Hier, nous célébrions avec une immense fierté le 4e anniversaire de votre Journal préféré. Un média qui s’est imposé comme une référence incontournable dans le paysage de l’information maçonnique. Initialement prévu le 9 avril, jour du lancement officiel en 2021, cet anniversaire a été décalé d’une journée en hommage à notre Frère Pierre Audureau, qui nous a quitté pour rejoindre l’Orient Éternel ce 8 avril 2025, à l’âge de 87 ans. En ce jour de mémoire et de célébration, nous souhaitons rendre hommage à cet homme exceptionnel tout en mettant en lumière les succès remarquables de 450.fm, qui continue de rayonner au service de la Franc-maçonnerie et de ses valeurs.
450.fm : Quatre Ans de Succès et d’Engagement
Lancée le 9 avril 2021, 450.fm s’est rapidement imposée comme une plateforme de référence pour l’information maçonnique, non seulement en France, mais aussi à l’international. En quatre ans, notre média a su conquérir le cœur de ses lecteurs, atteignant des résultats impressionnants qui témoignent de la pertinence de notre projet et de l’engagement de notre équipe.
Aujourd’hui, nous sommes fiers d’occuper la première place parmi les organes d’information maçonnique, une position qui reflète la confiance de notre communauté. Avec 100 000 visiteurs par mois, notre audience ne cesse de croître, portée par un intérêt grandissant pour les sujets que nous traitons. Le mois dernier, nous avons franchi un cap symbolique avec un million de pages lues, un chiffre qui illustre l’appétit de nos lecteurs pour des contenus de qualité, riches et variés. Ces résultats sont le fruit d’un travail collectif, d’une vision claire, et d’une passion partagée pour la Franc-maçonnerie et ses valeurs.
Une diversité éditoriale avec 7 500 articles en ligne
L’une des forces de 450.fm réside dans la diversité des articles et des sujets traités, grâce à la contribution de nos 40 chroniqueurs, qui participent régulièrement ou occasionnellement à la rédaction. Ces plumes, issues d’horizons variés, apportent une richesse de perspectives qui fait la singularité de notre média. Nos articles couvrent un large éventail de thématiques : des réflexions sur les rituels et le symbolisme maçonnique aux analyses historiques, en passant par des portraits de figures emblématiques, des débats sur l’actualité, ou encore des explorations culturelles et philosophiques.
La ligne éditoriale de 450.fm est résolument tournée vers l’information sur la Franc-maçonnerie, en France comme à l’étranger. Nous couvrons les événements majeurs des obédiences françaises, telles que la Grande Loge de France (GLDF), le Grand Orient de France (GODF), ou encore Le Droit Humain (DH), la Grande Loge Féminine de France (GLFF), la Grande Loge Nationale Française (GLNF) L’Alliance (GL-AMF)…, tout en explorant les dynamiques maçonniques internationales, de l’Afrique à l’Amérique, en passant par l’Europe et l’Asie. Cette ouverture au monde permet à nos lecteurs de mieux comprendre les enjeux globaux de la Franc-maçonnerie, tout en restant ancrés dans les réalités françaises.
Un autre pilier de notre ligne éditoriale est notre intérêt marqué pour tous les sujets de culture et d’instruction maçonnique. Que ce soit à travers des articles sur l’histoire des loges, des analyses des symboles comme le nombre trois ou la lettre G, ou des réflexions sur l’initiation et ses ressorts cachés, nous cherchons à offrir à nos lecteurs des contenus qui nourrissent leur quête de connaissance et de lumière. Nos chroniqueurs explorent également des sujets transversaux, comme les liens entre la Franc-maçonnerie et les arts, la littérature, ou encore les sciences, offrant ainsi une vision plurielle et enrichissante de notre tradition.
Un sondage pour donner la parole à nos lecteurs
En ce week-end d’anniversaire, nous avons lancé un sondage auprès de nos lecteurs, afin de mieux comprendre leurs attentes et leurs centres d’intérêt. Intitulé «Quels thèmes souhaitez-vous voir davantage sur 450.fm ?», ce sondage propose plusieurs options : l’histoire de la franc-maçonnerie, les rituels et symboles, l’actualité des obédiences, les portraits de maçons inspirants, ou encore les sujets culturels et philosophiques. Nous invitons tous nos lecteurs à y participer, car votre voix est essentielle pour façonner l’avenir de 450.fm.
Les résultats sont publiés en temps réel à cette adresse :
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Un avenir prometteur pour 450.fm
En quatre ans, 450.fm a su s’imposer comme un espace de partage, de réflexion et de fraternité, fidèle aux valeurs de la Franc-maçonnerie. Nos 100 000 visiteurs mensuels et le million de pages lues le mois dernier sont bien plus que des chiffres : ils sont le reflet d’une communauté vivante, curieuse, et engagée. Grâce à la diversité de nos 40 chroniqueurs, nous continuons d’explorer la Franc-maçonnerie sous toutes ses facettes, en France et à l’international, avec un accent particulier sur la culture et l’instruction maçonnique.
En ce jour d’anniversaire, nous remercions chaleureusement nos lecteurs, nos chroniqueurs, et tous ceux qui ont contribué à faire de 450.fm un succès. Nous dédions cette célébration à notre Frère Pierre Audureau, dont l’héritage intellectuel et spirituel continuera d’inspirer nos travaux. Que 450.fm poursuive sa mission d’éclairer, d’unir, et de transmettre, pour que la lumière de la Franc-maçonnerie brille toujours plus fort.
Une perspective maçonnique sur la tradition primordiale
Le pérennialisme, également connu sous les appellations de traditionalisme, traditionalisme intégral ou traditionnisme, est une posture philosophique et spirituelle qui s’articule autour de l’idée d’une « Tradition primordiale ». Selon cette théorie, les multiples formes traditionnelles – les religions révélées, les systèmes spirituels, et les sagesses anciennes – seraient des expressions différenciées d’une unique sagesse originelle, une vérité universelle et intemporelle qui transcende les particularités culturelles et historiques.
Les pérennialistes, dans leur quête de cette vérité, s’intéressent à la métaphysique, aux ésotérismes religieux, et à la gnose, tout en adoptant une posture critique vis-à-vis de la modernité, qu’ils accusent de s’être détournée du divin, du sacré, et du traditionnel au profit d’une vision rationaliste, matérialiste, et progressiste. Dans le cadre de cet article, nous explorerons le pérennialisme sous un angle maçonnique, en examinant comment cette philosophie résonne avec les valeurs, les symboles, et les pratiques de la franc-maçonnerie, tout en mettant en lumière les tensions et les convergences entre ces deux courants spirituels.
Le pérennialisme : une philosophie de l’unité transcendante
Le pérennialisme, tel qu’il a été formalisé au XXe siècle par des penseurs comme René Guénon, Frithjof Schuon, ou Ananda Coomaraswamy, repose sur l’idée que toutes les traditions spirituelles authentiques partagent un noyau commun, une philosophia perennis (philosophie pérenne), qui reflète une vérité métaphysique universelle. Cette vérité, selon les pérennialistes, est d’origine divine et a été révélée à l’humanité à travers différentes formes adaptées aux contextes culturels et historiques. Ainsi, le christianisme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme, ou encore les traditions chamaniques, bien qu’apparemment distinctes dans leurs dogmes et leurs pratiques, seraient des expressions différenciées d’une même sagesse originelle, une sophia perennis qui transcende les particularités de chaque religion.
René Guénon, souvent considéré comme le père du pérennialisme moderne, a développé cette idée dans des ouvrages comme Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues (1921) et La Crise du monde moderne (1927). Pour Guénon, la Tradition primordiale est une réalité métaphysique, un ensemble de principes immuables qui se situent au-delà du monde sensible et qui ont été transmis à l’humanité à travers des initiations et des révélations. Cependant, il déplore que la modernité, avec son rationalisme, son matérialisme, et son culte du progrès, ait rompu ce lien avec le sacré, plongeant l’humanité dans une crise spirituelle profonde. Guénon critique notamment l’individualisme, la sécularisation, et la perte des hiérarchies traditionnelles, qu’il voit comme des symptômes d’un déclin spirituel.
Frithjof Schuon, un autre penseur majeur du pérennialisme, a approfondi cette réflexion en mettant l’accent sur l’unité transcendante des religions. Dans son ouvrage De l’unité transcendante des religions (1948), Schuon soutient que les différences entre les traditions religieuses sont superficielles et qu’elles convergent toutes vers une même vérité ésotérique. Il distingue ainsi l’exotérisme – les formes extérieures des religions, comme les dogmes et les rituels – de l’ésotérisme, qui est le cœur spirituel commun à toutes les traditions. Pour Schuon, l’ésotérisme est la voie de la gnose, une connaissance directe et intuitive du divin, qui permet de dépasser les apparences pour atteindre l’unité primordiale.
Cette vision du pérennialisme, avec son accent sur la métaphysique, l’ésotérisme, et la critique de la modernité, trouve des échos profonds dans la franc-maçonnerie, une tradition initiatique qui, elle aussi, cherche à transcender les particularités culturelles et religieuses pour atteindre une vérité universelle. Mais avant d’explorer ces convergences, examinons les principes fondamentaux du pérennialisme et leur contexte historique.
Les origines et les principes du pérennialisme
Série Gioviana. Cristofano dell’Altissimo, Portrait de Pico della Mirandola, vers 1552-1568.)
Le pérennialisme, bien qu’il ait été formalisé au XXe siècle, puise ses racines dans des courants de pensée beaucoup plus anciens. Dès la Renaissance, des penseurs comme Marsile Ficin et Pic de la Mirandole ont développé l’idée d’une philosophia perennis, une sagesse intemporelle qui aurait été transmise depuis l’Antiquité à travers des figures comme Platon, Hermès Trismégiste, ou Moïse. Cette idée a été reprise au XVIIe siècle par des philosophes comme Gottfried Wilhelm Leibniz, qui a utilisé le terme philosophia perennis pour désigner une vérité universelle sous-jacente à toutes les philosophies.
Au XXe siècle, le pérennialisme a pris une forme plus structurée avec l’émergence de l’école traditionaliste, portée par des figures comme René Guénon. Né en 1886 à Blois, Guénon a d’abord été influencé par l’occultisme et la théosophie, avant de se tourner vers les traditions orientales, notamment l’hindouisme et le soufisme. Dans ses écrits, il défend l’idée que la modernité occidentale, avec son rationalisme et son matérialisme, a perdu le contact avec les principes métaphysiques qui fondent toute civilisation authentique. Pour Guénon, la Tradition primordiale est une réalité vivante, qui se manifeste à travers des institutions initiatiques comme la franc-maçonnerie, le soufisme, ou les écoles védantiques. Cependant, il déplore que ces institutions aient souvent été corrompues par la modernité, perdant leur caractère sacré.
Les pérennialistes partagent plusieurs principes fondamentaux :
L’Unité Transcendante : Toutes les traditions spirituelles authentiques convergent vers une même vérité métaphysique, qui est d’origine divine.
La Hiérarchie Spirituelle : Les traditions sont structurées selon une hiérarchie qui va de l’exotérisme (les formes extérieures) à l’ésotérisme (la connaissance intérieure).
La Critique de la Modernité : La modernité est vue comme une déviation, un éloignement du sacré, qui a conduit à une crise spirituelle et morale.
L’Initiation : La connaissance de la Tradition primordiale ne peut être atteinte que par une voie initiatique, qui implique un travail spirituel et une transmission de maître à disciple.
Ces principes, avec leur accent sur l’unité, l’ésotérisme, et l’initiation, résonnent profondément avec les valeurs de la franc-maçonnerie, une tradition qui, depuis ses origines, cherche à réunir les hommes dans une quête spirituelle universelle. Mais comment ces idées s’articulent-elles avec la pratique maçonnique ? Et quelles tensions émergent-elles de cette rencontre ?
Le pérennialisme et la Franc-maçonnerie : convergences et synergies
Auberge Goose and Gridiron « L’Oie et le Grill »
La franc-maçonnerie, en tant que tradition initiatique, partage de nombreux points communs avec le pérennialisme, notamment dans sa quête d’une vérité universelle et dans son usage des symboles pour transcender les particularités culturelles et religieuses. Depuis sa formalisation au XVIIIe siècle, avec la création de la Grande Loge de Londres en 1717, la franc-maçonnerie s’est définie comme une voie spirituelle qui réunit des hommes de toutes origines autour de valeurs communes : la fraternité, la recherche de la lumière, et le perfectionnement de soi. Cette universalité, qui est au cœur de la franc-maçonnerie, trouve un écho direct dans la vision pérennialiste de l’unité transcendante des traditions.
L’unité transcendante et le symbolisme maçonnique
Dans la franc-maçonnerie, l’idée d’une vérité universelle est incarnée par des symboles comme l’étoile flamboyante, le compas, ou le delta lumineux, qui représentent la lumière de la connaissance et l’harmonie cosmique. Ces symboles, bien qu’ils soient ancrés dans une tradition occidentale, ont une portée universelle qui transcende les particularités religieuses. Par exemple, le compas et l’équerre, qui symbolisent l’équilibre entre le spirituel et le matériel, peuvent être interprétés à la lumière de concepts hindous comme le dharma (l’ordre cosmique) ou de principes soufis comme l’union entre l’âme et le divin. De même, le delta lumineux, souvent associé à la présence du Grand Architecte de l’Univers, évoque une réalité métaphysique qui dépasse les dogmes religieux, une idée qui résonne avec la sophia perennis des pérennialistes.
Dans le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), pratiqué par de nombreuses obédiences maçonniques, cette quête d’unité est particulièrement évidente. Les 33 degrés du REAA, qui vont de l’Apprenti au Souverain Grand Inspecteur Général, constituent un chemin initiatique qui conduit l’initié à transcender les apparences pour atteindre une vérité universelle. Au 18e degré, celui de Chevalier Rose-Croix, le maçon médite sur la rédemption et la régénération, des thèmes qui évoquent la gnose pérennialiste, cette connaissance directe du divin qui transcende les formes extérieures. Au 30e degré, Chevalier Kadosh, l’initié explore la justice et le sacrifice, des principes qui, selon les pérennialistes, sont au cœur de toutes les traditions spirituelles authentiques.
L’initiation et la transmission
Le pérennialisme et la franc-maçonnerie partagent également une vision commune de l’initiation comme voie d’accès à la vérité. Pour les pérennialistes, la connaissance de la Tradition primordiale ne peut être atteinte que par une initiation, un processus qui implique une transformation intérieure et une transmission de maître à disciple. Cette idée est centrale dans la franc-maçonnerie, où l’initiation – marquée par des rituels comme le passage dans la Chambre de Réflexion ou la réception de la lumière – est le point de départ d’un chemin spirituel. Dans le REAA, chaque degré est une étape de cette initiation, une progression vers une compréhension plus profonde des mystères de l’univers.
Rue René Guenon à Blois
René Guénon lui-même, dans son ouvrage Aperçus sur l’initiation (1946), a reconnu la franc-maçonnerie comme une voie initiatique authentique, bien qu’il ait critiqué certaines obédiences modernes pour leur perte de caractère sacré. Pour Guénon, la franc-maçonnerie, dans sa forme originelle, était une institution qui transmettait des vérités ésotériques, mais il déplorait que beaucoup de loges, sous l’influence de la modernité, se soient transformées en clubs sociaux ou en organisations politiques. Cette critique trouve un écho dans les débats internes à la franc-maçonnerie, où certains maçons appellent à un retour à l’ésotérisme et à la spiritualité, en opposition à une vision plus rationaliste ou sociétale de l’Ordre.
La critique de la modernité
Enfin, la critique de la modernité, qui est au cœur du pérennialisme, résonne avec certaines réflexions maçonniques. Les pérennialistes reprochent à la modernité d’avoir rompu le lien avec le sacré, en privilégiant le rationalisme, le matérialisme, et le progrès technologique au détriment de la spiritualité. Cette critique fait écho à des préoccupations exprimées par certains maçons, qui déplorent que la franc-maçonnerie moderne ait parfois perdu son caractère initiatique pour devenir un espace de débat politique ou social. Dans de nombreuses obédiences, des efforts ont été faits pour recentrer les travaux sur la spiritualité, en explorant des thèmes comme la méditation symbolique, la quête intérieure, et la connexion avec le divin, une démarche qui s’aligne avec les préoccupations pérennialistes.
Tensions et divergences : les limites de la rencontre
Malgré ces convergences, la rencontre entre le pérennialisme et la franc-maçonnerie n’est pas exempte de tensions. Ces tensions tiennent à des différences fondamentales dans leur approche de la spiritualité, de la tradition, et de la modernité.
Une vision de la tradition
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
Le pérennialisme adopte une vision rigide de la tradition, qu’il voit comme un ensemble de principes immuables, transmis à travers des institutions initiatiques spécifiques. Pour les pérennialistes, toute déviation de ces principes – comme l’adaptation des traditions aux réalités modernes – est une forme de corruption. Cette vision entre en tension avec la franc-maçonnerie, qui, depuis ses origines, a su évoluer pour s’adapter aux contextes historiques. Par exemple, la franc-maçonnerie moderne a intégré des valeurs des Lumières, comme la liberté, l’égalité, et la fraternité, qui sont en partie issues de la modernité qu’abhorrent les pérennialistes. De même, certaines obédiences ont adopté la mixité, une innovation que les pérennialistes, attachés à des hiérarchies traditionnelles, pourraient juger contraire à la Tradition primordiale.
Le rapport à la modernité
La critique pérennialiste de la modernité, bien qu’elle trouve un écho dans certains cercles maçonniques, est également une source de divergence. Si les pérennialistes rejettent en bloc la modernité, la franc-maçonnerie a souvent cherché à dialoguer avec elle, en intégrant des idées progressistes tout en préservant son caractère initiatique. Par exemple, des obédiences comme le Grand Orient de France ont adopté une approche laïque et rationaliste, qui s’inscrit dans la modernité, tandis que d’autres, comme la Grande Loge Nationale Française (GLNF), ont cherché à concilier tradition et modernité. Cette tension est particulièrement évidente dans le débat sur le numérique, un sujet qui a émergé avec force dans les années 2020. Alors que les pérennialistes verraient dans la digitalisation une nouvelle manifestation du matérialisme moderne, de nombreuses loges ont choisi d’utiliser ces outils pour maintenir la fraternité pendant la pandémie, tout en restant conscientes de leurs limites.
L’approche de l’ésotérisme
Enfin, l’approche de l’ésotérisme diffère entre les deux courants. Pour les pérennialistes, l’ésotérisme est une voie élitiste, réservée à ceux qui ont été initiés dans une tradition spécifique. Cette vision peut entrer en conflit avec la franc-maçonnerie, qui, bien qu’ésotérique dans ses rituels, se veut plus universelle et accessible. Dans certaines obédiences, des initiatives comme les tenues blanches ouvertes ou les conférences publiques ont permis d’ouvrir les travaux à des profanes, une démarche qui pourrait être perçue comme une dilution de l’ésotérisme par les pérennialistes.
Le pérennialisme dans la pratique maçonnique : une source d’inspiration
Malgré ces tensions, le pérennialisme peut être une source d’inspiration pour la franc-maçonnerie, en l’invitant à approfondir sa dimension spirituelle et à explorer les traditions ésotériques du monde. Dans de nombreuses loges, des maçons ont cherché à intégrer certaines idées pérennialistes dans leurs travaux, tout en restant fidèles à l’universalisme maçonnique.
Bijou maçonnique du grade de chevalier rose-croix.
Par exemple, des tenues thématiques sur l’unité des traditions spirituelles ont été organisées dans diverses obédiences, permettant aux maçons d’explorer les points communs entre les symboles maçonniques et ceux d’autres traditions. Lors d’une tenue au 18e degré, Chevalier Rose-Croix, dans une loge du REAA, un maçon a proposé une méditation sur la rose, qu’il a reliée au lotus bouddhiste, symbole de pureté et de renaissance. Cette réflexion, inspirée par la vision pérennialiste de Schuon, a permis d’enrichir la compréhension du degré, en montrant comment des symboles apparemment différents peuvent converger vers une même vérité.
Des conférences sur les penseurs pérennialistes, comme René Guénon et Frithjof Schuon, ont également été organisées dans des obédiences maçonniques, pour sensibiliser les membres à leurs idées. Ces événements, souvent ouverts aux profanes, ont permis de nourrir le débat sur la place de l’ésotérisme et de la spiritualité dans la franc-maçonnerie contemporaine. Un maçon, ayant assisté à une telle conférence, a partagé : « Les idées de Guénon m’ont fait réfléchir à la profondeur de nos rituels. J’ai réalisé que la franc-maçonnerie, dans son essence, est une voie vers l’unité, une quête qui transcende les religions. »
Enfin, la critique pérennialiste de la modernité a inspiré certains maçons à recentrer leurs travaux sur la spiritualité, en réponse à la montée du matérialisme. Des loges ont organisé des retraites initiatiques en nature, où les membres peuvent se ressourcer loin des distractions technologiques et méditer sur des symboles universels, comme le soleil, la lune, ou l’arbre de vie. Ces retraites, qui s’inspirent de l’idée pérennialiste d’un retour au sacré, ont permis aux maçons de renouer avec leur quête intérieure, dans un monde dominé par le bruit et l’agitation.
Vers une Franc-maçonnerie pérenne et universelle
Le pérennialisme, avec sa vision de la Tradition primordiale, offre à la franc-maçonnerie une perspective riche et stimulante, qui l’invite à approfondir sa dimension spirituelle et à explorer les sagesses du monde. Les convergences entre ces deux courants – l’unité transcendante, l’initiation, la critique de la modernité – montrent que la franc-maçonnerie peut être une voie pérenne, capable de réunir les traditions dans une quête commune de lumière. Cependant, les tensions entre le pérennialisme et la franc-maçonnerie – sur la vision de la tradition, le rapport à la modernité, et l’approche de l’ésotérisme – rappellent que cette rencontre doit être abordée avec nuance et discernement.
En explorant les symboles universels, en dialoguant avec les traditions du monde, et en recentrant ses travaux sur la spiritualité, la franc-maçonnerie peut s’inspirer du pérennialisme pour incarner la sophia perennis, une sagesse intemporelle qui transcende les époques et les cultures. Que cette quête de l’unité continue d’inspirer les maçons, en leur rappelant que la franc-maçonnerie, dans sa plus belle expression, est un pont entre les traditions, un temple où l’humanité se retrouve dans sa quête de lumière.
La réunion commémorative a eu lieu dans la salle O’Higgins du Palais de la Moneda, marquant le premier anniversaire de la résolution qui a créé le Bureau des affaires religieuses (ONAR).
La ministre secrétaire générale de la présidence, Macarena Lobos, ainsi que le sous-secrétaire Nicolás Facuse et le directeur de l’ONAR, Omar Cortés, ont pris la parole pour commémorer cette étape importante, devant un grand nombre de représentants des religions et des spiritualités présents à l’événement.
Le Grand Maître de la Grande Loge du Chili était présent, accompagné de José Manuel León P., Délégué Spécial du Grand Maître pour les Affaires Religieuses.
Le Grand Maître a ensuite noté : « Bien que l’ONAR soit une institution initialement centrée sur le monde religieux, elle s’est ouverte à d’autres spiritualités, et en ce sens, la Grande Loge du Chili a trouvé un espace de dialogue et de reconnaissance du rôle des différentes visions de l’esprit humain, qui doivent être compatibles pour le bien de la société et l’appréciation de la liberté de conscience. La spiritualité laïque, que la Franc-Maçonnerie défend parmi les libertés de conscience, est fondamentale pour la liberté de croyance, et il y aura toujours un grand respect pour la religion et un désir de construire des convictions communes pour le bien de notre pays. »
La Grande Loge Nationale Française (GLNF) a le plaisir de vous convier à une soirée de recherche et d’échange dans le cadre des prestigieuses Conférences publiques Villard de Honnecourt, un rendez-vous incontournable pour les esprits curieux et les chercheurs de vérité. Cet événement, qui s’inscrit dans la tradition humaniste et intellectuelle de la franc-maçonnerie, se tiendra le lundi 28 avril 2025, de 20h00 à 22h00, à la Maison des Maçons de la GLNF, située au 12 rue Christine de Pisan, Paris 17e (métro : Pont Cardinet).
Thème d’Actualité : L’Hybridation de l’Homo Sapiens et de l’Intelligence Artificielle
Tribu préhistorique dans une grotte
À l’aube du XXIe siècle, l’humanité se trouve à un tournant décisif de son histoire. Les avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle (IA) soulèvent des questions fondamentales sur notre nature, notre avenir, et notre rapport à la technologie. Comment l’hybridation entre l’Homo sapiens et l’IA redéfinit-elle notre identité, nos capacités cognitives, et nos valeurs éthiques ? Quels sont les enjeux spirituels, sociaux, et philosophiques de cette révolution technologique ? Ces interrogations, qui touchent à la fois à la science, à la morale, et à la quête de sens, seront au cœur de cette soirée exceptionnelle.
Professeur Raphaël Gaillard
Le thème choisi, « L’hybridation de l’Homo sapiens du XXIe siècle et de l’Intelligence Artificielle », invite à une réflexion profonde sur les transformations de notre époque. La franc-maçonnerie, fidèle à sa vocation de recherche de la lumière et de compréhension de l’univers, se doit d’explorer ces questions avec rigueur et ouverture d’esprit. Cette conférence offrira un espace de dialogue unique, où la science, la sociologie, et la pensée maçonnique se rencontreront pour éclairer les défis et les opportunités de cette hybridation.
Conférencier de Renom : Le Professeur Raphaël Gaillard
Nous avons l’honneur d’accueillir le Professeur Raphaël Gaillard, une figure éminente du monde académique et scientifique français, qui sera reçu à l’Académie française le 22 mai 2025. Médecin, psychiatre, écrivain, et spécialiste des neurosciences cognitives, le Professeur Gaillard est reconnu pour ses travaux sur le fonctionnement du cerveau, la conscience, et les interactions entre la biologie et la technologie. Auteur de plusieurs ouvrages de référence, il a su vulgariser des concepts complexes tout en posant des questions éthiques essentielles sur l’avenir de l’humanité. Lors de cette conférence, il partagera ses recherches et ses réflexions sur l’impact de l’intelligence artificielle sur les capacités cognitives humaines, explorant les promesses et les risques de cette hybridation.
Le Professeur Gaillard abordera des sujets aussi fascinants que la possibilité d’augmenter les capacités cérébrales grâce à l’IA, les implications pour la santé mentale, et les dilemmes éthiques liés à l’intégration de technologies dans le corps et l’esprit humains. Sa perspective, à la croisée de la science et de la philosophie, offrira un éclairage précieux pour tous ceux qui s’interrogent sur l’avenir de notre espèce.
Un Échange Stimulant avec le Dr. Franck Frégosi
Non le cerveau n’est pas mécanique
Pour enrichir cette réflexion, le Professeur Gaillard sera accompagné d’un « discutant » de haut niveau : le Dr. Franck Frégosi, Directeur de recherches au CNRS, sociologue et politiste. Spécialiste des dynamiques sociales et des transformations culturelles, le Dr. Frégosi apportera une perspective complémentaire en explorant les impacts sociétaux de l’hybridation entre l’Homo sapiens et l’IA. Comment cette révolution technologique affecte-t-elle nos relations sociales, nos institutions, et nos valeurs collectives ? Quels sont les risques de fracture sociale, d’inégalités accrues, ou de perte d’autonomie face à des systèmes algorithmiques toujours plus puissants ? Le Dr. Frégosi, connu pour ses analyses rigoureuses et ses travaux sur les mutations contemporaines, engagera un dialogue avec le Professeur Gaillard, offrant ainsi une vision multidimensionnelle de ce sujet complexe.
Un Cadre Prestigieux : La Maison des Maçons de la GLNF
Grande Loge Nationale Francaise GLNF Siege social 12 rue Christine de Pisan Paris 17e Photo : Yonnel Ghernaouti
L’événement se déroulera dans le cadre élégant et symbolique de la Maison des Maçons de la GLNF, située au 12 rue Christine de Pisan, dans le 17e arrondissement de Paris. Facilement accessible via le métro (station Pont Cardinet, ligne 14), ce lieu chargé d’histoire est un espace où la tradition maçonnique rencontre la modernité. La salle de conférence, ornée de symboles maçonniques, offrira un cadre propice à la réflexion et à l’échange, dans une atmosphère empreinte de sérénité et de fraternité.
Une Soirée d’Échange et de Réflexion
Cette conférence s’adresse à tous – maçons, profanes, chercheurs, étudiants, ou simples curieux – qui souhaitent explorer les enjeux de l’hybridation entre l’Homo sapiens et l’intelligence artificielle. Elle sera suivie d’un temps d’échange avec le public, où vous pourrez poser vos questions au Professeur Raphaël Gaillard et au Dr. Franck Frégosi, et partager vos propres réflexions. Cette soirée sera également l’occasion de découvrir la GLNF, une obédience maçonnique qui, depuis sa fondation, s’attache à promouvoir la recherche de la vérité, le perfectionnement de soi, et l’engagement humaniste.
Informations Pratiques et Inscriptions (Places limitées)
Date et heure : Lundi 28 avril 2025, de 20h00 à 22h00
Lieu : Maison des Maçons de la GLNF, 12 rue Christine de Pisan, 75017 Paris (métro : Pont Cardinet, ligne 14)
Discutant : Dr. Franck Frégosi, Directeur de recherches au CNRS, sociologue et politiste
Inscriptions : Les places étant limitées, nous vous invitons à vous inscrire dès à présent via le lien suivant : Cliquez ici pour vous inscrire
L’entrée est gratuite, mais l’inscription est obligatoire pour des raisons d’organisation et de sécurité. Nous vous recommandons d’arriver à 19h45 afin de prendre place dans les meilleures conditions.
La Grande Loge Nationale Française vous invite à participer à cette soirée unique, où la science, la sociologie, et la pensée maçonnique se rencontreront pour explorer l’un des enjeux les plus fascinants de notre époque. Venez écouter le Professeur Raphaël Gaillard et le Dr. Franck Frégosi, échanger avec eux, et contribuer à une réflexion collective sur l’avenir de l’humanité. Que vous soyez maçon ou profane, cette conférence sera une occasion de nourrir votre esprit, d’élargir vos horizons, et de découvrir la richesse des Conférences publiques Villard de Honnecourt.
Nous vous attendons nombreux le 28 avril 2025 pour une soirée qui promet d’être aussi instructive qu’inspirante. Ensemble, continuons à chercher la lumière, à comprendre le monde, et à bâtir un avenir plus fraternel.
Quelle est la force spirituelle des musiques sacrées du monde ? Quel est leur pouvoir ? Dans cette émission, nous vous invitons à voyager à travers le monde en écoutant ces musiques où se croisent spiritualité, religion, culture et traditions, en compagnie de Gérard Kurkdjian, musicien, auteur du « Grand livre des musiques sacrées du Monde » paru en 2016 chez Albin Michel, et l’un des fondateurs du festival des musiques sacrées de Fès au Maroc qui existe depuis 1994, et de nombreux autres festivals, à Udaipur en Inde, à Erevan en Arménie, dont il est originaire.
Plongée dans la puissance spirituelle de la musique sacrée, avec notre grand invité, Gérard Kurkdjian.
Invité : Gérard Kurkdjian, musicien, spécialiste des musiques sacrées, co-fondateur du festival des Musiques Sacrées de Fès, auteur du « Grand Livre des Musiques Sacrées du Monde » (Éd. Albin Michel, 2016), « Méditations musicales : comment méditer avec les plus belles musiques du monde » (Éd. Dervy, 2019), « Abeilles de l’indicible – recueil de poésies » (Éd. Spinelle, 2021), « Raga de Nuit – Passions sur le Gange » (Éd. Spinelle, 2023), « L’Autre Monde – Poésies » (Éd. Complicités, 2024).
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris, ce mardi 8 avril 2025, le décès de notre Frère Pierre Audureau, une figure respectée de la franc-maçonnerie française, qui a rejoint l’Orient Éternel à l’âge de 87 ans. Cette nouvelle, relayée par notre confrère GADLU info, marque la fin d’une vie dédiée à la quête de connaissance, à l’initiation maçonnique et à la transmission des valeurs de fraternité. Pierre Audureau, avait participé lors de la création de 450fm avec un article que vous trouverez ici.
Il était normalien, agrégé de mathématiques, enseignant, entrepreneur, et maçon passionné, laisse derrière lui un héritage intellectuel et spirituel qui continuera d’inspirer les Sœurs et Frères de toutes obédiences. Cet article se veut un hommage vibrant à un homme dont la fougue, l’érudition, et l’engagement ont marqué des générations de maçons et de profanes.
Une Vie Profane d’Excellence et d’Ascension Sociale
Pierre Audureau est né le 28 novembre 1937 à Bordeaux, dans une famille modeste où son père était ouvrier et sa mère au foyer. Il a grandi dans un quartier ouvrier de la ville, une période qui l’a marqué à jamais. Enfant, il a connu les nombreuses difficultés auxquelles une famille modeste peut être confrontée, où chaque aléa de la vie semblait insurmontable. Ces années d’enfance, empreintes de défis, ont forgé son caractère et sa détermination, lui donnant une sensibilité particulière aux enjeux sociaux et à la valeur de l’éducation comme levier d’émancipation.
Reçu à l’École Normale primaire, Pierre Audureau a représenté une immense fierté pour ses parents, pour qui le métier d’instituteur symbolisait une étape majeure d’ascension sociale. Il a débuté sa carrière comme instituteur, un rôle qu’il a exercé avec cœur, mais qu’il a choisi d’abandonner pour viser plus haut. Animé par une soif d’apprendre et de se dépasser, il a préparé les concours de l’enseignement supérieur, un pari audacieux qui l’a conduit à intégrer l’École Normale Supérieure. Là, il a brillamment obtenu l’agrégation de mathématiques, un titre qui témoigne de son excellence académique et de sa rigueur intellectuelle.
Pierre Audureau a ensuite embrassé une carrière d’enseignant, où il a officié en Mathématiques Spéciales, préparant des étudiants aux grandes écoles, et à la Faculté des Sciences économiques, où il a partagé son expertise en mathématiques appliquées. Parallèlement, il s’est lancé dans une carrière d’entrepreneur, devenant conseiller d’entreprise puis chef d’entreprise dans des domaines aussi variés que l’informatique, la recherche opérationnelle, les optimisations industrielles, le développement des réseaux commerciaux (notamment dans l’informatique et les banques), et la négociation internationale. Cette double carrière illustre sa capacité à conjuguer la pensée abstraite des mathématiques avec le pragmatisme des affaires, une qualité qui a fait de lui un homme d’exception, à la croisée des mondes académique et entrepreneurial.
Un Parcours Maçonnique Exemplaire : La Loge Anglaise 204
Pierre Audureau a été initié dans la franc-maçonnerie au sein du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), un rite qu’il a choisi pour sa profondeur spirituelle et son universalisme. Il est devenu membre de la Loge Anglaise 204, une loge historique fondée à Bordeaux en 1732, aux premiers temps de la franc-maçonnerie française. Cette loge, l’une des plus anciennes de France, est affiliée à la Grande Loge de France (GLDF), une obédience qui valorise la tradition initiatique tout en s’ouvrant aux questionnements contemporains. Pour Pierre, la Loge Anglaise 204 n’était pas seulement un espace de travail maçonnique, mais un véritable foyer spirituel, où il a pu explorer les mystères de l’initiation et tisser des liens fraternels profonds.
Au sein de sa loge, Pierre Audureau s’est rapidement distingué par sa fougue et son engagement. Il était connu pour ses prises de position parfois controversées, notamment dans son pamphlet Pamphlet explicite sur le jugement de la Loge Anglaise 204, publié sur GADLU.info. Dans ce texte, il dénonçait avec vigueur ce qu’il percevait comme des dérives au sein de la GLDF, notamment l’influence excessive du Suprême Conseil du REAA (SCDF) sur les loges bleues. Il y critiquait le « souchage », une pratique où certains hauts gradés imposaient leurs diktats aux loges, au détriment de leur indépendance. Ce pamphlet, écrit dans un style incisif et imagé, reflète la passion de Pierre pour la liberté maçonnique. Il y évoque un cauchemar où des maçons libres-penseurs, dont lui-même, sont brûlés sur un bûcher place de l’Étoile, tandis que des « ayatollahs » maçonniques brandissent un « petit livre rouge » intitulé Rituel. Ce texte, bien que polémique, témoigne de son attachement profond à l’idéal maçonnique d’un homme libre dans une loge libre, une valeur qu’il a défendue jusqu’à son dernier souffle.
Mais Pierre Audureau n’était pas seulement un maçon contestataire. Il était aussi un travailleur acharné, un Frère qui mettait son érudition au service de ses Sœurs et Frères. Ses planches, toujours minutieusement préparées, étaient des moments de partage et de réflexion, où il mêlait rigueur intellectuelle et sensibilité spirituelle. Il avait une capacité unique à rendre accessibles des concepts complexes, qu’il s’agisse de symbolisme maçonnique, de métaphysique, ou de philosophie. Ses interventions en loge, souvent empreintes d’humour et de finesse, étaient attendues avec impatience par ses Frères, qui voyaient en lui un guide et un inspirateur.
Une Œuvre Littéraire au Service de l’Initiation
Pierre Audureau était également un écrivain prolifique, dont l’œuvre littéraire constitue un legs précieux pour la franc-maçonnerie contemporaine. Ses écrits, qui oscillent entre essais scientifiques et réflexions initiatiques, témoignent de sa volonté de transmettre les richesses de la voie maçonnique à un public aussi bien initié que profane. Voici un aperçu complet de son œuvre, qui a marqué les esprits par sa profondeur et son accessibilité :
L’Initiation maçonnique, les ressorts cachés (2011, MdV Éditeur) : Dans cet ouvrage, Pierre explore les mécanismes profonds de l’initiation maçonnique, en s’intéressant aux transformations intérieures qu’elle suscite chez l’initié. Il y analyse les rituels du REAA, en montrant comment chaque symbole, chaque geste, agit sur la psyché et l’âme du maçon. Ce livre, salué pour sa clarté et sa profondeur, est devenu une référence pour les apprenants en quête de sens.
Le Nombre trois et ses mystères (2013, MdV Éditeur) : Dans cet essai, Pierre Audureau combine son amour des mathématiques et sa passion pour le symbolisme maçonnique. Il explore la signification du nombre trois, un chiffre central dans la franc-maçonnerie (les trois piliers, les trois lumières, les trois grades symboliques), et montre comment ce nombre relie les traditions spirituelles du monde entier. Ce livre, qui mêle rigueur scientifique et méditation ésotérique, a été largement apprécié pour sa capacité à éclairer les mystères de la symbolique maçonnique.
Planches : comment les réussir ? (2013, Dervy, collection Les outils maçonniques du XXIe siècle) : Propulsé parmi les best-sellers maçonniques, cet ouvrage est un guide pratique destiné aux apprenants, compagnons, et jeunes maîtres. Pierre y partage des méthodes simples et précises pour rédiger et présenter une planche, cet exercice incontournable du travail maçonnique. Il insiste sur l’importance de la planche comme un acte de partage fraternel, un « magnifique cadeau » à offrir à la loge. Ce livre, qui s’adresse aussi aux surveillants et aux profanes curieux, est devenu un outil indispensable pour de nombreux maçons.
Les Francs-Maçons sont ce qu’ils sont (2014, Maison de Vie) : Dans cet ouvrage au ton inspiré des Caractères de La Bruyère, Pierre Audureau dresse une galerie de portraits humoristiques et parfois caustiques des maçons qu’il a croisés au fil de son parcours. Il y évoque les travers et les dérives de certains Frères, tout en célébrant la beauté de la démarche initiatique. Ce livre, qui s’adresse autant aux initiés qu’aux profanes, montre que les maçons, malgré la gravité de leur quête, savent rire d’eux-mêmes et parler librement de leurs imperfections.
Une franc-maçonnerie dévoyée par l’ego : dans les couloirs cachés de l’institution maçonnique (date de publication non précisée, MdV Éditeur) : Dans cet essai, Pierre Audureau livre une réflexion critique sur les dérives de la franc-maçonnerie contemporaine. Il y dénonce l’ego et les ambitions personnelles qui, selon lui, ont parfois corrompu l’esprit maçonnique, transformant certaines loges en espaces de pouvoir plutôt que de fraternité. Ce livre, bien que polémique, reflète son engagement pour une franc-maçonnerie authentique, centrée sur la quête spirituelle et l’amour fraternel.
L’œuvre de Pierre Audureau est un pont entre le profane et l’initié, entre la rigueur scientifique et la quête spirituelle. Ses livres, écrits dans un style clair et accessible, ont permis à de nombreux maçons de mieux comprendre leur chemin initiatique, tout en offrant aux profanes un aperçu de la richesse de la franc-maçonnerie. Mais au-delà de ses écrits, c’est sa présence en loge, sa générosité, et sa passion qui ont marqué ceux qui ont eu la chance de le côtoyer.
Un Frère Fougueux et Engagé
Pierre Audureau était un maçon passionné, parfois fougueux, mais toujours animé par un amour sincère pour la franc-maçonnerie et ses idéaux. Sa fougue s’exprimait dans ses prises de position, comme en témoigne son pamphlet sur la Loge Anglaise 204, où il n’hésitait pas à critiquer ce qu’il percevait comme des abus de pouvoir au sein de la GLDF. Mais cette fougue était aussi une force, une énergie qui le poussait à s’engager pleinement dans ses travaux maçonniques. Il était de ces Frères qui ne se contentent pas de suivre les rituels, mais qui cherchent à en comprendre le sens profond, à les vivre avec cœur et esprit.
Son engagement ne se limitait pas à sa loge. Pierre Audureau était un maçon qui aimait partager, transmettre, et inspirer. Il participait régulièrement à des événements maçonniques, comme des week-ends d’immersion ou des salons du livre, où il enchantait les participants par sa culture, son humour, et sa capacité à rendre vivants les concepts les plus abstraits. Un Frère qui l’a côtoyé lors d’un week-end d’immersion à Bordeaux a témoigné : « Pierre nous a parlé du travail des planches avec une telle passion, un tel humour, que nous étions tous captivés. Il nous a montré que la franc-maçonnerie est une voie de joie, de partage, et de transformation. »
Pierre était aussi un Frère d’une grande générosité. Il prenait le temps d’écouter les apprenants, de les guider dans leurs premières planches, et de les encourager à trouver leur propre voix. Il croyait fermement que la franc-maçonnerie devait être un espace de liberté, où chaque maçon pouvait s’exprimer, grandir, et contribuer à la quête collective de lumière. Cette vision, qu’il a défendue avec ardeur tout au long de sa vie, restera un phare pour les générations futures.
Son prochain ouvrage dans la collection de Jacques Carletto chez Dervy est en cours de fabrication et sera titré :
« LA SCIENCE RÉINVENTE-T ELLE DIEU ? »
était-ce un titre prémonitoire ?
Voici sa dernière interview pour les Éditions Dervy il y a quelques mois
De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz P.G.M.
Dans le silence solennel des temples maçonniques, où les symboles murmurent des vérités intemporelles, la cyclologie – l’étude des cycles – s’impose comme une clé pour comprendre les mystères de l’univers et de l’âme humaine. Mario Múnera Muñoz, ancien Grand Maître, nous invite à explorer cette discipline méconnue, qui éclaire le chemin initiatique de la franc-maçonnerie.
À travers les cycles de la nature, de l’histoire et de la vie humaine, la cyclologie révèle l’harmonie universelle qui sous-tend notre quête de lumière. En franc-maçonnerie, elle devient un outil puissant pour saisir la nature répétitive et transformatrice de l’existence, nous guidant vers une conscience plus élevée et une connexion profonde avec le cosmos.
La Cyclologie : une Science des Cycles et de l’Harmonie
La cyclologie, bien que peu reconnue dans les dictionnaires traditionnels, est l’étude des cycles – ces périodes de temps qui, une fois achevées, recommencent dans un ordre immuable. Selon le Dictionnaire de la langue espagnole, un cycle est une « période de temps qui recommence à compter » ou un « ensemble de phénomènes qui se répètent de manière ordonnée ». De la rotation des astres aux saisons, des marées aux phases lunaires, la nature tout entière est rythmée par des cycles essentiels à l’équilibre de l’univers. Ces rythmes, qui régissent aussi bien les phénomènes cosmiques que les comportements humains – jour et nuit, sommeil et veille, émotions et pensées – sont au cœur de la recherche scientifique et spirituelle.
La cyclologie ne se limite pas à observer ces modèles ; elle cherche à comprendre comment ils influencent nos vies et l’univers dans son ensemble. Les cycles de l’histoire humaine, par exemple, nous ont permis d’évoluer : sans eux, nous serions encore tapis dans des grottes, comme le souligne Múnera Muñoz. Comprendre ces rythmes nous aide à ordonner le chaos, à anticiper les événements futurs, et à cultiver des vertus essentielles : patience, résilience, adaptabilité. Mais l’homme, unique parmi les êtres vivants, a la fâcheuse tendance à « buter sans cesse sur la même pierre », nous rappelle l’auteur, soulignant notre difficulté à tirer les leçons des cycles passés.
Les Cycles Spirituels : Réincarnation et Transcendance
Sur le plan spirituel, la cyclologie prend une dimension encore plus profonde. Les traditions millénaires, de l’Égypte antique à l’Inde védique, nous enseignent la nature cyclique de l’existence. La réincarnation, ou « transmigration des âmes » selon les philosophes de l’Antiquité comme Pythagore et Platon, est un processus de purification du karma à travers de multiples cycles de vie. Chaque existence est une étape vers la libération de l’âme, un voyage qui, une fois achevé, permet de transcender ce plan matériel. Les grands maîtres spirituels – Bouddha, Jésus, Krishna, Melchisédech – sont des exemples d’êtres ayant atteint cette transcendance, revenant parmi nous pour guider l’humanité hors de la dualité et de la souffrance.
Ce processus cyclique donne un sens à notre présence sur Terre. Comme le souligne Múnera Muñoz, sans la réincarnation, « il n’y aurait aucun sens à exister sur ce plan ». Les cycles nous offrent l’opportunité d’apprendre, de corriger nos erreurs, et de grandir spirituellement. Ils nous invitent à « ouvrir notre conscience » pour voir la réalité de la vie, de l’univers et de ses lois. Tout est connecté, tout est « l’Un », le « Tout », ou « Dieu ». La cyclologie, en révélant cette interconnexion, devient une passerelle vers une compréhension plus profonde de notre place dans le cosmos.
La Franc-Maçonnerie : un Art Cyclique de Transformation
Livre d’astrologie avec une bougie. Le cycle des signes zodiacaux sur un fond de magie
La franc-maçonnerie, en tant qu’institution initiatique, intègre pleinement la cyclologie dans son symbolisme, ses rituels et sa philosophie. Depuis des temps immémoriaux, les humains ont observé le cosmos – le mouvement du soleil, de la lune, des étoiles – pour y lire l’ordre et l’harmonie universels. Les temples maçonniques, érigés à la Sagesse, reflètent cette vision : leur architecture symbolise le cosmos, et leurs rituels incarnent les cycles de la création. Comme le rappelle Múnera Muñoz, le principe maçonnique « Ordo Ab Chao » (l’ordre à partir du chaos) trouve son écho dans l’harmonie des cycles cosmiques. Un désordre dans le cosmos, ou dans notre être, engendre le chaos ; la franc-maçonnerie nous enseigne à rétablir cet ordre à travers un travail intérieur.
Les rituels maçonniques sont eux-mêmes des cycles de mort et de renaissance symboliques. Chaque degré – Apprenti, Compagnon, Maître – marque une étape de ce processus, où l’initié abandonne ses anciennes habitudes pour embrasser de nouvelles perspectives. Le passage d’un degré à l’autre est un cycle d’apprentissage, de croissance et de développement des vertus. La légende d’Hiram Abiff, au cœur du grade de Maître, illustre cette cyclicité : la mort d’Hiram symbolise la fin de l’ancien moi, et sa résurrection spirituelle annonce la naissance d’un nouvel être, plus conscient, plus éclairé.
Les symboles maçonniques, tels que l’équerre et le compas, incarnent également cette nature cyclique. L’équerre représente le plan terrestre, le compas la création d’un cosmos ordonné ; ensemble, ils régulent les cycles de la vie et de l’esprit. Le sol à damier, avec ses carreaux noirs et blancs, symbolise la dualité – bien et mal, lumière et ombre – qui rythme notre existence. La règle, autre symbole maçonnique, représente le temps, un cycle éternel qui guide le travail d’élévation de conscience. À travers ces symboles, la franc-maçonnerie nous enseigne que rien n’est statique : tout bouge, tout se transforme, et notre quête de sagesse est un cycle de croissance continue.
Le Temple Maçonnique : un Microcosme Cyclique
Le temple maçonnique est un microcosme, un reflet du cosmos. Ses rituels, ses symboles, son architecture sont conçus pour aider l’initié à comprendre sa place dans l’univers. Comme le souligne Múnera Muñoz,
« le Temple Maçonnique, dédié à la Sagesse, représente la nature cyclique de la création ».
Chaque élément du temple – de l’orientation vers l’Est, symbole du soleil levant, à la disposition des officiers – évoque les rythmes cosmiques. Les travaux en loge, répétés selon un calendrier précis, suivent eux-mêmes un cycle qui relie les maçons à une chaîne de connaissances infinie, une tradition qui s’étend à travers les générations.
La cyclicité renforce l’idée que l’apprentissage et la croissance sont des processus éternels. Les rituels, répétés à chaque tenue, ne sont pas de simples formalités : ils sont des rappels vivants de notre engagement à évoluer, à polir notre pierre brute, à transcender nos limites. En franc-maçonnerie, comprendre les cycles personnels et universels permet de s’adapter aux changements, de trouver l’harmonie dans le mouvement incessant de la vie. Comme le dit l’adage maçonnique, « tout a son temps » : il y a des moments de croissance, de récolte, de repos et de renouveau.
Une Quête Éternelle pour le Bien de l’Humanité
La cyclologie, en franc-maçonnerie, est bien plus qu’une étude théorique des cycles : elle est un cadre pour comprendre le chemin initiatique comme un voyage de transformation continue. Chaque degré, chaque rituel, chaque symbole nous rappelle que notre quête de lumière n’a pas de fin définitive. Nous sommes des ouvriers d’Hiram Abiff, des bâtisseurs éternels, appelés à travailler sans relâche sur nous-mêmes et pour l’humanité. La franc-maçonnerie valorise la recherche de la vérité, et les cycles – qu’ils soient cosmiques, personnels ou initiatiques – sont des outils pour atteindre une conscience accrue, une transformation profonde, un apprentissage sans fin.
Sœurs et Frères, en comprenant et en assimilant les cycles, nous pouvons vivre de manière plus harmonieuse et consciente, en nous souvenant que nous faisons partie d’un tout plus vaste. La franc-maçonnerie, à travers son symbolisme et ses rituels, nous guide sur ce chemin. Que notre travail dans les temples, rythmé par les cycles de la vie et de la tradition, nous permette de construire un monde où règnent la Sagesse, la Force et la Beauté. Comme le conclut Múnera Muñoz,
« les cycles nous rappellent que tout est connecté, que tout est l’Un ».
Que cette vérité éclaire notre chemin, aujourd’hui et pour l’éternité.
La cérémonie, qui a eu lieu à 6 heures du matin, a commencé par une marche rituelle qui a débuté dans la rue El Carapo, dans le secteur Alto Perú, et s’est terminée sur la place Miranda de Guasipati, où des honneurs ont été rendus au drapeau national et à la bannière de la loge, avec le chant de l’hymne national et de l’hymne maçonnique, respectivement. Une offrande florale a ensuite été effectuée sous les lumières de l’atelier, suivie d’une plaque faisant allusion à l’événement, et d’une pièce de théâtre.
L’importance de préserver les principes maçonniques hérités, tels que la tolérance, le dévouement et la charité, a également été soulignée. L’expression « l’homme qui ne fait jamais d’erreur est celui qui n’a jamais rien fait » a été citée, soulignant la nécessité d’agir et d’apprendre en permanence. L’événement s’est conclu par un agréable partage entre les chers frères, invités et amis du secteur Alto Perú, renforçant ainsi les liens de fraternité et d’engagement envers les idéaux de liberté et d’unité qui caractérisent la franc-maçonnerie.
Il convient de noter que la Loge de l’Union Fraternelle 281, basée dans le secteur Alto Perú de Guasipati, était représentée par les frères bien-aimés ; Yorangel Daniel, José Gregorio Lugo Graffe, Antonio José Ramón Delfino, Renivira García, Blasimil García Arévalo, José Gregorio Rafael Lugo Gómez, Toni Alexander Renivira, José Luis Calderón Tejidor, Marahan José Carvajal González, Carlos Alberto Gómez García, Pedro Alexandre Metz Maza, José Ramón Delfino Álvarez, Bladimir Antonio Cordero Rivas, Lewis José Moreno Bravo, Carlos Eduardo Graffe Heredia, Victor José Daniell Rivas, Vicente Alejandro Jiménez Colos et Miguel Pujol Sarregui. José García.
Dans les brumes du Beaujolais, tout près de Lyon, se dresse une forteresse médiévale dont les pierres semblent murmurer des secrets millénaires : le château d’Arginy.
Depuis les années 1950, ce domaine attire des chercheurs de tous horizons : occultistes, chasseurs de trésors, nostalgiques de l’Ordre du Temple médiéval, férus d’alchimie et de pratiques magiques. Dans une étude rare et érudite intitulée Arginy, l’histoire secrète de l’Ordre du Temple. Étude sur les armoiries dites « alchimiques » des seigneurs d’Arginy (édition limitée, novembre 2024), Daniel Robin, passionné par les Templiers, leurs doctrines et leurs « initiations », nous entraîne dans une exploration fascinante de ce lieu qui n’a pas encore livré tous ses secrets.
Depuis les années 1950, ce domaine attire des chercheurs de tous horizons : occultistes, chasseurs de trésors, nostalgiques de l’Ordre du Temple médiéval, férus d’alchimie et de pratiques magiques. Dans une étude rare et érudite intitulée Arginy, l’histoire secrète de l’Ordre du Temple. Étude sur les armoiries dites « alchimiques » des seigneurs d’Arginy (édition limitée, novembre 2024), Daniel Robin, passionné par les Templiers, leurs doctrines et leurs « initiations », nous entraîne dans une exploration fascinante de ce lieu qui n’a pas encore livré tous ses secrets.
Initialement réservée aux membres de l’Ordre des Veilleurs du Temple (Militia Templi O.V.D.T.), cette étude de plus de 50 pages tente de décrypter les armoiries sculptées au-dessus de la porte d’entrée du château d’Arginy, révélant un entrelacs de symboles, d’hypothèses et de récits troublants. Mais que cache vraiment le domaine du château d’Arginy ? Un trésor templier ? Un lieu réservé aux initiés de la Renaissance où fut pratiquée l’alchimie ? Ou dissimule-t-il un secret encore plus extraordinaire ? Plongeons avec Daniel Robin dans cette enquête où l’histoire côtoie le surnaturel, la métahistoire et l’hiérohistoire.
Mais attention, un redoutable « gardien du Seuil » veille sur le château et en protège l’accès. Gare aux curieux et aux imprudents !
En effet, selon Daniel Robin, Arginy serait un « haut-lieu » prédestiné, saturé de « fluides et d’énergies subtils » exploitées par une « entité-force » mystérieuse (« M » ou la « Bête sans Nom ») cherchant à dominer le monde avec l’aide des « 72 ». « L’Esprit l’a déserté, laissant place à des influences errantes », écrit-il, évoquant les dangers des pratiques magiques dans un lieu qui fut autrefois sacré mais qui est aujourd’hui abandonné aux forces de l’ombre. Le domaine d’Arginy serait-il un lieu prédestiné susceptible de jouer un rôle à la « Fin des Temps » ? Dans une dernière partie « fictionnnelle », Daniel Robin tente de lever le voile sur les mystères d’Arginy.
Pour les lecteurs de 450fm, nous avons divisé cette étude en quatre parties pour faciliter l’approche de l’énigme d’Arginy.
Arginy « entre dans l’histoire »
Arginy, enceinte intérieure quadrangulaire (partie Ouest), logis principaux, douves, tourelles, et tour dite « tour des 8 béatitudes » (en haut à gauche)
Le domaine du château d’Arginy est un lieu singulier qui, tout à la fois attire, fascine même, mais peut aussi effrayer, rebuter, ou susciter l’effroi dans certaines circonstances, si le chercheur, ou le « cherchant », n’est pas animé d’une intention pure dans sa quête de vérité. En tout cas, Arginy ne laisse pas indifférent. J’en ai fait l’expérience.
Le château d’Arginy m’a toujours intrigué sans que je puisse émettre un avis définitif à son sujet. J’ai toujours été méfiant, voir perplexe, à son égard. Ma position a sans cesse oscillée entre, d’une part, un dédain, voir un mépris, pour toutes les spéculations et fouilles trésoraires plus ou moins débridées et farfelues dont il s’est « paré » (« affublé » serait plus juste) au fil du temps, et d’autre part, une attirance étrange qui était entretenue par une sorte de petite voix intérieure qui me disait : « au-delà de toutes ces fariboles, il existe un vrai secret à Arginy. Continue de chercher et tu trouveras… ». Jusqu’à présent je vivais avec cette dichotomie au niveau de mon mental que je n’arrivais pas à résoudre. Aujourd’hui les choses ont changé, et je suis parvenu à la conclusion que le château d’Arginy abrite un « secret » d’une grande importance en ce qui concerne l’Ordre du Temple médiéval.
C’est en 1952 que tout semble commencer et que le château d’Arginy « entra dans l’histoire » si je puis dire. Le 12 juin 1952, fut réalisée dans le donjon du château une « opération théurgique majeure » sensée marquer la résurgence de l’Ordre du Temple et un tournant dans l’évolution spirituelle de l’Humanité. Parmi les personnes présentes à cette séance de magie cérémonielle, il y avait le médium Marcel Vayre de Bagot (surnommé « Vieux Cap »), l’alchimiste Armand Barbault, auteur de « L’Or du Millième Matin », et l’occultiste Jacques Breyer (1922-1996). Ce fut lors de cette nuit de la Saint Jean qu’eut lieu la « grande conjuration » au cours de laquelle Armand Barbault entra en communication avec un prétendu « gardien du trésor » et des entités appelées les « Archi-maîtres ». Parmi ces derniers figuraient les noms d’Apollonios de Tyane évoqué par Eliphas Levi, Thomas, qui était le guide de Jacques Breyer, Roger Bacon, Saint Thomas d’Aquin, Raymond Lulle, Saint Bernard de Clairvaux, Saint Renaud, Don Carlos Mas y Aranda de la Tradition Templière dite « Caverne espagnole », Jacques Molay, qu’il ne faut pas confondre avec le Grand Maître Jacques De Molay, et enfin Maître Philippe de Lyon. Apparemment très marqués par cette expérience, nos trois théurges furent convaincus d’être entrer en contact avec l’égrégore de l’Ordre du Temple médiéval. Cette expérience magique sera pour eux le jour d’une « nouvelle ère du Temple ».
C’est sous l’appellation d’Ordre Souverain du Temple Solaire (O.S.T.S) que ce fit cette renaissance « ésotérique » et occulte de l’Ordre du Temple à Arginy. A noter que selon nos modernes templiers, ce serait dans ce même château d’Arginy, où plus exactement dans un bâtiment (commanderie et/ou forteresse médiévale construite au XIe siècle) situé au même endroit (le château visible aujourd’hui date du XVe siècle) que serait né l’Ordre du Temple médiéval. Les récits plus ou moins légendaires qui entourent le château d’Arginy prétendent qu’il était le quartier général occulte de l’Ordre du Temple et le lieu où se tenait son chapitre secret. Il est vrai qu’à cette époque, la première forteresse devait être une bâtisse imposante dont il ne reste plus aujourd’hui que deux tours rondes dont l’image se reflète dans les eaux verdâtres de ses anciennes douves et un donjon majestueux relativement bien conservé. Ce dernier, avec ses huit ouvertures qui se répartissent à son somment, lui a valu le nom de « Tour des Huit Béatitudes » ou « Tour d’alchimie ». Selon certains « initiés », trois rivières souterraines superposées passeraient sous le château, faisant de ce lieu un nœud tellurique et énergétique particulièrement puissant. En 1883, c’est la famille de Rosemont qui acheta le domaine et les propriétaires virent alors arriver toutes sortes de personnages, dont certains se disaient mandatés par des sociétés secrètes qui souhaitaient racheter le domaine, offrant parfois des sommes énormes, car tous étaient convaincus que c’était dans ses souterrains que le fabuleux trésor des Templiers était caché. Au début des années 50, lorsqu’elle fut habitée par Jacques Breyer, cette bâtisse plutôt sinistre de l’extérieur, était comme une sorte de « centrale énergétique », un « Haut-Lieu » où cohabitaient des énergies dont l’origine n’était pas que « célestes », c’est le moins que l’on puisse dire.
Notons à ce propos que si le château d’Arginy a bien été le quartier général occulte de l’Ordre du Temple et le lieu où se tenait son chapitre secret et ses initiations, il devait être « habité » par l’Esprit à l’époque. Or, nous savons que les lieux autrefois « habités » par l’Esprit, une fois ce dernier parti, n’abritent plus que des « influences errantes » (des « écorces psychiques »), c’est-à-dire des entités psychiques des mondes intermédiaires qui peuvent alors « se faire passer » pour les « anciens locataires », en l’occurrence les chefs secrets de l’Ordre du Temple. Toute opération magique effectuée dans ces lieux désertés par l’Esprit peut alors se révéler fort dangereuse. Cette remarque vaut pour tous les anciens lieux sacrés qui étaient des centres initiatiques et qui ne remplissent plus cette fonction aujourd’hui.
Quoi qu’il en soit, Jacques Breyer vécu à Arginy une retraite spirituelle et symbolique de 7 ans lors de laquelle il écrivit ses deux premiers livres : Dante alchimiste (1957), et Arcanes solaires ou les secrets du Temple Solaire (1959). Divers phénomènes étranges se produisirent pendant les « travaux » nocturnes menés par Breyer et son équipe dans la « Tour des Huit Béatitudes » ou tour d’Alchimie : des coups frappés, des voix, des lumières, des phénomènes lumineux sur les joints des pierres, un silence étrange lors duquel tous les bruits de la nature cessèrent brusquement, des boules de plasma violettes entrèrent et sortirent à travers les ouvertures supérieures du donjon, etc. En 1953, en compagnie d’Armand Barbault, un code à base de coups fut mis en place pour communiquer avec les « Archi-maîtres ». Suivirent onze coups, aussi puissants que les coups frappés par une masse contre un mur selon les témoins, furent clairement entendus par l’assistance entre minuit et deux heures du matin. Une nuit, lors d’une séance théurgique, apparut un « S » barré sur la « Tour des Huit Béatitudes » sous la forme d’un phénomène lumineux et d’une flèche qui traversait le « S » comme un trait.
Il se trouve que ce symbole du « S » barré par une flèche se trouve représenté au moins sept fois dans ce qui semble être un blason alchimique situé au-dessus de la porte d’entrée du château d’Arginy. Etrangement, ce symbole est similaire au fameux sceau de Cagliostro : un serpent crucifié mordant une pomme. Plus récemment, et selon l’un de mes amis cinéaste, l’alchimiste Patrick Burensteinas aurait produit des phénomènes impressionnants dans cette même « Tour des Huit Béatitudes » qui serait comme une sorte de « porte » permettant d’accéder à d’autres dimensions de l’univers.
En 1959, Jacques Breyer, sans doute déçu par ses expériences magiques et ses « contacts » avec les « Archimaîtres » de l’au-delà, vint s’installer à Paris. En 1960, Guy Thieux, représentant des Frères Aînés de la Rose-Croix, rencontra Jacques Breyer, et ils commencèrent à travailler ensemble auprès de l’alchimiste Eugène Canseliet. En 1964, Breyer se sépara définitivement du groupe d’Arginy – le noyau initial de la résurgence templière – au sein duquel se trouvait Jean Soucasse. Le 24 juin 1966, l’O.S.T.S. élut son 23e Grand Maître, Jean Soucasse Ier, considéré comme le seul successeur autorisé de Jacques de Molay, selon les croyances de nos modernes templiers. Le 30 septembre 1973, l’O.S.T.S. se manifesta pour la première fois en public au mont Sainte-Odile, en Alsace. Dès sa création, l’O.S.T.S. fut rejoint par de nombreux « frères » issus des loges maçonniques, notamment de la Grande Loge Nationale Française (GLNF). En octobre 1958, plusieurs centaines d’entre eux, sans doute attirés par les idéaux templiers et l’« aura magique » de Jacques Breyer, quittèrent la GLNF et fondèrent la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTS Opéra), créant ainsi une scission au sein de la GLNF. Notons que les services secrets français, et plus particulièrement le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), ancêtre de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), s’intéressèrent de très près à la résurgence templière née à Arginy, c’est-à-dire à l’Ordre Souverain du Temple Solaire (O.S.T.S.), très lié aux milieux d’extrême droite. À la fin des années 1960, Raymond Bernard (1923-2006), grand maître en France de l’AMORC, aurait été « adoubé » chevalier par Jacques Breyer au mont Obiou, dans les Alpes. Lors de cette cérémonie, Breyer, en tenue d’apparat, aurait provoqué des « bruits surnaturels » dans la montagne avec une « petite épée », ce qui aurait profondément impressionné le néophyte Raymond Bernard. Il se trouve que le nom de Raymond Bernard figure sur une liste d’adhérents de la loge Opéra (GLTS Opéra), aux côtés de celui de l’homéopathe et ancien parachutiste Luc Jouret (proche des services secrets belges), fondateur, avec Joseph Di Mambro (également membre de l’AMORC), de l’Ordre du Temple Solaire (O.T.S.), de sinistre mémoire.
En 1970, fut créé à Chartres, avec l’aval de Ralph M. Lewis, Grand Maître de l’AMORC, l’Ordre Rénové du Temple (O.R.T.), dont Raymond Bernard fut l’un des « grands maîtres secrets ». L’un des grands maîtres « visibles » était Lucien Origas (Monseigneur Julianos Origas pour les « initiés »), un ancien collaborateur de la Gestapo. Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que l’Ordre Rénové du Temple de Raymond Bernard a servi de structure de base pour fonder l’Ordre du Temple Solaire, lorsqu’il a été repris en main, à la mort d’Origas, par Luc Jouret et Joseph Di Mambro. Jacques Breyer, fondateur de l’O.S.T.S., est la « racine première » de ces organisations néo-templières, et ses enseignements, tant écrits qu’oraux, inspireront fortement leurs dirigeants. Pour nombre de ceux qui furent acteurs et témoins des événements, parfois tragiques, qui marquèrent cette période d’effusion et de floraison d’une multitude d’ordres néo-templiers, une question légitime se posait : Jacques Breyer aurait-il été le « grand maître secret » de l’Ordre Rénové du Temple (O.R.T.), puis de l’Ordre du Temple Solaire (O.T.S.) ?
Les armoiries des seigneurs d’Arginy.
J’habite Lyon, à une quarantaine de kilomètres seulement du château d’Arginy. J’ai donc fait de fréquentes visites sur ce domaine dont l’entrée se découvre brusquement au détour d’un virage lorsque l’on vient de Lyon. Situé au cœur de la région du Beaujolais, sur la commune de Charentay, le château d’Arginy dresse ses anciennes fortifications dans la plaine alluviale de la Saône, à six kilomètres au Sud-Ouest de Belleville-en-Beaujolais, la ville neuve fondée par Humbert III de Beaujeu vers 1160. Depuis les années cinquante, le site est le point de convergence des spéculations les plus étranges, et parfois même les plus invraisemblables, concernant l’Ordre du Temple médiéval et son (ou ses) trésor. Cette sulfureuse réputation suscita une abondante littérature, pas toujours de bonne qualité d’ailleurs, et attira sur le site une foule de chercheurs de trésors et de sociétés plus ou moins secrètes. Tandis que s’écroulaient les toitures des bâtiments et se lézardaient les murs du château, de multiples sondages sauvages furent réalisés sous l’égide du propriétaire des lieux de cette époque, particulièrement entre 1953 et 1973. Le domaine et les bâtiments portent encore les stigmates de ces fouilles désordonnées réalisées par des amateurs. Le témoignage le plus spectaculaire de cette période un peu folle restera un puits bétonné de douze mètres de profondeur creusé sous les fondation du donjon dans l’espoir de découvrir le fabuleux trésor du Temple. La cupidité rend aveugle …, et surtout idiot. Il semblerait cependant, que de ce côté-ci (celui du trésor matériel), il y eut beaucoup de déceptions. Restait alors à découvrit le « trésor spirituel et alchimique » de cette envoûtante demeure, qui pour certains « initiés » comme Jacques Breyer par exemple, était inscrit sur les murs intérieurs des tours, ceux du donjon, les toitures, et les pierres des bâtiments. C’est alors qu’entre en scène l’énigmatique blason sculpté au-dessus de la porte d’entrée du domaine – qui effectivement pose problème selon moi – et que nous allons cependant tenter de décrypter.
Dans son introduction au livre de Jacques Breyer intitulé « Le Grand Archet et le Serpent de Feu » 3, Albert Champeau nous dit que l’entrée monumentale du château d’Arginy aurait été édifiée aux environs de 1626. Bien que cette date soit vraisemblable, Albert Champeau ne nous dit pas comment il est arrivée à cette conclusion. Est-ce à partir de documents datant de cette époque qu’il aurait consulté, ou grâce à l’étude de l’architecture du bâtiment qui l’abrite ?
Ci-dessus : Porte d’entrée du château d’Arginy surmontée du fameux blason (armoiries) qualifié d’« alchimique ». L’ensemble de l’entrée est en excellent état. Nous pouvons encore y voir les vestiges architecturaux d’un pont-levis à chaîne (le fossé en face de la porte a été comblé). Les contrepoids du pont-levis devaient être suspendus en arrière des longrines (traverses) du tablier, facilitant le relèvement de celui-ci au moment de la manœuvre du treuil. C’est vers le milieu du XIVe siècle, que furent installés ces ponts-levis à flèches appliqués aux portes elles-mêmes et caractérisés par de profondes saignées pratiquées de part et d’autre de la façade de la porte pour les recevoir comme nous pouvons le voir sur cette photo (photo, Daniel Robin, février 2024).
La porte d’entrée de la basse-cour du château est située sous une tour-porche Barlongue et elle est défendue par une bretèche au-dessus du blason. La tour commande un pont-levis à flèches dont la poutre de manœuvre est encore visible sous le porche, comme j’ai pu le constater en allant sur les lieux. La porte est décorée d’un blason aux armes écartelées qui seraient celles des familles Vinols (ou Vignolles) et Camus. Nous employons le conditionnel, car comme le montre notre photo de février 2024 (ci-dessous), il ne reste pratiquement rien de l’écu central des armoiries et, dans ces conditions, toute reconstitution de celui-ci ne peut être qu’hypothétique.
La lignée des Camus résida à Arginy pendant plus de deux siècles. Antoinette de Vinols, fille d’Antoine de Vinols (échevin de Lyon en 1520), hérite du château d’Arginy. Elle est en effet, depuis 1520, l’épouse de Jean Camus. Cet épicier, dont la famille, originaire de Bourgogne (Auxonne), s’est établie à Lyon au début du XVIe siècle, est un notable fortuné. Riche épicier (importateur d’amandes et de riz), il achète de nombreux terrains autour de Lyon et contribue également au développement de l’industrie de la soie. Il est échevin de Lyon entre 1523 et 1542, ce qui lui vaut d’entrer dans la noblesse. Il devient secrétaire du roi en 1549 et meurt en 1568. Sa carrière est un exemple d’ascension sociale de la bourgeoisie d’affaires, fondée sur la puissance financière. Il fallut attendre 1544 pour que le Parlement accepte d’enregistrer l’édit de 1495 de Charles VIII, anoblissant les échevins de Lyon. Claude de Camus, fils de Jean Camus, est trésorier général de France. À sa mort, en 1587, les trois fils de Claude se partagent les châteaux familiaux : Bagnols revient à Charles, Châtillon-d’Azergues à Gaspard, et Arginy à Antoine. Ce dernier, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, accueille une médiation dans son « chastel » en 1607. Charles-Joseph-Luc de Camus, marquis de Pusignan, échevin de Lyon, est secrétaire du roi Louis XIII, qui l’anoblit en 1652 en tant que bailli de Beaujolais. Il obtient du roi la création d’un comté d’Arginy, avant de mourir en 1683. Son fils, Joseph de Camus, vend le château en 1741 à son cousin Joseph-Henry, comte de Montspey.
Ci-dessus : A gauche, blason de la famille Camus d’Arginy : d’azur à trois croissants d’argent une étoile d’or en abyme (Sources : Potier de Courcy, Armorial des trésoriers de France de la généralité de Lyon). L’étoile centrale du blason se retrouve au Cimier des armoiries sculptées au-dessus de la porte d’entrée du château d’Arginy. A droite, les armoiries de Claude Camus d’Arginy, fils de Jean Camus, Trésorier général de France, 1578. Les motifs (meubles) représentés sur l’écu de ces armoiries pourraient être ceux qui figuraient sur l’écu des armoiries sculptées (aujourd’hui très dégradées) au-dessus de la porte du château d’Arginy.
Notes.
Note 1 : Dans son livre intitulé « L’Ordre Rénové du Temple, aux racines du Temple Solaire » (Editions Dervy, 1997), l’historien Serge Caillet indique que le 23e Grand-Maître de l’Ordre du Temple était Jean-Louis Masan, dit Jean, et non pas Jean Soucasse. En ce qui nous concerne nous ne saurions trancher entre ces deux noms.
Note 2 : AMORC, acronyme pour Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis (nom latin, en français : « Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix ». L’AMORC fut créé en 1915 sous l’impulsion de Harvey Spencer Lewis (1883-1939) qui en fut le premier Imperator (responsable mondial), de 1915 à 1939. Joseph Di Mambro, l’un des fondateurs de l’OTS a été membre de l’AMORC entre 1956 et 1970. Il aurait été « grand maître » de la « loge Claude-Debussy » à Nîmes, « filiale maçonnique » si l’on veut, de l’Ordre. Plus d’une centaine de membres de l’AMORC étaient aussi affiliés à l’O.T.S.
Note 3 : Jacques Breyer, Le Grand Archet et le Serpent de Feu, Editions de la Croix Bénite, 2021. Largement commenté par Albert Champeau, « disciple » et promoteur de l’œuvre de Jacques Breyer qu’il a rencontré en 1983, on fini par se demander si c’est bien Breyer qui a écrit le livre.
La vie de la plupart des hommes est un chemin mort et ne mène à rien, mais d’autres savent dès l’enfance qu’ils vont vers une mer inconnue. Déjà l’amertume du vent les étonne ; déjà le goût du sel est sur leurs lèvres jusqu’à ce que la dernière dune franchie, cette passion infinie les soufflette de sable et d’écume. Il leur reste de s’y abimer ou de revenir sur ses pas. (François Mauriac « les chemins de la mer »)
J’ai vu l’étoile flamboyante. Elle me renvoie à ma tendre enfance, à la nuit de noël aux Rois mages guidés par l’étoile scintillante qui devait les mener à l’enfant qui venait de naître pur symbole de l’incarnation : Dieu s’est fait homme, s’est incarné. Jésus est le fils de la vierge Marie et de Dieu le père par le truchement du Saint Esprit. Cette affirmation relève de la Foi, mais on peut essayer de voir plus loin dans le symbole.
Le Père représente l’esprit, l’aspiration à la spiritualité, la mère représente les désirs matériels, nés des pulsions primaires liées à la nutrition et la reproduction. Le mystère de l’incarnation vient nous rappeler la faculté que nous avons tous de devenir des enfants de l’esprit et de la lumière si nous savons faire prévaloir les exigences de ce qui nous transcende sur nos appétits immédiats. En cela nous pouvons être utile même à notre modeste niveau au Grand Œuvre du Grand Architecte de l’Univers, de Dieu.
Qui mieux que Jacques Brel a su décrire cette quête qu’inspirent l’étoile flamboyante et ce mystère ?
Je ne résiste pas au plaisir de vous lire ces quelques vers :
« Rêver un impossible rêve Porter le chagrin des départs Brûler d´une possible fièvre Partir où personne ne part
Aimer jusqu´à la déchirure Aimer, même trop, même mal, Tenter, sans force et sans armure, D´atteindre l´inaccessible étoile
Telle est ma quête, Suivre l´étoile Peu m´importent mes chances Peu m´importe le temps Ou ma désespérance Et puis lutter toujours Sans questions ni repos Se damner Pour l´or d´un mot d´amour Je ne sais si je serai ce héros Mais mon cœur serait tranquille Et les villes s´éclabousseraient de bleu Parce qu´un malheureux
Brûle encore, bien qu´ayant tout brûlé Brûle encore, même trop, même mal Pour atteindre à s´en écarteler Pour atteindre l´inaccessible étoile. »
Cette étoile est aussi pour moi le lien entre ceux qui nous ont précédés et aujourd’hui, elle représente la relativité du temps et un lien immatériel avec nos ancêtres, la Genèse n’indique-t-elle pas « votre descendance sera aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel » ?
Quelle est donc cette étoile ? Etoile du Berger (Venus) simple Comète ou étoile filante pour les Rois mages, étoile Polaire représentant l’axe de la terre, de la verticalité qui demeure toujours fixe et à la même place alors que l’univers est en expansion suggérant un certain ordonnancement du ciel pour d’autres, en fait peu importe ce qui compte à mon sens c’est le symbole qu’elle représente et qui correspond à ce qu’il y a de meilleur au fond de nous-même et qui doit nous guider dans cette quête inaccessible, car jamais terminée, de sa recherche.
Le ciel, les astres ont depuis la nuit des temps été à la fois un symbole d’espérance et de rationalité. On les retrouve dans les mythologies antiques décorant tous les temples, mais l’étoile à 5 branches ou pentagramme est commune à toutes les traditions et est présente sur 48 drapeaux.
Le pentagramme apparait pour la première fois dans la mythologie Egyptienne représentant semble-t-il, le fils d’Isis et d’Osiris, c’est-à-dire la Terre-Mère et du Soleil.
Dans la mythologie Grecque, elle caractérise Hygie déesse de la santé qui préfigure la médecine moderne dont les théories professent que la santé Psychique conditionne la santé physique, que le bon fonctionnement de l’esprit est le préalable au bon fonctionnement des organes. L’étoile d’Hygie est regardée comme un signe de prévention
Les Pythagoriciens en font le centre de leur méditation. C’étaient les premiers scientifiques occidentaux et pour Pythagore un frère était un autre lui-même. Ils étaient persuadés de l’unité profonde du monde et la représentation parfaite de l’harmonie du monde était le pentagramme dont toutes les segmentations sont une application du nombre d’Or (1.618). Pour eux, le pentagramme représente aussi l’ensemble des corps vivants : il en est ainsi de l’étoile de mer,de la fleur de poirier, de la coupe ésotérique de la pomme….
Le moyen âge tirera parti de ces enseignements pour réaliser des chefs – d’œuvre
Sur la crèche de Bethléem, comme chez les Alchimistes, elle figure le mystère de l’incarnation.
L’Etoile à 5 branches sera plus tard magnifiée par les constructeurs de cathédrales où elle sera toujours présente. A l’aide de l’Art Royal enseigné par les confréries, les artisans transforment la pierre naturelle en pierre culturelle. Les cathédrales réalisent la synthèse entre le particulier et l’universel, entre les individus et l’ensemble de la communauté des vivants et des morts, entre le ciel et la terre, entre la matière et l’esprit, entre le quotidien et l’éternel.
Plus tard et traditionnellement le pentagramme représente les proportions harmonieuses du corps humain, comme l’attestent les représentations d’Agrippa de Nettesheim ainsi que le croquis de Léonard de Vinci.
Mais n’y a-t-il pas d’autres significations pour ce pentagramme qui était dessiné par les loges opératives avec une corde ?
L’étoile flamboyante est une figure centrale de la symbolique maçonnique.
Non seulement elle brille à l’Orient de la loge, lorsque les travaux sont ouverts au grade de compagnon, mais le temple est architecturé sur son modèle.
Ce symbole n’est pas donné immédiatement lors de l’initiation, ce ne sera que lors du changement de grade et à la question : « êtes-vous compagnon » ? et la réponse « J’ai vu l’étoile flamboyante » que le compagnon comprendra qu’il possède un guide sur dans la vie qui l’aidera à la compréhension de son propre fonctionnement psychique. La réponse du compagnon indique qu’il obéit ainsi au principe « connais-toi toi-même » inscrit au fronton du temple d’Apollon et qu’il obéit également à l’œil du delta lumineux qui lui rappelle l’obligation de lucidité et d’introspection en vue de faire la lumière en soi et sur soi.
Le franc-maçon découvre l’étoile en passant de la perpendiculaire au niveau. Il perçoit ses 5 branches et lit en son centre la lettre G.
Le cinq est le chiffre du compagnon : le compagnon a 5 ans, il a effectué 5 voyages, il a découvert qu’il avait 5 sens, il gravit 5 marches, il frappe 5 fois dans ses mains (à 5 doigts) pour exécuter la batterie de son grade, sa marche est de 5 pas…
C’est aussi les 5 livres de la Bible, Pentateuque ou Torah (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). La Bible permet la recherche des sources et de l’origine des hommes. Elle nous enseigne aussi que l’homme est en devenir. Il vit dans le présent et peut rechercher ses origines dans la Torah. Ce passé doit lui servir d’expérience et ainsi lui permettre de construire son avenir.
Pour moi la vie de l’homme et de l’Etoile suivent le même parcours : une naissance, une course ou cheminement une extinction. Sauf que même éteinte l’étoile continue de nous éclairer. Faut-il en conclure que notre esprit nous survivra telle la lumière d’une étoile éteinte ?
Au centre du pentagramme se trouve la lettre G
Traditionnellement la lettre G signifie Géométrie, Génération, Gravitation, Génie, Gnose.
Il existe cependant d’autres significations comme le signe alchimique du sel, l’initiale de Dieu en anglais, Guimel en hébreu signifiant la tête donc l’intelligence etc..
Géométrie : C’est la science du maçon, celle qui s’exprime par l’équerre et le compas. C’est elle qui permet la construction des cathédrales mais c’est aussi la géométrie intérieure : le travail de l’esprit, des pensées, des intentions générateur de force, de sagesse et de beauté.
Génération : Les dessins de Léonard de Vinci et d’Agrippa de Nettesheim ne laisse aucun doute le centre du pentagramme est le vecteur mâle de la génération. C’est un instrument de fécondation de l’univers, c’est le symbole de la vie.
Génie : ce mot a un double sens, il s’agit du génie constructeur d’une part mais aussi de l’éveil de la conscience de l’appartenance à l’éternité et à l’universalité de la loge qui n’en est que le microcosme.
Gnose :si ce terme signifiait au moyen âge l’hérésie, comme l’hérésie Cathare par exemple, son sens en maçonnerie signifie la connaissance. « Il ne suffit pas à l’homme d’être mis en présence de la vérité pour qu’elle lui soit intelligible. La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien de s’oppose à son rayonnement. Tant que les préjugés nous aveuglent, l’obscurité règne en nous et nous rend insensible au vrai »
Gravitation : Ce principe est représenté par les 5 branches de l’étoile qui ramène à l’idée du centre. Nos appétences doivent graviter en fonction de notre esprit directif qui ne doit jamais abandonner son rôle de régulateur de nos désirs et de nos motivations. Si nous découvrons notre centre, nous recouvrons notre propre identité et notre liberté : nous rayonnons.
Le flamboiement
L’homme véritable, harmonisé a retrouvé son centre : il rayonne et brule d’amour. Ce flamboiement est l’amour totalement épuré et généreux, c’est un foyer lumineux et chaleureux, c’est le feu intérieur qui éclaire, réchauffe et régénère. C’est celui de celui qui a retrouvé la lumière qui est en lui, qui a réveillé sa conscience.
Le feu symbolise à la fois l’intelligence désintéressée et créatrice (on peut y voir le symbole de Prométhée dérobant le feu à Jupiter) et l’embrasement de l’Amour porté à son niveau le plus élevé (cœur sacré de Jésus).
Le pentagramme représente les 5 sens donc l’état de nature, le flamboiement nous rappelle que c’est par le feu que la nature se trouve entièrement régénérée.
Celui qui a vu l’étoile est porteur de clarté, il en reflètera la clarté et la chaleur. Réconcilié avec lui-même, intérieurement harmonisé et heureux, il sera parmi les hommes un facteur de paix de joie et d’amour.
Le pentagramme ne donne pas seulement le secret d’une vie meilleure, mais contient en lui-même son propre principe explicatif. Il justifie le recours à l’ésotérisme et à la symbolique que nos ancêtres utilisaient comme langage courant et dont nous découvrons la portée et en ce sens il constitue le lien avec nos ancêtres nous permettant d’avoir, et depuis la nuit des temps le même langage qu’eux.
Enfin le pentagramme nous rappelle le précepte des Alchimistes « l’œuvre cachée et mystérieuse est en toi ; partout où tu iras elle sera avec toi à condition de ne pas la rechercher au dehors. »