous épargne l’enfermement narcissique, « in se ». Cela nous conduit à une ontologie, un discours sur l’être et le néant qui sera la préoccupation permanente de Parménide : « To be or not to be ? That’s the question ». Parménide pourrait répondre à Shakespeare que cela est la même chose : seul l’être est, parce que lui seul peut-être pensé. Heidegger et Sartre en tireront la base de leur réflexion : comment l’être fait-il face et s’inscrit-il dans le néant ? Question qui est aussi à l’ordre du jour, en permanence, dans nos loges.

III- CONCLUSION : DONNER SENS AU DESTIN.

Dépassant une admiration, voire une fascination, pour la nature, les présocratiques vont tendre vers la recherche d’un sens à la marche du cosmos afin d’y découvrir une loi, hors de toute imagerie anthropomorphique réductrice, afin de bannir la peur et l’incertitude du destin. En fait, de trouver ce que les Latins nommeront l’ « acquiescentia in se ipso », l’accord avec soi-même et le monde. Les présocratiques nous conduisent à la liberté du sujet comme but ultime de la philosophie, mais une liberté qui ne peut avoir de sens que dans la reconnaissance d’une loi. Ce que résume le Père jésuite Christoph Théobald quand il écrit (6) : « Il y a pour l’enfant un certain chemin à parcourir entre la sortie du sein maternel et la capacité de s’orienter librement dans le monde, c’est-à-dire se situer dans la société en engageant un rapport libre et symétrique avec elle.

Ce chemin attirant est aussi chargé d’angoisses, parce qu’il faut s’orienter dans un espace qui s’élargit quasiment jusqu’à l’infini. Apparaît ici une première fonction de la « loi », qui consiste dans la structuration de cet espace. Cet aspect est fortement souligné dans le judaïsme : la « loi » est liée à l’idée de création, donc de distinction et de séparation ». C’est là qu’intervient l’éducation philosophique, en se rappelant qu’ « educere », en latin, signifie « faire sortir ». Les présocratiques ont voulu, également, protéger l’homme de la « pléonexia », terme qu’utilisera Paul Ricoeur pour désigner un appétit du surplus, du non-nécessaire, qui conduit fatalement à l’ « ubris », à la démesure. Ni ascétisme, ni folie des grandeurs, mais une recherche du juste milieu.

Ceci les conduira a enseigner que l’homme est de même nature que son semblable et qu’il ne peut se permettre d’arrogance à son endroit. Cela, cependant, ne signifie pas l’alignement : le dynamisme des sujets, des sociétés et des groupes nécessite un entretien de ce que Freud appelait « l’identité par la petite différence », qui crée la cohésion du groupe, ce dernier ayant besoin pour s’aimer de se trouver un adversaire ! Ce que Freud souligne, avec un certain humour (7) : « Il est toujours possible d’unir les uns aux autres par les liens de l’amour une plus grande masse d’hommes, à la seule condition qu’il en reste d’autres en dehors d’elle- même pour recevoir les coups ». Ce que fera, d’une certaine manière, la société grecque dans son fonctionnement : Grecs de sang, métèques (non grecs, mais parlant la langue grecque), esclaves et, au-delà, les « barbaroï », ceux qui sont rejetés comme des êtres totalement étrangers à la culture grecque. Ainsi les présocratiques, nous posent la question : « Mais qui est mon frère, qui est mon semblable ? Celui de mon « sang » exclusivement ou tous, même l’esclave et les barbaroï ? ». Question qui reste prégnante pour la Maçonnerie.

Enfin, les présocratiques nous incitent à ne pas être complices de la représentation, de la « doxa », du lieu commun, et de voir au-delà de l’imaginaire et des modes. Lire et relire les présocratiques est un exercice salutaire pour les Francs-maçons, car cela procède de la construction philosophique d’un pont entre nous et ces hommes lucides qui, dans le chaos de l’imaginaire, cherchaient un sens et, selon la formule de Pascal Quignard, tentaient de mettre un peu de lumière dans l’avenir de tous les matins du monde…

NOTES

(1) Comte Auguste : Discours sur l’ensemble du positivisme. Paris. Ed. Flammarion. 2008.

(2) Brun Jean : Les présocratiques. Paris. PUF. 2016. (Page 3).

(3) Darwin Charles : L’origine des espèces. Paris. Ed. Flammarion. 2008.

(4) Ferenczi Sandor : Thalassa. Psychanalyse des origines de la vie sexuelle. Paris. Ed. Payot. 2002.
Rank Otto : Le traumatisme de la naissance. Paris. Ed. Payot. 2002.

(5) Cocagnac Maurice : Les symboles bibliques. Lecture théologique. Paris. Ed. Du Cerf. 1993.

(6) Theobald Christoph : Eduquer à la liberté. Paris. Revue Etudes. Janvier 2018. (Page 84).

(7) De Mijolla-Mellor Sophie : Les arrogants. Paris. Ed. Dunod. 2017. (Page 188).

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Sissa Giulia et Detienne Marcel : La vie quotidienne des dieux grecs. Paris. Ed. Hachette. 1989.

La Franc-maçonnerie : la patrie des mystères

De notre confrère universalfreemasonry.org – du Frère Pamela McDown

La Franc-Maçonnerie est souvent présentée comme un « système de moralité, voilé d’allégorie et illustré par des symboles ». Mais pourrait-elle être plus que cela ? Ses origines anciennes et ses profondes racines mystiques peuvent-elles nous révéler une vision de la Franc-Maçonnerie bien plus grandiose que celle que nous concevons habituellement ?

« C’est une drôle de chose de rentrer à la maison. Rien ne change. Tout a la même apparence, la même sensation, même l’odeur. Vous réalisez que c’est vous qui avez changé. »

Eric Roth

Vous êtes-vous déjà demandé quelle est la véritable signification du mot « chez soi » ? L’interprétation la plus simple serait d’assimiler le foyer à l’espace physique dans lequel nous vivons. Mais le terme « chez soi » évoque-t-il quelque chose de différent des quatre murs du bâtiment ? Quels éléments, pourrions-nous nous demander, constituent en fait un « chez soi » ? J’ai le sentiment que nos maisons servent de réceptacles à une histoire remarquable qui nous lie à nos ancêtres par des liens profonds et anciens de signification. Nous ne savons peut-être pas d’où viennent ces coutumes et ces symboles ni ce qu’ils signifient, mais leur présence enrichit la trame de nos vies. De même, la franc-maçonnerie est souvent saluée comme la « Maison des Mystères ». Qu’est-ce qui fait alors du Temple un « chez soi » et quels sont les liens mystiques qui unissent les francs-maçons aux traditions des Mystères ?

Pour répondre à ces questions essentielles, un bref voyage dans l’histoire de l’évolution de l’artisanat s’impose.

D’où vient la Franc-maçonnerie ?

L’étude des origines et de l’évolution de la franc-maçonnerie demeure l’un des sujets les plus déroutants. Les récits historiques indiquent que le 24 juin 1717, la franc-maçonnerie est apparue à Londres en tant qu’entité visiblement organisée, comme sortie de nulle part. Bien que tous les scénarios soient possibles, certains historiens avisés se demandent si cet événement s’est déroulé exactement de cette manière.

Pour remonter aux origines de l’art, de nombreux spécialistes s’accordent à dire qu’il faut commencer par des origines extrêmement anciennes. Le frère franc-maçon Manly Palmer Hall va jusqu’à dire que l’ordre maçonnique serait né « dans l’enfance de l’humanité », une date qui fait encore débat dans les cercles scientifiques mais que l’ésotérisme situe à environ 18,5 millions d’années. Selon lui, l’ésotérisme himalayen a joué un rôle crucial en dotant l’Égypte de sa sagesse légendaire qui s’est ensuite retrouvée dans la franc-maçonnerie. Dans ses écrits, il cite des historiens grecs classiques qui rapportent explicitement que certains concepts mystiques ont été apportés en Égypte depuis l’Inde. Ces concepts mystiques renvoient à un ensemble de connaissances sur le cosmos, le divin et l’être humain. Ils traitent des aspects visibles mais, plus particulièrement, des dimensions invisibles, métaphysiques ou spirituelles.

En considérant « l’enfance de l’humanité » comme la période de naissance potentielle de l’édifice maçonnique, nous avons affaire à un citoyen très âgé, un ancien sage qui a parcouru de vastes distances au fil du temps.

Ce chemin ancien commence avec la sagesse ésotérique cachée de la Fraternité himalayenne, où se trouve l’origine des Védas et des Upanishads, écrit le frère HP Blavatsky. Il se déploie ensuite en Égypte, progressant à travers les Mystères grecs et romains et Pythagore, culminant avec les gnostiques ultérieurs. La transmission de la connaissance occulte dans la tradition occidentale se poursuit ensuite à travers les sectes gnostiques et les Arabes, évoluant vers l’alchimie, pour finalement atteindre les Templiers. De là, elle fut transmise à des groupes tels que les Rosicruciens et leurs contemporains, y compris les Francs-Maçons.

Tout cela suggère un héritage complexe légué par les mystères aux générations futures via une chaîne de doctrines métaphysiques interconnectées. Les personnes sans éducation et sans intérêt pour les traditions mystiques et l’ésotérisme peuvent considérer les écoles de mystères, comme celles d’Égypte, comme de simples sites de rituels païens, ornés de hiéroglyphes étranges et d’immenses structures construites par d’innombrables ouvriers. Cependant, les personnes ayant une compréhension plus profonde, en particulier celles qui ont subi les rituels d’initiation maçonnique, reconnaîtront un lien entre ces traditions métaphysiques et les écoles de mystères modernes, dont la franc-maçonnerie fait partie.

Le livre « Rayons et Initiations » nous donne une déclaration stupéfiante selon laquelle les anciens mystères, y compris la franc-maçonnerie, « contiennent la clé du processus évolutif, cachée dans les nombres et dans les mots ; ils voilent le secret de l’origine et de la destinée de l’homme, lui décrivant dans des rites et des rituels le long chemin qu’il doit parcourir. »

Quels sont les signes qui permettent à l’enseignement maçonnique de justifier une responsabilité aussi cruciale en tant qu’agent de l’avancement de l’évolution du monde ? Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Le livre fondateur du Frère CW Leadbeater, « Aperçus de l’histoire maçonnique », décrit quatre écoles principales qui existent à l’heure actuelle et qui ont agi comme des « foyers » de la pensée maçonnique. Chacune d’entre elles a sa propre approche unique des Mystères.

Les quatre écoles de pensée maçonnique

École authentique – Considère la franc-maçonnerie comme un aspect de la recherche, de l’érudition et de la philanthropie.

École anthropologique – Applique les découvertes de l’anthropologie à l’étude de l’histoire maçonnique comme les signes et les symboles dans les peintures murales, les sculptures et les bâtiments anciens des principales races du monde.

L’École Mystique – Déclare que les degrés de l’Ordre sont symboliques de certains états de conscience qui doivent être éveillés chez l’initié individuel s’il aspire à gagner les trésors de l’esprit.

L’École Occulte – Forme toute la nature, physique, émotionnelle et mentale, jusqu’à ce qu’elle devienne une expression parfaite de l’esprit divin intérieur et puisse être utilisée comme un instrument de service efficace pour l’évolution de l’humanité.

Ces quatre écoles (et d’autres) cherchent à découvrir des éléments des traditions des mystères et à les restaurer dans leur beauté, leur intention et leur nature originelles. Dans la littérature théosophique, on nous dit qu’un processus en trois étapes est envisagé pour cette restauration. La première phase comprend une élévation généralisée de la conscience et de la prise de conscience dans tous les aspects de l’existence humaine. Ensuite, une réorientation économique complète se déroulera dans la deuxième phase. La troisième phase, intimement liée aux Mystères, impliquera la présentation publique de la Troisième Initiation comme un rite significatif.

Karnak, en Egypte - monuments

Pourquoi est-il si difficile d’imaginer un monde où les mystères anciens nous emmènent bien au-delà des frontières du quotidien ? Peut-être est-ce parce que de nombreux groupes maçonniques sont imperméables à la spiritualité en général. Mais, nous dit-on, si l’on met de côté l’accent mis sur la spiritualité, le symbolisme, les rituels et les leçons de la franc-maçonnerie auront une grande valeur instructive pour l’humanité. L’éveil spirituel est le retour ultime à la maison. C’est la découverte d’un foyer que l’on ne peut jamais quitter et la prise de conscience que l’on n’a jamais été ailleurs que chez soi.

« Ce qui était un mystère ne le sera plus, et ce qui était voilé sera désormais révélé ; ce qui avait été retiré émergera à la lumière, et tous les hommes verront et se réjouiront ensemble. » – Aphorisme ancien

Coup de maillet pour rire

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Un opus de la collection ENJEUX INITIATIQUES consacré à l’humour maçonnique ?

La Franc-maçonnerie comporte de multiples facettes qui reflètent toutes une parcelle de nous-mêmes. Bienheureux les cherchants qui folâtrons sur la voie initiatique. L’amour fraternel se nourrit d’ésotérisme, de spiritualité, de convivialité… et d’humour. Si ce que nous faisons en Loge est on ne peut plus sérieux, l’humilité nous interdit de nous prendre au sérieux.

Alors cédons au plaisir de nous regarder dans le miroir que nous tend François Morel, dans lequel nous pouvons contempler à loisir nos travers, nos faiblesses et nos maladresses, avec, cela va de soi, la charité et la clémence requises par nos rituels.

L’Auteur

François Morel est avant tout connu pour son expertise en tant qu’ingénieur spécialisé dans les « chambres blanches », une technique de pointe utilisée dans l’industrie pharmaceutique et informatique pour garantir des environnements de production ultra-stériles. Son travail dans ce domaine se concentre sur la conception et la maintenance de ces espaces critiques où la contamination doit être minimisée.

Outre ses compétences techniques, Morel est également un musicien, bien que les détails de ses activités musicales soient moins documentés publiquement. Il semble qu’il ait une passion pour l’art sous diverses formes, ce qui le mène à son autre talent notable : le dessin. En tant que dessinateur, il se distingue par son humour et son sens de l’observation, ayant publié des œuvres humoristiques destinées à l’industrie pharmaceutique. Ses dessins offrent une critique légère et souvent drôle de l’environnement professionnel dans lequel il travaille, abordant des sujets tels que les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) et les Bonnes Pratiques de Management (BPM).

François Morel est également membre de la Franc-maçonnerie, affilié à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF). Son implication dans ce domaine reflète son intérêt pour la philosophie, la morale et la fraternité, valeurs centrales de cette organisation. Il a contribué à la littérature maçonnique avec des ouvrages comme « Les Secrets de la méthode maçonnique », co-signé avec Jacques Carletto, et des « cahiers de vacances du franc-maçon » qui visent à enseigner les principes maçonniques de manière ludique et humoristique.

Son travail en tant que dessinateur dans ce contexte est souvent marqué par une approche humoristique, visant à rendre accessible et moins solennelle la complexité des rituels et des symboles maçonniques. Ses dessins sont publiés sur divers sites maçonniques et dans des livres spécialisés.

En résumé, François Morel est une figure polyvalente, combinant des compétences techniques en ingénierie avec des talents artistiques et une profonde implication dans la communauté franc-maçonne, illustrant ainsi une carrière et des intérêts diversifiés.