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Ce soir on fait le bilan

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Bilan, bons vœux, traditions de fin d’année

Avec vous , ma famille en maçonnerie s’est agrandie. Chaque semaine écoulée, j’ai planché, retravaillé mes sujets et j’ai connu la joie de rencontrer des lecteurs et des lectrices à travers des courriels et des commentaires.

Parfois vous m’avez mis le doute sur les propos que je vous ai livrés. J’ai aussi transpiré, mouillé ma chemise, c’est bon pour la santé et pour l’énergie.


«Meilleurs vœux pour cette année 2025»

Pour compléter cet échange, je vous joins cette vidéo en toute fraternité afin de compléter les liens que cette année nous a permis de tisser à travers 450.fm

Coup de théâtre : le tribunal de Rome suspend l’élection du n°1 du Grand Orient d’Italie

De notre confrère ilfattoquotidiano.it

Une décision probablement sans précédent dans plus de deux cents ans d’histoire de la Franc-maçonnerie. C’est celle prise par le tribunal civil de Rome, qui a suspendu l’élection d’Antonio Seminario comme Grand Maître du Grand Orient d’Italie. Le dernier rebondissement de la désormais très longue lutte interne qui a déchiré la principale obédience maçonnique du pays est contenu dans une ordonnance de dix pages.

En effet, en mars dernier, les élections pour couronner le successeur de Stefano Bisi ont divisé le Grand Est en deux. Poisons, expulsions et accusations croisées de fraudes commencent à circuler entre cagoules et tabliers.

Dès le lendemain du résultat du vote, une bataille de papiers timbrés a été diffusée. Les électeurs de Leo Taroni, candidat qui avait mis la lutte contre l’infiltration mafieuse dans les loges au centre de son programme, et les partisans de Seminario, sorti vainqueur après quelques « opérations de contrôle et de vérification » de la Commission électorale nationale, ont contesté l’un et l’autre. Ce sont précisément ces actions qui ont provoqué la colère de Taroni et de ses hommes. Lors de l’appel, le tribunal de Rome, qui avait rejeté les demandes à trois reprises, cette fois cependant, le juge de la seizième section Maurizio Manzi a donné raison à 12 partisans de Taroni, assistés de l’avocat Lorenzo Borrè.

Antonio Seminario Grand Maitre du Grand Orient d’Italie

Contestation du dernier vote – Au centre de l’appel se trouvent les résolutions de la Commission. Le total des votes après la clôture du scrutin avait en effet couronné Taroni avec 6482 préférences, suivi par Seminario avec 6467. La commission électorale avait cependant décidé de considérer comme nulles 245 préférences : la majorité (139) était en faveur de Taroni. Il s’agit des bulletins qui portaient encore la vignette anti-fraude : celle-ci n’avait pas été retirée avant le vote. Sans ces préférences, Seminario aurait triomphé avec 6368 voix, 26 de plus que Taroni.

L’annulation de ces votes est cependant considérée comme illégitime par le juge. Les dispositions constitutives et réglementaires du Goi prévoient que le non-retrait de l’autocollant anti-fraude apposé sur le bulletin de vote constitue un motif d’invalidation du vote exprimé, sans aider à cet effet les indications contenues dans circulaires à caractère interprétatif (qui, comme on le sait, ne sont pas des sources du droit) , écrit le magistrat dans son ordonnance. « En tout état de cause – poursuit-il – l’erreur consistant à insérer le bulletin dans l’urne sans retirer l’étiquette anti-fraude, n’est pas imputable à l’électeur, mais au bureau électoral qui aurait dû le retirer une fois le bulletin reçu suite à la réception du bulletin à l’issue de l’expression du droit de vote ».

On aura toujours besoin d’un tiers équilibrant entre deux plateaux…

La décision du juge – C’est pourquoi le juge explique que « les votes favorables doivent être prioritaires car ils ne peuvent être laissés au comportement des membres du bureau électoral de chaque circonscription (qui, hypothétiquement, pourraient avoir un intérêt à favoriser les membres d’un liste spécifique ) toute détermination décisive en vue d’influencer la validité du vote exprimé. »

C’est pourquoi « à terme, les actes des électeurs, qui ont librement exprimé leur vote, ne peuvent être soumis à la censure puisqu’ils ne sont pas tenus de retirer la vignette antifraude avant de déposer leur bulletin de vote dans l’enveloppe de collecte ». Sur la base de ce raisonnement, le tribunal a rendu une ordonnance suspendant l’effet des résolutions adoptées par la Commission pour annuler les bulletins votés et attribuer le nombre définitif de voix aux listes. Ces décisions n’étant plus valables, le juge a également suspendu l’effet de l’acte de proclamation de Seminary comme nouveau Grand Maître et des autres francs-maçons de son groupe élus à la tête du Goi.

Près de huit mois après le vote, la course à la tête du Grand Est pourrait donc repartir de zéro.

Que se passe-t-il maintenant ? Décennie du Séminaire et Taroni prend ses fonctions ? Ou faudra-t-il de nouvelles étapes pour décider qui sera le Grand Maître de plus de 23 000 Francs-maçons ?

« J’espère que la Commission adoptera désormais les mesures en conséquence et que le vainqueur sera proclamé sur la base du plus grand nombre de préférences obtenues, sans qu’il soit nécessaire de recourir à d’autres actions judiciaires. En bref : la paix avec la justice »

dit l’avocat Borrè. Le Grand Orient d’Italie a commenté la nouvelle avec une note dans laquelle elle explique qu’« elle veillera à l’adoption des actions conséquentes pour l’exécution exacte de la mesure conservatoire conformément à la loi, sans préjudice des résultats de la proposition plainte ». Seminario, défendu par les avocats Fabio Federico et Raffaele D’Ottavio, s’opposera donc à la décision du tribunal. Reste à savoir si entre-temps la décision du juge pourra être suspendue ou non.

Spinoza et le Grand Architecte de l’Univers

Baruch Spinoza est né à Amsterdam le 24 novembre 1632 et mort à La Haye le 21 février 1677, à 44 ans. Il a donc vécu quelques décennies avant la création de la première Grande Loge à Londres en 1717, et la rédaction des Constitutions of the Free-masons par le Pasteur James Anderson en 1723.

La métaphore selon laquelle Dieu serait le « Grand Architecte de l’Univers » se rapporte à l’une des idées-clés de la philosophie des Lumières, donc contemporaine de Spinoza. Après la philosophie de Descartes, de Locke ou de Newton, on la retrouve en particulier chez Leibniz qui va jusqu’à affirmer : « Il résulte de la perfection suprême de Dieu qu’en produisant l’univers, il a choisi le meilleur plan possible […] »

Les textes de l’époque attestent qu’au cours des dernières décennies du 18ème siècle et dans les premières décennies du 19ème siècle, la franc-maçonnerie, initialement exclusivement chrétienne, s’est progressivement ouverte à d’autres conceptions, et notamment à des déistes non chrétiens. L’appellation « Grand Architecte de l’Univers », de plus en plus souvent utilisée plutôt que « Dieu », était en effet acceptable aussi bien par les déistes que par les théistes.

Il est admis aujourd’hui que la pensée de Spinoza a inspiré celle des rationalistes, du 18ème siècle à nos jours. Il a hérité et en même temps critiqué le cartésianisme, qui défendait l’idée que la raison, par opposition à la foi, est le moyen d’accéder à la connaissance, considéré comme une évidence. Pour René Descartes, la raison n’est pas au service de la croyance, ce que défendent les tenants de la scolastique.
On peut donc se demander si l’idée du Grand Architecte de l’Univers, citée très exactement et sous cette forme dans ce fondement de la Franc-maçonnerie « régulière », était ou non inspirée ou en tous cas proche de la vision développée par Spinoza quelques décennies auparavant.

Qu’il soit bien entendu que ni les Francs-Maçons du 18ème siècle ni Spinoza n’étaient les auteurs du concept de Grand Architecte de l’Univers. Ce dernier, bien que volontiers utilisé en franc-maçonnerie comme au demeurant en compagnonnage, n’est pas d’origine maçonnique et relève de la philosophie des religions et de la théologie.
L’idée d’un Être Suprême dont l’intelligence ordonnerait l’univers, comme pourrait le faire un « grand architecte », avait déjà été émise par les tenants de la religion naturelle. On la trouve ainsi chez Cicéron oui encore chez Jean Calvin qui, dans son traité « Institution de la religion chrétienne », nomme Dieu à plusieurs reprises « Grand Architecte » ou « Architecte de l’Univers ».

La maçonnerie anglaise et américaine est cependant, on le sait, restée très attachée aux fondamentaux et les Grandes Loges en Angleterre, en Ecosse, en Irlande ou aux Etats-Unis continuent d’interdire l’initiation aux athées. N’oublions pas que le souverain du Royaume-Uni est aussi le Gouverneur Suprême de l’Église d’Angleterre et que « In God We Trust » est la devise nationale des Etats-Unis…

A contrario, en France et en Belgique l’admission des athées en Franc-maçonnerie a donné lieu à la création d’obédiences qui ont non seulement écarté Dieu mais aussi le Grand Architecte de l’Univers de leurs rituels.

On sait aussi comment Baruch Spinoza fût exclu, « excommunié », par la communauté juive portugaise à laquelle il appartenait pour avoir développé une pensée rationaliste établissant une équivalence entre Dieu et la Nature tout entière.
La pertinence du parallèle entre cette vision et la notion de Grand Architecte peut donc être légitimée.

Au-delà du rationalisme, la philosophie de Spinoza peut être rapprochée de celle à laquelle adhèrent les Francs-maçons spiritualistes. En effet, dès lors qu’il considère que ce que les hommes appellent Dieu est en fait la Nature, donc la création tout entière, cela revient à affirmer son existence.

Spinoza postule aussi une conception des rapports entre politique et religion que l’on peut qualifier de laïque puisqu’il considère erronée ou à tout le moins limitée les interprétations théologiques traditionnelles des textes bibliques.

On comprend ainsi le point de vue de Nietzsche, qui considérait Spinoza comme le précurseur des penseurs modernes, en particulier du fait de son refus d’adhérer aux conceptions des théologiens.

De la vie à la pensée.

Sa famille est sans doute d’origine espagnole, et aurait été expulsée d’Espagne lorsque ses ancêtres refusèrent de se soumettre au décret de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille imposant en 1492 aux musulmans ou aux juifs de se convertir au christianisme. C’est pourtant cette même politique, « le baptême ou l’exil », qui conduira Manuel Ier, le roi du Portugal, où les aïeux de Spinoza s’étaient exilés, à exiger des Juifs qu’ils se convertissent, avec au surplus l’interdiction d’émigrer. Ce souverain venait, il est vrai, d’épouser Isabelle d’Aragon, fille du roi Ferdinand…

Mais le roi du Portugal, s’il organisa le baptême forcé, de près de cent vingt mille Juifs vivant dans son pays, ne voulait pas priver son pays de ce qu’y faisaient les banquiers, commerçants et autres médecins juifs. Il assouplit donc la mise en application de son décret.

C’est donc au Portugal que naquit le grand-père de Baruch Spinoza. C’est aussi dans ce pays que le père de Spinoza vit le jour. Mais en 1587, il quitta le Portugal par crainte des arrestations inquisitoriales et s’installa à Nantes, où les Juifs, même officiellement convertis, n’étaient à vrai dire pas véritablement admis. Il y demeura cependant 17 ans, jusqu’à ce que tous les Juifs de la ville en fussent expulsés, en 1615, et s’établit avec sa famille dans les Provinces Unies, les actuels Pays-Bas, où de nombreux Juifs s’étaient établis car le judaïsme y était admis pourvu qu’il soit pratiqué « en privé ».

Miguel s’installa donc dans le quartier juif d’Amsterdam, dans une belle demeure que lui permettait son métier de commerçant, important et exportant des fruits secs et de l’huile d’olive, et rapidement reconnu comme un membre influent de la communauté, participant au financement de la synagogue, des écoles juives et des œuvres de bienfaisance.

Il faut noter un point qui est loin de n’être qu’anecdotique, puisqu’il aura un rôle significatif dans l’accès de Spinoza à des penseurs étrangers, comme aux échanges qu’il eût plus tard avec eux : les Juifs d’origine portugaise parlaient portugais entre aux et en néerlandais avec leurs concitoyens, tandis qu’ils écrivaient en espagnol. Le latin était pratiqué par ceux qui voulaient échanger avec d’autres ailleurs en Europe, offrant en outre l’avantage de ne pas être suspect aux yeux des censeurs… Spinoza apprit également plus tard à lire le français, l’allemand, l’italien et même le grec ancien.

Mais il avait aussi de très solides connaissances de l’hébreu et de l’araméen, ce qui explique qu’il puisse rédiger un Précis de Grammaire de la Langue hébraïque qui fait encore autorité.

Cependant, dès la fin des années 1640, après des études somme toute guère prolongées, Baruch Spinoza aide son père dans l’entreprise familiale, qu’il reprendra avec son frère Gabriel à la mort de leur père. Mais un différend familial lui fera renoncer à tout héritage familial, si ce n’est le lit de ses parents, qu’il gardera jusqu’à sa propre fin.
Baruch Spinoza a 23 ans lorsqu’il est banni, excommunié, par la communauté à laquelle sa famille appartient. Il est maudit à vie pour cause d’hérésie. On notera qu’en 1635, au moment de son bannissement, Spinoza n’a encore rien publié. On ne sait donc pas avec précision quels propos ni même quelles pensées l’ont fait aussi durement condamner.

Mais on sait qu’il suivait alors des études auprès de lettrés non-juifs, hétérodoxes de toutes confessions. On sait aussi qu’il avait affirmé que la loi juive n’était pas d’origine divine et qu’il n’était donc pas interdit d’en rédiger une meilleure. Dès lors, la rupture, définitive, était consommée.

Spinoza poursuit ses études de philosophie en même temps qu’il apprend à polir des verres et à fabriquer des lentilles. C’est dans cette profession qu’il se fait rapidement apprécier et qu’il gagnera de quoi vivre, humblement mais faisant preuve de générosité.
Nous ne détaillerons pas ici ce que fut la suite de sa vie, jusqu’à sa mort à 44 ans. Sans doute n’est-il pas sans intérêt de citer ses derniers mots : « J’ai servi Dieu selon les lumières qu’il m’a données. Je l’aurais servi autrement s’il m’en avait donné d’autres »
Il fût enterré dans le carré protestant du cimetière.

Ses amis réussiront à publier ses œuvres, qui seront donc diffusées à titre posthume, dont l’Ethique et quelques autres Traités inachevés.

De la pensée de Spinoza à la Franc-maçonnerie

De l’Ethique, œuvre majeure de Spinoza, retenons que si le livre premier s’intitule « De Dieu », celui-ci n’est défini qu’en sixième position, après la substance puis les attributs et les modes. Mais Spinoza nous montre qu’il n’existe en fait dans la nature qu’une seule substance et que cette substance unique est Dieu.

Il dit en effet

J’entends par substance ce qui est en soi et est conçu par soi : c’est-à-dire ce dont le concept n’a pas besoin du concept d’une autre chose, duquel il doive être formé. »

Pour Spinoza, et contrairement à Descartes qui concevait une multiplicité infinie de substances, il n’existe qu’une substance unique, infinie, et dotée d’une infinité d’attributs. C’est ce que Spinoza résume par la formule Deus sive Natura, Dieu c’est-à-dire la Nature.
Ainsi, la substance et les attributs sont la même chose, l’attribut n’étant que la perception de la substance par l’entendement.

Il existe une infinité d’attributs de la substance, mais l’homme n’a accès qu’à deux d’entre eux, l’étendue et la pensée.

Dieu est donc la Nature, la Substance unique et infinie…

La franc-maçonnerie quant à elle ne renonce pas tant s’en faut à la spiritualité. Elle accompagne, encourage, participe à l’expansion des sciences et des techniques. Si le franc-maçon est nourri par la raison, l’intuition, le désir de spiritualité sont des spécificités de l’initiation maçonnique.

Le processus engage la totalité de l’être, (cf par exemple « il faut rassembler ce qui est épars ». Il n’y a pas lieu de récuser la raison, les sciences et leur progrès dès lors qu’ils soient au service de l’homme. Il n’y a pas de contradiction entre la science, la philosophie, la religion et la franc-maçonnerie. Il y a complémentarité, car le contraire serait une négation de l’esprit d’ouverture que la Franc-maçonnerie cherche à cultiver. Les savoirs ne sont donc nullement les ennemis de la Connaissance, de la recherche de spiritualité.
L’initiation maçonnique donne un sens différent à la vie. C’est un processus d’élévation spirituelle individuelle dans le cadre d’un collectif, qui appelle à sortir d’une vision trop sécularisée, trop peu spirituelle de la société.

Spinoza ne remet pas en cause la faculté de raisonnement de l’homme. Celui-ci a des idées, des pensées. Pour autant, l’homme n’est pas ce que Spinoza appelle une substance. On notera qu’ici il s’agit d’une essence indépendante et non de celle qu’évoque Descartes lorsqu’il énonce le fameux cogito ergo sum.

Pour Spinoza, Dieu seul a des idées, et l’homme accède à ses idées des idées de Dieu en fonction de ses limites qui sont celles de sa qualité d’humain. Il y a union entre corps et esprit, entre le corps et l’âme.

Dieu, le Grand Architecte, le Principe même, unifie notre corps et notre esprit.
Il y a simultanéité, fusion, unification, cristallisation corps esprit, comme la réalisation d’un chef-d’œuvre.

Cela signifie que si le corps, par sa nature, est situé dans un espace- temps limité, les idées de l’esprit, les idées divines elles n’ont pas de limites. Les idées divines sont éternelles. L’entendement divin est éternel. Notre ambition, notre quête, est dès lors de rejoindre l’entendement divin, de nous libérer autant que faire se peut des contraintes de notre nature condamnée à la finitude.

C’est le chemin vers la Vérité, le chemin du vrai.

Comme l’a écrit Jean-François Guerry « Spinoza à écrit son Ethique suivant le mode des architectes, des géomètres, des mathématiciens, ce qui rend ardue sa compréhension. En simplifiant l’on peut oser dire que les genres de connaissance sont comparables à des genres de vie, des modes de vie, d’existences.

Le franc-maçon à la recherche de la Connaissance, par son initiation véritable métamorphose de son être intérieur, par la conversion de son regard sur toutes les choses de la vie, a une aspiration à la spiritualité, il ne peut donc être insensible à l’Éthique selon Spinoza, qui n’est après tout peut-être simplement que le désir, d’une vie bonne, meilleure, en harmonie avec les autres, la cité et l’univers. »

Il nous faut rechercher, les idées communes. Ces idées seront issues de l’Un, pour aller vers le multiple.

Il nous faut faire un retour à l’Un, au principe, au Grand Architecte de l’Univers qui est l’auteur de tout ce qui est.

C’est à la vérité le sens ultime de cette expression par laquelle se terminent les travaux dans une Loge « régulière », cette félicité que nous appelons de nos vœux dans l’expression : « Que la joie soit dans les cœurs. »

Aux pieds du maître : partie 3

De notre confrère universalfreemasonry.org – Ecrit par Jiddu Krishnamurti

Dans la troisième partie, Alcyone décrit les caractéristiques de la bonne conduite, non seulement ce que l’on entend par là, mais aussi les moyens pratiques par lesquels elle peut être mise en œuvre dans la vie d’une personne. (Lire de la partie 2)

Les six points de conduite qui sont spécifiquement requis sont donnés par le Maître comme suit :

1. La maîtrise de soi quant à l’esprit.
2. La maîtrise de soi en action.
3. Tolérance.
4. La gaieté.
5. Concentration sur un seul point.
6. Confiance

en soi et maîtrise de soi quant à l’esprit.

La qualification de l’absence de désir montre que le corps astral doit être contrôlé ; cela montre la même chose pour le corps mental. Cela signifie le contrôle du tempérament, afin que vous ne ressentiez ni colère ni impatience ; du mental lui-même, afin que la pensée soit toujours calme et imperturbable ; et (par le mental) des nerfs, afin qu’ils soient aussi peu irritables que possible.

Ce dernier point est difficile car, lorsque vous essayez de vous préparer au Chemin, vous ne pouvez pas vous empêcher de rendre votre corps plus sensible, de sorte que ses nerfs sont facilement perturbés par un bruit ou un choc, et ressentent toute pression de manière aiguë ; mais vous devez faire de votre mieux.

L’esprit calme signifie aussi le courage, afin que vous puissiez affronter sans crainte les épreuves et les difficultés du Chemin ; il signifie aussi la stabilité, afin que vous puissiez prendre à la légère les problèmes qui surviennent dans la vie de chacun, et éviter les soucis incessants concernant des petites choses dans lesquelles beaucoup de gens passent la majeure partie de leur temps.

Le Maître enseigne que ce qui arrive à un homme de l’extérieur n’a aucune importance ; les chagrins, les ennuis, les maladies, les pertes – tout cela ne doit être rien pour lui et ne doit pas être autorisé à affecter le calme de son esprit.

Ce sont les conséquences de vos actions passées et quand elles surviennent, vous devez les supporter avec joie, en vous rappelant que tout mal est passager et que votre devoir est de rester toujours joyeux et serein. Elles appartiennent à vos vies antérieures, pas à celle-ci ; vous ne pouvez pas les changer, il est donc inutile de vous en préoccuper. Pensez plutôt à ce que vous faites maintenant, qui aura un effet sur les événements de votre prochaine vie, car vous POUVEZ les changer.

Ne vous permettez jamais de vous sentir triste ou déprimé. La dépression est mauvaise, car elle contamine les autres et rend leur vie plus difficile, ce que vous n’avez pas le droit de faire. Par conséquent, si jamais elle vous arrive, débarrassez-vous-en immédiatement.

D’une autre manière, vous devez contrôler vos pensées ; vous ne devez pas les laisser vagabonder. Quoi que vous fassiez, concentrez-vous sur elles, afin qu’elles soient parfaitement accomplies ; ne laissez pas votre esprit oisif, mais gardez toujours de bonnes pensées à l’arrière-plan, prêtes à surgir dès qu’elles seront libres.

Utilisez chaque jour votre pouvoir de pensée pour de bonnes causes ; soyez une force qui va dans le sens de l’évolution. Pensez chaque jour à quelqu’un que vous connaissez qui souffre, qui a besoin d’aide ou qui est dans le chagrin, et répandez sur lui des pensées pleines d’amour.

Gardez votre esprit de l’orgueil, car l’orgueil ne vient que de l’ignorance. L’homme qui ne sait pas cela pense qu’il est grand, qu’il a fait telle ou telle grande chose ; l’homme sage sait que seul Dieu est grand, que toute bonne œuvre est accomplie par Dieu seul.

La maîtrise de soi dans l’action

Si votre pensée est ce qu’elle devrait être, vous n’aurez pas de difficulté avec votre action. Cependant, souvenez-vous que, pour être utile à l’humanité, la pensée doit aboutir à l’action. Il ne doit pas y avoir de paresse, mais une activité constante dans le bon travail. Mais ce doit être votre PROPRE devoir que vous accomplissez – pas celui d’un autre homme, à moins qu’il ne le permette et que vous ne l’aidiez. Laissez chacun faire son propre travail à sa manière ; soyez toujours prêt à offrir de l’aide là où elle est nécessaire, mais n’intervenez jamais. Pour beaucoup de gens, la chose la plus difficile au monde à apprendre est de s’occuper de ses propres affaires ; mais c’est exactement ce que vous devez faire.

Parce que tu essaies d’entreprendre un travail plus élevé, tu ne dois pas oublier tes devoirs ordinaires, car tant que tu ne les auras pas accomplis, tu ne seras pas libre pour d’autres services. Tu ne dois pas entreprendre de nouveaux devoirs mondains ; mais ceux que tu as déjà assumés, tu dois les accomplir parfaitement – ​​tous les devoirs clairs et raisonnables que tu reconnais toi-même, c’est-à-dire non des devoirs imaginaires que d’autres essaient de t’imposer. Si tu veux être à Lui, tu dois faire le travail ordinaire mieux que les autres, pas moins bien ; car tu dois le faire aussi pour Lui.

Tolérance

Tu dois ressentir une tolérance parfaite pour tous, et un intérêt sincère pour les croyances des personnes d’une autre religion, tout autant que pour les tiennes. Car leur religion est un chemin vers le plus haut, tout comme la tienne. Et pour aider tout le monde, tu dois tout comprendre.

Mais pour acquérir cette tolérance parfaite, vous devez d’abord vous libérer de la bigoterie et de la superstition. Vous devez apprendre qu’aucune cérémonie n’est nécessaire, sinon vous vous croirez en quelque sorte meilleur que ceux qui n’en accomplissent pas.

Mais ne condamnez pas ceux qui s’attachent encore aux cérémonies. Laissez-les faire ce qu’ils veulent, mais ils ne doivent pas vous gêner, vous qui connaissez la vérité, ni essayer de vous imposer ce que vous avez dépassé. Faites preuve d’indulgence envers tout et soyez bienveillant envers tout.

Maintenant que vos yeux sont ouverts, certaines de vos anciennes croyances, vos anciennes cérémonies vous paraîtront peut-être absurdes ; peut-être le sont-elles vraiment. Pourtant, même si vous ne pouvez plus y participer, respectez-les pour le bien des bonnes âmes pour lesquelles elles sont encore importantes. Elles ont leur place, elles ont leur utilité ; elles sont comme ces doubles lignes qui vous guidaient, enfant, pour écrire droit et régulièrement, jusqu’à ce que vous appreniez à écrire beaucoup mieux et plus librement sans elles. Il fut un temps où vous en aviez besoin ; mais ce temps est révolu.

Un grand Maître a écrit un jour : « Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je comprenais comme un enfant, je pensais comme un enfant ; mais quand je suis devenu homme, j’ai mis de côté les choses enfantines. » Pourtant, celui qui a oublié son enfance et a perdu toute sympathie pour les enfants n’est pas l’homme qui peut les instruire ou les aider. Regardez donc tous avec bienveillance, douceur, tolérance ; mais

Tous

de la même manière, bouddhistes ou hindous, jaïns ou juifs, chrétiens ou musulmans. Mais pour en tirer le meilleur parti, il faut le supporter avec joie et bonne humeur.

Encore un autre point. Vous devez abandonner tout sentiment de possession. Le karma peut vous prendre les choses que vous aimez le plus – même les personnes que vous aimez le plus. Même alors, vous devez être joyeux – prêt à vous séparer de tout et de n’importe quoi. Souvent, le Maître a besoin de déverser sa force sur les autres par l’intermédiaire de son serviteur ; il ne peut pas le faire si le serviteur cède à la dépression. La gaieté doit donc être la règle.

La concentration

Jiddu Krishnamurti
Jiddu Krishnamurti, spiritualité, penseur, philosophe,

La seule chose que vous devez vous fixer est de faire le travail du Maître. Quoi qu’il puisse vous arriver d’autre, vous ne devez jamais l’oublier. Pourtant, rien d’autre NE PEUT vous arriver, car tout travail utile et désintéressé est le travail du Maître, et vous devez le faire pour Lui. Et vous devez accorder toute votre attention à chaque travail que vous faites, afin qu’il soit le meilleur que vous puissiez faire. Le même Enseignant a également écrit : « Quoi que vous fassiez, faites-le DE CŒUR, comme pour le Seigneur et non pour les hommes. » Pensez à la façon dont vous feriez un travail si vous saviez que le Maître viendrait immédiatement pour le regarder, car vous ne le feriez pas pour lui. C’est ainsi que tu dois faire tout ton travail. Ceux qui en savent le plus sauront le mieux ce que signifie ce verset. Il y en a un autre semblable, beaucoup plus ancien : « Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le. »

La concentration signifie aussi que rien ne vous détournera jamais, même pour un instant, du chemin sur lequel vous êtes entré. Aucune tentation, aucun plaisir mondain, aucune affection mondaine ne doit jamais vous en détourner. Car vous devez vous-mêmes devenir un avec le chemin ; il doit faire tellement partie de votre nature que vous le suivez sans avoir besoin d’y penser et que vous ne pouvez pas vous en détourner. Vous, la Monade, l’avez décidé ; vous en détacher serait vous détacher de vous-mêmes.

Confiance

Vous devez faire confiance à votre Maître et à vous-mêmes . Si vous avez vu le Maître, vous lui ferez entièrement confiance, à travers de nombreuses vies et de nombreuses morts. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous devez quand même essayer de le comprendre et de lui faire confiance, car si vous ne le faites pas, même Lui ne peut pas vous aider. Sans une confiance parfaite, il ne peut y avoir de flux parfait d’amour et de puissance.

Vous devez avoir confiance en vous-mêmes. Vous dites que vous vous connaissez trop bien ? Si vous pensez ainsi, vous ne vous connaissez pas vous-mêmes ; vous ne connaissez que la faible enveloppe extérieure, qui est souvent tombée dans la boue. Mais VOUS – le vrai vous – êtes une étincelle du feu de Dieu lui-même, et Dieu, qui est Tout-Puissant, est en vous, et à cause de cela, il n’y a rien que vous ne puissiez faire si vous le voulez.

Dites-vous : « Ce que l’homme a fait, l’homme peut le faire. Je suis un homme, mais aussi Dieu dans l’homme ; je peux le faire et je le ferai. » Car votre volonté doit être comme de l’acier trempé, si vous voulez parcourir le Chemin. (Lire le dernier volet de l’article 4/4)

Administrateur colonial, résistant d’Outre-mer, franc-maçon… Qui était vraiment Félix Eboué ?

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De notre confrère la1ere.francetvinfo.fr – Par Cécile Baquey

Outre-mer la 1ère vous propose un podcast en quatre épisodes sur le parcours exceptionnel de Félix Eboué (1884-1944) né il y a 140 ans à Cayenne. Des interviews d’écrivains, d’historiens, des archives illustrent cette nouvelle série de la collection Zistoir.

Il y a 140 ans, le 26 décembre 1884, Félix Eboué naissait à Cayenne en Guyane. Il est surtout connu pour avoir rallié l’empire colonial au combat de la France libre du général de Gaulle en 1940. Un acte qui, à cette époque, témoignait d’un courage immense. Administrateur colonial, résistant, intellectuel et franc-maçon, son parcours hors du commun a été ponctué par ses affectations en Afrique, en Guadeloupe, en Martinique et son combat pour la France libre. Le podcast Zistoir vous propose de retracer ce parcours exceptionnel en 4 épisodes de 30 minutes.

Épisode 1 : Cayenne-Bordeaux-Paris et l’Oubangui-Chari

Félix Eboué est né le 26 décembre 1884 à Cayenne au 19e siècle, seulement 36 ans après l’abolition de l’esclavage. A peine deux générations le séparent de ses aïeux qui ont subi cette barbarie. Son père Yves Eboué travaille dans l’orpaillage tandis que sa mère Aurélie Léveillé, couturière s’occupe de toute la maisonnée. Félix Eboué a trois frères et une sœur dénommée Cornélie.

La vie de la famille Eboué est marquée par plusieurs drames. Yves Eboué décède en 1898 alors que Félix n’a que 13 ans. Sa mère Aurélie l’encourage alors à poursuivre des études et, surtout, à s’éloigner du monde de l’or. Élève doué, il reçoit une bourse pour aller étudier à Bordeaux au lycée Montaigne en 1901. C’est là qu’il fait la connaissance de René Maran, Guyanais comme lui et futur prix Goncourt en 1921. Ils nouent une précieuse relation d’amitié.

Diplôme du baccalauréat de Félix Eboué
Diplôme du baccalauréat de Félix Eboué • ©Fondation du général de Gaulle

Après le baccalauréat, Félix Eboué réussit le concours de l’école coloniale à Paris. Dans la capitale, il mène une vie épanouissante, jalonnée de rencontres et de découvertes. La politique, la littérature, la gastronomie, tout l’intéresse. L’école coloniale prépare des administrateurs censés régir les colonies. La formation est très complète.

À la fin de son cursus, Félix Eboué est affecté en Oubangui-Chari dans l’actuelle République centrafricaine. Sur place, en 1909, la colonie n’est pas encore totalement « pacifiée ». En clair, la guerre de conquête se poursuit. Félix Eboué doit faire face à de graves dangers. En tant qu’administrateur colonial, il adopte une stratégie bien à lui qui consiste à apprendre les langues locales et s’entendre avec les chefs. Sur le plan personnel, Félix Eboué devient père de deux garçons Henry et Robert qu’il reconnaît.

Épisode 2 : de l’Oubangui-Chari aux Antilles, l’ascension mouvementée du gouverneur Eboué

Quand éclate la Première guerre mondiale en 1914, Félix Eboué veut se faire incorporer en métropole, mais la colère gronde dans les colonies. L’administration coloniale lui demande de rester en Oubangui-Chari. Félix Eboué se plaint d’un manque de reconnaissance et d’avancement. Il évoque le sujet par correspondance avec son ami René Maran.

En 1922, Félix Eboué rentre en Guyane pour un long congé. Il fait la connaissance d’Eugénie Tell, la fille du directeur de l’administration pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni. Ils se marient le 14 juin 1922. C’est à cette époque que Félix Eboué intègre la franc-maçonnerie.

De retour à Paris, Félix Eboué attend avec son épouse une nouvelle affectation. Il est à nouveau envoyé en Oubangui-Chari où l’une de ses missions consiste à introduire la culture du coton. Les colonies ne doivent rien coûter à la France, mais au contraire leur rapporter. C’est dans cet esprit qu’on encourage le développement de cultures d’exportation comme le coton.

Félix Eboué se plie aux attentes de son administration avec succès. Contrairement à nombre de ses collègues, il dirige la colonie avec finesse, calme et un intérêt sincère pour la culture des populations. Mais lorsque l’administration lui demande de fournir des hommes pour construire la ligne de chemin de fer entre Pointe-noire et Brazzaville, il n’hésite pas à obéir aux ordres. Cette ligne Congo Océan, longue de plus de 500 km, construite entre 1921 et 1934 a fait des milliers de victimes parmi les travailleurs africains.

Avec son épouse, il poursuit ses travaux sur les langues et les cultures locales. En 1935, il publie notamment une étude sur les langages tambourinés et sifflés. Un message tambouriné est alors plus rapide qu’un télégramme pour transmettre un message en Oubangui-Chari. Mais globalement, Félix Eboué est rongé par le manque de reconnaissance de son travail.

Grâce à l’aide de Blaise Diagne, sous-secrétaire aux colonies, il obtient enfin un poste de secrétaire général en Martinique. Il devient le numéro 2 de l’administration coloniale et débarque sur l’île en janvier 1932 en pleine tension sociale. Le gouverneur Gerbinis ne le porte pas dans son cœur et ne lui facilite en rien la tâche. La période martiniquaise de Félix Eboué prend fin en 1934. D’après sa biographe Arlette Capedepuy, il est rappelé à Paris en raison de l’affaire Aliker, du nom du journaliste André Aliker, assassiné, un crime qui a profondément bouleversé l’île.

En métropole, le contexte n’est pas favorable à Félix Eboué marqué à gauche. D’autant que celui qui est en charge des colonies au gouvernement se nomme Pierre Laval. Il est envoyé au Soudan français, dans l’actuelle Mali. C’est une punition.

Deux ans plus tard, le Front populaire arrive au pouvoir. Le contexte politique redevient favorable à Félix Eboué connu pour sa proximité avec la SFIO, l’ancêtre du parti socialiste. Marius Moutet, le ministre des Colonies, apprécie Félix Eboué. Il l’envoie donc en Guadeloupe en tant que gouverneur par intérim. Ce n’est pas encore tout à fait le Graal, mais ça s’en rapproche.

Félix Eboué en Guadeloupe
Félix Eboué en Guadeloupe • ©Fondation du général de Gaulle

Parmi les nombreux discours que prononce Félix Eboué en Guadeloupe, un en particulier reste gravé dans les mémoires. Il se nomme « Jouer le jeu ». Félix Eboué le déclame le 1er juillet 1937 devant les élèves du lycée Carnot de Pointe-à-Pitre. Mais malgré sa volonté de réforme économique sociale et culturelle, malgré sa volonté de dialoguer, Félix Eboué est rappelé à Paris fin juillet 1938. Pendant son séjour en Guadeloupe, deux hommes politiques de gauche se sont évertués à lui savonner la planche avec succès. Il s’agit de Gratien Candace et de Maurice Satineau, tous les deux créoles comme Félix Eboué.

Épisode 3 : Félix Eboué, le saut dans l’inconnu

Le 26 juillet 1938, des milliers de Guadeloupéens accompagnent le gouverneur Eboué à son bateau pour lui témoigner de leur soutien. Rappelé en France, Félix Eboué est fort mécontent. Le climat politique a changé. Le Front populaire n’est plus au pouvoir. Adolf Hitler se fait de plus en plus menaçant. Le nouveau ministre des Colonies, le supérieur hiérarchique de Félix Eboué, se nomme George Mandel. Il envoie Félix Eboué au Tchad et lui donne le statut de gouverneur.

Le 24 janvier 1939, Félix Eboué arrive à Fort-Lamy, l’actuelle N’Djamena. Le Tchad n’est pas une colonie comme les autres. Jusqu’à présent, les militaires français y règnent en maîtres. Malgré tout, comme à son habitude, Félix Eboué s’attelle à la tâche. Il prépare la défense du Tchad, car au nord se trouve la Lybie, colonie italienne dirigée par Mussolini allié d’Hitler. Félix Eboué entreprend un programme de grandes constructions.

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne attaque la Pologne. Du Tchad, Félix Eboué suit de près l’actualité. Après la défaite militaire de la France face à l’Allemagne, il souhaite poursuivre le combat. Selon plusieurs historiens, Félix Eboué a bien entendu l’appel du 18 juin du général de Gaulle.

Le général Micro surnommé ainsi aux Antilles redonne espoir à Félix Eboué, qui, à partir de ce moment-là prépare le ralliement du Tchad méthodiquement. Un aristocrate anglais joue un rôle important dans cette affaire. Il s’agit de Bernard Bourdillon, gouverneur britannique du Nigéria, colonie anglaise voisine du Tchad.

Les 26,27 et 28 août 1940, l’Afrique équatoriale française, à commencer par le Tchad, bascule dans le camp de la France libre. On appelle ces trois jours, les trois glorieuses en référence à la révolution de 1830 qui a mis fin au règne de Charles X. Pour le général de Gaulle, le ralliement du Tchad grâce à Félix Eboué est tout simplement une aubaine. Il a enfin des raisons de croire que son combat n’est pas vain. En revanche, pour Félix Eboué, ce ralliement a un coût, d’autant qu’il est sans nouvelles de ses deux fils Robert et Henry, prisonniers de guerre et de sa fille Ginette étudiante à Paris. Seul Charles, son dernier enfant, se trouve en sécurité au Caire. Félix et Eugénie Eboué sont condamnés à mort par le régime de Vichy et leur famille est donc menacée de représailles.

Le 12 novembre 1940, Félix Eboué est nommé gouverneur général de l’Afrique équatoriale française à Brazzaville qui devient la capitale de la France libre de 1940 à 1943. Félix Eboué doit alors fournir un travail harassant. L’effort de guerre demandé aux colonies est immense. Le travail forcé des populations est maintenu comme dans les colonies aux mains de Vichy ou les possessions britanniques.

À des milliers de kilomètres de l’Afrique, en Guyane, le gouverneur Veber, fidèle du régime de Vichy est renversé le 16 mars 1943. À cette occasion, Félix Eboué prend la parole sur Radio Brazzaville. En juillet 1943, la Martinique et la Guadeloupe se débarrassent à leur tour du régime de Vichy représenté par l’amiral Robert et le gouverneur Sorin.

Épisode 4 : Félix Eboué, le grand oublié

À Brazzaville, de 1940 à 1944, Félix Eboué œuvre sans se ménager pour la France libre. Le travail est éprouvant. De plus, Brazzaville ressemble à un panier de crabes. Les rivalités entre les responsables de la France libre épuisent Félix Eboué. Malgré tout, le gouverneur de l’Afrique équatoriale française croit en son combat. Il a le soutien total du général de Gaulle.

Alors que la guerre n’est pas terminée, le gouverneur Eboué prépare avec son plus proche collaborateur, Henri Laurentie, la conférence de Brazzaville qui se tient du 30 janvier au 8 février 1944. À la conférence de Brazzaville, Félix Eboué préconise, entre autres, la fin progressive du travail forcé, le droit de vote pour les élites africaines et des réformes économiques et sociales pour améliorer la vie des populations.

Félix Eboué et le général de Gaulle à Barazzaville en 1944
Félix Eboué et le général de Gaulle à Barazzaville en 1944 • ©AFP

Après cette conférence de Brazzaville, Félix Eboué est littéralement exténué. Il prend des vacances pour aller visiter les pyramides d’Egypte avec son épouse Eugénie et sa fille Ginette. Lors d’une conférence au lycée français du Caire, il est victime d’un malaise. Hospitalisé, il meurt le 17 mai 1944 à l’âge de 59 ans. Il n’a guère le temps d’apprendre le succès du débarquement en Normandie qui aura lieu en juin. De Gaulle ne peut pas se rendre aux funérailles au Caire. Il est représenté par Pléven, le commissaire aux colonies. La nouvelle de la mort de Félix Eboué en pleine guerre provoque une onde de choc, en particulier en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane.

Pour Eugénie Eboué, la mort de Félix est un drame, elle qui a partagé ses passions et ses combats. Après le décès prématuré de son mari, elle œuvre pour sa mémoire et s’engage en politique. En 1949, la reconnaissance nationale est à la hauteur du personnage. Félix Eboué est panthéonisé. Sa dépouille arrive du Caire à bord du paquebot Le providence. Débarqué à Marseille le 2 mai 1949, le cercueil de Félix Eboué entre au Panthéon en compagnie de celui de Victor Schoelcher le 20 mai 1949.

Huit ans plus tard, en 1957 une immense statue est inaugurée en Guyane sur la place des Palmistes à Cayenne. Elle représente un Félix Eboué, canne à la main qui montre le chemin. André Malraux, l’écrivain et futur ministre de la Culture de de Gaulle a imaginé le texte gravé sur le socle de la statue.

Statue de Félix Eboué, place des palmistes à Cayenne
Statue de Félix Eboué, place des palmistes à Cayenne • ©OLIVIER GOUJON / ROBERT HARDING PREMIUM

Le 21 janvier 2012, l’aéroport de Rochambeau est rebaptisé Félix Eboué. Son fils Charles qui a été longtemps pilote de ligne assiste à la cérémonie d’inauguration au cours de laquelle Nicolas Sarkozy déclame un discours en l’honneur son père.

Des rues, des places, des écoles, des collèges, des lycées, des stades et même une chanson de Booba portent le nom de Félix Eboué. De nombreuses biographies lui ont été consacrées. Mais globalement, la figure de Félix Eboué reste assez méconnue. Or, l’histoire de Félix Eboué mérite plus que jamais d’être racontée. Gouverneur colonial, intellectuel, bon vivant et héros de la seconde guerre mondiale, il a marqué son époque par sa loyauté, son courage et sa complexité.

Des liens sacrés entre fraternité et altitude

Petite charade de fin d’année :

Mon premier est un être qui fréquente les endroits… Très secrets.
On s’y retrouve, entre amis… Très discrets.
On y pratique fraternité, sagesse et rituels anciens. 
On y cherche la vérité et on vise quelquefois des projets incertains…

Mon deuxième est un être d’aventure.
Il grimpe des sommets en défiant la nature. 
Accroché à son rêve, il s’élève vers les cieux. 
Il veille à ne pas chuter, il n’est pas peureux. 

Mon tout est un de leurs outils pour cheminer, bien pratique.
Entre entrelacs et sécurité, c’est magique. 
Que ce soit pour unir ou pour une ascension.
Sans elle, on risque de perdre la direction.

File entre les mains… Que l’on noue avec soin pour avancer sans fin,

Qui suis-je ?

« C’est pas la bonne corde, trop de noeuds ! J’espère au moins que tu as pris les piolets ? »

Innovation et stagnation dans la maçonnerie

De notre confrère thesquaremagazine.com – Par Rt.Ven.Bro. Matt DA Fletcher KGC

Les anciennes charges de la franc-maçonnerie, selon Preston, stipulent qu’un maître élu doit accepter et approuver ce qui suit : « Vous admettez qu’il n’est pas au pouvoir d’un homme ou d’un groupe d’hommes d’apporter une quelconque modification ou innovation au sein de la franc-maçonnerie ». Mackey a déclaré : « Le premier grand devoir, non seulement de chaque loge, mais de chaque franc-maçon, est de veiller à ce que les repères de l’Ordre ne soient jamais altérés ».

C’est une croyance très répandue dans la franc-maçonnerie : rien ne peut être changé. C’est une cause de dissension dans les loges et la source de nombreuses disputes entre francs-maçons, tant au sein de la loge qu’au sein du comité des fêtes, et de plus en plus, sur Internet.

Nous grandissons tous dans un environnement maçonnique particulier et on nous apprend que ce que nous faisons est traditionnellement la seule bonne façon de le faire.

Je me souviens d’avoir vu un jour un ancien maître en visite corriger un maître en exercice sur un point de protocole dans une loge ouverte, différent dans les loges des autres. Cette discussion n’a eu aucun effet sur aucun des deux frères et a surtout jeté une ombre sur le reste de la réunion.

CRÉDIT IMAGE : collection numérique du magazine Square

Pourquoi alors insistons-nous sur notre propre interprétation de la franc-maçonnerie qui nous a été enseignée et exigeons-nous qu’on s’y conforme, plutôt que de comprendre et d’accepter qu’il y a plus de variations que de similitudes dans une grande partie de ce qui se passe dans une salle de loge ?

Les médias sociaux nous permettent de nous associer à de nombreux frères issus de juridictions encore plus nombreuses que nous ne pouvons en concevoir, à la fois régulières et irrégulières (selon des définitions strictes), et de réaliser qu’il existe une grande variation dans les rituels et les pratiques occasionnelles.

Les variations entre obligations et rituels d’une juridiction à l’autre sont presque infinies. Ce qui est cher à l’une peut ne pas être envisagé dans une autre. Il est intéressant de constater à quel point certains individus sont rigides sur le sujet, sans comprendre que tout ce qu’ils savent fait partie d’un concept en évolution.

La rigidité de la croyance selon laquelle un seul rituel et une seule expression de la franc-maçonnerie semblent provenir des premières Grandes Loges aux États-Unis au milieu des années 1800.

Il existe un fort courant sous-jacent au sein de la franc-maçonnerie nord-américaine selon lequel nous devons revenir aux idéaux et aux motivations originelles qui ont animé nos ancêtres, et nous éloigner des hypothèses et des conventions sociales qui se sont glissées au cours des trois derniers siècles de la franc-maçonnerie ; par exemple, comme le fait de ne pas permettre aux apprentis inscrits d’être membres votants à part entière d’une loge maçonnique (une pratique jamais acceptée par la Grande Loge Unie d’Angleterre), décidée unilatéralement lors de la Convention maçonnique de Baltimore en 1843.

Ce que beaucoup de francs-maçons ne réalisent pas, c’est que la maçonnerie est une philosophie et une société en évolution. Il nous est dit dans les termes les plus forts que la maçonnerie est une science progressiste.

Progressiste signifie « avancer ou évoluer ». Ce concept exige un changement… sans lui, il n’y a pas de progrès, seulement stagnation.

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Charles Darwin a écrit : « Ce ne sont pas les espèces les plus fortes qui survivent, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux au changement. » C’est une réflexion salutaire, alors que nous sommes confrontés à une diminution du nombre de nouveaux candidats et que nous luttons pour faire face à la perte d’intérêt et de participation de nos membres.

Il existe une différence fondamentale entre le fait de soutenir et de défendre les valeurs fondamentales qui ont donné naissance à la maçonnerie et les concepts qui la mettent véritablement en pratique, et le fait de défendre des traditions supposées et des pratiques régionales qui ne sont pas essentielles à l’interprétation de la philosophie sous-jacente.

De nombreux francs-maçons ne se rendent pas compte à quel point notre conception de la maçonnerie est récente. Par exemple, en 1717, il n’existait que deux grades, celui d’apprenti et celui de compagnon de l’artisanat.

Le degré de Maître Maçon et la Légende Hiramique n’ont pas été introduits dans le corps de la Franc-Maçonnerie avant la période 1723-30.

Le premier 3e degré semble avoir été conféré en 1724, et la première mention des Trois Ruffians dans les Constitutions de 1738. Les rituels de la franc-maçonnerie ont été progressivement développés et étendus jusqu’à la première partie du 19e siècle.

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L’Arche Royale, justement désignée comme l’achèvement d’un Maître Maçon, n’a vu le jour qu’environ 1730.

Nous avons affaire ici à une histoire relativement récente. Le sanctuaire n’a été fondé qu’en 1872. Il a moins de 150 ans ! Les séries de diplômes de maître royal et de maître sélect n’ont été créées qu’à la fin du XIXe siècle.

Le XVIIIe siècle fut une période de grands changements et d’innovations dans la maçonnerie ; de nombreuses choses apparurent qui n’avaient pas été utilisées jusqu’alors ; des concepts tels que l’utilisation de la lettre G en sont de parfaits exemples .

La lettre G n’est généralement pas déplacée dans la salle de loge, ni au centre de l’équerre et du compas dans de nombreuses juridictions.

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Les tabliers maçonniques originaux avaient un format sensiblement différent de ceux que nous portons actuellement, avec une coupe plus longue et des coins arrondis. N’est-ce pas une innovation dans la franc-maçonnerie ?

Le simple fait que nous admettions désormais comme francs-maçons des hommes handicapés est contraire aux principes fondateurs de la franc-maçonnerie. La société a évolué et progressé, nous sommes devenus plus éclairés et avons reconnu que le statut social et le handicap physique ne sont pas des raisons valables pour exclure un candidat potentiel qui en est par ailleurs digne.

Il existe de nombreux arguments concernant l’exclusion continue des femmes de la franc-maçonnerie, et en effet, des obédiences maçonniques féminines se sont développées au cours des 150 dernières années, sans parler des ordres mixtes.

Bien que non reconnues, les Grandes Loges les plus progressistes ont au moins publiquement et ouvertement déclaré qu’elles pratiquaient régulièrement. Il est intéressant de noter que la première femme franc-maçonne dont on ait connaissance, Elizabeth Aldworth, a été régulièrement initiée vers 1711, bien avant que la première Grande Loge d’Amérique du Nord ne soit établie en Virginie en 1778.

En vertu de la Grande Loge Unie d’Angleterre, dont je suis membre, il est interdit d’afficher extérieurement la preuve de mon appartenance à la Franc-Maçonnerie, ni de faire connaître ce fait en encadrant mon certificat, et encore moins de porter une bague maçonnique ou d’afficher l’équerre et le compas sur tout ce que je porte ou conduis.

Cependant, c’est la règle en Amérique du Nord. Au Royaume-Uni, je peux m’adresser à quelqu’un qui, selon moi, ferait un bon franc-maçon, même si cela est souvent interdit en Amérique du Nord.

Ce sont toutes des coutumes adoptées basées sur nos propres interprétations collectives de ce que nous enseignent les rituels ou les règles de nos juridictions respectives.

Et pourtant, nous ne nous concentrons pas sur ces faits historiques, car ce que nous voyons, ce que nous faisons et ce en quoi nous croyons sont importants pour nous.

En fin de compte, c’est peut-être tout ce qui compte réellement. Cependant, prétendre que ce que nous faisons nous est parvenu sans modification, sans altération et sans innovation est tout simplement faux.

Nous devrions apprendre à accepter notre diversité et reconnaître que c’est ce qui nous rend plus forts et qui nous fait véritablement descendre des temps immémoriaux.

Chaque franc-maçon à l’échelle mondiale a évolué selon un chemin et un pedigree légèrement différents, et qui est un individu ou une juridiction pour affirmer qu’il a raison et que tout le reste est faux ?

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Ainsi, devrions-nous continuer à adhérer à ce que nous percevons comme notre propre forme de maçonnerie immuable, ou devrions-nous plutôt reconnaître que la maçonnerie a continuellement évolué au cours des 300 dernières années, et reconnaître que pour que le mouvement continue d’être le plus bénéfique pour l’humanité, nous devons reconnaître que seules certaines facettes sont immuables dans la société que nous chérissons tant ?

Article de Matt DA Fletcher

Matt DA Fletcher est le Souverain Grand Maître des Degrés Maçonniques Alliés du Canada; le Directeur Général des Études de la Societas Rosicruciana in Anglia ainsi que l’Adepte en Chef de la Province SRIA de la Colombie-Britannique et du Yukon; il est un ancien Grand Surintendant du Grand Chapitre Suprême des Royal Arch Masons de la Colombie-Britannique et du Yukon; et il est ou a été membre de presque tous les corps maçonniques réguliers existants.

Initié à la Loge des Trois Piliers n° 4923 de Londres et franc-maçon depuis près de 30 ans, il est membre adhérent d’organismes au Royaume-Uni, au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en Belgique et en France. Il occupe également des postes importants dans un certain nombre d’ordres et d’organismes martinistes et est profondément impliqué dans les domaines ésotériques au-delà de la franc-maçonnerie ordinaire.

Son objectif principal est d’augmenter le contenu académique au sein de la Franc-Maçonnerie, afin que nous puissions élargir et appliquer concrètement les connaissances que nous apprenons dans le Métier, et nous engager et aider plus pleinement nos Frères dans leur propre parcours maçonnique personnel.

Dans le monde ordinaire, il est un chirurgien orthopédiste en exercice dans le Canada rural avec une solide expérience en recherche chirurgicale. Il a publié et présenté plus de 350 articles, chapitres et livres universitaires et ésotériques.

Franc-maçonnerie : institution essentiellement philosophique , philanthropique et progressiste

De notre confrère argentin eltiempodepergamino.com.ar

La franc-maçonnerie, à Pergamino comme ailleurs, se distingue par sa nature philosophique, philanthropique et progressiste. Philosophiquement, elle pousse l’individu vers une exploration rationnelle des lois de la nature, contribuant ainsi au patrimoine de la vérité abstraite, au-delà des contraintes du temps et de l’espace. Sur le plan philanthropique, elle est guidée par l’altruisme, visant le bien-être universel sans quête de bénéfice personnel. Progressiste, elle promeut la solidarité humaine et une liberté de conscience sans bornes.

La Franc-Maçonnerie : Une Religion ?

Grande Loge d'Argentine
Grande Loge d’argentine

La franc-maçonnerie n’est pas une religion ni ne s’allie à aucune. Elle accueille des personnes de toutes confessions religieuses, exigeant simplement tolérance et respect envers toutes les croyances.

L’Histoire de la Franc-Maçonnerie à Pergamino

La première loge maçonnique de Pergamino, la « Fraternidad Nº53 », fut fondée en 1876. Parmi ses fondateurs, on compte des figures locales comme Manuel Piñero Gonzales, José Gil Cidra, et Juan C. Urbina. Ces pionniers n’étaient pas seulement des bâtisseurs de la société secrète mais aussi des piliers communautaires qui ont contribué à la création de plusieurs institutions clés de la ville :

  • La Coopérative électrique Pergamino
  • La Société espagnole et la Société italienne d’entraide
  • Le journal « El Tiempo de Pergamino »
  • Le Club social

Le premier maire de Pergamino, Miguel Cane, était lui-même un membre actif de cette loge, située au 600 de la rue Merced, symbole de l’influence maçonnique dans la gouvernance locale.

Impact sur l’Urbanisme

Grand Temple Argentine

L’ingénieur Reynaldo Standke, membre de la loge Fraternidad et disciple de Pedro Benoit, a également laissé sa marque sur l’urbanisme de Pergamino avec le tracé du Barrio Otero. Son travail s’étend également à Mariano Benítez, où il a appliqué les mêmes principes urbanistiques.

Les Francs-Maçons Notables

Au fil des années, de nombreux francs-maçons ont marqué la région :

  • 1887 : Noms comme Urbina, Sainz, Cabral, Rossi, et Cane étaient courants parmi les membres.
  • Années 1920 : Des figures telles que Federico Ainge, Víctor Albisetti, et Humberto Badino ont continué à enrichir la communauté maçonnique et sociale de Pergamino.

Un Patrimoine Perdu et Renouvelé

Ville de Carlos Casares – Argentine

Malheureusement, en 1999, le temple maçonnique historique fut vendu et démoli, une perte pour le patrimoine architectural de la ville. Cependant, la franc-maçonnerie reste active, influençant les sphères publiques et privées à travers ses membres dévoués.

Cette exploration historique révèle l’importance de la franc-maçonnerie dans le développement de Pergamino, non seulement en termes de philosophie personnelle et de philanthropie, mais aussi dans la construction d’une communauté inclusive et progressiste. La franc-maçonnerie à Pergamino est un témoignage vivant de l’engagement envers le progrès humain et la solidarité.

Pour plus d’informations ou pour contacter la loge actuelle, vous pouvez écrire à info@fraternidad.com.ar.

Aux pieds du maître : partie 2

De notre confrère universalfreemasonry.org – Ecrit par Jiddu Krishnamurti

Deuxième partie d’une série en quatre parties, cet article constitue le deuxième chapitre du livre « Aux pieds du Maître ». Écrit par Jiddu Krishnamurti, écrivant sous le nom d’« Alcyone », ce chapitre traite de la qualité de « l’absence de désir » et de la façon dont le chercheur moderne de la Vérité spirituelle peut la manifester dans sa vie. (lire la partie 1)

Il y en a beaucoup pour qui la qualification de l’absence de désir est difficile, car ils ont le sentiment qu’ils SONT leurs désirs – que si leurs désirs distinctifs, leurs goûts et leurs dégoûts leur sont enlevés, il ne restera plus de moi. Mais ce ne sont que ceux qui n’ont pas vu le Maître ; à la lumière de Sa Sainte Présence, tout désir meurt, sauf le désir de lui ressembler. Pourtant, avant d’avoir le bonheur de Le rencontrer face à face, vous pouvez atteindre l’absence de désir si vous le voulez. 

La discrimination vous a déjà montré que les choses dont la plupart des hommes désirent, comme la richesse et le pouvoir, ne valent pas la peine d’être possédées ; lorsque cela est réellement ressenti, et non simplement dit, tout désir pour ces choses cesse.

Jusque-là, tout est simple ; il suffit que vous compreniez. Mais certains abandonnent la poursuite des objectifs terrestres uniquement pour gagner le ciel ou pour parvenir à la libération personnelle de la renaissance ; il ne faut pas tomber dans cette erreur. Si vous avez complètement oublié le moi, vous ne pouvez pas penser au moment où ce moi devrait être libéré, ni au genre de ciel qu’il aura. Souvenez-vous que TOUT désir égoïste vous lie, aussi élevé que soit son objet, et tant que vous ne vous en êtes pas débarrassé, vous n’êtes pas entièrement libre de vous consacrer à l’œuvre du Maître.

Quand tous les désirs personnels ont disparu, il peut encore y avoir un désir de voir le résultat de votre travail. Si vous aidez quelqu’un, vous voulez VOIR à quel point vous l’avez aidé ; peut-être même voulez-vous qu’il le voie aussi et qu’il vous en soit reconnaissant. Mais c’est encore un désir, et aussi un manque de confiance. Lorsque vous déployez votre force pour aider, il doit y avoir un résultat, que vous puissiez le voir ou non ; si vous connaissez la Loi, vous savez qu’il doit en être ainsi. Ainsi, vous devez faire le bien pour le bien et non dans l’espoir d’une récompense ; vous devez travailler pour le bien du travail et non dans l’espoir de voir le résultat ; vous devez vous donner au service du monde parce que vous l’aimez et que vous ne pouvez pas vous empêcher de vous donner à lui.

N’ayez aucun désir de pouvoirs psychiques ; ils viendront quand le Maître saura qu’il est préférable pour vous de les avoir. Les forcer trop tôt entraîne souvent beaucoup de problèmes ; souvent, leur possesseur est trompé par des esprits de la nature trompeurs ou devient vaniteux et pense qu’il ne peut pas se tromper ; et de toute façon, le temps et la force qu’il faut pour les acquérir peuvent être dépensés à travailler pour d’autres. Ils viendront au cours du développement – ils DOIVENT venir ; et si le Maître voit qu’il serait utile pour vous de les avoir plus tôt, Il vous dira comment les déployer en toute sécurité. Jusque-là, vous êtes mieux sans eux.

Il faut aussi se garder de certains petits désirs qui sont courants dans la vie quotidienne. Ne jamais vouloir briller, ni paraître intelligent ; ne pas avoir envie de parler. Il est bon de parler peu ; mieux vaut ne rien dire, à moins d’être tout à fait sûr que ce que vous voulez dire est vrai, aimable et utile. Avant de parler, réfléchissez bien si ce que vous allez dire possède ces trois qualités ; si ce n’est pas le cas, ne le dites pas.

Il est bon de s’habituer dès maintenant à réfléchir soigneusement avant de parler, car lorsque vous aurez atteint l’Initiation, vous devrez surveiller chaque mot, de peur de dire ce qui ne doit pas être dit. Beaucoup de bavardages ordinaires sont inutiles et insensés ; quand ce sont des commérages, c’est méchant. Habituez-vous donc à écouter plutôt qu’à parler ; n’exprimez pas votre opinion à moins qu’on vous la demande directement. Une déclaration des Qualifications les énumère ainsi : savoir, oser, vouloir et se taire ; et la dernière des quatre est la plus difficile de toutes.

Un autre désir commun que vous devez réprimer avec sévérité est celui de vous mêler des affaires des autres. Ce que fait, dit ou croit un autre homme ne vous regarde pas et vous devez apprendre à le laisser absolument tranquille. Il a pleinement le droit de penser, de parler et d’agir librement, tant qu’il ne s’immisce pas dans les affaires des autres. Vous revendiquez vous-mêmes la liberté de faire ce que vous pensez être juste ; vous devez lui accorder la même liberté et, lorsqu’il l’exerce, vous n’avez pas le droit de parler de lui.

Si vous pensez qu’il a tort et que vous pouvez trouver l’occasion de lui dire en privé et très poliment pourquoi vous pensez ainsi, il est possible que vous puissiez le convaincre ; mais il y a de nombreux cas où même cela serait une intervention inconvenante. Vous ne devez en aucun cas aller raconter l’affaire à une tierce personne, car c’est une action extrêmement mauvaise. Si vous êtes témoin d’un cas de cruauté envers un enfant ou un animal, il est de votre devoir d’intervenir. Si vous voyez quelqu’un enfreindre la loi du pays, vous devez en informer les autorités. Si vous êtes placé à la tête d’une autre personne pour lui donner une leçon, il peut être de votre devoir de lui dire gentiment ses fautes. Sauf dans ces cas-là, occupez-vous de vos affaires et apprenez la vertu du silence.

Lire le volet n°3 de cette série

La Tolérance : « La Voie de l’Harmonie et de l’Universalité »

A partir d’un texte paru dans la revue du Rite maçonnique de Misraïm sur la Tolérance maçonnique du Frère Orateur conférencier en date du 18 novembre 1897, nous avons réinterprété le texte de 1897 en y intégrant des réflexions contemporaines pour chaque partie, afin de démontrer son actualité et sa pertinence dans notre époque.

A cette époque, des voix s’élevaient pour annoncer la décadence de notre institution. Si l’ingratitude de la société moderne ne saurait justifier une telle crainte, le danger à cette époque provenaient non pas d’attaques extérieures, mais de leur propre imprudence. En négligeant la culture spirituelle et intellectuelle qui fonde la Maçonnerie, ils avaient laissé les passions profanes franchir les portes des temples, dévoyant l’idéal d’universelle tolérance.

Une crainte de décadence et ses origines

« La décadence d’une institution commence lorsque ses membres oublient ses principes fondamentaux. »

Texte original :

« Depuis quelque temps, les voix les plus autorisées s’élèvent l’une après l’autre pour annoncer tristement la prochaine décadence de notre institution. […] Ce n’est pas à la méchanceté des hommes, c’est à notre propre imprudence que nous le devons. »

Réflexion contemporaine :

Aujourd’hui, la crainte d’une perte de substance maçonnique reste d’actualité, mais se manifeste différemment. Les défis modernes incluent la dilution des rituels, l’influence croissante des préoccupations profanes, et le manque d’engagement dans l’étude des enseignements ésotériques. Dans une société où tout va vite, la lenteur et la profondeur nécessaires à l’initiation sont parfois négligées. La vigilance est donc essentielle pour préserver l’essence de l’Ordre face aux distractions contemporaines.

La tolérance comme fondement de l’universalité maçonnique

Albert Schweitzer

« Le vrai respect de la liberté morale consiste à permettre à chacun d’explorer son propre chemin vers la vérité. »

Albert Schweitzer

Texte original :

« C’est pourtant à un respect absolu de la liberté morale que notre ordre a dû ses plus beaux succès. […] Tous voulaient prendre part à ces travaux de haute philosophie qui devaient assurer un jour l’union des cœurs et des âmes. »

Réflexion contemporaine :

La liberté morale demeure une valeur centrale, mais elle est mise à l’épreuve par des débats sociétaux complexes, où des divergences profondes sur des questions politiques, éthiques ou religieuses peuvent diviser. Dans ce contexte, la Franc-Maçonnerie doit réaffirmer son rôle de sanctuaire où ces différences sont transcendées par l’étude, le respect et l’amour fraternel. Ce rappel de l’universalité maçonnique trouve un écho particulier dans un monde fracturé par les identités et les intérêts partisans.

L’éthique de la lutte et le triomphe du bien

Buste cuirassé de Marc Aurèle agè – Musée Saint-Raymond

« Ce que nous devons détruire, ce ne sont pas les hommes, mais leurs passions et leurs erreurs. »

Marc Aurèle

Texte original :

« Ce qu’il faut combattre, n’est-il pas vrai, ce ne sont pas des hommes, mais bien des passions dont ces hommes sont esclaves. […] Notre foi dans les destinées de l’humanité est inébranlable. »

Réflexion contemporaine :

Dans un monde polarisé où les attaques personnelles sont fréquentes, ce passage invite à élever le débat. Lutter contre des idées et non contre des individus est une leçon qui résonne fortement aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux où les échanges manquent souvent de bienveillance. La foi dans le progrès spirituel de l’humanité doit être réaffirmée, en se souvenant que les transformations véritables prennent du temps et nécessitent persévérance et foi.

Les dérives de la tolérance et le relativisme moral

Thomas Mann

« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’applique au mal. »

Thomas Mann

Texte original :

« La mode est aujourd’hui fort répandue de rester impassible en face des crimes les mieux caractérisés […] mais de tels abus sont de tous les temps. »

Réflexion contemporaine :

Le relativisme moral et l’indifférence face aux injustices sont des défis actuels. La tolérance ne doit pas devenir une excuse pour justifier l’inaction ou le compromis sur les principes fondamentaux. La Franc-Maçonnerie, tout en prônant l’ouverture d’esprit, doit maintenir une éthique claire et un engagement à défendre la justice et la vérité, sans céder à la facilité du consensus vide de sens.

L’importance de la connaissance et de la méthode initiatique

« La méthode, dans la quête de la vérité, est aussi importante que la vérité elle-même. »

René Descartes

Texte original :

« Mais cette curiosité sympathique ne va pas sans une science profonde […] De là ce symbolisme merveilleux qui s’adresse à la fois aux sens, à l’entendement et à l’intelligence. »

Réflexion contemporaine :

Dans un monde saturé d’informations, la quête de connaissance initiatique reste essentielle. La méthode maçonnique, basée sur le symbolisme, l’introspection et l’expérience rituelle, offre une réponse à la superficialité contemporaine. Elle invite à développer une compréhension holistique du monde et de soi-même, reliant le visible à l’invisible, le profane au sacré.

L’orgueil et le dépassement de soi

« L’orgueil est souvent le dernier obstacle sur le chemin de la sagesse. »

Texte original :

« Plus tard, l’âme devenue maîtresse d’elle-même saura bien se débarrasser de cet orgueil désormais inutile et la tolérance trouvera dans le cœur du sage de moins compromettants défenseurs. »

Réflexion contemporaine :

L’orgueil spirituel reste une tentation pour ceux qui progressent sur le chemin initiatique. Cependant, dans un monde où l’égoïsme est amplifié par la culture individualiste, cet appel à l’humilité est une leçon précieuse. La véritable maîtrise n’est pas dans l’affirmation de soi, mais dans la capacité à se mettre au service des autres avec amour et simplicité.

La tolérance comme charité et justice

« La justice est l’amour appliqué à tout ce qui est en dehors de soi. »

Texte original :

« Telle est cette notion de solidarité absolue dont l’esprit de charité et l’esprit de justice découlent logiquement, et qui, bien comprise, fait voir dans l’intolérance une simple absurdité. »

Réflexion contemporaine :

La solidarité maçonnique, fondée sur la charité et la justice, est une réponse aux fractures sociales et aux inégalités de notre époque. La tolérance maçonnique, comprise comme un acte d’amour actif et éclairé, invite à dépasser les préjugés et à œuvrer pour une humanité plus unie et harmonieuse. Cette vision universelle est particulièrement pertinente face aux défis mondiaux actuels.

La synthèse des doctrines et l’universalité maçonnique

Teilhard de Chardin

« Ce qui divise les hommes est moins profond que ce qui les unit. »

Teilhard de Chardin

Texte original :

« Dans chaque doctrine, il y a un peu de cette science que la Maçonnerie possède en entier et qu’elle saura répandre autour d’elle. »

Réflexion contemporaine :

Dans un monde où les doctrines religieuses et philosophiques semblent parfois irréconciliables, la Franc-Maçonnerie reste un espace unique de synthèse et de dialogue. Elle rappelle que derrière les différences de forme, une vérité universelle relie toutes les traditions, et que cette vérité doit être mise au service du progrès spirituel de l’humanité.
Conclusion : Une tolérance active et éclairée

Photo : Wikipédia | Albert Pike, général confédéré pendant la guerre civile américaine, est le personnage central de l’histoire.

« L’initié, éclairé par la lumière divine, trouve dans la tolérance le chemin de la fraternité universelle. »

Albert Pike

Texte original :

« Le chemin tracé par la sagesse antique conduit aux plus hautes vérités intelligibles. »

Réflexion contemporaine :

Aujourd’hui, plus que jamais, la Franc-Maçonnerie a un rôle à jouer pour réaffirmer une tolérance active et éclairée. Elle doit encourager chacun à explorer la sagesse ancienne tout en restant ancré dans les réalités contemporaines. La tolérance maçonnique n’est pas une simple acceptation des différences, mais un engagement actif à comprendre, à aimer et à servir l’humanité dans toute sa diversité et sa complexité.

Cette relecture actualisée montre que les idéaux exprimés en 1897 restent des phares pour la Maçonnerie contemporaine, rappelant l’importance de conjuguer tradition et modernité dans une quête constante de vérité, d’harmonie et de lumière.