Accueil Blog Page 225

La Main Tendue à un Frère ou une Sœur

Un Acte de Fraternité et de Compassion
« Aimer, c’est agir ; comprendre, c’est guérir. »

Dans la franc-maçonnerie, la fraternité n’est pas un simple mot ; elle est un engagement vivant et dynamique, un lien qui unit les Frères et Sœurs dans une relation de soutien, de solidarité et de compassion. L’une des plus belles expressions de cette fraternité est la main tendue à un Frère ou une Sœur en détresse, que ce soit en cas de besoin matériel, moral, spirituel, ou face à des moments de désespoir.

Tendre la main à un Frère ou une Sœur dans la détresse, c’est bien plus qu’un simple acte de charité. C’est un engagement à partager le poids de ses épreuves, à lui apporter réconfort et soutien, et à l’accompagner sur le chemin de la guérison, qu’elle soit physique, émotionnelle ou spirituelle.

Voici plusieurs aspects fondamentaux de ce geste de fraternité, et pourquoi il est central à la mission spirituelle et humaine de la franc-maçonnerie.

La fraternité comme pierre angulaire de la solidarité

Pike, revêtu des décors maçonniques de Grand Commandeur du Rite écossais ancien et accepté.

L’un des principes fondateurs de la franc-maçonnerie est la fraternité universelle. Ce principe dépasse les simples relations formelles pour se manifester dans des gestes concrets de soutien mutuel. Lorsqu’un Frère ou une Sœur traverse une période difficile, la fraternité maçonnique exige de ses membres d’être présents, d’offrir une écoute attentive et de porter assistance. Cette main tendue est un acte de solidarité qui renforce les liens entre les membres de l’Obédience et montre qu’ils ne sont jamais seuls face à l’adversité.
Albert Pike, célèbre penseur maçonnique, a écrit :

« Nous devons aimer, aider et soutenir nos Frères avec toute la sincérité et la générosité que la Nature a placées dans nos cœurs. »

Cette citation reflète l’essence même de la solidarité maçonnique, qui va au-delà de l’entraide matérielle pour inclure le soutien moral et spirituel. Dans une Loge, chaque Frère ou Sœur doit pouvoir compter sur cette fraternité tangible, surtout dans les moments où il ou elle vacille.

Le devoir de compassion : l’amour fraternel en action

lao tseu sur beuf suivi par moine

La compassion est une vertu centrale dans le cheminement initiatique. Elle est l’expression de l’amour fraternel qui pousse à tendre la main vers celui ou celle qui souffre, non pas par obligation, mais par un profond élan du cœur. Lao-Tseu disait :

« La compassion, la patience et la simplicité sont les trésors les plus précieux. »

Tendre la main à un Frère ou une Sœur en détresse est un acte de compassion. Ce geste ne consiste pas seulement à répondre à un besoin matériel, mais aussi à accompagner celui ou celle qui traverse une crise morale, un désespoir spirituel ou une épreuve difficile. La compassion ne juge pas, elle n’évalue pas le mérite ou les raisons des difficultés ; elle est un élan d’aide désintéressée, une forme d’amour en action.

L’importance du soutien moral et spirituel

Carl Gustav Jung

La détresse d’un Frère ou d’une Sœur peut revêtir plusieurs formes. Si elle peut parfois être matérielle, nécessitant un soutien financier ou logistique, elle est souvent d’ordre moral ou spirituel. Face à une crise existentielle, un deuil, ou un effondrement personnel, un Frère ou une Sœur peut se sentir perdu. La main tendue dans ce cas représente une écoute bienveillante, un réconfort qui aide à restaurer la paix intérieure et à retrouver l’équilibre.

Carl Gustav Jung a souligné l’importance de l’écoute dans les moments de détresse, affirmant que

« le plus grand soulagement pour l’âme humaine est d’être entendu. »

Tendre la main à un Frère ou une Sœur, c’est être présent pour lui, l’écouter sans jugement, lui permettre d’exprimer ses peines et ses doutes, et ainsi lui offrir une ouverture vers la guérison spirituelle.

L’aide matérielle comme soutien à la dignité

Épictète

Bien qu’il soit important de souligner l’aspect moral et spirituel de l’assistance fraternelle, il ne faut pas négliger le soutien matériel. Certains Frères ou Sœurs peuvent faire face à des difficultés financières, à des situations précaires, ou à des événements imprévus qui les plongent dans le besoin. Tendre la main dans ce contexte, c’est offrir une aide qui vise à restaurer la dignité de la personne en difficulté.

La franc-maçonnerie enseigne l’importance de la bienfaisance, une forme de charité active qui n’humilie pas celui qui reçoit, mais qui l’aide à retrouver une stabilité. Épictète disait :

« L’aide véritable ne consiste pas à abaisser l’autre, mais à le rendre capable de se relever lui-même. »

En ce sens, l’aide matérielle n’est pas une aumône, mais un acte qui vise à soutenir un Frère ou une Sœur dans son processus de redressement.

La main tendue : un chemin vers la rédemption et de transformation

(Toulouse) Buste cuirassé de Marc Aurèle agè – Musée Saint-Raymond Ra 61 b

Tendre la main à un Frère ou une Sœur en détresse est également un acte de rédemption, tant pour celui qui aide que pour celui qui est aidé. Pour celui qui tend la main, c’est une opportunité de pratiquer les vertus de générosité, d’humilité et de bienfaisance. Pour celui qui reçoit, c’est une chance de se relever, de transformer ses difficultés en force, et de retrouver le chemin de la lumière.

Marc-Aurèle rappelait que :

« l’homme est un être social, et il est dans notre nature d’aider les autres ».

La franc-maçonnerie, en tant qu’école de la vie morale et spirituelle, invite chacun de ses membres à être attentif aux besoins des autres, à percevoir la souffrance cachée et à agir en conséquence. En tendant la main, nous participons au processus de transformation et d’élévation, non seulement de la personne en difficulté, mais aussi de notre propre chemin initiatique.

Prendre la décision de tendre la main : un acte de foi en l’autre et de courage moral

Tendre la main à un Frère ou une Sœur en détresse va bien au-delà d’un simple geste de bienveillance. C’est un acte de courage, de foi en l’autre, et d’engagement profond qui implique de redonner vie à l’espoir et d’offrir une nouvelle chance à celui ou celle qui vacille. Dans cette démarche, il faut souvent faire face à des résistances, à des voix qui s’élèvent contre la compassion, à des jugements hâtifs de ceux qui, dans leur manque de compréhension, perçoivent ce geste comme une trahison des principes de justice ou d’honneur.

Il est essentiel de se rappeler que tendre la main, surtout à quelqu’un qui a chuté ou qui traverse une épreuve morale, spirituelle ou matérielle, nécessite une force intérieure considérable. Cela signifie voir au-delà des apparences, transcender les erreurs passées de l’autre, et croire en sa capacité à renaître, à se redresser et à retrouver sa dignité. Cette décision de tendre la main, malgré les critiques et les jugements extérieurs, est une véritable épreuve pour celui qui choisit la voie de la compassion.

« Nous devons développer et entretenir la capacité de pardonner. Celui qui est dépourvu du pouvoir de pardonner est dépourvu du pouvoir d’aimer. »

Martin Luther King

Cette citation montre que la fraternité consiste à croire en l’autre malgré ses erreurs passées, à offrir une chance de renaissance là où d’autres choisissent la condamnation. Tendre la main, c’est refuser de céder aux voix qui réclament la punition sans appel, et préférer la voie de la réconciliation.

Restaurer la confiance : un pari risqué, mais essentiel

Restaurer la confiance en un Frère ou une Sœur en difficulté est un pari risqué. Il est plus facile de juger, de condamner ou de tourner le dos. Pourtant, la véritable fraternité consiste à voir au-delà des erreurs et à offrir une nouvelle chance, même lorsque d’autres choisissent la méfiance ou l’exclusion.

Victor Hugo l’exprimait ainsi :

« L’homme a deux faces : il ne peut pas aimer sans s’aimer. »

Restaurer la confiance, c’est aussi un acte de confiance en soi-même, dans sa capacité à aimer et à offrir à l’autre la possibilité de se relever.

Faire face aux jugements des autres : un acte de courage

Prendre la décision de tendre la main, malgré les critiques et les jugements, demande un immense courage moral. Dans de nombreuses situations, ceux qui choisissent la voie de la compassion se heurtent à des incompréhensions, voire des accusations de trahison ou de faiblesse. Ces « aboyeurs de sang » ne voient que les erreurs passées de celui qui est en difficulté et cherchent à punir ou à exclure. Mais tendre la main dans ces moments-là, c’est refuser de de céder à la tentation du jugement hâtif, c’est s’élever au-dessus des voix qui crient vengeance et punition.

Le courage de dépasser la vengeance pour choisir la réconciliation

Nelson Mandela

Dans bien des contextes, il est facile de se laisser emporter par la colère ou la volonté de sanctionner quelqu’un qui a failli ou qui est en difficulté. Cela semble juste, cela peut même sembler équitable, car la faute a été commise, et beaucoup estiment que la punition doit suivre. Mais ceux qui tendent la main, qui choisissent de pardonner et d’accompagner celui qui souffre, prennent une autre voie, plus difficile : celle de la réconciliation plutôt que de la vengeance.

Nelson Mandela, après avoir passé des décennies en prison, a montré au monde que le véritable courage n’était pas de rendre coup pour coup, mais d’offrir le pardon et la réconciliation :

« La haine trouble la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l’amour la rend lumineuse. »

Tendre la main à un Frère ou une Sœur en difficulté, c’est choisir d’éclairer son chemin, même si cela signifie aller à contre-courant de la haine ou du jugement collectif.

La force de l’empathie face à l’indifférence

Choisir de tendre la main quand d’autres choisissent d’abandonner ou de juger nécessite une capacité à ressentir l’autre, à entrer en résonance avec sa souffrance, à comprendre ses luttes intérieures. L’indifférence et le jugement sont des réactions faciles, voire naturelles, lorsque l’on perçoit un Frère ou une Sœur en difficulté. Il est souvent plus confortable de rester à distance, de ne pas s’impliquer, de regarder la chute de l’autre sans rien faire.

Pourtant, l’empathie est une des forces majeures de la franc-maçonnerie. C’est cette capacité à reconnaître dans l’autre sa propre humanité, à voir dans ses faiblesses et ses erreurs les reflets des nôtres. Albert Schweitzer a écrit :

« L’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule. »

En tendant la main, en refusant de se joindre aux voix du jugement, nous montrons par l’exemple que la fraternité n’est pas une simple idée, mais une pratique vivante. C’est ainsi que se manifeste le véritable amour fraternel, non par des paroles, mais par des actes de compassion.

Le rejet du jugement hâtif pour la recherche de la compréhension

Dans son ouvrage « Guerre et Paix », Léon Tolstoï donne un aperçu de la franc-maçonnerie russe au début du XIXe siècle.

Le courage de tendre la main à un Frère ou une Sœur en difficulté implique de rejeter les jugements hâtifs. Il s’agit d’une démarche active de compréhension et d’acceptation. Là où beaucoup se contentent de voir les erreurs, les fautes ou les défauts, tendre la main signifie voir au-delà de la surface, aller plus loin pour comprendre ce qui a conduit à cette situation de détresse.

Léon Tolstoï écrivait :

« Si tu veux être heureux, commence par apprendre à ne pas juger. »

L’absence de jugement est une des clés pour tendre la main. Il s’agit d’accepter que chacun, à un moment donné de sa vie, peut faillir, se perdre, ou être submergé par les difficultés. Comprendre cela, c’est être capable d’agir avec bienveillance, de voir dans chaque épreuve une opportunité de croissance et de transformation.

La force intérieure de celui qui choisit la compassion

Ceux qui tendent la main doivent puiser dans une force intérieure immense pour maintenir le cap de la compassion face aux critiques. Il ne s’agit pas de répondre à la colère par la colère, ou aux jugements par d’autres jugements, mais de se tenir fermement dans l’amour fraternel. Cette force intérieure est souvent nourrie par un sens profond de la justice, qui ne cherche pas à écraser mais à élever, à redonner à chacun la possibilité de se racheter et de se transformer.

Le courage moral de celui qui choisit la compassion, malgré les critiques et les oppositions, est un exemple de ce que signifie réellement être un Franc-Maçon. La franc-maçonnerie enseigne la fraternité universelle, et c’est dans ces moments de crise que cette fraternité se prouve véritablement. Tendre la main, même face à l’adversité, c’est incarner pleinement ces principes, ne pas céder aux pressions extérieures, mais rester fidèle aux valeurs d’amour, de tolérance et de soutien.

Le chemin de la rédemption collective par l’inclusion

Tendre la main à un Frère ou une Sœur en détresse transforme non seulement celui qui est aidé, mais aussi celui qui aide, et la communauté dans son ensemble. En refusant l’exclusion, en choisissant l’inclusion, nous offrons à l’autre une chance de rédemption, de renouveau, tout en renforçant les liens fraternels.

C’est ainsi que la Loge, et plus largement l’Obédience, deviennent des lieux où l’on se soutient mutuellement dans les épreuves, où l’on permet à chacun de retrouver la lumière, quelles que soient les ombres traversées.
Comme l’a affirmé Victor Hugo :

« L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. »

Ce regard symbolise le jugement permanent qui pèse sur ceux qui trébuchent. Mais la main tendue est l’outil par lequel nous aidons Caïn à se relever, à trouver le chemin de la réconciliation avec lui-même et avec les autres. La véritable justice n’est pas dans la punition sans fin, mais dans l’accompagnement vers la guérison et la rédemption.

Et si cela était à refaire, je le referais sans hésiter…

Tendre la main à un Frère ou une Sœur en détresse, face aux jugements et aux critiques, est un acte de courage et de conviction. C’est choisir d’incarner la véritable essence de la fraternité maçonnique, là où d’autres préfèrent se détourner ou condamner. C’est un choix difficile, mais profondément humain et spirituel, un choix qui s’ancre dans les principes de compassion, de rédemption et de solidarité.

Et si cela était à refaire, je le referais sans hésiter.

Car chaque fois que nous choisissons de tendre la main, nous rappelons à chacun de nous que l’amour fraternel, la bienveillance et le pardon sont les fondements sur lesquels se construit l’harmonie de notre Obédience. Ce geste, loin de trahir les idéaux de justice, les sublime en offrant une nouvelle chance à celui qui trébuche.

C’est dans ces moments de vulnérabilité partagée que se révèle la véritable force d’une Obédience, et qu’émerge la lumière intérieure qui nous guide tous sur le chemin initiatique.

Tendre la main, même face aux aboyeurs de sang, c’est affirmer que la fraternité est plus forte que le jugement, que la compassion transcende les erreurs, et que la rédemption est possible pour chacun de nous.

Alors oui, si cela était à refaire, je le referais sans hésiter, car c’est dans la main tendue que s’accomplit la mission spirituelle de la franc-maçonnerie, et c’est par elle que nous nous élevons tous ensemble vers la lumière.

« La vraie moralité ne consiste pas à suivre le chemin battu, mais à trouver la véritable voie dans les moments où tout semble obscur.

Mahatma Gandhi

Déclarations antimaçonniques au parlement de Hongrie

Lors de la séance plénière du Parlement hongrois le mardi 17 décembre 2024, avant l’ordre du jour, des débats animés ont eu lieu autour du financement des organisations civiles et du rôle de la Franc-maçonnerie. Előd Novák, représentant du parti Mi Hazánk qui se présente ouvertement comme homophobe, antitzigane, antisémite… et antimaçon, a soulevé des questions controversées concernant le soutien gouvernemental à ces organisations.

Les Déclarations de Novák

Novák, homme politique national radical hongrois

Novák a critiqué le gouvernement hongrois pour ce qu’il perçoit comme un soutien à la « franc-maçonnerie au passé sombre » ainsi qu’au « lobby LGBTQP qui corrompt les jeunes ». Il a pointé du doigt le site Internet de Tournesol Lodge, qui mentionnait avoir bénéficié du soutien du Fonds National de Coopération. Ce fonds est censé promouvoir l’unité nationale, le bien commun et les activités professionnelles des organisations civiles.

Réaction d’István Jakab

Jakab István

Le président du Parlement, István Jakab, a rappelé à l’ordre Novák pour ses attaques personnelles, lui demandant de rester professionnel dans son discours. Après cet avertissement, Novák a pu continuer et a également mentionné que l’organisation de lobbying LGBTQ, Háttér Társaság, aurait également reçu du soutien de ce même fonds.

Réponse du Gouvernement

Miklós Soltész, secrétaire d’État du Premier ministre chargé des relations religieuses et ethniques, a répondu aux accusations de Novák. Il a exprimé son désarroi face à la décision de son collègue d’aborder de tels sujets en fin de session. Soltész a promis d’examiner le soutien supposé aux loges maçonniques si Novák fournissait des preuves concrètes, y compris des chiffres et des dates spécifiques. Toutefois, il a fermement nié que le gouvernement soutienne l’idéologie LGBTQ, soulignant que la critique de Novák manquait de fondement et de précision.

Analyse et Contexte

Le débat met en lumière les tensions persistantes en Hongrie autour des organisations civiles et de leur financement. Le Fonds National de Coopération est conçu pour soutenir un large éventail d’activités civiles, et la critique de Novák reflète une vision plus large d’une certaine frange politique qui voit ces soutiens comme une menace pour des valeurs traditionnelles.

D’autre part, la franc-maçonnerie est souvent sujet de débat en raison de son histoire et de son opacité perçue, bien que ses activités en Hongrie soient légales et visent généralement à promouvoir la fraternité, l’amélioration personnelle et la philanthropie.

Ce débat illustre bien les clivages idéologiques dans la politique hongroise contemporaine, où la question du financement des organisations civiles peut rapidement devenir un champ de bataille politique. La promesse de Soltész de mener une enquête si des preuves sont fournies montre une ouverture au dialogue, mais aussi une volonté de protéger l’intégrité du financement public contre des accusations non fondées.

Ce type de discussion parlementaire souligne l’importance de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des fonds publics, tout en rappelant que chaque organisation, qu’elle soit culturelle, religieuse ou civique, doit être évaluée sur la base de son action réelle et non de préjugés ou de perceptions historiques.

EXCLUSIF : 1er entretien accordé par Yves Pennes, le nouveau Grand Maître de la GLNF

14

Nous annoncions dans nos colonnes de ce début de semaine la désignation et l’installation du nouveau Grand Maître de la GLNF, Yves Pennes, après un scrutin sans appel réunissant 97,09 % des suffrages des Frères présents sur son nom. La rédaction du Journal 450.fm a été reçue cette semaine pour son premier entretien accordé à la presse. Comme en témoignent les images, celui-ci s’est déroulé dans une atmosphère authentiquement fraternelle. Nous en livrons ci-après la teneur :

Parcours et Engagement MaçonniqueS

Yves Pennes, pouvez-vous nous parler de votre parcours maçonnique et de ce qui vous a motivé à rejoindre la GLNF et à vous y engager profondément ?

Bonjour, cela fait maintenant plus de 42 ans que je suis devenu Franc-maçon, dont 37 ans à la GLNF.

Je suis entré en FM, tout d’abord poussé par un parrain qui était le grand-père de mon meilleur ami, en ne connaissant rien à la Maçonnerie. Après quelques années, j’ai voulu rejoindre la GLNF car elle avait une orientation correspondant plus à ma personnalité. C’est une école de morale, comme de nombreuses obédiences, mais avec un enseignement plus spécifique orienté vers la spiritualité. Et, de plus, dans la Loge où j’ai été régularisé, j’ai trouvé une fraternité exceptionnelle.

C’est cet ensemble qui m’a fait m’engager pour pouvoir partager avec les autres ce que j’ai ressenti.

Élection et Mandat

Vous avez été élu officiellement Grand Maître, le week-end dernier, avec une majorité écrasante de 97,09% des voix. Quelles sont vos premières impressions et vos sentiments, après cette élection, et quels sont vos objectifs principaux pour votre mandat ?

Je crois avoir le record des voix favorables à une élection de Grand Maître à la GLNF.
C’est, d’abord, une fierté et, en même temps, je mesure l’enjeu et je dois être à la hauteur des espoirs que les Frères ont placés en moi.

Les messages reçus après mes propos lors de la Tenue de Grande Loge m’encouragent à développer les lignes annoncées : le travail en Loge sur le rituel, la progression philosophique, le tout empreint d’une grande fraternité.

Héritage de Jean-Pierre Rollet

Jean-Pierre Rollet (Photo GLNF)

Le Grand Maître sortant, Jean-Pierre Rollet, a laissé un héritage significatif. Comment comptez-vous bâtir sur ses réalisations et quelles sont les principales différences que vous apporterez à la fonction ?

Le travail réalisé par mon prédécesseur est énorme.

Il a mis en place un système de gestion dans tous les domaines qui touchent la vie de l’Obédience, le fameux REGIUS. Cela concerne la vie de chaque Loge, les finances, la gestion des biens immobiliers, la vie à l’international, les communications internes, le fichier des membres…

Mais surtout il a demandé aux spécialistes de chaque rite de créer des ouvrages, les plus complets possible, pour en expliquer les fondements à chaque degré ; il a ainsi fait réaliser des ouvrages pour les Surveillants de chaque rite, des ouvrages historiques, créant ainsi un corpus unique en son genre.

Il convient maintenant, après ce travail admirable, de le faire diffuser et de le mettre en pratique dans chaque Loge.

Projet pour la GLNF

Dans votre discours d’installation, vous avez mentionné trois axes essentiels : la réappropriation de vos rituels, la remobilisation de votre fraternité et la relance de votre quête initiale et spirituelle. Pouvez-vous développer ces points et expliquer comment vous envisagez de les mettre en œuvre ?

Notre entrée en Franc-Maçonnerie est motivée généralement par notre désir de fraternité et par notre engagement à travailler sur nous-mêmes. Il est important de garder toujours cette fraîcheur et de continuer à travailler en Loge, même si parfois le monde profane nous retient et nous empêche d’y venir.

Comme je le disais précédemment, la GLNF dispose d’un énorme corpus pour pouvoir travailler et je souhaite mobiliser les Grands Surveillants, y compris ceux des Provinces, pour communiquer ce savoir. Et, effectivement tout travail doit se faire avec beaucoup de bienveillance et de fraternité.

Unité et Harmonie

La GLNF a connu des périodes de tensions et de divisions par le passé. Comment entendez-vous maintenir et renforcer l’unité et l’harmonie au sein de l’obédience ?

Les périodes noires que la GLNF a connues depuis maintenant plus d’une douzaine d’années sont bien loin. Et une majorité de nos frères ne les a pas connues.

Notre règlement général a été modifié en profondeur pour éviter que cela ne revienne.
Cette « mini révolution » a éclaté parce que la direction centrale s’était écartée des Loges.
Sous mon mandat, au contraire, je serai très présent auprès des Frères, à leur écoute, et je demande de faire de même à tous les Frères qui sont dans mon collège.

Rôle de la Spiritualité

La spiritualité est un aspect central de la franc-maçonnerie à la GLNF. Comment voyez-vous le rôle de la spiritualité dans les activités de votre Obédience et comment allez-vous encourager les frères à approfondir leur quête spirituelle ?

Effectivement il y a deux grands courants dans les Grandes Obédiences, soit sociétaux et philosophiques, soit philosophiques et spirituels, avec bien sûr des degrés différents d’implication.

La GLNF est plus orientée vers la spiritualité. Nos travaux en Loge se font toujours avec le Volume de la Loi Sacrée ouvert et ce livre est la Bible.

Les travaux réalisés en Loge portent souvent sur des thèmes ayant trait à la spiritualité, il s’agit d’une quête d’espoir et de sens de la vie.

Les rituels ont un double langage. Un langage apparent, moral ou historique, et un langage caché, ésotérique et spirituel. C’est ce double langage qui m’a toujours plu dans les anciens rituels et que je souhaite faire découvrir aux frères qui ne le verraient pas, pour les aider à s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Relations avec d’Autres Obédiences

La GLNF entretient des relations avec d’autres obédiences maçonniques. Quelles sont vos priorités en matière de coopération et de dialogue inter-obédientiel, et comment pensez-vous renforcer ces liens ?

La GLNF, depuis longtemps, entretient effectivement des relations amicales et administratives avec les principales obédiences françaises.

Nous échangeons sur de nombreux points administratifs, sur le mode d’administration de nos obédiences, sur les spécificités du fameux Règlement Général de Protection des Données (RGPD).

Et nous avons des conférences en commun, comme les « Entretiens Pic de la Mirandole » avec la GLDF et les « Rencontres Lafayette » avec le GODF.

Nous continuerons à nous fréquenter très fraternellement en dehors des Tenues.

Innovation et Tradition

À une époque où les technologies sont omniprésentes, comment équilibrez-vous innovation et modernisation, d’une part, et respect de la tradition maçonnique, d’autre part ? Quels changements ou transformations prévoyez-vous d’introduire, sans compromettre les principes fondamentaux de votre obédience ?

Vous posez là une double question : s’agit-il des travaux en Loge ou de communication ? Car, dans ces deux domaines, la modernisation avance à grands pas.

En ce qui concerne la communication, la GLNF, tout comme la Franc-maçonnerie en France, est confrontée à la difficulté suivante : doit-elle être dans la lumière, c’est-à-dire soumise à la critique ouverte de ceux qui nous reprochent d’être « dans le secret » et d’être des « affairistes » ?

Depuis quelques années, nous nous exposons notamment dans les réseaux sociaux, avec un certain succès, mais nous sommes prudents. D’ailleurs, si nous voulons nous ouvrir aux jeunes, comme c’est le cas dans de nombreux pays étrangers, c’est un pas à franchir.

En ce qui concerne le travail en Loge, il y a ce nouveau moyen de communication qu’est la visioconférence, qui réduit le contact et la fraternité ; elle est à utiliser avec beaucoup de modération. Le vrai danger est dans l’intelligence artificielle qui risque d’être utilisée par certains pour faire moins de travail de recherche et de réflexion, mais il est vrai que, pour la formation, c’est un outil formidable. Nous en sommes au début, à nous de nous adapter.

Engagement Sociétal

La GLNF a souvent été critiquée pour son manque d’engagement sur les sujets sociétaux. Comment allez-vous aborder ces questions et quel rôle voyez-vous pour la GLNF dans les débats et les actions sociales actuelles ?

Sur ce point, la réponse de la GLNF a toujours été la même. Nous cherchons à faire que chacun s’améliore, se construise et s’arme pour être un homme fort dans la société.
Cette force lui permettra, s’il le souhaite, d’agir grandement dans le monde social ; mais ce n’est pas le rôle de la GLNF.

Message à tous les Frères et à TOUTES LES Sœurs qui nous lisent

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser à toute la communauté maçonnique ?

Le paysage maçonnique est très complet en France. Chaque Obédience peut offrir sa propre spécificité avec un accueil adapté à chacun. Nous sommes la seule obédience française régulière et reconnue dans le monde entier en raison des règles édictées en 1929 ; et il est bien spécifié dans ces « basic principles » que nous ne pouvons recevoir ni visiter des Loges non reconnues et nous continuerons à respecter ces règles.

Mais cela ne nous empêche pas de participer activement à de nombreuses « fraternelles » pour partager avec la communauté maçonnique française toute notre fraternité.

Yves Pennes officiellement Investi Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française – 450.fm – Journal de la Franc-maçonnerie

24/12/24 à 11h : Audience cruciale entre le REAA et le Grand Orient d’Italie

De notre confrère italien agenparl.eu – Par Floriana Cutini

Le Tribunal de Rome, sous la direction du juge Maurizio Manzi, a programmé une importante audience préventive impliquant deux protagonistes éminents de la scène maçonnique italienne : le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Grand Orient d’Italie.

La polémique, qui a attiré l’attention de l’opinion publique, voit le Grand Orient d’Italie représenté par le conservateur spécial, l’avocat Raffaele Cappiello. L’audience est prévue le 24 décembre à 11h00 et devrait constituer un moment décisif pour clarifier certaines des questions les plus controversées qui ont surgi entre les deux organisations.

La nature du différend n’a pas encore été officiellement révélée, mais on sait que les tensions entre le Rite écossais ancien et accepté et le Grand Orient italien se sont intensifiées ces derniers temps, entraînant une confrontation juridique qui pourrait redéfinir les équilibres historiques et administratifs au sein du pays et plus particulièrement de la Franc-maçonnerie italienne.

Le juge Maurizio Manzi, connu pour sa rigueur et son impartialité, sera appelé à examiner les demandes des parties et à rendre une décision préliminaire qui pourrait avoir un impact significatif sur la suite de la procédure judiciaire.

L’audience du 24 décembre revêt donc un rôle crucial non seulement pour les parties concernées, mais aussi pour l’ensemble de la communauté maçonnique, qui observe attentivement l’évolution de l’affaire. Reste à savoir quelle sera l’issue de cette première discussion dans la salle d’audience, mais il est certain que la décision du tribunal contribuera à clarifier une question qui alimente les discussions et les débats depuis un certain temps.

Un Noël très ésotérique : Première partie

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Jonathan Dinsmore

Quelles sont les racines de l’histoire et des traditions de Noël modernes ?

À l’approche de Noël, les régions du monde ayant des racines chrétiennes sont enchantées par diverses traditions centrées sur l’histoire de l’humble naissance du Christ, ainsi que par les traditions laïques et non chrétiennes du solstice d’hiver. Quelle que soit la foi ou l’absence de foi, il est difficile d’ignorer cette période festive de l’année et l’histoire dominante de la plus grande religion du monde, tissée dans les chants de Noël, les ornements et les décorations dont elle est parsemée.

Oui, des lumières scintillantes, un décor scintillant et des paysages enneigés saturent la psyché collective, dans une célébration qui mélange les thèmes de la chaleur, de l’amour, de l’espoir, du pardon, du destin, de la générosité et d’un événement central d’une telle signification que nous l’utilisons comme point de démarcation de tout notre calendrier. Non seulement Noël est la fin de chaque année, mais aussi l’anniversaire annuel de la fin de l’ancien monde avant Jésus-Christ et de la naissance de la nouvelle phase Anno Domini de l’histoire humaine. L’axe de l’histoire occidentale repose littéralement sur cet événement que nous célébrons chaque 25 décembre.

Pourtant, il y a beaucoup plus dans cette histoire que les images superficielles des festivités hivernales et du fils divin né dans l’étable, entouré de mages frappés d’étoiles et de pauvres bergers. En effet, pratiquement tous les aspects de Noël ont des racines profondes dans les traditions qui ont précédé leur adoption dans le christianisme et son histoire de naissance ; même certains aspects de l’histoire de Noël elle-même peuvent être plus mythiques qu’historiques. Même le Père Noël, parfois critiqué comme une création fantaisiste de Coca-Cola, a ses racines en tant que Sinterklaas (Saint-Nicolas), remontant au Moyen Âge, ou sans doute même aux traditions européennes préchrétiennes.

Alors, quelles sont exactement les racines de l’histoire de Noël, et que devons-nous en penser ? Invalident-ils notre fête bien-aimée, ou est-il possible qu’ils lui donnent un sens encore plus profond ?

Peut-être le plus célèbre « exposé » dans la première partie du film Zeitgeist, il est connu depuis longtemps parmi les érudits que des éléments de l’histoire de la vie du Christ racontée dans la Bible existent dans de nombreuses traditions préexistantes, et cela inclut certainement les circonstances de sa naissance. Il est pratiquement indéniable que certains aspects de l’histoire de Noël sont mythologiques et astrologiques. Les littéralistes bibliques peuvent soutenir que ces histoires ont été créées par des démons pour tromper l’humanité, mais pour la plupart des gens rationnels qui ne veulent pas faire de tels sauts pour préserver leurs croyances, la réalisation de la mythologie de Noël est inévitable.

L’histoire religieuse est jonchée de prototypes du Christ et de Noël. Parmi les nombreux dieux ou demi-dieux qui seraient nés le 25 décembre, certains des plus célèbres sont Mithra, Apollon, Horus, Osiris, Héraclès, Dionysos et Adonis. Ceux dont la naissance a été prédite par des phénomènes célestes comme les étoiles ou les comètes comprennent Yu, Lao Tseu, Bouddha, Mithra et Osiris. Ceux qui sont censés être nés par conception divine, souvent d’une vierge, comprennent le pharaon Amenkept III, le dieu du soleil Rê, Horus, Atis, Dionysos, Persée, Hélène de Troie, Bouddha, Mithra et même Ghengis Khan. L’étude de Jésus dans la mythologie comparée est un domaine continuellement exploré par les historiens et les érudits. Fils Dieux : Horus, Mithra, Krishna, Dionysos

Le personnage qui a probablement le plus de similitudes avec l’histoire de Jésus est le Seigneur Krishna de l’hindouisme, qui est dit être : Dieu sous la forme d’un homme, la deuxième personne d’une trinité divine, prophétisé par les mages et les étoiles pour naître de la conception divine à un membre (peut-être virginal) d’une lignée royale (et la prophétie s’est accomplie), quelqu’un qui a accompli des miracles, chassé des démons, a été tué en étant pendu à un arbre, puis est mort et est descendu aux enfers avant de ressusciter pour rendre visite à ses disciples et monter au ciel, comme en témoignent de nombreux adeptes, et a également été appelé un « lion » de sa tribu, ainsi que de nombreuses autres corrélations. Leur plus grande différence, peut-être, est que la vie de Krishna est censée s’être déroulée entre 200 et 3 200 ans avant celle du Christ.

Cependant, cela ne signifie pas que le Christ n’est jamais né ou n’a jamais existé. En effet, il existe des preuves historiques de l’existence de Jésus, et même si elles ne sont pas assez fortes pour convaincre certains sceptiques, « la majorité des érudits du Nouveau Testament et des historiens du Proche-Orient ancien s’accordent à dire que Jésus a existé en tant que personnage historique. L’existence d’éléments mythologiques de l’histoire du Christ est trop souvent utilisée de manière inappropriée comme preuve qu’il n’a jamais existé, alors qu’ils ne sont que des preuves que son histoire a été mythifiée dans le processus de propagation du christianisme dans l’Europe païenne, tout au plus.

Alors que l’histoire de la naissance de Jésus peut être retracée dans les mythologies religieuses de diverses civilisations anciennes, une grande partie des traditions de Noël ont leurs racines dans des célébrations païennes plus rurales du solstice d’hiver, en particulier en Europe du Nord.

Yule ou Yuletide était la tradition nordique/germanique qui consistait à couper et à brûler une grosse bûche, connue sous le nom de bûche de Noël, tout en festoyant pendant le temps qu’il fallait à la bûche pour brûler, ce qui pouvait durer jusqu’à 12 jours autour du solstice. Beaucoup pensent que c’est l’origine des 12 jours de Noël. Le solstice d’hiver était également considéré comme une période, comme Halloween, où le voile entre le monde spirituel et le monde naturel était plus mince et avait donc une signification religieuse et surnaturelle.

On pense que la vie des anciens peuples païens tournait principalement autour de la signification agricole des changements de saisons dans l’hémisphère nord, et de la signification surnaturelle qu’ils prenaient également, étant littéralement des questions de vie ou de mort. Le solstice d’hiver était une période où les préparatifs pour les « mois de famine » d’hiver à venir de janvier et février atteignaient leur paroxysme, avec l’abattage du bétail qui ne pouvait pas être nourri pendant l’hiver, ainsi que de la nourriture excédentaire qui ne pouvait pas être correctement stockée. C’était aussi la période de l’année où le vin et la bière fabriqués à partir des cultures cultivées pendant les mois d’été étaient suffisamment fermentés pour être bus et appréciés.

Noel
Noel

Ainsi, en raison de la présence d’un excès de nourriture, de viande et de libations, les traditions de Noël qui ont probablement émergé en partie de Noël / Midwinter comprennent les festins et les chants de Noël, le jambon / dinde de Noël, les cadeaux et les festivités générales au coin du feu. Même l’utilisation d’arbres et de branches à feuilles persistantes comme décorations, vénérés pour leur capacité à prospérer et à rester verts au cœur de l’hiver, est antérieure à l’avènement de l’arbre de Noël au début de l’Allemagne médiévale, les païens apportant des conifères dans leurs maisons dès 400 après JC. Il semble que les traditions de Noël qui ne proviennent pas des mythologies égyptienne, grecque, romaine ou même indienne aient été héritées de l’Europe préchrétienne et païenne.

Mardi Gras, La Nouvelle-Orléans, Louisiane
Mardi Gras, La Nouvelle-Orléans, Louisiane

L’équivalent similaire des Saturnales existait à Rome, qui s’est répandue dans la majeure partie de l’Europe pendant l’empire romain ; Dans ce cas, des éléments de chaos social et de gaieté ont également été ajoutés aux festins généraux, aux combats de gladiateurs, aux jeux d’argent, aux cadeaux, à une forme précoce de cartes de vœux et à la désinhibition générale. Les Saturnales romaines n’étaient pas sans rappeler un ancien Mardis Gras sous stéroïdes, avec des gens portant des costumes et inversant les rôles sociaux, permettant aux esclaves de devenir des maîtres et vice versa, et permettant aux paysans de gouverner les villes pour la semaine. On dit également que le festin et l’indulgence comprenaient également des éléments orgiaques, ce qui signifie que la gourmandise n’était peut-être pas le seul vice auquel on s’adonnait.

Noel
Noël – Crèche

Bien que ces révélations puissent être troublantes pour certains, la vérité est que toutes ces diverses traditions ont été incorporées à Noël pour une raison ou diverses raisons. Tous étaient extrêmement significatifs pour les gens qui les ont reçus et, comme la mythologie elle-même, ont une signification symbolique. Alors, peut-être que plutôt que d’être découragés que Noël ne soit pas ce que nous pensions qu’il était, nous devrions être intrigués de découvrir quelles plus grandes significations pourraient être cachées dans cette tradition disparate.

Dans la Co-Maçonnerie Universelle, nous nous efforçons de chercher la Lumière de la Connaissance où qu’elle puisse nous mener, aussi inconfortable qu’elle puisse être. Alors, où l’illumination du symbolisme de Noël pourrait-elle nous mener ? Plus d’informations à ce sujet dans la partie 2… en cliquant ici.

L’Ordre du Royal Secret : Les fondements et l’évolution du Rite Écossais Ancien et Accepté

L’Ordre du Royal Secret, également connu sous les noms de Rite de Perfection ou Rite du Royal Secret, est un rite maçonnique créé au XVIIIe siècle. Cette tradition maçonnique complexe et riche est à la base du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), fondé à Charleston, en Caroline du Sud, en 1801. Dans cet article, nous allons explorer l’histoire, les grades et l’évolution de cet ordre, ainsi que son impact sur la franc-maçonnerie moderne.

Histoire

Les Origines

L’Ordre du Royal Secret revendique une fondation en 1762, bien que les détails de son origine et de sa diffusion soient encore débattus par les historiens en 2015124.Étienne Morin, un franc-maçon français, joua un rôle central dans la création et la diffusion de ce rite. Le 27 août 1761, à Paris, Morin reçut une patente des officiers de la première Grande Loge de France, le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». Cette patente, qui n’a jamais été retrouvée dans son original, est connue seulement à travers des copies plus tardives. Il est possible que Morin ait embellie ces copies pour renforcer sa prééminence sur les loges de hauts grades des Antilles2.

Expansion aux Antilles et en Amérique du Nord

Muni de cette patente, Morin implanta le Rite de Perfection aux Antilles à partir de 1765. Il créa notamment un « Grand Chapitre » de son rite à Kingston, en Jamaïque, en 1770, où il mourut en 1771.Henry Andrew Francken, un maçon hollandais, reçut de Morin le pouvoir de diffuser ce rite en Amérique du Nord. Francken introduisit le Rite du Royal Secret en Amérique du Nord en 1767, commençant par Albany, New York.

Échelle des Grades

Le Rite de Perfection est organisé en sept classes, comprenant 25 grades. Voici la structure détaillée de ces grades :

Naissance du Rite Écossais Ancien et Accepté

Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) fut officiellement constitué avec la fondation du premier Suprême Conseil à Charleston, en Caroline du Sud, le 31 mai 1801. Cette fondation fut l’œuvre de John Mitchell et Frederick Dalcho, qui établirent un système supérieur à l’Ordre du Royal Secret de Morin, administrant 33 degrés au total.

Expansion Internationale

À partir de ce premier Suprême Conseil, d’autres Suprêmes Conseils furent constitués dans le monde. Notamment, le Suprême Conseil de France fut fondé en 1804 par le frère Grasse-Tilly, qui revenait des « Isles d’Amérique ». Un traité d’union signé en décembre 1804 entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France permit au Grand Orient de France d’administrer les 18 premiers degrés du rite, tandis que le Suprême Conseil de France gérait les 15 degrés supérieurs.

Fondements Constitutionnels

Les Suprêmes Conseils du REAA reposent sur des textes fondateurs importants :

  • Constitutions de Bordeaux de 1762 : Ces constitutions structurent le système initiatique du « Rite du Royal Secret », divisé en 25 degrés et en 7 classes, avec une répartition des pouvoirs visant à créer un centre souverain dont dépend tout le rite5.
  • Grandes Constitutions de Berlin de 1786 : Attribuées à Frédéric II de Prusse, ces constitutions ordonnent la hiérarchie en 33 degrés, affirment les valeurs essentielles du REAA et apportent la devise : « Ordo ab Chao » (Ordre du Chaos).

Impact et Évolution

Le Rite Écossais Ancien et Accepté a continué à évoluer et à se diffuser à travers le monde. En France, après une période de sommeil entre 1815 et 1821, le Suprême Conseil du 33e degré fut réactivé et continua à jouer un rôle central dans la franc-maçonnerie française.

Relations avec d’Autres Obédiences

Le REAA a maintenu des relations complexes avec d’autres obédiences maçonniques. Par exemple, le Grand Orient de France a tenté de chapeauter le REAA en créant un « Grand Directoire des Rites » en 1805, mais cette initiative n’a pas abouti à une intégration durable.

L’Ordre du Royal Secret et le Rite Écossais Ancien et Accepté représentent une tradition maçonnique riche et complexe, avec des racines profondes dans l’histoire de la franc-maçonnerie. La création de ce rite par Étienne Morin et son expansion par Henry Andrew Francken ont jeté les bases d’un système maçonnique qui continue à inspirer et à guider des milliers de francs-maçons à travers le monde. Les fondements constitutionnels et la structure des grades de ce rite offrent une voie initiatique complète et profonde, visant à élever les frères dans leur quête de lumière et de perfection morale et spirituelle.

France Culture : « Que de critiques de la métaphysique ! »

0

De notre confrère France Culture

Les philosophes qui font aujourd’hui de la métaphysique conçoivent-ils leur activité comme la quête d’un savoir ? Ou considèrent-ils qu’ils s’évadent seulement en pensée, voire produisent des fictions, un peu comme les sciences-fictions des romanciers et des cinéastes ?

Avec… :

  • Elie During Philosophe, maitre de conférences à l’Université de Paris X-Nanterre
  • Anna Longo Philosophe, directrice de programme au Collège international de philosophie
  • Pierre Cassou-Noguès Philosophe et mathématicien. Auteur d’un essai sur la philosophie de Jean Cavaillès (Vrin, 2002)
Emmanuel Kant

Emmanuel Kant est une figure essentielle de la critique de la métaphysique. En effet Kant reconnaissait tout à fait que les humains ont un besoin métaphysique, un besoin de penser des choses qui dépassent ce monde : d’où ils viennent ; si vraiment rien d’eux, de leur âme, ne va leur survivre ; s’il existe un Dieu et de quelle sorte : s’ils sont libres ou bien manipulés, notamment par cet éventuel Dieu ; ce que veut dire « être », et si le « possible », en un sens, « est », lui aussi ; d’où viennent leurs idées du bien et du mal ; et toutes les idées d’ailleurs, qu’ils utilisent dans leurs raisonnements. L’homme est un être métaphysique.

Mais un besoin ne crée par un savoir. Dans son livre Critique de la raison pure (1781 et 1787) Kant affirme que la raison théorique, si elle veut établir du savoir, ne peut pas s’aventurer au-delà du cadre d’une expérience au moins possible. Au-delà, c’est le domaine de la foi ; de certaines pensées, aussi ; mais pas du savoir.

Dès lors, les philosophes qui font aujourd’hui de la métaphysique conçoivent-ils leur activité comme la quête d’un savoir ?

La métaphysique est-elle une fiction ?

Pierre Cassou-Nogues considère la métaphysique comme une exploration du réel par la pensée, mais avec un recours essentiel à la fiction. Il explique : « La métaphysique, c’est trouver le moyen d’accéder au réel par la pensée. Ça peut passer par la science, et la science peut prétendre être un moyen d’accéder au réel par la pensée, mais il faut qu’elle justifie sa propre réalité, il faut qu’elle se fonde, ce qui passe par la philosophie ».  Selon lui, la fiction est un mode de pensée particulier qui nous permet d’ouvrir « au possible« , une manière de penser qui interroge la réalité en explorant ce qui pourrait être. Pour Pierre Cassou-Nogues, la fiction et la métaphysique vont ensemble. Que cela signifie-t-il plus précisément ?

La métaphysique comme critique du savoir

Anna Longo, de son côté, place la métaphysique dans une perspective critique du savoir. Elle se demande : « Pourquoi ce monde-ci plutôt qu’un autre ? » et explore les possibilités d’un autre monde, « cette potentialité pour engendrer des mondes possibles ». Elle interroge : « Est-ce que cette condition existe ou n’existe pas ? » et se demande si la façon dont nous pensons le monde est nécessaire, ou si elle pourrait être autrement. « Ce qui m’intéresse c’est plutôt les conditions du savoir ». Cette réflexion nous invite à remettre en question les fondements mêmes de notre connaissance. Elle ajoute : « La question est, est-ce que ces connaissances sont nécessaires ? Est-ce que ça pourrait être autrement ? ».

L’héritage kantien : de quoi s’agit-il ?

Elie During nous rappelle l’héritage kantien dans la métaphysique, qui cherche à comprendre les « choses ultimes« , le fondement des choses. Il précise : « C’est un savoir qui concerne un type de connaissance qui vise les choses ultimes, c’est-à-dire, le fondement ». Selon lui, la métaphysique classique cherchait à répondre à des questions comme « Qu’est-ce qui existe réellement ? » et « Qu’est-ce qui existe vraiment ? ». Ces interrogations, traditionnelles en métaphysique, renvoient à la distinction entre réalité et illusion. Il évoque aussi les limites de la raison : « Kant a théorisé le fait que, d’une certaine façon, on ne pouvait pas avoir accès de plain-pied, à l’en-soi, et que le mieux qu’on puisse espérer, que la raison puisse espérer, c’est une élucidation des conditions générales qui nous permettent d’accéder à un réel, de le constituer objectivement et d’atteindre une forme de certitude ».

Pour en parler

Elie During, maître de conférences en philosophie à l’université Paris Nanterre. Il dirige la collection “MétaphysiqueS” aux Presses Universitaires de France. Il a publié :

Pierre Cassou-Noguès, professeur à l’université Paris 8, membre de l’Institut Universitaire de France. Il a publié :

Anna Longo, directrice de programme au Collège international de philosophie. Elle a publié :

Références sonores

Chanson de fin d’émission : “Life’s What You Make It” de Talk Talk, dans l’album The Colour of Spring (1986).

Extrait de Matrix, réalisé par Lilly Wachowski et Lana Wachowski, sorti en 1999.

Extrait de The Truman Show, réalisé par Peter Weir, sorti en 1998.

Lecture de Henri Bergson, “Introduction à la métaphysique” (1903), dans La Pensée le mouvant.

Déménagement des Compagnons du Devoir à Tours : Changement d’ère pour une institution centenaire

Les Compagnons du Devoir, une institution française historique dédiée à la formation et à l’apprentissage des métiers manuels, ont récemment fait la une des journaux avec un déménagement significatif à Tours. Leur maison historique, située au cœur de la ville, a été fermée et est désormais destinée à la vente pour faire place à des logements abordables. Ce changement marque une nouvelle étape dans l’histoire de cette organisation vouée à la transmission des savoir-faire artisanaux depuis des siècles.

Un Adieu à la Rue Littré

Tailleurs de pierres
Tailleurs de pierres

L’ancienne maison des Compagnons du Devoir, située au 8, rue Littré dans le Vieux-Tours, a été le lieu de vie et de formation de nombreux artisans depuis 1950. Le 14 décembre 2024, les Compagnons ont officiellement rendu les clés de cette maison à la ville de Tours, clôturant ainsi 74 ans de présence dans ce quartier central. La cérémonie d’adieu a été émotive, rassemblant environ 200 personnes pour ce moment symbolique. Cette maison, autrefois animée par le cliquetis des outils et les discussions des apprentis, est maintenant prête à accueillir une nouvelle vie sous un autre aspect urbain.

Vers des Logements Abordables

La vente de la maison des Compagnons du Devoir a été actée par le conseil municipal de Tours le 16 décembre 2024. La propriété a été acquise par le groupe France Pierre Patrimoine pour un montant de 3,2 millions d’euros, une somme proche de l’estimation de valeur par l’expertise du groupe Galtier. Ce projet immobilier vise à développer des logements abordables, répondant ainsi à une demande croissante dans la région. Le plan prévoit également un « rez-de-chaussée actif » pour des activités professionnelles, ce qui contribuera à revitaliser le quartier.

Nouveau Départ à Tours-Nord

Les Compagnons du Devoir ont déménagé leurs activités vers Tours-Nord, où ils disposent désormais d’installations modernes et adaptées aux besoins éducatifs et résidentiels des jeunes artisans. Ce nouvel emplacement permet d’accueillir une centaine de jeunes dans des conditions optimales, offrant des ateliers spacieux et un environnement propice à l’apprentissage et à la vie en communauté. Cette relocation n’est pas seulement une question de logistique mais aussi une occasion de renforcer les liens avec les entreprises locales pour des partenariats éducatifs et professionnels.

Impact Culturel et Social

Ce déménagement n’est pas sans conséquences sur le tissu social et culturel de Tours. La maison historique était un symbole vivant de l’artisanat français, un lieu où les traditions étaient non seulement enseignées mais aussi vécues. Maintenant à Tours-Nord, les Compagnons du Devoir continuent leur mission de formation, mais ce changement de localité représente aussi une perte pour le centre-ville, où ces artisans ont contribué à la richesse culturelle de la communauté.

Le déménagement des Compagnons du Devoir vers Tours-Nord et la transformation de leur ancienne maison en logements abordables illustrent une évolution nécessaire face aux besoins contemporains de la ville. Tandis que la tradition artisanale continue de se perpétuer dans un nouveau cadre, cette transition rappelle l’importance de l’adaptation tout en préservant et en célébrant les valeurs et les métiers du compagnonnage.

Ainsi, Tours se réorganise, cherchant à concilier son histoire avec les exigences du logement moderne, tout en maintenant l’esprit de l’artisanat français vivant et dynamique dans son paysage urbain.

L’hypogée de l’hiver en Franc-maçonnerie

En Franc-maçonnerie, les solstices s’enchaînent ère après ères, heure après heures. Ils rythment nos midis et nos minuits. C’est ainsi que tous les Francs-maçons des univers connus arrachent à la cruauté de Saturne, les enfants de la Veuve qu’il s’apprêtait à dévorer. Lorsque ce vaisseau de pierre que nous façonnons à notre image comme d’autres l’ont fait de leurs églises avant nous ; lorsque la Terre aura accompli sa révolution annuelle autour du Soleil ; lui-même l’amenant plus loin sur cette spirale en faisant ses ronds de Lumières dans l’Eau de la Vie, la Voie Initiatique nous aura transmuté. Nous avançons inexorablement, chaque seconde plus proche encore de notre [Oxydant], notre regard neuf d’Ermite, arcane tournée vers son [Aur-riant]… 

La nuit ne dévorera pas nos couleurs

La nuit ne dévorera pas nos couleurs si nous acceptons la transmutation.
Car, comment atteindre les feux de l’Aube rougeoyante sans se laisser draper par la Nuit ? Comment espérer atteindre le Cœur rubis tant espéré si on lui refuse la soie de la [noire-Sœur] de notre Chrysalide ?
Comment retrouver son Etoile et sa rose sans la morsure du Serpent de Jade ?

Ainsi va, comme l’univers, la roue du Tarot sur les Chemins Initiatiques en suivant le tracé au Rouge de l’arcanne du Charpentier.

Pour Voyager de merveilles en vermeil, c’est [l-a-mer] [d-é-tain] et de [mer-cure] qu’il nous faut traverser.

Alors, ce soir, au creux de l’hypogée de ce Voyage dans cette temporalité éphémère, pour espérer amorcer la ressource il nous faut aller puiser dans l’AUR, אוֹר. Ce mot hébreu qui, en substance, peut signifier à la fois Or et Lumière.

Cet Aur philosophale on le rencontre dans le regard de l’Autre. Il marque nos chairs jusqu’au plus profond de nos Cœurs. Cœur que certains nomment Cœur Droit, ce sont les joies du Voyage que de découvrir les horizons d’autres perspectives.

Cet Aur que nous magnifions, il nous vient aussi de nos anciens, de notre histoire, celle qui appartient à chacun et à chaque Loge. Mais cette Lumière d’Espoir et d’Espérance nous est aussi transmise par delà la nuit du Temps, par l’histoire devant être commune à l’esprit de tous les Francs-maçons. Cette Histoire, avec un grand H, nous vient de par delà la « nuit et le brouillard »

Ils étaient 7 et devinrent 9

C’était l’hiver. Un de ceux que connurent nos anciens durant l’ère du plomb, du sang et des cendres. 

Ils étaient 7 Frères . Ils se prénommaient Paul, Luc, Guy, Jean, Joseph, Amédée et Franz. 

La nuit ne dévorera pas les couleurs -Détail – ©Stefan von Nemau

Ils étaient unis par ce triangle rouge, pointe en bas, cousu sur le coutil de leur tenue de prisonniers politiques, les « Nacht und Nebel » selon la nomenclature administrative d’alors.

Tous les dimanches, dans la baraque 6 « ceux qui croyaient au ciel » et « ceux qui n’y croyaient pas1 » se rassemblaient pendant que d’autres faisaient le guet. 

D’un côté de la baraque deux prêtres catholiques déportés célébraient la messe, tandis que dans une autre pièce, les 7 Frères, rejoints par 2 affiliés, Jean Baptiste et Henri, traçaient sur la table un Tableau de Loge et ouvraient leurs travaux. 

La nuit ne dévorera pas les couleurs – Baraque 6 – Détail – ©Stefan von Nemau

Pas besoin d’or et de grand chose lorsque le veau minuscule s’efface devant l’Aur, devant l’Essence du Ciel.

La Loge qu’ils avaient fondé s’appelait Liberté Chérie. C’était au camp de concentration d’Esterwegen en Allemagne.

La Lumière des cendres

J’aime à croire que c’est en se réunissant autant qu’ils le pouvaient que ces Frères au sang de cendre, qu’ils aient été d’une chapelle ou d’une autre, n’ont pas laissé cette Nuit et ce Brouillard éteindre ce phare d’où rayonnait cet Aur dans l’obscurité. Elle guidait les pèlerins par delà leurs nuits de désespoir, dans le creux de leurs rêves d’espérance. 

Cette Lumière c’était cette petite lueur d’espoir qui depuis la Nuit du Temps éclaire les nuits des temps.

En ce jour où cette Lueur est matériellement la plus faible, c’est dans le photophore de nos Cœurs qu’elle éclaire nos mains tendues dans la tempête, vivifiée par le souffle de nos âmes.

La nuit ne dévorera pas les couleurs -Signature – Détail – ©Stefan von Nemau

Cette planche dessinée est signée d’une simple empreinte anonyme sur la neige. Elle est recouverte d’une rose et d’un réséda, en référence au poème d’Aragon paru dans le recueil La Diane française en 1944. Ces traces sur la neige reposent à l’ombre d’une branche d’acacia d’Or symbolisant la Franc-maçonnerie universelle. Un jour la neige aura fondu, il ne restera de tout cela que quelques fleurs à l’ombre d’un arbre éternel. 

Ainsi, plus jamais la Nuit ne dévorera les Couleurs. Passe le vent et que l’arbre repose.

La nuit ne dévorera pas les couleurs – Aquarelle et encre de chine sur papier – 30 x 40 cm – ©Stefan von Nemau

LA ROSE ET LE RESEDA

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats

Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Ils sont en prison Lequel
À le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera

Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda.

Louis Aragon in La Diane française – 1944

Voir aussi l’article : En Franc-maçonnerie, célébrer la Saint Jean d’Hiver c’est exalter le paradoxe de la Présence dans l’Absence

  1. La rose et le réséda – Louis Aragon in La Diane française – 1944 ↩︎

COLOMBIE : Le temple maçonnique de Cucuteño

0

De notre confrère colombien laopinion.co

La construction a coûté 625 000 pesos et a été livrée et inaugurée le 20 juillet 1976.

Dans des chroniques précédentes, j’ai écrit quelques histoires sur la figure et l’histoire de cette confrérie traditionnelle qui s’est répandue dans tout le monde occidental. On sait qu’en Colombie ou plutôt dans le « Nouveau Monde », il est arrivé dans le dernier quart du XVIIIe siècle, et c’est dans la capitale de la Nouvelle-Grenade que furent organisées les premières loges, nées des interdits et des soifs d’indépendance qui se respirait alors.

Dans la vallée de Cúcuta, Jaime Contreras Valero nous raconte, dans son livre « Société des artisans, 100 ans d’histoire » que la première loge fondée dans la ville remonte à l’année 1864, le 4 décembre pour être exact, date à laquelle elle a commencé ses activités. . Loge de l’Étoile du Nord. Dès lors, d’autres loges apparaissent comme Bella Esperanza n°7 en 1883, Estrella Boreal n°9 et officiellement, en 1933, le 27 octobre, l’initiation de la loge Sol de Santander n°14 est reconnue et acceptée par le National. Grande Loge de Colombie, au fil du temps, d’autres loges furent créées qu’il n’est pas nécessaire d’énumérer pour les besoins de cette chronique.

Désormais, la franc-maçonnerie ou simplement la franc-maçonnerie, a cessé d’être considérée par ses membres non plus comme une société secrète, ce qu’elle était à ses origines, mais d’être classée simplement comme une corporation philanthropique et discrète.

Pour le développement de ses objectifs, qui ne sont autres que la recherche de la vérité, l’étude philosophique du comportement humain, les sciences et les arts, et la promotion du développement social et moral des êtres humains, qu’ils définissent comme des hommes libres. et de bonnes coutumes et à cette fin, il illustre ses enseignements avec des symboles et des allégories. Les francs-maçons se réunissent dans des loges ou lieux appelés aussi Ateliers avec leurs noms respectifs, comme déduit du récit précédent, dans lesquels sont pratiqués des actes ou des rites cérémoniaux. Les réunions ou assemblées de Maçons sont appelées réunions, qui peuvent être des rituels, des réunions de comité ou de famille, également appelées réunions blanches. Cela dit, abordons le sujet du titre : Le temple maçonnique de Cúcuta.

Dès la première approche du sujet en 1963, je connaissais les lieux. Cela m’a toujours semblé un peu mystérieux, mais rien d’extraordinaire, cependant, cela n’avait rien de semblable à sa comparaison avec Bogotá où j’ai eu l’occasion de visiter à une certaine occasion, bien que sans pénétrer au-delà de l’entrée, à une époque encore considérée comme taboue et interdite. pour les profanes comme moi. Ce n’est que grâce à la relation avec mon père et au soutien d’un frère franc-maçon qu’ils ont autorisé mon entrée. Le temple maçonnique est l’espace physique où se tiennent les réunions.

Le temple doit être construit selon des règles symboliques précises, constitué d’une pièce rectangulaire avec un seul espace et sans fenêtres, définie comme une représentation du monde et du cosmos. Symboliquement, il doit être orienté vers l’est, parmi de nombreuses autres caractéristiques et symboles.

À Cúcuta, pendant de nombreuses années, le temple était situé dans une maison identifiée au numéro 5-67 de la Septième Avenue. Dans l’un des articles publiés par le Dr Alirio Sánchez Mendoza, il raconte que la propriété, initialement un terrain d’un peu plus de 1 200 mètres carrés, a été acquise en usufruit, autorisée par le maire municipal avant le tremblement de terre de février 1872 par le frère Albert Rowen. , pour construire une maison d’habitation. On sait qu’après le cataclysme de 1875, le terrain n’était pas encore construit et qu’au début de la reconstruction, l’entreprise Van Diessel Rode, dans laquelle travaillait M. Rowen, était chargée de construire la maison qui fut ensuite cédée au Sol Lodge de Santander, tel qu’enregistré dans l’acte 830 du 17 décembre 1938 du Premier Notaire, sans étude préalable de tradition. Une fois ce transfert effectué, la confrérie a procédé aux ajustements nécessaires pour développer ses activités dans le cadre des strictes réglementations établies. La propriété a rempli ses fonctions jusqu’en 1974, sans qu’aucun entretien n’ait été effectué et la maison s’est détériorée à un point tel qu’elle a menacé de s’effondrer et de provoquer une tragédie majeure. Face à l’imminence d’un désastre, le Vénérable Maître de la Loge Sol de Santander a entamé des négociations avec le propriétaire de la propriété voisine, Don Dióscoro Méndez, pour lui vendre la propriété compte tenu de son intérêt pour l’unification des deux propriétés. 

Lorsque le changement dans la direction de la Loge a eu lieu et que le nouveau Vénérable Maître a pris ses fonctions, il a constaté que l’ancien directeur avait signé une promesse de vente que le nouvel installé considérait comme inférieure à sa valeur réelle. Il a demandé une évaluation plus récente et le prix fixé par le nouvel expert n’a pas été accepté par Don Dióscoro qui a menacé de poursuivre la Loge en justice pour rupture de contrat. Pendant ce temps, l’avocat adverse a découvert que le terrain destiné à être vendu n’avait aucun droit de propriété puisqu’il avait été concédé sous le couvert de l’usufruit et qu’il avait seulement démontré sa possession depuis plus de 40 ans.

Finalement, le conflit fut résolu une fois que la donation du lot fut approuvée par la Mairie et qu’un accord financier fut conclu avec Dióscoro Méndez pour lui livrer la propriété engagée à la fin de 1975.

Mais la confrérie des maçons locaux, anticipant qu’ils devraient déménager, a formé une commission de construction et a demandé à tous les membres de la loge locale de visiter des maisons ou des terrains qui pourraient convenir à leur prix et à leur emplacement pour les conditionner ou construire, le cas échéant, un bâtiment adapté. Les investigations ont abouti à l’acquisition d’un terrain de 1.200 mètres carrés, dans l’urbanisation Quinta Bosch, propriété de Don Luciano Jaramillo Cabrales qui l’a vendu au lodge Sol de Santander. Le Dr Alirio Sánchez a dessiné un croquis de ce que serait le nouveau Temple maçonnique, qu’il a brièvement passé en revue : « …l’extérieur et la façade générale devaient avoir l’apparence d’une forteresse ou d’un château médiéval avec ses créneaux correspondants, deux étages haut et une porte d’entrée de quatre à six mètres décorée de deux colonnes, l’une de style dorique et l’autre de style ionique et avec un atrium proportionné auquel il fallait accéder par trois marches ; 4 ou 5 bureaux étaient à prévoir à l’étage inférieur… Le deuxième étage était une grande salle d’au moins 8 mètres sur 24, avec sa plus grande extension orientée est et ouest et d’une capacité d’environ 100 personnes assises… partie centrale de la pièce, le troisième niveau, elle comporterait deux rangées de chaises se faisant face, les unes tournées du côté droit au nord et les autres au sud, placées à proximité des colonnes B et J. »

Le projet a été approuvé par le conseil de construction. Quatre architectes ont présenté leurs propositions et le projet a été attribué à l’ingénieur Fernando Mogollón. La construction a coûté 625 000 pesos et a été livrée et inaugurée le 20 juillet 1976.