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De notre confrère hongrois heol.hu
Au début du XXe siècle, une « société secrète » – comme on l’appelait volontiers dans le langage courant – agissait discrètement à Gyöngyös. Les maisons de la loge Akác a Mátra alján (« L’Acacia au pied du Mátra ») se trouvaient à l’emplacement de l’ancien Kolping-ház et d’un garage de pneumatiques actuel. Grâce aux archives, l’histoire de ces Francs-maçons gyöngyösiens nous est parvenue avec une rare précision.
C’est sous la conduite de l’historienne Báryné dr. Gál Edit, lauréate du prix Pro Museo et présidente de l’Association pour l’embellissement et la protection de Gyöngyös, qu’un groupe nombreux a récemment redécouvert ces lieux. Organisée par l’office de tourisme local dans le cadre d’un cycle de quatorze conférences-promenades, la visite a commencé au château Orczy avant de s’arrêter devant l’ancien Kolping-ház.
Un professeur de lycée à l’origine de la loge
En 1899, alors que le lycée de Gyöngyös (aujourd’hui lycée Berze Nagy János) ouvrait ses portes, arriva Széky István, professeur de mathématiques et de sciences naturelles. Passionné de montagne, il participa activement à la vie de la Société du Mátra et fut même à l’origine du premier sentier balisé de la région. Son père, Széky Péter, avait autrefois fondé la loge Akác à Tiszaigar, puis à Szolnok. Lorsque cette loge disparut au tournant du siècle, le fils en reprit le nom par piété filiale et devint Vénérable Maître de la nouvelle loge de Gyöngyös jusqu’à sa dissolution.
Fondée en 1906, la loge Akác a Mátra alján ne se réunissait jamais dans les locaux du lycée. Széky avait d’abord demandé l’autorisation de créer un simple cercle. Le Grand Orient symbolique de Hongrie, estimant le programme suffisamment ambitieux, lui conseilla de constituer directement une loge… à condition qu’elle dispose d’un local dédié.
Des maisons de loge discrètes
La loge ne construisit jamais son propre temple : elle loua. Le premier local se trouvait dans l’une des trois maisons qui occupaient autrefois l’emplacement de l’actuel Kolping-ház. D’après les contrats conservés aux Archives nationales, il s’agissait très probablement de la demeure du libraire et éditeur de cartes postales Adler Zsigmond. Pour 440 couronnes par an, les frères disposaient d’un appartement donnant sur la cour, composé d’une entrée, de deux pièces, d’une cuisine, d’un cellier et de commodités. À la mort d’Adler en 1908, le bail fut résilié.
Les francs-maçons s’installèrent alors chez l’un des leurs, Dudás Adolf, rue Koháry, à l’emplacement approximatif de l’actuel garage de pneumatiques. Les plans d’époque montrent de modestes maisons à cet endroit, juste à l’est du jardin du couvent des Franciscains. Ils y restèrent de 1908 à 1914.
Une exception remarquable : le maire devient frère
En 1909, un événement inhabituel se produisit : le maire Kemény János fut reçu dans la loge. Les francs-maçons évitaient généralement d’admettre des hommes politiques en exercice. Mais la personnalité de Kemény était si marquante pour la ville qu’une exception fut faite. En 1912, ce fut au tour de l’avocat dr. Puky Árpád – futur maire de grande envergure – d’être initié.
La charité en actes
La bienfaisance occupait une place centrale dans la vie de la loge. Celle-ci soutenait la Croix-Rouge locale, fondée par Anna Auersperg, descendante de la famille Orczy. Chaque hiver, les frères organisaient une soupe populaire. Les repas étaient préparés dans l’ancienne caserne des pompiers volontaires, dont le commandant, Kozmári Dezső, était lui-même membre de la loge.
La dernière maison de loge connue fut la maison Wiltner, rue Petőfi.
(À suivre)
