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Quel drôle de genre – L’initiation du côté de la mixité : se reconnaître dans son double

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« il est elle.
Elle est lui.
L’un et l’autre dans leur altérité.
Deux a n’en plus faire qu’un
Pour couronner le sacrifice
De l’unité retrouvée.
Deux dans le même profil de l’œuvre
Le même battement de cœur inorganique
Le même spasme d’en haut.
Le ciel tout proche
Sous l’écorce. »

 Jacques Viesvel (Androgyne)

Très vite, certains sujets, que nous devions simplement traiter dans la liberté philosophique de notre libre interprétation, deviennent des idéologies teintées d’un esprit qui ressemble assez à des actes de foi. La maçonnerie qui se réclame de la libre pensée, tombe assez souvent dans le piège d‘un dogme qui, paradoxalement, enferme le sujet dans une idéologie bien proche d’une catéchisation, au lieu de lui donner les outils de sa propre liberté de pensée.

Quel drôle de genre - L’initiation du côté de la mixité : se reconnaître dans son double

Les idéologues maçonniques se reproduisant entre-eux grâce à une sélection de grades de plus en plus étranges, archaïques et incohérents, nous assistons à la constitution d’un « clergé » qui recrute le futur encadrement d’une idéologie qui remplacerait la réflexion philosophique, car, de par sa liberté, la philo voilà l’ennemie ! Ce qu’écrit, avec beaucoup de talent et de lucidité la philosophe Sophie Nordmann (1) : « on était déjà, on est encore-et peut-être de plus en plus- dans un triomphe des idéologies. On est avant tout à la recherche de réponses, à la recherche de grilles de lecture du monde, c’est-à-dire d’idéologies, au sens littéral du terme : d’idées qui développent une certaine logique qui permettrait de comprendre le monde. Or la philosophie est le refus de toute forme d’idéologie. Si certaines doctrines philosophiques peuvent elles-mêmes devenir idéologiques, néanmoins la philosophie n’a pas pour vocation d’apporter des réponses, mais de venir mettre en question. C’est sa vocation première. Cette mise en question n’est pas une pratique qui viendrait nous réconforter.

Au contraire, la philosophie vient nous inquiéter. C’est donc un risque à prendre. Or, dans un âge de crises et de pertes de repères, on est plutôt à la recherche de ce qui vient nous tranquilliser, nous rassurer, nous apporter un peu de stabilité dans la tempête, d’où le peu de poids de la philosophie. D’autant plus que l’on confond souvent philosophie et idéologie. Dès que vous avez un « isme » à la fin d’un mot (marxisme, existentialisme, etc.), c’est qu’on a basculé dans une forme d’idéologie, c’est-à-dire dans une philosophie qui n’est plus une pratique de la mise en question, mais une nouvelle grille de lecture du monde. » pour rire un peu, nous pourrions ajouter « maçon « isme » à l’écoute de certains discours !

I- Initions-nous a devenir iconoclastes !

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Philosophe en méditation

L’une des vocations de la philosophie est de briser les idoles pour les remplacer par une vocation prophétique, qui serait une lutte contre toute forme d’idolâtrie, ce que nous dit ludwig wittgenstein : « tout ce que peut la philosophie, c’est détruire les idoles ». Les idéologies sont les idoles des temps présents et représentent inévitablement une forme de violence absolue, de désir de la destruction de celui qui ne partagerait pas mon imaginaire. Dans ce sens, la philosophie est une lutte contre toute forme de réification de la pensée, puisqu’une idole est une pensée qu’on réifie. D’où l’importance d’un prophétisme qui ne prédit pas l’avenir, mais qui interpelle ses contemporains, les réveille, les inquiète et leur ouvre ainsi la brèche d’un « à venir » qui ne serait pas le simple prolongement de la banalité des choses sous la forme d’un conservatisme oppresseur. Détruire les idoles, c’est se libérer d’un esclavage dont on est, d’une certaine manière, soi-même l’artisan. Bien entendu, l’une des grandes idoles en question dans la maçonnerie demeure l’antienne de la mixité depuis le début de son histoire !

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L’initiation, une seconde naissance

Il en est de l’initiation comme du baptême : pour que mes sœurs ou mes frères me reconnaissent comme tel, il convient que je naisse à une nouvelle vie et ce, par l’initiation qui serait le passage du savoir, plus ou moins acquit au fil de l’expérience humaine, à la connaissance. Nous pourrions dire une « co-naissance », la mise au monde de ce qui serait déjà à l’intérieur du sujet. Renaître, comme si la naissance physiologique classique ne valait rien en regard de cette renaissance quasiment « liturgique » qui donnerait l’accès à une autre dimension en l’homme, un changement de peau.

Être initié, c’est régresser à un état prénatal, d’où l’on va sortir une seconde fois en revivant, consciemment et symboliquement, ce que nous avons vécu par nature. Quand on compare le fonctionnement de l’initiation maçonnique à celui d’autres cultures, nous retrouvons les mêmes éléments : abandon de l’existence ultérieure, retour à l’obscurité de la matrice, sensation d’angoisse lors de la naissance qui rappelle sa propre naissance, lumière qui éclaire un monde nouveau et une nouvelle famille spirituelle qui serait la vraie, l’originale ne devenant que celle de l’ombre, d’un passé qui s’estompe.

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Mixité maçonnique : des hommes qui enfantent des hommes

Mais, le processus philosophique de l’initiation ne nous épargne point une autre question : dans une maçonnerie encore largement non-mixte, comment se fait-il que ceux qui donnent naissance au nouvel initié, qui en accouchent, soient des hommes donnant naissance à d’autres hommes ? L’initiation, en fait, met à jour l’un des grands conflits inconscients relevant de la psychanalyse : la femme, face à l’homme, a l’immense pouvoir de la conception, donc de la continuité et de la pérennité de la vie. Le rituel devient souvent, dans toutes les cultures, la porte de sortie des hommes pour échapper à l’inconsciente infériorité vis-a-vis de la femme : ils inventent une néo-maternité où il deviennent les « mères-porteuses » qui feraient passer l’initié du monde obscure de la femme à celui du paradis perdu d’avant la chute (amenée par eve), là où le principe phallique régnait en maître et où les déesses féminines étaient expulsées du ciel. Une manière de reconstituer la figure de l’hermaphrodite cher à Platon où l’homme serait tout, mâle et femelle, et se passerait de l’autre et donc ne serait pas dans la position inférieure de celui qui manque. L’initiation, en maçonnerie, peut prendre parfois l’allure d’une victoire de la figure paternelle sur le matriarcat et l’instauration d’un ordre nouveau qui n’est pas celui du sang.

Et si la maçonnerie consistait à rendre aux femmes ce qui leur a été enlevé, plutôt qu’à retirer aux hommes ce qu’ils pourraient partager ?

I- le coup dur de la bisexualité

Quel drôle de genre - L’initiation du côté de la mixité : se reconnaître dans son double

La psychanalyse (encore elle !) Va conceptualiser ce qui s’exprimait déjà de toute éternité dans les mythes, les religions, la philosophie et la littérature. Au panthéon, règnent dieux et déesses qui se partagent le pouvoir et la gestion du destin du cosmos. Il faudra attendre l’avènement du monothéisme pour que le pouvoir absolu s’incarne dans un principe unique de type masculin, avec un rejet du divin féminin : le principe est « au ciel », le féminin « sur terre » au service de la reproduction et au service de l’image phallique dont le clergé et le compagnon sont les ambassadeurs ! Le « machisme » est naturellement lié au religieux, mais paradoxalement, il va révéler l’existence de la bisexualité : la féminité est associée par excellence à la maternité, force essentielle que ne détient pas l’homme (de moins en moins avec les progrès scientifiques) et que la création d’un dieu unique, créateur de toutes choses, permet de compenser

En lui attribuant les deux natures qu’il récupère. Dieu, monothéiste, devient alors bisexuel en s’emparant de la naissance du monde comme son œuvre dont il est le principe masculin et féminin et vitupère contre ce qui restait de déesses dans le paganisme. Les astartés (2) voilà l’ennemi ! Dans leur désir de convertir le paganisme, sans demeurer dans le judaïsme, paul et barnabé introduiront la récupération d’un grand nombre de croyances gréco-romaines, comme par exemple l’hypostase (3) de l’union d’un dieu en trois personnes, un culte des saints, et l’importance de la vierge marie, échappant à la sexualité pour devenir porteuse d’une incarnation salvatrice : le « je vous salue marie « mère de dieu » restaurant la place de la déesse-mère dans le concept initial du monothéisme. Cette « dérive » théologique sera d’ailleurs l’une des bases de la réforme protestante.

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Darwin

Côté psychanalyse, le travail de réflexion et la clinique ne vont pas arranger les choses pour les tenants de la nette distinction sexuelle ! Le thème de cette étude capitale prend racine chez Darwin et l’embryologie, et adopté par la sexologie à la fin du xixe siècle, et ce en même temps que ceux d’homosexualité et d’hétérosexualité, pour désigner dans la sexualité relevant de l’homme et de l’animal le constat biologique d’une composante mixte masculine et féminine. On parle alors de bisexualité pour désigner une forme d’amour désignant des rapports physiques entre personnes du même sexe ou avec un sexe opposé. Le thème va devenir fondamental, avec d’autres (libido, pulsions, par exemple) pour en faire l’un des axes centraux de la pensée psychanalytique sur la sexualité. Il est propre à toute subjectivité humaine, dans la mesure où cette dernière repose sur l’existence de la différence des sexes, c’est-à-dire pour le sujet sur la nécessité de prendre parti pour un choix sexuel, soit à-travers le refoulement de l’une des deux composantes de la sexualité, soit à-travers l’acceptation de ces deux composantes, soit à-travers un déni de la réalité de la différence des sexes.

Le mythe de l’androgyne, de Platon à Freud

C’est naturellement dans le mythe que prend naissance la réflexion sur la bisexualité : dans « le banquet » de Platon, Aristophane fait le récit des malheurs de l’androgyne en expliquant que jadis la nature humaine se divisait en trois espèces et non en deux, mâle et femelle. Existait une troisième espèce : l’androgyne, créature composite que zeus coupa en deux. Cette division arbitraire étant faite, chaque moitié désirait retrouver son autre moitié car elles ne voulaient rien entreprendre l’une sans l’autre. Ce mythe sera repris, à la fin du xixe siècle par la psychiatrie allemande, notamment par krafft-ebing qui orientera sa réflexion vers une définition de l’homosexualité. Ce que Freud récusera dans ses « trois essais sur la théorie sexuelle » en 1905, pour définir l’homosexualité comme un choix sexuel dérivant chez tout sujet d’une bisexualité originelle. Pour lui, inutile d’inventer un concept de « troisième sexe » ou de « sexe intermédiaire » pour désigner ce qui relève d’un universel der la sexualité humaine. La psychanalyse actuelle avance l’idée d’ailleurs que l’homosexualité pourrait être le refus d’une bisexualité pour vivre l’imaginaire d’être, selon les rôles, d’un « tout homme » ou d’une « toute femme » sans nuances, dans une intégralité qui ne tolérerait pas de subtiles mélanges ou le réel de la biologie !

Darwin
Darwin crédit photo corrispondenzaromana.it

C’est chez Charles Darwin (1809-1882) dans son livre « la descendance de l’homme » que va s’opérer le passage entre le mythe platonicien de l’androgynie à une nouvelle définition de la bisexualité à partir de la science biologique, où l’apport de l’embryologie sera décisif en montrant que l’embryon humain était doté de deux potentialités, l’une mâle et l’autre femelle. D’où la conclusion que la bisexualité n’était pas seulement un mythe, mais une réalité de la nature. C’est en 1890 que, notamment sous l’influence de son ami fliess, Sigmund Freud adoptera la thèse de la bisexualité, thèse largement adoptée aujourd’hui par le monde des sciences humaines et scientifiques. A l’époque de la controverse sur la bisexualité existait encore une cohabitation entre la nostalgie du féminin et la hantise de la féminisation de la société en pleine réflexion sur la refonte de l’idéologie de la famille bourgeoise et la redistribution des relations d’identité entre les sexes. Freud œuvrera pour une définition prioritaire de la bisexualité psychique et il sera conforté plus tard par les sciences biologiques qui découvrira combien l’évolution a laissé en nous de traces purement animales et de parallèles entre biologie masculine et féminine. Au lieu de regarder comme un conflit entre deux tendances (la libido virile et le refoulement féminin), freud va s’intéresser à la manière dont chaque être sexué refoule ou ne refoule pas les caractères de l’autre sexe en lui. En 1899, il affirmera même que chaque acte sexuel est un « événement impliquant quatre personnes » : le couple « réel » et le couple inversant ses tendances « contraires », souvent refoulées.

Quel drôle de genre - L’initiation du côté de la mixité : se reconnaître dans son double
Freud

Otto Weininger, une dérive antiféministe

Bien entendu cette réflexion remettant en cause des rapports homme-femme prenant racine dans les textes « sacrés » va amener des dérives spectaculaires, dont l ‘une des plus célèbres est celle de Otto Weininger (1880-1903) et de son livre « sexe et caractère » publié à vienne en 1903 et qui, malgré la médiocrité du développement, aura un grand succès durant quarante ans surtout en servant d’appoint à la « pensée » nazie : en effet, Weininger fait du rôle masculin l’expression du génie créateur et de l’intellectualité humaine, tandis que celui de la femme serait la manifestation de la mollesse, de la pulsion et de la sensualité. D’où un inégalitarisme et un anti-féminisme qui vantaient l’idéal d’une virilité « nordique » qui fera que Weininger associera le juif à la femme, soulignant que ce dernier pouvait quand même accéder à l’émancipation en tant qu’incarnation d’une dialectique négative, pouvant peut-être devenir un homme réel en faisant des efforts. La femme non !

Iii- jouer à « papa-maman » du côté de la franc- maçonnerie ?

L’humour ne fut jamais une denrée rare en franc-maçonnerie. GADLU merci ! Ainsi, court la blague que les ordres maçonniques sont incontestablement les champions de discussions de concepts dépassés, largement débattus depuis longtemps avec talent ailleurs ! Décidément les mauvais esprits pullulent… pas question d’abandonner les valeurs sûres : la bonne vieille laïcité, l’écologie, la lutte contre le racisme et l’anti-sémitisme, la relation entre science et spiritualité, la croyance en un principe ou le vécu de l’athéisme, etc…

La mixité face aux théories du genre

Mais, naturellement, j’avais gardé le meilleurs pour la fin : la mixité ! Les théories sur le genre envahissent la réflexion et nous ne pouvons qu’en partager un grand nombre notamment sur le jeu du pouvoir dans le partage des tâches entre hommes et femmes, résultat d’une réorganisation du panthéon, où le monothéisme expulsa du ciel et de la terre le pouvoir féminin, notamment celui de l’enfantement, récupéré dans le symbolisme par les hommes. Mais la révolution est-elle essentiellement extérieure et le « gender » (mot à la mode récent de 1964, crée par Robert Stoller) ne désigne t-il seulement que le sentiment social ou psychique de l’identité sexuelle, alors que le sexe définirait l’organisation anatomique de la différence entre le mâle et la femelle. Étrange récupération par la sociologie d’un combat intérieur du sujet qui est amené à gérer en permanence son double dans la bisexualité, luttant pour ne pas apparaître comme divisé dans ce qu’il voudrait vivre comme une totalité. C’est-à-dire vivre la mixité en soi-même, en dehors d’une agitation extérieure !

Dans le fond, être initié en maçonnerie, c’est accepter la vacuité et donc notre improbable unité intérieure au profit de la diversité. C’est peut-être cela qui crée l’« offenbarung » (la « révélation ») de dialoguer, à deux, avec soi-même, au terme d’un rituel où nous accouchons d’une seconde réalité interne qui ne nous est pas étrangère (bien que refoulée et souvent niée !) Avec laquelle nous sommes appelés à cohabiter…

Pour le meilleur et pour le pire !

 notes

(1) Nordmann Sophie : qu’est-ce qu’un philosophe ? Revue etudes ; n°4335. Mars 2026. (page 53).

(2) Astartés : déesses aux attributs multiples, similaires à ceux de la déesse mésopotaniene de l’amour et de la guerre ishtar, vénérée chez les akkadiens, les babyloniens et les assyriens. Les astartés représentaient surtout l’image d’une féminité victorieuse et d’une sexualité triomphante qui était un danger de mort pour un monothéisme masculin.

(3) hypostase : croyance en l’existence d’une substance fondamentale qui peut, dans certaines croyances, se subdiviser en demeurant pourtant unique. Ce qui est le cas dans le christianisme trinitaire. Notion développée dans le néo-platonisme de Plotin qui met déjà en scène une trinité de même nature : l’âme, l’intellect et l’un. Pour lui, c’est la substance sous-jacente qui porte toute la réalité. Cependant, cela sera l’objet de controverses théologiques à l’intérieur du christianisme : en orient, en particulier dans l’orthodoxie, jésus aurait deux hypostases (mi-homme, mi-dieu) tandis que le catholicisme et le protestantisme défendent qu’il est pleinement dieu et pleinement homme.

 Bibliographie

– Badinter Elisabeth : l’un et l’autre. Les relations entre hommes et femmes. Paris. Ed. Odile jacob. 1986.

– Badinter Elisabeth : xy. De l’identité masculine. Paris. Ed. Odile jacob. 1992.

Engels Friedrich :l’origine de la famille, de la propriété privée et de l’état. Paris. Ed. Sociales. 1983.

– Faure-Oppenheimer Agnès : le choix du sexe. A propos des théories de Robert J. Stoller. Paris. Puf. 1980.

– Fliess Wilhelm : les relations entre le nez et les organes génitaux féminins présentés selon leur significations biologiques. Paris. Ed. Du seuil. 1977.

– Freud Sigmund : trois essais sur la théorie sexuelle. Paris. Ed. Gallimard. 1987.

– Freud Sigmund : névrose, psychose et perversion. Paris. Puf. 1973.

– Lacan Jacques : les complexes familiaux. Paris. Ed. Navarin. 1984.

– Laplanche Jean et pontalis jean-bertrand : vocabulaire de la psychanalyse. Paris. Puf. 1967.

– Laqueur Thomas : la fabrique du sexe. Essai sur le genre et le corps en occident. Paris. Ed. Gallimard. 1992.

– Le Rider Jacques : le cas Otto Weininger. Racines de l’anti-féminisme et de l’antisémitisme. Paris. Puf. 1982.

– Mcdougall Joyce :plaidoyer pour une certaine anormalité. Paris. Ed. Gallimard. 1978.

– Mcdougall Joyce : eros aux mille et un visages. Paris. Ed. Gallimard. 1996.

– ouvrage collectif : dictionnaire de psychologie et psychopathologie des religions. Paris. Ed. Bayard. 2013.

– ouvrage collectif : dictionnaire de la psychanalyse. Paris. Ed. Larousse. 1993.

– Roudinesco Elisabeth et Plon Michel :dictionnaire de la psychanalyse. Paris. Ed. Fayard. 1997.

– Safouan Moustapha : contribution à la psychanalyse du transsexualisme. Paris. Ed. Du seuil

– Stoller Robert : recherches sur l’identitésexuelle. Paris. Ed. Gallimard. 1979.

– Stoller Robert : l’excitation sexuelle. Paris. Ed. Payot. 1984.

– Von Kraft-Ebing Richard : psychopthia sexualis. Paris. Ed. Payot.

– Weiniger Otto : sexe et caractère. Lausanne. Ed. L’âge d’’homme. 1975.

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La conspiration judéo-maçonnique en Espagne : quand le mensonge devient Histoire

Jusqu’à fin mai, le Centro Sefarad-Israel de Madrid met en lumière l’un des mythes les plus persistants du XXᵉ siècle espagnol : celui du prétendu « complot judéo-maçonnique-communiste », instrumentalisé par le régime franquiste pour justifier la répression et modeler la mémoire collective. L’exposition, à la fois historique et mémorielle, déconstruit la mécanique de la peur qui fit des milliers de victimes.

De la rumeur médiévale aux procès du régime de Franco, la peur du « complot » traverse l’histoire d’Espagne comme une ombre.

Dès le XVe siècle, l’expulsion des Juifs par les Rois Catholiques installe une défiance durable envers les conversos, accusés de pratiquer leur religion en secret. Des siècles plus tard, cette méfiance s’étend à un nouvel « ennemi intérieur » : la franc-maçonnerie. Portant les idéaux de liberté de conscience, de laïcité et de fraternité, elle devient dans l’Espagne conservatrice du XIXᵉ siècle un symbole honni de modernité.

Sous Franco, la machine de propagande se met en marche

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Les discours religieux et la presse alignée fusionnent trois figures : le Juif, le franc-maçon et le communiste. L’« hydre judéo-maçonnique-communiste » serait, selon le Caudillo, responsable de la décadence nationale. En 1940, un tribunal spécial est créé pour « réprimer la franc-maçonnerie et le communisme ». Des milliers de personnes sont arrêtées, condamnées, parfois exécutées. Les archives saisies dans les loges — tabliers, compas, correspondances — deviennent des « preuves » au service d’une paranoïa d’État.

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L’exposition du Centro Sefarad-Israel, à Madrid, révèle cette mécanique du mensonge : affiches où les francs-maçons sont représentés avec des cornes ou des queues de diable, pamphlets publiés entre 1890 et 1940, documents judiciaires aux accusations délirantes. Les historiens y montrent combien le régime a construit son mythe sur la peur de l’altérité — religieuse, politique, intellectuelle — transformant la liberté en menace.

Pourtant, derrière les fictions du pouvoir, il y avait des hommes et des femmes engagés : Diego Martínez Barrio, Manuel Azaña, Antonio Machado ou encore Isaac Albéniz, des francs-maçons qui croyaient dans la démocratie et la dignité humaine. La terreur les a réduits au silence, l’exil les a dispersés, mais leur héritage renaît aujourd’hui dans les voix qui luttent contre les manipulations du passé.

La dernière salle de l’exposition laisse une empreinte forte : une phrase du ministre Ángel Víctor Torres Pérez, extraite du catalogue, rappelle que « la démocratie ne se défend pas seulement avec des lois, mais avec des citoyens éclairés, capables de reconnaître les mensonges ». À l’heure où les théories complotistes refleurissent dans les réseaux sociaux et les discours politiques, le parallèle est saisissant. La peur reste un instrument puissant — mais l’histoire, elle, demeure un remède.

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Le Centro Sefarad-Israel invite ainsi à une réflexion salutaire : comprendre les origines de la haine, c’est apprendre à la désarmer. En revisitant le mythe du « complot judéo-maçonnique », c’est tout un pan de la mémoire européenne qui se répare, et avec lui, une promesse : celle qu’aucune propagande ne pourra jamais effacer la lumière de la raison.

Le Centro Sefarad-Israel à Madrid

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Situé dans le quartier historique de la Calle Mayor à Madrid,le Centro Sefarad-Israel est une institution publique espagnole fondée en 2006.

Son objectif : promouvoir la connaissance du judaïsme, de la culture séfarade et le dialogue entre les peuples.
Placé sous la tutelle du ministère espagnol des Affaires étrangères, le centre organise expositions, conférences et programmes éducatifs autour de la mémoire, du vivre-ensemble et de la lutte contre l’antisémitisme. Sa vocation dépasse la seule transmission culturelle : il agit comme un pont entre l’Espagne contemporaine et son héritage pluriel, rappelant que la tolérance et la compréhension mutuelle demeurent les meilleurs remparts contre les mythes du passé.

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Infos pratiques

Jusqu’au 31 mai 2026 / Centro Sefarad-Israel – 69, 28013 Madrid (Espagne) / Ouvert tous les jours du lundi au Vendredi de 10h30 à 20h00

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La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

On réduit encore trop souvent la franc-maçonnerie à une société de signes, à un cercle d’influence ou à une simple bienfaisance discrète. Or elle ne se comprend vraiment que si l’on tient ensemble ses deux versants, l’approfondissement intérieur et la responsabilité envers autrui.

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain
Le-chemin-initiatique

D’un côté, elle propose un chemin initiatique fondé sur le rituel, le symbole, la parole maîtrisée et le travail sur soi. De l’autre, elle affirme, dans ses constitutions comme dans son histoire, une vocation humaniste qui engage à servir la dignité humaine, la solidarité et le perfectionnement de la société.

La franc-maçonnerie moderne naît au seuil du siècle des Lumières

Bibliothèque François-Mitterrand, Paris 13e
Bibliothèque François-Mitterrand, Paris 13e

La Bibliothèque nationale de France (BnF Essentiels) rappelle que 1717 marque la fondation à Londres de la première Grande Loge et l’ouverture d’une aventure appelée à se diffuser rapidement en Europe. Elle souligne aussi que les loges furent, au XVIIIe siècle, parmi les lieux de sociabilité où se vivaient les Lumières, aux côtés des salons, des cafés, des académies et des sociétés savantes. Cela importe beaucoup, car la maçonnerie n’apparaît pas seulement comme une survivance de métiers anciens ou comme une société close, mais comme une forme originale de vie commune où l’on apprend à penser, à écouter et à se transformer avec d’autres.

Cette généalogie éclaire le mot même d’initiation

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

Entrer en franc-maçonnerie n’est pas acquérir une opinion de plus, ni rejoindre un réseau, ni s’abriter derrière une appartenance. Le Grand Orient de France l’écrit nettement, devenir franc-maçon est un chemin initiatique qui conduit à une meilleure connaissance de soi et doit permettre d’avoir un impact positif autour de soi et dans la société. La même page précise qu’il faut distinguer la franc-maçonnerie des clubs politiques ou philanthropiques, des réseaux professionnels, des pratiques de développement personnel ou des groupes ésotériques divers. À la Grande Loge de France, la démarche est présentée comme spiritualiste et humaniste, l’homme étant au cœur de la méthode, tandis que le rituel et le symbolisme sont tenus pour des moyens d’accès au contenu initiatique. Nous touchons ici à l’essentiel. L’initiation maçonnique ne vaut ni comme décoration culturelle, ni comme exotisme cérémoniel. Elle est une pédagogie de l’intériorité.

Cette pédagogie passe par un langage singulier

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

La BnF rappelle que la franc-maçonnerie a développé un vocabulaire propre, emprunté à l’architecture et à la construction. Le temple n’est pas seulement un décor. Il est un espace social et rituel, qualifié de temple depuis le second tiers du XVIIIe siècle. Quant aux symboles, ils n’ont jamais été de simples ornements. La BnF souligne que, dans les tableaux de loge, le porche du temple de Salomon encadré des colonnes figure le seuil que doit franchir le profane pour devenir initié. Autrement dit, le symbole maçonnique n’illustre pas une idée abstraite, il met en scène un passage. C’est pourquoi la parole rituelle, la marche, le silence, l’écoute, la rectification du regard et le travail du temps long ont tant d’importance. Ils visent moins à informer qu’à former.

La Grande Loge de France l’exprime d’ailleurs dans une formule précieuse

Blason GLDF
Blason GLDF

La franc-maçonnerie y apparaît comme une école du langage où chaque degré approfondit la lecture des symboles et affine le rapport au monde. Cette expression mérite qu’on s’y arrête. Une école du langage, cela signifie que l’initiation ne délivre pas d’abord des réponses toutes faites. Elle apprend à parler plus juste, à nommer autrement, à ne pas confondre savoir et bavardage, conviction et dogmatisme. Dans un temps saturé de réactions immédiates, de mots brandis comme des armes et d’identités crispées, la méthode maçonnique oppose une lenteur active. Elle enseigne à déposer l’ego avant l’argument, à préférer l’examen à l’emportement, à chercher la lumière sans prétendre la posséder.

Mais cette intériorité n’a de sens que si elle déborde hors du temple

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain
Temple de la GLUA – UGLE

Dès les formulations anciennes de l’Ordre, l’exigence d’utilité sociale est explicite. Le Book of Constitutions de l’United Grand Lodge of England (UGLE) rappelle, dans le résumé des anciennes charges, que le franc-maçon s’engage à promouvoir le bien général de la société, à cultiver les vertus sociales et à propager la connaissance de l’Art selon son influence et sa capacité. L’UGLE définit aujourd’hui encore la franc-maçonnerie à partir de quatre principes directeurs, intégrité, amitié, respect et service. Le mot service est décisif. Il interdit de réduire la maçonnerie à une aventure purement esthétique ou spéculative. Il rappelle que l’initiation véritable doit produire des effets visibles dans la conduite, le souci d’autrui et la manière d’habiter la cité.

La tradition française exprime la même vocation dans un autre vocabulaire, plus nettement civique

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

L’article premier de la Constitution du Grand Orient de France définit la franc-maçonnerie comme une institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, ayant pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Le texte ajoute qu’elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité, sur le fondement de la tolérance mutuelle, du respect des autres et de soi-même, et de la liberté absolue de conscience. Cette formulation est capitale. Elle montre que l’humanisme maçonnique ne se réduit ni à la générosité individuelle ni à la seule compassion. Il relève d’une anthropologie, d’une certaine idée de l’homme perfectible, libre, responsable, capable de fraternité et tenu de lutter contre ce qui l’abaisse.

Il faut ici dissiper un malentendu fréquent

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

L’engagement humaniste en maçonnerie ne signifie pas que toutes les loges se transforment en comités d’action ni que tous les maçons partagent les mêmes options sociales, philosophiques ou politiques. Les traditions maçonniques sont diverses, leurs accents diffèrent, leurs rapports au religieux, au symbolique et au débat public ne sont pas uniformes. Pourtant, un noyau commun demeure. Qu’elle insiste sur la spiritualité, la liberté de conscience, la philanthropie ou le service, la franc-maçonnerie entend arracher l’individu à la clôture de son moi. Elle lui rappelle qu’on ne s’accomplit jamais seul. L’initiation rompt l’illusion d’une souveraineté intérieure autosuffisante. Elle fait découvrir que le perfectionnement de soi n’a de vérité qu’éprouvé dans le lien à l’autre.

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

Sous cet angle, la fraternité n’est pas un simple élan affectif

Elle relève d’une discipline intérieure, d’un apprentissage exigeant du lien. Dès le XVIIIe siècle, l’engagement maçonnique se nourrissait déjà d’un idéal d’amitié choisie, éprouvée, consolidée par des formes symboliques où chacun était appelé à tenir sa place sans rompre l’ensemble. La chaîne d’union en offre une image particulièrement forte. Elle rappelle que nul maillon ne vaut par lui-même s’il se détache de l’œuvre commune.

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain
Liberté-Égalité-Fraternité

Cette image éclaire la nature même de la fraternité maçonnique. Elle n’est ni fusion ni effacement des différences. Elle ne supprime ni les nuances, ni les tensions, ni les désaccords. Elle demande au contraire de maintenir ensemble ce qui semble parfois opposé, la pluralité et la cohésion, la liberté et la fidélité, la singularité et l’appartenance. Dans un monde où les liens collectifs se nouent et se dénouent au gré des émotions immédiates, cette ascèse du rapport à l’autre conserve une portée singulière.

L’humanisme maçonnique, dès lors, ne se mesure pas seulement à des œuvres sociales, même si celles-ci existent abondamment

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain
Freemasons' Hall de Londres, Grande Loge Unie d’Angleterre, Londres
Freemasons’ Hall de Londres, Grande Loge Unie d’Angleterre, Londres

L’UGLE rappelle ainsi que la charité est au cœur de sa culture et que ses membres sont invités à prendre soin des plus vulnérables. Sa fondation caritative finance des actions locales, médicales, humanitaires et de secours. Ces réalisations comptent. Mais elles ne sont que la partie visible d’une exigence plus profonde. Être humaniste, pour un franc-maçon, ce n’est pas seulement donner. C’est regarder l’autre comme un être de même dignité, capable de lumière, même blessé, même défiguré par l’existence, même éloigné de nous par la culture, la croyance ou la condition. C’est faire de la fraternité une manière de juger, de parler, d’agir et parfois de résister.

C’est pourquoi la franc-maçonnerie reste, malgré ses faiblesses, ses divisions, ses routines parfois, une proposition singulière dans le paysage contemporain.

Elle n’offre ni salut politique prêt à l’emploi, ni doctrine close, ni pure intériorité apaisée

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain
Humanité et lumière

Elle maintient ensemble ce que notre époque tend à séparer, le souci de soi et le souci du monde, le symbole et l’action, la mémoire et l’avenir, la liberté de conscience et l’exigence de solidarité. Elle rappelle que l’homme ne devient pas meilleur par décret, mais par un patient travail de dégrossissement, de rectification et de présence à autrui. En ce sens, la démarche initiatique n’est pas une fuite hors du réel. Elle est une école de responsabilité.

Il faut même aller plus loin

Dans un monde travaillé par la brutalisation du débat public, l’épuisement du sens, la tentation du camp contre le camp et la réduction de l’homme à ses fonctions économiques ou identitaires, la franc-maçonnerie peut encore faire entendre une parole rare. Non pas celle d’une supériorité, encore moins d’un magistère caché, mais celle d’une méthode. Une méthode pour apprendre à se taire avant de parler, à construire avant de détruire, à discerner avant de juger, à servir avant de paraître. L’humanisme maçonnique n’est pas un mot de façade. Il est la conséquence pratique d’une ascèse de la conscience.

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain
Temple intérieur

La franc-maçonnerie n’est fidèle à elle-même que lorsqu’elle unit la pierre intérieure et la cité humaine

Sans initiation, l’engagement se dessèche en agitation ou en posture.

La franc-maçonnerie, une initiation de l’être au service de l’humain

Sans engagement, l’initiation se dégrade en théâtre vide ou en confort de l’entre-soi. Entre les deux se tient la vocation véritable de l’Ordre, former des femmes et des hommes capables de se transformer pour mieux relever l’humain. C’est peut-être là, aujourd’hui plus qu’hier, que se joue encore sa nécessité.

Sources : Bnf ; UGLE ; GODF ; GLDF

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« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Sous l’éclat net du trait d’Hergé, Tintin au pays de l’or noir déploie une méditation troublante sur la matière, la convoitise et le désordre du monde moderne. Derrière l’aventure, derrière le rire, derrière les explosions et les poursuites, se lève un imaginaire du feu souterrain où le pétrole devient presque une contre-lumière, une puissance enfouie qui dérègle les hommes avant de dérégler les machines.

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Il existe dans Tintin au pays de l’or noir une inquiétude d’une densité peu commune

Sous l’allure bondissante du récit, sous la vivacité des poursuites, des quiproquos, des visages outrés et des chutes comiques, Hergé met en circulation une angoisse moderne dont le pétrole est la matière obscure. Cet or noir n’est pas seulement une richesse convoitée.

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Il est une puissance souterraine, un feu dormant, un principe de corruption qui dérègle la mécanique du monde et fait éclater jusqu’aux moteurs les mieux huilés. Dès les premières planches, l’explosion s’annonce comme un langage, l’essence falsifiée devient le signe d’un ordre invisible qui sabote la confiance publique, et le rire lui-même semble traversé par une menace plus large que lui. L’automobile saute, la pompe résonne, les routes se troublent, et déjà la matière moderne révèle sa face infernale.

Ce qui saisit ici, c’est la manière dont Georges Remi, que nous nommons Hergé, fait de l’aventure un art du dévoilement.

Rien n’est donné dans la stabilité

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Tout glisse, se masque, se renverse. Le combustible nourrit la panne, le déplacement conduit au piège, la mer n’ouvre pas seulement une route, elle porte aussi la clandestinité, l’écoute, la ruse, la violence prête à surgir dans l’ombre d’une coursive. La traversée maritime, puis l’approche du Khemed, donnent au récit la forme d’un passage initiatique obscurci par les intérêts, les trafics et les faux-semblants. La ligne claire, que tant de lecteurs prennent pour une promesse de lisibilité immédiate, devient alors l’écrin d’une énigme morale. Plus le trait paraît net, plus le monde qu’il cerne se montre opaque. C’est là une des grandes forces d’Hergé. Il ne surcharge pas. Il taille. Il dépouille. Et dans cette nudité du dessin, le trouble devient plus vif encore.

Une lecture symbolique et maçonnique y trouve une ample matière.

L’or noir peut être compris comme l’envers du Grand Œuvre

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Non pas la lumière tirée des ténèbres par le travail patient de la conscience, mais la ténèbre exploitée comme puissance de domination. Ce que l’alchimie espère purifier, la modernité affairée le transforme ici en objet de convoitise, de guerre latente et d’aveuglement collectif.

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Le pétrole est un soleil inversé, un feu prisonnier des profondeurs, un pouvoir que l’homme extrait sans toujours se hausser à la mesure morale de ce qu’il libère. Tintin, dans cet univers de rivalités, d’émirs, de marchands, de navires et d’embuscades, incarne moins le héros triomphant que le veilleur de rectitude, celui qui tente de discerner, au milieu des passions et des manipulations, une voie juste. Sa droiture a quelque chose du fil à plomb. Elle ne tonne pas. Elle vérifie. Elle avance. Elle refuse la confusion.

Le génie de cet album réside aussi dans le fait que la farce n’y diminue jamais la gravité Dupont et Dupond, avec leur gémellité troublante, portent une dimension presque ésotérique. Ils sont les deux faces d’une même perception empêchée, les gardiens burlesques d’un seuil qu’ils ne comprennent jamais tout à fait. Ils avancent à côté du vrai comme l’esprit profane à côté du symbole.

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Et pourtant, par leurs maladresses mêmes, ils révèlent quelque chose du monde. Hergé sait que l’erreur n’est pas seulement comique. Elle est un mode de connaissance imparfait, une pédagogie par le heurt, une manière détournée de nous apprendre combien l’apparence gouverne les esprits insuffisamment éveillés. Milou, lui, garde la part instinctive, presque oraculaire, de l’aventure. Son flair, ses alertes, sa fidélité silencieuse rappellent que toute intelligence trop sûre d’elle-même a besoin d’une sentinelle plus ancienne qu’elle.

Il faut aussi reconnaître, avec lucidité, que cet album charrie l’imaginaire européen de son temps lorsqu’il regarde l’Orient

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Le Khemed d’Hergé n’est pas un pays réel mais une condensation de fantasmes géopolitiques, de silhouettes, de signes de pouvoir, de violence tribale et de cartographie romanesque. Nous aurions tort d’ignorer cette part de projection.

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Pourtant l’album dépasse par instants ce cadre réducteur, parce qu’il parle moins, au fond, d’un Orient véritable que de l’avidité universelle, de la manipulation des peuples et de la fragilité des souverainetés lorsque l’argent, l’énergie et les armes s’allient contre l’équilibre du monde. En cela, Tintin au pays de l’or noir demeure une méditation étonnamment actuelle. Sous le masque de la bande dessinée d’aventure, Hergé atteint à une forme de parabole politique et spirituelle sur les puissances qui travaillent l’histoire depuis ses soubassements.

La place de Georges Remi dans notre bibliothèque intérieure tient précisément à cette faculté rare de faire passer une métaphysique de l’épreuve dans l’économie du récit populaire.

Sa grande œuvre, des Cigares du pharaon auLotus bleu, deL’Oreille cassée àCoke en stock, deTintin au Tibet aux Bijoux de la Castafiore, a façonné bien davantage qu’une suite d’albums. Elle a édifié une géographie morale où la quête, la chute, la fidélité, l’erreur, la parole donnée, le masque et la révélation circulent avec une limpidité qui touche au mythe.

« Tintin au pays de l’or noir » ou la part obscure du progrès

Hergé n’appartient pas au monde maçonnique, mais son art a souvent rencontré, par ses chemins propres, des structures de l’initiation

Il aime les seuils, les chambres obscures, les signes à déchiffrer, les fraternités éprouvées, les métamorphoses de l’être sous l’effet du voyage. Dans Tintin au pays de l’or noir, il montre avec une acuité singulière ce que devient une civilisation lorsqu’elle adore la puissance enfouie sans purifier le désir qui la convoite. Peu d’albums, sous une apparente légèreté, portent aussi intensément la question de la matière, du pouvoir et de la conscience.

Conformément au droit d’auteur et aux droits d’exploitation attachés à l’œuvre de Georges Remi, nous ne reproduisons aucune image issue des albums, ni couverture, ni planche, ni élément graphique identifiable. Les illustrations accompagnant cet article sont des créations originales, conçues sans reprise de l’univers visuel protégé.

Les aventures de Tintin – Tintin au pays de l’or noir

Hergé – Casterman, 1993, 62 pages, 12,50 €

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Des élections municipales truquées par l’antimaçonnisme

Qu’en France en 2026, une campagne antimaçonnique puisse empêcher, une liste ultra majoritaire au 1er tour, à être élue pourrait paraître incroyable. Et pourtant c’est ce qui s’est passé à Yzeure dans l’Allier aux dernières élections municipales. Mis à part le service régional d’informations télévisées, le silence médiatique a régné. Comme si cette pratique honteuse digne d’un pays sans culture, sans morale, sans valeurs était normale.

Une bande de politiciens mafieux a permis une réalisation illégitime : faire élire une liste minoritaire en jetant un discrédit inventé sur la tête de liste arrivée en tête.

Comme si l’appartenance maçonnique était honteuse.

Je ne sais pas si Jean-Michel Bourgeot est franc-maçon parce que cela m’apparaît comme une question subsidiaire qui ne relève que de la liberté de conscience. Je relève qu’aucune personnalité morale de la République, des religions du livre ou de la société civile n’a pris publiquement sa défense. En dehors de FR3 la presse n’a rien dit ! Courage fuyons. Même les autorités obédientielles se sont tues.

Cela en dit long sur l’état de la société française aujourd’hui.

Mr Jean-Michel Bourgeot a accepté de répondre à mes questions pour 450.FM et je l’en remercie.

450.fm : Votre désignation comme tête de liste d’union de la gauche a-t-elle été consensuelle ?

JMB : Il est de tradition sur Yzeure d’essayer de faire l’union des gauches (PS,PC,Ecolo) depuis 50 ans. La fédération PS de l’Allier a validé le vote en section d’Yzeure. Majoritaire, le PC et les écologistes ont accepté que je conduise cette liste. J’étais depuis 2 mandats 1er adjoint.

450.fm : Comment avez-vous vécu la campagne électorale ? 

JMB : Ce fût une campagne énergique et fédératrice. Les 2 listes concurrentes se sont lancées assez tardivement. Nous avons pris plaisir à construire ensemble. 

450.fm : Comment se sont passés les échanges avec vos adversaires ?

JMB : Avec l’équipe de Maria Baretto, nous nous connaissions pour avoir fait un mandat ensemble. Elle représente la liste de droite. Nous échangions régulièrement par téléphone. Nous nous apprécions tout en étant adversaires.

Avec l’equipe de Dominique Ray, qui remporte cette élection avec 65 voix d’avance, ce fût plus compliquer. ils ont refusé d’échanger depuis quelques mois. Je connaissais au moins 3 colistiers. L’un d’eux m’écrivant qu’il ne me serait pas possible de rencontrer l’un des leurs sans sa présence. 

450.fm : Avez-vous ressenti une agressivité à votre égard personnellement ?

JMB : Non, pas directement, mais la liste de Dominique Ray n’a eu de cesse de me critiquer. Selon certains amis, en réunion publique, ils disaient que j’étais incompétent, arrogant, suffisant, incapable de gérer un budget…

450.fm : La presse s’est faite l’écho d’une campagne anti-maçonnique dont vous auriez été victime ; est ce une réalité ?

JMB : La presse n’est pas intervenue avant le 2ème tour de l’élection pour évoquer ce sujet. Ces affichages ont été réalisées 3 jours avant le 2eme tour. Le jeudi. Simplement, mon directeur de campagne a écrit un communiqué de presse pour informer le recours. Seul France 3 a souhaité évoquer cette attaque concernant la franc-maçonnerie à travers un reportage.

450.fm : Avez-vous une idée de l’origine de cette campagne qui a pu fausser les résultats ?

JMB : Aucune certitude. Il est évident que c’était pour me nuire et influencer les votes.  

450.fm : Y-a-t-il sur Yzeure des personnes qui alimentent cet anti-maçonnisme ?

JMB : Non pas à méconnaissance. 

450.fm : Pensez-vous que cela puisse être un coup bas d’un courant de l’extrême gauche ou de l’extrême droite ?

JMB : Non même pas. Un coup bas, c’est certain mais pas de la liste de droite. Maria Baretto me l’a assuré. Je précise que la liste de Domique Ray a souhaité être marqué sans étiquette. Pour autant elle penche à droite. Elle a été soutenue en off par le président du département de l’Allier. Il y avait bien au moins deux personnes identifiées à l’extrême droite.

450.fm : Vous avez annoncé une contestation des résultats ; quels sont les arguments que vous avancez ?

JMB : Après avoir consulté diverses personnes, nous avons pris un avocat. Celui-ci assure que cette annonce était faite pour nuire et influencer notre électorat. Ces affiches ont été collées sur les panneaux officiels, et un peu partout sur la commune d’Yzeure. D’autres éléments illégaux ont permis d’étoffer le recours.

450.fm : Si vous étiez franc-maçon, feriez-vous de la politique ?

JMB : Oui, je ne vois pas de problème. Par contre, une fois ces affichages réalisées certaines personnes m’ont dit être choquées, gênées, perturbées par le fait que je puisse être franc-maçon.

450.fm : Avez-vous reçu des témoignages de solidarité ?

JMB : Oui plusieurs m’ont apporté leur soutien, de différents univers, d’autant que je perds cette élection alors que je partais gagnant aux yeux de beaucoup.

Mr Jean-Michel Bourgeot est manifestement blessé, meurtri, suite à la bassesse d’une attaque d’un autre monde ! Il semble bien seul dans cette épreuve. Nous ne pouvons pas croire que le conseil constitutionnel puisse accepter une telle ignominie !

ATHANOR : revue de presse hebdo – N°2

Quand les visages du dossier s’imposent et que la parole maçonnique revient dans le débat.

Une semaine après les premiers grondements médiatiques, l’affaire Athanor entre dans une phase plus profonde et plus trouble. Les médias ne se contentent plus de relayer l’ouverture du procès. Ils dissèquent désormais les profils, fouillent les imaginaires, scrutent les liens avec les services de renseignement, simplifient parfois la réalité maçonnique et, pour certains relais numériques, exploitent sans nuance l’occasion de nourrir un discours clairement antimaçonnique.

Dans ce paysage agité, un fait majeur intervient le 8 avril

Blason GLDF
Blason GLDF

La Grande Loge de France, par une lettre signée de son Grand Maître Jean-Raphaël Notton et de son Grand Orateur Guilhem Reboul, prend la parole avec gravité, fermeté et sens de la responsabilité.

Le deuxième temps de cette revue de presse montre d’abord un glissement net du traitement médiatique

Nous ne sommes plus seulement dans le compte rendu judiciaire. Nous sommes entrés dans le temps du récit incarné, des figures psychologiques et des ressorts narratifs. Une vidéo courte, reprise en boucle par le compte @SellmeParis, condense ce nouveau régime médiatique en une formule qui frappe vite et fort. « Un mythomane franc-maçon qui se prenait pour James Bond ». Tout est là. Une affaire ramenée à un archétype, un personnage, un imaginaire de cinéma et une promesse de viralité. Le format court ne cherche pas la nuance. Il cherche l’impact.

Le Parisien, dans un registre plus construit, suit cette même logique de personnification. Son récit consacré à Sébastien Leroy en fait l’exécutant numéro 1 de la « PME du crime ». Le journal s’intéresse à son parcours, à ses références, à sa quête de reconnaissance, à ce mélange de discipline, de fantasme et de fragilité qui l’aurait conduit au centre de presque tous les mauvais coups. Le traitement est efficace. Il donne un visage à la mécanique criminelle et transforme l’affaire en drame humain autant qu’en dossier pénal.

Le Figaro choisit une autre entrée

Le journal s’attarde sur les anciens « frères d’armes » de Cercottes*, sur les surnoms, les mensonges, les postures et l’ombre portée de la DGSE sur les débats. Ici, Athanor n’est plus seulement une loge compromise. Elle devient le point de croisement entre des trajectoires militaires, une culture du secret, des fidélités détournées et la fascination persistante pour les services clandestins. Le récit d’audience donne au procès une atmosphère plus crépusculaire encore, presque une scène où le soupçon s’installe jusque dans le public.

Franceinfo, avec sa vidéo demandant simplement ce qu’est une loge maçonnique, emprunte une voie différente

Le média tente une mise à niveau pédagogique pour un public qui découvre l’affaire par ses titres les plus spectaculaires. La démarche mérite d’être relevée, car elle réintroduit un minimum de définition, d’histoire et de structure. Mais elle montre aussi combien l’affaire Athanor agit désormais comme une porte d’entrée pour un large public vers un objet maçonnique qu’il connaît mal et qu’il regarde souvent à travers les brumes du fantasme.

En Italie, AMDuemila reprend le dossier sous un angle très noir, très narratif, très dense L’article mêle anciens agents, militaires, rivalités professionnelles, contrats criminels et commandements clandestins. La matière judiciaire française y devient presque un roman d’espionnage mafieux. On voit ici comment l’exportation du dossier renforce encore l’imaginaire d’une franc-maçonnerie obscure, branchée sur les zones grises de l’État et des affaires.

Ouest-France, de son côté, resserre le regard sur la question des services secrets français

Son article comme sa vidéo proposent un focus sur la présence, réelle ou fantasmée, de la DGSE et de la DGSI au cœur du procès. Ce choix éditorial est important.

Il déplace l’attention du seul mot « loge » – pour mémoire Athanor est une loge (suspendue depuis) de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance dont le Grand Maître actuel est Pierre Lucet ;

Logo-GLNF-Officiel

une obédience constituée en avril 2012, née d’une scission de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) -, vers les profils des accusés et vers l’usage de la culture du renseignement dans le récit de l’affaire. Courthouse News, dans un cadre plus international, observe la même scène mais avec un souci particulier pour les analyses de personnalité, les témoignages de proches et l’émotion familiale qui affleure à l’audience. Le procès devient alors, pour un lectorat étranger, une affaire française où la criminalité supposée croise la banalité des existences.

À côté de ces traitements journalistiques apparaissent des relais plus problématiques

Explore Science reprend un contenu déjà très chargé en schèmes sensationnels. D’autres comptes ou plateformes, que nous avons déjà signalés dans notre premier numéro, utilisent Athanor comme une matière première idéologique. Il faut ici redire clairement à nos lecteurs que certains espaces numériques et certains réseaux sociaux sont ouvertement antimaçonniques. Ils n’informent pas au sens strict. Ils généralisent, amalgament, instrumentalisent et cherchent moins à comprendre une dérive criminelle particulière qu’à confirmer une hostilité préalable à l’égard de la franc-maçonnerie.

Dans ce contexte, la publication sur 450.fm de l’épisode canadien de Sous le bandeau revêt une importance particulière

L’émission replace l’affaire dans un cadre maçonnique et institutionnel, en posant les vraies questions. Comment une telle dérive a-t-elle été possible dans une loge. Quels garde-fous ont manqué. Quelle responsabilité incombe aux obédiences. L’intérêt de cette séquence tient à son refus du déni comme de l’amalgame. Elle rappelle que l’affaire Athanor oblige la franc-maçonnerie à se regarder elle-même sans pour autant se laisser définir par ses marges criminelles.

Les publications plus récentes de L’Humanité et de Mediapart approfondissent encore ce mouvement

Toutes deux se concentrent sur Daniel Beaulieu, figure centrale, manipulateur présumé, ancien homme du renseignement prisonnier de ses faux-semblants. L’Humanité insiste sur l’enlisement de cet homme dans ses propres mensonges. Mediapart souligne le caractère troublant de son interrogatoire et pose la question morale au cœur du personnage. Comment croire un homme qui explique presque sa propre défaillance par une vie professionnelle vouée à mentir et manipuler. Upday, lui, insère Athanor dans une actualité criminelle française plus large, tandis qu’Instagram et Le Mag Jeux témoignent à leur manière de la dispersion du dossier dans l’écosystème numérique.

Et c’est précisément au milieu de ce brouhaha que la lettre de la Grande Loge de France prend tout son relief

J.-R. Notton, GM GLDF

Datée du 8 avril 2026, signée du Grand Maître Jean-Raphaël Notton et du Grand Orateur Guilhem Reboul, elle constate que tous les médias se font l’écho de l’affaire Athanor et que tous les ingrédients d’une forte audience s’y trouvent réunis, faux espions, vrais criminels et anciens francs-maçons pour certains. Elle affirme que ce feuilleton délétère cause déjà un préjudice d’image important à la franc-maçonnerie en général et ajoute que le fait que ces criminels ne soient pas membres de la Grande Loge de France ne constitue qu’une très faible consolation, puisque, pour le grand public, ce sont bien tous les francs-maçons qui sont montrés du doigt. La lettre souligne même qu’il n’est rien de pire que la réalité quand elle rejoint la caricature et donne ainsi raison aux pires détracteurs.

Le texte rappelle ensuite avec insistance le respect de la Régularité

GLDF, 8 rue Louis Puteaux P17

Il la définit comme le respect des fondations de l’Ordre initiatique, de la Constitution et des règles, comme la garantie de l’identité commune, mais aussi comme le respect, par chacun, des valeurs et des vertus qui unissent les Frères. La lettre appelle alors à la plus grande rigueur morale, non seulement en Loge mais dans la vie quotidienne, et à une vigilance renforcée dans le choix comme dans le maintien des membres.

Elle affirme qu’aucune proximité fraternelle, aucune ancienneté ni aucun rang ne sauraient atténuer la gravité d’une faute. Elle annonce aussi que l’Obédience prend et continuera de prendre des mesures de rappel à l’ordre, de sanction et d’exclusion chaque fois que des comportements contraires à ses valeurs sont constatés. Enfin, elle enjoint aux instances disciplinaires de chaque Loge d’agir avec la plus grande fermeté, précisément parce que ces comportements déviants portent atteinte à l’ensemble des francs-maçons et des franc-maçonnes. C’est un texte de gravité, d’autorité et de responsabilité. Il ne commente pas le procès. Il rappelle ce qu’une obédience digne de ce nom doit exiger d’elle-même et des siens.

Cette parole compte. Elle compte parce qu’elle ne se réfugie pas derrière l’argument commode du « ce ne sont pas les nôtres »

Site GLDF - page d'accueil

Elle compte parce qu’elle reconnaît que le préjudice symbolique frappe au-delà des frontières obédientielles. Elle compte parce qu’elle redonne au mot exemplarité son poids initiatique véritable. Et elle compte surtout parce qu’elle réintroduit, dans un espace saturé par le vacarme médiatique, une voix institutionnelle qui parle de rigueur, de rectitude et de vigilance plutôt que de communication.

À mesure que le procès avance, l’affaire Athanor cesse d’être seulement un dossier d’assises Elle devient un révélateur.

Révélateur des fragilités humaines. Révélateur des emballements médiatiques.

Révélateur aussi des vieux réflexes antimaçonniques qui n’attendent qu’un scandale pour se réveiller.

Dans ce tumulte, la franc-maçonnerie ne se défendra ni par le déni ni par le silence.

Elle ne le pourra que par la vérité, par la fermeté et par l’exigence intérieure

En rappelant à ses Frères que la Tradition n’est vivante qu’à la condition d’être tenue par la rigueur morale, la Grande Loge de France apporte à cette séquence troublée ce qui manque le plus au débat public depuis plusieurs jours. Non une émotion de plus, mais une boussole.

Revue de presse du jour 2 liens et parutions à retenir

@SellmeParis
« Un mythomane franc-maçon qui se prenait pour James Bond on vous explique le procès Athanor »
https://www.youtube.com/shorts/3wFgyzHSudg

Le Parisien
« Procès Athanor bon élève, fan de Matrix et d’arts martiaux… L’étonnant profil de l’exécutant numéro 1 de la PME du crime »
https://www.leparisien.fr/faits-divers/proces-athanor-bon-eleve-fan-de-matrix-et-darts-martiaux-letonnant-profil-de-lexecutant-numero-1-de-la-pme-du-crime-02-04-2026-6R6XLSLNYNCGLH66EESEUOVYAM.php

Le Figaro
« Au procès Athanor, les anciens “frères d’armes” de Cercottes, les mensonges de “Dagomar” et l’ombre discrète de la DGSE sur les débats »
https://www.lefigaro.fr/faits-divers/au-proces-athanor-les-anciens-freres-d-armes-de-cercottes-les-mensonges-de-dagomar-et-l-ombre-discrete-de-la-dgse-sur-les-debats-20260404

@franceinfo
« Procès Athanor c’est quoi une loge maçonnique »
https://www.youtube.com/shorts/feD1SglerxE

AMDuemila Italie
« La loge maçonnique Athanor jugée à Paris d’anciens agents 007 et militaires accusés de meurtre »
https://www.antimafiaduemila.com/home/terzo-millennio/256-estero/108605-loggia-massonica-athanor-sotto-processo-a-parigi-ex-007-e-militari-accusati-di-omicidio.html

Ouest-France
« VIDÉO. Comment les services secrets français se sont retrouvés au cœur de l’affaire Athanor »
https://www.ouest-france.fr/societe/justice/video-comment-les-services-secrets-francais-se-sont-retrouves-au-cur-de-laffaire-athanor-5e630485-0399-40d6-a490-386a9096252b

YouTube Ouest-France
« Comment les services secrets français se sont retrouvés au cœur de l’affaire Athanor »
https://www.youtube.com/watch?v=Ql7lUoEHPqY

Courthouse News
« Francs-maçons, officiers et un meurtre commandité qui a mal tourné un tribunal parisien examine les accusés dans le procès pour le complot d’assassinat d’Athanor »
https://courthousenews.com/freemasons-officers-and-a-contract-killing-gone-wrong-paris-court-examines-defendants-in-athanor-murder-plot-trial/

Explore Science Facebook
« Une loge maçonnique… transformée en réseau criminel »
https://www.facebook.com/ExploreScienceFR/photos/une-loge-ma%C3%A7onnique-transform%C3%A9e-en-r%C3%A9seau-criminel-%C3%A0-paris-22-personnes-sont-jug/1370216138471694/

450.fm Sous le bandeau
« L’Affaire Athanor Scandale, Crimes et Franc-Maçonnerie | Sous le Bandeau | Épisode #93 »
https://450.fm/2026/04/07/laffaire-athanor-scandale-crimes-et-franc-maconnerie-sous-le-bandeau-episode-93/

YouTube Sous le bandeau
Épisode #93
https://www.youtube.com/watch?v=Y-Foy4OIDqc&t=2s

L’Humanité
« Procès Athanor le maître manipulateur de l’officine criminelle s’empêtre dans ses mensonges »
https://www.humanite.fr/societe/dgsi/proces-athanor-le-maitre-manipulateur-de-lofficine-criminelle-sempetre-dans-ses-mensonges

Mediapart
« Au procès Athanor, le troublant interrogatoire de l’espion en fauteuil roulant »
https://www.mediapart.fr/journal/france/080426/au-proces-athanor-le-troublant-interrogatoire-de-l-espion-en-fauteuil-roulant

Upday
« Deux procès majeurs en France réseau Athanor et DZ Mafia devant la justice »
https://www.upday.com/fr/actualite/deux-proces-majeurs-en-france-reseau-athanor-et-dz-mafia-devant-la-justice/wfbpg7z

Instagram lefrancmacon_
« On avait parlé des scandales “maçonniques” impliquant des francs-maçons, comme la loge Athanor, sur Legend »
https://www.instagram.com/p/DW1pYvqAolR/

Le Mag Jeux
« Vidéo. Athanor, les services secrets Français dans la tourmente ! »
https://lemagjeuxhightech.com/actualites/video-athanor-les-services-secrets-francais-dans-la-tourmente/94963/#google_vignette

*Le Centre parachutiste d’entraînement spécialisé, ou CPES, est une unité liée au Service Action français et stationnée à Cercottes, dans le Loiret. Il est chargé de former des agents appelés à opérer en zones normalisées, c’est-à-dire dans des contextes où la discrétion et l’insertion doivent se faire dans un environnement moins ouvertement hostile que les zones de crise.Rôle du CPES : Le CPES fait partie de l’appareil de formation du Service Action, aux côtés d’autres centres spécialisés. Son rôle est d’instruire des personnels destinés à des missions clandestines, avec un entraînement adapté à des opérations menées sous couverture ou dans des milieux urbains.

Autres articles de la série

L’Interview de Jissey : Gislaine Duboc pour « La Prophétie de l’Espoir »

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Dans « La Prophétie de l’Espoir », Gislaine Duboc propose un récit à la fois initiatique et spirituel, s’inscrivant dans une tradition ésotérique contemporaine. L’ouvrage ne se présente pas comme une simple fiction, mais comme un message porteur de sens destiné à éveiller la conscience humaine face aux mutations profondes de notre époque.

Le livre repose sur une idée centrale : l’humanité traverse une période charnière, marquée par une crise globale (morale, spirituelle, écologique), mais aussi par une opportunité unique d’évolution. Cette transformation est décrite comme une « prophétie », non pas au sens fataliste, mais comme une potentialité dépendant des choix humains.

Un des axes majeurs du livre est la responsabilité individuelle. L’auteure insiste sur le fait que le changement du monde ne peut venir que d’une transformation intérieure de chaque être humain. Elle développe plusieurs idées clés : L’être humain possède une dimension spirituelle souvent ignorée, le réveil de la conscience passe par une reconnexion à soi, les pensées et les émotions influencent la réalité collective. Ainsi, chacun devient un acteur de la transformation planétaire. Le salut n’est pas extérieur (ni politique ni technologique), mais intérieur.

L’ouvrage adopte une vision énergétique de l’univers, proche de certains courants ésotériques et spirituels modernes : Tout est vibration, les états de conscience influencent ces vibrations, l’amour, la peur, la haine ou la compassion ont des effets concrets. Dans cette perspective, la Terre elle-même est en évolution vibratoire. L’humanité doit s’aligner sur cette montée en fréquence pour éviter des déséquilibres majeurs.

Plutôt que de voir les crises comme des catastrophes, Gislaine Duboc les interprète comme des étapes nécessaires : Elles révèlent les déséquilibres de l’humanité, elles obligent à remettre en question les anciens modèles, elles ouvrent la voie à une transformation profonde. Cette lecture initiatique transforme la peur en opportunité. L’effondrement de certaines structures (sociales, économiques, psychologiques) devient le prélude à une renaissance.

Contrairement à une vision naïve, l’espoir dans ce livre n’est pas passif. Il est présenté comme une force consciente et créatrice. L’espérance implique un engagement personnel, une foi dans le potentiel humain, une capacité à agir malgré l’incertitude. Elle devient une véritable « énergie de transformation », capable d’influencer le futur.

L’AUTEURE

Gislaine Duboc est une chamane contemporaine qui rassemble l’ouverture de ses perceptions aux outils psychologiques occidentaux. Elle pratique des stages de « constellations chamaniques » ainsi que des formations à sa pratique. Elle est l’auteure du livre : « LES 4 VOIES CHAMANIQUES  » Ed Eyrolles 2017. Elle a plus de 700 000 abonnés sur les réseaux sociaux.

Paul Sanda ou la mémoire cachée de l’Occident initiatique

Avec Les grandes clés initiatiques dévoilées, Paul Sanda rassemble en un même mouvement Marie Madeleine, Compostelle, la Cène, les Cathares, les Templiers, le Graal, l’alchimie et le Prieuré de Sion. Loin des récits faciles et des séductions de surface, il propose une traversée dense de la tradition ésotérique occidentale, où chaque symbole devient une voie de connaissance et chaque héritage un appel à l’éveil intérieur.

Paul Sanda ou la mémoire cachée de l’Occident initiatique

Paul Sanda appartient à cette famille d’auteurs pour lesquels l’ésotérisme n’est ni une parure de langage ni un marché du mystère, mais une discipline de l’âme, une ascèse du regard et une fidélité au feu caché des symboles. Patriarche dans une lignée gnostique syriaque d’Occident, connu aussi sous le nom de Tau Sendivogius, il poursuit depuis plusieurs livres une œuvre de réintégration spirituelle. La Voie ésotérique du chevalier chrétien donnait déjà à entendre une chevalerie intérieure. Rituels de guérison par les Archanges montrait combien, chez lui, le rite n’est jamais dissocié d’une anthropologie sacrée. Avec Les grandes clés initiatiques dévoilées, Paul Sanda élargit encore son champ et propose moins un traité qu’une traversée, moins une compilation qu’une cartographie vibrante des survivances, des transmissions et des réveils possibles.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’ampleur du geste

L’ouvrage va de l’alchimie opérative à la pierre philosophale, de la Cène à Marie Madeleine, du Graal au chemin de Compostelle, des Cathares aux Templiers, du Baphomet à saint Michel, des églises romanes à la Vierge aux rochers. Pourtant, cette diversité ne disperse pas le propos. Paul Sanda tient ensemble ces matériaux hétérogènes par une intuition centrale, celle d’une Tradition occidentale souterraine, blessée, voilée, parfois défigurée, mais jamais entièrement abolie. Sous les récits officiels, sous les dogmes raidis, sous les rationalismes amputateurs, demeure un langage plus ancien que les systèmes, plus libre que les orthodoxies, plus exigeant aussi. C’est ce langage que ce livre cherche à rendre de nouveau audible.

La force de Paul Sanda est de ne pas réduire les symboles à des curiosités.

Il les traite comme des puissances de connaissance

Paul Sanda ou la mémoire cachée de l’Occident initiatique

Ainsi Marie Madeleine n’est pas seulement une figure pieuse ou controversée. Elle devient le signe d’une lignée spirituelle, d’une mémoire féminine du sacré, d’une présence qui déplace notre compréhension du christianisme. Compostelle n’est pas ramené à un itinéraire de dévotion. Le chemin devient opération intérieure, pédagogie du dépouillement, lente rectification de l’être. La Cène elle-même cesse d’être seulement une scène fondatrice pour apparaître comme un nœud prophétique, une condensation de mystères où se touchent le sacrifice, la transmission et la transfiguration.

Cette manière de relier les plans parle fortement à une sensibilité maçonnique.

Paul Sanda rappelle sans cesse, fût-ce implicitement, que la vérité initiatique n’est jamais donnée d’un bloc

Elle se découvre par rapprochements, par correspondances, par efforts de lecture. L’église romane, la cathédrale, la coupe, l’étoile, la pierre, la voie chevaleresque, la langue des oiseaux, tout cela compose un vaste atelier de signes où l’esprit doit apprendre à tailler, ajuster, unir. Nous retrouvons ici quelque chose d’essentiel à toute démarche initiatique, cette certitude que le visible est traversé d’invisible et que l’homme ne s’élève qu’en consentant à travailler sa propre matière.

Il faut aussi saluer la tonalité du livre

Paul Sanda ou la mémoire cachée de l’Occident initiatique
Paul Sanda source Wikipédia

Paul Sanda refuse tout sensationnalisme. Lorsqu’il aborde le Prieuré de Sion, les contre-pouvoirs, les ordres secrets ou les survivances templières, il ne cède ni au roman facile ni à la thèse tapageuse. Il choisit plutôt d’ouvrir des pistes, de croiser des héritages, de réveiller des filiations. Sa méthode relève moins de l’affirmation autoritaire que de la proposition méditée, ce qui donne à l’ensemble une respiration singulière. Nous ne sommes jamais sommés d’adhérer, mais conviés à chercher, à interroger, à prolonger nous-mêmes l’enquête intérieure, comme y invite, à la fin de chaque chapitre, le « Pour aller plus loin », appuyé sur une riche bibliographie sélective.

Un autre mérite de l’ouvrage réside dans sa générosité intellectuelle

Les prolongements proposés au fil des pages entretiennent le mouvement de la quête et empêchent la lecture de se refermer sur elle-même. Le discret fil de bas de page qui accompagne le volume donne lui aussi le sentiment d’une continuité, presque d’un chemin graphique, comme si la pensée devait toujours se poursuivre d’une page à l’autre, d’un seuil à l’autre, d’un signe à l’autre.

Ce livre n’est pas exempt d’audace, ni parfois d’hypothèses qui demanderont au lecteur d’accepter de marcher sur des crêtes

Paul Sanda ou la mémoire cachée de l’Occident initiatique

Mais c’est précisément ce qui lui donne sa valeur. Paul Sanda ne cherche pas à rassurer. Il cherche à réensemencer l’imaginaire spirituel de l’Occident. Dans une époque qui a perdu le sens des médiations symboliques, il rappelle que l’initiation ne consiste pas à collectionner des secrets, mais à devenir capable d’une lecture plus profonde du monde, de l’histoire et de nous-mêmes. Les grandes clés initiatiques dévoilées est de ces ouvrages qui troublent utilement, qui déplacent les lignes, qui rendent au lecteur le goût d’une connaissance habitée. Sous son apparente profusion, il porte une seule exigence, redevenir intérieurement digne des signes que nous prétendons contempler.

Ce livre ne livre pas un savoir prêt à consommer

Il remet entre les mains du lecteur des fragments de lumière, des repères, des passages, afin que la quête ne demeure pas un mot mais redevienne une discipline de l’être. Chez Paul Sanda, l’ésotérisme n’est jamais affaire de curiosité. Il engage une conversion du regard. C’est sans doute là que réside la vraie clef de cet ouvrage, dans sa capacité à rappeler que les grandes traditions ne meurent jamais tout à fait tant qu’il se trouve des lecteurs pour les faire revivre en eux-mêmes.

Paul Sanda ou la mémoire cachée de l’Occident initiatique

Les grandes clés initiatiques dévoilées – Marie Madeleine, Compostelle, Prieuré de Sion, La Cène…

Paul Sanda – Éditions Trajectoire, 2026, 382 pages, 25,50 € / L’éditeur, le SITE

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

À l’heure des identités incertaines, des appartenances fragiles, de l’accélération numérique et de la fatigue du sens, la question mérite d’être posée sans ironie ni nostalgie. L’initiation, au sens le plus large, et l’initiation maçonnique en particulier, peuvent-elles encore parler aux jeunes générations ? Non comme survivance d’un autre âge, ni comme refuge décoratif pour adultes en mal de rite, mais comme chemin réel de formation intérieure, d’exigence éthique et de liberté spirituelle. La réponse n’est ni automatique ni acquise. Mais elle demeure possible, à une condition essentielle, que l’initiation redevienne une expérience vivante.

Il existe dans toute véritable initiation une promesse qui traverse les siècles

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Cette promesse n’est pas celle du pouvoir, ni celle de la réussite sociale, ni même celle d’un savoir supérieur distribué à quelques privilégiés. Elle est plus discrète et plus profonde. Elle dit à l’être humain qu’il n’est pas condamné à demeurer à la surface de lui-même. Elle lui rappelle qu’il peut se transformer, s’ordonner, se connaître, se relier à plus vaste que lui. En ce sens, l’initiation ne relève pas d’un folklore du passé. Elle touche à une nécessité permanente de l’âme humaine.

Les jeunes générations, contrairement à ce que répètent tant de discours fatigués, ne sont pas étrangères à cette quête

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Elles n’ont pas déserté le besoin de sens. Elles l’expriment autrement. Sous les formes parfois heurtées de l’inquiétude contemporaine, nous voyons se lever chez beaucoup de jeunes une soif de cohérence, une aspiration à l’authenticité, un refus des paroles vides, une exigence d’alignement entre les idées professées et les vies menées. Elles se défient des institutions quand celles-ci parlent haut mais vivent bas. Elles se détournent des structures qui promettent l’élévation et ne produisent que de l’entre-soi, de la rhétorique ou de la répétition. Mais cette défiance n’est pas un renoncement à la profondeur. Elle est souvent, au contraire, le signe d’une attente blessée.

C’est ici que l’initiation redevient pensable

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Non comme un produit à vendre à la jeunesse, ce qui serait déjà la trahir, mais comme une réponse possible à plusieurs manques de notre temps. Manque de transmission d’abord. Nous vivons dans des sociétés saturées d’informations et pourtant démunies quant à la véritable transmission. On accumule des contenus, on commente, on réagit, on publie, on consomme, mais on transmet de moins en moins ce qui forme intérieurement un être. Transmettre, ce n’est pas simplement informer. C’est inscrire quelqu’un dans une chaîne, dans un ordre du temps, dans une fidélité vivante où il reçoit davantage qu’un message, une tenue, une discipline, une respiration.

Or l’initiation, qu’elle soit philosophique, spirituelle, compagnonnique ou maçonnique, repose précisément sur cette transmission incarnée

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Elle donne des gestes, des mots, des silences, une mémoire, une méthode, une ascèse. Elle apprend que l’on ne se construit pas seul, et qu’aucune liberté durable ne naît de l’improvisation permanente. À une époque où tant de jeunes sont sommés d’inventer seuls leur identité, leur vérité, leur avenir et parfois même leur propre valeur, l’idée initiatique introduit une douceur exigeante. Elle dit qu’il est possible d’être conduit sans être aliéné, guidé sans être dominé, formé sans être formaté.

L’initiation maçonnique ajoute à cela quelque chose de singulier

Elle ne propose pas un catéchisme, mais un travail. Elle ne demande pas une adhésion aveugle, mais une mise en chemin. Elle ne prétend pas abolir le monde profane, mais elle invite à le regarder autrement. Elle institue un temps à part, un espace séparé, un langage symbolique, une dramaturgie du dépouillement et de la reconstruction. Dans une civilisation de l’immédiateté, cela est immense. Entrer dans une loge, pour un jeune homme ou une jeune femme, peut signifier découvrir qu’il existe encore des lieux où l’on n’est pas réduit à son profil, à son utilité, à sa rentabilité, à sa visibilité sociale. On y entre non pour se montrer, mais pour se travailler.

C’est là sans doute l’un des points les plus décisifs

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

La jeunesse contemporaine vit sous le règne de l’exposition. Il faut se dire, s’afficher, se raconter, s’optimiser, se rendre lisible, produire de soi une image continue. La franc-maçonnerie, lorsqu’elle demeure fidèle à son esprit, propose un contre-mouvement salutaire. Elle réhabilite l’intériorité. Elle rend au silence sa dignité. Elle enseigne la lenteur, l’écoute, la maturation, le détour symbolique. Elle montre que tout ne se livre pas d’un coup, que l’être humain ne s’épuise pas dans ce qu’il déclare de lui-même, et qu’il existe un savoir qui naît moins de l’opinion que de la transformation.

Il serait pourtant naïf de croire que cette promesse suffit à garantir la rencontre avec les jeunes générations.

Encore faut-il que les institutions initiatiques se montrent à la hauteur de ce qu’elles prétendent transmettre

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Car la jeunesse perçoit avec une redoutable rapidité les écarts entre les mots et les actes. Elle voit très vite si une structure parle de fraternité mais pratique l’indifférence, si elle célèbre l’élévation morale tout en tolérant les médiocrités d’ego, si elle invoque la tradition comme un souffle mais la réduit en réalité à un rite sans âme. Ce que les jeunes ne supportent plus, ce n’est pas l’exigence. C’est l’hypocrisie. Ce n’est pas la discipline. C’est le simulacre.

La question n’est donc pas seulement de savoir si l’initiation peut encore attirer

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Elle est de savoir si les initiés eux-mêmes habitent encore leur propre démarche. Une loge où l’on travaille vraiment, où le rituel est vécu et non joué, où les symboles ne sont pas des ornements mais des outils de connaissance, où la fraternité se prouve par la qualité de présence, une telle loge peut parler profondément à la jeunesse. Elle le peut même davantage aujourd’hui qu’hier, parce que le désert spirituel s’est étendu autour d’elle. Dans le vacarme des appartenances jetables, un lieu où l’on apprend à se taire, à penser, à douter, à se redresser, devient presque révolutionnaire.

Il faut aussi comprendre ce que cherchent beaucoup de jeunes sans toujours le formuler ainsi.

Ils ne demandent pas seulement un cadre. Ils demandent une épreuve juste

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Ils veulent être reconnus capables de gravité. Notre époque a souvent tendance à infantiliser la jeunesse tout en lui abandonnant les fardeaux les plus lourds. On lui parle en langage simplifié, mais on la laisse seule face aux angoisses écologiques, géopolitiques, sociales, identitaires, technologiques. L’initiation prend le contre-pied de cette contradiction. Elle suppose que le nouvel arrivant est digne d’un effort. Elle le traite comme un être en devenir capable de traverser des symboles, de recevoir une parole dense, de s’inscrire dans une durée. C’est une marque de confiance très haute.

Plus encore, l’initiation maçonnique peut offrir aux jeunes générations ce que l’univers numérique fragmente sans cesse, une expérience ordonnée de la relation

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

En loge, l’autre n’est pas d’abord un adversaire, un rival, un pseudonyme ou un flux. Il est un frère, une sœur, un compagnon de route, parfois très différent de soi par l’âge, le parcours, le métier, l’origine, la sensibilité. Or cette mixité des temps de vie et des expériences constitue une richesse précieuse. La franc-maçonnerie, dans ses meilleures heures, met en présence des générations qui autrement ne se parleraient presque plus. Elle restaure une circulation de la parole entre âges séparés par les habitudes culturelles. Elle ne juxtapose pas, elle relie.

Mais il faut dire aussi ce que l’initiation ne doit pas devenir si elle veut être une promesse réelle

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Elle ne doit pas se présenter comme une réponse totale. Elle n’est ni une thérapie, ni une carrière, ni une forteresse identitaire, ni un musée de gestes anciens. Elle n’a pas à flatter les blessures narcissiques en distribuant à bas prix l’illusion d’appartenir à une élite cachée. Lorsqu’elle tombe dans cette tentation, elle se défigure. La jeunesse n’a pas besoin d’un théâtre du prestige. Elle a besoin de lieux où l’on apprend la mesure, le discernement, la rectification de soi, la responsabilité devant l’humain.

C’est pourquoi la dimension éthique de la voie maçonnique demeure essentielle

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

L’initiation n’a de sens que si elle déborde la tenue pour féconder l’existence. Elle n’est pas un refuge contre le monde, mais une manière plus juste d’y revenir. Les jeunes générations attendent moins des discours abstraits sur l’humanisme que des preuves tangibles de cohérence. Une franc-maçonnerie qui sait penser les fractures du temps présent, la solitude, la violence verbale, la désorientation civique, la crise de la vérité, la difficulté d’habiter le pluralisme, celle-là redevient audible. Non parce qu’elle se mettrait à courir après l’époque, mais parce qu’elle lui oppose une hauteur.

Il existe enfin une raison plus secrète pour laquelle l’initiation peut représenter une promesse pour les jeunes générations

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?
Sœur au centre de la Loge

Toute jeunesse authentique porte en elle, même à son insu, un désir de commencement. Or l’initiation est précisément l’art du commencement recommencé. Elle enseigne que naître biologiquement ne suffit pas, qu’il faut aussi consentir à naître à soi, à sa parole, à sa conscience, à sa responsabilité. Elle ne nie pas les fractures de l’âge moderne, mais elle donne une forme à la traversée. Elle apprend que l’homme peut être taillé, poli, relevé. Elle fait de la vie non une simple succession d’événements, mais une œuvre à construire.

Dans cette perspective, la franc-maçonnerie n’a pas à séduire les jeunes par des stratégies de communication empruntées au marché

Initiation : le serment d’un renouveau pour les jeunes générations ?

Elle a à redevenir ce qu’elle dit être. Une école de liberté intérieure. Un atelier de rectification. Un lieu où l’on passe de la dispersion à l’unité, du bruit à la parole, de l’opinion à la pensée, du moi revendiqué au moi travaillé. Si elle garde cette vérité-là, alors oui, elle porte encore une promesse. Non pas la promesse d’un monde facile, ni d’une jeunesse soudain reconquise, mais celle, plus rare et plus noble, d’une transmission capable d’aider des êtres à ne pas se perdre.

La jeunesse n’attend peut-être pas qu’on lui parle davantage

Elle attend qu’on lui montre qu’une vie intérieure demeure possible, qu’une fraternité peut être sincère, qu’une tradition peut être vivante et qu’un rite peut encore ouvrir un horizon. Là se tient, aujourd’hui comme hier, la dignité de l’initiation. Non dans le prestige de ses mots, mais dans la vérité des êtres qu’elle façonne. Si la franc-maçonnerie sait encore former des consciences plus libres, plus droites et plus fraternelles, alors elle n’appartient pas au passé. Elle demeure une espérance en acte.

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Municipales 2026 : l’antimaçonnisme, une pratique efficace pour éliminer un candidat « imbattable »

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Nous sommes en France en 2026, dans un département de « Gauche », dans une commune de « Gauche », avec au premier tour une équation imbattable : La liste de gauche conduite par Jean-Michel Bourgeot arrive en tête avec plus de 40 % des voix.

Au 2ème tour il est prévu trois listes ! Pourtant…, c’est la droite qui l’emporte avec 65 voix d’avance. Entre les deux tours des affichettes ont fleuri avec un mot magique :

« Bourgeot est un franc-maçon ! »

Et le tour est joué !

Jean-Michel Bourgeot a décidé de demander l’annulation l’élection !

On ne parlera pas de l’énergumène qui a eu cette idée d’exciter le peuple en agitant le chiffon de l’antimaçonnisme. Manifestement, il appartient à un clan qui a bénéficié de complicité et si les renseignements généraux s’en mêlent on saura vite qui il est.

En revanche, il faut bien constater que c’est vraisemblablement l’électorat d’extrême gauche qui a provoqué la chute ! il suffit d’observer les scores des deux tours :

Et dire que Jean-Luc Mélenchon a fréquenté les loges et que c’est aujourd’hui l’idole des cryptofascistes. Pauvres humains !

Voici le reportage FR3 Auvergne du 9 avril 2026 avec l’interview de Jean-Michel Bourgeot.