Jean Erceau est l’auteur des Jardins initiatiques du château de Versailles, publié en juin 2008 par Thalia Édition dans la collection « Patrimoine du monde ». Illustré par les photographies de Claude-Charles Rozier-Chabert, ce livre de 323 pages propose de parcourir les jardins du Roi-Soleil comme un itinéraire symbolique, en interrogeant leurs bosquets, statues et perspectives à la lumière de la tradition initiatique.
L’auteur
Les éléments biographiques publiquement accessibles sur l’auteur restent limités : sa notoriété dans le monde maçonnique tient avant tout à ses écrits, et l’on s’en tiendra ici à ce que ses publications permettent d’établir.
Son ouvrage associe un texte d’interprétation à un important travail photographique, signé Claude-Charles Rozier-Chabert, qui fait du livre autant un beau livre qu’un essai.
Versailles lu comme un parcours initiatique
Les jardins de Versailles, dessinés par André Le Nôtre pour Louis XIV, sont peuplés d’une statuaire mythologique d’une grande richesse : Apollon, Latone, les saisons, les éléments. Jean Erceau y voit un programme symbolique qu’il s’efforce de déchiffrer, à la manière d’un chemin initiatique jalonné d’épreuves et de figures.
Le livre, publié dans une collection consacrée au patrimoine, s’adresse ainsi à un double public : les amateurs d’histoire de l’art et les lecteurs sensibles à l’herméneutique des symboles.
Entre patrimoine et symbolisme
Sans être un ouvrage d’histoire maçonnique au sens strict, le livre figure dans la bibliographie sur la franc-maçonnerie parce qu’il relève de la lecture symbolique du patrimoine, une veine que pratiquent volontiers les auteurs maçonniques, attentifs aux correspondances entre architecture, mythologie et quête intérieure.
Principaux ouvrages
Les jardins initiatiques du château de Versailles (photogr. Claude-Charles Rozier-Chabert), Thalia Édition, coll. « Patrimoine du monde », 2008
Un regard symbolique sur un haut lieu
Jean Erceau invite à regarder Versailles autrement : non plus seulement comme la vitrine du pouvoir royal, mais comme un ensemble de signes ouverts à l’interprétation. Son livre illustre la manière dont la sensibilité initiatique s’empare du patrimoine pour y lire un chemin de connaissance.
Gérard Meyer est connu des lecteurs maçonniques comme coauteur, avec Alain Bauer, du volume Le Rite français paru en août 2012 aux Presses universitaires de France dans la collection « Que sais-je ? » (n° 3918). En quelques dizaines de pages, l’ouvrage propose une synthèse sur le rite le plus ancien et le plus pratiqué de la maçonnerie française, de ses origines au XVIIIe siècle à ses formes contemporaines.
Un coauteur de référence
Les éléments biographiques publiquement accessibles sur l’auteur restent limités : sa notoriété dans le monde maçonnique tient avant tout à ses écrits, et l’on s’en tiendra ici à ce que ses publications permettent d’établir.
Son nom est associé à celui d’Alain Bauer, criminologue et ancien grand maître du Grand Orient de France, avec qui il a cosigné ce titre de la collection encyclopédique des PUF.
Le Rite français en « Que sais-je ? »
Le Rite français (PUF, « Que sais-je ? » n° 3918, 2012) s’attache au rite issu de la structuration des grades opérée en France au XVIIIe siècle, fixé dans le Régulateur du maçon au début du XIXe siècle et longtemps pratiqué majoritairement au Grand Orient de France.
Le format imposé par la collection – un exposé dense et accessible – fait de ce volume une introduction commode aux trois grades symboliques, aux Ordres de sagesse et aux évolutions d’un rite qui a connu de nombreuses variantes.
Une place dans la littérature de vulgarisation
La collection « Que sais-je ? » consacre plusieurs titres à la franc-maçonnerie, à ses obédiences et à ses rites. Le volume cosigné par Gérard Meyer y occupe la place de synthèse de référence sur le Rite français, régulièrement citée dans les bibliographies d’initiation.
Principaux ouvrages
Le Rite français (avec Alain Bauer), PUF, coll. « Que sais-je ? » n° 3918, 2012
Une synthèse utile sur un rite fondateur
Par sa contribution à ce « Que sais-je ? », Gérard Meyer a participé à rendre accessible au grand public comme aux initiés l’histoire et la structure du Rite français. L’ouvrage demeure une lecture d’orientation pour quiconque veut comprendre le rite historique de la maçonnerie française.
Fabrice Bernard est l’auteur de Les agapes maçonniques, à quoi ça sert ?, paru en février 2021 chez Dervy dans la collection « Les outils maçonniques du XXIe siècle ». En quatre-vingts pages, ce petit livre s’attache à un moment souvent jugé secondaire et pourtant essentiel de la vie des loges : le repas fraternel qui suit la tenue, avec ses usages, ses santés et sa part de rituel. Un ouvrage de transmission, pensé pour les frères et sœurs d’aujourd’hui.
Un auteur de la collection des « outils maçonniques »
Les éléments biographiques publiquement accessibles sur l’auteur restent limités : sa notoriété dans le monde maçonnique tient avant tout à ses écrits, et l’on s’en tiendra ici à ce que ses publications permettent d’établir.
Son livre s’inscrit dans une collection de format court lancée par Dervy, dont chaque volume répond à une question concrète que se pose le maçon dans sa pratique : à quoi sert tel usage, comment réussir telle étape du parcours initiatique.
Les agapes, prolongement de la tenue
Paru en février 2021 (les éditions Dervy, dans la collection « Les outils maçonniques du XXIe siècle »), l’ouvrage de 80 pages interroge le sens des agapes, ce repas pris en commun après les travaux rituels. Héritées des banquets des loges du XVIIIe siècle, elles peuvent revêtir une forme rituelle, avec santés d’obligation, vocabulaire et gestes codifiés, ou une forme plus libre.
Le titre même – à quoi ça sert ? – annonce une démarche de clarification : rappeler ce que ce moment apporte à la vie fraternelle de l’atelier, au-delà de la simple convivialité.
Un sujet peu traité
Les agapes occupent une place modeste dans la littérature maçonnique, plus souvent tournée vers le symbolisme des grades ou l’histoire des obédiences. Un volume entièrement consacré à ce temps de la vie de loge comble ainsi un manque pour les ateliers soucieux de redonner sens à leurs usages.
Principaux ouvrages
Les agapes maçonniques, à quoi ça sert ?, Dervy, 2021
Redonner du sens à la table fraternelle
Par un livre bref et pratique, Fabrice Bernard rappelle que la franc-maçonnerie ne se vit pas seulement dans le temple : la table partagée, avec ses rites propres, participe elle aussi de la construction de la fraternité. Son ouvrage constitue une porte d’entrée accessible pour tout atelier qui s’interroge sur ses agapes.
Xavier Tacchella est l’auteur d’une trilogie consacrée aux trois grades de la maçonnerie symbolique, publiée aux éditions Codexlibris : Apprenti, des Ténèbres à la Lumière, cosigné avec Monique Amiot et préfacé par Jean-Marie Lupart, Compagnon, du spéculatif à l’opératif, préfacé par Anne-Marie Stadelhoffer, et Maître, de la Mort à la Vie. La bibliographie de référence de Wikipédia rattache ces ouvrages au Rite opératif de Salomon.
Un auteur connu par ses livres
Les données biographiques publiques sur Xavier Tacchella sont limitées, et cette notice s’en tient à son œuvre. Ses trois livres, parus chez Codexlibris, figurent dans la bibliographie sur la franc-maçonnerie de Wikipédia, en lien avec le Rite opératif de Salomon.
Le Rite opératif de Salomon
Apparu dans les années 1960 à partir des recherches de Jacques de La Personne, le Rite opératif de Salomon est principalement pratiqué au sein de l’Ordre initiatique et traditionnel de l’Art royal (OITAR), fondé en 1974. Il se distingue par une approche très symboliste et un accent particulier sur le cérémonial, une ouverture à la mixité et une organisation en neuf degrés répartis en trois ordres. Le rite fait notamment du deuxième degré le pivot symbolique de son parcours.
Trois livres, trois grades
La trilogie suit la progression initiatique. Apprenti, des Ténèbres à la Lumière, écrit avec Monique Amiot, aborde le premier grade et le passage symbolique de l’obscurité à la Lumière. Compagnon, du spéculatif à l’opératif renverse la formule habituelle et met l’accent sur le lien avec le métier des bâtisseurs, en cohérence avec la place centrale que le Rite opératif de Salomon accorde au compagnonnage. Maître, de la Mort à la Vie clôt l’ensemble avec le grade de Maître et sa thématique de mort et de renaissance.
Principaux ouvrages
Apprenti, des Ténèbres à la Lumière (avec Monique Amiot), préface de Jean-Marie Lupart, Codexlibris
Compagnon, du spéculatif à l’opératif, préface d’Anne-Marie Stadelhoffer, Codexlibris
Maître, de la Mort à la Vie, Codexlibris
Un regard sur les grades symboliques
Avec sa trilogie, Xavier Tacchella propose un parcours de lecture qui accompagne le maçon de l’Apprentissage à la Maîtrise, dans la perspective d’un rite peu documenté en librairie. Ses livres intéressent les lecteurs curieux du Rite opératif de Salomon et, plus largement, tous ceux qui s’interrogent sur l’articulation entre maçonnerie spéculative et héritage opératif.
Théo Marti est l’auteur d’un ouvrage peu commun dans la bibliographie maçonnique francophone : Des hérésies maçonniques à l’histoire de la Ligue universelle des francs-maçons, publié à Genève par les éditions Slatkine, avec une préface d’Alain Marti, et réédité en 1984 dans une deuxième édition de 429 pages. Le livre est l’une des rares études d’ensemble consacrées à cette association internationale née du mouvement espérantiste, qui entendait réunir les francs-maçons au-delà des frontières d’obédiences, de nations et de rites.
Un auteur connu par un livre
Les éléments biographiques fiables sur Théo Marti font défaut, et cette notice se concentre sur son ouvrage. Celui-ci, publié par la maison genevoise Slatkine et préfacé par Alain Marti, figure dans la bibliographie de référence sur la franc-maçonnerie établie par Wikipédia.
La Ligue universelle des francs-maçons
L’objet du livre est une organisation singulière. La Ligue universelle des francs-maçons naît en 1905, lors du premier congrès international d’espéranto à Boulogne-sur-Mer, sous le nom d’Esperanto Framasona. Elle adopte en 1913, après le congrès de Berne, le nom d’Universala Framasona Ligo et se dote de statuts. Son premier président est le Portugais Sebastião de Magalhães Lima, grand maître du Grand Orient lusitanien uni.
Son but : rassembler les francs-maçons indépendamment de leurs obédiences, de leurs nationalités et de leurs rites, au service de l’internationalisme et du pacifisme. C’est cette ambition transversale, perçue par certaines obédiences comme hétérodoxe, qu’évoque le titre de Théo Marti en parlant d’« hérésies maçonniques ».
Principaux ouvrages
Des hérésies maçonniques à l’histoire de la Ligue universelle des francs-maçons, préface d’Alain Marti, Genève, Slatkine, 2e éd., 1984
Une source sur l’internationalisme maçonnique
En retraçant l’histoire de la Ligue universelle des francs-maçons, Théo Marti documente une facette méconnue de la maçonnerie du XXe siècle : la tentative de dépasser les clivages obédientiels pour bâtir une fraternité réellement universelle, en lien avec les idéaux pacifistes et espérantistes. Son livre reste une source utile pour l’histoire des relations entre obédiences et des organisations maçonniques internationales.
Yves-Max Viton est l’auteur d’un ouvrage de synthèse devenu une porte d’entrée classique vers le plus répandu des rites maçonniques de hauts grades : Le Rite écossais ancien et accepté, publié en 2011 aux Presses universitaires de France dans la collection « Que sais-je ? » (n° 3916). Réédité en 2025 dans une deuxième édition corrigée, ce petit livre d’environ 125 pages présente en format de poche l’histoire, l’organisation et l’échelle des grades d’un rite pratiqué dans le monde entier.
Un auteur discret
Les informations biographiques publiques sur Yves-Max Viton sont rares, et cette notice s’en tient à son œuvre vérifiable. Son nom est attaché à un titre précis, référencé par la Bibliothèque nationale de France : le « Que sais-je ? » n° 3916, consacré au Rite écossais ancien et accepté.
Le REAA en format « Que sais-je ? »
Paru en 2011 aux Presses universitaires de France (127 pages), Le Rite écossais ancien et accepté s’inscrit dans une collection de vulgarisation savante qui vise à donner, en un volume bref, l’essentiel d’un sujet. Le Rite écossais ancien et accepté, structuré en 33 degrés et administré au-delà des grades symboliques par des Suprêmes Conseils, se prête à cet exercice de synthèse : origines, formation de l’échelle des grades, diffusion internationale.
Le livre a connu une deuxième édition corrigée en 2025 (126 pages), signe qu’il continue de répondre à une demande de lecteurs, maçons ou non, à la recherche d’une présentation concise du rite.
Principaux ouvrages
Le Rite écossais ancien et accepté, PUF, coll. « Que sais-je ? » n° 3916, 2011
Le Rite écossais ancien et accepté, 2e éd. corrigée, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2025
Une synthèse de référence
Par le choix même de la collection « Que sais-je ? », l’ouvrage d’Yves-Max Viton a contribué à faire connaître le Rite écossais ancien et accepté au-delà des seuls cercles initiés. Il figure parmi les lectures d’introduction les plus accessibles sur ce rite, à compléter par les travaux d’histoire plus détaillés consacrés aux hauts grades et aux Suprêmes Conseils.
Grand Maître de la Grande Loge de France (2003-2004)
Yves-Max Viton est élu Grand Maître de la Grande Loge de France par le Convent de juin 2003, à la suite du second mandat de Michel Barat. Il exerce la charge pendant une année, jusqu’en juin 2004, avant de transmettre le maillet à Alain Pozarnik.
Invité en 2010 à témoigner dans le numéro spécial Paroles de Grands Maîtres de Points de Vue Initiatiques, il y pose une question simple et exigeante, « Que faisons-nous dans nos loges ? », et y répond en plaçant au premier rang la mutation spirituelle du maçon, qu’il tient pour « la modification la plus importante ».
Son engagement s’est ensuite prolongé sur la scène européenne : en 2026, il préside l’Alliance maçonnique européenne, dont l’assemblée générale de Lisbonne, le 31 mai 2026, n’a pu délibérer faute de quorum, le laissant en fonction dans l’attente d’une nouvelle convocation.
Née en 1960, Sophie Coignard est une journaliste et essayiste française, grand reporter à l’hebdomadaire Le Point. Diplômée de l’ESSEC, elle s’est spécialisée dans l’enquête sur les élites, les réseaux de pouvoir et les dysfonctionnements de l’État, avec plus d’une vingtaine de livres depuis La Nomenklatura française (1986). La franc-maçonnerie occupe une place notable dans son œuvre, avec Un État dans l’État : le contre-pouvoir maçonnique (Albin Michel, 2009) et 100 questions sur les francs-maçons (La Boétie, 2013).
Une enquêtrice des élites
Grand reporter au Point, Sophie Coignard publie dès 1986, avec Alexandre Wickham, La Nomenklatura française (Belfond), première d’une longue série d’enquêtes sur les cercles dirigeants. Suivent notamment L’Omerta française (Albin Michel, 1999) et Le Rapport Omerta, puis, avec Romain Gubert, L’Oligarchie des incapables (Albin Michel, 2012). Son fil conducteur : l’entre-soi des élites et ses effets sur la vie publique.
Un État dans l’État
Publié en 2009 chez Albin Michel, Un État dans l’État : le contre-pouvoir maçonnique s’intéresse à l’influence des francs-maçons dans les institutions françaises. Fidèle à sa méthode, l’autrice y décrit des réseaux d’influence et de solidarité, qu’elle présente comme un contre-pouvoir parallèle à l’État.
Le livre s’inscrit dans une tradition journalistique qui interroge la place des loges dans la République. Il est régulièrement cité, y compris dans des textes critiques à l’égard de la maçonnerie, ce qui en fait l’une des références du débat public sur le sujet.
Cent questions sur les francs-maçons
En 2013, Sophie Coignard publie aux éditions La Boétie, dans la collection « 100 questions sur », un volume consacré aux Francs-maçons. Le format de la collection, fait de questions-réponses, vise un public non initié désireux d’une première approche.
Principaux ouvrages
La Nomenklatura française (avec Alexandre Wickham), Belfond, 1986
La République bananière (avec Jean-François Lacan), Belfond, 1989
L’Omerta française (avec Alexandre Wickham), Albin Michel, 1999
Le Rapport Omerta, Albin Michel, 2002
Un État dans l’État : le contre-pouvoir maçonnique, Albin Michel, 2009
L’Oligarchie des incapables (avec Romain Gubert), Albin Michel, 2012
100 questions sur les francs-maçons, La Boétie, 2013
La Caste cannibale, Albin Michel, 2014
La Tyrannie de la médiocrité, L’Observatoire, 2022
Un regard journalistique extérieur
Sophie Coignard n’écrit pas de l’intérieur des loges : elle porte sur la franc-maçonnerie le regard de l’enquêtrice, attentive aux réseaux et aux jeux de pouvoir. Ses livres ont contribué à installer dans le débat public la question de l’influence maçonnique dans l’appareil d’État. Pour le lecteur maçon, ils offrent un miroir extérieur, parfois sévère, de la manière dont l’Ordre est perçu.
Journaliste, essayiste et éducateur alsacien, Édouard Boeglin (1942-2009) a mené de front une carrière dans la presse régionale, un engagement municipal à Mulhouse et un long parcours au Grand Orient de France, dont il fut Grand Maître adjoint. En 2004, il publie Main basse sur la maison Cadet ? La franc-maçonnerie libérale dans la tourmente, un essai critique sur les crises internes de l’obédience de la rue Cadet, qui conserve une valeur de témoignage sur la maçonnerie française du tournant du XXIe siècle.
Un journaliste de la presse alsacienne
Né en 1942, Édouard Boeglin est un homme de plume et de terrain. Journaliste, il fait carrière dans la presse régionale, des Dernières Nouvelles d’Alsace à L’Alsace-Le Pays. Il est aussi présenté comme essayiste et éducateur.
Mulhouse, le patrimoine et les colloques
Attaché à Mulhouse, il s’y engage dans la vie publique comme conseiller municipal délégué au patrimoine et œuvre à la reconnaissance des richesses historiques de sa région. Organisateur de colloques internationaux, il fait venir dans la ville des intellectuels et des chercheurs, contribuant à son rayonnement culturel.
Un maçon de la rue Cadet
Initié au Grand Orient de France en 1972, Édouard Boeglin y accède aux plus hautes responsabilités, jusqu’à la fonction de Grand Maître adjoint. Cette expérience de l’intérieur nourrit son regard sur l’évolution de l’obédience, ses débats idéologiques et ses enjeux de gouvernance.
Paru aux éditions Cêtre en 2004 (264 pages), Main basse sur la maison Cadet ? La franc-maçonnerie libérale dans la tourmente analyse les crises internes du Grand Orient de France à travers les mandats de onze grands maîtres successifs : questions administratives, politiques et philosophiques d’une institution présentée comme jadis « flambeau du progrès républicain ». 450.fm est revenu sur cet essai en 2024.
Principaux ouvrages
Main basse sur la maison Cadet ? La franc-maçonnerie libérale dans la tourmente, Éditions Cêtre, 2004
Un témoin engagé du Grand Orient
Édouard Boeglin appartient à cette génération de maçons qui ont exercé des responsabilités nationales tout en gardant une liberté de ton de journaliste. Son essai de 2004, écrit par un ancien dignitaire, offre un document de première main sur les tensions qui ont traversé le Grand Orient de France à la fin du XXe siècle et au début du XXIe, utile à quiconque s’intéresse à l’histoire récente de la maçonnerie libérale et adogmatique.
Né en 1958 à Tunis, Thierry Zarcone est un historien et anthropologue français, directeur de recherches au CNRS. Spécialiste de l’histoire intellectuelle et religieuse des mondes turc et iranien, il a ouvert un champ presque vierge de la recherche maçonnique : les relations entre la franc-maçonnerie et l’islam. De Mystiques, philosophes et francs-maçons en Islam (1993) au Mystère Abd el-Kader, en passant par Le Croissant et le compas, son œuvre éclaire la circulation des loges, des idées et des rituels entre l’Europe et l’Orient.
De Tunis au CNRS : un parcours d’orientaliste
Thierry Zarcone naît en 1958 à Tunis. Il suit ses études de premier et de deuxième cycle à l’université d’Aix-Marseille, puis soutient sa thèse à l’université de Strasbourg en 1989. Chercheur au CNRS, il obtient en 2004 son habilitation à diriger des recherches à l’École des hautes études en sciences sociales.
Directeur de recherches au CNRS, il a aussi enseigné à Sciences Po Aix et a été professeur invité à l’université de Kyoto (Graduate School of Asian and African Area Studies) en 2005-2006. Le programme du colloque du tricentenaire de la première loge en France, en 2025, le présente comme historien et anthropologue rattaché au Groupe Sociétés, Religions, Laïcité de l’École pratique des hautes études.
Soufisme, Turquie, Asie centrale : un vaste terrain
Ses travaux portent sur l’histoire intellectuelle et religieuse des mondes turc et iranien : le soufisme et les confréries mystiques, le chamanisme, l’islam dans l’Empire ottoman, la Turquie moderne, l’Asie centrale et le Turkestan oriental (Xinjiang). Il codirige depuis 2000 le Journal of the History of Sufism.
Pour un large public, il a signé plusieurs volumes de la collection Découvertes Gallimard, dont La Turquie. De l’Empire ottoman à la République d’Atatürk (2005), Le Soufisme. Voie mystique de l’islam (2009) et Le Chamanisme de Sibérie et d’Asie centrale (2011, avec Charles Stépanoff).
Franc-maçonnerie et islam : un champ pionnier
C’est dans la rencontre de ces deux domaines que Zarcone apporte sa contribution la plus originale aux études maçonniques. Dès 1993, Mystiques, philosophes et francs-maçons en Islam, publié chez Jean Maisonneuve, explore les loges et les milieux mystiques de l’Empire ottoman ; le livre reçoit en 1994 le prix Saintour de l’Académie des sciences morales et politiques. Il prolonge ce travail avec Secret et sociétés secrètes en islam (Archè, 2002), consacré à la Turquie, à l’Iran et à l’Asie centrale aux XIXe et XXe siècles.
Le Croissant et le compas (Dervy, 2015) retrace l’histoire des rapports entre islam et franc-maçonnerie, « de la fascination à la détestation ». Le Mystère Abd el-Kader, publié aux éditions du Cerf, revient sur l’initiation de l’émir algérien, reçu franc-maçon en 1864 à Alexandrie par la loge Les Pyramides d’Égypte, par délégation de la loge parisienne Henri IV ; l’ouvrage a été distingué par le prix Diane-Potier-Boès en 2020.
Aux sources de la maçonnerie française
Zarcone s’intéresse aussi aux premiers temps de la franc-maçonnerie en France. La Fabrique de la franc-maçonnerie française. Histoire, sociabilité et rituels, 1725-1750, paru chez Dervy, examine la naissance des loges françaises, leurs usages et leurs rituels. En novembre 2025, il intervient au colloque du tricentenaire de la première loge en France sur la perception de la franc-maçonnerie par l’Église entre 1725 et 1738.
L’histoire locale ne lui est pas étrangère : avec Jean-Marie Mercier, il a dirigé Les Francs-Maçons du pays de Daudet (Édisud, 2004), consacré aux loges de Beaucaire et de Tarascon du XVIIIe au XXe siècle. Il a également publié une étude sur « Le voyage oriental du Rose-Croix » dans la revue Octagon (2018).
Principaux ouvrages
Mystiques, philosophes et francs-maçons en Islam, Jean Maisonneuve, 1993
Boukhara l’interdite, 1830-1888, Autrement, 1997
Secret et sociétés secrètes en islam. Turquie, Iran et Asie centrale, XIXe-XXe siècles, Archè, 2002
La Turquie moderne et l’islam, Flammarion, 2004
Les Francs-Maçons du pays de Daudet. Beaucaire et Tarascon (avec Jean-Marie Mercier), Édisud, 2004
La Turquie. De l’Empire ottoman à la République d’Atatürk, Gallimard, coll. Découvertes, 2005
Le Soufisme. Voie mystique de l’islam, Gallimard, coll. Découvertes, 2009
Le Chamanisme de Sibérie et d’Asie centrale (avec Charles Stépanoff), Gallimard, coll. Découvertes, 2011
Le Croissant et le compas. Islam et franc-maçonnerie, de la fascination à la détestation, Dervy, 2015
Le Cerf (avec Jean-Pierre Laurant), Les Belles Lettres, 2017
Le Mystère Abd el-Kader. La franc-maçonnerie, la France et l’islam, Éditions du Cerf, 2019
La Fabrique de la franc-maçonnerie française. Histoire, sociabilité et rituels, 1725-1750, Dervy
Un pont savant entre l’Orient et les loges
Thierry Zarcone occupe une place singulière dans l’historiographie maçonnique : celle d’un chercheur venu des études islamiques et turques, qui a montré que la franc-maçonnerie n’a pas été un phénomène exclusivement européen. En étudiant les loges ottomanes, les affinités supposées ou réelles entre confréries soufies et sociétés initiatiques, ou l’initiation d’Abd el-Kader, il a rendu visibles des circulations longtemps ignorées. Ses livres, appuyés sur les méthodes de l’histoire universitaire, sont devenus des références pour qui veut comprendre les relations entre l’Art royal et le monde musulman.
Sébastien Galceran est un journaliste français, producteur à France Culture et chargé de cours au Celsa, au sein du master de journalisme, selon la présentation de son éditeur. Il est l’auteur de Les Franc-maçonneries, paru en 2004 à La Découverte dans la collection « Repères ». Ce petit livre de synthèse propose une approche socio-historique de la franc-maçonnerie, de ses origines britanniques à sa diversité contemporaine, loin de la polémique comme de l’apologie.
Un journaliste de radio
Les informations publiques sur Sébastien Galceran se limitent pour l’essentiel à celles de son éditeur : journaliste, il est producteur à France Culture et enseigne au Celsa dans le cadre du master de journalisme.
Les Franc-maçonneries, une synthèse socio-historique
Paru le 7 octobre 2004 sous le titre complet Les Franc-maçonneries : XVIIIe-XXIe siècle, le livre est le 397e volume de la collection « Repères » de La Découverte, connue pour ses synthèses en sciences sociales. Son pluriel annonce le propos : il n’existe pas une, mais des franc-maçonneries.
L’auteur retrace les origines de l’Ordre en Grande-Bretagne et son expansion sur le continent au XVIIIe siècle, analyse les motivations des membres, les traditions initiatiques, les pratiques rituelles et les structures obédientielles. Il montre comment la maçonnerie française a conquis aux XIXe et XXe siècles une relative autonomie à l’égard des pouvoirs religieux et politiques, avant d’évoquer sa dimension internationale et sa diversité actuelle.
Principaux ouvrages
Les Franc-maçonneries : XVIIIe-XXIe siècle, La Découverte, coll. « Repères », 2004
Une porte d’entrée accessible
Par son format court et son approche distanciée, Les Franc-maçonneries s’adresse aux étudiants, aux journalistes et aux curieux qui cherchent une première vue d’ensemble rigoureuse. Il a contribué à faire entrer la franc-maçonnerie dans le champ des synthèses universitaires grand public, en la traitant comme un objet d’histoire et de sociologie à part entière.