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Les Francs-maçons cubains destituent le Grand Maître lors d’une session convoquée

De notre confrère freemasonsfordummies – par Christopher Hodapp

La Grande Loge de Cuba est dans ce que les Anglais appelaient autrefois un véritable bourbier. Tout d’abord, leur ancien Grand Maître, Mario Alberto Urquía Carreño, a été arrêté en septembre dernier pour fraude, en collaboration avec l’ancien Grand Trésorier, Airam Cervera Reigosa. Après un audit approfondi des finances de la Grande Loge, Carreño et Reigosa pourraient avoir détourné plus de 20 000 dollars américains à l’aide de faux documents, et s’être emparés de 19 000 dollars américains supplémentaires en espèces dans un coffre-fort.

Les vols ont été découverts en janvier 2024 ; il a rapidement été expulsé par le Conseil suprême (Rite écossais) à Cuba, mais il a refusé de démissionner de son poste de Grand Maître sous les cris de « Traître ! Usurpateur ! Dehors voleur ! » lors de la réunion annuelle de la Grande Loge en mars 2024. Après avoir finalement quitté la salle de réunion, il a été remplacé à l’unanimité par  Mayker Filema Duarte comme nouveau Grand Maître jusqu’à ce que des élections appropriées puissent avoir lieu en mars de cette année. 

Ancien Grand Maître Mario Alberto Urquía Carreño (Photo : Cubanet)

À cette époque , Carreño était perçu par la plupart des francs-maçons cubains comme une marionnette choisie par les forces de sécurité de l’État, illégalement imposée à eux. Malgré les accusations de conspiration et de détournement de fonds portées contre lui l’année dernière, le ministère de la Justice du gouvernement communiste (MINJUS) a ordonné sa réintégration et sa restauration comme Grand Maître en juin. Mais en août, les accusations criminelles portées contre lui ne pouvaient plus être esquivées, et il a démissionné de son poste de Grand Maître, cédant le tablier violet à  Mayker Filema Duarte. 

Grande Loge de cuba

Les francs-maçons cubains n’ont pas non plus apprécié ce choix, car Duarte était perçu comme un ami de Carreño et  un simple flic de plus au service des services de sécurité de l’État. Duarte devait organiser des élections générales en mars de cette année, mais les a reportées au 25 mai. Cette date est arrivée, mais Duarte a décidé d’annuler les élections et de rester dans le Grand Est jusqu’à nouvel ordre.  Pour rendre la situation encore plus délicate, les actions de Duarte ont été soutenues par le Parti communiste cubain et le MINJUS, malgré le fait qu’il ait enfreint le règlement intérieur de la Grande Loge.  C’est alors que les francs-maçons de base ont crié collectivement : « Tenez ma Cuba Libra ! » et le rassemblement a tourné à une vilaine bagarre de hockey.

Dimanche dernier, il a été annoncé que le Grand Maître Duarte avait été démis de ses fonctions après avoir refusé d’organiser les élections de la Grande Loge.  Duarte a été limogé après que 121 membres de la Grande Loge et 117 représentants de loges du pays aient tenu une session extraordinaire à La Havane.  Selon au moins une source , Duarte avait ordonné la fermeture de tous les locaux de la Grande Loge, ce qui a incité les francs-maçons à se rassembler devant le théâtre, sous l’observation et l’enregistrement des activités par les forces de sécurité gouvernementales.

Les francs-maçons cubains ont organisé une réunion improvisée devant la Grande Loge après la fermeture du bâtiment par le Grand Maître Duarte. Photo : Cubanet

L’actuel Grand Maître adjoint Juan Alberto Kessel Linares a été nommé nouveau Grand Maître en exercice par les frères assemblés jusqu’à ce qu’une réunion convoquée pour des élections générales puisse avoir lieu en septembre. Duarte et ses grands officiers n’ont pas assisté à la séance sur le trottoir. Un franc-maçon interrogé par Cubanet a considéré l’événement comme historique et a déclaré qu’ils avaient pris la décision d’évincer Duarte après avoir épuisé toutes les voies légales.

Nous avons tenté, par tous les moyens légaux, même non conventionnels, d’affirmer notre volonté et de respecter notre législation, mais Filema a refusé. Leur manque de respect est devenu flagrant et, pire encore, le MINJUS, loin de garantir une conduite correcte, l’a au contraire soutenue et a encouragé une confrontation inutile. Nous, les francs-maçons cubains, sommes les propriétaires légitimes de cette institution et nous devons, par-dessus tout, respecter notre serment et la législation en vigueur. Si le gouvernement veut nous dominer, nous ne le permettrons pas.

Extrait de l’article sur Cibercuba.com :

[Duarte] avait suspendu la session de la Haute Chambre maçonnique (organe législatif de l’institution) au cours de laquelle devaient se tenir les élections aux postes les plus élevés de la Loge les semaines précédentes. Fort de ce précédent, qui, selon un article de Cubanet , a prolongé leur « dictature » ​​et « l’illégalité au sein de l’institution » , les francs-maçons ont décidé de faire justice. Un décret obtenu par ce média a révélé que Filema Duarte affirmait que « les conditions pour la reprise de la session suspendue le 23 mars n’étaient pas garanties ».

Dans ce texte, il justifiait la suspension de la réunion pour éviter de prétendus « scandales transcendant la vie publique » et « portant davantage atteinte à l’image déjà ternie de notre institution ».

Auparavant, il avait mis en garde contre des « menaces personnelles » à son encontre et des annonces de « comportements vandaliques relayées par des médias indépendants ». Il estimait que de tels actes étaient « inappropriés » pour les francs-maçons et visaient à discréditer l’institution.

Filema Duarte a été élu Grand Maître suite à la démission de Mario Urquía Carreño, suite à une affaire de corruption impliquant le détournement de milliers de dollars et de plus de 4 millions de pesos de la Loge.

Cependant, bien que la Haute Chambre ait fixé un mandat de six mois, le Grand Maître a suspendu la session convenue jusqu’à la tenue d’élections générales. Cubanet a révélé que les francs-maçons ont remis des documents et des preuves au ministère de la Justice pour démontrer l’illégalité commise par Filema Duarte en refusant d’organiser des élections. Cependant, Miriam García, directrice des associations du MINJUS, n’a pas répondu à la plainte et a soutenu les actions de Duarte.

Pire encore (si c’est possible), si le grand bâtiment du siège de la Grande Loge à La Havane paraît impressionnant, comme s’il était rempli d’occupants maçonniques, il est en réalité rempli de bureaux gouvernementaux et de fonctionnaires qui y louent des espaces. Les représentants du gouvernement assistent souvent ouvertement aux réunions maçonniques pour observer leurs activités. Il sera curieux de voir si les francs-maçons parviendront à élire et à discipliner leurs propres dirigeants, ou si le gouvernement les forcera à plier et à maintenir Duarte sur le trône de Salomon.

La franc-maçonnerie cubaine entretient avec son Parti communiste une relation particulière, sans équivalent dans le monde communiste. La plupart des régimes communistes ont totalement interdit les organisations maçonniques, depuis la Révolution russe du début du XXe siècle. Mais lorsque le leader révolutionnaire cubain Fidel Castro combattait les forces anticommunistes sur l’île dans les années 1950, il reçut aide et réconfort de plusieurs groupes de francs-maçons. Certains ont affirmé qu’il était autorisé à se cacher dans des salles maçonniques. 

Après le renversement du gouvernement Batista et l’arrivée au pouvoir de Castro en 1959, la franc-maçonnerie fut l’une des rares organisations privées autorisées à opérer à huis clos, et Fidel Castro n’oublia jamais l’aide qu’elle lui apporta à ses débuts. C’est en partie pourquoi leur tour de bureaux à La Havane accueillit autant de locataires gouvernementaux au cours des décennies suivantes. Mais cela permet aussi au gouvernement de surveiller étroitement leurs affaires internes.

Selon des chiffres assez récents, le pays compte actuellement 327 loges et un total de 48 000 membres. Parmi celles-ci, il n’en reste qu’environ 20 000 sur l’île, ce qui représente un exode de plus de 50 % des francs-maçons inscrits.

Il faut dire que, bien que la Grande Loge de Cuba soit parfaitement légitime à l’origine et réponde à la plupart des exigences les plus courantes de reconnaissance auprès du monde maçonnique régulier, elle a été expulsée de la Conférence des Grands Maîtres d’Amérique du Nord (COGMNA) en 1962 parce qu’elle était ouvertement utilisée comme un outil du gouvernement cubain. 

Plus de 60 ans plus tard, il semble que peu de choses aient changé à cet égard.

La vie maçonnique de Buffalo Bill : un Frère emblématique au cœur de l’Ouest américain

William Frederick Cody, plus connu sous le nom de Buffalo Bill, est une figure légendaire de l’Ouest américain. Frontiersman, chasseur de bisons, éclaireur militaire, et surtout créateur du célèbre Buffalo Bill’s Wild West Show, il a incarné l’esprit d’aventure et de liberté qui caractérise le mythe de la conquête de l’Ouest. Mais au-delà de ses exploits publics, Cody a également mené une vie maçonnique riche et engagée, qui reflète les valeurs de fraternité, d’égalité et de droiture qu’il a portées tout au long de sa vie.

Cet article explore en profondeur son parcours maçonnique, en s’appuyant sur des sources historiques et en replaçant son engagement dans le contexte de son époque.

Les débuts d’un futur Frère : une jeunesse marquée par l’adversité

Buffalo Bill

William F. Cody naît le 26 février 1846 à Le Claire, dans le territoire de l’Iowa, à une époque où les États-Unis sont encore en pleine expansion vers l’Ouest. Fils d’Isaac Cody, un fervent abolitionniste, et de Mary Leacock Cody, une femme de caractère, le jeune William grandit dans un environnement marqué par les tensions sociales et politiques. En 1853, la famille déménage à Fort Leavenworth, dans le territoire du Kansas, où les débats sur l’esclavage sont particulièrement vifs. Isaac Cody, connu pour ses prises de position antiesclavagistes, est poignardé lors d’un discours en 1854, un événement qui contribue à son décès prématuré quelques années plus tard, lorsque William n’a que 11 ans.

Cette perte plonge la famille dans des difficultés financières, obligeant le jeune Cody à travailler dès son plus jeune âge. À 11 ans, il devient « boy extra » pour une compagnie de transport de marchandises, parcourant les convois pour transmettre des messages. À 14 ans, il rejoint le Pony Express, un service de courrier à cheval, où il se distingue par un trajet record de 321 miles sans interruption, hormis pour changer de monture et se restaurer. Ces expériences précoces forgent son caractère : courage, résilience et sens de l’honneur, des qualités qui résonneront plus tard avec les idéaux maçonniques.

Entrée en Franc-maçonnerie : une initiation à Platte Valley Lodge

Buffalo Bill (IA)

L’engagement maçonnique de Buffalo Bill débute en 1870, à l’âge de 24 ans, lorsqu’il est initié à la Platte Valley Lodge No. 32, à North Platte, Nebraska. Cette loge, récemment créée sous l’égide de la Grande Loge du Nebraska, est organisée par le capitaine W.B. Brown, un ami proche de Cody et vétéran de la guerre de Sécession. Il est probable que Brown, conscient des valeurs de Cody et de son rôle croissant dans la communauté, l’ait encouragé à rejoindre la fraternité. Selon les archives, Cody pétitionne pour devenir membre presque immédiatement après la fondation de la loge et est officiellement initié le 5 mars 1870, jour de son 24e anniversaire.

Son parcours maçonnique progresse rapidement : il reçoit son deuxième degré (compagnon) le 2 avril 1870, puis est élevé au degré de Maître Maçon le 10 janvier 1871. Cette progression, bien que ralentie par un premier échec à un examen maçonnique (qu’il doit repasser), témoigne de son engagement sérieux envers la Franc-maçonnerie. À cette époque, Cody est déjà une figure locale reconnue, notamment pour son travail comme éclaireur pour l’armée américaine et pour avoir fourni de la viande de bison aux ouvriers du Kansas Pacific Railroad – un contrat qui lui vaut son surnom de « Buffalo Bill » après avoir abattu plus de 4 280 bisons en 18 mois.

Une ascension dans les hauts grades : du Rite Écossais aux Templiers

Buffalo Bill (IA)

L’engagement maçonnique de Cody ne se limite pas aux trois premiers degrés de la Maçonnerie symbolique. Il s’investit également dans les corps annexes de la Franc-maçonnerie, démontrant une volonté d’approfondir sa compréhension des principes maçonniques. En 1889, il devient Chevalier Templier au sein de la Palestine Commandery No. 13 à North Platte, Nebraska, un grade qui met l’accent sur les valeurs chrétiennes et chevaleresques, en résonance avec l’image de Cody comme héros de l’Ouest.

Cinq ans plus tard, le 4 avril 1894, Cody atteint le 32e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, un moment marquant de sa vie maçonnique. Ce jour-là, la Juridiction Nord du Rite Écossais, dans la Vallée de New York, lui confère tous les degrés du 4e au 32e en une seule journée – une distinction rare qui reflète l’admiration des maçons pour sa personne. Il rejoint également d’autres organisations maçonniques parallèles, comme l’Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine (Shriners) en 1892, au Tangier Temple à Omaha, Nebraska. Ces affiliations montrent que Cody n’était pas un maçon passif, mais un Frère actif, cherchant à incarner les valeurs de la fraternité dans sa vie quotidienne.

Buffalo Bill et les valeurs maçonniques : un homme d’honneur et d’égalité

Bill Cody et ses quatre sœurs vers 1890

La vie de Buffalo Bill est un exemple frappant de l’application des idéaux maçonniques – l’amour fraternel, le secours et la vérité – dans un contexte souvent tumultueux. En tant que maçon, Cody se distingue par son sens de l’équité et sa capacité à traiter chacun avec respect, indépendamment de son origine ou de son statut social. Ces qualités se manifestent notamment dans sa manière de gérer son Wild West Show, qu’il fonde en 1883 et qui devient un phénomène mondial.

Dans son spectacle, Cody met en scène des cowboys, des Amérindiens comme Sitting Bull, et des tireurs d’élite comme Annie Oakley, offrant une vision idéalisée mais éducative de l’Ouest américain. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il insiste pour que les Amérindiens soient représentés de manière authentique, les invitant à camper avec leurs familles comme ils le feraient dans leurs terres ancestrales. Il s’exprime d’ailleurs avec clairvoyance sur les injustices subies par les peuples autochtones, déclarant en 1898 : « Chaque soulèvement indien que j’ai connu est le résultat de promesses et de traités non tenus par le gouvernement. »

Cody applique également ces principes d’égalité à la question des droits des femmes. Il est un fervent défenseur du suffrage féminin et de l’égalité salariale, une position audacieuse pour l’époque. Il déclare : « Si une femme peut faire le même travail qu’un homme et le faire aussi bien, elle devrait recevoir le même salaire. » Cette conviction se traduit dans la gestion de son spectacle, où il veille à ce que les femmes, comme Annie Oakley, soient payées équitablement. Ces prises de position reflètent l’influence des idéaux maçonniques, qui prônent l’égalité et la justice, bien que la Franc-maçonnerie de l’époque soit encore exclusivement masculine.

Une reconnaissance maçonnique internationale

Médaille d’honneur William F. « Buffalo Bill » Cody.

La renommée de Buffalo Bill, amplifiée par ses tournées en Europe, contribue à faire de lui une figure maçonnique respectée au-delà des frontières américaines. Entre 1887 et 1906, son Wild West Show parcourt l’Europe à huit reprises, se produisant devant des foules immenses, y compris des dignitaires comme la reine Victoria lors de son jubilé d’or en 1887, ou encore le prince de Galles et le pape. En France, en 1905, le spectacle attire trois millions de spectateurs à Paris, où il est installé au pied de la tour Eiffel. Ces tournées font de Cody une célébrité internationale, et son statut de maçon renforce son image d’homme droit et honorable.

Le Far West de Buffalo Bill, 1890, Italie

Un épisode curieux illustre l’intersection entre sa vie maçonnique et sa célébrité mondiale. En Italie, sous le régime de Mussolini, qui avait interdit la Franc-maçonnerie, une rumeur – relayée en 1937 – prétend que Buffalo Bill est originaire de Romagne, une tentative de « l’italianiser » pour justifier sa popularité dans un contexte fasciste. Mussolini ignore alors que Cody est un maçon de longue date, un détail qui aurait probablement contrarié cette appropriation nationaliste.

Une fin marquée par la fraternité : les funérailles maçonniques de 1917

Cody (à droite) debout avec Harry Heye Tammen (à gauche) au dépôt ferroviaire de Kansas City, 1913

Buffalo Bill s’éteint le 10 janvier 1917 à Denver, Colorado, à l’âge de 71 ans, des suites d’une urémie, alors qu’il rend visite à sa sœur. Sa mort suscite une vive émotion, et ses funérailles deviennent un événement d’ampleur nationale, marqué par une forte empreinte maçonnique. Cody avait exprimé le souhait d’être enterré sur Cedar Mountain, près de la ville de Cody, Wyoming, qu’il avait fondée en 1895. Cependant, des circonstances – et une controverse persistante – conduisent à son inhumation sur Lookout Mountain, à Golden, Colorado.

Sa dépouille est d’abord exposée dans un cercueil de bronze au Capitole de Denver, où des milliers de personnes viennent lui rendre hommage. Mais ce sont ses funérailles maçonniques, organisées le 3 juin 1917, qui marquent l’histoire. Selon le Bulletin of the American Research Society of the Ancient and Accepted Scottish Rite (hiver 2010), il s’agit à l’époque du plus grand enterrement maçonnique de l’histoire américaine. Environ 15 000 Frères et sympathisants assistent à la cérémonie sur Lookout Mountain, où le cercueil est descendu dans une tombe taillée dans le granit. Le Worshipful Master G.W. Parfet Jr., de la Golden City Lodge No. 1, désigne huit porteurs, tous vêtus de leurs uniformes de Chevaliers Templiers, pour accompagner le cercueil. Les mots prononcés lors de la cérémonie résonnent avec les valeurs maçonniques : « Son esprit s’élève vers Dieu qui le lui a donné, sa mémoire est chérie dans nos cœurs, son corps est confié à la terre. »

Cette double cérémonie – un enterrement d’État à Denver, suivi d’un enterrement maçonnique à Golden – reflète les tensions de l’époque autour de la Franc-maçonnerie, perçue avec méfiance par certains segments de la société américaine. Mais pour les maçons, elle est une célébration éclatante de l’héritage de Cody, un Frère qui a incarné les principes de l’ordre tout au long de sa vie.

L’héritage maçonnique de Buffalo Bill

Sitting Bull et Buffalo Bill, Montréal, Canada, 1885

Aujourd’hui, l’héritage de Buffalo Bill est préservé à travers des institutions comme le Buffalo Bill Center of the West à Cody, Wyoming, et le Buffalo Bill Museum and Grave à Golden, Colorado. Ces lieux célèbrent non seulement ses exploits comme showman et frontiersman, mais aussi sa vie maçonnique, qui reste un aspect essentiel de son identité. Les valeurs qu’il a portées – l’égalité, la droiture, et le respect de l’autre – continuent de résonner, en particulier dans un monde qui redécouvre l’importance de la justice sociale.

En Franc-maçonnerie, Buffalo Bill reste un exemple de Frère qui a su vivre selon les idéaux de l’ordre, tout en les adaptant aux réalités de son temps. Comme Pierre Dac, un autre maçon célèbre, Cody a su apporter une touche d’humanité et de légèreté à une institution parfois perçue comme austère. Son parcours nous rappelle que la Franc-maçonnerie, au-delà de ses rituels et de ses symboles, est avant tout une quête de lumière – une quête que Buffalo Bill a menée avec panache, sur les scènes du monde entier et dans le cœur de ses Frères. Que son esprit continue d’inspirer les générations futures, en Loge comme à l’extérieur !

14/06/25 : Académie Maçonnique de Lille : « Éthique maçonnique et Spiritualité. »

L’Académie maçonnique de Lille organise le samedi 14 Juin sa réunion de Printemps, dans les locaux de la Grande Loge à Ronchin. Le thème de réflexion proposé pour cette année 6025 est : Éthique maçonnique et Spiritualité.

Ce thème est décliné conjointement avec l’Académie maçonnique de Lyon au cours des 4 réunions annuelles organisées à Lille et à Lyon. Cette organisation conjointe permet de traiter de nombreux aspects du thème principal par des Sœurs et des Frères de différentes Obédiences, assurant ainsi la diversité et la complémentarité  nécessaires pour une vision plus globale.

C’est ainsi que le 12 Juin une Sœur de la GLFF et deux Frères de la GLDF traiteront successivement de la Loi, de la Spiritualité, et de l’Éthique.

Le programme et les modalités d’inscription sont précisées par ailleurs.

Le plus facile est de s’inscrire sur Hello asso :

https://www.helloasso.com/associations/le-cercle-de-l-acacia/evenements/les-rencontres-de-l-acacia-academie-de-lille

Récit d’un « Sweat Lodge » maçonnique à Val-des-Monts avec la Loge de perfection La Clef d’Hiram

Le 31 mai dernier, dans la région boisée et vibrante de la Haute-Gatineau, à Val-des-Monts, un groupe de 21 frères et sœurs issus du Suprême Conseil des 33e degré du Québec – incluant les membres de l’atelier de perfection La Clef d’Hiram, du 4e au 14e degré – s’est réuni pour vivre une expérience peu commune mais ô combien transformatrice : une hutte de sudation traditionnelle, ou sweat lodge, guidée selon les coutumes algonquines.

À l’initiative du Trois Fois Puissant Maître Sylvain Paquette, cette journée n’était pas une simple activité rituelle, mais bien une immersion opérative et symbolique, une exploration spirituelle des profondeurs de l’Être, au croisement des traditions maçonniques et autochtones.

La tradition de la sweat lodge : purification, renaissance et lien sacré

Indien dans une Sweat Lodge

La sweat lodge, ou hutte de sudation, est une cérémonie de purification ancestrale pratiquée par plusieurs nations autochtones d’Amérique du Nord. Elle se déroule dans une structure circulaire faite de branches et recouverte de couvertures ou de peaux, représentant le ventre de la Terre-Mère. À l’intérieur, des pierres chauffées au feu sont déposées au centre de la hutte, puis arrosées d’eau pour créer de la vapeur. Cette chaleur intense favorise la purification du corps, de l’esprit et de l’âme.

Mais au-delà du simple aspect physique, la sweat lodge est avant tout un rituel spirituel. Chaque cycle de vapeur (appelé un « voyage ») correspond à une direction sacrée — Est, Sud, Ouest, Nord — et invite à une introspection profonde. Les participants sont invités à prier, chanter, méditer et parfois partager des intentions ou des guérisons. Le son puissant du tambour quant à lui, provoque un état de transe profonde qui peut provoquer des états altérés de conscience favorisant ainsi les quêtes de visions.   

Symboliquement, entrer dans la hutte, c’est retourner au sein de la Terre-Mère pour y mourir symboliquement à son ego, à ses souffrances et à ses illusions. En ressortant, on renaît transformé, reconnecté à soi-même, aux autres, à la nature et aux ancêtres. C’est une expérience de dépouillement et d’élévation qui résonne avec de nombreuses traditions initiatiques, dont la franc-maçonnerie, par son symbolisme de mort et de renaissance, de quête de vérité et de purification intérieure.

Une gardienne de la mémoire ancestrale

La cérémonie fut dirigée par Luce Bélanger, femme métissée d’ascendance algonquine et européenne, née à La Tuque, en Haute-Mauricie. Aînée reconnue, gardienne de traditions et fondatrice du Centre des 4 directions, elle est profondément ancrée dans les savoirs de la terre et les enseignements transmis par de grands guides spirituels tels que le Grand-père William Commanda, Thunderchild Kenny Awasis, ou encore Abuela Margarita Nuñes.

Depuis plus de vingt ans, Luce œuvre à la réconciliation entre les peuples, à la reconnexion de l’humain avec la nature et au partage intertraditionnel. En ce 31 mai, c’est avec douceur, puissance et bienveillance qu’elle a guidé nos pas vers le centre du cercle sacré.

Des enseignements partagés avant la cérémonie

Avant d’entrer dans la hutte, les participants ont reçu des enseignements sur les traditions des Premières Nations, notamment la symbolique des quatre directions, le rôle des ancêtres, la médecine sacrée du feu et la roue de médecine. Puis, à la faveur du cercle de parole, des ponts ont été tissés entre Franc-maçonnerie et spiritualités autochtones.

Des échanges profonds ont émergé :
– sur la présence templière en Amérique bien avant Christophe Colomb ;
– sur la légende du roi Henry Sinclair venu à la rencontre du peuple Mi’kmaq, une rencontre mystique qui aurait influencé la genèse de la Franc-maçonnerie écossaise ;
– sur la Prophétie des Sept Feux, dans laquelle les sang-mêlé du Québec sont vus comme les précurseurs d’un 8e feu, celui de la conscience, de la guérison collective et du renouveau.

Et comme pour en sceller le sens, la lecture d’une prophétie faites par une ainée du New Hampshire, lors d’un rassemblement en 2010, fut partager aux membres présents d’une obédience du Québec : celle du rôle futur des francs-maçons de la Grande Loge ANI du Canada dans l’avènement du Huitième Feu, appelant à la réconciliation des peuples, à l’unification des traditions et à l’éveil d’une nouvelle conscience collective. Un message qui résonne aujourd’hui plus que jamais.

Quatre voyages, quatre directions, une transformation

La hutte s’est ensuite refermée sur nous comme une matrice chaude et obscure. À l’intérieur, quatre portes – quatre étapes – ont rythmé le rituel, chacune associée à une direction, une énergie, une épreuve et une prière.
Les pierres chauffées à blanc, les chants sacrés, les offrandes de tabac, de sauge et d’eau ont formé un langage universel : celui du feu, de la terre, de l’eau et de l’air, en nous et autour de nous.

Plusieurs frères et sœurs ont vécu des quêtes de vision, des purifications profondes, des reconnexions intimes à leurs lignées, à leur mission spirituelle, et au sens du chemin maçonnique. La sueur a lavé bien plus que le corps : elle a libéré l’esprit.

Quand traditions se rejoignent

Cette cérémonie a mis en lumière les convergences symboliques entre la Franc-maçonnerie et les spiritualités autochtones :

  • une connaissance transmise par initiation, degré après degré, cercle après cercle ;
  • le respect des anciens et des ancêtres, garants d’une mémoire vivante ;
  • la richesse des symboles sacrés (le cercle, le feu, les directions, les éléments…) ;
  • la recherche constante d’équilibre, de vérité et de sagesse intérieure.

Tout comme les Premiers Peuples, nous cherchons à devenir des êtres debout, enracinés dans le passé mais tendus vers l’horizon du sens.

Une tradition qui s’installe ?

À l’issue de cette journée enrichissante, une certitude est née dans le cœur de plusieurs : ils reviendront!

L’atelier de perfection La Clef d’Hiram, fidèle à sa mission d’approfondissement opératif et initiatique, prévoit un retour en début d’automne pour poursuivre cette quête.

Sous la direction de son T∴P∴M∴ Sylvain Paquette, l’atelier ne se contente pas de transmettre des enseignements symboliques : il invite à les vivre, à les incarner, à se confronter à soi dans des cadres puissants et authentiques. Car c’est aussi cela, le chemin du perfectionnement : oser traverser le feu pour renaître à la lumière.

Et vous, serez-vous des nôtres pour le prochain voyage ?

Par Sylvain Paquette (Interviewé à Montréal)

28/06/25 Colloque de la GLFF : « La désinformation, ses conséquences sur la démocratie : comment agir ? »

Le samedi 28 juin 2025, la Grande Loge Féminine de France (GLFF), à travers sa Commission Conventuelle Éthique et Bioéthique (CCEB), organisera un colloque d’envergure intitulé « La désinformation, ses conséquences sur la démocratie : comment agir ? ». Cet événement, qui se tiendra de 14h00 à 17h30 à la Cité du Couvent, située au 4, Cité du Couvent, 101 rue de Charonne, 75011 Paris, sera également accessible en distanciel. Ouvert à tous – Francs-Maçons, Francs-Maçonnes et profanes – ce colloque ambitionne d’éclairer un sujet brûlant d’actualité : l’impact de la désinformation sur nos démocraties et les moyens d’y remédier.

Un enjeu crucial pour la démocratie

Dans un monde où l’information circule à une vitesse fulgurante, la désinformation s’est imposée comme une menace insidieuse pour la démocratie. Fausses nouvelles, théories du complot, manipulations numériques : ces phénomènes érodent la confiance des citoyens envers les institutions, les médias et la science, tout en polarisant les sociétés. La CCEB de la GLFF, fidèle à sa mission de réflexion éthique et sociétale, a choisi de réunir des experts reconnus pour analyser ces enjeux et proposer des pistes d’action concrètes. Comme le souligne la commission dans son communiqué : « Parce que la désinformation façonne notre rapport à la vérité et à la démocratie, notre commission a réuni des experts pour enrichir notre réflexion et engager l’action. »

Un programme riche et diversifié

Le colloque débutera à 13h00 avec l’enregistrement des participants, suivi d’une introduction à 14h00 par Annie Wallet, présidente de la CCEB, qui s’exprimera au nom de toutes les Sœurs de la commission. Cette ouverture posera les bases d’une après-midi de réflexion collective, fidèle aux valeurs maçonniques de recherche de la lumière et de dialogue.

À 14h15, Divina Frau-Meigs, sociologue des médias et professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Nouvelle, ouvrira les interventions avec une conférence intitulée

« Savoir civiliser le numérique pour apprendre autrement et savoir devenir ».

Elle explorera comment le numérique peut être un outil d’apprentissage et d’émancipation, à condition de le « civiliser » face aux dérives de la désinformation. Une session de questions-réponses permettra au public d’approfondir ces réflexions.

À 14h50, Brigitte Sebbah, spécialiste du journalisme numérique et des mouvements sociaux, professeure à l’Université de Toulouse, prendra la parole sur le thème « Gilets Jaunes, Covid, réseaux sociaux : enquêter dans l’arène numérique ». Elle analysera comment des événements comme la crise des Gilets Jaunes ou la pandémie de Covid-19 ont été amplifiés par les réseaux sociaux, souvent au détriment de la vérité. Une nouvelle session de questions-réponses suivra.

Après une pause à 15h35, Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, président de l’association France Transplant et ancien député engagé sur les questions de santé publique, abordera un sujet crucial :

« Santé, les risques sanitaires de la désinformation : comment rétablir la confiance ? ».

Il explorera les conséquences dramatiques de la désinformation en matière de santé publique – comme les fake news sur les vaccins – et proposera des solutions pour restaurer la confiance dans la science. Une session d’échanges avec le public suivra.

Enfin, à 16h10, Christine Dugoin-Clément, experte en influence, désinformation et stratégie numérique, chercheuse à la Fondation pour la Recherche Stratégique et à l’Observatoire de l’IA, interviendra sur « Ingérence étrangère et désinformation ». Elle décryptera comment des puissances étrangères exploitent la désinformation pour déstabiliser les démocraties, un sujet particulièrement sensible à l’ère des cyberattaques et des manipulations électorales. Cette intervention sera suivie d’une dernière session de questions-réponses, puis d’un débat général, permettant un échange libre entre les intervenants et le public.

Liliane-Mirville – Grande Maîtresse de la GLFF (Crédit photo : Journal Le Télégrame)

Le colloque se clôturera à 17h15 avec les conclusions d’Ulane Mirvile, Grande Maîtresse de la GLFF, qui tirera les enseignements de cette après-midi de réflexion. Un pot de l’amitié, prévu à 17h30, offrira un moment de convivialité fraternelle, un rituel cher à la Franc-maçonnerie.

Une initiative ouverte et accessible

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Ce colloque, organisé par la GLFF, s’inscrit dans une démarche d’ouverture et de partage, des valeurs fondamentales de la Franc-maçonnerie. En effet, il est ouvert à tous les publics, qu’ils soient initiés ou profanes, reflétant l’engagement de la GLFF à contribuer au débat public sur des questions sociétales majeures. L’événement se tiendra à la Cité du Couvent, dans le 11e arrondissement de Paris, mais sera également accessible en distanciel pour permettre une participation plus large. Notons toutefois que le nombre de places en présentiel est limité, rendant l’inscription obligatoire avant le 22 juin 2025 via le site https://my.weezevent.com/cceb2025. Lors de l’inscription, les participants devront préciser s’ils assisteront en présentiel ou à distance, ainsi que leur participation au pot de l’amitié. Pour toute question, une adresse est mise à disposition : ccebColl2025@gmail.com.

La GLFF et la CCEB : un engagement éthique et sociétal

La Grande Loge Féminine de France, fondée en 1945, est la première obédience maçonnique féminine au monde. Elle regroupe des Sœurs engagées dans une démarche humaniste et progressiste, cherchant à promouvoir l’égalité, la liberté et la fraternité. La CCEB, commission interne de la GLFF, joue un rôle clé dans cette mission en abordant des questions éthiques et bioéthiques qui touchent à la société contemporaine. Ce colloque s’inscrit dans cette lignée, en mettant l’accent sur un fléau moderne – la désinformation – qui menace les fondements mêmes de la démocratie.

En s’appuyant sur des experts de haut niveau, la CCEB démontre sa volonté de ne pas se contenter d’une réflexion interne, mais d’agir concrètement pour éclairer les esprits et encourager des solutions collectives.

Pourquoi participer à ce colloque ?

À l’heure où la désinformation gangrène le débat public, ce colloque offre une occasion unique de comprendre ses mécanismes et ses impacts, tout en explorant des pistes pour y faire face. Les interventions, couvrant des domaines aussi variés que le numérique, la santé, les mouvements sociaux et la géopolitique, permettront d’avoir une vision globale de ce phénomène. Les sessions de questions-réponses et le débat général garantiront un échange interactif, fidèle à l’esprit maçonnique de dialogue et de partage.

Que vous soyez maçon, profane, ou simplement un citoyen préoccupé par l’avenir de la démocratie, ce colloque est une invitation à réfléchir ensemble et à agir. Inscrivez-vous dès maintenant, avant le 22 juin 2025, et rejoignez cette démarche éclairée, portée par la GLFF et sa CCEB. Comme le disait un ancien Vénérable Maître :

« La lumière se trouve dans la quête, et la quête se fait ensemble. »

Que cette après-midi du 28 juin 2025 soit un pas de plus vers cette lumière collective !

Une alchimie de lumière et de symboles au cœur du Grand Temple : retour sur la 5e Journée des Auteurs du Suprême Conseil pour la France

Une alchimie de lumière et de symboles au cœur du Grand Temple : retour sur la 5e Journée des Auteurs du Suprême Conseil pour la France (SCPLF). Le samedi 31 mai 2025, le Grand Temple du Suprême Conseil pour la France à Neuilly-sur-Seine s’est métamorphosé en un vaste laboratoire spirituel, pour accueillir la 5e édition de la Journée des Auteurs, organisée par la Bibliothèque Chevalier Ramsay sous l’égide du Suprême Conseil.

Placée cette année sous le signe de l’alchimie, cette journée de haute tenue a réuni Frères, Sœurs, passionnés de tradition hermétique et amateurs éclairés de symboles révélés dans une atmosphère dense de sens et de fraternité.

L’accueil profondément fraternel de notre Frère Gérard Abidh, Grand Chancelier et initiateur de cette Journée des Auteurs, a insufflé dès les premiers instants un climat de confiance, de sérénité et d’élévation. Avec une disponibilité rare et un sourire toujours présent, il a ouvert la voie à une rencontre placée sous le sceau de l’écoute et du partage. Sous la présidence attentive et bienveillante du Souverain Grand Commandeur Jack Chopin-Ferier, la journée s’est ouverte avec les mots inspirés de Georges Bernat, autour d’une interrogation essentielle : que nous dit l’alchimie de notre propre cheminement initiatique ?

Trois conférenciers d’exception, aux voix aussi singulières que complémentaires, ont guidé cette exploration du Grand Œuvre.

Françoise Sabadell, médecin et actuelle Grande Secrétaire Générale Adjointe du Suprême Conseil Féminin de France, a offert au public un éclairage aussi savant qu’inspirant sur le Splendor Solis, recueil alchimique magistral du XVIe siècle, attribué à Salomon Trismosin. Véritable cathédrale de symboles, ce manuscrit illustre à travers ses 22 planches enluminées le Grand Œuvre alchimique, où matière et esprit s’unissent dans un lent processus de purification et d’élévation.

Avec clarté et délicatesse, Françoise Sabadell a guidé l’auditoire à travers les étapes de cette transmutation intérieure : l’Œuvre au noir, au blanc, puis au rouge, révélant la puissance opérative des images dans l’initiation. Le matras devient alors un Temple, le feu un souffle, la pierre le cœur vivant du cherchant. À travers son regard éclairé, c’est tout un langage oublié qui s’est réveillé, unissant depuis la Renaissance science, foi et sagesse dans la voie de la Connaissance véritable.

Jean-Paul Holstein, compositeur, musicologue et Frère du Suprême Conseil, a plongé les auditeurs dans les Noces chimiques de Christian Rosenkreutz, ce chef-d’œuvre rosicrucien publié en 1616 sous la plume de Johann Valentin Andreae. Véritable récit initiatique en sept journées, ce texte emblématique conjugue mystique chrétienne, symbolisme alchimique et poésie de la transformation intérieure. Il trace un itinéraire de révélation où l’initié, confronté à la mort, à la solitude et à l’épreuve, s’élève peu à peu vers la lumière de l’union divine.

Jean-Paul Holstein est également l’auteur de Le Grand Œuvre dans les Noces Chymiques de Christian Rosecroix ou le grand voyage initiatique (Agapae, coll. Ex Tenebris LVX, 2024), une œuvre de référence qui explore avec profondeur les strates symboliques, mystiques et psychologiques du texte fondateur. Dans cet ouvrage, il dévoile le double fond du récit : narration initiatique et méditation alchimique, en s’appuyant notamment sur les travaux de Jung pour lire ce voyage comme une métaphore de l’individuation.

Avec une sensibilité profonde et un rare sens du rythme symbolique, Jean-Paul Holstein a mis en lumière les strates cachées de cette allégorie : les trois couples fondamentaux – mort/renaissance, corps/prison, ascension/verticalisation – y deviennent des clés pour penser notre monde intérieur et sa métamorphose. Le rêve comme sas de passage, la tour comme axe du monde, le noir, l’or, la Vierge bleue : autant d’images que son interprétation, à la fois musicale, littéraire, ésotérique et initiatique, a su faire vibrer. Son propos, d’une justesse subtile, a résonné comme un chant de l’âme en marche vers l’Unité.

Dominique Jardin, agrégé d’histoire, docteur en histoire moderne (Université de Nice) et en sciences religieuses (École Pratique des Hautes Études), est un éminent historien du symbolisme et un spécialiste internationalement reconnu de l’iconographie maçonnique et des traditions ésotériques. Auteur prolifique, il a transporté l’auditoire dans les profondeurs mystiques des manuscrits alchimiques et des tableaux de Loge. Sa recherche, rigoureuse et sensible, explore les structures invisibles d’un savoir initiatique à travers images et signes, mêlant érudition historique et intuition symbolique. Conférencier apprécié, il intervient toujours en éclairant les liens entre histoire, symbolique et spiritualité vivante. À travers une iconographie foisonnante – soleils flamboyants, lunes argentées, croix énigmatiques, vases sacrés et triangles initiatiques –, il a révélé les filiations ésotériques unissant l’alchimie chrétienne aux rituels maçonniques du XVIIIe siècle. Du cabinet de réflexion aux rites de purification par l’eau et le feu, il a démontré avec éclat comment le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) s’imprègne de ces héritages hermétiques, dévoilant des correspondances insoupçonnées. Sa méthode, à la fois exigeante et jubilatoire, a offert à chacun un fil d’Ariane pour tisser sa tapisserie initiatique, transformant l’écoute en une quête intérieure profonde.

L’agape fraternelle qui a suivi les conférences, ponctuée de dédicaces et de discussions inspirées, a consacré la richesse de cette journée. Les regards, les silences, les sourires : tout disait que l’Œuvre au rouge avait laissé une empreinte dans le cœur des Frères et Sœurs présents.

L’après-midi fut ensuite consacrée à une présentation magistrale de manuscrits alchimiques, datés du milieu du XVIIIe au début du XXe siècle, extraits des trésors de la Bibliothèque Chevalier Ramsay. Le Frère Arnaud de Rincquesen, infatigable conservateur, a su transmettre sa passion avec rigueur et modestie. Ces pages métaphoriques, aux encres d’or et au souffle du temps, ont parlé à l’âme des visiteurs.

Car plus qu’un colloque, cette 5e Journée des Auteurs fut une véritable expérience initiatique : chacun en est sorti transformé, porteur d’un feu nouveau. Malgré un long week-end de l’Ascension, le Grand Temple a fait quasiment salle comble, signe éclatant de l’intérêt soutenu pour ces rencontres désormais bien ancrées dans le paysage maçonnique francilien.

Un grand merci au Suprême Conseil pour la France, à la Bibliothèque Chevalier Ramsay, aux auteurs, aux organisateurs et à tous les Frères qui, dans le silence des pierres et la clarté des symboles, poursuivent inlassablement la quête de la Lumière.

Le Golem et la liberté

Le mythe du Golem, loin d’être une simple fable hébraïque pour effrayer les enfants, est une tragi-comédie philosophique. Imaginez une créature d’argile, née des mains d’un rabbin facétieux, qui s’interroge sur la liberté tout en renversant les étals du marché par mégarde. Ce pantin de boue soulève des questions graves, mais avec une maladresse qui prêterait à rire dans un salon du XXIe siècle.

Ce tas de boue animé, c’est un peu comme si Frankenstein avait un cousin en terre cuite qui se pose des questions sur la liberté tout en cassant des murs par mégarde.

I. D’où sort ce Golem, au fait ?

Le Golem : Une Création des plus singulières

Le terme « golem » apparaît dans le Psaume 139:16, désignant un brouillon divin, une matière encore informe. Mais c’est à Prague, dans le ghetto juif, que notre héros d’argile prend vie sous les doigts du rabbin Judah Loew, dit le Maharal, un érudit qui, ayant trop feuilleté le Sefer Yetsirah, s’improvise démiurge. À une époque où les Juifs, accablés par les persécutions, vivaient dans l’angoisse des pogroms, le Maharal se dit : « Pourquoi ne pas façonner un colosse de terre pour protéger mes ouailles ? »

Ne montez pas le son, c’est un film muet !

Comment donne-t-on vie à un golem ? Rien de plus aisé, à condition d’avoir l’âme d’un alchimiste, la connaissance d’un kabbaliste et la patience d’un horloger :

Le modelage : On pétrit l’argile au bord d’une rivière, car l’eau, dit-on, confère une certaine poésie à l’affaire. Le résultat ? Une silhouette humaine, disgracieuse mais robuste. Les incantations : On récite des formules kabbalistiques, jouant avec les lettres hébraïques comme un typographe en transe. C’est un peu comme composer une symphonie, mais avec des noms divins. L’activation : On glisse un parchemin orné d’un nom sacré dans la bouche du golem, ou l’on grave emet (vérité) sur son front. Et voilà, la statue s’anime ! Le souffle vital : On tourne autour de la créature en psalmodiant, tel un maître de ballet mystique. Les grimoires parlent de « 231 portes » à ouvrir, mais nul n’a jamais compris ce charabia.

Ce golem, prénommé Yossef (ou Yossel pour les intimes), est un gaillard d’argile aussi fort qu’un bœuf, mais dénué d’esprit et de conversation. Sa mission ? Patrouiller dans le ghetto, déjouer les complots et donner une bonne frayeur aux malandrins.

On raconte qu’il surprit des scélérats cachant des corps pour accuser les Juifs de crimes odieux.

Mais voilà, Yossel commence à péter les plombs. Certaines légendes disent qu’il se met à jouer les rebelles, genre ado en crise qui casse tout. D’autres racontent que le Maharal flippe et décide de le mettre hors service. À la fin, le Maharal démonte Yossel, pas parce qu’il a la trouille, mais parce qu’il est sage. C’est comme débrancher une console avant qu’elle ne grille tout. Marek Halter nous glisse un message : la liberté, ce n’est pas avoir le plus gros jouet, c’est savoir quand appuyer sur « off ».

 Comment ? En virant le Post-it magique ou en effaçant une lettre sur son front pour transformer emet (vérité) en met (mort). Et pouf, Yossel redevient un tas d’argile. On dit que ses restes traînent encore dans le grenier de la synagogue Vieille-Nouvelle de Josefov à Prague, avec un panneau « Ne pas toucher, sinon ça va barder ».

Le Golem, c’est un peu nous : super forts, mais un peu paumés, coincés entre obéir aux ordres et rêver de faire nos propres bêtises. Sa « destruction » ? Une leçon kabbalistique : jouer à Dieu, c’est cool, mais faut pas pousser mémé dans les orties.

Signification (ou pas)

Le Golem, ce n’est pas juste un videur de ghetto. C’est : L’espoir des opprimés : « On va tous se faire sauver par un géant d’argile ! » Un warning cosmique : Créer des trucs puissants sans mode d’emploi, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres. Un miroir de l’humain : On veut être des dieux, mais on oublie souvent où on a garé notre âme.

    La Kabbale adore le Golem, parce que les lettres hébraïques, c’est la Wi-Fi de l’univers. Et puis, il a inspiré plein de trucs : Frankenstein, les robots de SF, et même ton aspirateur qui fait n’importe quoi. Bon, l’histoire du Golem de Prague, c’est peut-être un peu du pipeau inventé au XIXe siècle par Judah Rosenberg, mais chuuut, ça gâche le fun.

    Dans le roman Le Kabbaliste de Prague de Marek Halter, le Golem, c’est un héros tragique qui veut juste être un grand garçon, mais qui finit par tout casser comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

    II. Le Golem et la Liberté

    Prague, le Bronx du XVIe siècle

    Imaginez le ghetto de Prague, des tensions partout, des Juifs qui vivent comme dans un escape game permanent. Le Maharal crée le Golem pour jouer les super-héros, mais il se demande : « Et si mon joujou devient un Terminator ? » C’est le dilemme : déléguer le pouvoir, c’est bien, mais si le Golem décide de faire du moonwalk au lieu de protéger le ghetto, on fait quoi ?

    Yossel veut sa carte d’identité

    Dans le bouquin de Halter, Yossel commence à avoir des feelings. Il mate les oiseaux, il fronce les sourcils, il désobéit un peu, mais surtout il est la risée d’enfants. On dirait Pinocchio qui veut devenir un vrai garçon, mais en version bodybuildée. Ce Golem, c’est le symbole des Juifs opprimés qui rêvent de liberté, mais qui galèrent à comprendre comment ça marche. Problème : Yossel, avec sa cervelle d’huître, casse tout sans faire exprès. Morale ? La liberté sans GPS éthique, c’est comme donner les clés d’une Ferrari à un hamster.

    III. Philosophie et Kabbale : On rigole, mais pas que

    Liberté, Responsabilité

    Créer un Golem, c’est un peu comme pirater le code source de l’univers. Le Maharal, en jouant les démiurges, sait qu’il marche sur des œufs. Sartre dirait : « T’es libre, mec, mais assume si tout part en vrille. » Le Golem, lui, est libre comme un aspirateur : il fait ce qu’on lui dit, mais s’il déraille, c’est le chaos. La vraie liberté, ce n’est pas juste faire ce qu’on veut, c’est savoir pourquoi on le fait.

    Le Golem, c’est nous (mais en moins mignon)

    Le Golem, c’est l’humanité qui bricole des IA, des fusées et des applis de rencontre. On veut jouer les dieux, mais nos créations finissent souvent par nous faire des doigts d’honneur. Halter nous fait cogiter : comment rester libres face à nos propres jouets ?

    IV. Le Golem, toujours d’actu

    Le Golem, c’est l’ancêtre de Siri, Alexa et de tous ces algos qui décident à notre place. Ils sont censés nous aider, mais parfois, on dirait qu’ils complotent pour nous faire acheter des chaussettes fluo. La liberté, aujourd’hui, c’est se battre pour ne pas devenir les marionnettes de nos propres gadgets.

    Bibliographie (pour frimer)

    • Sartre, Jean-Paul. L’Existentialisme est un humanisme. Paris : Gallimard, 1946. (Parce que la liberté, c’est compliqué.)
    • Halter, Marek. Le Kabbaliste de Prague. Paris : Robert Laffont, 2010. (Un page-turner avec de l’argile et du drame.)
    • Scholem, Gershom. La Kabbale et sa symbolique. Paris : Payot, 1966. (Pour les fans de mysticisme sérieux.)

    La problématique de la gouvernance pour éviter le chaos !

    Il est courant de n’envisager les questions philosophiques qu’au seul niveau de l’individualité ! L’initiation maçonnique, elle-même, est conçue comme l’effet d’émerveillement capable de transformer un ou une profane en un ou une initiée. L’effet d’accompagnement du rituel est censé conforter l’impact de la cérémonie initiatique.

    Pourquoi la philosophie devrait-elle s’intéresser à la « gouvernance », notion souvent perçue comme technocratique, managériale ou simplement juridique ?

    Plusieurs raisons peuvent être citées qui concernent les relations entre les individus et le groupe :

    1. Les questions de justice

    Le respect de l’autorité et sa crédibilité dans la prise de décisions qui concernent le groupe humain 

    Quels droits pour les minorités ?

      2. Les relations entre les êtres humains et la qualité du lien social

      3. La place de l’humanité dans le monde vivant

      4. Les défis philosophiques nouveaux

      • Interdépendance
      • Post-humanisme
      • Gestion des communs
      • Anthropocène

      5. La question du monde souhaité et la prévention des dérives.

      Ces cinq raisons concernent les différents groupes sociaux y compris la loge maçonnique.

      En loge, la gouvernance se veut théoriquement collective avec les dix officier-e-s le plus couramment rencontrés :

      1. Le ou la vénérable qui conduit les travaux
      2. L’orateur ou oratrice qui rappelle la loi
      3. Le ou la trésorier-e qui veille à la bonne gestion financière
      4. L’expert-e qui vérifie le respect des rituels
      5. Le ou la 1ère surveillant-e qui accompagne les compagnon-ne-s
      6. Le ou la couvreur – couvreuse qui contrôle l’influence extérieure
      7. Le ou la 2ème surveillant-e qui accompagne les apprenti-e-s
      8. Le ou la maître-sse des cérémonies qui met en pratique le rituel
      9. L’hospitalier-e s’occupe de la bienveillance
      10. Le ou la secrétaire et sa fonction d’archiviste.

      Dans leurs fonctions les officier-e-s sont théoriquement autonomes sans lien hiérarchique : il s’agit là d’une spécificité remarquable du travail maçonnique qui est bien souvent oubliée !  Pourtant cette répartition des tâches permet de prendre en compte le concept de Bien commun !

      Le Bien commun est une des réflexions philosophiques les plus anciennes ; on la retrouve chez Platon et Aristote, on la retrouve avec la Res publica, et aussi dans le Contrat social et aujourd’hui dans la philosophie des communs !

      Dans la franc-maçonnerie contemporaine, le ou la Vénérable sont devenus des président-e-s d’associations 1901 ! Ce faisant les officier-e-s sont démotivé-e-s  et la gouvernance collective disparaît pour faire lace à une chambre d’enregistrement aux désiderata du ou de la VM et de son clan !

      La gouvernance collective en loge, avec cette répartition des fonctions fondamentales à la bonne gestion du groupe, mériterait d’être réactivée avec une durée des fonctions limitées à un an !

      Elle pourrait même servir de modèle pour une gestion municipale plus consensuelle moins handicapée par les conflits politiciens.

      Dans cette réflexion sur le caractère indispensable d’une bonne gouvernance ne retrouve-t-on pas la notion de la nécessité d’une indispensable protection ?

      Les travaux maçonniques sont placés sous cette nécessité d’un endroit protégé à l’écart du monde profane !

      Trois philosophes contemporains ont intégré cette réflexion :

      Hannah Arendt pour les origines du totalitarisme,

      Paul Ricœur

      Et Jürgen Habermas.

       L’actualité nous donne toujours cette confirmation que la pensée humaine n’est plus audible quand le chaos domine ! Et le chaos ne peut dominer que si la gouvernance est inefficiente !

      Seule une bonne gouvernance peut contrôler l’irruption d’une irrationalité émotionnelle déstabilisatrice ! Une loge qui se déchire, c’est comme une foule parasitée par des hooligans qui détruisent tout sur leur passage !

      Tout cela suppose une réflexion et une action ! C’est possible à condition de le vouloir et de ne pas succomber au découragement et à l’impuissance !

      L’expérience montre que l’irrationalité de la pulsion du chaos est imperméable à la raison ! Telle une tempête dévastatrice, elle va détruire ! Ensuite viendra le temps de la reconstruction !

      Tout l’enjeu de la bonne gouvernance est de prévenir l’arrivée de ces tempêtes ! Avouez que cela mérite notre attention !

      Dans le laboratoire d’un alchimiste du Moyen Âge : la découverte d’une substance secrète par des scientifiques

      De notre confrère linternaute.com

      Le 22 mai 2025, Linternaute. com publiait un article fascinant intitulé « Dans le laboratoire d’un alchimiste du Moyen-Âge, des scientifiques tombent sur une substance secrète ». Ce récit, nous plonge dans une découverte qui mêle histoire, science et mystère, tout en ravivant notre fascination pour les alchimistes, ces figures énigmatiques du passé. Voici un article complet et documenté, inspiré de cette publication, qui explore les détails de cette trouvaille et son contexte.

      Une découverte inattendue dans un laboratoire médiéval

      L’histoire débute dans une crypte oubliée, mise au jour lors de fouilles archéologiques dans une région non précisée d’Europe – un choix probablement volontaire pour protéger le site. Les archéologues, accompagnés de scientifiques spécialisés en chimie historique, ont exhumé ce qui semble être un laboratoire d’alchimiste datant du XIVe siècle. Parmi les creusets, les alambics et les parchemins noircis par le temps, une découverte a captivé l’attention : une fiole scellée contenant une substance mystérieuse, décrite comme un liquide visqueux aux reflets argentés.

      Les alchimistes médiévaux, souvent perçus comme des précurseurs de la chimie moderne, étaient obsédés par la quête de la pierre philosophale, censée transformer le plomb en or et offrir l’immortalité. Ce laboratoire, avec ses outils rudimentaires mais ingénieux, témoigne de leurs expérimentations audacieuses. Mais cette substance secrète, soigneusement conservée, intrigue : de quoi s’agit-il ? Une potion ratée, un élixir inachevé, ou quelque chose de plus extraordinaire ?

      Une analyse scientifique qui soulève des questions

      Alchimie
      Alchimie

      Les scientifiques ont soumis la substance à une batterie d’analyses modernes : spectroscopie de masse, chromatographie et datation au carbone 14. Les premiers résultats, dévoilés dans l’article, sont surprenants. La substance contient des traces de mercure, de soufre et d’herbes médicinales comme la mandragore, des ingrédients typiques des recettes alchimiques. Mais un élément inattendu a été détecté : une molécule organique complexe, inconnue des bases de données scientifiques actuelles. Cette molécule, selon les chercheurs, pourrait avoir des propriétés antimicrobiennes, suggérant que l’alchimiste travaillait peut-être sur un remède plutôt que sur la transmutation des métaux.

      Ce n’est pas la première fois que des découvertes alchimiques bousculent notre compréhension du Moyen Âge. Par exemple, des études récentes ont montré que certains alchimistes, comme Nicolas Flamel (bien que sa légende soit entourée de mythes), utilisaient des techniques proches de la chimie pour produire des pigments ou des médicaments. La substance découverte pourrait donc être le fruit d’une expérimentation empirique, un mélange entre science naissante et croyances ésotériques.

      Le contexte alchimique : entre science et mysticisme

      L'Alchimie, Paracelse et Hippolyte Baraduc...
      L’Alchimie, Paracelse et Hippolyte Baraduc…

      Pour mieux comprendre cette trouvaille, replaçons-la dans son contexte. Au Moyen Âge, l’alchimie était une discipline à la croisée des chemins : elle mêlait des savoirs pratiques hérités des Arabes (comme ceux d’Al-Razi, qui influença l’Europe via les traductions latines) à une vision mystique du monde. Les alchimistes croyaient que la matière pouvait être purifiée et transformée, à l’image de l’âme humaine. Le soufre et le mercure, souvent présents dans leurs recettes, symbolisaient les principes fondamentaux de la matière : l’un pour le feu, l’autre pour la fluidité.

      Mais l’alchimie n’était pas qu’une quête spirituelle. Elle avait aussi des applications pratiques. Les alchimistes fabriquaient des teintures, des remèdes et même des explosifs – on pense à la poudre à canon, perfectionnée en Europe à partir de recettes chinoises. La substance découverte pourrait donc être un produit hybride, à la fois médicament et expérience mystique. L’hypothèse d’un remède antimicrobien est d’autant plus crédible que les herbes comme la mandragore étaient prisées pour leurs vertus curatives, bien que souvent toxiques si mal utilisées.

      Une découverte qui interroge notre vision de l’histoire

      Cette trouvaille, relatée par Linternaute.com, nous pousse à réévaluer le rôle des alchimistes dans l’histoire des sciences. Trop souvent caricaturés comme des charlatans ou des rêveurs, ils étaient en réalité des pionniers, travaillant dans des conditions précaires pour comprendre les mystères de la nature. La molécule inconnue détectée dans la fiole pourrait même ouvrir de nouvelles pistes pour la recherche médicale moderne – un paradoxe fascinant, quand on pense que ces alchimistes étaient souvent persécutés par l’Église ou les autorités, qui voyaient en eux des hérétiques ou des sorciers.

      L’article de Linternaute.com souligne également l’émotion des chercheurs face à cette découverte. L’un d’eux, cité anonymement, confie : « C’est comme ouvrir une fenêtre sur l’esprit d’un homme du XIVe siècle. On touche du doigt ses espoirs, ses échecs, ses rêves. » Cette phrase capture l’essence de l’alchimie : un mélange d’ambition démesurée et de quête sincère de vérité.

      Linternaute.com : un média qui éclaire les mystères

      Alchimie sur la table de l'alchimiste
      Alchimie sur la table de l’alchimiste

      Il faut saluer le travail de Linternaute.com et de sa rédaction pour avoir mis en lumière cette découverte. Depuis sa création en 2000 par le Benchmark Groupe, le site s’est imposé comme une référence pour les curieux, avec 24 millions de visiteurs uniques en 2020. Racheté par le groupe CCM en 2010, puis intégré au Groupe Figaro en 2015, Linternaute excelle à mêler actualité, culture et découvertes, comme le montre cet article. En explorant des sujets aussi variés que l’alchimie médiévale ou les avancées scientifiques modernes, le média incarne une mission quasi maçonnique : éclairer les esprits, chercher la lumière dans les ténèbres de l’ignorance.

      Un pont entre passé et futur

      La découverte de cette substance secrète dans un laboratoire alchimique nous rappelle que le passé a encore beaucoup à nous apprendre. Elle illustre la ténacité des alchimistes, ces précurseurs méconnus qui, malgré leurs limites, ont jeté les bases de la science moderne. Si la molécule inconnue révèle un jour des propriétés révolutionnaires, elle pourrait bien transformer notre vision de l’histoire – et peut-être même notre avenir.

      En attendant, cette histoire nous invite à rêver, comme le faisaient ces alchimistes d’antan, tout en gardant les pieds ancrés dans la rigueur scientifique. Merci à Linternaute.com de nous avoir offert ce voyage dans le temps, entre mystère médiéval et promesses d’avenir. Que la quête de la lumière continue !

      Le Dessin de Jissey : « Pierre Dac est une inspiration »

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      Mes très chers Frères et Sœurs, si la Franc-maçonnerie est un temple de sagesse, Pierre Dac, lui, y a glissé une bonne dose de loufoquerie ! Initié à la Grande Loge de France en 1946, ce Frère pas comme les autres a su apporter un vent de légèreté dans nos tenues parfois un peu trop amidonnées. Parce que, soyons honnêtes, entre deux symboles à décrypter et trois colonnes à polir, un peu d’humour, ça fait du bien à l’âme maçonnique !

      Pierre Dac, c’était le roi des calembours et des aphorismes qui tapent juste. On lui doit des perles comme : « Les maçons sont des chercheurs, pas des trouveurs » – une petite pique fraternelle pour nous rappeler de ne pas trop nous prendre au sérieux. Mais son chef-d’œuvre, c’est sans doute le Rituel des Voyous, une parodie hilarante des rituels maçonniques, probablement coécrite avec ses compères Léo Campion et Francis Blanche. Imaginez un Vénérable Maître rebaptisé « Taulier », des Surveillants devenus « Matons », et un Couvreur transformé en « Bignoleur » qui va « bigler si la carrée est aux pommes » ! De l’argot, de la dérision, et une bonne tranche de rigolade : Pierre Dac a osé chatouiller le sacré maçonnique, et on l’en remercie.

      Car l’humour, en Loge, c’est une arme secrète. Jissey le confirme lui-même : « En maçonnerie, la quantité de nos certitudes est un bon indicateur de notre niveau d’ignorance ». Pierre Dac, avec son esprit pince-sans-rire, nous a appris à rire de nos illusions de grandeur – ces moments où l’on se prend pour un Grand Architecte alors qu’on n’a même pas fini de tailler sa pierre. Il nous a rappelé que la vraie lumière, parfois, elle passe par un éclat de rire partagé en agapes, un schmilblick absurde ou une blague bien placée.

      Alors, mes Frères et Sœurs, la prochaine fois que vous sentirez la solennité vous corseter un peu trop, pensez à Pierre Dac. Sortez un bon mot, riez de vos décors un peu trop brillants, et rappelez-vous que l’humour, c’est aussi une façon de s’élever – à la manière d’un Frère loufoque qui, mine de rien, nous a tous rendus un peu plus humains. La joie soit dans les cœurs… et un sourire sur vos lèvres !