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L’énigme des Maîtres -4- Des aveux étonnants

(Lire le précédent épisode ici)

Mais avant, voyez-vous Alexander,  je suis descendant de John Byrom de Kersal. Mon lointain ancêtre était un homme bien mystérieux, un franc-Maçon et un fellow  de la Royal Society présidée par Isaac Newton. Au début du XVIIIe siècle, il appartenait à son cercle intime. Leur entente dépassait largement le cadre des activités scientifiques pour l’amélioration de la connaissance, ce qui est, comme vous le savez, l’objet premier de la Royal Society. Ensemble, avec un groupe retreint de fellows, ils ont exploré les voies de la Connaissance pour tenter de percer les secrets de l’univers, mais aussi, les secrets de l’âme humaine. Ils croyaient fermement que par ces voies ils trouveraient le salut de l’âme.

Les écrits de John Byrom sur le résultat de leurs travaux secrets, ont été détruits à la fin du XIXe siècle dans des conditions assez obscures. Mais tout n’a pas été perdu. En plus d’un généreux héritage, les descendants successifs de ma branche se sont portés protecteurs d’une collection secrète de 156 anciens dessins  de nature alchimique et cabalistique.

Malheureusement, malgré mes précautions, quelques semaines après que trois carnets me furent confiés, deux ont été dérobés en même temps que plusieurs tableaux de Maîtres, lors du cambriolage de ma résidence près de Manchester. Fort heureusement le troisième carnet était avec moi dans notre résidence familiale près de Montpellier.

C’est un carnet recouvert de cuir brun patiné sur lequel figure un cercle contenant un octogone contenant lui même un carré divisé par 9, chaque carré étant divisé lui-même par 8 ce qui donne 72 divisions. Les dessins de dimensions différentes sont de proportion 3/2, sur papier, parchemin et carton, certains imprimés probablement par des plaques de laiton, chacun différencié par une couleur unique. Ils sont densément recouverts avec des lignes de croisière et des motifs de dessins géométriques mystérieux qui ont fait preuve d’une compétence technique étonnante. Les croquis réalisés sont une iconographie de la philosophie cabalistique, du mysticisme, de l’architecture, de la Franc-maçonnerie, de la cosmologie et de la navigation, reliant les dessins à l’émergence de la science expérimentale à partir de son association avec l’ésotérisme. Le pouvoir du nombre et des proportions y est toute la clé de la géométrie cachée de bâtiments tels que la chapelle du King’s College à Cambridge d’où nous venons,  de l’abbaye de Westminster, des dessins d’exécution pour les premiers instruments de précision et des plans pour le Globe Theater, le Rose et cinq autres salles de théâtre élisabéthaines. Le codage de couleur pour la séquence du Globe est le même que le codage de couleur pour les deux dessins de la Monade de Dee avec des similitudes entre les caractéristiques de conception du Temple de Salomon et les caractéristiques de conception du théâtre.

Ce carnet me semble être un manuel de transcendance, un guide pour ceux qui cherchent à unifier les disciplines et à atteindre une compréhension supérieure.

Le comte marqua une pause avant de poursuivre en changeant de conversation.

– C’est lors des investigations pour rechercher les auteurs du vol que j’ai rencontré Peter Lhermitt, le père de Guido. Il avait rejoint la nouvelle cellule des crimes culturels de Londres en tant qu’expert en cryptographie. à force de nous fréquenter, nous sommes devenus amis. À la mort de sa femme, alors que Guido n’avait que dix ans, Peter m’a choisi comme parrain de Guido.

Porté par une prudence exacerbée, j’avais préféré taire l’existence du troisième carnet. J’ai attendu une bonne dizaine d’années avant de le lui montrer. Peter était à la hauteur du professionnalisme qu’on lui prêtait, il décoda rapidement les commentaires du carnet qui employaient une forme antique de sténographie.

Archibald marqua un silence prolongé. Alexander comprit que l’anglais pesait une nouvelle fois en lui-même s’il devait lui en dire plus. Guido lui avait assuré qu’il pouvait avoir entière confiance, et puis l’enquête des services internes avaient validé son profil.

  Il choisit néanmoins la voie de la prudence, se racla imperceptiblement la gorge et déclara en regardant Alexander dans les yeux :

–  C’est la première fois que j’ai entendu parler du signe.

Comme s’il avait trahit, Lord Winston afficha un visage crispé. Absorbé par ce récit épique, Alexander remarqua soudain que la voiture ne se dirigeait pas vers Londres.

En fin d’après-midi, Musée des sciences d’Oxford

–  Archibald, il va falloir m’expliquer. Que faisons-nous ici ? Nous devons absolument retrouver Guido.

– Ne vous inquiétez pas Alexander, Guido est parfaitement informé. Il y a d’abord quelques étapes que nous devons franchir ensemble. J’ai quelque chose d’important à vous montrer Alexander.

Cette réponse lui parut ambiguë.

– De quelles étapes parlait-il ?

À l’évidence, Guido et Archibald en savaient plus qu’ils ne le laissaient paraître ; il lui semblait avancer seul dans l’obscurité, l’esprit lacéré par l’ignorance.

Broad street était inhabituellement calme lorsqu’ils entrèrent dans le Musée d’Histoire des sciences d’Oxford. Marquant une pause, Alexander ne put s’empêcher de penser que son père apprécierait grandement ce bâtiment typique du baroque anglais avec sa façade élégante et équilibrée et les riches ornements de son fronton, typique du travail de Sir Christopher Wren.

Archibald ne s’attarda pas sur ces considérations architecturales et précédant Alexander, il entra en se dirigeant droit vers le vieil escalier en chêne, le monta d’un pas agile pour son âge et malgré sa claudication. Sur le second palier, il s’arrêta devant deux vitraux séparés d’un trumeau.

–  Voilà ce que je voulais vous montrer

Alexander demeura circonspect. à gauche le vitrail montrait les armes d’Elias Ashmole avec sa devise tirée du Timée de Platon : « Ex uno omnia », et à droite se trouvait le blason de l’architecte des lieux, Sir Christopher Wren, bordé en-dessous par un phylactère sur lequel on lit : Pondere, Numero et Mensura. 

Profitant qu’ils soient seuls, Archibald reprit avec un ton chaleureux et didactique.

–  Dans la version traduite du carnet n°3 que je possède, il existe de nombreuses instances de l’acronyme p.n.e.m. pour désigner la société secrète dirigée par mon ancêtre John Byrom, et parfois seulement l’initiale M. J’ai longtemps cherché ce qu’il pouvait signifier jusqu’à ce que j’étudie enfin Aristarque, un ouvrage de l’académicien français Gilles Personne de Roberval, écrit en 1644. Pour s’éviter les foudres ecclésiastiques, Roberval a prétendu que ce livre fut écrit par le véritable découvreur de l’héliocentrisme Aristarque de Samos, qu’il s’agissait d’un manuscrit ancien traduit d’abord du grec vers l’arabe puis de l’arabe au latin. Or, dans ce texte qui bouscule l’ordre établi, et en particulier le dogme chrétien, le même acronyme p.n.e.m. apparaît à de nombreuses reprises sur chacune de ses Nota. Ce n’est qu’à la fin de l’ouvrage, sur la dernière qu’il en donne la signification « Pondere, Numero et Mensura[1] » que vous voyez ici adopté comme devise sur le blason de Sir Christopher Wren. Vous savez sans doute qu’il s’agit d’un extrait du Livre de la Sagesse de Salomon, rédigé en grec au premier siècle avant notre ère, qui nous informe que Dieu a réalisé le monde selon « Poids, Nombre et Mesure ». C’est ainsi que j’ai pu conclure que la société que dirigeait mon ancêtre John Byrom se nomme Mensura.

Après un bref silence, Archibald ajouta 

–  Ses membres la nomment uniquement par son initiale M.

L’emploi du présent de l’indicatif sonna étrangement à l’oreille d’Alexander. Il ne put se résoudre à le mettre sur le compte d’une maladresse linguistique mais plutôt comme un test à sa sagacité.

Comme ils entendirent des pas s’approcher, Archibald s’interrompit et proposa de reprendre la conversation en voiture sur le chemin du retour. La confidentialité, le confort et le silence de la berline furent un cadre idéal pour poursuivre cette conversation.  

–  Ce que les fellows de M savent sans doute, dit Archibald, c’est combien la bible doit à Socrate. En effet, cette même locution sur les « nombres, poids et mesures » apparaît plusieurs siècles plus tôt aussi bien dans les Mémorables de Xénophon que dans la République de Platon, les deux principaux témoins de la philosophie du Maître. D’ailleurs les devises d’Ashmole et de Wren, côte à côte au sein du tout premier musée des sciences, font toutes deux références à Socrate.

Un certain nombre de penseurs libres et de scientifiques ont bien saisi cette confirmation scripturale. À l’origine des choses, Dieu a ordonné son Œuvre selon des vérités géométriques et mathématiques. L’œuvre, ou le Cosmos pour parler comme Pythagore, est donc rationnelle et intelligible. Si elle est intelligible, elle est donc le fruit d’une intelligence.

–  Vous sous-entendez que Roberval serait l’initiateur de cette sodalité socratique internationale ? Questionna Alexander.

–  Nous n’en n’avons pas la moindre idée Alexander. Nous avons mobilisé des moyens considérables dans de nombreux textes des bibliothèques européennes qui ne sont pas encore numérisées. Nous avons trouvé l’acronyme P.N.E.M sous la plume de Saint-Augustin, Francis Bacon, Isaac Beeckman, Descartes, Gassendi, Leibniz, John Dee, Giovanni Alfonso Borelli, les scolastiques Bartholomew Keckermann et Rodolphus Goclenius, le savant anglais William Petty, les philosophes anglais Henry More, Nicolas Culverwel et John Norris, Samuel Tryon, pythagoricien anglais du XVIIe siècle, le poète Andrew Marvel, Jacques Forton, sieur de Saint-Ange. Tous signifient, avec discrétion, que la connaissance du Divin est accessible à la raison humaine. Mais je suis bien contraint de reconnaître que cela ne prouve pas grand-chose. Les recherches sur nos origines réelles de M sont au point mort.

Alexander nota l’usage du collectif « nos » en pensant.

–  Soit il s’agit d’un usage de style pour désigner les recherches dont il vient d’être question, soit, ce qui me semble de plus en plus vraisemblable, M a survécu au décès de John Byrom et compte encore aujourd’hui un nombre significatif de membres dont le comte.

– Ce n’est que récemment, poursuit Archibald, que Guido a repéré cette disposition particulière commune des deux portraits de Newton. Le majeur et l’annulaire accolé, l’index et l’auriculaire écarté, forment un M très discret. Cette posture peut aisément passer pour une coquetterie de l’artiste et c’est précisément la raison de votre présence ici aujourd’hui.

–  Pardon Archibald, vous faites erreur. Si je suis ici c’est grâce à l’invitation spontanée de mon ami Guido ce matin même. Et puis, je ne vois pas en quoi cette mystérieuse ancienne société, dont vous dites ne connaître ni l’origine, ni les membres, ni la mission, nécessite ma présence aujourd’hui ?

–  Il me semble, mon cher Alexander, qu’il appartient à Guido de vous éclairer sur ce sujet. Nous pourrons en discuter au dîner. Il nous attend chez moi.

James Parker les déposa à Eaton square dans le quartier chic de Belgravia.


[1] De mundi systemate , partibus et motibus ejusdem libellus, p.148. 

Découvrir l’épisode suivant…

Le baseball : un passe-temps ésotérique pour Américains ?

De notre confrère universalfreemasonry.org

Le baseball a-t-il été fondé sur le symbolisme maçonnique ?

Il est difficile de nier le statut des États-Unis en tant qu’État profondément influencé par l’ésotérisme, et plus particulièrement par la franc-maçonnerie, depuis sa création. Du nombre de francs-maçons influents dans l’histoire américaine à la conception maçonnique de Washington DC et de nombreux autres monuments de la capitale des États individuels, en passant par le symbolisme ésotérique flagrant du dollar américain lui-même, ne pas y croire revient simplement à ignorer l’étendue des preuves, ou à nier l’existence.

Alors, qu’est-ce qui est typiquement américain et qui a une signification ésotérique, et peut-être maçonnique, pour la plupart invisible ? Dans des articles récents, j’ai évoqué  les liens maçonniques avec le jazz , considéré comme le seul genre musical purement américain, et aujourd’hui je vais présenter l’argument selon lequel nul autre que le grand passe-temps américain, le baseball, pourrait avoir été influencé par les théosophes et les francs-maçons dans ses débuts, et pourrait porter un symbolisme ésotérique dans sa structure et ses règles.

Comme toujours, cet écrit ne reflète pas les vues officielles de la Co-Maçonnerie Universelle, mais est simplement les réflexions d’un Co-Maçon.

Au départ, tout cela pourrait ressembler à une théorie du complot, même si ce n’est pas particulièrement conspirationniste en soi, si nous ne reconnaissions pas d’abord le fait bien connu qu’une des figures centrales du baseball à ses débuts, Abner Doubleday, était un théosophe, et qu’une autre figure importante de ses débuts était un franc-maçon du nom d’Alexander Cartwright. On ne sait pas vraiment si Abner ou Alexander étaient vraiment les seuls ou principaux ancêtres du jeu, mais même s’il est né d’une évolution progressive de son ancêtre récréatif, le Rounders, les nombreux symboles et chiffres ésotériques sont difficiles à expliquer.

Pour commencer, il y a la forme en losange du terrain de baseball lui-même. Alors que la plupart des sports majeurs se jouent dans des rectangles bipolaires (pensez au soccer, au football américain, au hockey, au basketball, etc.), le baseball est le seul à se dérouler sur un losange, qui ressemble fortement à une équerre et un compas, surtout vu depuis la perspective de derrière la deuxième base, ce qui ferait du marbre le sommet circulaire du compas. Qu’il soit inversé ou non, il y a clairement une ressemblance, et le fait que l’extrémité carrée soit dans la terre peut également être lié aux qualités terrestres que l’on dit représentées par les angles droits.

Pour aller encore plus loin, de nombreux terrains de baseball ont récemment commencé à être tondus en damier, ajoutant peut-être involontairement aux connotations maçonniques.

Tous les francs-maçons commenceront également à reconnaître certaines similitudes entre la forme du terrain, la disposition des bases et le parcours du batteur et les éléments d’une Loge, auxquels je ne ferai pas ici allusion de manière très concrète. Beaucoup seront peut-être également surpris et intéressés de découvrir que le parcours du batteur autour des bases, aux origines historiques du jeu, était dans le sens inverse de celui qu’il suit aujourd’hui. La forme du marbre, où le joueur commence et termine à la fois, peut faire écho. 

Le chiffre trois est un chiffre qui a une signification mystique dans de nombreux enseignements ésotériques, et la Franc-Maçonnerie ne fait pas exception. Le 3° étant le point pivot auquel un Franc-Maçon devient Maître-Maçon, et le 33° étant l’avant-dernier accomplissement de la Franc-Maçonnerie, et de nombreuses autres occurrences du chiffre 3 dans la vie et la Loge maçonniques sont elles-mêmes, bien sûr, des allusions symboliques à la signification plus profonde du chiffre trois. Il se trouve que le baseball est un jeu entièrement basé sur le 3 et ses multiples.

Au baseball, le score se calcule par trois : 3 prises, 3 retraits, 9 manches, 9 positions, 27 retraits au total et 81 lors de chacun des matchs à domicile ou à l’extérieur. Bien sûr, 3 et 9 ont des propriétés mathématiques assez intéressantes en soi, ce qui explique en partie pourquoi ils sont considérés comme sacrés par tant de traditions. Neuf fois n’importe quel autre nombre équivaut à quelque chose qui est numérologiquement neuf, et qui divise également les dix doigts en son produit, pour ne citer que deux de ses propriétés « mathématiques ». 

Certains ont également attribué une signification symbolique encore plus grande à la manière dont le baseball est joué, en tant que métaphore du voyage gnostique de l’âme. Selon ce récit, le lanceur est considéré comme le démiurge jetant des obstacles au batteur, qui est l’âme individuelle, qui doit utiliser un timing et une précision exacts pour tenter de frapper la balle hors du terrain, représentant l’âme quittant le monde limité de la physicalité et permettant à l’individu de courir à travers les bases sans obstacle, tout en permettant également à d’autres personnes sur le chemin de passer également, représentant ce qui se passe lorsqu’une âme devient illuminée et est capable d’illuminer les autres. D’un autre côté, s’ils « échouent » en ne réussissant pas au moins un tiers du temps, ils doivent alors retourner dans le royaume ancestral jusqu’à ce qu’ils soient « appelés à la batte » dans une autre incarnation. 

Les fondateurs du baseball avaient-ils l’intention de donner une signification aussi ésotérique ? C’est difficile à dire, peut-être pourrions-nous nous attendre à quelque chose de ce genre de la part d’Abner Doubleday, théosophe, ou d’Alexander Cartwright, franc-maçon ; mais encore une fois, la revendication de l’origine de la version moderne du jeu est vivement contestée. Pour être honnête, certains aspects de cette théorie me semblent un peu exagérés. Il est possible que la façon dont le baseball est joué soit en réalité une métaphore beaucoup plus banale de la manière de relever les défis de la vie. Peut-être est-ce les deux.

En fin de compte, c’est à chacun de décider ce qu’il pense de tout cela, mais cela reste néanmoins une matière à réflexion maçonnique intéressante. 

GODF : La lettre d’information du 31 janvier 2025

COLLOQUE : 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté

Lundi 24 février 2025 de 9h30 à 17h30 – PARIS

En cette année 2025, nous célébrons le 120e anniversaire de la « Loi de séparation des Églises et de l’État » du 9 décembre 1905.

Le Grand Orient de France, L’Association Des Libres Penseurs de France, Le Comité Laïcité République, La Fédération des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale et L’Union des Familles Laïques, organisations historiques fondatrices du Collectif Laïque National, organisent le colloque : « 120 ANS DE LAÏCITÉ, 120 ANS DE LIBERTÉ » lundi 24 février 2025 au Palais du Luxembourg.

120 ans de la laïcité, 120 ans de liberté
Colloque lundi 24 février 2025 de 9h30 à 17h30 – Palais du Luxembourg
Salle Clemenceau – 15, rue de Vaugirard à PARIS

Cliquez ici pour réserver

CONFÉRENCE PUBLIQUE : Le parasport et ses enjeux humanistes

Jeudi 27 février 2025 à 19h00 – PARIS

Conférence publique organisée dans le cadre des Chantiers de la République,
en présence de Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.

Intervenants :

  • Michel BOUDON, Para Judoka, Responsable du Para judo IDF
  • Jacques ROUSSEL, Médecin fédéral de la FSASPTT, Médecin du sport engagé en santé publique
  • Gilles BUI XUAN, Enseignant EPS, Professeur émérite des Universités­

Le parasport et ses enjeux humanistes

Conférence publique jeudi 27 février 2025 à 19h00
Grand Orient de France
16, rue Cadet à PARIS

Cliquez ici pour réserver

L’Indépendant, du 26 janvier 2025 :

À Perpignan, la Franc-Maçonnerie s’expose sous les lumières de la Maison de la Catalanité :

« Debout face à la montée des peurs et des haines »

, mobilise le Grand Maître du GODF, Nicolas PENIN

Lire l’article

Communication du 27 janvier 2025

1984 de George Orwell : Une allégorie de la corruption maçonnique ?

George Orwell, connu pour sa critique acerbe des dérives totalitaires, a laissé une empreinte indélébile dans la littérature avec son roman dystopique « 1984 ». Publié en 1949, ce livre a souvent été interprété comme une dénonciation du stalinisme, mais pourrait-il également offrir un reflet critique de la pensée maçonnique ? Cet article explore comment certains des thèmes de « 1984 » pourraient être transposés dans le contexte de la Franc-maçonnerie, en particulier en ce qui concerne le pouvoir, la corruption et la manipulation du savoir et de la vérité.

La Structure du Pouvoir

Dans « 1984 », Orwell dépeint une société où le pouvoir est centralisé et où le Parti contrôle tous les aspects de la vie des citoyens. Cette centralisation du pouvoir peut être comparée au rôle du Grand Maître dans une loge maçonnique, qui détient une autorité considérable. Bien que la Franc-maçonnerie prône des valeurs de fraternité, égalité et liberté, « 1984 » nous invite à réfléchir sur ce qui se passe lorsque ces idéaux sont détournés par un seul individu ou un groupe pour leur propre bénéfice.

Corruption et Dérives Autoritaires

L’un des aspects les plus frappants de « 1984 » est la transformation de la vérité en mensonge et la réécriture de l’histoire pour convenir aux besoins du Parti. Cette manipulation de la réalité rappelle certaines critiques selon lesquelles certains cercles maçonniques pourraient manipuler les informations et les rituels pour maintenir un statut quo ou pour établir une hiérarchie autoritaire. Dans le roman, le Ministère de la Vérité falsifie le passé; dans un contexte maçonnique, cela pourrait être comparé à une déformation des enseignements et des traditions pour justifier des actions ou des décisions autoritaires.

Le Contrôle de la Pensée et la Novlangue

Orwell invente la « novlangue » pour illustrer comment la limitation du langage peut limiter la pensée critique. Dans une loge maçonnique, si on imagine une situation où les rituels et les symboles sont utilisés non pour éclairer mais pour contrôler, cela pourrait ressembler à une forme de novlangue où la complexité et la richesse du savoir initiatique sont réduites pour empêcher la remise en question ou l’innovation. La « double-pensée » orwellienne, où l’on accepte des vérités contradictoires, pourrait également se refléter dans une pratique maçonnique où les membres sont encouragés à croire en des principes tout en observant des pratiques qui les contredisent.

Surveillance et Conformité

La société d’Océania dans « 1984 » est sous constante surveillance, ce qui empêche toute dissidence. De même, si une loge maçonnique devenait un lieu où la conformité est imposée par la peur de l’exclusion ou de la réprimande, cela pourrait être vu comme une forme de surveillance morale ou intellectuelle, bien différente des idéaux maçonniques de liberté de conscience.

La Résistance à l’Autoritarisme

Malgré la noirceur de « 1984 », Orwell laisse entrevoir une forme de résistance à travers Winston Smith, qui tente de conserver son humanité et sa capacité à penser librement. Cela peut être parallèle à la résistance de certains francs-maçons contre les dérives autoritaires au sein de leur propre ordre, cherchant à revenir aux principes fondateurs de la Franc-maçonnerie comme espace de liberté, de fraternité et de recherche de la vérité.

« 1984 » n’est pas une critique directe de la Franc-maçonnerie, mais son analyse des mécanismes de pouvoir, de la corruption, et de la manipulation du langage et des esprits peut servir de miroir pour interroger les pratiques et les dérives possibles au sein de toute structure hiérarchique, y compris dans les loges maçonniques. En utilisant le roman comme une allégorie, on peut explorer comment un système supposément conçu pour l’élévation spirituelle et morale de ses membres peut, sous certaines conditions, devenir une machine à maintenir le pouvoir et la conformité. Cet exercice de pensée critique est essentiel pour toute organisation qui aspire à l’excellence et à la pureté de ses intentions originelles.

1984 de George Orwell : Une Allégorie de la Corruption Maçonnique ? – Partie II

Dans la première partie, nous avons exploré comment « 1984 » de George Orwell pouvait refléter des aspects potentiellement corrompus ou détournés de la Franc-maçonnerie. Nous allons maintenant creuser plus profondément dans les parallèles entre la dystopie orwellienne et certaines pratiques maçonniques, en examinant la philosophie, l’initiation, et les conséquences de la déviance d’idéaux.

L’Initiation et le Secret

Orwell dépeint une société où la vérité est cachée derrière un voile de mensonges officiels, contrôlés par le Parti. Dans la Franc-maçonnerie, l’initiation est une révélation progressive de connaissances ésotériques, mais dans le contexte d’une institution corrompue, ce secret pourrait servir à maintenir une élite ou à dissimuler des actions non conformes aux principes maçonniques. « 1984 » nous interroge sur ce que signifie vraiment le secret : est-ce un moyen de protéger une connaissance sacrée ou un outil pour masquer la vérité ?

Le Principe de l’Inversion

Marionnette et main de marionnettiste

Un des aspects les plus troublants de « 1984 » est le principe orwellien de la « double-pensée » et la « vérité officielle » qui renverse la réalité (la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force). Dans la Franc-maçonnerie, si l’on envisageait un ordre qui pervertit ses propres valeurs, cela pourrait signifier que des symboles de lumière et de connaissance sont utilisés pour justifier l’obscurité et l’ignorance. Les rituels, censés élever l’individu, pourraient alors devenir des moyens de le contrôler ou de le conditionner.

La Hiérarchie et l’Égalité

La Franc-maçonnerie célèbre l’égalité fraternelle, mais dans la pratique, il existe une hiérarchie claire. Orwell critique cette notion dans son roman, où les membres du Parti intérieur prétendent à l’égalité tout en jouissant de privilèges énormes. Une interprétation maçonnique de « 1984 » pourrait questionner si des loges, sous le couvert de l’égalité, ne créent pas plutôt une nouvelle classe de privilégiés, où le pouvoir et le savoir ne sont pas partagés mais concentrés.

La Surveillance et la Confession

Visage de femme et biométrie

Dans « 1984 », la surveillance omniprésente force les individus à la confession, non par repentance, mais par contrainte. Si on transpose cette idée dans un contexte maçonnique, la surveillance pourrait être vue comme celle des pairs sur la moralité et la conformité d’un frère ou d’une sœur. L’idée de confession, ritualisée dans certaines loges, pourrait être détournée pour servir des intérêts de contrôle plutôt que de purification spirituelle.

La Résistance et la Lumière

Winston Smith, le protagoniste d’Orwell, cherche la vérité dans un monde de mensonges, incarnant la résistance à un système totalitaire. Dans la Franc-maçonnerie, il existe une tradition de lumières qui doivent éclairer les membres, symbolisant la quête de vérité et de connaissance. Mais que se passe-t-il quand ces lumières sont éteintes par ceux qui sont censés les maintenir ? La résistance dans « 1984 » peut être vue comme une métaphore de la lutte interne au sein de la Franc-maçonnerie pour maintenir ou retrouver ces principes lumineux.

Les Symboles et leur Corromption

Les symboles maçonniques, comme l’équerre et le compas, sont censés représenter l’équilibre moral et la rectitude. Dans « 1984 », les symboles de l’État sont détournés pour signifier le contraire de ce qu’ils devraient représenter. Dans une loge corrompue, ces symboles peuvent être utilisés pour justifier des actions contraires à l’éthique maçonnique ou comme des outils d’intimidation pour maintenir le silence ou la conformité.

Conclusion

L’utilisation de « 1984 » comme une lentille pour observer la Franc-maçonnerie n’est pas une critique directe de l’institution en tant que telle, mais plutôt un avertissement sur la fragilité des idéaux face à la nature humaine et au pouvoir. La Franc-maçonnerie, avec ses principes de justice, de vérité, et de fraternité, peut être vue comme un idéal à atteindre, mais « 1984 » nous rappelle que sans vigilance, ces idéaux peuvent être pervertis. Ce texte invite donc à une introspection des pratiques maçonniques, à une évaluation critique de la manière dont l’organisation vit ses principes, et à une réaffirmation constante de la quête de lumière contre toute forme d’obscurité.

Pour aller plus loin

Pour ceux qui souhaitent approfondir cette réflexion, des études comparatives entre les écrits d’Orwell et les textes maçonniques classiques, comme ceux de Pike ou de Hall, pourraient offrir une base solide. Des ouvrages sur l’histoire de la Franc-maçonnerie, ses différentes branches, et ses réformes internes apporteraient des éclairages supplémentaires. Enfin, le débat public autour de la transparence et de la place de la Franc-maçonnerie dans la société contemporaine est un terrain fertile pour continuer cette exploration.

N’oubliez pas que ce texte est une analyse spéculative et qu’il ne représente pas une vérité absolue sur la Franc-maçonnerie, mais plutôt une invitation à réfléchir sur la gestion du pouvoir, de la connaissance, et de la vérité dans toute organisation humaine.

En Franc-maçonnerie, que fait-on après avoir bien travaillé de midi à minuit ?

En Franc-maçonnerie, on tire des canons !

Symboliquement, nos travaux en Loges, bleues du moins, commencent à midi… Cette heure conventionnelle nous signifie que nous avons atteint la moitié de notre carrière avant de pouvoir être utile à nos semblables… Entre autres… Et de cette heure jusqu’à minuit… jusqu’à notre dernière, nous devrons, persévérants, vigilants et l’esprit éclairé, travailler sans relâche au Bonheur commun. Nous clôturons ainsi nos travaux et rangeons nos outils à l’heure conventionnelle mais néanmoins symbolique, c’est-à-dire à minuit.
En veillant bien de ne pas reprendre tous les métaux que nous avons laissés à la porte du temple, c’est la joie dans le cœur que nous avons coutume de « jouer les prolongations », comme des rugbymans coéquipiers jouent la 3e mi-temps… Aux Agapes !

Quels que soient nos horizons, dans notre tradition symbolique et conviviale du partage et de fraternité, après avoir bien travaillé, qu’il est bon de se retrouver pour continuer à échanger, se détendre, rire et se restaurer, en levant son verre !

Pas de pièce d’artillerie sous forme tubulaire qui lancerait des boulets, ni de canon en plusieurs voix chantantes en intervalles réguliers (quoique des agapes peuvent être musicalement animées), ni de règles ou lois ecclésiastiques … Nous on aligne puis on tire des canons.

Mais, quelquefois on ne se limite pas à juste… 3… « « Buvons ! »

Il est peut-être temps de passer la seconde

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Avez-vous déjà entendu parler des Widows Sons France ? C’est une fédération de motards composée de Sœurs et de Frères appartenant à différentes obédiences maçonniques françaises qui vient notamment d’organiser un gala d’humoristes, dimanche dernier, à Paris, au profit d’enfants handicapés, spectacle que nous avions dûment annoncé dans ces colonnes. Certes, ce groupe de « bikers » enfants de la Veuve a peut-être un bilan carbone discutable mais, ce qui est franchement intéressant, c’est son bilan cardiaque, si j’ose dire, car il est gros comme ça ! Il suffit, pour s’en convaincre, de s’en rapporter à ses multiples actions philanthropiques et aux orientations humanistes et humanitaires qui l’animent entièrement, tout au long de l’année.

Sur leurs blousons écussonnés, ils ont, depuis longtemps, abandonné leur emblème originelle d’une « veuve » sensuelle toute vêtue de cuir rouge qu’ils portaient en dossard et qui leur valut la réprobation de quelques puissances maçonniques, aux États-Unis… sauf à considérer que d’autres procès d’intention, d’une inspiration sans doute plus trouble, aient pu emporter la condamnation d’une fraternelle motorisée échappant au contrôle d’instances canoniques. Tout en ce bas monde est possible : on ne s’exonère pas si facilement soi-même du risque d’intolérance que brandissent, par ailleurs, certaines Églises à l’égard de tous les courants de libre pensée…

En ces heures solennelles où l’on a commémoré le quatre-vingtième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, c’est avec gravité que nous pouvons aussi saluer la mémoire de la Loge « Liberté chérie » qui a fonctionné, en français, à l’intérieur du camp de concentration nazi d’Esterwegen pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’initiative de Frères belges. Je rapproche les divers événements dont je viens de parler, pour que notre fidélité aux principes qui nous unissent dissolve durablement les mesquins états d’âme qui peuvent nous conduire à discuter, sans bouger une oreille ou un petit doigt, de la valeur relative des initiatives que prennent des Sœurs et des Frères sur le terrain de la solidarité.

Beaucoup de périls guettent le monde aujourd’hui et minent aussi nos sociétés. Il me plaît de savoir que, tout sourire aux lèvres et casque sur la tête, certains – bien assis sur de petits sièges de cuir – font vrombir leurs engins, en traçant concrètement les voies d’un avenir collectif, tandis que d’autres, sans sourciller le moins du monde, semblent se contenter de pérorer sur leurs banquettes de moleskine. Sans que je sois en rien hostile au temps de la réflexion[1], toute nécessaire à l’action entreprise en commun, vous comprendrez qu’avec son grand cœur, ce n’est pas le motard qui me monte au nez : il est peut-être temps, pour chacun d’entre nous, de passer la seconde…


[1] « Le temps de la réflexion » fut aussi une collection fondée en 1980 et dirigée pendant une décennie par le célèbre psychanalyste J.-B. Pontalis, chez Gallimard, où paraissait une revue-livre annuelle autour d’un thème principal. Cette belle idée, que nous avons suivie alors, ne connut pas une grande postérité, son principe même d’édition semblant desservir sa diffusion en librairie où chaque nouvel ouvrage provoquait assez stupidement le renvoi du volume précédent, comme s’il se fût agi d’un périodique ordinaire…

Marco Feliciano affirme que la Franc-maçonnerie a sauvé les pasteurs de la persécution catholique

De notre confrère brésilien spdiario.com.br

En réponse à un internaute, Feliciano a répondu aux spéculations sur ses liens avec la franc-maçonnerie.

Ce lundi (27), le député fédéral et pasteur Marco Feliciano a participé à une émission en direct sur la chaîne Fuxico Gospel, où un internaute lui a demandé s’il faisait partie de la franc-maçonnerie. Il a nié tout lien avec la société secrète et a affirmé être chrétien, mais a admis être curieux du sujet en raison des nombreuses spéculations qui existent.

Feliciano a commenté qu’au XVIIe siècle, la Franc-maçonnerie a contribué à sauver les pasteurs persécutés par l’Église catholique pendant l’Inquisition. Il a également rappelé qu’en 2018, il avait été accusé sans preuve par l’ancien député Cabo Daciolo d’être Franc-maçon, tout comme le pasteur Silas Malafaia. L’affaire a eu des répercussions à l’époque, puisqu’elle s’est produite peu avant les élections de cette année-là.

En clôturant le dossier, le député a salué le travail philanthropique réalisé par la franc-maçonnerie dans sa ville, Hortolândia, mais a souligné qu’il n’a jamais fait partie de l’organisation et qu’il n’a pas l’intention de s’y impliquer à l’avenir.

Marco Antônio Feliciano (né le 12 octobre 1972) est un homme politique brésilien, ainsi qu’un pasteur, un écrivain, un producteur de films et un théologien. Il a passé sa carrière politique à représenter São Paulo , ayant été député fédéral depuis 2011. Figure polarisante de la politique brésilienne en raison de ses opinions conservatrices déclarées, son élection à la présidence de la commission des droits de l’homme et des minorités a suscité des controverses et des protestations en raison des commentaires de Feliciano concernant les Africains, les personnes LGBTQ, les femmes, les catholiques, entre autres.

« 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau » : Communiqué de la GLDF

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Il y a 80 ans, le 27 janvier 1945, le camp d’Auschwitz-Birkenau était libéré. En cette journée de commémoration particulière, la Grande Loge de France souhaite rendre hommage à ces femmes, ces hommes et ces enfants, sœurs et frères en humanité, victimes de la Shoah.

Fidèle à ses valeurs humanistes et à ses engagements, la Grande Loge de France entend poursuivre ce devoir de mémoire comme elle le fait chaque année, à l’occasion d’une cérémonie publique et rappelle la nécessité d’enseigner aux générations actuelles et futures ces heures sombres de l’histoire pour qu’elles ne tombent jamais dans l’oubli.

Si les tombes de ces six millions d’âmes n’existent pas, la parole des rescapés, les images des camps de la mort et les traces historiques témoignent encore de la barbarie nazie, de son obscurantisme et de cette destruction de l’humanité. Ce souvenir est un appel à la vigilance, préservons-le, entretenons-le afin que ce drame du genre humain ne se reproduise plus.

En cette date d’un triste anniversaire, appelons à une Fraternité universelle où les hommes et les femmes quels que soient leurs religions, leurs cultures, leurs ethnies, leurs différences puissent vivre-ensemble, en paix. Portons haut cette espérance.

Thierry ZAVERONI, Grand Maître de la Grande Loge de France

Pourquoi poursuivre dans les Hauts-Grades du REAA ?

Une progression essentielle pour tout initié

« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est notre chemin. »

(Søren Kierkegaard)

Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), inspiré par la Tradition Salomonienne et centré sur la construction du Temple de Jérusalem, propose une démarche initiatique structurée et exigeante, fondée sur la durée, la construction et l’élévation spirituelle.

Chaque Franc-Maçon qui s’engage sur cette voie est appelé à se construire lui-même, pierre après pierre, au cours d’un long processus marqué par la recherche de la vérité, de la justice et de la sagesse. L’édification du Temple intérieur n’est pas un simple concept : c’est une réalité initiatique qui, degré après degré, permet d’accéder à des niveaux de spiritualité toujours plus profonds. L’enseignement dispensé dans les Hauts-Grades du REAA est un guide précieux, un fil conducteur qui éclaire la progression de chacun.

Une quête progressive et structurée

« L’échelle de Jacob est dans notre cœur, elle s’élève de la terre au ciel »

(Saint Jean Climaque)

Gravir les degrés du REAA n’est ni un privilège ni une course vers un statut, mais une nécessité pour qui veut approfondir le sens de l’Œuvre. Chaque degré n’est accessible qu’après avoir pleinement assimilé les enseignements du précédent. Cette exigence de maturité et de compréhension est une spécificité du Rite : il ne s’agit pas d’une hiérarchie de pouvoir, mais d’une échelle initiatique que chaque initié doit gravir individuellement, avec patience et persévérance.

Le temps joue ici un rôle fondamental. Le REAA rejette l’illusion d’un accès instantané à la connaissance et insiste sur l’imprégnation progressive. « La durée, indissociable de l’apprentissage, seule permet d’assimiler cet enseignement. » Il faut du temps, beaucoup de temps, pour qu’un symbole devienne une vérité vécue, pour que la lumière intérieure éclaire l’être dans son intégralité.

L’équilibre entre démarche individuelle et engagement collectif

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. »

(Khalil Gibran)

Si la progression initiatique est une quête personnelle, elle ne peut être solitaire. Chaque initié construit son Temple dans un ensemble plus vaste, qui est la réalité collective de la Tradition, de la vigilance et du projet commun. Le REAA rappelle que l’élévation individuelle ne doit jamais se faire au détriment de la fraternité, mais au service du collectif.

Ainsi, chaque Maître Maçon qui s’engage dans les Hauts-Grades ne le fait pas uniquement pour lui-même, mais pour nourrir l’édifice spirituel de l’Ordre, transmettre et contribuer à l’œuvre commune. La construction du Temple est un idéal partagé, non une ambition personnelle.

Une ascension en spirale vers la Lumière

« Tout ce qui ne s’élève pas vers la lumière retourne aux ténèbres. »

(Platon)
Statut de Platon en marbre blanc

Le REAA se distingue par une méthode initiatique évolutive, qui ne suit pas un chemin linéaire, mais un mouvement en spirale, où chaque degré apporte une compréhension plus profonde des vérités déjà entrevues. Chaque passage vers un degré supérieur est une renaissance, où l’initié, libéré progressivement de ses illusions et de ses attachements, s’élève vers un niveau supérieur d’existence.

Les valeurs et les vertus qui se déploient à chaque étape du chemin sont de plus en plus imprégnées de spiritualité, permettant d’affiner la perception de l’Œuvre et de la mission de l’initié. C’est par cette quête intérieure que l’on touche aux mystères de la vie, de la mort et de la renaissance, ce cycle incessant de la lutte entre la Lumière et les Ténèbres.

L’essence du REAA : une quête infinie de Vérité

« La Vérité est un miroir tombé de la main de Dieu ; chacun en ramasse un fragment et croit détenir le Tout. »

L’enseignement du REAA repose sur une idée fondamentale : ni les images, ni les concepts ne peuvent, à eux seuls, nous donner la Vérité. Il faut transcender les apparences et les représentations pour accéder à une compréhension plus profonde. Comme le dit si bien la sagesse initiatique :

« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est notre chemin. »

Le travail initiatique exige :
– Un dépouillement de soi et une libération progressive des passions.
– Un perfectionnement constant à travers l’ascèse initiatique et l’assimilation des enseignements des Hauts-Grades.
– Une quête spirituelle exigeante, nourrie par la liberté de penser et de conscience, qui seule permet un véritable progrès intérieur.

C’est cette méthode rigoureuse, cette structure progressive et cette exigence de sincérité qui font du REAA un chemin d’élévation unique, offrant à chaque Frère et Sœur de bonnes volontés l’opportunité d’accéder à une connaissance plus profonde de soi, du monde et du Principe Créateur.

Pourquoi poursuivre l’ascension des Hauts-Grades du REAA ?

« Construire un temple extérieur sans bâtir son temple intérieur, c’est édifier une œuvre vouée à l’effondrement. »

Le REAA ne s’arrête pas à la Maîtrise. Poursuivre son chemin dans les Hauts-Grades, c’est choisir d’aller plus loin, de s’engager dans un perfectionnement continu, d’intégrer des enseignements plus subtils et d’approfondir la voie de la Sagesse.

Refuser cette progression, c’est renoncer à la construction complète de son propre Temple intérieur. C’est priver son esprit de l’architecture invisible qui donne cohérence et profondeur à toute la démarche initiatique.

Chaque initié a la responsabilité de poursuivre cette œuvre, non seulement pour son propre accomplissement, mais pour le bien de l’Ordre et de l’Humanité tout entière.

Ainsi, gravir les Hauts-Grades du REAA n’est pas une option, mais une nécessité pour qui veut véritablement incarner l’idéal maçonnique.

Olivier de LESPINATS
Souverain Grand Commandeur REAA

Le bonheur peut-il venir de la religion ?

De notre confrère nationalgeographic.fr – Par Julia Flynn Siler

Cette semaine, notre confrère du National Geographic pose la question du lien entre le bonheur et la religion. Cette même question se pose pour la maçonnerie. Chacun se fera sa propre idée. La pratique religieuse est invariablement corrélée à de plus hauts niveaux de contentement et de satisfaction. Voici ce que les recherches s’étant penchées sur ce lien révèlent.

Le Centre de réhabilitation de San Quentin, établissement pénitentiaire situé sur le littoral de la baie de San Francisco, semble être un lieu peu propice au bonheur.

Mais le révérend George Williams, qui y est aumônier, s’épanouit. Le dimanche, il célèbre des messes catholiques en anglais et en espagnol pour 200 hommes incarcérés là et leur apporte un soutien pastoral durant la semaine. Pour ce prêtre, qui porte des lunettes et n’élève jamais la voix, le fait de partager sa foi avec des détenus est source de joie.

« Chaque jour, j’ai hâte d’aller au travail », me confie celui qui fait ce métier en prison depuis trente ans (et qui officie à San Quentin depuis quinze ans). C’est comme « boire la grâce sur une lance à incendie », illustre-t-il.

Des chercheurs ont découvert un lien étroit entre foi et bonheur, un lien dont George Williams a fait l’expérience à San Quentin où il pratique sa foi en se mettant au service de ceux qui se trouvent derrière les barreaux. Ces dernières années, des chercheurs en sciences sociales ont sondé des personnes du monde entier pour leur demander combien elles étaient heureuses. Dans bien des cas, ils ont constaté des corrélations significatives entre le niveau de bonheur déclaré par les sondés et le fait qu’ils participent ou non à des offices religieux structurés.

Peu importe la religion, des corrélations similaires sont observées chez les pratiquants du christianisme, du bouddhisme, du judaïsme, de l’hindouisme ou d’autres religions ; et chez des personnes vivant et travaillant dans les prisons mais aussi en dehors.

Une influente étude du Pew Research Center a par exemple montré que les personnes actives au sein de congrégations religieuses ont tendance à être plus heureuses que les membres non affiliés ou inactifs de groupes religieux. Celles-ci ont également tendance à davantage s’engager sur le plan civique. Ces résultats, publiés en 2019, s’appuient sur une analyse de données récoltées par le biais d’enquêtes réalisées aux États-Unis et dans une vingtaine d’autres pays, comme le Mexique, le Japon ou l’Espagne. L’étude suggère également que l’on est susceptible de voir le bien-être social et personnel décliner dans les pays où l’engagement religieux chute, comme c’est le cas aux États-Unis.

Mais les auteurs de l’étude du Pew Research Center émettent une mise en garde, la nature de ces liens doit être étudiée davantage : « Ces nombres ne prouvent pas que le fait d’assister à des offices religieux soit directement responsable d’une amélioration de la vie des individus ».

Qu’est-ce qui, au juste, dans la foi semble améliorer le bien-être ? Doit-on nécessairement croire en Dieu ou être pratiquant pour profiter de ces bienfaits ?

LA RELIGION PEUT-ELLE MENER AU BONHEUR ? 

En partenariat avec l’institut de sondage Gallup, une équipe d’universitaires a entrepris une étude de cinq années portant sur plus de 200 000 participants de vingt-deux pays afin de découvrir ce qui conduit à ce que les chercheurs nomment eux-mêmes l’épanouissement. Être épanoui, c’est plus qu’être simplement heureux ; il s’agit là d’un indicateur conçu pour savoir si l’on se trouve « dans un état dans lequel tous les aspects de la vie d’une personne sont positifs ».

4 enfants riants au pied d'un arbre

Le projet est dirigé par Tyler J. VanderWeele, directeur du Programme de l’épanouissement humain de l’Université Harvard, et par Byron Johnson, directeur de l’Institut d’étude de la religion de l’Université Baylor. Leur initiative, qui porte le nom d’Étude mondiale sur l’épanouissement, est conçue pour approfondir nos connaissances sur le lien entre épanouissement et religion. Dans le cadre de celle-ci, on pose un ensemble de questions à des personnes du monde entier sur leur bien-être (bonheur y compris) tout en recueillant des données démographiques, sociales, économiques, politiques et religieuses les concernant. 

Certains résultats préliminaires ont été publiés. « La foi revient de manière répétée comme une variable importante corrélée à l’épanouissement », indique Byron Johnson.

Ce projet encore en cours fait une chose que la plupart des études précédentes sur la foi et sur le bonheur n’ont pas faite. Il suit l’évolution des réponses des participants à l’enquête sur une période de plusieurs années (au lieu de les évaluer à un unique moment dans le temps), ce qui pourrait aider les chercheurs à tirer des conclusions concernant un éventuel lien de cause à effet.

Ces données n’ont pas encore été publiées. Mais les résultats obtenus jusqu’ici corroborent ceux du PewReasearch Center et d’autres chercheurs. Le score d’épanouissement moyen était supérieur de 0,23 points chez les personnes affirmant que la religion constitue une partie importante de leur vie quotidienne par rapport à celles pour qui ce n’est pas le cas ; et il était supérieur de 0,41 points chez les personnes qui assistent à un office religieux au moins une fois par semaine.

Les chercheurs pensent que toutes les expériences religieuses n’ont pas un effet égal sur le bonheur. Par exemple, l’étude essaie de savoir si le fait de participer à des offices religieux enfant a un effet sur le bonheur plus tard dans la vie. « L’un des meilleurs indicateurs prédisant le fait que l’on va s’inscrire au sein d’une communauté religieuse à l’âge adulte est le fait d’avoir pris part à l’une d’elles enfant », explique Brendan Case, directeur-adjoint de la recherche pour le Programme sur l’épanouissement humain d’Harvard. « Et cette participation en tant qu’adulte est très étroitement associée à un épanouissement dans le présent. »

CE QUE LA RELIGION PEUT ENSEIGNER AUX NON-RELIGIEUX SUR LE BONHEUR

Qu’est-ce qui, dans la religion, favorise le bonheur ? Selon Byron Johnson, le souci de l’autre, chose que la plupart des religions traditionnelles enseignent, comporte l’avantage de permettre d’améliorer sa propre vie, sa propre santé et de s’épanouir.

c'est le pied

Pour Brendan Case, c’est le soutien social qu’apportent les communautés religieuses qui semble être la clé, ainsi que le sens, la raison d’être et la consolation qu’elles offrent. « Si les communautés religieuses sont probablement aussi omniprésentes dans les cultures humaines, c’est parce qu’elles satisfont un besoin humain fondamental, peut-être même une nécessité, de trouver une communauté morale orientée vers le sacré ou le divin ou le transcendant », explique-t-il en paraphrasant l’analyse du sociologue français Émile Durkheim traitant des raisons pour lesquelles les êtres humains sont des animaux intrinsèquement religieux.

2 femmes mûres et complices à table pour le thé

Chez Kelli Fleitas, femme d’âge mûr et mère de deux enfants, ce sentiment de transcendance vient du fait de chanter à l’église. Si elle aimerait que ses deux adolescents aient encore l’envie d’assister à des offices comme lorsqu’ils étaient plus jeunes, elle n’en éprouve pas moins de gratitude, et ce en raison de sa propre expérience ; durant plusieurs mois, elle et ses compagnons de chorale ont chanté des cantiques avant les offices de Noël (par exemple « Nova, nova », un hymne reprenant un texte anglais du 15e siècle mis en musique par un joueur de flûte à bec). Kelli Fleitas éprouve du bonheur lorsqu’elle mêle sa voix à celle des autres à l’église. Chanter est pour elle une forme active de prière.

Ainsi que l’explique Robert D. Putnam, politologue émérite de l’Université Harvard, dans son livre Bowling Alone, pour les non-croyants, d’autres types de communautés, comme les ligues de bowling ou les clubs de bienfaisance, sont susceptibles d’offrir le même sentiment de but, le même cadre rituel et la même impression de communauté que la religion. Cependant, Brendan Case met en garde : celles-ci pourraient ne pas avoir d’effet aussi puissant que les groupes religieux.

Un dimanche matin, voilà peu de temps, à l’église épiscopale St. John, dans le nord de la Californie, Kelli Fleitas et quelques dizaines d’autres personnes se tenaient en cercle sous des guirlandes colorées laissées là après Noël.

« Élevez vos cœurs », a psalmodié Chris Rankin-Williams, recteur de la petite paroisse qu’elle fréquente. « Nous les élevons vers le Seigneur », ont répondu à l’unisson les enfants, couples et personnes âgées formant le cercle. Quelques minutes plus tard, des fidèles ont prié à tour de rôle. Quand est venu son tour, Kelli Fleitas a prononcé une prière de gratitude pour avoir eu l’occasion de chanter avec sa chorale durant les fêtes. « Mon cœur est si plein », s’est-elle réjouie.

Nota : Julia Flynn Siler est autrice et journaliste. Elle est également choriste à l’église St. John et a récemment écrit pour National Geographic un article sur les bienfaits de l’obscurité pour la santé.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.