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Expulsion d’Ángel Santiesteban de la Grande Loge de Cuba : un procès aux accents politiques

De notre confrère diariodecuba.com

Le 20 mars 2025, la Grande Loge de Cuba (GLC), institution maçonnique historique de l’île, a pris la décision d’expulser l’écrivain et ancien prisonnier politique Ángel Santiesteban Prats, une figure emblématique de la franc-maçonnerie cubaine. Cette décision, qualifiée de « politiquement motivée » par plusieurs observateurs, a suscité une vive controverse au sein de la communauté maçonnique et au-delà, mettant en lumière les tensions entre les idéaux maçonniques de liberté et les pressions politiques dans un contexte cubain marqué par la répression étatique. Cet article explore les circonstances de cette expulsion, les accusations portées contre Santiesteban, les réactions qu’elle a engendrées, et son contexte plus large.

Contexte : Ángel Santiesteban, un Maçon Dissident

Ángel Santiesteban Prats, écrivain reconnu et membre actif de la Grande Loge de Cuba, est une figure bien connue pour son engagement critique envers le régime cubain. Ancien prisonnier politique, il avait été condamné en 2012 à cinq ans de prison pour des accusations de « violences domestiques », un procès largement dénoncé comme une fabrication par des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International, qui y voyaient une tentative de museler sa dissidence. Libéré en 2015, Santiesteban a continué à s’exprimer publiquement contre les abus de pouvoir à Cuba, notamment à travers son blog Los hijos que nadie quiso et ses interventions dans les médias indépendants.

En tant que franc-maçon, Santiesteban incarnait les valeurs de liberté, de justice et de fraternité prônées par l’Ordre. Cependant, son franc-parler et son refus de se plier aux pressions politiques l’ont souvent placé dans le viseur des autorités cubaines, y compris au sein de la Grande Loge, une institution qui, bien que théoriquement indépendante, n’échappe pas aux influences du régime.

Les Origines du Conflit : Une Interview Explosive

L’élément déclencheur de l’expulsion de Santiesteban remonte à une interview qu’il a accordée le 2 septembre 2024 à l’émission Los Puntos a las Íes du journal indépendant Diario de Cuba. Dans cette conversation, l’écrivain a abordé des sujets sensibles au sein de la Grande Loge de Cuba, mettant en lumière des irrégularités internes et des scandales qui secouaient l’Ordre.

Photo © Collage Facebook/Mario Urquía – CiberCuba

Santiesteban a notamment dénoncé la gestion de Mario Urquía, alors Grand Maître de la GLC, impliqué dans une affaire de détournement de fonds. Selon les révélations de l’écrivain, Urquía aurait été mêlé au vol de 19 000 dollars destinés à un asile maçonnique, un scandale qui a provoqué une crise majeure au sein de l’organisation. Cette affaire a conduit à la démission d’Urquía, et Mayker Filema Duarte a été nommé Grand Maître par intérim avant d’être officiellement élu à ce poste.

Au cours de l’interview, Santiesteban a également évoqué l’influence de la Sécurité de l’État cubaine dans les conflits internes de la Grande Loge. Il a suggéré que les autorités utilisaient des agents infiltrés pour manipuler les décisions de l’Ordre et marginaliser les membres dissidents, une accusation grave dans un pays où la franc-maçonnerie est censée être un espace de liberté et d’autonomie.

Les Accusations et le Procès Maçonnique

Les déclarations de Santiesteban dans Diario de Cuba ont été perçues comme une atteinte à l’honneur de la Grande Loge par certains de ses dirigeants. Peu après l’élection de Mayker Filema Duarte à la tête de l’Ordre, la Cour suprême de justice maçonnique (CSJM) a ouvert une procédure contre l’écrivain. Les chefs d’accusation portés contre lui étaient multiples : « violation des dogmes maçonniques », « outrage à la Grande Loge », « outrage au Grand Maître » et « outrage à l’autorité judiciaire ».

Santiesteban, qui a choisi d’assurer lui-même sa défense, a argué que ses propos relevaient de la liberté d’expression, un principe fondamental de la franc-maçonnerie. Il a également souligné qu’il n’avait pas révélé de secrets internes de l’Ordre, mais s’était contenté de commenter des faits publics, notamment le scandale financier impliquant Mario Urquía, qui avait été largement relayé dans les médias indépendants cubains.

Malgré ces arguments, et selon des témoins cités par CubaNet, la partie accusatrice n’a pas présenté de preuves concluantes pour étayer ses allégations. Pourtant, le 20 mars 2025, la Cour a rendu un verdict unanime en faveur de l’expulsion définitive de Santiesteban, une décision signée par cinq juges de la CSJM. Cette rapidité dans le jugement a surpris de nombreux observateurs, qui y ont vu une volonté de faire taire une voix dissidente au sein de l’Ordre.

Une Décision Accélérée par des Facteurs Externes

Un élément clé semble avoir précipité la décision de la Grande Loge : en février 2025, Ángel Santiesteban et sa compagne, la journaliste indépendante Camila Acosta, ont rencontré Mike Hammer, le représentant de l’ambassade des États-Unis à Cuba. Cette rencontre, qui visait probablement à discuter de la situation des droits humains à Cuba, a été interprétée par certains comme une provocation dans un contexte où les relations entre Cuba et les États-Unis restent tendues. Pour les autorités cubaines, tout contact avec des représentants américains est souvent perçu comme une trahison, et il est probable que cette rencontre ait renforcé la détermination de la Grande Loge à se débarrasser de Santiesteban, sous la pression implicite ou explicite de la Sécurité de l’État.

Réactions et Interprétations : Une Persécution Politique ?

L’expulsion de Santiesteban a provoqué une onde de choc au sein de la communauté maçonnique cubaine. Plusieurs membres de la Grande Loge, s’exprimant sous couvert d’anonymat dans des médias indépendants comme 14ymedio, ont dénoncé une « politisation » croissante de l’Ordre. Pour eux, cette décision s’inscrit dans la continuité de la persécution politique que le régime cubain exerce contre l’écrivain depuis des années. Ils rappellent son emprisonnement en 2012, qui avait déjà été perçu comme une tentative de le réduire au silence, ainsi que les nombreuses intimidations dont il a été victime depuis sa libération.

Des analystes, tels que ceux cités par CubaNet, estiment que la Grande Loge de Cuba, bien qu’historiquement attachée à des principes d’indépendance et de liberté, n’échappe pas aux pressions du régime. Fondée en 1859, la GLC a traversé des périodes de tension avec le pouvoir, notamment après la révolution castriste de 1959, lorsque le régime a cherché à contrôler ou à marginaliser les organisations perçues comme des foyers potentiels d’opposition. Bien que la franc-maçonnerie ait survécu à ces pressions, elle reste vulnérable aux infiltrations et aux influences politiques, surtout dans un contexte où la dissidence est sévèrement réprimée.

La Franc-maçonnerie Cubaine à la Croisée des Chemins

L’expulsion d’Ángel Santiesteban met en lumière les défis auxquels est confrontée la franc-maçonnerie cubaine dans un environnement politique oppressif. Historiquement, la Grande Loge de Cuba a joué un rôle important dans la société cubaine, comptant parmi ses membres des figures illustres comme José Martí, héros de l’indépendance. Elle a souvent été un espace de réflexion et de résistance face à l’autoritarisme. Cependant, des événements comme celui-ci soulignent les limites de son autonomie dans un pays où le régime exerce un contrôle étroit sur toutes les sphères de la société.

Pour de nombreux maçons cubains, l’expulsion de Santiesteban est un signal inquiétant. Elle suggère que l’Ordre, censé défendre des valeurs universelles comme la liberté d’expression et la fraternité, peut être instrumentalisé pour servir des intérêts politiques. Certains appellent à une réforme interne pour garantir une plus grande indépendance vis-à-vis du pouvoir, tandis que d’autres craignent que de tels incidents ne découragent les jeunes générations de rejoindre la franc-maçonnerie.

Un Symbole de Résistance Face à l’Adversité

L’expulsion d’Ángel Santiesteban de la Grande Loge de Cuba est bien plus qu’un simple conflit interne à une organisation maçonnique : elle reflète les tensions profondes qui traversent la société cubaine contemporaine. En ciblant Santiesteban, le régime cherche à neutraliser une voix dissidente qui, par son engagement littéraire et maçonnique, incarne une quête de vérité et de justice. Mais cette décision pourrait avoir l’effet inverse : en faisant de lui un symbole de résistance, elle renforce sa visibilité et son influence, tant à Cuba qu’à l’international.

Alors que la Grande Loge de Cuba se trouve à un tournant de son histoire, cet épisode pose une question fondamentale : l’Ordre peut-il rester fidèle à ses idéaux dans un contexte de répression politique ? Pour Ángel Santiesteban, l’expulsion n’est qu’un chapitre de plus dans un combat de longue date pour la liberté, un combat qu’il semble déterminé à poursuivre, avec ou sans le soutien de la franc-maçonnerie cubaine.

Lisbonne maçonnique : une institution intimement liée à l’histoire de la ville

De notre confrère portuguais 24.sapo.pt

Le 9 avril 2025 marque la sortie de Lisboa Maçónica, un ouvrage de Sérgio Luís de Carvalho publié par Parsifal, qui explore l’histoire fascinante de la franc-maçonnerie à Lisbonne, une institution qui, à travers les siècles, s’est entrelacée de manière indélébile avec l’évolution de la ville et du Portugal. Ce livre, destiné au grand public, retrace un parcours de plus de deux siècles et demi, de 1727 à 1974, période marquée par des luttes, des répressions, mais aussi des moments de lumière et d’influence.

À travers une narration captivante, l’auteur dévoile comment la franc-maçonnerie a accompagné les bouleversements historiques du Portugal, contribuant à façonner ses idéaux humanistes et fraternels, qui résonnent encore dans la démocratie portugaise contemporaine. Voici une plongée détaillée dans ce thème, inspirée de l’extrait publié par SAPO 24 et enrichie par des recherches complémentaires.

Introduction : Une Organisation au Cœur de l’Histoire

Peu d’organisations suscitent autant de fascination, de méfiance et de questionnements que la franc-maçonnerie. Pendant des siècles, elle a été attaquée, persécutée, interdite ; pendant des siècles, elle a résisté, persisté, et parfois même influencé des moments décisifs de l’histoire. À Lisbonne, la franc-maçonnerie a oscillé entre l’ombre de la clandestinité et la lumière de l’influence, laissant une empreinte durable sur l’histoire de la ville et du Portugal. Comme le souligne Sérgio Luís de Carvalho dans Lisboa Maçónica, les principes maçonniques d’humanisme, de fraternité et de liberté se retrouvent dans de nombreux aspects de la démocratie portugaise actuelle. Ce livre, qui s’inscrit dans une collection sur Lisbonne publiée par Parsifal depuis 2018, se propose de retracer cette histoire complexe à travers quatre grandes périodes, allant des origines en 1727 jusqu’à la renaissance démocratique de 1974, après la Révolution des Œillets.

L’objectif de cet ouvrage est clair : faire découvrir au grand public l’histoire, la présence et le patrimoine maçonnique dans la capitale portugaise, tout en restant rigoureux sur le plan historique. Divisé en quatre parties, le livre aborde les débuts tumultueux de la franc-maçonnerie à Lisbonne, son essor sous le libéralisme, sa répression sous la dictature, et enfin les traces visibles ou cachées de son influence dans la ville. À travers ce voyage, Sérgio Luís de Carvalho rend également hommage aux historiens qui ont éclairé ce sujet, notamment António Ventura et AH de Oliveira Marques, tout en remerciant les contributeurs qui l’ont soutenu, comme l’historien Jorge Martins, l’écrivain José Fanha, et l’éditeur Marcelo Teixeira.

Partie 1 : Les Débuts de la Franc-Maçonnerie à Lisbonne (1727-1834)

Un Contexte de Clandestinité et de Répression

Les premières traces de la franc-maçonnerie à Lisbonne remontent à 1727, lorsque la première loge, connue sous le nom de « Loge des Marchands Hérétiques » par l’Inquisition, est attestée dans le Beco dos Açúcares, près des actuels Largo D. Luís I et Largo do Corpo Santo, non loin du Tage. À cette époque, le Portugal est sous le règne de Jean V (D. João V), un monarque fasciné par l’or du Brésil, qui coule à flots dans le royaume. Cependant, cette richesse masque une réalité sombre : une grande partie de la population vit dans la misère, l’industrie locale périclite face aux importations, et l’Inquisition, en collusion avec la Couronne, impose une répression féroce contre toute forme de dissidence intellectuelle ou religieuse.

Dans ce contexte, l’émergence de la franc-maçonnerie est un acte de courage et de défi. Deux facteurs expliquent les difficultés initiales de son implantation. Tout d’abord, l’absolutisme royal et la mainmise de l’Inquisition rendent toute activité maçonnique dangereuse. Les francs-maçons, conscients des risques, opèrent dans la clandestinité, évitant de consigner leurs activités par écrit, ce qui explique le manque de documentation directe sur cette période. Paradoxalement, une grande partie des informations disponibles proviennent des archives de l’Inquisition elle-même, dont le siège lisboète se trouve à Rossio, dans l’actuel emplacement du Théâtre National D. Maria II.

Le second facteur est l’origine étrangère des premières loges. Fondées principalement par des Britanniques résidant ou commerçant à Lisbonne, ces loges sont initialement interdites aux Portugais, ce qui les rend « étrangères » au tissu social et politique local. Cette particularité renforce leur mystère et alimente la méfiance des autorités, qui peinent à comprendre et à combattre cette organisation naissante. Cependant, la franc-maçonnerie portugaise finit par s’enraciner, portée par des idéaux de liberté et de fraternité qui séduisent une élite éclairée, malgré les persécutions croissantes.

Les Premiers Pas sous l’Ombre de l’Inquisition

La « Loge des Marchands Hérétiques » est un symbole de cette période de genèse. Située dans un quartier portuaire, elle reflète l’influence des réseaux commerciaux internationaux, notamment britanniques, qui introduisent les idéaux maçonniques au Portugal. La Grande Loge de Londres et Westminster, fondée en 1717, a en effet inspiré la création de loges à travers l’Europe, et Lisbonne, en tant que port ouvert sur le monde, devient un terrain fertile pour ces idées nouvelles. Mais cette implantation précoce – seulement dix ans après la fondation de la première Grande Loge moderne – se heurte à une hostilité farouche de l’Église catholique.

Dès 1738, le pape Clément XII promulgue l’encyclique In Eminenti Apostolatus Specula, qui condamne sans équivoque la franc-maçonnerie. Ce texte, dont un extrait est publié dans Lisboa Maçónica, accuse les francs-maçons de réunir des individus de toutes religions et sectes, de s’organiser en secret, et de menacer la « tranquillité de l’État et la santé des âmes ». Le pape ordonne l’interdiction des loges et menace d’excommunication tout fidèle qui y participerait, appelant les évêques et les inquisiteurs à poursuivre les contrevenants comme des hérétiques. À Lisbonne, cette encyclique est affichée sur les portes des églises et lue lors des messes dominicales du 28 septembre 1738, sur ordre du grand inquisiteur D. Nuno da Cunha e Ataíde.

Cette répression culmine avec le procès de John Coustos, un joaillier irlandais et franc-maçon, arrêté par l’Inquisition en 1743. Torturé et emprisonné, Coustos devient le premier « martyr » maçonnique de Lisbonne. Son cas illustre la violence de la répression, mais aussi la résilience des francs-maçons, qui continuent à opérer dans l’ombre. Malgré ces persécutions, la franc-maçonnerie s’implante lentement, portée par des figures comme Alexandre de Gusmão, secrétaire du roi et possiblement maçon, qui déplore la misère du royaume et appelle à des réformes.

Partie 2 : L’Essor sous le Libéralisme (1834-1926)

Une Période de Lumière et d’Influence

Avec le triomphe du libéralisme lors de la guerre civile de 1832-1834, qui met fin à l’absolutisme au Portugal, la franc-maçonnerie entre dans une nouvelle phase. Les idéaux maçonniques – liberté, égalité, fraternité – résonnent avec les principes du constitutionnalisme, et les loges lisboètes sortent de la clandestinité pour jouer un rôle croissant dans la société. De 1834 à 1926, la franc-maçonnerie devient « à la mode » parmi les élites politiques et sociales, attirant des figures influentes du monde de la politique, des arts et des sciences.

Cette période est marquée par une expansion significative de l’influence maçonnique. Les loges se multiplient à Lisbonne, et les francs-maçons s’impliquent dans les grands débats de l’époque, notamment la laïcisation de l’État, l’abolition de l’esclavage, et la promotion de l’éducation. Cependant, cette visibilité accrue s’accompagne de nouveaux défis. Les rivalités internes, souvent le reflet des divisions politiques nationales, fragilisent l’unité de la franc-maçonnerie portugaise. Les tensions entre républicains et monarchistes, ou entre progressistes et conservateurs, se répercutent au sein des loges, entraînant des schismes et des conflits.

Le Rôle de Lisbonne dans la Modernisation du Portugal

Lisbonne, en tant que capitale, devient le centre névralgique de cette effervescence maçonnique. Les loges lisboètes, désormais plus ouvertes aux Portugais, jouent un rôle clé dans la diffusion des idées libérales et dans la modernisation du pays. Elles influencent des réformes majeures, comme la séparation de l’Église et de l’État, et soutiennent des projets d’infrastructure, tels que la reconstruction de la Baixa Pombalina après le tremblement de terre de 1755, un projet dirigé par le Marquis de Pombal, souvent associé à des idéaux maçonniques. Selon certains auteurs, Pombal aurait intégré des éléments de symbolisme maçonnique dans la géométrie de la Baixa, comme l’utilisation du nombre d’or (0,618033989) dans l’axe de la Rua Augusta, orienté à 13° par rapport au nord.

Cette période voit également l’émergence de figures maçonniques influentes, comme Almeida Garrett, écrivain et homme politique, ou encore le Duc de Loulé, qui deviendra Grand Maître du Grand Orient Lusitanien. Ces hommes incarnent l’alliance entre la franc-maçonnerie et le pouvoir, mais aussi les tensions inhérentes à une organisation qui, tout en prônant l’universalité, reste marquée par les clivages sociaux et politiques.

Partie 3 : Les Années de Plomb (1926-1974)

La Répression sous l’Estado Novo

L’installation de la dictature militaire en 1926, suivie par l’Estado Novo de Salazar dans les années 1930, marque une période sombre pour la franc-maçonnerie à Lisbonne. En 1935, Salazar interdit officiellement la franc-maçonnerie, la désignant comme une menace pour l’ordre national et les valeurs catholiques qu’il défend. Cette interdiction s’inscrit dans un contexte plus large de répression contre toute forme d’opposition, qu’elle soit politique, intellectuelle ou spirituelle.

Cette année-là, un épisode emblématique illustre la bataille idéologique entre les forces réactionnaires et les secteurs progressistes de la société portugaise : la polémique entre Fernando Pessoa et les milieux antimaçonniques. Pessoa, figure majeure de la littérature portugaise et sympathisant des idéaux maçonniques, publie une défense passionnée de la franc-maçonnerie, dénonçant l’obscurantisme du régime. Cette controverse devient une allégorie de la lutte entre les tenants de la tradition autoritaire et les défenseurs des Lumières, une lutte qui traverse toute la société portugaise de l’époque.

La Résistance dans l’Ombre

Malgré l’interdiction, la franc-maçonnerie ne disparaît pas complètement. À Lisbonne, de nombreux francs-maçons s’engagent dans la résistance antifasciste, rejoignant des mouvements clandestins contre l’Estado Novo. Certains, comme Aquilino Ribeiro ou Norton de Matos, participent activement à l’opposition, au prix de lourdes conséquences personnelles. Les loges, bien que dissoutes officiellement, continuent d’exister dans la clandestinité, organisant des réunions secrètes et maintenant vivants les idéaux de liberté et de fraternité.

Cette période de répression prend fin avec la Révolution des Œillets, le 25 avril 1974. La chute de l’Estado Novo ouvre une nouvelle ère pour la franc-maçonnerie portugaise, qui peut enfin sortir de l’ombre et reprendre ses activités au grand jour. À Lisbonne, les loges renaissent, portées par un élan de liberté et par le désir de contribuer à la construction d’une société démocratique.

Partie 4 : Les Traces Maçonniques dans la Ville

Un Patrimoine Symbolique Dissimulé

Temple maçonnique au Portugal

La dernière partie de Lisboa Maçónica propose un parcours à travers les lieux de Lisbonne où la présence maçonnique est perceptible, parfois de manière évidente, parfois plus discrète. Selon certains observateurs, des symboles maçonniques sont intégrés dans l’architecture et l’urbanisme de la ville, notamment dans la Baixa Pombalina. L’Arco da Rua Augusta, par exemple, est souvent interprété comme un monument maçonnique, avec ses deux colonnes symbolisant l’entrée d’un temple et son iconographie évoquant des thèmes ésotériques. La statue de D. José, au centre de la Praça do Comércio, est également vue par certains comme une œuvre initiatique, représentant le roi en empereur romain, monté sur un cheval blanc écrasant des serpentes – symboles des forces obscures.

D’autres lieux, comme la Rua Augusta elle-même, sont associés à des concepts maçonniques tels que la géométrie sacrée et le nombre d’or. Le livre O Maçon de Viena de José Braga de Gonçalves, mentionné dans des analyses disponibles sur le web, souligne la disposition des rues de la Baixa comme un « Temple de Salomão » miniature, avec des paires de colonnes symboliques marquant l’entrée de la ville-temple. De même, la statue d’une aigle au croisement de la Rua de São Nicolau et de la Rua Augusta est interprétée comme un symbole de la constellation de la Balance et de Vénus, marquant le « naissance à la lumière augusta ».

Une Influence Débattue

Quinta Da Regaleira à Lisbon, Portugal
Quinta Da Regaleira à Lisbon, Portugal

Cependant, ces interprétations ne font pas l’unanimité. Si certains voient dans ces éléments des preuves d’une influence maçonnique délibérée, d’autres y perçoivent des coïncidences ou des projections rétrospectives. Par exemple, le blog A-24, cité dans des sources en ligne, va jusqu’à qualifier la franc-maçonnerie de « secte démoniaque » ayant dominé Lisbonne depuis le XVIIIe siècle, une vision extrême qui reflète les controverses persistantes autour de cette organisation. En réalité, la présence maçonnique à Lisbonne est plus nuancée, mêlant des influences réelles – comme l’implication de figures maçonniques dans la reconstruction de la ville après 1755 – et des interprétations symboliques parfois spéculatives.

Conclusion : Une Héritage Vivant

Lisboa Maçónica de Sérgio Luís de Carvalho est bien plus qu’un simple livre d’histoire : c’est une invitation à redécouvrir Lisbonne sous un angle nouveau, à travers les ombres et les lumières de la franc-maçonnerie. De ses débuts clandestins en 1727 à sa renaissance après 1974, en passant par les périodes de gloire et de répression, la franc-maçonnerie a accompagné les transformations de la ville et du Portugal, laissant une empreinte indélébile sur leur histoire. Les idéaux maçonniques d’humanisme et de fraternité, qui ont inspiré des générations de penseurs, d’artistes et de politiques, continuent de résonner dans la démocratie portugaise contemporaine.

Ce livre, accessible et rigoureux, s’adresse à tous ceux qui souhaitent comprendre cette institution souvent mal comprise. En explorant les lieux, les figures et les événements qui ont marqué la présence maçonnique à Lisbonne, Sérgio Luís de Carvalho nous rappelle que l’histoire de la ville ne peut être pleinement appréhendée sans tenir compte de cette organisation qui, à travers les siècles, a su résister, persister et influencer. Pour les lecteurs curieux, l’ouvrage propose également une bibliographie concise mais précieuse, ouvrant la porte à une exploration plus approfondie de ce sujet fascinant.

Événement Connexe : Une Rencontre Littéraire

Pour ceux qui souhaitent prolonger cette réflexion, Francisco Mota Saraiva, auteur de Mourons au moins à Porto, publié par Quetzal et lauréat du prix José Saramago 2024, participera à une rencontre organisée par É Desta Que Leio Isto le 24 avril 2025 à 21h00. Ce roman, qui « ébranle les fondements du récit classique », promet une discussion passionnante sur la littérature portugaise contemporaine. Pour s’inscrire, il suffit de remplir le formulaire disponible en ligne et de rejoindre la chaîne WhatsApp de l’événement.

En somme, Lisboa Maçónica est une œuvre qui non seulement éclaire un pan méconnu de l’histoire de Lisbonne, mais invite également à réfléchir aux valeurs de liberté et de fraternité qui, malgré les persécutions et les défis, ont traversé les siècles pour façonner la ville que nous connaissons aujourd’hui.

Le Temple de Salomon et la science sacrée du Ciel

Lire le début de ce travail la semaine dernière (cliquez ici)

Le jardin d’Eden et la région polaire du ciel

On reconnaît dans la description de ce jardin celle de la région polaire du ciel avec : Pour commencer le fleuve, qui arrosait le jardin : C’est la Voie Lactée, dans la-quelle d’un côté les Gémeaux mettent les pieds et de l’autre le Sagittaire place son arc. On voit qu’elle partage le zodiaque en deux, formant déjà l’axe d’une croix.

Puis :

Le Serpent : La constellation du Dragon qui entoure l’axe des pôles éclip-tiques.
Les deux Kérubim gardant l’accès à l’Arbre de vie : On peut suivre sans problème Clément d’Alexandrie les deux constellations polaires, les deux Ourses, que l’on voit sur l’image ci-contre l’une au-dessus de l’autre comme collées au Dragon, semblant l’aider à garder le centre où se trouve l’axe des pôles écliptiques qui placé au centre du plan du zodiaque est immuable. C’est l’arbre de Vie comme on va le voir.

Les deux arbres dans le Ciel

On les voit clairement :

Le point de vue des astronomes
– L’un est vertical par rapport au système solaire et donc perpendiculaire au plan écliptique celui du zodiaque. C’est l’Arbre de vie, l’arbre de l’immortalité, l’axe fixe la verticale de l’écliptique, l’arbre immuable des pôles écliptiques

L’autre est oblique c’est l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, l’axe de rotation de la Terre qui est penché par rapport au plan du zodiaque.

Il est l’équivalent de l’arbre aux pommes d’or du jardin des Hespérides gardé par un dragon chez les Grecs. Les fruits de cet arbre sont les étoiles et en ôter une, fait basculer l’arbre de rotation de la Terre (axe des pôles sur la figure) et ce faisant décaler le pôle et mettre en marche la roue de la précession des équi-noxes et le temps.
Sur la figure il pointe sur Vega la polaire il y a 12000 ans. Alors qu’aujourd’hui on le voit sur la sur la queue de la Petite Ourse.

Car cet axe oblique prolongement de l’axe de rotation de la Terre oblique par rapport au premier, tourne autour de l’axe immuable des pôles écliptiques.
Il est responsable des saisons et des cycles précessionnels C’est donc celui qui sur notre planète marque le temps et par conséquent la Manifestation.

Le point de vue des terriens

Mais nous terriens, on peut trouver que c’est l’axe de rotation de la Terre qui est droit. C’est le point de vue de l’incarnation et du monde créé.
À l’inverse quand il est considéré comme oblique, le monde est vu par une créature céleste qui contemple le modèle.

Quoiqu’il en soit on voit bien que ces deux axes sont tout près l’un de l’autre, comme on le voit sur l’image. En fait ils sont tous les deux au centre au centre comme les arbres du Jardin d’Eden.

Les quatre fleuves

Les quatre fleuves issu du premier représentent les colures : quatre demi-cercles imaginaires qui se rejoignent aux pôles et se dirigent vers les points équinoxiaux et solsticiaux.
Ils partagent donc le zodiaque à raison de trois signes par quadrant, comme on l’a vu avec la Mer de fonte.

Dans l’Apocalypse le Retour

L’Apocalypse met un terme fascinant à cette histoire commencée sous de mau-vais auspices.

Après la chute sur Terre depuis le Paradis, celui-ci va descendre sur le monde sous la forme de la Jérusalem céleste, la Ville sainte, un cube de 12000 stades de côté un cube faisant référence au nombre du Tétragramme 26.

Aussi il n’y a pas de Temple : le Seigneur est le Temple et l’Agneau son flambeau.
Mais on y retrouve toutes les formes de vie symbolisées par les douze signes du zodiaque inscrits sur les douze portes de la muraille qui l’entoure : Trois au Nord, trois au Sud, trois à l’Est et trois à l’Ouest, avec les noms des douze tribus et douze fondements avec les noms des douze apôtres.

Dans la ville on retrouve le fleuve qui, venu d’Eden, irriguait le jardin. Il sort du Trône de Dieu et de l’agneau, il est limpide comme du cristal. Mais il ne se divise plus.
On retrouve les deux arbres qui font écho à ceux du Jardin d’Eden :
« Au milieu de la place et du fleuve, en-deçà et au-delà, un arbre de vie faisant fruits, douze. Chaque mois il donne son fruit. Et les feuilles de l’arbre sont un remède pour les nations. » Il n’y a donc plus que deux arbres de vie. Il semble donc que l’Arbre du Bien et du Mal se soit transformé en Arbre de Vie.

Les douze fruits sur chaque arbre font écho aux douze Pleines Lunes de l’année. Il n’en manque pas. Les deux arbres sont droits.

C’est le Retour que va vivre le Maçon au 19ième degré du REAA Grand Pontife ou Sublime Ecossais.

La batterie des douze coups marque les douze signes, les douze portes et les douze fruits.

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Michel Marie Comte Gaudart de Soulages, né le 19 août 1948 à Pondichéry (Inde française) et décédé le 26 février 2025 à Paris, était une figure éminente de la franc-maçonnerie et de l’ésotérisme, mais aussi un homme aux multiples facettes. Issu d’une famille d’ancienne bourgeoisie parisienne établie en Inde française à la fin du XVIIIe siècle, il fut adopté en 1978 par Louis Adolphe Raymond de Soulages, ce qui lui permit d’ajouter « de Soulages » à son nom. Sa vie, marquée par trois mariages – à Béatrice Leurent (1972-1976), Aliette Soucanye de Landevoisin (1977-1988), et Agnès de Place (1990-2019) – fut aussi riche sur le plan personnel que professionnel.

Avocat de formation, Michel Gaudart de Soulages exerça à la Cour d’appel de Paris (1996) puis de Versailles, avant de devenir conseiller employeur et président d’audience au Conseil de prud’hommes de Paris en 2008. En parallèle, il s’engagea dans la vie politique et consulaire : installé à Québec en 2008, il acquit la nationalité canadienne en 2016 et servit comme conseiller consulaire de la 3e circonscription de Québec (2014-2019) sur une liste UMP-UFE. Il soutint également Alain Juppé en 2015-2016, intégrant un comité d’honneur présidé par Régis Labeaume, maire de Québec. De retour à Paris en 2017, il démissionna de son poste consulaire en 2019.

Gérard Kloppel

Mais c’est dans le domaine de la franc-maçonnerie et de l’ésotérisme que Michel Gaudart de Soulages laissa une empreinte indélébile. Membre de la Grande Loge nationale française (GLNF), il se tourna vers les rites égyptiens en 2008, lorsqu’il se porta candidat à la succession de Gérard Kloppel à la tête de la Grande Loge traditionnelle de Memphis-Misraïm. Bien que cette tentative échouât, le conduisant à quitter l’obédience, il poursuivit son engagement dans cet univers initiatique. En 2024, il occupait le poste de XIIe Grand Hiérophante ad vitam et Grand Maître Mondial de la Grande Hiérophanie Mondiale, une organisation affiliée au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, revendiquant des filiations directes avec des figures historiques comme Georges Bogé de Lagrèze (1882-1946), Robert Ambelain (1907-1997), et Gérard Kloppel (1940-2009).

Robert Ambelain

Michel Gaudart de Soulages était également un écrivain prolifique. Co-auteur du Dictionnaire des francs-maçons français (1980, réédité en 1995) avec Hubert Lamant, il publia plusieurs ouvrages sur l’histoire des familles de l’Inde française, notamment Les dernières années de l’Inde française (2005), souvent en collaboration avec Agnès de Place. Son érudition lui valut d’être nommé chevalier (2007) puis officier (2021) de l’ordre des Arts et des Lettres.

Sur le plan spirituel, Michel Gaudart de Soulages navigua entre des mondes apparemment opposés : il fut Grand Chevalier du Conseil Laval 2721 de Québec des Chevaliers de Colomb (2015-2016), une organisation catholique de bienfaisance, tout en étant un maçon engagé dans un rite irrégulier comme Memphis-Misraïm, souvent mal vu par l’Église catholique. Cette dualité témoigne de sa capacité à transcender les clivages, une qualité qui marqua son leadership à la tête de la Grande Hiérophanie Mondiale.

Le 24 juin 2024, conscient de son état de santé déclinant, Michel Gaudart de Soulages signa un décret nommant Fabrice Elias Mogini, 97e degré, comme son successeur. Ce décret fut contresigné le 31 janvier 2025 par six Frères et Sœurs présents autour de lui sur son lit d’hôpital, quelques semaines avant son décès le 26 février 2025. Sa disparition, à l’âge de 76 ans, fut un moment de deuil pour la communauté initiatique, mais aussi une occasion de célébrer une vie dédiée à la quête de lumière et de connaissance.

Fabrice Elias Mogini : un compositeur initié à la tête de la Grande Hiérophanie

Fabrice Elias Mogini, né à Cannes, France, est une figure atypique dans le monde maçonnique, mais son parcours initiatique et intellectuel le prédisposait à assumer un rôle aussi prestigieux que celui de Grand Hiérophante. Compositeur, enseignant, Fabrice Mogini a bâti une carrière internationale dans les arts sonores, tout en poursuivant un chemin initiatique qui l’a conduit au plus haut degré du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

Formé à Londres, Fabrice Mogini est titulaire d’un Bachelor Degree Sonic Arts et d’un Masters Degree Sonic Arts et PsychoAcoustics, des diplômes qui témoignent de son expertise dans la musique électronique et les sciences acoustiques. Depuis l’âge de 15 ans, il compose de la musique, et depuis 2009, il se consacre à la composition pour l’illustration sonore (publicité, documentaires, télévision). Ses influences musicales sont éclectiques, allant de la musique classique et progressive au jazz moderne, en passant par la musique électronique et informatique. Cette diversité reflète une ouverture d’esprit et une curiosité qui résonnent avec les valeurs de la spiritualité.

Fabrice Mogini est également un des pionniers du live coding, une pratique où le code musical est écrit en temps réel pendant une performance. Depuis 1999, il explore la musique générative et algorithmique, jouant un rôle clé dans le développement de cette discipline. Il est crédité d’avoir contribué à la création du terme « live coding » autour de 2002, utilisant le langage de programmation audio SuperCollider pour composer et concevoir des sons. Il a développé de nombreuses applications avec ce langage, tant pour ses compositions que pour des projets de design sonore et de thérapie par le Son.

En parallèle, Fabrice Mogini est un enseignant expérimenté en son, musique et audiovisuel. Il est d’abord enseignant à l’Université à Londres, depuis 2001, puis en France, dans des écoles de Cinéma et de Réalisation Audiovisuelle.

Dans le contexte maçonnique, Fabrice Mogini a atteint le plus haut degré dans le Rite de Memphis-Misraïm, un rite qui compte 99 degrés et met l’accent sur les mystères égyptiens et l’hermétisme. Ce grade élevé indique une longue expérience de recherche personnelle, passant notamment par la pratique de la Présence, du silence intérieur, du Rêve lucide et des voyages hors du corps.

Le 24 juin 2024, Michel Gaudart de Soulages le nomme successeur à la tête de la Grande Hiérophanie Mondiale, une décision contresignée le 31 janvier 2025 par six Frères et Sœurs, et officialisée le 9 mars 2025 après le décès de Michel Gaudart de Soulages. Fabrice Mogini prend ainsi la direction de trois entités, le Grand Ordre Souverain des Rites Égyptiens (GOSRE), le Grand Collège Hermétique (GCH), et l’Ordre Intérieur des Ordres Chevaleresques (OIOC).

La Grande Hiérophanie Mondiale : une organisation ésotérique au cœur des rites égyptiens

La Grande Hiérophanie Mondiale est une organisation initiatique affiliée au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, un courant maçonnique irrégulier créé au XIXe siècle par la fusion des rites de Memphis (orienté vers les mystères égyptiens) et de Misraïm (axé sur la kabbale et l’hermétisme). Ce rite, connu pour ses 99 degrés et ses rituels élaborés, met l’accent sur l’ésotérisme, l’alchimie, et les traditions anciennes, ce qui le distingue des obédiences plus classiques comme la Grande Loge nationale française (GLNF).

La Grande Hiérophanie Mondiale regroupe trois entités complémentaires :

  • Grand Ordre Souverain des Rites Égyptiens (GOSRE) : Cette branche se concentre sur les rituels et les mystères égyptiens, enracinés dans les traditions initiatiques de l’Égypte ancienne.
  • Grand Collège Hermétique (GCH) : Axé sur l’hermétisme, cette entité explore les sciences occultes, la kabbale, et les principes alchimiques, en lien avec la quête de la connaissance spirituelle.
  • Ordre Intérieur des Ordres Chevaleresques (OIOC) : Cette branche s’inscrit dans les traditions chevaleresques, souvent associées à des valeurs de noblesse spirituelle et de service.

L’organisation revendique des filiations directes avec des figures historiques du Rite de Memphis-Misraïm, notamment :

  • Georges Bogé de Lagrèze (1882-1946) : Un érudit français, spécialiste des traditions ésotériques, qui joua un rôle clé dans la transmission des rites égyptiens.
  • Robert Ambelain (1907-1997) : Une figure majeure de l’occultisme français, Grand Maître du Rite de Memphis-Misraïm, connu pour ses travaux sur la kabbale, l’alchimie, et les sciences occultes.
  • Gérard Kloppel (1940-2009) : Grand Maître mondial du Rite de Memphis-Misraïm dans les années 1980-1990, il fut un acteur central dans la préservation et la diffusion de ce rite.

Michel Gaudart de Soulages, en tant que XIIe Grand Hiérophante ad vitam, avait la responsabilité de guider cette organisation dans sa mission initiatique. Son engagement dans le Rite de Memphis-Misraïm, malgré un départ de la Grande Loge traditionnelle de Memphis-Misraïm en 2008, montre une fidélité à cette tradition ésotérique. La Grande Hiérophanie Mondiale, bien que peu connue des obédiences maçonniques traditionnelles, semble être une structure indépendante, axée sur la transmission des mystères égyptiens et hermétiques.

Une transition préparée et symbolique

La nomination de Fabrice Mogini comme successeur de Michel Gaudart de Soulages fut un processus soigneusement orchestré. Le 24 juin 2024, Michel Gaudart de Soulages, alors conscient de son état de santé déclinant, signa un décret désignant Fabrice Mogini, 97e degré, comme son successeur à la tête de la Grande Hiérophanie Mondiale. Ce décret, qui annulait toutes dispositions antérieures, fut contresigné le 31 janvier 2025 par six Frères et Sœurs présents autour de lui sur son lit d’hôpital, témoignant de la volonté de légitimer cette transition aux yeux de la communauté.

Le 26 février 2025, Michel Gaudart de Soulages s’éteignit à Paris, à l’âge de 76 ans, rejoignant l’Orient Éternel – une expression maçonnique désignant le repos spirituel des âmes après la mort. Le 9 mars 2025, le Conseil Suprême de la Grande Hiérophanie officialisa la nomination de Fabrice Mogini, dans un message empreint de deuil et d’espoir : « Nous pleurons tous le passage à l’Orient Éternel de notre très aimé Frère Michel. Cependant, réjouissons-nous que sa succession soit assurée. » Comme le voulait la tradition, le message invoqua la « Lumière Divine » pour éclairer et guider le nouveau Grand Hiérophante dans sa mission.

Cette transition, bien que marquée par la perte d’un leader charismatique, est un symbole de continuité pour la Grande Hiérophanie Mondiale. Fabrice Mogini, avec son profil de compositeur et d’initié, incarne une nouvelle ère pour l’organisation, où les arts et les sciences symboliques pourraient jouer un rôle central dans la transmission des mystères initiatiques.

Un nouveau chapitre pour la Grande Hiérophanie Mondiale

La nomination de Fabrice Mogini ouvre un nouveau chapitre pour la Grande Hiérophanie Mondiale, une organisation qui, sous la direction de Michel Gaudart de Soulages, avait su préserver et transmettre les traditions ésotériques du Rite de Memphis-Misraïm. Fabrice Mogini, avec sa sensibilité artistique et son expertise en musique générative, pourrait apporter une perspective innovante à cette mission. La musique, dans les traditions initiatiques, est souvent vue comme un vecteur d’harmonie cosmique, un moyen de relier le terrestre au divin – des thèmes qui résonnent profondément avec les rites égyptiens et hermétiques.

Son travail sur les « Gammes Musicales Alternatives »pourrait symboliquement refléter les processus initiatiques de transformation et de révélation. En s’inspirant des idées de Pythagore et de Platon d’un ordre cosmique fait de vibrations en correspondance avec la gamme et les intervalles musicaux, il ouvre des portes pour que les musiciens actuels puissent explorer toute la palette des vibrations sonores en harmonie le Un.
En tant que Grand Hiérophante, Fabrice Mogini aura la responsabilité de guider le GOSRE, le GCH, et l’OIOC dans leur quête de lumière et de connaissance, tout en préservant l’héritage de ses prédécesseurs.

Cependant, cette transition pourrait également susciter des défis. Le Rite de Memphis-Misraïm est connu pour ses scissions et ses luttes internes, et la Grande Hiérophanie Mondiale, en tant qu’organisation indépendante, devra affirmer sa légitimité dans un paysage maçonnique souvent fragmenté. Fabrice Mogini, avec son profil atypique, devra faire preuve de leadership pour unir les membres et perpétuer la mission initiatique de l’organisation.

Un héritage transmis, une nouvelle voie à tracer

La disparition de Michel Gaudart de Soulages le 26 février 2025 a marqué la fin d’une ère pour la Grande Hiérophanie Mondiale, mais la nomination de Fabrice Elias Mogini comme nouveau Grand Hiérophante, officialisée le 9 mars 2025, ouvre une nouvelle page dans l’histoire de cette organisation. Michel Gaudart de Soulages, avocat, écrivain, et maçon érudit, laisse derrière lui un héritage riche, fait de publications, d’engagement spirituel, et de leadership initiatique. Fabrice Mogini, compositeur et pionnier du live coding, apporte une perspective unique, où l’art et l’ésotérisme pourraient se rejoindre pour enrichir les traditions de la Grande Hiérophanie.

Alors que Fabrice Mogini prend les rênes du GOSRE, du GCH, et de l’OIOC, la communauté initiatique se tourne vers l’avenir avec espoir, invoquant la « Lumière Divine » pour guider ce nouveau chapitre. Que cette transition soit l’occasion de perpétuer les mystères égyptiens et hermétiques qui sont au cœur de la Grande Hiérophanie Mondiale, tout en explorant de nouvelles voies d’harmonie et de connaissance. Fraternellement, nous saluons Michel Gaudart de Soulages dans l’Orient Éternel et accueillons Fabrice Mogini dans sa mission sacrée.

La Langue des Oiseaux dans la Franc-maçonnerie : un langage codé au cœur de l’initiation

La « langue des oiseaux » est une pratique linguistique et symbolique qui transcende les frontières de la simple communication pour plonger dans les profondeurs de l’ésotérisme. Associée à la poésie hermétique, à l’alchimie et aux traditions initiatiques, elle trouve une résonance particulière dans la Franc-maçonnerie, où elle sert à la fois de voile et de révélateur des vérités cachées. Cet article propose une exploration détaillée de son usage maçonnique, en retraçant son histoire, en expliquant ses mécanismes, en illustrant son application à travers des exemples pratiques et en s’appuyant sur des références historiques et contemporaines.

Historique de la Langue des Oiseaux : des origines aux Francs-maçons

La « langue des oiseaux » tire son nom d’une métaphore poétique et spirituelle : les oiseaux, messagers entre le ciel et la terre, symbolisent une communication élevée, inaccessible aux non-initiés. Ses racines plongent dans les traditions anciennes, notamment dans les mythologies grecque, nordique et judéo-chrétienne. Dans la mythologie grecque, Tiresias acquiert le don de comprendre les oiseaux par un acte divin ; dans le Coran, Salomon est dit avoir été instruit de leur langage. Ces récits établissent une connexion entre ce langage et une sagesse supérieure.

Au Moyen Âge, la langue des oiseaux devient un outil cryptographique prisé par les poètes, les troubadours et les alchimistes. Elle repose sur des jeux de sonorités (homophonie), des jeux de mots (anagrammes, verlan) et une symbolique des lettres, permettant de dissimuler ou d’amplifier un sens. Les alchimistes, tels que Fulcanelli, l’appellent également « gai savoir » ou « cabale phonétique », soulignant son lien avec la quête de la pierre philosophale. Fulcanelli, dans Le Mystère des Cathédrales (1926), décrit cette langue comme un héritage des bâtisseurs médiévaux, ces « francs-maçons » opératifs qui encodaient des savoirs dans l’architecture gothique.

C’est dans ce contexte que la Franc-maçonnerie, née officiellement au XVIIIe siècle mais héritière des traditions opératives des corporations de bâtisseurs, intègre la langue des oiseaux. Les Templiers, souvent cités comme précurseurs symboliques des maçons, auraient utilisé des systèmes de codage similaires après leur dissolution en 1314. Avec la Grande Grève des Cathédrales qui suit cet événement, les savoirs des constructeurs entrent dans la clandestinité, et la langue des oiseaux devient un moyen de transmission occulte. Au XVIIIe siècle, avec la fondation des loges spéculatives, ce langage s’adapte aux rituels maçonniques, où il sert à enrichir la symbolique et à préserver le caractère secret des enseignements.

René Guénon, dans Symboles de la Science sacrée (1962), voit dans la langue des oiseaux une métaphore de la communication avec les « états supérieurs », rapprochant les oiseaux des anges. Cette vision résonne avec la vocation spirituelle de la Franc-maçonnerie, qui cherche à élever l’initié au-delà du profane.

Mécanismes de la Langue des Oiseaux en Franc-maçonnerie

Dans la Franc-maçonnerie, la langue des oiseaux opère à trois niveaux principaux :

  1. L’Homophonie : Les mots sont choisis pour leur sonorité, qui évoque un sens caché. Par exemple, « lumière » peut être entendu comme « l’âme y erre », suggérant une quête intérieure propre à l’initiation maçonnique.
  2. Les Jeux de Mots : Anagrammes, fragments ou inversions révèlent des significations supplémentaires. Le mot « maçon » peut devenir « ça nomme », indiquant que le maçon est celui qui nomme et ordonne le chaos.
  3. La Symbolique des Lettres : Chaque lettre porte une valeur ésotérique. Le « G », omniprésent dans les loges, symbolise la géométrie, mais aussi le « Grand Architecte de l’Univers », figure centrale de la cosmologie maçonnique.

Ces mécanismes ne sont pas de simples jeux intellectuels : ils reflètent une méthode initiatique. Comme le souligne Patrick Carré, poète et maçon, dans sa conférence Alchimie et Langue des Oiseaux (2016), « la pratique de l’une induit celle de l’autre », reliant l’alchimie intérieure de l’initié à la maîtrise de ce langage codé.

Usage pratique dans les rituels et symboles maçonniques

La langue des oiseaux imprègne les rituels, les planches (discours symboliques) et les décors des loges. Voici quelques exemples concrets :

  1. Le Mot « Loge »
    • Homophonie : « Loge » sonne comme « l’auge », un réceptacle où l’on pétrit la matière brute, analogue à la transformation de l’initié.
    • Symbolique : Le « L » évoque l’élévation, le « O » la totalité, le « G » la géométrie sacrée, et le « E » l’énergie en mouvement. La loge devient ainsi un espace de transmutation spirituelle.
  2. La Pierre Brute et la Pierre Cubique
    • Jeu de mots : « Pierre brute » peut s’entendre comme « père brut », suggérant l’état initial de l’apprenti, encore grossier, face au « père cube » (pierre cubique), symbole de perfection achevée.
    • Contexte rituel : Ces termes, utilisés dans les grades d’apprenti et de compagnon, illustrent le passage du chaos à l’ordre, un thème alchimique récurrent.
  3. Le Delta Rayonnant
    • Homophonie : « Delta » peut être lu comme « delà ta », c’est-à-dire « au-delà de toi », invitant l’initié à transcender son ego.
    • Symbolique : Le triangle, avec l’œil ou la lettre « G » en son centre, incarne la lumière divine, amplifiée par cette lecture ésotérique.
  4. La Planche « Marelle »
    • Dans une planche maçonnique citée sur jepense.org (2020), le jeu enfantin de la marelle est interprété en langue des oiseaux : « Marelle » devient « Mare El », soit « Mère de Dieu » ou « Mer Elle », symbolisant la matrice spirituelle. Le parcours de la terre au ciel, avec un caillou (la pierre brute), reflète l’itinéraire initiatique.
  5. Le Mot de Passe « Tubalcain »
    • Historique : Ce mot, utilisé dans certains rites, renvoie au forgeron biblique, maître des métaux.
    • Langue des oiseaux : « Tu balques Cain » peut être entendu comme « tu marques Caïn », suggérant une rédemption du péché originel par le travail maçonnique.

Ces exemples montrent comment la langue des oiseaux enrichit les rituels en offrant des couches de sens accessibles uniquement aux initiés. Elle agit comme un miroir, reflétant l’intériorité de celui qui la pratique.

Rôle ésotérique et initiatique

Dans la Franc-maçonnerie, la langue des oiseaux n’est pas qu’un outil linguistique : elle est une clé de l’initiation. Elle oblige l’initié à dépasser la surface des mots pour en saisir l’essence, un processus parallèle à la transformation de la pierre brute en pierre polie. Comme le note Richard Khaitzine dans De la parole voilée à la parole perdue (2007), elle guide vers la « parole perdue », ce savoir originel que les maçons cherchent à retrouver.

Elle renforce également le secret maçonnique. Les profanes, ignorant ces codes, ne peuvent saisir la profondeur des échanges en loge. Pierre Dac, maçon et humoriste, jouait de cette ambiguïté dans ses écrits, comme dans L’Os à moelle, où l’argot croise la langue des oiseaux, héritage de Rabelais, autre adepte de ce langage.

Références et influences modernes

Plusieurs penseurs ont influencé l’usage maçonnique de la langue des oiseaux :

Carl Jung
  • Fulcanelli (Les Demeures philosophales, 1930) lie ce langage aux cathédrales, vues comme des livres de pierre décryptables par les initiés.
  • René Guénon insiste sur son caractère universel, transcendant les traditions.
  • Carl Gustav Jung, bien que non maçon, voit dans ces jeux de mots un reflet de l’inconscient collectif, une idée reprise par des maçons contemporains comme Étienne Perrot.
  • Patrick Burensteinas, alchimiste moderne, explore dans ses conférences (ex. 2020) comment la langue des oiseaux révèle des vérités psychiques et spirituelles.

Aujourd’hui, des blogs maçonniques comme gadlu.info ou lafrancmaconnerieaucoeur.com continuent d’explorer ce langage, proposant des planches qui décodent des termes comme « fraternité » (« frère ternit thé » : le frère transcende le ternaire divin) ou « lumière » (« lui m’unit » : l’union par la lumière initiatique).

Une langue vivante au service de l’éveil

La langue des oiseaux, dans la Franc-maçonnerie, est bien plus qu’un héritage historique : elle est une pratique vivante, un outil d’éveil spirituel et un pont entre le visible et l’invisible. En jouant sur les sons, les mots et les lettres, elle invite les maçons à entendre au-delà des mots, à voir au-delà des formes, et à construire, par leur propre transformation, l’édifice universel. Comme le disait Attâr dans Le Cantique des oiseaux, traduit par Leili Anvar, « c’est la langue des oiseaux, tu es leur Salomon » : un langage qui, maîtrisé, ouvre les portes de la sagesse.

De l’Humanisme à l’Humanitude

« une nouvelle voie initiatique pour le XXIe Siècle »

Introduction : Une interrogation du temps présent

Le XXIe siècle, marqué par ses mutations fulgurantes, ses crises globales et ses innovations bouleversantes, nous pousse à réinterroger les fondements mêmes de notre humanité. Sommes-nous encore dans l’ère de l’humanisme, ou assistons-nous à l’émergence d’une nouvelle manière d’être au monde ? Le terme « humanitude », conçu pour exprimer l’éthique du soin, de la relation et de la vulnérabilité, semble ouvrir une voie nouvelle : celle d’un accomplissement de l’humain dans ses dimensions affective, relationnelle et spirituelle.

« Être humain, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. »

Antoine de Saint-Exupéry (Terre des Hommes)

I. L’Humanisme : Une fondation révolutionnaire mais incomplète

L’humanisme a permis à l’homme de se dégager de la tutelle exclusive du divin pour prendre conscience de sa propre dignité, de sa liberté de penser et de son pouvoir de transformer le monde. Il a enfanté les Lumières, la science moderne, la laïcité et les droits fondamentaux. Cependant, en plaçant la raison au centre de toute chose, il a parfois oublié la dimension fragile, émotionnelle et invisible de l’être humain. En éclairant l’esprit, il a laissé l’âme dans l’ombre.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

François Rabelais (Pantagruel)

II. L’Humanitude : Une étape supplémentaire vers la plénitude humaine

Yves Gineste

L’humanitude, concept forgé par Yves Gineste et Jérôme Pellissier dans le champ du soin, désigne une attitude profonde qui reconnaît chaque être humain comme sujet digne, même dans sa plus grande vulnérabilité. Elle repose sur quatre piliers : le regard, la parole, le toucher, la verticalité. Elle nous appelle à retrouver la profondeur de l’être en relation, l’homme dans sa capacité à aimer et à s’ouvrir à plus grand que lui. L’humanitude est ainsi un humanisme habillé de tendresse, plaçant au cœur de son projet le soin mutuel.

« La grandeur de l’homme est dans sa décision d’être plus fort que sa condition. »

Albert Camus (L’Homme révolté)

III. De la Pierre Brute à la Pierre Cubique : Une traduction maçonnique du passage à l’Humanitude

En franc-maçonnerie, le travail initiatique commence symboliquement par la pierre brute qu’il convient de dégrossir : structurer, éduquer, polir. C’est l’âge symbolique de l’humanisme rationnel et moral. Mais la démarche maçonnique ne s’arrête pas là. Elle appelle à une transformation intime et intérieure, une élaboration spirituelle faite de don, de pardon, de fraternité. Cet équilibre subtil entre justice et amour, rigueur et compassion, révèle l’émergence d’une véritable « humanitude » initiatique.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »

Marcel Proust (La Prisonnière)

IV. Le Rite Écossais Rectifié et la Ressemblance Divine : Une pédagogie de l’Humanitude

Dürer Melancholia I

Le Rite Écossais Rectifié enseigne explicitement que l’homme doit recouvrer les « vestiges de son ancienne grandeur ». Ce retour à la ressemblance divine passe nécessairement par l’humilité, la vertu et le pardon. Le chapitre VI de l’Abrégé de la Règle Maçonnique précise à ce propos :

« Sois affable et officieux. Excite dans tous les cœurs le feu de la Vérité, partage la félicité de ton prochain, et que jamais l’envie ne trouble cette jouissance pure. Pardonne à ton ennemi ; ne te venge de lui que par des bienfaits. Remplis ainsi un des préceptes les plus sublimes de la religion, et tu recouvreras les vestiges de ton ancienne grandeur. »

De même, l’instruction morale du grade de Maître Franc-maçon rappelle que les passions dominantes — l’envie, l’avarice, et surtout l’orgueil — détruisent toute possibilité d’évolution intérieure et sociale. Ces trois « coups mortels » doivent être vaincus pour renaître véritablement, confirmant ainsi la démarche profonde et salvatrice de l’humanitude.

« La suprême sagesse, c’est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit. »

William Faulkner
Kofi Annan

V. Vers une Humanité Réconciliée : l’Humanitude comme horizon spirituel et moral

L’humanitude, bien plus qu’un simple concept philosophique, devient un horizon concret de transformation intérieure et sociale. Elle n’efface pas l’humanisme classique, mais l’élargit pour y intégrer la vulnérabilité, l’interdépendance, l’amour désintéressé. De la simple affirmation de l’homme pensant, elle nous invite à devenir des hommes aimants et reliés. Aujourd’hui, ce n’est pas l’intelligence qui nous fait défaut : c’est la sagesse d’être ensemble, en paix et en harmonie.

« La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat. »

Kofi Annan (Discours du prix Nobel)

Conclusion : L’Apprenti du XXIe siècle, vers une civilisation d’humanitude

Le véritable initié du XXIe siècle est peut-être celui qui, au cœur d’un monde dominé par la violence et l’hypercontrôle, ose devenir à nouveau apprenti de la relation authentique, de l’écoute sincère et de l’empathie profonde. Passer de l’humanisme à l’humanitude exige une véritable ascèse : non pas seulement l’ascèse du savoir, mais surtout celle de l’être et du cœur.

La voie initiatique maçonnique, dans sa sagesse séculaire, nous prépare à cette transformation, nous invitant à descendre en nous-mêmes afin de mieux nous ouvrir aux autres et au monde. C’est par cette transformation intérieure qu’il devient possible de semer les germes d’une véritable civilisation de lumière partagée.

« Le véritable homme sage est celui qui ne cesse jamais d’être un apprenti. »

Confucius

Ainsi, de l’humanisme classique à l’humanitude relationnelle et spirituelle, la Franc-Maçonnerie propose à l’initié un cheminement intérieur qui répond pleinement aux enjeux spirituels et moraux du XXIe siècle.

Les vierges noires et la Franc-maçonnerie : un mystère initiatique à travers les siècles

L’énigme des Vierges Noires.

Quel lien peut bien unir les énigmatiques Vierges Noires à la franc-maçonnerie ? À première vue, ces deux univers semblent éloignés, et pourtant, ils partagent un même langage, celui du symbolisme initiatique. Car, parmi les nombreux chemins qui mènent à la connaissance, la franc-maçonnerie n’est qu’une voie parmi d’autres, une voie qui, comme les Vierges Noires, plonge ses racines dans les mystères les plus anciens de l’humanité.

Les Vierges Noires émergent dans l’histoire vers le XIIe siècle, portées par un courant spirituel impulsé par les Bénédictins, et plus particulièrement par une figure fascinante : Bernard de Cîteaux, plus connu sous le nom de Saint Bernard de Clairvaux. Cet homme, à seulement 22 ans, tutoyait les papes, conseillait les rois, et influençait les grands de son époque. Songez-y : un jeune homme capable de façonner l’histoire spirituelle de l’Occident ! Bernard joue un rôle clé dans la fondation de l’Ordre des Templiers, protège les maçons en leur accordant des franchises, et s’impose comme un initié des traditions druidiques. Chez les Templiers comme chez les Druides, on retrouve une vénération profonde pour la figure de la Mère, incarnée par Notre-Dame. Les Vierges Noires, ces statues sombres et majestueuses, apparaissent alors dans les hauts lieux de la spiritualité médiévale, là où souffle l’esprit des lieux sacrés. Ces sites, connus des Druides et peut-être même d’une civilisation antérieure aux Celtes, étaient marqués par des menhirs et des dolmens, témoins d’une sagesse oubliée.

Du Mont-Saint-Michel à Chartres, en passant par Notre-Dame de Paris, Rocamadour, Le Puy, ou encore la Daurade à Toulouse, chaque sanctuaire abritait sa Vierge Noire. Le Puy, en particulier, était un centre spirituel majeur : cinq papes, quatorze rois, dont Louis XI, ainsi que la mère et les deux frères de Jeanne d’Arc, s’y rendirent pour rendre hommage à cette figure sacrée. Mais pourquoi ces Vierges étaient-elles noires ? Dès leur création, les sculpteurs les peignaient en noir, avec des dimensions presque identiques : 70 cm de haut sur 30 cm de large. Certains y voient la reproduction d’une icône miraculeuse attribuée à Saint Luc, l’évangéliste.

Le culte des Vierges Noires s’inscrit dans la continuité d’un très ancien culte gaulois, un héritage que Bernard de Cîteaux, initié aux mystères druidiques, a su préserver et transmettre. Aujourd’hui, on estime qu’une quarantaine de Vierges Noires sont encore vénérées en France, bien que Jacques d’Arès en ait répertorié 210, incluant les copies et celles disparues. Ces statues ne sont pas de simples objets de dévotion : elles sont les gardiennes d’un langage ésotérique, un message gravé dans la pierre des églises médiévales. Car le Moyen Âge, loin d’être une époque obscure, fut une période de civilisation initiatique, où les initiés de la grande tradition – dont nous faisons partie – ont laissé des indices pour ceux qui savent voir.

Les Vierges Noires succèdent à un culte antique, celtique, voire plus ancien encore. Elles incarnent la « Virgo Paritura », la Vierge qui doit enfanter, une déesse mère ou une déesse terre, symbole universel que l’on retrouve dans les grandes religions américaines et les mythologies africaines. Ce culte est intimement lié à celui du soleil : dans les lieux celtiques dédiés à Belen – le nom celtique d’Apollon, divinité solaire grecque – une Vierge Noire était toujours présente. Fait troublant, ces statues étaient souvent découvertes par un bœuf labourant la terre, un animal qui est l’emblème de Saint Luc. Or, « Luc » ou « Lucques » signifie en celtique « lieu sacré ». Le soleil féconde la terre, qui engendre la vie, et cette vie prend la forme d’une femme. Bernard de Cîteaux lui-même décrivait la Vierge Noire comme « une femme revêtue de soleil ».

Ainsi, la déesse terre devient la vierge élue, qui, par l’action divine, donne naissance à un fils à la fois humain et divin. Jésus naît de Marie, mais ce symbole transcende les frontières religieuses : Krishna, dans l’hindouisme, est né d’une vierge, tout comme Merlin, le Celte, fils d’une fée, ou Horus, fils d’Isis. S’agit-il d’une conception hérétique ? Je ne saurais le dire, car ma connaissance n’est qu’un grain de sable face à l’infini. Mais ce que je peux affirmer, c’est que cette vision était partagée par Bernard et les élites monastiques de son temps. Était-ce un vestige de paganisme ou la clé de voûte d’un édifice spirituel initiatique ? Pour ma part, je penche pour la seconde hypothèse.

La Vierge à l’Enfant assise près d’un mur (1514) de Dürer

La couleur noire des Vierges n’est pas anodine : elle représente la terre primitive, la matrice originelle qui, une fois fécondée, donne la vie. Isis, Cybèle, Déméter – toutes ces déesses furent souvent représentées en noir. À Éphèse, dans le temple de Diane, l’une des sept merveilles du monde, on vénérait une Vierge Noire, sœur d’Apollon solaire. Et, par une coïncidence troublante, c’est à Éphèse que Marie aurait fini ses jours. Les artistes médiévaux utilisaient délibérément le noir pour exprimer cette dualité : une femme qui pouvait être Marie, la mère de Jésus, mais aussi la déesse terre, ou Isis l’Égyptienne. Dans le christianisme, cette couleur fut réservée à Marie, mère de Jésus, et à Anne, mère de Marie. L’alchimie, elle aussi, s’empare de ce symbole : la matière première, la « Materia Prima », est noire. Toutes les Vierges Noires partagent des caractéristiques communes : sculptées en bois, datant des XIe ou XIIe siècles, elles sont toujours des Vierges en majesté, l’enfant assis sur les genoux de sa mère, avec une expression noble et une allure orientale. Les lieux où elles furent placées étaient fréquentés depuis la plus haute antiquité, souvent dédiés à une divinité celtique ou préceltique avant l’arrivée du christianisme.

Le christianisme, en réalité, a récupéré ces lieux sacrés pour les sanctifier sous une appellation catholique. L’exemple le plus frappant est le pèlerinage de Sainte-Anne-d’Auray, où l’Église prétend qu’Anne, mère de Marie, serait apparue. Mais la vérité est plus ancienne : ce lieu était consacré à Dana, la déesse mère des Gaulois, dont le nom devint Anna. Les Bénédictins, sous l’égide de Bernard de Cîteaux, ont repris ce flambeau, tout comme les Templiers, qui vouaient à Notre-Dame un culte préférentiel. Chaque année, un rituel étrange avait lieu : on lavait les statues de Notre-Dame avec du vin, un geste chargé de symbolisme.

À Limoux, dans l’Aude, l’église de Marceille abrite une Vierge Noire et une source miraculeuse, aujourd’hui en partie bouchée. Peu savent que cette humble église eut pour curé Saint Vincent de Paul. Pour certains, les Vierges Noires auraient une signification alchimique, un mystère que les Druides initiés, croyant en un Dieu unique, en la Trinité, et en l’immortalité de l’âme, auraient transmis. Ils associaient à la terre nourricière une déesse à la fois vierge et mère, destinée à enfanter un dieu incarné. Ce symbole résonne jusqu’aux Amérindiens, qui vénéraient la « Pachamama », la déesse terre, respectant la mère nourricière – un respect que nous avons, hélas, perdu. Les religions païennes honoraient la mère, mais l’arrivée des religions monothéistes – judaïsme, christianisme, islam – a souvent relégué la femme à un rôle subalterne, une réalité encore palpable dans certaines cultures.

Vierge Noire de Argeme

Bernard et ses contemporains, dépositaires d’un savoir antique, ont su le remettre au jour, tout en le parant d’une couverture chrétienne pour échapper à l’Inquisition. Les Vierges Noires furent ainsi présentées comme des représentations de Marie, mais elles étaient bien plus : des effigies de la « Virgo Paritura », la terre mère vénérée depuis des millénaires, placées à proximité de lieux sacrés connus et révérés. Elles succédaient à des statues plus anciennes, dont nous avons perdu la trace, mais qui incarnaient cette même déesse mère.

Bernard, né à Fontaine-lès-Dijon, où une « Virgo Paritura » était encore vénérée de son temps, et étudiant à Saint-Vorles, où une Vierge Noire avait pris la suite d’une déesse celtique, n’était pas un cas isolé. Les Bénédictins, avant lui, avaient suivi cette quête initiatique. L’un des plus célèbres fut Gerber, un pâtre devenu le pape Sylvestre II. Envoyé par les Bénédictins étudier à Tolède et Cordoue, Gerber surpassa ses maîtres, introduisant en France l’astronomie, l’algèbre, et la géométrie, tout en s’adonnant à l’alchimie. Bernard, quant à lui, consacra une grande partie de sa vie à méditer sur le Cantique des Cantiques, où une femme, symbole de féminité sacrée, proclame : « Je suis noire, et pourtant je suis belle. » Il trouva un compagnon de route en Saint Malachie, un Irlandais initié par les Druides, qui vint se retirer à Clairvaux.

Mauriac – basilique La Vierge Noire

Le symbolisme numérique, cher à Bernard, est tout aussi révélateur : il fallut douze moines pour fonder Clairvaux, comme les douze apôtres ou les douze sages druidiques, bien que leur nombre réel fût de dix-sept ou dix-huit. Tous les monastères cisterciens furent dédiés à Notre-Dame, et les Templiers, dans leurs rituels, consacraient plus de prières à Notre-Dame qu’à Dieu lui-même. Cette appellation, « Notre-Dame », inventée par Bernard, porte une équivoque fascinante : elle désigne Marie, mère de Jésus, mais aussi la déesse terre, ou Isis l’Égyptienne.

Les Vierges Noires sont la signature d’une époque initiatique, un appel lancé par les hommes du Moyen Âge à travers les siècles. Elles nous murmurent : « Regardez-nous, nous sommes nourries de trois sources – chrétienne, druidique, orientale – et nous le disons à ceux qui savent voir. » L’alchimiste bénédictin Basile Valentin, dans le langage imagé des hermétistes, écrit que cette matière première noire doit être cherchée « sous terre », dans la mère, une métaphore ésotérique pour le « sexe d’Isis ».

Vierge Noire – Le_Puy-en-Velay Cathédrale

En 1521, un règlement à Manosque établit l’ordre de préséance des confréries religieuses lors des processions. La confrérie de Notre-Dame était celle des charpentiers et des maçons, les plus initiés et les plus occultes du Moyen Âge. Certains y voient les origines des francs-maçons. À Manosque, cette confrérie s’était regroupée autour d’une Vierge Noire. Fulcanelli, le grand alchimiste, affirme que les cierges brûlés devant ces statues étaient verts. Au Mont-Saint-Michel, la messe était dite devant une Vierge Noire, sur une pierre d’autel verte. Cybèle était noire sous un manteau vert, et Isis était surnommée la déesse verte.

Les Bénédictins installèrent une Vierge Noire là où ils découvrirent le corps de Saint Amadour, nom celtique de Zachée, disciple de Jésus et époux de Véronique. Zachée, connu sous le nom de Sylvain dans le Berry, aurait voyagé vers Le Puy, Saint-Jacques-de-Compostelle, et Porto. Au Mont-Saint-Michel, le rocher, autrefois appelé Mont Tomba, abritait une grotte dédiée à Belen. C’est là qu’au XIIe siècle fut placée une Vierge Noire, « Notre-Dame du Mont Tomba », dans une chapelle surnommée « Chapelle de dessous terre ».

Vierge Noire – Basilique_Notre-Dame_de_Liesse

À Toulouse, la Vierge Noire de la Daurade fut l’une des madones les plus illustres du Moyen Âge. Malheureusement, l’effigie originale fut brûlée par les révolutionnaires en 1799, et l’actuel tableau date du XIXe siècle. La Daurade est liée à la confrérie des troubadours : en 1328, la compagnie du « Gay Savoir », devenue l’Académie des Jeux Floraux, organisait des concours de poésie. Les vainqueurs offraient des fleurs d’or et d’argent à la Vierge Noire, leur « Dame » d’hommage, une autre Dame étant Clémence Isaure, figure mythique dont le nom évoque la rencontre d’Isis et de l’or, symbole de l’initiation accomplie. Le « Gay Savoir », dont parle Rabelais, était la clairvoyance des adeptes, et leurs diplômes étaient scellés de cire verte.

Cette connivence entre la Daurade, le Gay Savoir, et les troubadours occultistes révèle la présence d’initiés autour de ces sanctuaires. En France, peu de lieux perpétuent le culte des Vierges Noires, mais le plus célèbre est Montserrat, près de Barcelone, un monastère bénédictin d’une beauté saisissante. La Vierge Noire y incarne trois sources : celtique, orientale, et monastique.

La France, terre celtique, fut le berceau de Cluny, Cîteaux, et Clairvaux. Les fondateurs de l’Ordre du Temple, eux aussi français, ont contribué à faire des Vierges Noires un symbole plus prégnant en France qu’ailleurs. Leur influence sur le christianisme dépasse un simple transfert de divinités : des éléments du culte d’Isis, comme l’eau bénite, l’encens, ou les processions, furent adoptés par le sacerdoce chrétien pour leur caractère universel. Le culte d’Isis persista en France jusqu’en 1514, date à laquelle une statue d’Isis fut détruite à Saint-Germain-des-Prés. En abandonnant le nom de Lutétia pour Paris – par Isis – la capitale de la Gaule renouait avec cette tradition.

Au XIIe siècle, le culte de Notre-Dame connut une ferveur sans pareille, mais derrière cet amour pour la mère du Christ se dessine un message initiatique. Il marque la continuation de la grande tradition primordiale, que Bernard de Cîteaux transmit à travers les constructeurs bénédictins. Les secrets des Druides, des Atlantes, la Tétrakis pythagoricienne, et la cabale hébraïque se retrouvent réunis grâce à l’intelligence de l’abbé de Clairvaux.

Les Vierges Noires captent l’énergie de la terre, et leurs grandes mains – par lesquelles se transmettent les pouvoirs – en sont le symbole. Les rois de France guérissaient les écrouelles par imposition des mains, mais aujourd’hui, seules une dizaine de ces statues conservent cette énergie vibratoire. Pour l’alchimiste, le noir est la « Materia Prima », la terre primitive, principe créateur de tout ce qui est. Comme le dit Eugène Canseliet, « l’invention de l’esprit est indispensable à la transformation de la Vierge Noire en Vierge Blanche ».

René Marlières, dans le n°351 d’Atlantis, écrit que ces effigies dégagent une émanation de force, une intensité de vie radiante. Le vrai mystère des Vierges Noires réside dans la puissance ressentie face à elles, plus que dans leur noirceur. Leur énigme demeure, et je vous ai simplement exposé des faits. À vous, désormais, d’entreprendre cette quête initiatique.

« 35 ans de sociologie » avec Michel Maffesoli

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Apologie est une réflexion profonde sur le cheminement intellectuel de Michel Maffesoli, marqué par une critique du modernisme et une quête du sens plus profond. L’ouvrage invite à repenser les fondements de la pensée contemporaine et à explorer les dimensions spirituelles et symboliques de l’expérience humaine.

Trois thèmes parcourent l’ouvrage :

– Relativisme et Vérité : le sociologue aborde le concept de relativisme, soulignant que la vérité est relative et que seule la vraisemblance prévaut
– Critiques du Modernisme :
il critique le subjectivisme moderne cultivant l’individualisme.

L’ouvrage souligne que le monde existe indépendamment de la conscience individuelle et qu’il se caractérise par une vision « holistique » intégrant le réel et l’ordre naturel des choses dans leur quotidienneté.

– Retour du sacré : L’auteur évoque, en particulier chez les jeunes générations, une « nostalgie du sacré » suggérant que la société contemporaine est en quête d’une dimension spirituelle et transcendante. Il parle de « reliance » pour désigner une forme de solidarité universelle fondée sur le symbolisme et la tradition.

Sociologue, professeur émérite à la Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, Michel Maffesoli est l’auteur d’une œuvre fondamentale. Il a récemment publié, aux éditions du Cerf : Le temps des peurs et Logique de l’assentiment.

Ordo ab chao

L’ordre issu du chaos. C’est la tension entre l’entropie et la négentropie. Le chaos, ce serait l’amoncellement inorganisé sans cohérence. L’idée d’ordre implique la nécessité de penser et de régler, pour ne pas dire réguler l’organisation de la matière à partir d’une nature désorganisée.

Nassim Haramein explique le Big bang, le chaos et l’ordre : L’infini dans le fini :

L’état primordial, primitif du monde, c’est le Chaos. C’était, selon les poètes, une matière existant de toute éternité, sous une forme vague, indéfinissable, indescriptible, dans laquelle les principes de tous les êtres particuliers étaient confondus. Le Chaos était en même temps une «divinité» pour ainsi dire rudimentaire, mais capable de fécondité. Il engendra d’abord la Nuit, et plus tard l’érèbe (la ténèbre).

Ce grand mystère est au cœur des secrets des alchimistes médiévaux en quête de la perfection intérieure et de la pierre philosophale. Les anciens alchimistes représentaient la formule ordo ab chao à l’intérieur d’un serpent (ou dragon) se mordant la queue, appelé ouroboros.

Pythagore aurait donné le nom de cosmos (monde ordonné en grec) à l’univers à cause de l’ordre qui y règne. Le réel a un ordre et une évolution vers la complexification par émergences successives.

Ordo ab chao, cette formule est aussi la devise et l’emblème de la Franc-maçonnerie hermétique, dont l’origine remonterait à l’Égypte ancienne. Sur le plan historique, on trouve des traces de cette devise dès 1149, elle apparaît en inscription, dans un document trouvé en Allemagne faisant allusion aux Stone Layers. On la retrouve en 1250, 1295 dans différentes archives compte rendu de congrès ou de réunions de loges liées aux Anciens Maçons Opératifs, qu’elle accompagnera régulièrement. Elle s’affirme progressivement au cours du XVIIIe siècle et définitivement administrativement pour la 1ère fois après des années délicates dans la patente de De Grasse Tilly tout début XIXe, afin de mettre en place un certain ordre après le désordre qui régnait à l’époque en ce qui concerne l’organisation des grades de l‘écossisme. Il était nécessaire de mettre en place une transmission initiatique cohérente favorisant un ordre du chaos de l‘époque, en s‘appuyant sur les grandes Constitutions. Dans ce cadre on peut situer le but du REAA comme l‘union, le bonheur, le progrès, et le bien-être de la famille humaine en général et de chaque homme en particulier.

Comme l’écrit René Guénon (Aperçus sur l‘initiation) « Pour que le Chaos puisse commencer à prendre forme et à s‘organiser il faut qu‘une vibration initiale lui soit communiquer par les puissances spirituelles que la Genèse hébraïque désigne comme élohim, cette vibration, c‘est le Fiat Lux qui illumine le Chao et qui est le point nécessaire de tous les développements ultérieurs». Le  Chaos est perçu comme un état négatif, alors qu‘il peut aussi être source d‘inspiration et qu‘il contient en germe tous les éléments de la création, de notre développement d‘homme en tant que maçon. De là viennent des expressions comme celles de « donner la lumière » et « recevoir la lumière », employées pour désigner, par rapport à l’initiateur et à l’initié respectivement, l’initiation au sens restreint, c’est-à-dire la transmission même dont il s’agit ici » (p.36/344).

Cela est repris par Michel Constant (Réflexions sur  Ordo ab Chao  dans  Traditions écossaises, n° 4 Juillet 2002) «Par étapes successives, par degrés l‘impétrant est confronté à la destruction d‘anciens repère de pensée ; destruction qui doit permettre de construire de nouveaux repères plus subtils qui, une fois assimilés, seront eux aussi détruits pour permettre une nouvelle étape, une nouvelle construction.»

Depuis la création du 1er Suprême Conseil du Monde le 31 mai 1801 aux États-Unis à Charleston,  la devise Ordo ab chao est la devise du Rite Écossais Ancien et Accepté. En adhérant à cette devise, le Maçon du REAA reconnaît l’existence d’un Principe d’Ordre à l’œuvre dans l’Univers.

Le relèvement du maître est un nouvel ordre donné après le désordre, celui du chaos de sa mort.

Écouter Marc Halévy sur la notion d’ordo et chao et la complexification de la réalité : à partir de 13’51

Reprenons maintenant les théories de l’Émanation déjà présentées dans l’article La Tétraktys, ou une théorie de l’émanation dans le delta lumineux ?

L’émanation est un processus consistant en ce que, suivant certaines doctrines, les êtres multiples qui forment le monde découlent (émanent) de l’être un qui en est le principe sans qu’il y ait de discontinuité dans ce développement. «Émanation» s’oppose à  création». Ce terme implique la réalité du devenir et de la production successive des êtres dans le temps (André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la Philosophie, vol.1). «Du moment où Dieu émane éternellement de sa propre substance, qui contient toute chose en potentialité, d’abord les principes, puis les mondes, les univers et les êtres, par le fait de son activité propres, tous les mondes, les univers et les êtres, toutes les formes réalisées, ne sont animés et ne vivent que par l’effet du souffle divin qui les a émanés et les conserve. En d’autres termes, les univers et les êtres ne vivent que parce que Dieu habite d’une certaine manière en eux.»

Dans son sens métaphysique, cette théorie s’oppose à celle de l’évolution ; pourtant l’une et l’autre sont étroitement associées. La science enseigne que l’évolution est physiologiquement un mode de génération dans lequel le germe, qui développe le fœtus, préexiste déjà dans le géniteur ; le développement et la forme finale ainsi que les caractéristiques de ce germe sont accomplis dans la nature. L’occultisme répond que ce n’est là que le mode apparent, le processus réel étant l’émanation, processus guidé par des forces intelligentes dans le cadre d’une loi immuable.

Il fut un temps où la doctrine de l’émanation était universelle. Elle était enseignée aussi bien par les philosophes d’Alexandrie que par ceux de l’Inde, de Chaldée, ainsi que par les hiérophantes hellènes. Pour eux, bien que le mot hébreu asdt ait été rendu par «anges» dans la version des Septante il signifierait émanations, Æons, comme chez les Gnostiques. C’est ce qui est proposé dans Isis Dévoilée, p.48 : «Dans l’évolution, telle qu’on commence à la comprendre maintenant, on suppose qu’il y a dans toute matière une poussée pour assumer une forme supérieure, une supposition clairement exprimée par Manou et les autres philosophes hindous de la plus haute Antiquité.»

Les premiers penseurs grecs qui firent leur apparition vers le VIe siècle av. J.-C., à la périphérie de l’influence grecque, proposent une explication rationnelle du monde. Il existait, avant eux, dans le Proche Orient et la Grèce antique, des cosmogonies, mais elles étaient de type mythique, càd qu’elles décrivaient l’histoire du monde comme une lutte entre des entités personnifiées. Cette transformation radicale se résume dans le mot grec phusis (φύσις) qui, à son origine, signifie à la fois le commencement, le déroulement et le résultat du processus par lequel une chose se constitue. Aristote fait de la phusis le principe de tout mouvement et repos : « la nature, dans son sens primitif et fondamental, c’est l’essence des êtres qui ont, en eux-mêmes et en tant que tels, le principe de leur mouvement ». Pour eux tout appartenait à la phusis, les choses physiques comme aussi les idées, la parole poétique comme la parole de justice, le réel comme le probable ou le possible, les choses « naturelles » comme les œuvres humaines, le divin et les dieux, les choses présentes comme les choses absentes, le passé comme l’avenir, tout le domaine de l’étant était entièrement phusis, et tout obéissait à la loi d’airain du passage transitoire dans l’« ouvert ». Heidegger  définira la phusis comme « ce qui s’épanouit de soi-même, le fait de se déployer en s’ouvrant et, dans un tel déploiement de faire son apparition, de se tenir dans cet apparaître et d’y demeurer ».

Selon Basilide, le plus célèbre des gnostiques, il n’y avait, avant la création du monde, que Celui qui est, mais n’existe pas, ce qui est une conception assez analogue à celle de l’Aïn soph (littéralement le sans fin) de la kabbale. Celui qui est, «voulut» un jour (mais ces mots, pour Basilide, ne sont que des approximations, car il n’y eut pas vraiment de jour, ni de volonté, ni même de pensée ou de sentiment au sens courant de ces termes) faire l’univers. Il émit alors ce qui devint comme le germe (sperma) de l’univers ; ce «germe» est comme une graine qui, dans son volume minuscule, contient en puissance un grand arbre portant lui-même un grand nombre de graines pouvant donner naissance à leur tour chacune à un arbre.

La question cruciale du passage de l’au-delà de l’Être à l’être [de l’étantité], du Un (puissance de toutes choses) au multiple se fait, selon Plotin, par l’intellect dans un processus unifié de l’Un jusqu’à la matière (Luc Brisson, Les Ennéades de Plotin 1/4 : Au commencement était l’Un).

Grande figure gnostique de Rome, Valentin (auteur d’un Évangile de Vérité au IIe siècle) va développer et structurer les théories gnostiques fondatrices de l’univers. Le Propator (le Père), engendre Sige (le silence), qui engendre le Noùs (l’esprit) et Aléthéia (la Vérité) qui à son tour engendre le Logos (le verbe) et Zoé (la vie) et ainsi de suite jusqu’à l’Anthropos (l’homme) lequel engendre Thélétos (la volonté) et Sophia (la sagesse). Ces 30 premiers éons constituent le Plérôme dont sortira le démiurge créateur. Tout cet enseignement se trouve dans la Pistis Sophia, la bible des gnostiques d’Égypte.

Selon le Vêdânta (qui veut dire la non-dualité), le Point suprême, l’Unique, mû par le désir de se connaître en un autre, se Scinde en deux il devient alors Shiva-Shakti, lui-même (potentialité) et son énergie (virtualité).
Ainsi prend naissance la première division de l’Être Unique, la dualité, et avec elle le phénomène de polarisation en même temps que le premier  son accompagnant le «mouvement initial» dans la substance cosmique. Enfin, et toujours par l’action des mêmes lois, prennent naissance les éléments subtils du monde manifesté tangible  celui dans lequel se meuve et les astres et les êtres dont ils sont peuplés  C’est la troisième phase créatrice qui correspond à l’éclosion du point «sensible» et de «son développement dans l’espace» tel que nous le connaissons. Ce troisième plan implique l’existence  :1/ de la Matière, d’abord sous des formes subtiles d’énergie qui vont se densifier de plus en plus et qui correspondent ultimement aux divers règnes du monde tangible 2/ l’Espace nécessaire au mouvement de la Matière 3/ du Temps ou mesure du mouvement de la matière «dans» l’espace. Dès la troisième phase créatrice, c’est à dire dès l’apparition du point «sensible» apparaissent aussi ses conditions de manifestation, l’Espace et le Temps, car le point en mouvement, soit par dilatation, soit par déplacement, ne peut bouger que dans l’Espace. D’autre part les différentes positions occupées  successivement dans l’espace par le point en mouvement (la ligne) impliquent l’existence du temps Le rayon, la ligne droite  horizontale est le symbole de l’Espace et les lignes perpendiculaires à la ligne droite marquent les positions successivement occupées par le point en sa course à travers l’espace et symbolisent le Temps.

Au XVIe siècle, Isaac Louria a l’intuition du tsimtsoum. Son interprétation du Zohar, le Livre de la Splendeur et en particulier du Béreshit (בְּרֵאשִׁית, première parole de la Genèse, généralement traduite par «Au commencement»), fait appel à une contraction de l’essence de Dieu( אַין סוֹף), l’aïn Sof qui se retire pour laisser un vide d’où paraîtra un point de lumière (aor, אַוּר) qui, en simplifiant à l’extrême, donne origine au créé par émanations successives.

Pour la kabbale hébraïque, la théorie de l’émanation repose sur l’exégèse d’un verset d’Isaïe : quatre mondes, correspondant aux quatre verbes utilisés dans le verset IS. 43,7, soit dans l’ordre de densification croissante : «appeler», «créer», «former» et «faire». Ces verbes sont des étapes de développement de l’univers, c’est-à-dire de l’ensemble des réalités sensibles et supra sensibles, imbriquées entre elles par des interactions, à la fois conjointes et simultanées.

« La création, acte primordial de l’émanation, n’est qu’un symbole grandiose de la manifestation divine. Elle fait voir ainsi la valeur intrinsèque du monothéisme (quoique son essence repose sur des conceptions panthéistes) qui n’est que l’Unité suprême rayonnant sur tout, ou régissant ou embrassant tout. Le mystère de la création semble résider au fond dans l’acte transformateur de la matière inerte en matière vivante…mais dans l’esprit pénétrant de la kabbale ; Dieu et l’univers ne forment en réalité qu’un. La Création n’est, si l’on peut dire, qu’une forme concrète de la divinité au sein de l’Univers » (article Aperçu sur la Kabbale par Raymond Baumgarden dans la Revue L’initiation de 1963, p.80).

Pour Spinoza l’émanation est une causalité immanente. La substance et son déploiement c’est D.ieu, rien ne s’excepte de cette Nature, par conséquent D.ieu n’est pas transcendant.

La Monas Hieroglyphica, composée à Londres, et terminée en 1564 à Anvers par le Dr John Dee, astrologue de la reine Élisabeth 1ère, est un petit traité qui enseigne comment l’hiéroglyphe mercuriel dérive du point central ou iod générateur. Cela évoque «l’araignée au centre de sa toile, image du soleil dont les rayons, qui sont des émanations ou des extensions de lui-même (comme la toile de l’araignée est formée de sa propre substance), constituent en quelque sorte le tissu du monde, qu’ils actualisent à mesure qu’ils s’étendent dans toutes les directions à partir de leur source» (René Guénon).

Les données récentes sur l’accélération de l’expansion de l’espace et l’éloignement des galaxies de notre univers, ainsi que la présence de ce qu’on a appelé énergie sombre et matière noire, pourraient faire penser que la vision de Louria du tsimtsoum n’est pas très éloignée de la réalité cosmologique.

Aujourd’hui, la théorie de l’émanation est à repenser en perspective avec les connaissances scientifiques de la physique quantique. Voir le documentaire Les origines de l’univers :


Parler d’origine c’est parler d’achèvement, raconter l’origine d’une chose, c’est raconter l’histoire dont cette chose est la conclusion.

On suivra avec enchantement les onze cours d’Aurélien Barrau sur le thème de l’univers :

Il faut entendre par origine  de l’univers la transition qui fait passer de l’absence absolue de toute chose (ni espace, ni temps ni matière d’énergie des  rayonnements, ni être transcendant, en somme autre chose que l’univers lui-même), du non-être, du néant à l’être. « Ce que l’on peut dire, c’est que quel que soit le vocabulaire pour désigner ce néant, l’origine de l’univers, si elle a eu lieu, n’est pas dans l’escarcelle de la science. » (38’18). Cela ne veut pas dire que l’univers n’a pas eu d’origine, mais cela appartient à un autre champ de pensées, celui de la métaphysique où toute foi a autant de valeur que toute autre. Ainsi, évoquer le GADLU en tant que principe d’ordre ne concerne que l’ordre de l’existant et ne répond pas à la question : qu’y avait-il avant le Gadlu ?

Restent les questions, pourquoi et pour quoi un ordre plutôt que le chaos ?

Ces réflexions me conduisent à délaisser toute interprétation causale et à tourner mon regard vers l’ « événement de l’être », qui est ici l’événement même du questionnement.

450.fm célèbre son 4e anniversaire

Hier, nous célébrions avec une immense fierté le 4e anniversaire de votre Journal préféré. Un média qui s’est imposé comme une référence incontournable dans le paysage de l’information maçonnique. Initialement prévu le 9 avril, jour du lancement officiel en 2021, cet anniversaire a été décalé d’une journée en hommage à notre Frère Pierre Audureau, qui nous a quitté pour rejoindre l’Orient Éternel ce 8 avril 2025, à l’âge de 87 ans. En ce jour de mémoire et de célébration, nous souhaitons rendre hommage à cet homme exceptionnel tout en mettant en lumière les succès remarquables de 450.fm, qui continue de rayonner au service de la Franc-maçonnerie et de ses valeurs.

450.fm : Quatre Ans de Succès et d’Engagement

Lancée le 9 avril 2021, 450.fm s’est rapidement imposée comme une plateforme de référence pour l’information maçonnique, non seulement en France, mais aussi à l’international. En quatre ans, notre média a su conquérir le cœur de ses lecteurs, atteignant des résultats impressionnants qui témoignent de la pertinence de notre projet et de l’engagement de notre équipe.

Aujourd’hui, nous sommes fiers d’occuper la première place parmi les organes d’information maçonnique, une position qui reflète la confiance de notre communauté. Avec 100 000 visiteurs par mois, notre audience ne cesse de croître, portée par un intérêt grandissant pour les sujets que nous traitons. Le mois dernier, nous avons franchi un cap symbolique avec un million de pages lues, un chiffre qui illustre l’appétit de nos lecteurs pour des contenus de qualité, riches et variés. Ces résultats sont le fruit d’un travail collectif, d’une vision claire, et d’une passion partagée pour la Franc-maçonnerie et ses valeurs.

Une diversité éditoriale avec 7 500 articles en ligne

L’une des forces de 450.fm réside dans la diversité des articles et des sujets traités, grâce à la contribution de nos 40 chroniqueurs, qui participent régulièrement ou occasionnellement à la rédaction. Ces plumes, issues d’horizons variés, apportent une richesse de perspectives qui fait la singularité de notre média. Nos articles couvrent un large éventail de thématiques : des réflexions sur les rituels et le symbolisme maçonnique aux analyses historiques, en passant par des portraits de figures emblématiques, des débats sur l’actualité, ou encore des explorations culturelles et philosophiques.

La ligne éditoriale de 450.fm est résolument tournée vers l’information sur la Franc-maçonnerie, en France comme à l’étranger. Nous couvrons les événements majeurs des obédiences françaises, telles que la Grande Loge de France (GLDF), le Grand Orient de France (GODF), ou encore Le Droit Humain (DH), la Grande Loge Féminine de France (GLFF), la Grande Loge Nationale Française (GLNF) L’Alliance (GL-AMF)…, tout en explorant les dynamiques maçonniques internationales, de l’Afrique à l’Amérique, en passant par l’Europe et l’Asie. Cette ouverture au monde permet à nos lecteurs de mieux comprendre les enjeux globaux de la Franc-maçonnerie, tout en restant ancrés dans les réalités françaises.

Un autre pilier de notre ligne éditoriale est notre intérêt marqué pour tous les sujets de culture et d’instruction maçonnique. Que ce soit à travers des articles sur l’histoire des loges, des analyses des symboles comme le nombre trois ou la lettre G, ou des réflexions sur l’initiation et ses ressorts cachés, nous cherchons à offrir à nos lecteurs des contenus qui nourrissent leur quête de connaissance et de lumière. Nos chroniqueurs explorent également des sujets transversaux, comme les liens entre la Franc-maçonnerie et les arts, la littérature, ou encore les sciences, offrant ainsi une vision plurielle et enrichissante de notre tradition.

Un sondage pour donner la parole à nos lecteurs

En ce week-end d’anniversaire, nous avons lancé un sondage auprès de nos lecteurs, afin de mieux comprendre leurs attentes et leurs centres d’intérêt. Intitulé « Quels thèmes souhaitez-vous voir davantage sur 450.fm ? », ce sondage propose plusieurs options : l’histoire de la franc-maçonnerie, les rituels et symboles, l’actualité des obédiences, les portraits de maçons inspirants, ou encore les sujets culturels et philosophiques. Nous invitons tous nos lecteurs à y participer, car votre voix est essentielle pour façonner l’avenir de 450.fm.

Les résultats sont publiés en temps réel à cette adresse :

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Nous nous engageons à prendre en compte vos retours pour continuer à vous offrir des contenus qui répondent à vos aspirations.

Un avenir prometteur pour 450.fm

En quatre ans, 450.fm a su s’imposer comme un espace de partage, de réflexion et de fraternité, fidèle aux valeurs de la Franc-maçonnerie. Nos 100 000 visiteurs mensuels et le million de pages lues le mois dernier sont bien plus que des chiffres : ils sont le reflet d’une communauté vivante, curieuse, et engagée. Grâce à la diversité de nos 40 chroniqueurs, nous continuons d’explorer la Franc-maçonnerie sous toutes ses facettes, en France et à l’international, avec un accent particulier sur la culture et l’instruction maçonnique.

En ce jour d’anniversaire, nous remercions chaleureusement nos lecteurs, nos chroniqueurs, et tous ceux qui ont contribué à faire de 450.fm un succès. Nous dédions cette célébration à notre Frère Pierre Audureau, dont l’héritage intellectuel et spirituel continuera d’inspirer nos travaux. Que 450.fm poursuive sa mission d’éclairer, d’unir, et de transmettre, pour que la lumière de la Franc-maçonnerie brille toujours plus fort.

Fraternellement,
L’équipe de 450.fm