(De l’esprit dans la matière ? Il y a la matière à reflexion !)
« Existe-t-il au monde une connaissance dont la certitude soit telle qu’aucun homme raisonnable ne puisse la remettre en doute ? Cette question qui, à première vue pourrait paraître simple, est en réalité l’une des plus difficiles »
Bertrand Russell – « Problèmes de philosophie)
Cette pensée du grand philosophe britannique nous amène d’emblée à mettre à distance nôtre rêve ou idéal pythagoricien de pouvoir accéder à des vérités parfaites, éternelles, indubitables ! Ne demeure pour nous que le poids d’une interrogation sans réponse, que nous comblons par la mise en place d’une foi momentanée ou définitive, scientifique, philosophique ou religieuse, mais dont nous savons qu’elle ne joue qu’un rôle rassurant, un calmant, devant la peur « des espaces infinis » pascalien.
Aussi longtemps que l’être humain ne se développera pas en sagesse autant qu’en connaissance, l’accroissement de son savoir impliquera une augmentation de ses dangers de destruction.
Bertrand Russell pense que la personne heureuse est celle qui a des affections libres et des intérêts larges. Dès lors cet être humain « se sent un citoyen de l’Univers, il jouit en toute liberté du spectacle et des joies que le monde lui offre, il n’est pas troublé par la pensée de la mort parce qu’il ne se sent pas réellement séparés de ceux qui viennent après lui. C’est dans cette union profonde et instinctive avec le courant de la vie que l’on trouvera les joies les plus intenses » (1). N’en demeure pas moins qu’une interrogation, liée à l’homme depuis son apparition, continue à se poser : Existe-t-il une dimension indépendante de la matière, que nous pourrions appeler l’âme, qui serait issue de cette matière pour les uns, ou qui lui donnerait une orientation spirituelle pour les autres ? En fait, l’homme n’est-il que l’un des aboutissements du transformisme de la nature ou un être crée par une puissance divine supérieure dont il représente la finalité et est à son service ? C’est l’une des questions à laquelle Bertrand Russell va tenter de répondre.
I-LE GALOPIN DE LA PHILOSOPHIE BRITANNIQUE.
Avant d’entrer dans une réflexion sur le concept de métaphysique tel que Bertrand Russell l’entendait (et dont il avait fait un ennemi auquel s’affronter !), il est bon de jeter brièvement un coup d’œil sur la biographie d’un grand philosophe riche en couleurs.
Bertrand Russell pourrait se définir, en premier lieu par une appartenance forte à ses racines et à la culture galloises même si sa vie sera ponctuée de voyages divers : né le 18 mai 1872 à Trelleck, il décédera à Penrhyndeudraeth, ces deux lieux étant au pays de Galles. Il laissait derrière lui une œuvre immense de plus de 60 livres et environ deux mille articles. Il est unanimement reconnu comme l’un des plus grands philosophes et logiciens du XXe siècle, et est le cofondateur de l’influente école de philosophie analytique. Il fut également un penseur de l’éthique, du politique et de l’éducation, un vulgarisateur de la science et de la philosophie et un intellectuel engagé.
Issu d’un milieu où l’aristocratie et la haute bourgeoisie se côtoient (son grand-père paternel était lord John Russell qui fut deux fois Premier Ministre), il eut la chance de n’être pas enfermé dans l’immobilisme conservateur, car ses parents étaient libres-penseurs ! Ce qui marquait une originalité dont il allait devenir, lui et son frère, les héritiers. Malheureusement, ses parents décéderont très tôt et ils seront confiés à leurs grands-parents qui les scolariseront à domicile. C’est par son frère qui lui donne à 11 ans sa première leçon de géométrie avec les « Eléments » d’Euclide qu’il va développer une véritable passion pour la géométrie et les mathématiques. Passions qui demeureront permanentes jusqu’à la fin de sa vie, mais qui débuteront par des études de mathématiques à Cambridge qu’il poursuivra à Berlin. En 1894, il travaille à l’ambassade britannique à Paris, puis, en 1896, il commence à enseigner à la London School of Economics puis aux Etats-Unis avant de devenir professeur au Trinity College en 1899. C’est durant ces années que Russell va commencer à s’intéresser aussi, très sérieusement, à la philosophie.
Il est aussi un homme qui s’engage politiquement : en 1907, il se présente au Parlement et défend le droit de vote des femmes. Il est défait ! En 1911, arrive à Cambridge un brillant étudiant allemand : Ludwig Wittgenstein et va s’établir entre eux une coopération fructueuse. Au moment de la guerre de 1914, Russell milite pour le pacifisme et il se voit refuser le passeport qui lui était nécessaire pour aller enseigner à Harvard aux Etats-Unis. Ses collègues universitaires vont jusqu’à voter pour que lui soit retiré son poste de professeur. Pire, en 1918, il sera condamné à 6 mois de prison !
Entre les deux guerres se déroule une longue période de production d’ouvrages philosophiques. C’est aussi un grand nombre de bouleversements dans sa vie affective par toute une série de divorces. Il accepte finalement de retourner en Amérique du nord pour enseigner. En 1939, c’est là que la guerre le surprend avec sa famille, une guerre que cette fois il juge nécessaire de mener contre le nazisme. Contraint de rester aux Etats-Unis, il accepte un poste au City College of New-York, mais une violente campagne est lancée contre lui en raison de ses écrits et opinions progressistes sur le mariage, les femmes et la sexualité. De nombreuses personnalités le soutiennent (Charlie Chaplin, Albert Einstein, Aldous Huxley, etc.) mais il perdra son poste. C’est à cette époque qu’il publie son « Histoire de la philosophie occidentale » qui le mettra à l’abri du besoin.
Revenu en Grande-Bretagne, son œuvre étant connue désormais, il est honoré pour ses idéaux humanitaires et sa défense de la liberté de pensée. En 1955, il publie avec Einstein le « Manifeste Russell-Einstein » sur le contrôle atomique, et en 1958, il devient le président de la campagne pour le désarmement nucléaire. C’est d’ailleurs au cours d’une manifestation en 1961, que Russell écopera encore d’une semaine de prison ! Son dernier combat, en 1967, sera la mise en place, en collaboration avec Jean-Paul Sartre, du « Tribunal Russell » (Appelé aussi « International War Crimes Tribunal ») contre les crimes de guerre et de génocide commis par les Etats-Unis au Vietnam.
Evidemment, devant une telle personnalité et une telle œuvre, nous nous bornerons à n’aborder qu’un thème de sa pensée qui lui était cher : la métaphysique et sur lequel il reviendra toute sa vie (parfois avec contradiction !), dans une interrogation constante sur le sens de l’éthique.
II-LA METAPHYSIQUE : L’ILLUSION D’UN AU-DELA DE LA MATIERE OU L’HERITAGE DU MYSTICISME ANTIQUE ?
Débutons en donnant le contenu du mot « métaphysique ». Ce dernier, désigne, en premier lieu, l’ensemble des traités d’Aristote qui faisaient suite à la physique et abordaient les problèmes qui concernaient la matière, l’esprit, l’être, le non-être, la vie et l’au-delà. Questions essentielles dans la démarche vers la connaissance. La philosophie générale définit mieux le rôle de la métaphysique dans la mesure où elle apparaît comme une réflexion sur notre expérience vécue, qu’elle soit psychologique, morale ou scientifique, pour en dégager de sa diversité une vision générale et convergente. C’est là où elle prend distance avec la psychologie et la psychanalyse qui sont des études phénoménales des manifestations de l’esprit, de la logique, qui définit des règles de raisonnement, et de la morale qui édicte des règles de conduite. Si la métaphysique pose le problème de l’Être, elle met en même temps, la possibilité de le connaître : ontologique et épistémologique, la métaphysique demeure le projet fondamental de la réflexion et de la recherche philosophique.
Dans l’Antiquité, la pensée mythique sera essentiellement nourrie par les interrogations métaphysiques. On peut avancer l’idée que c’est à partir du VIe siècle avant J.-C. Que le concept va prendre forme : au-delà des croyances, des rites et des tabous, quelques hommes vont tenter de faire prévaloir une réflexion personnelle ayant pour seuls critères les « moyens de la raison ». Elle consistait dans des importantes innovations : le raisonnement est un discours qui transporte la certitude d’une proposition considérée comme vraie à une autre proposition, par le canal de l’évidence. Déconcertés par le caractère changeant et contradictoire des phénomènes, décrits par Héraclite, les Grecs voulurent une stabilité en cherchant un réel situé au-delà des apparences sensibles, d’où l’opposition entre « doxa », connaissance sensible et empirique, et « noesis », connaissance intellectuelle et rationnelle. Cette orientation devait tout naturellement conduire à la conception métaphysique d’une réalité immuable, cosmologique, nécessaire par-delà le devenir, l’altérité et la diversité permanente des phénomènes sensibles. Conception que résume Parménide quand il dit : « C’est dans le moment présent qu’est rassemblé tout l’Être, maintenu immobile dans sa totalité par les liens puissants de la nécessité et pareil à la masse d’une sphère bien arrondie dont tous les rayons sont égaux ». Optique qui sera reprise par Platon dans son fameux mythe de la caverne : « L’esprit est un prisonnier qui se délivre de ses chaînes, qui marche vers la lumière du jour et qui, en découvrant le soleil, découvre à la fois les objets qu’il éclaire et la raison de l’ombre qu’ils laissent derrière eux ». Cette mutation intellectuelle que l’on appellera le « miracle grec » va ouvrir deux modes de pensées qui peuvent devenir facilement contradictoires : la vérité serait au-delà des contingences matérielles d’une nature qui emprisonnerait l’homme mais, en même temps, en mettant en question le témoignage trompeur des sens, ouvrir la voie aux mathématiques théoriques démonstratives et aux premières découvertes scientifiques, ce qui serait un retour pragmatique à la matière, l’âme devenant la priorité de l’intelligence. Socrate va souligner aussi que ce que nous appellerons la naissance de la dialectique remet en cause les idées reçues, les certitudes passionnelles et les postulats implicites qui hantent la pensée humaine. Se mettait en place la recherche d’un discours rationnel destiné à unir les hommes dans la quête de la vérité et du bien. Cependant, un malaise va peu à peu survenir : la peur de devenir prisonnier d’une logique qui ressemble à un dogme qui priverait l’homme de sa liberté. Des tentatives vont avoir lieu pour dépasser la logique d’Aristote.
Mais, il ne faut pas oublier que l’effort rationnel ou métaphysique des premiers philosophes grecs ne peut être séparé du contexte mystique dans lequel il est apparu et qui a joué un rôle fondamental dans ses orientations. Par exemple, dans l’orphisme ou le pythagorisme, le mysticisme paraît favorisé l’essor de la pensée logique, mais dans la mesure ou la connaissance discursive de l’ordre du monde y est envisagée comme l’une des voies de la catharsis préalable à l’union mystique avec le divin. D’où une recherche permanente de l’identité profonde du vrai et du bien sous le signe d’un absolu qui a besoin d’une perfection dans la connaissance. Ce que Bertrand Russell confirme dans sa vision des choses : « La philosophie, qui est un effort pour embrasser le monde dans son ensemble au moyen de la pensée, s’est développée dès le début, grâce à l’union et au conflit de deux tendances humaines qui poussent les hommes, l’une vers le mysticisme, l’autre vers la science » Et dire que nous sommes toujours coincés dans cette tension contradictoire ! D’ailleurs, la place conservée jusqu’à nos jours par la mystique dans la métaphysique rationnelle apporte un argument à cet héritage et le fait que certains philosophes grecs aient adopté des positions métaphysique matérialistes, comme par exemple l’atomisme de Démocrite, qui ne contredit pas cette thèse. La confiance dans une certaine identité entre la Pensée et l’Être a soulevé très tôt, dès la période hellénistique, des objections diverses, dont Socrate qui faisait de la raison la maîtresse suprême de la vie morale, mettant en doute ainsi son ambition d’expliquer l’Univers.
III-PHILOSOPHES ET SCIENTIFIQUES EN QUÊTE DU GRAAL DE LA METAPHYSIQUE.
Statut de Platon assis en marbre blanc devant un chapiteau de Temple
Les premiers sceptiques grecs, comme les Sophistes (Protagoras, Gorgias) vont très vite mettre l’accent sur la relativité de nos jugements et la fragilité de l’esprit humain. Si, à la suite de Parménide, Platon, Aristote ; le courant de la métaphysique relationnelle s’est poursuivi jusqu’à nos jours, à travers des remarquables personnalités (Saint Thomas d’Aquin, Descartes, Spinoza, Leibniz, Hegel, Husserl) il convient de constater qu’un courant critique n’a cessé de le critiquer comme l’empirisme britannique (Occam, Locke, Hume, par exemple) qui pense que notre entendement est incapable de penser par abstraction et que les idées générales n’ont aucune existence en dehors de notre conscience, ce que la scolastique appellera le « Nominalisme ». Le positivisme d’Auguste Comte, lui, affirme que le seul savoir objectif possible ne peut provenir que de l’observation des phénomènes et de la constatation de leur rapport constant de succession ou de similitude. Et le criticisme de Kant qui repose sur l’idéalisme, le phénomène, l’objet de la pensée, est le résultat d’une construction opérée à partir d’un donné sensible, informe et chaotique. La métaphysique commence, pour Kant, quand nous pensons que nous pouvons étendre l’application de notre pensée sur les phénomènes observables dans des entités abstraites inobservables comme « substance », « matière », « âme », « Dieu », etc… Il n’y a de savoir objectif que phénoménal, ce qui légitime la science qui serait l’illustration parfaite de ce mode de connaissance, mais qui condamnerait le rationalisme et ses prétentions métaphysiques. Mais le scepticisme intégral est une position insoutenable : il se détruit lui-même quand il nie qu’on puisse affirmer quoi que ce soit et l’existence de la science, avec son efficacité pratique, suffit à prouver que l’homme est capable d’accéder à une certaine connaissance. Cependant subsiste le problème de la relativité de la connaissance par rapport à notre structure cérébrale…
Emmanuel Kant
L’objet de la science ne paraît pas être le fait concret lui-même, mais le modèle de ce fait concret, c’est à dire la fonction principale du modèle est d’exprimer, par sa nécessité logique, la nécessité naturelle qui est censée présider aux aspects observables de l’objet qu’il représente. L’objet de la pensée scientifique, comme le pense Kant, n’est pas le phénomène mais ce qui le fonde rationnellement. Le physicien Max Planck, l’un des fondateurs de la mécanique quantique, écrit à ce sujet (2) : « Une expérience n’est rien d’autre qu’une question adressée à la nature, la mensuration, le relevé de la réponse. Mais avant d’effectuer l’expérience, on doit la penser, c’est-à-dire formuler la question que l’on entend adresser à la nature et, avant de tirer une conclusion de la mensuration, on doit l’interpréter, c’est-à-dire comprendre la réponse de la nature. Ces deux tâches appartiennent au théoricien ». En fait, la connaissance scientifique oscille en permanence entre deux pôles : un pôle rationnel et un pôle expérimental. En cela se poursuit un dialogue constant entre la nature et l’humain qui est lui-même issue de cette nature. Nous pouvons évoquer une métaphysique qui exclue un Tiers divin, contrairement à une autre définition de la métaphysique qui inclurait obligatoirement une dimension religieuse. Russell rejette naturellement cette dernière orientation en pensant que la science n’est pas un athéisme par nature, mais une transcendance qui se transforme en une métaphysique laïque.
L’importance du rôle tenu par les mathématiques dans la formulation des théories ne pose-t-il pas en lui-même un problème philosophique de première grandeur : les rapports entre la pensée et la matière. La pensée rationnelle est un procédé indispensable à la Connaissance sous réserve qu’elle ne se cantonne pas que dans l’aspect scientifique. Ce qu’exprime Jean Piaget (3) : « La fonction métaphysique propre à la philosophie aboutit à une sagesse et non pas à une connaissance parce qu’elle est une coordination raisonnée de toutes les valeurs, y compris les valeurs cognitives, mais en les dépassant, sans demeurer sur le plan de la seule connaissance ». Les options que nous prenons dans la vie dépassent sans cesse notre connaissance objective et motivent une synthèse raisonnée entre nos croyances et notre savoir.
Cherchant au-delà d’une vérité dans la Science, une vérité dans la Vie, la Métaphysique apparaît comme une réflexion sur l’ensemble des Valeurs, qu’elles soient cognitives, morales, affectives, esthétiques, idéologiques ou religieuses. Son but est de tenter de comprendre les relations signifiantes qui unissent l’aspect empirique, sensible de l’être humain, à son intériorité. C’est par cette aptitude à l’échange entre nature et conscience que la métaphysique peut constituer une voie de sagesse et un véritable savoir qui sont les traits de notre Humanité…
Personne n’a bu la tasse ? Bon on arrête de nager pour aujourd’hui. On fait la planche !
NOTES
(1) Russell Bertrand : La conquête du bonheur. Paris. Ed. Payot. 2001. (Page 233).
(2) Planck Max : L’image du monde dans la physique contemporaine. Paris. Ed. Gonthier. 1949.
– (3) Piaget Jean : Sagesse et illusions de la philosophie. Paris. PUF. 1992.
BIBLIOGRAPHIE
– Baillargeon Normand et Santerre Chantal : Bertrand Russell. Paris. Ed. Que sais-je ? 2025.
Dans un coin lumineux du blog maçonnique de Bertrand Ségonzac, on trouve une pépite hilarante : une étude sur Melchisédek, ce mystérieux VIP des textes sacrés qui semble avoir un CV plus énigmatique qu’un agent secret en mission. Roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut, et probablement barman à ses heures perdues (pain et vin, ça vous dit quelque chose ?).
Ce gars est le MacGyver spirituel des traditions juive, chrétienne et islamique. Ségonzac, tel un détective avec une loupe et une cape, se lance dans une quête épique pour démêler le mythe de ce héros oublié, qui semble être à la fois un sage, un précurseur du Christ, et le patron d’un club sélect appelé « Tradition Primordiale ».
Ségonzac est agacé, et on le comprend ! Melchisédek est partout dans les bouquins spirituels et maçonniques, mais toujours avec des descriptions vagues du genre : « Oh, il est super énigmatique, ce mec, passons à autre chose. » Alors, notre auteur enfile son costume d’Indiana Jones et décide de fouiller les textes sacrés, les exégèses religieuses, et même les coulisses de la Franc-maçonnerie pour prouver que Melchisédek est LA rockstar des initiés, avec des vibes de justice, de paix, et de pain frais.
Melchisédek, la Célébrité des Religions
A. Les Textes Sacrés : Trois Apparitions
Melchisédek, c’est le genre de type qui fait des caméos dans la Bible et laisse tout le monde perplexe. Il apparaît trois fois, comme une star de cinéma qui refuse les grands rôles mais vole la vedette à chaque fois.
Ancien Testament : Genèse 14:18-20 : Imaginez la scène. Abram, fraîchement sorti d’une baston contre des rois ennemis, se fait accueillir par Melchisédek, le roi de Salem, qui sort du pain, du vin, et une bénédiction digne d’un animateur de talk-show. « T’es béni, mon pote ! » dit-il, et Abram, impressionné, lui file 10 % de son butin, comme un pourboire à un serveur divin. Mais c’est quoi, ce passage ? Un ajout tardif ? Une pub pour le vin de Salem ? Les traductions grecques et hébraïques se chamaillent sur les détails, et nous, on se demande : Salem, c’est Jérusalem ou un bar branché ? Et El Elyon, c’est le même boss que le Dieu d’Abram ou un cousin éloigné ? Psaume 110:4 : Là, ça devient épique. « T’es prêtre pour toujours, à la sauce Melchisédek ! » lance le texte à un roi ou un messie (David, peut-être ?). Melchisédek devient le modèle d’une prêtrise éternelle, genre prêtre VIP avec carte platinum. Mais les traductions chipotent : « à la manière de » ou « selon l’ordre de » ? On dirait une dispute sur la recette d’un cocktail sacré.
Ce qu’on sait : Melchisédek est roi, prêtre, et son nom veut dire « Roi de Justice » (melki = roi, sédeq = justice, classe, non ?). Il règne sur Salem (Jérusalem ou pas ?), sert un dieu cool nommé El Elyon, et joue les hôtes parfaits avec son pain-vin combo. Mais pourquoi Abram, l’élu, se fait bénir par ce mec sorti de nulle part ? Mystère et boule de gomme.
Nouveau Testament : Épître aux Hébreux (5-7) : ce passage, attribué à tort à Paul, semble destiné à un public érudit et vise à établir la supériorité de la prêtrise chrétienne sur celle des Lévites. Là, Melchisédek passe en mode superstar. Il est « Roi de Justice », « Roi de Paix » (Salem = paix, bien vu), et attention… sans père, sans mère, sans arbre généalogique, sans date de naissance ni de décès ! En gros, c’est l’Highlander de la Bible, « rendu semblable au Fils de Dieu ». Le texte oublie le pain et le vin (dommage, c’était sympa), mais insiste sur son statut de prêtre éternel. Problème : en le décrivant comme quasi-divin, les Hébreux mettent tout le monde mal à l’aise. Les juifs crient au scandale (« seul Yahvé est éternel ! »), et les chrétiens se demandent si Melchisédek est juste un teaser du Christ ou carrément son sosie.
B. Les Religions en Mode Fan-Club
Avec si peu de lignes dans les textes, Melchisédek a quand même inspiré des fan-fics religieuses à n’en plus finir.
Christianisme :
Les Pères de l’Église adorent Melchisédek, car il leur donne une arme pour narguer le judaïsme. « Sa prêtrise est plus vieille que celle des Lévites, donc Jésus rules ! » Justin (vers 160) le surnomme « prêtre des incirconcis », genre hipster spirituel avant l’heure. Tertullien rigole : « Pas besoin de circoncision ni de sabbat, Melchisédek est au-dessus de tout ça ! » Origène le voit comme un prêtre cosmique qui squatte les cieux, et Cyprien trouve que son pain et vin sentent l’eucharistie à plein nez. Au Moyen Âge, Thomas d’Aquin s’emballe : « Pas de généalogie ? C’est un clin d’œil à la naissance virginale du Christ ! » D’autres, comme Hugues de Saint-Cher, comparent les textes et se disent : « Attends, c’est pas Jésus, ça ? » Le pain, le vin, la bénédiction… tout ça sent le sacrement chrétien à des kilomètres. Et puis, il y a cette théorie rigolote : Melchisédek serait une sorte de lieutenant du Christ, qui sort de l’ombre quand il faut secouer les choses. Genre, il vit dans une grotte secrète, mais quand Abram arrive avec son peuple têtu, Melchisédek dégaine son pain-vin et dit : « Calmez-vous, les gars, voici l’alliance 1.0 ! » Le texte des Hébreux dit qu’il est « sans père, sans mère, sans généalogie » non pas parce qu’il est un alien, mais parce que la Bible a oublié de remplir sa fiche d’état civil. Résultat : il devient le symbole parfait du Fils de Dieu, sans début ni fin, comme une série Netflix sans saison finale
Judaïsme :
Les rabbins, eux, sont un peu vexés par les chrétiens qui s’approprient leur Melchisédek. Dans le Midrash et le Talmud, ils lui reprochent d’avoir béni Abram avant Dieu. « Non mais, sérieux, Melchi, t’as pas lu le manuel ? » Du coup, il perdrait sa prêtrise au profit d’Abram. Certains, comme Ephrem le Syrien, essaient de le faire passer pour Sem, le fils de Noé, histoire de le garder dans la famille juive. D’autres chipotent sur Salem : « C’est pas Jérusalem, c’est peut-être Salîm, ou un Airbnb à Sichem ! » Tout ça pour dire : Melchisédek, t’es cool, mais reste dans le cadre de la Torah, OK ?
Gnostiques : Les gnostiques, eux, partent en freestyle. Dans la « Légende hébraïque de Melchisédek » (trouvée à Qumrân), il devient un juge badass qui viendra à la fin des temps pour distribuer des cartons rouges aux méchants. Dans le « Second livre d’Hénoch » (chapitres 69-73, parfois appelée l’« Exaltation de Melchisedech »), c’est carrément un prêtre céleste, né par miracle et mis en stand-by par Dieu pour le grand final. En gros, Melchisédek, c’est le lien entre le Netflix terrestre et le streaming divin
Melchisédek, le Guru Ésotérique
Dans le monde de l’ésotérisme, Melchisédek est comme un smoothie spirituel : un mélange de tout ce qui est cool et universel. René Guénon et Jean Tourniac, les rockstars de la Tradition Primordiale, le voient comme le symbole ultime de l’unité. Dans son bouquin « Melchisédek ou la Tradition Primordiale », Tourniac écrit : « Ce mec, c’est le centre du club spirituel, il réunit tout le monde autour d’un bon verre de vin cosmique. » Roi de justice, roi de paix, prêtre éternel, il est l’ancêtre des utopistes maçonniques qui rêvent d’un monde sans drama religieux.
Dans la kabbale, son nom (justice) et Salem (paix) sont des vibes d’harmonie cosmique. Dans le gnosticisme, il est un initiateur qui distribue des clés pour débloquer le niveau divin. Bref, Melchisédek, c’est le prof de yoga spirituel que tout le monde veut suivre.
Melchisédek dans la Franc-Maçonnerie : Où est-il Passé ?
Dans la franc-maçonnerie, Melchisédek est un peu comme Waldo : il est là, mais faut le chercher. Ségonzac fouille et trouve quelques miettes :
Loges de Melchisédek (1780) : En Autriche et en Allemagne, des maçons essaient de créer des loges pour initier des Juifs, avec la Genèse comme livre de chevet. Spoiler : ça floppe, car tout le monde se dispute comme dans une réunion de famille.
Illuminés de Bavière : Weishaupt, le rebelle de 1776, invente un grade « Melchisédek Prêtre Royal », mais son club est plus politique que maçonnique, donc on passe.
Rite Ancien et Primitif : Dans ce rite ultra-marginal, il y a un grade « Grand Prêtre de Melchisédek », mais c’est comme trouver une licorne dans une loge : rare et pas reconnu.
Bref, Melchisédek est discret, mais Ségonzac insiste : ce mec est une mine d’or symbolique pour les maçons !
Melchisédek, le Coach Maçonnique Ultime
Initiation à la Sauce Melchisédek : La rencontre entre Melchisédek et Abram, c’est comme un stage d’initiation maçonnique version deluxe. Abram, l’apprenti qui écoute sans broncher, se pointe, et Melchisédek, le grand maître avec son badge « Roi-Prêtre Éternel », lui sert du pain, du vin, et une bénédiction qui claque. Résultat : Abram passe au niveau supérieur spirituel. Tout y est : libre choix, gestes solennels, et un formateur au CV divin. Les maçons adorent ce genre de scénario.
Le Message Initiatique : Melchisédek confirme l’alliance universelle entre Dieu et Abram, sans passer par les dogmes religieux. C’est la « religion naturelle » des Constitutions d’Anderson (1723), celle qui dit : « Pas besoin de se chamailler, aimons-nous et buvons un coup. » Sans généalogie, Melchisédek représente la Tradition Primordiale, le Graal des initiés. En tant que roi de Salem (la Jérusalem céleste, pas le bistrot du coin), il guide les maçons vers le « Centre », là où le Temple intérieur brille plus qu’un néon.
Melchisédek et le Rite Français : Dans le Rite Français, Melchisédek est comme un guest star implicite. Sa simplicité (pain, vin, bénédiction) colle à la vibe fraternelle du rite. Sa justice inspire les apprentis (charité, équité), les compagnons (règle, équerre), et les maîtres (justice intérieure). Et spirituellement, il emmène les maçons d’une Tradition Primordiale cool vers une Nouvelle Alliance encore plus cool.
Symbolique Maçonnique : Pain et Vin : Dans les loges, ces offrandes symbolisent la vie, la renaissance, et le travail bien fait. C’est comme un buffet maçonnique avec une touche de sagesse. Vertus : Melchisédek, c’est le combo parfait des vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) et cardinales (Justice, Prudence, Tempérance, Force). Un vrai super-héros maçonnique. Le Trois : Roi, prêtre, prophète, Melchisédek est la sainte trinité de la maçonnerie. Il représente l’unité totale, comme un puzzle cosmique enfin terminé.
Alors, Melchisédek, le Héros Maçonnique Oublié ? Initiateur, gardien de la Tradition Primordiale, porteur de vertus et symbole d’unité, Melchisédek a tout pour être le poster-boy des francs-maçons. Alors pourquoi reste-t-il dans l’ombre ? Peut-être parce qu’il est trop divin pour les loges modernes, ou parce que sa vibe « Ancienne Alliance » fait peur à une Maçonnerie qui a parfois viré au club laïc.
Dommage, car ce mec, avec son pain, son vin, et son charisme, pourrait animer n’importe quelle tenue maçonnique !
Pour voir Melchisédek en action, matez l’illustration de l’article La Rencontre d’Abraham et de Melchisédek au Musée du Prado.
Aux confins de la péninsule italienne, où se croisent depuis des siècles les vents de l’Orient et les influences de l’Occident, la Franc-Maçonnerie s’est enracinée comme une graine portée par les Lumières.
Italie, pavillon d’État
Terre de cités-États, de cours fastueuses et de ports cosmopolites, l’Italie a vu naître des loges où s’entremêlaient la pensée rationnelle et la quête spirituelle, la rigueur symbolique et la ferveur des idéaux républicains. Mais ce chemin, jalonné de rencontres et de persécutions, d’élans humanistes et d’ombres scandaleuses, n’a jamais été linéaire.
Drapeau du Vatican
Entre l’hostilité implacable de l’Église, les bouleversements du Risorgimento, les espoirs d’unification et les cicatrices laissées par la loge Propaganda Due, la Franc-Maçonnerie italienne reflète les contradictions et la richesse d’un pays toujours en tension entre tradition et modernitCe récit propose un voyage à travers trois siècles d’histoire : des premières loges florentines aux grandes obédiences contemporaines, des combats pour la liberté de conscience aux efforts récents de reconnaissance internationale. Il dévoile l’Italie comme un carrefour maçonnique où se rencontrent les influences anglaises, françaises et germaniques, tout en gardant une âme propre, vibrante et résiliente.
1. Les origines de la Franc-Maçonnerie en Italie : un creuset européen
La Franc-Maçonnerie italienne naît au XVIIIe siècle dans un contexte de fragmentation politique et d’effervescence intellectuelle. L’Italie, alors composée d’États indépendants sous influences étrangères (Autriche, France, Espagne), devient un carrefour où les idées maçonniques importées d’Angleterre, de France et d’Allemagne s’enracinent et se transforment.
L’Italie et ses régions à l’époque de l’Empire romain au Ier siècle av. J.-C.
– 1732 : La première loge à Florence
La Loge des Anglais, fondée en 1732 à Florence par des expatriés britanniques comme le baron Philipp von Stosch et le naturaliste Antonio Cocchi, marque l’introduction officielle de la Franc-Maçonnerie en Italie. Cette loge, initialement réservée aux Anglais, s’ouvre rapidement aux élites locales, attirées par les idéaux des Lumières. Elle devient un espace de dialogue philosophique, où se mêlent science, rationalité et spiritualité.
– Expansion dans la péninsule
La Franc-Maçonnerie se propage rapidement dans les ports et les grandes villes :
Rome
– Rome (1735) : une loge jacobite, liée aux partisans exilés de la maison Stuart, est fondée mais fermée en 1737 par le pape Clément XII. Sa bulle In Eminenti Apostolatus (1738) interdit aux catholiques de rejoindre la Franc-Maçonnerie, sous peine d’excommunication, marquant le début d’une longue hostilité de l’Église.
– Livorno (1763, 1765, 1771) : ce port cosmopolite, fréquenté par des marchands européens, devient un foyer maçonnique important, avec des loges influencées par les rites anglais et français.
– Naples (1734) : une loge est établie par des commerçants étrangers, suivie en 1750 par la Grande Loge Nationale, inspirée par la Franc-Maçonnerie française.
7 of The Most Iconic Landmarks and Places of Milan
– Milan (1756) : une loge éphémère est supprimée par les autorités autrichiennes, illustrant les tensions avec les pouvoirs locaux.
– Gênes, Crémone, Venise, Turin : des loges apparaissent, souvent sous la protection de puissances étrangères ou de militaires stationnés en Italie.
– Résistance face à l’opposition
L’Église catholique, pilier de l’ordre social italien, perçoit la Franc-Maçonnerie comme une menace à son autorité. La bulle Providas Romanorum Pontificum (1751) renforce l’interdiction, et des persécutions s’intensifient. Un cas emblématique est celui du comte Alessandro Cagliostro, qui en 1789 tente d’introduire un système maçonnique égyptien à Rome. Arrêté par l’Inquisition, il est condamné à la prison à vie, symbolisant la répression brutale de l’époque. Malgré cela, la Franc-Maçonnerie persiste, portée par des réseaux clandestins et des élites éclairées.
– Un creuset des Lumières
Les loges italiennes deviennent des laboratoires d’idées, où se discutent la tolérance, la laïcité et la réforme sociale. Elles attirent des intellectuels, des nobles et des artistes, contribuant à l’essor des idéaux des Lumières. Cette dynamique positionne l’Italie comme un point de départ pour la diffusion maçonnique en Europe méridionale.
2. Le XIXe siècle : la Franc-Maçonnerie et l’unification italienne
Le XIXe siècle marque un tournant décisif pour la Franc-Maçonnerie italienne, en lien avec le Risorgimento, mouvement d’unification de l’Italie (1859-1870).
– Répression post-napoléonienne
Après la chute de Napoléon (1815), la Restauration entraîne une vague de répression contre la Franc-Maçonnerie dans les États italiens. Les loges, souvent associées aux idées révolutionnaires, sont interdites, mais des organisations secrètes comme la Carboneria, influencée par les idéaux maçonniques, maintiennent la flamme de la résistance.
– Le rôle du Grand Orient d’Italie (GOI)
Fondé en 1805 lors de la conquête de l’Italie par Bonaparte, il est la plus ancienne obédience maçonnique d’Italie. Sous l’impulsion de figures comme Giuseppe Garibaldi, franc-maçon et héros du Risorgimento, les loges jouent un rôle clé dans la promotion de l’unité nationale et de la laïcité. Garibaldi, initié en 1844 à Montevideo, incarne l’idéal maçonnique d’un monde plus juste et fraternel, et son engagement renforce la légitimité du GOI.
– Influence culturelle et politique
Les maçons italiens, souvent républicains ou libéraux, soutiennent la création d’un État italien unifié, en opposition à l’influence du Vatican. Les loges deviennent des espaces où se forgent les idéaux d’une Italie moderne, laïque et progressiste. Le GOI adopte des rites variés, notamment le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) et le Rite Symbolique Italien, reflétant sa diversité.
3. Les obédiences maçonniques en Italie : une mosaïque contemporaine
L’Italie compte aujourd’hui environ 50 000 Francs-Maçons, répartis dans une multitude d’obédiences, chacune avec ses spécificités philosophiques et organisationnelles. Voici une analyse détaillée des principales obédiences :
– Grand Orient d’Italie (GOI)
Le GOI est l’obédience la plus influente, avec des milliers de loges à travers l’Italie. Basé au Palazzo Giustiniani à Rome, il pratique une Franc-Maçonnerie libérale, autorisant les discussions sur des sujets politiques et sociaux, contrairement aux obédiences régulières. Le GOI est ouvert aux hommes et utilise principalement le Rite Écossais Ancien et Accepté, bien qu’il intègre d’autres rites comme le Rite Symbolique Italien. Historiquement lié aux idéaux du Risorgimento, il reste un acteur majeur de la Franc-Maçonnerie italienne.
Bisi – GOI
Les effectifs
Le GOI, tel un phare dans la péninsule, réunit sous son égide environ 19 000 membres* en 2025, chacune portant l’aspiration à un monde plus juste et éclairé. Cette fraternité, tissée de diversité, reflète un kaléidoscope humain où se mêlent jeunesse ardente et sagesse mûrie par le temps.
Les âges s’entrelacent comme les fils d’une tapisserie : 6 % des initiés, entre 18 et 25 ans, apportent la fougue de leurs idéaux naissants, tandis que 22 %, âgés de 25 à 40 ans, insufflent dynamisme et audace. Les professions, telles des pierres d’un édifice commun, se diversifient : 2 % d’ouvriers, humble fondation du labeur ; 20 % d’enseignants, porteurs de la flamme du savoir ; 11 % d’employés, rouages discrets de la société ; 30 % d’indépendants, esprits libres forgeant leur propre chemin ; 15 % d’entrepreneurs, architectes d’ambitions ; et 22 % de retraités, gardiens d’une mémoire riche d’expériences.
Le savoir, pierre angulaire de cette communauté, se répartit ainsi : 25 % des membres détiennent un diplôme d’études secondaires, 70 % ont gravi les échelons des études supérieures, et 5 %, avec un niveau collège, rappellent l’universalité de la quête maçonnique.
Chaque année, entre 1 000 et 1 500 nouvelles âmes frappent à la porte du GOI, témoignant d’une croissance soutenue, comme un fleuve qui, loin de s’épuiser, s’enrichit de nouveaux affluents.
Cette vitalité, ancrée dans la tradition et tournée vers l’avenir, fait du Grand Orient d’Italie un pilier vivant de l’odyssée maçonnique, où chaque initié, guidé par l’équerre de la justice et le compas de la sagesse, contribue à bâtir l’édifice d’un monde plus lumineux.
Grande Loge Régulière d’Italie (GLRI)
– Grande Loge Régulière d’Italie (GLRI)
La Grande Loge Régulière d’Italie (GLRI), née en 1993 d’une audacieuse scission avec le Grand Orient d’Italie, se dresse comme un phare discret sur les rivages de la Franc-Maçonnerie italienne.
Forte d’environ 2500 à 3000 membres*, selon les murmures des années 2021 et 2022, elle réunit une confrérie choisie, dévouée à une quête d’harmonie et d’ordre intemporel.
Fondée sous l’égide des critères de « régularité » de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) – croyance en un Être Suprême, exclusion des femmes, interdiction des débats politiques ou religieux en loge –, dont elle a obtenu la reconnaissance dès sa création en 1993, avant de la perdre par la suite, la GLRI tisse son œuvre dans une discipline austère et sacrée, fidèle à l’esprit d’un ordre intemporel.
Fidèle au Rite Anglais Style Émulation, chaque rituel, précis comme une enluminure, célèbre l’union de l’esprit et de l’universel, excluant les femmes, exigeant une foi en l’Être Suprême et bannissant les tumultes des débats politiques ou religieux pour se consacrer à la contemplation des vérités éternelles. En 2022, 42 % de ses membres, esprits indépendants, ont choisi de sculpter leur destin hors des sentiers communs, apportant à l’obédience une mosaïque d’expériences et de visions.
Moins nombreuse que le Grand Orient, la GLRI privilégie la qualité des cœurs initiés à la multitude, tel un jardin secret où chaque initié cultive la droiture de l’équerre et la mesure du compas. Si les chiffres exacts pour l’an 2025 restent voilés, comme des secrets confiés à l’ombre, cette obédience demeure un sanctuaire d’élégance sobre, attirant ceux qui aspirent à une maçonnerie traditionnelle, alignée sur les standards anglo-saxons. On estime, en 2025, les effectifs à 1500 Frères. Ainsi, dans la pénombre des loges, la GLRI perpétue une quête de lumière, où chaque frère, guidé par les outils sacrés, œuvre à l’édification d’un temple intérieur, reflet d’un ordre cosmique et éternel.
– Grande Loge d’Italie des Anciens Francs-Maçons Acceptés (GLDI)
Née en 1910 d’une rupture audacieuse avec le Grand Orient d’Italie, cette Grande Loge s’élève comme un jardin d’égalité où hommes et femmes, unis dans une quête commune, sculptent un avenir de liberté. Forte d’environ 6 000 membres* en 2025, elle incarne une franc-maçonnerie libérale, vibrant au rythme des idéaux du Droit Humain, où l’égalité et la liberté de conscience règnent en maîtres.
Grande Loge d’Italie des Anciens Francs-Maçons Acceptés (GLDI)
Fondée à Rome, dans l’ombre sacrée du Palazzo Vitelleschi, autrefois connu sous le nom de Piazza del Gesù, la GLDI a émergé d’un refus de l’anticléricalisme rigide du GOI, préférant une voie où le Rite Écossais Ancien et Accepté devient un chant d’unité, mêlant les voix masculines et féminines – 34 % de ses initiés étant des femmes, piliers d’une fraternité inclusive. Membre du CLIPSAS (Centre de liaison et d’information des puissances maçonniques signataires de l’appel de Strasbourg), ce cercle universel qui célèbre la liberté de pensée, la GLDI porte haut les flambeaux de la tolérance et du progrès, s’inscrivant dans des initiatives audacieuses comme l’Union Maçonnique de la Méditerranée, fondée en 2009, pour tisser des ponts entre les peuples.
Ses membres, tels des artisans d’un temple vivant, reflètent une mosaïque d’expériences : 45 % d’indépendants, esprits libres forgeant leur destin, aux côtés de lettrés et d’ouvriers du savoir – 25 % diplômés du secondaire, 70 % issus des cimes universitaires, et 5 % porteurs d’un savoir plus humble, celui du collège.
Moins nombreuse que le Grand Orient, la GLDI n’en demeure pas moins un phare dans la constellation maçonnique italienne, attirant les âmes progressistes qui aspirent à une Franc-Maçonnerie ouverte, vibrante et universelle. Dans la pénombre de ses loges, où résonnent les échos d’un idéal humaniste, elle perpétue une odyssée lumineuse, bâtissant un sanctuaire où la liberté de conscience et l’égalité s’entrelacent, reflet d’un ordre plus vaste et éternel.
– Ordre Maçonnique Mixte International du Droit Humain
L’Ordre, apparu en Italie dès 1905, s’élève tel un phare d’universalité, guidant les âmes vers un horizon d’égalité et de justice.
Ses effectifs, voilés par la discrétion propre aux initiés, s’élèvent à ce jour à 1000 membres* réunissant hommes et femmes dans une fraternité sans frontières, où chaque cœur bat au rythme des droits humains et de la laïcité.
Ordre Maçonnique Mixte International du Droit Humain
Porté par le souffle du Rite Écossais Ancien et Accepté, ce sanctuaire mixte tisse une tapisserie d’idéaux humanistes, où les voix féminines et masculines s’entrelacent pour chanter la liberté de conscience et l’égalité des genres.
Membre du CLIPSAS, cette alliance des esprits libres, le Droit Humain déploie ses ailes au-delà des rivages italiens, s’inscrivant dans une quête universelle qui transcende les nations. Ses loges, refuges d’âmes progressistes, attirent ceux qui, armés de l’équerre de la droiture et du compas de la sagesse, œuvrent à polir la pierre brute de l’humanité pour en faire un édifice d’amour et de justice.
Si ses effectifs précis en 2025 demeurent un mystère, enveloppés dans le voile de la discrétion, la présence du Droit Humain en Italie brille d’une lueur significative dans les cercles libéraux. Tel un courant intarissable, il irrigue la franc-maçonnerie italienne de son esprit inclusif, bâtissant un temple où chaque initié, guidé par les outils sacrés, contribue à une odyssée humaniste, reflet d’un monde où la lumière de la fraternité éclaire les ombres de la division.
– Gran Loggia Massonica Femminile d’Italia (GLMFI)
Née en 1991, la GLMFI s’élève tel un sanctuaire dédié aux âmes féminines, sculptant un espace où la voix des femmes résonne avec force et grâce. Forte d’environ 500 à 1000 initiées*, cette obédience, modeste en nombre mais immense en ambition, porte haut l’étendard de l’émancipation et de l’égalité, polissant la pierre brute de l’humanité avec une sensibilité unique.
Sceau GLFF
Fondée sous les auspices de la Grande Loge Féminine de France, dont elle a reçu ses patentes, la GLMFI déploie le Rite Écossais Ancien et Accepté dans ses quatorze loges, dont la plus récente, la loge Astarté à Cagliari, brille comme une étoile dans le firmament maçonnique depuis 2012.
Membre du CLIMAF depuis 1996, ce cercle qui unit les maçonneries féminines, la GLMFI tisse des liens au-delà des mers, organisant des conférences internationales où s’élèvent des voix unies pour la justice et l’élévation spirituelle. Chaque loge, abritant 20 à 50 sœurs, forme un creuset où la droiture de l’équerre et la mesure du compas se conjuguent pour façonner un temple d’émancipation, où les questions de genre et de liberté s’entrelacent dans une quête sacrée.
Bien que ses effectifs, enveloppés dans le voile de la discrétion – nous disposons toutefois de peu d’éléments chiffrés depuis 2013 –, restent ceux d’une obédience de niche, la GLMFI rayonne par son rôle pionnier dans la franc-maçonnerie italienne.
Tel un jardin où fleurissent les aspirations des femmes, elle cultive un espace où chaque initiée, guidée par les outils sacrés, bâtit un édifice de lumière et de sororité. Dans la pénombre de ses travaux, la GLMFI perpétue une odyssée vibrante, où la force féminine, portée par les idéaux d’égalité et de progrès, illumine l’horizon d’un monde plus juste, reflet d’un ordre universel et intemporel.
OMTI
– L’Ordre maçonnique traditionnel italien (OMTI)
Fondé en 2017 à Lecce, est un ordre initiatique maçonnique italien comptant environ 1500 membres et 70 ateliers en Italie et à l’étranger (Berlin, Saint-Pétersbourg, Saint-Domingue, Varsovie). Créé sous la direction de Luigi Pruneti, il promeut des valeurs humanistes (liberté, égalité, fraternité, tolérance) et un parcours initiatique basé sur le symbolisme, le dialogue empathique et le doute méthodologique. L’OMTI, structuré en trois degrés (Apprenti, Compagnon, Maître), reconnaît des rites comme le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Rite Égyptien de Misraïm. Il soutient des activités culturelles et sociales, respectant la légalité, et s’inscrit dans la franc-maçonnerie libérale, avec des liens internationaux (ex. : Grand Orient de France, CATENA). L’Ateneo Tradizionale Mediterraneo, sa structure publique, diffuse les disciplines humanistes.
– Obédiences libérales et irrégulières
De nombreuses loges indépendantes ou obédiences mineures, souvent non reconnues par la GLUA, opèrent en Italie. Ces structures, parfois éphémères, se distinguent par leur liberté philosophique et leur engagement dans des débats sociaux ou spirituels. Elles reflètent la vitalité et la diversité de la Franc-Maçonnerie italienne.
– Loges historiques et spécifiques
Certaines loges, comme celles héritées de traditions locales ou influencées par des rites rares (par exemple, le Rite de Memphis-Misraïm), maintiennent des pratiques ésotériques ou symboliques uniques. Ces groupes, bien que marginaux, enrichissent le paysage maçonnique italien.
La Loge P2 – La Loge Maçonnique.fr
4. Loge Propaganda Due (P2) : des ténèbres qui ont souillé la lumière maçonnique
Le scandale de la loge Propaganda Due (P2) reste un épisode douloureux et controversé de l’histoire maçonnique italienne, ayant terni l’image du GOI et alimenté les théories du complot.
– Origines de la Propaganda Due (P2)
Créée en 1877 comme une loge discrète pour des membres influents (politiciens, militaires, banquiers), la P2 évolue sous la direction de Licio Gelli, à partir des années 1960, en un réseau opaque. Gelli, homme d’affaires et ancien sympathisant fasciste, transforme la P2 en une organisation quasi-secrète, recrutant des personnalités de pouvoir pour influencer la politique italienne.
Licio Gelli
– Révélation du scandale (1981)
En 1981, une perquisition dans la villa de Gelli à Arezzo révèle une liste de 962 membres, incluant des figures comme Silvio Berlusconi (alors homme d’affaires), des généraux, des magistrats, des journalistes et des membres des services secrets. La P2 est accusée d’avoir orchestré des complots, notamment dans le cadre de la « stratégie de la tension » (attentats comme celui de la gare de Bologne en 1980) et de tentatives de déstabilisation de la démocratie italienne. Ces révélations provoquent un choc national.
– Conséquences
Le GOI dissout la P2 en 1982 et suspend Gelli, mais le scandale entache durablement sa réputation. Une commission d’enquête parlementaire, présidée par Tina Anselmi, met en lumière les liens troubles de la P2 avec des réseaux de pouvoir. Le scandale contribue à la méfiance du public envers la Franc-Maçonnerie, souvent accusée à tort de conspirations globales. Il entraîne également la perte de la reconnaissance du GOI par la GLUA (voir section suivante).
– Impact à long terme
Malgré le scandale, la Franc-Maçonnerie italienne se restructure dans les années 1980 et 1990, avec des efforts pour restaurer la transparence et la crédibilité. Le GOI, tout en restant une obédience libérale, renforce ses mécanismes internes pour éviter de nouvelles dérives.
5. La reconnaissance du GOI par la GLUA : une relation complexe
La relation entre le Grand Orient d’Italie (GOI) et la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), obédience de référence pour la régularité maçonnique mondiale, est marquée par des tensions historiques et idéologiques.
– Critères de régularité de la GLUA
La GLUA impose des principes stricts pour reconnaître une obédience : croyance en un Être Suprême, exclusion des femmes, interdiction des discussions politiques ou religieuses en loge, et respect des « landmarks » (règles fondamentales de la Franc-Maçonnerie). Le GOI, en raison de son caractère libéral et de son ouverture aux débats sociétaux, s’écarte de ces critères.
– Reconnaissance jusqu’en 1972
Jusqu’en 1972, le GOI est reconnu par la GLUA, malgré des divergences sur sa pratique libérale. Cependant, les tensions s’intensifient dans les années 1960, notamment à cause des activités de la loge P2, perçues comme contraires aux principes maçonniques.
– Rupture en 1972
En 1972, la GLUA retire sa reconnaissance au GOI, invoquant des irrégularités, notamment les liens présumés entre la P2 et des activités politiques controversées. Cette décision marginalise le GOI sur la scène maçonnique internationale, bien qu’il reste influent en Italie et dans les cercles libéraux.
– Scission et création de la GLRI (1993)
En 1993, des membres du GOI, souhaitant restaurer la régularité, fondent la Grande Loge Régulière d’Italie (GLRI). Cette obédience adopte les critères de la GLUA et obtient immédiatement sa reconnaissance. La GLRI devient ainsi l’unique obédience italienne reconnue par la GLUA, au détriment du GOI.
– Situation actuelle (2025)
Le GOI est, depuis 2023, reconnu par la GLUA, mais il maintient des relations étroites avec des obédiences libérales, comme le Grand Orient de France ou la Grande Loge Féminine de France. La GLRI reste moins influente en termes de membres et d’impact culturel. Cette division reflète une tension fondamentale entre la Franc-Maçonnerie libérale, qui valorise la liberté de pensée, et la Franc-Maçonnerie dite « régulière », attachée à la tradition.
– Perspectives
Le GOI, fort de son héritage historique et de son rôle dans la société italienne, continue d’affirmer sa légitimité, même sans la reconnaissance de la GLUA. Certains maçons, dont peut-être vous-même, Frère Ghernaouti, plaident pour un dialogue entre les deux visions, afin de renforcer l’unité maçonnique tout en respectant la diversité.
6. L’odyssée maçonnique européenne : l’Italie comme point de départ
L’Italie, par sa position géographique et son histoire, a joué un rôle déterminant dans l’expansion de la Franc-Maçonnerie en Europe, faisant de votre titre une métaphore puissante de cette influence.
Florence en 1493
– Carrefour culturel
Au XVIIIe siècle, les ports italiens (Livorno, Naples, Gênes) et les cours princières (Florence, Turin) attirent des maçons étrangers, favorisant l’échange de rites et d’idées. Les loges italiennes deviennent des ponts entre les traditions maçonniques anglaise (symbolique), française (philosophique) et allemande (ésotérique).
– Influence des Lumières
Les loges italiennes, en propageant les idéaux des Lumières, influencent les mouvements réformateurs en Europe méridionale, notamment en Espagne, au Portugal et dans les Balkans. Des figures comme Garibaldi exportent ces idées lors de leurs campagnes, renforçant le rayonnement maçonnique.
Blason du Vatican
– Résilience face à l’opposition
L’hostilité de l’Église catholique, apostolique et romaine particulièrement virulente en Italie, forge une Franc-Maçonnerie résiliente, capable de s’adapter aux persécutions. Cette capacité inspire d’autres obédiences européennes confrontées à des défis similaires, notamment en France et en Espagne.
– Diversité contemporaine
La Franc-Maçonnerie italienne, tel un fleuve aux multiples affluents, réunit environ cinquante mille membres* en 2022, chacune portant en son cœur l’aspiration à un monde plus juste et plus sage.
Ces initiés, comme des étoiles dans une constellation fraternelle, se répartissent sous les bannières des grandes obédiences : le Grand Orient d’Italie (GOI), majestueux avec ses 46 %, guide la voie libérale ; la Grande Loge d’Italie des Anciens Francs-Maçons Acceptés (GLDI), avec 18 %, chante l’égalité ; la Grande Loge Régulière d’Italie (GLRI), forte de 5 à 6 %, incarne la discipline traditionnelle ; tandis que l’Ordre Maçonnique International du Droit Humain et la Gran Loggia Massonica Femminile d’Italia (GLMFI), ensemble 5 à 10 %, tissent des rêves d’inclusivité.
Le reste, éclats dispersés, brille dans des loges mineures ou indépendantes, perles rares d’un écrin sacré.
Ce fleuve maçonnique, loin de s’assécher, s’enrichit d’un courant modéré mais constant : chaque année, mille à mille cinq cents profanes frappent aux portes du Temple, principalement celui du GOI et de la GLDI, attirées par la promesse d’une quête spirituelle et fraternelle.
Les obédiences mixtes et féminines, telles la GLDI et la GLMFI, voient croître le chant des candidates, reflet d’une aube nouvelle où l’inclusivité éclaire les ombres d’antan. Pourtant, ce chemin n’a pas été sans orages.
Le scandale de la loge Propaganda Due (P2), en 1981, tel un ouragan, a secoué les fondations de la franc-maçonnerie italienne, freinant son essor dans les années sombres qui suivirent. Mais, tel un phénix, elle renaît dans les années 2000, forte d’une dynamique retrouvée, malgré les ombres persistantes de soupçons d’infiltrations mafieuses en 2017.
Vatican à Rome. Basilique Saint-Pierre
Un vent d’espoir souffle également depuis mars 2023, lorsque la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), gardienne des critères dits de « Régularité et de Tradition », a tendu désormais une main de reconnaissance au GOI, insufflant une légitimité nouvelle qui pourrait faire fleurir ses rangs.
Ainsi, l’odyssée maçonnique italienne, entre tradition et modernité, continue de se frayer un chemin, résiliente face aux tempêtes du passé, portée par l’équerre de la justice et le compas de la sagesse.
Une odyssée toujours vibrante
Dans le creuset de l’Italie maçonnique, où chaque obédience est une pierre polie d’un temple universel, les chiffres de 2025, bien qu’esquissés dans l’ombre, dessinent un paysage d’une vitalité éclatante : le GOI, avec ses 23 000 âmes, domine tel un phare libéral ; la GLDI, forte de 9 000 initiés, érige un sanctuaire d’égalité ; la GLRI, avec 2 500 à 3 000 frères, veille sur la tradition régulière ; le Droit Humain, entre 1 000 et 3 000 membres, porte l’étendard de l’humanisme ; et la GLMFI, avec 500 à 1 000 sœurs, fait éclore la lumière féminine. Ces nombres, bien que murmurés par le vent de l’incertitude, chantent l’odyssée d’une franc-maçonnerie italienne plurielle, où chaque initié, guidé par les outils sacrés, bâtit un édifice d’harmonie et de progrès.
Erasmo
Pour ceux qui souhaitent plonger plus avant dans cette quête, les parchemins numériques des obédiences – tels www.granloggiafemminile.it pour la GLMFI ou www.grandeoriente.it pour le GOI – et les pages de publications comme Erasmo, porteur des idéaux de fraternité et de progrès et disponible gratuitement en version numérique reste réservée, selon les murmures du web, aux initiés ou abonnés.
Dans la pénombre des loges, l’Italie maçonnique poursuit son voyage, unissant tradition et modernité, résilience et aspiration, sous l’égide intemporelle de l’équerre et du compas, pour illuminer un monde en perpétuelle transformation.
*Pour mémoire, les effectifs post-2015 sont estimés d’après les informations transmises par nos correspondants(es) italiens. Un immense merci à mon TCF Francesco, qui se reconnaîtra !!!
Le mardi 22 juillet 2025, près de 100 personnes se sont réunies à l’Orsett Masonic Hall pour un événement citoyen historique visant à sensibiliser aux violences conjugales et à soutenir les personnes concernées. Organisé en partenariat avec Changing Pathways, une association caritative spécialisée œuvrant dans l’Essex, cet événement a réuni des responsables locaux, des services locaux et le public, marquant une étape majeure dans l’évolution du rôle civique de la franc-maçonnerie.
Lors de ce qui semble être le premier événement de ce type au Royaume-Uni, trois ordres maçonniques distincts – la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE), l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) et l’Honorable Fraternité des Anciens Francs-Maçons (HFAF) – ont co-organisé une initiative communautaire, non seulement en solidarité, mais aussi en partenariat actif avec le paysage civique au sens large.
Avec plus de 300 loges réparties dans tout le comté, l’Essex s’impose rapidement comme un leader national dans la refonte du visage public de la franc-maçonnerie. Cet événement à Thurrock a montré ce qui peut être accompli lorsque des organisations historiques se rassemblent autour de défis sociaux communs.
Il est important de noter que la soirée n’avait pas pour principal objectif de collecter des fonds, bien que plus de 1 200 £ aient été récoltés pour Changing Pathways, mais d’ouvrir les portes de la franc-maçonnerie au dialogue communautaire, au partenariat et à un engagement civique déterminé.
Chris Hicks, intendant de l’association caritative maçonnique d’Essex, a animé la soirée, tandis que David Barton, responsable de la communauté d’Essex, a coordonné l’initiative dans le cadre de sa mission permanente d’ancrer la franc-maçonnerie au cœur de la vie locale. Bien qu’il n’y ait pas eu de discours officiels des ordres, David a prononcé un discours bref et vibrant, concluant par :
« Nous sommes plus forts quand nous sommes unis. »
L’événement a bénéficié du soutien de la maire de Thurrock, la conseillère Sue Shinnick, et a accueilli des représentants du conseil municipal de Thurrock, des équipes du NHS, du Rotary Club, du Women’s Institute, de la Table ronde d’Essex, de l’Association des forums communautaires de Thurrock, des écoles locales, des associations caritatives et des organismes de protection sociale, tous unis par une cause commune.
Si les ordres maçonniques se sont parfois retrouvés côte à côte lors d’événements nationaux tels que l’Open House London ou la London Pride Parade, cette fois-ci, c’était une initiative communautaire avec un objectif social clair, ancré dans l’action locale. Et c’est dans l’Essex que cela s’est produit pour la première fois.
Les organisateurs ont publié cette déclaration commune : « Cette soirée était bien plus qu’une simple sensibilisation. Il s’agissait de montrer notre solidarité, de manière visible, publique et avec détermination, envers les victimes de violences conjugales. »
Pour la première fois, l’UGLE, l’OWF et la HFAF ont collaboré pour organiser un événement civique fondé sur la charité et la responsabilité partagée.
« Nous étions fiers d’accueillir près de 100 personnes à l’Orsett Masonic Hall, dont Madame la Maire, et de soutenir Changing Pathways par un don collectif. »
Nos sincères remerciements aux autorités locales, aux groupes et aux organisations qui nous ont soutenus pour faire de cet événement un moment significatif.
Nous espérons que l’exemple de l’Essex inspirera d’autres personnes à travers le pays à explorer des partenariats similaires et à adopter une vision plus ouverte et collaborative de la franc-maçonnerie. »
— Elliott Chevin et David Barton, (Francs-maçons de l’Essex) — Elaine Malone, (Ordre des femmes francs-maçonnes) — Irene Stewart et Ann Holland, (Honorable Fraternité des anciens francs-maçons)
Bien qu’impulsé par des personnes et des organisations locales, cet événement est déjà considéré comme un modèle national de ce à quoi peut ressembler l’engagement maçonnique au XXIe siècle : pratique, inclusif et mené par la communauté.
À une époque où les services publics sont mis à rude épreuve et où les partenariats sont plus importants que jamais, l’exemple de l’Essex peut contribuer à façonner l’avenir de la franc-maçonnerie civique à travers le Royaume-Uni.
Le nom des Dumas résonne à travers l’histoire, incarnant une lignée exceptionnelle qui s’étend des champs de bataille révolutionnaires aux pages immortelles de la littérature française. Du général Thomas-Alexandre Dumas, héros militaire d’origine afro-caribéenne, à son fils Alexandre Dumas père, maître des romans d’aventure, et son petit-fils Alexandre Dumas fils, dramaturge de renom, cette famille a marqué la France par son talent, sa résilience et son influence.
Cet article, basé sur les sources fournies, explore en détail les vies, les réalisations et l’héritage de ces trois figures extraordinaires, tout en intégrant de manière exhaustive l’appartenance maçonnique du général Dumas.
Général Thomas-Alexandre Dumas : l’héros révolutionnaire et franc-maçon
Le général Alexandre Davy de La Pailleterie, vue d’artiste d’Olivier Pichat, après 1883.
Thomas-Alexandre Dumas naît le 25 mars 1762 à Jérémie, dans la colonie de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti). Fils d’un noble français, le marquis Alexandre-Antoine Davy de La Pailleterie, et d’une femme esclave, Marie-Cessette Dumas, il grandit dans un contexte colonial marqué par l’esclavage et les inégalités. Son père, fuyant des dettes en France, le reconnaît et l’affranchit, l’envoyant à Paris pour une éducation digne d’un gentilhomme, incluant l’escrime et l’équitation, disciplines dans lesquelles il excelle.
En 1786, Thomas-Alexandre s’engage comme simple soldat dans les Dragons de la Reine, adoptant le nom de sa mère, Dumas, en hommage à son héritage. Sa force physique, son habileté au sabre et son courage le propulsent rapidement dans les rangs de l’armée révolutionnaire. En 1793, il devient le premier général d’origine africaine de l’armée française, commandant la « Légion noire », une unité composée de soldats métis et d’anciens esclaves. Ses campagnes dans les Alpes, en Vendée, en Belgique, en Italie et en Égypte sont marquées par des exploits légendaires, notamment sa défense héroïque du pont de Klausen dans le Tyrol, où il gagne le surnom d’« Horatius Coclès du Tyrol » de la part de Napoléon Bonaparte.
Cependant, sa relation avec Bonaparte est complexe et conflictuelle. Selon l’ouvrage de Claude Ribbe, Le Général Dumas, né esclave, rival de Bonaparte et père d’Alexandre Dumas, Bonaparte perçoit Dumas comme un rival, tant pour son charisme que pour ses idéaux républicains et, probablement, son ascendance africaine. Lors de la campagne d’Égypte (1798-1801), Dumas s’oppose à Bonaparte, critiquant ses ambitions autocratiques.
Le général Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, père d’Alexandre Dumas.
Cette dissension conduit à son marginalisation. Capturé par les forces napolitaines, il endure deux ans d’emprisonnement dans des conditions inhumaines, retournant en France en 1801, affaibli, pour découvrir un pays sous la coupe de Bonaparte, qui a rétabli l’esclavage et exclu les officiers de couleur. Privé de pension et interdit de séjour à Paris, Dumas s’installe à Villers-Cotterêts, où il meurt en 1806, laissant sa femme, Marie-Louise Labouret, et leur fils, Alexandre.
Appartenance maçonnique
Un aspect fondamental de la vie de Thomas-Alexandre Dumas est son engagement dans la franc-maçonnerie, comme le souligne Claude Ribbe dans son ouvrage. La franc-maçonnerie, à l’époque de la Révolution française, est un espace de réflexion intellectuelle et d’engagement pour l’égalité et la liberté, des valeurs chères au général. Initié dans une loge maçonnique, probablement dans les années 1780 ou 1790, Dumas y trouve un réseau de soutien et d’idées progressistes. Ribbe note que cette appartenance renforce son attachement aux idéaux républicains et à la lutte contre l’oppression, y compris l’esclavage.
Napoléon et le légendaire général noir Thomas-Alexandre Dumas (sous-titrages français)
Ses liens maçonniques lui permettent également de tisser des relations avec d’autres figures influentes de l’époque, renforçant son rôle dans l’armée et la société. Cette affiliation, bien que discrète dans les récits historiques, est un élément clé pour comprendre son engagement humaniste et son opposition aux dérives autoritaires de Bonaparte. L’Association des Amis du Général Dumas, fondée par Ribbe, continue de promouvoir cet aspect de son héritage, notamment à travers l’érection d’un monument en son honneur à Paris en 2009.
Soutenu par sa femme dévouée et trois compagnons fidèles — que certains, comme Anatole France, associent aux figures d’Athos, Porthos et Aramis dans les romans de son fils —, Thomas-Alexandre Dumas incarne, selon les mots de France, « un chef-d’œuvre auquel rien ne peut être comparé ». Sa vie, marquée par un courage indomptable face aux préjugés raciaux, reste une inspiration.
Alexandre Dumas père : le maître du roman d’aventure
Alexander Dumas père (1802-1870)
Né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts, Alexandre Dumas père hérite du tempérament audacieux de son père et le transforme en une carrière littéraire qui le consacre comme l’un des écrivains les plus populaires de France. Orphelin à quatre ans, il grandit dans des conditions modestes, mais son ambition le mène à Paris, où il travaille comme clerc avant de se consacrer à l’écriture.
Sa carrière débute au théâtre, avec des drames historiques à succès comme Henri III et sa cour (1829) et La Tour de Nesle (1832), qui l’inscrivent dans le mouvement romantique. Cependant, c’est dans le roman qu’il atteint l’immortalité littéraire. Ses œuvres phares, Les Trois Mousquetaires (1844), Le Comte de Monte-Cristo (1844-1846) et La Reine Margot (1845), captivent les lecteurs par leur mélange d’aventure, d’intrigue et de personnages mémorables.
Collaborant souvent avec Auguste Maquet, Dumas excelle dans l’art de tisser des récits palpitants, s’inspirant notamment de l’histoire de France et des exploits de son père, dont il romance la vie dans ses écrits.
Maison natale d’Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts.
Malgré son succès, Dumas père doit affronter les préjugés raciaux liés à ses origines afro-caribéennes. Qualifié de « mulâtre » ou de « quarteron », il répond avec panache, revendiquant fièrement son ascendance. Sa vie personnelle est aussi romanesque que ses œuvres : père de plusieurs enfants, dont Alexandre Dumas fils, il mène une existence marquée par l’extravagance, les dettes et une générosité légendaire. Il construit le château de Monte-Cristo à Port-Marly, un symbole de sa réussite, mais ses dépenses le conduisent à la ruine. Exilé en Belgique puis en Russie, il revient en France, où il meurt en 1870 à Puys, près de Dieppe.
Son œuvre, traduite dans le monde entier, continue d’inspirer adaptations cinématographiques, théâtrales et télévisées. Dumas père, surnommé le « roi du feuilleton », a su capturer l’imaginaire collectif, faisant de ses récits un patrimoine universel.
Plaque au no 25 rue de l’Université (7e arrondissement de Paris), où il vit de 1829 à 1831
Alexandre Dumas fils : le dramaturge moraliste
Portrait d’Alexandre Dumas fils
Né le 27 juillet 1824 à Paris, Alexandre Dumas fils, fruit de la relation entre Dumas père et Catherine Labay, hérite du talent littéraire de son père, mais choisit une voie distincte, marquée par une sensibilité sociale et morale. Il grandit dans l’ombre de son père illustre, confronté aux défis d’être un fils illégitime dans une société rigide. Reconnu officiellement par son père en 1831, il poursuit des études au Collège royal de Bourbon, mais sa vie est marquée par les dettes paternelles et les préjugés liés à son statut.
Dumas fils se distingue dans le théâtre, où il explore les tensions sociales et les injustices. Son chef-d’œuvre, La Dame aux Camélias (1848, adapté en pièce en 1852), inspiré par sa relation avec Marie Duplessis, révolutionne le théâtre français. Cette œuvre, qui raconte l’histoire tragique d’une courtisane amoureuse, Marguerite Gautier, critique les hypocrisies de la société bourgeoise et inspire plus tard l’opéra La Traviata de Verdi. Parmi ses autres pièces notables figurent Le Fils naturel (1858) et Les Idées de Madame Aubray (1867), qui abordent des thèmes comme l’illégitimité et l’égalité des sexes.
Élu à l’Académie française en 1874, Dumas fils se positionne comme un moraliste, plaidant pour des réformes sociales, notamment en faveur des droits des femmes et des enfants illégitimes. Marié deux fois, il a deux filles, Colette et Jeannine, et mène une vie plus stable que celle de son père. Il meurt en 1895 à Marly-le-Roi, laissant un héritage théâtral qui influence encore le répertoire dramatique.
Tombe d’Alexandre Dumas (fils). Division 21 – Cimetière de Montmartre
Un héritage commun
Les trois Dumas incarnent des facettes différentes de l’excellence humaine : le courage militaire et maçonnique du général, l’imagination débordante du père, et la réflexion sociale du fils. Leur histoire, marquée par la lutte contre les préjugés raciaux et sociaux, illustre la résilience d’une famille qui a su transformer l’adversité en création. De la « Légion noire » à Monte-Cristo et La Dame aux Camélias, leur héritage continue de briller, unissant l’histoire, la littérature et la quête de justice dans un récit intemporel.
La Franc-maçonnerie : quand les tabliers préfèrent la sieste au secret !
Oh, mes chers amis, préparez-vous à un éclat de rire cosmique, car la vénérable Franc-maçonnerie, cette confrérie autrefois auréolée de mystère et de complots savoureux, semble aujourd’hui plus proche d’un club de bridge pour seniors qu’un bastion de sagesse ésotérique ! Dans l’esprit de Jissey, ce maître du crayon ironique, plongeons avec délice dans le désintérêt grandissant du grand public pour ces gardiens de l’équerre et du compas.
Accrochez vos tabliers, ça va secouer – mais doucement, hein, faut pas réveiller les maçons en pleine sieste !
Les chiffres qui font rire… ou pleurer ?
Aux États-Unis, la franc-maçonnerie perd chaque année 3 % de ses effectifs depuis des années, un déclin qui ressemble à une fuite d’eau dans un temple mal entretenu. En 1959, ils étaient 4,5 % des hommes américains à brandir fièrement leur maillet ; aujourd’hui, ils ne représentent plus qu’une poignée de nostalgiques, terrés dans des loges qui sentent la cire et les vieux parquets. En France, c’est encore pire : les maçons moyens, jadis des gaillards dans la fleur de l’âge, ont pris 20 ans de plus au compteur ces dernières années.
On passe de l’image du chevalier énigmatique à celle du papi qui cherche ses lunettes pour lire le rituel ! Tout ça sent le désintérêt, et Jissey aurait déjà dessiné un maçon bedonnant, endormi sur son compas, pendant qu’un jeune passe avec son smartphone en haussant les épaules.
Le mystère perdu dans les Google searches
Alors, qu’est-ce qui cloche ? Eh bien, figurez-vous que l’époque des secrets chuchotés dans des caves sombres est révolue. En deux minutes chrono sur Google, vous savez tout : les grades, les symboles, même la recette du punch servi après les Tenues ! Où est le frisson d’antan, quand on imaginait les Francs-maçons tirant les ficelles du monde avec une lampe à huile ?
Aujourd’hui, le grand public préfère binge-watcher des séries sur Netflix plutôt que de décoder des allégories alchimiques. Jissey, lui, verrait bien un dessin d’un jeune geek disant :
« Désolé, papy maçon, j’ai une quête épique dans mon jeu vidéo, pas le temps pour ton trésor caché ! »
Les baby-boomers et la crise du maillet
Aux États-Unis, les baby-boomers, ces anciens piliers de la loge, ont tenu la barre pendant des décennies, mais leurs successeurs, la génération X, ont snobé l’équerre comme un mauvais vin. Résultat : les loges sont devenues des refuges pour « le set gériatrique », comme l’a cyniquement noté un franc-maçon américain. En France, même topo : le maçon moyen, avec ses 70 balais, préfère une bonne chaise longue au temple qu’une initiation sous bandeau. Jissey pourrait croquer un vieux maçon ronflant, un tablier sur les genoux, pendant qu’un panneau « Recrutement urgent » pend tristement à l’entrée de la loge.
L’appel du dehors : trop de tentations !
Et puis, avouons-le, la vie moderne est une rivale redoutable. Entre les trajets de 50 minutes pour aller bosser, les deux salaires par foyer et les écrans qui clignotent à tout va, qui a le temps de s’asseoir pour débattre de la pierre brute ? Les jeunes préfèrent liker des memes sur TikTok plutôt que de polir leur âme en loge. Jissey, avec son humour mordant, imaginerait un dessin où un maçon tente d’attirer un millennial avec un selfie de rituel, mais le gamin répond : « Non merci, j’ai un live Twitch à 20h ! »
Une renaissance… ou un dernier souffle ?
Tout n’est pas perdu, paraît-il. Certains loges tentent de rajeunir leurs rangs avec des réductions pour les moins de 25 ans ou des Tenues express sans préliminaires – un peu comme un drive-in maçonnique ! Aux États-Unis, des initiatives en ligne misent sur la qualité plutôt que la quantité, tandis qu’en France, des loges universitaires fleurissent timidement. Mais franchement, avec des temples qui ferment à la vitesse d’un escargot arthritique, on dirait un bateau qui prend l’eau avec un seau percé. Jissey pourrait conclure avec un maçon hilare, soufflant sur une bougie d’anniversaire, pendant que le gâteau s’effrite en disant : « 300 ans, et toujours pas de relève ! »
Un Sourire pour les Ténèbres
Alors oui, la franc-maçonnerie perd de son éclat, et le public s’en fiche comme de leur dernier degré initiatique. Mais soyons indulgents : ces vieux sages aux tabliers fatigués ont au moins le mérite d’avoir tenu le coup face à l’assaut des écrans et des vies pressées. Jissey, avec son coup de crayon espiègle, nous laisserait sur une note légère : un maçon qui, au lieu de frapper son maillet, tape un texto – « Tenue annulée, on regarde la télé ! » – prouvant que même les gardiens du mystère savent s’adapter… ou pas !
Conférence donnée à la Rudyard Kipling Lodge par le F. Philippe MRN. le 24 juin 2025
Il y a des dates qui comptent plus que d’autres dans la franc-maçonnerie ; Évidemment, la première qui nous vient à l’esprit est le 24 juin 1717. Cela tombe bien puisque nous sommes – ce jour de tenue, un 24 juin : 308 ans plus tard, le 24 juin 2025.
1723 : Les premières Constitutions d’Anderson,
1751 : Le Grand Comité créé 3 ans plus tôt se constitue en Grande Loge des Antients,
1810 : L’Union des deux Grandes Loges rivales,
1816 : Le rituel de l’Union,
1823 : La fondation de l’Emulation Lodge of Improvment sous l’impulsion à l’époque, des Grands Stewards ; On en connait quelques-uns ici, ils sont plutôt bien représentés ce soir.
En France ?
1913 : La fondation de ce qui deviendra la Grande Loge Nationale Française (GLNF) en 1948,
1958 : La scission dite GLNF « Opéra » (laissant la GLNF originelle dite « Bineau »,
1968 : La fondation de la Loge Nationale Française par René Guilly (pour nos frères qui y sont nés, ou ont participé à sa gouvernance…),
Puis, enfin : Le 23 mars 2011 !
C’est ce jour-là que l’aventure de la Rudyard Kipling Lodge débute ! Le 23 mars 2011.
Avant, c’est la préhistoire de la maçonnerie ! (Humour)
Si la genèse de la création de notre loge est intéressante, ce ne sera pas le propos de ce soir. Nous retiendrons juste que les fondateurs sont tous issus de la GLNF ou ils ont tous été initiés régulièrement. Ils sont issus de la scission de trois loges de la GLNF, tous pratiquant le rite anglais de style Emulation, enfin, ce que l’on appelle encore à tort1 « le rite Emulation ».
Ils ont simplement voulu créer une loge où ne régneraient que le bonheur fraternel, le travail juste, ou juste le travail, et rien d’autre !
L’aventure débute par un échange sur le forum maçonnique Forget-Me-Not avec le frère Jean-Michel Ez. de la Grande Loge d’Andorre qui raconte un moment de sa vie maçonnique, se souvenant que durant les grandes périodes difficiles pour la maçonnerie, sur les terres de Neustrie, les frères de sa loge mère se réunissaient dans la cave d’un immeuble – laquelle ne leur appartenait même pas !
Une cave à laquelle ils accédaient en passant derrière un rideau sans se faire voir… Ils se réunissaient ainsi, assis sur des palettes servant de bancs, sans chauffage, mais les frères n’avaient pas froid puisqu’ils étaient entre eux, et c’était vraiment ça le plus important !
Ce fut le déclic ! La première étincelle de la construction de ce qui allait devenir la Rudyard Kipling Lodge.
Nous sommes donc en Normandie… Dans l’Eure plus précisément ce 23 mars 2011 à 16 heures : Nous nous sommes rassemblés chez notre frère Pascal à Saint-Just.
Nous venions de Paris, des Yvelines, de l’Essonne, du Val d’Oise, d’Aquitaine, et d’ailleurs.
Notre projet : Rejoindre une longère du XVIIIe, située à une encablure de Lyons-la-Forêt, à Touffreville plus précisément, pour faire ce que peu de maçons ont pu faire eux même : La cérémonie de consécration de la Rudyard Kipling Lodge !
Nous avions donc rendez-vous avec l’Histoire, notre histoire, à TOUFFREVILLE !
J’avais fabriqué tous les décors et les mobiliers nécéssaires – Les collonettes des surveillants sont toujours en « activité », les plateaux ont été transmis à la Loge de la Marque Fidélité 1887, notre Bible, l’Equerre et le Compas nous venaient de notre loge-mère à Pierre et moi, achetés à Washington par Hubert Masquefa et William Gauci à l’occasion d’un voyage à la Grande Loge, là-bas. Nul doute que des Présidents y ont déposé les mains il faut un temps. #une_autre_histoire.
C’est le frère Gilles qui prononca les tous premiers mots fondateurs de ce qui deviendra un fil conducteur : « Prenez tout très au sérieux, sauf vous mêmes ! » ; Des mots attribués à Rudyard KIpling qui faisaient sens.
Et c’est donc à la lumière des bougies et du feu de cheminée que nous consacrâmes notre propre loge, comme le faisaient nos frères anciens. Nous n’avons rien inventé.
Gilles vit à l’Ile Maurice maintenant, il y est depuis une douzaine d’année. Il a bien raison.
Pour l’anecdote, il se passa quelque chose de particulier ce soir-là. Fidèles aux anciens usages de la consécration, le blé, l’huile et le vin fûrent versés sur le tableau de loge par les frères Pierre, Antonio et Philippe – votre serviteur. Le sel fît comme une étincelle crépitante au contact des autres éléments, une sorte d’étincelle de vie. L’Histoire ne dit pas si une étoile a traversé le ciel ce soir-là. #on_peut_rever_aussi
Depuis, la longère a été vendue, Pascal est parti en Charente, mais nous y avons laissé une plaque pour la postérité. #faute_comprise
Le frère Pierre fut élu pour être installé comme le premier Vénérable Maitre de la Loge. Il venait de Bordeaux pour chaque tenue, la maçonnerie ne se fait pas dilettante.
Pierre est aujourd’hui Grand Maitre de la Grande Loge Ecossaise de France et très actif dans le développement de la SOGLIA, une alliance internationale très prometteuse de Grandes Loges.
Nous sommes une loge de bâtisseurs ! Il y a ceux qui disent, et ceux qui font … nous aimons bien ceux qui font !
Notons au passage que la Rudyard Kipling Lodge a donné quatre Grands Maîtres à la Maçonnerie, mais nous y reviendrons.
Le Grand Maitre Pierre B. lors du Convent de la GLEF en 2024 (avec son autorisation. Crédit photo GLEF)
Désomrmais consacrée, la loge se mit en quête de locaux maçonniques. Mais dans l’attente, la deuxième tenue régulière se tînt dans le jardin de ma maison dans le Vexin, à la lumière tombante du soleil pour finir au flambeau, sous la voute étoilée.
Nos décors n’étaient pas riches au début, mais au moins nous nous fabriquions déjà des souvenirs.
Afin de rayonner dans le panorama maçonnique, nous soutînmes activement la Fédération des Loges Libres et Souveraines – une organisation naissante dont la Rudyard Kipling Lodge est pétitionnaire. Nous la quittâmes en 2013, l’indépendance devant être pleine et entière pour avoir un sens.
C’est toutefois grâce à cette participation que fût déniché notre premier hébergement, à Nucourt, dans le Vexin Français. Nucourt – petit village de 700 âmes près de Magny en Vexin, nous avions des chevaux pour voisins. Une ancienne imprimerie transformée en loge maçonnique occupée par la loge Lux Aeterna, une autre loge qui avait aussi su prendre son indépendance. Certains soirs, les visiteurs perdus sonnaient chez les voisins, ne trouvant la porte d’entrée que l’on voit ici, à l’angle d’un mur d’enceinte. Cela pouvait interroger quand même …
« Nos décors n’étaient pas riches au début, notre temple était vieux et dénudé, mais nous connaissions les anciens Landmarks. »
Tout était fait en bois, un petit chauffage au fuel réchaufait l’air ; Au cours des tenues suivantes, nous recevrons notre premier affilié. Un moment important pour la loge.
Philippe R. : Survenant de nulle part, il avait découvert la Rudyard Kipling Lodge au gré d’une publication Internet. Maçon éminent de la LNF, ayant dirigé les travaux de la loge d’Etudes et de recherche William Preston, filleul de Gérard Gefen, fait Grand Steward par René Guilly lui-même.
Philippe connaissait mieux la maçonnerie anglaise que nous tous : Autant dire que nous avons vite progressé ! Philippe a énormément apporté à la Loge et la Loge lui doit beaucoup, il faut le reconnaître. Il nous accompagnera jusqu’en 2021, certaines séparations sont comme certains divorces : compliquées.
Nucourt vît la première cérémonie de réception (initiation) lorsque nous reçûmes le frère Jean-Mychel, il sera fait Maitre-Maçon en 2013 et sera installé dans la chaire du Roi Salomon en 2018.
Nous l’appellerons John-Mickael à l’issue d’une tenue, mais nous ne savons plus pourquoi, c’est devenu un usage.
Entre-temps, la Rudyard Kipling Lodge s’était renforcée des frères Serge et Ludovic.
Rien de moins que le Passé Secrétaire National de la LNF et un autre fin pratiquant du style Emulation, tous deux nés maçons à Goodwill – loge de rite anglais, style Emulation. Des frères nourris des publications de Renaissance Traditionnelle, des traductions des AQC régulièrrement réalisées par deux fameux correpondants du Quatuor Coronati Correspondence Circle : Gérard Gefen et Pierre Gauchet.
Bref la loge s’enrichissait de deux mercenaires capés en maçonnerie anglaise pour lesquels le mot fraternité à un sens.
Des renforts plus qu’appréciés pour leur fraternité évidente.
Serge, deviendra, plus tard, le Grand Maître de la Grande Lodge de la Marque du Chili.
Le frère Ludovic recevra plus tard par la Poste, en 2013, une lettre particulière de quelques anciens amis. La fraternité s’exprime aussi parfois avec des courriers signés… « un bon français ». Reconnaissons là ce qui semble être un chef-d’oeuvre de l’anonymat comme on a toujours su si bien consciencieusement le faire en France.
Nucourt, siège de moments magnifiques ! Les visiteurs venaient de Paris et d’ailleurs, même de provinces éloignées.
J’y fûs installé Vénérable Maître en janvier pour l’année 2012, entouré d’une soixantaine de visiteurs, dont un Grand Maître d’une petite « major » française, déjà… qui préféra s’assoir contre le poëlle allumé plutot qu’à l’Est. Il devait faire -12 ! mais nous n’avions pas froid, quoi que …
C’est à Nucourt que nous avons commencé à faire évoluer nos traditions, et notamment ouvrir systématiquement aux 3 grades comme nos anciens frères anglais.
C’est à Nucourt que nous avons abandonné les gants blancs en nous fondant sur Redman dans Masonic Etiquette Today : aucune obligation2, et sur un choix qui appartenant strictement à la loge – choix confirmé par Bruce Warne, éminent précepteur et représentant de l’Emulation Lodge of Improvment, rappelé depuis à la Grande Loge d’en Haut.
J’ai eu la chance de travailler avec lui lorsque j’étais à la GLNF, puis plus tard il lui arrivait parfois de déjeuner chez moi lors de son périple depuis Meridian Lodge de Londres vers le Fournial dans le Limousin.
Merci Bruce pour nos échanges.
Attirée par les lumières de la ville et des objectifs de développement, la Rudyard Kipling Lodge fût hébergée pendant quelques mois par les frères de La Garenne Colombes, dans un ancien théâtre dont le chauffage datait sûrement de l’époque soviétique : Sa soufflerie couvrait nos voix lors des tenues. Un coup trop chaud, un coup trop froid selon les caprices d’un moteur de Tupolev, mais on s’aimait.
Nous leur laisserons un magnifique bureau espagnol en guise de plateau pour le Vénérable Maitre. Il faut qu’en Maçonnerie cela soit toujours beau.
Les deux premières années ont été une période de construction, pour s’établir sur des bases plus solides.
2013
A ma demande expresse et pour le bien de la Loge, c’est le frère Philippe R. qui à été installé pour présider aux destinées de la Loge cette année-là. Après avoir dégrossi la pierre, il faut la passer à des ouvriers plus habiles, c’est ce que l’on apprend.
Le premier évènement de l’année fût la mise en ligne de notre premier site Internet ! Il a bien sur depuis évolué depuis sa mise en ligne en 2013, mais c’est plus de 20000 visiteurs par mois. Un succès s’agissant d’un site maçonnique français.
La loge donne ses premières conférences sur la maçonnerie, enfin Philippe donne des conférences, nous montrant ainsi une voie différente du travail à faire.
Même Pierre Assouline se servira de références puisées dans nos propos et pointant sur notre site Internet pour son livre Tu seras un homme mon fils.
C’est en 2013 que la loge préféra la traduction du rituel des frères René Guilly et de Louis Bentin à celle de Bruce Warne. Une version plus pertinente, beaucoup mieux traduite de ce que nous connaissions, et dans l’esprit du texte anglais.
Dans le cadre du rayonnement de la loge, est organisé en mai 2013 un événement rassemblant un centaine de frères et de sœurs de seize obédiences – Grande Loge Unie d’Angleterre comprise, et même un cousin du Duc!
Tous ont regardé dans la même direction ce soir-là, sans aucun ostracisme, celle d’un écran de cinéma.
Nous organisions au Studio Galande la première projection maçonnique du film, l’Homme qui voulut être roi selon l’œuvre de Rudyard Kipling, un film du frère John Houston avec les frères Sean Connery et Michael Caine.
Un mémorable numéro de duettiste des deux frères Philippe lancait la soirée, les surveillants s’assurèrent que tous les assistants utilisent correctement leurs outils – des crécelles et des trompettes, pour signaler l’apparition tout symbole maçonnique dans le film.
On en parle encore aujourd’hui. Notre propre légende était lancée et l’Homme qui voulut être roi deviendra une marotte pour tout Kiplinien.
Les maçons britanniques ont un nom pour tout ça : Une loge d’intérêt spécial, “a special interest lodge”. Il existe plus de 400 loges d’intérêt spécial actuellement au tableau de loges de UGLE. Elles ont été historiquement formées à partir d’un intérêt ou d’un but commun. Ce n’est donc ni une bizarrerie locale, ni une anomalie maçonnique, sauf à méconnaitre l’essence même de ce qu’est la maçonnerie britannique – ce qui serait un problème si on prétend la pratiquer dans ses règles.
Comme nous aimons le rappeler nous-même, par auto-dérision, “nous sommes une loge de nains”, c’est une réalité – il faut le reconnaitre, dans le panorama maçonnique français, mais nous avons une ambition qui peut-etre parfois plus grande s’agissant de ne faire que de la maçonnerie, jamais de politique, même lorsque l’on oppose à ça l’appartenance à un quelconque « Ordre »3 aux contours élastiques.
Grâce une opportunité incroyable, la Rudyard Kipling Lodge s’installe en septembre 2013 dans les fabuleux locaux du Cercle Philosophique Suresnes qui nous abritent depuis maintenant 12 ans.
Nous avons été renforcés par quelques frères arrivant de la loge Goodwill de la LNF qui prendront toute leur place à la Rudyard Kipling Lodge. Il s’agit des frères Frédéric-Jean, Laurent, Yannick et Cédric .
En octobre nous recevrons deux frères, deux frères de sang : Arthur et Louis R. et c’est leur père, les larmes dans les yeux, qui leur rendra la Lumière.
Le 23 novembre, à Bailly, nous consacrerons la Loge indépendante de Marque Fidélité 1887 n°2 pour offrir un parcours de side-degrees aux frères de la Rudyard Kipling Lodge.
2014
Le Premier Surveillant – Antonio, ayant choisi une autre voie, c’est le Frère Ludovic qui est élu pour présider aux destinées de la Loge, initiant deux nouveaux Apprentis-Entrés en janvier : Julien et Samuel.
Tous les deux quitteront la loge plus tard pour devenir …. Pasteurs : Julien, pasteur protestant et Samuel, pasteur évangéliste … pourquoi pas !
Le cycle des conférences s’intesifie, toujours sur la maçonnerie. Sont également étudiées les propositions de mises en place possibles, notamment celles proposées par UGLE pour les loges universitaires.
Notre ADN, c’est de comprendre ce que nous faisons, ce qui est publié, donc nous testons des choses et nous les éprouvons,
La loge exécutera une cérémonie de passages au grade de Compagnon du Métier avec quatre impétrants simultanés : Ce fût le Défilé du 14 juillet place de la Concorde dans la loge ! Tous en ligne ! 6 de front avec les deux diacres. Une mise en place incroyable, mais qui fonctionne parfaitement, il faut « juste » de la place, et en ce sens les locaux de Suresnes facilitent la tâche.
Cette année-là est constituée la loge de Maîtres Installés Sikkander -333 (une estimationde date établie lors d’un repas dignement arrosé à laquelle Alexandre le Grand aurait envahi le Kafiristan, ce pays que Daniel Dravot et Peachy Carnehan rejoindront pour en devenir roi) mais surtout pour conférer l’ancienne qualification requise, de Maitre Installé, pour accéder à un chapitre de l’Arc Royal.
Une obligation abandonnée pour de mauvaises raisons4 en Angleterre, reproduite en France, alors qu’il existe des mises en place tout à fait régulières pour faire ça, ce que nous rétablissons.
Le frère Jacques C. nous rejoint après avoir été un visiteur assidu ! Je l’ai rencontré à Tours et Détours une petite fraternelle informelle de rencontre entre frères de la Défense. Après avoir beaucoup œuvré pour le Rite Français à Roger Girard et aidé à rédiger les Cahier d’Instructions de l’Alliance, et d’autres choses encore… il nous rejoint pour titiller les rites anglais.
Jacques a beaucoup fait pour la loge et pour le chapitre de l’Arche Royale. Il a fabriqué tous les décors : Soudé, tordu, cousu, peint, etc… . Malheureusement Jacques, qui était notre frère et mon ami, a été rappelé à la Grande Loge d’en Haut en 2023.
Gilles nous rejoint aussi pour notre plus grand plaisir. Il arrive de la GLNF, de la loge Pythagore 193.
Puis Rémi, qui a quitté la LNF pour nous rejoindre.
Jerôme M. s’affiliera avant de repartir à Unité & Harmonie. Il sera secrétaire une année.
Nous initierons le frère Helios,mais il ne restera malheureusement pas.
Puis nous recevrons Hugo et Frederick.
Hugo a fait depuis un passage par UGLE à Londres, puis est parti en Suisse. Frederick, occupé par son métier et un club de basket s’éloignera doucement, mais il est toujours membre de la loge.
2015
J’y retourne … Pour mon deuxième Vénéralat ! Alors que je sors de deux années de Vénéralat à la Marque : Quand on aime…
Fin février, les premiers frères de la Rudyard Kipling Lodge sont reçus au sein du Chapitre de l’Arc Royal Philostorge n°2. Nous normalisons à ce moment-là notre relation avec le Suprême Grand Chapitre de l’Arche Royale, de la Marque et des Ordres Alliés par la signature d’une convention.
Le frère Laurent est fait Maître Maçon et nous enregistrons l’affiliation de Dominique G et d’Olivier R.
Tous les deux sont frères d’Unité et Harmonie, une loge du REAA à Bineau.
Nous reprenons les conférences sur un rythme effréné, notamment les fameux Ba.ba d’apprenti qui connaissent toujours un vif succès sur le site Internet.
Fait amusant, la Loge sera tuilée pendant toute l’année par un frère ami de la loge, Passé Grand Officier de la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est quand même rassurant de se savoir bien gardé !
Nous testons toujours les propositions de mise en place des Universty Lodges avec la nuit de l’élévation, « the rising night » avec quatre élévations simultanées.
Quand je dis simultanées, c’est plutôt synchronisées, puisque les diacres, les candidats et les surveillants vont être en formation de douze et même jusqu’à seize pendant quelques instants ! Trois Passés-Maîtres et le Vénérable Maître vont procéder comme un seul homme. C’est régulier, cela fonctionne parfaitement, c’est époustouflant quand c’est bien préparé et c’est proposé par la Grande Loge à Londres !
Nous osons simplement le mettre en œuvre, nous ne faisons que l’éprouver, c’est tout.
Deux nouveaux Apprentis-Entrés sont reçus : Hadrien, le troisème fils de Philippe R., et Sébastien, lequel, pris par ses obligations professionnelles, sera malheureusement perdu de vue à partir d’un soir de 2019.
Les frères Hugo et Frederick seront fait successivement Compagnon du Métier, puis Maître-Maçon le même soir, comme le faisaient nos anciens frères, instructions comprises et sues par cœur.
Pour la petite histoire, Hugo devait prendre un poste important dans une société de la City de Londres. Orienté par la loge vers une loge londonienne avec laquelle nous entrenions une relation cordiale, ceux-ci nous annoncent : « ah, il est Apprenti, on va devoir le réinitier… s’il était Maître ce serait différent ! ». Il fût donc répondu : « Aucun problème, il sera Maitre Maçon ». Il ne faut pas lancer de tels défis à la Rudyard Kipling Lodge !
Encore ue fois, c’est régulier. Ce fût fait ainsi pendant des décennies au 18ème et 19ème siècles ! Et c’est des anglais eux mêmes, que nous tenons ce que nous faisons, aussi ne soyons pas bégueules.
L’année se clôture sur les redoutables Masonic Lectures restituées par cœur, à l’anglaise, à table et en décors, santés comprises.
Et ce soir-là nous enregistrons l’adhésion d’Aymeric D., de l’Agneau des deux Saint-Jean. Il nous visitait alors qu’il était Compagnon quand nous étions à La Garenne-Colombes. Il est actuellement membre éloigné à Dakar ou il exerce son métier.
2016
Le frère Pascal est installé Maître de la loge, un des frères fondateurs, il était secrétaire ce soir-là d’ailleurs.
Les frères Hadrien et Sébastien sont passés Compagnons du Métier et seront élevés au sublime grade de Maître-Maçon en fin d’année.
Le frère Michel P. demande son affiliation pour notre plus grand plaisir, ainsi que le frère Stéphane qui est notre Directeur de Cérémonie dans le collège d’officier.
Un soir de mars, les frères Ludovic et Philippe sont fait Grand Steward par le frère Philippe R. et rejoignent une filiation qui passe en France par René Gully, puis nos frères anglais.
Le 22 mars 2016 sont fêtés les cinq ans de la Rudyard Kipling Lodge lors d’une tenue de Grande Loge au cours de laquelle la bannière de la Loge est présentée pour la première fois.
Pour la petite histoire, ce fut un projet mené en secret par les passés-maitres de l’époque, privilégiant l’effet de surprise. Les frères de la loge ont tout imaginé jusqu’à ce que la bannière soit appelée à entrer dans la loge, portée tel un étendard régimentaire par le frère Ludovic.
C’est un véritable cadeau qui est fait à la loge par la loge, car c’est une pièce magnifique cousue de fils d’or comme nos anciens le faisaient. Elle siège fièrement dans nos tenues et se ranger sous sa bannière prend tout son sens, même parfois à l’extérieur.
En juillet, le frère Philippe R. est investi Grand Maître de l’Ordre de la Sainte Culotte de Dieu, un ordre maçonnique ancien de bienfaisance rétabli par les accords du Cap Seguin.
C’est aussi une année où la Rudyard Kiplng Lodge apporte son soutien à la consécration (dans ce cas nommée allumage des feux) de la loge Amour Constance et Sagesse du Grand Orient de France – une loge travaillant au rite anglais de style Emulation (de mémoire et avec le coeur).
C’est assez amusant car c’est déjà Philippe R. avait participé à la transmission du rite anglais au GODF au nom de la LNF et Ludovic à la transmission des grades de la Marque pour le même compte. Des systèmes encore en place aujourd’hui au sein du GODF.
Nous avons pu le voir récemment, nous avons bien travaillé car le rituel dit Emulation y est solidement ancré maintenant, et puis on y veille un peu aussi.
Les frères Thomas et Christophe, Olivier B. et Clément sont reçus maçons, ce dernier par son père en tant que Maitre de la Loge. Toutefois, il partira rapidement travailler en province et devra nous quitter.
Nous recevons aussi un certain Kévin, rien de moins que notre Vénérable Maître (2025).
2017
Le Vénéralat de Frédéric-Jean!
Nous recevons cinq nouveau frères cette année-là, Mahieddine, Sébastien, Alexander, Vincent et Laurent.
Laurent,
Il a été notre Vénérable Maitre l’année dernière, en 2024, et a été emporté par le cancer en ce début d’année 2025. Nous portons toujours son deuil.
Cette année-là, comme beaucoup de maçons, nous fêterons les 300 ans de la fondation légendaire de la Grande Loge de Londres et de Westminster. Loin des fastes d’Albert Hall, nous avons non sans impertinence démontré un fait assez simple : que dans l’espace dans lequel s’est tenu cette réunion, on n’y tenait pas à dix (allez, douze en se serrant).
Pour donner un cadre pour l’instruction des frères, est fondée la loge d’Instruction et de perfectionnement Emulation Saint-Eloi avec un précepteur à sa tête.
Eloi ! une référence qui ne peut qu’amuser un maçon de tradition anglaise puisqu’elle est plus londonienne qu’issue d’une histoire de culotte à l’envers.
2018
Une nouvelle fois, c’est le frère Ludovic qui est installé Maitre de la Loge.
C’est à partir de cette année-là qu’est supprimé le plateau (un grand bureau) du Vénérable Maître pour le disposer au Nord et accueillir le Secrétaire et le Trésorier – Ce n’est pas dû au fait que le secrétaire n’avait pas de bureau, mais « on » s’est dit que cela était pas mal de voir les genoux du Vénérable Maître.
En réalité, il faut l’avouer, c’est au cours d’une réunion de Passés-Maîtres s’achevant autour d’une bouteille de “Le noyau de Vernon”, un breuvage atypique que nous ne ferions même pas boire à un frère du REAA, que s’est imposée la haute conclusion que si on ne travaille pas, on ne peut pas prendre le maillet de la Loge : Pas de bureau, pas de support de texte ! C’est sans filet, et donc il faut apprendre, il faut travailler.
Olivier H. est reçu dans la loge, il sera élevé au sublime grade de Maître-Maçon en 2019 il est aujourd’hui notre Premier Surveillant, et exceptionnellement parce qu’il part en Bretagne, comme un cadeau de la Loge et disposant de la qualité de Maître Installé, il occupe ce soir la chaire du Roi Salomon et préside aux travaux de la loge. Son nom sera porté à la liste de ceux qui ont dirigé la loge.
Patrice, Marc et Charles seront aussi reçus maçons.
Nous tenterons la tenue en anglais … Un exercice périlleux surtout quand certains ont appris l’anglais dans le Tarn et Garonne !
Note pour plus tard : Ne pas le refaire !
Cependant, nous retenterons une mise en place avec le passage de quatre Compagnons du Métier en simultané : Vincent, Sébastien, Alexander et Olivier H. Toujours les mises en place proposés par la Grande Loge d’Angleterre que nous éprouvons dans ces cérémonies.
Nous clôturerons l’année sur deux événements majeurs :
Une nouvelle projection maçonnique de l’Homme qui voulut être roi mais au Luminor cette fois-ci. Une centaine de maçon(ne)s invités par lalLoge à profiter d’un chaleureux moment de fraternité et d’un dîner cocktail mis en place par le frère Charles.
Nous enregistrerons aussi les affiliations de Frédéric D., notre Premier Diacre actuel et de Philippe MV, notre Second Surveillant, qui nous arrivent des Amis du Progrès, la Loge de Pierre de Ribeaucourt, fondateur de la GLNIR, la GLNF d’aujourd’hui.
J’ai leurs assiettes ! Explication : Dans nos usages, une affiliation à la Rudyard Kipling Lodge se fait en formulant sa demande signant au dos d’une assiette (en carton). Ces assiettes sont ensuite traitées administrativement puis archivées par le Secrétaire qui est bien embêté avec tout ça !
Et puis enfin, la première fameuse Turne à Rudy , une organisation adaptée par les frères Michel et Ludovic avec des travaux au rituel adapté du frère Pierre Dac. Le frère Michel est nommé “frère voyou” de la loge à cette occasion.
Ce n’est pas une tenue mais plutôt une anti-tenue ! Cela ne répond à aucune mise en place maçonnique, sauf à en usurper les codes. Mais de toute manière, tout ce qui se passe dans la Turne à Rudy, reste dans la Turne à Rudy. Jusqu’à ce que l’on veuille nous faire chanter puisque comme on nous aime très fort, nous avons encore une fois reçu un courrier signé « un bon français » inquiet de voir des mafieux se réunir un soir à Suresnes.
2019
C’est notre Frère Jean-Mychel (le fameux John Mickael) qui est installé dans la chaire du Maître. C’est un évènement important car Jean-Mychel est le premier initié de la Loge et cela signifie qu’un cycle s’est passé, celui de la fondation et la consolidation.
Nous affilions notre frère Eric. Il est aujourd’hui à Bordeaux.
Nous commençons l’année avec la neige. L’Ile-de-France est paralysée par une épaisse couche de neige d’au moins 1,5 cm !
Nous ne nous laisserons pas démonter, c’est dans notre ADN de ne jamais subir les évènements, ou les oukases, et ce sera la première tenue sur Whatsapp !
Alors, cela peut paraitre particulier mais nous parlons bien d’une tenue, avec ouverture, coups de maillet, apparition des trois lumières, tableaux de loge, travaux et clôture. C’est très important car cela pourrait porter à confusion. Et nous avons tout le déroulé en archive pour montrer les choses.
Le rituel est dit par chacun, en mode audio et les éléments symboliques apparaissent graphiquement, de manière synchronisée et dans le respect des mises en place.
Les officiers se sont approprié l’outil en considérant que l’espace entre les colonnes dans une loge sont remplacés par un espace numérique.
Cela peut paraitre totalement dingue pour certains, mais la maçonnerie anglaise est une maçonnerie pragmatique par nature, comme le sont les protestants, renvoyant les questions de spiritualité aux églises. Elle est donc très éloignée des considérations spirituelles religieusse, ou même parfois métaphysiques, dans lesquelles certains frères veulent absolument la faire plonger. C’est en faire une maçonnerie française.
Toutefois, nous ne devons pas oublier que la première tenue Internet officiellement reconnue s’est passée à la loge Saint-Gabriel en 1982 via les réseaux universitaires, sur ce qui deviendra Internet plus tard.
Et que dire des loges Internet ? C’est tout aussi régulier puisque Internet Lodge est enregistrée sous le n°9659 au sein de la Province of East Lancashire avec plus de 600 membres. Il existe aussi une Internet Lodge of Mark Masters à Londres, la n°1975.
Il y a eu des tenues dans Second Life, et depuis, sur Teams, Zoom et même dans le Métavers. Le numérique n’est donc pas une frontière pour la maçonnerie, mais nous en reparlerons.
Cette année-là, Mahieddine, Vincent, Laurent, Sébastien et Olivier sont fait Maitres-Maçons.
C’est l’année ou la loge fît frapper sa médaille ! il y en aura 100, pas une de plus, dont 10 exceptionnelles en or avec la 47ème proposition d’Euclide pour les Passés Maitres. Un bijou magnifique, croisant le bleu du premier Ordre de la Jarretière au garter blue, celui des Hanovres, montage à la Russe. C’est indéniablement un bijou qui rentrera dans l’Histoire un jour tels les anciens bijoux de loge que nous retrouvons parfois dans les collections des musées maçonniques.
La Rudyard Kipling Lodge et la Loge de la Marque Fidélité 1887 transmettent aux frères de l’Agneau des deux Saint-Jean de Lescherolles les archives et la charte de la Loge de la Marque Columbariae n°121, ma loge mère de la Marque, fondée entre autres par des frères de l’Agneau, mise en sommeil en 2011 alors que j’en étais le Secrétaire. Des documents qui m’avaient été confié par le Député Grand Maitre du moment, aussi membre de cette loge à l’époque en me disant “conserve bien tout ça près de toi pour plus tard”. Cette transmission renforce nos liens d’amitié déjà solidement affermis avec cette loge et la présence d’Aymeric à nos cotés.
Le Vénérable Frère Jean-Mychel, après une brillante année de Vénéralat, avec des cérémonies maitrisées par cœur, sans erreur, malgré un AVC qui lui a coupé la parole il y a quelques années, s’est vu remettre par la Loge des Grands Stewards de France la fameuse boite d’allumette d’argent gravée à son nom.
Il nous la montre fièrement en souvenir à chaque venue.
2020
On rentre dans le dur là … car l’année va être bouleversée.
C’est le “louveteau” Arthur qui est installé Maitre de la Loge.
Nous recevons maçon Thomas, initié par son propre cousin, mais nous le perdrons avec les confinements et ses devoirs d’officier de Marine.
Dès mi-mars les premiers confinements du COVID bloquent tout, la France a peur, les maçons sont désemparés et ne savent pas comment réagir, comment faire. Les obédiences ferment, les loges ferment, la maçonnerie est prise de stupeur.
Nous ne nous laissons pas abattre car dès les premières heures, nous ne nous demandons pas quoi faire, mais comment continuer malgré tout. Non que nous n’acceptions pas la situation, mais nous ne savions pas combien de temps cela allait durer. Plusieurs, jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, des années ?
La maçonnerie, et surtout la fraternité qui l’unit ne pouvait pas éteindre à cause d’un virus. Celui-ci ne pouvait pas là aussi gagner contre l’homme.
La Rudyard Kipling Lodge sera donc la première loge au monde à lancer les tenues numériques en visio.
Cela nous a valu quelques échanges amusés avec nos amis anglais qui n’ont pas apprécié que nous les devancions, mais surtout que nous communiquions sur les réseaux en anglais, leur propre terrain, invitant les frères du monde entier à s’unir à nous.
Nous fonderons le label French Quality Freemasonry pour un peu enfoncer le clou plus loin. Comment ça nous sommes taquins ?
Le 24 mars 2020, encore un 24ème jour, nous ferons une première mondiale avec une véritable tenue en visio. Une tenue pensée et totalement adaptée au monde numérique et nos premiers travaux porteront sur les Loges Internet.
Chaque officier prend sa place, ouvre la loge, les décors et les symboles sont numériques mais ils sont présents. Une agape en commun, chacun chez soi, mais tellement chaleureuse, une ambiance qui permet de rassurer une fraternité ébranlée.
Totalement confinés, nous ferons au total quatre tenues numériques importantes qui réuniront jusqu’à cent frères de part le monde et un fameux tour du monde en 7 loges, sautant d’un continent à un autre, qui nous fera découvrir la maçonnerie en Colombie, au Canada, en Angleterre, au Bénin, à Maurice, à Moscou et à Tahiti.
Dans l’esprit d’aider les autres, nous avons fait des troncs numériques de plus de 1000€ à chaque tenue. Ce sera la naissance du Comité de Bienfaisance de la Rudyard Kipling Lodge, et les fonds récoltés serviront en outre à lancer la bulle de détente des personnels soignants d’un hôpital parisien et de faire un don conséquent à l’hôpital Foch de Suresnes (avec les autres loges suresnoises), et d’autres actions plus discrètes.
Qu’ont fait les autres ? Nous avons répondu présents aux sollicitations quand les Obédiences, désorganisées, n’y répondaient pas.
Nous aiderons les autres loges qui le souhaitent se lancer, nous les accompnerons, leur fournirons les moyens numériques nécéssaires pour que cela soit beau et agréable. Rien n’est simple, mais tout est plus facile quand on le fait ensemble.
Malgré tout ça, nous aurons tout le même le plaisir d’affilier nos frère Joseph., Michel et Fabrice.
Joseph a dû faire des choix et il a pris des récemment des fonctions d’officier dans sa loge mère à la Grande Loge de France qui se réunit le même soir que nous.
Michel réside maintenant à Grasse, Fabrice a dû revoir ses occupations maçonniques, et nous avons plaisir à les retrouver à chaque fois chez Alexandra 23 avec laquelle nous entretenons de forts liens d’amitié.
2021
C’est Stéphane qui est installé Maitre de la Loge
Il remarquera lui-même que l’extraordinaire fraternité de la Rudyard Kipling Lodge est d’offrir à un frère né au GODF de devenir Maitre d’une loge de type anglaise.
Nous connaissons aussi les tourments puisque nous vivons un divorce ! Celui d’avec le frère Philippe.
Les histoires d’amour finissent mal en général, et c’est ici le cas. Il emmènera avec lui ses fils, les amis de ses fils, et d’autres choses. Un mauvais coup très rude pour la loge !
2021 reste compliqué avec les confinements qui reprennent et un Vénérable Maitre qui est au front face au Covid.
Nous initierons le deuxième fils de notre frère Pascal, Sébastien, mais là encore nous ne le voyons plus malheureusement.
Note pour plus tard : faire plus attention quand on initie des louveteaux !
En juin, nous affilions notre frère Jean François en juin ; M. Cheval … l’homme qui parle à l’oreille des chevaux, mais malgré ça, il ne nous a toujours pas donné le quinté gagnant de dimanche prochain.
Et le frère Roger – aussi connu sous le nom de Panoramix du fait de sa ligne longiligne et sa barbe blanche.
La loge ratifie deux traités d’amitiés avec deux loges amies :
– L’Agneau des deux Saint-Jean, depuis le temps que l’on en parlait, et dont le frère Frédéric-Jean est le garant d’amitié. On pourrait presque dire un otage.
– La Clarté de Deauville, pour laquelle c’est notre frère Gilles qui est garant d’amitié, et un peu Fred-Jean aussi, et un peu John-Michael, et d’autres…
Mais cela reste une année perturbée, en partie due au COVID, et au mauvais coup qui nous a été porté en début d’année, mais les règles sanitaires scrupuleusement suivies nous permettent tout de même de nous retrouver sous les vignes de Suresnes.
La Rudyard Kipling Lodge disposera de ses propres firing glasses, des verres pour les feux maçonniques soufflés par un artisan du verre parisien et dorés à l’or.
Elle fournira son quatrième Grand Maître à la Maçonnerie avec l’investiture du frère Ludovic à la Grande Maîtrise de l’Ordre de la Sainte Culotte de Dieu.
2022
C’est notre frère Olivier R. qui est installé dans la chaire du Roi Salomon.
C’était son tour !
Pierrick est reçu maçon et Marc est élevé au grade de Maître-Maçon. Je crois que ce soir-là est la dernière fois que nous l’avons vu, mais il est toujours membre éloigné de la loge.
Nous faisons une tenue nommée « Ne Obliviscaris », mais pour laquelle on n’a toujours rien compris. Si quelqu’un a des informations là-dessus, nous prenons.
Jean Baptiste, né au rite français à Suresnes nous rejoint. Il est passé Compagnon au rite anglais, il sera fait Maître-Maçon en 2024 – tout comme Michel, un maçon bien établi déjà, qui signe son assiette en juin à la suite d’une conférence sur les Side-Degrees de la maçonnerie anglaise.
Fait extraordinaire, avec l’aimable autorisation du Suprême Grand Chapitre de l’Arche Royale, de la Marque et des Ordres Alliés, nous assistons au réveil opéré par le frère Olivier . d’un grade maçonnique ancien et rare, perdu d’usage : le Renard Ardent. Un grade dont l’enseignement est établi autour de la légende de Samson (Juges). Une loge qui est dorénavant rassemblée en meute à la tanière de Suresnes.
Digression : Cas d’exception en 2022, Ginger le chien a été fait maçon(ne) à la Rudyard Kipling Lodge et a reçu son propre collier ! Elle ne parle toutefois qu’italien, pas sûr que l’apprentissage du rituel en français soit abordable pour elle, nous verrons bien.
Ginger à Suresnes au pied du Vénérable Maitre. Ce n’est pas si exceptionnel, cela existe ailleurs, comme ici en Cornouailles
2023
C’est encore une fois le frère Ludovic qui préside aux destinées de la loge.
C’est son 7ème ou 8ème Vénéralat ! On ne les compte plus.
Nous signons un traité d’amitié avec Alexandra 23 dont je suis le garant d’amitié.
C’est une année difficile puisque nous serons endeuillés deux fois avec le rappel brutal à la Grande Loge d’en Haut de Stéfano à peine agé de 48 ans, suivi de celui de Jacques C., 82 ans
Stéfano qui venait de faire rentrer son ami Yann dans la loge.
Stéfano nous envoyait régulièrement des selfies en reportage avec les forces spéciales françaises, un jour tel Rambo avec un M60, un autre assis sur une torpille ou depuis le pont du Charles de Gaulle, ou encore avec ses copains en cagoule dans le maquis Corse. La Corse son refuge. On l’a même vu échanger la poignée de main maçonnique avec un premier ministre.
Son filleul Yann a été fait maçon à la dernière tenue, en mai de cette année.
Nous nous souviendrons des photos de Stéfano et Yann lorsque, après avoir bravé les interdits et escaladé les obstacles se sont introduits dans la maison quasi abandonnée de Kipling à Mumbay pour nous proposer une visite en direct live !
Nous leur rendons hommage à l’occasion d’une cérémonie de la chaise vide (rituel 1875), la première pour la loge. Deux chaises vides au milieu de la loge, les photos de nos frères et leurs tabliers posés dessus.
Ce fut un moment de recueillement et d’hommage intense.
Nous avons eu aussi l’occasion cette année-là de faire une tenue commune avec l’Anglo Saxon Lodge de la Grande Loge de France, confrontant ainsi nos pratiques anglaises respectives, et de signer un traité d’amitié avec la loge Alexandra 23.
Et, de consacrer la loge hospitalière itinérante Goodwill 1717 sous la protection de la Rudyard Kipling Lodge. La première tenue itinérante se déroulera chez le frère Yves – parrain du frère Ludovic, comme lui né à la LNF dans la loge Goodwill. Ce sera une tenue d’été dirigée par le Vénérable Maître Pro Tempore Frédéric, le jour des 75 ans du frère Yves.
Décidément, les années compliquées se suivent mais ne se ressemblent pas.
En fin d’année, nous découvrirons le deuxième grade du Renard Ardent dans une cérémonie de transmission passionnante.
2024
C’est notre frère Laurent qui est installé dans la chaire de Maître.
Laurent se battra contre la maladie qui le ronge et il sera secondé par un Pro-Vénérable-Maître, le frère Ludovic.
Nous recevons le frère Claude dans la loge, il sera élevé au sublime grade de Maître-Maçon d’ici la fin de l’année 2025, s’il y a lieu.
Pour nous remettre dans les vertus du travail, nous organisons des cérémonies parfaites, entre la démonstration et la perfection. Nous retravaillons certains points du rituel ou des mises en place, en allant chercher les sources, les mises en place, questionnant nos frères à Londres, analysant le sens de ce qui est fait dans le respect du pragmatisme anglais et de la fluidité.
Cela reste malgré tout une autre année compliquée avec la maladie de Laurent qui nous accompagnera tout du long.
Une délégation de frères de la loge sera toujours présente auprès de Laurent, nous l’accompagnerons pour ses traitements jusque dans sa chambre, certains resteront avec lui pour alléger ses douleurs.
Nous l’accompagnerons jusqu’au bout de son combat, toutefois il tiendra à être présent pour la dernière tenue de l’année.
2025
Nous commençons l’année par une tenue exceptionnelle. Les tenues exceptionnelles sont celles qui dérogent aux règles.
En date, elles sont décalées, en nombre, elles sont supplémentaires, et en dérogation, elles sont exceptionnelles et c’est dans ce cadre exceptionnel que nous recevons les sœurs pour une démonstration de la cérémonie de réception au rite anglais de style Emulation menés par le frère Ludovic toujours Pro Vénérable-Maître. Un moment de découverte pour tous les assistants de nos usages suivis d’échanges très riches en enseignements.
C’est le frère Jean-Marc d’Alexandra 23 qui, par amitié et pour les circonstances, revivra sa cérémonie de sa réception.
Note pour plus tard : ça, c’est fait …
Fin janvier, c’est notre frère Kevin qui est installé, succédant ainsi à Laurent.
Laurent nous quittera dans les premiers jours de février, rappelé à la Grande Loge d’en Haut, au moment où Tristan, le fils d’Olivier nous rejoindra sur les colonnes.
C’est la gorge nouée que j’ai expliqué à Tristan un des principes de la maçonnerie qui veut que lorsqu’un maillon soit rappelé par le Grand Architecte pour rejoindre la Grande Loge d’en Haut, la chaine de fraternité n’est pas rompue, mais seulement affaiblie, jusqu’à ce qu’un nouveau maillon, ce maillon étant lui-même, prenne sa place dans la chaine.
Nous avons rendu hommage à Laurent au travers d’une cérémonie de la chaise vide. La marche au pas funèbre fut terrible, glaçant le sang ! Une nouvelle fois la chaine de l’initié adaptée aux circonstances prit tout son sens, ce fut poignant. Le tout en présence de ses amis et de sa famille. Les larmes de son père, celles de Christine son épouse et l’émotion de son fils Clément ont été une douleur qui nous a transpercé le cœur et qui résonne encore dans la loge.
C’était un grand honneur pour nous de lui rendre cet hommage.
En mai, le frère Gilles est fait Grand Steward de France et je lui remets son tablier et son collier Crimson en le nommant comme mon successeur au titre de l’excellence de son action pour le développement de la maçonnerie britannique en Normandie.
Voilà, nous sommes en juin 2025, la vie continue, l’aventure continue, et c’est ça la Rudyard Kipling Lodge : une fraternité intense, une fraternité fragile, mais une fraternité de cœur immense.
J’espère n’avoir oublié personne, car une loge est faite d’abord de ses membres, sinon qu’il parle, ou qu’il se taise à jamais !
La Rudyard Kipling Loge
Il y avait Pierre, mon parrain en maçonnerie,
Notre premier Vénérable,
Daniel, le retraité des assurances,
Pascal, l’imprimeur de Montauban,
Il fût le premier secrétaire de la loge,
Gilles, le fonctionnaire de l’ONU
Antonio, de la société des télécoms,
Et Michel, du cabinet de recrutement.
Puis Ludovic, l’officier instructeur,
Qui fut trois fois notre Vénérable,
Serge, le Major de Police,
Et aussi le vieux Philippe,
Qui tenait le magasin des décors maçonniques.
Dehors, on se disait : « Mon Capitaine ! Major !, Monsieur !, Salut !, Hello ! »,
Dedans, c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’Équerre,
Moi, je faisais un peu tout dans ma Loge, là-bas !
Puis il y a eu Jean-Mychel … le premier initié de la Loge,
Fred-Jean , de l’agence d’intérim,
Olivier, du cabaret de magie,
Les louveteaux Arthur, Louis et Hadrien
Patrice, Cédric, Mahieddine, les agents de police,
Yannick et Laurent, les deux colonels de gendarmerie,
L’un d’eux est même devenu général,
Dehors, on se disait : « Mon Général! , Mon Colonel !, Monsieur !, Mon fils !, Salut !, Hello ! »,
Dedans, c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’ Équerre,
Moi, je faisais un peu tout dans ma Loge, là-bas !
Puis il y a eu Jacques, de la station-service,
Gilles et Stéphane nos deux kinés,
Kevin, qui s’occupe des enfants en difficulté,
Michel, le banquier du Camino …
Dominique et Frédéric, les deux apothicaires,
Eric, le DJ du Queen des Champs Elysées,
Rémi, dont on n’a jamais vraiment su ce qu’il faisait en vrai,
Et Philippe, l’infirmier du dispensaire,
Stefano et Yann, aventuriers caméra aux poings,
Ensemble, ils ont visité la maison de Kipling à Bombay …
Dehors, on se disait : « Mon ami !, Monsieur !, Salut !, Hello ! »,
Dedans, c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’Équerre,
Moi, je faisais un peu tout dans ma Loge, là-bas !
Puis il y a eu Joseph, de la maison des fenêtres,
Olivier, le sapeur parachutiste du 17,
Qui fût notre Vénérable Maître pour un soir de Saint-Jean,
Marc, le gars des cryptos,
Jean-François, l’homme du tiercé du dimanche à la Télé,
Pierrick, le professeur d’histoire,
Jean Baptiste, l’ingénieur du pétrole,
Et Aymeric, le chef de station du tramway
Il fût honorable correspondant pour la Loge à Dakar
Dehors, on se disait : « Caporal Chef !, Monsieur !, Salut !, Hello ! »,
Dedans, c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’Équerre,
Moi, je faisais un peu tout dans ma Loge, là-bas !
Il y a eu Laurent, de la maison des coquillages,
Il a été notre Vénérable l’année passée,
Vincent, parti depuis vivre en Suisse,
Charles, le régisseur des locaux maçonniques,
Roger, l’apothicaire des herbes folles,
Fabrice, le traiteur,
Michel, et Michel, tels Dupont et Dupond,
Et puis il y a Claude, le maire adjoint,
Et Tristan… le fils d’Olivier,
Tu seras un homme mon fils…
Dehors, on se disait : « Monsieur le Maire ! , Papa ! , Monsieur !, Salut !, Hello ! »,
Dedans, c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’Équerre,
Moi, je fais toujours un peu tout dans ma Loge, là-bas !
Nos décors n’étaient pas riches au début,
Notre temple était vieux et dénudé,
Mais nous connaissions les anciens Landmarks
Et les observions scrupuleusement.
Quand je jette un regard en arrière,
Cette pensée souvent me revient à l’esprit :
Au fond, il n’y a pas d’incrédules,
Si ce n’est peut-être nous-mêmes !
Dehors, on se disait : « Mon Colonel !, Mon Capitaine !, Monsieur !, Salut !, Hello ! »,
Dedans, c’était : « Mon Frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’Équerre,
Moi, je faisais un peu tout dans ma Loge, là-bas !
1) à tort, car le « rite Emulation » n’existe pas. A vouloir décrire plus posément les choses, nous pourrions le comparer au gré des influences et des séductions à une forme de rite français de souche « ancienne », comme le rite français est de souche « moderne ». Se référer à la conférence sur le Rite anglais de style Emulation
3) « Nous voulons, dès le commencement de notre propos, insister sur une démarche de l’esprit à laquelle on ne s’astreint pas assez lorsqu’on veut parler de la Franc-Maçonnerie. C’est celle qui consiste à séparer nettement l’Ordre des Obédiences. Les Loges peuvent exister sans Grandes Loges ou Grands Orients assurant leur fédération. L’inverse n’est pas vrai. Ni Grandes Loge, ni Grand Orient ne peuvent exister sans les Ateliers dits « Bleus » qui en sont la base. » / L’Ordre et les Obédiences – Marius Lepage –
4) la principale raison, au détriment de la structure légendaire et symbolique, est de faciliter l’accès à ce grade et de remplir les chapitres à l’Arc royal, et si ça peut faire des cotisations en plus, ce n’est pas plus mal.
Dans l’imaginaire collectif, le temple d’Apollon à Delphes est célèbre pour l’inscription « Connais-toi toi-même » (Gnothi seauton), une maxime attribuée à Socrate et gravée sur son fronton, symbolisant une quête introspective universelle. Pourtant, une autre inscription, tout aussi ancienne et significative, y figure : « Rien de trop » (Mèden agan), qui précède souvent Gnothi seauton dans les textes antiques et mérite une attention bien plus grande. Si la première invite à explorer son intériorité, la seconde établit une règle de vie fondamentale, souvent éclipsée par la popularité de son pendant.
Cet article explore pourquoi le « Rien de trop » reste dans l’ombre, tout en détaillant sa genèse, son contexte historique, ses implications philosophiques et son actualité, offrant une perspective enrichie sur cette maxime méconnue mais essentielle.
Un coup d’Œil rapide sur « Connais-toi Toi-Même »
Socrate
Avant de plonger dans l’analyse du « Rien de trop », un bref regard sur Gnothi seauton s’impose. Inscrite sur le temple de Delphes vers le VIe siècle avant J.-C., cette formule, popularisée par Socrate dans les dialogues de Platon, incarne une invitation à l’autoconnaissance comme préalable à la sagesse. Selon La Culture Générale, elle reflète une tradition oraculaire visant à rappeler aux visiteurs leur condition humaine face à la divinité. Pour Socrate, elle signifiait reconnaître son ignorance comme point de départ (Je sais que je ne sais rien), un thème repris dans l’Apologie de Socrate. Bien que centrale, cette maxime ne peut être pleinement comprise sans son complément, Mèden agan, qui en pose les fondations éthiques.
La genèse oubliée du « Rien de Trop »
Le « Rien de trop » (Mèden agan) trouve ses origines dans la Grèce antique, gravé sur le temple de Delphes aux côtés d’autres maximes comme « Suis l’oracle » ou « Respecte les anciens ». Cette inscription, datant probablement du VIIe ou VIe siècle avant J.-C., émerge dans un contexte où Delphes était un centre spirituel et politique, abritant l’oracle de la Pythie, consultée par des rois, des guerriers et des philosophes.
Icare et Dédale, par Charles Paul Landon (1799) au musée des beaux-arts et de la dentelle.
Selon Effet Eureka, cette maxime reflète une sagesse pratique issue des Sept Sages – Thales de Milet, Solon d’Athènes, Bias de Priène, entre autres – qui, vers 620-550 avant J.-C., codifièrent des principes de vie simples mais profonds.
Son apparition coïncide avec une période de transition pour les cités grecques, marquées par des conflits, des excès de pouvoir et des déséquilibres sociaux. Solon, l’un des Sages, est célèbre pour avoir réformé Athènes en instaurant des lois modérées pour éviter les tyrannies, incarnant l’esprit de Mèden agan. Cette maxime s’inspire également de la mythologie, notamment du mythe d’Icare, dont l’hybris (excès d’orgueil) le mène à sa chute après avoir défié les limites imposées par Dédale. Ainsi, Mèden agan naît comme un avertissement contre l’excès, ancré dans une culture valorisant l’équilibre et la mesure.
Contexte historique et philosophique : Une sagesse pratique
Crésus montrant ses richesses
Dans la Grèce archaïque, le concept de sophrosyne – la modération ou la tempérance – était une vertu cardinale, célébrée dans les poèmes homériques et les tragédies. Mèden agan en est l’expression la plus concise, prônant une vie mesurée face aux passions, à la richesse ou au pouvoir. À Delphes, ce principe servait de guide aux pèlerins, leur rappelant de ne pas outrepasser les limites humaines face aux dieux. L’oracle, par sa voix ambiguë, encourageait souvent des décisions équilibrées, renforçant l’idée que l’excès mène à la ruine, comme dans l’histoire de Crésus, roi de Lydie, dont l’arrogance fut punie par une interprétation erronée de la prophétie delphique.
Raphaël : Platon et Aristote devisant sur la politique ?
Philosophiquement, ce précepte trouve un écho chez les présocratiques. Héraclite, avec son idée de l’harmonie des contraires, suggère que l’excès déséquilibre l’ordre naturel. Plus tard, Aristote développe cette notion dans sa doctrine du juste milieu (Ethique à Nicomaque), où la vertu réside entre deux extrêmes – le courage entre la lâcheté et la témérité, par exemple. Mèden agan devient ainsi une pierre angulaire de la pensée grecque, un appel à la prudence et à l’harmonie, souvent oublié au profit de réflexions plus introspectives comme Gnothi seauton.
Sens et implications : Une règle de vie universelle
Au-delà de son contexte historique, « Rien de trop » porte un sens multidimensionnel. D’abord, il met en garde contre l’hybris, l’orgueil démesuré qui, selon les Grecs, attire la colère divine (nemesis). Cette idée est illustrée dans l’Oedipe Roi de Sophocle, où l’excès de curiosité d’Œdipe mène à sa tragédie. Ensuite, il invite à une modération dans les plaisirs – nourriture, boisson, amour – une préoccupation centrale dans une société où les banquets (symposia) pouvaient dégénérer en excès.
Sur un plan éthique, Mèden agan encourage une vie sociale équilibrée, évitant les conflits nés de la jalousie ou de la compétition excessive. Dans la polis grecque, où la citoyenneté reposait sur l’harmonie collective, cette maxime renforçait les liens communautaires. Spirituellement, elle rappelle la fragilité humaine face au destin, une leçon tirée des oracles souvent ambigus de Delphes, qui exigeaient une interprétation mesurée pour éviter les erreurs fatales.
Une ombre méconnue : Pourquoi l’oubli ?
symbole, musulman, chrétien, juif, judaïsme
Si Gnothi seauton a captivé les philosophes et les psychologues modernes, Mèden agan est resté dans l’ombre pour plusieurs raisons. Tout d’abord, son caractère pratique et concret contraste avec l’appel introspectif de « Connais-toi toi-même », plus attrayant pour une philosophie tournée vers l’individu. Ensuite, la montée des religions monothéistes, avec leur emphase sur la rédemption et la transcendance, a éclipsé cette sagesse païenne axée sur la mesure terrestre.
Le christianisme, par exemple, a privilégié des vertus comme la foi ou l’humilité, reléguant la modération au second plan.
Montaigne
De plus, dans les sociétés modernes, marquées par la célébration de l’excès – consommation, ambition, technologie – Mèden agan peut sembler anachronique. Pourtant, des penseurs comme Montaigne, dans ses Essais, ou plus récemment le philosophe André Comte-Sponville, dans Le Petit Traité des grandes vertus, ont redécouvert cette valeur, la liant à la tempérance comme antidote à l’hypermodernité. L’oubli de cette maxime reflète ainsi un biais culturel, privilégiant l’introspection sur la régulation des désirs.
Résonances contemporaines : Une leçon pour aujourd’hui
Dans un monde où l’excès domine – surconsommation, stress, polarisation politique – Mèden agan retrouve une pertinence saisissante. Les crises écologiques, exacerbées par une exploitation sans mesure des ressources, ou les burn-outs, fruits d’une quête insatiable de productivité, illustrent les dangers contre lesquels les Sages de Delphes mettaient en garde. Des initiatives comme le mouvement de la « simplicité volontaire » ou les philosophies du bien-être s’inspirent indirectement de cette modération, sans toujours en reconnaître l’origine.
Sur le plan personnel, cette maxime invite à une vie équilibrée : manger avec tempérance, travailler avec diligence mais sans s’épuiser, aimer sans possessivité. Elle s’aligne avec les principes de la méditation mindfulness, qui enseigne à rester centré sans se laisser emporter par les émotions extrêmes. Pour les entreprises, elle pourrait inspirer des modèles de gestion durable, évitant les excès de profit au détriment des employés ou de l’environnement.
Pour conclure : Restaurer l’équilibre perdu
L’oubli du « Rien de trop » après « Connais-toi toi-même » révèle une lacune dans notre compréhension de la sagesse delphique. Si Gnothi seauton nous pousse à explorer notre intériorité, Mèden agan en fixe les limites éthiques, assurant que cette quête ne devienne pas une source d’orgueil ou d’excès. Née dans un contexte de transition sociale et spirituelle, cette maxime offre une leçon intemporelle : l’harmonie naît de la mesure, et la connaissance de soi s’épanouit dans un cadre d’équilibre.
Pour le Franc-maçon le « Gnothi seauton » est la pointe du compas qui centre le maçon et le « Mèden agan » est le crayon qui trace la limite. L’un ne peut aller sans l’autre.
Restaurer cette maxime dans notre conscience collective pourrait nous guider vers une vie plus sage, respectueuse des limites humaines et naturelles. Que ce précepte oublié retrouve sa place aux côtés de son célèbre compagnon, rappelant à chacun que la véritable sagesse réside dans l’art de ne pas trop en faire, un écho discret mais puissant des temps anciens au cœur de nos défis modernes.
Ce 6ème Entretien permettra une réflexion sur les dérives actuelles concernant les principes fondamentaux de la Loi de la République et l’oubli de plus en plus fréquent des lois républicaines elles-mêmes. L’oubli de la Justice et le retour éventuel au principe de vengeance seraient-ils inéluctables ?
Les Francs-maçons sont viscéralement attachés à la Justice et à l’Équité comme dépassement fondamental de la loi du talion. Cette distinction est au cœur de nombreux degrés des Rites Maçonniques.
Alain Jakubowicz, le 27 janvier 2017 à Dijon.
Alain Jakubowicz aura à cœur de nous montrer que cette distinction est également celle de toute société démocratique.
Hier 26 juillet 2025 marquait les 150 ans de la naissance de Carl Gustav Jung, l’un des psychiatres et penseurs les plus influents du XXe siècle, né le 26 juillet 1875 à Kesswil, en Suisse. Figure majeure de la psychologie des profondeurs, Jung a révolutionné notre compréhension de l’inconscient, du symbolisme et de l’âme humaine. À travers une vie marquée par des explorations personnelles et intellectuelles, une œuvre prolifique et une influence inattendue sur des domaines comme la Franc-maçonnerie, son héritage continue de résonner.
Cet article retrace son parcours, détaille ses contributions majeures et s’attarde particulièrement sur l’impact de son symbolisme sur la tradition maçonnique.
Une vie dédiée à l’exploration de l’âme
Carl Gustav Jung
Carl Gustav Jung naît dans une famille pastorale protestante, son père étant un pasteur suisse. Cette influence religieuse initiale, teintée de rigueur et de questionnements spirituels, marque ses premières années. Après des études de médecine à l’Université de Bâle, il se spécialise en psychiatrie à l’Université de Zurich, où il travaille à l’hôpital Burghölzli sous la direction d’Eugen Bleuler. C’est là qu’il développe un intérêt pour les troubles mentaux et les rêves, publiant en 1906 son premier ouvrage majeur, Études sur l’association des mots.
Freud
Sa rencontre avec Sigmund Freud en 1907 est un tournant. Les deux hommes collaborent étroitement, Jung devenant le « fils spirituel » de Freud et président de l’Association internationale de psychanalyse. Cependant, leurs divergences – Freud insistant sur la sexualité comme moteur de l’inconscient, Jung plaidant pour une vision plus large incluant des dimensions spirituelles – mènent à une rupture en 1913. Cet événement marque le début d’une période introspective pour Jung, qu’il appelle son « affrontement avec l’inconscient ». Pendant cette phase, il explore ses propres rêves et visions, consignés dans son Livre rouge, un manuscrit illustré resté secret jusqu’en 2009.
Jung fonde ensuite sa propre école de psychologie analytique, s’installant à Küsnacht, près du lac de Zurich, où il exerce jusqu’à sa mort le 6 juin 1961. Marié à Emma Rauschenbach, il a cinq enfants et entretient une relation complexe avec Toni Wolff, une analyste influente. Ses voyages – en Afrique, en Inde, aux États-Unis – enrichissent sa pensée, notamment sur les archétypes et les cultures non occidentales. Son œuvre, comprenant des ouvrages comme Psychologie et alchimie (1944) et L’Homme et ses symboles (1964, publié posthumément), explore l’inconscient collectif, les archétypes et la synchronicité, laissant un legs durable.
Tombeau de la famille Jung à Küsnacht, où reposent les restes de Carl Gustav et de son épouse Emma.
Œuvre et contributions majeures
L’œuvre de Jung se distingue par son approche multidimensionnelle de l’âme humaine. Il introduit le concept d’inconscient collectif, une couche de l’esprit partagée par l’humanité, contenant des archétypes – motifs universels comme le Héros, la Mère ou l’Ombre – hérités de l’évolution psychique. Contrairement à Freud, il voit les rêves non seulement comme des reflets de désirs refoulés, mais comme des messages symboliques guidant vers l’individuation, un processus d’intégration de toutes les facettes de la personnalité pour atteindre l’unité intérieure.
Allégorie alchimique
Son intérêt pour l’alchimie révèle une quête de transformation spirituelle, où les symboles alchimiques (le Mercure, le Soufre) deviennent des métaphores de l’évolution psychique. La synchronicité, ou coïncidence significative, explore les liens non causaux entre événements et états intérieurs, comme une synchronicité observée lors de ses séances avec des patients. Ces idées, exposées dans des conférences et publications comme Psychologie et religion (1938), influencent la psychologie, l’anthropologie et même la littérature, avec des auteurs comme Hermann Hesse s’inspirant de ses théories.
Influence sur la Franc-maçonnerie : Une affinité symbolique
L’influence de Jung sur la Franc-maçonnerie, bien que non officielle ni institutionnelle, repose sur une résonance profonde entre son symbolisme et les pratiques initiatiques maçonniques. Cette connexion, souvent implicite, mérite un développement détaillé, car elle illustre comment ses idées enrichissent la réflexion maçonnique sans nécessiter une appartenance directe – Jung n’était pas Franc-maçon, mais ses concepts ont trouvé un écho parmi certains membres.
Les archétypes et les symboles maçonniques
Les archétypes jungiens offrent un cadre puissant pour interpréter les symboles maçonniques. Le temple, cœur de la loge, peut être vu comme un archétype de l’espace sacré, un lieu où l’initié rencontre son inconscient collectif. L’équerre et le compas, outils fondamentaux, incarnent l’archétype du Créateur, symbolisant l’ordre et l’harmonie que le maçon cherche à établir en lui-même. Jung, dans Psychologie et alchimie, compare ces symboles à ceux des alchimistes, où la pierre brute – métaphore de l’âme imparfaite – est polie pour révéler la pierre cubique, un processus d’individuation.
L’Ombre, un autre archétype clé, résonne avec l’épreuve du cabinet de réflexion, où le candidat confronte ses peurs et imperfections dans l’obscurité. Pour Jung, intégrer l’Ombre est essentiel pour une psyché équilibrée ; dans la maçonnerie, cette étape symbolique prépare à la réception de la lumière, un parallèle frappant avec l’idée jungienne de transformation intérieure. Les rituels maçonniques, riches en allégories, deviennent ainsi des outils d’exploration archétypale, guidant l’initié vers une conscience élargie.
L’individuation et le parcours initiatique
Le labyrinthe, image de l’individuation
Le concept d’individuation, processus central chez Jung, trouve un écho direct dans le voyage maçonnique. L’initiation, marquée par la mort symbolique et la renaissance, reflète l’objectif jungien d’unifier les aspects conscients et inconscients de la personnalité. Le passage des grades – Apprenti, Compagnon, Maître – peut être interprété comme des étapes d’individuation : l’Apprenti découvre son Ombre, le Compagnon explore son anima/animus (les aspects masculins et féminins de l’âme), et le Maître intègre ces éléments pour atteindre une synthèse.
Cette progression s’aligne avec les travaux alchimiques étudiés par Jung, où la transformation de la matière brute en or symbolise l’évolution spirituelle. Les maçons, en polissant leur pierre brute, poursuivent une quête similaire, un parallèle que des loges ésotériques, comme celles du Rite Écossais Ancien et Accepté, ont exploré. Des auteurs maçonniques, tels que René Guénon, ont d’ailleurs intégré des idées jungiennes dans leurs interprétations, bien que Guénon ait critiqué certaines dérives psychologiques.
La synchronie et les coïncidences initiatiques
La « conjonction des opposés », ou réunion des contraires représente la conjonction du conscient et de l’inconscient (gravure alchimique extraite du traité Aurora consurgens, environ 1500).
La synchronicité, concept jungien liant des événements sans lien causal mais porteurs de sens, offre une nouvelle lecture des coïncidences dans les rituels maçonniques. Par exemple, le moment où un candidat reçoit la lumière peut être perçu comme une synchronicité, un alignement entre son état intérieur et l’ordre cosmique symbolisé par la loge. Jung, dans ses échanges avec le physicien Wolfgang Pauli, explorait ces phénomènes comme des manifestations de l’inconscient collectif, une idée qui pourrait enrichir la compréhension maçonnique des signes et des symboles.
Des loges contemporaines, notamment celles ouvertes à des approches spirituelles, intègrent ces concepts pour approfondir leurs travaux. La synchronicité devient un outil pour interpréter les expériences initiatiques, renforçant l’idée que les rituels ne sont pas de simples cérémonies, mais des moments de connexion avec une réalité plus vaste.
Une influence indirecte mais profonde
Mircea Eliade
Bien que Jung n’ait pas été membre d’une loge, son influence s’exerce à travers des Francs-maçons intellectuels comme Mircea Eliade ou Henry Corbin, qui ont appliqué ses théories aux études religieuses et symboliques. Ses conférences, comme celles données à l’École supérieure de la Franc-maçonnerie en 1930 à Zurich, ont inspiré des loges suisses et françaises à intégrer la psychologie analytique dans leurs réflexions. Des ouvrages comme L’Homme et ses symboles sont devenus des références pour les maçons cherchant à décoder les motifs universels de leurs rituels.
Cette influence reste discrète, car la Franc-maçonnerie privilégie la tradition orale et le secret, mais elle se manifeste dans l’évolution des Loges vers une approche plus psychologique.
Un héritage vivant
À l’occasion des 150 ans de sa naissance, Carl Gustav Jung reste une figure dont l’œuvre transcende les disciplines. Sa vie, marquée par une quête personnelle intense, et ses contributions, notamment sur l’inconscient collectif et les archétypes, continuent d’inspirer. Son impact sur la franc-maçonnerie, bien que subtil, enrichit les pratiques symboliques, offrant un pont entre psychologie et spiritualité.
Que les loges continuent d’explorer ces parallèles, illuminant ainsi le chemin de l’individuation pour leurs membres et au-delà, dans un hommage vibrant à ce pionnier de l’âme humaine.